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Introduction Rachel

Ce document présente une étude sur la fiscalité en République Démocratique du Congo, en mettant l'accent sur les problèmes de double imposition et les mécanismes pour les résoudre. Il aborde la problématique de la transparence fiscale et l'impact de la mondialisation sur la souveraineté fiscale des États. L'étude se base sur des méthodes exégétiques, descriptives et comparatives pour analyser le droit fiscal national et international.

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Introduction Rachel

Ce document présente une étude sur la fiscalité en République Démocratique du Congo, en mettant l'accent sur les problèmes de double imposition et les mécanismes pour les résoudre. Il aborde la problématique de la transparence fiscale et l'impact de la mondialisation sur la souveraineté fiscale des États. L'étude se base sur des méthodes exégétiques, descriptives et comparatives pour analyser le droit fiscal national et international.

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1

INTRODUCTION

La partie introductive de notre travail comporte six points consacrés respectivement à la


problématique, aux hypothèses, au choix et à l’intérêt de l’étude, aux méthodes et techniques
de recherche, à la délimitation de l’étude et à l’annonce du plan.

1. PROBLEMATIQUE

Par définition, la problématique est la question principale autour de laquelle doit


tourner tout le travail, elle désigne aussi les problèmes que suscite une science ou un sujet
d'étude dans une idéologie donnée, c'est aussi l’art de poser clairement les problèmes et de les
résoudre.1

Les Etats en général et la R.D. Congo en particulier, pour faire face aux obligations qui
sont les leurs, ont besoin des moyens pour réaliser leurs politiques. Et ces moyens sont
mobilisés principalement à l'aide d'un outil appelé « la fiscalité ». Cette dernière a d'abord
existée sous une forme opaque où les assujettis n'avaient aucun avis à émettre quant aux
méthodes utilisées. Depuis un certain temps jusqu'à nos jours, avec l'évolution de la notion
de gestion de la cité, les peuples réclament de plus en plus une certaine transparence dans la
gestion par leurs dirigeants des prérogatives régaliennes notamment le prélèvement des
impôts.2

Le droit fiscal est apparu pendant longtemps et continue dans une certaine mesure
d'apparaître de nos jours comme la chasse gardée des Etats, le domaine d'expression par
excellence de leur souveraineté. En effet, le principe souvent admis est que « les législateurs
sont souverains pour déterminer les sujets et l'assiette des impôts qu'ils établissent »3. L'impôt
constituant l'instrument de réalisation d'une justice dont les principes sont établis par le
Parlement, la doctrine a pu conclure que la souveraineté fiscale va de pair avec la souveraineté

1
P. RONGERE, Méthodes des sciences sociales, Ed. Dalloz, Paris, 1971, p.20.
2
https://www.memoireonline.com/03/20/11655/Efficacite-et-efficience-du-contentieux-fiscal-en-RD-Congo.html
3
D. GUTMANN, Le juge fiscale et la loi étrangère : Regards critiques et perspectives sur le droit et la fiscalité, Tome
8, LGDJ, 2005, p.192.
2

tout court, cette dernière étant entendue comme « la capacité effective, financière de l'Etat-
Nation à déterminer de façon autonome les lignes de sa politique »4.

L’impôt est, avec la monnaie et la sécurité, l’un des grands attributs de l’État. La
première fonction de l’impôt est de couvrir les dépenses publiques, mais avec l’élargissement
des missions l’État, d’autres fonctions lui ont également été confiées et les débats à son sujet
ont ainsi suivi ceux sur l’État-providence. Pendant longtemps, ses dimensions internationales
ont été négligées. Il faudra attendre le tournant des années 1980 et la crise de l’État-Providence
pour que l’on commence à prendre conscience des problèmes que pouvaient entraîner sur la
croissance et le financement des dépenses publiques une fiscalité trop forte et des taux
marginaux d’imposition trop élevés. La mondialisation viendra élargir davantage encore le
débat, en modifiant les relations entre les systèmes fiscaux mais également en encourageant
les gouvernements à réévaluer la fiscalité à la lumière d’un nouveau critère : la concurrence. 5

Si le droit fiscal est l'ensemble des règles de droit en vertu desquelles un Etat prélève
des impôts, c’est-à-dire impose des contributions qui ne sont pas la rémunération d'une
prestation déterminée, le droit fiscal international présente un rapport renforcé avec le concept
de souveraineté nationale s'exerçant sur un territoire.

