HAUTE ECOLE DE COMMERCE
DE KINSHASA
ELEMENTS D’ENTREPRENEURIAT
Prof BINWA Machumu Benoît
Docteur en Entrepreneuriat
[email protected]
Un richissime chinois avait déclaré : « If you put the bananas and money in
front of the monkeys, the monkeys will choose bananas because they don’t
know that money can buy a lot of bananas. In fact, if you offer WORK and
BUSINESS to people, they will choose to WORK because most people don’t
know that a BUSINESS can make more money that a salary. One of the
reasons the poors are poors is because they are not trained to ricognize
opportunity. They spend a lot of time in school and what they learn is to
work for a salary in stead of working for themselves. Profit is better than wages
because wages can support you, but profits can make you a fortune ».
OSSATURE
• Introduction: importance, objectifs, compétences, teaching et évaluation
• Le champ de l’entrepreneuriat
• L’entreprise et son environnement
• Le processus de création d’une entreprise
• Le plan d’affaires: éléments descriptifs
• Conclusion
CHAPITRE 1ER. CONSIDÉRATIONS
GÉNÉRALES SUR L’ENTREPRENEURIAT
• Naissance et dissémination du concept
• Repères théoriques
• Concepts centraux
• Caractéristiques de l’entrepreneur et influence de l’environnement
• Comportement entrepreneurial: Inné ou acquis?
• Formes d’entrepreneuriat
• Entrepreneuriat dans sa diversité
• Compétences entrepreneuriales
1. Naissance et dissémination du concept
• L’entrepreneuriat est reconnu comme un moteur essentiel du
développement économique, stimulant la croissance, l’innovation et la
création d’emplois (Audretsch, 2012).
• Sans entrepreneurs, il y aurait moins (pas) d’innovation, moins de
possibilités d’emploi et moins de productivité.
• Par consequent, en 2024, le monde comptait environ 582 millions
entrepreneurs (enquêtes GEM sur 65 économies).
PME et Dynamique Entrepreneuriale
• Depuis la fin de la seconde guerre mondiale et des années 1970, l’économie
mondiale était dominé par les grandes entreprises.
• La Petite et Moyenne entreprise (PME) était perçue comme une simple étape de la
vie de l’entreprise.
• La récession économique et l’avènement de l’économie de l’information ont mis à
mal le postulat de l’inévitabilité de la grande dimension (voir le débat au tour des
concepts ‘’économies d’échelle, de gamme et d’apprentissage’’ et leurs méfaits,
Torres, 1998).
• Le nombre des grandes entreprises a diminué durant les années 1970 et 1980.
• Les quatre caractéristiques de la société de l’information et qui façonnent la vie des
entreprises : la montée de la complexité (la mondialisation et ses défis, les évolutions
et mutations, l’évolution des mentalités), la montée de l’interdépendance (le client
n’achète plus un produit mais une perception, un service, une reconnaissance), la
montée de l’incertitude (on ne peut plus miser sur la complète exécution des cycles
de vie d’un produit tant une rupture technologique, économique, politique,
réglementaire, sociétale ou autre, peut briser à tout moment cette belle stabilité) et la
montée de l’individualité (la norme cède la place au contrôle ou à l’autocontrôle).
• En conséquence, l’entreprise se doit d’être agile, organisée en petites unités très
interconnectées et proches du client.....si non, disparition.
• Depuis les années 1970, les PME ont acquis une place centrale dans l’économie globale
(Storey, 1994).
• Cette évolution repose sur plusieurs transformations :
o Décentralisation et désintégration verticale des grandes entreprises (outsourcing,
downsizing).
o Nouveaux modèles économiques basés sur la flexibilité et l’adaptabilité.
o Importance de l’intrapreneuriat pour dynamiser l’innovation interne aux grandes
organisations.
• Dans ce contexte, la PME n’est plus une simple transition vers une grande entreprise,
mais un levier de compétitivité structurelle.
• Changement de postulat: hyper firme et hypo firme (Marchesnay, 2008).
• L’enthousiasme que suscitent les PME est devenu un phénomène universel d’où les
slogans « small is beautiful » (Torres, 1998) voire « small is efficient » (Marchesnay, 2008).
• Depuis le début des années 1990, des cours ou des programmes d’entrepreneuriat ont
été créés dans des très nombreuses universités et écoles supérieures…
• L’entrepreneur est le nouveau « deus ex machina » des temps modernes.
• « deus eks makina » est une locution latine, du monde théâtral, qu’on peut traduire par
« dieu sorti de la machine ». Dans le langage courant, l’expression s’applique à un élément
qui arrive par surprise et qui résout une situation bloquée jusque-là.
2. Les pionniers
• Deux premiers auteurs généralement identifiés comme les pionniers du domaine,
Cantillon (1680 – 1734) et Say (1767-1832).
