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Cours Int Curviligne

Le document traite des formes différentielles de degré 1 sur un ouvert de ℝⁿ, en définissant les concepts de forme différentielle, de champ de vecteurs, et d'exactitude. Il explique également les conditions de fermeture des formes différentielles et présente des exemples illustrant ces concepts. Enfin, il établit une proposition selon laquelle toute forme différentielle exacte de classe C¹ est fermée.

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Le document traite des formes différentielles de degré 1 sur un ouvert de ℝⁿ, en définissant les concepts de forme différentielle, de champ de vecteurs, et d'exactitude. Il explique également les conditions de fermeture des formes différentielles et présente des exemples illustrant ces concepts. Enfin, il établit une proposition selon laquelle toute forme différentielle exacte de classe C¹ est fermée.

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Intégrales curvilignes

I. Formes différentielles de degré 1 sur un ouvert de ℝ𝑛

Considérons l'espace vectoriel ℝ𝑛 et son espace dual (ℝ𝑛 )∗ = ℒ(ℝ𝑛 , ℝ). Ce dernier étant
l'espace des formes linéaires sur ℝ𝑛 . On note (ⅆ𝑥1 , ⅆ𝑥2 , ⋯ , ⅆ𝑥𝑛 ) la base duale de la base
canonique (𝑒1 , … , 𝑒𝑛 ) de ℝ𝑛 . Autrement dit, ⅆ𝑥1 , … , ⅆ𝑥𝑛 sont 𝑛 formes linéaires sur ℝ𝑛
définies par

1 si 𝑖 = 𝑗
ⅆ𝑥𝑖 (𝑒𝑗 ) = {
0 si 𝑖 ≠ 𝑗

Pour ℎ = (ℎ1 , ℎ2,⋯, ℎ𝑛 ) ∈ ℝ𝑛 , on a ⅆ𝑥𝑖 (ℎ) = ℎ𝑖 .

Soit 𝑓 une fonction différentiable sur un ouvert 𝑈 de ℝ𝑛 , à valeurs réelles.

Pour 𝑥 ∈ 𝑈 et ℎ = (ℎ1 , ℎ2,⋯, ℎ𝑛 ) ∈ ℝ𝑛 , on a :

𝑛
𝜕𝑓
ⅆ𝑓(𝑥)(ℎ) = ∑ (𝑥)ℎ𝑖
𝜕𝑥𝑖
𝑖=1

Donc

𝑛
𝜕𝑓
ⅆ𝑓(𝑥)(ℎ) = ∑ (𝑥)ⅆ𝑥𝑖 (ℎ)
𝜕𝑥𝑖
𝑖=1

On écrit tout simplement

𝑛
𝜕𝑓
ⅆ𝑓(𝑥) = ∑ (𝑥)ⅆ𝑥𝑖 , ∀𝑥 ∈ 𝑈
𝜕𝑥𝑖
𝑖=1

Ou encore

𝑛
𝜕𝑓
ⅆ𝑓 = ∑ ⅆ𝑥 (ⅆ𝑓 ∈ 𝒜(𝑈, ℒ(ℝ𝑛 , ℝ)))
𝜕𝑥𝑖 𝑖
𝑖=1

Définition :

On appelle forme différentielle de degré 1, ou 1-forme différentielle, sur un ouvert 𝑈 de ℝ𝑛 ,


toute application 𝜔: 𝑈 → ℒ(ℝ𝑛 , ℝ). On écrit :

𝜔(𝑥) = ∑ 𝑃𝑖 (𝑥) ⅆ𝑥𝑖 , ∀𝑥 ∈ 𝑈


𝑖=1

1
où 𝑃𝑖 ∶ 𝑈 → ℝ. Ou encore :

𝜔 = ∑ 𝑃𝑖 (𝑥) ⅆ𝑥𝑖
𝑖=1

Ou tout simplement :

𝜔 = ∑ 𝑃𝑖 ⅆ𝑥𝑖
𝑖=1

Si les 𝑃𝑖 sont de classe 𝒞 𝑘 (0 ≤ 𝑘 ≤ ∞), on dit que 𝜔 est de classe 𝒞 𝑘 .

Remarque : Lorsqu’une application 𝑓 est différentiable, on peut noter ⅆ𝑓𝑥 au lieu de ⅆ𝑓(𝑥).
On fait de même pour une forme différentielle, on peut noter 𝜔𝑥 au lieu de 𝜔(𝑥).

Exemples :

1. Si 𝑓 une fonction différentiable sur un ouvert 𝑈 de ℝ𝑛 , à valeurs réelles, alors ⅆ𝑓 est


une forme différentielle :
Pour 𝑛 = 1, ⅆ𝑓 = 𝑓 ′ (𝑥)ⅆ𝑥 (ou tout simplement ⅆ𝑓 = 𝑓 ′ ⅆ𝑥).
𝜕𝑓 𝜕𝑓
Pour 𝑛 = 2, ⅆ𝑓 = ⅆ𝑥 + ⅆ𝑦.
𝜕𝑥 𝜕𝑦
−𝑦 𝑥
2. 𝜔 = 𝑥 2 +𝑦 2 ⅆ𝑥 + 𝑥 2+𝑦 2 ⅆ𝑦 est une forme différentielle sur ℝ2 ∖ {(0,0)}.

3. 𝜔 = 𝑦𝑧 2 ⅆ𝑥 + (𝑥𝑧 2 + 𝑧)ⅆ𝑦 + (2𝑥𝑦𝑧 + 2𝑧 + 𝑦)ⅆ𝑧 est une forme différentielle sur


ℝ3 .

Définition : On appelle champ de vecteurs de ℝ𝑛 toute application définie sur un ouvert


de ℝ𝑛 et à valeurs dans ℝ𝑛 .

⃗ défini sur 𝑈 à
On associe à la forme différentielle 𝜔 = ∑𝑛𝑖=1 𝑃𝑖 ⅆ𝑥𝑖 le champ de vecteurs 𝑉
⃗ (𝑥) = (𝑃1 (𝑥), . . . , 𝑃𝑛 (𝑥)).
valeurs dans ℝ𝑛 par : 𝑉

Par exemple, on notera :

⃗ (𝑥, 𝑦) = 𝑃(𝑥, 𝑦)𝑖 + 𝑄(𝑥, 𝑦)𝑗 (en dimension 𝑛 = 2 ).


𝑉
⃗ (en dimension 𝑛 = 3 ).
⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧) = 𝑃(𝑥, 𝑦, 𝑧)𝑖 + 𝑄(𝑥, 𝑦, 𝑧)𝑗 + 𝑅(𝑥, 𝑦, 𝑧)𝑘
𝑉

Exemple : Le champ de vecteur associé à la différentielle ⅆ𝑓 est le gradient ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗


𝑔𝑟𝑎ⅆ 𝑓.

Définition :

2
On dit qu’une 1-forme différentielle 𝜔, définie sur un ouvert 𝑈 de ℝ𝑛 , est exacte (ou totale)
s’il existe une fonction 𝑓 différentiable sur 𝑈, telle que 𝜔 = ⅆ𝑓. Dans ce cas 𝑓 est dite une
primitive de 𝜔.

La version correspondante pour les champs de vecteurs :


⃗ est un champ de gradient (ou dérive d’un potentiel) s’il existe une
Un champ de vecteurs 𝑉
⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
fonction 𝑓 différentiable sur 𝑈 à valeurs réelles, telle que 𝑉 𝑔𝑟𝑎ⅆ 𝑓.
Exemples :

1. La forme différentielle 𝜔 = 𝑥ⅆ𝑥 + 𝑦ⅆ𝑦 sur ℝ2 est exacte car c’est la différentielle de
1
la fonction 𝑓 ∶ (𝑥, 𝑦) ⟼ 2 (𝑥 2 + 𝑦 2 ).

2. La forme différentielle 𝜔 = 𝑦 ⅆ𝑥 n’est exacte sur aucun ouvert de ℝ2 . En effet,


supposons par l’absurde qu’il existe (𝑥0 , 𝑦0 ) ∈ ℝ2 , 𝛿 > 0 et une fonction 𝑓
différentiable sur 𝑈 =]𝑥0 − 𝛿, 𝑥0 + 𝛿[×]𝑦0 − 𝛿, 𝑦0 + 𝛿[ tels que ⅆ𝑓 = 𝜔 sur 𝑈.
𝜕𝑓 𝜕𝑓
Alors pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝑈, on a 𝜕𝑥 (𝑥, 𝑦) = 𝑦 et 𝜕𝑦 (𝑥, 𝑦) = 0. Par la deuxième

égalité on obtient qu’il existe une fonction 𝑔 de classe 𝒞 1 sur ]𝑥0 − 𝛿, 𝑥0 + 𝛿[ telle
𝜕𝑓
que 𝑓(𝑥, 𝑦) = 𝑔(𝑥). Ainsi on devrait avoir 𝜕𝑥 (𝑥, 𝑦) = 𝑔′(𝑥) pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝑈.

Mais cela n’est pas compatible avec l’expression précédente.


