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Mémoire Jenny

Ce document présente une étude sur l'Office Congolais de Contrôle, son rôle dans la protection de la santé des consommateurs et les défis qu'il rencontre. Il aborde la problématique de la vérification des produits sur le marché, les faiblesses de l'Office, ainsi que les méthodes de recherche utilisées pour analyser la situation. L'étude vise à fournir des recommandations pour améliorer l'efficacité de l'Office dans sa mission de protection des consommateurs en République Démocratique du Congo.

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Mémoire Jenny

Ce document présente une étude sur l'Office Congolais de Contrôle, son rôle dans la protection de la santé des consommateurs et les défis qu'il rencontre. Il aborde la problématique de la vérification des produits sur le marché, les faiblesses de l'Office, ainsi que les méthodes de recherche utilisées pour analyser la situation. L'étude vise à fournir des recommandations pour améliorer l'efficacité de l'Office dans sa mission de protection des consommateurs en République Démocratique du Congo.

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1

INTRODUCTION

La partie introductive de notre travail comporte six points consacrés respectivement à la


problématique, aux hypothèses de recherche, au choix et à l’intérêt de l’étude, aux méthodes
et techniques de recherche, à la délimitation de l’étude et à l’annonce du plan.

1. PROBLEMATIQUE

Par définition, la problématique est la question principale autour de laquelle doit


tourner tout le travail, elle désigne aussi les problèmes que suscite une science ou un sujet
d'étude dans une idéologie donnée, c'est aussi l’art de poser clairement les problèmes et de les
résoudre1.

L’Office Congolais de Contrôle, avant la réforme qu’apportait la loi n° 08/0009 du 7


juillet portant dispositions générales applicables aux entreprises publiques se trouvait dans une
situation juridique trahissant sa nature d’activité et son défi (la protection de la santé à tout
prix). L’Office Congolais de Contrôle a pour mission principale la protection de la santé de tous
congolais par la garantie d’une consommation saine de l’alimentation importée2. Le domaine
de la santé étant extrapatrimonial.

L’on ne doit pas compromettre la santé pour l’intérêt économique. Il n’est pas permis de
soutenir l’intérêt lucratif au milieu de la santé. Le commun des mortels évoque chaque fois qu’il
y a un besoin de la santé, que celle-ci n’a pas un prix. Le droit de la santé est considéré dans le
droit à la vie et à l’intégrité physique3. La santé détermine la jouissance de la vie4. La loi du 5
mai 1978 portant statut de l’Office Congolais de Contrôle prévoit qu’il s’agit d’une société
nationale, et une entreprise publique à caractère industriel et commercial doté d’une
personnalité juridique.

Sous l’ordonnance-loi n° 78/219 du 5 mai 1978 portant statut l’Office Congolais de


Contrôle, celle-ci est considérée comme une entreprise publique.

1
P. RONGERE, Méthodes des sciences sociales, Ed. Dalloz, Paris, 1971, p.20.
2
JP. KALOMBO BONGALA., Droit financier et institutions financières, EDUPC, Kinshasa, 2021, p. 34.
3
B. OMEONGA, Libertés fondamentales, Note de cours, UNIKIN, Année académique 2019-2020, p. 18.
4
Ibidem.
2

L’Office Congolais de Contrôle était compris en soi comme une entreprise du


portefeuille de l’Etat. Elle fut régie aussi par la loi n°78/002 du 6 janvier 1978 portant
dispositions générales applicables aux entreprises publiques. Cet assemblage de fondement
légal de l’Office Congolais de Contrôle a connu sa fin avec la loi n° 08/009 du 7 juillet 2008
portant dispositions générales applicables aux établissements publics.

La présente loi a été conçue pour doter les établissements publics d’un cadre juridique
spécifique et ce, conformément à l’article 123 de la constitution5. Cette loi précise son role dans
l’intérêt général, au contraire de celui économique et lucratif.6

Dans l’exercice de sa mission, l’Office Congolais de Contrôle est obligé de fournir des
informations précises aux consommateurs et d’instruire convenablement les consommateurs.
Parfois aussi interdire l’entrée sur le marché d’un produit considéré, après contrôle technique
comme nuisible à la santé.

La pratique nous informe que certains produits périmés se trouvent en vente. L’Office
Congolais de Contrôle donne les informations d’interdiction pendant que les produits nuisibles
seraient sur le marché de vente ; les médias dans leurs différentes plateformes ne seraient pas
exploités par l’Office Congolais de contrôle. L’inquiétude autour de la protection des droits des
consommateurs serait donc forcément une réalité.

Cependant, pour préserver le profil scientifique de notre réflexion, il nous importe de


mener une étude qui va permettre un climat de confrontation impartiale des faits allégués face
à la réalité irréfragable et aux valeurs scientifiques.

Pour ce faire, trois questions valent leur importance :

 Comment l’Office Congolais de Contrôle dit-il exercer sa mission ?


 Quelles sont ses faiblesses ainsi que les causes sous-jacentes ?
 Que faire pour une amélioration ?

5
KUMBU ki NGIMBI, Législation en matière économique, Ed. de l’institut africain de droits de l’homme et de la
démocratie, Kinshasa, 2020, p.51.
6
MASAMBA MAKELA, Modalités d’adhésion de la RDC à l’OHADA : rapport final, Kinshasa, 2020, p. 34.
3

Telles sont les questions qui feront l’objet de notre étude tout au long de notre travail.

2. HYPOTHESES

Plusieurs définitions ont été proposées autour du concept hypothèses. Cependant nous
retenons spécifiquement celle du professeur MULUMBATI. Selon lui l’hypothèse est la grande
interrogation que le chercheur se pose et à laquelle il s'engage de répondre par un certain
nombre d’investigation.7

De notre problématique il ressort que l’Office Congolais de Contrôle procède à la


vérification de tout produit avant l’entrée de celle-ci dans le marché commercial tout comme
pendant. Il dispose des agents techniciens en la matière.

