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SD Dépressif

Le document traite du syndrome dépressif, en distinguant la tristesse normale de la dépression pathologique et en classifiant ses caractéristiques sémiologiques selon des registres thymiques, cognitifs, comportementaux et somatiques. Il décrit les symptômes de la dépression, y compris l'humeur dépressive, le ralentissement psychomoteur et les signes somatiques, ainsi que les cadres nosographiques associés. La conclusion souligne l'importance d'une compréhension approfondie de la dépression pour un traitement précoce et efficace.

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Le document traite du syndrome dépressif, en distinguant la tristesse normale de la dépression pathologique et en classifiant ses caractéristiques sémiologiques selon des registres thymiques, cognitifs, comportementaux et somatiques. Il décrit les symptômes de la dépression, y compris l'humeur dépressive, le ralentissement psychomoteur et les signes somatiques, ainsi que les cadres nosographiques associés. La conclusion souligne l'importance d'une compréhension approfondie de la dépression pour un traitement précoce et efficace.

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Pr .

Elammouri
Sémiologie 2 : psychiatrique
2ème année

LE SYNDROME DEPRESSIF

Objectifs Pédagogiques:
1. Différencier entre une tristesse normale et pathologique.
2. Classer les caractéristiques sémiologiques de la dépression selon les registres
thymiques, cognitif, comportemental et somatique.
3. Définir un cadre nosographique en fonction des caractéristiques
sémiologique de la dépression.

I. INTRODUCTION ET DEFINITION

L’humeur selon Delay est une disposition affective de base « qui donne à chacun de nos
états d’âme une tonalité agréable ou désagréable oscillant entre les deux pôles
extrêmes du plaisir et de la douleur ».

Chaque individu a un niveau de base de l’humeur qui varie dans le sens du plaisir ou du
déplaisir en fonction des sollicitations de l’environnement ou de ses représentations
personnelles ; cependant, il reste relativement maître de ses expériences émotionnelles
successives.

Donc l’humeur est normale quand elle est :


- Souple: fluctue et varie de manière fluide en function du vécu de la personne.
- Adaptative: permet à l’individu de s’adapter dans son environnement.

La tristesse est une variation normale de l’humeur, que tout individu peut ressentir à un
moment de sa vie (suite à une perte ou une déception par exemple), mais dans certains
cas elle peut devenir pathologique quand elle devient:
- incontrôlable ;
- fixe, permanente ;
- non adaptative ;
- envahissante : envahit le vécu du sujet qui ne peut s’en départir, même en
changeant d’univers relationnel ou d’activité,
- a l’origine d’une souffrance clinique significative et/ou un retentissement
fonctionnel.
II. DESCRIPTION SEMIOLOGIQUE

La dépression est un état pathologique de l’humeur qui associe plusieurs éléments


appartenant à trois registres de troubles :
- La dépression de l’humeur ;
- Le ralentissement psychomoteur ;
- Des symptômes somatiques.

A. Humeur dépressive

Elle associe à des degrés divers


1. Un sentiment de tristesse qui envahit le champ de conscience et l’ensemble
du comportement.
! Incontrôlable ++:
! Permanente,
! insensible au réconfort de l’entourage et résistante au tentative de
raisonnement extérieur.
2. Une anhédonie: perte de plaisir et d’intérêt avec une indifférence aux
sollicitations habituellement agréables « plus rien ne me fait plaisir »;
3. Un émoussement affectif: incapacité à ressentir des affects (joie, tristesse),
ennui, dégoût ;
4. Une douleur morale: conscience douloureuse du trouble, insupportable.
5. Parfois on observe une dysphorie avec une humeur irritable, des explosions
de colère, avec agressivité et crises de larmes ;

Cette humeur dépressive peut être accompagnée de troubles du contenu de la


pensée = pensées dépressive avec:

- un pessimisme à l’encontre de soi et du monde, qui engendre un sentiment de


découragement et de désespoir :
o « je n’y arriverai jamais, le monde est pourri »
- Des idées de culpabilité
o « c’est de ma faute, je m’en veux énormément »
- une auto-dévalorisation :
o « je ne vaux rien, j’ai échoué, je n’en suis pas capable »
- un sentiment d’indignité :
o « je ne suis pas à la hauteur «
- idées de châtiment :
o « je dois être puni »
- des ruminations :
o « je n’arrête pas d’y penser, je tourne en rond avec mes idées »
- Des idées d’incurabilité
- Des Idées suicidaires: qu’il faudrait systématiquement explorer +++

B. le ralentissement psychomoteur

1. Ralentissement moteur

Le ralentissement s’observe à des degrés variables en fonction de la sévérité du


trouble,il touche:
a. La mimique : peu expressive, donnant une impression de tristesse ;
b. Les épaules sont voûtées ;
c. la démarche, et la gestuelle sont ralenties ;
d. La voix est lente, monocorde, affaiblie, suspendue par des pauses, des soupirs.
e. Une bradyphémie : ralentissement du débit verbal, parfois jusqu’au mutisme

Le ralentissement moteur peut aller d’une lenteur modérée à la prostration, voire la


catatonie.

Parfois: une subagitation visible remplace le ralentissement quand la dépression est


associée à l’anxiété.

