0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
18 vues8 pages

Correction Révision2025

Les clauses d’éternité sont des dispositions constitutionnelles qui protègent des principes fondamentaux contre toute modification, incarnant la volonté du constituant de préserver l'identité de la Constitution. Bien que leur intangibilité soit affirmée dans plusieurs constitutions, elles peuvent être contournées par le pouvoir constituant originaire ou suspendues temporairement lors de crises. La révision parlementaire de la Constitution, bien que strictement encadrée, soulève des questions sur la prééminence de la Constitution face aux lois ordinaires et sur les risques de dénaturer le texte fondamental.

Transféré par

mboupsyera
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
18 vues8 pages

Correction Révision2025

Les clauses d’éternité sont des dispositions constitutionnelles qui protègent des principes fondamentaux contre toute modification, incarnant la volonté du constituant de préserver l'identité de la Constitution. Bien que leur intangibilité soit affirmée dans plusieurs constitutions, elles peuvent être contournées par le pouvoir constituant originaire ou suspendues temporairement lors de crises. La révision parlementaire de la Constitution, bien que strictement encadrée, soulève des questions sur la prééminence de la Constitution face aux lois ordinaires et sur les risques de dénaturer le texte fondamental.

Transféré par

mboupsyera
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Sujet du Lundi : Les clauses d’éternité

1- Amorce
Le pouvoir constituant est l'autorité suprême et originaire qui donne naissance à une nouvelle
Constitution ou qui en abroge une existante pour la remplacer. Il est l'expression de la
souveraineté populaire, souvent exercée lors de moments fondateurs ou de crises majeures.
En revanche, le pouvoir de révision constitutionnelle est un pouvoir dérivé, encadré par la
Constitution elle-même. Son rôle est de modifier la Constitution en vigueur sans en altérer
l'essence, ni la remplacer intégralement. La révision constitutionnelle est un acte normatif qui
s'opère dans le strict respect des procédures et limites fixées par la Constitution en vigueur.
Parmi ces limites figurent les clauses d’éternité.

2- Définition des termes


Les clauses dites d’éternité ou d’intangibilité, originellement systématisées par la doctrine
allemande1 renvoient à des dispositions constitutionnelles qui sont rendues impossibles à
modifier ou à abroger. Elles visent à protéger des principes fondamentaux et des valeurs
essentielles considérés comme le « cœur » ou l'identité de la Constitution et de l’État. Elles
incarnent la volonté du constituant de préserver durablement des éléments jugés inaliénables
du pacte social.
Il s’agit ainsi de dispositions qui prohibent la modification de certaines dispositions de la
constitution ou leur révision.

3- Problématique
Quelle est l’étendue de l’intangibilité des clauses d’éternité ?

4- Délimitation
L'étude des clauses d'éternité, qui protègent certains principes constitutionnels de toute
révision, peut être abordée sous diverses perspectives. On peut notamment explorer les limites
matérielles imposées à la révision constitutionnelle, examinant ainsi les fondements et la
portée de ces restrictions. Une autre approche pertinente consiste à analyser ces clauses à
travers le prisme du contrôle de constitutionnalité des lois de révision, ainsi que le contrôle
juridictionnel de ces limites. Bien que ces deux dernières dimensions soient cruciales pour
une compréhension exhaustive, elles ne seront pas spécifiquement développées dans cette
analyse.

1 AUTEXIER (C), Introduction au droit public allemand, PUF, Paris, 3445, 654 p

1
5- Intérêt
Ces clauses sont désignées sous diverses appellations : clauses d'intangibilité2, clauses
irréformables3, ou encore dispositions insusceptibles de révision constitutionnelle 4.
Cependant, le concept même est source de vifs débats doctrinaux5. Certains n'hésitent pas à
les qualifier de clauses super ou supra-constitutionnelles6, une dénomination qui souligne la
controverse quant à leur nature et leur place dans la hiérarchie des normes.
Ce sujet est d’une actualité certaine car les nouvelles constitutions d’après chute du mur de
Berlin ont, quasiment toutes, procédé au verrouillage de certaines dispositions jugées
indispensables à l’enracinement de la démocratie et de « l’État de droit constitutionnel ».

