INTRODUCTION AU DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE
(DIH)
🔷 1. Histoire du CICR et du DIH
🔹 Contexte fondateur
24 juin 1859 : bataille de Solferino (France–Autriche), plus de 44 000 victimes.
Un homme, Henri Dunant, propose :
1. « La création d’un corps d’urgentistes neutres en temps de paix pour
assister les services médicaux militaires en période de conflit »
2. « La conclusion d’un traité international pour la protection des
blessés militaires et du personnel de secours médical »
→ Cela mènera à la création du CICR (17 février 1863) et à la 1ère Convention de
Genève (22 août 1864).
🔷 2. Le CICR : Mandat, statut, principes et activités
🔹 Qu’est-ce que le CICR ?
« Organisation impartiale, neutre et indépendante, le Comité international de la Croix-
Rouge (CICR) créée en 1863 dans le but exclusivement humanitaire de protéger la vie et la
dignité des victimes de la guerre et de la violence interne et de leur porter assistance. »
Présent dans plus de 90 pays, avec 18 000 employés.
🔹 Mandat et missions
« Protéger les victimes de conflits armés et d'autres situations de violence et leur porter
assistance ;
S’efforcer de prévenir les souffrances par la promotion et le renforcement du droit et des
principes humanitaires universels ;
Coordonner les activités du Mouvement International de la Croix-Rouge et du Croissant-
Rouge en situation de conflits armés. »
🔹 Statut juridique particulier
Organisation privée, dotée d’un mandat international limité (par les CG).
Elle bénéficie d’un statut d'observateur à l'AG des Nations Unies depuis 1990.
« Ce statut spécifique garantit une indépendance à l’égard des gouvernements et permet de
venir en aide en toute impartialité aux personnes affectées. »
🔹 Différences entre le CICR et l’ONU
CICR ONU
« Organisation civile, purement
« Composée d'États membres »
humanitaire »
« Ne prend pas partie, ne juge pas » « Peut intervenir militairement »
« Sujette aux aléas de la politique
« Accord de siège - immunités »
internationale »
🔹 Les principes humanitaires
« HUMANITÉ, IMPARTIALITÉ, NEUTRALITÉ, INDÉPENDANCE »
Neutralité :
« Le principe de neutralité […] ne signifie pas la passivité ou l’indifférence ;
[…] permet de garder la confiance des acteurs ;
[…] ouvre les portes (facilite la visite des prisonniers, opération
d’assistance…). »
🔹 Activités humanitaires du CICR
Protection :
Détention
Population civile
Rétablissement des liens familiaux
Assistance :
Santé
Sécurité économique
Eau et habitat
Prévention :
Sensibilisation, promotion, diplomatie humanitaire
Coopération :
Renforcement des capacités, partenariats
🔷 3. Le Droit international humanitaire (DIH)
🔹 Définition
« Droit international humanitaire (DIH) = Droit des conflits armés »
« Branche du droit international qui s’applique aux conflits armés (internationaux et non-
internationaux) »
🔹 Finalité
« Protéger les personnes qui ne participent pas ou plus aux combats »
« Restreindre les moyens et méthodes de guerre »
🔹 Place dans le droit international
Le DIH est le « jus in bello » (le droit applicable pendant les hostilités).
≠ Droit de la paix (jus ad bellum : interdiction du recours à la force)
≠ Droit international des droits de l’Homme
≠ Droit international pénal
« Le DIH ne se prononce pas sur la cause ou la légalité du conflit »
🔹 Principes fondamentaux
Équilibre entre nécessité militaire et humanité
Égalité des belligérants
Non-réciprocité des obligations humanitaires
Principe de distinction (civils/combatants)
🔷 4. Sources du DIH
🔹 Droit conventionnel
« 4 Conventions de Genève du 12 août 1949 »
« 2 Protocoles additionnels du 8 juin 1977 »
🔹 Droit coutumier
« 161 règles applicables dans les CAI et les CANI »
🔹 Soft Law
Statuts du Mouvement international
Résolutions des conférences internationales
🔷 5. Armes réglementées
Exemples :
Armes chimiques : Protocole de Genève (1925), Convention de 1993
Armes biologiques : Convention de 1972
Mines antipersonnel : Convention de 1997
Armes à sous-munitions : Convention de 2008
Armes aveuglantes au laser : Protocole IV (1995)
« Tous les moyens et méthodes ne sont pas permis » (PA I, art. 35 al.1)
🔷 6. Protection des personnes et des biens
🔹 Personnes protégées
« Tous ceux qui ne combattent pas / Tous ceux qui ne combattent plus »
Catégories :
Civils
Blessés, malades, naufragés
Prisonniers de guerre
Personnel sanitaire et religieux
Journalistes, humanitaires, femmes, enfants, personnes âgées
« Le DIH accorde une protection spécifique à certaines catégories de personnes »
🔹 Biens protégés
« Tous les biens qui ne sont pas des objectifs militaires »
Biens religieux et culturels
Environnement naturel
Biens indispensables à la survie (eau, nourriture, infrastructures sanitaires)
« En période de CAI comme de CANI, la population civile et les biens civils jouissent
d’une protection générale contre les dangers résultant d’opérations militaires »
🔷 7. Conduite des hostilités
Principes :
Distinction : entre civils et combattants
Précaution
Proportionnalité
Humanité
Interdictions :
« Interdiction des attaques directes contre la population civile »
« Interdiction des boucliers humains »
« Interdiction des actes de terreur »
🔷 8. Mise en œuvre du DIH
🔹 Responsabilité des États
« Les Hautes Parties contractantes s'engagent à respecter et à faire respecter la présente
Convention en toutes circonstances » (Art. 1 commun aux CG)
Deux obligations :
1. Respecter → Adapter le droit national, former les militaires
2. Faire respecter → Promouvoir, faire pression, sanctionner les violations
🔹 Moyens
Préventifs : lois, institutions, diffusion, formation
De contrôle : en période de conflit
Répressifs : poursuites des crimes de guerre, compétence universelle
🔷 9. Le rôle du CICR comme « gardien du DIH »
Diffusion du DIH
Surveillance de l’application
Dialogue confidentiel avec les États
Appui technique et juridique
Développement progressif du droit