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2 Postulats de La Dynamique: Sommaire

Ce document traite des postulats de la dynamique, en se concentrant sur les lois de Newton et leurs principes fondamentaux. Il aborde des concepts clés tels que le point matériel, la quantité de mouvement, le principe d'inertie, le principe fondamental de la dynamique et le théorème du centre d'inertie. Ces notions sont essentielles pour comprendre la mécanique classique et les interactions entre les corps matériels.

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2 Postulats de La Dynamique: Sommaire

Ce document traite des postulats de la dynamique, en se concentrant sur les lois de Newton et leurs principes fondamentaux. Il aborde des concepts clés tels que le point matériel, la quantité de mouvement, le principe d'inertie, le principe fondamental de la dynamique et le théorème du centre d'inertie. Ces notions sont essentielles pour comprendre la mécanique classique et les interactions entre les corps matériels.

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2 POSTULATS DE LA DYNAMIQUE

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Sommaire
2.1 Lois de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.1 La notion de point matériel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.2 Quantité de mouvement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.3 Principe d’inertie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.1.4 Principe fondamental de la dynamique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.1.5 Théorème du centre d’inertie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2 Interactions fondamentales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.2.2 La gravitation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.2.3 L’interaction électromagnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.2.4 Les interactions nucléaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.3 Interactions phénoménologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.3.1 Contacts solide-solide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.3.2 Contacts fluide-solide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.3.3 Tension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

19
CHAPITRE 2. POSTULATS DE LA DYNAMIQUE 20

2.1 Lois de Newton

Isaac Newton (1642-1727) - physicien et mathématicien anglais - fut le théoricien le plus respecté
du 17ème siècle. Il publie en 1687 son ouvrage phare Naturalis Philosophiae principia mathematica
dans lequel il jette les bases mathématiques de sa mécanique : il réussi le tour de force d’unifier les
lois de la mécanique terrestre (chute des corps) avec les lois de la mécanique céleste. Son traitement
du mouvement des planètes en accord avec les lois de Kepler, transformera cette théorie en un
véritable pilier de la physique moderne pendant plus de deux siècles, jusqu’à l’arrivée d’un certain
Albert Einstein.... Newton repose sa théorie sur trois principes que nous allons détailler. Insistons
sur le fait que ces trois principes forment un tout indissociable et cohérent.

2.1.1 La notion de point matériel

La mécanique newtonienne repose sur un concept clé : le point matériel. En effet, on admet que
tout système mécanique peut, à partir d’une certaine échelle, se décomposer en points matériels,
sans structure interne (on peut penser aux atomes mais ce n’est pas nécessaire) qui interagissent
les uns sur les autres via des forces qu’il s’agit de modéliser.
Définition : Le point matériel
Un système mécanique sera assimilé à un point matériel si son état (position, mouvement) est
complètement décrit à l’aide de trois coordonnées spatiales au maximum.
De plus, un point matériel se caractérise par une propriété dynamique : la masse inerte notée m
mesurant l’inertie du mouvement. Cette quantité est un scalaire positif et s’exprime en kilogramme
(symbole kg) dans le Système International d’Unités.

La connaissance des lois qui régissent le mouvement d’un point matériel permet de décrire l’évolution
de tout système matériel. La mécanique céleste, la mécanique des solides et la mécanique des fluides
reposent sur cette approche réductionniste.
Nous verrons plus tard qu’il est possible, dans certaines conditions, d’assimiler un système ma-
croscopique à un point matériel. Pour l’instant il suffit d’admettre qu’il existe une échelle où ce
réductionnisme est possible.

2.1.2 Quantité de mouvement

Définition
Un point matériel M en mouvement dans un référentiel R, acquiert une quantité de mouvement
(ou impulsion)
æ

p M = mæ ≠
vM (2.1)
avec m désignant la masse inerte du point matériel.

La quantité de mouvement d’un système de points se construit en sommant les contributions de


chaque point matériel. Ainsi, la quantité de mouvement d’un système mécanique S formé de N
points matériels de masse mi s’écrit
N N ≠≠≠æ
æ

ÿ ÿ d OMi
pS = mi æ

v Mi = mi
dt
i=1 i=1

Si maintenant nous définissons le centre d’inertie G comme étant le barycentre des masses
CHAPITRE 2. POSTULATS DE LA DYNAMIQUE 21

inertes :
i=N
≠≠æ ÿ ≠≠≠æ ÿ
m OG = mi OMi avec m= mi
i=1
il vient alors, par dérivation :
≠≠æ ÿN ≠≠≠æ
d OG d OMi
m = mi
dt dt
i=1
Ainsi, la quantité de mouvement d’un système de points matériels S, de masse totale m, est la
même que celui d’un point matériel de même masse et situé au centre d’inertie G.