Définition :
Soit 𝜔 = ∑𝑛𝑖=1 𝑃𝑖 ⅆ𝑥𝑖 une forme différentielle de classe 𝒞 1 sur un ouvert 𝑈 de ℝ𝑛 (donc les
𝑃𝑖 sont de classe 𝒞 1 ). On dit que 𝜔 est fermée si :
𝜕𝑃𝑖 𝜕𝑃𝑗
∀𝑖 ≠ 𝑗 , =
𝜕𝑥𝑗 𝜕𝑥𝑖
𝜕𝑃 𝜕𝑄
En dimension 2 : 𝜔 = 𝑃ⅆ𝑥 + 𝑄ⅆ𝑦 est fermée si = .
𝜕𝑦 𝜕𝑥
𝜕𝑃 𝜕𝑄 𝜕𝑃 𝜕𝑅 𝜕𝑄 𝜕𝑅
En dimension 3 : 𝜔 = 𝑃ⅆ𝑥 + 𝑄ⅆ𝑦 + 𝑅ⅆ𝑧 est fermée si = , = 𝑒𝑡 = .
𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑧 𝜕𝑥 𝜕𝑧 𝜕𝑦

⃗ (𝑥) = (𝑃(𝑥), 𝑄(𝑥), 𝑅(𝑥)) le champ vectoriel associé à forme différentielle 𝜔 =


Soit 𝑉
⃗ = 0, où rot
⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉
𝑃ⅆ𝑥 + 𝑄ⅆ𝑦 + 𝑅ⅆ𝑧. Dire que 𝜔 est fermée revient à dire que rot ⃗ , le
⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉

⃗ , est défini par rot


rotationnel du champ 𝑉 ⃗ = (𝜕𝑅 − 𝜕𝑄) 𝑖 + (𝜕𝑃 − 𝜕𝑅) 𝑗 + (𝜕𝑄 − 𝜕𝑃) 𝑘
⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉 ⃗
𝜕𝑦 𝜕𝑧 𝜕𝑧 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑦
𝜕
𝑃 𝑖
𝜕𝑥
𝜕
que nous pouvons écrire formellement ⃗⃗⃗⃗⃗
rot 𝑉 ⃗ = det 𝑄 𝑗 , où le développement
𝜕𝑦
𝜕
𝑅 ⃗
𝑘
( 𝜕𝑧 )
s’effectue par rapport à la 3ème colonne.

3
Exemples :
1. La forme différentielle définie sur ℝ2 ∖ {(0,0)} par :

−𝑦 𝑥
𝜔= ⅆ𝑥 + 2 ⅆ𝑦
𝑥2 +𝑦 2 𝑥 + 𝑦2
𝜕 −𝑦 𝜕 𝑥 −𝑥 2 +𝑦 2
est fermée car 𝜕𝑦 (𝑥 2 +𝑦 2) = ( ) = (𝑥 2 +𝑦 2)2.
𝜕𝑥 𝑥 2 +𝑦 2

2. 𝜔 = 𝑦𝑧 2 ⅆ𝑥 + (𝑥𝑧 2 + 𝑧)ⅆ𝑦 + (2𝑥𝑦𝑧 + 2𝑧 + 𝑦)ⅆ𝑧 est une forme différentielle


fermée sur ℝ3 .
Proposition :
Toute 1-forme différentielle exacte de classe 𝒞 1 est fermée.
En dimension 3, si un champ vectoriel de classe 𝒞 1 dérive d’un potentiel, alors son
rotationnel est nul.
Preuve :
Remarques :
1. Par contraposé, si une 1-forme différentielle de classe 𝒞 1 n’est pas fermée, alors elle
n’est pas exacte.
2. La réciproque de la proposition est fausse en général, il existe des formes
différentielles fermées non exactes.
Exemple :
−𝑦 𝑥
La forme différentielle 𝜔 = 𝑥 2+𝑦 2 ⅆ𝑥 + 𝑥 2 +𝑦 2 ⅆ𝑦 définie sur ℝ2 ∖ {(0,0)} est fermée mais

non exacte. En effet :


Cependant, pour de nombreux ouverts, les formes différentielles exactes et fermées
coïncident.
Définition :
Une partie 𝑋 de ℝ2 est dite étoilée s'il existe 𝑥0 ∈ 𝑋 tel que, pour tout 𝑥 ∈ 𝑋, le
segment [𝑥0 , 𝑥], c'est-à-dire l'ensemble {𝑡𝑥0 + (1 − 𝑡)𝑥; 𝑡 ∈ [0,1]}, est inclus dans 𝑋.
Théorème de Poincaré : Sur un ouvert étoilé, toute 1-forme différentielle fermée est exacte.
Donc dans un ouvert étoilé on a équivalence entre 1-forme différentielle fermée et 1-forme
différentielle exacte.
Preuve : En dimension 2
Remarque : Le théorème de Poincaré reste valable si on remplace ouvert étoilé par ouvert
simplement connexe.

II. Intégrale d’une 1-forme le long d’une courbe paramétrée

4
Définition :

• Une courbe paramétrée de classe 𝒞 1 est une application de classe 𝒞 1 d’un intervalle 𝐼
à valeurs dans ℝ𝑛 .
• On dit qu’une courbe paramétrée continue 𝛾: [𝑎, 𝑏] ⟶ ℝ𝑛 est 𝒞 1 par morceaux s’il
existe une subdivision 𝑎 = 𝑎0 < ⋯ < 𝑎𝑚 = 𝑏 telle que la restriction de 𝛾 à [𝑎𝑘−1 , 𝑎𝑘 ]
est de classe 𝒞 1 pour tout 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑚⟧.
• On dit que 𝛾 est fermée si 𝛾(𝑎) = 𝛾(𝑏).
• Enfin on appelle support de 𝛾 l’ensemble Γ = 𝑠𝑢𝑝𝑝(𝛾) = {𝑓(𝑡); 𝑡 ∈ [𝑎, 𝑏]} ⊂ ℝ𝑛 .

Exemple : Soit 𝑓: 𝑥 ∈ [𝑎, 𝑏] ↦ 𝑓(𝑥) ∈ ℝ une fonction continue sur [𝑎, 𝑏] (ou seulement
continue par morceaux sur [𝑎, 𝑏] ). Lorsque 𝑥 va de 𝑎 à 𝑏, le point (𝑥, 𝑓(𝑥)) parcourt la
courbe Γ du point 𝐴 au point 𝐵. On peut considérer que Γ est paramétrée de la manière
suivante :

𝑥(𝑡) = 𝑡, 𝑦(𝑡) = 𝑓(𝑡), pour 𝑡 ∈ [𝑎, 𝑏].

Définition : (Intégrale d’une fonction le long d’une courbe)

Soit 𝑓: ℝ𝑛 → ℝ une fonction numérique, continue sur Γ (au moins). L'intégrale de 𝑓 le long
de la courbe Γ est définie par :

𝑏
∫ 𝑓: = ∫ 𝑓(𝛾(𝑡))‖𝛾 ′ (𝑡)‖ⅆ𝑡.
Γ 𝑎

Un exemple important est celui où 𝑓 ≡ 1, auquel cas ∫Γ 𝑓 est la longueur de la courbe Γ :

𝑏
longueur de Γ = ∫ ‖𝛾 ′ (𝑡)‖ⅆ𝑡
𝑎

Dans le cas particulier où Γ est le graphe de la fonction qui à 𝑥 ∈ [𝑎, 𝑏] associe 𝑓(𝑥) ∈ ℝ, la
longueur de Γ a l'expression suivante :

5
𝑏
longueur de Γ = ∫ √1 + [𝑓 ′ (𝑥)]2 ⅆ𝑥
𝑎

Si la courbe est donnée en coordonnées polaires : 𝑟 = 𝑟(𝑡), 𝑡 ∈ [𝑎, 𝑏],

Soit Γ = {(𝑥(𝑡), 𝑦(𝑡)) ∣ 𝑥(𝑡) = 𝑟(𝑡)cos𝑡, 𝑦(𝑡) = 𝑟(𝑡)sin𝑡, 𝑡 ∈ [𝑎, 𝑏]}.

Calculons la longueur de Γ. Ici 𝛾(𝑡) = (𝑟(𝑡)cos𝑡, 𝑟(𝑡)sin𝑡), de sorte que

𝛾 ′ (𝑡) = (𝑟 ′ (𝑡)cos𝑡 − 𝑟(𝑡)sin𝑡, 𝑟 ′ (𝑡)sin𝑡 + 𝑟(𝑡)cos𝑡),

D’où ‖𝛾 ′ (t)‖2 = [𝑟 ′ (𝑡)]2 + [r(𝑡)]2. Par suite,

𝑏
longueur de Γ = ∫ √[r(𝑡)]2 + [𝑟 ′ (𝑡)]2 ⅆ𝑡
𝑎

Exemple :

Exemple : Longueur du cercle unité.


Ici 𝛾: 𝑡 ∈ [0,2𝜋] ⟶ 𝛾(t) = (cos𝑡
sin𝑡
). Ainsi 𝛾 ′ (𝑡) = (−sin𝑡
cos𝑡
), de sorte que ‖𝛾 ′ (t)‖ = 1 pour tout
𝑡 ∈ [0,2𝜋]. En conséquence, pour

Γ = {(cos𝑡, sin𝑡) ∣ 𝑡 ∈ [0,2𝜋]} (= cencle unité),


2𝜋
longueur de Γ = ∫ 1ⅆ𝑡 = 2𝜋
0

Exemple : Longueur d'un morceau de chainette.

