QUELQUES APPORTS DU LASER
EN CHIMIE THÉORIQUE ET INDUSTRIELLE
Sandrine Steydli
Parties des programmes de physique-chimie associées
– Programme de la spécialité physique-chimie de terminale générale :
[Link]
Partie « Ondes & signaux » / 2. Former des images, décrire la lumière par un flux de photons
– Programme de physique-chimie en BST « Systèmes Photoniques » partie « Optique ondulatoire : propagation
libre d’une onde »
– Programme de physique-chimie en bac pro « Signaux : comment transmettre une information ? – Choisir une
source lumineuse »
– Programme de physique-chimie et mathématiques de première STI2D : Ondes et information
Mots-clés : laser – femtochimie – industrie
INTRODUCTION
Nous sommes aujourd’hui très familiers avec la lumière laser et ses utilisations : du pointeur à diode
laser que l’on peut aisément se procurer dans le commerce au lecteur de code-barres des caisses de
supermarchés, en passant par l’épilation ou la chirurgie laser... cette lumière extraordinaire a pris une
place grandissante dans notre quotidien.
Mise à l’honneur par un nouveau prix Nobel cette année1, le rayonnement laser et la compréhension
de son interaction avec la matière a permis de nombreuses avancées en chimie fondamentale, mais
également de multiples applications technologiques et industrielles.
En quoi le laser est-il devenu indispensable aux chimistes théoriciens tout comme aux industriels et
quelles nouvelles perspectives peut-il encore leur apporter ?
LE LASER2, UNE SOURCE DE LUMIÈRE SI PARTICULIÈRE
Le principe de fonctionnement du laser repose sur l’émission stimulée, découverte en 1917 par Albert Einstein
(Figure 1).
Ce phénomène quantique a été mis en pratique par Theodore Maiman en 1960 avec le premier laser à rubis.
Pour construire une source laser, on doit disposer d’un milieu amplificateur auquel on apporte de l’énergie
par pompage, afin que les entités qui le constituent se trouvent majoritairement dans un état excité.
1. Le prix Nobel de physique 2022 a été attribué au Français Alain Aspect, à l’Américain John F. Clauser et à l’Autrichien Anton Zeilinger pour leurs travaux
sur l’intrication quantique.
2. LASER est l’acronyme de Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation (amplification de la lumière par émission stimulée de radiation).
1 © Fondation de la Maison de la chimie, 2022
O R B IT E OR B I T E
Fluorescence
(émission spontanée)
Photon
de lumière
Émission stimulée
O R B IT E OR B I T E
Photon
de lumière
2 photons parfaitement identiques
Figure 1 – Après absorption d’un photon de longueur d’onde adaptée, l’électron se trouve dans un état excité
et deux phénomènes d’émission de lumière sont possibles : la fluorescence ou l’émission stimulée.
En haut : l’électron peut se désexciter de manière spontanée et aléatoire vers un niveau d’énergie inférieure en
émettant un photon. En bas : si on envoie un photon sur l’atome excité, on déclenche l’émission d’un deuxième
photon de même longueur d’onde et en phase avec le premier.
Ainsi, l’émission stimulée peut avoir lieu et générer
Pompe : source d’énergie extérieure (optique ou électrique)
un flux de photons tous identiques, qui présentent la
même direction, la même énergie (et donc la même
longueur d’onde), et qui ont également tous la même faisceau LASER
phase (Figure 2)
Milieu
À la sortie du dispositif, le faisceau laser obtenu est de Miroir 100 % amplificateur Miroir de sortie
réfléchissant semi-transparent
ce fait très directif, monochromatique et très cohérent.
Ces trois propriétés, qui sont synthétisées dans la
Figure 2 – Principe de fonctionnement d’un laser.
Figure 3, font toute la spécificité du rayonnement laser.
