Livre Riz
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I. Dr Sadou
Institute of Agricultural Research for Development
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TABLE DES MATIERES
RESUME ................................................................................................................................................x
ABSTRACT .............................................................................................................................................x
CHAPITRE I ...........................................................................................................................................
I.1.5. Organisation administrative du Centre Régional Recherche et d’Innovation etleurs activités ...... 9
i
I.2.5. Ecosystème .................................................................................................................................. 14
CHAPITRE II ........................................................................................................................................ 16
ii
II.1.7.3. Phase de maturité ..................................................................................................................... 29
iii
II.1.12.1. Pratiques culturales ................................................................................................................ 41
iv
III.4.4. Mesures ..................................................................................................................................... 62
CHAPITRE IV ...................................................................................................................................... 66
VI.1.2. Inventaire des insectes ravageurs suivant les stades phénologiques du riz ............................... 68
VI.1.2.1. Pépinière................................................................................................................................. 68
VI.1.2.2. Tallage....................................................................................................................... 69
VI.1.2.3. Epiaison..................................................................................................................... 70
VI.1.3. Diversité des prédateurs suivant les stades phénologiques du riz ................................ 73
VI.4.1. Diversité et dynamique des insectes ravageurs et auxiliaires du riz dans l’écosystème rizicole
de maga ................................................................................................................................................. 86
VI.4.1.2. Coléoptères............................................................................................................................. 87
v
VI.4.1.4. Lépidoptères ........................................................................................................................... 89
VI.4.3. Dommages dus aux insectes ravageurs dans l’écosystème rizicole de maga ............................ 92
Conclusion............................................................................................................................................. 96
vi
LISTE DES ABREVIATIONS
BC : Bureau de la Coordination
BP : Bureau du Partenariat
EC : Concentré Emulsifiant
vii
MIPROMALO : Mission de Promotion des Matériels Locaux
SI : Service de l’Innovation
viii
RESUME
La présente étude qui a porté sur l’effet des insectes ravageurs sur la production du riz
a été conduite à l’Extrême-Nord Cameroun dans l’écosystème rizicole irrigué de Maga. Il
s’agissait d’une part de déterminer la diversité biologique des insectes ravageurs du riz dans
l’écosystème rizicole de Maga, d’évaluer les dommages et la dynamique des insectes
ravageurs sur les stages phénologiques du riz et d’autre part d’évaluer l’effet de l’insecticide
lynx sur les insectes ravageurs et la production du riz. Un dispositif en split-splot contenant
deux variétés du riz (la variété de riz irrigué IR 46 et la variété de riz pluvial NERICA 3) et
deux traitements (un témoin et un traitement chimique) a été adopté. Les insectes ont été
capturés à l'aide de filet fauchoir ("sweep net") dans chaque parcelle élémentaire sur les stades
phénologiques du riz, à compter du 15ème jour après semis ou repiquage jusqu'à la récolte.
Cette méthode de collecte d’insecte a consisté à faucher les insectes, le long des parcelles
élémentaires soit 50 fauchages par parcelle élémentaire. Ces collectes des insectes ravageurs
sur les deux variétés du riz testées nous ont permis de voir la dynamique des insectes
ravageurs sur les différents stades phénologiques du riz, et la connaissance sur leurs
abondances. Les résultats obtenus sur la diversité biologique ont montré que 2 465 insectes
ravageurs du riz ont été collectés sur la variété IR 46 et 3 264 sur la variété NERICA 3.
Concernant la dynamique des insectes ravageurs, on a observé une variation de nombre des
insectes ravageurs suivant les différents stades phénologiques du riz. Pour ce qui est des
dommages dus aux insectes ravageurs, les pertes occasionnées par les insectes ravageurs ont
été évaluées à 49,98% au total, soit 26,30 % de perte occasionnée au tallage et 23,68 % à la
récolte sur les deux variétés. L’insecticide chimique lynx a réduit les ravageurs à un taux de
12,585 % en pépinière, 20,4725% au tallage, 9,305% à l’épiaison et 8,7325% à la maturité.
Les rendements ont été obtenus à 2,13 t/ha pour la variété IR 46 et 1,91 t/ha pour la variété
NERICA 3. Ces résultats nous permettent de dire que plusieurs insectes ravageurs peuplent
l’écosystème rizicole irrigué de Maga, ils sont dynamiques et entrainent des dommages
considérables sur la production du riz. L’insecticide lynx utilisé permet de réduire les insectes
ravageurs et par conséquent accroitre la production riz.
Mots clés : riz, variétés, insectes ravageurs, dégât, lutte chimique, effet, Maga.
ix
ABSTRACT
This present study which is besed on the effect of pest insects on the production of rice
was done in the Far North Cameroon in the irrigated rice ecosystem of Maga. On one part, it
consist the determination of the biological diversity of pest insects of rice in the rice
ecosystem of Maga, to evaluate the damages and the dynamism of pest insects on the
phenologic stage of rice and on the other part, is to evaluate the effect of insecticide lynx on
the pest insects and the production of rice. A split plot disposition having two rice varieties
(irrigated rice variety IR 46 and the rainy season rice variety NERICA 3) and two treatments
(a control and a chemical treatment) were adopted. The insects were captured with the help of
a sweep net on every portions on the phenologic stages of rice, from the 15th day after
planting to the harvesting. This method of collecting insects consists of sweeping insects, on
the portions or 50 sweeps per portion. These collections of pest insects on the two rice
varieties have permited us to see the dynamism of pest insects on the different phenologic
stages of rice, and a knowledge on their abondance. The results obtained on the biological
diversity have shown that 2465 pest insects of rice were collected on the IR 46 variety and
3264 on the NERICA 3 variety. Concerning the dynamism of the pest insects, we have
observed a variation of the number of pest insects following the different phenological stages
of rice. Concerning the damages due to the pest insects, the lose due to these pest insects was
evaluated at 49.98% total, or 26.30% lose at the talling stage and 23.68% at the harvest on the
two varieties. The chemical insecticide lynx have reduced the pestat a rate of 12.585% in the
nursery, 20.4725% at the talling stage, 9.305% at the ear and 8.7325% at maturity. The output
was obtained at 2.13 t/h for the IR 46 variety and 1.91 t/h for the NERICA 3 variety. This
results permits us to say that many pest insects occupies the irrigated rice ecosystem of Maga,
they are dynamic and leads to the damages on the rice production. The insecticide lynx used
permit the reduction of the pest insects and hence increasers production.
Key words: rice, varieties, pest insects, damage, chemical fight, effects, Maga.
x
INTRODUCTION GENERALE
1
I.1. Contexte
Au Cameroun, la production nationale du riz est passée de 738 187 642 tonnes en
2012 à 745 709 798 tonnes en 2013 soit une hausse de 7 522 156 tonnes (FAOSTAT. 2013).
La consommation nationale est de 2 à 13 kg/an/habits mais malgré cette augmentation de la
production, les besoins nationaux ne sont couverts (FAO, 2010). Les importations sont
passées de 21 000 tonnes en 1975 à 300 000 tonnes en 2010 (AGRI-STAT, 2012). Pour
couvrir entièrement la demande nationale, le Cameroun doit importer 400 000 tonnes de riz
(FAO, 2006). La production du riz a été essentiellement impulsée par l’Etat, à travers la
création dans le Nord du pays de la Société d’Expansion et de Modernisation de la Riziculture
de Yagoua (SEMRY) et dans le Sud la Société de Développement de la Riziculture dans la
plaine de Mbos (SODERIM) et de «Upper Noun Valley Development Authority» (UNVDA)
(Engola, 1991).
2
d’écosystèmes qui sont la riziculture pluviale et les périmètres irrigués. Cette production du
riz souffre surtout de nombreux problème d’attaque des maladies et d’insectes ravageurs.
Le sujet est autant plus important car l’Extrême-Nord Cameroun est une zone de
production privilégié en matière de production de riz. Il est un des piliers pour la relance
économique et pour l’autosuffisante alimentaire afin de sortir résolument du sous-
développement et s’engager sur le chemin des pays émergents. Les filières de productions
végétales disposent d’un important potentiel de production, limité toutefois par des
contraintes d’ordre géographique, technique et phytosanitaires. De nos jours, les végétaux
connaissent des nombreuses importances, malgré les nombreux problèmes auxquels ils sont
confrontés.
I.3. Problématique
3
de baisse de rendement, les problèmes des maladies et des insectes ravageurs, ce qui entraine
une instabilité de rendement dans sa production rizicole.
Parmi tous ces problèmes, ceux causés par les insectes ravageurs restent les plus ressentis
et le plus redoutables. On a constaté aujourd’hui que les insectes ravageurs constituent une
menace très sérieuse pour tout progrès d’amélioration de la production rizicole et pour les
autres cultures. Les insectes sont devenus célèbres par leurs dégâts et sont les principaux
rivaux de l’homme, départ leur nombre très important dans le règne animal.
Dans le cadre de notre étude on s’est posé une question centrale, celle de savoir comment
améliorer la production du riz par une bonne méthode de gestion des insectes ravageurs ?
x Quelle est la diversité biologique des insectes ravageurs du riz dans l’écosystème
rizicole de Maga ?
x Quelle est la dynamique des insectes ravageurs sur les stades phénologiques du riz
dans l’écosystème rizicole de Maga ?
x Quelles sont les dommages dus aux insectes ravageurs du riz dans l’écosystème
rizicole de Maga au tallage et à la récolte?
x Quel est l’effet de l’insecticide lynx sur les insectes ravageurs et la production du
riz dans l’écosystème rizicole de Maga ?
4
I.5. Objectifs
Dans cette étude, l’objectif principal est d’améliorer la production du riz par une
bonne gestion des insectes ravageurs du riz dans l’écosystème rizicole de Maga dans la
Région de l’Extrême-Nord Cameroun.
Pour atteindre cet objectif principal, des objectifs spécifiques ont été développés :
x Donner la dynamique des insectes ravageurs sur les stades phénologiques du riz dans
l’écosystème rizicole de Maga ;
x Estimer les dommages dus aux insectes ravageurs du riz dans l’écosystème rizicole de
Maga ;
x Evaluer l’effet de l’insecticide lynx sur les insectes ravageurs et le rendement du riz
dans l’écosystème rizicole de Maga.
I.6. Hypothèses
Pour aborder ce travail, nous avons fixé plusieurs hypothèses
x Hypothèse 1 : Les insectes ravageurs présents dans la riziculture irriguée de Maga ont
une large diversité biologique.
x Hypothèse 2 : La dynamique des insectes ravageurs du riz varie suivant les stades
phénologiques du riz dans l’écosystème rizicole de Maga.
x Hypothèse 3 : Les dommages causés par les insectes ravageurs dans l’écosystème
(riziculture irriguée) de Maga dépendent des stades phénologiques du riz.
Sur le plan théorique, peu d’études ont jusqu’ici été menées à la fois sur la diversité
biologique des insectes ravageurs du riz pluvial et irrigué dans l’écosystème rizicole de Maga,
5
leurs dynamique, leurs dégâts et les stratégies de contrôles. La présente étude apportera sa
modeste contribution à la littérature relative audit sujet.
Sur le plan pratique, la conduite de la présente étude sur le terrain va nous permettre
de connaître les différentes espèces d’insectes ravageurs du riz, leurs distributions et leurs
abondances, leurs dégâts à travers les stades phénologiques et les pertes causés par ces
insectes dans la Région de l’Extrême-Nord en particulier dans l’Arrondissement de Maga. En
outre cette étude va nous permettre d’évaluer la pertinence de la lutte chimique à base de
l’insecticide lynx contre les insectes ravageurs du riz et d’évaluer les pertes occasionnées par
ces insectes ravageurs sur le riz. Cette étude nous permettra dans un avenir proche de vérifier
la rapidité et l’efficacité de la lutte chimique sur les insectes ravageurs du riz dans
l’écosystème rizicole de Maga en particulier et dans tout le Cameroun en général. Ainsi, cette
étude pourrait contribuer à l’augmentation de la production du riz par la réduction des dégâts
causés par les insectes ravageurs et les maladies dans les écosystèmes rizicoles de l’Extrême-
Nord afin d’améliorer la production du riz et de renforcer la sécurité alimentaire au
Cameroun.
Le second chapitre qui est consacré à la revue de littérature et qui passe en revue
l’ensemble des travaux relatifs au thème abordé.
Le quatrième chapitre porte sur les résultats, analyses et discussions ; il présente, les
analyses et discute les résultats de l’étude.
6
Et enfin, la conclusion générale qui fait une synthèse de l’étude(les résultats obtenus)
et propose quelques perspectives et des recommandations.
7
CHAPITRE I
PRESENTATION DE LA STRUCTURE D’ACCEUIL, CADRECONCEPTUEL ET
THEORIQUE
I.1. Présentation de la structure
[Link] du CRRI
8
Il exerce la tutelle sur la Mission de Promotion des Matériels Locaux (MIPROMALO),
l’Agence Nationale de Radio Protection (ANRP) et des Instituts de recherche, notamment:
Le Centre Régional Recherche et d’Innovation de Maroua est placé sous l’autorité d’un
Chef de Centre Régional, le Centre Régional Recherche et d’Innovation est chargé :
- Du suivi des activités du Ministère et des organismes placés sous la tutelle dans la
Région
- De la coordination des activités de recherche au niveau de la Région et du partenariat
entre les institutions de recherche, les entreprises et les acteurs sociaux
- De la promotion de l’esprit scientifique, de la valorisation et de la vulgarisation des
résultats de recherche au niveau de la Région
- De la gestion de ressources humaines, matérielles et financières relevant du centre
régional.
Placé sous l’autorité d’un Chef de Service, le Service de la Recherche Scientifique est
chargé :
9
- Du suivi de la mise en œuvre au niveau régional des stratégies de développement de la
recherche scientifique au niveau de la recherche ;
- Du suivi des activités de recherche scientifique au niveau régional ;
- De la rédaction du rapport régional sur l’état de la recherche ;
- De la collecte et du traitement des statistiques scientifiques et techniques.
Le Bureau de la Coordination (BC) et le Bureau de la Planification et des Statistiques
(BPS) sont rattachés à ce service.
Il est placé sous l’autorité d’un Chef de Service. Le Service de l’Innovation est chargé :
10
I.1.6. Organigramme du Centre Régional de la Recherche et d’Innovation de Maroua
SRC SI SAG
BC BPS PB BVV BR BB BC
On entend par ravageur une source de gêne ou de destruction, qu’il s’agisse d’une
personne, d’un animal ou d’une chose. Le mot ravageur ou Pest en anglais vient du latin
pestis qui signifie fléau ou désastre. Selon certains auteurs, les ravageurs sont des espèces
nuisibles ou gênantes dont la maîtrise est rendue nécessaire pour des raisons économiques ou
sociales. Tout animal causant des dégâts économiques aux cultures et aux animaux
domestiques, ou qui est nuisible à la santé humaine est un ravageur. Certains pays disposent
d’une législation définissant le terme de ravageur. Aux USA, un ravageur est définit comme
étant une espèce dont l’activité rend hostile au bien-être de l’Homme. Parmi donc les
ravageurs, figurent quelques vertébrés (oiseaux et rongeurs), de nombreuses espèces
d’insectes, des tiques, d’acariens et autres arachnides, les nématodes et autres vers parasites,
11
les mauvaises herbes et autres plantes indésirables, les champignons, les bactéries, les virus et
autre microorganismes nuisibles (Kumar R., 1990).
