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Memoire Master v. L. Odeloui

Ce mémoire explore la protection du consommateur en matière de crédit bancaire dans l'espace UEMOA, mettant en lumière l'importance d'un cadre juridique pour réguler la relation entre consommateurs et établissements de crédit. Il souligne les défis auxquels font face les consommateurs, souvent mal informés, et l'évolution des lois visant à renforcer leur protection, notamment à travers la loi n° 2024 - l4 en République du Bénin. L'étude vise à analyser les dispositifs juridiques existants et à proposer des améliorations pour garantir une meilleure protection des consommateurs de services financiers.

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Vanessa Odèloui
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Memoire Master v. L. Odeloui

Ce mémoire explore la protection du consommateur en matière de crédit bancaire dans l'espace UEMOA, mettant en lumière l'importance d'un cadre juridique pour réguler la relation entre consommateurs et établissements de crédit. Il souligne les défis auxquels font face les consommateurs, souvent mal informés, et l'évolution des lois visant à renforcer leur protection, notamment à travers la loi n° 2024 - l4 en République du Bénin. L'étude vise à analyser les dispositifs juridiques existants et à proposer des améliorations pour garantir une meilleure protection des consommateurs de services financiers.

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REPUBLIQUE DU BENIN

***********
UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI
***********
FACULTE DE DROIT ET DE SCIENCE POLITIQUE
***********
MEMOIRE DE FIN DE FORMATION POUR L’OBTENTION
DU DIPLOME DE MASTER II PROFESSIONNEL

OPTION : Droit des Affaires et Fiscalité

THEME : La protection du consommateur en


matière de crédit bancaire dans l’espace
UEMOA

Présenté par : Sous la direction de :


ODELOUI Vanessa Lénora Oluwatoyin P. Dr. Hospice AHOUANDJINOU DJOSSINOU
Docteur d’État en Droit privé

Année de soutenance
2025
I
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
La Faculté de Droit et de Science Politique n’entend
donner aucune approbation ni improbation aux opinions
émises dans ce mémoire. Ces opinions doivent être
considérées comme propres à leur auteur.

II
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
DEDICACE

Je dédie ce document à mes parents, à mon frère et tout particulièrement à ma mère qui m’a
soutenue tant matériellement que moralement tout au long de mon cursus universitaire et au
cours de la rédaction de ce mémoire.

III
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
REMERCIEMENTS

Mes remerciements vont tout d’abord à mon maître de mémoire le Dr. Hospice
AHOUANDJINOU DJOSSINOU qui a su me guider et me faire progresser tout au long de ce
travail de recherche, tout en me laissant la liberté dont j’avais besoin pour avancer.

Je remercie ensuite les honorables membres du jury pour l’honneur qu’ils me font en
acceptant de juger ce travail et de participer à la soutenance.

Ma reconnaissance va également à l’endroit d’un ami de longue date, Jorgio de SOUZA,


qui m’a motivé et poussé à dépasser mes doutes pour produire ce travail.

Enfin, je dis également un grand merci à Sylvère BAMENOU et à Christian


HODONOU, pour leur soutien aussi bien matériel que moral.

IV
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Liste des sigles et abréviations

Al : Alinéa
Art : Article
ATOBMS : Assistance Technique aux Opérations Bancaires Mutualistes au Sénégal
BCEAO : Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest
Cass : Cassation
Civ : Civil
Cf : Confer
COCC : Code des Obligations Civiles et Commerciales
Idem : même chose
Ibidem : même auteur, même ouvrage
MRDM : Mission pour la Réglementation et le Développement de la Microfinance
N° : Numéro
Obs : Observation
OHADA : Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires
Op.cit : Opus citatum ; œuvre citée auparavant
P : Page
PME : Petites et Moyennes Entreprises
SFD : Système Financier Décentralisé
UEMOA : Union Economique Monétaire Ouest Africaine

V
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE ………………………………………………………………… 1


PREMIERE PARTIE Le consommateur a priori protégé dans sa relation

contractuelle……………………………………………………………………………………….....5

CHAPITRE 1 L’importance d’un cadre juridique dans la relation contractuelle entre consommateur
et établissement de crédit……………………………………………………………………………..5

CHAPITRE 2 Les conditions d’exercice de l’activité bancaire : glissière de sécurité pour le

consommateur ...……………………………………………….……………………………………19

DEUXIEME PARTIE Le consommateur a postériori protégé dans sa relation

contractuelle………………………………………………………………………………………. 35

Chapitre 1 Le compte bancaire : instrument des relations financières entre la banque et le

consommateur……………………………………………………………………………………… 35

Chapitre 2 La formalisation et la protection du consommateur dans le processus d’octroi du crédit

bancaire……………………………………………………………………………………………. 50

CONCLUSION…………………………………………………………………………………….6

VI
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
INTRODUCTION

Bien que le contrat bancaire soit la base de la relation contractuelle entre usager et banquier, le
consommateur de services bancaires demeure souvent la victime silencieuse d’un système qu’il
ne maîtrise pas. Et pour cause, dans l’espace UEMOA (l'Union Économique et Monétaire
Ouest-Africaine) la majorité des consommateurs de crédit bancaire ignore les termes exacts de
leur contrat. Jouant un rôle crucial dans le développement économique des pays de l’UEMOA,
le crédit bancaire permet non seulement de financer des projets personnels et professionnels,
mais également de stimuler la consommation, ce qui est essentiel pour la croissance
économique.

Suivant l'article 19 de la loi n° 2024 - l4 du 02 Septembre 2024 portant réglementation bancaire


en République du Bénin, une opération de crédit est définie comme tout acte par lequel une
personne, agissant à titre onéreux, met ou s'engage à mettre des fonds à la disposition d'une
autre personne, à charge pour celle-ci de les rembourser ; prend, dans l'intérêt d'une autre
personne, un engagement par signature tel qu'un aval, un cautionnement ou toute autre
garantie. Cette disposition reste la même dans tous les pays membres de l’UEMOA au vu de la
volonté première de la communauté d’uniformiser les règles du secteur bancaire pour tous ses
adhérents.

Par ailleurs, les institutions financières ont mis sur pied une multitude de biens et services
financiers diversifiés pouvant être utiles au consommateur. Ce qui a permis à ce dernier de
renforcer sa position en tant qu’acteur incontournable de l’économie mondiale. Mais qu’entend-
on ici par le terme consommateur ? Suivant la loi béninoise de 2007, le consommateur de biens
et services est la personne physique ou morale qui achète ou offre d'acheter des biens ou
services pour des raisons autres que la revente, ou qui bénéficie en tant qu'utilisatrice finale
d'un droit personnel ou réel sur des biens ou services quelle que soit la nature publique ou
privée, individuelle ou collective, des personnes ayant produit, facilité la fourniture ou la
transmission de ce droit1.

Parallèlement, le vendeur ou le prestataire de service, avant la vente ou la prestation de


service, doit informer le consommateur, notamment en : - le mettant en garde contre tous les

1
Art 1 de la loi n° 2007·21 DU 16 octobre 2007 portant protection du consommateur en République du Bénin
1
dangers que le produit est en mesure de provoquer même ceux liés à ses propriétés normales ;
- lui fournissant et en lui expliquant, outre les informations relatives à la publicité des prix, le
mode d'emploi, et, s'il y a lieu, la date de péremption du produit…est tenu de délivrer un bien
apte à rendre le service que le consommateur peut légitimement en attendre. Il est en outre,
tenu de remettre au consommateur un document indiquant les caractéristiques techniques du
bien, appuyé par un reçu comportant le prix et la durée de la garantie2.

De ces dispositions, il est loisible de déduire que le consommateur est une personne physique
ou morale qui achète ou obtient des biens ou services pour les utiliser à des fins qui n’entrent
pas dans le cadre de son activité professionnelle, c'est-à-dire à des fins personnelles, familiales
ou ménagères. A contrario, le professionnel est celui-là qui exerce un métier dans lequel il est
spécialisé et qui a connaissances de toutes les spécificités liées à son produit ou aux services
qu’il propose. Dans le cadre de cette étude, nous nous intéresseront uniquement au
consommateur personne physique, car le consommateur personne moral agit généralement à
des fins commerciales. Ainsi donc, nous assimilerons le consommateur de crédit bancaire à une
personne physique qui demande/obtient un crédit en vue d’en faire un usage personnel, qui
n’entre pas dans le cadre de ses activités professionnelles.

Le consommateur de services financiers étant un acteur essentiel de l’économie communautaire


et national, il est primordial de conserver sa confiance et de lui assurer un traitement équitable
face aux acteurs réglementés. Cependant, suite à certains évènements majeurs au plan
international, l’ensemble des mécanismes mis en place et notamment des dispositions relatives
à la protection du consommateur de crédit bancaire ont suscité de vives interrogations quant à
leur efficacité. Il s’agit de la crise financière mondiale de 2008-20093, qui en passant, a révélé
des pratiques parfois abusives et un manque de régulation suffisante pour protéger les
consommateurs.

Cette situation a mis en lumière la nécessité de renforcer la protection des consommateurs,


notamment en matière de crédit bancaire, pour éviter de futures crises et garantir la stabilité
financière au sein de certains espaces communautaires, notamment celui de l’UEMOA.

2
Art 12 et 13 de la même loi
3
« La grande crise systémique de 2008 : causes, conséquences et mesures de politiques », L’Europe face à la
crise sur http://opee.u-strasbg.fr
2
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
En réponse, à cette problématique, l'accord de Bâle III4 de 2010 a été introduit pour améliorer
la résilience des banques et des organismes de surveillance financière ont été renforcés, d’autres
créés pour mieux contrôler les activités des institutions financières et prévenir des crises futures.

Dans l'espace UEMOA, la protection des consommateurs reposaient essentiellement sur les
usages bancaires. Cependant, l’imprécision de ces règles et leur méconnaissance par les
consommateurs ont progressivement amené les pouvoirs publics à intervenir pour codifier
certains usages bancaires ou prescrire des normes d’ordre public aux fins d’assurer la protection
du non-professionnel.

En effet, dans le domaine financier, le client a souvent nettement moins de connaissances que
le professionnel : on parlera alors d’asymétrie d’information entre l’un et l’autre car le client
n’est pas en mesure d’évaluer correctement les avantages, inconvénients et risques d’un produit
Cette méconnaissance peut aboutir à des dérives commerciales à son détriment. Ceci est
d’autant plus pertinent dans l’UEMOA car la majorité de la population de l’union est encore
analphabète5.

Avant l’année 2024, les dispositions relatives à la protection des consommateurs des services
financiers dans le traité de 2007 de l’UEMOA n’étaient pas expresses. Et en l’absence de
dispositions expresses du traité originaire de l’UEMOA, la protection des consommateurs était
assurée par une interprétation extensive et dynamique des dispositions dudit traité et des statuts
de la Banque Centrale.

Suite à l’avènement de la loi n° 2024 - l4 du 02 Septembre 2024 portant règlementation de


l’activité bancaire en République du Bénin, de nouvelles dispositions relatives à la protection
des déposants et des utilisateurs de services bancaires (Titre IX) ont été adoptées par les
autorités législatives.

Parallèlement, dans son article 11, cette même loi habilite la Banque Centrale à prendre toutes
dispositions concernant les instruments et les règles de la politique du crédit applicable aux

4
« Bâle III : dispositif règlementaire international pour les banques », sur
https://www.consilium.europa.eu/fr/policies/basel-iii/
5
« Le cadre juridique de la protection des consommateurs des services financiers dans l’UMOA », Dramane
SANOU sur https://www.financialafrik.com/2019/02/12/le-cadre-juridique-de-la-protection-des-
consommateurs-des-services-financiers-dans-lumoa/
3
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
établissements de crédit…. Ces compétences attribuées à la Banque Centrale concernent
étroitement la mise en œuvre de la politique monétaire dont l’objectif prioritaire est d’assurer
la stabilité des prix et la sauvegarde de la stabilité du système bancaire et financier. Mais cela
suffit-il à réglementer les pratiques commerciales des établissements de crédit ? Car, en réalité,
les produits offerts individuellement par chaque institution ne font pas l’objet d’un examen
systématique préalable pour apprécier le degré de prise en compte de la protection du
consommateur6.

Cette étude qui porte sur « LA PROTECTION DU CONSOMMATEUR EN MATIERE DE


CREDIT BANCAIRE DANS L’ESPACE UEMOA » présente un double intérêt théorique et
pratique.

Au plan théorique, la protection des consommateurs de produit financiers repose entièrement


sur le cadre juridique, à savoir les textes de loi mis en place par les institutions habilitées.
L’objectif de l’étude étant de s’assurer de l’efficacité des dispositifs mis en place et de
déterminer leurs faiblesses.

Sur le plan pratique, l’objectif est de pouvoir identifier et adopter de nouvelles dispositions
susceptibles de compléter et de renforcer celles déjà en place. De quoi assurer au consommateur
des moyens de protection adéquats pour lui permettre de se défendre en cas de besoin.

Comment le consommateur de crédit bancaire est-il juridiquement protégé dans l’espace


UEMOA ?

Pour répondre à cette question, il serait intéressant d’analyser le dispositif juridique et


institutionnel mis en place par les institutions communautaires dans le but de protéger les
consommateurs de services financiers qui semblent a priori protégés dans la relation
contractuelle (PREMIERE PARTIE). Aussi allons-nous observer par la suite, les dispositions
mises en place dans l’espace UEMOA pour garantir la protection a postériori du consommateur
dans sa relation contractuelle avec les institutions bancaires (DEUXIEME PARTIE).

6
« Le cadre juridique de la protection des consommateurs des services financiers dans l’UMOA », Dramane
SANOU sur https://www.financialafrik.com/2019/02/12/le-cadre-juridique-de-la-protection-des-
consommateurs-des-services-financiers-dans-lumoa/

4
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
PREMIÈRE PARTIE : LE CONSOMMATEUR A PRIORI PROTÉGÉ DANS SA
RELATION CONTRACTUELLE

La relation contractuelle entre le consommateur et l'établissement de crédit est au cœur de


l'activité bancaire dans l'espace UEMOA. En effet, les contrats de crédit, qu'ils soient destinés
au financement de biens de consommation ou d'investissements, sont des instruments essentiels
qui structurent la relation entre les parties. Cependant, cette relation, souvent déséquilibrée en
faveur de l'établissement de crédit, nécessite une régulation rigoureuse pour protéger le
consommateur, considéré comme la partie la plus vulnérable. D'où l’importance d’un cadre
juridique dans la relation contractuelle entre consommateur et établissement de crédit
(Chapitre1).
Les législations bancaires de l'UEMOA ont donc intégré des mécanismes spécifiques, parmi
lesquels se trouvent les conditions d’exercice de l’activité bancaire (Chapitre 2), permettant
d’assurer en amont cette protection, c'est-à-dire avant même que le contrat ne soit conclu.

CHAPITRE 1 : L’importance d’un cadre juridique dans la relation contractuelle entre


consommateur et établissement de crédit

L'évolution du secteur financier dans l'espace UEMOA a conduit à l'établissement de cadres


réglementaires stricts pour les institutions de crédit. Ces cadres sont essentiels pour garantir la
stabilité financière, protéger les consommateurs, et promouvoir un développement économique
durable. La mise en place d’un système d’organisation réglementé des établissements de crédit
(Section 1) participe à sécuriser les opérations bancaires et renforcer la confiance des clients.
Toutefois, en raison des défis d'accessibilité financière, notamment pour les populations à
revenus modestes, les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) se sont imposés comme une
alternative crédible aux établissements de crédit traditionnels (Section 2), offrant des solutions
adaptées aux besoins des communautés souvent exclues du système bancaire classique.

Section 1 : La mise en place d’un système d’organisation réglementé des établissements


de crédit
L'organisation réglementée des établissements de crédit dans l'UEMOA est fondamentale pour
garantir la sécurité des transactions et la protection des consommateurs. Ce cadre juridique,
défini par la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et la Commission
Bancaire de l'UEMOA, impose des normes strictes sur les opérations définissant l’activité

5
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
bancaire (Paragraphe 1). Ces régulations assurent que seuls les établissements de crédits
(Paragraphe 2) agréés peuvent exercer ces activités, minimisant ainsi les risques de faillite et
de détournement de fonds.

Paragraphe 1 : Les opérations reconnues par le législateur comme composantes de


l’activité bancaire

Les opérations bancaires, définies par la réglementation de l'UEMOA, sont au cœur de l'activité
des établissements de crédit. Elles comprennent principalement la réception de fonds du public
(A), régie par l'article 18 de la loi bancaire en République du Bénin, qui implique la collecte de
dépôts avec une obligation de restitution, garantissant ainsi la sécurité des clients ; et les
opérations de crédit (B) également encadrées par la loi, incluant les prêts et les engagements
par signature et nécessitant un cadre juridique rigoureux pour éviter les abus et protéger les
consommateurs.

A.La réception de fonds du public : une opération fondée sur la confiance et strictement
encadrée pour protéger les consommateurs

La réception de fonds du public est une opération bancaire essentielle qui repose sur la
confiance des déposants envers les établissements de crédit. Cette activité, qui consiste à
recueillir des fonds sous forme de dépôts, est strictement encadrée par la législation pour
protéger les intérêts des consommateurs et assurer la stabilité du système financier.

L'article 18 de la loi portant réglementation bancaire en République du Bénin définit la


réception de fonds du public en ces termes : Sont considérés comme fonds reçus du public, les
fonds qu'une personne recueille d'un tiers, notamment sous forme de dépôts, avec le droit d'en
disposer pour son propre compte, mais à charge pour elle de les restituer conformément aux
conditions convenues. Constituent également des fonds reçus du public, les fonds provenant
d'une émission de certificats de dépôt, de bons de caisse, d'obligations autres que celles émises
via un appel public à l'épargne et plus généralement de tout titre de créance prévoyant le
remboursement des fonds, quelles qu'en soient la forme et les modalités. Cette définition met
en évidence l'importance de la relation de confiance qui doit exister entre le déposant et
l'établissement de crédit, car les fonds déposés doivent être disponibles à tout moment.

6
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
L’encadrement de cette activité est crucial pour éviter les risques de détournement de fonds,
d’insolvabilité et de faillite, qui peuvent avoir des conséquences dévastatrices non seulement
pour les déposants, mais aussi pour l’ensemble de l’économie. À cet égard, le cas de la faillite
de La BCCI (Bank of Credit and Commerce International) au début des années 1990 est
particulièrement instructif7. La BCCI, opérant dans plusieurs pays, a été fermée en raison de
fraudes massives et de mauvaise gestion, entraînant des pertes énormes pour les déposants et
des impacts négatifs sur les économies locales. Ce cas montre les dangers potentiels de la
mauvaise gestion des dépôts du public et l’importance d’une réglementation stricte pour éviter
de telles catastrophes.

Dans l’espace UEMOA, pour prévenir de telles situations, la Banque Centrale des États de
l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) impose des critères rigoureux pour l’agrément des
établissements de crédit. Seules les institutions qui remplissent ces critères, notamment en
matière de capitalisation, de gestion prudentielle, et de gouvernance sont autorisées à recevoir
des fonds du public8. Cette réglementation vise à garantir que seuls des acteurs solides et bien
gérés opèrent dans le secteur bancaire, réduisant ainsi le risque de défaillance.

En complément, la législation nationale, telle que la Loi n°2007-21 du 16 octobre 2007 portant
protection du consommateur en République du Bénin, impose des obligations supplémentaires
aux établissements de crédit. Par exemple, cette loi exige que toute réception de fonds
(prestation de services financiers/et ou bancaire) soit formalisée par un contrat écrit,
garantissant ainsi la transparence et la sécurité des opérations9. Cela protège les déposants en
leur offrant des recours légaux en cas de non-respect des termes du contrat par la banque.

Un autre exemple de la nécessité de cette réglementation stricte peut être tiré de l’expérience
des caisses d’épargne populaires dans certains pays de l'UEMOA, qui ont rencontré des
difficultés financières à cause d'une mauvaise gestion et de l'absence de contrôles rigoureux10.
Dans certains cas, les déposants n'ont pas pu récupérer leurs fonds, ce qui a entraîné une perte
de confiance dans le système financier. Ces incidents soulignent l’importance d'une
surveillance continue par des autorités compétentes comme la Commission Bancaire de

7
« La faillite de la BCCI connait son épilogue », sur https://www.lemonde.fr/archives/article/1997/05/10/la-
faillite-de-la-bcci-connait-son-epilogue_3760429_1819218.html
8
Art 35-38 de la loi n° 2024 - l4 du 02 Septembre 2024 portant règlementation bancaire en République du Bénin
9
art 8 de la loi portant protection du consommateur au Bénin
10
Le secteur de la microfinance dans l’UEMOA depuis 1992, Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest
(BCEAO)
7
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
l'UEMOA, qui veille à ce que les établissements respectent les normes prudentielles et restent
solvables.

Enfin, pour renforcer encore plus la protection des consommateurs, la BCEAO impose aux
banques de constituer des réserves obligatoires déposées auprès de la Banque Centrale11. Ces
réserves servent de filet de sécurité pour garantir que les établissements de crédit disposent
toujours des liquidités nécessaires pour honorer leurs engagements envers les déposants, même
en cas de crise financière.

B. Les opérations de crédit : un levier incontournable pour le financement de l'économie

En plein cœur du financement économique dans l'espace UEMOA, les opérations de crédit
jouent un rôle crucial à divers niveaux de la vie économique. En effet, elles permettent d'allouer
des ressources financières aux secteurs productifs, tout en favorisant l'investissement et la
croissance économique.

Elles (les opérations de crédit) englobent toute transaction par laquelle une personne, agissant
à titre onéreux, met ou s’engage à mettre des fonds à la disposition d'une autre. Cela inclut les
prêts classiques, mais aussi les engagements par signature, tels que les cautions ou les
garanties12.
Sont assimilés à des opérations de crédit, le crédit-bail et, de manière générale, toute opération
de location assortie d’une option d’achat13.
L’objectif premier des opérations de crédit est donc de permettre aux emprunteurs d'obtenir les
fonds nécessaires pour leurs projets tout en offrant aux prêteurs une certaine sécurité
contractuelle.

