24 septembre 2016 Lycée Thiers – Sciences physiques MPSI1 – Romain Planques
Correction du devoir surveillé de sciences physiques n◦1
Exercice 1 : Oscillations d’une masse sur un ressort vertical :
1) Lorsque la masse est à l’équilibre, on peut écrire, d’après la seconde loi de Newton, que la somme
des forces qui lui sont appliquées (c’est à dire son poids et la force de rappel du ressort) est nulle.
On a donc :
−mg u~x − k(leq − l0 )u~x = ~0
ce qui donne, après projection sur u~x et simplification :
mg
leq = l0 −
k
Vérifions rapidement l’homogénéité :
— l0 est en m
— leq est en m
mg
— mg est en N (c’est une force) et k en N.m−1 donc k est en m
Le résultat est donc homogène.
On peut vérifier aussi que le signe "moins" est cohérent : comme la masse appuie sur le ressort, leq
doit être inférieur à l0 .
De plus, si m augmente, leq doit diminuer (ce qui est bien le cas avec la formule) et si k augmente
(c’est à dire que le ressort devient plus raide), leq doit augmenter, ce qui est également en accord avec
la formule.
Ainsi, la formule est homogène et semble cohérente. Evidemment, ça ne prouve pas qu’elle est correcte,
mais c’est encourageant.
2) Appliquons la seconde loi de Newton à la masse dans le référentiel terrestre supposé galiléen :
m~a = P~ + F~R
soit :
ẍu~x = −mg u~x − k(l − l0 )u~x
ou encore, en projection sur u~x :
mẍ = −mg − k(l − l0 )
mg
De plus, on a x = l − leq , donc l − l0 = (l − leq ) + (leq − l0 ) = x − k (d’après la question précédente).
Ainsi :
mg
mẍ = −mg − k(x − )
k
Après simplification, on obtient bien :
ẍ + ω02 x = 0
q
k
en posant ω0 = m.
1
3) On a vu en cours que les solutions de cette équation différentielle sont de la forme :
x(t) = A cos(ω0 t) + B sin(ω0 t)
De plus, x(0) = 0 puisque la masse est initialement à l’équilibre, donc A = 0.
D’autre part, ẋ(t) = −Aω0 sin(ω0 t) + Bω0 cos(ω0 t), donc, en appliquant en t = 0 : ẋ(0) = Bω0 . Or,
d’après l’énoncé, ẋ(0) = v0 , donc : B = ωv00 .
On en déduit que :
v0
x(t) = sin(ω0 t)
ω0
4) x(t) aura donc l’allure suivante :
2π
De plus, on sait que la période de la fonction sin(ω0 t) est T0 = ω0 , donc la période des oscillations
est :
r
m
T0 = 2π
k
5) L’énergie mécanique est donnée par :
Em = Ec + Ep
où il faut tenir compte ici de l’énergie potentielle élastique et de l’énergie potentielle de pesanteur.
Ainsi :
2
1 1
Em = mẋ2 + k(l − l0 )2 + mgx
2 2
1 2 1 mg 2
= mẋ + k(x − ) + mgx
2 2 k
1 1 m2 g 2
= mẋ2 + kx2 − mgx + + mgx
2 2 2k
1 1 v2 m2 g 2
= mv02 cos2 (ω0 t) + k 02 sin2 (ω0 t) +
2 2 ω0 2k
1 2
m g 2
= mv02 (cos2 (ω0 t) + sin2 (ω0 t)) +
2 2k
1 m 2g2
= mv 2 +
2 0 2k
ce qui montre bien que l’énergie mécanique du système (masse + ressort) reste constante au cours
du mouvement. On retrouve donc bien le fait que l’énergie mécanique se conserve en l’absence de
frottements.
6)a) On a vu à la question 1) que lorsqu’on pose une masse m sur un ressort de raideur k, son
élongation à l’équilibre vaut (en valeur absolue) : |leq − l0 | mg mg
k . Ainsi, k = |leq −l0 | .
