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2 - Le Règlement Préventif

Le règlement préventif est accessible aux débiteurs en difficulté sans cessation de paiements, permettant une requête conjointe avec des créanciers. Le processus inclut une évaluation de la sérieux du projet de concordat par le président de la juridiction, qui peut suspendre les poursuites individuelles pendant quatre mois. En cas d'homologation, un syndic est désigné pour surveiller l'exécution du concordat, qui s'impose à toutes les parties prenantes.

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2 - Le Règlement Préventif

Le règlement préventif est accessible aux débiteurs en difficulté sans cessation de paiements, permettant une requête conjointe avec des créanciers. Le processus inclut une évaluation de la sérieux du projet de concordat par le président de la juridiction, qui peut suspendre les poursuites individuelles pendant quatre mois. En cas d'homologation, un syndic est désigné pour surveiller l'exécution du concordat, qui s'impose à toutes les parties prenantes.

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2 – Le Règlement préventif

Aux termes de l’article 6, « le règlement préventif est ouvert au débiteur qui, sans être en état
de cessation des paiements, justifie de dif icultés économiques ou financières sérieuses ». Le
nouveau règlement préventif qui vise le même objectif que l’ancien s’en démarque par des
innovations déterminantes qui permettent désormais aux différentes parties prenantes de voir
leurs intérêts sauvegardés.

a - L'ouverture du règlement préventif

La requête en règlement préventif, qui émanait du débiteur seul, peut désormais être initiée
par lui, ou conjointement avec un ou plusieurs créanciers[32] et déposée au greffe de la
juridiction compétente contre récépissé[33]. Au nombre de pièces qui étaient exigées, une
dizaine, se sont ajoutées cinq autres, portant le nombre à 14[34], pièces qui doivent dater de
moins de trente jours. Le législateur a énuméré neuf (9) de ces pièces qui doivent accompagner
la requête, à peine d’irrecevabilité. Les documents nouvellement exigés se résument à :

- Une attestation émanant du débiteur par laquelle il déclare sur l’honneur ne pas être en état
de cessation des paiements ;

- Si le débiteur propose une personne à la désignation en qualité d’expert au règlement


préventif conformément au premier alinéa de l’article 8, un document indiquant les noms,
prénoms, qualités et domicile de cette personne et une attestation de cette dernière précisant
qu’elle remplit les conditions prévues aux articles 4-1 et 4-2 ;

- Le cas échéant, un document indiquant les noms, prénoms, qualités et domiciles des
personnes qui envisagent de consentir un nouvel apport en trésorerie ou de fournir un nouveau
bien ou service dans les conditions de l’article 11-1, avec l’indication du montant de l’apport ou
de la valeur du bien ou du service ;

- Un projet de concordat préventif[35] ;

- Le cas échéant, un document indiquant les noms, prénoms et domiciles des créanciers qui se
joignent à la demande du débiteur, et le montant de leurs créances et des éventuelles sûretés
dont elles sont assorties.

L'article 8 énonce que si le projet de concordat est sérieux, la président de la juridiction ouvre
une procédure de règlement préventif et désigne un expert au règlement préventif qui satisfait
aux critères du conciliateur dans la procédure de conciliation, lequel est chargé de faire un
rapport sur la situation financière du débiteur et les perspectives de redressement. Une
innovation majeure ici consiste dans le pouvoir conféré au président de la juridiction saisie de
juger du caractère sérieux du projet de concordat. Sous l'ancien régime, dès réception de la
requête et des pièces, il rendait immédiatement une ordonnance de suspension des poursuites
individuelles et désignait l'expert devant faire le rapport. Désormais, il examine si le projet de
concordat est sérieux avant d'ouvrir la procédure de règlement préventif.