L’encadrement juridique des opérations de crédit est indispensable pour prévenir les pratiques
abusives, telles que l'imposition de taux d’intérêt usuraires ou de clauses contractuelles
déséquilibrées. L'une des préoccupations majeures des régulateurs dans l'UEMOA est d’éviter
les situations où les emprunteurs se retrouvent piégés dans des dettes excessives dues à des
conditions de crédit défavorables. Par exemple, des cas d'endettement incontrôlé ont été

11
Art 6 de l’instruction n° 002/03/2011 de la BCEAO
12
Art 19 de la loi n° 2024 - 14 du 02 Septembre 2024 portant règlementation bancaire en République du Bénin,
13
Idem
8
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
observés dans plusieurs pays où des pratiques de microcrédit mal encadrées ont entraîné des
crises de surendettement parmi les populations vulnérables. Cela montre l'importance d'une
régulation efficace pour protéger les consommateurs contre les excès.

Un exemple significatif de l'importance de ce cadre réglementaire est l'effondrement de la


Crédit Lyonnais en France dans les années 1990, où des pratiques de prêt irresponsables et un
manque de surveillance ont conduit à des pertes massives et, en fin de compte, à l'intervention
de l'État pour sauver la banque14. Ce cas montre que même des institutions financières de grande
envergure peuvent être vulnérables aux risques associés aux opérations de crédit si elles ne sont
pas encadrées de manière adéquate.

Dans l'espace UEMOA, la BCEAO et la Commission Bancaire de l'UEMOA veillent à ce que


les établissements de crédit se conforment aux normes fixées, notamment par la mise en œuvre
de contrôles réguliers et d'inspections sur site. Ces mesures permettent de s'assurer que les
institutions financières ne prennent pas de risques excessifs et qu'elles respectent les droits des
consommateurs dans la gestion des contrats de crédit. En cas de non-conformité, des sanctions
peuvent être imposées, allant de l'amende à la suspension ou au retrait de l'agrément bancaire.

Paragraphe 2 : Les établissements de crédit : fondement du système financier

Les établissements de crédit constituent le fondement du système financier dans l’espace


UEMOA, jouant un rôle crucial dans la mobilisation des ressources et le financement de
l'économie. Ces institutions, regroupées principalement sous la forme de banques
(établissement de crédit par excellence) (A) et d'établissements financiers à caractère bancaire
(B), sont habilitées à effectuer des opérations bancaires essentielles telles que la réception de
dépôts, l'octroi de crédits, et la gestion des moyens de paiement.

A. Les banques : des établissements de crédit par excellence

Les banques occupent une position centrale dans le système financier de l’UEMOA, étant les
principaux acteurs chargés de la collecte de l'épargne et du financement de l'économie. En tant
qu'établissements de crédit par excellence, elles sont habilitées à effectuer un large éventail

14
« Le Crédit lyonnais, un quart de siècle de scandale financier en France (1994-2020) », Damien de Blic,
Entreprises et Histoires, n°101, décembre 2020, pp.64-74
9
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
d'opérations bancaires, notamment la réception de dépôts, l'octroi de crédits, et la gestion des
moyens de paiement15. Ces activités essentielles permettent aux banques de mobiliser les
ressources financières nécessaires pour soutenir l’investissement, la consommation, et la
croissance économique au sein des États membres de l'UEMOA.

L'activité des banques dans l'UEMOA est encadrée par un ensemble de normes prudentielles
strictes, édictées par la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Ces normes
visent principalement à assurer la solvabilité des institutions bancaires et à protéger les
déposants contre les risques de défaillance financière. Parmi ces exigences, les banques doivent
maintenir un capital minimal suffisant pour absorber les pertes éventuelles, se conformer à des
ratios de liquidité pour garantir qu'elles peuvent honorer leurs engagements à court terme, et
adopter des règles de gouvernance interne rigoureuses pour minimiser les risques de gestion
inappropriée.

La nécessité de ces normes prudentielles est illustrée par plusieurs cas historiques de crises
bancaires, où l'absence de régulation adéquate a conduit à des défaillances majeures. Par
exemple, la crise bancaire qui a touché plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest dans les années 1980,
notamment en Côte d'Ivoire et au Sénégal, a révélé les dangers liés à une mauvaise gestion des
banques et à un manque de surveillance16. Ces crises ont entraîné des pertes considérables pour
les déposants et ont eu des répercussions négatives sur l'ensemble des économies nationales,
démontrant ainsi l'importance de maintenir des normes prudentielles strictes.

Les banques, en tant qu'établissements de crédit par excellence, jouent donc un rôle
indispensable dans l'économie de l'UEMOA. Leur fonctionnement est soutenu par un cadre
réglementaire rigoureux, destiné à assurer leur solidité financière et à protéger les intérêts des
déposants et des emprunteurs.

B. Les établissements financiers à caractère bancaire


En complément des banques, l'espace financier de l'UEMOA accueille une diversité
d'établissements financiers à caractère bancaire17 (établissements financiers de crédit), qui

15
Art 20 de la loi n° 2024 - 14 du 02 Septembre 2024 portant règlementation bancaire en République du Bénin,
16
« Crises bancaires dans les pays de l’UEMOA: un système d’alerte avancé fonde sur une
approche logit multinomiale », Alain ANGORA et Amine TARAZI, Cahiers économiques de Bruxelles VOL. 54 (1),
2011, pp. 21-50
17
Art 22 de la loi n° 2024 - 14 du 02 Septembre 2024 portant règlementation bancaire en République du Bénin,
10
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
jouent un rôle crucial dans la fourniture de services financiers spécialisés. Ces institutions, bien
qu’elles n’aient pas le même statut que les banques traditionnelles, remplissent des fonctions
essentielles en élargissant l'accès au crédit et en offrant des solutions adaptées aux besoins
spécifiques des entreprises et des particuliers.

Parmi les services offerts par ces établissements figurent le crédit-bail, l’affacturage, et
l’escompte (financement à court terme). Le crédit-bail, par exemple, permet aux entreprises
d'acquérir des équipements ou des biens immobiliers sans mobiliser immédiatement des fonds
importants, en les louant avec une option d'achat en fin de contrat. Cette solution est
particulièrement avantageuse pour les petites et moyennes entreprises (PME), qui peuvent ainsi
accéder à des ressources essentielles pour leur développement sans affecter leur trésorerie à
court terme. L’affacturage quant à lui, permet aux entreprises de céder leurs créances
commerciales à un établissement financier, qui se charge ensuite de leur recouvrement18. Cela
offre aux entreprises une source immédiate de liquidités, ce qui est crucial pour leur
fonctionnement quotidien.

Ces établissements financiers à caractère bancaire jouent donc un rôle complémentaire aux
banques, en répondant aux besoins spécifiques qui ne sont pas toujours couverts par le système
bancaire traditionnel. Par exemple, les PME, souvent perçues comme plus risquées par les
banques en raison de leur taille et de leur volatilité, peuvent trouver dans ces institutions des
partenaires plus flexibles, capables de leur offrir des produits financiers sur mesure. Cette
diversification des acteurs financiers est essentielle pour dynamiser l'économie de l'UEMOA,
en élargissant l'accès au crédit et en soutenant l'entrepreneuriat et l'innovation.

Toutefois, en raison de la nature spécialisée de leurs activités, ces établissements sont soumis à
des réglementations spécifiques visant à encadrer leurs opérations et à protéger les
consommateurs. Ces réglementations incluent des exigences en matière de capital, de gestion
des risques et de transparence financière. Des normes conçues pour s’assurer que les
établissements financiers restent solvables et capables de remplir leurs engagements, tout en
offrant des services sécurisés et fiables à leurs clients.

Le cadre réglementaire pour ces établissements financiers inclut également des mesures de
surveillance continue, visant à prévenir les pratiques abusives et à protéger les intérêts des

18
Lexique des termes juridiques 2023-2024, Lefebvre Dalloz
11
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
emprunteurs. Par exemple, les institutions offrant du crédit-bail ou l’affacturage doivent
respecter des règles strictes en matière de gestion des créances et des garanties, afin de
minimiser les risques de pertes pour leurs clients. Ces mesures sont cruciales pour maintenir la
confiance dans le système financier et pour éviter les crises qui pourraient découler d'une
mauvaise gestion ou d'une prise de risque excessive.

Section 2 : Les systèmes financiers décentralisés (SFD), une alternative aux établissements
de crédit
Au sens large, les structures de la profession bancaire se composent des établissements de crédit
et des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD). Cependant au sens strict, seuls les
établissements de crédit peuvent être considérés comme des structures de la profession
bancaire. En effet, ils sont les seuls à être régies par la loi bancaire de 2024 qui exclut les
institutions de microfinance (SFD)19. Alors, comment les SFD ont-ils fait leur apparition dans
l’univers de la profession bancaire (Paragraphe 1) et quels sont leurs mécanismes de contrôle
(Paragraphe 2) ?

Paragraphe 1 : L’émergence des Systèmes financiers décentralisés

Les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) sont un autre type d’institutions offrant des
services financiers aux populations exclues du système traditionnel. L'historique de leur
apparition dans le secteur bancaire africain (A) et les conditions d'accès à ce secteur (B)
permettra d'appréhender les enjeux et le rôle crucial des SFD dans le développement
économique ouest-africain.

A. Historique de l’apparition des SFD dans le paysage bancaire

Les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) ont émergé dans les années 1980 à 1990 pour
répondre à l’exclusion financière des populations rurales et des petites entreprises qui étaient
marginalisées par les banques traditionnelles. Soutenus par la BCEAO et les États membres de
l’UEMOA, les SFD ont pour objectif de fournir des services financiers aux segments de la
population n’ayant pas accès aux services bancaires classiques20. Face à cette situation, les

19
Art 3 de la loi n° 2024 - 14 du 02 Septembre 2024 portant règlementation en République du Bénin
20
“Le secteur de la microfinance dans l’UEMOA depuis 1992”, Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest
(BCEAO)
12
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Autorités de l’UEMOA ont convenu de procéder, au cours de l’année 1989, à une réforme de
la politique de la monnaie et du crédit. Au rang des priorités définies, figurait la diversification
du paysage bancaire, en favorisant l’émergence et le développement d’institutions alternatives
de financement du développement.

Plusieurs études et séminaires ont été organisés autour de cette problématique dans les pays de
la sous-région. Dans ce cadre, s’est tenu à Dakar du 10 au 12 février 1992, dans les locaux du
Siège de la BCEAO, un séminaire régional organisé par le projet ATOBMS (Projet
d’Assistance Technique aux Opérations Bancaires Mutualistes au Sénégal)21.

L’objectif de cette rencontre était de parachever les travaux de la cellule de réflexion créée pour
contribuer à l’émergence d’un réseau bancaire mutualiste au Sénégal. Le thème de l’atelier était
le suivant : « la proposition d’un cadre juridique adapté pour un réseau de caisses populaires
d’épargne et de crédit : le cas du Sénégal ». Ces assises ont regroupé des participants de divers
organismes internationaux d’intervention, des représentants des administrations des Etats
membres de l’UEMOA, ainsi que de la BCEAO.

La principale recommandation du séminaire demandait que les réflexions sur les éléments
fondamentaux d'un cadre juridique adapté pour les caisses d'épargne et de crédit dans l'ensemble
de l'UEMOA, soient approfondies sous l'égide de la BCEAO, afin d'harmoniser la législation
en la matière22.

Ainsi, dans le cadre de la promotion de ces institutions qui s’adressent quasi exclusivement aux
populations à revenus modestes aussi bien en milieu rural qu’urbain, la BCEAO, avec le
concours des Etats membres et des partenaires au développement, a mis en place deux projets
d’appui pour favoriser l’émergence et le développement de ces structures de financement de
proximité23. Leur développement a été encouragé par des réformes législatives, notamment la
loi de 1993 qui a établi un cadre juridique spécifique pour leur fonctionnement, et la convention
cadre de 1996 qui a renforcé ce cadre en précisant les conditions de leur agrément et de leur
supervision.

21
“Le secteur de la microfinance dans l’UEMOA depuis 1992”, Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest
(BCEAO)
22
Idem
23
Historique des systèmes financiers décentralisés sur https://www.bceao.int
13
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Au plan institutionnel, le suivi de ce secteur a été dévolu à des structures spécialisées au sein
des Ministères chargées des Finances de chaque Etat membre, Autorité de tutelle des
institutions financières décentralisées24.
Fin juillet 1999, il a été créé au sein de la BCEAO une nouvelle entité, la Mission pour la
Réglementation et le Développement de la Microfinance (MRDM) qui sera transformée en
2003 en une Direction relevant du Département des Études Économiques et de la Monnaie du
Siège de la BCEAO25. Cette décision consacrera la volonté des Autorités de l’Institut
d’émission commun de favoriser la diversification du paysage financier par l’émergence
d’institutions alternatives de financement viables offrant des services durables aux populations
n’ayant pas accès aux banques et établissements financiers classiques.

B. Les conditions d’accès au secteur des finances décentralisées

Dans son article premier, la Loi du 21 Mars 2012 portant réglementation des Systèmes
Financiers Décentralisés en République du Bénin définit les systèmes financiers décentralisés
en ces termes : « institution dont l'objet principal est d'offrir des services financiers à des
personnes qui n'ont généralement pas accès aux opérations des banques et établissements
financiers tels que définis par la loi portant réglementation bancaire et habilitée aux termes de
la présente loi à fournir ces prestations. ». On en vient donc à se demander la nature des
opérations que peuvent menées ces institutions.
Ainsi, l’article 4 de la même loi répond à cette question et prévoit que « Les opérations que
peuvent réaliser les systèmes financiers décentralisés sont : la collecte de dépôts, les opérations
de prêts, les opérations d'engagement par signature ».

Par ailleurs, les SFD sont classés en deux catégories, selon la nature des opérations qu'ils sont
autorisés à effectuer :
- D’une part les institutions qui collectent des dépôts et accordent des prêts à leurs membres,
ou aux tiers, donc généralistes à l’instar des banques ;
- Et d’autre part les institutions qui accordent des prêts, sans exercer l’activité de collecte des
dépôts, donc spécialisés à l’instar des établissements financiers.

24
Art 7 et 18 de la loi n° 2012-14 du 21 Mars 2012 portant règlementation des Systèmes Financiers
Décentralisés en République du Bénin
25
Idem
14
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Toutefois, « les systèmes financiers décentralisés d'une catégorie ne peuvent exercer les
activités d'une autre catégorie sans l'autorisation préalable du Ministre, accordée comme en
matière d'agrément. Les systèmes financiers décentralisés qui envisagent d'exercer des activités
ou professions régies par des dispositions spécifiques doivent solliciter les autorisations
requises et se soumettre aux réglementations applicables aux opérations envisagées, sous
réserve des dispositions contraires de la présente loi »26.

La collecte de l’épargne auprès de ses membres, avec le droit d’en disposer dans le cadre de
son activité, à charge de la restituer sur demande, fait des SFD des « teneurs de comptes » au
même titre que les banques. Semblablement, les opérations de prêt sans collecte d’épargne, par
lesquelles un SFD met des fonds à la disposition d’un membre ou d’un client, rapprochent
également les SFD des établissements financiers lorsqu’ils font des prêts sans collecter
l’épargne. S’y ajoute le troisième élément constitutif de la banque à savoir la mise à disposition
et la gestion des moyens de paiement.

Les SFD doivent respecter des conditions strictes pour obtenir l’agrément leur permettant
d’opérer légalement. En particulier, les SFD qui collectent des dépôts sont soumis à une
surveillance renforcée pour garantir qu’ils sont capables de restituer les fonds à leurs clients sur
demande. L’agrément est accordé par le ministère des Finances après avis de la BCEAO, ce qui
assure un contrôle rigoureux de l’entrée sur le marché des nouveaux acteurs.

Sur le plan de la forme juridique, les systèmes financiers décentralisés doivent être constitués
sous forme de sociétés anonymes, de société à responsabilité limitée, de sociétés coopératives
ou mutualistes ou d'associations. Ils peuvent exceptionnellement revêtir la forme d'autres
personnes morales. Une instruction de la Banque Centrale détermine, en cas de besoin, les
formes juridiques qui sont concernées par cette dérogation27 à l’exclusion toutefois de la forme
« société unipersonnelle » exactement comme pour les banques et établissements financiers à
caractère bancaire pour les mêmes raisons.

Par ailleurs, ne peut être employée dans un SFD, pas plus qu’elle ne peut en créer ou disposer
du pouvoir d’engager l’institution, toute personne ayant fait l’objet d’une condamnation

26
Article 6 de la loi n° 2012-14 du 21 Mars 2012 portant règlementation des SFD en République du Bénin
27
Art 15 de la même loi
15
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
définitive pour crime28 portant atteinte aux biens ou pour crime de droit commun même si la
peine a été prononcée à l’étranger. Il en est de même pour celle condamnée pour complicité ou
tentative de crime portant atteinte aux biens, pour les officiers ministériels destitués, les faillis
non réhabilités et les dirigeants démis de leurs fonctions en vertu de l’article 71 de la même loi,
donc responsables d’une infraction à la règlementation sur les SFD29.

Paragraphe 2 : Le mécanisme de contrôle des SFD

Les mécanismes de contrôle des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) sont essentiels pour
garantir leur stabilité et leur conformité réglementaire. Ces contrôles s'articulent autour de deux
axes principaux à savoir le contrôle interne (A) assuré par les structures faîtières30 et le contrôle
externe (B) effectué par les autorités de tutelle.

A. Le contrôle interne de l’activité des SFD

Suite au renforcement de la surveillance des SFD à travers la coordination de diverses


institutions, les structures faîtières sont désormais celles qui ont à charge le contrôle interne des
SFD qui leur sont affiliés. L’objectif étant de veiller, à ce que les SFD respectent les règles
relatives à leur organisation et fonctionnement tel que les édictent les textes qui les régissent.

En effet, suivant l’article 37 de la loi portant règlementation des SFD au Bénin, le contrôle et
la surveillance des systèmes financiers décentralisés portent sur tous les aspects touchant à
l'organisation et au fonctionnement de ces institutions, en rapport avec les textes législatifs,
réglementaires, les statuts et les règlements qui les régissent. Dans le cadre de leurs
interventions, les systèmes financiers décentralisés sont tenus de se conformer aux dispositions
prises par instructions de la Banque Centrale relatives au contrôle interne.

Toujours dans le cadre de sa mission, l’organe de contrôle peut recourir à toute assistance
technique qu’il juge nécessaire. Le secret professionnel ne lui est pas opposable, aussi peut-il

28
Art 30 de la loi n° 2012-14 du 21 Mars 2012 portant règlementation des SFD en République du Bénin
29
Art 31 de la loi n° 2012-14 du 21 Mars 2012 portant règlementation des SFD en République du Bénin
30
Une structure faîtière est une organisation qui regroupe et chapeaute plusieurs entités ayant des objectifs
communs. Dans ce cas il s’agit de la BCEAO, de la Commission Bancaire, etc.
16
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
requérir tout document, renseignement ou éclaircissement. C’est aussi à la structure faîtière de
s’assurer du respect par les institutions des normes de gestion et de comptabilité31.

En vertu de l’article 39, les anomalies décelées à l’issue du contrôle « font l’objet d’un rapport
assorti de recommandations adressé aux organes d’administration et de gestion de l’institution
concernée » ; et, dans le cas des institutions mutualistes ou coopératives d'épargne et de crédit,
l'organe de contrôle et l'institution à laquelle elle est affiliée. Dans les trente (30) jours qui
suivent sa production, copie de ce rapport est transmise au Ministre, la Banque Centrale ou la
Commission Bancaire. Pour ce qui concerne l'organe financier, ce rapport est communiqué à la
Commission Bancaire.

Un contrôle interne efficace permet de prévenir les fraudes, les détournements de fonds, et
d’assurer la solvabilité des SFD. Ces contrôles sont également nécessaires pour garantir que les
SFD respectent les normes prudentielles établies par la BCEAO.

B. Le contrôle externe de l’activité des SFD

En plus des contrôles internes, les SFD sont soumis à une supervision externe par la BCEAO
et les autorités de tutelle nationales. Le contrôle externe est une opération qui relève de la
compétence du Ministre ou de toute autre structure externe choisie par ce dernier. Toutefois, ce
choix doit être approuvé par la Banque Centrale et la Commission Bancaire après examen des
méthodologies d’intervention, de la qualité de l’organisation et des compétences des
administrateurs32.
En outre ceux-ci devront produire des rapports périodiques pour rendre compte de leur mission
en plus d’un contrôle sur place de la bonne exécution de leur tâche. Le choix du Ministre ne
peut porter sur une structure ou une institution extérieure qui exerce le contrôle, en vertu d'une
convention ou de tout autre texte, pour le compte d'un autre système financier décentralisé
exerçant sur le territoire national33.
La Banque Centrale et la Commission Bancaire sont également associées à la surveillance des
SFD. Elles y jouent d’ailleurs un rôle important et disposent d’un arsenal de sanctions à
l’encontre des institutions qui auront contrevenu à la réglementation. Ainsi, après information

31
Art 41 de la loi n° 2012-14 du 21 Mars 2012 portant règlementation des SFD en République du Bénin
32
Art 43 de la loi n° 2012-14 du 21 Mars 2012 portant règlementation des SFD en République du Bénin
33
Idem
17
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
du Ministre, elles procèdent au contrôle de tout système financier décentralisé, dont le niveau
d'activités atteint un seuil qui sera déterminé par une instruction de la Banque Centrale34.
En effet, elles peuvent auditer les dirigeants du SFD ou toute personne dont le concours peut
s’avérer utile. Par la suite, elles portent les conclusions de leurs contrôles sur place à la
connaissance du Ministre et du conseil d'administration du système financier décentralisé
concerné ou de l'organe en tenant lieu.
Et lorsqu'elle constate une infraction pénale, la Banque Centrale ou la Commission Bancaire
est tenue d’en informer les Autorités judiciaires compétentes et le Ministre35.

