La phrase complexe
Une phrase complexe est une phrase qui contient plusieurs propositions (deux ou plus). Ces
propositions peuvent être :
I. Juxtaposées : sans mot de liaison, séparées par une virgule, un point-
virgule ou deux-points.
II. Coordonnées : reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et,
donc, or, ni, car).
III. Subordonnées :
1- La proposition subordonnée relative
🔹 Définition générale :
La proposition subordonnée relative est une proposition subordonnée introduite par un
pronom relatif (qui, que, dont, où, lequel...) et qui complète un nom (ou un pronom) appelé
antécédent .
🔶 1. La relative adjective
🔸 Définition :
Elle a toujours un antécédent (nom ou pronom), qu'elle complète ou précise. Elle remplit deux
fonctions syntaxiques et deux valeurs sémantiques.
🔹 A. Fonctions syntaxiques :
1. Épithète (collée au nom, comme un adjectif)
📌 L’élève qui travaille dur réussira.
👉 Ici, la relative "qui travaille dur" est épithète du nom "élève".
2. Apposée (séparée du nom par une virgule)
📌 Mon frère, qui vit à Paris, est professeur.
👉 Ici, la relative "qui vit à Paris" est apposée au nom "mon frère".
🔹 B. Valeurs sémantiques :
1. Déterminative (essentielle, non effaçable)
📌 Les livres qui sont sur la table m'appartiennent.
👉 Si on la supprime, la phrase perd son sens : indispensable.
2. Explicative (secondaire, effaçable)
📌 Les élèves, qui étaient en retard, ont été punis.
👉 Peut être supprimée sans nuire au sens principal : accessoire.
🔹 C. Mode verbal dans la relative adjective
✅ Indicatif
Utilisé quand on parle d’un fait réel, connu, certain.
📌 Je cherche un élève qui comprend la grammaire.
✅ Subjonctif
Utilisé dans trois grands cas :
Cas Exemple
Expression d’exception (l’unique, la seule...) :
C’est la seule élève qui ait réussi.
Souhait, volonté, doute, jugement :
Je veux un ami qui m’écoute.
Interrogation ou négation :
Y a-t-il quelqu’un qui sache cela ?Il n’y a personne qui veuille m’aider.
✅ Infinitif
Utilisé dans deux cas précis :
1. GN prépositionnel (avec sur, de, à...)
📌 Je n’ai personne sur qui compter.
👉 Le verbe est à l’infinitif car il suit une préposition.
2. Adverbe de lieu + infinitif + sujet générique
📌 Je n’ai pas de lieu où passer la nuit.
👉 "passer" est à l’infinitif, introduit par "où".
🔶 2. La relative substantive
🔸 Définition :
Elle n’a pas d’antécédent exprimé. Elle joue le rôle d’un nom dans la phrase.
🔸 Fonction :
Elle peut être sujet, COD, attribut, complément, etc.
🔸 Exemples :
1. 📌 Qui vivra, verra. (sujet)
2. 📌 Ceux qui cherchent, trouvent. (sujet )
3. 📌 Je crois ce qu’il dit. (COD du verbe "croire")
🔶 3. La relative prédicative (ou attributive)
🔸 Définition :
Elle suit un nom et apporte une information nouvelle (elle n’est pas intégrée à l’antécédent
comme dans l’adjective).
🔸 Trois structures principales :
1- Verbe de perception + nom + relative
Attribut du COD
Je vois un homme qui court.
2- Verbe avoir + nom + relative
Attribut du COD
J’ai une amie qui comprend tout.
3- Présentatif (C’est/Il y a...) + nom + relative
Complément du système présentatif
C’est une femme qui sait ce qu’elle veut.
📌 Elle est toujours introduite par qui.
🔶 4. La relative périphrastique
🔸 Définition :
C’est une relative sans antécédent nominal exprimé, mais introduite par un mot grammatical :
👉 Ce, celui, ce que, ce qui, ce dont, là où, etc.
🔸 Elle remplit toutes les fonctions d’une relative (sujet, COD, etc.).