≠≠æ
æ
≠ d OG
pS =m = mæ

vG ¸ (2.2)
dt

Le centre d’inertie
La position de G ne dépend pas du choix de O. En effet, si nous considérons un autre point fixe
O’, la définition de G peut s’écrire
≠≠æ ≠≠æ ÿ 1 ≠≠æÕ ≠≠≠æ2
m OOÕ + m OÕ G = mi OO + mi O’Mi
i

c’est-à-dire ≠≠æ ÿ ≠≠≠æ


m OÕ G = mi O’Mi
i
Par ailleurs, si l’on place O en G on obtient une autre définition de G :
ÿ ≠≠≠æ æ ≠
mi GMi = 0
i

2.1.3 Principe d’inertie

Le principe d’inertie est un des piliers de la mécanique newtonienne. C’est Galilée qui en eût
l’intuition et Newton qui le formalisa dans ses philophiae naturalis principia mathematica. L’idée
sous-jacente du principe d’inertie est l’homogénéité de l’espace : un corps isolé n’a aucune raison
d’aller plus à droite qu’à gauche ni plus vers l’arrière que vers l’avant ; le mouvement naturel est le
mouvement rectiligne uniforme.
Principe d’inertie
Dans un référentiel galiléen, un point matériel isolé (libre de toute influence extérieure) conserve
sa quantité de mouvement. En conséquence, sa trajectoire est rectiligne uniforme.

Insistons sur le fait que ce principe définit la notion de référentiel galiléen. On montre dans le
chapitre sur les référentiels non galiléens, que tout référentiel en translation rectiligne uniforme
par rapport à un référentiel galiléen est lui même galiléen. C’est pourquoi, il suffit de trouver
un référentiel galiléen pour en trouver une infinité. Cependant, le caractère galiléen étant lié à
la validité du principe d’inertie, il est tributaire de la précision avec laquelle on procède à cette
vérification. Ainsi, nous ne connaissons pas de référentiels absolument galiléens mais seulement
des référentiels approximativement galiléens sur une certaine échelle de temps. Par exemple, le
référentiel terrestre n’est pas galiléen mais les manifestations de son caractère non galiléen sont, en
première approximation, négligeables. Par conséquent, sauf avis contraire, le référentiel terrestre
sera considéré galiléen.
CHAPITRE 2. POSTULATS DE LA DYNAMIQUE 22

2.1.4 Principe fondamental de la dynamique

Nous venons de voir que dans certains référentiels, si les actions exercées sur un point matériel
M se compensent, sa quantité de mouvement se conserve. Ainsi, toute variation de quantité de
mouvement est la signature d’une action non compensée de l’environnement que l’on modélise à
l’aide du concept de vecteur force. La deuxième loi de Newton –dit aussi principe fondamental
de la dynamique– postule simplement que l’action d’une force est de faire varier la quantité de
mouvement de façon proportionnelle :
Principe Fondamental de la Dynamique (PFD)
æ

Dans un référentiel galiléen R, un point matériel M soumis à une force f voit sa quantité de
mouvement varier d’autant plus vite que la force est importante. L’équation du mouvement est
donnée par
dæ≠
pM æ

= mæ ≠
aM= f (2.3)
dt

Détaillons certains aspects de ce postulat :


¶ Tout d’abord on voit ici que la masse m mesure l’inertie du point matériel dans le sens où
plus sa masse est importante plus il sera difficile de modifier son vecteur vitesse. Par ailleurs,
la mécanique newtonienne suppose l’invariance de la masse par changement de référentiel.
æ

¶ La grandeur f est un vecteur qui décrit l’action de l’environnement extérieur sur le point
M. La force présente un point d’application (ici M), une direction, un sens et une intensité.
Notez bien, que la seconde loi de Newton n’est pas une définition de la force mais bien un
principe d’évolution qui dit comment la nature se comporte. C’est en associant ce postulat
aux lois d’interaction que l’on peut prévoir les mouvements. De même que pour la masse, la
force est invariante par changement de référentiel en mécanique classique.
¶ L’équation du mouvement est une équation vectorielle qui peut s’écrire comme trois équations
différentielles de la forme
mẍ = fx (x, y, z, ẋ, ẏ, ż, t) mÿ = fy (x, y, z, ẋ, ẏ, ż, t) mz̈ = fz (x, y, z, ẋ, ẏ, ż, t)
On peut montrer que, moyennant quelques hypothèses mathématiques peu restrictives, la
solution existe et est unique à condition de connaître la position et la vitesse du point M à
l’instant initial.
Dans le Système international d’unités, une force se mesure en Newton (symbole N) en hommage à
Isaac Newton. L’analyse dimensionnelle de l’équation du mouvement permet de relier le newton
aux autres unités de base du SI :
[f ] = MLT≠2 =∆ 1 N = 1 kg.m.s≠2

Conditions de validité

La seconde loi de Newton est valide tant que les vitesses envisagées sont petites devant c ƒ
3, 0.108 m/s. Dans le cas contraire le problème relève de la Relativité Restreinte (Einstein 1905).
Notez cependant que le principe d’inertie et le principe fondamental de la dynamique sont conservés
en relativité restreinte à condition de redéfinir la quantité de mouvement.