L’un des objets du contrôle porte également sur la comptabilité des SFD d’une certaine
importance économique. Dans les articles 51 à 60 de la loi portant règlementation des SFD en
République du Bénin, ces institutions (les SFD) sont tenues, en plus de leurs états financiers,
de produire des données périodiques à communiquer au Ministre, à la Banque Centrale et à la
Commission Bancaire. Ils doivent en outre, sous peine de sanction, dans un délai de six mois
après la clôture de l’exercice social, publier à leurs frais leurs états financiers au Journal Officiel
ou dans deux journaux locaux de large diffusion. De même, à toute réquisition de la Banque
Centrale, les SFD se doivent de fournir les renseignements, éclaircissements, justifications et
documents jugés utiles notamment pour l'examen de leur situation, l'appréciation de leurs
risques et l'établissement de la liste des incidents de paiement. Le secret professionnel n’est pas
opposable dans ce cas de figure.
Cette supervision vise à vérifier que les SFD respectent les lois en vigueur, notamment en
matière de protection des déposants et de gestion des risques. Les inspections régulières, les
audits externes, et les rapports financiers soumis aux régulateurs sont autant de moyens pour
assurer la transparence et la conformité des SFD aux normes légales. En cas de non-conformité,
les autorités peuvent imposer des sanctions, voire retirer l’agrément de l’institution fautive.

34
Art 44 de la même loi
35
Art 48 de la loi n° 2012-14 du 21 Mars 2012 portant règlementation des SFD en République du Bénin
18
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
CHAPITRE 2 Les conditions d’exercice de l’activité bancaire : glissière de sécurité pour
le consommateur
L'exercice de l'activité bancaire est soumis à un cadre réglementaire strict visant à garantir la
stabilité du système financier et la protection des consommateurs. Cette réglementation vise à
assurer la stabilité du système financier tout en assurant une protection efficace des
consommateurs. L'accès à la profession bancaire est soumis à des conditions sélectives et
rigoureuses, constituant un premier rempart contre les risques systémiques (Section 1). Ces
exigences strictes permettent non seulement de filtrer les acteurs du secteur, mais aussi de
maintenir un niveau élevé de confiance du public envers les institutions financières. Par ailleurs,
le législateur a octroyé aux banques des privilèges spécifiques pour l'exercice de certaines
activités (Section 2), renforçant ainsi leur rôle central dans l'écosystème financier.

Section 1 Les conditions sélectives rigoureuses pour l’accès à la profession bancaire

L'exercice de l'activité bancaire dans l'espace UEMOA est soumis à des conditions strictes
visant à garantir la stabilité du système financier et la protection des consommateurs. Ainsi,
l'agrément des établissements de crédit (Paragraphe 1) constitue la pierre angulaire de cette
réglementation. Mais celui-ci s’accompagne toujours d’une prérogative qui est le privilège
bancaire (Paragraphe 2).

Paragraphe 1 L’agrément de l’établissement de crédit, gage de la sûreté du consommateur

L'agrément des établissements de crédit dans l'espace UEMOA est une procédure cruciale,
visant à garantir la sécurité des consommateurs et la stabilité du système financier. Il s’articule
autour de deux aspects essentiels que sont les conditions spécifiques à remplir pour l'agrément
(A) et la procédure de décision déterminant l'octroi ou le refus de cet agrément (B).

A- Les conditions relatives à l’obtention de l’agrément pour l’exercice de l’activité


bancaire

L’agrément est une condition préalable essentielle à l’exercice de l’activité bancaire au sein de
l’espace UEMOA36. Ce processus d’autorisation vise à protéger les consommateurs en
s’assurant que seuls des établissements financiers solidement capitalisés et bien gérés peuvent

36
Art 31 de la loi bancaire n° 2024-14 du 02 Septembre 2024 en République du Bénin
19
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
opérer dans le secteur bancaire. L’agrément repose sur plusieurs critères rigoureux, notamment
la vérification de l’origine des fonds constituant le capital, la compétence et l’honorabilité des
dirigeants, ainsi que la solidité financière de l’établissement.

Ainsi, l’article 39 de la loi bancaire prévoit que les demandes d’agrément sont adressées au
Ministre chargé des Finances et déposées auprès de la Banque Centrale qui les instruit. Celle-
ci s’assure que la personne morale requérante satisfait aux exigences prévues aux articles 35
à 38 de la même loi ; elle s’assure de l’adéquation de la forme juridique de l’entreprise à
l’activité de banque ou d’établissement financier à caractère bancaire.
Les demandes d’agrément sont soumises à une autorité de tutelle compétente, généralement le
Ministère des Finances ou une Commission bancaire, qui analyse en détail les éléments fournis
par les candidats. La condition de la nationalité se pose à l’article 66 suivant ces termes : « nul
ne peut diriger, administrer ou gérer un établissement de crédit, ou une de ses agences, s’il n’a
pas la nationalité béninoise ou celle d’un État membre de l’UEMOA, à moins qu’il ne jouisse,
en vertu d’une convention d’établissement, d’une assimilation aux ressortissants béninois ».

Toutefois, il permet une dérogation à la condition de nationalité avec l’alinéa suivant par lequel
il stipule que « Le ministre chargé des finances peut accorder, sur avis conforme de la
commission bancaire, des dérogations individuelles aux dispositions du premier alinéa du
présent article pour l'une des fonctions relevant des organes de gouvernance. L'octroi de la
dérogation tient compte des critères requis aux articles 61, 62 et 63 de la présente loi ainsi que
du respect du seuil minimal de présence de ressortissants de I‘ Union monétaire ouest-africaine
dans les organes de gouvernance de l'établissement, défini par la Commission bancaire ».

Pour ce qui est des conditions liées à la capacité financière, on les retrouve à l’article 37 de la
loi bancaire. Ainsi, la loi prévoit « La personne morale requérant l'agrément dispose d'un
niveau de capital qui ne peut être inférieur au montant minimal fixé par le conseil des ministres
de l'Union monétaire ouest africaine. Le niveau du capital social minimum exigé
respectivement aux banques, aux établissements financiers de crédit, aux établissements de
paiement et aux établissements de monnaie électronique peut être différencié selon le type
d'activités qu'ils exercent et les risques auxquels ils sont exposés. Toutefois, pour un
établissement donné, la décision d'agrément peut fixer un montant minimal supérieur à celui
visé à l'alinéa premier du présent article ».

20
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Par ailleurs, notons que la forme juridique par excellence des établissements de crédit ce sont
les sociétés anonymes à capital fixe. Mais avant d’accorder l’agrément, la Banque Centrale
apprécie l’aptitude de l’entreprise requérante à réaliser ses objectifs de développement, dans
des conditions compatibles avec le bon fonctionnement du système bancaire et une protection
suffisante de la clientèle. La Banque Centrale obtient tous renseignements sur la qualité des
personnes ayant assuré l’apport des capitaux et, le cas échéant sur celle de leurs garants, ainsi
que sur l’honorabilité et l’expérience des personnes appelées à diriger, administrer ou gérer
l’établissement de crédit et ses agences37.

Ces mesures garantissent que seuls les établissements capables de supporter les risques
inhérents aux opérations bancaires, tout en offrant des garanties suffisantes aux déposants et
autres créanciers, sont autorisés à opérer.

B- La décision de l’agrément, une prérogative de la Commission bancaire

La décision d’accorder ou non un agrément est prise par l’autorité compétente, souvent la
Commission bancaire de l’UEMOA, après une analyse approfondie des dossiers de demande.
Suivant l’article 40 de la loi Bancaire, le prononcé de la décision d’agrément se fait par arrêté
du Ministre chargé des Finances, après avis conforme de la Commission bancaire. Ainsi,
l’agrément est réputé avoir été refusé s’il n’est pas prononcé dans un délai de six (6) mois à
compter de la réception de la demande par la Banque Centrale, sauf avis contraire donné au
demandeur. Il peut être limité à l’exercice de certaines opérations définies par l’objet social du
demandeur et constaté par l'inscription sur la liste des banques ou sur celle des établissements
financiers à caractère bancaire.

Ces listes sont établies et tenues à jour par la Commission Bancaire qui affecte un numéro
d'inscription à chaque banque ou établissement financier à caractère bancaire. La liste des
banques et celle des établissements financiers à caractère bancaire, ainsi que les modifications
dont elles font l'objet, y compris les radiations, sont publiées au Journal Officiel, à la diligence
de la Commission Bancaire38.
L’agrément donné est valable uniquement pour l’établissement de crédit auquel il a été accordé.

37
Art 39 op. cit.p19
38
Art 42 de la loi bancaire n° 2024-14 du 02 Septembre 2024 en République du Bénin
21
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Une fois l’agrément obtenu, l'établissement doit démarrer ses activités, dans un délai d'un (01)
an à compter de l'arrêté ou de la décision d'agrément. A défaut, l'agrément est retiré dons les
conditions prévues à l'article 205 de la même loi39.

Parallèlement, les établissements de crédit sont tenus d’adhérer dans le mois qui suit la
délivrance de leur agrément à l'Association professionnelle des banques et établissements
financiers. Ils sont tenus de respecter les conditions définies par cette Association. Les statuts
de l'Association sont soumis à l'approbation du ministre chargé des finances, après avis de la
Commission bancaire. De même, les Associations professionnelles des banques et
établissements financiers des Etats membres de l'union monétaire ouest africaine se réunissent
ou sein d'une fédération. Les statuts de cette fédération sont approuvés par la commission
bancaire.

Par ailleurs, tout établissement agréé désireux d’ouvrir des succursales ou filiales, doit adresser
sa demande au Président de la Commission Bancaire et la déposée auprès de la Banque Centrale
qui sera chargée d’instruire la demande40.
L'autorisation ou le refus d'installation est prononcé par la Commission bancaire qui notifie sa
décision à l'établissement requérant, dans un délai de trois (03) mois à compter de la date de
dépôt du dossier complet de demande d'installation auprès de la Banque centrale. Préalablement
à la notification prévue à l'alinéa premier du présent article, la Commission bancaire en informe
le ministre chargé des finances du pays d'origine et celui du pays d'accueil de l'établissement
requérant. L'autorisation d'installation est constatée par l'inscription sur les listes prévues à
l'article 42 de la présente loi. La décision portant autorisation d'installation est publiée sur le
site internet de la Commission bancaire41. Elle doit démarrer ses activités dans un délai d'un (01)
an à compter de la date de l'autorisation d'installation. A défaut, l'autorisation d'installation est
retirée dans les conditions prévues à l'article 205 de la même loi.

Paragraphe 2 : Le privilège des banques pour l’exercice de certaines activités

L’exercice de l'activité bancaire est si délicat que certaines règles ont été instaurées dans le but
d’encadrer strictement les opérations bancaires tout en les réservant aux établissements agréés.

39
Art 43 de la loi bancaire n° 2024-14 du 02 Septembre 2024 en République du Bénin
40
Art 51 de la même loi
41
Art 52 de la même loi
22
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Ce privilège accordé aux banques dans l’exercice de certaines activités financières, repose sur
divers fondements (A) mais comme toutes règles, il s’accompagne d’exceptions prévues pour
assouplir ce cadre réglementaire (B) et s'adapter aux réalités économiques.

A- Les fondements de ce privilège accordé aux banques

Par ce privilège, le législateur entend donner uniquement aux entités agréées en tant
qu’établissements de crédit, le droit de réaliser des opérations de banque, telles que la réception
de fonds du public, l’octroi de crédits, ou la mise à disposition de moyens de paiement.

En ce sens, l’article 31 de la loi bancaire prévoit que : « Nul ne peut, sans avoir été
préalablement agréé et inscrit sur l’une des listes visées à l’article 42 de la présente loi, exercer
l’activité bancaire, ni se prévaloir de la qualité de banque, de banquier, ou établissement
financier à caractère bancaire, ni créer l’apparence de cette qualité, notamment par l’emploi
de termes tels que banque, banquier, bancaire ou établissement financier dans sa dénomination
sociale, son nom commercial, sa publicité ou, d’une manière quelconque, dans son activité ».
En d’autres termes, cette loi interdit à toute personne n’ayant pas obtenu l’agrément (y compris
les personnes physiques qui ne peuvent pas obtenir un tel agrément) d’effectuer les opérations
de banques.

Cette interdiction est cependant limitée à l’accomplissement d’opérations de banque à titre


habituel : on doit en déduire que de telles opérations ne sont pas illicites si elles ne présentent
qu’un caractère occasionnel et qu’en revanche, elles le sont si elles sont accomplies de manière
répétée dans le temps.

Ainsi, ce privilège se fonde sur la nécessaire protection des déposants quant à la liquidité de
leurs dépôts ainsi que sur le contrôle du crédit qui n’est efficace que si la collecte des capitaux
disponible est réservée aux établissements de crédit. En effet, ces derniers étant dotés d’un statut
réglementé, l’autorité publique peut leur imposer le respect de certaines prescriptions,
notamment en matière de crédit. Cela implique donc une volonté de protection d’intérêts publics
se traduisant par la définition des conditions strictes pour l’accès à l’exercice de l’activité
bancaire.

23
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Ce privilège accordé aux banques a pour objet l’accomplissement à titre de profession
habituelle des opérations de banque ; opérations qui sont réservées aux personnes morales
agréées en qualité d’établissement de crédit. Les opérations occasionnelles restent libres. Il faut
rajouter que ce privilège ne couvre que les opérations de banques. En d’autres termes, les
activités connexes des établissements de crédit n’en bénéficient pas. Les activités telles que le
change manuel, le conseil en gestion du patrimoine et en gestion financière n’entrent pas en
compte ; même si les établissements de crédit peuvent les accomplir.

Par ailleurs, l’article 23 de la loi bancaire prévoit que « les établissements de crédit sont
également habilités à effectuer les opérations suivantes considérées comme connexes à leurs
activités :
1) opérations sur or et métaux précieux ;
2) opérations de change manuel ou scriptural ;
3) opérations de placement, à savoir les prises de participation dans des entreprises existantes
ou en formation et toutes acquisitions de valeurs mobilières émises par des personnes publiques
ou privées ;
4) opérations de conseil et d’assistance en matière de gestion financière, gestion de patrimoine,
gestion et placement de valeurs mobilières et produits financiers, opérations d’ingénierie
financière et, de manière générale, toutes opérations destinées à faciliter la création et le
développement des entreprises, notamment la recherche de financements et de partenaires ;
5) opérations de location simple de biens mobiliers ou immobiliers par les établissements
financiers à caractère bancaire, habilités à effectuer des opérations de crédit-bail ;
6) opérations d’intermédiaire en tant que commissionnaires, courtiers ou autrement dans tout
ou partie des opérations de banque et des opérations visées au présent article ».
Toutefois, ce privilège connait quelques exceptions que certains pourraient traduire de règles
assouplissantes.

B- Les exceptions aux privilèges accordés aux banques dans l’exercice de leurs activités

Le privilège dans l’exercice de certaines activités accordé aux banques, comporte des
exceptions prévues à l’article 34 de la loi bancaire mais aussi par l’instruction n°008-05-2015
régissant les conditions et modalités d’exercice des activités des émetteurs de monnaie
électronique dans les Etats membres de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine
(UEMOA). Ces exceptions sont spéciales dans la mesure où elles ne concernent que certaines

24
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
opérations relevant du privilège bancaire et non générale c’est-à-dire permettant que certaines
personnes puissent effectuer toutes les opérations de banques.
En effet, une application trop absolue de ce privilège pourrait entraver l’activité d’autres
professionnels. Ce qui explique les dérogations spéciales introduites par l’article 34 susvisé.
Elles permettent aux entreprises quelle que soit leur nature :
« 1) consentir à ses contractants des délais ou avances de paiement ;
2) conclure des contrats de location de logements assortis d'une option d'achat ;
3) procéder à des opérations de trésorerie avec des sociétés ayant avec elle, directement ou
indirectement, des liens de capital conférant à l'une des entreprises liées, un pouvoir de
Contrôle effectif sur les autres ;
4) émettre des valeurs mobilières, ainsi que des titres de créances négociables, conformément
aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur ;
5) émettre des instruments de paiement pour l'achat, auprès d'elle, d'un bien ou d'un service
déterminé, conformément aux dispositions réglementaires sur les services de paiement ».

Avec l’avènement de l’instruction n°008-05- 2015 régissant les conditions et modalités


d’exercice des activités des émetteurs de monnaie électronique dans les Etats membres de
l’Union Économique Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) le champ des exceptions spéciales
au privilège bancaire s’est élargi. Cette instruction offre la possibilité à des structures qui ne
sont pas agréées en qualité d’établissements de crédit, de créer des Émetteurs de Monnaie
Électronique (EME) sous forme de société anonyme. Ce qui constitue une « véritable brèche »
dans la « muraille » du privilège bancaire.

Ces exceptions comprennent également les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD), qui, sous
certaines conditions, peuvent collecter des dépôts et octroyer des crédits. Ces entités, bien
qu’elles n’aient pas le statut d’établissements de crédit au sens strict, sont soumises à un régime
de régulation spécifique qui vise à protéger leurs membres ou clients. De plus, des exceptions
sont également prévues pour les entités réalisant des opérations de crédit-bail, d’affacturage, ou
d’autres formes de financement spécialisées.
Ces opérations, bien qu’elles soient assimilées à des opérations de crédit, sont souvent
encadrées par des textes spécifiques qui permettent à des institutions spécialisées d’intervenir
sans pour autant disposer d’un agrément bancaire général. Ces exceptions permettent de
diversifier l’offre de services financiers tout en assurant une régulation adaptée à la nature
spécifique des activités exercées.

25
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Section 2 L’exercice de la profession de banque, un service public sous contrôle permanent
des autorités de tutelle

La protection des déposants et des emprunteurs est une préoccupation de premier ordre. Il est
important que les établissements de crédit gagnent la confiance des déposants, et celle-ci ne
peut s’obtenir que si ces derniers ont la certitude que leurs dépôts seront effectivement
remboursés à leur demande. Cela vaut également pour les investissements réalisés par les
établissements de crédit. Et dans l’optique d’assurer la stabilité et la fiabilité desdits
établissements, deux types de règles encadrent cette surveillance : les règles préventives
(Paragraphe 1) et les règles curatives (Paragraphe 2).

Paragraphe 1 Les règles préventives relatives à la stabilité de la profession de banque

Le dispositif préventif repose sur des normes prudentielles et comptables ayant pour but de
garantir la stabilité et la fiabilité des institutions bancaires (A). Mais ils ne seraient rien sans un
contrôle ultérieur du respect de ces normes (B).

A- Les normes comptables et prudentielles, composantes phares des règles préventives

En application de la loi, les établissements de crédit sont tenus de respecter des normes de
gestion destinées à garantir leur liquidité et leur solvabilité à l'égard des déposants et, plus
généralement, des tiers ainsi que l'équilibre de leur structure financière42. L'observation de ces
normes dites « règles prudentielles » est contrôlée et, le cas échéant, sanctionnée par la
Commission Bancaire. Ces objectifs se traduisent pour ces derniers par un certain nombre
d’obligations résultant d’une réglementation prudentielle et comptable qui, depuis le début des
années 1980, a profondément évolué et s’est enrichie pour tenir compte à la fois de l’évolution
du système bancaire que du contexte financier dans lequel il s’insère.

Ces normes prudentielles reposent sur une série de règles généralement appelées les Accords
de Bâle. Il s’agit de standards internationaux initiés par le Forum initialement crée par les
gouverneurs des banques centrales du G10 pour traiter les sujets relatifs à la supervision

42
Art 90 de la loi 2024-14 du 02 Septembre 2024 portant règlementation bancaire en République du Bénin
26
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
bancaire43. Les exigences de ces normes ont pour objectifs de renforcer la capacité de résistance
des établissements bancaires et celle du système financier face à des événements qui pourraient
avoir des effets négatifs considérables sur l’économie tels que la faillite des banques.

La décision N° 013124/06/2016/CM/UMOA portant dispositif prudentiel applicable aux


établissements de crédit et aux compagnies financières de l'union économique et monétaire
ouest africaine (UEMOA) a été adoptée le 26 Juin 2016 pour l’application des normes de Bâle
II et III à partir du 1 er Janvier 2018. Tout le dispositif de contrôle prudentiel est fondé sur la
relation entre les engagements de l'établissement de crédit et le montant de ses fonds propres.
Une définition précise des fonds propres est donc nécessaire car elle constitue la base du
contrôle prudentiel. Ainsi le dispositif prudentiel s’articule autour de trois (03) thèmes que sont
les normes de gestion, les exigences de liquidité et la Réglementation des opérations effectuées
par les banques et établissements financiers.
Les normes de gestion fixées prévoient différentes dispositions à même de garantir l'équilibre
des établissements de crédit et liées à la couverture des risques par les fonds propres effectifs,
la couverture des emplois à moyen et long terme par des ressources stables, la division des
risques, les règles de liquidité.

Par ailleurs, afin d’améliorer la qualité de l'information financière et favoriser l'efficacité de la


surveillance bancaire, un Plan Comptable Bancaire (PCB) uniforme pour les banques et
établissements financiers de l'UEMOA a été élaboré par la BCEAO et approuvé le 9 avril 1994
puis est entré en application le 1er janvier 1996. Ensuite, la décision n°357-11-2016 a été
rajoutée au plan comptable bancaire révisé de l'UEMOA.

L’article 3 du plan comptable révisé rappelle que « l'information financière a pour finalité de
fournir des données utiles sur la situation financière des établissements de crédit et sa variation
ainsi que leur performance. Elle éclaire la prise de décisions des utilisateurs sur la base des
perspectives de flux futurs de trésorerie et de l'exercice par les dirigeants de leurs
responsabilités. Les états financiers ne pouvant contenir toute l'information financière
nécessaire aux différentes parties prenantes, ces dernières doivent prendre en compte des
informations provenant d'autres sources telles que l'état général et prévisible de l'économie,

43
BCEAO : « Le 1er janvier 2018, les établissements assujettis sont soumis à une nouvelle réglementation
prudentielle dont l’objectif est de renforcer la résilience du secteur bancaire » sur https://www.lejecos.com/

27
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
les événements et le climat politiques ou les perspectives du secteur d'activité de l'établissement.
L'information financière fournie dans le cadre général peut être complétée par des éléments
spécifiques, utiles à certaines parties prenantes ».

A travers l'information financière disponible, les déposants doivent pouvoir s'assurer de la


gestion correcte de leurs dépôts, qui constituent la principale source de financement des
activités des établissements de crédit. Ils portent ainsi un intérêt particulier à la gestion des
risques encourus par les établissements assujettis et aux informations relatives à la capacité de
ces derniers à honorer leurs engagements à leur égard. Quelles que soient leur catégorie et leur
forme juridique, les établissements de crédit doivent établir principalement divers documents à
savoir l’inventaire, les comptes annuels, qui comprennent le bilan, le compte de résultat et une
annexe, un rapport de gestion ainsi que des comptes consolidés et publier les comptes annuels44.