Sur le plan agricole, la définition d’un insecte ravageur revêt un aspect essentiellement
économique et est liée au fait que l’insecte provoque ou non suffisamment des dégâts pour
rendre des mesures de lutte nécessaires ; d’où la notion de seuil économique du ravageur :
niveau de dégâts causés par les insectes ravageurs qui impliquent le recours à des mesures de
protection des plantes ou alors la densité à laquelle des mesures de lutte pourraient être fixées
de manière à empêcher une population croissante de ravageurs d’atteindre le niveau de
préjudice économique (Kumar R., 1990).
Dans le cadre de cette étude, on retient par insecte ravageur :toute source de gêne qui
orchestre des ravages sur les cultures et entraine une baisse de rendement.
I.2.2. Variété
I.2.3. Rendement
Etymologiquement, le mot rendement vient du latin reddere qui signifie rendre. Plus
spécialement, ce terme veut dire donner en retour ce qu'on doit, ce qu'on a promis ou
s'acquitter de. Il ressort ainsi de cette définition que le terme rendement est le rapport entre ce
que produit quelque chose et ce qu'elle consomme ou représente. C'est aussi le rapport entre le
résultat obtenu par une tâche et le temps qui lui est attribué. D’après le Larousse, le rendement
est « la production évaluée par rapport à une norme, à une unité de mesure ». Pour le
12
dictionnaire Mediadico, le rendement désigne « ce que rapporte, ce que produit une chose ».
Le dictionnaire de l’académie française (8èmeédition) quant à lui définit le rendement comme «
ce que rend, ce que produit une chose ». Par ailleurs, le dictionnaire de Littré lui définit le
rendement comme «Ce que rend, ce que produit une chose, une exploitation quelconque». Le
dictionnaire grand Robert définit le rendement comme le produit de la terre, évalué soit par
rapport au poids de la semence employée, soit, plus généralement, par rapport à l'unité de
surface cultivée. Pour Durkheim, Divis. Trav, 1893, le rendement est la production, le travail
exprimé, de manière implicite ou explicite par rapport à une unité de référence. Rendement à
l'hectare; rendement brut, rendement net. Le plus remarquable effet de la division du travail
n'est pas qu'elle augmente le rendement des fonctions divisées, mais qu'elle les rend
solidaires.
Ces différentes définitions du concept rendement ne sont valables que dans un sens
général; mais dans un domaine spécifique, le concept aura un autre sens ou signification.
De toutes ces définition on retient que le rendement le rapport entre le temps alloué à
une tache et le résultat obtenu ou encore c’est la rentabilité ou production obtenu à la fin
d’une activité. En Agriculture par exemple, le rendement est le poids ou le volume d'une
récolte rapporté à l'unité de surface, souvent exprimé en quintaux ou en tonnes par hectare.
La lutte chimique est l’usage des substances chimiques de nature divers pour limiter
les destructions des cultures par les insectes ravageurs (Brentere, 1986).
La lutte chimique au moyen d’insecticides a l’avantage d’être généralement assez
efficace en tuant l’insecte en peu de temps. Cependant l’utilisation des insecticides est assez
chère et pose des contraintes techniques. Les épandages de liquides par pulvérisation sont peu
précis et moins efficaces que les traitements par granulés qui présentent l’avantage de pouvoir
être appliqués à la main ou avec du matériel peu coûteux. Il y a un danger lié à l’utilisation
fréquente des insecticides parce que certains insectes ont la capacité de s’adapter aux
insecticides et ainsi devenir résistants. En plus, la plupart des insecticides ne sont pas
spécifiques et tuent aussi bien les insectes nuisibles que les insectes utiles. L’utilisation des
insecticides constitue donc un grand danger pour l’écosystème et l’environnement mais elle
est une méthodes de lutte la plus utilisée, le plus rapide et facile à appliquer (Wopereis et al.,
2008).
13
On entend donc par lutte chimique ou protection chimique : une méthode de lutte qui fait
recours aux produits chimiques de synthèse d’origine minérale ou organique pour lutter contre
les insectes ravageurs et les maladies des plantes.
Les différents types de produits insecticides utilisés appartiennent à 3 grands types (D.
Siaussat, UPMC, 2005):
Les insecticides minéraux sont les produits hautement toxiques (poisons du métabolisme)
C’est la majorité des produits utilisés depuis les années 1940 ; neurotoxiques, classés en 3
groupes principaux:
- organophosphorés (OP)
- carbamates
I.2.5. Ecosystème
Le terme écosystème désigne l’ensemble des éléments vivants et non vivants qui
constituent un milieu naturel et interagissent les uns avec les autres. Pour Schalbroeck (2001)
le terme écosystème désigne un milieu formé par les éléments vivants ou non vivants, qui ont
de relations entre eux et avec d’autres éléments présents dans le milieu.
Pour la culture du riz Schalbroeck (2001) distingue deux grands types d’écosystèmes
rizicoles en fonction du régime hydrique :
14
- Les écosystèmes aquatiques (la riziculture irriguée et la riziculture inondée). Dans cet
écosystème l’eau amenée aux cultures est maîtrisée tout en assurant le maintien
permanent d’une lame d’eau.
- La riziculture pluviale, elle se subdivise en trois composantes, la riziculture pluviale
stricte avec comme source principale d’eau des pluies, la riziculture pluviale inondée
ou riziculture de bas fond qu’on retrouve dans les zones permanemment ou
temporairement inondées par l’eau des pluies ou dérivant des cours d’eau et la
riziculture pluviale assistée d’une nappe présente dans des zones intermédiaires des
pentes et des bas-fonds. La nappe se trouve dans l’horizon occupé par les racines.
15
CHAPITRE II
REVUE DE LITTERATURE
16
II.1. LE RIZ
II.1.2. Origine
Pour Denis Delaval et Wopereiset al., 2008, Le riz est une graminée annuelle d’origine
tropicale appartenant au :
17
- Genre Oryzae : plantes herbacées annuelles à tiges hérigées présentant des nœuds et
des entre-nœuds et des feuilles qui sont portées par des nœuds sur la tige
- Espèces : Oryzae sativa L et Oryzae glaberrima Steud.
Le genre Oryzae comprend une vingtaine d’espèces dont deux seulement sont cultivées
(Oryzae sativa L et Oryzae glaberrima Steud) Wopereis et al., 2008.
Oryzae sativa, riz d’Asiatique comprend deux types principaux : indica et japonica.
a) Type indica
b) Type japonica
Oryzae glaberrima, le riz Africain est originaire du delta central du Niger, c'est
Steudel qui est le premier en 1855 a nommé et décrit Oryzae glaberrima sur des échantillons
en provenance de la côte ouest-africaine (Guinée, Portugais). Les caractères suivants
permettent de le reconnaître :
18
x faible densité de ramifications peu ou pas de ramifications secondaires caryopse
rouge (grain dont le péricarpe est rouge) longue dormance.
Aujourd’hui, l’espèce asiatique (Oryzae sativa) est beaucoup plus cultivée que l’espèce
Africaine (Oryzae glaberrima) (Wopereis et al., 2008).
Le riz est une plante très souple qui pousse aussi bien en zone inondée qu’en zone
non-inondée. La plante de riz est constituée par des tiges rondes et creuses, des feuilles plates
et des panicules terminales. Elle comprend les organes végétatifs (racines, tiges, feuilles) et
les organes reproducteurs (à savoir la panicule constituée d’un ensemble d’épillets) (Wopereis
et al., 2008). Le riz pousse bien en milieu aquatique et aime plus d’eau pour sa croissance et
son développement (Alain Audebert, 2015).
Les organes végétatifs chez le riz sont constitués des racines, des feuilles et la tige qui
sont facilement identifiables et des autres organes tels que la gaine, la ligule, l’auricule…
(Wopereis et al., 2008).
a) Les racines
Les racines sont les organes souterraines du riz qui servent de support (ancrage) à la
plante, elles sont constituées de racines secondaires et des poils absorbants par les quelles sont
19
prélevés les éléments nutritifs du sol pour alimenter la plante. La racine primaire, qui croît à
partir de la semence au moment de la germination, ne vit qu'un court moment. Elle est
rapidement remplacée par des racines secondaires (Wopereis et al., 2008). Pour Marc
Lacharme, en 2001, les racines du riz sont les organes souterrains peu profonds qui ont pour
fonctions principales l’absorption et le stockage de l’eau et des éléments nutritifs.
b) La tige
La tige du riz est composée d’une série de nœuds et d’entre-nœuds, ces entre-nœuds
sont creux avec une surface lisse. Les entre-nœuds inférieurs sont plus courts que ceux
supérieurs (plus l’écart entre les nœuds inférieurs est réduit plus la plante résiste à la verse ; la
robustesse des tiges (diamètre) et leur taille sont aussi des critères de résistance à la verse.) ;
sur le plant du riz chaque nœud porte une feuille et un bourgeon qui peut se transformer en
talle. Les tiges ont pour fonctions principales le transport des éléments nutritifs, de l’eau et
approvisionnent les racines en air (Wopereis et al. 2008). À partir des nœuds de la tige
principale naissent de façon alternative d’autres tiges appelées talles secondaires qui peuvent
à leur tour porter des talles tertiaires. L’ensemble des talles produit par un seul plant constitue
la touffe de riz, le tallage est fonction de la variété mais est influencée par les conditions et
pratiques culturales. La tige principale (talle primaire) développe un nombre le plus important
de feuilles, à la base de la talle la première feuille rudimentaire est appelé prophyllum (Marc
Lacharme, 2001).
c) Les feuilles
Les feuilles sont les organes aériens se développent alternativement sur la tige, elles
prennent naissance au niveau de chaque nœud de la tige et sont constituées de deux parties, la
gaine foliaire et le limbe foliaire. Chaque nœud donne naissance à une feuille, la gaine foliaire
enveloppe la totalité de l'inter nœud et dans certain cas le nœud suivant. Le limbe foliaire ou
la partie terminale de la feuille est attachée au nœud par la gaine foliaire et la dernière feuille
ou feuille terminale sous la panicule est appelée feuille paniculaire ou feuille drapeau. (Marc
Lacharme, 2001).
La feuille est le moteur de la croissance, elle capte les radiations solaires et les
transforme en hydrate de carbone, elle permet la respiration et transpiration de la plante et
c’est au niveau de la feuille que la plante réalise le phénomène de la photosynthèse pour
l’élaboration des éléments carbonés (glucides) indispensables pour le métabolisme des
plantes. Les feuilles du riz peuvent être érigées, obliques ou retombantes; ce caractère (port de
20
la feuille) qui dépend de la variété et joue beaucoup sur la pénétration des radiations solaires
(Wopereis et al., 2008).
La gaine est la partie de la feuille qui entoure la tige. Au point de jonction entre la feuille et la
gaine (collet), se trouvent deux structures appelées auricule et ligule.
L’auricule est une sorte d’appendice de 2 à 5 mm, en forme de croissant, garnie de poils.
La ligule est une sorte de membrane dont la longueur et la forme sont fonction de l’espèce et
de la variété. Elle est longue chez Oryzae sativa, mais courte et arrondie chez Oryzae
glaberrima. Le riz est la seule graminée qui possède à la fois la ligule et l’auricule, ce qui
permet de le distinguer des mauvaises herbes, au stade plantule (Wopereis et al., 2008).
L’organe reproducteur appelé encore organe floral, chez le riz il est constitué de la
panicule, des fleurs et des grains ou paddy (Wopereis et al. 2008).
a) La panicule
Elle constitue l’inflorescence du riz qui est sous forme de grappe, c’est la partie terminale
de la plante de riz, elle est portée par le dernier entre-nœud. La panicule est composée de
ramifications (petites branches) primaires qui portent des ramifications secondaires portant les
pédicelles qui à leur tour portent les épillets. Le nombre de ramifications primaires et
secondaires peut être fonction de l’espèce et de la variété. Une panicule de riz peut porter
entre 50 et 500 épillets, cependant pour la plupart des variétés utilisées, le nombre d’épillets
se situe entre 150 et 350 et il existe des différences variétales entre la longueur, la forme et
l’angle des panicules (Wopereis et al. 2008).
21
Figure 2 : La panicule du riz (Oryzae sativa), (Wopereis et al., 2008).
b) La fleur
La fleur comprend les organes reproducteurs mâles (anthères contenant le pollen) et les
organes femelles (l’ovaire). Le riz est une plante autogame, la fécondation est assurée par le
pollen de la fleur, elle-même à la différence de la plante allogame dont la fécondation est
assurée par le pollen d’une autre fleur de la même plante, par exemple le maïs (Marc
Lacharme, 2001). C’est la fleur qui est à l’origine de la formation des grains qui sont obtenus
après fécondation (Wopereis et al., 2008).
c) Le grain ou paddy
Le grain de riz est constitué de trois parties essentielles (Wopereis et al. 2008):
- l’enveloppe du riz qui comprend: les glumes (larges portions au-dessus des
pédicelles qui lient les épillets aux ramifications secondaires) et les deux glumelles appelées
paléa (glumelle supérieure avec trois nervures) et lemma (glumelle inférieure avec cinq
nervures). La barbe est un prolongement de la nervure ventrale de la glumelle inférieure. Les
glumelles, qui enveloppent le grain du riz (caryopse), constituent la balle de riz au
décorticage ;
22
- l’embryon situé sur la partie ventrale de l’épillet il est aussi appelé germe celui qui
est à l’origine de la jeune plantule après germination.
Le cycle du riz, quelle que soit la variété, l’écologie, est bouclé après avoir traversé les
dix stades de développements suivants (Wopereis et al., 2008).
II.1.6.1. Germination
L’embryon, en état de vie ralenti au cours du stockage, germe dès qu’il rencontre une
humidité suffisante (l’équivalent du quart du poids de la graine) et une température favorable
(optimum : 20 à 35 °C). La germination c’est le retour en activité de la graine ; l’émergence
se matérialise soit par l’apparition de la coléoptile, d’où sortira la première feuille (condition
aérobique) soit par l’apparition de la radicule, la première racine (condition anaérobique). Le
stade germination correspond à la période comprise entre l’apparition du coléoptile ou de la
radicule et l’émergence de la première feuille (Wopereis et al., 2008).
23
D’après Marc Lacharme, en 2001, en tenant compte de la température, la phase de
germination dure de 5 à 20 jours (5 jours en condition chaude et 20 jours sous de basses
températures).
II.1.6.2. Plantule
C’est la période qui suit la germination, pendant cette période la jeune pousse se
nourrit essentiellement des réserves de la graine (14 jours environ). Elle poursuit sa
production de feuilles au rythme d’une feuille tous les 3 ou 4 jours. Le stade plantule
correspond à la période comprise entre l’émergence de la première feuille et l’apparition de la
cinquième feuille. Durant ce stade la plantule produit également des racines, c’est un stade
critique au cours duquel la plante est très fragile (Wopereis et al., 2008).