Soit Γ: = { (𝑥, 𝑎ch (𝑎)) ∣∣∣ 𝑥 ∈ [0,1] }, où 𝑎 > 0. Pour 𝑓(𝑥) = 𝑎ch (𝑎), on a 𝑓 ′ (𝑥) = sh (𝑎) et
𝑥 𝑥 𝑥

𝑥
√1 + [𝑓 ′ (𝑥)]2 = ch (𝑎). D’où :

1
𝑥 𝑥 1 1 𝑎(𝑒 1/𝑎 − 𝑒 −1/𝑎 )
longueur de Γ = ∫ ch ( ) d𝑥 = [𝑎sh ( )] = 𝑎sh ( ) =
0 𝑎 𝑎 0 𝑎 2

Définition : Soit 𝜔 une 1-forme différentielle continue sur un ouvert 𝑈 de ℝ𝑛 . Soient

6
[𝑎, 𝑏] un segment de ℝ et 𝛾: [𝑎, 𝑏] ⟶ 𝑈 une courbe paramétrée de classe 𝒞 1 . Alors on
définit l’intégrale de 𝜔 le long de 𝛾 par

𝑏
∫ 𝜔 = ∫ 𝜔𝛾(𝑡) (𝛾 ′ (𝑡))ⅆ𝑡.
𝛾 𝑎

Si on note 𝜔 = ∑𝑛𝑖=1 𝑃𝑖 ⅆ𝑥𝑖 et 𝛾(𝑡) = (𝑥1 (𝑡), … , 𝑥𝑛 (𝑡)), cela donne

𝑛 𝑏
∫ 𝜔 = ∑ ∫ 𝑃𝑗 (𝛾(𝑡))𝑥𝑗′ (𝑡)ⅆ𝑡.
𝛾 𝑗=1 𝑎

Si 𝛾 est de classe 𝒞 1 par morceaux, on considère une subdivision adaptée 𝑎 = 𝑎0 < ⋯ <
𝑎𝑚 = 𝑏 e on pose

𝑚 𝑎𝑘
∫𝜔=∑ ∫ 𝜔𝛾(𝑡) (𝛾 ′ (𝑡))ⅆ𝑡.
𝛾 𝑘=1 𝑎𝑘−1

La proposition suivante montre qu’une intégrale curviligne ne dépend pas du paramétrage


mais seulement du sens de parcours :

Proposition : Soit [𝑐, ⅆ] un autre segment de ℝ, 𝜙 un 𝒞 1 -difféomorphisme de [𝑐, ⅆ] dans


[𝑎, 𝑏] et 𝛾̃ = 𝛾𝑜𝜙.

Si 𝜙 est croissante, alors ∫𝛾̃ 𝜔 = ∫𝛾 𝜔, et si 𝜙 est décroissante, alors ∫𝛾̃ 𝜔 = − ∫𝛾 𝜔.

Démonstration. On effectue le changement de variables 𝑡 = 𝜙(𝑠). Si 𝜙 est croissante on


𝑏 𝑑
obtient ∫𝑎 𝜔𝛾(𝑡) (𝛾 ′ (𝑡))ⅆ𝑡 = ∫𝑐 𝜔𝛾(𝜙(𝑠)) (𝛾 ′ (𝜙(𝑠)))𝜙 ′ (𝑠)ⅆ𝑠.

Par linéarité de l’application 𝜔𝛾(𝜙(𝑠)) on obtient

𝑏 𝑑 𝑑
∫ 𝜔𝛾(𝑡) (𝛾 ′ (𝑡))ⅆ𝑡 = ∫ 𝜔𝛾(𝜙(𝑠)) (𝜙 ′ (𝑠)𝛾 ′ (𝜙(𝑠)))ⅆ𝑠 = ∫ 𝜔𝛾˜(𝑠) (𝛾˜ ′ (𝑠))ⅆ𝑠 = ∫ 𝜔.
𝑎 𝑐 𝑐 𝛾˜

Si 𝜙 est décroissante on obtient de même

𝑏 𝑐
∫ 𝜔𝛾(𝑡) (𝛾 ′ (𝑡))ⅆ𝑡 = ∫ 𝜔𝛾(𝜙(𝑠)) (𝛾 ′ (𝜙(𝑠))) 𝜙 ′ (𝑠)ⅆ𝑠 = − ∫ 𝜔.
𝑎 𝑑 𝛾˜

−𝑦 𝑥
Exemple : On considère dans ℝ2 ∖ {(0,0)} la forme différentielle 𝜔 = 𝑥 2+𝑦 2 ⅆ𝑥 + 𝑥 2 +𝑦 2 ⅆ𝑦

On note 𝒞 le cercle unité parcouru une fois dans le sens trigonométrique. On considère le

[0,2𝜋] → ℝ2
paramétrage 𝛾: { . Alors on a
𝜃 ↦ (cos (𝜃), sin (𝜃))

7
2𝜋 2𝜋
− sin(𝜃) cos (𝜃)
∫ 𝜔=∫𝜔=∫ ( 2 2
(− sin(𝜃)) + 2 2
cos (𝜃)) ⅆ𝜃 = ∫ 1ⅆ𝜃 = 2𝜋
𝒞 𝛾˜ 0 cos (𝜃) + sin (𝜃) cos (𝜃) + sin (𝜃) 0

[0, 𝜋] → ℝ2
Le paramétrage 𝛾˜: { donne le même résultat :
𝜃 ↦ (cos (2𝜃), sin (2𝜃))
𝜋 𝜋
− sin(2𝜃) cos (2𝜃)
∫ 𝜔=∫𝜔=∫ ( 2 2
(−2 sin(2𝜃)) + 2 2
2cos (2𝜃)) ⅆ𝜃 = ∫ 2ⅆ𝜃 = 2𝜋
𝒞 𝛾˜ 0 cos (2𝜃) + sin (2𝜃) cos (2𝜃) + sin (𝜃) 0

[0,2𝜋] → ℝ2
Par contre 𝛾− : { donne
𝜃 ↦ (cos (−𝜃), sin (−𝜃))

2𝜋 2𝜋
− sin(−𝜃) cos(−𝜃)
∫ 𝜔=∫ ( (sin(−𝜃)) + (− cos(−𝜃))) ⅆ𝜃 = ∫ (−1)ⅆ𝜃 = −2𝜋
𝛾− 0 cos (−𝜃)2 + sin (−𝜃)2 cos (−𝜃)2 + sin (−𝜃)2 0

[0,2𝑘𝜋] → ℝ2
Et si on fait 𝑘 tours : 𝛾𝑘 : { on obtient
𝜃 ↦ (cos (𝜃), sin (𝜃))

2𝑘𝜋 2k𝜋
− sin(𝜃) cos (𝜃)
∫ 𝜔=∫ ( (− sin(𝜃)) + cos (𝜃)) ⅆ𝜃 = ∫ 1ⅆ𝜃 = 2k𝜋
𝛾𝑘 0 cos (𝜃)2 + sin (𝜃)2 cos (𝜃)2 + sin (𝜃)2 0

Cas d’une forme différentielle exacte

Proposition : On suppose que 𝜔 est une forme exacte sur 𝑈, et on considère une primitive 𝑓
de 𝜔 (ie. 𝑓 est 𝒞 1 sur 𝑈 et ⅆ𝑓 = 𝜔). Si 𝛾: [𝑎, 𝑏] ⟶ 𝑈 est une courbe paramétrée 𝒞 1 par
morceaux alors on a

∫ 𝜔 = 𝑓(𝛾(𝑏)) − 𝑓(𝛾(𝑎)).
𝛾

L’intégrale curviligne d’une forme différentielle exacte le long d’une courbe ne dépend que
des extrémités de la courbe.

Démonstration. On suppose d’abord que 𝛾 est de classe 𝒞 1 . Pour 𝑡 ∈ [𝑎, 𝑏] on note 𝑔(𝑡) =
𝑓(𝛾(𝑡)). La fonction 𝑔 est alors de classe 𝒞 1 sur [𝑎, 𝑏] et pour tout 𝑡 ∈ [𝑎, 𝑏] on a

𝑔′ (𝑡) = ⅆ𝑓𝛾(𝑡) (𝛾 ′ (𝑡)).

On obtient

𝑏 𝑏 𝑏
∫ 𝜔 = ∫ 𝜔𝛾(𝑡) (𝛾 ′ (𝑡))ⅆ𝑡 = ∫ ⅆ𝑓𝛾(𝑡) (𝛾 ′ (𝑡))ⅆ𝑡 = ∫ 𝑔′ (𝑡)ⅆ𝑡 = 𝑔(𝑏) − 𝑔(𝑎).
𝛾 𝑎 𝑎 𝑎

D’où le résultat si 𝛾 est de classe 𝒞 1 . Si 𝛾 n’est que 𝒞 1 par morceaux, on considère une
subdivision

𝑎 = 𝑎0 < ⋯ < 𝑎𝑚 = 𝑏 adaptée. Pour chaque 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑚⟧ on applique le résultat précédent à

8
la restriction de 𝛾 sur [𝑎𝑘−1 , 𝑎𝑘 ], et on obtient

∫ 𝜔 = ∑ (𝑓(𝛾(𝑎𝑘 )) − 𝑓(𝑎𝑘−1 )) = 𝑓(𝛾(𝑏)) − 𝑓(𝛾(𝑎)).