Remarque : Dans le cadre newtonien, c’est-à-dire pour des vitesses faibles devant c, certains
auteurs remettent en cause le PFD pour les très faibles accélérations (a . 10≠10 m.s≠2 ) et
proposent une théorie modifiée (théorie MOND pour MOdifyed Newtonian Dynamics a ) ce qui
leur permet de justifier l’anomalie du profil des vitesses dans les galaxies sans avoir recours au
concept mystérieux de masse cachée.
a. S. Hacyan. “What does it mean ti modify or test Newton’s second law ?” In : Am. J. Phys. 77.7
(2009).
CHAPITRE 2. POSTULATS DE LA DYNAMIQUE 23

2.1.5 Théorème du centre d’inertie

Newton ajoute enfin un troisième principe.


3ème loi de Newton ou principe des actions réciproques
Tout corps A exerçant une force sur un corps B, subit de la part de B une force d’intensité égale,
de même droite d’action et de sens opposé. Autrement dit, les actions réciproques sont opposées
et coaxiales.

Remarque : La troisième loi suppose implicitement que l’action se propage de façon instantanée.
En fait, un des résultats importants de la théorie de la Relativité est qu’il est impossible de
transmettre une information plus vite que c, c’est pourquoi le principe des actions réciproques
n’est plus valide en relativité.

Ce principe permet d’établir le théorème du centre d’inertie. Considérons un système S de N points


æ

matériels Mi=(1..N ) (cf. Fig 2.1). Ce système est le siège d’actions extérieures fi ext (pesanteur par
≠æ
exemple) et d’actions internes fji du point Mj sur le point Mi .

æ
≠ ext
fi

•M (m )
≠æ i i
fji ≠ ext q æ
æ ≠ ext
F = fi
T.C.I G
•G =∆
q
m= mi
≠æ
fij


æ •Mj (mj )
fj ext

Système S de points matériels

Figure 2.1 – Illustration du Théorème du centre d’inertie.

Lorsque l’on applique le PFD à chaque particule Mi on obtient, dans le référentiel d’étude supposé
galiléen,
dæ≠
pi æ
≠ ÿ ≠æ
= fi ext + fji
dt
j,i

Par ailleurs, en vertu du principe des actions réciproques, les forces internes se compensent deux à
deux. Aussi, sommons toutes les équations du mouvement de chaque particule de façon à annuler
les actions internes :
ÿ dæ ≠
pi dæ≠
pS ÿæ ≠ ext
= = fi
dt dt
i i

Et compte tenu de la relation (2.2), On obtient le théorème de la résultante cinétique.


CHAPITRE 2. POSTULATS DE LA DYNAMIQUE 24

Théorème du centre d’inertie (TCI)


Dans un référentiel R galiléen, le centre d’inertie d’un système matériel vérifie l’équation



pS æ

= mæ

a G = F ext
dt
æ

où F ext désigne la résultante des forces extérieures.
Ainsi, le centre d’inertie a le même mouvement qu’un point matériel de masse m soumis à la
æ

force F ext .

