Chapitre x : Gestion de l’alimentation et
des batteries
Introduction
Dans les systèmes de recharge de véhicules électriques, la gestion énergétique repose en
grande partie sur le bon dimensionnement et la protection des batteries. Ce chapitre détaille
la configuration choisie pour le prototype développé, à savoir deux cellules lithium-ion
18650 connectées en série et gérées par un BMS 2S 10A. Le système de recharge sans fil est
conçu exclusivement pour charger ces batteries, sans alimenter directement de charges
annexes. Cela permet de maximiser la sécurité et simplifier le contrôle.
I. Configuration des batteries
I.1 Type et caractéristiques
Pour simuler les batteries utilisées dans les véhicules électriques, deux cellules Lithium-Ion
18650 ont été sélectionnées et connectées en série. Ce choix repose sur plusieurs critères
techniques et pédagogiques :
Figure 1:les cellules 18650
I.1.i. Technologie représentative des véhicules électriques
Les batteries des véhicules électriques modernes reposent principalement sur des
technologies à base de lithium-ion, en raison de leur forte densité énergétique, de leur
longue durée de vie, et de leur efficacité énergétique. Dans l'industrie automobile, les
cellules utilisées sont généralement de type prismatique ou pouch, car elles facilitent
l’intégration dans des modules compacts, tout en offrant une meilleure gestion thermique.
Cependant, certaines entreprises comme Tesla ont historiquement utilisé des cellules
cylindriques 18650, puis 21700 et récemment 4680, regroupées en modules via un système
de gestion (BMS) et de refroidissement performant [2]
Dans un contexte de prototypage ou de projet pédagogique, l'utilisation de deux cellules
18650 constitue une solution réaliste et pratique. Elles permettent de reproduire à petite
échelle les mécanismes fondamentaux de stockage et de gestion de l’énergie tout en étant
abordables, faciles à intégrer et disponibles sur le marché [1].
I.1.ii. Haute densité énergétique
Les cellules lithium-ion de type 18650 présentent une densité énergétique typique de 200 à
250 Wh/kg, ce qui les place largement devant d'autres technologies comme le nickel-métal
hydrure (NiMH) ou le plomb-acide. Cette haute densité permet de stocker une plus grande
quantité d'énergie dans un volume et un poids réduits, ce qui est essentiel pour les
applications embarquées où l’optimisation de l’autonomie et du poids est une priorité,
comme dans les véhicules électriques. Cette performance énergétique est un facteur clé de
leur adoption dans l'industrie automobile [3].
I.1.iii. Stabilité thermique et sécurité
Les batteries lithium-ion modernes, particulièrement lorsqu'elles sont couplées à un circuit
de protection intégré ou à un Battery Management System (BMS), présentent une stabilité
thermique améliorée. Elles sont conçues pour éviter les phénomènes d’emballement
thermique, réduisant ainsi les risques d'explosion, de surchauffe ou d’incendie. Cette
sécurité est obtenue par des mécanismes de coupure automatique en cas de surtension,
sous-tension, ou surchauffe, rendant leur usage plus fiable dans des systèmes sensibles
comme les véhicules électriques ou les applications robotiques [4].
I.1.iv. Facilité d’intégration et de disponibilité
Le format 18650 est largement standardisé, avec une tension nominale de 3,7 V, ce qui le
rend compatible avec une vaste gamme de circuits électroniques. Il est aussi facilement
disponible sur le marché, ce qui réduit les coûts et facilite la maintenance. Ces cellules sont
également compatibles avec des modules de recharge courants (TP4056, BMS 2S, etc.), et
leur forme cylindrique facilite l’assemblage en pack dans des espaces restreints. Cela les
rend idéales pour les systèmes modulaires, les prototypes électroniques, ou les kits
pédagogiques [5].
I.1.v. Compatibilité avec les BMS 2S
Le fait de connecter deux cellules 18650 en série (configuration dite 2S) permet d’atteindre
une tension nominale de 7,4 V (avec une tension maximale de 8,4 V lorsque les cellules sont
entièrement chargées). Cette configuration est particulièrement adaptée aux applications
nécessitant une alimentation en courant continu de moyenne tension, notamment dans les
systèmes électroniques embarqués ou les modules de prototypage. Grâce à leur tension
standardisée, ces cellules peuvent être intégrées facilement dans des architectures
électroniques à basse tension tout en assurant une bonne densité énergétique.