Au niveau des produits importés, tout produit avant qu’il soit accueilli dans le marché
commun doit être soumis à une expertise de qualité avec les outils nécessaires et conséquents.

L’Office Congolais de Contrôle informe aux consommateurs de tout espèce de négativité


d’un produit repéré. Son action est motivée par l’intérêt général. Donc, il exerce le contrôle à
priori et à posteriori.

Les écueils de cet établissement seraient justifiés par :

- l’absence de contrôle hiérarchique ;


- les autorités de ce service qui occasionnent les mauvaises pratiques ou illégales.

Il y a donc lieu de renforcer les mécanismes de contrôle hiérarchique, de l’autorité


supérieure jusqu’à celle inférieur, voir aux subalternes. Il faudrait ajouter à ce contrôle un
contrôle juridictionnel.

L’action fondée sur l’article 258 du CCCLIII doit également être au rendez-vous en vue de
produire dans l’Etat un vouloir d’inquiétude. La protection des consommateurs est une
obligation de l’Etat qui se réalise à travers ses institutions, dont dans le cas d’espèce est l’Office
Congolais de Contrôle.

7
N. MULUMBATI, Manuel de sociologie générale, Kinshasa, Ed. Africa, 2001, p.37.
4

Les victimes de la consommation d’un produit nuisible à la santé peuvent se prévaloir


devant le tribunal de grande instance pour une réparation civile au nom de la responsabilité
délictuelle ou quasi délictuelle sous-titre de négligence ou de l’imprudence.

3. CHOIX ET INTERET DE L’ETUDE

La présente étude a une importance particulière en ce qu’elle consiste à dégager les


éléments fondamentaux de la loi en la matière pour servir aux lecteurs de base.

Elle s’attache aussi à donner aux lecteurs les moyens de revendications en cas de
préjudice autant que les moyens de répartition en vertu des dispositions légales.

L’autre motivation majeure est la curiosité scientifique : En effet nous avons souvent
remarqués en parcourant les différents marchés et places de vente de notre pays qu’ils étaient
souvent en délicatesse avec la loi, chose étonnante en toute impunité, sans qu’ils soient
réprimandés.

Par conséquent, l’intérêt théorique et pratique est évident face à cette approche :

 L’intérêt théorique va s’appuyer sur les dispositions nécessaires et légales ;


 L’intérêt pratique va s’attaquer sur les réalités et les faiblesses évoquées
précédemment.

4. METHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE

A. Méthodes

Selon le professeur MBOKO Dj’Andima, la méthode est la marche rationnelle de l’esprit


pour arriver à la connaissance ou à la démonstration d’une vérité8. Les méthodes permettent
en tant qu’outils et/ou approche de faire le traitement, l’analyse et l’interprétation des
données nécessaires à la rédaction.

8
J-M. MBOKO DJ’ANDIMA, Principes et usages en matière de rédaction universitaire, Kinshasa, Ed. CADICEO, 2004,
p.21.
5

En effet il existe une multitude de méthode de recherche qu’il nous est donné de choisir
librement. Néanmoins la rigueur scientifique exige au chercheur de choisir des méthodes qui
cadrent avec son travail car tout travail scientifique doit suivre pour guider celui-ci.

C’est ainsi que pour mener à bien notre étude telle que présentée dans la
problématique et les hypothèses de recherche, nous feront appel à deux méthodes à savoir :

a. La méthode exégétique

Elle consistera à l’interprétation des textes de loi auxquelles nous feront recours pour
mieux procéder à l’élaboration de notre travail. Elle nous mènera à la compréhension des
textes par la recherche de l’intention du législateur et de la volonté l’ayant mené à élaborer la
norme.

b. La méthode Sociologique

Elle est celle qui nous permettra de confronter la loi aux réalités vécues sur le terrain,
cela parce que la loi doit considérer les réalités sociales du milieu étant donné que le droit
participe aussi au développement.

B. Techniques

Selon le professeur MUNAYI Muntu-Monji, les techniques sont des outils mis à la
disposition de la recherche et organisés par la méthode dans ce but. Elles sont limitées en
nombre et communes à la plupart des sciences sociales9. Dans le souci de collecter des
informations pertinentes en rapport avec notre étude nous avons utilisés les techniques
suivantes : la technique documentaire, la technique d’observation directe et la technique
d’interview.

9
Th. MUNAYI MUTU-MONJI, Cours d’initiation à la recherche scientifique, Kinshasa, UPC, Faculté de droit, Année
Académique 2019-2020, p.38.
6

a. La technique documentaire

Pour Madeleine GRAWITZ, la technique documentaire consiste en une fouille


systématique de tout ce qui est écrit ayant une liaison avec le domaine de recherche 10. Il s’agit
des ouvrages, des mémoires, des rapports et notes des cours ainsi que des sites web.

b. Technique d’observation directe

Selon QUIVY « l'observation directe est celle où le chercheur procède directement lui-
même au recueil des informations sans s'adresser aux sujets concernés. Elle fait directement
appel à son sens de l'observation. Les sujets observés n'interviennent pas dans la production de
l'information recherchée. Celle- ci est manifesté et prélevée directement sur eux par
l'observateur».11

5. DELIMITATION DE L’ETUDE

Toute étude qui se veut être précise se circonscrit dans le temps et dans l’espace.

Pour le temps, nous partirons de la période allant de 2006 à nos jours, dans le souci de
considérer l’approche de la constitution du 18 février 2006 et de la loi de 2008 relative à la
mission de l’Office Congolais de Contrôle.