• Richard Cantillon était essentiellement un banquier qu’on qualifierait aujourd’hui de
prêteur de capitaux de risque.
• Ses écrits nous révèlent un homme à la recherche d’occasions d’affaires, préoccupé
par une gestion astucieuse et économe qui optimalise le rendement sur le capital
investi.
• Pour Cantillon, l’entrepreneur achète une matière première - souvent un produit de
l’agriculture - à un prix certain pour la transformer et la revendre à un prix
incertain.
• C’est donc quelqu’un qui sait saisir une occasion en vue de réaliser un
profit, mais qui doit en assumer les risques.
• Cantillon était reconnu comme étant très près de ses sous, pour ne pas
dire pingre.
• L’hypothèse a été émise par des contemporains que son cuisinier aurait
volontairement mis le feu à sa propriété à Londres, où il s’était établi, à
la suite du refus obstiné de son patron d’augmenter ses émoluments.
Cet incendie entraîna la mort de Cantillon en 1734.
• Jean-Baptiste Say est le deuxième auteur qui s’est beaucoup intéressé
aux activités de l’entrepreneur.
• Le développement de l’économie ne peut avoir lié qu’à travers la
création des entreprises.
• Pourtant, cette dernière implique l’investissement des fonds pour un
résultat inespéré.
• Il rêvait de voir la révolution industrielle anglaise se transposer en
France.
• On l’a qualifié d’économiste, car, à l’époque et jusqu’à la moitié du 20e
siècle, les sciences de l’administration étaient inexistantes.
• On qualifiait alors d’économiste toute personne qui s’intéressait aux
organisations, qui parlait de création et de distribution de richesses.
• Il fit une différence entre l’entrepreneur et le capitaliste, entre les
profits de l’un et de l’autre.
• En ce sens, il associa l’entrepreneur à l’innovation et voit celui-ci comme
un agent de changement.
• Compte tenu qu’il fut le premier auteur à constituer les assises du
champ, il est qualifié de père du champ de l’entrepreneuriat.
• Cantillon et Say voyaient l’entrepreneur surtout comme un preneur de
risques puisqu’il investissait son propre argent.
• Joseph-Aloïs Schumpeter (1883- 1950) lui-même a observé qu’une
grande partie de sa contribution a consisté à faire connaître aux Anglo-
Saxons la compréhension du monde de l’entrepreneur à partir des
écrits de Jean-Baptiste Say.
• Il donne son envol au domaine de l’entrepreneuriat en lui associant
nettement à l’innovation.
• Il est connu davantage pour ses théories sur les fluctuations
économiques, la destruction créatrice et l’innovation.
• La destruction créatrice est le processus économique continu par
lequel l’irruption sur les marchés d’innovation défie les entreprises
déjà implantées et conduit les moins productives à disparaître.
• Par ce processus, le système économique se renouvelle et génère une
croissance économique de long terme.
• L’innovation serait alors la recherche constante d’amélioration de
l’existant ou la conception de la nouveauté.
• Pour lui, l’entrepreneur est un agent de changement et propose
d’assurer une rente de monopole à l'entrepreneur-innovateur (mais
alors temporaire).
• S'il est normal de protéger l'innovateur par une rente de monopole,
juste retour de l'investissement et des sacrifices consentis, elle doit
rester temporaire pour encourager à innover sans cesse (en détruisant
continuellement des éléments vieillis et en créant continuellement des
éléments neufs).
• Nous retenons les origines économiques du concept « Entrepreneuriat »
associé à Say et Schumpeter. Ces auteurs présentent à la fois l’entrepreneur
comme un créateur d’entreprise (richesse) et un agent de changement
(intrapreneur).
• Il convient également de mentionner la notion de risque (Cantillon, 1755).
• Un peu après, d’autres économistes se sont intéressés à l’anticipation à
découvrir de nouvelles opportunités d’affaires (Kirzner) ou la réponse à
l’incertitude (Knight).
3. Essai de définition
• Malgré une théorie riche, jusqu’à l’aube du 21esiècle, aucun consensus
n’est toujours dégagé pour définir l’entrepreneuriat.
• Dès lors, les termes «Entrepreneur» et «Entrepreneuriat» sont
associés à la capacité d’accomplir des choses nouvelles plaçant l’accent
sur l’innovation et non sur les routines managériales.
• Dès lors, l’entrepreneuriat et l’innovation sont indissociables
• L'entrepreneuriat peut également prendre un sens beaucoup plus large et
être compris comme une forme pédagogique voire une méthode à part
entière.
• De nombreux chercheurs convergent désormais vers une définition plus large
de l'entrepreneuriat, qui vise à définir les personnes comme des
entrepreneurs en général ou travaillant de manière entrepreneuriale, en
intégrant l'état d'esprit comportemental et les conceptions culturelles de
l'entrepreneuriat.
