1 Seriesnum
1 Seriesnum
Séries Numériques
Filière Sciences et Techniques Pour l'Ingénieur
Deuxième année
2019-2020
Imad EL MAHI
ADRESSE : COMPLEXE UNIVERSITAIRE, HAY EL QODS, B.P 669, 60000 OUJDA, MAROC
Table des matières
1 Séries Numériques 3
1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1 Dénition d'une série . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.2 Condition nécessaire de convergence d'une série . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.3 Critère de Cauchy de convergence d'une série dans un espace complet . . 5
1.1.4 Premiers exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.5 Reste de rang n d'une série convergente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.6 Espace vectoriel des séries convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.7 Séries complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2 Séries à termes réels positifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.1 Lemme fondamental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.2 Comparaison des séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.3 Comparaison d'une série à une intégrale généralisée . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.4 Série de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.5 Règle de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.6 Critère de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.7 Critère de d'Alembert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.3 Séries à termes réels, de signe quelconque, ou à termes complexes . . . . . . . . . 19
1.3.1 Convergence absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.3.2 Multiplication des séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.3.3 Multiplication des séries absolument convergentes . . . . . . . . . . . . . . 21
1.3.4 Séries alternées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.3.5 Séries semi-convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.3.6 Règle d'Abel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.4 Bilan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2
Chapitre 1
Séries Numériques
Dans tout ce chapitre, on désignera par K le corps R ou C.
1.1 Généralités
S0 = U0
S1 = U0 + U1
···
n
X
Sn = U0 + U1 + · · · + Un = Uk
k=0
• Deux séries sont dites de même nature si elles sont toutes les deux convergentes, ou
n≥0
Remarque
Toute série est soit convergente, soit divergente. Elle a une et une seule de ces propriétés
qui lui confère sa nature.
1.1.1.3 Proposition 1
Soit n ∈ N. Les séries X U et
0 n
X
Un sont de même nature.
De plus, si elles convergent on a :
n≥0 n≥n0
+∞
X 0 −1
nX +∞
X
Uk = Uk + Uk
k=0 k=0 k=n0
Preuve
∀ n ∈ N, n ≥ n0 , on peut décomposer :
(1.1)
n
X 0 −1
nX n
X
Uk = Uk + Uk
k=0 k=0 k=n0
même manière que la série X U converge aussi. Les deux séries sont donc de même nature.
n≥n0
n
n≥0
Remarque
Dans la suite, on peut noter la série par P U sans spécier le premier terme, mais
tout en le gardant en mémoire en cas de besoin, par exemple pour le calcul de la somme
n
de la série.
1.1.2 Condition nécessaire de convergence d'une série
1.1.2.1 Proposition 2
Si la série P U converge, alors on a :
n
lim Un = 0
n→+∞
4
1.1. GÉNÉRALITÉS
Preuve
Notons par S la somme partielle de rang n de la série P U , c.a.d S .
n
X
n n n = Uk
On a : k=0
∀n ≥ 1, Un = Sn − Sn−1
.
Si la série P U converge, alors
n lim Sn = S
n→+∞
existe. Et donc,
lim Un = lim Sn − Sn−1
n→+∞ n→+∞
= S−S
= 0
Remarque
La réciproque de cette proposition est fausse comme on le verra l'un des exemples qui
suivront (série harmonique).
1.1.3 Critère de Cauchy de convergence d'une série dans un espace complet
Théorème 1
(K = R ou C) est un espace complet. Donc la série P U converge si et seulement si :
n
n+p
X
∗
∀ ε > 0 , ∃ N ∈ N ; ∀ n ≥ N; ∀ p ∈ N ; Uk < ε
k=n+1
Preuve
La série P U converge si et seulement si la suite des sommes partielles (S ) converge.