b - Le déroulement et l'issue de la procédure de règlement préventif

La décision d'ouverture du règlement préventif suspend ou interdit toutes les poursuites


individuelles tendant au recouvrement des créances nées antérieurement à ladite décision,
pour une durée de 4 mois au maximum. A peine de nullité de droit, ladite décision interdit au
débiteur entre autres de payer en tout ou en partie les créances nées antérieurement à ladite
décision, de faire tout acte de disposition étranger à l'exploitation normale de la société ou de
consentir une sûreté. Cette décision est susceptible d'appel des créanciers et du ministère
public dans un délai de 15 jours à compter de la première publicité prévue à l'article 37 s'ils
estiment que le débiteur est en cessation des paiements. L'expert au règlement préventif
remplit sa mission dans les mêmes conditions que le conciliateur dans la procédure de
conciliation. Il rend régulièrement compte au président de sa mission et le tient informé de la
situation financière du débiteur. Dès le dépôt du rapport de l'expert, la président de la
juridiction saisie convoque sans délai[36] les parties prenantes (lé débiteur, l'expert et tout
créancier pouvant être entendu). Il doit se prononcer au plus tard dans les 30 jours qui suivent
sa saisine. Si le rapport n'est pas déposé dans le délai imparti ou si la juridiction n'est pas saisie
ou ne se prononce par dans le délai de trente jours à compter de sa saisine, le règlement
préventif prend fin de plein droit et les créanciers et le débiteur recouvrent chacun leur liberté
d'action[37]. Cette innovation est très importante en ce qu'on ne peut plus assister à des
suspensions de poursuites interminables comme par le passé, suspensions qui n'étaient
devenues que des moyens juridiques habiles pour torpiller les créanciers et ne pas les payer. Le
président de la juridiction qui constate que des créanciers ont refusé de consentir des délais ou
remises au débiteur s'investit et provoque de nouvelles négociations pour que les parties
parviennent à un accord. Si malgré cette implication un accord n'est pas trouvé et si le
concordat préventif comporte une demande de délai n'excédant pas deux ans, la juridiction
peut rendre ce délai opposable à tous les créanciers qui ont refusé tout délai ou toute remise, à
condition que cela ne mette pas en péril l'entreprise des créanciers (art.15 AUPC). Dans ce cas,
seul le délai leur est opposable et non les remises consenties au concordat: "... attendu qu’il
ressort des pièces du dossier que la BICICI s’est toujours opposée à la remise de dettes de 80%
proposée dans le concordat ; qu’elle a soutenu que c’est le délai de deux ans qui lui est
opposable en cas de refus d’acceptation du concordat ; que conformément à l’article 15.2 de
l’Acte uniforme sus indiqué, à l’exception du délai de deux ans qui lui est opposable, la BICICI
n’est pas tenue d’accepter la remise proposée dans le concordat, celui-ci ne lui étant pas
opposable ; qu’il convient donc d’infirmer partiellement le jugement entrepris en ce qu’il a
rendu la remise opposable à la BICICI et dire que seule la durée de deux ans du concordat est
opposable à la BICICI laquelle n’a pas accepté la remise proposée par le débiteur"[38]. Le
président peut constater que la situation du débiteur ne relève d'aucune procédure collective, il
peut également rejeter le concordat préventif proposé et dans ce cas le règlement préventif
prend fin immédiatement et les parties reprennent leur liberté de mouvement. La décision ainsi
rendue est susceptible d'appel dans un délai de 15 jours à compter de son prononcé[39]. Le
président de la juridiction homologue le concordat préventif si les conditions sont réunies, par
une décision qui met fin aux missions de l'expert. Les délais consentis ne doivent pas excéder 3
ans pour l'ensemble des créanciers et un an pour les salariés.

c - L'exécution et les effets de la décision homologuant le concordat préventif

Cette décision peut désigner d'office ou à la demande du débiteur ou d'un créancier un syndic
et/ou un ou des contrôleurs chargés de surveiller l'exécution du concordat homologué. Il
désigne également un juge-commissaire qui contrôle les activités du syndic ou des contrôleurs,
lequel lui adresse un rapport tous les trois mois ou à sa demande. La décision d'homologation
est susceptible d'appel des créanciers et du ministère public dans le délai de 15 jours à compter
de son prononcé pour le ministère public, à compter de la première mesure de publicité pour
les créanciers. Le concordat préventif homologué s'impose à toutes les parties prenantes,
notamment les créanciers antérieurs et le débiteur. Le syndic ou les contrôleurs désignés
contrôlent l'exécution du concordat préventif et signalent tout manquement au juge-
commissaire. Ils lui rendent compte tous les trois mois du déroulement de leurs missions. La
rémunération du syndic en qualité de contrôleur est désormais encadrée et enfermée dans un
barème institué à l'article 4-19.