B- Les contrôles liés au respect des normes prudentielles comptables

Pour s'assurer que les établissements de crédit respectent les normes comptables et
prudentielles, des contrôles réguliers sont effectués par les autorités de régulation,
principalement la Commission Bancaire de l'UEMOA. Ces contrôles incluent des inspections
sur place45, des audits externes, et l'analyse continue des rapports financiers soumis par les
établissements. Ces mécanismes de surveillance permettent de détecter rapidement toute
déviation par rapport aux normes établies et de prendre des mesures correctives avant que les
problèmes ne deviennent critiques.

Il existe trois sortes de contrôles : le contrôle interne, le contrôle comptable et le contrôle


tutélaire. Les établissements de crédit ont pour obligation de se doter d’un système adéquat de
contrôle interne. Celui-ci comprend :
- Un système de contrôle des opérations et des procédures internes ;
- Une organisation comptable et du traitement de l’information ;
- Des systèmes de mesure des risques et des résultats ;
- Des systèmes de surveillance et de maîtrise des risques ;
- Un système de documentation et d’information.

44
Art 82 de la loi 2024-14 du 02 Septembre 2024 portant règlementation bancaire en République du Bénin
45
Art 106 de la même loi
28
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Le contrôle comptable s’exerce en principe, par deux commissaires aux comptes qui procèdent
à la certification des comptes et vérifient la sincérité des informations destinées au public, et
leur concordance avec lesdits comptes46. Ceux-ci sont soumis aux dispositions de la loi bancaire
en vigueur, de l’AUSCGIE (Droit OHADA) ainsi qu’à la réglementation bancaire qui rappelle
leur indépendance et les soumet au contrôle de la Commission bancaire.

Pour ce qui est du contrôle tutélaire, il est exercé par la Commission bancaire à la fois à l’égard
des commissaires aux comptes et des établissements de crédit. En effet, la Commission bancaire
n’est pas sans pouvoir sur les commissaires aux comptes des établissements de crédit en raison
du contrôle qu’elle exerce sur leur désignation et du droit qu’elle a de s’informer auprès de
ceux-ci47. Et cela, grâce au dispositif d’information qui est mis en place par la loi bancaire à
son profit.

D’une part, celle-ci peut demander aux commissaires aux comptes tout renseignement sur
l’activité et la situation de l’établissement contrôlé ainsi que sur les diligences qu’ils ont
effectuées dans le cadre de leur mission ; inversement, elle peut leur transmettre des
informations nécessaires à l’accomplissement de leur mission.

D’autre part, les commissaires aux comptes sont tenus de signaler à la Commission bancaire
tout fait ou décision concernant les établissements de crédit, dont ils ont eu connaissance dans
l’exercice de leur mission, de nature notamment à constituer une violation des dispositions
législatives ou réglementaires qui leur sont applicables et susceptibles d’avoir des effets
significatifs sur la situation financière, le résultat, le patrimoine ou encore à porter atteinte à la
continuité d’exploitation. Ils sont ainsi associés à la prévention des difficultés des
établissements de crédit. Et pour ce qui est du contrôle exercé sur les établissements de crédit,
la Commission bancaire vérifie que toutes les normes sont bien respectées par ceux-ci.

A priori, les normes prudentielles et comptables imposées par la Banque Centrale des États de
l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) jouent un rôle clé dans la gestion des risques associés aux
opérations de crédit. Les établissements de crédit doivent respecter des ratios de solvabilité et
de liquidité spécifiques, qui sont conçus pour assurer qu'ils disposent des fonds nécessaires pour
absorber les pertes éventuelles et pour répondre à leurs obligations envers les créanciers et les

46
Art 128 de la loi 2024-14 du 02 Septembre 2024 portant règlementation bancaire en République du Bénin
47
Art 130 de la loi 2024-14 du 02 Septembre 2024 portant règlementation bancaire en République du Bénin
29
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
emprunteurs. Ces mesures visent à renforcer la résilience des banques face aux chocs financiers
et à protéger l'ensemble du système contre les crises systémiques. Mais lorsqu’elles viennent à
échouer, les règles curatives prennent le relai.

Paragraphe 2 Les règles curatives : une solution à l’échec des règles préventives

Malgré les mesures préventives, certains établissements de crédit peuvent se retrouver en


difficulté (A). Les règles curatives sont donc mises en place pour gérer ces situations et
maintenir la confiance des déposants (B).

A- Les établissements de crédit en difficulté

La Commission bancaire peut décider la mise sous administration provisoire d’un établissement
de crédit, dans les cas prévus à l’article 31 de l’Annexe à la Convention régissant la Commission
bancaire, ou lorsque la gestion de l’établissement de crédit met en péril les fonds reçus en dépôt
ou rend non liquides les créances de la Banque Centrale. Elle notifie sa décision au Ministre
chargé des Finances qui nomme un administrateur provisoire auquel il confère les pouvoirs
nécessaires à la direction, l’administration ou la gérance de l’établissement concerné48.

Nonobstant les dispositions de l’article 25 de l’Acte uniforme portant organisation des


procédures collectives d’apurement du passif, sont en état de cessation des paiements, les
établissements de crédit qui ne sont pas en mesure d’assurer leurs paiements, immédiatement
ou à terme rapproché. Chaque établissement agréé élabore, met à jour et communique à la
Commission bancaire, un plan préventif de redressement identifiant les mesures susceptibles
d'être prises à son initiative, afin de rétablir sa situation financière à la suite d'une détérioration
significative de celle-ci ou de celle du groupe auquel il appartient. L'établissement informe la
commission bancaire de sa décision d'adopter une ou plusieurs des mesures prévues dans ce
plan ou de s'abstenir de prendre une telle décision, alors qu'elle s'avère nécessaire au regard de
sa situation financière. Le plan préventif de redressement prévoit plusieurs scenario de
dégradation de la situation financière de l'établissement agréé résultant notamment de crise
macroéconomique ou financière grave ou de crise spécifique à l'établissement agréé ou son
groupe49.

48
Art 160-161 de la loi 2024-14 du 02 Septembre 2024 portant règlementation bancaire en République du Bénin
49
Art 151 de la loi n° 2024-14 du 02 Septembre 2024 portant règlementation bancaire dans l’espace UEMOA
30
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Par ailleurs, la Commission bancaire peut décider la mise en liquidation d’un établissement de
crédit ou d’une entreprise, dans les cas prévus à l’article 212 de la loi bancaire en vigueur ainsi
qu’à l’article 32 de l’Annexe à la Convention régissant la Commission bancaire. Elle notifie sa
décision au Ministre chargé des Finances de l’Etat concerné qui nomme un liquidateur auprès
de l’établissement de crédit ou de l’entreprise concerné. Le liquidateur nommé peut saisir la
juridiction compétente aux fins de faire déclarer ledit établissement en état de cessation des
paiements.

La procédure de liquidation des biens peut également être ouverte à l’égard des établissements
de crédit qui ont fait l’objet d’un retrait d’agrément par le Ministre chargé des Finances et dont
le passif envers les tiers, à l’exception des dettes qui ne sont remboursables qu’après
désintéressement complet des créanciers chirographaires, est effectivement supérieur à l’actif
net diminué des provisions devant être constituées. La liquidation des biens est prononcée par
l’Autorité judiciaire compétente sur saisine du liquidateur nommé par le Ministre chargé des
Finances50. Le syndic, désigné par la juridiction compétente, assisté par le liquidateur, procède
à l’inventaire des actifs, aux opérations de liquidation, à l’exclusion du fonds de commerce de
l’établissement de crédit, ainsi qu’aux licenciements.

Pendant la durée de la liquidation, l’établissement de crédit concerné demeure soumis au


contrôle de la Commission bancaire. Il ne peut effectuer que les opérations strictement
nécessaires à l’apurement de sa situation. Il doit préciser dans tous ses documents et ses
relations avec les tiers qu’il est en cours de liquidation51. Toute somme reçue par le liquidateur,
dans l’exercice de ses fonctions, est immédiatement versée dans un compte ouvert à cet effet
dans un établissement de crédit ayant son siège social dans l’un des pays membres de
l’UEMOA. En cas de retard, le liquidateur doit, pour les sommes qu’il n’a pas versées, payer
des intérêts au taux de pension de la Banque Centrale52. De plus, le liquidateur doit présenter
au Ministre chargé des Finances ainsi qu’à la Commission bancaire et à la Banque Centrale, au
moins une fois tous les trois (3) mois, un rapport sur l’évolution des opérations de liquidation
et, au terme de la liquidation, un rapport circonstancié sur celle-ci53. Il procède à la reddition

50
Art 214 de la loi n° 2024-14 du 02 Septembre 2024 portant règlementation bancaire dans l’espace UEMOA
51
Art 219 de la même loi
52
Art 220 de la même loi
53
Art 221 de la même loi
31
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
des comptes. Aussi, il est responsable des documents qui lui ont été remis au cours de la
procédure pendant cinq ans à compter de cette reddition.

B- Le Fonds de garantie des dépôts alimenté par les établissements de crédit


La protection des déposants est un élément clé des règles curatives. Dans l'espace UEMOA, un
fonds de garantie des dépôts existe pour assurer aux clients d'une banque défaillante le
remboursement de leurs dépôts jusqu'à un certain montant54. Ce mécanisme est essentiel pour
maintenir la confiance des consommateurs dans le système bancaire, même en cas de faillite
d’un établissement de crédit.

Ainsi, le Président de la Commission bancaire peut, en tant que de besoin, inviter les
actionnaires, associés ou sociétaires d’un établissement de crédit en difficulté, à apporter leur
concours à son redressement. Cette invitation peut être mise en œuvre dès lors que
l’établissement connaît des difficultés financières sérieuses sans qu’il soit nécessairement en
état de cessation des paiements. Les textes n’indiquent cependant pas l’objet du soutien : celui-
ci peut consister en une augmentation de capital ou en des prêts octroyés par les actionnaires
ou les sociétaires.

Mais, en raison de l’emploi du terme « invite », le texte ne génère, en lui-même aucune


obligation susceptible de sanction : les actionnaires ne peuvent pas à priori être contraints à
apporter leur concours. Cependant, il est connu que certains actionnaires contractent des
engagements lors de la demande d’agrément ou de leur entrée dans le capital de l’établissement
de crédit et que la Commission bancaire n’est pas sans pouvoir à leur égard puisqu’elle peut
exercer à leur encontre un pouvoir disciplinaire s’ils ne respectent pas les termes de leurs
engagements.

Le Président de la Commission bancaire peut, en outre, inviter l’ensemble des adhérents de


l’Association professionnelle des Banques et Établissements financiers à examiner les
conditions dans lesquelles ils pourraient apporter leur concours au redressement de
l’établissement de crédit55.

54
Art 148 de la loi n° 2024-14 du 02 Septembre 2024 portant règlementation bancaire dans l’espace UEMOA
55
Art 152 de la même loi
32
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Les établissements de crédit agréés dans l’UEMOA adhèrent à un système de garantie des
dépôts. Un fonds de garantie des dépôts a été créé par décision N°088-03-2014 du gouverneur
de la BCEAO après autorisation du Conseil des Ministres de l'UEMOA (décision
N°CM/UMOA/017/09/2012). Le Fonds est une Institution communautaire, à caractère
économique et financier, dotée de la personnalité juridique et de l'autonomie financière. Il a
pour mission principale d'assurer la garantie des dépôts des clients des Établissements de
Crédits et des Systèmes Financiers Décentralisés agréés dans l'UEMOA. Il faut noter que tous
les dépôts ne sont pas garantis par le fonds.
Ainsi ne sont pas considérés comme des dépôts éligibles à la garantie du Fonds :
- Les dépôts des Etats membres de l'Union, des Administrations centrales, des Établissements
publics et des Collectivités locales ;
- Les dépôts en devises ;
- Les dépôts des Etablissements de Crédit, des SFD et des Entreprises d'investissement ;
- Les dépôts des Entreprises d'assurance et de réassurance ;
- Les titres de créances négociables ;
- Les dépôts des Sociétés de bourse et Organismes de Placement Collectif en Valeurs
Mobilières;
- Les dépôts des Organismes de retraite et des Fonds de pension ;
- Les dépôts des actionnaires détenteurs d'au moins dix pour cent du capital de l'Etablissement
de Crédit ou du SFD ;
- Les dépôts des membres du Conseil d'Administration, dirigeants et commissaires aux comptes
de l'Etablissement de Crédit ou du SFD ;
- Les dépôts et emprunts subordonnés ;
- Les dépôts provenant d'opérations pour lesquelles une condamnation pénale a été prononcée
à l'encontre du déposant pour un délit de blanchiment de capitaux ou de financement du
terrorisme ;
- Tout autre dépôt préalablement déclaré comme non éligible par le Conseil d'Administration56.
Par ailleurs, sur proposition du Conseil d'Administration, le Conseil des Ministres fixe le
plafond d'indemnisation des titulaires des dépôts et autres avoirs éligibles à la garantie du
Fonds.

En cas d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens d'un
adhérent, les déposants sont dispensés de la déclaration des créances auprès du syndic pour

56
Art 6 des statuts du Fonds de Garantie des Dépôts de l'UEMOA
33
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
leurs créances entrant pour tout ou partie dans le champ d'intervention du Fonds. Le Fonds
informe les déposants du montant des créances exclues de son champ d'intervention et précise
les modalités de déclaration desdites créances auprès du syndic57. Les modalités
d'indemnisation ainsi que le délai y afférent sont précisés par circulaire du Fonds.

L’ensemble de ces mesures a pour finalité d’assurer aussi bien la fiabilité du système bancaire,
la protection des consommateurs que la solidité économique sous régionale. Et l’application
conséquente de ces mesures devrait pouvoir en principe assurer la sécurité du système financier
communautaire puisque c’est l’objectif premier visé par les autorités de tutelle. Mais force est
de constater que ce dispositif législatif et règlementaire n’est pas suffisant pour garantir
effectivement la protection du consommateur des services bancaires et financiers.

Aussi, les relations étroites Etablissements de crédit et Clients peuvent constituer donc un atout
majeur pour la protection de ces derniers. Qu’en est-il donc de la protection à postériori du
consommateur dans sa relation contractuelle.

57
Art 29 des statuts du Fonds de Garantie des Dépôts de l'UEMOA
34
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
DEUXIÈME PARTIE : LE CONSOMMATEUR A POSTERIORI PROTÉGÉ DANS SA
RELATION CONTRACTUELLE

Pour assurer l'équité et la stabilité du système financier, il est important que le consommateur
de crédit bancaire soit protégé tout le long de sa relation contractuelle. C’est ainsi que des
mécanismes de protection basés sur des expériences passées ont été mis en place pour garantir
les droits des consommateurs. Ces dispositifs visent à rééquilibrer les rapports entre les parties,
compte tenu de la position souvent vulnérable du consommateur face aux institutions
financières. Le compte bancaire étant l’instrument central des relations financières entre la
banque et le consommateur (Chapitre 1), il semble important d’analyser les droits et obligations
qui en découlent. Mais pour réellement apprécier du niveau de protection du consommateur, il
semble encore plus important d’étudier les règles de formalisation avant l'octroi du crédit
bancaire (Chapitre 2).

Chapitre 1 : Le compte bancaire : instrument des relations financières entre la banque et


le consommateur

Le compte bancaire est l’instrument par lequel transite la majorité des opérations ayant cours
entre la banque et le client. Semblable à un contrat, l’ouverture du compte bancaire (Section 1)
marque le début des obligations réciproques entre la banque et le client. Et en fonction de
l’établissements de crédit, il s’accompagne d’un ensemble de services financiers à la faveur du
consommateur (Section 2).

Section 1 : L’ouverture du compte bancaire : une étape marquante de la relation


contractuelle entre Banque et Consommateur

Le compte bancaire est un tableau des crédits et des dettes réciproques de deux personnes que
l’on pourrait appeler « correspondants ». Il s’agit donc d’un document comptable qui retrace
les opérations effectuées par le client dans sa relation avec un établissement de crédit. Il est
soumis aux mêmes règles que celles relatives à la formation d’un contrat à savoir la liberté
contractuelle (Paragraphe 1). Mais cette liberté ne saurait s’exercer de façon optimale sans
l’aide du banquier lors du processus d’ouverture de compte (Paragraphe 2).

35
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Paragraphe 1 : La liberté de contracter, un droit essentiel reconnu au consommateur

La liberté de contracter, notamment dans le cadre de l'ouverture d'un compte bancaire, est un
principe essentiel en droit. Cependant, cette liberté n'est pas absolue et connaît certaines
restrictions. Il convient d'examiner d'abord le caractère fondamental de ce principe (A), puis
d'explorer les limitations qui lui sont imposées (B), afin de comprendre l'équilibre entre
autonomie individuelle et protection des intérêts collectifs dans le domaine bancaire.

A- Un principe fondamental pour la bonne conduite de la relation contractuelle

La liberté de contracter est un principe fondamental en droit des contrats, y compris en matière
bancaire. Elle permet aux parties de définir les termes de leur relation contractuelle de manière
libre, sous réserve de respecter les règles impératives de la loi. En matière bancaire, ce principe
est crucial, car il garantit aux consommateurs la possibilité de choisir librement leur
établissement bancaire, ainsi que les produits et services qui leur conviennent.

Parallèlement, chaque banque a la liberté de choisir avec qui elle souhaite contracter, ce qui
inclut le droit de refuser l'ouverture d'un compte à un client potentiel. Cette liberté est justifiée
par le caractère personnel et spécifique de la relation bancaire, souvent désignée par le terme
intuitu personae58.

Selon la réglementation UEMOA, toute personne physique ou morale ayant un revenu régulier
peut demander l'ouverture d'un compte bancaire. Cela garantit un accès minimal aux services
bancaires, même si les banques ont la latitude de refuser des demandes pour des raisons
légitimes, comme des antécédents de crédit défavorables.
Cependant, cette liberté n'est pas absolue et fais face à des limitations importantes dans le
secteur bancaire de l'UEMOA :
1. Obligation d'information : Les établissements de crédit sont tenus de fournir à leurs clients
potentiels toutes les informations nécessaires sur les conditions d'ouverture d'un compte,
conformément aux principes de transparence et de protection des consommateurs59.

58
Le droit à l’ouverture d’un compte, Aurélien BAMDE sur https://aurelienbamde.com/2017/09/27/le-droit-a-
louverture-dun-compte-bancaire-droit-au-compte/
59
En référence à l’obligation de transparence et d'information sur les services de paiement dans l'article 53 de
l'Instruction N°001-01-2024 relative aux services de paiement dans l'UEMOA
36
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
2. Non-discrimination : Le refus d'ouverture de compte ne saurait être fondé sur des motifs
discriminatoires tels que l'origine, le sexe, ou la religion du demandeur60.

3. Droit au compte : La législation bancaire de l'UEMOA prévoit un droit au compte bancaire


pour toute personne physique ou morale domiciliée dans un État membre, limitant ainsi la
liberté des banques de refuser l'ouverture d'un compte61.

4. Lutte contre le blanchiment : Les établissements de crédit ont l'obligation de vérifier l'identité
et l'adresse de leurs clients avant l'ouverture d'un compte, ce qui peut restreindre leur liberté de
contracter dans certains cas62.

Par ailleurs, afin de protéger les consommateurs contre les abus, le législateur impose certaines
obligations aux banques, notamment l’obligation de fournir des informations claires et
complètes avant la conclusion du contrat63.
Les comptes bancaires, qu'il s'agisse des comptes courants ou des comptes de dépôt, sont au
cœur des relations entre les banques et leurs clients. La liberté contractuelle s'y exerce
principalement à travers la négociation des conditions de fonctionnement de ces comptes, mais
elle est également soumise à des règles strictes pour garantir la sécurité des transactions et la
protection des déposants.

Le compte courant est l'un des contrats bancaires les plus communs, permettant au client de
déposer et de retirer des fonds à volonté, tout en bénéficiant de services annexes tels que la
délivrance de chèques ou de cartes bancaires. La liberté contractuelle joue ici un rôle crucial,
car elle permet aux parties de convenir librement des modalités de fonctionnement du compte,
y compris les conditions d'octroi de découverts, les frais de tenue de compte et les taux d'intérêt
applicables.

60
Bien que la non-discrimination ne concerne pas directement le secteur bancaire, ce principe est largement
reconnu et appliqué dans divers domaines du droit dérivé de l'UEMOA tels que le principe de libre circulation
des personnes, l’égalité des citoyens, la protection des droits fondamentaux, etc.
61
Article 8 du Règlement n° 15/2002/CM/UEMOA relatifs aux systèmes de paiement dans les états membres de
l’UEMOA
62
Idem
63
Art 139-a de la loi n° 2024-14 du 02 Septembre 2024 portant règlementation bancaire dans l’espace UEMOA
37
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Cependant, cette liberté est encadrée par des obligations légales strictes. Par exemple, la banque
doit respecter des règles de transparence, en informant clairement le client des conditions
générales et particulières applicables au compte courant. En outre, la banque a l'obligation de
veiller à ce que le compte ne soit pas utilisé à des fins illicites, ce qui implique des contrôles
réguliers et le respect des réglementations en matière de lutte contre le blanchiment d'argent.

B- Les limitations à la liberté contractuelle

Bien que la liberté de contracter soit un principe fondamental, elle n’est pas absolue. Des
tempéraments sont imposés par le législateur pour protéger les parties les plus vulnérables, en
l’occurrence les consommateurs. Certes, le banquier est libre de refuser l'ouverture d'un compte
bancaire donc d'entrer en relation d'affaires avec une personne, toutefois, ce refus doit être
nuancé. En effet, ce droit de refus est limité par la reconnaissance d'un droit au compte pour
toute personne physique ou morale domiciliée dans l''un des Etats membres de l'UEMOA
justifiant d'un revenu régulier supérieur ou égal à cinquante mille francs.
Ainsi en cas de refus d'ouverture de compte opposé par trois établissements successivement, la
Banque Centrale peut désigner d'office une banque qui sera tenue d'ouvrir un compte donnant
droit à un service bancaire minimum64.