Donc, pour que l’élongation ne dépasse pas 10 cm si la masse vaut 1,5 tonnes, il faut que la constante
de raideur soit au moins égale à :
k = 1, 5.105 N.m−1
(valeur à comparer aux ressorts de raideur k ' 10N/m que l’on a utilisé en TP).
b) Il paraît assez évident (et cela peut se démontrer facilement) que quatre ressorts en parallèle, chacun
de raideur k 0 , se comportent comme un unique ressort de raideur k = 4k 0 . Ainsi, la raideur de chacun
de quatre ressorts qui constituent la suspension devra valoir au minimum :
k 0 = 3, 7.104 N.m−1
c) D’après la formule de la question 4, on aura :
r
m
T = 2π = 0, 63s
k
Remarque : en pratique, ces oscillations s’arrêteront très rapidement car les suspensions de voitures sont
munies d’amortisseurs qui permettent d’arrêter rapidement les oscillations (grâce à des frottements
fluides).
Exercice 2 : Enregistrement d’interférences sonores :
1) Les ondes de même fréquence venues des deux haut-parleurs vont inteférer. Il y aura donc des zones
de l’espace où le signal sera très fort et d’autres où il sera faible.
Plus précisément, en O, comme la différence de marche entre les deux ondes est nulle, les interférences
seront constructives et le micro enregistrera donc un signal de forte amplitude. En se décalant vers
la droite, l’amplitude du signal va diminuer jusqu’à devenir très faible à l’endroit où les interférences
seront destructives. Si l’on continue de se décaler, l’amplitude ré-augmentera, et ainsi de suite.
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2) Notons H2 le projeté orthogonal de E2 sur l’axe (Ox) et H1 le projeté orthogonal de E1 sur l’axe
(Ox), et M la position du micro.
Le théorème de Pythagore dans le triangle rectangle M E2 H2 donne :
2
a
r22 2
=D + x−
2
De même, avec le triangle M E1 H1 on obtient :
2
a
r12 2
=D + x+
2
En faisant la différence de ces deux équations, on a :
r12 − r22 = 2ax
Soit :
(r1 − r2 )(r1 + r2 ) = 2ax
Or, comme D >> a, on a r1 + r2 ' 2D, donc la différence de marche peut s’écrire :
ax
r1 − r2 '
D
3) Le signal enregistré sera d’amplitude minimale lorsque les interférences seront destructives, c’est à
dire lorsque la différence de marche sera égale à une demi longueur d’onde plus un multiple entier de
la longueur d’onde, c’est à dire lorsque :
λ
r1 − r2 = + nλ, n ∈ N
2
soit, d’après la question précédente :
ax λ
= + nλ, n ∈ N
D 2
On en déduit que les positions xn où le signal sera d’amplitude minimale sont données par :
λD λD
xn = +n ,n ∈ N
2a a
L’interfrange est la distance entre deux endroits où l’amplitude est minimale (ou maximale, cela revient
au même), donc :
λD
i = xn+1 − xn =
a
c 345
Ici λ = f ' 440 = 78cm, donc i ' 15m.
Remarque : Cet interfrange est très grand, ce qui rend l’expérience difficilement réalisable (à moins de
disposer d’un énorme pièce) et, surtout, l’approximation r1 + r2 ' 2D invalide, puisqu’elle nécessite
également que D >> x. Il faudrait donc plutôt travailler avec des ultrasons (de fréquence par exemple
40 kHz) pour avoir une interfrange de quelques centimètres.
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4) a) Pour cette question, où il s’agit de redémontrer la formule des interférences, on peut reprendre
la démonstration "directe" du cours, ou, pour plus de rapidité, utiliser la réprésentation de Fresnel.
Ici, comme l’amplitude des deux signaux est la même, on peut même également trouver directement
le résultat grâce à une formule de trigonométrie.
En effet, la surpression totale s’écrit :
p(t) = p1 (t) + p2 (t)
= A0 (cos(ωt + ϕ1 ) + cos(ωt + ϕ2 ))
ωt + ϕ1 − (ωt + ϕ2 ) ωt + ϕ1 + ωt + ϕ2
= 2A0 cos( ) cos( )
2 2
ϕ1 − ϕ2 ϕ1 + ϕ2
= 2A0 cos( ) cos(ωt + )
2 2
ce qui montre que l’amplitude de la surpression totale est :
ϕ1 − ϕ2
A = 2A0 cos( )
2
Remarque : avec la formule "habituelle" on aurait eu :
q √ q
A= A20 + A20 + 2A20 cos(ϕ1 − ϕ2 ) = 2A0 1 + cos(ϕ1 − ϕ2 )
ce qui redonne bien la formule précédente, d’après la formule de trigonométrie 1 + cos(x) = cos2 (x/2).
b) On a vu en cours que le déphasage est relié à la différence de marche par :
2π
∆ϕ = ∆x
λ
2π ax
ainsi, ϕ1 − ϕ2 = λ D.