2- Le redressement judiciaire simplifié

La petite entreprise en situation de cessation de paiements qui souhaiterait bénéficier de la


procédure de redressement judiciaire simplifiée, doit faire la déclaration prévue aux articles 25
et 26. Elle doit l’accompagner d’une déclaration sur l’honneur attestant qu’elle remplit les
conditions d’application du redressement judiciaire simplifié, et déposer en même temps ou au
plus tard dans les 45 jours[63], avec le concours du syndic, un projet de concordat. Aux termes
de l’article 145-4, le projet de concordat de redressement judiciaire peut se limiter à des délais
de paiements, des remises de dettes ainsi qu’aux garanties éventuelles que le chef d’entreprise
doit souscrire pour en assurer l’exécution. Ici, il n’est pas dressé de bilan économique et social
comme dans le redressement judiciaire ordinaire. Il convient de relever que si la décision
d’appliquer au débiteur le redressement judiciaire simplifié n’est pas susceptible de recours,
elle n’est pas non plus irrévocable dans la mesure où, au regard de l’article 145-7, à tout
moment, jusqu’à l’homologation du concordat de redressement judiciaire, la juridiction
compétente peut décider, par décision spécialement motivée, ce à la demande du débiteur, du
syndic, du ministère public ou même d’office, de ne plus appliquer la procédure simplifiée[64].
Préalablement à l’homologation du concordat, précisément dans les quinze jours qui précèdent
ladite homologation, le syndic doit en communiquer le projet à tous les créanciers par tout
moyen laissant trace écrite. Si le projet de concordat comporte des remises de dettes et des
délais de paiement au-delà de deux ans, l’accord de chaque créancier concerné est nécessaire,
le défaut de réponse dans les quinze jours suivant la réception étant considéré comme un
refus[65]. Ces réponses sont nécessaires pour la finalisation du projet de concordat définitif qui
sera homologué dans les mêmes conditions que s’agissant du redressement judiciaire ordinaire
(voir les conditions aux articles 126 & 127).

[33] Article 6 alinéa 2 AUPC

[34] Le point réservé au montant du chiffre d’affaires et des bénéfices imposés des trois
dernières années a été intégré à celui relatif aux états financiers de synthèse.

[35] Dans l’ancien AUPC, on parlait d’offre ou proposition de concordat, lequel pouvait être
déposé jusqu’à trente jours après le dépôt de la requête. Désormais, tout es déposé
concomitamment et le défaut des pièces énumérés aux 1 à 5 et 7, 8, 10 et 13 rend la requête
irrecevable de plein droit.

[36] Aux termes de l'ancien article 14, le Président devait convoquer dans les huit jours du
dépôt du rapport

[37] Dans l'ancien système, l'obligation pour la juridiction saisie de statuer dans le mois de la
saisine n'était assortie d'aucune sanction ou conséquence de nature à la déterminer à vite se
prononcer.

[38] CCJA, arrêt n°026/2015 du 09 avril 2015, Aff. BICICI C/ Sté DELBAU, inédit.

[39] Article 23 alinéa 1 AUPC

[63] Le débiteur dispose de 60 jours pour déposer le projet de concordat dans le cas d’un
redressement judiciaire ordinaire (article 27 AUPC)

[64] On peut légitimement se poser la question de savoir si cette décision spécialement


motivée, qui renonce à l’application d’une procédure qui avait déjà probablement créé des
droits, est également insusceptible de recours au même titre que celle, initiale et non motivée,
de faire application ou pas du redressement judiciaire simplifié. Le fait que les différents
protagonistes soient entendus est-il suffisant ou justifie-t-il qu’aucune voie de recours ne soit
susceptible contre cette décision éminemment juridictionnelle ?

[65] Article 145-8 AUPC

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