6- Plan

I- Une intangibilité affirmée

A- Une consécration constitutionnelle de l’intangibilité

Après la Seconde Guerre mondiale et la chute du mur de Berlin, on a vu une réaffirmation


progressive de la suprématie constitutionnelle dans des constitutions écrites. Ce
mouvement a été initié par l'Allemagne et l'Italie qui, pour éviter de répéter les erreurs du
passé, ont mis l'accent sur le droit substantiel. Ils ont proclamé de nombreux droits
fondamentaux et créé des Cours constitutionnelles chargées de garantir le respect de cette
suprématie.

L'article 79 alinéa 3 de la Loi fondamentale allemande établit une garantie de pérennité


constitutionnelle, rendant certaines dispositions de la Constitution intangibles et impossibles à
réviser. Ces éléments centraux et irrévocables comprennent : Le fédéralisme, la participation
des Länder à la législation fédérale par le biais du Bundesrat, les principes fondamentaux
énoncés aux articles 1 et 20 de la Loi fondamentale, incluant le respect de la dignité humaine,
les droits de l'homme, les principes de l'État démocratique, social et républicain, la
séparation des pouvoirs, et certains aspects de l'État de droit comme la primauté de la
Constitution. Il en est de même de « la forme républicaine du gouvernement » (France). La
Constitution Turque consacre le caractère intangible de la forme unitaire de l’État (article 3).

2 CONSTANTINESCO (V) et PIERRE-CAPS (S), Droit constitutionnel, PUF EF3G, pp. 34I-344.
3 GÖZLER (K), Le pouvoir de révision constitutionnelle, Bordeaux R, 344S, pp. 334 et ss
4 OUEDRAOGO (S.M), « La lutte contre la fraude à la constitution en Afrique noir francophone », Bordeaux R,
EF33, pp. 36 et ss
5 NIKIEMA (P.L), « Les clauses d’éternité constitutionnelle dans la construction démocratique au Burkina
Faso », AFRILEX, EFE3, p 6
6 GICQUEL (J) et GICQUEL (J.-E.), Droit constitutionnel et institutions politiques, LGDJ, EFEF, p. ER3

2
En Grèce, la Constitution liste neuf intangibilités. Celles-ci couvrent des aspects variés, allant
des fondements du régime politique à l'interdiction des titres de noblesse, incluant également
la liberté de conscience.
Au Portugal, l'article 288 de la Constitution présente une liste encore plus étendue, avec
quatorze rubriques. Parmi les éléments protégés figurent des principes essentiels tels que
l'indépendance nationale, le suffrage universel et l'indépendance des tribunaux. La
Constitution portugaise va plus loin en protégeant également les droits des travailleurs et des
associations syndicales, ainsi que les plans et structures économiques du pays. Cette liste
exhaustive rendra difficile toute révision substantielle du texte, soulevant des questions quant
à la capacité de la Constitution à s'adapter aux défis futurs.

En Afrique : interdiction de réviser les dispositions relatives au système pluraliste ou


multipartiste (art. 165 de la Constitution du Burkina Faso du 11 juin 1991 / art. 220 de la
Constitution de RDC) ; celles relatives aux principes de laïcité et de séparation des pouvoirs
( Constitution de la Guinée Conakry du 23 décembre 1990 révisée par le décret du 15 mai
2002) ; celles relatives aux conditions d’éligibilité ou encore aux droits fondamentaux des
citoyens (art. 123 de la Constitution de la République centrafricaine du 30 mars 2016/ art. 61
de la Constitution de RDC) ; relatives au mode d’élection du chef de l’Etat, la durée et le
nombre de ses mandats (art. 103 de la Constitution sénégalaise depuis la réforme de 2016 /
Interdiction rappelée par le juge constitutionnel sénégalais dans sa décision n° 1/C/2024 du 15
février 2024 relativement à la durée du mandat présidentiel).

B- Un verrouillage constitutionnel de l’intangibilité

L'idée d'une Constitution intemporelle, dont certains principes fondamentaux seraient à l'abri
de toute modification, est au cœur des préoccupations démocratiques modernes. Cette
intangibilité constitutionnelle se manifeste par des clauses d'éternité ou des limites
matérielles à la révision, visant à préserver l'essence même de l'État et les droits
fondamentaux de ses citoyens. Ces clauses interdisent non seulement la modification des
dispositions qu'elles protègent, mais peuvent aussi prohiber leur propre révision, assurant
ainsi une protection maximale contre toute altération. Le Sénégal, à l'instar de plusieurs États
démocratiques, a récemment renforcé cette protection, inscrivant expressément dans sa loi
fondamentale des dispositions considérées comme irrévocables. La notion de sacralisation
des règles de fonctionnement démocratique renvoie à l'idée que certains piliers de la
Constitution sont si essentiels à l'identité d'un État qu'ils doivent être soustraits à la volonté
révisionniste, même majoritaire.