Cependant, l’utilisation en série de cellules lithium-ion impose des exigences en matière de
sécurité et de gestion de charge, car un déséquilibre entre les cellules peut entraîner une
dégradation prématurée, voire des incidents liés à la surchauffe. C’est pourquoi l’ajout d’un
Battery Management System (BMS) devient indispensable. D’après Analog Devices (2022),
un BMS adapté à une configuration 2S, comme ceux de 10 A, remplit plusieurs fonctions
essentielles : il assure la protection contre les surtensions, les sous-tensions, les
surintensités, les décharges profondes, et les courts-circuits. Il joue également un rôle
crucial dans le balancement des cellules, et l’optimisation du cycle de vie de la batterie. Ces
modules BMS sont aujourd’hui disponibles à faible coût et sont généralement conçus pour
une intégration facile, ce qui en fait une solution idéale pour les projets pédagogiques, les
systèmes d’alimentation autonome et les applications embarquées nécessitant robustesse et
fiabilité [6].
Figure 2 Schéma de câblage du BMS 2S
Tableau 1:caractéristiques du cellule Lithium-Ion 18650
Caractéristique Valeur approximative
Tension nominale 3.7 V
Capacité estimée ~1800 mAh (basée sur 6800 mWh)
Énergie stockée ≈ 6.8 Wh
Configuration 2S (2 cellules en série)
Tension totale (nominale) 7.4 V
Tension pleine charge 8.4 V
I.2 Montage en série
Les deux cellules sont montées en série, ce qui permet de :
Additionner les tensions des cellules
Conserver la capacité identique à celle d'une seule cellule
I.1.i. Tension totale du pack :
Le pack de batteries est constitué de deux cellules lithium-ion de 3,7 V connectées en série.
Dans ce type de montage, les tensions des cellules s’additionnent, tandis que la capacité
reste inchangée. Ainsi, la tension totale fournie par le pack est la somme des tensions de
chaque cellule :
Vtotal=Vcellule×2
Cela signifie que le pack est capable de délivrer une tension nominale de 7,4 volts. Cette
tension est adaptée à de nombreux circuits électroniques et constitue un compromis idéal
entre compacité, puissance et simplicité de gestion.
Il est également important de noter que cette valeur de 7,4 V correspond à la tension
nominale. En pratique, la tension d’un pack 2S lithium-ion varie selon l’état de charge :
Tension maximale (pleine charge) :
Vmax=4,2 V×2=8,4 V
Tension minimale (décharge complète) :
Vmin=3,0 V×2=6,0 V
I.1.ii. Capacité du pack :
Le pack d’alimentation utilisé dans notre projet est constitué de deux cellules lithium-ion
18650 identiques, montées en série. Chaque cellule est marquée avec une énergie nominale
de 6800 mWh (milliwattheures) et une tension nominale de 3,7 V. Pour déterminer la
capacité réelle en ampères-heures (Ah), on utilise la relation suivante :
E 6800 mWh 6 , 8 Wh
C= = = ≈ 1, 84 Ah
U 3,7V 3 , 7V
Ce résultat est cohérent avec les valeurs réalistes de capacité des cellules 18650
couramment disponibles sur le marché, soit environ 1800 mAh (ou 1,8 Ah).
Figure 3:Porte-batteries 18650 x2 utilisé pour le montage en série
II. Calculs énergétiques
I.1 Energie stockée
E=Vnom×C=7.4 V×1.8 Ah=13.3Wh
Cette capacité énergétique est suffisante pour alimenter un petit système embarqué. Toutefois,
dans le cadre de ce projet, elle est principalement stockée dans le but de valider le bon
déroulement du processus de charge.
I.2 Courant de charge recommandé
Les cellules lithium-ion 18650 utilisées dans ce projet sont conçues pour être rechargées
selon la méthode courant constant / tension constante (CC/CV), largement reconnue pour
sa fiabilité et son efficacité.
Le courant de charge recommandé pour ce type de cellule se situe entre 0,5C et 1C, soit une
intensité comprise entre 0,9 A et 1,8 A pour une capacité nominale de 1800 mAh.
Néanmoins, pour des raisons de sécurité thermique et afin de garantir une recharge sans
échauffement excessif, le courant est volontairement limité à ≤ 1 A. Ce choix est
particulièrement adapté dans le cadre d’un système de recharge sans fil, où la gestion
thermique joue un rôle essentiel dans la stabilité du système.