𝛾 𝑘=1

Corollaire : Si 𝜔 est une forme différentielle exacte sur 𝑈 et 𝛾 est une courbe fermée de
classe 𝒞 1 par morceaux, alors

∫𝜔=0
𝛾

Exemple : La forme différentielle

𝑦 𝑥
𝜔= ⅆ𝑥 − 2 ⅆ𝑦
𝑥2 +𝑦 2 𝑥 + 𝑦2

N’est pas exacte sur ℝ2 ∖ {(0,0)}.

Circulation (ou travail) d’un champ de vecteurs

⃗ : 𝑈 → ℝ𝑛 un champ de
Soit 𝛾: 𝐼 = [𝑎, 𝑏] → ℝ𝑛 une courbe paramétrée de classe 𝐶 1 , et soit 𝑉
vecteurs continu. D'un point de vue physique, 𝛾(𝑡) se représente comme étant la position
⃗ (ainsi
d'une particule à l'instant 𝑡, qui se déplace sous l'influence du champ de forces 𝑉
⃗ (𝛾(𝑡) ) est la force agissant sur la particule à l'instant 𝑡 ). L'intégrale curviligne du champ de
𝑉
⃗ , est par définition le travail effectué par ce champ
vecteurs le long de la courbe 𝛾, notée ∫𝛾 𝑉

de forces pour déplacer la particule le long de la courbe de 𝛾(𝑎) à 𝛾(𝑏). Mathématiquement,


cela se traduit de la manière suivante

⃗ : 𝑈 ⊂ ℝ𝑛 → ℝ𝑛 un champ de vecteurs de ℝ𝑛 et 𝛾: [𝑎, 𝑏] → 𝑈 ⊂ ℝ𝑛 une


Définition : Soient 𝑉
courbe paramétrée.

⃗ le long de 𝛾 l'intégrale curviligne


On appelle circulation (ou travail) de 𝑉

𝑏
⃗ := ∫ 𝑉
∫𝑉 ⃗ (𝛾(𝑡)) ⋅ 𝛾 ′ (𝑡)ⅆ𝑡
𝛾 𝑎

Dérivée extérieure d’une 1-forme

On commence par introduire la dérivée d'une 1-forme sur un ouvert de ℝ2 (on verra au
chapitre suivant comment cela se généralise en dimension supérieure). Plus généralement,
on définit dans ce paragraphe les 2-formes différentielles.

9
Définition : On note ⅆ𝑥 ∧ ⅆ𝑦 l'application

(ℝ2 )2 → ℝ
ⅆ𝑥 ∧ ⅆ𝑦 ∶ {
(𝑢, 𝑣) ↦ 𝑢1 𝑣2 − 𝑢2 𝑣1 = det(𝑢, 𝑣)

où on a noté 𝑢 = (𝑢1 , 𝑢2 ) et 𝑣 = (𝑣1 , 𝑣2 ).

Plus généralement, si 𝜑1 et 𝜑2 sont deux formes linéaires sur ℝ2 , on note 𝜑1 ∧ 𝜑2


l'application qui au couple (𝑢, 𝑣) ∈ (ℝ2 )2 associe le réel 𝜑1 (𝑢)𝜑2 (𝑣) − 𝜑2 (𝑢)𝜑1 (𝑣).
Remarque : En particulier on a ⅆ𝑥 ∧ ⅆ𝑥 = 0, ⅆ𝑦 ∧ ⅆ𝑦 = 0 et ⅆ𝑦 ∧ ⅆ𝑥 = −ⅆ𝑥 ∧ ⅆ𝑦.
Définition : Soit 𝒰 un ouvert de ℝ2 . On appelle 2-forme différentielle de classe 𝐶 𝑘 une
application de la forme

𝜔: (𝑥, 𝑦) ↦ 𝑓(𝑥, 𝑦)ⅆ𝑥 ∧ ⅆ𝑦

où 𝑓 est une application de classe 𝐶 𝑘 de 𝒰 dans ℝ. 𝜔 est en particulier une application de


classe 𝐶 𝑘 de 𝒰 dans l'espace des formes bilinéaires sur ℝ2 .

Définition : Soient 𝒰 un ouvert de ℝ2 et 𝜔 = 𝑓(𝑥, 𝑦)ⅆ𝑥 ∧ ⅆ𝑦 une 2-forme continue sur 𝒰.


Lorsque cela a un sens on note

∬ 𝜔 = ∬ 𝑓(𝑥, 𝑦)ⅆ𝑥ⅆ𝑦
𝒰 𝒰

Définition : Soit 𝜔 = 𝑃(𝑥, 𝑦)ⅆ𝑥 + 𝑄(𝑥, 𝑦)ⅆ𝑦 une 1 -forme sur un ouvert 𝒰 de ℝ2 . On
appelle dérivée extérieure de 𝜔 sur 𝒰 la 2-forme

𝜕𝑄 𝜕𝑃
ⅆ𝜔 = ( (𝑥, 𝑦) − (𝑥, 𝑦)) ⅆ𝑥 ∧ ⅆ𝑦
𝜕𝑥 𝜕𝑦

Remarque : On a en fait

ⅆ𝜔 = ⅆ𝑃 ∧ ⅆ𝑥 + ⅆ𝑄 ∧ ⅆ𝑦

Exemple : Si 𝜔 = cos (𝑥 + 𝑦)ⅆ𝑥 + 𝑥 2 𝑦ⅆ𝑦 alors ⅆ𝜔 = (2𝑥𝑦 + sin (𝑥 + 𝑦))ⅆ𝑥 ∧ ⅆ𝑦.


Proposition : Une 1 -forme différentielle 𝜔 est fermée sur 𝒰 si et seulement si ⅆ𝜔 = 0 sur
𝒰.
Formule de Green-Riemann

10
On dira qu'un ouvert bornée Ω de ℝ2 a un bord 𝐶 1 par morceaux si sa frontière 𝜕Ω est union
finie de supports de courbes 𝛾𝑖 pour 𝑖 ∈ [ [1, 𝑁] ] (avec 𝑁 ∈ ℕ ) fermées, simples, et 𝐶 1 par
morceaux.
On dira que 𝜕Ω est orienté de sorte que Ω soit à sa gauche si pour tout 𝑖 ∈ [ [1, 𝑁] ] et
lorsque 𝑡 croit, le point 𝛾𝑖 (𝑡) «se déplace en laissant Ω à sa gauche». Cela signifie qu'en tout
point 𝛾𝑖 (𝑡), la base (𝜈, 𝛾𝑖′ (𝑡)) est directe, où 𝜈 est un vecteur normal sortant au point 𝛾𝑖 (𝑡).

‾ de Ω et 𝜔 est une 1-forme continue sur 𝒰, on


Si 𝒰 est un ouvert contenant l'adhérence Ω
note alors

∫ 𝜔=∑ ∫ 𝜔
𝜕Ω 𝑖=1 𝛾𝑖

On considère maintenant un ouvert élémentaire Ω de ℝ2 :

Ω = {(𝑥, 𝑦) ∈ ℝ2 ∣ 𝑎 < 𝑥 < 𝑏, 𝜑1 (𝑥) < 𝑦 < 𝜑2 (𝑥)}


= {(𝑥, 𝑦) ∈ ℝ2 ∣ 𝑐 < 𝑦 < ⅆ, 𝜓1 (𝑦) < 𝑥 < 𝜓2 (𝑦)}

avec 𝑎 < 𝑏, 𝑐 < ⅆ, 𝜑1 et 𝜑2 sont 𝐶 1 par morceaux sur [𝑎, 𝑏], 𝜓1 et 𝜓2 sont 𝐶 1 par morceaux
sur[𝑐, ⅆ], et on a 𝜑1 ⩽ 𝜑2 et 𝜓1 ⩽ 𝜓2 .
‾.
Lemme : Soit 𝑃(𝑥, 𝑦)ⅆ𝑥 et 𝑄(𝑥, 𝑦)ⅆ𝑦 deux 1-formes continues sur un ouvert 𝒰 contenant Ω
Alors on 𝑎

𝑏
∫ 𝑃(𝑥, 𝑦)ⅆ𝑥 = ∫ (𝑃(𝑡, 𝜑1 (𝑡)) − 𝑃(𝑡, 𝜑2 (𝑡)))ⅆ𝑡
𝜕Ω 𝑎

et

11
𝑑
∫ 𝑄(𝑥, 𝑦)ⅆ𝑦 = ∫ (−𝑄(𝑡, 𝜓1 (𝑡)) + 𝑄(𝑡, 𝜓2 (𝑡)))ⅆ𝑡
𝜕Ω 𝑐

Démonstration. On montre la première égalité. On paramètre le bord de Ω à l'aide des


quatres courbes suivantes:

• 𝛾1 définie sur [𝑎, 𝑏] par 𝛾1 (𝑡) = (𝑡, 𝜑1 (𝑡)),

• 𝛾2 définie sur [𝜑1 (𝑏), 𝜑2 (𝑏)] par 𝛾2 (𝑡) = (𝑏, 𝑡),

• 𝛾3 définie sur [𝑎, 𝑏] par 𝛾3 (𝑡) = (𝑡, 𝜑2 (𝑡)),

• 𝛾4 définie sur [𝜑1 (𝑎), 𝜑2 (𝑎)]par𝛾4 (𝑡) = (𝑎, 𝑡).