Par ailleurs, fidèle à sa volonté de promouvoir la bancarisation, le législateur de l'UEMOA


exige la disposition d'un compte pour l'accomplissement de certains actes. Il l’exprime en ces
termes : « Toutes opérations financières portant sur des sommes d’argent d’un montant
supérieur ou égal au montant de référence fixé par instruction de la BCEAO entre d’une part,
les particuliers, entreprises et autres personnes privées et d’autre part, les personnes publiques
et parapubliques notamment l’État, les administrations et les entreprises publiques sont
effectuées par chèque ou par virement sur un compte ouvert auprès des services financiers de
la Poste ou d’une banque »65.
De fait, l'obligation de tenir un compte se présente donc comme une limitation à la liberté
contractuelle. De même, au sens de l’article 9 du règlement 15/002 : “Tout commerçant au sens
de l’Acte Uniforme de l’OHADA relatif au Droit Commercial Général, est tenu d’ouvrir un
compte auprès des services financiers de la Poste ou d’une banque établie dans un Etat

64
Article 8 du Règlement n° 15/2002/CM/UEMOA relatifs aux systèmes de paiement dans les états membres de
l’UEMOA
65
Article 3 de la Loi N° 2006-11 DU 17 AOUT 2006 portant mesures de promotion de la bancarisation et de
l'utilisation des moyens de paiement scripturaux en République du Bénin.
38
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
membre”. Cette disposition fait allusion à toute personne physique ou morale qui accomplit à
titre de profession habituelle et pour son propre compte des actes de commerce.

Notons que toute personne capable, qu’elle soit physique ou morale peut être titulaire d’un
compte. Les personnes physiques, quelle que soit leur nationalité, peuvent être titulaires d'un
compte. Les personnes frappées d'une incapacité d'exercice ont, elles-mêmes accès au compte
bancaire, mais tout ou partie des opérations, selon le cas, exigent l'intervention du représentant
légal. Il appartient aux banques de s'informer sur la condition juridique de leurs clients et de
veiller au respect, lors de chaque opération, des exigences du statut des incapables.

Pour ce qui est de la représentation des sociétés et autres personnes morales pour
l'accomplissement d'opérations de banques, cette préoccupation est réglée par les lois
applicables à chaque type de personne morale et par les statuts. Ainsi, la banque doit s'assurer
des pouvoirs de la personne agissant pour le compte d'une personne morale. Cependant
s'agissant des sociétés et des groupements d'intérêt économique, l'inopposabilité aux tiers des
restrictions statutaires aux pouvoirs des dirigeants est un facteur de sécurité dont profitent les
banques.

Paragraphe 2 : Les obligations du banquier tenant à l’ouverture du compte

L'ouverture du compte bancaire implique de grandes responsabilités de la part du banquier.


Ainsi, il est tenu d’effectuer des vérifications préalables (A) avant toute ouverture de compte
afin de garantir la sécurité des transactions et d’informer le client (B) pour une relation en toute
transparence.

A- Les vérifications préalables à l’ouverture du compte

Avant d’ouvrir un compte bancaire, le banquier est tenu de procéder à des vérifications
préalables, telles que stipuler ici : “Préalablement à l’ouverture d’un compte de dépôt le
banquier doit s’assurer de l’identité et de l’adresse du demandeur, sur présentation d’un
document officiel original en cours de validité portant sa photographie, contenant dans la
mesure du possible des informations relatives à sa filiation, ainsi que son adresse
professionnelle ou domiciliataire. La personne physique commerçante est tenue de fournir, en
outre, toute pièce attestant de son immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit

39
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Mobilier”66. Ces vérifications sont essentielles pour prévenir le blanchiment d’argent, le
financement du terrorisme, et d’autres activités illicites.

Dans le cadre de sa mission de « gardien de compte » de son client, le banquier est tenu
d’exécuter les ordres qu’il reçoit de ce dernier après avoir vérifié les signatures. Chaque
opération est transcrite sur le compte dont elle devient un article (de crédit ou de débit) le solde
provisoire indique après chaque opération la position débitrice ou créditrice du client.
Périodiquement, à des intervalles fixés par l'usage ou la convention, le banquier adresse à son
client un relevé des opérations de la période écoulée67. Ce relevé est important, car il assure la
nécessaire information du titulaire du compte sur les écritures enregistrées, les charges qu'il a à
supporter et la position de son compte lors du dernier arrêté provisoire68. C'est pour cette raison
que l'article 10 du règlement N°15/2002 prescrit la délivrance au client de relevés de compte
trimestriels.

Certes, certaines opérations donnent lieu à l'établissement d'un écrit spécial, soit sous la forme
d'un ordre donné au banquier (chèque, ordre de virement), soit sous la forme d'un bordereau
adressé par la banque au client. Mais il y a des opérations à l'occasion desquelles il n'est pas
adressé d'avis particulier. Le relevé a alors une fonction essentielle. En l'approuvant, le client
marque son acceptation des écritures qui y figurent. A défaut d'approbation, le banquier assume,
bien entendu, la charge de la preuve. Le défaut fréquent de contrôle par le client des relevés de
son compte constitue une négligence fautive. Il en résulte que les conséquences dommageables
d'un mauvais fonctionnement du compte, demeureront, au moins en partie, à sa charge. Ce
relevé de compte a une valeur probatoire confirmée par la jurisprudence69.

A titre illustratif, ce cas relatif aux relevés de compte a été noté dans l’analyse des décisions de
justice, en première instance et en appel, dans une affaire où le Juge du fond infirmait la décision
du 1er Juge, qui considérait que le relevé de compte n’avait pas de valeur probatoire de la
créance, dans les termes suivants : « Considérant qu’il est de jurisprudence constante que le
relevé de compte régulièrement communiqué au client est suffisant pour établir une créance,

66
Art 43 du Règlement n° 15/2002/CM/UEMOA relatifs aux systèmes de paiement dans les états membres de
l’UEMOA
67
BOYE (M), Cours de droit bancaire UEMOA 2020-2021, p. 67
68
Idem
69
Ibidem
40
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
que, contrairement à ce qui a été retenu par le 1er Juge, ce document, qui retrace les opérations
effectuées sur le compte bancaire ne peut émaner que de la banque….. »70
Ces mesures de vérification, tant pour le banquier que le client, contribuent à renforcer la
sécurité du système financier et à protéger l’intégrité des transactions bancaires.

B- Le devoir d’information du banquier

L’information est une obligation générale qui pèse sur le banquier et cela se traduit par cette
affirmation d’un auteur : « le conseil est une obligation que la jurisprudence moderne considère
comme inhérente à tout contrat bancaire avec bien entendu, un contenu variable selon la nature
et le degré de complexité de l'opération et le niveau d'expérience du client. Aucune raison ne
justifie que les opérations de crédit échappent à ce devoir de conseil dont peuvent se prévaloir
le client lui-même et ses cautions... »71.

Autrement dit, le banquier doit fournir à son client toutes les informations possibles, afin que
les actes qu'il passe se fassent sans incident. La banque se doit non seulement de rechercher
toutes les informations nécessaires à la réalisation des opérations projetées et de les
communiquer à son client, mais aussi, elle doit lui fournir les moyens d'échapper aux risques
qu'il court. Cela ne peut être fait que par le conseil. Cette obligation de conseil s'accompagne
toujours de l'obligation d'information, car on ne peut conseiller sans informer. L'obligation de
conseil repose sur l'obligation d'information qui lui sert de base et elle lui donne son plein effet.
Si une telle obligation pèse sur le banquier, il est logique que son manquement soit une source
de responsabilité72.

Les avis, conseils, informations, du banquier dispensateur de crédit doivent être donnés avec
tout le sérieux nécessaire et la pertinence dont il est capable. Il doit procéder aux études
indispensables, en s'entourant de collaborateurs qualifiés et compétents. Sauf répétition,
l'obligation consiste pour le banquier à faire ce qu'il peut, le mieux qu'il peut : « La banque se
tient à la disposition de son client pour lui fournir de son mieux...tout conseil bancaire », c'est-

70
Cour d’Appel de Dakar, CBAO/COSETRA, 19 Mars 2010 dans Cours de Droit UEMOA 2020-2021, p.67
71
Cf. STOUFFLET (J.), « Retour sur la responsabilité du banquier donneur de crédit » in Mélanges Cabrillac,
Dalloz-Litec 1999, n° 17
72
CHACGOM FOKAM (A), La responsabilité du banquier dispensateur de crédit, Mémoire Droit des affaires et de
l’entreprise, Université de Dschang, 2011, disponible sur https://www.memoireonline.com
41
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
à-dire du mieux qu'elle peut, sans qu'on puisse attendre d'elle ni lui réclamer l'impossible ou
plus qu'elle ne peut raisonnablement73.

La responsabilité du banquier pour défaut de conseil ne pourra être engagée que dans
l'hypothèse où le manquement porte sur des informations utiles pour le client. Ainsi, toutes les
informations qui peuvent présenter un intérêt direct pour le client et dont la connaissance
conditionne la réussite de l'opération doivent être communiquées74. Cependant, force est de
reconnaître que ce critère laisse planer un certain nombre de doutes. En effet, si certaines
données présentent un caractère évident, comme par exemple les informations sur le
« surendettement » du client de la banque, d'autres ne sont pas aussi évidemment utiles75.

Aussi l’obligation d’information n’a pas toujours la même étendue puisqu’elle peut revêtir une
dimension objective et subjective. Dans sa dimension objective, ce devoir est à moduler en
fonction de la nature de l'opération et du degré de qualification du cocontractant. Elle est la
conséquence naturelle du fait que l'établissement de crédit est la partie la plus expérimentée
dans le domaine financier et celle qui est la plus active dans la définition du contenu du
contrat76.

Dans certaines situations l'information doit être individuelle. Dans d'autres elle peut prendre
une forme plus impersonnelle (remise d'une documentation). Dans sa dimension subjective, les
applications prudentielles du devoir d'information sont très variées. Elle implique en réalité un
devoir de conseil dans le cadre des opérations complexes effectuées par le client. Le banquier
est tenu de dépasser le devoir d’information dans sa dimension objective donc neutre pour lui
donner une connotation subjective. Il s’agit de donner les éléments essentiels au client afin qu’il
fasse le meilleur choix. Toutefois, le devoir d’information constitue une obligation de moyens
dans tous les cas77.

A l’ouverture du compte, cette obligation vise à s’assurer que le client est pleinement informé
des conditions générales de fonctionnement du compte, des frais applicables, des droits et
obligations du client, ainsi que des services associés. L’objectif est de permettre au client de

73
Cf. JAMES (J-C.), « Le secret bancaire en droit gabonais », in Afrique Juridique et Politique, revue du CERDIP,
Vol. N°1, 2002, N°2, p. 29.
74
Cf. CLEMENT (J-F.), Le banquier vecteur d'information, RTD com. 1997, p. 216
75
CHACGOM FOKAM (A), op.cit. p.41
76
BOYE (M), Cours de droit bancaire UEMOA 2020-2021, p.54
77
Idem
42
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
faire un choix éclairé et de comprendre les risques associés à l’utilisation des services bancaires.
En cas de manquement à cette obligation, le banquier peut être tenu responsable des préjudices
subis par le client.

Section 2 : Les services financiers mis à la disposition du consommateur


Les établissements de crédit mettent à la disposition de leur clientèle, une multitude de services
parmi lesquels se trouve l’opportunité de crédit (Paragraphe 2). Mais avant, il existe une
multitude de services rattachée à l’usage du compte bancaire (Paragraphe 1) et qui sont tout
aussi important.

Paragraphe 1 : Les services associés à l’usage du compte bancaire


Le compte bancaire est un outil financier permettant de gérer efficacement ses finances
personnelles à travers diverses opérations quotidiennes. Quelles sont ces opérations (A) et quels
sont les droits qui y sont rattachés (B).

A- Les opérations liées à l’usage du compte bancaire

Une fois le compte ouvert, diverses opérations peuvent y être effectuées, telles que les dépôts,
les retraits, les virements et les prélèvements automatiques. Le banquier en charge de la tenue
du compte de son client, exécute les ordres qu’il reçoit de ce dernier après les vérifications
usuelles. Chacune des opérations effectuées sur le compte y est retranscrite et traitée
conformément aux instructions du client et aux règles établies dans le contrat de compte. Le
banquier doit veiller à ce que les opérations soient effectuées de manière transparente et
sécurisée, tout en respectant les délais impartis.

Par ailleurs, de façon périodique et à des intervalles fixés par l'usage ou la convention, le
banquier adresse à son client un relevé des opérations de la période écoulée. Ce relevé est d’une
grande importance, car il assure la nécessaire information du titulaire du compte sur les écritures
enregistrées, les charges qu'il a à supporter et la position de son compte lors du dernier arrêté
provisoire. C'est d’ailleurs pour cette raison que l'article 10 du règlement N°15/2002 prescrit la
délivrance au client de relevés de compte trimestriels. Certes, certaines opérations donnent lieu
à l'établissement d'un écrit spécial (soit sous la forme d'un ordre donné au banquier, soit sous la

43
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
forme d'un bordereau ou adressé par la banque au client), mais il est des opérations à l'occasion
desquelles il n'est pas adressé d'avis particulier. Le relevé a alors une fonction essentielle78.

En l'approuvant, le client marque son acceptation des écritures qui y figurent ; et à défaut
d'approbation, le banquier assume, bien entendu, la charge de la preuve. Le défaut fréquent de
contrôle par le client des relevés de son compte constitue une négligence fautive. Il en résulte
que les conséquences dommageables d'un mauvais fonctionnement du compte, demeureront au
moins en partie, à sa charge. Ce relevé de compte a dès lors une valeur probatoire confirmée
par la jurisprudence79.

Dans l’affaire précitée, CBAO/COSETRA en date du 19 Mars 2010, le Juge d’appel de la Cour
de Dakar infirmait la décision du 1er Juge, qui considérait que le relevé de compte n’avait pas
de valeur probatoire de la créance, dans les termes suivants : « Considérant qu’il est de
jurisprudence constante que le relevé de compte régulièrement communiqué au client est
suffisant pour établir une créance, que, contrairement à ce qui a été retenu par le 1er Juge, ce
document, qui retrace les opérations effectuées sur le compte bancaire ne peut émaner que de
la banque….. ».

En définitive, toute anomalie ou erreur dans la gestion des opérations peut engager la
responsabilité du banquier, qui doit alors rectifier la situation et indemniser le client en cas de
préjudice.

B- Les droits attachés au crédit porté sur le compte

Le titulaire d'un compte bancaire dispose d'un droit de propriété sur le solde créditeur de son
compte. Ce droit lui confère la faculté d'utiliser librement les fonds disponibles, sous réserve
des restrictions légales ou conventionnelles. De même, lorsque le compte présente un solde
créditeur, les établissements de crédit sont tenus de restituer les fonds reçus du public,
notamment sous forme de dépôts, dans les conditions prescrites par la convention de compte80.
Le client peut ainsi exiger le remboursement de son solde créditeur à tout moment, sauf
stipulation contractuelle contraire.

78
BOYE (M), Cours de droit bancaire UEMOA 2020-2021, p.67
79
Idem
80
Article L312-2 du code monétaire et financier en République Française
44
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
La banque de son côté doit respecter ce droit et ne peut imposer de restrictions injustifiées à
l’utilisation des fonds par le client. Toutefois, certaines situations, comme le gel de compte en
cas de suspicion de fraude, peuvent justifier des mesures exceptionnelles, mais celles-ci doivent
être encadrées par la loi.

Par ailleurs, comme rappelé un peu plus haut, les établissements de crédit ont une obligation
d'information envers leurs clients. Ainsi, le titulaire du compte peut demander des informations
sur la situation de son compte, notamment par la communication d'un relevé périodique81
détaillant les opérations effectuées et le solde disponible.

Indubitablement, le compte bancaire donne accès à divers moyens de paiement, dont


l'utilisation est encadrée par la loi. L’article 5 alinéa 67 de la loi bancaire en vigueur en
République du Bénin considère comme moyens de paiement, les « instruments qui permettent
à toute personne de transférer des fonds, quel que soit le support ou le procédé technique utilisé
».

Parmi les moyens de paiement les plus usités, le chèque bancaire vient en tête de liste. Payable
à vue, c’est un instrument de paiement dont l’utilisation est régie par le Règlement
n°15/2002/CM/UEMOA en ses articles 43 et suivants. Le banquier est tenu de vérifier la
régularité des chèques et peut refuser le paiement en cas d'irrégularité ou d'insuffisance de
provision. En ce qui concerne les cartes bancaires et autres instruments de paiement
électroniques, ils sont soumis à des règles de sécurité strictes prévues aux articles 131 et
suivants du même texte règlementaire.
Également considérés comme des moyens de paiement, les prélèvements automatiques doivent
nécessairement être autorisés par le titulaire du compte. Et le client a le droit de révoquer cette
autorisation à tout moment.

Tout compte fait, le client dispose d’un large éventail de droits sur le solde de son compte
bancaire, ce qui lui permet d'effectuer diverses opérations. La mise en œuvre effective de ces
droits et opérations reste néanmoins soumise aux stipulations de la convention de compte

81
Article 10 du Règlement n° 15/2002/CM/UEMOA relatifs aux systèmes de paiement dans les états membres
de l’UEMOA
45
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
conclue entre l'établissement de crédit et son client. Le tout dans le respect du cadre légal et
réglementaire en vigueur.

Paragraphe 2 : L’opportunité du crédit

L’opération de crédit est un acte par lequel une personne met ou promet de mettre des fonds à
la disposition d'une autre personne. Pour qu'un crédit soit octroyé il faut qu'il existe au préalable
un cadre préliminaire constitué par la convention d'ouverture de crédit (A). Par ailleurs, ces
opérations de crédit peuvent être garanties par des suretés diverses et très réglementées (B).

A- Le formalisme lié à la convention de crédit

Le contrat d'ouverture de crédit est la convention par laquelle un banquier s'engage à mettre à
la disposition d'un de ses clients, pour un temps déterminé, un certain crédit dont le bénéficiaire
usera à sa guise soit en touchant les fonds, soit en tirant une traite ou un chèque sur le banquier82.
Elle s'apparente à un prêt d'argent, car le banquier remet des fonds à un client, ce dernier sera
tenu de lui verser des intérêts et de le rembourser à l'échéance convenue. Mais la véritable
ouverture de crédit que pratiquent les banques est plus originale83. C'est une convention servant
de cadre aux opérations à venir par lesquelles le client utilisera le crédit à lui ouvert : escompte
ou acceptation d'effets, paiement de chèques, virements etc. on parle parfois d'une promesse de
prêt84.

Par ailleurs, elle doit impérativement être matérialisée sous forme écrite ainsi que le stipule la
loi en ces termes : « Toute prestation de services financiers et/ou bancaires et toute mise à la
disposition du consommateur d'un crédit doivent obligatoirement faire l'objet d'un contrat écrit
et signé dont chacune des parties garde un exemplaire. Le versement représentant un apport
ou un remboursement doit faire l'objet de reçu distinct du relevé bancaire. Ce reçu indiquera
notamment la cause de chaque versement »85.

Pour rappel, le banquier est tenu d'éclairer celui qui sollicite un crédit sur la portée de son acte.
Ainsi, il doit fournir à son client toutes les informations pertinentes permettant d'éclairer sa

82
RIPERT (G) et ROBLOT (R), Traité de droit commercial, tome II, 17e éd LGDJ, Paris 2002, n° 2377, p. 406
83
BETGA MENGUETE (L.R), L’obligation d’information du banquier, Mémoire en Droit des affaires, 2008,
Université de Douala, disponible sur https://www.memoireonline.com
84
GRUA (F), contrats bancaires, tome 1, contrats de services, éd économica, 1990, n° 226, p. 219.
85
Article 8 de la loi portant protection du consommateur en République du Bénin
46
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
décision86. Toutes les informations qui peuvent présenter un intérêt direct pour le client et dont
la connaissance conditionne la réussite de l'opération doivent être communiquées par le
banquier87. Et d’ailleurs, l’article 12 de la loi portant protection du consommateur en
République du Bénin met l’accent sur ce point.

Par ailleurs, toute convention de crédit dispose de clause et modalités détaillant le déroulement
de la relation contractuelle entre les parties. Il s’agit entre autres du taux d’intérêt, de la durée
du prêt, de la période d’amortissement et de remboursement, les frais annexes, etc.
Le taux d’intérêt est un élément essentiel pour ne pas dire l’élément essentiel de tout prêt. Il
peut être fixe ou variable. En fonction de vos antécédents de crédit, du type de prêt et de prêteur
que vous êtes, vous vous verrez offrir un taux d’intérêt fixe ou variable qui sera valable pendant
toute la durée de votre prêt. La durée du prêt étant la période durant laquelle le prêteur et
l’emprunteur sont liés par le contrat. À la fin de cette période, le prêteur et l’emprunteur peuvent
renégocier les termes de la convention de crédit, tout comme l’emprunteur peut rembourser
intégralement le solde au prêteur.

Par ailleurs, le contrat de prêt est soumis à une période d’amortissement correspondant au temps
total qu’il faudra à l’emprunteur pour rembourser ; capital et intérêts y compris. Cette période
peut être plus longue ou égale à la durée du prêt, et peut même être renégociée à la fin du prêt.
Aussi, chaque type de prêt a ses propres modalités de remboursement ; et selon le type de prêt,
la période de remboursement peut soit :
• avoir des options de paiement différé où vous n’aurez pas à commencer le remboursement de

votre prêt avant une période déterminée;


• se terminer à une date d’échéance précise (comme dans le cas d’un prêt hypothécaire), de

sorte que lorsque votre terme est échu, vous devez renégocier ou rembourser le prêteur en entier.

En plus du taux d’intérêt, certains prêts peuvent comprendre d’autres coûts, comme les frais de
constitution du dossier de prêt, les frais de montage, les frais de paiement en retard, les frais
annuels ou les pénalités de remboursement anticipé. Ces frais et leur montant peuvent varier en
fonction du prêteur et du type de convention de prêt.