II.1.6.3. Tallage
Le tallage est la période où la jeune plantule commence à produire des talles. Le stade
tallage démarre avec l’apparition de la cinquième feuille et à une durée variable qui dépend
des conditions climatiques (température) et de la variété. L’accroissement numérique des
talles se poursuit jusqu’au tallage maximum, cette période est appelée phase de tallage. On
assiste ensuite à une dégénérescence de certaines talles et à une stabilisation du nombre de
talles (Wopereis et al., 2008).
Pour Marc Lacharme, en 2001, une variété de cycle long aura une aptitude au
tallage supérieure à une variété de cycle court. 3 à 5 jours avant la fin du tallage, on peut
observer l'initiation paniculaire à l'intérieur des tiges de différentes talles.
24
Figure 4: L’émergence (a), la levée (b) et le tallage (c), d’après Wopereis et al., en 2008.
Vers la fin de la phase de tallage, la plante commence à allonger ses entre-nœuds. Cela
se traduit par une augmentation de la taille de la plante, donc elle devient longue pour
atteindre sa taille pour l’initiation florale.
25
suivent respectivement chez les variétés à cycle long. chez le riz, la date de l’initiation
paniculaire est conditionnée par plusieurs facteurs dont certaines constantes sont inhérentes à
la variété, les températures et la photopériode (Wopereis et al.,2008). L’initiation paniculaire
marque le début de la phase reproductive qui concourt à la formation des grains.
Pour Wopereis et al., 2008, ce stade est caractérisé par un gonflement à la base de la
feuille paniculaire due à une montée de la panicule à l’intérieur de la tige. Après l’initiation, la
panicule se développe et progresse vers le haut de la tige, cela occasionne un gonflement de la
tige, appelé montaison. Les différents organes de la fleur se développent et la panicule
poursuit sa croissance pour atteindre sa taille définitive avant sa sortie (épiaison).
26
referment ensuite (Wopereis et al., 2008). L’épiaison est le développement de l’épi qui
survient généralement trois jours après la floraison et se poursuit progressivement jusqu’à la
sortie complète de la panicule sur laquelle les grains seront développés.
Dans ce stade, la portion laiteuse du grain devient molle puis se transforme en pâte
dure (deux semaines après floraison). La panicule commence à se courber et la couleur des
grains évolue progressivement du vert vers la couleur caractéristique de la variété (jaune
paille, noire, etc.) qui est obtenue à la maturité des grains, (Wopereis et al., 2008).
II.1.6.10. Maturité
Ce à ce stade que les grains mûrissent et atteignent leurs tailles définitives, leur poids
maximal est aussi atteint et conférant à la panicule sa forme courbée. Le grain devient dur et
27
prend la couleur définitive de la variété (jaune paille, noire, etc.). Ce stade est atteint lorsque
85 à 90 % des grains de la panicule sont mûrs et près à être récoltés (Wopereis et al., 2008).
Les phases de développement du riz est l’ensemble des stades de vie par le quel passe
le riz pour boucler tout son cycle de culture. D’après Marc Lacharme en 2001, les stades de
développement du riz sont regroupés en trois grandes phases :
Ainsi il convient pour nous de noter que le riz est une plante annuelle et sa culture
passe par trois phases (la phase végétative, la phase reproductive et la phase de maturité). La
durée de la phase végétative varie significativement selon les espèces et les variétés dans les
mêmes conditions culturales, tandis que la phase reproductive reste à peu près constante
quelle que soit la variété (ADRAO, 1995).
28
II.1.7.2. Phase reproductive
Cette phase va de la fécondation des grains jusqu'à la maturité. Elle comporte le stade
de floraison, le stade laiteux, le stade pâteux et le stade de maturité des grains. Elle a une
durée relativement fixe entre 30 à 42 jours, quelles que soient la variété, la saison et les
conditions de température et d'humidité du milieu (Marc Lacharme, mai 2001). Elle est
sensible aux aléas climatiques tels que les températures élevées, les vents violents et la
sécheresse (déficit hydrique) durant les 15 premiers jours qui suivent la floraison (stade
pâteux). Le drainage des parcelles ou l’arrêt de l’irrigation au stade pâteux n’a pas une
influence négative sur la production, il est plutôt bénéfique pour le riz ; il homogénéise la
maturation et facilite la récolte (Wopereis, 2008). C’est à cette phase que les grains atteignent
leur maturité définitive pour être récoltés, séchées pour la consommation et autres.
Figure 8 : Les trois principales phases de développement du riz d’après Wopereis et al., 2008
29
II.1.8. Ecologie du riz
Le riz pousse aussi bien au niveau de la mer qu'en altitude allant jusqu’à 3 000 m (au Népal)
pourvu que les conditions surtout la chaleur et l'eau soient satisfaites (Alain Audebert,
2015).Une certaine sécheresse atmosphérique est favorable au riz irrigué." La floraison exige
70 à 80 % d'hygrométrie, " un vent léger à une action favorable au riz, " les vents trop forts
provoquent des dégâts (Schalbroeck, 2001).
II.1.8.2. Sol
Le riz irrigué préfère des sols lourds à texture fine de 40 à 60 % d'argile avec de
faibles pertes en eau de percolation. Un sol meuble limoneux à argilo-limoneux (plus
argileux (50%)) convient le mieux à la riziculture. Le pH optimal varie entre 6 et 7, mais le
riz irrigué supporte toute fois des pH de 4,5 à 8,5 car après submersion d’une rizière, le pH
qui était acide augmente et celui qui était basique diminue d’environ deux unités. Les valeurs
5 et 8 sont les valeurs limites de pH pour un sol adapté (Schalbroeck, 2001).
En culture sèche, le riz nécessite un sol riche et meuble, avec une bonne capacité de
rétention d’eau et le pH optimal entre 6 à 7(Alain Audebert, 2015).
II.1.8.3. Température
30
Tableau 1 : Températures de l’air nécessaire pour la culture du riz
La riziculture irriguée avec maintien d’une lame d’eau permanente nécessite, compte
tenu des pertes dans les canaux une lame d’eau de 1000 à 1500 mm, sur sol filtrant cette
quantité d’eau peut être doublée (ADRAO, 1995).
En riziculture pluviale, une pluviosité bien repartie de 800 à 1000 mm suffit pour un
cycle végétatif de 4 à 5 mois.
II.1.8.5. Lumière
31
culture, dont 220 à 240 heures durant le dernier mois est nécessaire pour obtenir un rendement
élevé (Schalbroeck, 2001).
Le riz est une denrée qui peut avoir plusieurs importance tant sur le plan de l’alimentation
humaine, animale, industriel et aussi à d’autre fin, il est une source d’emploi et de revenu et
joue aussi un rôle important dans les autres domaines.
Le riz est utilisé dans l’alimentation humaine, il est la nourriture de base dans 17 pays
d’Asie et du Pacifique, 9 pays en Amérique du Sud et du Nord et 8 pays en Afrique. Il fournit
20% des besoins énergétiques de l’alimentation mondiale (WARDA, 2002). Le riz offre
d’énergie alimentaire(le riz est riche en glucide, il est une source de vitamine B, de zinc, de
magnésium et de phosphore) dans différentes régions du monde pour améliorer la diversité
alimentaire et fournir les micronutriments essentiels. Le riz n’est pas seulement une source
importante d’énergie alimentaire, il est aussi une source de thiamine, riboflavine et de niacine.
Le riz complet contient un volume important de fibre. Le profil des acides animés du riz
indique un niveau élevé d’acide glutamique et aspartique, alors que l’acide animé limitant est
la lysine. Mais le riz ne peut pas fournir l’ensemble des nutriments nécessaires à une bonne
alimentation il s’accompagne des produits carnés, des poissons, des légumineuses (WARDA,
2002).
Les fanes, les pailles, les sons après concassage sont utilisés dans l’élevage pour
l’alimentation des bétails, les grains concassés ou non, les brisures, la farine sont utilisés dans
les fermes pour l’élevage des volailles.
32
Les créations d’emplois, dans le cas d’un développement de la filière riz, concerneront
tous les segments de la chaine de valeur du riz notamment au niveau de la production, des
services et de la distribution. Le riz local est aussi source de croissance économique à travers
ses effets sur la substitution à l’importation massive de riz engendrant des sorties importantes
de devis. La contribution de la filière riz en termes de taxes et impôts est relativement
importante tant en amont qu’en aval dans certains pays (ADRAO, 2002).
Le riz est utilisé dans certaines entreprises pour la fabrication de l’alcool, des vernies,
de l’huile, des vinaigres, du glucose, de l’acétone et des produits pharmaceutiques. Dans le
monde en particulier en Afrique de l’Ouest, en Asie le riz est utilisé pour faire certains rites
traditionnels, il est utilisé pour des vertus médicinales par exemple les grains sont consommés
ou avalés oralement pour lutter contre les diarrhées. Les balles de riz servent de combustible
et leurs cendres d'engrais, la paille peut servir de litière et des matières premières dans la
fabrication des pâtes à papier (SEMRY, 2011).
- écosystème aquatique, avec une lame d’eau contrôlable au moins temporaire ; on parle
de rizière (paddy field) ;
- écosystème non aquatique, où le riz est cultivé, comme les autres céréales, sur des sols
exondés et drainés.
33
riziculture, qui couvre 55% des superficies cultivées et assure 75% de la production mondiale,
que s’est faite la « révolution verte » des années 1960. L’utilisation simultanée de variétés
demi-naines très productives, d’engrais minéraux et de pesticides, associée à une bonne
maîtrise de l’enherbement grâce au repiquage et au désherbage manuel, a permis d’atteindre
les récoltes des rendements moyens de 4-5 t/ha et des maxima de 10 t/ha. La monoculture du
riz est souvent la règle et, dans certains climats chauds, l’utilisation de variétés précoces et
non photosensibles permet jusqu'à trois cycles de culture par an. En zones subtropicales, la
rotation riz-blé est très largement répandue. Avec l’accroissement du coût de la main d’œuvre,
la tendance est à l’abandon du repiquage au profit du semis.
Pratiquée dans des zones deltaïques où la lame d’eau peut atteindre 5 m, elle représente
10% des superficies cultivées et assure seulement 3% de la production mondiale. Les variétés
utilisées se caractérisent par une capacité d’élongation rapide des entre-nœuds accompagnant
la montée des eaux. Les rendements sont faibles (environ 1 t/ha) et sujets à une grande
variabilité spatiale et interannuelle. Elle est de moins en moins attractive.
Elle est pratiquée dans des plaines côtières soumises à l’influence des marées, elle
s’appuie sur une bonne gestion de l’eau douce et de l’eau salée. En saison des pluies, on
dessale (enlevé le sel) la rizière par submersion avec de l’eau douce, puis on installe le riz et
on le protège de l’eau salée avec des digues. Les variétés utilisées doivent avoir une bonne
34
tolérance à la salinité. Etant donnée la fertilité élevée des sols, des rendements de 5 t/ha
peuvent être atteints sans utilisation d’engrais.
C’est une culture sans submersion, alimentée par les pluies et/ou la nappe phréatique.
Elle représente 12% des superficies mondiales, et 40% en Afrique. Le riz pluvial est
traditionnellement cultivé dans des systèmes itinérants d’abattis-brûlis (slash and burn). Ces
systèmes sont de moins en moins productifs du fait du raccourcissement de la durée des
« jachères » (rendements de 1 t/ha au lieu de 2 t/ha). Ils se heurtent aussi, de plus en plus, à la
préoccupation de protection des forêts et de lutte contre l’érosion. La fixation de la riziculture
pluviale est un important enjeu de développement. Les exemples de certaines zones
densément peuplées d’Afrique et de certaines grandes exploitations du Brésil montrent que
cette fixation est techniquement possible (Syaukat et Pandey, 2004; Pinheiro et al., 2006) cité
par Alain Audebert et al., en [Link] Cameroun on rencontre la culture du riz dans trois
écosystèmes inondé, irriguée et pluvial.
35
les parties de la plante du début jusqu’à la fin du cycle de production ; pour la seule culture
du riz, environ 4098 espèces d’insectes ravageuses ont été inventoriées (Kumar, 1990). Ces
insectes ravageurs sont en majorité des lépidoptères, diptères, coléoptère et hémiptères et
parmi eux certains sont des broyeurs, des broyeur-lécheurs, des suceurs et d’autres des
piqueurs suceurs. Selon leurs dégâts ou attaques sur les plantes, on peut les grouper en cinq
principaux groupes qui sont (Wopereis et al., 2008) :
Il existe une cinquantaine d’espèces réparties en deux ordres : les lépidoptères et les
diptères. Les plus importantes espèces de l’ordre des lépidoptères sont : Chilo spp, Maliarpha
separatella, Sesamia calamistis, Nymphula depunctalis, Eldana saccharina, Scirpophaga spp.
Dans l’ordre des diptères on trouve Diopsis spp et Orseolla oryzivora. Cette dernière espèce
provoque la cécidomyie du riz (Wopereis et al., 2008).
Les foreurs de tiges constituent les ravageurs les plus importants, infestant les plants de riz
du stade de plantule jusqu’à la maturité. Il y a principalement deux types de dégâts (Defoer et
al., 2004):
9 Les dégâts causés sur les jeunes plants en début et en cours de tallage. Ici, les chenilles
pénètrent dans les gaines foliaires et à la base de la jeune tige ; le dégât peuvent
entraîner la mort de la tige.
9 Les dégâts causés à partir de la panicule. Les jeunes chenilles (surtout de la 2 e
génération) se regroupent à quelques centimètres en dessous de la panicule à
l’intérieur de la hampe florale. Celle-ci se dessèche entièrement et donne une panicule
entièrement blanche ou desséchée.
En dehors de ces deux cas bien visibles, toute atteinte sur la tige est aussi néfaste. Lorsque
l’insecte attaque la plante se trouvant à un stade avancé de développement, la chenille âgée se
loge dans les parties basses de la tige et peut assurer la réduction ou la rupture de
l’alimentation de la panicule. Le dégât se traduit donc par le dessèchement d’une ou de
36
plusieurs ramifications entraînant la réduction du nombre de grains récoltables. Pour ces
attaques par les foreurs des tiges l’ordre des lépidoptères (Sesamia sp), des diptères (Diopsis
thoracica West) sont les plus représentés (Wopereis et al., 2008).
II.[Link]. Défoliateurs
Les dégâts occasionnés par les destructeurs de feuilles se font généralement par
prélèvement de fragments aux extrémités des feuilles. Dans d’autres cas les feuilles peuvent
être complètement coupées. Souvent ces dégâts restent sans grande importance économique
quand la plante est suffisamment développée. Par contre en début de la culture et jusqu’au
milieu du tallage, des infestations peuvent atteindre une grande partie du végétal et entraîner
des destructions irréparables des plantes (Wopereis et al., 2008).
