Thème: Les habitudes de consommation
Sujet :
De plus en plus d’entreprises utilisent des arguments écologiques pour séduire les
consommateurs. Cependant, derrière certains slogans « verts » se cachent des stratégies
trompeuses appelées greenwashing (ou éco-blanchiment), qui visent à donner une image
faussement responsable de leurs pratiques.
Rédigez un article de presse (entre 250 et 300 mots) dans lequel vous présentez les
conséquences du greenwashing, aussi bien pour les consommateurs, que pour la planète et les
vraies initiatives écologiques.
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Greenwashing : 5 exemples des pires pratiques en la matière
Si le greenwashing a fait beaucoup parler de lui ces dernières années, on pourrait être tenté de
conclure qu'il n'est plus un outil de communication privilégié. Il n'en est rien : de nombreuses
entreprises n’ont toujours pas compris la leçon, et continuent de verdir artificiellement leur
image. Pour essayer de mettre définitivement un terme à cette pratique mensongère -
désormais interdite par la loi - Carbo vous explique comment identifier un cas de greenwashing
à travers 5 exemples concrets.
La définition du Greenwashing
Le greenwashing (ou « éco-blanchiment », « verdissage » en français) est une méthode de
marketing consistant à communiquer auprès du public en utilisant l’argument écologique de
manière trompeuse pour améliorer son image. Les informations transmises sont ainsi
une présentation déformée des faits et de la réalité. Cela peut aussi bien passer par le fond que
par la forme. L’éco-blanchiment touche de nombreuses entreprises et secteurs comme la mode,
la cosmétique, les voitures, la politique et même le tourisme.
Greenwashing : qu’en disent les acteurs de la publicité et de la protection de
l’environnement ?
Le Greenwashing selon l’ARPP
L’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) est un organisme privé d’
autorégulation de la publicité en France. Elle vise à favoriser « une publicité loyale, véridique et
saine » sur une base d'autodiscipline professionnelle. Elle ne peut pas prononcer de sanction
légale comme la prison ou l'amende.
Concernant le greenwashing, on peut citer différents exemples et conseils de l’organisme. Il
recommande notamment de ne pas induire le public en erreur et d'exclure l'assimilation directe
d'un produit présentant un impact négatif pour l'environnement à un élément naturel. Le
message publicitaire doit également être proportionné à l’ampleur des actions menées par
l’annonceur en matière de développement durable ainsi qu’aux propriétés du produit dont il fait
la promotion.
Mais le greenwashing peut-il pour autant être considéré comme de la publicité mensongère ? Et
bien, ça dépend. La publicité mensongère est une présentation fausse qui induit en erreur sur
différentes caractéristiques d'un produit, service ou marque. C'est évidemment condamnable
par la loi - amende et/ou prison - mais le greenwashing ne se matérialise pas toujours sous la
forme d'une pub mensongère. Mais libre à vous de déposer une plainte à l'instance de sanction
de l'ARPP si vous considérez qu’une marque a eu recours au greenwashing.
Le Greenwashing selon l’ADEME
L’Agence de la transition écologique (ADEME) travaille régulièrement avec l’ARPP afin de limiter
l'utilisation abusive des arguments « verts » dans les publicités. L’organisme écolo indique
que l'éco-blanchiment participe directement à la désinformation des
consommateurs. Aujourd’hui, chacun est confronté à une masse d’informations souvent
déversée hors contexte. Le greenwashing participe à cela et peut décrédibiliser ou minimiser
la sensibilisation faite par les ONG. L’association environnementale Greenpeace France a par
exemple déposé une plainte contre des publicités jugées mensongères.
L'éco-blanchiment, une pratique désormais illégale
En avril 2021, nos députés ont interdit la publicité pour la commercialisation et la promotion
des énergies fossiles, et durci les sanctions contre l’éco-blanchiment.
Cet amendement vient renforcer les sanctions relatives aux pratiques commerciales
trompeuses, prévues dans le code de la consommation. Le montant de l’amende pourra ainsi
être porté à 80 % des dépenses engagées pour la réalisation de la publicité ou de la pratique
qualifiée d'éco-blanchiment - contre 50 % aujourd’hui.
En cas de pratique avérée de greenwashing, la diffusion de la sanction devient systématique.
Soit par la presse écrite, soit par tout moyen de communication au public, par voie
électronique. Mais également une diffusion sur le site internet de la personne morale
condamnée, pendant une durée de trente jours.
5 exemples concrets de Greenwashing
Le détournement d’attention, par H&M
Le cas H&M constitue un des exemples les plus flagrants en matière de greenwashing. En 2011,
l’entreprise lance sa collection « Conscious » pour prôner ses valeurs écologiques et un style «
éco-responsable ». Selon la marque de fast-fashion, les vêtements de cette nouvelle collection
sont composés de matières plus respectueuses de l'environnement comme l’Econyl (Nylon
100% recyclé) ou encore le coton bio. Le problème ? H&M met en place des opérations de
marketing pour valoriser des engagements environnementaux et des actions qui ne sont pas à
la hauteur de cette communication.