Comme K est complet, alors il faut et il sut que (S ) soit une suite de Cauchy. c.a.d :
n n
n
Or n+p
X n
X n+p
X
Sn+p − Sn = Uk − Uk = Uk
k=0 k=0 k=n+1
n
X
Sn = qk = 1 + q + q2 + · · · + qn
k=0
• Si q = 1 : Sn = n + 1 −−−−−→ +∞
n→+∞
. Donc P q diverge.
n
5
1.1. GÉNÉRALITÉS
q diverge.
n→+∞ n→+∞
n
P
3 cas : |q| = 1 : alors q = e avec θ 6= 2kπ (car sinon q = 1, cas qui est déjà étudié).
me iθ
n→+∞
n'existe pas. Donc diverge.
lim q n+1
P n
q
Pour ce faire, on va montrer que la suite des sommes partielles (S ) n'est pas une suite de
Cauchy, et donc divergente.
n n≥1
6
1.1. GÉNÉRALITÉS
Théorème 3
Sur la droite réelle R, la série X n1 est divergente.
n≥1
• Exemple 3
Soit la série P U de terme général U
n n =
1
n(n + 1)
, n≥1 . On a :
n n
X 1 X 1 1 1
Sn = = − =1−
k(k + 1) k k+1 n+1
.
k=1 k=1
lim Sn = 1
n→+∞
n≥1 n=1
+∞
X
Rn = Uk
k=n+1
1.1.5.2 Proposition 3
Soit P U une série convergente. On a :
n
lim Rn = 0
n→+∞
et Sn + Rn = S
Preuve
La série P U est convergente, on a donc d'après la proposition 1 :
n
+∞
X n
X +∞
X
∀n ∈ N, Uk = Uk + Uk
k=0 k=0 k=n+1
1.1.6.1 Proposition 4
Soient P U et P V deux séries numériques.
n n
Remarque
SiP P U et P V divergent toutes le deux, alors on ne peut rien dire sur la nature de la série
U + V . Tout dépend des séries considérées.
n n
n n
Exemples
1. Soient P U et P V telles que ∀ n ∈ N , U = −1 et V = 1.
n n n n
On a ∀ n ∈PN , U +PV = 0. n n
On a ∀ n ∈ N , U + V P= 2. P n n
∀ n ∈ N , Wn = Un + iVn
P
Un est la série des parties réelles et la série des parties imaginaires.
P
Vn
respectivement, alors on a :
n n n n n n
∀n ∈ N, σn = Sn + iSn0
Pour que la suite (σ ) converge il faut et il sut que les suites (S ) et (S ) convergent.
n n
0
n
D'après le théorème de convergences des suites monotones, pour que (S ) converge, il faut et il
n n∈N
Remarque
Si (S ) n'est pas majorée, alors
n lim Sn = +∞
n→+∞
et donc P U diverge.
n
Preuve
1. Posons n
X n
X
Sn = Uk ; Sn0 = Vk
k=0 k=0
9
1.2. SÉRIES À TERMES RÉELS POSITIFS
Remarques
1. Lorsque les séries P
U P et P V sont à termes négatifs, on peut étudier les séries à
termes positifs −U et −V .
P n n
1.2.2.2 Conséquence
Considérons deux séries à termes strictement positifs P U et P V et supposons que :
n n
Vn
lim = l 6= 0
n→+∞ Un
.
Alors ∀ ε > 0; ∃ N ∈ N ; ∀ n ≥ N ; |
Un
Vn
− l| < ε
aussi.
n
Vn
lim = l 6= 0
n→+∞ Un
1.2.2.4 Théorème 7
Soient P
U et
P
V deux séries à termes positifs.
n n
= O(V )
Si P alors U converge aussi.