L’ordre le plus retrouvé dans ce type d’attaque est l’ordre des coléoptères et des
Orthoptères dans l’ordre des coléoptères on a le Nymphula depunctalis qui est l’espèce le plus
répandue pour cette attaque. Il s’agit d’un petit papillon blanc de 10 à 12 mm, qui dépose ces
œufs en rangs serrés le long des feuilles. La larve, dès sa naissance, grimpe sur une feuille et
la cisaille en laissant un lambeau qui sert d’attache. Le fragment de feuille s’enroule mais pas
de gonflement et s’en ferme par quelques films de soie, achève à découper le restant du
morceau des feuilles, puis se laisse tomber dans l’eau. Elle nage vers une tige de riz sur
laquelle elle monte et s’alimente. Elle peut ainsi passer facilement d’une tige à une autre. La
mise à sec pendant au moins trois jours est un moyen efficace de lutte. D’autres espèces
défoliateurs sont : Cnaphalocrocis medinalis, Marasmia trapezalis, Diacrisia scortilla,
Parnara spp, Hispides spp (Heinrichs et Barrion, 2004).
Les insectes piqueurs, suceurs peuvent attaquer les feuilles, tiges ou grains. Ils sont
parfois nombreux et peuvent causer des dégâts importants en cas de forte pullulation. On
regroupe dans cette catégorie les punaises, les aleurodes, pucerons, Cicadellidae, les acariens
qui provoquent des dégâts surtout en phase de maturation ; aux stades laiteux et pâteux.
L’ordre le plus représenté dans ce groupe est l’ordre des hémiptères (Wopereis et al., 2008).
37
II.[Link]. Coupeurs de racines
Les coupeurs de racines sont les insectes dont la plupart se développent partiellement ou
totalement dans le sol. Certains se retrouvent exclusivement dans les bas-fonds alors que
d’autres ne se rencontrent que dans les conditions de plateau (Wopereis et al., 2008).
- La courtilière du riz
Ce sont des insectes qui appartiennent au même ordre que les criquets. Même si elles sont
présentes dans tous les écosystèmes, les courtilières sont plus abondantes dans les plateaux et
leurs dégâts sont les plus importants en bordure de champ.
- Les termites
On les rencontre dans les bas-fonds comme dans les plateaux. Leur présence est toujours
favorisée par l’absence d’eau. C’est la raison pour laquelle l’inondation des parcelles est le
meilleur moyen de lutte contre ces insectes. Elles se nourrissent de racines et des éléments
souterrains de la plante, ce qui provoque le jaunissement et le dessèchement des feuilles. Les
espèces les plus rencontrées dans les rizières sont les Microtermes, les Macrotermes, et les
Trinervitermes spp.
Le riz stocké est attaqué par une gamme variée d’insectes dont l’identité et le cycle
différent de ceux rencontrés au champ. Ce sont pour la plupart des insectes polyphages
attaquant non seulement le riz mais aussi d’autres grains entreposés. Les insectes des grains
stockés se répartissent en deux groupes selon le mode d’infestation. Certains commencent à
attaquer les récoltes au champ et sont introduits dans le grenier ou le magasin par les récoltes.
C’est le cas des charançons, de l’alucite. Les autres n’attaquent que pendant le stockage ; ils
proviennent soit de l’intérieur, soit de l’extérieur du magasin (Heinrichs et Barrion, 2004).
38
II.1.11.2. Oiseaux et rongeurs
II.[Link]. Oiseaux
Le riz souffre probablement des dégâts dus aux oiseaux plus que de ceux occasionnés
par les insectes. La rizière constitue un milieu particulièrement favorable aux oiseaux
aquatiques permanents ainsi qu’à de nombreuses espèces migratrices (Heinrichs et Barrion,
2004).
Les oiseaux aquatiques permanents peuvent nicher dans les rizières en écrasant les
touffes de riz, et consommer les tiges jeunes ou en cours de montaison en les déchiquetant et
en laissant de nombreux débris (Grist et Lever, 1969. Anon, 1970). Quant aux oiseaux
migrateurs, les passereaux granivores (ordre d’oiseaux de petite taille) sont les plus
dangereux. Ils s’abattent parfois en nombre considérable sur les rizières à l’approche de
maturité. Le dégât est spectaculaire : panicules dont les grains à l’état laiteux ont été sucés un
à un, laissant apparaître sur les glumes les traces blanchâtres de lait desséché, tiges et
panicules cassées, plages de riz ravagées plus ou moins couchées sur de très grandes étendues
(Heinrichs et Barrion, 2004).
II.[Link]. Rongeurs
Les rats constituent des ennemis particulièrement actifs à la fois dans la rizière et dans
les stocks de paddy et de riz après la récolte.
En rizière, les dégâts peuvent être directs ou indirects : destruction de plants coupés et
arrachés par touffes entières, creusement des terriers dans les digues, diguettes et canaux
d’irrigation provoquant des ravinements et des détournement de l’eau nécessitant des
réparations urgentes et coûteuses (Heinrichs et Barrion, 2004).
En dehors des insectes, oiseaux et rongeurs ; les nématodes eux attaquent beaucoup
plus les racines affectant ainsi la circulation de la sève dans la plante. Il en résulte la réduction
du système racinaire et de la vigueur, de la diminution du tallage et de la hauteur des tiges.
Le riz est touché par plusieurs maladies, qui sont soit virales, fongiques ou bactériennes.
39
II.[Link]. Maladies fongiques
La pyriculariose est la principale maladie fongique du riz connue encore sous le nom
de pyriculariose foliaire causé par Magnaporte grisea. Cette maladie a été signalée dans
presque tous les pays producteurs de riz à travers le monde et peut infester le plant de riz à
tous les stades de développement mais surtout en pépinière et à la floraison, son importance
dépend de la présence d’un inoculum (variable selon les régions). La propagation de cette
maladie est favorisée la sécheresse, par un taux élevé d’humidité et par les doses élevées
d’azote (Agarwal et al., 1994).
Les symptômes sont observés sur les feuilles (revêtent tout d’abord l’aspect des
tâches blanchâtres ou grisâtres, qui s’élargissent rapidement en présence des conditions
favorables (déficit hydrique, rosée, forte teneur du sol en azote (Agarwal et al., 1994) ; les
nœuds des tiges, les différentes parties de la panicule, ainsi que les grains.
L’utilisation des fongicides, des variétés résistantes sont les principales stratégies de
lutte utilisées pour lutter contre cette maladie. Les autres maladies fongiques
(helminthosporiose, rhyncosporiose, cercosporiose, flétrissement des gaines dû à Rhizoctonia
solani) provoquent rarement des dégâts significatifs.
40
groupe de Sobemovirus et cause la seule maladie connue de virus du riz (Oryza sativa)
particulier au continent africain jusqu'ici.
Selon Sadou et al., en 2008, La panachure jaune du riz ou « Rice Yellow Mottle
Virus» (RYMV), est la principale maladie virale qui affecte la riziculture irriguée en Afrique.
Transmise par des insectes vecteurs à travers les lésions ou mécaniquement au cours de
l’entretien de la culture, par exemple, par la houe pendant le sarclage. Il faut noter aussi le
tungro causé par le virus du tungro qui limite la production de riz au Bangladesh, en Inde
(1967), en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines et en Thaïlande, avec des pertes de
rendement atteignant 100 % si aucun moyen de lutte n’est apporté.
Pour lutter contre les maladies et les ravageurs plusieurs méthodes de protection peuvent
être utilisées parmi lesquelles on a : la lutte culturale, la lutte biologique, la lutte chimique, la
lutte génétique, la lutte physique et la lutte intégré.
Il s’agit des pratiques culturales qui empêchent la multiplication des insectes nuisibles
et en même temps favorables à la croissance et au développement du riz. On peut citer le
désherbage comme qui permet de détruire certaines mauvaises herbes qui servent de refuge ou
de biotope aux insectes ravageurs (Brenière, 1969).
Il s’agit de limiter la densité des déprédateurs par l’action des ennemis naturels comme
les prédateurs, parasites ou pathogènes et aussi des autocides (par mâles stériles), la lutte par
confusion (molécules de la communication chimique), (Siaussat, 2005). On peut distinguer
deux stratégies : la conservation et l’augmentation des ennemis naturels. La conservation
consiste simplement à ne pas détruire les ennemis naturels par les pratiques culturales et
autres interventions comme la lutte chimique. L’augmentation par contre consiste à
augmenter de façon artificielle la quantité d’ennemis naturels dans le milieu.
41
II.1.12.3. Lutte génétique ou contrôle génétique
La lutte génétique ou contrôle génétique consiste à utiliser les variétés tolérantes ; elle
est généralement peu coûteuse pour les paysans et peu contraignante pour l’environnement.
On peut distinguer les variétés selon leur résistance et les classer comme peu, moyennement
et hautement résistantes (Brenière, 1969).
La lutte physique est une méthode de lutte qui se fait par l’élimination directe ou la
chasse des ravageurs sur les cultures. Elle se fait à l’aide des épouvantails, des filets, des
particules abrasives, des températures (chaleur ou froid), des radiations ionisantes, des gaz,
des statuts, des sons pour effrayer ou chasser les ravageurs sur les cultures.
La lutte intégrée contre les insectes consiste à maintenir les insectes nuisibles à un
niveau suffisamment bas sans perturber la stabilité de l’écosystème et en assurant l’efficacité
économique de la culture de riz. La lutte intégrée consiste à raisonner et combiner
judicieusement les différentes techniques de lutte. Selon l’Organisation Internationale de
Lutte Biologique (O.I.L.B, 1973 in Ferron, 1999) cité par Johanna Villenave en 2006, la
protection intégrée est une conception de la protection phytosanitaire fondée sur la
connaissance du milieu et de la dynamique des populations présentes dans les
agroécosystèmes.
42
II.1.13. Rendement du riz
Le rendement est le produit attendu par les producteurs à la fin de production, et pour
le riz plusieurs composantes sont à prendre en compte pour son évaluation (Marc Lacharme
en 2001).
܀۲ ܂ൌ ۾ۼȀ ܉ܐൈ ܂ۼȀ ۾ൈ ܉۾ۼȀ ܂ൈ ۼ۵Ȁ ܉۾ൈ ۾۵
Avec :
RDT= Production/ha
Chacune de ces composantes est élaborée à une période déterminée du cycle de la plante.
43
Composante du rendement Phase d'élaboration de la composante
Nombre de plants par mètre carré Germination-Levée
Nombre de talles par pieds Début tallage-Fin tallage
Nombre de panicules par talle Fin tallage-Début montaison
Nombre de grain par panicule Montaison-Epiaison-Fécondation
Poids d'un grain Remplissage du grain-Maturation
II est essentiellement élaboré pendant la phase de germination et levée qui dépend de:
b) La température
Des températures trop basses (< à 15°C) peuvent induire une mortalité importante des
graines de riz lors de leur germination ou levée.
44
c) Les attaques par les insectes, oiseaux ou par les maladies des semences
(phénomène de fonte des semis).
Pour la germination
Pour la levée
f) Fertilité du sol
Pendant cette phase de levée, le jeune plant acquière progressivement son indépendance
par rapport aux réserves de la graine.
h) Humidité du sol.
Pendant cette période, le plant de riz est très fragile, un excès d'irrigation peut
immerger totalement le jeune plant de riz et le tuer. La gestion de l'irrigation pendant cette
première phase doit être conduite avec beaucoup de précautions.
II dépend de :
a) La variété
La différence entre les variétés de cycles plus ou moins court se matérialise pendant la
phase de tallage. La durée de la phase de tallage pour une variété de cycle moyen à long est
plus importante et en général son aptitude à taller est plus importante.
b) La fertilité du sol
Pendant cette phase végétative, l'azote (apport d'urée) a une importance primordiale. De
même le phosphate a une très grande influence sur le tallage.
45
c) La compétition avec d'autres plantes
Un enherbement important est très limitatif sur le tallage. On observe aussi une
compétition avec les autres plants de riz; en général le riz semé à la volée (à forte densité)
talle moins que le riz repiqué. Pour le riz semé en pépinière donc à très haute densité, le
maintien en pépinière pendant une période très longue induit une diminution de son aptitude à
taller.
II est élaboré pendant la phase d'initiation paniculaire (fin tallage début montaison).
II dépend de :
46
II.[Link]. Nombre de grains par panicule
II dépend de :
a) La variété
Le nombre de grains par panicule dépend de la variété, les panicules sont plus ou moins
longues et denses selon les variétés.
b) Toxicité du sol (problème de salinité du sol en particulier)
c) La densité de panicules au m2et donc l'importance du tallage, lorsque le nombre de
panicules est très élevé, en général le poids de chaque panicule est plus faible.
d) La fertilité du sol au moment de la phase reproductive
La phase reproductive est la période pendant laquelle le métabolisme de la plante est le
plus important, ses besoins en éléments minéraux sont alors maximum.
e) La compétition avec les adventices : Cette compétition agit à la fois sur
l'alimentation minérale de la plante, sur la lumière et sur l’espace.
f) Les conditions de température chaleur
Une température excessive lors de l'épiaison floraison entraînera la mort de nombreux
épillets coup de chaleur, froid, des températures basses lors de la floraison feront avorter de
nombreux épillets.
II dépend de :
a) La variété
Le poids de 1000 grains est un facteur variétal
47
b) L'état de la plante après la fécondation dont les effets du parasitisme
Le remplissage des grains se faisant à partir de l'ensemble des réserves contenues dans la
plante, plus celle-ci sera bien développée, meilleur sera ce remplissage.
c) La température
Une température excessive peut entraîner un coup de chaleur qui sera une cause
d'échaudage. De basses températures peuvent aussi limiter le remplissage des grains.
d) Le vent
Des vents chauds et secs peuvent provoquer un séchage trop rapide des grains et donc un
mauvais remplissage. Ces vents peuvent aussi provoquer une verse précoce qui bloquera les
transferts de la plante vers le grain.
48
CHAPITRE III : METHODOLOGIE
49
III.1. Présentation des zones d’étude
50
Carte 1 : Carte géographique de la Région de l’Extrême-Nord : localisation de Yagoua et
Maga dans la région de l’Extrême Nord Cameroun
1
Légende : Maga : Maga 2 : Yagoua
51
III.2. Situation agro-écologique de la zone d’étude
Comme dans le reste de la région, le climat qui règne dans le Département de Mayo
Danay est de type soudano-sahélienne. Il est caractérisé par :
- une pluviométrie moyenne qui varie entre 600 et 800 mm de pluie par an ;
- une saison des pluies qui dure approximativement 4 mois (mi-juin à mi-octobre) avec des
maxima de pluviométrie en Août et Septembre ;
- une température moyenne de 27,5° C, qui oscille entre 12 à 15°C en Janvier et 45°C en
Mars-Avril ;
Entre octobre et février, on observe une inégale répartition entre la durée de la nuit et
celle de la journée. L’altitude va de 300 à 320 mètres. Son relief est constitué d'une
vaste savane étalée sur une plaine uniforme. La végétation est constituée de steppe et
de savane arbustive dans la partie méridionale du Département. Au nord de Yagoua,
cette zone est principalement formée de yaérés, vaste étendue de près de 240 000
hectares de plaine inondable qui sert de pâturage en saison sèche. Cette zone présente un
potentiel élevé pour le pâturage, la culture du riz, du sorgho de saison sèche et du fourrage.