La mondialisation de l’économie est l’une des caractéristiques essentielles de notre


époque. Les frontières géographiques deviennent inexistantes devant les flux des capitaux, des
marchandises, des personnes et des technologies. L’économie se mondialise de plus en plus
mais le pouvoir fiscal reste souverain. Les personnes physiques ou les entreprises installées à
l’étranger se trouvaient soumises à deux régimes fiscaux. D’où la naissance de plusieurs
difficultés surtout au niveau de la fiscalité internationale. Cela entrave le développement des
relations économiques internationales. Les Etats étaient donc obligés de rechercher des
solutions6

4
Ibidem.
5
C. DEBLOCK MICHEL RIOUX, « Le triangle impossible ou les limites de la coopération fiscale internationale », in
Cahier de recherche - CEIM, Montréal, 2008.
6
K. SAIOUD et A. SAIOU, Les conventions fiscales internationales comme moyen de résolution des problèmes de la
fiscalité internationale, Algérie, 2019, p.2.
3

En effet, l'internationalisation des échanges et l'interdépendance croissante des


économies mondiales est un moteur de rapprochement des individus qui sont à la recherche
d'accessibilité et d'opportunités économiques. Ainsi les personnes tant physiques que morales
étendent leurs activités au-delà des frontières de leur pays d'origine.

Cette situation a pour effet de créer une situation délicate pour les personnes tant
morales que physiques car le domicile fiscal se voit être difficile à déterminer avec précision
mettant par la même occasion le principe de territorialité de l'impôt en péril. La même
personne pourrait se voir imposer le même revenu sur plusieurs territoires, on assisterait donc
à ce qu'on appelle « une double imposition ».

Il est nécessaire de préciser que le domicile fiscale détermine le lieu d'imposition du


contribuable qui permet de connaître son régime d'imposition et ne doit pas être confondu
avec le domicile civil et la résidence civile qui sont deux notions voisines de droit civil. 7

Les questions qui seront donc au centre de notre étude sont :

 Quels sont les problèmes fiscaux rencontrés par la fiscalité congolaise et internationale ?
 Quelles sont les mécanismes pouvant être mis en place afin d’éviter la double
imposition ?

Telles sont les questions qui feront l’objet de notre étude tout au long de notre travail.

2. HYPOTHESES

Plusieurs définitions ont été proposées autour du concept hypothèses. Cependant nous
retenons spécifiquement celle du professeur MULUMBATI. Selon lui l’hypothèse est la grande
interrogation que le chercheur se pose et à laquelle il s'engage de répondre par un certain
nombre d’investigation.8

En vue de résoudre ces problèmes de fiscalité internationale, la coopération entre les


Etats a abouti à l’élaboration de normes internationales permettant de limiter l’impact de ces

7
F. RAVAZ, La taxation des étrangers non-résidents en France, Thèse de Doctorat, Université de Toulon, 2016, p.10.
8
N. MULUMBATI, Manuel de sociologie générale, Kinshasa, Ed. Africa, 2001, p.37.
4

distorsions fiscales sur les échanges, afin de favoriser une croissance économique durable. Des
conventions fiscales conclues entre les Etats ont ainsi vu le jour. Ces dernières constituent un
cadre privilégié destiné à résoudre les problèmes des doubles impositions et à promouvoir les
investissements et les transferts de technologies, en favorisent la mise en place d’un climat de
confiance chez les investisseurs. Elles constituent, en outre, un moyen efficace de lutte contre la
fraude et l’évasion fiscales internationales.9

La conclusion de conventions fiscales est non pas une renonciation à la souveraineté


mais précisément un attribut de cette dernière. Les Etats souverains consentent à conclure des
traités internationaux et fustiger les rapports de force qui seraient une « épée de
Damoclès » contraignant les Etats s'inscrit dans l'ordre de la « psychose » et de la victimisation
abusive des pays du Sud10.

Les droits domestiques prévoient très souvent des dispositifs qui permettent de
neutraliser les doubles impositions mais les conventions fiscales internationales vont plus loin
dans la mesure où elles organisent, entre autres, les compétences fiscales des deux Etats en
cause, généralement appelées Etat de résidence et Etat de source11.