(
n→+∞
U
converge
n n
P
n
V n
Rappels
f
x→x0
= o(g) ⇐⇒ ∀ε > 0; ∃η > 0; |x − x0 | < η ⇒ |f (x)| ≤ ε|g(x)|
f
x→x0
= O(g) ⇐⇒ ∃λ > 0; ∃η > 0; |x − x0 | < η ⇒ |f (x)| ≤ λ|g(x)|
10
1.2. SÉRIES À TERMES RÉELS POSITIFS
Preuve
On a U = O(V ) donc ∃λ > 0 ; il existe un rang N ∈ N tel que ∀n ≥ N on a |U | ≤ λ|V |.
n→+∞
= O(V )
n→+∞
U n ⇐⇒ ∃λ > 0; ∃N ∈ N; ∀n ≥ N ; U ≤ λV
n n n
n n n
Preuve
O(V )
(
n→+∞
Un =
O(U )
n
Un ∼ Vn ⇐⇒ n→+∞
n→+∞ Vn = n
Et
P d'après le théorème 7, on peut conclure que la série
P
Un converge si et seulement si la série
V converge.
n
Remarque
Le théorème d'équivalence ne peut être appliqué aux séries à termes complexes et aux
séries à termes réels de signe variable.
Exemple
1
Un = ln(1 + )
n
P
Unest une série à termes positifs ( ln(1 + n1 ) > 0 , ∀ n ∈ N ). ∗
Et on a ln(1 + n1 ) ∼ n1 .
Nous avons vu que la série
P harmonique est divergente. D'après le théorème d'équivalence,
n→+∞
P 1
Nous voulons étudier la série à termes réels f (n) à l'aide de l'intégrale généralisée .
X Z +∞
f (x)dx
n0
n
n n≥n0
X
Sn = f (k) = f (n0 ) + f (n0 + 1) + · · · + f (n)
k=n0
11
1.2. SÉRIES À TERMES RÉELS POSITIFS
Donc
Z k+1 Z k+1 Z k+1
f (k + 1) dx ≤ f (x) dx ≤ f (k) dx
k Zk k
Soit
k+1
f (k + 1) ≤ f (x) dx ≤ f (k)
k
n
X n
X Z k+1 X n
f (k + 1) ≤ ( f (x) dx) ≤ f (k)
k=n0 k=n0 k k=n0
n+1
X Z n+1
f (k) ≤ f (x) dx ≤ Sn
k=n0 +1 n0
Z n+1
Sn+1 − f (n0 ) ≤ f (x) dx ≤ Sn (1)
n0
Soit
Z +∞
Sn+1 ≤ f (x) dx + f (n0 )
n0
| {z }
M
La suite (S ) est donc majorée et comme la série X f (n) correspondant est une série
n+1
n≥n0
On a :
Z n+1 Z Z u n+1
f (x) dx = f (x) dx + f (x) dx
n0 n0 u
(S ) étant majorée par S (on a une série f (n) convergente à termes positifs). Donc
X
n
n≥n0
f (x) dx ≤ S .
Z u
n0
Et on a le théorème suivant :
12
1.2. SÉRIES À TERMES RÉELS POSITIFS
Théorème 9
Soit n ∈ X
0N, f : [n , +∞[−→ R une fonction continue
0 par morceau et décroissante.
+
Z +∞ +∞
X Z +∞
f (x) dx ≤ f (k) ≤ f (n0 ) + f (x) dx
n0 k=n0 n0
Si α > 0 alors la fonction f (x) = x1 est positive et décroissante sur [1, +∞[Z. D'après le
α
Si α = 1 Z Z +∞ +∞
1 1
dx = dx = [ln x]+∞
1 = +∞
xα x
Si α 6= 1
1 1
Z +∞ Z X 1−α X
1 1 x 1
X 1−α − 1
dx = lim dx = lim = lim
1 xα X→+∞ 1 x α X→+∞ 1 − α 1 X→+∞ 1 − α
On voit donc bien que dx existe si et seulement si 1 − α < 0 c'est à dire α > 1.
Z +∞
1
1.2.4.2 Théorème 10
La série de Riemann P converge pour α > 1 et diverge pour α ≤ 1.