2. Ralentissement psychique

a. Bradypsychie: une lenteur idéatoire


b. Monoïdéisme : fixation sur une idée, incapacité à penser à plusieurs choses en
même temps.
c. Aboulie: un fléchissement des capacités d’effort, d’initiative, d’anticipation
d. Fatigue intellectuelle: difficulté d'accomplir les tâches habituelles
e. incapacité de se projeter dans un avenir possible
f. Une lenteur idéatoire, avec augmentation du temps de latence des réponses :
g. réponses retardées, courtes, soutenues par un effort pénible

C. Les Signes somatiques


Précèdent souvent l’installation des symptômes psychiques.
Ils peuvent être prévalents et occulter alors les symptômes psychiques qui restent
discrets, caractérisant la dépression dite masquée.
Lors d’éventuelles récurrences dépressives, elles ont une valeur de symptômes
annonciateurs
1. L’Asthénie
Est le symptôme le plus fréquent et souvent le plus précoce.
Elle s’aggrave à l’effort qu’il soit psychique, lors d’activités intellectuelles ou
relationnelles, ou physiques.
Elle s’exprime subjectivement par une lassitude, une impression de fatigue
psychique avec difficultés à trouver et à agencer ses idées, à faire des projets et, sur
le plan physique, une impression de lourdeur musculaire qui peut aller jusqu’à
l’épuisement.
2. Les Troubles du sommeil
- Le sommeil est perturbé, non réparateur.
- La majorité des patients souffrent d’insomnie,
- peut être remplacé par une hypersomnie avec réveil tardif et sieste prolongée
- clinophilie
3. Les Troubles de l’appétit
- dominé par une anorexie.
o Allant du désintérêt pour la nourriture jusqu’au dégoût alimentaire
o perte de poids dont l’intensité est un facteur de gravité.
- Peut être remplacé par une hyperphagie, le plus souvent par des accès
boulimiques (lors des bouffées anxiodépressives que le patient tente ainsi de
calmer)
4. Les Troubles sexuels
! La réduction du désir sexuel,
! avec impuissance et frigidité
! qui aggravent parfois le sentiment d’auto-dévalorisation.
!
5. Les Troubles urinaires
Ils sont possibles avec pollakiurie, dysurie, miction impérieuse, brûlures à la miction
qui apparaissent dans un contexte de dépression anxieuse.
6. Les Troubles digestifs
Ils sont habituels, en particulier nausées, dysphagie, dyspepsie, lenteur de la
digestion, ballonnements
7. Les Troubles cardiovasculaires
Ils sont fréquents, notamment tachycardie, bouffée vasomotrice, oscillations
tensionnelles témoignant d’une hyperactivité du système nerveux autonome chez
les déprimés anxieux.
En revanche, hypotension, bradycardie vagotonique, touchent préférentiellement
les déprimés ralentis.
8. Les Troubles musculaires
La fatigue, l’épuisement musculaire, s’accompagnent de contractures, de crampes,
de myalgies erratiques.
9. Les Troubles neurologiques
Les céphalées sont fréquentes avec sensation de vertiges.
D. Les Troubles cognitifs :
1. Trouble de attention et de la concentration
o La concentration est réduite et la fatigabilité apparaît rapidement
o la concentration décroît avec l’intensité et la durée de l’effort intellectuel
2. Trouble de la mémoire
o Difficultés de mémorisation et de rappel
o Biais de rappel: La mémoire biographique se focalise sur les épisodes
douloureux, au détriment d’épisodes heureux qui ne sont pas
spontanément remémorés.
o = Une sorte de filtre mental qui colorie l’expérience et le vécu du patient
d’une note dépressive

III. Cadres nosographiques

le syndrome dépressif peut être observé dans :

A. les troubles psychiatriques

1. les troubles de l’humeur :

a) Les troubles dépressifs :

Ce sont les principaux troubles psychiatriques dont la caractéristique principale est


une perturbation de l’humeur dans le sens dépressif.
La dépression peut prendre des tableaux cliniques différents, en fonction de :

" la symptomatologie prédominante : exemples

# La dépression masqué
- les manifestations somatiques sont au premier plan clinique.
- le patient vient consulter pour une plainte d’allure organique : vertiges,
céphalées, troubles du transit, palpitations…
- le bilan fait est négatif n’explique pas la plainte du patient.
- l’entretien trouve une détresse émotionnelle et/ou des facteurs de stress
significatifs ;

# La dépression anxieuse
- une anxiété au premier plan (angoisse, palpitations, sueurs, tension
interne)
- le ralentissement psychomoteur faisant place à une agitation anxieuse
- un risque suicidaire est important

" l’intensité ou la sévérité de l’épisode dépressif : léger, modéré ou sévère

# La Dépression mélancolique : un épisode dépressif majeur avec


- une douleur morale intense:
- L'anhédonie et l'anesthésie affective sont prépondérantes
- Le ralentissement psychomoteur est majeur.
- Symptomatologie à prépondérance matinale avec amélioration vespérale
- anorexie Importante et perte de poids
- Haut risque suicidaire
- Auto dévalorisation, culpabilité, incurabilité et désespoir

" l’évolution du trouble : épisode unique ou répétitif


" la durée de l’épisode dépressif
# l’épisode dépressif majeur caractérisé
# le trouble dépressif chronique ou dysthymique : dont l’évolution dépasse 2
ans

b) les troubles bipolaires : où l’épisode dépressif peut faire partie de l’évolution


du trouble , avec l’alternance des épisodes maniaques ou hypomaniaques.

2. les autres troubles psychiatriques :


l’épisode dépressif peut être observé dans d’autres pathologies psychiatrique
comme la schizophrénie, troubles de la personnalité…

B. Les troubles organiques

C. Les troubles secondaires à l’utilisation de substances

1. Substances psycho-actives ou « drogues » : cocaine, alcool, benzodizépines,


ecstasy
2. Substances médicamenteuses : neuroleptiques, antihypertenseurs centraux,
corticoïdes, oestro-progestatifs,

Conclusion :
La dépression est un trouble complexe, fréquent, qui mérite une connaissance
subtile de ces différentes expressions cliniques pour aménager un traitement
précoce afin de prévenir des récidives et un handicap social important

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