Au Sénégal, cette tendance est particulièrement marquée. L'article 103, alinéa 7, de la


Constitution sénégalaise en est une illustration frappante. Cette disposition prévoit une
clause d'éternité élargie qui stipule explicitement que « La forme républicaine de l’État, le
mode d’élection, la durée et le nombre de mandats consécutifs du Président de la République
ne peuvent faire l’objet de révision ». Allant encore plus loin, l'alinéa 8 du même article
précise que « L’alinéa 7 du présent article ne peut être l’objet de révision ». Cette double

3
protection renforce considérablement la sanctuarisation de ces principes, les rendant
quasiment inaltérables. L'emploi de termes tels que droits intangibles, droits indérogeables,
noyau constitutionnel ou identité constitutionnelle dans la doctrine juridique met en
lumière cette volonté de préserver l'essence d'un régime démocratique et républicain. Il s'agit
de garantir la pérennité des mécanismes fondamentaux qui assurent la légitimité du pouvoir et
la participation citoyenne, en les soustrayant aux aléas des majorités politiques.

II- Une intangibilité contournable

Comme l’explique Walter Jellinek, la révolution est la preuve la plus évidente de


l’impossibilité d’une clause limitant matériellement le pouvoir constituant qui décide de
rompre avec les principes de l’ordre constitutionnel existant. « Il ne s’agit pas de principe
abstrait « hypostasié » ou « dogmatisé » ne pouvant faire l’objet d’aucune modification7.

A- L’inopposabilité au Pouvoir Constituant Originaire (PCO)

L'interdiction de réviser les clauses d'éternité n'est pas absolue face au PCO. Ce dernier est la
manifestation de la souveraineté populaire, capable de créer un nouvel ordre juridique. Son
pouvoir est initial et souverain, lui permettant d'édicter des normes juridiques incontestables.
En vertu de la théorie démocratique, la capacité de changer la Constitution, y compris ses
clauses d'éternité, appartient non seulement à la génération actuelle mais aussi aux «
générations à venir ». Cela se réalise par la manifestation d'une volonté populaire contraire
dans l'exercice du pouvoir constituant. Le PCO, en tant que pouvoir fondateur d'un nouvel
ordre juridique, peut même décider d'adopter de nouvelles clauses d'éternité, différentes de
celles préexistantes.

B- La suspension temporaire des clauses d'éternité

Ces clauses peuvent être temporairement suspendues lors de changements


anticonstitutionnels de gouvernement et des transitions qui en découlent. Ces situations
exceptionnelles, souvent marquées par une rupture de l'ordre juridique établi, peuvent
entraîner une mise en veille de ces dispositions. Cela ne signifie pas leur abrogation, mais
plutôt leur inapplication provisoire face à une réalité politique et juridique transitoire 8.

7 KORDOVA (M), « La protection de l’article EF LF par la « clause d’éternité » (Ewigkeitsklausel) de l’article


54, alinéa 6 LF » in Revue générale du droit, numéro S3FRE, EFEF, p 4
8 Il s’agit de « tout putsch ou coup d’Etat contre un gouvernement démocratiquement élu, toute intervention des
mercenaires pour renverser un gouvernement démocratiquement élu, toute intervention de groupes dissidents
armés ou de mouvement rebelles pour renverser un gouvernement en place de remettre le pouvoir au parti ou au
candidat vainqueur à l’issue d’élections libres, justes et régulières, ainsi que tout amendement ou toute révision

4
Sujet du Mardi : La révision parlementaire de la constitution
1- Accroche : Une constitution est vivante : elle reproduit le cycle biologique. Elle naît,
se développe et meurt. Son existence est rythmée par l’exercice du pouvoir constituant,
appelé successivement originaire au moment de son élaboration et dérivé lors de sa
révision, mais dont la plénitude ne saurait être discutée 9. Ce dynamisme est la clé des
nombreuses évolutions qu’elle subit. La révision constitutionnelle est donc un
mécanisme d’adaptation du texte fondamental aux évolutions sociales et politiques.