La RDC traine encore le pas, à l'instar de certains pays tels que la France. La RDC n'a
conclu que 4 conventions fiscale bilatérales.

En vue d’éliminer la double imposition internationale, un Etat peut mettre en place des
mesures dites « unilatérales » : Il s’agit ici de règles de droit interne qui prennent la forme
d’exonérations, de crédits d’impôts étrangers ou même de régimes spéciaux d’imposition. Ces
mesures qui sont faciles à mettre en place, du fait qu’ils ne dépendent de la volonté de l’Etat en
question, s’avèrent par contre très coûteuses étant donné que le sacrifice fiscal est entièrement
pris en charge par l’Etat concerné.

9
S. NAJI, Les conventions fiscales internationales : Quel intérêt pour les pays en voie de développement ?, p.2.
10
https://www.memoireonline.com/12/10/4185/m_l-interpretation-des-conventions-fiscales0.html
11
A.TRINIDADE MARINHO, La subsidiarité des conventions fiscales, Thèse de doctorat, Université Panthéon
Sorbonne - Paris I, 2015, p.12.
5

3. CHOIX ET INTERET DE L’ETUDE

A. Choix

L’étude d’un travail scientifique dans un domaine donné, nécessite un choix judicieux
des phénomènes d’actualité qui restent sans aucune solution depuis une certaine époque.

Le choix de notre étude n'est nullement le fait du hasard, il s'inscrit plutôt dans un
constat observé à savoir l’internationalisation des opérations commerciales des personnes tant
physiques que morales en RDC mais aussi en Afrique de façon plus large.

B. Intérêt

a. Intérêt personnel

L’intérêt personnel que nous portons dans ce travail est celui d'acquérir des
connaissances juridiques suffisantes permettant d'appréhender les notions relatives au droit
fiscal international, le régime juridique de la territorialité de l’impôt ainsi que celui de la double
imposition fiscale.

b. Intérêt scientifique12

Dans le souci de recourir à la science afin de vouloir expliciter certains faits d'ordre
social, un intérêt scientifique est né en nous en vue de tenter d'enlever cette opacité qui du
reste est presque injustifiable encore sur la manière dont fonctionnent les règles fiscales en
RDC.

Par ce travail nous tenons à apporter notre pierre à l’édifice afin pourquoi pas qu’il
constitue un cadre de référence pour les chercheurs désireux d’approfondir sur la matière

c. Intérêt social

L’intérêt social que nous pouvons dégager dans la conception de ce travail est de
permettre à quiconque qui le lira d’être informé, un tant soit peu, sur les notions importantes
liées au Droit fiscal.
12
Un sujet doit avoir un intérêt scientifique pour la société, car la science est faite pour la communauté sociale,
dont les préoccupations peuvent trouver solution dans la production scientifique. Lire à ce propos Le Guide de
Rédaction d’un travail de fin de cycle, Kinshasa, UPC ,Faculté de Droit, Année académique 2017-2018,Polycopié.
6

Ensuite, il a pour ambition d’éclairer l’opinion politique par le canal des décideurs sur les
orientations scientifiques à propos de l’optimisation fiscale afin d’assainir le monde des affaires
pour les congolais, mais également pour les étrangers résidents ou non.

A. Méthodes

Selon le professeur MBOKO Dj’Andima, la méthode est la marche rationnelle de l’esprit


pour arriver à la connaissance ou à la démonstration d’une vérité 13. Les méthodes permettent
en tant qu’outils et/ou approche de faire le traitement, l’analyse et l’interprétation des
données nécessaires à la rédaction.

En effet il existe une multitude de méthode de recherche qu’il nous est donné de choisir
librement. Néanmoins la rigueur scientifique exige au chercheur de choisir des méthodes qui
cadrent avec son travail car tout travail scientifique doit suivre pour guider celui-ci.

C’est ainsi que pour mener à bien notre étude telle que présentée dans la
problématique et les hypothèses de recherche, nous feront appel à trois méthodes à savoir :

a. La méthode exégétique

Elle a consisté à l’interprétation des textes de loi auxquelles nous feront recours pour
mieux procéder à l’élaboration de notre travail. Elle nous mènera à la compréhension des
textes par la recherche de l’intention du législateur et de la volonté l’ayant mené à élaborer la
norme.

b. La méthode descriptive

La méthode descriptive consiste à décrire les phénomènes étudiés dans leurs aspects et
vise à obtenir une information précise sur un sujet donné, partant d’une hypothèse qu’elle
vérifie, afin de la confirmer ou de l’infirmer.