• Dans cette définition, l'entrepreneuriat est considéré comme une
compétence de vie pour le 21e siècle.
Selon Verstraete et Fayolle (2004), plutôt que donner une définition unique,
l’entrepreneuriat peut être défini selon différents paradigmes :
1°) Le paradigme de l’opportunité d’affaires
• Toute opportunité ne conduit pas forcément à la création d’une entreprise.
• Ainsi certains entrepreneurs créent par opportunité et d’autres le font par
nécessité.
• Ces derniers sont actionnés par des motivations qualifiées de « push » c’est-
à-dire des motivations rattachées à des situations négatives comme le
chômage ou le sous-emploi (Gilad et Levine, 1986).
• Par contre, ceux qui créent par opportunité, sont des gens qui, pendant que les
autres ne voient rien, trouvent des occasions d’affaires et décident de se lancer.
• Ils sont mus par des motivations dites « pull » c’est-à-dire des facteurs positifs où
la création de l’entreprise est source de profit (Gilad et Levine, 1986): c’est
l’entrepreneuriat pur.
• Albert Einstein ne disait-il pas qu’au centre (bout) de chaque difficulté repose
(réside) une opportunité [In the middle of every difficulty lies opportunity].
• Shane et Venkataraman identifient trois étapes dans les démarches
entrepreneuriales :
oL’identification de l’opportunité: Problème (besoin insatisfait) vs stimuler
un besoin.
o La décision d’exploiter l’opportunité: établir un jugement sur sa valeur,
incertitude, ambiguïté, recherche et reconfiguration des ressources
cruciales, décision.
o Le mode de son exploitation: soit créer une nouvelle organisation ou
alors vendre l’opportunité à des organisations existantes; possibilité
également de l’essaimage.
Ce qui précède caractérise même le processus entrepreneurial.
• En entrepreneuriat, ce qu’on appelle communément « la bonne idée » est appelée
« l’opportunité ». Ce concept est central à toute la discipline.
• Une opportunité est une idée qui s’affine au travers d’une étude de marché, de
l’identification de la bonne stratégie et de l’élaboration d’un plan d’affaires…et qui crée de la
valeur (richesse) pour l’entrepreneur.
• C’est donc d’abord la rencontre d’une offre et d’une demande à laquelle elle est adaptée qui
génère une opportunité, et pas nécessairement le caractère unique d’une idée.
• Lorsque l’entrepreneur doit recourir au financement externe pour combler ses besoins en
capitaux, la question se complexifie davantage car celui-ci doit tenir compte du rendement
espéré, du risque et du coût du capital (ROE > Ke ; le rendement espéré des investisseurs [la
part du capital à proposer] doit tenir compte du bénéfice annuel espéré, si non, risque de
destruction de la valeur).
• D’autres fenêtres d’opportunités sont possibles : les événements (heureux ou
malheureux, attendus ou inattendus), les tendances sociologiques (habitudes
alimentaires, vestimentaires, préoccupations environnementales : fameuse
triple botom line), les tendances démographiques (vieillissement
démographique : trop d’argent et trop des besoins spécifiques : logement,
mobilité, santé, tourisme, achats), les réglementations (production
d’électricité, automobile), les technologies (évolution du numérique, IA), les
évolutions politico-économiques (ouverture ou développement de certains
marchés), les contextes concurrentiels.
2°) Le paradigme de la création d’une organisation
• Ce courant, plus européen, est influencé par le management stratégique.
• Il s’agit de ce que Gartner qualifie d’émergence organisationnelle assimilée à la création d’une
nouvelle organisation (création ex-nihilo)
• Globalement c’est l’esprit d’entreprise
• C’est-à-dire la mentalité qui pousse l’individu à créer une entreprise, souvent, mais pas
nécessairement, à vocation commerciale.
• Néanmoins, l'entrepreneuriat est plus qu'une création d'entreprise (lire Gibb, 2002 ; Kirby, 2007 ;
Thrane et al., 2016).
• Il est actuellement sous toutes les lèvres des décideurs politiques, des médias, du monde
humanitaire, des organisations du système des nations-unies et des acteurs de l’éducation.
• Aucun domaine scientifique, aucune structure sociale ne se trouve épargné.
• Même si l’objectif premier de l’entrepreneuriat c’est la création des
entreprises rentables; celles-ci se distinguent un peu de
l’entrepreneuriat
• Ce dernier se concentre sur la création et le développement des
nouveaux projets, souvent innovants (et pas l’exploitation continue et
uniforme des projets existants)
3°) Le paradigme de création de valeur (individuelle, économique ou sociale)
• Elle suppose la création de toute forme de richesse (argent, indépendance,
pouvoir, estime de soi…), non pas uniquement pour une partie prenante
dans l’organisation, mais également pour l’entrepreneur lui-même, voire
pour la société dans son ensemble.