La République Démocratique du Congo est l’espace de cette étude eu regard des lois
présentées, et plus précisément la ville de Kinshasa.

6. ANNONCE DU PLAN

En se rapportant à la problématique, notre travail s’articule sur deux Chapitres, chacun


comportant des sections et des paragraphes.

Le premier chapitre porte sur l’aperçu théorique sur la protection des consommateurs
et le second sur l’analyse critique de l’Office Congolais de Contrôle.

10
M. GRAWITZ, Méthodes des sciences sociales, Paris, Ed. Dalloz, 1976, p. 751.
11
R. QUIVY, Manuel de recherche en sciences sociales, Paris, Ed. Dunod, 1995, p.164.
7

CHAPITRE I : APERÇU THEORIQUE SUR LA PROTECTION DES CONSOMMATEURS

Notons que pour bien garantir sa population à la consommation de bons et produits,


l'Etat doit veiller à la sécurité des produits à consommer quelle que soit sa destination depuis sa
fabrication jusqu’à sa dernière utilisation. En République Démocratique du Congo, cette mission
a été donnée Office Congolais de Contrôle en sigle « OCC »12.

C'est pourquoi dans ce chapitre nous allons traiter des points que nous estimons
nécessaires de clarifier en vue de permettre à nos lecteurs de comprendre d’avantage les
théories qui cadrent avec notre sujet.

C'est ainsi que ce chapitre est structuré autour de deux sections. La première section
s’attèlera sur les notions sur les droits des consommateurs. La deuxième section quant à elle,
s’appesantira sur les mécanismes juridiques de protection des consommateurs.

Section 1: Notions sur les droits des consommateurs

Par consommateur on entend toute personne qui consomme ou qui achète des produits
pour les consommer. Le rôle de l'Office Congolais de Contrôle est de procéder en tant que
tierce partie à l'évaluation de conformité, en l'occurrence l'inspection, le certificat, les essais ou
analyse et à la méthodologie en se référant aux standards nationaux ou internationaux.

Dans cette section, nous ferons un bref constat historique de la protection des
consommateurs et son évolution (paragraphe 1), puis nous étudierons le consommateur
(paragraphe 2).

§1. Histoire du mouvement consumériste et son évolution

A. L'histoire du mouvement consumériste

Le phénomène politique et social tendant à défendre les consommateurs repose sur la


mise en évidence d'un aspect de l'homme jusqu'alors lésé dans l'ombre.

Force est de souligner que le consumérisme a donné lieu à de nombreuses définitions


dont aucune n'a été universellement acceptée. Certains auteurs l'ont défini comme étant la

12
DE JUGLART ET IPPOLITO, Traité de droit commercial, 11ème édition, Ed. Montchrestien, 1995, p.56.
8

défense et la promotion des intérêts des consommateurs. Aux États-Unis, il est souvent
présenté comme l'effort organisé des consommateurs recherchant des réajustements, des
compensations et des remèdes pour l'insatisfaction accumulée dans l'obtention de leur niveau
de vie. Mais en général on dit que c'est la protection des intérêts des consommateurs par des
associations13.

Par ailleurs, une opinion trop répandue rattache la naissance du droit de la


consommation à l'apparition du mouvement « Consumériste » aux USA après la Seconde
Guerre Mondiale. En réalité, les règles juridiques régissant les rapports entre les professionnels
et consommateurs se perdent dans la nuit des temps.

C'est au Moyen Age que va s'organiser peu à peu cet ensemble de règles qui constitue
déjà, sinon un droit de la consommation, du moins une protection des consommateurs,
sanctionnée juridiquement, et dès l'origine, ces sanctions auxquelles fait appel cet ordre public
économique, sont de nature pénale14.

Ce droit pénal a deux sources différentes : la première réside dans ce que l'on
appellerait aujourd'hui l'autodiscipline. L'on sait que de nombreuses professions sont, dans
notre ancien droit, organisées en "métiers jurés" c'est-à-dire, encore que le terme soit
impropre, en corporations. Ces métiers sont dotés de statuts et la grande majorité de ceux-ci
comportent de nombreuses dispositions relatives à la protection du consommateur.

L'autodiscipline apparaît rapidement comme ayant ses limites. C'est une ordonnance de
Philippe Le Bel en 1305, qui paraît constituer le premier texte du droit pénal de la
consommation, sous peine d'amende et de confiscation, toutes les denrées amenées à Paris, «
seront vendues en plein marché »15.

Le 20 avril 1393, une ordonnance prohibait, ce que nous appelons aujourd'hui la vente
au déballage. Mais le plus grand problème déjà, c'est la fraude. Toute cette réglementation
sévèrement sanctionnée, destinée à protéger les consommateurs contre les abus les plus

13
L. BIHL, Vers un droit de la consommation, Ed. Gaz. Pal., Paris, 1974, p.2.
14
Ibidem.
15
Ibidem.
9

fréquents et les plus graves et qui constituent déjà un véritable droit à la consommation, va
être vivement attaquée au XVIIe siècle par l'École des Physiocrates au nom de la liberté du
commerce16.

Seule la loi du marché doit régner. Turgot écrit : « que l'acheteur se défende lui-même
et n'aille pas à tout propos attendre l'intervention du Gouvernement ». C'est une longue lutte
entre les partisans de la liberté du commerce et les consommateurs qui commencent, marqué
par la « guerre des farines » en 1774, cet affrontement ne s'achèvera qu'avec la promulgation
des codes Napoléoniens17.