Lumière « classique » Lumière LASER
LASER
Plusieurs couleurs Monochromatique
• La lumière émise est composée de • La lumière laser est (le plus souvent)
toutes les couleurs de l’arc-en-ciel composée d’une seule longueur
(et même au-delà) d’onde
QuElQuES aPPOrTS Du laSEr EN ChIMIE ThÉOrIQuE ET INDuSTrIEllE
Plusieurs directions Directionnel
• Les ondes lumineuses se déplacent • Le faisceau est étroit et diverge peu,
dans toutes les directions de dirigé dans une seule direction
l’espace
Plusieurs phases « Cohérent »
• Les différentes ondes sont émises à • Les différentes ondes sont « en
des moments différents. Elles sont phases ». C’est cette propriété qui
totalement indépendantes les unes rend les inferférences possibles avec
des autres un laser
Figure 3 – Comparatif entre la lumière naturelle et le laser. Source : [Link].
Dans l’élaboration de la source, la chimie a déjà un rôle à jouer puisqu’on peut obtenir des lasers aux propriétés
très différentes selon le choix du milieu amplificateur et la nature de ses atomes.
On peut également utiliser des molécules de colorants que les chimistes savent manipuler aisément pour
modifier leurs niveaux d’énergie. Les lasers organiques ainsi mis au point sont en général peu puissants,
mais on peut en sélectionner la longueur d’onde et donc, la couleur à l’envi (Figure 4).
Pompe
(optique ou électrique)
Faisceau
laser
Figure 4 – Les lasers organiques utilisent des molécules complexes de colorants qui permettent une plus grande
variabilité des couleurs et des applications.
2 © Fondation de la Maison de la chimie, 2022
LE LASER POUR EXPLORER LA MATIÈRE ET COMPRENDRE LES TRANSFORMATIONS
CHIMIQUES
La chimie a pour objectif de comprendre la constitution des atomes et des molécules, ainsi que leurs
interactions. Parmi les obstacles à surmonter, on peut citer les dimensions extrêmement faibles de ces
objets d’étude, leur très grand nombre, mais également le fait qu’elles soient constamment en mouvement !
Vers des temps de pose de plus en plus courts
Pour étudier un mouvement à notre échelle, on peut
utiliser la technique relativement simple de la chrono-
photographie : on prend en photo l’objet à intervalles
de temps réguliers et on peut alors reconstituer
le « film » en faisant défiler les images obtenues
(Figure 5).
On peut alors accéder à plus de précision et observer
des détails invisibles à l’œil nu en augmentant la
vitesse de prise de vue. Une caméra à 27 000 images
par seconde permet par exemple de visualiser les Figure 5 – Chronophotographie du retournement
mouvements d’un fluide en balistique comme le d’un chat à 24 images par seconde.
montre la photo de la Figure 6.
Pour l’étude de déplacements plus rapides, l’enjeu
sera donc d’avoir un « mode rafale » vraiment plus
perfectionné : puisque le temps caractéristique du
mouvement d’un atome est la femtoseconde, soit
10-15 secondes, il nous faut disposer d’un capteur à
1 million de milliards d’images par seconde !
Ce gap technologique a été rendu possible grâce
au laser femtoseconde et au développement de la
femtochimie3. Figure 6 – Tir d’arme à feu filmé sous l’eau avec
une caméra de 27 000 images par seconde.
Principe de la femtochimie
La mise en œuvre de la femtochimie nécessite l’utili-
QuElQuES aPPOrTS Du laSEr EN ChIMIE ThÉOrIQuE ET INDuSTrIEllE
sation de deux faisceaux laser. Tout d’abord, le laser-
pompe émet une première impulsion lumineuse qui
déclenche le phénomène à étudier (transformation
chimique). Puis une seconde impulsion, décalée de
quelques femtosecondes seulement par rapport à la
première, est émise par le laser-sonde4 et permet de
« scanner » l’état du milieu à cet instant.