• La notion de valeur est donc fonction de la perception de l’entrepreneur et
des motivations qui les poussent à entreprendre.
• Les travaux portant sur le lien entre l’entrepreneuriat et la croissance
économique peuvent être rattachés à ce paradigme.
4°) Le paradigme de l’innovation au sens Schumpétérien.
• Ce courant, anglo-américain, considère l’entrepreneuriat comme un processus.
• Il s’agit non seulement de créer, mais également opérer des changements fréquents en
fonction de l’évolution de l’environnement et du temps [nouveaux produits (exploration :
innovation radicale) ou produits nouveaux (exploitation : innovation incrémentale)]
• En d’autres mots c’est l’esprit d’entreprendre
• Celui-ci n’est pas uniquement réservé à la sphère de l’entreprise.
• L’esprit d’entreprendre est avant tout une façon de penser et de repérer ce qui présente
une opportunité.
• Il est associé à la passation, au défi et à la persévérance.
Innovation ou invention?
• Quelles distinctions pourrait-on établir en entrepreneur et innovateur ?
• Si l’entrepreneur se caractérise par ses perceptions, ses intentions et ses
actions, guidées par un projet, quels attributs définissent l’innovateur ?
• En nous appuyant sur la sociologie de l’usage, nous distinguons l’inventeur
de l’innovateur, l’invention de l’innovation, par une variable : la
transformation en contexte des pratiques d’utilisateurs.
• Innovation et transformation sont intimement liées et se distinguent de
l’invention.
• Une parfaite illustration nous est donnée par Akrich, Callon et Latour
(1988) qui différencie:
• L’inventeur Thomas Edison qui conçut la première lampe électrique,
de
• L’innovateur et grand ordonnateur Thomas Edison qui fut à l’origine
du passage de l’éclairage au gaz à l’éclairage électrique aux États-Unis,
au début du XXe siècle.
• L’innovateur se distingue également du novateur.
• L’innovateur pose un acte d’introduction d’un changement, voire d’une
rupture.
• L’innovation se distingue de la novation qui se limite à un acte mélioratif,
partant d’un objet (ou d’une idée) déjà existant.
• En cela la novation n’est pas créatrice, contrairement à l’innovation qui
crée un nouvel objet.
• La novation peut ainsi s’insérer dans un processus d’innovation, partant
d’une invention initiale ; c’est le raffinement d’une proposition pionnière.
• L’innovateur n’est jamais seul, contrairement à l’inventeur, ou à la
vision internaliste de l’entrepreneur.
• La sociologie de l’innovation défend une approche de l’innovation
comme le fruit d’un processus social et collectif.
• La mise en relation du marché et de la technologie sont de plus en
plus souvent le résultat d’une activité collective et non seulement le
monopole d’un individu inspiré et obstiné.
En définitive, l’entrepreneuriat poursuit trois finalités
• En 2011, Zimmerer avait listé les avantages de l'esprit d’entreprise :
• 1) donner l'occasion et la liberté de contrôler son propre destin ;
• 2) donner l'occasion de changer ;
• 3) donner l'occasion d'atteindre son plein potentiel ;
• 4) avoir l'occasion de faire des bénéfices ;
• 5) avoir l'occasion de jouer un rôle actif dans la société et d'être reconnu
pour ses efforts ;
• 6) avoir l'occasion de faire quelque chose que l'on aime et que l'on est
heureux de faire.
• Par ailleurs, en 2007, Alma avait décrit le modèle de processus
entrepreneurial à travers les étapes suivantes : 1) le processus
d'innovation ; 2) le processus de déclenchement ; 3) le processus
d'exécution ; et 4) le processus de croissance.
• En complément, il évoqua huit étapes vers l'apogée de la carrière
d’entrepreneur : 1) capacité à travailler dur ; 2) faire avancer les
choses avec et par les gens ; 3) bonne apparence) ; 4) confiance en soi
; 5) prendre des décisions judicieuses ; 6) formation universitaire ; 7)
ambition et motivation ; 8) capacité à communiquer.
4. L’entrepreneur dans sa pluralité
• Chez les économistes, on s'entend pour associer l'entrepreneur à
l'innovation. On le voit comme une dynamo du développement.
• Chez les spécialistes des sciences du comportement, on attribue à
l'entrepreneur des caractéristiques de créativité, de ténacité, d'internalité
et de leadership.
• Chez les ingénieurs et les spécialistes de la gestion des opérations,
l'entrepreneur est vu comme un bon répartiteur et coordonnateur de
ressources.
• Chez les spécialistes de la finance, l'entrepreneur sait mesurer le
risque.