C'est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle qu'apparaissent dans les grandes
villes des ligues d'acheteuses, de consommateurs et d'usagers. Le journal Le Consommateur,
publié par l'une d'elles, affiche à la « une » sa devise (ironique) : « Je dépense, donc je suis ». En
1927, la Confédération générale de la consommation est créée, elle exprime le rêve d'un
consumérisme de masse et unifié18.

Charles Gide notait dans son « ouvrage d'économie politique » : « ce pouvoir du


consommateur est resté absolument théorique jusqu'à ces derniers temps19.

Les consommateurs du monde entier ont des droits, mais aussi des devoirs. La
reconnaissance de ces droits s'est réalisée dans les années 1960 grâce à Consumers
International, ancienne Organisation Internationale des Unions de consommateurs. En 1983,
Consumers International édicte que le 15 mars sera désormais la Journée internationale des
consommateurs, en mémoire du discours historique du 15 mars 1962 de John F. Kennedy
devant le congrès. Le président américain Kennedy fut le premier à proclamer les droits
fondamentaux de consommatrices et consommateurs20.

16
Idem, p.16.
17
Ibidem.
18
Ibidem.
19
Ch. GIDE, Economie politique, Ed. Foyard, Paris, 1925, p.34.
20
L. BIHL, Op.cit., p.17.
10

B. Evolution du consumérisme

Bien qu'encore jeune, le droit de la consommation est déjà confronté à de nouveaux


enjeux. Notamment sous l'influence du droit de l'Union Européenne. Cette branche du droit a
pris une place grandissante dans le système normatif, essentiellement pour des raisons
économiques. En effet, le consommateur est considéré comme un agent qui doit participer au
fonctionnement du marché et, en particulier, à la construction du marché intérieur au sein de
l'Union Européenne21. A cette fin, les consommateurs doivent avoir confiance dans le marché.

Cette confiance joue un rôle particulièrement important dans les relations entre
professionnels et consommateurs, car l'ignorance du consommateur l'oblige à s'en remettre à
la compétence du professionnel. Une fois rassurés, les consommateurs peuvent stimuler le jeu
de la concurrence en arbitrant la compétition à laquelle se livrent les professionnels 22.

Par la comparaison qu'elle offre, l'information apparait comme une condition première
de la rationalité des choix des agents économiques. Ainsi, afin de permettre aux
consommateurs de jouer le rôle économique que l'on attend d'eux, de nombreuses obligations
précontractuelles d'information ont été créées en droit de la consommation. Le consommateur
doit également avoir la possibilité d'apprécier les informations qui lui sont transmises. A cette
fin, pour certains contrats de consommation, le législateur impose qu'un délai s'écoule entre
l'offre et l'acceptation. Plus souvent encore, le consommateur bénéficie d'un droit de
rétractation.

La notion de protection des consommateurs est apparue aux Etats-Unis d’Amérique. Le


jeudi, 15 mars 1962, le Président des Etats-Unis, John Fitzgerald Kennedy, envoya au Congrès
américain un message spécial sur la protection des intérêts des consommateurs dont il lut un
résumé dans la matinée pour les médias et la télévision23.

Il crée, en 1971, l'association « Public Citizen », association de consommateurs


américains. Cette association, composée de 150 000 adhérents, existe toujours. Elle est depuis

21
D. ROUX et L. NABEC, Protection des consommateurs : les nouveaux enjeux du consumérisme, Ed. Versus, Paris,
2016, p. 38.
22
Ibidem.
23
Th. BOURGOIGNIE, Eléments pour une théorie du droit de la consommation, Ed. Bruylant, Bruxelles, 1988, p. 364.
11

près de trente-cinq ans un acteur clé du mouvement social aux Etats-Unis. Son champ d'activité
est la protection de la démocratie, de la santé publique et de la sûreté pour les
consommateurs par le biais d'une activité de lobby auprès du Congrès et des agences fédérales.
Elle agit également envers le pouvoir exécutif et judiciaire en faveur de l'interdiction des
médicaments dangereux, la fermeture des centrales nucléaires et autre24.

En réaction à la création de l’OMC au milieu des années 1990, Public Citizen a élargi son
champ d'action à l'international pour pouvoir réagir contre les conséquences désastreuses de la
globalisation économique. L'Observatoire du Commerce mondial dirigé par Loti Wallach a
largement participé à la prise de conscience internationale des menaces posées par l’OMC et la
libéralisation commerciale. On l'a vu se mobiliser lors des sommets de l'OMC en 2000 à Seattle,
en septembre 2003 à Cancun, pour dénoncer l'Accord général sur le commerce des services
(AGCS), l'Accord sur l'agriculture. A travers ces initiatives, Public Citizen a développé une
politique d'alliance internationale, tant avec des associations de défense de l'environnement,
des organisations luttant pour la justice sociale, qu'avec des organisations paysannes et bien
sûr d'autres organisations de consommateurs25.

Les dispositions juridiques liées à la protection du consommateur ont été assurées par
les règles jurisprudentielles développées en matière de contrats d'adhésion (contrat dont les
clauses sont fixées à l'avance et dans lequel aucune discussion n'est possible en dehors de la
liberté ou non d'adhérer).

Kennedy a été le premier président à mener une réflexion sur la protection du


consommateur. En 1962, lors d'un discours devant le Congrès américain, il formule quatre
droits de base du consommateur : droit à la sécurité ; droit à l'information ; droit à la
représentation ; droit aux choix26.

24
Ibidem.
25
J. CALAIS-AULOY, Droit de la consommation, Ed. Dalloz, Paris, 1981, p.56.
26
Idem, p. 159.
12

Ainsi, aux Etats-Unis, plusieurs principes se sont développés pour protéger le


consommateur, considéré comme la partie faible dans les contrats : la loyauté et bonne foi
dans les contrats aboutissent au régime des clauses dites « odieuses »27.