En faisant varier le décalage temporel entre pompe
et sonde, on dispose ainsi de plusieurs « clichés »
qui permettent d’identifier la formation de certains Figure 7 – Le principe de la technique pompe-sonde
intermédiaires réactionnels, et au final, de recons- expliqué en vidéo sur le site [Link]
Source : [Link]
tituer le déroulement du mécanisme réactionnel
(Figure 7).
La femtochimie a donc permis une grande avancée dans la compréhension de ce qui se cache derrière ces
« boîtes noires » auxquelles s’apparentent parfois les réactions chimiques (Figure 8).
3. La femtochimie, inventée par Ahmed Zewail, lui valut un prix Nobel en 1999.
4. Du fait de la très grande valeur de la vitesse de la lumière (3 × 108 m.s-1), cet infime décalage temporel est relativement simple à obtenir avec une
différence de marche de quelques micromètres entre le faisceau laser pompe et le faisceau laser sonde.
3 © Fondation de la Maison de la chimie, 2022
Avant Après Figure 8 – Un exemple de « boîte noire »,
la combustion du méthane : que représente
réellement cette flèche dans l’écriture de
l’équation de réaction ? Comment se passe
+ + la transformation au niveau moléculaire ? Quelles
espèces intermédiaires sont formées et dans quel
ordre ? Autant de questions auxquels les chimistes
théoriciens tentent de répondre au quotidien.
CH4 + 2 O2 CO2 + 2 H2O
La femtochimie aujourd’hui... l’attochimie demain ?
Lors d’une transformation chimique, les molécules interagissent une à une au niveau microscopique ; des liaisons
chimiques sont rompues et d’autres sont créées, à la suite des déplacements d’électrons. Or ces électrons vont bien
plus vite que les atomes et pour étudier leur mouvement, la femtoseconde ne suffit plus : une chronophotographie
à l’échelle de l’attoseconde sera nécessaire, soit 10-18 secondes5 ! Le record actuel d’une impulsion laser étant de
43 attosecondes, les mécanismes de rupture et de formation de liaisons devront donc patienter encore un
peu, néanmoins la perspective de dissiper une part de ce mystère dans un futur relativement proche semble
à portée de main.
UTILISER UN LASER POUR AGIR SUR LA MATIÈRE
Le laser, un concentré de puissance de longueur d’onde variable
L’interaction entre le rayonnement et la matière est un vaste domaine d’étude, allant du bronzage de notre
peau à l’utilisation du rayonnement solaire pour produire de l’électricité avec des panneaux photovoltaïques.
En raison de ses propriétés particulières, comme la sélection de la longueur d’onde, l’utilisation du rayon-
nement laser amène de nouvelles possibilités d’interaction avec la matière.
De plus, si l’énergie d’une source laser est relativement peu élevée, il est en revanche possible, du fait de
sa grande directivité et de sa grande cohérence, de concentrer cette puissance dans l’espace et dans le
temps. Les densités de puissance ainsi atteintes sont extrêmement importantes, actuellement de l’ordre
de l’exaWatt par cm², soit 1018 [Link]-2 ! (Tableau 1)
Préfixe Désignation
10n Symbole Depuis Nombre décimal
français (échelle longue)
Quelques apports du laser en chimie thÉorique et industrielle
1024 yotta Y 1991 1 000 000 000 000 000 000 000 000 Quadrillon
1021 zetta Z 1991 1 000 000 000 000 000 000 000 Trilliard
1018 exa E 1975 1 000 000 000 000 000 000 Trillion
1015 péta P 1975 1 000 000 000 000 000 Billard
1012 téra T 1960 1 000 000 000 000 Billion
109 giga G 1960 1 000 000 000 Milliard
105 méga M 1960 1 000 000 Million
103 kilo k 1795 1 000 Millier
Tableau 1 – Des chiffres de densité énergétique absolument colossaux.