III. Système de gestion BMS 2S 10A
Le Battery Management System (BMS) constitue un élément électronique fondamental dans
tout système de stockage à base de batteries lithium-ion. Il a pour rôle principal d’assurer la
sécurité, la fiabilité et la longévité des cellules, en gérant à la fois les processus de charge, de
décharge et d'équilibrage. Dans le cadre de ce projet, un module BMS 2S 10A est utilisé
pour piloter un pack constitué de deux cellules Li-ion 18650 montées en série (7,4 V
nominal, 8,4 V maximal).
Figure 4:Carte de gestion BMS 2S 10A utilisée
I.3 Fonctions principales du BMS
Le BMS 2S remplit plusieurs fonctions critiques, dont les principales sont :
Équilibrage des cellules : le module assure un équilibrage passif de la tension entre
les deux cellules, grâce à un courant d’équilibrage de l’ordre de 20 à 30 mA par
cellule. Cette opération est essentielle pour maintenir une tension uniforme entre les
cellules et éviter toute surcharge ou décharge excessive d’une cellule par rapport à
l’autre.
Protection contre les défauts électriques :
o Surtension : détection entre 4,26 V et 4,31 V par cellule, avec réactivation
automatique lorsque la tension redescend dans la plage 4,03–4,13 V, après un
délai de 700 à 1300 ms.
o Sous-tension : coupure entre 2,82 V et 2,98 V par cellule, avec rétablissement
à partir de 2,90–3,10 V (délai de 70 à 150 ms).
o Surintensité : la carte accepte un courant nominal de 10 A (avec des pointes
admissibles jusqu’à 15 A).
o Court-circuit et inversion de polarité : protection par coupure immédiate,
suivie d’un rétablissement automatique après suppression du défaut.
Commande de la charge et de la décharge : le module utilise des transistors de type
MOSFET pour contrôler dynamiquement les flux de courant. Ces interrupteurs
électroniques sont activés ou désactivés automatiquement en fonction des seuils de
tension et de courant, assurant une régulation sûre et efficace.
I.4 Caractéristiques techniques du module BMS 2S 10A
Tableau 2:Caractéristiques techniques du module BMS 2S 10A
Paramètre Valeur
2 cellules en série (7,4 V nominal, 8,4 V
Configuration
max)
Courant de charge/décharge 10 A continu (jusqu’à 15 A en pointe)
Courant d’équilibrage ≈ 20–30 mA par cellule
Courant de veille < 10 µA
Résistance interne < 300 mΩ
Température de fonctionnement –20 °C à +60 °C
Dimensions physiques Environ 40 × 16 × 3,5 mm
I.5 Connexions électriques
Tableau 3:connexions électriques de module BMS 2S 10A
Le module présente cinq broches principales, dont les fonctions sont décrites ci-dessous :
Broche Fonction
Connexion au pôle négatif du pack (– de
B−
la cellule 1)
Le
Connexion intermédiaire entre les deux
B1
cellules
Connexion au pôle positif du pack (+ de
B+
la cellule 2)
Sortie négative vers le chargeur ou la
P−
charge
Sortie positive vers le chargeur ou la
P+
charge
schéma de câblage est le suivant :
B− : connecté au pôle négatif de la première cellule.
B1 : relié entre les deux cellules (jonction série).
B+ : connecté au pôle positif de la seconde cellule.
P− / P+ : utilisés pour la connexion à l’alimentation (en charge) ou aux
consommateurs (en décharge).
I.6 Plages de Tension et de Courant Admissibles par le BMS 2S 10A
Dans le cadre de ce projet, deux cellules lithium-ion 18650 de 6800 mAh et 3,7 V nominal
sont connectées en série, formant un pack 2S de 7,4 V nominal et 8,4 V en pleine charge. Le
module BMS 2S 10A utilisé dans cette configuration assure la protection et la gestion de la
charge/décharge du pack, en imposant des seuils de fonctionnement stricts. La tension
admissible à l’entrée du BMS (entre les bornes P+ et P−) doit être comprise entre environ 5,6
V et 8,4 V, correspondant à la plage de tension totale du pack. Si la tension dépasse 8,4 V
(soit 4,2 V par cellule), la protection surtension est activée ; inversement, une chute en
dessous de 5,6–6,0 V déclenche la protection sous-tension. Côté courant, le module
supporte un courant continu maximal de 10 A, avec des pics momentanés jusqu’à 15 A, bien
que le courant de charge réel dans cette application soit limité à environ 1 A, assurant une
marge de sécurité importante. Ces limites garantissent un fonctionnement fiable, tout en
protégeant les cellules contre les conditions électriques extrêmes pouvant nuire à leur
longévité ou leur sécurité.