Le théorème de la résultante cinétique signifie donc que le mouvement du centre d’inertie ne dépend
que de la connaissance des actions extérieures au système. Cependant il ne signifie pas que l’on
peut assimiler un système matériel à un point matériel (ici G affecté de la masse m) au sens ou la
résultante des forces extérieures peut ne pas dépendre exclusivement des coordonnées de G mais
d’autres variables liées à la structure interne du système. Pour s’en convaincre il suffit de faire
dévaler à un œuf une pente : suivant que l’œuf est cuit ou pas, on observera deux mouvements
différents 1 .
En revanche, si le système n’est pas trop grand par rapport aux corps avec lesquels il interagit
et suffisamment éloigné d’eux, alors la résultante des forces ne dépend que de la position (et
éventuellement de la vitesse) du centre d’inertie G. Par ailleurs, si le système est rigide et en
translation (éventuellement associée à une rotation uniforme), alors la dynamique du corps ne
dépend que des coordonnées du centre d’inertie. Dans ce cas, on peut assimiler le système à un
point matériel de masse, la masse totale et de position celle du centre d’inertie. Par exemple, le
mouvement orbital de la Terre peut être assimilé à celui d’une masse ponctuelle située en son
centre liée par gravitation avec les autres astres (notamment le soleil) de l’Univers. En effet, d’une
part les distances qui séparent les astres sont très grandes devant le diamètre terrestre (environ
13000 km) et d’autre part la Terre est une boule relativement rigide en rotation quasi-uniforme. Il
faut cependant avoir à l’esprit qu’il s’agit bien d’une idéalisation car si l’on y regarde d’un peu
plus près, notre planète est constituée de parties déformables (un noyau liquide, des océans et une
atmosphère) qui ont une influence sur la rotation propre de la Terre ainsi que sur son orbite. La
lune qui est l’astre le plus proche exerce une action légèrement différente sur les océans et sur le
centre de la Terre de sorte que cela modifie le mouvement relatif des différentes parties 2 .

Remarque : Le théorème du centre d’inertie possède N fois moins d’information que le principe
fondamental de la dynamique puisqu’il ne permet d’obtenir que le mouvement du centre d’inertie
(3 équations scalaires) contrairement au PFD qui donne accès au mouvement de tous les points
du système (3N équations).

2.2 Interactions fondamentales

2.2.1 Généralités

Les quatre interactions fondamentales

Dans l’état actuel de nos connaissances, l’étude de la matière depuis l’échelle subatomique jusqu’à
l’échelle cosmologique permet de postuler l’existence de seulement quatre interactions fondamentales
1. Dans cet exemple on peut montrer que la force de frottement solide dépend de la structure interne de l’œuf.
2. Dans un système planète-lune, les mouvements de marée dissipent progressivement l’énergie ce qui engendre
une circularisation des orbites ainsi qu’une synchronisation des rotations propres. Dans le cas de la Terre, la puissance
dissipée est de l’ordre de 4 TW ce qui produit une augmentation de la durée du jour d’environ 2 ms par siècle et
un éloignement de la Lune d’environ 4 cm par an. On voit donc, qu’à l’échelle de l’année ces phénomènes sont
totalement négligeables ([voir 17]).
CHAPITRE 2. POSTULATS DE LA DYNAMIQUE 25

permettant d’expliquer tous les phénomènes de la Nature. Ces interactions se caractérisent par des
intensités et des échelles d’action très différentes (cf. Tab. 2.1).
L’interaction gravitationnelle est l’interaction la plus faible dans la nature et paradoxalement la
première décrite. Cette interaction est responsable de la pesanteur, des forces de marée et des
phénomènes astro-physiques. Pendant plus de deux siècles, la description newtonienne a prédominé
jusqu’au début du XXe siècle où Albert Einstein interpréta la gravitation en termes géométriques,
comme une déformation de l’espace-temps, nouveau concept issu de la théorie de la relativité
restreinte inventée quelques années auparavant.
Du fait de l’électroneutralité de la matière macroscopique, l’interaction électromagnétique fut
correctement modélisée plus tardivement puisqu’il a fallu attendre le début du XIXe siècle et
les travaux de Coulomb, Biot, Savart, Laplace, Ampère etc. L’interaction électromagnétique est
à l’origine de la plupart des phénomènes de notre quotidien : électricité, magnétisme, forces de
contact, réactions chimiques, propagation de la lumière, transport de l’information, cohésion des
atomes...Les travaux de Faraday sur l’induction magnétique ont permis de faire un pas décisif vers
l’unification du magnétisme et de l’électricité. C’est James Clerc Maxwell qui, en 1864, réalise
cette unification en proposant une nouvelle théorie dite théorie électromagnétique dont l’une des
conséquences est l’existence d’ondes électromagnétiques. Il faudra attendre 1887, huit ans après la
mort de J.C. Maxwell, pour que Hertz confirme cette prédiction. Après le succès de la mécanique
quantique au début du XXe siècle, on a cherché à décrire l’interaction électromagnétique en terme
de champs quantiques. Cette entreprise, qui débuta par les travaux de Dirac (1928), aboutit à la
naissance de l’électro-dynamique quantique (Quantum ElectroDynamics - Feynman et al).
L’interaction forte, confinée à l’échelle subatomique, est à l’origine de la cohésion des noyaux
atomiques, de la fusion et de la fission nucléaire. C’est Hideki Yukawa qui élabore la première
théorie de l’interaction forte en 1935 mais il faudra attendre les années 70 pour qu’une théorie
plus fiable se fasse jour : La chromodynamique quantique, c’est son nom, décrit correctement
l’interaction forte à condition de postuler l’existence de nouvelles particules appelées quarks, qui,
depuis 1995, furent toutes découvertes.
L’interaction faible, malgré ses conséquences vitales pour l’espèce humaine 3 , opère sur des échelles
subnucléaires (10≠18 m) avec une intensité relativement faible. Elle est à l’origine de l’instabilité
du neutron et explique notamment la radio-activité beta.