Modifier activement une transformation chimique avec un laser
La sélectivité de la longueur d’onde permet au chimiste d’agir directement au niveau des molécules et de
modifier une transformation chimique. Il peut en effet cibler une liaison à casser – sans toucher aux autres –
en sélectionnant un laser dont la fréquence correspond exactement à la fréquence de vibration de la liaison
à casser. En couplant cet avantage avec une impulsion très brève, la rupture de liaison est plus efficace, car
l’énergie du rayonnement n’a pas le temps de se dissiper au sein de la molécule et d’endommager d’autres
liaisons. La formation d’un produit d’intérêt peut ainsi être favorisée, ou celle d’un produit secondaire évitée,
avec à la clé une amélioration du rendement d’une synthèse, si précieux en chimie industrielle.
5. Pour se rendre compte de la brièveté d’une attoseconde, on peut retenir la phrase suivante : « Il y a autant d’attosecondes dans une seconde que de
secondes écoulées depuis le début de l’Univers. »
4 © Fondation de la Maison de la chimie, 2022
Un laser pour découper
La découpe laser est l’une des premières applications avance
du laser dans l’industrie. Elle permet un usinage à
Tête de
vitesse élevée, sans contact et sans usure d’outil. découpe
gaz
Son principe repose sur l’absorption en surface du d’assistance
gaz Va
rayonnement par le matériau, qui permet d’élever
ex x
localement la température jusqu’à la fusion ou la
vaporisation. Le choix de la puissance du laser utilisé largeur
découpée
varie en fonction du matériau à découper et de son
épaisseur.
ZAT z ez couche
Dans le cas des métaux, on choisit la longueur d’onde fondue
matière fondue éjection
du faisceau laser de telle sorte que la couche super- scories
ficielle du matériau absorbe le rayonnement et se
Figure 9 – Découpe d’un métal au laser. La couche
mette à fondre. On déplace alors le faisceau par superficielle du métal absorbe l’énergie du laser et
rapport au métal pour maintenir l’état de fusion et fond localement. Cette matière fondue est chassée
sous le support ajouré par de l’air à haute pression et
obtenir la découpe du matériau (Figure 9). le déplacement de la tête de découpe le long du métal
Pour certains métaux comme le fer, la réaction de permet sa découpe.
fusion est exothermique et permet de récupérer une
énergie jusqu’à quatre fois supérieures à l’énergie Métaux
incidente du faisceau laser, ce qui accélère le procédé Fe Fe + 1/2 O2 → FeO + 258 kJ/mole à 2000 K
(Figure 10). 2 Fe + 3/2 O2 → Fe2O3 + 827 kJ/mole à 2000 K
En ce qui concerne la découpe du verre, la longueur
Ti Ti + O2 → TiO2 + 912 kJ/mole à 20 °C
d’onde du laser est également un paramètre à ajuster très bien !
(Figure 11). L’absorption partielle du rayonnement
en surface crée un échauffement localisé, puis un inox pas beaucoup d’énergie libérée (passivation)
gradient de température qui génère des contraintes, Figure 10 – Avec des matériaux contenant du fer (Fe)
fragilisant le matériau jusqu’à générer une fissure. ou du titane (Ti), il est possible d’utiliser des réactions
chimiques exothermiques qui permettent d’obtenir une
Par la suite, le déplacement du faisceau à vitesse énergie allant jusqu’à quatre fois l’énergie du faisceau
relativement élevée (quelques mètres par minute) laser. Ainsi le phénomène de découpe est-il renforcé et
propage la fissure et permet la découpe. Le choix de rendu plus rapide.