• Pour les spécialistes de la gestion, l'entrepreneur sait se donner des
fils conducteurs, des visions autour desquelles il organise l'ensemble
de ses activités. Il sait se débrouiller et s'organiser. Il excelle dans
l'organisation et l'utilisation des ressources qui l'entourent.
• Pour les spécialistes du marketing, l'entrepreneur identifie des
opportunités, sait se différencier et penser "clients"». Etc.
• Un entrepreneur est une personne imaginative, caractérisée par
une capacité à se fixer et à atteindre des buts. Cette personne
maintient un niveau élevé de sensibilité en vue de déceler des
occasions d’affaires. Aussi longtemps qu’il ou elle continue
d’apprendre au sujet d’occasions d’affaires possibles et qu’il ou elle
continue à prendre des décisions modérément risquées qui visent à
innover, il ou elle continue de jouer un rôle entrepreneurial (Filion,
1997).
• Par conséquent, les caractéristiques et les dispositions des entrepreneurs sont les
suivantes :
1) La confiance, c'est-à-dire la conviction, l'indépendance, l'individualisme et
l'optimisme ;
2) L'orientation vers les tâches et les résultats, le besoin d'obtenir des résultats,
l'orientation vers le profit, la constance et la persévérance, la forte détermination, le
travail acharné, la forte motivation, l'énergie et l'esprit d'initiative ;
3) La prise de risque, c'est-à-dire la capacité à prendre des risques raisonnables et à
aimer les défis;
4) Le leadership, se comporter comme un leader, socialiser avec les
gens, être réceptif aux critiques et aux suggestions ;
5) L’originalité, c'est-à-dire une attitude innovante, créative et flexible
;
6) L’orientation vers l'avenir, c'est-à-dire avoir une perspective ou
un état d'esprit tourné vers l'avenir.
Typologie
TD1. Pour le reste des cas, associez à chaque type d’entrepreneur son statut (opportuniste c’est-à-dire
cherche l’originalité ou nécessiteux, c’est-à-dire la routine).
Le concept poursuit son évolution...
• E-preneur: création ou de développement des affaires spécifiquement par le canal de
l’internet (voir entrepreneuriat et technologie)
• Ecopreneur: attention particulière au développement durable et une obligation pour les
nations à rendre salubre l’environnement humain
• Lifestyle entrepreneur : généralement préoccupé par ses conditions de vie (entrepreneuriat
de nécessité)
• Portfolio entrepreneurs: mettre sur place des multiples affaires au même moment
• Serial entrepreneur (en séries): diversification de l’offre à travers le réinvestissement
• Etc..
TD 2. Au regard de votre expérience dans le milieu
1°) Quelle catégorie d’entrepreneurs domine et pourquoi ?
2°) Donnez, pour chaque cadran, le secteur d’activité le plus concerné
• Etes-vous un entrepreneur en herbe ? Suivez attentivement ces
prescrits théoriques, rapprochez-vous de nous et des hommes
d’affaires pour acquérir des connaissances et de l’expertise
entrepreneuriales.
• Votre idée commerciale, vos premiers pas vers le développement d’un
produit (prétotype) pour résoudre autrement un problème
spécifique requièrent des compétences spécifiques en vue de leur
concrétisation.
5. Caractéristiques de l’entrepreneur et
influence de l’environnement
• De nombreuses études ont tenté d’identifier les caractéristiques qui
prédisposent les individus à une activité entrepreneuriale.
Caractéristiques démographiques d’un individu, comme le sexe, l’âge,
l’ethnicité ou l’état civil, et sa tendance à faire de l’entrepreneuriat
son choix de carrière.
Caractéristiques psychologiques liées à la personnalité des
entrepreneurs
Il s’agit notamment de :
obesoins d’accomplissement (besoin d’exceller et d’atteindre un
certain but dans un objectif d’accomplissement personnel),
o prise de risques (risquephile),
o esprit inventif (des nouvelles façons d’agir et de faire les choses),
o autonomie (mettre en place ses propres objectifs, développer des
plans d’action et contrôler soi-même la réalisation de ses objectifs),
o lieu de contrôle du destin (locus interne),
o confiance en soi (capacité à réaliser efficacement certaines actions).
• De même, certains facteurs peuvent favoriser l’apparition et le
développement de comportements entrepreneuriaux :
l’environnement socioculturel, le contexte familial, l’expérience ou le
milieu professionnel, le système éducatif, etc.
• L’environnement socioculturel joue, bien entendu, un rôle primordial dans
l’émergence de comportements entrepreneuriaux.
• Dès 1930, Max weber considérait que le système de valeur en place dans
une société était fondamental pour expliquer le comportement des
entrepreneurs.