1
nα
13
1.2. SÉRIES À TERMES RÉELS POSITIFS
Preuve
On a n→+∞
lim nα Un = 0 , donc :
∀ε > 0 , ∃N ∈ N / ∀ n ≥ N , |nα Un − 0| ≤ ε
Soit alors (pour ε = 1) : 0 ≤ n U ≤ 1 α
n
c'est à dire : 0 ≤ U ≤ . 1
(α = 1 et β > 1)
nα (ln n)β
Or α−1
2 >0 donc :
(ln n)−β
lim α−1 =0
n→+∞ n 2
converge.
n nα (ln n)β
n→+∞
Or 1 − α > 0 donc
lim nUn = +∞
n→+∞
c.a.d
∀ A > 0; ∃ N ∈ N ; ∀ n ≥ N ; |nUn | > A
ou encore A
∀ n ≥ N ; Un >
n
Cas 3 : α = 1 : 1
Un =
n(ln n)β
β > 0 : Nous allons utiliser le théorème de comparaison d'une série avec une intégrale.
Considérons la fonction : f (x) = x(ln1x) dénie de [2, +∞[→ R . f est positive de plus elle +
(poser t = ln x)
Z X Z ln X
1 dt
dx = β β
2 x(ln x) t ln 2
On déduit d'après le théorème de comparaison d'une série avec une intégrale que la série P 1
2. Si l'on a : p n
∀n ∈ N, U ≥1 n
alors
∀ n ∈ N , Un ≥ 1
15
1.2. SÉRIES À TERMES RÉELS POSITIFS
1.2.6.2 Conséquence
En particulier, s'il existe l ∈ R tel que lim
n→+∞
p
n
Un = l , on a alors :
p
n
∀ ε > 0 , ∃ N ∈ N / ∀n ≥ N ; Un − l < ε
n
2. Si l > 1, la série U diverge.
P
n
Remarque
Le caspl = 1 est "le cas douteux" du critère de pCauchy. Le doute est levé si
lim U = 1 car dans ce cas on a : ∀ n ∈ N ,
n +
U ≥ 1 et donc la série di-
n
verge.
n n
n→+∞
Exemple
Soit a > 0. Considérons la série dont le terme général : U = (a + n1 ) . n
n
16
1.2. SÉRIES À TERMES RÉELS POSITIFS
Si a = 1, n→+∞
lim
p
n
Un = 1 . Le critère de Cauchy ne donne rien.
lim Un = lim en ln(1+ n ) = lim en· n
n→+∞ n→+∞
1
n→+∞
1
car ln(1 +
1
) ∼
1
n n→+∞ n
c.a.d lim Un = e 6= 0
n→+∞
On obtient alors :
Un ≤ λUn−1 ≤ λ2 Un−2 ≤ · · · ≤ λn U0
trique et est convergente puisque λ < 1. Par conséquent, la série U converge aussi.
n 0 P 0
n
Et on a le théorème suivant :
1.2.7.1 Théorème 13
Soit P U une série à termes strictement positifs.
n
1.2.7.2 Conséquence
En particulier, supposons qu'il existe l ∈ R tel que : lim
n→+∞
Un+1
Un
=l . Alors :
∀ ε ∈ N , ∃ N ∈ N , ∀n ≥ N on a Un+1
Un
−l <ε
Soit l−ε<
Un+1
Un
<l+ε
17
1.2. SÉRIES À TERMES RÉELS POSITIFS
Un+1
lim =l
n→+∞ Un
1. Si l < 1, la série P U converge.
n
2. Si l > 1, la série U diverge.
P
n
Remarque
Le cas l = 1 est "le cas douteux" du critère de d'Alembert.
Le doute est levé si lim U = 1 , puisque dans ce cas on a : ∀ n ∈ N ,
U n+1 + Un+1
≥1
et donc la série diverge. Un
n→+∞ n
Exemples
1. Soit la série P .
1
n!
∀n ∈ N, Un =
1
n!
>0 .
Un+1 1 n! 1
= · =
Un (n + 1)! 1 n+1
Un+1
lim =0<1
n→+∞ Un
D'après le critère de d'Alembert, la série P
Un converge.
2. P nn
n! Un =
nn
n!