§2. Notions sur le consommateur

A. Définition du consommateur

Comme évoqué ci-haut, Il n'existe pas de définition unanimement admise du


« consommateur ». En d'autres termes ce concept a autant d'acceptation qu'il y a des
législations ou d'auteurs l'ayant défini. En effet, toute définition qui se veut précise et complète
doit tenir compte de trois caractéristiques du destinataire du mouvement consumériste ci-
après :

- Le consommateur, considéré souvent comme un contractant, est une personne placée


au terme d'un circuit économique et qui met fin à la vie économique d'un produit ou
d'un service plutôt que d'en poursuivre la fabrication, la transformation, la distribution
ou la prestation ;
- Le consommateur est une personne isolée dans les relations économiques. Il agit seul
tant au moment de l'acquisition d'un bien ou d'un recours à un service qu'à celui de son
utilisation ;
- Enfin, le consommateur est une personne sans compétence technique particulière,
parce que lorsqu'il consomme, il agit en qualité de non professionnel ou de non
commerçant28.

Eu égard à ces trois caractéristiques, nous adoptons les définitions qui ont été
proposées par quelques auteurs.

Les consommateurs sont des personnes qui se procurent ou qui utilisent des biens ou
des services pour un usage non professionnel29.

27
Ibidem.
28
G. PINDI et MBENSA KIFU, Le droit Zaïrois de la consommation, Ed. CADECEC, Kinshasa, 1995, p.16.
29
J. CALAIS-AULOY, Droit de la consommation, 3ème édition, Ed. Dalloz, Paris, 1999, p.116.
13

Quant à GERARD ABRE, le mot « droit à la consommation » est relativement nouveau


dans le contexte du consommateur, peu à peu les textes réglementaire ont défini le contenu du
consommateur final qui est celui qui emploi les produits pour satisfaire ses propres besoins et
ceux des personnes à sa charge, et non pour les utiliser dans le cadre de sa profession30.

B. Distinction entre consommateur et professionnel

A la différence du consommateur, le professionnel est celui qui agit pour les besoins sa
profession. Prendre en location un local commercial, achat des marchandises pour les revendre,
emprunter de l'argent pour développer son entreprise, etc. C'est le but de l'acte accompli qui
permet de classer l'auteur soit parmi les professionnels, soit parmi les consommateurs.

Le mot profession, tel qu'il est employé en droit de la consommation désigne toute
activité organisée dans un but de production, de distribution ou de prestation de service. Il
couvre donc les notions d'entreprise, d'exploitation31.

La distinction entre professionnel et commerçant est à la base du droit de la


consommation. L'existence de cette branche de droit repose sur la constatation que de façon
générale, les professionnels sont en situation de supériorité par rapport aux consommateurs,
en raison de leurs connaissances techniques, des informations dont ils disposent et, souvent de
leurs capacités financières32.

C. Quelques droits des consommateurs

Ces droits sont regroupés comme suit33 :

 Le droit à la sécurité : Il protège le consommateur contre tout produit, processus de


production ou service pouvant menacer sa vie, sa santé ou son équilibre financier.

30
G. ABRE, Concurrence, distribution, consommation, Ed. Dalloz, Paris, 1983, p.112.
31
PIZZO, L’introduction de la notion de consommateur en droit français, Paris, 1982, p.91.
32
P. MUSUNGAY KANTULUMBA, La protection des consommateurs par l’OCC, Mémoire de Licence, UPC, Kinshasa,
2012, p.36.
33
L. MUTU-KHELE, La protection des consommateurs des produits alimentaires dans la ville de Boma cas de l'eau
pure en sachet, Mémoire de licence, Université kongo, 2013, p.25.
14

 Le droit à l'information : Le consommateur doit pouvoir disposer des éléments qui lui
permettent de faire un choix en connaissance de cause et être protégé de toute
information trompeuse ou biaisée.
 Le droit d'être entendu : Ce droit permet au consommateur d'être représenté aux
niveaux où se prennent les décisions, afin que ses intérêts soient pris en considération.
 Le droit à l'éducation : C'est la possibilité pour le consommateur d'acquérir les
connaissances et les techniques lui permettant d'être un consommateur averti.
 Le droit à la réparation des torts : Il garantit au consommateur un règlement équitable
de ses problèmes, impliquant la réparation des dommages subis et au besoin une aide
judiciaire gratuite ou tout autre système adapté à des petits litiges.

Section 2 : Les mécanismes juridiques de protection des consommateurs

La pratique atteste une déliquescence que subissent les consommateurs, autre fois
appelé roi, et aujourd'hui, victime de tous les maux qui rongent notre société. Ce manque
d'égard à son endroit suscite la création de textes le protégeant.

Nous porterons notre regard sur le dispositif et l'efficacité de la protection des


consommateurs en droit congolais.

§1. Dispositif de la protection des consommateurs en droit congolais

En République Démocratique du Congo, il n'existe pas de Code de la consommation. La


protection des consommateurs n'y est donc assurée que par des textes épars dont aucun ne
vise principalement cette protection. La protection juridique accordée au consommateur
congolais traditionnel se limite en ce moment à quelques dispositions législatives traitant de la
publicité dans le secteur pharmaceutique, de l'affichage des prix, de l'interdiction de refus de
vendre un produit une fois que celui-ci a fait l'objet d'une offre et que les conditions de la vente
ont été réunies, etc. et à quelques textes réglementaires34,

La réaction des Pouvoirs Publics contre les risques courus par les consommateurs sur le
marché des biens et services dans beaucoup des pays et particulièrement dans les pays

34
G-P. NGOMA PHANZU, Cours de droit de la consommation, Faculté de droit, UPC, 2022-2023, p. 49.
15

occidentaux et nordiques, a pris deux formes principales, à savoir la création des organismes de
défense des consommateurs d'une part. D’autre part, la mise sur pied d'un droit spécifique, le
droit de la consommation35.