86
CHATRIOT (M) « Devoir de mise en garde et déloyauté en droit bancaire », sur www.village-justice.com.
87
LOKO-BALOSSA (E-J), La responsabilité du banquier dispensateur de crédit, mémoire de DEA, Faculté de Droit -
Université Marien Ngouabi, 2007, p.11.
47
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
B- Les sûretés garantissant l'octroi du crédit
En droit OHADA, il existe divers types de suretés permettant de garantir l’octroi du crédit à
l’emprunteur ayant fait la demande. Parmi celles qui touchent directement au patrimoine du
client, consommateur de crédit bancaire, on retrouve l’affectation hypothécaire (sûreté
immobilières), le gage et le nantissement (sûretés mobilières).
L’hypothèque est l’affectation d’un immeuble déterminé ou déterminable appartenant au
constituant en garantie d’une ou plusieurs créances, présentes ou futures à condition qu’elles
soient déterminées ou déterminables88. Elle confère au créancier un droit de suite et un droit de
préférence sur l'immeuble affecté à la garantie de l'obligation89 et permet au créancier de se
faire payer par préférence sur le prix de réalisation du bien immeuble affecté à la garantie de la
créance, sans dépossession actuelle du propriétaire. Pour être pleinement efficace, l'hypothèque
doit faire l'objet d'une inscription auprès du service chargé de la publicité foncière90. Cette
inscription la rend opposable aux tiers et crée une situation de faveur pour le créancier qui en
est titulaire.
Sans nul doute, l'affectation hypothécaire offre une forte garantie au créancier bancaire en lui
permettant de récupérer sa créance en cas de défaillance du débiteur, par la vente forcée de
l'immeuble si nécessaire. Elle constitue ainsi un outil important pour sécuriser l'octroi de crédits
dans l'espace OHADA. Cependant, ses conséquences peuvent être tout aussi désastreuses pour
le débiteur.
En effet, le débiteur qui ne parvient pas à payer ses dettes à l’échéance de la période de
remboursement convenu, s’expose au risque de perdre la propriété de son bien immobilier.
Plusieurs modes de dépossession pourront alors être appliqués. Il s’agit entre autres de la saisie
immobilière, de l’attribution judiciaire ou encore de la vente forcée.

Par ailleurs, les sûretés mobilières offrent également aux établissements financiers des garanties
importantes pour motiver l’octroi d’un prêt. Parmi les principales sûretés mobilières demandées
par la banque on compte le gage et le nantissement.
Le gage est le contrat par lequel le constituant accorde à un créancier le droit de se faire payer
par préférence sur un bien meuble corporel ou un ensemble de biens meubles corporels, présents
ou futurs91. Le constituant d’un gage de biens présents doit être propriétaire de la chose gagée.
A peine de nullité, le gage doit être constaté dans un écrit contenant la désignation de la dette

88
Article 190 de l’Acte uniforme portant droit des sûretés (AUDS) dans l’espace OHADA
89
Art 197 de l’AUDS
90
Art 195 de l’AUDS
91
Art 92 de l’AUDS
48
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
garantie, la quantité des biens donnés en gage ainsi que leur espèce ou leur nature. Lorsque le
gage est constitué avec dépossession, le créancier gagiste peut, sous réserve de l’application de
l’article 107, alinéa 2 de l’Acte uniforme portant droit des sûretés (AUDS) dans l’espace
OHADA, opposer son droit de rétention sur le bien gagé, directement ou par l’intermédiaire du
tiers convenu, jusqu’au paiement intégral en principal, intérêts et autres accessoires, de la dette
garantie. Cette disposition vise à renforcer la position du créancier gagiste en lui donnant un
moyen concret de s'assurer du paiement de sa créance. Et cela n’est pas sans risque pour le
débiteur qui s’expose à une perte de la possession de son bien qui peut être temporaire ou
définitive !

En ce qui concerne le nantissement, c’est l’affectation d’un bien meuble incorporel ou d’un
ensemble de biens meubles incorporels, présents ou futurs, en garantie d’une ou plusieurs
créances, présentes ou futures, à condition que celles-ci soient déterminées ou déterminables92.
Peuvent notamment être nantis : les créances, le compte bancaire, les droits d’associés, les
valeurs mobilières et le compte de titres financiers, le fonds de commerce, ainsi que les droits
de propriété intellectuelle93. A peine de nullité, le nantissement doit être constaté dans un écrit
contenant la désignation des créances garanties et des créances nanties ou, si elles sont futures,
les éléments de nature à permettre leur individualisation, tels que l’indication du débiteur, le
lieu de paiement, le montant des créances ou leur évaluation et leur échéance. Tout comme dans
le cas du gage, le nantissement expose le débiteur à une dépossession de son bien mis en
garantie.
La gravité de ces actes nous ramène encore une fois à l’obligation d’information du banquier
qui est tenue d’informer son client des risques auxquels il s’expose avant la signature du contrat
de crédit.

92
Art 125 de l’AUDS
93
Art 126 de l’AUDS
49
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Chapitre 2 La formalisation et la protection du consommateur dans le processus d’octroi
du crédit bancaire

L'octroi de crédit bancaire est un processus complexe qui nécessite une attention particulière
tant pour les institutions financières que pour les consommateurs. La formalisation du crédit et
la protection du consommateur sont deux aspects cruciaux de ce processus, visant à garantir la
transparence, l'équité et la sécurité des transactions financières. Dans un contexte où les enjeux
financiers peuvent être considérables pour les particuliers, il est essentiel de comprendre les
règles encadrant la formalisation du crédit bancaire (Section 1) mais aussi les mécanismes mis
en place pour la protection des intérêts du consommateur de crédit bancaire (Section 2).

Section 1 Les règles inhérentes à la formalisation du crédit bancaire

La formalisation du crédit bancaire est soumise à un ensemble de règles strictes visant à


encadrer la relation entre le prêteur et l'emprunteur. Ces règles tiennent compte de divers
aspects, notamment la personnalité du débiteur (Paragraphe 1) et les règles spécifiques régissant
les intérêts liés au crédit (Paragraphe 2).

Paragraphe 1 La prise en compte de la personnalité du débiteur

La personnalité du débiteur joue un rôle crucial dans l'octroi et la gestion des crédits bancaires.
Ainsi, les établissements financiers doivent nécessairement adapter leur approche en fonction
du profil de l'emprunteur (A) qu'il soit averti ou profane. Cette distinction influence non
seulement l'évaluation du risque, mais aussi les obligations du banquier face à ces différents
profils (B).

A- Les notions d’emprunteur averti et emprunteur profane

La distinction entre les termes d’emprunteur averti et emprunteur profane constitue désormais
la summa divisio94, et détermine le régime de responsabilité applicable. Cette distinction n'est
apparue que très récemment dans la jurisprudence95. Mais, la principale difficulté réside dans

94
La summa divisio est une expression latine qui signifie "division suprême" ou "division la plus élevée".
95
Cf. DELPECH (X.), note sous les arrêts de la Première chambre civile de la cour de Cassation du 12 juillet 2005,
Dalloz 2005, Dalloz 2005 n°33 p. 2278
50
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
le contenu à donner à chaque notion, étant entendu que la Cour de cassation qui introduit cette
distinction ne se préoccupe pas de les définir96. La principale difficulté sera de trouver un
contenu valable à ces concepts. Dès lors, ainsi que le préconise le professeur LEGEAIS, on
aurait pu espérer de la Cour de cassation qu'elle pose une présomption de sorte que les choses
en auraient été considérablement facilitées97.
Elle aurait ainsi pu considérer qu'est présumé emprunteur non averti, c'est-à-dire comme
emprunteur profane, tout particulier n'agissant pas dans le cadre de son activité professionnelle.
On pourrait supposer que la Cour s’est abstenue de se livrer à un tel exercice, probablement
dans l'idée de laisser aux juges la possibilité de tenir compte des circonstances.

Certains auteurs font un rapprochement entre cette distinction ou cette opposition entre
emprunteur averti et emprunteur profane et celle qui est faite dans le droit des marchés
financiers98. Cela concerne une autre source de responsabilité à laquelle peut être soumise le
banquier, quand il a agi en qualité de prestataire de services d'investissement entre investisseur
néophyte et investisseur qualifié. Ici on cherche à savoir si le client a une certaine maîtrise ou
est rompu aux techniques des marchés financiers99. En la matière, la complexité des techniques
combinées est considérable. Le même rapprochement est fait en ce qui concerne la caution
avertie et la caution non avertie.
Que recouvre donc la notion d'emprunteur averti et d'emprunteur profane ? Les arrêts du 12
juillet 2005 semblent apporter quelques éléments de réponse100.

La profession ou plus généralement la catégorie socio professionnelle et l'assise


financière101 sont les critères importants de définition. Cette solution se justifie par le fait qu'une
personne haut placée dans une société ou ayant des revenus conséquents, sera plus facilement
perçu comme habituée à effectuer des opérations bancaires et, plus particulièrement, des
opérations de crédit. Elle sera, par conséquent, présumée plus apte à juger du bien-fondé des

96
CHACGOM FOKAM (A), op.cit. p.41
97
Obs. sous Cass. Civ. 1ere, 12 juillet 2005.
98
Cf. NETTER (E.), RAVEL d'ESCLAPON (Th.), article précité ; BONNEAU (Th.) et DRUMMOND (F.), Droit des
marchés financiers, ed., Economica, Paris, 2005, 2ème ed., n°63, p. 381et 469.
99
CHACGOM FOKAM (A), op.cit.p.41
100
Idem
101
Cass. Civ. 1ere, 2 novembre 2005, Juris-Data, n°2005-030521, D. 2005, Aff., p. 3084, obs., AVENA-ROBARDET.
Le caractère profane des époux emprunteurs semblaient découler de leur faible assise financière, leur avis
d'imposition pour l'année 1995 ne mentionnant aucune ressource imposable.
51
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
opérations économiques financées par le prêt. Cependant, il ne s'agit que de simples
présomptions qui pourront être renversées à la vue des circonstances de fait102.
D'autres éléments devront donc être pris en considération par les magistrats, tel que la bonne
foi des parties, la fréquence des opérations, l'âge de l'emprunteur ou encore le montant des prêts.
Il appartiendra alors aux banques, dans chaque affaire, de veiller à rassembler un faisceau
d'indices permettant par la suite aux juges du fond d'apprécier le bien-fondé de la qualification
retenue. Cette solution a néanmoins pour intérêt de permettre au juge de tenir compte des
circonstances de fait de chaque espèce103.

Il en résulte en particulier, qu'il n'existe aucune corrélation nécessaire entre la qualité de


professionnel et celle d'emprunteur averti ; un emprunteur averti peut n'être qu'un simple
consommateur, tandis qu'un emprunteur agissant à titre professionnel peut être considéré
comme un emprunteur non averti104. Il importe par ailleurs de relever que la jurisprudence
considère comme averti l'époux qui est assisté par l'autre époux, dès lors que ce dernier est
considéré comme lui-même averti105.

Selon François BOUCARD, « le profane est celui qui n'est pas en mesure d'apprécier lui-
même les risques de l'opération pour laquelle il envisage de souscrire un emprunt ou de donner
sa caution », c'est-à-dire celui dont la qualité (statut et capacité) permet de considérer qu'il n'est
pas en mesure de saisir l'entière portée de ses engagements d'emprunt106. Cependant, les juges
doivent tenir compte de l'ensemble de la situation et se livrer à une analyse empirique des cas
d’espèces soumises à leur examen107. Il est également essentiel qu’ils aient un degré de
connaissance suffisamment élevé des mécanismes du crédit qui joue un rôle fondamental dans
la distinction entre emprunteur averti et emprunteur non averti. Il revient au juge de fond
d'apprécier cette qualité.

B- Les obligations du banquier face à la personnalité de l’emprunteur

En fonction de la personnalité de l’emprunteur (profane ou averti), les obligations mises à la


charge du banquier seront tantôt allégées ou renforcées. Ainsi, lorsque le client est un

102
CHACGOM FOKAM (A), op.cit. p.41
103
CHACGOM FOKAM (A), op.cit.p.41
104
Cf. Cass. Chambre Mixte 29 juin 2007, n°05-21104.
105
Cf. Cass. Com. 3 mai 2006, n°02-11211
106
Cf. BOUCARD (F.), Revue de droit bancaire et financier n°5, sept. 2007, étude 17 ; GUYADER (H.), Contrats
Concurrence, Consommation n°4, avril 2008, étude 5.
107
CHACGOM FOKAM (A), op.cit.p.41
52
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
emprunteur averti, la responsabilité du banquier en termes d’obligation d’information se
trouverait amoindrie. L'arrêt « Guigan » du 12 juillet 2005 le confirme d’ailleurs en ces termes
:« ne prétendant pas que la banque aurait eu sur sa situation financière des renseignements
que lui-même aurait ignorés, M. X, emprunteur averti, ne peut faire grief à cette banque de lui
avoir accordé un prêt qu’il avait lui-même sollicité ». Cette solution est soutenable dans la
mesure où l'emprunteur averti ne pouvait ignorer la portée du prêt sollicité108.

La seule piste ouverte à l'emprunteur averti se trouve sur le terrain de « l'asymétrie


d'informations » énoncée notamment par la Chambre commerciale de la cour de cassation
française, dans un arrêt du 20 septembre 2005109. Un commentateur y décèle une brèche
ouverte à l'emprunteur averti. « C'est moins l'asymétrie d'information entre le créancier et le
débiteur qui est sanctionné en tant que telle, que le fait que le banquier « ignorait l'ignorance »
de son client. En d’autres termes, la faute de la banque tient ici en ce qu'elle ne s'est pas
renseignée sur le degré de connaissance de son client et qu'elle aurait dû, dans l'ignorance de
celui-ci, lui délivrer l'information nécessaire pour qu'il s'engage en parfaite connaissance de
cause. La responsabilité du banquier vis-à-vis d'un emprunteur averti est donc cantonné à des
hypothèses précises et relativement restreintes110. En revanche, il n’en est pas de même lorsque
l'emprunteur est un profane.

Le banquier s'est vu confier une mission de « gardien » des intérêts de l'emprunteur. En plus
de sa mission de police bancaire, il faut lui reconnaître également celle « d'assainisseur »
financier puisqu'il doit désormais, avant d'octroyer un crédit, veiller à ce qu'un tel concours
n'altère pas la situation financière de l'emprunteur111. Le banquier pourvoyeur de fonds est
donc astreint à plusieurs obligations et notamment d'information ou même encore de conseil.
Mais depuis peu en vertu de la jurisprudence, le banquier est astreint à une obligation de mise
en garde. Elle a été dégagée explicitement par l'arrêt époux jauleski du 12 juillet 2005 réitérée
à de multiples reprises. L'obligation de mise en garde classiquement pourrait être définie
comme le devoir pour le professionnel d'attirer l'attention de son cocontractant sur un aspect
négatif du contrat ou de la chose objet du contrat. Ainsi, le banquier, en matière de crédit devra

108
Cf. LEGEAIS (D.), l'obligation de conseil de l'établissement de crédit à l'égard de l'emprunteur et de sa caution,
Mélanges AEDBF III, 2001, p. 1524
109
DELPECH. 2005 n°37, actualités juridiques, note DELPECH (X.)
110
CHACGOM FOKAM (A), op.cit.p.41
111
BOUCARD (F.) et DJOUDI (J.), « La protection de l'emprunteur profane », Recueil Dalloz-2008, n°8, p. 500
53
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
informer son client sur les charges et dangers de l'opération projetée. Dans ce sens une telle
obligation se confond à l'obligation de conseil ou même à l'obligation d'information112.

S'il est vrai que l'information se distingue du conseil, ce dernier se rapproche davantage de
l'obligation de la mise en garde et l'on pourrait considérer la mise en garde comme un conseil
renforcé. La mise en garde apparait comme un conseil négatif, un conseil de ne pas faire,
accompagné de l'explication des dangers ou simplement des inconvénients encourus si ce
conseil n'est pas suivi113.

Ainsi, le banquier se doit de veiller à ce que le client qui sollicite le crédit soit à même de le
rembourser. Ce crédit ne saurait être supérieur à ses capacités de remboursement. Toutefois,
cette vérification des capacités de remboursement de l'emprunteur n'est pas automatique et
concerne plus l'emprunteur non averti. Le principe de l'opportunité du crédit a pour ainsi dire
la surveillance des fonds114.

Paragraphe 2 : Les règles relatives aux intérêts du crédit

Les intérêts peuvent être définis comme les revenus tirés de l’argent ou d’un capital à l’occasion
d’un prêt. Leur fixation (A) et leur computation (B) constituent un élément fondamental des
rapports entre client et banquier dans le cadre d’une convention de crédit.

A- La fixation des intérêts

Il est important de distinguer le taux de l’intérêt conventionnel du taux effectif global. L’article
541 du Code des Obligations Civiles et Commerciales en République du Sénégal détermine les
règles de fixation des intérêts115. En effet, il prévoit que « la stipulation d'intérêt doit être écrite.
Les parties fixent conventionnellement le taux d'intérêt. En toute matière, le taux effectif global
d'intérêt conventionnel à peine de nullité absolue de la stipulation, ne peut dépasser le double
du taux d'escompte de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, en vigueur à la
date de conclusion du prêt. Le taux effectif global est calculé dans des conditions fixées par le
décret en tenant compte des frais, commissions et rémunérations de toute nature, même justifiés

112
CHACGOM FOKAM (A), op.cit.p.41
113
CHACGOM FOKAM (A), op.cit.p.41
114
Idem
115
Art 541 de la Loi n° 98-33 du 17 Avril 1998 en République du Sénégal
54
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
par des débours réels ou versés à des tiers et, s'il y a lieu, des modalités d'amortissement
échelonné du prêt. Toutefois, n'entrent pas dans le calcul du taux d'intérêt global :
- Les impôts et taxes payés à l'occasion de la conclusion ou de l'exécution du contrat ou de
l'accomplissement des services rendus ;
- Les perceptions forfaitaires autorisées pour certaines catégories d'opérations comportant,
par nature, des frais fixes élevés, perception dont les montants sont fixés par le Conseil des
Ministres de l'UMOA sur proposition de la BCEAO ».

Tandis que l’article 2 de la loi portant répression de l’usure au Bénin stipule que le : « Le taux
global d’intérêt est librement convenu entre l’emprunteur et le prêteur sous réserves de
respecter le plafond fixé conformément à l’article premier de la présente loi. Il doit être fixé
par écrit pour tout contrat de prêt. »116. Et pour ce qui est du Taux Effectif Global (TEG) il est
défini comme étant le taux d’intérêt d’une créance, calculé en tenant compte de l’amortissement
de la créance et auquel s’ajoutent les frais et rémunérations de toute nature, y compris ceux
payés à des intermédiaires intervenus de quelque manière que ce soit dans l’octroi du prêt117.

Sont exclus :
- les impôts payés à l’occasion de la conclusion ou de l’exécution du contrat118,
- les frais payables par l’emprunteur du fait de l’inexécution de l’une quelconque de ses
obligations figurant dans le contrat de prêt,
- les frais de transfert de fonds,
- les frais relatifs au maintien d’un compte destiné à recevoir les prélèvements effectués au titre
de l’amortissement en principal du prêt, du règlement des intérêts et des autres charges, sous
réserve que ces frais ne soient pas anormalement élevés119.

Le Taux de sortie du crédit y est également défini comme le taux effectif global d'intérêt du
crédit, majoré des impôts et taxes, le cas échéant. Aussi, l’article 25 de la décision
n°397/12/2010 du 06 Décembre 2010 portant Règles, Instruments et Procédures de mise en
œuvre de la politique de la monnaie et du crédit de la BCEAO détermine la Base de fixation
des taux d'intérêt débiteurs. Il prévoit que « les taux d'intérêt débiteurs applicables à la clientèle
sont indexés sur un taux de référence du marché monétaire augmenté d'une marge fixée par

116
Art 2 de la loi n° 2024-15 du 23 Mai 2024 portant définition et répression de l’usure en République du Bénin
117
Art 3 de la même loi
118
Idem
119
BOYE (M), Cours de droit bancaire UEMOA 2020-2021, p.70
55
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
chaque établissement de crédit et de microfinance. Les établissements de crédit sont tenus de
publier leur meilleur taux débiteur offert à la clientèle ».

Et l’article 26 précise la fixation des conditions créditrices en soulignant qu’elles « sont


convenues librement entre les établissements de crédit, les systèmes financiers décentralisés et
les Services financiers de l'Administration ou l'Office des Postes d'une part, et leur clientèle,
d'autre part, à l'exception des produits d'épargne réglementés ci-après, dont les conditions sont
fixées par le Conseil des Ministres de l'UMOA :
- dépôts à terme et bons de caisse ;
- comptes et livrets d'épargne ;
- plans d'épargne et autres produits d'épargne contractuelle ».

Cependant, l’existence de règles de fixation des intérêts n’empêche pas le constat


d’incompréhensions pour les clients. En effet, le coût réel d'un crédit est difficile à établir
compte tenu des clauses financières très diverses pouvant figurer dans une offre de crédit et de
la complexité du calcul actuariel. La computation des délais selon les méthodes des
établissements financiers qui font fi du Code des Obligations Civiles et Commerciales constitue
une autre source d’insécurité120.
Toutefois, l’adoption de nouvelles lois121, basées sur diverses décisions dans l’espace
Communautaire UEMOA, impose désormais aux établissements de crédit l’obligation de
mentionner le Taux Effectif Global (TEG). C’est l’une des principales innovations apportées
par le projet de loi n° 45/2020 relatif à la définition et à la répression de l’usure. Ainsi cela
permettra d'informer les agents économiques sur le coût total effectif des emprunts qu'ils
contractent.
De quoi protéger l’emprunteur contre les augmentations de coûts non prévues et assurer une
certaine stabilité dans la relation contractuelle.

B- La computation des intérêts


La computation des intérêts renvoie à la méthode de calcul utilisée par les banques pour
déterminer les intérêts dus sur un crédit. Ainsi, le solde provisoire du compte peut être
producteur d’intérêts aussi bien au profit du client (intérêts créditeurs) que de la banque (intérêts

120
BOYE (M), Op.cit. p.55
121
Décision n° CM/UMOA/009/06/2013 du 28 juin 2013 portant adoption du projet de
loi uniforme relative à la définition et à la répression de l’usure et Décision CM/UMOA/010/06/2013 du 28 juin
2013 portant adoption du projet de loi uniforme relative au taux de l’intérêt légal ;
56
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
débiteurs). Le principe en la matière est que les banques ne versent généralement pas d’intérêts
sur les soldes provisoires des comptes à vue que sont les comptes de dépôts et les comptes
courants122.
En revanche, sur les soldes provisoires débiteurs, les banques perçoivent des intérêts qui
peuvent varier d’un client à un autre ou d’une banque à une autre. Il s’agit de fait d’une
dérogation aux principes civilistes en la matière car, selon le droit civil, la stipulation d’intérêts
qu’elle soit expresse ou tacite ne se rattache pas au compte, mais au crédit consenti123. Ainsi,
suivant l’article 1153 al 4 du code civil : « Le créancier auquel son débiteur en retard a causé,
par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et
intérêts distincts des intérêts moratoires de la créance ».

