M0518MPCGF19
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Promotion 11
ES
(2016-2018)
AG
Avril 2019
Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Dédicace
Je dédie ce travail à :
- Toute ma famille et mes amis, pour leur soutien sans faille. Qu’ALLAH Soubhanahou
C
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Remerciements
Au nom d’ALLAH, Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux
- Toutes les personnes ayant contribué de près ou de loin à l’élaboration de ce document pour le
temps qu’ils m’ont consacré.
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Sommaire
Dédicace ...................................................................................................................................... i
Remerciements ........................................................................................................................... ii
Sommaire ................................................................................................................................... v
C
Annexes .................................................................................................................................... 56
Bibliographie ............................................................................................................................ 60
Introduction Générale
IB
LI
O
TH
EQ
U
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
L'environnement bancaire est devenu très instable et très vulnérable face aux différentes
fluctuations de la sphère monétaire. Face à ces différentes perturbations, les banques sont de
plus en plus menacées par une diversité des risques nuisant à son activité et à sa position sur
le marché financier.
L'analyse de ces risques est le facteur déterminant de toute prise de décision. Donc, le
risque apparaît comme l'un des défis actuels des dirigeants pour le définir, le mesurer et le
gérer afin d’améliorer la performance.
En effet, le krach boursier de 1980, les crises spéculatives sur les marchés des changes,
la faillite des caisses d’épargne américaines dans les années 1980, l’apparition de crises
bancaires et financières dans les pays émergents dont la crise asiatique en 1997 et la crise des
supprimes de 2008 ont rappelé la nécessité pour les agences de supervision bancaire de
C
financier mondial, les autorités de régulation ont été contraintes d’améliorer leurs dispositifs
de supervision. En 1998, le premier accord de Bâle sur l’adéquation des fonds propres des
-B
banques. Il est connu sous le nom de ratio de capital ou ratio de Cooke. Malgré ces exigences
en fonds propres considérées comme une solution efficace contre l’instabilité financière, de
IB
nombreuses faillites de banque ont eu lieu dans les années 90, faisant apparaitre les
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insuffisances du dispositif.
O
TH
Les banques ont été confrontées à une forte érosion de leurs marges, contribuant de
façon mécanique à la faiblesse de leurs fonds propres et poussant certaines à prendre plus de
EQ
risques, c’est pourquoi le comité de Bâle pour la supervision bancaire a mis en œuvre le
U
dispositif de Bâle II visant d’une part à faire converger le capital réglementaire et le capital
E
économique et d’autre part à inciter les banques à utiliser les méthodes internes de mesure et
de gestion des risques.
Il est donc clair qu’il ne suffisait pas de contraindre les banques à détenir un niveau
minimum de fonds propres, mais qu’il fallait parvenir à une meilleure gestion des risques
bancaires en se dotant d’instruments de mesures adéquats.
dans le cadre des accords de Bâle III, deux ratios de liquidité, l'un à court terme, le Liquidité
Converge Ratio (LCR), et l'autre à moyen terme, le Net Stable Fun ding Ratio (NSFR). Ainsi,
de même que Bâle II imposait une contrainte sur le passif de la banque (détenir une
proportion minimale de capital face aux risques de crédit, de marché et opérationnels), qui
continue de s'appliquer et a même été durcie, Bâle III ajoute une contrainte sur l'actif : détenir
une proportion minimale d'actifs liquides face au passif de la banque.
Ces ratios de liquidité ne sont toutefois pas une contrainte entièrement nouvelle pour les
banques. Par exemple, les banques françaises sont depuis longtemps soumises, via l’ACP
(Autorité de Contrôle Prudentiel) à un ratio de liquidité, dont le mode de calcul était toutefois
notablement différent (et notablement plus sophistiqué, diront les mauvaises langues) de celui
de Bâle III Par ailleurs, il faut citer également le mécanisme des réserves obligatoires imposé
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par les banques centrales, qui contraignent les banques à conserver une proportion des dépôts
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Les deux vecteurs essentiels mis en avant par la nouvelle réglementation sont le risque
TH
de liquidité et le rôle central des stress tests (test permettant d’évaluer la robustesse et la
EQ
fiabilité d’un dispositif de gestion de liquidité) dans la mesure des risques au sens général.
Face à cette situation, les banques se sont munies d’outils pour gérer leurs risques de liquidité.
U
E
d’analyse de cette gestion par une personne externe ne permet pas à l’établissement de
mesurer la fiabilité de ses dispositifs. La banque s’expose toujours à des risques qui peuvent
être liés à l’inefficacité de ses outils de gestion..
liquidité ;
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maitrise de ce risque.
LI
Ainsi, la question fondamentale que nous nous poserons et qui apporterait une réponse à
O
cette étude est la suivante : quelle est l’efficacité des dispositifs de gestion du risque de
TH
En d’autres termes :
- Quels sont les dispositifs de contrôle interne mis en place par ABM pour maitriser ses
U
E
risques ?
- Quels nouveaux dispositifs envisager pour une meilleure gestion du risque de
liquidité ?
Nous tenterons de répondre à ces questions tout au long de notre étude dont le
thème s’intitule : « Analyse de la gestion du risque de liquidité bancaire : Cas d’Attijari
Bank Mauritanie (ABM) ».
Cependant, cette analyse ne peut se faire sans une connaissance a priori de la gestion
même du risque de liquidité. Les objectifs spécifiques sont donc :
- de décrire la gestion du risque de liquidité ;
- d’analyser la façon de gérer le risque de liquidité c’est-à-dire d’évaluer l’efficacité des
dispositifs existants ;
- de recommander de nouveaux dispositifs si nécessaire pour une meilleure gestion du
risque ;
- d’identifier les risques liés au processus de gestion.
Notre étude s’articulera autour de deux grandes parties : la première partie intitulée
TH
« cadre théorique » exposera les différentes notions sur le risque de liquidité, et dans la
EQ
seconde partie, « cadre pratique », nous présenterons la gestion du risque de liquidité à ABM.