Au Congo, cette réaction s'est connu dans le pays, orientée vers les mêmes axes, à
savoir l'édition des textes législatifs et la création des structures et organismes chargés de la
protection du Consommateur36.

Dans le cadre de ce travail, nous exposerons dans ses grandes lignes le droit commun
congolais relatif à la protection du consommateur, la réglementation congolaise spécifique à la
protection du Consommateur ; aussi les organismes et structures congolais chargés de la
défense du consommateur.

Comme évoqué précédemment, en République Démocratique du Congo, il n'existe pas


de code de la consommation. Les consommateurs ne sont assurés que par des textes dispersés

La protection juridique des consommateurs congolais est restreinte à quelques


dispositions législatives, traitant de la publicité, de l'affichage des prix, de l'interdiction de refus
de vendre un produit une fois que celui-ci a fait l'objet d'une offre et que les conditions de la
vente ont été réunies, et à quelques dispositions réglementaires.

Le législateur congolais n'a pas fait de cette matière sa priorité. Les normes relatives à
cette protection que la législation congolaise comporte ne sont protégées que de manière
partielle.

Pour assurer la défense de leurs droits et intérêts, les Consommateurs peuvent, à


l'occasion de l'accomplissement des actes de consommation ou du règlement des litiges y
afférents, se prévaloir soit des règles de droit civil, soit de celles de droit pénal édictées en vue
de leur protection directe ou indirecte37.

35
KOMBO NTONGA BOOKE, Etude sur l’état de la législation pour la protection du consommateur en Afrique, Ed.
Vie meilleure, 1995, p. 5.
36
Idem, p. 2.
37
Voir à ce sujet PINDI MBENSA KIFU, Réglementation juridique des clauses abusives dans les conditions générales
de vente, Thèse de Doctorat, Université Catholique de Louvain, 1979, p. 19.
16

A. La constitution

La constitution de la R.D.C. du 18 février 2006 renferme également des dispositions qui


tendent à protéger les consommateurs; ainsi nous citons : les articles 42, 47, 53 et 54 de ladite
constitution.

B. Règles de droit civil

Le code civil congolais et plus particulièrement son livre III, contient des dispositions
d'ordre général protégeant le consommateur dans certaines situations, notamment contre
l'adhésion à des conditions contractuelles pré rédigées. C'est le cas des dispositions relatives
aux clauses abusives ci- après38 :

1. Clauses d'irresponsabilité contractuelle

Au nom de la liberté contractuelle, les parties contractantes peuvent expressément


étendre leur responsabilité (clauses extensives de responsabilité), la réduire (clauses limitatives
de responsabilité) ou tout simplement la supprimer (clauses exclusives de responsabilité)

L'extension consiste à créer des obligations nouvelles dont il faut fixer l'étendue et la
portée. C'est le cas, dans la vente, de s'exonérer, sauf mauvaise foi de sa part ou présomption
irréparable de mauvaise foi a charge du vendeur professionnel39.

Mais une trop grande liberté en cette matière engendre de multiples abus dont les Plus
fréquents sont40 :

- l'incitation du bénéficiaire d'une irresponsabilité totale to partielle, le plus souvent


assurée, à l'impéritie, à l'imprudence et à la négligence dans l'exécution de ses
obligations contractuelles ou de certaines d'entre elles ;
- la dissimulation de ces clauses limitatives ou exclusives de responsabilité en vue d'éviter
leur discussion par l'adhérent ;

38
Idem, p. 20.
39
KOMBO NTONGA BOOKE, Op.cit., p. 5.
40
Ibidem.
17

- les dérogations unilatérales apportées par le producteur et distributeur des biens ou


prestataire des services à certaines de ses obligations expresse d'une garantie
conventionnelle à celle légale, réduction de la durée de garantie, multiplication des cas
de déchéances de cette garanties, etc...
- La suppression du choix reconnu à l'acheteur d'une chose défectueuse entre la
réduction du prix et la résiliation du contrat41 la mise des frais à charge de l'acheteur, la
réduction de la garantie due et du délai imparti pour agir en garantie des vices cachés,
etc...

De telles limitations sont abusives parce qu'excessives. Pour se défendre contre elles, le
Consommateur pourra recourir aux articles 82 (action en résolution ou en exécution forcée) et
318 et suivants (action en garantie des vices cachés) du CCCLIII. Mais la garantie judiciaire ne
garantit pas l'efficacité de cette solution.

Ces dispositions sont conformes aux doux principes directeurs pour la protection du
Consommateur à savoir le principe de la sécurité physique et le principe de la promotion et
protection des intérêts économiques des Consommateurs42.

Nonobstant ceux cités ci-haut, nous avons les articles suivants :

- L'article 10 alinéa 1 indique que l'erreur n'est qu'une cause de nullité de la convention
que lorsqu'elle tombe sur la substance même de la chose qui en est l'objet ;
- L'article 40 dispose que toute obligation de faire ou de ne pas faire se résout en
dommages-intérêts en cas d'inexécution de la part du débiteur. Dans la conception plus
large, l'erreur sur la substance est considérée comme celle qui porte sur les qualités
substantielles spécifiques de la chose que les parties avaient en vue au moment de la
conclusion du contrat. L'article 258 sur la responsabilité délictuelle dispose : « tout fait
quelconque de l'homme, qui cause à autrui dommage, oblige celui par la faute duquel il
est arrivé à le réparer ».

