SERVICE DES EXAMENS DE LANGUE FRANÇAISE RÉSERVÉS AUX ÉTUDIANTS ÉTRANGERS
CENTRES DE GRÈCE - SESSION DU 11 DÉCEMBRE 2011
D I P L Ô M E D E L A N GU E ET L I T T É R A T U R E F R A N Ç A I S E S
Paris-Sorbonne C2
COMPTE RENDU ET COMMENTAIRE
Note sur 20 – Durée : 2h30
1. Vous proposerez de ce texte un compte rendu sous forme de résumé libre en 200
mots (tolérance ± 10%).
Vous indiquerez le nombre de mots utilisés.
2. Vous proposerez ensuite à votre choix :
- Soit un commentaire libre de l’ensemble du texte (± 300 mots) ;
- Soit un commentaire de la phrase suivante : « Cette chute est si totale que le
chœur déclare qu’avec un tel exemple on ne peut juger aucun homme
heureux avant sa mort. » (± 300 mots).
Indiquez Obligatoirement quel commentaire vous choisissez, le premier ou le second.
Le sort tragique du Héros
1. Désastres
Dans les tragédies du Ve siècle, seule la tragédie d’Eschyle intitulée Les Perses porte sur un
sujet récent : la victoire des Grecs sur les Perses, victoire à laquelle Eschyle avait lui-même
participé. On connaît le nom de quelques poètes qui avant Eschyle avaient célébré un
événement récent. Mais, à ces rares exceptions près, toutes les tragédies grecques portent sur
les héros qu’avaient célébrés les épopées d’Homère et les autres épopées du cycle épique.
Ces héros occupaient une place intermédiaire entre les dieux et les hommes. Beaucoup étaient
fils de dieux ou descendants de dieux, ils étaient plus forts, plus vaillants et se distinguaient par
d’éminents services rendus à la collectivité ; souvent ils recevaient un culte après leur mort. Ils
représentaient donc des humains supérieurs aux autres humains, et par leur statut et par leurs
actions. On pourrait s’attendre à les voir incarner cette grandeur de l’homme dont il a été
question jusqu’ici.
Or, une surprise considérable nous attend : tous ces héros de la tragédie sont frappés de
désastres, ils meurent souvent dans des souffrances atroces, déshonorés, et renonçant à tout
respect.
On tentera ici de le prouver par l’examen des tragédies conservées : les fragments d’autres
tragédies qui nous sont parvenus sont souvent difficiles à interpréter, faute de contexte ; et les
résumés risquent d’être trompeurs pour la même raison.
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Il est vrai qu’inversement les tragédies conservées sont l’effet d’un choix effectué par les
savants au cours des siècles suivants ; ils ont retenu un certain nombre de pièces : seule
une dizaine de pièces d’Euripide nous est parvenue de façon indépendante. Or, il est
possible que ce choix d’érudits d’époque byzantine ait été dicté par le plaisir des
rapprochements et destiné à des commentaires et des comparaisons ; les ressemblances et
convergences peuvent par là être trompeuses, mais sont d’autant plus éloquentes.
Le héros qui est au centre du plus grand nombre de tragédies conservées est sans aucun
doute Oedipe. Et, pour une fois, on en offrira ici la preuve en citant les pièces, non pas dans
l’ordre de leur apparition, mais en suivant le fil même de l’histoire : cela montrera assez
l’ampleur de la catastrophe qui le frappe et son retentissement sur les événements
postérieurs. Le thème principal est présenté dans Œdipe Roi de Sophocle. Là, on voit un
Œdipe triomphant, sauvant la ville de Thèbes, épousant la reine et gouvernant
raisonnablement la cité, pour finir par découvrir qu’il a, sans le savoir et sans le vouloir,
assassiné son père, épousé sa mère et engendré des enfants qui sont ses propres frères et
sœurs. Cette chute est si totale que le chœur déclare qu’avec un tel exemple on ne peut
juger aucun homme heureux avant sa mort.