> 0 , ∀ n ∈ N∗
Or 1
ln(1 + n ) ∼ n
n→+∞
1
. Donc :
Un+1 1
lim = lim en· n = e > 1
n→+∞ Un n→+∞
18
1.3. SÉRIES À TERMES RÉELS, DE SIGNE QUELCONQUE, OU À TERMES
COMPLEXES
plexes
1.3.1.2 Théorème 15
Si P U est absolument convergente alors elle est convergente.
n
Preuve
Soit P U une série absolument convergente, donc la série P |U | converge.
n n
c.a.d
n+p
X
|Uk | < ε
k=n+1
Et comme
n+p
X n+p
X
Uk ≤ |Uk |
k=n+1 k=n+1
Alors
n+p
X
Uk < ε
k=n+1
Remarque
Ce théorème montre que l'absolue convergence entraine la convergence. L'interêt fon-
damental de ce théorème est que l'on peut appliquer les propriétés des séries à termes
positifs à la série |U | qui est à termes positifs.
P
k
1.3.1.3 Proposition 7
Notons par S (K) l'ensemble des séries absolument convergentes.
S (K) est un sous-espace vectoriel de S(K) (ensemble des séries dans K).
A
A
Preuve
• SA (K) 6= ∅car la série nulle du terme général U = 0 appartient à S (K).
n A
• Soient ,P
Un
P
Vn deux séries absolument convergentes. Donc, les séries P |U | et P |V |
convergent.
n n
19
1.3. SÉRIES À TERMES RÉELS, DE SIGNE QUELCONQUE, OU À TERMES
COMPLEXES
D'après le théorème de comparaison de deux séries à termes positifs, on en déduit que la série
|λU + V | converge.
P
C'est à dire la série P λU + V est absolument convergente.
n n
n n
Exemples
1. Considérons la série P . sin n
n2
∗
∀n ∈ N , U =
sin n
n
.
n 2
∀n ∈ N ; |sin n| ≤ 1 donc
sin n
∗ 1
≤ 2 2
n n
2. U = (−1) .
n
n 2
n
On a ∀ n ∈ N , |U | = n1 . Donc la série P |U | converge absolument donc converge.
n 2 n
3. U = (−1) .
n
n
n
absolument convergente.
n n n
n
1.3.2.1 Dénition
Soient P U et P V deux séries àPtermes dans C.
On appelle série-produit des séries U et P V , la série P W dont le terme général
n n
n
X
Wn = Uk Vn−k
k=0
C'est à dire : W0 = U0 V 0
..
W1 = U0 V 1 + U1 V 0
Wn = U0 Vn + U1 Vn−1 + · · · + Un V0
Remarque
On a
n
X
∀n ∈ N, Wn = Uk Vn−k
k=0
20
1.3. SÉRIES À TERMES RÉELS, DE SIGNE QUELCONQUE, OU À TERMES
COMPLEXES
• Remarquer aussi que cette multiplication est analogue à celle des polynômes à une indéterminée
n n n
à coecients dans C.
1.3.3 Multiplication des séries absolument convergentes
Nous allons nous contenter ici d'énoncer un théorème sur le produit de deux séries absolument
convergentes. Nous laisserons la démonstration en exercice.
1.3.3.1 Théorème 16
Soient P
U et P
V deux séries
P absolument convergentes dans C. Alors la série-produit
W des séries U et V est aussi absolument convergente. De plus sa somme
P n P n
+∞ +∞ +∞
! !
X X X
Wn = Un Vn
n=0 n=0 n=0
∀ n ∈ N , U = (−1) |U | ou U = (−1)
n
n
n n
n+1
|Un |
Exemple
La série P (−1)n
n est une série alternée.