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L’ETUDE
LI
O
TH
EQ
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
La première partie de notre mémoire est destinée à présenter l’ensemble des concepts
nécessaire à la gestion du risque de liquidité dans une banque. Nous présentons dans un
premier chapitre le risque de liquidité, sa mesure et sa couverture. Le second chapitre fera
l’objet de la méthodologie et du cadre de l’étude.
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
(2004 :168) affirme que les risques de liquidité sont normalement gérés par un comité de
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gestion du bilan de la banque « Asset liability committee » (ALCO), lequel doit avoir une
compréhension approfondie des relations entre la liquidité et l’exposition au risque de crédit
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leurs risques associés, ensuite les techniques de mesure du risque et enfin présenter la
IB
méthodologie de sa couverture.
LI
Les risques peuvent se définir comme un aléa qui affecte la richesse et les décisions. La
U
gestion des risques se traduit comme un processus permettant d’évaluer les gains et les coûts
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- Liquidité :
Terme économique désignant une somme disponible immédiatement, qui peut prendre la
forme de pièces et de billets, d'actifs bancaires ou encore d'actifs financiers. Les actifs liquides
ne sont pas soumis au risque de perte de capital.
Dans le cadre de la finance d'entreprise, la liquidité est la capacité d'une entreprise à respecter
ses échéances financières dans le cadre de son activité courante, à générer de nouvelles
sources de financement, et à conserver l'équilibre entre ses ressources et ses dépenses.
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faire face à ses engagements par l'impossibilité de se procurer les fonds dont elle a besoin. Un
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autre aspect du risque de liquidité selon lui est celui de ne pouvoir trouver, à un instant donné,
des instruments financiers destinés à ouvrir ou à couvrir une position, ou de devoir les acheter
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02 contrôles interne des banques « le risque de liquidité est le risque pour l'entreprise
LI
assujettie de ne pas pouvoir faire face à ses engagements ou de ne pas pouvoir dénouer ou
O
OGIEN (2008 :501) indique que « le risque de liquidité correspond au risque que les
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Une autre approche du risque de liquidité, l'approche bilancielle, est liée à l'activité
d'intermédiation traditionnelle qui consiste à emprunter à court terme et à prêter à long.
En effet, selon COUSSERGUES (2007 : ll0), «il s'agit d'un risque inhérent à l'activité
d'intermédiation traditionnelle puisque le terme des emplois est toujours plus long que celui
des ressources, surtout lorsqu'il s'agit de dépôts de la clientèle. La banque incapable de faire
face à une demande massive et imprévue de retraits de fonds émanant de sa clientèle ou
d'autres établissements de crédit est dite illiquide ». Pour LARSY (2010 : 77), « c'est le risque
pour la banque de ne pouvoir faire face à ses engagements financiers. Globalement, la banque
dispose d'un montant de ressources égal à celui de ses emplois mais le problème est que le
degré d'exigibilité des ressources ne correspond pas au degré de liquidité des emplois ».
C
Au travers de toutes ces définitions, nous retenons que le risque de liquidité est le risque
ES
pour une banque d'être, à un moment donné, dans l'incapacité de faire face au passif exigible
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avec les actifs disponibles et réalisables, c'est à dire de ne pas pouvoir trouver, à un instant
donné, des fonds nécessaires pour honorer ses engagements financiers. En effet, une banque
-B
ne connaîtra pas de risque de liquidité aussi longtemps qu'elle sera en mesure de renouveler
ses ressources.
IB
Pour maîtriser le risque de liquidité, il est important d'identifier les sources ou les
LI
origines de ce risque.
O
TH
On peut distinguer deux ou trois types de liquidité et donc trois risques correspondants :
la liquidité de la banque centrale (central bank liquidity), la liquidité de marché (market
U
E
liquidity) et la liquidité de financement (funding liquidity). Nous allons définir ces différentes
notions de liquidités et leurs risques inhérents.
La liquidité banque centrale et celle de marché constituent des sources de liquidité pour
les banques, c’est-à-dire une réserve dans laquelle elles peuvent puiser. Elles constituent donc
une offre de liquidité pouvant alimenter la demande nette des banques, appelée « liquidité de
financement ».
de second rang de ne plus avoir accès à cette liquidité est quasi nul et la banque centrale joue
un rôle de prêteur en dernier ressort, c’est-à-dire qu’elle détient le réservoir ultime de
liquidité. Dans le cadre de sa politique monétaire, elle a le pouvoir de prêter la quantité de
liquidité qu’elle souhaite au prix qu’elle détermine et veille à éviter les situations d’excès ou
de déficits de liquidité dans le système.
Cette liquidité est importante car seule la banque centrale est en mesure d’augmenter la
liquidité globale disponible pour les banques contrairement à la liquidité de marché présentée
ci-dessous et qui correspond à un simple transfert de liquidité via les marchés d’actifs.
la liquidation des actifs qu’il détient. Elle renvoie donc à la liquidité des actifs négociables sur
ES
un marché, c’est-à-dire à leur faculté d’être instantanément revendus et sans perte de valeur (à
AG
important sans impact significatif sur les prix. Plus le marché le permet et plus il sera profond.
TH
L’étroitesse du marché est l’écart entre les cours vendeur et acheteur (bid-ask spread).
EQ
Plus cet écart est petit, plus les coûts de transaction sont faibles et le marché étroit.
L’immédiateté du marché se réfère à la vitesse à laquelle les ordres y sont exécutés.
U
E
La résilience du marché reflète enfin la rapidité avec laquelle les prix des actifs négociés
reviennent à leur valeur fondamentale après un épisode de perturbation sur les marchés
financiers.
Ces quatre caractéristiques d’un marché garantissent que n’importe quel montant
d’actifs peut être vendu à n’importe quel moment sur le marché, sans moins-value et avec un
impact minimal sur le prix de marché. En résumé, ces conditions garantissent qu’un actif soit
facilement transformé en monnaie (cash).
Il existe deux types de liquidité de marché : (1) la liquidité obtenue sur le marché
interbancaire, où la liquidité se prête seulement entre banques, et (2) la liquidité obtenue sur
les marchés d’actifs, où les vendeurs d’actifs reçoivent de la liquidité, en contrepartie des
actifs cédés, de la part des acheteurs. Ces deux types de liquidité de marché représentent pour
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elles sont capables de faire face à leurs obligations à temps. Par conséquent, une banque est
ES
illiquide si elle est victime d’une insuffisance de trésorerie, c’est-à-dire si elle n’est plus en
AG
activité qui peuvent correspondre, par exemple, à une augmentation de la collecte de dépôts.