Cette plaine inondable est bordée de savanes arbustives ou arborées (SEMRY, 2011).
52
des extrêmes aux mois de Mars et Avril (environ 45°C). L’atmosphère est très sèche de Mars
à Juin. Cette rudité du climat influence fortement le rythme des activités agricoles. Les
sols argilo-limoneux qui caractérisent la topographie de la localité sont propices pour la
culture du riz. Mais certains éléments nutritifs de ces sols sont lessivés pendant la saison
des pluies, ce qui réduit leur fertilité. Ainsi, pour pallier à cette insuffisance de fertilité des
sols, les producteurs utilisent les engrais chimiques et/ou organiques (SEMRY, 2011).
III.3. Matériels
L’essai porte sur l’étude de variétéde riz Oryza sp. Les deux variétés de riz utilisées
sont le NERICA 3 provenant de l’IRAD et l’IR 46 provenant de la SEMRY de Maga. Les
caractéristiques de ces deux variétés sont définies dans le tableau suivant.
Tableau 2: Caractéristiques des variétés de riz pluvial (NERICA 3) et irrigué (IR 46)
Caractéristiques NERICA 3 IR 46
53
Largeur du grain (mm) 2.6 2.6
L’essai a été implanté dans les parcelles élémentaires de 28 m² (7m x 4m), la lutte
chimique a été appliquée sur les deux variétés de riz (IR 46 et NERICA 3) pour évaluer son
efficacité et sa rapidité dans la lutte contre les insectes ravageurs du riz. Deux types de
traitements seront utilisés pour réaliser cette étude : une parcelle de riz qui sera traitée à l’aide
de l’insecticide lynx et une parcelle témoin où aucune méthode de lutte n’a été utilisée pour la
lutte contre les insectes ravageurs du riz.
L’insecticide lynx a été utilisé pour tester l’effet sur les insectes ravageurs du riz et il a
été pulvérisé tous les quinze jours dans les parcelles de riz qui vont recevoir ce traitement (Riz
traité).
L’insecticide lynx est homologué pour lutter contre plusieurs insectes ravageurs,
incluant les coléoptères, les papillons diurnes et nocturnes, des puces, des mouches, des poux,
des acariens, tenthrèdes, des grillons, des perce-oreilles, des sauterelles, des scolopendres, des
cloportes, des thrips, des tiques et des blattes. Le lynx est aussi homologué pour les ravageurs
54
des cultures maraichères, vivrières, fruitières et florales. L’acétamypride qui est l’un des
constituants de la matière active permet d’agir contre les insectes situés sous la végétation
après pulvérisation.
Utilité : Insecticide
Le filet fauchoir « sweep net » constitue le matériel de collectes des insectes dont sa
caractéristique est la suivante.
Le «sweep net» (Photo 2) est un filet qui sert à récolter les insectes qui vivent sur les
plantes (Goldstyn, 2003). Il existe différents types de filets généralement pour la capture au
vol, la capture au sol et le fauchage, mais tous comprennent trois parties : un cercle (ou
cerceau), une poche (ou sac) et un manche. Ces trois parties peuvent être adaptées à des types
de chasses spécifiques, par exemple dans l'eau ou dans les airs. Le filet utilisé dans cette étude
se caractérise par la longueur de sa poche qui mesure environ deux fois le diamètre du cercle.
Le diamètre du cercle était de 40 cm, la poche environ 80 cm et le manche était long (plus de
55
1 m). Le tissu de la poche aux mailles assez fines, offre peu de résistance à l'air. Le filet était
utilisé pour faucher par des rapides mouvements latéraux de va et vient.
Sur chacun des parcelles élémentaires, les insectes ont été capturés à l'aide de filet
fauchoir ("sweep net") avec 25 doubles fauchages (50 fauchages) sur chacune des parcelles
élémentaires à partir du quinzième jour après semis ou repiquage, jusqu'à la récolte.
Poche
Cercle
Manche
Les autres matériels techniques qui ont été mis en œuvre dans cette étude comporte :
56
- une dosette de calebasse pour mesurer les fertilisants à épandre dans les différentes
parcelles élémentaires ;
- une lampe (fieer optic illuminator) a été utilisée pour permettre de bien observer les
spécimens afin de les identifier au laboratoire ;
- un microscope optique a été utilisé pour bien observer les différentes parties des
spécimens collectés afin de les identifier ;
- un congélateur de marque KELON a été utilisé pour la conservation des échantillons
avant l’indentification ;
- une boite entomologique pour l’identification des spécimens collectés ;
- deux appareils photos numériques professionnels de marque Lenco et sony nous ont
permis d’obtenir les images de certains matériels et échantillons ;
- les pinces pour compter les insectes ;
- les papiers journaux pour entasser les insectes identifiés ;
- les faucilles nous ont servis pour couper les plants de riz à la récolte ;
- les boites de pétri pour mettre les spécimens d’insectes pour le dénombrement ;
- un seau qui nous a servis de poubelle pour collecter les spécimens après
identification.
III.4. Méthodes
57
III.4.2. Conduite de l'expérimentation
La parcelle choisis est un sol hydromorphe qui a une grande capacité de rétention
d’eau, plate, ne renfermant pas d’arbres et des cailloux. Elle est situé dans la zone 34,quartier
01, casier 3A et à la 42e parcelle de la SEMRY.
La préparation du sol se fait par le défrichage qui a consisté à détruire les friches dans le
champ à l’aide d’une machette ou d’autres outils. Le labour a été réalisé à l’aide d’un tracteur
à une profondeur d’environ 30 cm suivis d’un nivelage du sol pour permettre à l’eau de bien
circuler, et de faire un bon semis afin d’avoir une bonne levée des plants. Ensuite nous avons
procédé au piquetage pour délimitation les parcelles
La mise en boue a consisté à arracher les mauvaises herbes et à les enfouir pour rendre la
parcelle propre pour le repiquage. Le planage consistait à rendre le sol plat après arrosage tout
en cassant les mottes et en enlevant les racines et les autres mauvaises herbes restantes après
la mise en boue.
Les diguettes sont faites mécaniquement à l’aide des houes ou la terre est entassée sous
forme des billons. Les diguettes délimitaient les parcelles élémentaires, les allées et les
différents blocs qui constituent l’unité parcellaire. Les diguettes principales sont formées à
une longueur de 147 m et les diguettes secondaires de 31m perpendiculaires aux diguettes
principales
58
III.4.2.4. Préparation des semences
Le matériel végétal utilisé était les plants du riz constitués de deux variétés : la
NERICA 3 et IR 46. La préparation des semences a consisté à arracher les plants du riz, les
racines des plants ont été lavées pour enlever la boue sur les racines des plants. Les plants ont
été arrachés par variété tout en évitant de les mélanger.
III.4.2.5. Repiquage
Le repiquage se fait par variété dans les parcelles éléments de 28 m2 tout en évitant de
mélanger les variétés. Le repiquage se fait en ligne avec un écarte de 25 Cm entre les lignes et
entre les poquets (25 Cm x 25 Cm) avec une densité d’environ 1300 plants au 28 m2. Les
plants ont été repiqués à 2 ou 3 plants par poquets.
Le mode d’irrigation est une irrigation de surface ou l’eau est apportée aux cultures dans
les parcelles par les canaux d’irrigation avec les débits bien connus et bien contrôlés. les
canaux principaux appelés les renards sont minus des vannes et de plaques de commande
d’eau qui libèrent l’eau à débit de 200 l/s à 500 l/s. les canaux secondaires sont commandés
par les vannes (huit vannes) minus des plaques qui libèrent l’eau à un débit de 675 l/s. Les
eaux libérées dans les canaux secondaires sont conduites dans les canaux tertiaires à travers
les ponts ou elles vont être libérées à un débit de 175 l/s (10 vannes tertiaires), pour alimenter
les différents quartiers. Les parcelles quant à elles sont alimentées par les rigoles ou les
riziculteurs ouvrent des petits canaux d’amener d’eau au niveau de leur parcelle pour irriguer
les plantes du riz.
Dans les parcelles, les niveaux d’eau sont contrôlés de temps en temps pour éviter l’excès
dans les parcelles. La formation des drains au niveau des parcelles est la technique la plus
utilisée pour évacuer l’excès d’eau dans les parcelles.
59
bloc de 6 parcelles élémentaires de 28 m² donc une superficie de 168 m². La mesure de la
dose du lynx se fait à l’aide d’une seringue de 10 ml muni d’une aiguille, pour les
prélèvements afin éviter le surdosage du produit.
III.4.2.8. Désherbage
Le désherbage se fait par bloc, ou les parcelles élémentaires sont débarrassées de toutes
mauvaises herbes. Les allées sont d’abord nettoyées avant les parcelles élémentaires pour
nous permettre de bien circuler dans la parcelle et les mauvaises arrachées sont mis sur les
diguettes et d’autre hors de la parcelle expérimentale.
III.4.2.9. Fertilisation
La fertilisation a été faite un mois et demi après repiquage à l’aide de l’engrais NPK et de
l’urée 46 % N. Nous avions utilisé un demi sac de NPK et d’urée soit 50 kg de mélange NPK-
urée. Elle s’est réalisée à la volée ou les fertilisants sont épandus dans les parcelles à une dose
d’environ 0,90 kg par parcelle élémentaire, la mesure a été faite à l’aide d’une dosette qui
donnée une mesure approximative. La fertilisation a été faite dans la soirée.
III.4.2.10. Récolte
Le riz a été récolté le 25 septembre 2015 ; au 122ejour après le semis lorsque les
panicules présentaient déjà une couleur paille. Cette récolte a été effectuée en coupant
les touffes à environ 10 cm au-dessus du sol. Les tiges étaient rassemblées en bottes dans
les parcelles élémentaires tout en tenant compte des variétés et traitements. Les panicules
coupées ont été battues par variétés (IR 46 et NERICA 3) et par traitements. Après battage les
paddy ont été séchés, vannés et mis en sac pour faciliter le transport.
Sur chaque parcelle élémentaire quel que soit le traitement appliqué à la parcelle
élémentaire, les insectes seront capturés à l'aide de filet le "sweep net". Dans parcelle
60
élémentaire 25 doubles fauchages (50 fauchages) sont appliqués sur les insectes ravageurs
suivant les stages phénologiques du riz. Le fauchage est effectué tôt le matin pour mieux
capturer les insectes qui font des plantes du riz leurs refuges ou leurs biotopes. Après
fauchage, on referme la poche de telle sorte que les insectes capturés ne puissent s’échapper,
puis on retire la poche du cercle du sweep net et on étiquette puis on attache pour empêcher
les insectes de s’échapper. Le même processus est effectué jusqu’à couvrir toute la parcelle
expérimentale.
Période de collecte
Stades phénologiques Caractéristiques phénologiques du riz
des insectes (JAS)
Epiaison puis floraison Ouverture des épillets, sortie des étamines et 75-90
fécondation des ovules ; ce stade très fugace,
correspond à l’anthèse et s’achève par la
fermeture des épillets.
61
Maturation des graines Modifications physiologiques progressives 100
de l’ovule fécondé conduisant peu à peu
vers le grain mûr.
Les clés d’identification des insectes d’Heinrich (1993), Hill (1983), Heinrich et
Barrion (2004), la clé de reconnaissance des familles de Delvare et Aberlenc (1989) sur les
ravageurs du riz ont été utilisées pour identifier les différentes espèces collectées.
III.4.3.4. Dynamique des insectes ravageurs sur les stades phénologiques du riz dans
l’écosystème rizicole de Maga
La dynamique des insectes ravageurs du riz a été faite par comptage des insectes
ravageurs après collecte et identification sur les parcelles témoins suivant les différents stades
phénologiques ; tout en tenant compte des variétés utilisées (IR 46 et NERICA 3). En suite les
totaux par insecte ravageur, variété et par stage phénologique du riz nous ont permis de
représenter les histogrammes par espèces pour voir la dynamique de chaque espèce.
III.4.4. Mesures
Les larves, chrysalides et les adultes seront dénombrés comme représentant l’effectif
de l’espèce sur chaque variété, en fonction des traitements. Ceci nous a permis de classer les
différents spécimens collectés dans les différents ordres, familles, genres et espèces puis de
déterminer le nombre de chacun de ces spécimens par rapport aux stades phénologiques de la
plante et aux traitements.
62
III.4.5. Analyses des données
Les données recueillies lors de l’étude ont été dépouillées manuellement. Après
le dépouillement manuel, elles ont été, saisies, dans le logiciel Excel et soumises à l'analyse
des variances à l'aide du logiciel STATGRAPHICS. Les moyennes seront comparées en
utilisant le test de Student au seuil de probabilité de 5%. Ainsi, nous avons présenté les
tableaux, les figures, les courbes et les diagrammes divers.
III.4.6. Estimation des dommages sur la culture du riz dans l’écosystème rizicole de
Maga
III.4.6.1. Estimation des dommages dus aux insectes foreurs au moment de la récolte
La méthode utilisée pour obtenir cette évaluation est celle de Bennière (1982). Quinze
jours avant le début de la récolte, on prélève 20 touffes de riz sur chaque parcelle élémentaire
à examiner. L’échantillonnage se fait au hasard. Pour cela, il suffit de tendre en travers de la
rizière une corde munie de nœuds espacés tous les 2 m. On prélève la touffe la plus proche de
chaque nœud. Toutes les tiges portant des panicules sont séparées les unes des autres, jusqu’à
ce que l’on obtienne un total de 200 tiges. On ouvre ensuite chaque tige avec un canif, et l’on
classe en :
- panicules sans attaques de borers dans la tige : n1 ;
- panicules avec attaques de borers dans la tige (insectes présents ou non) : n2.
- p1 : poids de n1 ;
- p2 : poids de n2.
63
ܘ
െ ሺܘ ܘ ሻ
ܖ
۾ൌ ൈ ۼ
P = perte en poids de grains à l’hectare ;
III.4.6.2. Estimation des dommages dus aux insectes ravageurs pendant le tallage
- Nt : nombre moyen de tiges fructifères au mètre carré sur les parcelles témoins ;
- N : nombre moyen de tiges fructifères au mètre carré sur les parcelles traitées.
Ces valeurs sont obtenues en établissant la moyenne de quelques sondages (au moins cinq)
effectués au hasard dans chaque parcelle en utilisant un cadre rigide d’1 m². Si, par ailleurs,
les relevés destinés à l’évaluation de la perte de récolte due aux foreurs des tiges après tallage
ont été effectués (selon la méthode indiquée plus haut) sur les parcelles témoins des couples,
la formule suivante indique la perte avant montaison :
ܘ
܉۾ൌ ൈ ሺ ۼെ ܜۼሻ
ܖ
64
Appliquée à chaque parcelle témoin, cette formule permet de calculer la valeur
moyenne de Pa de l’ensemble des couples (parcelles traitées et parcelles non traitées)
représentatifs du périmètre rizicole. Les résultats escomptés ne seront fiables que si la zone
concernée est relativement homogène et si l’on ne se trouve pas en présence de certains
ravageurs qui se caractérisent par des infestations hétérogènes : l’échantillonnage n’est alors
plus vraiment représentatif de la réalité.