• Cette influence du milieu socioculturel permet d’expliquer pourquoi certains
groupes ethniques se révèlent plus entrepreneurs que d’autres, pourquoi
certaines régions voient naitre plus des vocations entrepreneuriales que
d’autres ou pourquoi le système éducatif, la religion et la presse d’un pays
sont plus au moins perméable à l’entrepreneuriat
• Le contexte familial peut évidemment aussi avoir un certain impact.
L’hypothèse de l’influence d’un héritage intergénérationnel sur
l’entrepreneuriat n’est pas neuve.
• Certaines études constatent que plus de 50% des entrepreneurs ont
un parent entrepreneur lui-même
• L’influence et la valeur d’exemple (rôle model) peuvent également
provenir de l’entourage amical.
• Le niveau d’éducation et l’expérience constituent ce que l’on pourrait
appeler « expertise » de l’entrepreneur.
• Celle –ci peut provenir des connaissances acquises dans le cadre de ses
études.
• L’expérience professionnelle relative à un emploi antérieur peut être
aussi déterminante dans le choix de devenir entrepreneur.
• L’expertise peut résulter d’une expérience fonctionnelle antérieure,
d’une expérience en tant qu’indépendant, d’une connaissance du secteur
dans lequel opère ou va opérer l’organisation qu’il va créer.
• Beaucoup d’autres facteurs environnementaux sont susceptibles
d’influencer positivement ou négativement l’entrepreneuriat.
• Une intervention étatique trop importante, une administration trop
lourde, une fiscalité étouffante ou une législation trop compliquée
peuvent inhiber l’entrepreneuriat.
• De même, la situation économique stimulera ou, au contraire, freinera
l’émergence d’entrepreneurs.
6. Comportement entrepreneurial: Inné ou acquis?
• Le comportement entrepreneurial est-il le résultat d’un héritage
génétique ou plutôt lié à des facteurs psychologiques ou
environnementaux.
• L’évidence est que les entrepreneurs expérimentés ont un niveau des
compétences entrepreneuriales plus élevé que les novices.
• L’entrepreneuriat est un processus d’apprentissage: le niveau de compétences
entrepreneuriales se construise dans le temps, au fur et à mesure des
expériences individuelles.
• Le processus d’apprentissage des compétences entrepreneuriales est souvent
décrit comme un processus continu et cumulatif
• Chaque individu entre dans le processus entrepreneurial avec un stock de
connaissances subjectif qui est conditionné par son expérience préalable; fruit
du «degré de préparation entrepreneuriale ».
• Chercheurs clés: Minniti et Bygrave (2001).
Types de connaissances
• Les connaissances propres à un marché, qui requièrent à leur tour des
connaissances techniques propre à un produit et à un secteur d’activité
déterminés,
• Les connaissances générales dites «connaissances entrepreneuriales ». Ces
dernières sont en quelque sorte ce qui « marque la différence entre un ingénieur
et un entrepreneur ».
• Le tableau qui suit présente les compétences entrepreneuriales requises à chaque
étape du processus entrepreneurial.
• La théorie de l’effectuation (Sarasvathy, 2001)
• Les chercheurs actuels sont intéressés par les types de raisonnement des
entrepreneurs, leurs perceptions et leurs présentations.
• Les entrepreneurs s’orienteraient plutôt vers un raisonnement «effectual »
lorsqu’ils seraient confrontés à des problèmes et à des incertitudes.
• Ce type de raisonnement est opposé au raisonnement « causal» privilégié,
notamment, par les managers. Cependant, il intègre celui-ci elle lorsque
l’ambiguïté (incertitude) s’amoindrit.
• Le raisonnement causal prend pour donnée, l’objectif à atteindre et se
focalise sur la sélection des moyens permettant de l’atteindre (objectifs-
moyens) tandis que
• Le raisonnement effectual prend le moyen à disposition comme une
donnée et se focalise plutôt sur la sélection des effets qu’il est possible
d’atteindre (moyens-objectifs).
• Sarasvathy prend l’exemple d’un chef cuisinier qui cherche à préparer un
type de plat…..
• Le premier type de raisonnement, qui part de l’objectif à atteindre, est un
raisonnement causal, tandis que
• Le second est un raisonnement « effectual ». Ce dernier suppose une
« construction » de l’objectif à atteindre, tandis que
• Le raisonnement causal suppose le recours à la planification et aux
prévisions pour atteindre l’objectif fixé au départ.
• Dans le processus effectual, cinq grands principes d’action guident
l’entrepreneur :
(1) faire avec ses moyens ;
(2) définir les pertes acceptables ;
(3) privilégier les partenariats ;
(4) être ouvert aux surprises et
(5) créer son propre univers.
• Pour chacun des principes ont été mises en regard les actions préconisées
dans une logique effectuale et les mises en garde qui surgissent dans une
logique causale.