Or, on constate vite que le désastre s’étend à toute sa famille. On sait que ses deux fils,
Étéocle et Polynice, s’affrontent dans une guerre sans merci où ils risqueront tous deux leur
vie : cet événement est le sujet de trois tragédies. Dans la plus ancienne, celle d’Eschyle,
intitulée Les Sept contre Thèbes, on voit seulement l’un des deux fils céder à la malédiction
paternelle et s’engager dans le combat où lui et son frère périront. Pour Euripide, cet
affrontement est devenu politique : dans les Phéniciennes, les deux frères s’affrontent en
paroles devant leur mère Jocaste, qui survit pour l’occasion, et l’on découvre un Étéocle
emporté par un désir de domination et de pouvoir qui va semer le malheur dans la ville ; sa
mère essaye en vain de le retenir, et, pour finir, tous deux mourront. Jocaste elle-même
mourra, pour de bon cette fois. L’enchaînement des malheurs semble radical et définitif,
mais un nouveau problème surgit : Créon décide d’ensevelir un seul des deux frères,
Étéocle, qui a sauvé la ville, tandis qu’il interdit d’ensevelir Polynice, qui l’a attaquée. Là,
nous voyons une autre enfant d’Œdipe manifester son héroïsme dans la tragédie de
Sophocle qui porte son nom, Antigone, qui, bravement et seule, enfreint les ordres et offre à
son frère la sépulture. Et elle est châtiée de telle façon qu’elle en meurt, entraînant dans sa
mort le fils du roi Créon qui a pris la succession d’Œdipe.
Jacqueline de ROMILLY,
La grandeur de l’homme au siècle de Périclès,
Éditions de Fallois, Paris, 2010.
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CENTRES DE GRÈCE - SESSION DU 11 DÉCEMBRE 2011
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Paris-Sorbonne C2
TRADUCTION - GREC
Note sur 10 - Durée 1h00
Version : Traduisez le passage suivant en grec. (5 points)
Ce serait une grave erreur de croire que parce que le héros est abattu, déshonoré,
humilié, il perd pour autant de sa grandeur à nos yeux. A vrai dire, nous le connaissions
avec sa grandeur avant même de le voir abattu. Les Grecs du Ve siècle les
connaissaient mieux encore que nous : les héros appartenaient à la tradition familière à
laquelle ils croyaient et à laquelle les gens d’alors souvent entendaient se rattacher plus
ou moins indirectement ; on connaissait leurs exploits, on savait leurs victoires, on
savait leur parenté avec les dieux ; c’était des noms qui tout de suite frappaient les
esprits, accompagnés du souvenir de leurs hauts faits et de leur rayonnement. Pensez
que même à l’heure actuelle, même après des siècles et des siècles, la langue
populaire se souvient encore des noms de ces héros : il est courant de dire en français,
même quand on n’a fait ni latin ni grec, « un travail d’Hercule » (on reconnaît Héraclès),
ou bien « un complexe d’ Œdipe » (ce qui implique une vision pour le moins discutable
de notre Œdipe, mais aussi une connaissance générale de la situation du héros et
même de son malheur).
Jacqueline de ROMILLY,
La grandeur de l’homme au siècle de Périclès, éd. de Fallois, 2010.
Thème : Traduisez en langue française les phrases suivantes. (5 points)
1) Εκπλήσσοµαι που δεν άναψαν τη θέρµανση.
2) Κρίµα που δεν ήλθες µαζί µου στον κινηµατογράφο.
3) Εάν ήµουν στη θέση σας θα είχα δράσει διαφορετικά.
4) Εάν ήξερα πόσο όµορφη είναι η Κρήτη θα την είχα επισκεφθεί νωρίτερα.
5) Οι προσεχείς προεδρικές εκλογές στη Γαλλία θα διεξαχθούν το Μάρτιο του 2012
Les candidats doivent donner seulement une traduction d’un mot, d’une expression ou
d’une phrase (traduire le titre et transcrire le nom de l’auteur).
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