Pour les banques, il n’est nul besoin d’une stipulation expresse d’intérêts comme l’exige
l’article 540 et 541 al.1 du Code des Obligations Civiles et Commerciales (COCC) en
République du Sénégal. Partant d’une règle coutumière plus que centenaire qui dispose que «
le solde provisoire du compte courant produit intérêts de plein droit en dehors de toute prévision
des correspondants », les banques l’appliquent au compte de dépôt. La légalité de cette
extension est problématique car les articles 540 et suivants sont d’Ordre Public et un usage ou
une coutume ne peuvent aller à l’encontre de règles impératives d’Ordre Public124.

Le point de départ des intérêts n’est pas la date de l’opération qui modifie le solde provisoire,
mais une date différente dite « date de valeur », postérieure pour les articles de crédit et
antérieure pour les articles de débit. Le mécanisme du compte bancaire apporte une double
dérogation à l’article 543 du COCC qui dispose que « les intérêts échus des prêts peuvent eux-
mêmes produire des intérêts, à la condition soit de les demander en justice soit de les stipuler
par une convention spéciale après l’échéance et pourvu qu’il s’agisse chaque fois d’intérêt dus
au moins pour une année entière ». Ces textes soumettent donc la capitalisation des intérêts à
deux conditions :
- une convention spéciale (ou demande en justice),
- une année entière d’intérêts.
Or les banques calculent les intérêts à chaque arrêté des comptes c’est-à-dire tous les 3 mois en
général. La créance d’intérêt ainsi arrêtée est inscrite en compte et est par là même payée ; elle

122
BOYE (M), Op.cit.p.55
123
Idem
124
Ibidem
57
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
contribue à dégager un nouveau solde provisoire qui, s’il est débiteur, est productif d’intérêts
au taux applicable au compte125 :
- cette créance produit à son tour intérêt à travers le solde provisoire débiteur qu’elle contribue
à former,
- et la capitalisation intervient non plus à l’année, mais tous les 3 mois contrairement à l’art.
543 du COCC. Les comptes ont en principe une durée indéterminée et sont conclu intuitu
personae.

Il en résulte donc que chaque partie peut clôturer le compte à tout moment sous réserve de ne
pas se rendre coupable d’un abus et que le compte est clôturé par le décès ou l’incapacité du
client.
Par ailleurs, la clôture du compte procure deux effets à savoir : l’ouverture d’une période de
liquidation pendant laquelle sont payés les chèques et effets émis avant la clôture ou pour
lesquels il y a eu transfert de la provision ou encore, pour le cas spécifique du compte courant
c’est la période qui permet d’attendre que toutes les créances figurant au différé du compte aient
acquis les caractères requis pour contribuer à former le solde définitif et les intérêts après clôture
du compte126.

Avec la clôture, en principe toutes les rémunérations des services du banquier qui se rattachent
au compte cessent. Mais les intérêts qui rémunèrent le découvert accordé continuent de courir
malgré la clôture jusqu’à complet paiement du solde débiteur. Ces intérêts se rattachent non pas
au fonctionnement du compte mais au crédit accordé. Puisque le client continue de fait à
bénéficier du crédit, il doit demeurer débiteur des intérêts au taux convenu127.
Afin de permettre au consommateur de crédit de cerner les contours du contrat qu’il s’apprête
à signer, il est important que la méthode de computation des intérêts soit clairement énoncée
dans le contrat mais surtout que le consommateur en est une parfaite compréhension.

125
BOYE (M), Op.cit.p.55
126
Idem
127
Ibidem
58
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Section 2 : Les mécanismes de protection du consommateur dans le processus d'octroi de
crédit bancaire

Le processus d'octroi de crédit bancaire est encadré par divers mécanismes visant à protéger le
consommateur. Ces dispositifs cherchent à équilibrer les intérêts des prêteurs et des
emprunteurs, tout en prévenant le surendettement. Pour parvenir à cette fin, le banquier est tenu
de faire une évaluation préalable du candidat au crédit afin de sauvegarder ses intérêts
(Paragraphe 1). Mais toutes ces actions ne seraient pas optimales sans la responsabilisation du
consommateur dans sa démarche d'emprunt (Paragraphe 2).

Paragraphe 1 : L'évaluation préalable et la sauvegarde des intérêts du candidat au crédit

L'évaluation préalable et la sauvegarde des intérêts du candidat au crédit sont des étapes
cruciales dans le processus d'octroi de prêts bancaires. Cela passe par une analyse de la situation
financière du demandeur (A), puis la protection de l'intégrité du consentement de ce dernier
(B).

A. La situation financière du demandeur de crédit

La situation financière du demandeur est un critère déterminant dans l’octroi d’un crédit. Avant
de conclure un contrat de crédit, les banques doivent évaluer rigoureusement la capacité de
remboursement du consommateur, en se basant sur son revenu, son niveau d’endettement
actuel, et ses charges fixes. Cette évaluation est non seulement une obligation légale mais aussi
une pratique prudente pour éviter les situations de surendettement. Les banques doivent veiller
à ne pas accorder de crédit à des consommateurs qui ne seraient pas en mesure de respecter
leurs engagements financiers, ce qui pourrait entraîner des risques de défaut de paiement et des
complications juridiques.
Les législations nationales dans l’UEMOA, en alignement avec les directives communautaires,
imposent aux établissements de crédit de documenter cette évaluation de la solvabilité avant
toute décision d’octroi de crédit.
A cet égard, la loi indique que les rémunérations des personnes physiques salariées ou
travaillant à quelque titre que ce soit, ne peuvent être cédées ou saisies que dans les proportions
déterminées par chaque État-partie. Le total des sommes saisies ou volontairement cédées ne

59
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
peut, en aucun cas, fût-ce pour dettes alimentaires, excéder un seuil fixé par chaque État-
partie128.

L’analyse des textes nationaux d’application de la disposition susvisée de l’OHADA fait


ressortir que la quotité cessible des personnes concernées est fixée en fonction du revenu et
varie du tiers du salaire jusqu’à la moitié notamment pour les prêts immobiliers. En application
de l’article 176 de l’Acte uniforme de l’OHADA précité, il est tenu au greffe de chaque
juridiction un registre coté et paraphé par le président de la juridiction sur lequel sont
mentionnés tous les actes de nature quelconque, décisions et formalités auxquels donnent lieu
les cessions et saisies sur les rémunérations du travail. La consultation de ce registre permet de
renseigner les institutions financières sur l’état d’endettement des demandeurs de crédit.

Par ailleurs, les établissements de crédit et les systèmes financiers décentralisés (SFD) ont
également l’obligation de recueillir les informations sur la solvabilité des demandeurs de crédit
auprès des Bureaux d’Information sur le Crédit (BIC). Le BIC est une institution qui collecte,
auprès des organismes financiers, des sources publiques et des grands facturiers (sociétés de
fourniture d’eau, d’électricité, de téléphonie, etc.), des données sur les antécédents de crédit ou
de paiement d’un client, qui sont ensuite commercialisées auprès des établissements de crédit
et des SFD, sous la forme de rapports de solvabilité détaillés.

Ainsi, en application de l’article 60 de la loi portant réglementation des BIC, les établissements
de crédit et les SFD doivent obligatoirement :
• adresser, en vue d’une évaluation du risque de crédit, une requête au BIC aux fins d’obtenir

un rapport de crédit avant d’octroyer un crédit à un client à condition qu’un consentement


préalable, libre et écrit ait été donné par le client concerné (sauf si celui-ci a bénéficié d’un prêt
avant la date de promulgation de la loi sur les BIC) ;
• faire figurer dans le dossier de chaque client sollicitant un concours financier, le rapport de

crédit ;
• partager les données sur tous les prêts dans leur portefeuille.

Aussi, lorsqu’une suite défavorable est donnée par l’institution financière à une demande de
crédit du client, basée en totalité ou en partie sur les informations contenues dans un rapport de

128
Article 177 de l’Acte Uniforme de l’OHADA sur les procédures simplifiées de recouvrement et les voies
d’exécution
60
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
crédit provenant d’un BIC, le client doit être informé de cet événement par l’institution
concernée, qui doit lui remettre également une copie dudit rapport de crédit129.

L'avantage principal du BIC est sa capacité à fournir des informations précieuses sur des
groupes de personnes généralement exclus des systèmes de crédit traditionnels. Ces groupes
comprennent notamment les utilisateurs des nouvelles technologies de l'information et de la
communication (NTIC) et de la téléphonie mobile. Grâce à ces données, le BIC permet
d'analyser le profil de crédit de certains demandeurs qui, auparavant, n'auraient pas pu être
évalués, tels que les travailleurs non-salariés, les personnes sans historique de crédit et ceux qui
ne peuvent pas fournir de garanties traditionnelles.

Ainsi, le BIC ouvre de nouvelles possibilités pour évaluer la solvabilité de ces emprunteurs
potentiels, leur donnant potentiellement accès à des crédits qui leur étaient auparavant refusés.
De même, les institutions financières peuvent recueillir des informations sur la solvabilité d’un
demandeur de crédit en consultant la Centrale des Incidents de Paiement de l’UEMOA (CIP-
UEMOA) localisée au siège de la BCEAO.

En effet, conformément à l’article 129 du Règlement n°15/2002/CM/UEMOA relatif aux


systèmes de paiement dans les Etats membres de l’UEMOA, les établissements agréés en
qualité de banque ainsi que les établissements financiers peuvent demander à la Banque
Centrale le relevé des incidents de paiement enregistrés au nom d’un titulaire de compte, avec
mention, s’il y a lieu, de l’interdiction d’émettre des chèques, avant d’accorder un financement
ou une ouverture de crédit à ce dernier.
Le non-respect de cette obligation de vérification de la solvabilité du consommateur, peut
engager la responsabilité de la banque et conduire à l'annulation du contrat de crédit.

B. La protection de l’intégrité du consentement du candidat au crédit

Avant la conclusion de la convention de crédit, il est essentiel d’obtenir le consentement du


consommateur, qui pour rappel doit être libre, éclairé et sans vice. Cela signifie que la banque
doit fournir toutes les informations nécessaires pour que l’emprunteur comprenne pleinement
les termes et les implications du contrat de crédit130. Toute tentative de dissimulation ou de

129
Art 47 de la loi portant réglementation des Bureaux d’information sur le Crédit (BIC) dans l’UEMOA
130
Art 3 de la Loi n° 2016-412 du 15 Juin 2016 relative à la consommation en Côte d’Ivoire
61
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
présentation trompeuse des conditions du crédit pourrait être considérée comme un vice de
consentement, rendant le contrat nul ou non écrit131.

Les législations des pays membres de l’UEMOA insistent sur l’obligation d’information
précontractuelle, qui oblige les banques à détailler tous les aspects du crédit, notamment les
taux d’intérêt, les modalités de remboursement, et les pénalités en cas de retard de paiement.
Cette protection de l’intégrité du consentement vise à garantir que le consommateur ne soit pas
pris au piège de contrats désavantageux qu’il ne comprend pas entièrement.

Ainsi, suivant les législations ivoirienne et malienne, la formation du contrat de crédit doit être
précédée d’une offre préalable de crédit écrite en caractères très apparents lisibles à première
vue et remise aux consommateurs. Les conditions de l’offre préalable doivent avoir une validité
d’au moins quinze (15) jours ouvrables pour le crédit à la consommation132 et de trente (30)
jours ouvrables pour le crédit immobilier133, à compter de la réception de l’offre par le
consommateur.

L'offre préalable de crédit doit contenir plusieurs informations essentielles. Tout d'abord, elle
doit préciser l'identité des parties impliquées, c'est-à-dire l'emprunteur et le prêteur, ainsi que
celle des éventuelles cautions. Ensuite, elle doit décrire la nature et l'objet du prêt, ainsi que ses
modalités, notamment les dates et les conditions de mise à disposition des fonds au
consommateur. Un élément crucial de l'offre est l'échéancier détaillé, qui présente la répartition
des remboursements. L'offre doit également inclure une évaluation du coût total du crédit,
comprenant le coût des assurances associées et celui des garanties réelles ou personnelles
nécessaires à l'obtention du prêt134. Enfin, elle doit énumérer les conditions à remplir pour
conclure le prêt et, le cas échéant, les conditions permettant de transférer ce prêt à une tierce
personne.

L’envoi de l’offre de crédit immobilier qui doit se faire gratuitement par voie postale aux frais
du prêteur135 oblige celui-ci à maintenir les conditions qu’elle indique pendant au moins trente
jours ouvrables à compter de sa réception par le consommateur.

131
Art 5 de la loi n° 2007-21 du 16 Octobre 2007 portant protection du consommateur en République du Bénin
132
Article 151 de la Loi sur la consommation en Côte d’Ivoire et 24 du Décret d’application de la Loi sur
la consommation au Mali
133
Article 191 de la Loi n° 2016-412 du 15 Juin 2016 relative à la consommation en Côte d’Ivoire
134
Art 153-155 de la Loi n° 2016-412 du 15 Juin 2016 relative à la consommation en Côte d’Ivoire
135
Article 188 de la même loi
62
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Le contrat de crédit est réputé conclu dès que l’offre préalable a été acceptée expressément par
le consommateur et suivant le délai prévu pour l’exercice du droit de rétractation. En tout état
de cause, le consommateur n’est engagé que par sa signature.

La législation béninoise rejoint celle de la Côte d’Ivoire et du Mali en exigeant la formalité de


l’écrit pour la conclusion du contrat de crédit dont un exemplaire est remis à chaque partie136.
Cependant, les textes ne disent pas si le non-respect de cette formalité est sanctionné par la
nullité du contrat. En Côte d’Ivoire, il semble que cette nullité pourrait être invoquée par le
consommateur au regard du caractère d’ordre public des règles afférentes à la formation du
contrat de crédit.

Paragraphe 2 : Les dispositions alternatives pour la protection du consommateur face aux


institutions bancaires

Du fait des risques accrus liés au secteur bancaire, la nécessité de la protection du


consommateur se fait de plus en plus sentir. Et même si les règles mises en place par les autorités
régulatrices permettent d’assurer la sécurité de l’acteur jugé faible, il est essentiel que ce dernier
soit également impliqué dans le processus pour une protection plus acceptable. Ainsi, la
responsabilisation du consommateur à travers l’éducation au crédit bancaire (A) est une mesure
préventive visant à réduire les risques de surendettement et à promouvoir une utilisation éclairée
des services financiers. Cependant, quand bien même toutes ses précautions viendraient à
échouer, il est important que le consommateur ait conscience des mécanismes de règlement
amiable des litiges qui s’offrent à lui (B).

A. La responsabilisation du consommateur à travers l’éducation au crédit

L’éducation financière est un aspect fondamental pour renforcer la protection des


consommateurs dans l’espace UEMOA. Et c’est un objectif auquel doit tendre toute politique
nationale ou internationale de protection du consommateur. Pour se convaincre de son
importance, il n’y a qu’a voir toute l’attention qui lui est portée dans les Principes directeurs
des Nations Unies, qui invitent les pouvoirs publics, les entreprises et les groupes de

136
Voir article 8 de la loi portant protection du consommateur en République du Bénin
63
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
consommateurs à y apporter leur contribution137. Il est également mentionné dans les Principes
directeurs des Nations Unies que les États Membres devraient adopter des mesures pour
renforcer et intégrer leurs politiques visant à assurer l’accès de tous aux services financiers,
l’éducation financière et la protection des consommateurs en matière d’accès aux services
financiers et d’utilisation des services financiers138.
Plusieurs États, dont l’Australie, le Brésil, le Chili, les États-Unis, l’Inde, l’Indonésie, la
Macédoine du Nord, l’Ouganda, le Portugal, Singapour et la Zambie ont mis en œuvre des
stratégies nationales d’éducation financière et de développement des connaissances dans le
domaine financier139. L’objectif étant d’autonomiser les consommateurs pour qu’ils puissent
évaluer de manière critique les offres de crédit et éviter les pièges du surendettement.

Aux termes de l’article 233 de la loi ivoirienne relative à la consommation, « le surendettement


est le fait, pour le consommateur de bonne foi, d’être dans l’impossibilité manifeste de faire
face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles ou à échoir. L’impossibilité
manifeste pour une personne physique de bonne foi de faire face à l’engagement qu’elle a
donné de cautionner ou d’acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou
d’une société caractérise également une situation de surendettement. Le seul fait d’être
propriétaire de sa résidence principale ne peut être tenu comme empêchant que la situation de
surendettement soit caractérisée ».

Pour éviter le surendettement des consommateurs, il est important que ceux-ci puissent
mobiliser des ressources, bénéficier de prêts à des conditions abordables et avoir accès à des
procédures de faillite personnelle. Il est en outre important que les consommateurs aient un
niveau d’éducation financière et des connaissances financières suffisantes, notamment qu’ils
possèdent les connaissances théoriques et pratiques nécessaires à l’élaboration de stratégies
budgétaires, sachent comment éviter les pièges de la dette et soient capables d’anticiper les
risques et les dépenses imprévues140. Aussi, afin de régler leur problème de surendettement, il
est nécessaire qu’ils bénéficient de conseils qui pourront les aider à clarifier leur situation, à

137
« La protection des consommateurs de produits et services financiers, y compris l’éducation financière et le
développement des connaissances dans le domaine financier », CNUCED, Page 10, 2022 disponible sur
https://unctad.org
138
Idem
139
« La protection des consommateurs de produits et services financiers, y compris l’éducation financière et le
développement des connaissances dans le domaine financier », CNUCED, Page 10, 2022 disponible sur
https://unctad.org
140
Idem
64
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
hiérarchiser les mesures qu’ils doivent prendre, à négocier plus facilement avec leurs créanciers,
à mieux gérer leurs fonds et à mieux respecter leur calendrier de remboursement141.

Parallèlement, une bonne compréhension des mécanismes de crédit permet aux consommateurs
de faire des choix plus éclairés et de mieux gérer leurs finances personnelles. Et cela pourrait
se faire à travers des campagnes d’information, des formations, et la mise à disposition de
ressources pédagogiques sur les produits de crédit, les risques associés, et les droits des
emprunteurs.
Il convient donc de dire que les banques, en collaboration avec les autorités de régulation et les
associations de consommateurs, ont un rôle clé à jouer dans la promotion de l’éducation
financière.

B. Le règlement amiable des litiges liés à la consommation du service bancaire

En cas de litige entre un consommateur et une banque, il est essentiel que des mécanismes de
règlement rapide et efficace soient mis en place. Dans l’UEMOA, le recours à la médiation, à
l’arbitrage ou à des commissions spécialisées est encouragé pour résoudre les conflits en dehors
des tribunaux, ce qui permet de gagner du temps et de réduire les coûts.

En abondant dans ce sens, lorsqu’une personne estime se trouver dans une situation de
surendettement, elle peut saisir la Commission de surendettement des particuliers de sa région.
Cette Commission peut obtenir communication, auprès des administrations publiques, des
établissements de crédit, des organismes de sécurité et de prévoyance sociale ainsi que des
services chargés de centraliser les risques bancaires et les incidents de paiement, de tous
renseignements de nature à lui donner une exacte information sur la situation du débiteur,
l’évolution possible de celle-ci et les procédures de conciliation amiable en cours142.

La commission de surendettement peut saisir le juge de l’exécution aux fins de suspension des
procédures d’exécution diligentées contre le débiteur et portant sur les dettes autres
qu’alimentaires dont les dettes contractées auprès des institutions financières. Cette suspension
provisoire n’est acquise que pour la durée de la procédure devant la commission, sans pouvoir

141
Ibidem
142
Art 237 de la Loi n° 2016-412 du 15 Juin 2016 relative à la consommation en Côte d’Ivoire
65
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
excéder un an143. La mission principale de la commission est de concilier les parties en vue de
l’élaboration d’un plan conventionnel de redressement approuvé par le débiteur et ses
principaux créanciers. Ce plan peut comporter des mesures de report ou de rééchelonnement
des paiements des dettes, de remise des dettes, de réduction ou de suppression du taux d’intérêt,
de consolidation, de création ou de substitution de garantie144.

En cas d’échec de sa mission de conciliation, la Commission de surendettement peut, à la


demande du débiteur et après avoir mis ses créanciers en mesure de fournir leurs observations,
recommander tout ou partie des mesures suivantes :
• reporter ou rééchelonner le paiement des dettes autres que fiscales, parafiscales ou envers les

organismes de sécurité sociale, sans que le délai de report ou de rééchelonnement puisse


excéder cinq ans ou la moitié de la durée de remboursement restant à courir des emprunts en
cours ; en cas de déchéance du terme, le délai de report ou de rééchelonnement peut atteindre
la moitié de la durée qui restait à courir avant la déchéance ;

• imputer les paiements, d’abord sur le capital ;

• prescrire que les sommes correspondant aux échéances reportées ou rééchelonnées porteront

intérêt à un taux réduit qui peut être inférieur au taux d’intérêt légal sur décision spéciale et
motivée et si la situation du débiteur l’exige ;

• en cas de vente forcée du logement principal du débiteur, grevé d’une inscription bénéficiant

à un établissement de crédit ayant fourni les sommes nécessaires à son acquisition, réduire, par
décision spéciale et motivée, le montant de la fraction des prêts immobiliers restant dû aux
établissements de crédit après la vente dans des proportions telles que son paiement assorti d’un
rééchelonnement, soit compatible avec les ressources et les charges du débiteur.
La même disposition est applicable en cas de vente amiable dont le principe, destiné à éviter
une saisie immobilière, et les modalités ont été arrêtées d’un commun accord entre le débiteur
et l’établissement de crédit145.

La commission de surendettement prend en compte la connaissance que pouvait avoir chacun


des créanciers, lors de la conclusion des différents contrats, de la situation d’endettement du
débiteur. Elle peut également vérifier que le contrat a été consenti avec le sérieux qu’imposent

143
Art 239 de la même loi
144
Art 240 de la même loi
145
Art 241 de la Loi n° 2016-412 du 15 Juin 2016 relative à la consommation en Côte d’Ivoire
66
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
les usages professionnels. Toutefois, seul le juge de l’exécution peut donner force exécutoire
aux mesures proposées par la Commission de surendettement après la vérification de leur
régularité146.