13
J-M. MBOKO DJ’ANDIMA, Principes et usages en matière de rédaction universitaire, Kinshasa, Ed. CADICEO,
2004, p.21.
7

c. La méthode comparative

La méthode comparative, nous a permis de nous informer sur la manière dont ce régime
est organisé dans un système autre que le nôtre. De la comparaison du droit congolais à celui
d'autres pays a résulté des ressemblances et des dissemblances.

Le droit belge et français et marocain, étant tous les trois de la famille Romano-
germanique tout comme le droit congolais, ont principalement fait l'objet de cette étude
comparative dans la matière intéressant notre domaine de recherche.

B. Techniques

Selon le professeur MUNAYI Muntu-Monji, les techniques sont des outils mis à la
disposition de la recherche et organisés par la méthode dans ce but. Elles sont limitées en
nombre et communes à la plupart des sciences sociales14. Dans le souci de collecter des
informations pertinentes en rapport avec notre étude nous avons utilisés les techniques
suivantes : la technique documentaire et la technique d’observation directe.

a. La technique documentaire

Pour Madeleine GRAWITZ, la technique documentaire consiste en une fouille


systématique de tout ce qui est écrit ayant une liaison avec le domaine de recherche 15. Il s’agit
des ouvrages, des mémoires, des rapports et notes des cours ainsi que des sites web.

b. Technique d’observation directe

Selon QUIVY « l'observation directe est celle où le chercheur procède directement lui-
même au recueil des informations sans s'adresser aux sujets concernés. Elle fait directement
appel à son sens de l'observation. Les sujets observés n'interviennent pas dans la production de
l'information recherchée. Celle- ci est manifesté et prélevée directement sur eux par
l'observateur».16

14
Th. MUNAYI MUTU-MONJI, Cours d’initiation à la recherche scientifique, Kinshasa, UPC, Faculté de droit, Année
Académique 2019-2020, p.38.
15
M. GRAWITZ, Méthodes des sciences sociales, Paris, Ed. Dalloz, 1976, p. 751.
16
R. QUIVY, Manuel de recherche en sciences sociales, Paris, Ed. Dunod, 1995, p.164.
8

4. DELIMITATION DE L’ETUDE

A. Délimitation spatiale

Pour la délimitation spatiale, nous examinerons les faits qui se déroulent tant sur le plan
national qu’international en matière de droit fiscal sur la double imposition

B. Délimitation temporelle

En ce qui concerne la délimitation temporelle, nous analyserons les faits allant de 2007,
année qui correspond à la signature de la première convention fiscale signée par la RDC, jusqu'à
nos jours.

5. ANNONCE DU PLAN

En se rapportant à la problématique, notre travail s’articule sur deux chapitres, chacun


comportant des sections et des paragraphes.

Le premier cernera les notions générales autour de la fiscalité internationale et en RDC


en particulier. Le second quant à lui, sera dédié aux mécanismes d’élimination de la double
imposition.
9

CHAPITRE I :

Définition et caractéristiques de l’Impôt

Définition

Il n’existe pas de définition légale de l’impôt, aucun texte n’ayant jamais explicité
précisément ce terme. Il faut donc se reporter aux définitions doctrinales, qui sont
nombreuses17.

Plusieurs auteurs aux profils divers (financiers, fiscalistes, économistes, historiens,


sociologues, anthropologues, philosophes, etc.) ont ainsi diversement défini l’impôt18.

BARILARI & DRAPE considèrent l’impôt comme un prélèvement, en général pécuniaire,


effectué d’autorité, à titre définitif et sans contrepartie immédiate afin de couvrir les charges
publiques et plus accessoirement de servir d’instrument d’intervention économique et sociale 19.

André NEURISSE définit l’impôt comme étant un tarif fait sans contrepartie d’avoir sous
forme monétaire au bénéfice de la puissance publique20.

Gaston JEZE définit l’impôt comme étant une prestation pécuniaire, requise des
particuliers par voie d'autorité à titre définitif et sans contrepartie, en vue de la couverture des
charges publiques21.

