UNIVERSITE DE LUBUMBASHI
FACULTE POLYTECHNIQUE
Département d’Electromécanique
TRAVAIL PRATIQUE DE METALLURGIE GENERALE
Présenté par : ILUNGA MULUBA Deo
Promotion : Bac II Electromécanique
Dirigé par : CT Gilbert KANTABILENGA
ANNEE ACADEMIQUE : 2024 - 2025
I. FILTRATION PAR DES FILTRES CERAMIQUES
La filtration par filtres céramiques est une technique utilisée pour purifier les métaux en fusion
en éliminant les impuretés solides. Ce procédé repose sur le passage du métal liquide à travers
un filtre en céramique poreuse, qui retient les particules non métalliques et améliore la qualité
du matériau final.
1. Principe de fonctionnement
Un filtre céramique est un matériau réfractaire contenant des pores calibrés permettant le
passage du métal liquide tout en retenant les inclusions solides.
Étapes du processus :
➢ Le métal en fusion (aluminium, acier, fonte, etc.) est versé sur le filtre céramique.
➢ Le métal passe à travers les pores du filtre, tandis que les impuretés solides (oxydes,
scories, carbures, nitrures) sont piégées.
➢ Le métal purifié ressort de l’autre côté avec une meilleure homogénéité et de meilleures
propriétés mécaniques.
Mécanismes de filtration :
➢ Filtration mécanique : Les impuretés solides sont bloquées physiquement par la
structure poreuse.
➢ Adsorption : Certaines impuretés chimiques adhèrent aux parois du filtre.
➢ Décantation : Les particules lourdes peuvent s’accumuler dans le filtre et ne plus
circuler avec le métal.
2. Avantages et inconvénients
a) Avantages :
➢ Élimination efficace des inclusions solides (oxydes, scories, carbures, nitrures).
➢ Amélioration des propriétés mécaniques des métaux purifiés (moins de porosité,
meilleure résistance).
➢ Moins de défauts de coulée (évite les inclusions qui affaiblissent le matériau).
➢ Meilleure fluidité du métal liquide, facilitant le moulage.
➢ Utilisation à haute température (les céramiques sont très résistantes thermiquement).
b) Inconvénients :
➢ Coût élevé des filtres céramiques par rapport aux filtres classiques en métal.
➢ Risque de colmatage si les inclusions sont trop nombreuses.
➢ Dégradation des filtres après plusieurs utilisations (nécessite un remplacement
fréquent).
➢ Sensibilité aux chocs thermiques, qui peut fissurer les filtres.
3. Applications des filtres céramiques
a) Métallurgie et fonderie
➢ Filtration de l’aluminium liquide avant la coulée pour éviter les inclusions d’oxydes.
➢ Filtration de l’acier inoxydable pour améliorer sa pureté et sa résistance mécanique.
➢ Filtration de la fonte pour limiter les défauts dans les pièces moulées.
b) Industrie aéronautique et automobile
➢ Production de composants de haute précision (pistons, culasses, turbines).
➢ Réduction des défauts dans les alliages légers pour améliorer la résistance des pièces.
➢ Fabrication des semi-conducteurs
➢ Filtration des métaux utilisés pour produire des circuits électroniques purs (ex. cuivre,
aluminium).
c) Industrie nucléaire et sidérurgie
➢ Purification des métaux critiques utilisés dans les réacteurs ou les infrastructures de
grande envergure.
La filtration par filtres céramiques est une technologie clé en métallurgie pour améliorer la
qualité des métaux fondus. Bien qu’elle soit coûteuse et nécessite un entretien, elle offre des
performances supérieures en éliminant efficacement les impuretés. Elle est particulièrement
essentielle dans les industries exigeant des matériaux de haute pureté comme l’aéronautique,
l’automobile et la sidérurgie.
II. LA LIQUATION EN METALLURGIE
1. Principe de la liquation
La liquation est un procédé métallurgique de séparation basé sur la différence de fusibilité des
éléments d’un alliage ou d’un minerai. Il consiste à chauffer un matériau contenant un métal
impur jusqu’à une température où un des composants devient liquide tandis que les autres
restent solides. Le métal fondu est alors séparé par gravité ou par d’autres moyens.