La liquidité de financement s’apparente donc à une demande nette de liquidité qui peut
IB
d’ailleurs correspondre, dans certains cas, à une offre nette de liquidité lors que la trésorerie
LI
nette de la banque est positive (la banque prêtera alors sur le marché monétaire inter
O
correspond à la possibilité que sur un horizon donné, la banque puisse devenir incapable de
EQ
régler ses obligations d’une manière immédiate ». Ce risque présente deux composantes
mesurant respectivement un « effet-quantité » et un « effet-prix » : le montant aléatoire des
U
E
Pour mieux appréhender le risque de liquidité, il est important de préciser les sources
(causes) et les conséquences d'une pénurie de liquidité.
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
La politique d'un établissement peut aussi consister à souscrire des emprunts à court
ES
terme en vue de financer le portage d'actifs plus longs (les titres que la banque conserve
jusqu'à l'échéance). Naturellement, ces actifs peuvent être des crédits accordés à la clientèle.
AG
- Les défaillances de contreparties : Tout crédit est une anticipation de revenus futurs
O
et tout crédit comporte le risque que ces revenus ne se produisent pas et qu'aucun
TH
chaque achat de titre fait peser sur la banque le risque que l'émetteur du titre soit dans
l'incapacité de verser les revenus attachés à ce titre ou de le rembourser à l'échéance (d'où une
U
- L'accès aux capitaux : Un autre aspect essentiel est la capacité pour la banque
d'obtenir des ressources supplémentaires. La facilité d'accès aux capitaux qui dépend des
caractéristiques propres à un établissement : ses besoins de capitaux et leurs régularités, la
qualité de leur planification dans le temps, son statut financier, sa solvabilité. Certains sont
liés à la qualité de sa signature, qui relève du risque de contrepartie, et d'autres aux besoins de
liquidité. Si la signature d'un établissement est mal perçue, ses financements seront plus
coûteux (BESSIS 1995 : 17).
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- Le manque d'actifs liquides détenus par les établissements de crédits : Les titres
d'Etat, les créances interbancaires, les engagements éligibles auprès de la Banque Centrale
-B
sont des actifs généralement liquides. Dans la zone UEMOA, les accords de classement et les
titres d'Etat sont sources de liquidité permanente auprès de la BCEAO.
IB
LI
dépôts est la dépendance vis-à-vis d'une seule source de financement. Lorsqu'une banque a
TH
plusieurs déposants importants, si un ou plusieurs d'entre eux retirent leurs fonds, la banque
EQ
risque de connaître des difficultés si elle n'est pas en mesure de trouver rapidement d'autres
alternatives de financement pour remplacer les importantes sorties (GREUNING &
U
E
Tous ces éléments peuvent entraîner un risque de liquidité. Les conséquences d'un
risque de liquidité sont difficiles à prévoir, elles peuvent être extrêmes ou limitées.
ses déficits, le coût de la ressource augmente (taux d'intérêt élevé). C’est par exemple le cas
de l'Espagne, le lundi 29 Novembre 2010, le taux des emprunts espagnols à dix ans a
enregistré un record à 5,330% depuis 2002.
- Le risque systémique : la faillite d'une banque, surtout si elle est de grande taille, peut
être un événement désastreux qui peut mettre en cause la stabilité d'une économie par les
effets de chaîne qu'elle peut susciter : défaillance en cascade d'autres banques (due aux
relations interbancaires, au mécanisme de titrisation) et d'entreprises, retraits massifs des
dépôts bancaires, fuite des capitaux vers 1'étranger, désorganisation des paiements.
La défaillance d'un établissement de crédit comme un jeu de dominos peut donc
déclencher des difficultés dans d'autres établissements. Le risque de liquidité peut être fatal
pour le système bancaire (effet domino ou effet contagion), toutes les banques ont donc intérêt
C
Selon DARMON (1998 : 113), le profil d'échéances est un tableau qui classe les actifs
et les passifs selon leur durée restant à courir et qui représente dont les amortissements des
emplois et des ressources.
Le profil d'échéances indique, à un moment donné, la position en liquidité du bilan sur
l'ensemble des dates futures. Il peut être déterminé soit dans une hypothèse de « fonte de bilan
», c'est à dire à l'exclusion de tout encours nouveau, soit dans une hypothèse de « productions
nouvelles » incorporant les encours futurs estimés. L'échéancier des ressources ne tombe
jamais en dessous du plancher constitué des fonds propres. En revanche, celui des emplois,
hors productions nouvelles, tombe nécessairement à une valeur nulle.
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Les classes d'échéances sont plus ou moins fines pour les maturités proches, car c'est le
risque de liquidité immédiate qui est mesuré. Pour les échéances rapprochées, les classes
couvrent des périodes de faibles amplitudes (jours, semaines...) ; pour les échéances plus
lointaines, les classes couvrent des périodes plus longues (années), comme indique le tableau
ci-dessous.
En effet, il est nécessaire de connaitre très précisément les passifs arrivant à échéance
dans les prochains jours afin de leur assurer suffisamment de liquidité, alors qu'une telle
précision n'est plus de mise pour les échéances à six (6) mois, un an davantage.
suit:
U
- les classes d'échéances sont plus fines pour les maturités proches, car c’est le risque
E
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Les impasses en liquidité mesurent les décalages prévisibles, aux différentes dates
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futures, entre l'ensemble des emplois et des ressources. Elles peuvent être calculées en flux ou
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la différence entre les entrées et les sorties de fonds de la période. Elle détermine le besoin ou
IB
Selon BESSIS (1995 : 97), dans une hypothèse de fonte du bilan, les flux se limitent
aux amortissements correspondant (les tombées) à l'exclusion des encours nouveaux (les
EQ
productions nouvelles). Ainsi, les tombées d'actifs sont des entrées de fonds (remboursements
U
des crédits par les clients), alors que les tombées de passifs sont des sorties de fonds
E
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Le calcul des impasses en flux met en évidence les discordances d'échéances ainsi que
les sorties de fonds maximum auxquelles la banque aura à faire face, période par période. Les
conventions de signe sont importantes pour la lecture des tableaux d'impasse. Il est logique
donc d'effectuer ce calcul par la différence entre les entrées et sorties de fonds. Sous cette
C
convention, un gap en flux positif indique un excédent de financement (entrée nette de fonds),
ES
tandis qu'un gap négatif indique un besoin de financement (sortie nette de fonds) (BESSIS,
1995 : 98).