Dans cette partie nous allons utiliser la formule de Marc Lacharme utilisé en 2001.
܀۲ ܂ൌ ۾ۼȀ ܉ܐൈ ܂ۼȀ ۾ൈ ܉۾ۼȀ ܂ൈ ۼ۵Ȁ ܉۾ൈ ۾۵
Avec :
RDT= Production/ha
65
CHAPITRE IV
RESULTATS, ANALYSES ET DISCUSSIONS
66
IV.1. RESULTATS ET ANALYSE
Dans la classe des insectes et des Arachnida inventoriés nous avions regroupé les espèces
en ordre, famille, genre et en espèce, les ordres retrouvés sont les suivant :
- Les Diptères : sept espèces appartenant à six familles sont identifiés, la famille des
Diopsidae est reconnue comme étant de ravageur (foreurs de tiges).
- Les Hémiptères : trois espèces appartenant à trois familles sont identifiés ; ils sont des
piqueurs-suceurs.
- Les Coléoptères : cinq espèces ont été identifié et la famille des Coccinellidae sont
reconnues comme étant des prédateurs alors que les autres familles sont des ravageurs
du riz.
- Les Lépidoptères : deux espèces de la familles des Noctuidae et Pyralidae sont
identifiées et reconnues comme des ravageurs foreurs de tiges du riz.
- Les Hyménoptères : dans cet ordre, deux espèces sont identifiées.
- Les Odonates : deux espèces réparties dans deux familles dont tous sont des
prédateurs.
- Les Orthoptères : ici deux espèces ont été identifiées.
- Les Araneae : dans l’ordre des araignées nous avions deux espèces appartenant à deux
familles qui sont des prédateurs.
L’inventaire des insectes et araignées capturés dans l’écosystème de Maga montre que ces
arthropodes et araignées varient en nombre et en espèces suivant les stades phénologiques du
riz.
67
VI.1.2. Inventaire des insectes ravageurs suivant les stades phénologiques du riz
VI.1.2.1. Pépinière
Le tableau 4 présente les insectes ravageurs inventoriés au stade de pépinière dans le site
rizicole de Maga.
Tableau 4 : insectes ravageurs inventoriés au stade de pépinière dans le site rizicole de
Maga.
197 212
Diptères Micropezidae Glyphodera mantis
Diopsidae Diopsis sp 05 04
07 00
Syrphidae Paragus dolichorus
Lagridae Lagria gesquierie 00 01
00 01
Coccinellidae Cheilomenes lunata
Coléoptères
00 01
Staphylinidae Paederussabaeus
Hémiptères Cicadellidade Nephottetix nigropictus 48 57
Lépidoptères Pyralidae Sesamia calamistis 00 01
10
Total : 4 10 524 548
Il ressort de ce tableau que les insectes sur le riz en pépinière sont repartis en 4 ordres,
10 familles et 10 espèces d’insectes. L’ordre le plus représenté est l’ordre des Diptera avec 5
espèces Culex robinotus, Physiphora clausa F, Glyphodera mantis, Diopsis sp et paragus
dolichorus ; l’ordre des Coléoptères vient avec 3 espèces Lagria gesquierie, Cheilomenes
lunata et Paederus sabaeus ; l’ordre des Lépidoptères vient avec 2 espèces ; l’ordre des
Hyménoptères et Hémiptères eux sont représentés par une espèce.
68
En pépinière les espèces les plus abondantes sont Glyphodera mantis, Culex robinotus
et Physiphora clausa F tous appartiennent à l’ordre des Diptères qui sont des piqueurs ou des
suceurs ou des foreurs des tiges ; à ce stade les dégâts sur les plants ne sont pas trop accentués
sauf quelques taches et perforation sur les feuilles
VI.1.2.2. Tallage
Le tableau 5 présente les effectifs des insectes ravageurs collectés au stade de tallage
dans le site rizicole de Maga.
Tableau 5 : Insectes ravageurs collectés au stade de tallage dans le site rizicole de Maga.
Diopsidae Diopsis sp 43 23
Le tableau 5 montre que les insectes et les araignées capturées sur le riz au stade
tallage sont repartis en 04 ordres, 09familles et 09 espèces reparties dans les 04 ordres et 09
familles. L’ordre des diptères est l’ordre le plus représenté avec 4 espèces (Physiphora
clausa F, Glyphodera mantis, Culex robinotus et Diopsis sp) suivis de l’ordre des Coléoptères
(avec 2 espèces Lagria gesquierie, Xanthadalia effusa), les lépidoptères viennent avec
l’espèce Sesamia calamistis.L’ordre des Hyménoptères, et des Hémiptères quant à eux sont
représentés chacun par une espèce.
69
Parmi ces insectes, l’espèce Physiphora clausa F la mouche du riz est la plus
représentée avec une moyenne de 0,33 sur la variété IR 46 et une moyenne de 0,25 sur la
NERICA 3. Une observation sur l’analyse des moyennes des espèces par variété nous laisse
dire que la variété NERICA 3 est plus attaquée par les insectes ravageurs ; ceci s’explique par
le fait que cette variété, est beaucoup plus cultivée en saison pluvieuse et se comporte bien
qu’en pluvial qu’en irrigation. Les résultats des différentes collectes nous montrent qu’il y a
plus des insectes en pépinière sur la IR 46 comparait au tallage.
En début du cycle et au tallage le dégât le plus ressenti et le plus visible sur le est celle
causé par les piqueurs suceurs qui laisse les taches blanches transparente sur les feuilles du
riz, les foreurs des tiges quant à eux pénètrent les tiges, créent leurs galeries et dévorent les
tissus internes entrainant le dessèchement et la mort de la partie centrale des tiges ou cœur
mort qui à la fin donne des panicules blanches et vides. Ces dégâts sont beaucoup plus causés
par les larves de Maliarpha separatella et Sesamia calamistis qui sont des lépidoptères
beaucoup plus rencontrés sur le riz ; on a aussi le cas des Diopsis sp (Diptère). Ces insectes
foreurs des tiges sont les principaux ennemis du riz, parmi lesquels le genre Chilo (que nous
n’avions pas pu rencontrer) constitue le ravageur le plus important économiquement (Saliou
DJIBA, 1986). L’effet combiné de ces types de dégâts entraine des pertes de rendement qui
étaient estimées à environ 25% de la récolte en culture intensive (VERCAMBRE, 1979) cité
par Saliou DJIBA, 1986.
VI.1.2.3. Epiaison
Le tableau 6 présente les insectes ravageurs inventoriés au stade épiaison dans le site
rizicole de Maga.
Tableau 6 : Insectes ravageurs inventoriés au stade épiaison dans le site rizicole de Maga
70
Diopsidae Diopsis sp 21 15
Le tableau 6 nous montre que les insectes et les araignées capturées sur le riz au stade
épiaison appartiennent à 07 ordres, 14 familles et 15 espèces. L’ordre des Diptères est l’ordre
le plus représenté avec 5 espèces (Physiphora clausa F, Glyphodera mantis, Culex robinotus,
Diopsis sp et Allongnota nasuta Macqueat) suivis de l’ordre des Coléoptères avec 4 espèces
(Xanthadalia effusa, Apion africanum, Paederus fuscipes Curtis, Cheilomenes lunata), les
lépidoptères viennent avec 2 espèces Sesamia calamistis et Maliarpha separatella. On note
l’apparition des espèces Stenocoris clariformis dans l’ordre des Hémiptères, Allongnota
nasuta Macqueat dans l’ordre des Diptères ; l’ordre des Hyménoptères et des Orthoptères qui
ne figurait pas en pépinière et au tallage apparaissent avec l’espèce Apanteles rufierus
(Hyménoptères), Conocephalus maculatus et Cussyrtus bivittatus qui appartiennent à l’ordre
des Orthoptères.
Au stade épiaison, les dégâts les plus visibles sont celles causés par les piqueurs
suceurs (Nephottetix nigropictus) qui laissent des taches blanches transparente sur les feuilles
et les foreurs des tiges qui eux pénètrent les tiges, en dévorant les tissus internes entrainant
ainsi le dessèchement et la mort de la partie centrale des tiges appelé cœur mort qui donne
des panicules blanchies et vides (Abou Togola, 2010).
71
VI.1.2.4. Maturité
Le tableau 7 présente les insectes et araignées inventoriés au stade de maturité dans le
site rizicole de Maga.
Braconidae Bracon sp 03 00
Hyménoptère
Braconidae Apanteles ruferierus 16 03
72
des Diptères est le plus représenté avec 7 espèces (Physiphora clausa F, Culex robinotus,
Glyphodera mantis, Diopsis sp, Microdon jahanna, Paragus dolichorus, Allonggrata nasuta
Macqueat). Dans l’Ordre des coléoptères nous avions identifié 3 espèces (Cheilomenes
lunata, Apion africanum, Xanthadalia effusa) et on note la disparition des espèces Paederus
fuscipes Curtis et Lagria gesquierie au stade de maturité. L’ordre des Hémiptères vient avec
deux nouvelles espèces Agonocelis harolldi Beig set Diploxys. Mais on note dans l’ordre des
Orthoptères l’espèce Conocephalus maculatus avec un nombre élevé des insectes comparait
aux autres.
Le tableau 8 ci-dessous nous présente les prédateurs inventoriés suivant les stades
phénologiques du riz dans le site rizicole de Maga.
Tableau 8 : Prédateurs inventoriés suivant les stades phénologiques du riz dans le site
rizicole de Maga
Araneidae 01 10 64 00
Araneus sp
Arachnida Tetragnatidae 38 20 04 08
Tetragnatha sp.
Syrphidae Paragus dolichorus 07 00 00 01
Syrphidae Allongnota nasuta 00 00 02 05
Diptères
Macqueat
Syrphidae 00 00 00 01
Microdon jahanna
Lestidae 47 115 72 15
Lestes sp.
Odonates
Libellulidae 00 05 07 10
Palpopleura sp.
Coccinellidae 00 08 07 10
Xanthadalia effusa
Coccinellidae Cheilomenes 01 00 02 00
Coléoptères lunata
Staphylinidae Paederus sabaeus 00 00 00 01
Staphylinidae Paederus fuscipes 00 01 01 00
Curtis
Orthoptères Tettigoniidae Conocephalus 00 00 11 1201
maculatus
Braconidae Apanteles rufierus 00 00 35 36
73
hyménoptères Braconidae Bracon sp 03 04 00 02
Total 8 12 97 163 205 1290
Il ressort de cet inventaire qu’onze espèces prédatrices comprises dans deux classes
reparties dans six ordres et huit familles ont été collectées sur le riz irrigué de Maga. Ce qui
montre que la riziculture est un milieu favorable pour le développement de ces ennemis
naturels. Les prédateurs collectés se rencontrent dans divers ordres et de nombreuses familles
d’arthropodes (insectes et araignées). Les prédateurs collectés sont divisés en prédateurs de
choc qui s’attaquent à des populations abondantes de proies (Odonates) et des prédateurs de
nettoyage susceptibles de rechercher efficacement leur proie et de se développer même aux
dépens de faibles populations (Coccinellidae).
Selon CTA (1995), les insectes prédateurs (Araneus sp, Tetragnatha sp. et Pardosa
injucunda) ont une action entomophage qui permet la régulation du niveau des populations
des insectes ravageurs.
Durant le cycle de la culture du riz on note une évolution croissante de nombre des
prédateurs. L’espèce la plus abondante est Conocephalus maculatus qui est un orthoptère qui
est à la fois entomophage et phytophage qui apparait à l’épiaison avec une pullulation
abondante en maturité. Lestes spp quant à lui est abondant au tallage et reste présent sur tout
le cycle de la plante, l’espèce Araneus sp quant à elle disparait à la maturité.
74
VI.2. DYNAMIQUE DES INSECTES RAVAGEURS EN FONCTION DES STADES
PHENOLOGIQUES DU RIZ
Les courbes ci-dessous montrent la dynamique des insectes ravageurs sur les différents
stades phénologiques du riz en fonction des variétés (IR 46 et NERICA 3) et traitements.
La courbe ci-dessous montre la dynamique des insectes ravageurs sur les différents
stades phénologiques du riz sur la variété IR 46
400
350
300 pépinière
250 tallage
200 épiaison
150
maturité
100
50
0
Paragus dolichorus
Cussyrtus bivittatus
Paederus sabaeus
Allonggrata nasuta Macqueat
Bracon sp
Xanthadalia effusa
Sesamia calamistis
Apion africanum
Lagria gesquierie
Stenocoris claviformis
Paederus fuscipes Curtis
Maliarpha separatella
Apanteles ruferierus
Physiphora clausa F
Culex robinotus
Nephottetix nigropictus
Conocephalus maculatus
Glyphodera mantis
Figure 9: Dynamique des insectes ravageurs sur la variété IR 46 en fonction des stades
phénologiques
Il ressort de cette figure que l’espèce Physiphora clausa F est la plus abondante, et affecte un
effectif de 369 au tallage. L’espèce Glyphodera mantis vient en deuxième place et atteint son
pic au tallage avec un effectif de 279 au tallage qui baisse à l’épiaison et disparait à la
maturité. Conocephalus maculatus est la troisième espèce la plus abondante qui atteint son
pic à la maturité des grains, il est absents en pépinière et au tallage. Culex robinotus est la
quatrième espèce la plus représentée, qui elle atteint son pic en pépinière avec un effectif
75
162espèces et décroit pour atteindre un effectif de 07 espèces à la maturité. Les autres
ravageurs sont présents mais sont faiblement représentés.
La courbe ci-dessous montre la dynamique des insectes ravageurs sur les différents
stades phénologiques du riz sur la variété NERICA 3.
600
500
pépinière
400
tallage
300 épiaison
200 maturité
100
0
Paragus dolichorus
Cussyrtus bivittatus
Paederus sabaeus
Allonggrata nasuta Macqueat
Cheilomenes lunata
Apion africanum
Sesamia calamistis
Stenocoris claviformis
Apanteles ruferierus
Xanthadalia effusa
Nephottetix nigropictus
Conocephalus maculatus
Glyphodera mantis
Figure 10: Dynamique des insectes ravageurs sur la variété NERICA 3 en fonction des stades
phénologiques
Il ressort de cette figure que l’espèce Glyphodera mantis est l’espèce la plus abondante
et atteint un pic de 526 espèces au tallage, ce nombre d’espèce a baissé à la maturité pour
atteindre un effectif de 16 espèces. Physiphora clausa F lui apparait en deuxième rang avec
un effectif de 364 espèces au tallage ; Nephottetix nigropictus lui vient en troisième rang et
atteint son maximum au tallage avec un taux de 296 espèces qui décroit.
