Seconde Thème : Ondes et signaux Cours
Chapitre 5 : La dispersion de la lumière et les spectres
I Lumière et longueur d’onde
Une lumière peut être constituée d’une ou plusieurs couleurs appelées radiations.
Une radiation est caractérisée par sa longueur d’onde dans le vide notée λ (lettre grecque lambda).
Elle se mesure en mètre (m), mais on utilise le plus souvent le nanomètre (1 nm = 10 –9 m) ou le
micromètre (1 μm = 10–6 m).
Une lumière monochromatique est une lumière qui ne contient qu’une seule radiation.
Exemple : un LASER rouge de longueur d’onde λ = 650 nm
Une lumière polychromatique est composée de plusieurs radiations.
Exemple : lumière blanche du Soleil ou d’une lampe à filament
En général, la couleur d’une lumière ne permet pas de savoir si elle est polychromatique ou monochromatique.
Exemple : la lumière monochromatique d’un LASER rouge apparaît identique à celle, polychromatique, émise
par une DEL rouge.
L’œil est sensible aux radiations de longueurs d’onde comprises entre 400 nm (violet) et 800 nm (rouge).
Cet intervalle est appelé le domaine du visible.
Violet Bleu Vert Jaune Orange Rouge
II Dispersion de la lumière par un prisme
En 1666, le physicien anglais Isaac Newton éclaire un prisme avec la lumière blanche du Soleil. Il observe la
décomposition de la lumière blanche en ses différentes lumières colorées.
La lumière blanche est une lumière polychromatique, composées d’une infinité de radiations colorées.
Un prisme ou un réseau permettent de disperser la lumière. Ce sont des
systèmes dispersifs.
La figure colorée obtenue sur l’écran s’appelle le spectre de la lumière.
Seconde Chapitre 5 : La dispersion de la lumière et les spectres 1/3
Comment un prisme disperse-t-il la lumière ?
En traversant le prisme, la lumière subit deux réfractions successives. Chacune des radiations colorées d’une
lumière polychromatique ne subit pas la réfraction de la même manière. Elles sont plus ou moins déviées dans
le prisme. On dit qu’elles sont dispersées.
D’après la loi de Snell-Descartes, lors de la première réfraction, l’angle de réfraction i2 dépend de l’indice de
réfraction n2 et de l’angle d’incidence i1 :
n1 × sin i 1 1, 00 × sini 1 sin i1
sin i2 = = =
n2 n2 n2
Comme toutes les radiations ont le même angle d’incidence i1, les angles de réfraction i2 différents selon les
couleurs ne peuvent s’expliquer que si l’indice de réfraction n2 est différent pour chaque radiation.
La dispersion de la lumière par un prisme s’explique par l’indice de réfraction du prisme qui dépend de
la longueur d’onde de chaque radiation.
Ainsi, à chaque radiation de lumière incidente va correspondre un angle de réfraction différent. Les
différentes radiations colorées sont donc séparées à la sortie du prisme, ce qui permet d’obtenir le spectre de
la lumière.
Exemple : Pour le verre « flint » à base d’oxyde de plomb, l’indice de réfraction vaut :
pour une radiation violette de longueur d’onde λ = 400 nm : n = 1,695
pour une radiation jaune de longueur d’onde λ = 600 nm : n = 1,670
pour une radiation rouge de longueur d’onde λ = 800 nm : n = 1,660
La différence entre les indices de réfraction est faible, mais suffisante pour provoquer une dispersion.
Un spectre d’émission est
obtenu en observant dire
ctement une
lumière émise à l’aide d’
un spectroscope* ou d’un
analyseur de
spectre. On peut aussi ré
aliser un montage expéri
mental com-
portant un prisme (doc.
4) ou un réseau.
Un spectre d’émission est
obtenu en observant dire
ctement une
lumière émise à l’aide d’
un spectroscope* ou d’un
analyseur de
spectre. On peut aussi ré
aliser un montage expéri
mental com-
portant un prisme (doc.
4) ou un réseau.
III Les spectres continus d’origine thermique
Lorsqu’un corps (solide, liquide ou gaz sous haute pression) est fortement chauffé, il émet de la lumière,
appelé rayonnement thermique, dont le spectre est continu et ressemble à celui de la lumière blanche.
Exemples :
Filament d’une lampe (2300°C)
Lave d’un volcan (1200°C)
Coulée d’acier (1560°C) ou de verre
Barre métallique chauffée (1000°C)
Etoile (A la surface du Soleil : 5500°C)
Le spectre de la lumière émise par un corps chauffé est un spectre continu. Il contient des radiations
colorées se suivant sans interruption.
Seconde Chapitre 5 : La dispersion de la lumière et les spectres 2/3
Quand on augmente la tension d’alimentation d’une lampe à
incandescence, le filament est chauffé progressivement.
Le filament commence par prendre une teinte rouge-orange,
puis jaune et enfin blanche lorsque la lampe est alimentée
normalement.
Sur le spectre, les radiations rouges sont les premières à
apparaître, puis au fur et à mesure que la température du
filament augmente, le spectre se complète progressivement
vers le bleu-violet.
Le spectre émis par un corps chauffé ne dépend pas de la nature du corps mais dépend uniquement de sa
température. Les radiations rouges sont les premières à être émises.
Quand la température augmente, le spectre s’enrichit vers le violet.
La couleur des étoiles est donc directement liée à la température de leur surface.
Attention : dans la vie courante, par convention, le rouge indique le chaud ou le bleu le froid, alors qu’une étoile
rouge (Bételgeuse : surface à 3 300°C) est plus froide qu’une étoile bleue (Rigel : surface à 11 000°C).
IV Les spectres de raies
Lorsqu’un gaz à basse pression est soumis à des décharges électriques ou à une forte température, il est capable
d’émettre de la lumière dont le spectre est discontinu, qu’on visualise sous forme de raies. On parle de spectre
de raies d’émission. Les lampes à décharge produisent ce type de spectre.
Le spectre de la lumière émise par un gaz à basse pression est un spectre de raies d’émission. Il
contient des raies colorées monochromatiques sur un fond noir.
Ce spectre dépend uniquement de la nature du gaz.
Chaque élément chimique possède un spectre de raies d’émission qui lui est propre et qui permet de l’identifier
sans ambigüité. C’est sa signature spectrale.
Résumé :
Spectres continus d’origine thermique Spectres de raies
Produit par un gaz à basse pression qui subit
Produit par un corps porté à haute température
des décharges électriques
Ne dépend que de la température Ne dépend que de la nature du gaz
λ (en nm)
λ (en nm)
Seconde Chapitre 5 : La dispersion de la lumière et les spectres 3/3