‾ on a
Pour toute 1-forme continue sur un ouvert contenant Ω

∫ 𝜔 = ∫ 𝜔+∫ 𝜔−∫ 𝜔−∫ 𝜔


𝜕Ω 𝛾1 𝛾2 𝛾3 𝛾4

En particulier
𝑏 𝜑2 (𝑏)
∫ 𝑃(𝑥, 𝑦)ⅆ𝑥 = ∫ 𝑃(𝑡, 𝜑1 (𝑡)) × 1ⅆ𝑡 + ∫ 𝑃(𝑏, 𝑡) × 0ⅆ𝑡
𝜕Ω 𝑎 𝜑1 (𝑏)
𝑏 𝜑2 (𝑎)
− ∫ 𝑃(𝑡, 𝜑2 (𝑡)) × 1ⅆ𝑡 + ∫ 𝑃(𝑎, 𝑡) × 0ⅆ𝑡
𝑎 𝜑1 (𝑎)
𝑏 𝑏
= ∫ 𝑃(𝑡, 𝜑1 (𝑡))ⅆ𝑡 − ∫ 𝑃(𝑡, 𝜑2 (𝑡))ⅆ𝑡
𝑎 𝑎

Cela prouve la première égalité. La deuxième se montre de façon analogue.


On montre maintenant la formule de Green-Riemann :
Théorème : [Formule de Green-Riemann] Soit Ω un ouvert élémentaire de ℝ2 et 𝜔 une 1-
‾ . Alors on a
forme de classe 𝐶 1 sur un ouvert contenant Ω

∫ ⅆ𝜔 = ∫ 𝜔
Ω 𝜕Ω

On rappelle que si on note 𝜔 = 𝑃(𝑥, 𝑦)ⅆ𝑥 + 𝑄(𝑥, 𝑦)ⅆ𝑦 on a


𝜕𝑄 𝜕𝑃
∫ ⅆ𝜔 = ∬ ( (𝑥, 𝑦) − (𝑥, 𝑦)) ⅆ𝑥ⅆ𝑦
Ω Ω 𝜕𝑥 𝜕𝑦
Démonstration. D'après le théorème de Fubini et le lemme précédent on a

12
𝜕𝑄 𝜕𝑃
∫ ⅆ𝜔 = ∫ (𝑥, 𝑦)ⅆ𝑥ⅆ𝑦 − ∫ (𝑥, 𝑦)ⅆ𝑥ⅆ𝑦
Ω Ω 𝜕𝑥 Ω 𝜕𝑦
𝑑 𝜓2 (𝑦) 𝑏 𝜑2 (𝑥)
𝜕𝑄 𝜕𝑃
= ∫ (∫ (𝑥, 𝑦)ⅆ𝑥) ⅆ𝑦 − ∫ (∫ (𝑥, 𝑦)ⅆ𝑦) ⅆ𝑥
𝑐 𝜓1 (𝑦) 𝜕𝑥 𝑎 𝜑1 (𝑥) 𝜕𝑦
𝑑 𝑏
= ∫ (𝑄(𝜓2 (𝑦), 𝑦) − 𝑄(𝜓1 (𝑦), 𝑦))ⅆ𝑦 − ∫ (𝑃(𝑥, 𝜑2 (𝑥) − 𝑃(𝑥, 𝜑1 (𝑥))ⅆ𝑥
𝑐 𝑎

= ∫ 𝑄(𝑥, 𝑦)ⅆ𝑦 + ∫ 𝑃(𝑥, 𝑦)𝑐 = ∫ 𝜔.


𝜕Ω 𝜕Ω 𝜕Ω

Remarque : Ce résultat peut être étendu à des ouverts plus généraux, par exemple des
ouverts simples. Les intégrales sur les frontières communes aux différentes parties
élémentaires se compensent.

La formule de Green-Riemann est utile dans les deux sens. Selon le problème considéré, on
peut vouloir ramener un calcul d'intégrale double au calcul d'une intégrale curviligne ou
l'inverse.

Exemple : La formule de Green-Riemann peut par exemple servir à calculer l'aire d'un ouvert
de ℝ2 via l'une des égalités suivantes:

1
Aire(Ω) = ∫ 𝑥ⅆ𝑦 = − ∫ 𝑦ⅆ𝑥 = ∫ 𝑥ⅆ𝑦 − 𝑦ⅆ𝑥.
𝜕Ω 𝜕Ω 2 𝜕Ω

Surfaces paramétrées

Définition : Une surface paramétrée dans l'espace, est la donnée d'une fonction s
de classes 𝐶 1 définie sur un domaine 𝐷 de ℝ2 ,

𝑠: 𝐷 ⟶ ℝ3
(𝑢, 𝑣) ⟼ 𝑠(𝑢, 𝑣) = (𝑥(𝑢, 𝑣), 𝑦(𝑢, 𝑣), 𝑧(𝑢, 𝑣))

𝑥(𝑢, 𝑣)
qu'on notera aussi par 𝑠(𝑢, 𝑣) = (𝑦(𝑢, 𝑣))
𝑧(𝑢, 𝑣)
L'ensemble 𝑆 = {𝑠(𝑢, 𝑣) = (𝑥(𝑢, 𝑣), 𝑦(𝑢, 𝑣), 𝑧(𝑢, 𝑣)) ∣ (𝑢, 𝑣) ∈ 𝐷} est appelé le support
de la surface paramétrée.

Définition : On dit qu'une surface paramétrée

𝑠: 𝐷 ⟶ ℝ3
(𝑢, 𝑣) ⟼ (𝑠(𝑢, 𝑣), 𝑦(𝑢, 𝑣), 𝑧(𝑢, 𝑣))

13
𝜕𝑠
est régulière en un point (𝑢, 𝑣) ∈ 𝐷 si les vecteurs dérivés partielles 𝜕𝑢 (𝑢, 𝑣) et
𝜕𝑠
(𝑢, 𝑣) sont linéairement indépendants. Le plan passant par 𝑠(𝑢, 𝑣) et de base (ou
𝜕𝑣
𝜕𝑠 𝜕𝑠
engendré par) {𝜕𝑢 (𝑢, 𝑣), 𝜕𝑣 (𝑢, 𝑣)} est appelé plan tangent en (𝑢, 𝑣) à la surface

paramétrée 𝑠.

Propriété :

1. Un point (𝑢, 𝑣) ∈ 𝐷 est régulier si et seulement si

𝜕𝑠 𝜕𝑠
(𝑢, 𝑣) ∧ (𝑢, 𝑣) ≠ 0
𝜕𝑢 𝜕𝑣

2. Soit 𝑓 une surface paramétrée régulière. Le vecteur

𝜕𝑠 𝜕𝑠
(𝑢, 𝑣) ∧ (𝑢, 𝑢)
𝜕𝑢 𝜕𝑣

est un vecteur non nul normal au plan tangent en (𝑢, 𝑣) de la surface paramétrée 𝑆.

3. Le vecteur

𝜕𝑠 𝜕𝑠
(𝑢, 𝑣) ∧ (𝑢, 𝑣)
𝑛⃗(𝑢, 𝑣): = 𝜕𝑢 𝜕𝑣
𝜕𝑠 𝜕𝑠
‖ (𝑢, 𝑣) ∧ (𝑢, 𝑣)‖
𝜕𝑢 𝜕𝑣

est un vecteur unitaire normal à 𝑆 au point 𝑠(𝑢, 𝑣).