2- Définition des termes : . Si « la révision est formellement une technique procédurale


par laquelle les pouvoirs publics modifient expressément et officiellement le texte de la
Constitution. Matériellement, elle décrit l’objet de la modification constitutionnelle
résultant de cette procédure formelle »10. Ainsi, La révision parlementaire de la
Constitution peut être conçue comme un mécanisme juridique et politique par lequel
le Parlement d’un État amende, modifie ou complète les dispositions de la loi
fondamentale du pays. Ce processus est généralement encadré par des procédures
spécifiques et souvent plus rigides que celles requises pour les lois ordinaires.

3- Problématique : Quel est le rôle du parlement dans la révision de la Constitution ?

4- Délimitation : Le parlement dispose d’une capacité de révision constitutionnelle dont


l’existence et la légitimité émanent directement du pouvoir constituant originaire. Ce
pouvoir dérivé est strictement encadré, tant sur le plan procédural, par des règles
définies dans la Constitution que sur le plan matériel, par des restrictions ou
interdictions explicites ou implicites visant à éviter des modifications abusives ou
portant atteinte aux principes fondamentaux. Toutefois, la présente étude ne se
focalisera pas sur ces limites à la révision de la constitution.

5- Intérêt : La question du pouvoir constituant reste essentielle dans les problématiques


actuelles du constitutionnalisme car la doctrine a eu à s’interroger sur le pouvoir de
révision. Stéphane MOUTON se demandait comment assurer la prééminence de la
Constitution vis-à-vis de la loi si les organes chargés d’exercer les compétences
exécutive et législative surtout, concentrent dans une même main la compétence
constituante et l’exercice de la fonction législative. Or il semble bien que ce soit la
reconnaissance de la distinction entre le pouvoir constituant et le pouvoir législatif qui
justifie juridiquement la possibilité d’instaurer la suprématie de la norme

9 Gicquel (J), Gicquel (J.-É), Droit constitutionnel et institutions politiques, LGDJ, EFER, p G6I
10 MODERNE (F), Réviser la Constitution. Analyse comparative d’un concept indéterminé, Paris, Dalloz, EFFG,
p.
RF

5
constitutionnelle sur les autres normes étatiques, et d’abord la loi 11. Pour BOLLE, dans
certains pays d’Afrique francophone, l’objectif principal des révisions

des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique »
voir V. E. SOMA/KABORE, « La forme républicaine de l’Etat comme clause d’éternité constitutionnelle », op.
cit., p. MN.
constitutionnelles a été de renforcer le pouvoir présidentiel, qui avait été affaibli au
début des années 1990. Les législateurs ont utilisé des stratégies complexes, comme
masquer des changements majeurs parmi de nombreux amendements mineurs ou
refondre entièrement la constitution sous prétexte de simples révisions. Ce processus a
abouti à une constitution dénaturée, loin de son intention initiale, et a entraîné le retour
d’un pouvoir présidentiel centralisé, au détriment de l’indépendance du pouvoir
législatif. L’Assemblée nationale a ainsi vu ses pouvoirs diminuer, souvent par
l’instauration d’un Sénat largement nommé par le président, renforçant le contrôle
présidentiel12. À sa suite, Ismaïla Madior FALL parlait de « fièvre constitutionnelle »
faisant remarquer que la révision prend, du fait de ses usages souvent contre nature,
une tournure polémique remarquable13. Il faisait remarquer que « l’initiative
parlementaire est mobilisée, surtout si l’objectif de la révision est controversé ou
susceptible de provoquer l’impopularité de son ou ses promoteurs »14.

6- Annonce du plan : Notre analyse s’articulera autour de deux axes majeurs mettant en
exergue le rôle du parlement dans les deux principales phases de la procédure de
révision de la constitution. Nous étudierons ainsi dans un premier temps, le rôle du
Parlement dans l’initiative de la révision (I) et dans un second temps, ce rôle dans
l’aboutissement de la révision (II).