C’est ainsi que pour permettre aux habitants d’un pays, comme la République
Démocratique du Congo, de remplir adéquatement leur obligation civique de contribuer aux
charges publiques, le législateur a institué l’impôt qui est considéré comme le procédé de
répartition des charges budgétaires entre les individus en fonction de leurs facultés
contributives22.

17
F. GOLIARD, Droit fiscal général, 5ème édition, Ed. Gualino, Paris, 2021, p. 4.
18
G. JEZE, Traité des sciences des finances : budget, PUF, paris, 1980.
19
BARILARI A. & DRAPE R., Lexique fiscal, Ed. Dalloz, Paris, 1992, p. 100.
20
A. NEURISSE, Histoire de l’impôt, Ed. Que sais-je, Paris, 1978, P.3. Cité par
21
G. JEZE cité par M. DUVERGER, Finances Publiques, 11ème Ed., PUF, Paris, 1988, P.129
22
J. ILUNGA, De la résistance à l’impôt en RDC : causes – conséquences et propositions de solutions, Mémoire de
Licence, UNILU, 2019, p. 18.
10

Caractéristiques

Partant des différentes définitions données ci-haut, quelques caractéristiques


ressortent :

L’impôt, un prélèvement pécuniaire

Dans ses modalités, l’impôt est bien en principe un prélèvement sous forme pécuniaire,
et ce contrairement aux modalités de règlement en nature qui ont pu exister dans un passé
lointain. Nombre d’auteurs ont pu souligner que si le développement des échanges marchands
a pu à l’évidence favoriser cette évolution, l’obligation pour les contribuables de se libérer de
leur dette fiscale en monnaie a contribué elle aussi à accélérer le développement de l’économie
de marché, en conduisant ceux qui ne disposaient pas de liquidités monétaires à devoir s’en
procurer, notamment en échangeant des biens matériels contre de l’argent 23.

L’impôt opère un transfert de richesses du patrimoine du contribuable au patrimoine de


la collectivité publique bénéficiaire. Le caractère pécuniaire se retrouve au niveau de l’assiette,
de la liquidation et surtout du recouvrement de l’impôt24.

L’impôt, un prélèvement de caractère obligatoire

Quelles que soient ses modalités de paiement, le prélèvement fiscal a


fondamentalement le caractère d’un prélèvement obligatoire, dès lors qu’il est effectué par
voie d’autorité par l’administration sur le fondement des prérogatives de puissance publique
qui sont les siennes. En conséquence, le contribuable n’a ni le droit de prétendre se soustraire à
sa dette d’impôt, ni celui de vouloir fixer librement ou négocier le montant de sa contribution.
Son accord, son libre-arbitre en somme, n’entre en jeu d’aucune manière 25.

Mais, bien sûr, le caractère unilatéral et contraignant de l’impôt ne justifie pas que celui-
ci ne respecte pas certaines règles dans un État de droit 26 Le fondement du caractère
obligatoire de l’impôt réside dans le fait qu’il a été voulu par le Législateur qui intervient
doublement. D’abord en créant l’impôt : une loi ordinaire suffit mais ce peut être aussi une loi
23
M. BOUVIER, Introduction au droit fiscal général et à la théorie de l’impôt, 14ème édition, LGDJ, 2020, p. 16.
24
F. GOLIARD, Op.cit., p. 4.
25
M. BOUVIER, Op.cit., pp. 16-17.
26
F. GOLIARD, Op.cit., p. 5.
11

de finances. Ensuite, en autorisant pour un an le recouvrement de l’impôt : c’est l’un des objets
de la loi de finances de l’année27.

il a une double signification28 :

- L’impôt est l’une des manifestations de la Souveraineté : Le terme utilisé indique bien
que ce prélèvement est établi unilatéralement et s’impose au contribuable. L’impôt est
bien l’une des prérogatives de puissance publique.
- Le contribuable ne peut se soustraire à l’obligation fiscale : Si toutefois il s’y refuse la
contrainte pourra être utilisée unilatéralement. Des sanctions fiscales s’appliqueront
quasiment automatiquement.