14
Exemple : Soit

𝑠: [0,1] × [0,1] → ℝ3
(𝑢, 𝑣) → (𝑢, 𝑣, 𝑣 2 )

𝜕𝑠 𝜕𝑠
On a 𝜕𝑢 (𝑢, 𝑣) = (1,0,0) et 𝜕𝑣 (𝑢, 𝑣) = (0,1,2𝑣) ainsi

𝜕𝑠 𝜕𝑠 1 0 0
(𝑢, 𝑣) ∧ (𝑢, 𝑣) = (0) ∧ (1 ) = (−2𝑣).
𝜕𝑢 𝜕𝑣
0 2𝑣 1

Par conséquent la surface est régulière en tout point de [0,1] × [0,1] et un vecteur
unitaire normal à la surface est donné par

1 0
𝑛⃗(𝑢, 𝑣) = (−2𝑣)
√4𝑣 2 + 1 1

Exemple : (important)

• Si la surface 𝑆 est un graphe, c-à-d, 𝑆 = {𝑠(𝑥, 𝑦) = (𝑥, 𝑦, 𝑓(𝑥, 𝑦)) ∣ (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐷}


avec 𝑓: 𝐷 → ℝ une fonction de classe 𝐶 1 , alors en tout points

𝜕𝑓
1 0 − (𝑥, 𝑦)
𝜕𝑠 𝜕𝑠 0 1 𝜕𝑥
(𝑥, 𝑦) ∧ (𝑥, 𝑦) = (𝜕𝑓 ) ∧ (𝜕𝑓 )= 𝜕𝑓
𝜕𝑥 𝜕𝑦 (𝑥, 𝑦) − (𝑥, 𝑦)
(𝑥, 𝑦) 𝜕𝑦
𝜕𝑥 𝜕𝑦
( 1 )

qui est non nul, donc la surface est toujours régulière et 𝑛⃗(𝑥, 𝑦) est un vecteur
unitaire normal à la surface est donné par

𝜕𝑓

(𝑥, 𝑦)
1 𝜕𝑥
𝑛⃗(𝑥, 𝑦) = 𝜕𝑓 .
2 2 − (𝑥, 𝑦)
𝜕𝑦
√(𝜕𝑓) + (𝜕𝑓) + 1
𝜕𝑥 𝜕𝑦 ( 1 )

15
• Si la surface est donnée par une équation cartésienne 𝑓(𝑥, 𝑦, 𝑧) = 0, avec une
fonction 𝑓 de classe , un point de la surface est dit régulier si le gradient de 𝑓
est non nul en ce point. C'est alors le vecteur gradient lui-même qui constitue
un vecteur normal : La démonstration formelle de ce résultat fait intervenir
le théorème des fonctions implicites.

Définition : Une surface est dite orientable, si elle admet un champ continu de
vecteurs unitaires normaux.

16
Exemple : 1) Toute sphère de ℝ3 est orientable, par le champ de vecteurs radial
1
⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧) =
𝑉 (𝑥, 𝑦, 𝑧).
√𝑥 2 +𝑦 2 +𝑧 2

2) Tout graphe est orientable (voir exemple …)


3) Il existe des surfaces paramétrées non orientable, par exemple : le ruban de
Möbius 𝑀 est la surface paramétrée

𝑠(𝑢, 𝑣) = ((1 + 𝑢cos (𝑣))cos (2𝑣), (1 + 𝑢cos (𝑣))sin (2𝑣), 𝑢sin (𝑣))

1 1
où 𝑢 ∈ [− 2 , 2] et 𝑣 ∈ [0,2𝜋]. La surface 𝑀 n'admet pas de champ continu de vecteurs

unitaires normaux.

Définition : (Orientation) Soit 𝑆 une surface paramétrée régulière, le choix d'un


champ de vecteurs normaux unitaires

𝑛⃗: 𝐷 → ℝ3

s'appelle une orientation de 𝑆.

17
𝜕𝑠 𝜕𝑠 𝜕𝑠 𝜕𝑠
∧ ∧
• Il n'y a que deux choix possibles 𝑛⃗ = 𝜕𝑢 𝜕𝑣
𝜕𝑠 𝜕𝑠 ou 𝑛⃗ = − 𝜕𝑢 𝜕𝑣
𝜕𝑠 𝜕𝑠
‖ ∧ ‖ ‖ ∧ ‖
𝜕𝑢 𝜕𝑣 𝜕𝑢 𝜕𝑣

• Un choix ayant été effectué, on note 𝑆 + la surface orientée par ce choix et


𝑆 − par le choix opposé.

• Une paramétrisation de la surface 𝑆 est dite compatible avec l'orientation


𝜕𝑠 𝜕𝑠

choisie si l'orientation est donnée par 𝑛⃗ = 𝜕𝑢 𝜕𝑣
𝜕𝑠 𝜕𝑠 .
‖ ∧ ‖
𝜕𝑢 𝜕𝑣

Exemple : On utilise les coordonnées sphériques sur la sphère unité

cos 𝜃cos 𝜙
𝜋 𝜋
𝑠(𝜃, 𝜙) = ( sin 𝜃cos 𝜙 ) , 𝜃 ∈ [−𝜋, 𝜋], 𝜙 ∈ ]− , [,
2 2
sin 𝜙

Quel est la normale déterminée par cette paramétrisation?


Solution On calcule

−sin 𝜃cos 𝜙 −cos 𝜃sin 𝜙 cos2 𝜙cos 𝜃


𝜕𝑠 𝜕𝑠
∧ = ( cos 𝜃cos 𝜙 ) ∧ ( −sin 𝜃sin 𝜙 ) = ( cos2 𝜙sin 𝜃 ) = cos 𝜙 ⋅ 𝑠(𝜃, 𝜙)
𝜕𝜃 𝜕𝜙
0 cos 𝜙 cos 𝜙sin 𝜙

Comme cos 𝜙 > 0, 𝑛⃗(𝜃, 𝜙) = 𝑠(𝜃, 𝜙) est la normale sortante (c'est le vecteur radial
sortant de la sphère).

Aire d'une surface

Définition : L'aire d'une surface paramétrée 𝑆 définie par

𝑥(𝑢, 𝑣)
𝑠(𝑢, 𝑣) = (𝑦(𝑢, 𝑣)) , (𝑢, 𝑣) ∈ 𝐷, est donnée par l'intégrale double
𝑧(𝑢, 𝑣)

18
𝜕𝑠 𝜕𝑠
Aire(𝑆) = ∬ ⅆ𝑆 = ∬ ‖ (𝑢, 𝑣) ∧ (𝑢, 𝑣)‖ ⅆ𝑢ⅆ𝑣
𝐷 𝐷 𝜕𝑢 𝜕𝑣

𝜕𝑠 𝜕𝑠
où ⅆ𝑆 = ‖𝜕𝑢 (𝑢, 𝑣) ∧ 𝜕𝑣 (𝑢, 𝑣)‖ ⅆ𝑢ⅆ𝑣 est appelé élément d'aire.

Exemple :

Calculer l'aire du triangle de sommets 𝑎 = (1,0,0), 𝑏 = (0, −1,2) et 𝑐 = (0,2,1).


Solution : On utilise la paramétrisation 𝑠(𝑢, 𝑣) = 𝑎 + 𝑢(𝑏 − 𝑎) + 𝑣(𝑐 − 𝑎) où 𝑢 ≥ 0, 𝑣 ≥
0 et 𝑢 + 𝑣 ≤ 1. On a 𝑎 = 𝑠(0,0), 𝑏 = 𝑠(1,0) et 𝑐 = 𝑠(0,1). On calcule

𝜕𝑠 𝜕𝑠
(𝑢, 𝑣) ∧ (𝑢, 𝑣) = (𝑏 − 𝑎) ∧ (𝑐 − 𝑎)
𝜕𝑢 𝜕𝑣

D'où
𝜕𝑠 𝜕𝑠
Aire(𝑆) = ∬ ‖ (𝑢, 𝑣) ∧ (𝑢, 𝑣)‖ ⅆ𝑢ⅆ𝑣 = ‖(𝑏 − 𝑎) ∧ (𝑐 − 𝑎)‖ ∬ ⅆ𝑢ⅆ𝑣
𝐷 𝜕𝑢 𝜕𝑣 𝐷

= ‖(𝑏 − 𝑎) ∧ (𝑐 − 𝑎)‖ ⋅ aire(𝐷)


Comme 𝐷 = {(𝑢, 𝑣) ∈ ℝ2 ; 𝑢 + 𝑣 ≤ 1, 𝑢 ≥ 0, 𝑣 ≥ 0} c'est le triangle de sommets
1 ‖(𝑏−𝑎)∧(𝑐−𝑎)‖
(0,0), (1,0) et (0,1) donc d'aire 2, d'où l'aire de 𝑆 est égale à .
2

Puisque 𝑎 = (1,0,0), 𝑏 = (0, −1,2) et 𝑐 = (0,2,1) on aura ‖(𝑏 − 𝑎) ∧ (𝑐 − 𝑎)‖ =


√35
‖(−5, −1, −3)‖ = √35 d'où aire (𝑆) = .
2

Exemple : Calculer l'aire de la sphère de centre 0 et de rayon 𝑅


Solution : On utilise les coordonnées sphériques sur la sphère de centre 0 et de
rayon 𝑅

𝑅cos𝜃cos𝜙 𝜋 𝜋
𝑠(𝜃, 𝜙) = ( 𝑅sin𝜃cos𝜙 ) , 𝜃 ∈ [−𝜋, 𝜋], 𝜙 ∈ [− , ]
𝑅sin𝜙 2 2

On calcule

−𝑅sin𝜃cos𝜙 −𝑅cos𝜃sin𝜙 𝑅 2 cos2 𝜙cos𝜃


𝜕𝑠 𝜕𝑠
∧ = ( 𝑅cos𝜃cos𝜙 ) ∧ ( −𝑅sin𝜃sin𝜙 ) = ( 𝑅 2 cos 2 𝜙sin𝜃 ) = 𝑅cos𝜙 ⋅ 𝑠(𝜃, 𝜙)
𝜕𝜃 𝜕𝜙
0 𝑅cos𝜙 𝑅 2 cos𝜙sin𝜙

𝜕𝑠 𝜕𝑠
D′ où ‖𝜕𝑢 (𝑢, 𝑣) ∧ 𝜕𝑣 (𝑢, 𝑣)‖ = 𝑅 2 cos𝜙. Par conséquent

𝜋
𝜋
2
Aire(𝑆) = ∬ 𝑅 2 cos𝜙ⅆ𝜃ⅆ𝜙 = 𝑅 2 ∫ ⅆ𝜃 ∫ cos𝜙 = 4𝜋𝑅 2
𝜋
𝐷 −𝜋 −
2

19
Définition : Une surface paramétrée régulière 𝑆 est dite fermée (ou sans bord) si son
bord est vide, i.e. 𝜕𝑆 = ∅.

Exemples : 1) Une sphère est une surface fermée.