En conclusion:
• L’entrepreneuriat demande certes une réelle expertise et une
compréhension profonde des mécanismes économiques et des dynamiques
de marché, qui ne s’improvisent pas.
• La formation et l’expertise spécifiques sont essentiels pour transmettre des
connaissances pratiques et adaptées aux réalités des entrepreneurs, surtout
dans notre contexte de forte turbulence (carence des ressources).
• Beaucoup de nos entrepreneurs, par nécessité, adoptent une approche de bricolage
ou de mimétisme avec l’effectuation en tant que mode opératoire pour essayer de
s’adapter aux contraintes.
• Cela limite souvent leur capacité d’innover. Il est possible de mettre en avant une
approche plus structurée, orientée vers la causalité et soutenue par des politiques
incitatives pour bâtir un écosystème entrepreneurial plus robuste, capable de générer
une vraie valeur ajoutée à l’économie congolaise et contribuer au développement
durable mondial.
• Lire aussi Lopez-Núñez, M., Rubio-Valdehita, S., Aparicio-García, M. and Díaz-Ramiro, E.
(2020), Are entrepreneurs born or made? The influence of personality, Personality and
Individual Differences,Vol. 154, pp. 1-5, doi: 10.1016/j.paid.2019.109699.
7. Formes d’entrepreneuriat
• Hou et Wang (2009) ont classé les types d'entrepreneuriat selon qu'il
s'agit d'un entrepreneur individuel, d'un partenariat ou d'une
entreprise familiale,
• Tandis que Liao et Weng (2008) les ont divisés en quatre types : partir
de zéro, partir d'une franchise, partir de l'achat d'une entreprise et
hériter de l'entreprise familiale.
1°) La création ex-nihilo
• Ex nihilo est une expression latine signifiant « à partir de rien ».
• Créer une entreprise quand rien n’existe n’est pas une situation
facile.
• La création ex-nihilo exige beaucoup de travail, de rigueur et de
ténacité.
• Par ailleurs les risques doivent être doivent être particulièrement bien
évalués.
2°) L’extrapreneuriat
• L’extrapreneuriat est une modalité de l’entrepreneuriat relativement
peu connue. On lui préfère en français le vocable d’essaimage.
• Dans la langue anglaise, c’est le terme spin off qui est utilisé, recouvrant
une grande diversité de situations.
• Il s’agit en fait de la création d’une entreprise par un ou plusieurs
salariés issus d’une organisation parente et s’appuyant de manière
formelle ou informelle sur des actifs tangibles ou intangibles issus de
cette organisation
• Dans le monde de la recherche publique, on parle plutôt de « création
d’entreprise par les chercheurs » que d’essaimage
• Il renferme des formes variées :
oLes créations issues des entreprises et de la recherche publique ;
oLes créations qui sont soutenues par les entreprises parentes ;
oCelles qui ont un caractère spontané.
3°) La transmission et la reprise
• La transmission d’entreprise est habituellement abordée dans la perspective
du prédécesseur-cédant, et donc celui qui cède ou transfère son entreprise à
une autre personne, que celle-ci soit membre de la famille ou non.
• La transmission signifie que l’entreprise assure sa continuité par la mise en
place effective du successeur (dans le cas de transmission familiale) ou du
repreneur (dans les autres cas de transmission) et par le retrait progressif du
prédécesseur (dans le cas de transmission familiale) ou du cédant (dans les
autres cas de transmission) de la gouvernance et de la propriété de cette
même entreprise.
Modalités de transmission pour une entreprise familiale
4°) La création par franchise
• Ce type de création consiste à imiter un fonctionnement qui existe dans
un contexte géographique donné.
• La création en franchise bénéficie également d’un accompagnement
important, mais payant, de la part du franchiseur.
• Elle peut permettre à celui qui n’a pas d’idées propres ou qui n’a pas une
capacité à innover de réaliser son objectif de création d’entreprise.
5°) L’intrapreneuriat
• L’intrapreneuriat est le processus par lequel un individu (ou un groupe
d’individus), en association avec une organisation existante, crée une
nouvelle organisation ou génère le renouvellement ou l’innovation au sein
de cette organisation (une revitalisation d’une entreprise existante).
• L’intrapreneur qui agit apparemment de façon autonome et s’engage
personnellement reste un employé soumis à des obligations contractuelles
et morales, dont celle d’agir pour le bénéfice de son employeur.
• De son côté, l’organisation qui « délègue » certaines tâches et
transfère certains risques à l’intrapreneur constitue à la fois son
milieu nourricier et son juge
1.8. L’entrepreneuriat dans sa diversité
• Si jadis les initiatives privées étaient davantage concentrées dans la recherche
de la profitabilité uniquement pour les actionnaires, il existe plusieurs manières
d’entreprendre selon les objectifs poursuivis.