Conocephalus maculatus qui est un insecte prédateur et phytophage lui vient en quatrième
rang et atteint son maximum à la maturité avec un effectif de 278 espèces. Les espèces :
Diopsis sp, Microdon jahanna, Paragus dolichorus, Allonggrata nasuta Macqueat, Apion
africanum, Xanthadalia effusa, Lagria gesquierie, Paederus fuscipes Curtis, Cheilomenes
76
lunata, Paederus sabaeus, Stenocoris claviformis, Bracon sp, Maliarpha separatella,
Cussyrtus bivittatus, Sesamia calamistis, Agonocelis harolldi Beigs et Apanteles ruferierus
sont présentes avec des effectif variable suivant les stade phénologique du riz.
A l’issue de ce travail, il ressort que les stades phénologiques du riz présentent entre
eux, une différence significative (P=0,0085), ce qui montre une dynamique des insectes
ravageurs sur les différents stades phénologiques du riz dans l’écosystème rizicole de Maga.
Les courbes ci-dessous nous montrent l’évolution de l’effet de lynx sur les insectes.
Le résultat de l’analyse de variance nous a montré une différence significative de l’effet
insecticide lynx sur les insectes suivant les différents stades du riz à une probabilité p= 0,02
au seuil de 5 % sur la variété IR 46.
1000
Nombre d'insectes
800
600 T1
T2
400
200
0 stades phénologiques
pépinière tallage épiaison maturité
L’analyse de variance réalisée nous montre que le lynx à un effet significatif sur les
insectes. On note une différence de significativité avec P= 0,02 suivant les différents stades,
ainsi nous pouvons dire que le lynx à un effet bénéfique sur les insectes ravageurs du riz.
77
Numériquement, une simple observation basée sur l’inventaire des insectes nous a montré un
effectif de 2474 insectes ravageurs collecté sur les témoins et 906 insectes ravageurs collectés
sur les parcelles traitées à base du lynx sur la variété IR 46. Cette observation nous permet de
dire que l’insecticide lynx a réduit les insectes à un taux de 36,62 % à la fin de la production.
Soit un taux de5,78 % en pépinière, 15,44% au tallage, 6,83% à l’épiaison et 8,56% à la
maturité.
Les courbes ci-dessous nous montrent l’évolution de l’effet de lynx sur les insectes.
Le résultat de l’analyse de variance nous a montré une différence significative de l’effet
insecticide lynx sur les insectes suivant les différents stades du riz à une probabilité p= 0,032
au seuil de 5 % sur la variété NERICA 3
1600
1400
1200
Nombre d'insectes
1000
800 T1
600 T2
400
200
0 Stades phénologiques
pépinière tallage épiaison maturité
L’analyse de variance réalisée nous montre que le lynx à un effet significatif sur les
insectes. On note une différence de significativité avec P= 0,032 suivant les différents stades,
ainsi nous pouvons dire que le lynx à un effet bénéfique sur les insectes ravageurs du riz.
Numériquement, une simple observation basée sur l’inventaire des insectes nous a montré un
effectif de 3264 insectes ravageurs collecté sur les témoins et 1148 insectes ravageurs
collectés sur les parcelles traitées à base du lynx sur la variété NERICA 3. Cette observation
78
nous permet de dire que l’insecticide lynx a réduit les insectes à un taux de 35,17 % à la fin de
la production. Soit un taux de 6,70 % en pépinière, 13,75% au tallage, 7,78% à l’épiaison et
6,92% à la maturité.
Le tableau 9 présente l’analyse de variance effectué pour l’effet des variétés sur les
insectes du riz au seuil de 5%.
Tableau 9 : Analyse de variance de l’effet variétal (IR 46 et NERICA 3) sur les insectes du riz
au seuil de 5%.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------
------------------------------------------------------------------------------------------------------------
------------------------------------------------------------------------------------------------------------
De cet analyse, il ressort qu’aucune différence significative n’existe entre les deux
variétés sur le nombre d’insectes; car les valeurs de la probabilité critique (P-Value) est de
loin inférieure à 0,05. Ce résultat explique que l’attaque des insectes ne tient pas compte de
ces deux variétés.
L’histogramme ci-dessous nous montre l’évolution des insectes en fonction des variétés.
79
5000
4500
4000
3500
Nombre d'insectes
3000
2500
2000
1500
1000
500
0
IR 46 NERICA 3 Variétés
Les pertes occasionnées par les insectes ravageurs sont évaluées au tallage et à la récolté.
80
Le tableau10 ci-dessous nous présente les composantes de calcul de perte due aux insectes
foreurs évaluée sur les deux variétés dans le site de Maga.
Tableau 10 : Composantes de calcul de perte due aux insectes foreurs évaluée sur la variété
IR 46 et NERICA 3 dans le site de Maga
N= 375 N= 322
N= 558 N= 480
Le tableau 11 ci-dessous montre l’analyse de variance effectué sur les pertes (en
kg)en fonction des traitements et des variétés au seuil de 5%.
81
Tableau 11 : Analyse de variance effectuée sur les pertes (en kg) en fonction des traitements
et des variétés (IR 46 et NERICA 3)
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
Le tableau 12 ci-dessous, présente les résultats relatifs à la perte en kilogramme calculé sur
les deux variétés. Le résumé de l’analyse de variance montre qu’il y a aucune différence
significative sur la perte exprimée en kilogramme entre deux variétés et traitements.
Néanmoins, numériquement la perte la plus élevée est donné par la variété NERICA 3
sur témoin. Le plus petit nombre de perte (141,64 kg) est fourni par la variété IR 46 obtenu
sur le traitement chimique, l’on constate aussi que les pertes sur les traitements chimiques
sont un peu faibles par rapport aux témoins. En ce qui concerne les deux variétés, l’analyse de
variance a montré qu’il y a pas une différence significative (P=0,15) entre les valeurs
obtenues sur les pertes à la récolte. En se basant sur une observation simple des données
82
calculées sur les pertes, on constate que les pertes sur la variété NERCA 3 sont légèrement
supérieures à celle de la variété IR 46.
Le tableau 13 ci-dessous nous présente les composantes de calcul de perte due aux
insectes relevé sur les deux variétés obtenus sur le terrain. La formule qu’on a utilisée pour ce
calcul des pertes est :
Tableau 13 : Composantes de calcul de perte due aux insectes au tallage sur la variété IR 46
et NERICA 3
Variétés/traitements Témoin
IR 46 N= 375 Nt = 322
- Nt : nombre moyen de tiges fructifères au mètre carré sur les parcelles témoins ;
- N : nombre moyen de tiges fructifères au mètre carré sur les parcelles traitées ;
- n1 = nombre de tiges sans attaques de foreurs ;
- p1 = poids des grains de n1 ;
- Pa = perte de récolte due aux insectes agissant avant la montaison ;
Ces données ont été collectées au stade de tallage et de maturité à moins 15 jours de la récolte.
83
VI.2.2.2. Dommage en kilogramme dû aux insectes au tallage
Le tableau 14 ci-dessous, présente les résultats relatifs à la perte due aux insectes
exprimé en kilogramme sur les deux variétés. Ici les pertes ont été calculé rien que sur les
témoins.
Tableau 14 : résultats relatifs aux pertes due aux insectes exprimé en kilogramme sur la
variété IR 46 et NERICA 3
Variétés Pertes en kg
IR 46 626,88
NERICA 3 571,07
Le résultat de calcul de perte due aux insectes s’élève à 571,07 kg de riz pour la variété
NERICA 3 et à 626,88 kg de riz pour la variété IR 46. Une comparaison de ces pertes
montre qu’il n’y a pas une grande différence entre ces deux pertes sur les deux variétés. Mais
en se basant sur ces résultats obtenus, l’on constate que les insectes ravageurs ont un impact
énorme sur le rendement car sur notre étude on l’évalue à 1197,95 kg soit 1,19 tonnes.
Composantes Rendements en kg
IR1 IR2 N1 N2
84
Nombre de panicule/talle (NPa/T) 1 1 1 1
Tableau 16 : Analyse de variance effectuée sur les rendements en fonction des traitements et
des variétés (IR 46 et NERICA 3)
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
Il ressort de cet analyse qu’au seuil de probabilité de 5%, il existe une différence
significative entre les rendements obtenus sur les traitements (P= 0,03), mais pas sur les
variétés ; car la valeur de la probabilité critique (P-Value) obtenue (P= 0,79) est de loin
inférieure à 0,05. Ces résultats s’expliquent par le fait que les traitements effectués sur les,
variétés sont différents. Cette différence pourrait être à l’origine de différence de rendements
obtenus, ce qui veut dire que l’insecticide lynx a un effet sur le rendement.
85
Tableau 17 : Rendements évalués à l’hectare sur les deux variétés du riz (IR 46 et NERICA
3) en fonction des traitements.
IR1 IR2 N1 N2
VI.4. DISCUSSION
VI.4.1.1 Diptères
Il ressort de cette étude que sept espèces de diptères compris dans cinq familles
(Otitidae, Culicidae, Micropezidae, Syrphidae et Diopsidae) ont été collectées sur le riz
irrigué à Maga. Ces diptères sont des insectes phytophages, susceptibles de provoquer des
86
dégâts sur le riz. Leurs larves se nourrissent sur les feuilles où elles causent des enroulements.
L’abondance des diptères observés au tallage et se justifie par le fait que pendant cette phase
les feuilles des jeunes talles sont bien développées, renferment des éléments nutritifs qui
servent de nourriture à ces insectes. Ce dans cette même idée que Brenière dit en 1969 que le
tallage est la phase la plus longue dans le cycle du riz ou on retrouve plus des insectes. Pour
Paul ONDO OVONO et al., 2014, les Diptères sont signalés sur le riz du stade de plantule au
stade de maturation. C’est surtout aux stades tallage et à l’initiation paniculaire que leur
présence est fortement signalée.
Leur abondance peut aussi s’expliquer par l’existence des cultures de cycle différent
qui a favorisé leur multiplication, la présence des mauvaises herbes qui servent de refuge,
d’hôte secondaire, de niche et de biotope pour les insectes. L’absence de rotation des cultures,
les pluies suivis de sècheresse, l’humidité relative (peut favoriser ou détruire (basse) les larves
des insectes), l’eau d’irrigation (par transport des larves). Bakker en 1974, Gristetal., en 1969
ont identifié parmi les espèces de l’ordre des diptères Diopsis thoracica (Diopsidae) sont des
vecteurs, foreurs de tige et reconnue comme un insecte vecteur du virus de la panachure jaune
du riz.
Pendant le stade maturité, les feuilles et les tiges se dessèchent et les diptères ne
peuvent plus s’alimenter ceci justifie la baisse de la population de diptère pendant ce stade.
Cette baisse de la population de diptère peut encore s’expliquer l’augmentation des prédateurs
(Conocephalus maculatus) au stade de maturation. Pendant cette période les diptères se
rassemblent en essaims à proximité des mares permanentes ou des bas-fonds humides. Leurs
dispersions interviennent dès les premières pluies et c’est en ce moment que ces insectes se
posent sur le riz pour se nourrir. Ceci justifie leurs présences en abondance au stade pépinière
dans les trois sites. Dans cet ordre l’espèce la plus représentée est Physiphora clausa F avec
un nombre élevé au tallage.
VI.4.1.2. Coléoptères
Dans l’ordre des Coléoptères cinq espèces compris dans quatre familles ont été
collectées sur le riz. Les coléoptères sont des insectes qui peuvent être vus sous plusieurs
aspects. On retrouve des espèces nuisibles, essentiellement phytophages ou vivantes dans les
denrées stockées, dont certaines sont des ravageurs majeurs. D’autres sont au contraire
prédatrices (Coccinelidae, Staphylinidae…) et participent quelque fois à l’élimination des
ravageurs. Pour Mathur et al.,(1971), cite par Heinrichs E. A., Barrion A. T, (2004), dans
87
l’ordre des Coléoptères quatre familles présentes en Afrique sont des prédateurs ce sont les
Anthicidae, Carabidae, Coccinellidae, et Staphylinidae. Sadou et al.,(2008), dans l’ordre des
Coléoptères quatre espèces d’insectes ravageurs et potentiels vecteurs de la panachure
jaune du riz ont été collectées: Dicladispa armigera, Leptis papygmea, Oulema oryza et
Trichispa sericea.
Parmi les Coléoptères collectés nous avons identifié les ravageurs (Apion africanum,
Lagria gesquierie) et les prédateurs (Paederus fuscipes Curtis, Paederus sabaeus,
Cheilomenes lunata et Xanthadalia effusa). Les ravageurs s’attaquent aux organes végétatifs
(feuilles, tiges et panicules) de la plante, les larves forment une galerie (tunnel) dans
l’épaisseur de la feuille en consommant les tissus et les adultes rongent les feuilles. Mais les
plus sérieux dégâts sont causés par la transmission du virus par les coléoptères de la famille
des chrysomelidae et Coccinellidae. Au stade maturation l’effectif de population des
coléoptères diminue. Le stade maturité est marqué par la sénescence des feuilles et des tiges
ainsi les coléoptères ravageurs ne peuvent plus s’alimenter sur les parties végétatives de la
plante ceci justifie la baisse de la population pendant ce stade.
VI.4.13. Hémiptères
Dans l’ordre des hémiptères nous avions identifié trois espèces appartiennent à trois
familles différentes. Les hémiptères sont des ravageurs importants en écosystème rizicole
irrigué. Les adultes vivent dans les parties supérieures des plantes et peuvent voler sur de
longues distances, jusqu’à plusieurs kilomètres. Les nymphes et les adultes sucent la sève des
feuilles, induisant quelque rabougrissement. Les plus sérieux dégâts sont causés par la
transmission de virus de la panachure jaune du riz par ces ravageurs.
Parmi les hémiptères collectés, Nephotettix nigropictus qui est un piqueur suceur est
l’espèce le plus abondante. Selon Gristetal.,(1969), les hémiptères Nephotettix sp et Nilaparva
talugens Stäl ont été en effet reconnus comme vecteurs de graves viroses : Tungro, le Yellow
dwarf et le Grassy Stunt Virus dont l’extension semble s’étendre avec le développement des
variétés hautement productives et à fort tallage. Ce dans même idée que le projet SPID au
Mali en 2011, montre que parmi les insectes nuisibles ou insectes ravageurs qui peuvent
endommager gravement ou détruire une culture de riz ou une récolte figure Nephotettix
nigropictus, un piqueur-suceur qui entraine un jaunissement de feuilles, de tiges et crée des
points noirs sur les feuilles.
88
L’abondance des hémiptères observés aux stades pépinière et tallage se justifie par le
fait que pendant ces deux stades, la plante possède les organes végétatifs bien développés
ainsi les hémiptères s’en prennent essentiellement en piquant les feuilles. Pendant les stades
épiaison et maturité, la qualité et la quantité de sève contenue dans les feuilles et les autres
parties de la plante diminue ceci justifie la baisse de la population pendant ces stades car cette
dernière ne trouve pas leur alimentation. Le stade maturité est marqué par un changement de
couleur, une défoliation et une sénescence avancée des feuilles qui sont peu nombreuses et de
mauvaise qualité.