Table 2.1 – Les quatre interactions fondamentales

Interactions Caractéristiques Théories


Gravitationnelle Attractive, de portée infinie. Notion de Mécanique classique ; Relativité Géné-
masse grave. f ƒ 10≠37 N rale.
Électromagnétique Attractive ou répulsive, de portée infinie. Électromagnétisme classique ; Électro-
Notion de charge électrique. f ƒ 10 N dynamique Quantique
Interaction forte Interaction de très courte portée entre Chromodynamique Quantique (QCD -
quarks. Notion de charge de couleur. f ƒ 1970)
103 N
Interaction faible Interaction de très courte portée. f ƒ Théorie Électrofaible (1961-1967)
10≠2 N
f représente la force ressentie par deux protons distants de 5 fermi (1 fermi = 10≠15 m)

Unification des théories

C’est Isaac Newton qui le premier unifia la mécanique céleste avec la mécanique terrestre en
postulant l’existence d’une interaction attractive entre tout corps matériel. Cette volonté de
3. Sans l’interaction faible, le Soleil ne pourrait pas briller...
CHAPITRE 2. POSTULATS DE LA DYNAMIQUE 26

simplifier se poursuivit avec les travaux de Maxwell qui procéda à la seconde unification de la
physique en inventant l’interaction électromagnétique. Depuis, la tentative d’unifier toutes les
interactions résiste aux physiciens. En effet, à l’heure actuelle, les quatre interactions fondamentales
sont décrites séparément mais trois d’entre elles (l’interaction faible, électromagnétique et forte)
le sont en terme de champs quantiques dans un même formalisme mathématique : le modèle
standard dont le succès s’est traduit récemment par la découverte du boson de Higgs en 2013 au
CERN de Genève. La gravitation quant à elle s’explique très bien dans le cadre de la théorie de la
Relativité Générale qui n’est pas une théorie quantique. De nombreux physiciens pensent que la
quantification de la gravitation est la clé qui ouvrira les portes à une Physique Unifiée. L’avenir
nous le dira...
1687 - Newton 1915 - Einstein
Gravitation

Coulomb
Électrostatique 1780
Maxwell Feynman et al
Physique
1864 1949 Unifiée ?
Biot et Savart
Magnétisme 1820
1961

Becquerel Fermi
Interaction Faible 1896 1934
1973

Yukawa
Interaction Forte 1935

2.2.2 La gravitation

La gravitation est une interaction attractive qui concerne toute la matière. Deux masses ponctuelles
s’attirent proportionnellement au produit de leur masse et à l’inverse du carré de la distance qui
≠æ
les sépare. Formellement, la force f12 qu’exerce une masse ponctuelle m1 sur la masse ponctuelle
m2 s’écrit
≠æ m1 m2 ≠≠æ
f12 = ≠G u12 ¸ (2.4)
r2
La dépendance en 1/r2 a été testée sur une échelle allant du mm jusqu’aux dimensions astronomiques.
Dans le Système International d’Unités, les masses, dites masses graves, s’expriment en kilogramme 4
et la constante de gravitation universelle vaut

G ƒ 6, 67.10≠11 kg≠1 m3 s≠2


4. Voir le principe d’équivalence au chapitre suivant.
CHAPITRE 2. POSTULATS DE LA DYNAMIQUE 27


u≠
æ ≠æ
(m1 ) 12 f12 (m2 )

La constante de gravitation universelle


En 1798, Henry Cavendish réussit le tour de force de « peser la Terre » à l’aide d’une balance de
torsion. Cavendish ne s’intéresse pas à la constante de gravitation mais son expérience revient à
la déterminer a . De nos jours, la mesure de G utilise toujours le principe de la balance de torsion
associé à quelques raffinements techniques. Pourtant la constante de gravitation reste la constante
fondamentale la moins bien connue. À l’heure actuelle on l’estime à

G = (6,67384 ± 0,000080).10≠11 m3 .kg≠1 .s≠2 [Source : 2010 CODATA]


a. P. Laugine. “La pesée de la Terre”. In : Pour la Science, n ¶ special 34 (2003).