Ce procédé est principalement utilisé pour extraire des métaux de faibles points de fusion
(comme le plomb, l’étain ou l’antimoine) à partir de leurs minerais ou alliages.
2. Avantages et inconvénients
a) Avantages :
➢ Simplicité du procédé : Il ne nécessite pas d’équipements complexes.
➢ Faible coût énergétique : Comparé à d’autres méthodes d’extraction, la liquation peut
être plus économique.
➢ Bonne sélectivité : Il permet d’extraire certains métaux sans recourir à des réactifs
chimiques.
b) Inconvénients :
➢ Efficacité limitée : Ne fonctionne que si les différences de fusibilité sont significatives.
➢ Pertes de métal : Une partie du métal peut rester dans la phase solide.
3. Applications et exemples
Applications restreintes : Ce procédé ne convient pas aux métaux ayant des températures de
fusion trop proches.
➢ Extraction du plomb à partir des minerais de galène (PbS)
➢ Purification de l’étain (procédé de Pattinson)
➢ Séparation de l’argent du plomb (procédé de Parkes)
➢ Extraction de l’antimoine à partir de la stibine (Sb₂S₃)
4. Diagrammes et illustrations
Les diagrammes de phase des alliages métalliques sont souvent utilisés pour comprendre les
températures de fusion et de séparation lors de la liquation.
Exemple : Diagramme de phase Pb-Sn (Plomb-Étain)
Ce diagramme montre comment un alliage de plomb et d’étain se sépare en fonction de la
température.
Analyse de la liquation à partir du diagramme de phase Pb-Sn
La liquation est une méthode de séparation basée sur la différence de températures de
fusion des éléments. Dans le cas du diagramme de phase plomb-étain (Pb-Sn), la liquation peut
être expliquée par l’observation des lignes liquidus et solidus, ainsi que par les régions où
coexistent une phase solide et une phase liquide.
1. Principe de la liquation appliqué au diagramme Pb-Sn
L’objectif de la liquation est de séparer le plomb de l’étain en chauffant un alliage de
composition donnée pour exploiter leur différence de fusibilité.
Le plomb (Pb) a un point de fusion élevé (~327°C).
L’étain (Sn) a un point de fusion plus bas (~232°C).
Dans un alliage Pb-Sn, si l’on chauffe à une température intermédiaire, une phase liquide riche
en étain peut se former avant que le plomb ne fonde complètement.
En inclinant ou en centrifugeant le mélange, on peut séparer cette phase liquide plus riche en
Sn du solide plus riche en Pb, ce qui est le principe même de la liquation.
2. Zones du diagramme où la liquation est possible
Région « α + Liquide » et « β + Liquide » (entre solidus et liquidus)
Dans ces zones, on observe un mélange de phase solide et de phase liquide.
Si un alliage Pb-Sn contient environ 20 à 50 % Sn, en le chauffant à environ 200-250°C, une
phase liquide riche en Sn apparaîtra avant que tout l’alliage ne fonde.
On peut alors extraire ce liquide plus riche en étain et laisser derrière une phase solide plus riche
en plomb.
C’est cette séparation entre liquide et solide qui permet la purification par liquation.
Rôle du point eutectique (183°C, 63% Sn – 37% Pb)
Si l’alliage est proche du point eutectique (63% Sn, 37% Pb), la liquation est moins efficace.
À 183°C, cet alliage passe directement du liquide au solide sans phase intermédiaire, empêchant
toute séparation.
Pour que la liquation fonctionne, on préfère travailler avec des alliages hors composition
eutectique.
3. Application de la liquation dans la séparation Pb-Sn
Purification de l’étain : Si l’on a un alliage riche en Pb (ex : 30% Sn – 70% Pb), en chauffant
autour de 200-250°C, on peut extraire une phase liquide plus riche en Sn et récupérer un résidu
solide plus riche en Pb.
Récupération du plomb : Dans certaines industries, la liquation est utilisée pour séparer le
plomb des scories contenant de l’étain, en chauffant à une température juste suffisante pour
fondre le Sn et laisser le Pb solide.