VI.4.1.4. Lépidoptères
Dans l’ordre des lépidoptères nous avions identifié deux espèces Maliarpha
separatella (Pyralidae) et Sesamia calamistis (Noctuidae) qui sont des piqueurs sceurs
(adulte) et foreurs des tiges au stade larvaire (chenille). L’espèce Maliarpha separatella est
présente sur tout le stade phénologiques du riz, c’est au stade épiaison qu’elle atteint son pic
pour chuter à la maturité. Pour Paul ONDO OVONO et al., 2014, les lépidoptères sont
signalés sur le riz du stade tallage au stade de maturation, mais ils sont plus abondants aux
stades tallage et épiaison-floraison. La présence de ces insectes adultes indique le début de
la ponte. Pour Brenière en 1962, Maliarpha separatella est spécifique au genre Oryza. Il se
rencontre donc uniquement sur les riz cultivés et les riz sauvages : Oryza barthii, Oryza
longistaminata et Oryza punctata. La femelle ne pond pas sur les jeunes plantules mais
uniquement sur les feuilles adultes dressées sur des plants en tallage (au plus tôt 15 jours
après repiquage en riziculture irriguée). Le dépôt des œufs devient rare à partir de l’épiaison.
Le développement de la chenille est d’autant plus rapide qu’il intervient sur les plants de
grande taille. Wopereis et al., 2008 trouvent que dans l’ordre des lépidoptères, les plus
importantes espèces de l’ordre des lépidoptères qui cause plus des dégâts sont : Chilo spp.
Maliarpha separatella, Sesamia calamistis, Nymphula depunctalis, Eldana saccharina,
Scirpophaga spp. Mais dans notre étude on note Maliarpha separatella (Pyralidae) et
Sesamia calamistis (Noctuidae) qui sont des foreurs des tiges redoutables.
89
Les dégâts sur le riz sont beaucoup plus causés par les larves de Maliarpha separatella
et Sesamia calamistis qui sont des lépidoptères beaucoup plus rencontrés ; on a aussi le cas de
Diopsis sp (Diptère) qui est un foreur de tige et en même temps un vecteur de la panachure
jaune du riz. Le genre Chilo que nous n’avions pas pu rencontrer constitue le ravageur le plus
important économiquement (Saliou DJIBA, 1986). Selon VERCAMBRE (1979), l’effet
combiné de ces types de dégâts entraine des pertes de rendement qui étaient estimées à
environ 25% de la récolte en culture intensive.
VI.4.1.5. Orthoptères
L’ordre des orthoptères est l’ordre le moins représenté dans notre étude. Deux familles
des Orthoptères ont été collectées : Avididae et Tettigoniidae avec les espèces Conocephalus
maculatus et Cussyrtus bivittatus qui sont tous deux des ravageurs, apparaissent au stade
épiaison. On note la disparition de Cussyrthus bivitttatus et une abondance de Conocephalus
maculatus à la maturité. Pour (Pande et al., 1997 ) cité par Paul ONDO OVONO et al., 2014,
les sautereaux (Conocephalus maculatus, Cussyrtus bivittatus…) et les Gryllidae renferment
des individus reconnus comme ravageurs du riz. L’étude a montré que la famille de
Tettigoniidae (avec l’espèce Conocephalus maculatus) se retrouve en abondance à la maturité
de grains. Ce dernier a été capturé à l’aide du filet fauchoir sur le riz. Il est plus nombreux sur
la variété NERICA 3 avec un effectif de 278 à la maturité. Pour Paul ONDO OVONO et al.,
2014, les Orthoptères sont les insectes ravageurs qui sont abondants au stade initiation
paniculaire et maturation des grains et une représentativité faible ou nulle en pépinière et au
stade montaison. Ce qui explique leur absence en pépinière et tallage.
L’abondance de Conocephalus maculatus peut aussi se justifie par le fait que le stade
de maturité du riz coïncide avec la période de pullulation de cette espèce, elle peut aussi
s’expliquer par le fait que la maturation du riz coïncide avec le début de la saison pluvieuse
ce qui crée une condition favorable à la pullulation de ces espèces. Conecephalus maculatus
est l’espèce la plus représentée à la maturité. Conecephalus maculatus (Orthoptère) est un
phytophage broyeur des feuilles du riz et panicule et prédateur des larves des chenilles, les
nymphes des sauterelles (Shepard et al., 1991) et les œufs des Noctuidae (van den Berg et al
1992) cite par Heinrichs E. A., Barrion A. T, (2004). Donc il se nourrit à la fois des larves
des chenilles, les nymphes des sauterelles et en même temps des feuilles du riz.
90
VI.4.1.6. Hyménoptères
L’ordre des hyménoptères est l’ordre le moins représenté avec deux espèces bracon sp
et Apanteles rufierus qui sont tous deux des braconidae. Ces deux insectes sont tous des
parasitoïdes qui pondent leurs larves dans les hôtes (Williams et al., 2002)cité par Pierre
Silvie (2012). La présence de ces insectes peut être due à un envahissement par la parcelle
voisine ou par la présence de leurs hôtes dans la parcelle.
L’ordre des Araneae est représenté par deux espèces Araneus sp et Tetragnatha
juculator, qui sont tous deux des prédateurs. Ils poursuivent activement leur proie et la
capturent en bondissant. Wopereis et al., (2008) trouve que parmi les prédateurs, les plus
importants sont les araignées. En effet, une araignée peut consommer par jour une trentaine de
cicadelles blanches. Les araignées sont des prédateurs polyphages s’attaquant à une large
gamme de proies. Elles capturent les insectes à l’affût ou à la course, ou bien en construisant
des toiles variables selon les espèces. Une des particularités des araignées est qu’elles ne
consomment jamais de riz, elles ne se nourrissent que d’insectes, contrairement aux insectes
prédateurs qui se nourrissent de riz et d’insectes. Selon CTA (1995), les insectes prédateurs
(Araneus sp, Tetragnatha sp. et Pardosa injucunda) ont une action entomophage qui permet
la régulation du niveau des populations des insectes ravageurs. Ce dans ce même sens d’idée
que Ly en 1978 cité par Heinrichs E. A., Barrion A. T, 2004, trouve que Araneus sp et
Tetragnatha juculator sont les espèces abondantes en riziculture irriguée.
91
populations des autres espèces à travers l’intensification de leurs activités prédatrices. Ils se
présentent de ce fait comme des agents potentiels de lutte biologique.
VI.4.3. Dommages dus aux insectes ravageurs dans l’écosystème rizicole de maga
Les résultats obtenus ont montré que 49,98% des pertes sont occasionnées par les
insectes ravageurs. Ces résultats ont aussi été obtenus par Arhent et al. (1983) qui ont trouvé
que parmi les 41,1% des pertes totales du riz, 27,5% étaient dues aux insectes. Pour lui les
dégâts causés sur le riz sont en majorité dus par les insectes ravageurs qui sont à la fois des
déprédateurs et les vecteurs des maladies. Ces différents résultats obtenus ne sont pas
significativement différents de ceux dont nous avons obtenus sur la riziculture de Maga.
Par ailleurs, nos travaux étaient principalement basés sur le périmètre de la SEMRY de
Maga, tandis qu’Arhent lui avait pour base une étude régionale. Ainsi, sur le périmètre
rizicole de Maga nous avons obtenu une perte de 26,30 % au tallage et une perte de 23,68 % à
la récolte sur les deux variétés. Ce résultat témoigne l’importance de la lutte contre les
insectes ravageurs. Dans le même ordre d’idée, au Cameroun en 1954, Descamps (1956)
rapporte que 75 % de dommages causés par les insectes ravageurs étaient localisé dans la
vallée du Logone (Extrême- Nord). Et pour Traoré et al., (2001), au Cameroun dans toutes
les situations de riziculture les insectes ravageurs causent les pertes de production qui
varient de 25 à 100 % chaque année.
Ces résultats révèle aussi les pertes au tallage sont causées par les foreurs de tiges qui
sont beaucoup plus des Lépidoptères et des Diptères et ont occasionnés jusqu’à 26,30 % de
perte sur le rendement. Dans ce même ordre d’idée VERCAMBRE, (1979) cité par Saliou
DJIBA, (1986) déclare que, l’effet combiné de dégâts Maliarpha separatella, Sesamia
calamistis, Chilo sp (Lépidoptères) et Diopsis sp (Diptère) qui sont tous des foreurs des tiges
entraine des pertes de rendement qui étaient estimées à environ 25% de la récolte en culture
intensive. Nos résultats montrent qu’il y a une différence significative sur les pertes
occasionnés par ces insectes sur les parcelles sans traitement insecticide (témoins) et sur les
parcelles traitement insecticide. Ce qui nous permet de dire que le traitement insecticide à un
effet sur les insectes, d’où la nécessité d’apporter un traitement sauveteur de rendement.
par ailleurs ce résultat sur les foreurs des tiges est du même ordre de grandeur que les
résultats obtenus dans des zones écologiques similaires d’autres régions d’Afrique où les
92
pertes occasionnées par les foreurs ont été estimées entre 2 et 38 % (Dakouo et al., 1992 ;
Heinrichs, 1998) cité par Abou Togola 2010.
Des résultats similaires ont été obtenus par Peng et al., (2000) qui avaient trouvés que
les rendements en riziculture irriguée tropicale avec les variétés indica de type IR46 étaient
désormais de l'ordre de 1 à 3 tonnes à l’hectare. Dans le même ordre d’idée, l’Association
pour le Développement du Riz en Afrique de l’Ouest (ADRAO) caractérise la production de
variété NERICA 3 à 8 tonnes en pluvial et la variété IR 46 de 1 à 3 tonnes à l’hectare. Les
résultats obtenus par ces différents auteurs viennent ainsi confirmer les résultats que nous
avons obtenus sur le périmètre rizicole de Maga avec les deux variétés utilisées. Le Ministère
Malien de l’Agriculture (2009) avait montré qu’en riziculture irriguée au Mali, 4 variétés de
semences sont utilisées. L’on a ainsi obtenu des rendements moyens de 1 à 8 tonne à
l’hectare. Ceci est un autre résultat qui ne présente pas une très grande divergence avec ceux
des résultats obtenus sur notre étude.
93
94
CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES
95
Conclusion
L’étude qui portait sur l’effet des insectes ravageurs sur le rendement du riz, nous a
permis d’inventorier les insectes ravageurs de riz dans l’écosystème rizicole irrigué de la
région de l’Extrême-Nord. Cet inventaire nous a permis de répertorier plusieurs espèces
d’insectes dans l’ordre des Hémiptères, des Diptères, des Coléoptères, des Lépidoptères, des
Hyménoptères, des Odonates, les Orthoptères, et aussi l’ordre des Araneae inféodés à ces
écosystèmes. Vingt-trois espèces d’insectes appartenant à dix-neuf familles et reparties dans
sept ordres ont été collectées sur le riz irrigué de Maga. Les insectes capturés étaient
beaucoup plus nombreux au stade de tallage avec un écart d’effectif 1373 insectes comparait
aux autres stades. Parmi les espèces collectées dans le site rizicole, l’espèce Physiphora
clausa F de la famille des Diptères est la plus abondante. Les insectes qui causent plus des
dégâts sont Maliarpha separatella, Sesamia calamistis appartenant à l’ordre des
Lépidoptères, et Diopsis sp qui est un Diptère. Maliarpha separatella et Sesamia calamistis
sont des broyeur au stade larvaire (chenille) ; leurs larves et Diopsis sp sont des foreurs des
tiges qui ont causé un dégât estimé à 23,68 % à la récolte ce qui entraine une baisse de
rendement. L’ordre le plus représenté est l’ordre des Diptères avec Physiphora clausa F,
Culex robinotus, Glyphodera mantis, Diopsis sp, Microdon jahanna, Paragus dolichorus et
Allongrata nasuta Macqueat et l’ordre le moins représenté est l’ordre des Hyménoptères avec
Bracon sp, Apanteles ruferierus. On constate aussi que la variété NERICA 3 est beaucoup
plus aimée (attaquée) par les insectes par rapport à la variété IR 46.
Outre la présence des insectes ravageurs du riz, quelques espèces d’ennemis naturels
ont été recensées à savoir les prédateurs et les parasitoïdes. Les prédateurs collectés étaient
beaucoup plus nombreux au stade de maturité. Mais il faut noter que les araignées sont des
prédateurs les plus importants donc les ennemis naturels qui aident à lutter contre d’autres
insectes ravageurs. Parmi les ennemis naturels capturés, les espèces prédatrices, Tetragnatha
juculator (Araneae : Tetragnatidae), Lestes spp (Odonate : Lestidae) sont présentes à tous les
stades phénologiques. La présence de ces prédateurs a une grande importance et aide
beaucoup dans la régulation naturelle des populations des insectes ravageurs et des maladies
(vecteurs).
Les pertes occasionnées par les insectes ravageurs sur la culture du riz dans la
riziculture de Maga sont été de 49,98% sur les deux variétés. Ces résultats témoignent
l’importance de la lutte phytosanitaire dans le but d’augmenter la production. Mais il faut
96
noter qu’à part les pertes causées par les insectes ravageurs ; les oiseaux granivores, les
maladies et quelques rongeurs causent aussi les dégâts sur le riz. Les pertes causées par les
insectes ravageurs du riz ont été évaluées à 26,30 % au tallage et à 23,68 % à la récolte sur les
deux variétés. On constate que ces pertes ne sont pas les même sur les parcelles sans
insecticides et les parcelles traitées par le lynx. Cette différence des pertes nous laisse dire que
l’insecticide lynx à un effet protecteur sur la culture du riz et réduit le nombre d’insectes sur
tout son stade phénologique, et par conséquence réduit les dégâts des insectes sur les du riz.
Les rendements évalués nous montre une différence entre les traitements, on note un écart de
rendement de1,08 t/ha entre la parcelle sans insecticide (témoin) et la parcelle traitée à
l’insecticide lynx le traitement chimique. Ceci nous amène à dire que l’insecticide lynx à un
effet sur le rendement par son efficacité à détruire les insectes ravageurs.
Ainsi, au terme de ce travail, nous pouvons aisément dire que tous nos objectifs
de départ ont été atteints. Aussi, toutes les hypothèses formulées ont été testées et des
conclusions ont été tirées de chaque information obtenue.
97
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102
ANNEXES
103
Annexe 1 : Dispositif expérimental en split-splot
N : NERICA 3
IR : IR 46
1= Parcelle témoin
104
Annexe 2 : Chronogramme des activités
Périodes d’exécution
Activités
F M A M J J A S
Choix de la parcelle
Préparation du terrain
Repiquage
Traitement phytosanitaire
Fertilisation
Désherbage
Récolté
105
Arrachage des pépinières Repiquage Pulvérisation
106
4: Diopsis thoracica West Wood 5 : Conocephalus maculatus 6 : Comptage des tiges sans attaques et
(Diptera: Dipsidae) (Orthoptère: Tettigoniidae) avec attaques
a b c
6: Attaque des foreurs de tiges (a, b et c)
107
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