Champ de gravitation

Lorsqu’on approche un point matériel M de masse m près d’un système matériel S ce dernier
exerce une force de gravitation qui dépend de la répartition de la matière au sein de S. Si l’on
décompose le système en un ensemble de N points matériels Pi de masse mi , et en supposant que
la force de gravitation obéit au principe de superposition 5 on pourra écrire que le système S exerce
sur M une force
ÿN
æ
≠ Gmi æ
F =m ≠ 2 ≠ ui = m æ ≠
g (M)
i=1
r i

où æ

g (M) désigne, par définition, le champ de gravitation au point M.
Une des propriétés étonnantes des interactions en 1/r2 est que lorsque la distribution de masse
présente une symétrie sphérique 6 , le champ de gravitation en M ne dépend que de la distance OM
et de la masse contenue dans la sphère de rayon OM.

À retenir
Le champ de gravitation produit par une répartition de masse à symétrie sphérique de centre O,
vaut :
æ
≠ Gm(r) ≠
g (r) = ≠ uæ
r2
r

où r est la distance OM, ≠uær le vecteur unitaire radial et m(r) la masse contenue dans la sphère
de rayon r.
Une conséquence immédiate est qu’une boule à symétrie sphérique de masse m et de rayon R
produit, à l’extérieur de la boule, un champ de gravitation identique à celui qu’exercerait une
masse ponctuelle de masse m située au centre de la boule :

æ
≠ Gm æ
g (r Ø R) = ≠ 2 ≠
ur
r

5. Le principe de superposition est une conséquence de la linéarité des équations qui régissent le champ de force.
≠æ ≠æ
Si un système S1 produit, seul, une force f1 sur un point matériel et un système S2 produit une force f2 , alors le
≠æ ≠ æ
principe de superposition stipule que les deux systèmes, agissant simultanément, produiront une force f1 + f2 . En
toute rigueur, les équations de la relativité générale n’étant pas linéaires, la gravitation ne respecte pas le principe
de superposition. Cependant, il s’agit d’une bonne approximation si les champs de gravitation sont faibles ce qui est
le cas pour tous les corps du système solaire.
6. Il existe alors un centre O d’où la répartition de la matière est identique quelque soit la direction dans laquelle
on regarde.
CHAPITRE 2. POSTULATS DE LA DYNAMIQUE 28

æ

Sur Terre, la force de pesanteur P , ou poids, à l’origine de la
chute des corps est essentiellement due à la force de gravitation •G
terrestre (cf. chapitre sur les référentiels non galiléens pour une
étude détaillée de la pesanteur terrestre) et l’on peut écrire
æ
≠ æ

P ƒ mæ ≠
g . Au voisinage du sol, æ ≠
g est uniforme et a pour g
intensité g ƒ 9, 8 N.kg . Tant que la dimension du corps reste
≠1
æ

faible devant le rayon terrestre, on montre que le poids s’applique P ƒ mæ ≠
g
au barycentre des masses et ne dépend que de la position du Sol terrestre
centre d’inertie. C’est pourquoi lorsque l’on étudie la chute des
corps on assimile ces derniers à des points matériels.

Exercice
Calculer le poids d’une roche de masse m = 1 kg située à la surface de la lune sachant que la
masse de la lune vaut m¸ = 7, 35.1022 kg et son rayon R¸ = 1737 km.
Rep : si l’on suppose la lune à symétrie sphérique, le poids de la roche vaut

Gmm¸ 6, 67.10≠11 ◊ 1 ◊ 7, 35.1022


P= = = 1, 62 N
R¸ 2 (1737.103 )2

2.2.3 L’interaction électromagnétique

L’interaction électromagnétique possède deux aspects : la force électrique et la force magnétique.


La force électrique entre deux particules électriquement chargées est soit attractive soit répulsive.
L’état électrique des particules est caractérisé par leur charge électrique q, scalaire positif ou négatif.
Deux charges ponctuelles de même signe subissent des forces répulsives opposées et coaxiales en
accord avec le principe des actions réciproques :
r

+ +
≠æ ≠
u≠
æ ≠æ
f21 (q1 ) 12 (q2 ) f12

Lorsque les deux charges électriques sont de signes opposés, les forces sont attractives :
+ -

u≠
æ ≠æ ≠æ
(q1 ) 12 f21 f12 (q2 )

En 1785, Charles-Augustin Coulomb met en évidence, à l’aide d’une balance de torsion qu’il a réalisé
lui-même, la loi qui porte désormais son nom : La force électrique - dite aussi force coulombienne -
entre deux charges ponctuelles immobiles dans le vide varie comme l’inverse du carré de la distance
qui les sépare et dépend de leur quantité de charge :
≠≠æ q1 q2 ≠æ
f1/2 = K 2 ≠ u12 ¸ (2.5)
r