AG
Dans le tableau ci-dessus, nous voyons que la banque est exposée au risque de liquidité,
c'est à dire elle a une impasse négative de six cent (600) d'ici à une semaine qu'il faudra
-B
- Les impasses en stock : Les impasses en stock sont les différences entre les encours
O
de l’actif et du passif à une date donnée. Elles déterminent le besoin total de liquidité cumulé
TH
à une date donnée. Les impasses en flux représentent les variations des impasses en stocks
EQ
d’une période à l’autre. Celles en stocks sont nécessairement identiques en valeur absolue aux
impasses en flux cumulées depuis l’origine (ESCH ; KIEFFER & LOPEZ, 2003 : 364).
U
E
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Les impasses en stock représentent le besoin total de liquidité cumulé à une date
AG
donnée. Elles sont nécessairement identiques en valeur absolue aux impasses en flux
cumulées depuis l'origine. Donc les gaps en flux représentent les variations des gaps en stock
-B
Le risque de liquidité peut également être mesuré par un indicateur dit synthétique. Il
TH
entre les échéances du passif et celles de l'actif et donne ainsi une indication du risque de
transformation encouru par la banque. Pour calculer cet indice, il faut au préalable multiplier
U
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
1 an ≤ D < 2 ans
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- Si cet indice supérieur à 1 signifie que la banque ne transforme pas, c'est à dire elle
EQ
emprunte plus long qu'elle ne prête et puisqu'elle a davantage de ressources pondérée que
U
d'emplois pondérés ;
E
- plus l'indice est faible, plus la banque transforme des passifs courts en actifs longs.
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
trésorerie à J+1 (J étant la date de calcul du solde), compensée par des excédents à partir de
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J+2. Or, c’est quotidiennement qu’un établissement de crédit doit assurer sa liquidité ;
- les opérations nouvelles faites entre la date de la prévision et l’horizon de celle-ci sont
AG
2002 : 125).
IB
LI
Il faut retenir que le risque de liquidité doit être géré de façon quotidienne et que la
O
méthode des impasses permet à la banque d’avoir une vision future sur la situation de la
TH
trésorerie et de prendre les mesures appropriées. L’approche quantitative doit être complétée
EQ
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
La première mesure, et la seule valable sur le long terme, est d’avoir une situation
financière solide, une gestion saine, une rentabilité récurrente et satisfaisante et une
communication financière pertinente apte à donner confiance aux déposants et investisseurs
(SARDI, 2002 : 302).
envisageables y compris les scénarios de crise (GREUNING & BRATANOVIC, 2004 : 169).
AG
Les sources doivent être diversifiées. Les concentrations doivent impérativement être
évitées. Au même titre que les crédits, aucun déposant individuel ne doit représenter une
IB
portion importante des dépôts. Si c’était le cas, car on ne peut refuser des dépôts, ces derniers
LI
doivent être placés dans des actifs négociables et liquides ou adossés en termes de durée. Le
O
TH
règlement 90-07 impose de disposer d’un système de surveillance interne de la répartition des
sources de financement interbancaires (SARDI, 2002 : 302-303).
EQ
Transformer les dépôts à court terme en crédits à plus long terme est une mission
traditionnelle et fondamentale des banques. Mais, cette transformation doit être limitée et
contrôlée à un niveau acceptable. Les impasses doivent être modérées. Une limite doit être
fixée par la direction générale en termes d’impasses par périodes cumulées. Ces limites
doivent ensuite être gérées et respectées (SARDI, 2002 : 303).
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
faire face aux demandes de remboursement des déposants. Cet objectif est essentiellement
centré sur un horizon de 1 mois. Il est atteint lorsque les liquidités (numérateur) sont égales
aux exigibilités (dénominateur), soit un ratio de liquidité de 100% qui doit être respecté en
permanence (SARDI, 2002 : 305).
Les accords Bâle III envisagent l’introduction de deux ratios de liquidité conçus comme
complémentaires. L’un vise la liquidité à court terme, l’autre la liquidité à moyen terme :
- le premier ratio, couverture de liquidité, concerne le court terme. Il a pour objectif de
s’assurer que la banque pourra faire face à une crise de liquidité sur une période d’un mois en
vérifiant que ses besoins de liquidité pourront être couverts par des actifs très liquides. Eu
égard aux critiques formulées quant à la dureté de ces exigences, le Comité de Bâle a décidé,
en janvier 2013, d’assouplir le calcul de ce ratio et son calendrier d’entrée en vigueur. Le
C
numérateur du ratio inclut donc des actifs de premier niveau, à l’instar de la caisse et des
ES
réserves à la banque centrale, et des actifs de second niveau, tels les titres de dette publique ou
AG
d’entreprises non bancaires, qui se voient affectés d’une décote et d’un plafonnement. À ces
actifs, ont été rajoutés les actions, les obligations d’entreprises et certains emprunts
-B
hypothécaires.
Le dénominateur correspond, quant à lui, aux flux de trésorerie en cas de stress de
IB
liquidité. Il repose donc sur des hypothèses de fuite de la liquidité, comme le retrait des dépôts
LI
ou l’utilisation des lignes de crédit auxquels on soustrait les éventuels flux entrants telle la
O
récupération par la banque de ses créances. Divers ajustements liés, par exemple, à la qualité
TH
synthétisé :
Actifs liquides
Ratio de couverture de liquidité = ≥ 100 %
Flux sor tan ts à 1 mois
• le second ratio est dit de financement stable net. Il contraint les établissements
assujettis à disposer de ressources stables de façon à leur permettre de faire face à une période
de tensions d’un an. Ce ratio comporte donc au numérateur les ressources stables disponibles
qui consistent, d’une part dans les fonds propres de la banque et, d’autre part, en des
ressources à moins d’un an comme les dépôts à vue. Le dénominateur inclut les financements
stables. Ces éléments de bilan et de hors-bilan sont eux aussi pondérés en fonction de leur
liquidité.