Par ailleurs, les consommateurs disposent également de la possibilité de recourir aux


juridictions nationales de droit commun pour faire valoir leurs droits en invoquant la violation
des règles protectrices contenues dans les lois sur la consommation ou la concurrence. Deux
particularités peuvent être notées dans le cadre du règlement des litiges de consommation dans
les Etats membres de l’UEMOA : l’existence d’un médiateur des établissements de crédit et
des SFD au Sénégal et en Côte d’Ivoire et la possibilité pour les associations de consommateurs
d’exercer l’action de groupe en Côte d’Ivoire147.

L’Observatoire de la Qualité des Services Financiers (OQSF) est un organisme public dont est
doté certains pays membres de l’UEMOA tels que le Sénégal (Décret n° 2009-95 en date du 06
Février 2009) et le Bénin (Décret n° 2020-291 du 03 Juin 2020) et qui a pour fonctions de
promouvoir la qualité des services financiers, de favoriser l’amélioration de la qualité de la
relation entre opérateurs de services financiers et usagers et d’assurer la mission de médiation.
Logé au sein de l’Observatoire, le Médiateur des banques, des établissements financiers, des
systèmes financiers décentralisés et de la Poste est une autorité indépendante nommée par arrêté
du ministre chargé des finances qui met gracieusement ses compétences au service des clients
et usagers.
La procédure de médiation est régie par une charte signée par les institutions financières et le
Médiateur. Ce dernier peut être saisi par tout client, personne physique ou petite entreprise d’un
litige à caractère individuel l’opposant à un opérateur financier et portant sur des services ou
prestations qui lui ont été fournis ou des contrats conclus avec cet opérateur.

Toutefois, il ne peut connaître d’un litige relatif à la politique commerciale et de crédit d’un
opérateur financier. En outre, sa saisine n’est pas recevable lorsque le litige fait l’objet d’une
procédure judiciaire ou arbitrale ou lorsqu’une enquête des autorités de supervision et de
contrôle compétentes est ouverte sur les faits, objet du litige. Le Médiateur a pour mission de
favoriser la conclusion par les parties d’un accord équitable ou équilibré sur tout litige soumis
à son examen, en formulant notamment des avis et/ou recommandations.

146
Art 245 de la même loi
147
Art 252 de la Loi n° 2016-412 du 15 Juin 2016 relative à la consommation en Côte d’Ivoire
67
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
En principe, il dispose d’un délai maximum de deux mois pour rendre son avis qui doit être
communiqué simultanément, par écrit, à l’opérateur et au client ou usager. Les parties doivent
dans les dix jours ouvrables suivant la réception de l’avis du Médiateur, faire connaître à celui-
ci leur acceptation ou refus d’en appliquer les dispositions.

En Côte d’Ivoire, l’Observatoire de la Qualité des Services Financiers (créé par le Décret
n°2016-1136 du 21 décembre 2016) a non seulement vocation à promouvoir la qualité des
services financiers de détail mais aussi à contribuer à l’éducation financière. Il est assorti d’un
mécanisme de médiation financière pour favoriser le règlement amiable des litiges individuels
entre les institutions financières et leur clientèle.

L’article 259 de la Loi sur la consommation en République de Côte d’Ivoire a institué l’action
de groupe. Ainsi, lorsque plusieurs consommateurs, personnes physiques identifiées ont subi
des préjudices individuels qui ont été causés par le fait d’un même professionnel, et qui ont une
origine commune, toute association ou organisation agréée et reconnue représentative sur le
plan national peut, si elle a été mandatée par au moins deux des consommateurs concernés, agir
en réparation devant toute juridiction au nom de ces consommateurs. Le mandat doit être donné
par écrit par chaque consommateur.

En définitive, ces mécanismes offrent une voie alternative de résolution des différends, plus
rapide et moins coûteuse que les procédures judiciaires. L’objectif étant de maintenir une
relation professionnelle plus harmonieuse entre les parties. Les législations nationales prévoient
des structures spécifiques, comme des médiateurs bancaires, qui peuvent intervenir pour trouver
des solutions amiables. En cas d'échec de ces procédures, le consommateur a toujours la
possibilité de recourir aux tribunaux pour faire valoir ses droits.

68
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
CONCLUSION

Comme pour tout secteur d’activité, le milieu bancaire est régi par un ensemble de règles et de
dispositions ayant pour but d’assurer la stabilité du système financier mais aussi la protection
des consommateurs. Ainsi, les établissements de crédit, en tant qu'acteurs vitaux de ce système
sont soumis à des conditions strictes d'agrément et d'exercice, visant à garantir la solidité
financière et la capacité à offrir des services sûrs et fiables aux clients. Et cela n’est rendu
possible que grâce au privilège bancaire dont ils disposent, et qui leur réserve l’exercice exclusif
de l’activité bancaire.

Cependant, ce privilège connait des limitations du fait de l’extension de certaines activités,


initialement réservées aux établissements de crédits, aux Systèmes Financiers Décentralisés
(SFD). En effet, pour permettre aux populations exclues du système bancaire traditionnel,
d'accéder aux services financiers, les SFD ont vu le jour. Et suite à l’apparition de cette nouvelle
catégorie d’institution financière dans le paysage bancaire, la surveillance exercée par les
autorités de tutelle, notamment la BCEAO et la Commission Bancaire de l'UEMOA, s’est
largement renforcée.

Toutefois, malgré ces avancées réglementaires significatives, des défis restent à relever dans la
protection effective des consommateurs de crédit bancaire dans l'espace UEMOA. Et cela se
reflète par l'asymétrie d'information entre les établissements de crédit et les clients, ainsi que la
complexité croissante des produits financiers, pouvant conduire à des pratiques abusives et à
un surendettement des ménages. De plus, la diversité des pratiques bancaires commerciales, ne
semble pas non plus faciliter la tâche aux institutions chargées d’assurer la protection des
consommateurs de produits financiers.

Il semble alors primordial de renforcer cette protection en mettant en place de nouvelles


dispositions pour renforcer celles préexistantes. Ainsi, le renforcement du devoir d’information
et de conseil du banquier vis-à-vis du consommateur est sans nul doute la première étape pour
parvenir à cette fin. Ensuite, l’analyse poussée mais règlementée de la situation financière du
demandeur permettra un meilleur accompagnement de cette obligation. Enfin, pour permettre
aux consommateurs de prendre des décisions éclairées et de faire valoir leurs droits, il y a lieu
de les éduquer financièrement pour maximiser leur protection.

Mais lorsque toutes ces dispositions se révèlent infructueuses, certains pays de la sous-région
ouest-africaine tels que la Côte d’ivoire, le Bénin et le Sénégal ont mis en place des modes de

69
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
règlement alternatifs des litiges. Ceux-ci sont aussi bien favorables pour le consommateur que
la banque car ils limitent les coûts de procédure et permettent de gagner du temps.

Par ailleurs, pour une harmonisation du cadre juridique règlementaire de l’activité bancaire en
vue d’une meilleure protection des consommateurs, une coopération renforcée entre les diverses
autorités de régulation et les associations de consommateurs permettrait de mieux identifier et
prévenir les pratiques préjudiciables.

C'est à ce prix et à ce prix seulement que la confiance des consommateurs dans le secteur
bancaire pourra renaître, contribuant ainsi à la stabilité et au développement économique de la
sous-région ouest-africaine.

70
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGES GENERAUX
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Economica, Paris, 2005, 2ème édition, 848 pages
- BOYE Mohamed, Cours de droit bancaire UEMOA 2020-2021, 80 pages

- « Le Guide du Banquier de l’UEMOA », Union Monétaire Ouest Africaine, commission


bancaire, 50 pages
- RIPERT Georges et ROBLOT René, Traité de droit commercial, tome 2, 17e édition LGDJ,
Paris 2002, 1324 pages

OUVRAGES SPECIALISES
- CORNU Gérard, Vocabulaire juridique, 15e édition, Presses universitaires de France - PUF
- DEBARD Thierry et GUINCHARD Serge, Lexique des termes juridiques, 2023-2024
- GRUA François, contrats bancaires, tome 1, contrats de services, édition économica, 1990,
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THESES ET MEMOIRES
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affaires, 2008, Université de Douala, consulté le 15 Novembre 2024 à 15h00, disponible sur
https://www.memoireonline.com
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Droit des affaires et de l’entreprise, Université de Dschang, 2011, 15 Novembre 2024 à 18h00
disponible sur https://www.memoireonline.com
-LOKO-BALOSSA (E-J), La responsabilité du banquier dispensateur de crédit, mémoire de
DEA, Faculté de Droit - Université Marien Ngouabi, 2007, p.11.

ARTICLES ET CHRONIQUES
- BOUCARD François et DJOUDI Jamel, « La protection de l'emprunteur profane », Recueil
Dalloz-2008, n°8,
- BOUCARD François, Revue de droit bancaire et financier n°5, sept. 2007, étude 17
- CLEMENT J-F, Le banquier vecteur d'information, RTD com. 1997,

VII
- Crises bancaires dans les pays de l’UEMOA : un système d’alerte avancé fonde sur une
approche logit multinomiale, Alain ANGORA et Amine TARAZI, CAHIERS
ECONOMIQUES DE BRUXELLES VOL. 54 (1) SPRING 2011
- DELPECH. 2005 n°37, actualités juridiques, note DELPECH (X.)
- DENIS Laurent, le droit bancaire : une bonne solution pour mettre fin aux scandales bancaires
disponible sur https://www.village-justice.com
- GUYADER Hervé, Contrats Concurrence, Consommation n°4, avril 2008, étude 5.
- JAMES J-C, « Le secret bancaire en droit gabonais », in Afrique Juridique et Politique, revue
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entreprises-et-histoire
- Le secteur de la microfinance dans l’UEMOA depuis 1992, Banque Centrale des Etats de
l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
- Robert SAVY, « La protection des consommateurs en France », Revue Internationale de Droit
Comparé, 1974, 26, numéro 3, pp.591-625.
- SANOU Dramane, « Le cadre juridique de la protection des consommateurs des services
financiers dans l’espace de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest
(UEMOA) » disponible sur https://www.financialafrik.com
- STOUFFLET Jean, « Retour sur la responsabilité du banquier donneur de crédit » in Mélanges
Cabrillac, Dalloz-Litec 1999, n° 17

TEXTES COMMUNAUTAIRES ET NATIONAUX


- Acte uniforme portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif dans
l’espace OHADA, édition 2018
- Acte uniforme portant droit des sûretés dans l’espace OHADA, édition 2018
- Annexe à la Convention régissant la Commission bancaire
- Code des Obligations Civiles et Commerciales (COCC) en République du Sénégal
- Décision n°003 du 30/03/2015/CM/UMOA portant relèvement du capital social minimum des
banques et des établissements financiers
- Décision N° 013124/06/2016/CM/UMOA portant dispositif prudentiel applicable aux
établissements de crédit et aux compagnies financières de l’UEMOA

VIII
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
- Décision N°088-03-2014 du gouverneur de la BCEAO
- Décision n°397/12/2010 du 06 Décembre 2010 portant Règles, Instruments et Procédures de
mise en œuvre de la politique de la monnaie et du crédit de la BCEAO
- Décision n° CM/UMOA/009/06/2013 du 28 juin 2013 portant adoption du projet de loi
uniforme relative à la définition et à la répression de l’usure
- Décision CM/UMOA/010/06/2013 du 28 juin 2013 portant adoption du projet de loi uniforme
relative au taux de l’intérêt légal
- Décret n° 2009-95 en date du 06 Février 2009 portant création et organisation de l’observatoire
de la qualité des services financiers en République du Sénégal
- Instruction n° 002/03/2011 de la BCEAO relative aux modalités de constitution des réserves
obligatoires
- Instruction n°008-05-2015 régissant les conditions et modalités d’exercice des activités des
émetteurs de monnaie électronique dans les Etats membres de l’UEMOA
- Instruction N°001-01-2024 relative aux services de paiement dans l'UEMOA
- Loi n° 2024-14 du 02 Septembre 2024 portant règlementation bancaire en République du
Bénin disponible sur https://legis.cdij.bj/index.php/
- Loi n° 2024-15 du 23 mai 2024 portant définition et répression de l'usure en République du
Bénin disponible sur https://legis.cdij.bj/index.php/
- Loi n°2007-21 du 16 décembre 2007 portant protection des consommateurs en République du
Bénin disponible sur https://legis.cdij.bj/index.php/
- Loi n°99- 011 du 28 décembre 1999 portant organisation de la concurrence en République
Togolaise disponible sur https://cuts-ccier.org
- Loi du 21 Mars 2012 portant réglementation des Systèmes Financiers Décentralisés en
République du Bénin disponible sur https://legis.cdij.bj/index.php/
- Loi n°2015-036 du 16 juillet 2015 portant protection du consommateur au Mali disponible sur
https://www.fao.org
- Loi n° 2016-412 du 15 Juin 2016 relative à la consommation en République de Côte d’Ivoire
disponible sur https://www.oqsf.ci/
- Loi uniforme portant réglementation des Bureaux d'Information sur le Crédit (BIC) dans les
États membres de l'UEMOA disponible sur https://www.dri.gouv.sn/
- Loi N° 2006-11 DU 17 AOUT 2006 portant mesures de promotion de la bancarisation et de
l'utilisation des moyens de paiement scripturaux en République du Bénin disponible sur
https://legis.cdij.bj/index.php/

IX
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
- Loi n° 98-33 du 17 Avril 1998 relative à la répression des opérations usuraires et aux taux
d’intérêts en République du Sénégal disponible sur https://drs-sfd.gouv.sn/
- Plan Comptable Bancaire (PCB) uniforme pour les banques et établissements financiers de
l'UMOA disponible sur https://www.bceao.int/
- Recueil des textes légaux et règlementaires régissant l’activité bancaire et financière dans
l’UEMOA
- Statuts du Fonds de Garantie des Dépôts de l'UEMOA disponible sur https://www.bceao.int/

JURISPRUDENCE
- Cass. Civ. 1ere, 2 novembre 2005, Juris-Data, n°2005-030521, D. 2005, Aff., p. 3084, obs.,
AVENA-ROBARDET.
-Cass. Civ. 1ère Ch. Civ, 12 juillet 2005, M. Franck Guigan c/ Crédit lyonnais, n° 03-10.770
- Cass. Chambre Mixte 29 juin 2007, Epoux X. c/ Société Caisse régionale de crédit agricole
mutuel Centre-Est (CRCAMCE), n°05-21104. 53
- Cass. Com. 3 mai 2006, M. Gilbert Joffre c/ Banque française commerciale Océan Indien
(BFCOI), n°02-11211 54
- Cass. Civ. 1ère Ch.Civ, 12 juillet 2005, Epoux Jauleski c/ Banque nationale de Paris, 03-10.921
- DELPECH Xavier, note sous les arrêts de la Première chambre civile de la cour de Cassation
du 12 juillet 2005, Dalloz 2005, Dalloz 2005 n°33
- Obs. sous Cass. Civ. 1ere, 12 juillet 2005. 50

WEBOGRAPHIE
- CHATRIOT (M) « Devoir de mise en garde et déloyauté en droit bancaire », consulté le 18
Novembre 2024 à 19h00, disponible à l’adresse www.village-justice.com.

- CNUCED, 2017, Manuel sur la protection du consommateur (publication des Nations Unies,
Genève) consulté le 18 Novembre 2024 à 15h00, disponible à l’adresse https://unctad.org
- CNUCED, La protection des consommateurs de produits et services financiers, y compris
l’éducation financière et le développement des connaissances dans le domaine financier,
Genève, 2022, consulté le 18 Novembre 2024 à 17h00, disponible à l’adresse https://unctad.org

- Historique des systèmes financiers décentralisés, consulté le 20 Novembre 2024 à 10h00,


disponible à l’adresse https://www.bceao.int
- Le droit à l’ouverture d’un compte, Aurélien BAMDE, consulté le 20 Octobre 2024 à 11h00,
disponible à l’adresse https://aurelienbamde.com/2017/ 09/27/le-droit-a-louverture-dun-
compte-bancaire-droit- au-compte/
X
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TABLE DES MATIERES

AVERTISSEMENT…………………………………………………………………………... I
DEDICACE………………………………………………………………………………….. II
REMERCIEMENTS………………………………………………………………………… III
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS………………………………………………… IV
SOMMAIRE………………………………………………………………………………….. V
INTRODUCTION…………………………………………………………………………… 1
PREMIERE PARTIE Le consommateur a priori protégé dans sa relation
contractuelle……………………………………………………………………………………5
CHAPITRE 1 L’importance d’un cadre juridique dans la relation contractuelle entre
consommateur et établissement de crédit………………………………………………………5
Section1 La mise en place d’un système d’organisation règlementé des établissements de
crédit……………………………………………………………………………………………5
Paragraphe 1 Les opérations reconnues par le législateur comme composante de l’activité
bancaire……………………………………………………………………………………….. 6
A- La réception de fonds du public : une opération fondée sur la confiance et strictement
encadrée pour protéger les consommateurs ……………………………………………….6
B- Les opérations de crédit : un levier incontournable pour le financement de
l'économie……………………………………………………………………………... 8
Paragraphe 2 Les établissements de crédit : fondement du système financier………………..9
A- Les banques : des établissements de crédit par excellence……………………………..9
B- Les établissements financiers à caractère bancaire……………………………………10
Section 2 Les systèmes financiers décentralisés (SFD), une alternative aux établissements de
crédit…………………………………………………………………………………………..12
Paragraphe 1 L’émergence des Systèmes financiers décentralisés…………………………..12
A- L’Historique de l’apparition des SFD dans le paysage bancaire………………………12
B- Les conditions d’accès au secteur des finances décentralisées………………………..14
Paragraphe 2 Le mécanisme de contrôle des SFD…………………………………………...16
A- Les contrôle interne de l’activité des SFD…………………………………………….16
B- Le contrôle externe de l’activité des SFD……………………………………………..17
CHAPITRE 2 Les conditions d’exercice de l’activité bancaire : glissière de sécurité pour le
consommateur ...……………………………………………….……………………………. 19

XI
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Section 1 Les conditions sélectives rigoureuses pour l’accès à la profession bancaire………..19
Paragraphe 1 L’Agrément de l’établissement de crédit, gage de la sûreté du
consommateur……………………………………………………………………………….. 19
A- Les conditions relatives à l’obtention de l’agrément pour l’exercice de l’activité
bancaire……………………………………………………………………………… 19
B- La décision de l’agrément, une prérogative de la Commission bancaire…………… 21
Paragraphe 2 Le privilège des banques pour l’exercice de certaines activités………………22
A- Les fondements de ce privilège accordé aux banques…………………………………23
B- Les exceptions aux privilèges accordés aux banques dans l’exercice de leurs
activités………………………………………………………………………………. 24
Section 2 L’exercice de la profession de banque, un service public sous contrôle permanent des
autorités de tutelle……………………………………………………………………………. 26
Paragraphe 1 Les règles préventives permettant d’assurer la stabilité de la profession de
banque……………………………………………………………………………………….. 26
A- Les normes comptables et prudentielles, composantes phares des règles
préventives…………………………………………………………………………… 26
B- Les contrôles liés au respect des normes prudentielles et comptables………………. 28

Paragraphe 2 Les règles curatives : une solution à l’échec des règles préventives…………..30
A- Les établissements de crédit en difficultés…………………………………………….30
B- La garantie des déposants, un élément indispensable pour la confiance des
consommateurs ………………………………………………………………………. 31
DEUXIEME PARTIE Le consommateur à postériori protégé dans sa relation
contractuelle…………………………………………………………………………………. 35
Chapitre 1 Le compte bancaire : instrument des relations financières entre la banque et le
consommateur……………………………………………………………………………….. 35
Section 1 L’ouverture du compte bancaire : une étape marquante de la relation contractuelle
entre Banque et Consommateur……………………………………………………………… 35
Paragraphe 1 La liberté de contracter, un droit essentiel reconnu au consommateur ……… 36
A- Un principe fondamental pour la bonne conduite de la relation contractuelle ……….36
B- Les limitations à la liberté contractuelle………………………………………………38
Paragraphe 2 Les obligations du banquier tenant à l’ouverture du compte………………….39
A- Les vérifications préalables à l’ouverture du compte bancaire………………………. 39
B- Le devoir d’information du banquier………………………………………………….41
Section 2 Les services financiers mis à la disposition du consommateur…………………….42

XII
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.
Paragraphe 1 Les services associés à l’usage du compte bancaire…………………………..43
A- Les opérations liées à l’usage du compte bancaire…………………………………….43
B- Les droits relatifs au crédit du compte…………………………………………………44
Paragraphe 2 L’opportunité du crédit ………………………………………………………. 45
A- Le formalisme lié à la convention de crédit……………………………………………45
B- Les sûretés garantissant l’octroi du crédit……………………………………………..47
Chapitre 2 La formalisation et la protection du consommateur dans le processus d’octroi du
crédit bancaire……………………………………………………………………………….. 50
Section 1 Les règles inhérentes à la formalisation du crédit bancaire…………………………50
Paragraphe 1 La prise en compte de la personnalité du débiteur……………………………50
A-Les notions d’emprunteur averti et emprunteur profane……………………………….50
B-Les obligations du banquier face à la personnalité de l’emprunteur……………………52
Paragraphe 2 Les règles relatives aux intérêts du crédit……………………………………..54
A- La fixation des intérêts……………………………………………………………….. 54
B- La computation des intérêts………………………………………………………….. 56
Section 2 Les mécanismes de protection du consommateur dans le processus d'octroi de crédit
bancaire……………………………………………………………………………………… 58
Paragraphe 1 L'évaluation préalable et la sauvegarde des intérêts du candidat au crédit ……59
A- La situation financière du demandeur de crédit……………………………………….59
B- La protection de l’intégrité du consentement du candidat au crédit…………………..61
Paragraphe 2 Les dispositions alternatives pour la protection du consommateur face aux
institutions bancaires………………………………………………………………………….63
A- La responsabilisation du consommateur à travers l’éducation au crédit ……………. 63
B- Le règlement amiable des litiges liés à la consommation du service bancaire ……….65
CONCLUSION………………………………………………………………………………69
BIBLIOGRAPHIE………………………………………………………………………….. VII
TABLE DES MATIERES…………………………………………………………………… XI

XIII
Réalisé par ODELOUI VANESSA LÉNORA O.P.

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