On obtient donc que :
πax 2πax
I(x) = 4KA20 cos2 ( ) = 2KA20 (1 + cos( ))
λD λD
Cette fonction a l’allure suivante :
5
c) La fonction IdB (x) a l’allure suivante :
Exercice 3 : Effet Doppler et radars routiers :
1) L’effet Doppler est le décalage de fréquence entre l’onde émise par un émetteur et l’onde reçue par
un récepteur, lorsque l’émetteur et le récépteur se déplacent l’un par rapport à l’autre.
2) Supposons qu’à t = 0, S et R sont séparés d’une distance D et que S émet un premier front d’onde.
D
Ce front d’onde sera reçu par R à l’instant t1 = c.
À t = Te , la source émet un second front d’onde. Comme elle se déplace vers le récepteur à la vitesse
v, elle n’est alors séparée de lui que d’une distance D − vTe . Le récepteur détectera donc ce second
front d’onde à un instant t2 = Te + D−vTc
e
.
La période mesurée par le récépeteur sera donc :
v
Tr = t2 − t1 = Te (1 − )
c
soit, en terme de fréquence :
fe
fr =
1 − vc
On constate donc que si la source de rapproche du récepteur, la fréquence reçue est supérieure à la
fréquence émise, ce qui est cohérent.
3) Les ondes électromagnétiques se propagent à la vitesse de la lumière. On aura donc :
c 3, 0.108
λ= ' ' 1, 2cm
f 24.109
On est dans le domaine des micro-ondes (entre l’infra-rouge et les ondes radio).
4) D’après la formule donnée par l’énoncé, on a :
fr − fe 2v/c 2v
= v '
fe 1− c c
6
v
puisque 1 − c ' 1 si v << c.
L’application numérique avec v = 130km/h ' 36m/s et c = 3, 0.108 m/s donne :
fr − fe
' 2, 4.10−7 ' 2, 4.10−5 %
fe
Ainsi, la variation de fréquence due à l’effet Doppler que le radar doit détecter est égale à seulement
0, 000024% de la fréquence du signal envoyé. Il peut donc sembler impossible de détecter une variation
aussi infime !
5) La courbe obtenue traduit le phénomène de battements, qui se produit lorsque deux signaux de
fréquences voisines se superposent.
Plus précisément, étudions ce qui se passe lorsque l’on somme un signal de fréquence ω1 et un signal
de fréquence ω2 très proche (on prendra les deux signaux de même amplitude et phase initiale nulle
pour simplifier). Le signal total s’écrit :
ω1 − ω2 ω1 + ω2
s(t) = A(cos(ω1 t) + cos(ω2 t) = 2A cos t cos t
2 2
Le premier des deux cosinus a une pulsation très faible puisque ω1 ' ω2 et donc une très grande
période : il correspond à l’enveloppe de la courbe. Le second cosinus, de pulsation élevée et petite
période, correspond aux variations rapides à l’intérieur de l’enveloppe.
On mesure sur la figure 6 une période de l’enveloppe égale à T 0 = 0, 00030s (attention à bien mesurer
la période de l’enveloppe, et pas sa demi-période).
ω1 −ω2 2π ω
Ainsi, 2 = T0 donc, puisque f = 2π :
2
fr − fe = ' 6, 7kHz
T0
fr −fe c fr −fe
Or 2vc = fe donc v = 2 fe ' 42m/s ' 150km/h. La voiture contrôlée est donc en excès de
vitesse !
Exercice 4 : Instruments de musique :
1)a) L’écriture mathématique générale d’une onde stationnaire sur la corde est :
y(x, t) = A cos(ωt + ϕ) cos(kx + ψ) (1)
avec k = ω/c.
b) Puisque y(0, t) = 0, ∀t, on a : ∀t, A cos(ωt + ϕ) cos(ψ) = 0, ce qui n’est possible que si cos(ψ) = 0,
c’est à dire si ψ = π2 [π].
L’autre condition aux limites (en x = L), impose alors que cos(kL + ψ) = 0, soit kl + ψ = π2 [π] et
donc kL = 0[π], ou encore kL = nπ avec n ∈ N∗ (en théorie n est un entier relatif, mais comme k et
L sont positifs, n doit l’être aussi).