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Ce ratio, qui devrait entrer en vigueur en 2018, peut être présenté ainsi :
La réglementation Bâle III prévoit, par ailleurs, la mise en place d’outils de pilotage afin
de compléter ces ratios. Par exemple, une évaluation des actifs grevés disponibles, source de
potentielle liquidité pour les banques, doit être adoptée. (COUSSERGUES, 2017 : 63-64).
La structure du financement, composée des dépôts et des emprunts sur les marchés, est
ES
- Les dépôts : une banque dont la base de dépôts est stable, vaste et variée connaîtra
généralement moins de problèmes de liquidité. L’évaluation de la structure et du type de base
-B
de dépôts ainsi que des caractéristiques des dépôts en termes de stabilité et de qualité doivent
être évalués. L’information nécessaire pour cette évaluation se compose des éléments suivants
IB
- Les emprunts sur les marchés : un autre élément essentiel du profil de liquidité de la
O
TH
banque est sa capacité d’obtenir des ressources supplémentaires. Le coût marginal des
liquidités est d’une importance primordiale pour l’évaluation des sources de liquidité.
EQ
cas de figure la banque doit détenir des actifs liquides, c’est à dire des actifs pouvant être
cédés rapidement et sans encourir de moins-values (les titres courts de la catégorie des titres
de créance négociables).
- Liquidité empruntée : la banque peut emprunter de la liquidité soit auprès de la
Banque Centrale soit sur le marché interbancaire. La diversité des supports (lignes de
refinancement, certificats de dépôts, bons à moyen terme négociables, etc.) est indispensable
pour pouvoir fournir du collatéral (les garanties).
La titrisation d’actifs à long terme non cotés sur les marchés, outre le transfert du risque
de contrepartie, permet également de reconstituer de la liquidité pour la banque mais aussi de
modifier les impasses de liquidité sur les maturités éloignées (CLEARY & MALLERET,
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Différents scénarios de crise doivent être élaborés, faisant clairement ressortir les
conséquences des différentes hypothèses possibles. Les résultats de tels scénarios doivent être
soumis à la direction générale. Les décisions adéquates doivent être prises, le cas échéant,
faire face aux conséquences les plus plausibles. Ces scénarios peuvent être construits par la
cellule « Gestion Actif-Passif » ou Asset Liability Management (ALM) et les décisions prises
dans le cadre du comité ALM ou d’un comité des risques.
Comme exemple, nous avons le scénario de continuité d’exploitation (« going-concern
C
») qui constitue une référence pour les cash-flows liés au bilan au cours de l’activité normale.
ES
qui implique une concentration du bilan de la banque. Ce scénario fait référence à un certain
nombre de règlementations en matière de liquidité et de mesure de contrôle de la liquidité par
IB
les superviseurs. Un troisième scénario fait référence aux crises générales sur les marchés,
LI
lorsque la liquidité du système bancaire tout entier s’en trouve affectée, ou du moins une
O
TH
Il est important de mettre en place des parades pour se préserver des effets d’une crise
plus ou moins durable. Les parades les plus couramment utilisées sont :
- disposer des lignes de crédit stand-by qui sont des engagements irrévocables de
contreparties bancaires de mettre des fonds à la disposition du bénéficiaire dès que
celui-ci en fera la demande. L’objectif d’un tel crédit est de ne pas être utilisé en
principe mais servir de réserve en cas de crise de liquidité ;
- garantir de prise ferme de titre qui est un engagement d’un pool de banque d’acheter
les titres qu’émettra le bénéficiaire au cas où ce dernier ne trouverait pas preneur sur le
marché ; - acheter de la liquidité qui consiste à emprunter long, et reprêter ces fonds
sur une période courte ou par l’achat de titres très liquide. Une telle opération a un
coût : plus l’échéance est lointaine, plus le coût augmente en principe ;
25
SOKO Aminata MPCGF-Promotion 11
Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Conclusion
La gestion de la liquidité passe par la mise en place une procédure efficace, qui doit être
évaluée à tout moment afin d’éviter toute pénurie de liquidité de la banque. Dans ce chapitre il
était question de mettre en évidence les différentes phases à parcourir dans le cadre de gestion
de risque de liquidité d’une banque.
C
ES
AG
-B
IB
LI
O
TH
EQ
U
E
26
SOKO Aminata MPCGF-Promotion 11
Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
résoudre le problème soulevé. Bien que le contenu et les objectifs qui lui sont assignés
peuvent être différents d'une banque à l'autre, la méthode utilisée quant à l'analyse de la
AG
différentes phases du modèle d’analyse, les outils de collecte et d'analyse des données et dans
IB
27
SOKO Aminata MPCGF-Promotion 11
Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
C
ES
AG
-B
IB
LI
O
TH
Source : Nous-même.
EQ
U
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Ils constituent les méthodes et techniques utilisées pour la collecte et analyse des
informations concernant la procédure de gestion du risque de liquidité d’une entité donnée.
Dans l’objectif de maximiser cette collecte d’information, nous allons utiliser l’entretien,
C
comprendre les activités de l’entité d’une part, d’autre part d’avoir une idée sur la
E
29
SOKO Aminata MPCGF-Promotion 11
Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
AttijariWafa Bank est une multinationale panafricaine basé au Maroc qui opère dans
AG
vingt-un (21) pays : en Afrique (Tunisie, Sénégal, Burkina-Faso, Guinée Bissau, Mali,
Mauritanie, Côte-d’Ivoire, Congo, Gabon et Cameroun) et en Europe (Belgique, France,
-B
majoritairement par la banque à Dubaï, Riyad, Londres, Shanghai et Tripoli par le biais des
LI
et « Wafa Bank ». Elle se donne pour priorité la proximité avec ses clients et les mets au cœur
TH
groupe français BNP Paris, Créée en Avril 2007) entamé en avril 2010 et fut effectif le 14
E
Février 2011.