Dans le Système International d’Unités, les charges s’expriment en coulomb (symbole : C) et la


constante K vaut
1
K= ƒ 9, 0.109 m.F≠1
4fiÁ0
où Á0 désigne la permittivité diélectrique du vide 7 .
7. La permittivité diélectrique du vide est, dans le Système International, définie à partir de deux constantes
fondamentales, la perméabilité magnétique du vide µ0 © 4fi.10≠7 H.m≠1 et la vitesse de la lumière dans le vide
c © 299 792 458 m.s≠1 . En effet on a µ0 ‘0 c2 = 1 de telle sorte que K est une constante fondamentale qui vaut
c2
K = 7 = 8 987 551 787 m.F≠1 .
10
CHAPITRE 2. POSTULATS DE LA DYNAMIQUE 29

Exercice
Dans l’atome d’hydrogène, comparer la force électrique que ressent l’électron de la part du proton
avec la force gravitationnelle. On donne
¶ charge élémentaire : e = 1, 6.10≠19 C ;
¶ masse de l’électron : me = 9, 1.10≠31 kg ;
¶ masse du proton : mp = 1, 66.10≠27 kg.
Rep : Le rapport de la force électrique sur la force gravitationnelle vaut

K e2 9, 0.109 ◊ (1, 6.10≠19 )2


= 2, 3.1039 ∫ 1
fe
= =
fg Gme mp 6, 67.10≠11 ◊ 9, 1.10≠31 ◊ 1, 66.10≠27

L’interaction gravitationnelle est complètement négligeable devant l’interaction électrostatique.

Champ électrique

Considérons une distribution de charges ponctuelles qi=(1..N ) placées en Pi et une charge test Q
placée en M. Cherchons à exprimer la force qu’exerce cet ensemble de charges sur la charge test.
D’après le principe de superposition 8 les forces qu’exercent chacune des charges qi sur la charge Q
ont pour résultante :
≠≠æ
qi ≠æ
N N
æ
≠ ÿ u ÿ qi Pi M æ

F =Q = = Q E (M)
i
Q
4fi‘0 ri2 4fi‘0 Pi M3
i=1 i=1
æ

où E (M) désigne le champ électrique créé en M par la distribution de charges. Notez que la force
électrique et la force de gravitation sont mathématiquement analogues : la masse et le champ de
gravitation sont à la force de gravitation ce que sont la charge et le champ électrique à la force
électrique.

Force magnétique

L’interaction magnétique est une interaction qui concerne les charges en mouvement. Par exemple
si l’on considère deux charges électriques q1 et q2 animées d’une vitesse ≠væ ≠
æ
1 et v2 , la force que
produit la charge q1 sur q2 s’écrit sous la forme
≠æ ≠æ ≠æ
f12 = q2 E1 + q2 ≠

2 · B1 ¸ (2.6)
≠æ
où B1 désigne, par définition, le champ magnétique produit par la charge q1 . Notez que la force
≠æ
magnétique q2 ≠
væ ≠æ
2 · B1 est toujours perpendiculaire à v2 et de ce fait viole le principe des actions
réciproques puisqu’elle n’est pas nécessairement portée par la droite qui joint les deux charges.
Les champs magnétiques sont produits à l’aide de courants électriques et/ou de matériaux aimantés
et se mesurent en tesla (symbole : T) dans le Système International d’Unités.

2.2.4 Les interactions nucléaires

L’interaction faible et forte ont la particularité d’être des interactions de très courte portée : elles
agissent sur une distance caractéristique de l’ordre du fermi (1 fermi = 1 femtomètre = 10≠15 m).
À cette échelle, la physique newtonienne n’opère plus et une description quantique est nécessaire.
C’est pourquoi nous n’envisagerons que les interactions électromagnétiques et gravitationnelles par
la suite.
8. Les équations qui régissent les effets électromagnétiques étant linéaires, les forces électromagnétiques obéissent
au principe de superposition.
CHAPITRE 2. POSTULATS DE LA DYNAMIQUE 30

2.3 Interactions phénoménologiques

Lorsque deux corps entrent en contact, dans un premier temps, ce sont les atomes en surface qui
interagissent via des interactions de courte portée de nature électromagnétique, lesquelles seront
responsables de l’apparition, à l’échelle macroscopique, de ce que l’on appelle les forces de contact.
Dans un deuxième temps, si ces actions de contact sont suffisamment importantes, elles peuvent
avoir un effet au sein même du solide et perturber la cohésion du corps ce qui provoque une
déformation macroscopique. Nous donnons ici quelques lois phénoménologiques 9 associées à ces
actions, sans chercher à les justifier par des modèles atomiques.