• LEVESQUE présente une synthèse éclairante sur les différents types
d’entrepreneuriat en raison des éléments comparatifs qu’il identifie.
• Prendre des risques, innover et se donner un projet d’entreprise sont des points
communs entre l’entrepreneur privé et l’entrepreneur social ou collectif.
1°) Entrepreneuriat privé, social et collectif
• La distinction entre l’entrepreneur privé (EP) et l’entrepreneur social
(ES) ou collectif (EC) repose fondamentalement sur la nature du
projet développé par le ou les promoteurs :
• Il y a des risques, mais ils ne sont pas du même ordre puisqu’ils ne
sont pas assumés par un individu ou un groupe à des fins privées (EP)
mais par un groupe à des fins sociales ou collectives (ES ou EC);
• Les moyens mobilisés (ES et EC) sont différents de l’entreprise privée
puisqu’ils impliquent une mobilisation large de ressources issues de la
communauté et de l’État dans une perspective dépassant une finalité
purement économique à des fins privées ;
• Le projet qui est proposé combine, sous un mode de gestion
démocratique, des objectifs économiques et des objectifs sociaux
auxquels s’ajoutent parfois, selon les recherches que nous avons
effectuées, des objectifs écologiques.
2°) L’entrepreneuriat durable
• L’entrepreneuriat durable cherche à générer de la valeur à long terme pour
l’entreprise et la société en intégrant des pratiques durables dans tous les
aspects du modèle économique.
• Cette approche répond aux besoins actuels du marché et anticipe et atténue
les impacts négatifs potentiels sur l'environnement et la société, ouvrant ainsi
la voie à un avenir plus durable.
• Il met l'accent sur la création de valeur pour toutes les parties prenantes, y
compris les clients, les employés, les membres de la communauté et
l'environnement.
3°) L’entrepreneuriat familial
• L’entreprise familiale et l’entrepreneuriat constituent deux domaines
proches qui ne partagent pas nécessairement le même contenu.
• Ces deux approches ont en commun l’entreprise.
• Cependant, la recherche en entreprise familiale se réfère à la propriété, à
la gestion et à la continuité d’une entité à base familiale alors que
l’entrepreneuriat recouvre la création et le démarrage d’entreprises
nouvelles comme acte stratégique fondamental.
• Pendant que les entreprises familiales s’intéressent aux entreprises dont
la propriété et/ou la gestion sont tenues par la famille avec l’idée d’une
transmission intergénérationnelle,
• L’entrepreneuriat familial englobe ce champ et le dépasse
• Il s’occupe du phénomène entrepreneurial dans le cadre des familles en
affaires avec un accent particulier mis sur les pratiques et les
comportements entrepreneuriaux des individus, des familles, et des
entreprises.
4°) Le mampreneuriat
• L’entrepreneuriat féminin touche directement la question de la place
réservée aux femmes dans notre société et dans la vie économique, ainsi
que celle de l’égalité (notamment professionnelle) entre les sexes.
• Les « femmes entrepreneures » restent un sujet de recherche marginal
dans les pays francophones, en dépit de l’existence d’un indice de
classements d’entreprises performantes gérées par des femmes (l’Index
Women Equity for Growth).
• Parmi la diversité des nouvelles figures entrepreneuriales féminines
émerge aujourd’hui celle de la mampreneur (mompreneur ou
mumpreneur en anglais).
• Derrière ce néologisme pour signifier maman et entrepreneur, est
considérée comme mampreneur, une femme qui devient entrepreneure
au cours de sa grossesse ou dans la période préscolaire de son enfant.
• Phénomène apparu dans les années 1990, d’abord au Canada puis aux
États-Unis, il représente actuellement des millions dans le monde
• De même, selon les acteurs/domaine/ secteur dans lequel l’on
entreprend, l’on parle également de l’entrepreneuriat
technologique et/ou en ligne, l’entrepreneuriat écologique,
l’entrepreneuriat agricole ou l’entrepreneuriat des jeunes.
• À côté de ces concepts, il existe également une diversité dans le
domaine entrepreneurial allant dans tous les sens tels que
l’entrepreneuriat des migrants ou des minorités (immigrant and
ethnic minority entrepreneurship).
Application
• En fonction de ce qui précède, pouvez-vous vous forger une définition de
l’entrepreneur et de l’entrepreneuriat?
• Au regard de vos observations et de ce qui précède, y a-t-il des
entrepreneurs, au sens Schumpétérien, en RDC?
• Des cas pratiques:
o Fabrication d’une troninette électrique
o Fabrication des engrais chimiques à base des poils des chiens
oOffrir autrement le produit « champagne », etc..
oEt vous (dans le cadre de vos projets tutorés)….