L’impôt, un prélèvement effectué à titre définitif

L’impôt est une ressource définitive pour les collectivités publiques qui en bénéficient,
c’est-à-dire l’État, les collectivités territoriales et certains établissements publics. Contrairement
à l’emprunt, il n’a pas à être restitué (excepté les cas où il a été irrégulièrement perçu ou
lorsque son remboursement a été expressément prévu dans le cadre de politiques
économiques spécifiques)29.

§.4. Rôles ou fonctions de l’impôt

Il y a au moins trois raisons pour lesquelles un Etat peut vouloir imposer un

impôt. Ces raisons sont d’ordre financier, économique et social30.

1. La fonction financière

L’impôt sert d’abord à couvrir les dépenses de l’Etat. Si la seule raison d’imposer
27
R. FERRETTI, Droit Fiscal, Université de Metz, 2002, p. 2.
28
Ibidem.
29
M. BOUVIER, Op.cit., p. 17.
30
Jalel BERREBEH, op.cit., page 15. 26
Ibidem, Page 15.
12

des impôts est de transférer du secteur privé au secteur public les ressources nécessaires pour
couvrir les dépenses et les frais de fonctionnement du gouvernement, le niveau de taxation et
la distribution du fardeau fiscal parmi les contribuables doivent être établis de manière à créer
le moins de distorsions possibles26.

En clair, l’impôt est seul procédé permettant de couvrir les dépenses des services

publics qui ne peuvent être vendus : défense nationale, administration générale…

2. La fonction économique

L’impôt sert de régulation économique c’est-à-dire l’impôt joue un rôle

permettant au Gouvernement par l’entremise du parlement de surtaxer les domaines ne

devant pas faire l’objet d’un effort et en détaxant ceux devant faire l’objet d’une promotion.

Grosso-modo, le maniement habile et réfléchi de l’impôt (augmentation ou

diminution de son taux), sa suppression ou encore en faisant jouer un rôle discriminatoire à


l’impôt, l’Etat peut agir utilement sur la conjoncture ou sur les structures économiques :
notamment encourager certains secteurs de l’économie délaissés mais générateurs de
revenus, décourager certains autres secteurs pour freiner leur extension trop rapide et
préjudiciable à l’économie générale du pays.

3. La fonction sociale

L’impôt est prélevé selon la capacité contributive des contribuables. C’est ainsi

que la loi fiscale, instrument par excellence de la politique de l’Etat en matière économique,
doit tendre dans son principe comme dans son application vers la justice sociale et l’équité
afin que l’impôt ne puisse pas frapper aveuglement les riches et pauvres, salariés et paysans,
13

ménages sans enfant et familles nombreuses, valides et invalides… bref l’impôt est un outil de
la politique sociale et de l’équité entre citoyen31.

En outre, l’impôt permet la réalisation de certaines tâches ou travaux-profitables à la


collectivité nationale. C’est souvent le cas pour la satisfaction des besoins collectifs à caractère
économique (construction et entretien du réseau portuaires et aéroportuaires, ponts, etc.),
Social (hospices des vieillards, hôpitaux publics), éducatif (construction et entretien des écoles
et universités officielles), sport (construction et entretien des stades), culturel (construction,
entretien et ravitaillement des musées et bibliothèques publics), etc. c’est le rôle général de
l’impôt.

SECTION 2 : LES PRINCIPES D’IMPOSITIONS

En vertu du principe constitutionnel selon lequel : « la contribution aux charges

publiques est un devoir pour toute personne vivant en RDC32.», tous les textes légaux relatifs
aux impôts concernent, sauf cas de situations dérogatoires expresses, toutes les personnes
physiques ou morales tombant dans leur champ d’application.

La théorie fiscale permet d’identifier certains principes importants, largement

solidaire les uns des autres33 :

§.1. Le principe de légalité :

Précisant que les règles concernant l’assiette, le taux et les modalités de

recouvrement des « impositions de toutes natures » sont fixées par la loi, et sont

donc nécessairement et obligatoirement votées au parlement.

§.2. Le principe de l’annualité :

31
Jalel BERREBEH, op.cit., page 15.
32
Article 174, alinéa 2 de la Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée et complétée à ce jour.
33
Franck Wassermann, les Finances Publiques, 8ème Edition, découverte de la vie Publique, Paris 2016, page 38.
14

Selon lequel le parlement doit donner chaque année au gouvernement

l’autorisation de percevoir l’impôt.