41
Article 321 du CCCLIII.
42
KOMBO NTONGA BOOKE, Op.cit., p. 7.
18

- L'article 259 dispose que chacun est responsable du dommage qu'il a causé, non
seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou son imprudence.
- Les articles 302, 308 à 326 dispose sur la garantie des vices cachés ou des vices
rédhibitoires. La garantie des vices cachés autorise l'acheteur qui les découvre à
restituer les choses vendues, en réclamant les prix et la réparation de son dommage.
Mais, il peut aussi garder la chose et se faire indemniser du vice.

2. Les clauses pénales

Ce sont des conventions subsidiaires par lesquelles les parties contractantes fixent, par
anticipation, une indemnité forfaitaire due par le débiteur défaillant en cas de retard ou
d'inexécution.

Elles sont multiples dans la plupart des contrats et offrent certains avantages aux
parties, notamment la détermination conventionnelle des conditions d'indemnisation de la
parie préjudiciée, la diminution forfaitaire des dommages et intérêts dus en droit commun,
l'élimination des aléas d'un éventuel procès et l’accroissement de la forme obligatoire de la
convention. Ces avantages ont entrainé une multiplication des clauses pénales dans toutes
sortes de contrata (ventes, transport, buil, prêt, leasing, etc)43.

Malgré ces avantages et l’admission de telles clauses par la loi et la doctrine. L'équilibre
entre les prestations réciproques des parties n'est pas toujours respecté. Il en résulte des abus,
notamment la modicité des pénalités prévues pour le Consommateur (acheteur ou client), la
disproportion entre les pénalités fixées et le coût total de l’inexécution normale de l'obligation
du débiteur, la stipulation par le créancier d'une pénalité exorbitante en vue d'un avantage plus
important que l'exécution normale du contrat.

43
NSASI MPUATI, La protection des consommateurs du contexte de monopole économique : cas de la SNEL,
Mémoire de Licence, Faculté de Droit, UNIKIN, 2004, p. 9.
19

3. Concernant les vices de consentement

Certaines autres dispositions du CCCLIII44 45 protègent aussi les consommateurs. C'est le


cas des vices de consentement (tous les cas où le consentement n'est pas licite) et les articles
ci-après: 258 à 260, 302, 308 à 326.

Les dispositions relatives aux vices de consentement sont celles relatives à tous les cas
où le consentement n'est pas licite. Le consentement licite de la partie qui s'oblige est l'un des
éléments requis pour la validité de tout contrat. La volonté manifestée par une partie n'a de
signification et ne peut l'obliger que si elle est réelle, libre et consciente. Précisons que
l'existence du consentement ne suffit pas pour être juridiquement efficace, le consentement
doit être donné librement et réellement. Si une partie a subi une pression ou sa bonne foi a été
surprise, sa volonté n'étant pas libre au moment où elle a contracté, son consentement sans
être pris pour inexistant, a été vicié et le contrat ne peut être valablement formé.46

Donc, un consentement empreint d'erreur, de violence, de lésion, de dol n'en est pas
un. Examinons maintenant ces vices de consentement:

1. L’erreur (article 10, alinéa 1)

« L'erreur n'est une cause de nullité de la convention que lorsqu'elle tombe sur la
substance même de la chose qui en est l'objet ». Dans la conception plus large (ou subjective)
l'erreur sur la substance est considérée comme « celle qui porte sur les qualités substantielles
spécifiques de la chose que les parties avaient en vue au moment de la conclusion du contrat ».

Il dispose que l'erreur est la représentation inexacte et fausse que se fait un


contractant47.

44
KAPUKU D., Droit des obligations et des contrats /Droits de contrat: Beaux à loyers, 2016, p.4.
45
Idem, pp. 31-32.
46
BENABENT A, Droit civil: les obligations, Paris, Ed. Montchrestien, Paris, 1994, p.38. Cité par BARHOLERE
RUSINGA S., De la protection des consommateurs des produits pharmaceutiques vendus en vrac, TFC, Droit
Economique, Université Libre des Pays des Grands Lacs/ULPGL, Goma, 2009, p.25.
47
KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI M-T., Droit civil des obligations, Cours polycopié, G2 Droit, UPC, Kinshasa, 2019-
2020, p. 76.
20

À cette entorse à son droit de consommation, le patient peut s'être fait livrer un produit
similaire (générique de bas prix et contrefait) à la place d'une spécialité d'Europe dont la qualité
est une présomption.

2. La violence

Il y a violence lorsqu'une personne contracte sous la menace d'un mal qui fait naître
chez elle un sentiment de crainte48. La violence ne crée pas d'erreur dans l'esprit de celui qui en
est victime. À l'opposé de deux autres vices (l'erreur et le dol), qui atteignent le consentement
dans son élément d'intelligence, la violence le détruit dans son élément de liberté, la liberté de
décision. Or, pour qu'un consentement soit valable, il faut qu'il émane d'une volonté libre et
non seulement d'une volonté éclatée. C'est que la volonté inspirée altère le consentement49

Pour entacher le consentement, la violence doit être grave, illégitime et provenir du


propriétaire du bien ou service concerné, ou d'un tiers. Conformément aux articles 12 et 13 du
CCCLIII, la violence est le fait d'inspirer à une personne la crainte d'un mal pour elle ou pour l'un
de ses proches en vue de lui arracher un consentement qu'elle ne veut pas donner.

Comme, le malade a peur de la mort, il est obligé d'accepter toutes les conditions dans
lesquelles on lui vend les médicaments, sans réfléchir sur les risques. En outre, certains
médecins obligent les malades d'aller acheter les médicaments indiqués sur les ordonnances
qu'ils délivrent. Le médecin ayant le privilège de soigner le malade, ne donne pas le choix à
celui-ci.