2) La surface 𝑆 paramétrée par

𝑠: [0,1] × [0,1] → ℝ3 , (𝑢, 𝑣) → (𝑢, 𝑣, 𝑢2 )

n'est pas fermée.

En effet, son bord 𝜕𝑆 est l'union de quatre courbes :


𝑧 = 𝑥2 𝑥=1 𝑧 = 𝑥2 𝑥=0
𝜕𝑆 = {𝑦 = 0 ∪ {𝑧 = 1 ∪ {𝑦 = 1 ∪ {𝑧 = 0
𝑥 ∈ [0,1] 𝑦 ∈ [0,1] 𝑥 ∈ [0,1] 𝑦 ∈ [0,1]

Théorème : (Invariance) L'aire ne dépend pas du choix du paramétrage

Flux d'un champ de vecteurs à travers une surface

Etant donné un fluide en mouvement dans l'espace, sa vitesse est un champ de


⃗ . La quantité de matière qui, pendant une unité de temps, traverse un
vecteurs 𝑉
morceau de surface 𝑆, est proportionnelle à la densité volumique, à l'aire de 𝑆, à
l'intensité de la vitesse, mais dépend aussi de la direction de la vitesse : elle est
proportionnelle à la direction de la normale à 𝑆. Il faut alors préciser si on s'intéresse
au flux sortant ou rentrant, d'où la nécessité d'orienter 𝑆.

⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧) un champ de vecteurs sur ℝ3 . Soit 𝑆 une surface orientée


Définition : Soit 𝑉
⃗ à travers 𝑆 est l'intégrale
par un choix de normale unitaire 𝑛⃗. Le flux de 𝑉

20
⃗ , 𝑆) = ∬ 𝑉
flux(𝑉 ⃗ ⋅ 𝑛⃗ⅆ𝑆
𝑆

où • est le produit scalaire et ⅆ𝑆 désigne l'élément d'aire.


Si 𝑠(𝑢, 𝑣), (𝑢, 𝑣) ∈ 𝐷, est une paramétrisation de la surface 𝑆 compatible avec
⃗ à travers 𝑆 est donné par l'intégrale double
l'orientation choisie. Le flux du champs 𝑉

𝜕𝑠 𝜕𝑠
⃗ , 𝑆) = ∬ 𝑉(𝑠(𝑢, 𝑣)) ⋅ (
𝑓𝑙𝑢𝑥(𝑉 (𝑢, 𝑣) ∧ (𝑢, 𝑢)) ⅆ𝑢ⅆ𝑣
𝐷 𝜕𝑢 𝜕𝑣

Exemple 2.8 Calculer le flux du champ de vecteurs 𝑉(𝑥, 𝑦, 𝑧) = (𝑥, 𝑦, 0) à travers la


sphère unité orientée par la normale sortante?

Réponse : Comme les coordonnées spériques déterminent la normale sortante,

cos 𝜃cos 𝜙 cos 𝜃cos2 𝜙


𝜕𝑠 𝜕𝑠
𝑉(𝑠(𝜃, 𝜙)) ⋅ ( (𝜃, 𝜙) ∧ (𝜃, 𝜙)) = ( sin 𝜃cos 𝜙 ) ⋅ ( sin 𝜃cos 2 𝜙 ) = cos3 𝜃.
𝜕𝜃 𝜕𝜙
0 cos 𝜙sin 𝜙

et en intégrant

𝜋 𝜋
𝜋
2 2
flux(𝑉, 𝑆) = ∫ ∫ cos 𝜙ⅆ𝜙ⅆ𝜃 = 2𝜋 ∫ (cos 𝜙 − cos (𝜙)sin2 (𝜙))ⅆ𝜙
3
𝜋 𝜋
−𝜋 − −
2 2
𝜋
1 2 8𝜋
= 2𝜋 [sin 𝜙 − sin3 (𝜙)] 𝜋 =
3 − 3
2

Théorème : (Invariance) Le flux d'un champ de vecteurs à travers une surface


paramétrée ne dépend pas du paramétrage mais seulement de son orientation.
Changer l'orientation change le signe du flux.

Lien entre intégrale triple et intégrale de surface

Théorème : Théorème d'Ostrogradski (ou théorème de la divergence)

⃗ un
Soit S une surface fermée qui délimite un domaine Ω de ℝ3 i.e. 𝜕Ω = 𝑆. Soit 𝑉
champ de vecteurs de classe 𝐶 1 défini sur Ω.

𝜕𝑠 𝜕𝑠
On paramètre 𝑆 de sorte que le vecteur normal 𝜕𝑢 ∧ 𝜕𝑣 pointe vers l'extérieur de Ω.

Alors, on la formule d'Ostrogradski :

⃗ )ⅆ𝑥ⅆ𝑦ⅆ𝑧 = flux(𝑉, 𝑆)
∭ div(𝑉
Ω

21
⃗ un champ de vecteurs de classe 𝐶 1 sur un domaine étoilé Ω de
Corollaire : Soit 𝑉
⃗ a une divergence nulle, alors son flux à travers toute surface 𝑆 fermée
ℝ3 . Si 𝑉
contenue dans Ω est nul.

⃗ ) = 0 ⟹ flux(𝑉
div(𝑉 ⃗ , 𝑆) = 0

Exemple :

𝑥
Calculer le volume de la boule unité 𝐵 à l'aide du champ de vecteurs 𝑉(𝑥, 𝑦, 𝑧) = (𝑦)
0
Solution : On a div(𝑉) = 2. On oriente la sphère unité 𝑆 par la normale sortante. La
formule d'Ostrogradski et le calcul de l'exemple précédent nous donnent

8𝜋
2vol(𝐵) = ∭ div(𝑉)ⅆ𝑥ⅆ𝑦ⅆ𝑧 = flux(𝑉, 𝑆) =
𝐵 3

4𝜋
D'où le volume de la boule unité est égal à .
3

Lien entre l'intégrale curviligne et l'intégrale de surface

Définition : (Orientation du bord d'une surface) Soit 𝑆 une surface orientée de bord
𝜕𝑆 = 𝐶. L'orientation du bord doit être choisie de sorte que lorsqu'un observateur
marche sur 𝑆 (i.e. la normale orientée va de ses pieds à sa tête) le long du bord, la
surface 𝑆 se trouve sur sa gauche.

22
Théorème : (Théorème de Stokes) Soit 𝑆 une surface orientée de bord 𝜕𝑆.
⃗ un champ de vecteurs de classe 𝐶 1 sur un voisinage de 𝑆. Alors on a la
Soit 𝑉
formule de Stokes

flux (rot ⃗ , 𝑆 + ) = circulation(𝑉


⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉 ⃗ , 𝜕𝑆 + )

Soit 𝑠(𝑢, 𝑣), (𝑢, 𝑣) ∈ 𝐷, une paramétrisation de la surface 𝑆 compatible avec


l'orientation choisie. La formule de Stokes s'écrit

𝜕𝑠 𝜕𝑠
⃗ , 𝑆 + ) = ∬ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉
𝑓𝑙𝑢𝑥(𝑟𝑜𝑡 𝑟𝑜𝑡𝑉 ⃗ ⋅ ( (𝑢, 𝑣) ∧ (𝑢, 𝑣)) ⅆ𝑢ⅆ𝑣 = ∫ 𝑉 ⃗
𝐷 𝜕𝑢 𝜕𝑣 𝜕𝑆 +

⃗ un champ de
Corollaire : Soit 𝑆 une surface fermée (c-à-d sans bord). Soit 𝑉
vecteurs de classe 𝐶 1 défini au voisinage de 𝑆. Alors le flux de ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡𝑉 ⃗ à travers 𝑆 est
nul.