§.3. Le principe de nécessité :

Selon lequel l’impôt n’est légitime que pour autant qu’il est indispensable pour

couvrir les besoins publics, ce que, en vertu de l’article 14 de la déclaration des droits de
l’homme et du citoyen de 1789 (DDHC), tous les citoyens ont le droit de constater, par
euxmêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir
librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la
durée34.

§.4. Le principe d’égalité :

Le principe d’égalité fiscale est d’abord entendu comme l’égalité des


contribuables devant l’impôt. Selon l’article 13 de la DDHC, « la contribution commune doit
être également repartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés35 ». Un même
régime fiscal doit alors s’appliquer à tous les contribuables placés dans la même situation.

§.5. Le principe du respect des droits de la défense :


Le principe du respect des droits de la défense veut qu’une sanction ne puisse être
infligée sans que préalablement la personne en cause n’ait été en mesure de prendre
connaissance des éléments et faits lui étant reprochés et de présenter ses observations d’une
part et d’autre part, la sanction doit être motivée et elle doit être susceptible de recours
juridictionnel36.

34
Article 14 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.
35
Article 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.
36
Michel BOUVIER, introduction au Droit Fiscal général et à la théorie de l’impôt, 13ème Edition, LGDJ, 2016, Paris,
page 47.
15

§.6. Le principe de territorialité :


Le principe de territorialité de l’impôt définit l’application de la loi fiscale dans

l’espace. En règle générale, l’espace fiscal et la sphère de compétence dévolue aux organes

politiques sont les mêmes et constituent l’espace de souveraineté fiscale37.

§.7. Le principe du contradictoire :


Le caractère du contradictoire des procédures juridictionnelles s’applique en Droit
Fiscal comme pour les autres catégories du droit et ce principe doit être rapproché de celui du
respect des droits de la défense38.

Au terme de ce principe en effet, le contribuable dont les déclarations sont contrôlées doit
avoir à tout moment la possibilité de se défendre, de répondre aux éventuelles notifications
que l’Administration se propose de lui adresser, ainsi que de dialoguer avec l’agent chargé du
contrôle, en étant éventuellement assisté s’il le souhaite d’un conseil de son choix.

§.8. Le principe de la compétence liée de l’administration :


Le principe de la compétence liée de l’administration signifie que cette dernière

doit et ne peut agir que dans le cadre des dispositions législatives et règlementaires qui
définissent ses missions et attribution39.

SECTION 6 : L’APPLICATION DE LA LOI FISCALE DANS LE TEMPS ET


DANS L’ESPACE

La loi fiscale, comme toute autre loi, s’applique dans le temps et dans l’espace.

37
Ibidem, Page 48.
38
Ibidem, Page 50.
39
Michel BOUVIER, op.cit., Page 51.
16

§.1. Application dans le temps de la loi fiscale

La règle de l’annualité du budget posée par le droit budgétaire et la règle de

l’annualité de l’impôt sont étroitement liées puisque la perception de l’impôt doit être
autorisée chaque année par le parlement40.

A ce sujet, Bienvenu Jean-Jacques et Lambert Thierry soulignent que les dispositions de ces
deux types de lois restent en vigueur tant qu’elles n’ont pas été expressément abrogées. En
revanche, à la fin de chaque année civile ou budgétaire expire la compétence rationne
temporis des agents du fisc pour exécuter les lois d’impôts41.

§.2. L’application de la loi fiscale dans l’espace ou sur le territoire


fiscal

Le principe de la territorialité de la loi fiscale rend cette loi exécutoire sur tout le

territoire. La loi oblige tous ceux qui habitent sur le territoire et régie tous les biens meubles et
immeubles qui se trouve sur le territoire de l’Etat59. L’application de la loi fiscale s’arrête donc
à la frontière de l’Etat.

En vertu du principe de la territorialité, l’Etat peut soumettre à l’impôt les

personnes et les biens ayant avec son territoire un lien réel, c’est-à-dire que les personnes y
soient situées, soit que les activités y soient exercées à une phase quelconque de leur
processus, soit que les revenus y soient produits, appropriés ou dépensés.

40
Jalel BERREBEH, op.cit., page 33.
41
Bienvenu Jean-Jacques et Lambert Thierry, Droit Fiscal, PUF, Paris, 2010, page 45. 59
Jalel BERREBEH, op.cit., page 32.

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