La marque de prêt à porter détourne ainsi l’attention sur ses mauvaises pratiques. Mais ce n’est
pas avec quelques collections soit disant écologiques que la marque peut devenir une
vraie entreprise éco-responsable et réduire son empreinte carbone. On remarque d’ailleurs une
très faible présence d’informations concernant la ligne « Conscious ». Le pourcentage de coton
bio recyclé utilisé pour un jean de la collection n’est par exemple pas précisé.
Il y a quand même une bonne nouvelle : H&M vous propose de rapporter vos vieux vêtements
pour les recycler. En échange, vous obtenez un bon de réduction de 5€ pour acheter des
vêtements neufs et donc polluants dans le magasin... Le terme « détournement d’attention »
prend ici tout son sens.
Greenwashing : exemple du manque de transparence, par EDF
Comme dans le cas de H&M, cette campagne d’EDF de 2009 met en avant des engagements
forts pour l’écologie. Mais les actes ne suivent pas le discours. La campagne s’intitule « Changer
d’énergie ensemble » et a pour but de promouvoir des solutions énergétiques pour lutter contre
le réchauffement climatique (économies d’énergies, éolien, hydraulique…). EDF a juste oublié de
préciser que le budget consacré à la recherche sur les énergies renouvelables ne représentait
que 2,1% du budget total de la recherche et du développement (R&D). Et moins que la
campagne de communication... Pour saluer la prouesse, Les Amis de la Terre ont d’ailleurs
décerné à EDF le prix Pinocchio de l’année 2009 dans la catégorie Greenwashing.
Le faux label, par Intermarché
Ici, on ne voit pas trop comment Intermarché a pu croire que ça passerait. Cette campagne fait
partie des exemples connus de greenwashing. L’enseigne de distribution a lancé une campagne
fin 2011 pour montrer son engagement écolo dans le secteur de la pêche. On pouvait ainsi
retrouver le « label pêche responsable » sur certains de leurs produits. Or, le seul éco-label qui
existe en France pour la pêche éco-responsable est celui du Marine Stewardship Council (MSC).
Et il se trouve que le label utilisé par Intermarché ressemble étrangement à celui du MSC… De
plus, la pêche profonde industrielle (le type de pêche effectué par Intermarché) ne peut être
considérée comme durable. L’ARRP a demandé à la marque de ne pas renouveler cette pub.
Greenwashing : exemples du mensonge frontal (Volvic) et par omission (Orangina)
Commençons par le mensonge frontal. Nul besoin d’explication : il s’agit ici d’un mensonge pur
et simple. La marque Volvic (appartenant l'« entreprise à mission » Danone) a affirmé qu’une de
ses bouteilles était en plastique « d’origine végétale ». Le hic ? Seulement 20% de la bouteille
l'était réellement. De plus, les ingrédients chimiques de la molécule issue du végétal sont
exactement les mêmes que ceux du plastique habituellement utilisé. Petit rappel nécessaire : le
plastique, c'est du pétrole. À noter que Danone a déjà eu affaire à d’autres scandales de ce
genre.
Là encore il s’agit d’une marque commercialisant des boissons : Orangina. Cette dernière se
vante, sur ses bouteilles, que sa boisson est « sans colorant » et « sans arôme artificielle ».
Beaucoup de marques ont adopté le même discours et se concentrent ainsi sur le peu de choses
positives présentes dans la composition. Le but est évidemment de faire oublier aux
consommateurs que le reste (majoritaire) des ingrédients n’est pas aussi bon pour leur santé et
pour l’environnement.
Et on rappelle que ne pas dire toute la vérité s’appelle... un mensonge par omission, tout
simplement.
Greenwashing : exemple du packaging trompeur, par Ajax
Vous connaissez sûrement l’entreprise de produits ménagers Ajax. Mais avez-vous remarqué
leur façon de verdir de manière abusive leurs emballages ? Voici une petite liste des éléments
présents sur leurs bouteilles qui illustre les pratiques d’éco-blanchiment d'Ajax :
- La couleur verte
On retrouve (trop) souvent cette pratique parmi les exemples de greenwashing. Cette couleur
est évidemment associée au naturel, à l’environnement et les marques comme Ajax, McDo ou
encore Coca-Cola se font un malin plaisir à en abuser pour verdir leur image. Notons que la
composition des produits reste, la plupart du temps, inchangée.
- Les visuels (arbre, fleur, herbe...)
Ajax a changé le packaging de son nettoyant triple action pour vitres, très chimique, en quelque
chose de beaucoup plus doux. On retrouve évidemment la couleur verte, mais aussi un arbre
sur fond de ciel bleu.