I. Le rôle du parlement dans l’initiative de la révision


A. Le pouvoir d’initier la révision

• Le fondement démocratique : Les parlementaires, représentants de la nation, sont


naturellement désignés pour cette prérogative. La souveraineté nationale appartient au
peuple, et celui-ci l'exerce par ses représentants (art 3 de la constitution) . Le
Parlement a pour fonction principale de voter la loi. La révision constitutionnelle est
un acte législatif par nature, bien que de portée supérieure. Il est donc logique que
l'organe ayant la compétence législative la plus élevée soit également habilité à réviser
la Constitution.

11 MOUTON (S), « L’apport de la théorie du pouvoir constituant de Condorcet dans le droit constitutionnel
contemporain », VIIIe congrès nation de l’AFDC : la circulation du droit constitutionnel, Nancy, Juin EF33, p 3
12 BOLLE (S), « Des constitutions « made in » Afrique », VIème Congrès français de droit constitutionnel,
EFFS, Montpellier, p 5
13 FALL (I.M), « La révision de la Constitution au Sénégal », Afrilex, EF3R, p 3
14 Ibidem, p 33

6
• La consécration constitutionnelle : Exemples tirés du paragraphe (Sénat du Second
Empire, États-Unis) et mise en exergue de l’article 103 de la Constitution sénégalaise
("L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président
de la République et aux députés."). Des exemples concrets : Tchad : En 2004, la
majorité parlementaire a révisé la Constitution pour supprimer la limitation des
mandats présidentiels et la limite d’âge. Sénégal : En 1998, Une « proposition de
révision » parlementaire à supprimer la limitation à deux mandats présidentiels.

B. Les modalités d’exercice de l’initiative parlementaire

• Initiative conjointe des deux chambres : L’exemple des États-Unis (Chambre des
Représentants et Sénat) avec nécessité de consensus bicaméral.

• Initiative de l’une ou l’autre chambre France : soit une initiative de n'importe quel
parlementaire, c'est-à-dire un député ou un sénateur, et on est en présence d'une
proposition de révision
• Le cas sénégalais spécifique : L’article 103 de la Constitution sénégalaise, en
mentionnant simplement « les députés », fait clairement référence à l’Assemblée
nationale dans son ensemble. Cette formulation souligne le rôle central et quasi
exclusif de cette institution en tant que corps législatif unique, incarnant ainsi un
monocaméralisme effectif en matière d’initiative parlementaire. En d’autres termes, ce
sont les membres de l’Assemblée nationale, agissant collectivement, qui détiennent le
pouvoir de proposer des lois, renforçant ainsi la prépondérance de cette chambre dans
le processus législatif sénégalais et confirmant sa position de pivot de l’activité
parlementaire.

II- Le rôle du parlement dans l’aboutissement de la révision


A- Un rôle déterminant dans la phase d’adoption

La procédure d’adoption en Assemblée nationale : En vertu de l’article 103 de la


Constitution sénégalaise : Le projet ou la proposition de révision de la Constitution est adopté
par l’Assemblée nationale selon la procédure prévue à l’article 71 de la présente Constitution /
Majorité absolue des suffrages exprimés est exigée par l’article 71.

B. Un rôle alternatif dans la phase d’approbation

La procédure d’approbation parlementaire : La soumission de l’approbation à l’Assemblée


nationale au Sénégal est prévue par l’article 103 al. 4 : « Toutefois, le projet ou la proposition
n’est pas présenté au référendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre

7
à l’Assemblée nationale »15. La majorité qualifiée requise dans ce cas : « Dans ce cas, le
projet ou la proposition n’est approuvé que s’il réunit la majorité des trois cinquièmes (3/5)
des suffrages exprimés » (art. 103 al. 5). En France art. 89) : Vote identique des deux
assemblées : Le projet ou la proposition de révision doit être voté en termes identiques par
l’Assemblée nationale et le Sénat. Chaque chambre dispose d’un droit de veto, ce qui signifie
que le désaccord d’une seule suffit à bloquer la révision.

NB : - Il faut savoir que le référendum reste le principe général : « La révision est définitive
après avoir été approuvée par référendum » (art. 103 al. 3) / - Evoquer la pratique

jurisprudentielle du couplage des étapes d’adoption et d’approbation au Sénégal avec la


décision du Conseil constitutionnel du 18 janvier 2006

15 Cameroun : En EFFI, le président Paul Biya a initié une révision constitutionnelle pour supprimer la limitation
des mandats. Il l’avait soumis au parlement qui l’avait approuvé.

Vous aimerez peut-être aussi