Ainsi, les différentes ondes stationaires pouvant exister sur la corde auront pour pulsations spatiales :
kn ωn
kn = nπ nπ
L , et donc pour pulsation temporelle ωn = c = Lc et donc pour fréquence : fn = 2π = 2L .
nc
c) Voir la figure 1
7
Figure 1 – Les quatre premiers modes propres de vibration d’une corde
c) La forme générale d’une onde sur la corde sera une superposition de modes propres, donc de la
forme :
+∞
X nπ nπ
y(x, t) = an cos( x + ψn ) cos( t + ϕn )
n=1
L Lc
pi
ce que l’on peut également écrire, vu que ψn = 2 [π] :
+∞
X nπ nπ
y(x, t) = an sin( x) cos( t + ϕn )
n=1
L Lc
où les an et les ϕn dépendent des conditions initiales (i.e. la façon dont la corde a été excitée).
2)a) La partie de gauche de la figure 2 montre les trois premiers modes propres d’un tuyau sonore
fermé à une extrémité et ouvert à l’autre.
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Figure 2 – Comparaison des trois premiers modes propres d’un tuyau ouvert aux deux extrémités (à
droite) et d’un tuyau ouvert d’un côté et fermé de l’autre (à gauche).
On voit que les fréquences émises par le tutau sont données par :
c
fn = (2n − 1) , n ∈ N∗
4L
b) La note émise par le tuyau est donnée par la fréquence du fondamental, soit, d’après la question
c
précédente : f1 = 4L , où c ' 345m/s est la vitesse du son dans l’air puisque c’est une onde sonore qui
règne dans le tuyau.
Ainsi :
c
L= = 1, 32 m
4f1
(c’est très grand mais certains tuyaux d’orgue font effectivement cette taille).
c) D’après la question 2)a) on voit que seuls les harmoniques de rang impair seront présents dans le
spectre du tuyau fermé à une extrémité. Le spectre aura donc l’allure suivante :
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Figure 3 – Allure du spectre d’un tuyau ouvert à une extrémité et fermé à l’autre.
Questions de cours sur la lumière :
1) Ils avaient tous les deux raisons (ou, si l’on préfère voir le verre à moitié vide qu’à moitié plein :
ils avaient tous les deux tort). On sait aujourd’hui que la lumière se comporte parfois comme une
onde (diffraction, interférences) et parfois comme un corpuscule (effet photoélectrique, rayonnement
du corps noir).
2) Dans l’eau :
c
— la célérité de l’onde devient n ' 2, 26.108 m/s
— sa fréquence reste inchangée
— comme λ = fc , sa longueur d’onde est divisée par n et devient donc 391nm
— bien que cette longueur d’onde correspondrait, dans le vide, à une lumière violette, c’est la
fréquence de l’onde qui impose la couleur que l’on perçoit, et donc la lumière est toujours verte.
3) Le soleil, les bougies et les lampes à incandescence reposent sur le principe de l’émission thermique.
Le spectre de la lumière issue de ces sources sera continu.
4) Dans les deux cas (émission stimulée ou spontanée), un atome, initialement dans un état excité, se
désexcite (c’est à dire passe dans un état d’énergie inférieure, éventuellement l’état fondamental) en
émettant un photon.
Pour l’émission spontanée, l’atome se désexcite spontanément, sans aide du milieu extérieur, tandis
que pour l’émission stimulée, la désexcitation est provoquée par l’arrivée sur l’atome d’un photon de
même énergie que la différence entre les niveaux d’énergie atomique.
Les diodes électro-fluorescentes ou les lampes spectrales utilisent l’émission spontanée tandis que les
LASERs reposent sur l’émission stimulée.
5) L’énergie du photon émis doit être égale à l’énergie perdue par l’atome. Or on sait que l’énergie
d’un photon de fréquence ν vaut hν où h est la constante de Planck.
Donc :
c
E 0 − E = hν = h
λ
ainsi, la longueur d’onde du photon est donnée par :
hc
λ= ' 6, 5µm
E0 −E
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On est dans le domaine des Infra-Rouges.
6) Le fait que l’eau soit un milieu "dispersif" signifie que l’indice de réfraction n de l’eau dépend de la
longueur d’onde de la lumière. Ainsi, les différentes longueurs d’ondes ne seront pas réfractées tout à
fait dans la même direction, ce qui va légèrement "disperser" la lumière blanche et faire apparaître les
différentes couleurs qui la composent.
Les couleurs que l’on voit lors d’un arc-en-ciel s’expliquent par le caractère dispersif de l’eau.
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