1 1 1 (−1)n
Sn = −1 + − + − ··· +
2 3 4 n
Remarquons qu'une série du second type se ramène à celle d'une série du premier type en chan-
geant tous les signes. Nous étudions donc les séries alternées du premier type : U = (−1) |U |. n
n
n
On a le théorème suivant :
1.3.4.2 Théorème 17
Soit P U une série alternée telle que :
n
(
lim Un = 0
c.a.d |U | décroît)
n→+∞
∀ n ∈ N , |Un+1 | ≤ |Un | ( n
Preuve
Soit la série alternée P U avec U n n = (−1)n |Un | . Nous avons :
S2p+2 − S2p = (−1)2p+1 |U2p+1 | + (−1)2p+2 |U2p+2 | = |U2p+2 | − |U2p+1 | ≤ 0
21
1.3. SÉRIES À TERMES RÉELS, DE SIGNE QUELCONQUE, OU À TERMES
COMPLEXES
Par conséquent, les suites (S ) et (S ) sont adjacentes et ont par suitePla même limite S. Il
en résule que (S ) converge et a pour limite S. On en déduit que la série U est convergente.
2p 2p+1
n n
Exemple
Soit la série alternée P (−1)n
où α ∈ R.
1. Si α ≤ 0 alors
nα
(−1)n
lim Un = lim 6= 0
n→+∞ n→+∞ nα
2. Si α > 1, on a |U | = n1 .
n α
La série P de Riemann est donc convergente. (car α > 1). D'où la série P est
1 (−1)n
Exemple
Pour 0 < α ≤ 1, la série P (−1)n
nα est semi-convergente.
1.3.6 Règle d'Abel
Théorème 18
Soit P U une série à termes réels ou complexes telle que son terme général s'écrit :
n
∀n ∈ N, Un = εn · αn
1. ∃ M ∈ R / ∀ n ∈ N , X α ≤ M .
n
k
22
1.3. SÉRIES À TERMES RÉELS, DE SIGNE QUELCONQUE, OU À TERMES
COMPLEXES
Preuve
Nous allons utiliser le critère de Cauchy de convergence d'une série dans un espace complet.
On a : X X n+p n+p
∀n ∈ N, Uk = εk · α k
k=n+1 k=n+1
n+p
X n+p
X
∀p ∈ N, Uk = εk (Sk − Sk−1 )
k=n+1 k=n+1
= |εn+1 (Sn+1 − Sn ) + εn+2 (Sn+2 − Sn+1 ) + εn+3 (Sn+3 − Sn+2 ) + · · · + εn+p (Sn+p − Sn+p−1 )|
= |−εn+1 Sn + Sn+1 (εn+1 − εn+2 ) + Sn+2 (εn+2 − εn+3 ) + · · · + Sn+p−1 (εn+p−1 − εn+p ) + εn+p Sn+p |
≤ |−εn+1 | |Sn |+|Sn+1 | |εn+1 − εn+2 |+|Sn+2 | |εn+2 − εn+3 |+· · ·+|Sn+p−1 | |εn+p−1 − εn+p |+|εn+p | |Sn+p |
Comme lim εn = 0
n→+∞
(hypothèse 3)) alors :
n+p
X
lim Uk = 0
n→+∞
k=n+1
c.a.d ∀ ε > 0 , ∃ N ∈ N , ∀ n ≥ N , X U ≤ ε
n+p
k
k=n+1
On déduit d'après le critère de Cauchy dans un espace complet que la série P U converge. n
Exemple
Etudier la série complexe P einθ
nα où θ ∈ [0, 2π[ , α∈R .
einθ
Un =
nα
On a : |U | = n1 . Donc :
n α
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1.4. BILAN
Si 0 < α ≤ 1 ;
Si θ = 0 ; U = n1 ⇒ X U diverge.
n α n
n
3. n n
X X 1 − ei(n+1)θ 2
|Sn | = αk = eikθ = iθ
≤
1−e |1 − eiθ |
k=0 k=0
iθ k
k=0
On en déduit d'après le critère d'Abel que la série P U est convergente. n
1.4 Bilan
Série P U n
y
lim Un = 0
n→+∞
? −−Non
−−→ La série diverge −→ Fin.
Oui
Critère de comparaison.
Critère d'équivalence.
y
Etudier la série P |U | n
y
y Oui y Oui
P
Un converge absolument Utiliser le lemme d'Abel
y y
Fin. Fin.
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