🔸 Exemples :
1. 📌 Ce que tu dis est vrai. (COD)
2. 📌 Je n’ai pas compris ce dont il parlait. (COI)
3. 📌 Là où tu vas, je ne te suivrai pas. (complément de lieu)
2- LA PROPOSITION SUBORDONNÉE COMPLÉTIVE
✅ Définition :
La proposition subordonnée complétive est une subordonnée qui complète un verbe, un nom
ou un adjectif. Elle joue le rôle d’un complément essentiel, comme le ferait un groupe
nominal.
I. La subordonnée complétive conjonctive
🔹1. Définition :
Elle est introduite par une conjonction de subordination, principalement :
« que »
« à ce que », « de ce que »
🔹2. Exemples :
Je pense que tu as raison. → COD du verbe "penser"
À ce que je vois, il est en retard. → Complément circonstanciel
Je suis fier de ce que tu as accompli. → Complément de l’adjectif "fier"
🔹3. Fonctions possibles :
Sujet : Que tu sois malade m'inquiète.
COD : Il dit qu’il viendra demain.
Attribut du sujet : Son erreur est qu’il a menti.
Sujet réel d’un verbe impersonnel : Il faut que tu partes.
Complément de l’adjectif : Je suis certain qu’il réussira.
Apposition : Une idée, qu’il parte seul, me hante.
COI : Je m’attends à ce qu’il échoue.
🔹4. Mode utilisé :
En général, le mode indicatif est employé :
Je sais qu’il est arrivé.
Le mode subjonctif est imposé :
1- après des verbes de souhait, doute, volonté :
Je veux que tu viennes.
2- lorsque la complétive est en tête de phrase :
Qu’il soit si intelligent me surprend.
3- après certaines locutions impersonnelles :
Il est essentiel que tu sois présent.
II. La subordonnée complétive non-conjonctive
🔹1. Définition :
Elle est introduite sans conjonction "que", mais par :
un déterminant interrogatif : quel, quelle, lequel...
un adverbe interrogatif : pourquoi, comment, où, quand...
la conjonction "si" (interrogation totale)
🔹2. Types :
a- Interrogative indirecte totale (avec "si")
Je me demande s’il viendra.
COD
b- Interrogative indirecte partielle (avec un mot interrogatif)
Je ne sais pas où il habite.
COD
c- Exclamatif indirect
Il m’a dit comme tu étais doué !
COD
Ces subordonnées complétives reprennent une question ou une exclamation indirecte.
III. La subordonnée complétive infinitive
🔹1. Définition :
La subordonnée infinitive est introduite sans pronom ni conjonction. Le verbe est à l’infinitif,
et le sujet est exprimé ou implicite.
🔹2. Cas possibles :
a- Sujet différent : Verbe + GN + verbe à l’infinitif
Je vois les enfants jouer.
COD
b- Même sujet : Sujet + verbe + infinitif
Il espère réussir.
COD
c- Construction impersonnelle : Il + verbe impersonnel + de + infinitif
Il lui arrive de mentir.
Sujet réel du verbe impersonnel
3- La proposition subordonnée circonstancielle
La proposition subordonnée circonstancielle (PSC) est une proposition subordonnée qui joue
le rôle d’un complément circonstanciel (temps, cause, but, condition, concession, etc.).
Elle précise les circonstances de l’action exprimée dans la principale.
La condition :
La subordonnée circonstancielle de condition indique une hypothèse dont dépend l’action de
la proposition principale.
🔹 Conjonctions fréquentes :
si
à condition que
pourvu que
au cas où
en supposant que
dans la mesure où
🔹 Exemples :
Si tu étudies, tu réussiras.
À condition que tu viennes, je t’attendrai.
Pourvu qu’il ne pleuve pas, on partira demain.
Au cas où tu serais absent, préviens-moi.
🔹 Remarque :
Le verbe peut être à l’indicatif, au subjonctif ou au conditionnel, selon le degré de réalité de la
condition :
Réalité : Si tu veux, je viens. (indicatif)
Éventualité : Si tu venais, je serais content. (conditionnel)
Hypothèse irréelle passée : Si tu avais voulu, tu aurais réussi.