ABM est une société anonyme de droit privé ayant son siège social au cœur de la
capitale mauritanienne (Nouakchott). Son capital est de sept milliards deux cent quatre-vingt-
quinze millions neuf cent sept mille trois cent quarante-trois (7 295 907 343) MRO.
30
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
- SCB au Cameroun ;
- Wafa LLD dans la location longue
- Attijari Bank en Tunisie ;
AG
durée
Italie.
O
TH
Source : Moi-même.
EQ
Bank a étendu son modèle de banque universelle en Mauritanie. Afin de se positionner sur le
E
31
SOKO Aminata MPCGF-Promotion 11
Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
ABM offre des produits bancaires classiques et des services financiers innovants. Elle
LI
- Crédit d’investissent ;
- Crédit personnels (consommation, immobilier) ;
U
- Produits islamiques ;
E
administratives ;
ES
33
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Conclusion
Ce chapitre consacré à la méthodologie de l’étude et à l’entité étudiée, nous a permis
dans un premier temps, d’exposer notre démarche d’étude tout en précisant les outils et les
techniques utilisés. Dans un second temps, il nous offre un aperçu sur l’historique de la
banque, ses missions et son organisation. Nous avons ainsi compris le fonctionnement de la
C
34
SOKO Aminata MPCGF-Promotion 11
C
ES
AG
-B
Cette partie de notre étude portera sur l'application des fondements théoriques présentés
dans la première partie. Notre démarche s'articulera autour deux chapitres. Nous présenterons
d'abord la gestion du risque de liquidité d’ABM, ensuite nous ferons une analyse critique de
cette gestion, et enfin formuler des recommandations.
C
ES
AG
-B
IB
LI
O
TH
EQ
U
E
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SOKO Aminata MPCGF-Promotion 11
Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
de liquidité.
ES
AG
est bien structuré et les principales missions, proportionnellement réparties, sont les
suivantes :
EQ
1 - Missions principales
U
37
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
2 - Attributions
- ABM a différentes attributions énumérées ci-dessous :
- Assurer la gestion courante du portefeuille titre de la banque ;
- Garantir l’organisation des paiements et des transferts de titres liés aux opérations de
portefeuille ;
- Assurer les prévisions d’évolution des ratios de la banque ;
- Evaluer les besoins de fonds propres et proposer les actions nécessaires ;
- Optimiser la répartition des capitaux propres ;
- Assurer la remontée des dividendes dans le respect des contraintes réglementaires et
fiscales locales, et des instructions de la direction générale ;
- Contribuer à la structuration des principales opérations de création de structures ou de
C
- Effectuer les placements des excédents de trésorerie et/ou levée des financements en
monnaie locale au meilleur coût ;
-B
- Rédiger les rapports périodiques sur l’état de la trésorerie st sur celui de l’exécution
EQ
marges interne par marché, PNB analytique par agences, pricing des crédits, etc…) ;
AG
cadre contractuel ayant un lien avec sa fonction et permettant de protéger au mieux les
EQ
intérêts de la banque ;
- Proposer et garantir la structuration financière des opérations ;
U
E
39
SOKO Aminata MPCGF-Promotion 11
Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
liquidités de la banque tout en respectant les normes réglementaires de la BCM mais aussi en
ES
assurant le bon dénouement de tous nos engagements vis-à-vis de tiers. Les placements de la
AG
Le risque de liquidité du groupe Attijariwafa bank est suivi dans le cadre d’une politique
IB
de liquidité validée par le comité ALM, le comité d’audit et le conseil d’administration. Cette
LI
politique permet d’identifier, de mesurer de suivre et de couvrir le risque de liquidité dans une
O
situation normale et dans une situation de crise. La situation de liquidité du groupe est
TH
3.2.1. Mesure
La mesure du risque est faite au jour le jour, basée sur des reporting quotidiens. Les
passifs exigibles et les actifs liquides et disponibles sont classés suivant leurs échéances afin
de faire ressortir les impasses (actifs- passifs) et d'identifier d'éventuel besoin en liquidité.
Pour la détermination des échéances, un traitement adapté est fait sur ces catégories
suivantes :
40
SOKO Aminata MPCGF-Promotion 11
Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
- les dépôts à vue des clients : les dépôts sont analysés pour déterminer la partie stable
et la partie volatile. Cette analyse est faite sur la base de la qualité des déposants. La
partie volatile des dépôts est considérée comme payable à très court terme, pour la
partie stable l'échéance est considérée plus longue ;
- les découverts : la banque distingue les découverts exceptionnels ou spontanés qui
sont de très court terme et les découverts structurels (c'est-à-dire les découverts qui
sont continuellement utilisés par le client) qui peuvent être considérés comme des
engagements à moyen terme.
Le profil des échéances est régulièrement mis à jour.
- détenir des actifs disponibles et réalisables permettant à la banque de faire face à des
AG
- Ce dispositif est accompagné d’un plan d’urgence prévoyant des actions à mener en
LI
41
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Le pilotage et le suivi du risque de liquidité s’appuie sur une large gamme d’indicateurs
couvrant différentes échéances :
- Les bons du Trésor libres : Ils permettent à la banque à tout moment de faire face à un
C
écart important entre les flux entrants et sortants dans une même journée et/ou à des
ES
horizon inférieur à un an. Cette liquidité peut résulter soit de la cession de l’actif en
LI
question sur le marché, soit de l’utilisation du titre sur le marché des repos, soit de la
O
- La couverture des tombées des ressources wholesale à horizon de 12 mois par les
EQ
RLDR : Cet indicateur permet de mesurer la capacité de la banque à faire face à une
fermeture des marchés se traduisant par son incapacité à remplacer les tombées des
U
E
Des simulations de différents scénarios de choc de taux sont effectuées pour déterminer
l’impact de tels scénarios sur la marge nette d’intérêt et sur la valeur économique des fonds
propres.
42
SOKO Aminata MPCGF-Promotion 11
Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Les impasses de taux et les résultats des stress tests sont présentés en Comité ALM qui
décide des mesures de gestion / couverture à prendre.