la vitesse de déplacement est capital, notamment
Quelques apports du laser en chimie thÉorique et industrielle
pour le verre trempé qui se brise en mille morceaux UV Lumière IR proche IR lointain
sous l’effet d’un choc. 100
Pourcentage de transmission (%)
90
Depuis le développement des lasers femtosecondes, 80
70
on accède à des puissances surfaciques suffisantes 60
pour vaporiser directement la matière, l’ioniser, 50
l’éjecter sans effets thermiques. Les trous ainsi 40
30
formés sont extrêmement nets et permettent un 20
usinage des pièces bien plus fin par la technique 10
0
du timbre-poste : on réalise une succession de 0,1 0,2 0,3
0,4
0,5 1 2 3 4 5 10 20 30
40
50 100
Longueur d’onde (nm)
petits trous les uns à la suite des autres pour faire
une découpe à l’échelle du nanomètre. En plus de Figure 11 – La connaissance de la transmission du
matériau à découper permet de choisir la longueur
l’industrie, cette technique est également utilisée d’onde de travail du laser, de telle sorte qu’il soit
en chirurgie ophtalmique pour corriger la myopie ou absorbé suffisamment dans le volume pour chauffer et
réaliser des opérations de la cataracte de manière progresser dans le matériau. Ici des longueurs d’onde
comprises entre 800 et 1100 nm conviennent bien.
plus performante.
5 © Fondation de la Maison de la chimie, 2022
Un laser pour souder
L’assemblage thermoplastique6 est un autre exemple d’application du laser dans l’industrie. Ici aussi il est
question d’absorption sélective du faisceau laser : on accole deux matériaux thermoplastiques et on les irradie
avec un faisceau laser qui est transmis par le premier matériau, mais absorbé en surface par le second. Il se
crée ainsi un échauffement localisé à l’interface, qui se diffuse ensuite vers le bas et vers le haut et aboutit
à une soudure après refroidissement (Figure 12).
(M1)
transparent
(M2)
absorption diffusion refroidissement soudure
chargé NC bridage + laser
partie inf. vers le haut
Figure 12 – L’assemblage des thermoplastiques est possible si le premier matériau est transparent et le
deuxième est opaque au rayonnement laser incident. De ce fait, l’énergie du faisceau n’est absorbée que par la
surface du second matériau. La chaleur se diffuse ensuite dans les deux matériaux et il se crée une soudure
après refroidissement.
CONCLUSION
Depuis son invention, le laser est devenu un outil capital en sciences, permettant à des scientifiques de tous
horizons d’obtenir pas moins de quatorze prix Nobel, dont deux en chimie. La possibilité de générer un faisceau
monochromatique dont on peut ajuster la longueur d’onde selon les besoins, ainsi que la concentration de
l’énergie de la source dans l’espace et dans le temps, sont autant d’atouts pour les chimistes théoriciens
comme pour les industriels. Le passage à des lasers femtosecondes a permis aux uns de progresser dans
la compréhension des mécanismes réactionnels, et aux autres d’agir sur la matière pour l’usiner de plus en
plus finement et de plus en plus rapidement.
Les lasers attosecondes concentrent aujourd’hui l’énergie sur des durées mille fois plus faibles, et s’ils restent
pour le moment cantonnés aux laboratoires de recherche, il y a fort à parier que les industriels suivent de
près leurs avancées et se prêtent à rêver aux nouveaux champs de possibles qu’offrirait – offrira ? – leur
généralisation dans l’industrie.
SOURCES PRINCIPALES
Quelques apports du laser en chimie thÉorique et industrielle
La chimie à la lumière du laser : un intérêt réciproque (Sébastien Forget)
[Link]
Le laser en contexte industriel : une palette d’applications étonnantes (Thierry Engel)
[Link]
Sandrine Steydli est professeure agrégée de physique-chimie
Comité éditorial : Danièle Olivier, Jean-Claude Bernier, Grégory Syoen
6. Thermoplastique : un matériau thermoplastique a la propriété de se déformer sous l’effet de la chaleur pour ensuite durcir en refroidissant. Ce processus
est réversible. A contrario, un matériau thermodurcissable se solidifie de manière irréversible lorsqu’il est chauffé.
6 © Fondation de la Maison de la chimie, 2022