I.7 Justification du choix
Le module BMS 2S 10A est parfaitement adapté à notre application, dans laquelle le courant
de charge ne dépasse pas 1 A. La capacité maximale de 10 A offre une marge de sécurité
importante, garantissant un fonctionnement sans surchauffe ni déclenchement intempestif.
Sa faible consommation en veille, sa taille réduite, et ses protections multiples en font une
solution idéale pour des projets embarqués, notamment ceux intégrant une recharge sans
fil.
IV. Stratégie de charge
I.1 Méthode CC/CV
Le processus de charge des batteries lithium-ion suit un protocole rigoureux pour garantir à
la fois sécurité, efficacité énergétique et longévité des cellules. La méthode la plus répandue
est la méthode dite CC/CV, parfaitement compatible avec les technologies de charge sans fil
contrôlée, comme celle utilisée dans ce projet.
Phase 1 : Charge à courant constant (CC)
Dans cette première phase :
Le chargeur applique un courant constant, ici de l’ordre de 400 mA (≈ 0.2–0.25C),
adapté à la capacité réelle estimée de 1800 mAh pour chaque cellule.
La tension du pack 2S (composé de deux cellules en série) augmente
progressivement, depuis un niveau initial typique de 6.6 V (cellules partiellement
déchargées) jusqu’à atteindre 8.4 V, soit 4.2 V par cellule.
Cette phase permet de restaurer rapidement une grande partie de l’énergie sans dépasser
les seuils critiques de tension ou d’échauffement. Elle représente généralement 70 à 80 % de
la capacité totale.
Avantages :
Recharge rapide et contrôlée,
Simplicité de régulation pour le chargeur,
Suivi précis de la température et de la tension des cellules.
Phase 2 : Charge à tension constante (CV)
Lorsque la tension maximale de 8.4 V est atteinte :
Le chargeur maintient cette tension constante.
Le courant diminue progressivement, à mesure que les cellules atteignent leur
capacité maximale.
Le processus se termine lorsque le courant chute en dessous d’un seuil prédéfini,
généralement de l’ordre de 40 à 50 mA, soit 1/20 de la capacité nominale.
Cette phase permet de terminer la charge en toute sécurité, en évitant toute surcharge
susceptible de provoquer un stress électrochimique ou thermique.
Figure 5:une courbe illustrant l’évolution de la tension et du courant pendant la charge
Adaptation à la recharge sans fil
La méthode CC/CV est parfaitement adaptée à une recharge par induction magnétique
contrôlée. En effet :
Le contrôle de courant (CC) peut être implémenté côté primaire (station d’émission)
via la modulation de puissance délivrée.
Le maintien de la tension (CV) peut être assuré par un régulateur côté secondaire ou
par une régulation intelligente du système global.
Dans le projet réalisé, une régulation à base de BMS intégré peut assurer le respect de ces
deux phases, en arrêtant la charge dès que les seuils sont atteints.
I.2 Circuit de verrouillage par MOSFET pour la protection de la batterie
En complément de la régulation apportée par le BMS, un circuit de protection à base de
MOSFET a été ajouté en amont du système de charge afin de bloquer l’alimentation lorsque
la tension mesurée sort de la plage sécurisée de fonctionnement. Ce circuit agit comme un
interrupteur électronique commandé par une carte Arduino, qui mesure en continu la
tension batterie via un diviseur de tension.
Si la tension mesurée est comprise entre 6,0 V et 8,4 V, le MOSFET est activé et laisse passer
le courant vers le BMS. En dehors de cette plage, le transistor est bloqué, empêchant ainsi la
surcharge ou la décharge profonde des cellules.
Ce système constitue une double protection : il intervient avant même le BMS, agissant
comme une barrière de sécurité logicielle. Le code embarqué dans l’Arduino permet une
surveillance temps réel, avec affichage série des valeurs mesurées.
Le montage utilise un MOSFET NPN (ex. 2N2222 en simulation) commandé via la broche D12
de l’Arduino, et un pont diviseur résistif 10kΩ/10kΩ pour adapter la tension batterie à
l’entrée analogique A0.