ABM dispose également d'un outil de reporting adéquat qui signale de façon automatique tout
ES
Conclusion
IB
LI
s'assurer que tout besoin de financement est couvert au quotidien est possible par la mise en
U
place de différents dispositifs tels que la diversification des ressources, la limitation des
E
43
SOKO Aminata MPCGF-Promotion 11
Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
spécifiques. Cette phase de préparation a permis d'identifier les risques, d'analyser l'efficacité
LI
risque de liquidité a aussi nécessité l'utilisation d'outils de collecte et d'analyse des données
TH
Les risques auxquels la banque est exposée dans la gestion de sa liquidité sont : le risque
E
L'insolvabilité de la banque qui se traduit par le fait qu'elle n'arrive pas à faire face à ses
engagements, peut provoquer un phénomène de panique chez les différents déposants qui
entrainera par la suite un retrait massif de leurs dépôts.
44
SOKO Aminata MPCGF-Promotion 11
Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
ABM dans le cadre de ses activités peut acquérir des titres dont elle a la possibilité de
revendre. En cas de pénurie de liquidité, l'établissement peut réaliser des moins-values, en
fonction des conditions de marché, en vendant ses titres dans la précipitation.
En recherchant également de nouvelles ressources pour financer ses déficits, le coût de
la ressource peut augmenter.
ABM peut, en cas de crise de liquidité, se faire refinancer par les autres entités
Attiariwafa mais cela peut engendrer une perte en fonction du cours de la devise.
C
ES
De manière générale, un système de contrôle interne efficace au sein d'une banque est
O
caractérisé par :
TH
Cette identification permet de montrer l'ensemble des dispositifs mis en place par la
banque pour maîtriser ses risques.
45
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Pour maîtriser le risque de retrait massif de la part des déposants dus à l'insolvabilité de
la banque, les dispositifs mis en place sont :
- l'implication des organes dirigeants dans la gestion des risques ;
- une politique en matière de gestion de la liquidité impliquant une structure de décision
et une structure de gestion du risque (risk manager), une stratégie de gestion et de
financement de la liquidité ;
- la diversification des ressources : le profil de tous les déposants et plus
particulièrement des plus gros déposants de la banque font l'objet d'une étude. Les
dépôts effectués par ces clients ne doivent pas dépasser un certain seuil par rapport au
C
ES
total dépôt ;
- une procédure d'autorisation et de limites des crédits pour les engagements et les
AG
découverts spontanés ;
- la limitation des transformations : les opérations d'engagement à long terme tels que
-B
les prêts à plus d'un an sont endossées à des ressources à long terme. Ainsi, la banque
IB
utilise les ressources longues pour financer les emplois de maturité similaire ;
LI
interbancaire) ;
TH
- un système de gestion de sa liquidité dans toutes les devises qu'elle utilise pour éviter
EQ
Pour maîtriser le risque de marché, la banque a mis en place les dispositifs suivants :
- une étude approfondie pour l'acquisition des titres : les titres d'Etat (titres sans risque à
priori, risque souverain et refinançable) ;
- un suivi et un contrôle permanent est fait sur les titres acquis (la date du
remboursement, le taux retenu, le montant exact du remboursement, les différentes
échéances, etc.) ;
- la disponibilité d'un portefeuille de crédit de clients bénéficiant d'accord de
classement.
46
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Pour maîtriser le risque de taux, ABM a mis en place les dispositifs suivants :
- des systèmes de limite et de contrôle appropriés et fiables pour surveiller les positions
et tout risque de taux ;
- les excédents en devises étrangères sont tenus en euros.
et fiables ;
AG
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Une crise de liquidité de la banque aura des répercussions sur l'image de l'établissement
et au-delà sur la réputation et la fiabilité même du groupe ATTIJARIWAFA. Ainsi différents
dispositifs ont été mis en place pour parer à tout risque de réputation :
- l'implication des organes dirigeants dans la gestion de la liquidité ;
- une situation financière solide, une gestion saine, une rentabilité récurrente et
satisfaisante et une communication financière pertinente apte à rassurer les déposants
et investisseurs ;
- un établissement des ratios internes plus stricts que ceux de la réglementation
bancaire.
C
ES
4.1.2.7. Les dispositifs pour maîtriser les risques opérationnels : risques d’erreurs,
AG
- la qualification du personnel.
O
Une fois les dispositifs identifiés, ils seront analysés afin de vérifier leur existence
TH
liquidité
E
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
L'analyse des dispositifs permet de voir si les dispositifs identifiés sont effectivement
mis en place dans la banque et s'ils sont maîtrisés. Le tableau ci-dessous présentera cette
analyse :
Tableau 6 : Analyse des dispositifs mis en place par la banque
Dispositifs
Risques Dispositifs
maitrisés
L'implication des organes dirigeants OUI dans, la gestion des
Oui
risques
de la part des
déposants dû à Les opérations d'engagement à LT* tels que les dispositifs Oui
AG
au marché interbancaire)
Un système de gestion de sa liquidité dans toutes les devises qu'elle
IB
change
O
Une étude approfondie pour 1' acquisition des titres (étude du Oui
EQ
Risque de La gestion de la liquidité fait l'objet d'un contrôle permanent et d'un Oui
faillite de reporting mensuel à la Direction Générale
l'établissement
Un système de reporting pertinent des besoins de financement et Oui
dû au manque
des éventuelles pertes
de liquidité
Le respect des dispositifs réglementaires Oui
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
opérations améliorer
ES
opérationnels
L'efficacité des fonctions de contrôle et de surveillance des risques Dispositif à
opérationnels améliorer
-B
Source : Nous-mêmes.
LI
O
L'analyse du dispositif existant montre que les dispositifs mis en place par la banque
TH
sont bien maîtrisés (existence et application) et constituent des forces du système de contrôle
EQ
interne.
Ces systèmes permettent une mesure quotidienne du risque de liquidité et une gestion
U
efficace de la liquidité. Cependant, certains manquements ont été relevés dans le dispositif de
E
contrôle interne d’ABM et des recommandations seront faites à ce propos pour une meilleure
maîtrise des risques.