La violence peut être physique, morale et elle peut être imputable à la nécessité. La
violence physique détruit le consentement le contrat est donc frappé de nullité absolue. Au
contraire, la violence morale vicie le consentement et la nullité est alors relative. La victime
peut obtenir des dommages intérêts en réparation du préjudice subi et la sanction pénale
intervient dans certains cas. La violence est prouvée par tout moyen.

48
TERRE F., SIMLER P. et LEQUETTE Y., Droit Civil : les obligations, 7ème édition, Ed. Dolloz, Paris, 1999.cfr.
BARHOLERE RUSINGA S., op.cit., p.26.
49
STARCK B., Droit civil: les obligations, 3ème édition, Ed. Litec, Paris, 1989, p. 193.
21

3. Le Dol

C’est l'article 16 qui parle du dol comme vice de consentement: « Le dol est une cause
de nullité de la convention lorsque les manœuvres pratiquées par l'une des parties sont telles
qu'il est évident que, sans ces manœuvres, l'autre partie n'aurait pas contracté ».

On appelle dol; les manœuvres frauduleuses, tromperies, les artifices, les mensonges,
les réticences dont une personne peut se servir pour tromper une autre à l'occasion de la
conclusion d'un contrat. Le dol provoque donc une erreur50. Il peut consister suivant les
circonstances:

- En des manœuvres frauduleuses du droit pénal (dol criminel). Ex. Une escroquerie,
l'usage de faux noms, faux documents.
- En un mensonge présentant une certaine gravité. Ex. vanter sa marchandise de façon
même excessive n'est pas un dol; c'est une simple publicité et tous les commerçants les
font, mais aller jusqu'à lui attribuer une qualité fausse que les contractants considèrent
comme particulièrement important devient un dol. À cette circonstance l'on peut
trouver des médicaments vantés par les firmes pharmaceutiques les ayant mis sur le
marché et qui disparaissent peu de temps après une balance « bénéfices-risques
défavorable dans toutes les situations cliniques pour lesquelles ils ont été autorisés.
- En un simple silence ou une simple réticence, c'est-à-dire le fait de dissimuler certains
faits que l'on est tenu par le contrat de déclarer, ou de garder le silence sur un point où
l'on avait le devoir de renseigner son partenaire. Ex. Le fait de ne pas signaler un vice
que contient une chose (un médicament), objet du contrat51. Dans ce cas on peut
penser aux médicaments avec faux emballages vendus à prix exorbitant pour simuler
des originaux d'Europe (présumés de bonne qualité), des médicaments sous dosés que
celui qui fait foi sur le marché, sans notices, sans dates de péremptions etc.

L'article 100 du CPCLII condamne à une peine d'un an ou plus de servitude pénale et
d'une amende dont le montant ne dépasse pas 1000 Francs, on d'une de ces peines seulement,

50
KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI M-T.,Op.cit., p.38.
51
Ibidem.
22

celui qui, par des manœuvres frauduleuses, a trompé l'acheteur ou le vendeur sur la quantité
des choses vendues.

4. La lésion:

La lésion dans le contrat consiste dans le préjudice pécuniaire résultant pour l'un des
contractants dans la disproportion entre l'avantage qu'il a obtenu et celui qu'il a conféré à son
cocontractant52

La lésion entraîne donc au profit du pharmacien des avantages excédant l'intérêt normal
en abusant des besoins urgents ou de l'ignorance du consommateur.

Pour se défendre contre les vices de consentement en l'absence des pactes


commissoires exprès, le consommateur peut postuler pour la résolution avec dommages et
intérêt ou pour la nullité de la convention. Si les conditions requises pour qu'il y ait lésion sont
réunies, il appartient aux juges de réduire les engagements manifestement excessifs à «
l'intérêt normal». La réduction n'aurait lieu que sur la demande du débiteur.

Malheureusement, toutes ces actions civiles ne sont pas entreprises ou n'aboutissent


pas à un résultat parce que, plusieurs consommateurs ne sont pas en mesure d'intenter une
action en justice suite aux obstacles cités précédemment et à la difficulté pour eux de prouver
le dommage. Pour contourner ces obstacles, le législateur congolais a prévu quelques règles de
droit pénal dont le respect ou l'application est assurée par l'autorité publique.

C. Droit pénal

Les articles 49, 50, 98, 99 et 100 du CPCL II protègent les consommateurs. Ils instituent
respectivement les infractions d'empoisonnement, d'administration des substances nuisibles,
d'escroquerie et de tromperie, de mesures de fermeture des établissements, condamnation de
certaines publicités, etc.

En outre le code pénal évoque certaines réprobations de la société sur la violence de ce


qui est interdit, c'est le cas notamment de l'avortement criminel (article 165 du code pénal

52
KALONGO MBIKAYI: Syllabus de droit civil: le obligation, 2ème graduat, Faculté de droit, U.L.P.G.L, Goma, 1995-
1996, p.51. Cité par BARHOLERE RUSINGA S., op.cit., p.26.
23

congolais), de l'homicide par imprudence (article 53 du CPC.LII) et de la non-assistance à


personne en danger (L'article 66 ter punit les personnes chargées par profession d'assister les
autres en danger d'une peine de servitude pénale d'un an à trois ans et d'une amende).

D. Normes réglementaires spéciales

Outre les règles du droit commun auxquelles nous venons de faire allusion, il existe
quelques textes pris en ordre dispersé et contenant des dispositions relatives à la protection
des consommateurs. En son état actuel, en R.D.C, il n'existe pas une réglementation
particulière, mais les textes protecteurs des consommateurs font l'objet de la fusion de
plusieurs textes isolés.

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