Figure 6:Schéma de commande du MOSFET pour la protection de la batterie
I.3 Intégration à la bobine réceptrice
La tension issue du système de transmission d’énergie sans fil subit plusieurs étapes de
conditionnement afin de l’adapter aux exigences de la recharge des batteries lithium-ion. Ce
processus se déroule comme suit :
Redressement : La tension alternative récupérée au niveau de la bobine réceptrice
est redressée à l’aide d’un pont de diodes classiques. Ce redressement permet de
convertir le signal alternatif sinusoïdal en une tension continue unidirectionnelle.
Bien que les diodes Schottky soient souvent privilégiées pour leur faible chute de
tension directe, l'utilisation de diodes classiques demeure suffisante dans ce projet,
au vu des contraintes de coût et de disponibilité.
Filtrage : La tension redressée présente encore une ondulation résiduelle. Un
condensateur électrolytique de filtrage est donc utilisé pour lisser cette tension, en
réduisant significativement le niveau de ripple. Ce lissage améliore la stabilité de la
tension avant l'étape de régulation.
Régulation : Dans le cas où la tension redressée et filtrée dépasse la tension
maximale admissible par les batteries (8.4 V pour un pack 2S Li-ion), une régulation
est nécessaire. Cette tâche est assurée par un régulateur de tension LM317,
configuré en mode abaisseur (step-down). Le LM317 permet de maintenir une
tension de sortie stable et adaptée, tout en offrant une protection contre les
variations de la tension d’entrée.
Distribution vers le BMS : La tension ainsi régulée est acheminée vers les bornes P+
et P− du Battery Management System (BMS) 2S. Ce dernier joue un rôle crucial dans
la gestion et la protection des cellules lithium-ion, en assurant l’équilibrage, la
limitation de courant, et la protection contre les surtensions et sous-tensions.
V. Sécurité du système
Le choix d’un Battery Management System (BMS) fiable constitue une étape essentielle dans
la conception de tout système de stockage à base de cellules lithium-ion, notamment en
raison des risques de dégradation ou d’instabilité associés à cette chimie. Un BMS
performant permet d’assurer la sécurité, la longévité et le bon fonctionnement des batteries
en remplissant plusieurs fonctions critiques :
Protection contre la surcharge : Le BMS surveille en temps réel la tension de chaque
cellule. En cas de dépassement de la tension maximale admissible (généralement 4.2
V par cellule), il interrompt automatiquement la charge afin d’éviter une surcharge
susceptible d’endommager la cellule ou de provoquer un emballement thermique.
Prévention de la décharge excessive : Une tension trop basse (souvent < 2.5 V) peut
également endommager irrémédiablement une cellule lithium-ion. Le BMS coupe
alors l'alimentation de la charge dès que la tension descend en dessous du seuil
critique, préservant ainsi l’intégrité des cellules.
Protection contre les surintensités et surtensions : Le BMS joue le rôle de fusible
électronique intelligent, en interrompant instantanément le circuit en cas de courant
excessif (ex. court-circuit) ou de surtension à l’entrée, protégeant ainsi à la fois les
cellules et les composants en aval.
Équilibrage passif des cellules : En configuration multi-cellules (séries), des écarts de
tension peuvent apparaître entre cellules. Le BMS met en œuvre un équilibrage
passif, consistant à dissiper l’énergie des cellules les plus chargées à travers des
résistances de décharge, afin d’harmoniser les niveaux de charge et d’assurer un
comportement homogène de l’ensemble du pack.
VI. Conclusion
La configuration adoptée repose sur deux cellules lithium-ion 18650 connectées en série,
associées à un BMS 2S de 10 A. Cette architecture constitue une solution simple, fiable et
sécurisée, bien adaptée aux contraintes d’un système de recharge sans fil.
En isolant électriquement le bloc batterie de toute consommation externe pendant la phase
de charge, on optimise le rendement énergétique, tout en réduisant les perturbations sur le
processus de régulation. Cette approche contribue également à préserver la durée de vie des
cellules, en leur assurant un cycle de charge plus stable et plus contrôlé.
Le recours à un BMS passif offre l’avantage d’une intégration compacte, sans nécessiter de
composants actifs complexes (tels que des microcontrôleurs ou des convertisseurs
sophistiqués). Ce choix technique simplifie la conception globale, tout en garantissant les
fonctions essentielles de protection et d'équilibrage des cellules.