50
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
stagnation de l'activité. Avec la concurrence des autres établissements de crédit qui offrent des
services de plus en plus compétitifs aux grandes entreprises, ABM peut ainsi perdre certaines
opportunités avec ses clients ;
- le service du contrôle des opérations est sous la direction du département des
opérations et de la technologie (département qui s'occupe de l'exécution des
opérations). Ainsi, nous constatons un cumul des fonctions incompatibles entre
l'exécution et le contrôle de cette exécution ;
- l'institution financière ayant ciblé sa clientèle est aussi exposée au risque sectoriel (la
faillite d'un de ses clients peut avoir des répercussions sur 1'ensemble des déposants à
cause de 1'existence de partenariats commerciaux entre les grandes structures).
C
Après 1'analyse de la gestion du risque de liquidité, nous sommes à même de faire des
ES
4.2. Recommandations
-B
IB
Cette dernière section servira à la formulation des recommandations pour corriger les
insuffisances identifiées dans la section précédente, nous avons formulé les recommandations
LI
O
suivantes qui sont adressées aux différents acteurs de la banque pour une amélioration des
TH
4.2.2. Au trésorier
- les valeurs reçues pour encaissement ou décaissement doivent être bien archivés, ils
constituent des pièces justificatives des opérations ;
-B
les risques de perte ou de vol. Le chef d’agence pourrait veiller à l’application correcte
E
de ce dispositif ;
- des contrôles inopinés pouvant permettre de s’assurer que les procédures de gestion
des instruments de paiement sont bien appliquées au sein des agences, de s’assurer
également que la liquidité est bien gérée par toutes les agences.
Conclusion
ABM, longtemps démarquée de ses concurrents par la disponibilité et le
professionnalisme de son personnel et par la qualité de son organisation, a mis en place
différents dispositifs pour la gestion du risque de liquidité : l'implication des organes
dirigeants dans la gestion des risques, une politique en matière de gestion de la liquidité, la
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
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C
ES
AG
-B
IB
Conclusion Générale
LI
O
TH
EQ
U
E
Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
dispositif aussi conçu et bien appliqué soit-il, ne peut fournir une garantie absolue quant à la
ES
réalisation des objectifs, du fait des limites inhérentes à tout système de contrôle interne.
AG
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E
U
EQ
TH
O
Annexes
LI
IB
-B
AG
ES
C
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C
ES
AG
-B
IB
LI
O
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C
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Annexe 3 : Questionnaire
QUESTIONNAIRE
automatiquement ? OUI
AG
OUI
U
E
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E
U
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TH
Bibliographie
O
LI
IB
-B
AG
ES
C
Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
272 pages.
ES
Normes et règlementation à jour, Nouvelles stratégies bancaires, 8eme édition, Dunod, Paris,
312 pages.
-B
commerciale, informatique et financière, gestion des risques, 2e édition, Paris, 355 pages.
O
12. ESCH Louis ; KIEFFER Robert & LOPEZ Thierry, Asset & Risk Management : la
finance orientée « risques », éditions De Boeck Larcier, Paris, 487 pages.
13. GREUNING Van & BRATANOVIC Brajovic (2004), Analyse et gestion du risque
bancaire, éditions ESKA, Paris, 383 pages.
14. -HOSSFELD Christopher (2009), L’information financière sur le risque de liquidité
des banques, in revue française de comptabilité, vol 422 : 22-26.
15. IFACI Institut de l'Audit Interne (2005), Management des risques de l'entreprise,
éditions d'Organisation, Paris, 338 pages
16. JACOB Henri & SARDI Antoine (2001), Management des risques bancaires,
éditions AFGES, Paris 388 pages.
61
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
17. JOKUNG NGUENA Octave (2008), Management des risques, éditions Ellipses,
Paris, 181 pages.
18. LAMARQUE Eric (2008), gestion bancaire, 2è Edition, Pearson Education, 246
pages. 19. LEMANT Olivier (1995), La conduite d'une mission d'audit interne, 2ème édition,
éditions Dunod, Paris, 271 pages.
20. MADERS Henri-Pierre & MASSELIN Jean Luc (2009), Contrôle interne des
risques, 2ème édition, éditions d’Organisation, Paris, 261 pages.
21. NICOLET Olivier (2000), Risques opérationnels de la définition à la gestion
Banque Magazine, n°615, pages 44-46.
22. OBERT Robert (2004), Audit et commissariat aux comptes aspects internationaux,
4ème édition, éditions Dunod, Paris, 495 pages.
C
23. OGIEN Dov (2008), Comptabilité et audit bancaires, 2e édition, éditions Dunod,
ES
25. RENARD Jacques & Jean Michel CHAPLAIN (2006), Théorie et pratique de
l'audit interne, 6ème édition, éditions d'Organisation, Paris, 486 pages.
IB
26. RENARD Jacques (2008), Théorie et pratique de l'audit interne, 6ème édition,
LI
27. RENARD Jacques (2010), Théorie et pratique de l'audit interne, 7ème édition,
TH
28. SARDI Antoine (2002), Audit et contrôle interne bancaires, éditions AFGES,
Paris, 1065 pages.
U
E
29. SCHICK Pierre (2007), Mémento d'audit interne, éditions Dunod, Paris, 217 pages.
30. SCHICK Pierre, VERA Jacques & BOURROUILH-PAREGE Olivier (2010), Audit
interne et référentiels de risques, éditions Dunod, Paris, 338 pages.
31. VALIN Gérard (2066), Controlor & Auditor, éditions Dunod, Paris, 451 pages.
32. VERNIMMEN Pierre (2009), Finance d’entreprise, 7ème édition, éditions Dalloz,
Paris, 1184 pages.
62
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
Remerciements ........................................................................................................................... ii
Sommaire ................................................................................................................................... v
C
ES
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Analyse de la gestion du risque de liquidité : Cas d’ABM
4.1.2.1. Les dispositifs pour maîtriser le risque de retrait massif de la part des
déposants dû à l'insolvabilité de la banque.................................................................... 46
C
............................................................................................................................ 48
O
Annexes .................................................................................................................................... 56
Bibliographie ............................................................................................................................ 60
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C
ES
AG
-B
IB
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O
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