⃗ , 𝑆) = 0
⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉
𝜕𝑆 = ∅ ⟹ 𝑓𝑙𝑢𝑥(rot

⃗ un champ de vecteurs de classe 𝐶 1 défini sur un domaine Ω de


Corollaire : Soit 𝑉
ℝ3 . On suppose que le rotationnel de 𝑉 est nul. Soit 𝐶 une courbe fermée qui borde
⃗ le long de 𝐶 est nulle.
une surface contenue dans Ω. Alors la circulation de 𝑉

⃗⃗⃗⃗⃗
rot𝑉 ⃗ = ⃗0 ⟹ 𝐶 = 0

⃗ = 𝑟𝑜𝑡𝑈
Remarque : Si 𝑆 est une surface plane contenue dans le plan (𝑂𝑥𝑦) et 𝑉 ⃗ est
⃗ (𝑥, 𝑦) = 𝑃(𝑥, 𝑦)𝑖 + 𝑄(𝑥, 𝑦)𝑗.
un champ de vecteurs rotationnel avec 𝑈

⃗ est orthogonal 𝑎`𝑆 et on a


Alors 𝑉

𝜕𝑄 𝜕𝑃
⃗ = ( − )𝑘
𝑉 ⃗
𝜕𝑥 𝜕𝑦

et le Théorème Stokes permet de retrouver le Théorème de Green-Riemann, en


effet,

𝜕𝑄 𝜕𝑃
∬ ( ⃗ , 𝑆) = circulation(𝑈
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑈
− ) ⅆ𝑥ⅆ𝑦 = flux(𝑟𝑜𝑡 ⃗ , 𝜕𝑆 + ) = ∫ (𝑃ⅆ𝑥 + 𝑄ⅆ𝑦)
𝑆+ 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑆 +

Exemple :

23
⃗ à travers la
⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧) = 𝑥 2 𝑖 + 𝑦 2 𝑗 + 𝑧 2 𝑘
1) Calculer le flux du champ de vecteurs 𝑉
surface fermée 𝑆 + formée du cône 𝑧 2 = 𝑥 2 + 𝑦 2 , 𝑧 ∈ [0,3] et du disque 𝑥 2 + 𝑦 2 ≤
9, 𝑧 = 3, orientée par le vecteur normal sortant.

⃗ , à travers le
⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧) = 𝑥 4 𝑦𝑖 − 2𝑥 3 𝑦 2 𝑗 + 𝑧 2 𝑘
2) Calculer le flux du champ de vecteurs 𝑉
cylindre 𝑆 + d'élimité par 𝑅 2 = 𝑥 2 + 𝑦 2 , 𝑧 ∈ [0, ℎ].

Réponse :

1) Puisque la surface est fermée, on peut utiliser le théorème d'Ostrogradski :

⃗ , 𝑆 + ) = ∭ ⅆ𝑖𝑣𝑉
𝑓𝑙𝑢𝑥(𝑉 ⃗ ⅆ𝑥ⅆ𝑦ⅆ𝑧
Ω

où Ω est le solide délimité par 𝑆, donc

Ω = {(𝑥, 𝑦, 𝑧) ∈ ℝ3 ∣ 𝑥 2 + 𝑦 2 ≤ 𝑧 2 , 0 ≤ 𝑧 ≤ 3},

et

⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧) = 2𝑥 + 2𝑦 + 2𝑧
div𝑉

⃗ , 𝑆 + ) = 2 ∭ (𝑥 + 𝑦 + 𝑧)ⅆ𝑥ⅆ𝑦ⅆ𝑧
On a alors, en coordonnées cylindriques, flux (𝑉 Ω

3 2𝜋 𝑧 3 2𝜋
1 3 1 2 𝜌=𝑧
= 2∫ ∫ ∫ (𝜌2 (cos𝜃 + sin𝜃) + 𝜌𝑧)ⅆ𝜌ⅆ𝜃ⅆ𝑧 = 2 ∫ ∫ [ 𝜌 (cos𝜃 + sin𝜃) + 𝜌 𝑧] ⅆ𝜃ⅆ𝑧
0 0 0 0 0 3 2 𝜌=0
3 2𝜋
1 3 1 3 1 3 3
1 3 2𝜋
= 2∫ ∫ ( 𝑧 (cos𝜃 + sin𝜃) + 𝑧 ) ⅆ𝜃ⅆ𝑧 = 2 ∫ [ 𝑧 (sin 𝜃 − cos𝜃) + 𝑧 𝜃] ⅆ𝑧
0 0 3 2 0 3 2 0
3
1 1 81𝜋
= 2 ∫ 𝑧 3 2𝜋ⅆ𝑧 = 2𝜋 ⋅ ⋅ 34 =
0 2 4 2

Remarque : On aurait pu remarquer que par symétrie, ∭Ω 𝑥ⅆ𝑥ⅆ𝑦ⅆ𝑧 =


⃗ , 𝑆 + ) = 2 ∭ (𝑥 + 𝑦 + 𝑧)ⅆ𝑥ⅆ𝑦ⅆ𝑧 = 2 ∭ 𝑧ⅆ𝑥ⅆ𝑦ⅆ𝑧 =
∭Ω 𝑦ⅆ𝑥ⅆ𝑦ⅆ𝑧 = 0, d'où flux(𝑉 Ω Ω
3 3 81𝜋
2 ∫0 𝑧. Aire(𝐷𝑧 )ⅆ𝑧 = 2. 𝜋 ∫0 𝑧 3 ⅆ𝑧 = où 𝐷𝑧 est le disque centrée en (0,0, 𝑧) et de
2

rayon 𝑧.

2) On observe que la surface 𝑆 n'est pas fermée, car son bord 𝜕𝑆 est la réunion des
cercles 𝑥 2 + 𝑦 2 = 𝑅 2 , 𝑧 = 0 et 𝑥 2 + 𝑦 2 = 𝑅 2 , 𝑧 = ℎ, on ne peut appliquer aucun des
⃗ à travers 𝑆 + en utilisant la
résultats précédents ; il faudrait alors calculer le flux de 𝑉
définition.

On a 𝑆 + = {𝑠(𝜃, 𝑧) = (𝑅cos𝜃, 𝑅sin𝜃, 𝑧) ∣ 𝑧 ∈ [0, ℎ], 𝜃 ∈ [0,2𝜋]},

24
𝜕𝑠 𝜕𝑠 −𝑅sin𝜃 0 𝑅cos𝜃
𝑛⃗(𝜃, 𝑧) = ∧ = (𝑅cos𝜃 ) ∧ (0) = (𝑅sin𝜃 )
𝜕𝜃 𝜕𝑧
0 1 0

et


⃗ (𝑠(𝜃, 𝑧)) = 𝑅 5 cos4 𝜃sin𝜃𝑖 − 2𝑅 5 cos3 𝜃sin2 𝜃𝑗 + 𝑧 2 𝑘
𝑉

Alors

𝑅 5 cos 4 𝜃sin𝜃 𝑅cos𝜃


⃗ , 𝑆+) = ∬
flux(𝑉 5 3 2
(−2𝑅 cos 𝜃sin 𝜃) ⋅ (𝑅sin𝜃 ) ⅆ𝜃ⅆ𝑧
[0,3]×[0,2𝜋] 𝑧 2 0
3 2𝜋
6 (cos5 𝜃sin𝜃 − 2cos3 𝜃sin3 𝜃)ⅆ𝜃 = 0
= 𝑅 ∫ ⅆ𝑧 ∫
0 0

Exemple : Calculer la circulation du champ


⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧) = cos (𝑧)𝑖 + 𝑥 2 𝑗 + 2𝑦𝑘
𝑉

le long de la courbe 𝐶, obtenue par l'intersection du plan 𝑧 = 2 − 𝑥 et du cylindre


𝑥 2 + 𝑦 2 = 4.
Réponse : On remarquera que la courbe 𝐶 est une ellipse ( à vérifier)
On va utiliser pour calculer la circulation du champ, la formule de Stokes :

⃗ , 𝑆+) = ∫
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉
flux(𝑟𝑜𝑡 ⃗.
𝑉
𝜕𝑆 +

𝑖 𝑗 ⃗
𝑘
𝜕 𝜕 𝜕 ⃗ =
On a rot ⃗ = det (
⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉 ) = (2 − 0)𝑖 − (0 + sin (𝑧))𝑗 + (2𝑥 − 0)𝑘
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
2
cos (𝑧) 𝑥 2𝑦
2
(sin (𝑧)).
2𝑥
Il y a plusieurs choix de surface dont le bord est la courbe C, mais le plus simple est
celui de 𝑆 l'intérieur de l'ellipse 𝐶. La surface est bien bordée par 𝐶 et a pour
paramétrisation 𝑆 = {(𝑥, 𝑦, 𝑧) ∣ 𝑧 = 2 − 𝑥 et 𝑥 2 + 𝑦 2 ≤ 4}. Son champ de vecteurs
normaux est

𝜕(2 − 𝑥)

𝜕𝑥 1
𝑛⃗(𝑥, 𝑦) = 𝜕(2 − 𝑥) = (0)
− 1
𝜕𝑦
( 1 )

25
⃗ le long de 𝐶 est égale 𝑎` :
D'où, la circulation de 𝑉

2 1
⃗ = 𝑓𝑙𝑢𝑥(𝑟𝑜𝑡
∫ 𝑉 ⃗ , 𝑆+) = ∬
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉 (sin (𝑧)) ⋅ (0) ⅆ𝑥ⅆ𝑦 = ∬ (2 + 2𝑥)ⅆ𝑥ⅆ𝑦
𝐶+ {𝑥 2 +𝑦 2 ≤4} 2𝑥 1 {𝑥 2 +𝑦 2 ≤4}

= 2∬ ⅆ𝑥ⅆ𝑦
{𝑥 2 +𝑦 2 ≤4}

par symétrie on a ∬{𝑥 2 +𝑦 2≤4} 𝑥ⅆ𝑥ⅆ𝑦 = 0, d'où

⃗ = 2 ⋅ Aire({𝑥 2 + 𝑦 2 ≤ 4}) = 2 ⋅ 𝜋 ⋅ 22 = 8𝜋
∫ 𝑉
𝐶+

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