- Le champ lexical
« Parfum avec des extraits naturels », « Fraîcheur naturelle », « Natura Verde » (qui signifie
nature verte en italien)... Ajax a utilisé de nombreuses tournures de phrases pour rendre ses
produits plus éthiques et bons pour la planète. Cependant, le champ lexical de la nature sur un
packaging ne signifie absolument pas que le produit est éthique et sain. Le mot naturel est trop
souvent utilisé pour faire penser à l’écologie. Les équipes marketing font en sorte que cela ne
saute pas immédiatement aux yeux. Elles utilisent des biais cognitifs qui peuvent nous pousser à
acheter un article parce qu’il vous paraît green.
Greenwashing : comment éviter cette pratique non-environnementale ?
En tant que marque
Maintenant que vous connaissez les exemples de base du greenwashing, il faut éviter de les
reproduire. L’ADEME conseille aux marques de vérifier que le message réalisé par
l’agence respecte les grands principes d’un marketing éthique et évite le greenwashing. Vous
pouvez aussi favoriser la déclaration environnementale de vos produits généralement collé sur
l’emballage et a pour but d’informer quant aux impacts écologiques de celui-ci.
Vérifiez ainsi que le vocabulaire utilisé est clair et précis, que l’information est complète. Vous
devez avoir des preuves de votre démarche. Votre message doit être proportionnel à la réalité,
c’est à dire que vos engagements doivent être fidèle à ce que vous annoncez. Vos visuels ne
doivent pas être ambigus. Et attention à ne pas transmettre de message « non éco-responsable
» comme inciter à surconsommer ou à gaspiller.
En tant que consommateur
Voici quelques conseils pour ne pas vous faire avoir par le marketing en tant que
consommateur : Vous pouvez commencer par vérifier les ingrédients présents dans les produits
en regardant au dos du packaging. À savoir qu’un produit qui est mauvais pour votre santé le
sera généralement aussi pour l’environnement. Renseignez-vous pour connaître les vrais
labels existants. Parmi ces labels on peut citer l’éco-label européen, Ange Bleu, AB (agriculture
biologique), Biore, etc.
Faire du greenwashing, c'est évidemment malhonnête mais surtout néfaste pour
l’environnement. Cette pratique ne nous incite pas à adopter un mode de consommation plus
responsable et peut même nous décourager. Elle peut également faire perdre des parts de
marchés aux entreprises œuvrant réellement dans le développement durable et contre
le changement climatique. Alors l’éviter signifie faire un pas vers un mode de vie plus éthique et
agir pour la planète.
Champs lexicaux
- Tenter de (v) + V | Tenter qqch: Entreprendre, avec l'intention de la mener à bien, une
action dont l'issue est incertaine
- Verdir
- Artificiel (adj) | Artificiellement (adv)
- Désormais (adv): à partir du moment actuel, dorénavant, dès maintenant, à l'avenir
- Consister à (v) = reposer sur, avoir pour caractère essentiel
- Autorégulation (n.f): Régulation d'un processus, d'un système, d'un milieu, etc., par lui-
même, sans intervention extérieure
- Véridique (adj): qui conforme à la vérité
- Autodiscipline (n.f): s'imposer de lui-même une discipline sans contrôle extérieur
- Induire (v): Établir par voie de conséquence, par induction
- Assimilation (n.f) | Assimiler (v)
- Proportionner (v) | Proportion (n.f)
- Condamnable (adj) | Condamner (v)
- Se matérialiser (v)
- Déverser (v): Amener en grand nombre des personnes, des choses ; décharger
- Décrédibiliser (v): Cesser de rendre crédible quelqu'un ou quelque chose, déconsidérer
- Durcir (v)
- Détournement (n.m) | Détourner (v): changer de directions
- Flagrant (adj): Qui est évident, visible au point de ne pouvoir être nié ; incontestable
- S’intituler (v) = se nommer
- Décerner (v) : Ordonner (1); Attribuer (2)
- Molécule (n.f)
- Se vanter (v): Faire de la publicité pour vendre qqch
- Omission (n.f) | omettre (v): Action d'omettre, d'oublier (volontairement ou non) de
faire ou de mentionner quelque chose qu'il aurait été utile de mentionner ou de faire
- Abusif (adj)
- Tournure (n.f): air, apparence
- Ambigu (adj)
- Inciter à (v) : encourager de >< Décourager (v)
Expressions:
- Il n'en est rien
- cette pratique mensongère
- auprès de: Près de quelqu'un, à ses côtés | en s’adressant à qq’1 | en relation avec qqch
| dans l’opinion de qq’1
- de manière trompeuse
- passer par le fond que par la forme: accorde plus d'importance au contenu (le fond) qu'à
la manière dont il est présenté (la forme)
- à l’ampleur de
- déposer une plainte
- avoir recours à = recourir à
- relatives à
- être à la hauteur de
- la marque de prête à porter
- prendre tout son sens
- mettre en avant
- avoir pour but de + V
- saluer la prouesse
- être issu de = être à l’origine de
- en sorte que = pour que
- biais cognitifs: schéma de pensée trompeur et faussement logique