2.3.1 Contacts solide-solide



æ
Le contact entre deux solides fait apparaître deux forces : une force N normale au support et une
æ

force T tangentielle au support, dite force de frottement solide qui s’oppose au glissement.

æ
N

æ

g
æ

T

Figure 2.2 – Forces de contact solide-solide.

Amontons (1699) et Coulomb (1785) ont établi les lois du frottement solide que l’on peut résumer
ainsi.
1. En l’absence de frottement, T = 0.
2. En présence de frottement on distingue deux cas de figure :
(a) Il y a adhérence et donc absence de glissement tant que T < µs N où µs désigne le
coefficient de frottement statique.
(b) Lorsque la condition ci-dessus ne peut plus être respectée, il y a glissement avec
frottement. La force de frottement est opposée à la vitesse de glissement 10 et T = µd N
où µd désigne le coefficient de frottement dynamique. Les coefficients µs et µd sont assez
proches et en général on a µs > µd . Le Tableau 2.2 donne quelques valeurs de µs .
Table 2.2 – Quelques valeurs de coefficients de frottement

Interfaces acier/acier acier/téflon pneu/route bois/bois


µs 0,18 0,04 ≥ 0, 8 0,65

2.3.2 Contacts fluide-solide

Considérons un obstacle solide plongé dans un fluide de masse volumique µf . Nous distinguerons
deux cas suivant qu’il y a écoulement ou non autour du solide.
9. Loi de comportement qui permet de décrire, dans un certain domaine de validité, un phénomène. En général,
cette loi fait appel à des paramètres déterminés par l’expérience. Une loi phénoménologique n’est pas fondamentale.
10. La vitesse de glissement est la vitesse d’un point M du solide situé au voisinage de la surface de contact, par
rapport au support.
CHAPITRE 2. POSTULATS DE LA DYNAMIQUE 31

Le fluide est au repos

Lorsque le fluide est à l’équilibre dans le référentiel lié au solide, les seules forces à considérer

æ
sont des forces de pression. La poussée d’Archimède ⇧ désigne la résultante de ces forces dans
le cas courant où le fluide est à l’équilibre dans le champ de pesanteur. On retiendra l’énoncé
suivant.
Théorème d’Archimède (250 av.J.C.)
Tout corps immergé partiellement ou totalement dans un fluide subit de la part de celui-ci une
poussée verticale, dirigée vers le haut, appelée poussée d’Archimède, dont l’intensité est égale au
poids du fluide déplacé.
Le point d’application de cette force est le centre de poussée ; il est différent, en général, du centre
de gravité.

Le fluide est en mouvement

Supposons un solide plongé dans un fluide en écoulement permanent de vitesse æ ≠


v loin de l’obstacle.
L’écoulement autour de l’obstacle fait apparaître, en plus de la poussée d’Archimède, des forces de
friction, dite forces de viscosité dont la résultante se décompose en deux actions :

æ
¶ la traînée F de même sens que æ
t

v et donc opposée à la vitesse relative du solide par rapport
au fluide, est toujours présente dans un fluide visqueux ; Cette force est responsable de la
résistance au déplacement dans un fluide.
≠æ
¶ la portance Fp , perpendiculaire à la vitesse, est responsable du maintient en vol des avions
(quand elle est opposée au poids) ou du maintient au sol de certains véhicules de course (elle
est dans ce cas dirigée vers le sol).
æ

≠æ F
Fp
ligne d’écoulement
æ

v

æ
Ft

Pour des raisons de symétrie, la portance disparaît quand l’obstacle présente un axe de symétrie
de même direction que æ ≠
v . C’est pourquoi, un corps sphérique ne subit pas de portance, quelle que
soit la direction dans laquelle il se déplace 11 .
Une analyse dimensionnelle montre que ces forces peuvent s’exprimer ainsi :
1
Ft = µ S Cx v 2
2 f
1
Fp = µ S Cz v 2
2 f
où Cx et Cz désignent les coefficients de trainée et de portance, µf la masse volumique du fluide, v
la vitesse d’écoulement et S une section droite de l’obstacle. Les coefficients Cx et Cz sont sans
dimension et dépendent de façon complexe du régime d’écoulement. Pour simplifier, on retiendra
les deux cas limites suivants.
11. Une portance apparaît cependant lorsque l’obstacle sphérique est en rotation sur lui même : c’est l’effet
magnus.
CHAPITRE 2. POSTULATS DE LA DYNAMIQUE 32

¶ À grande vitesse 12 ces coefficients sont quasi-constants et les forces varient alors de façon
quadratique avec la vitesse. On donne ci-dessous quelques valeurs du Cx à grande vitesse
pour quelques obstacles.
Obstacle Sphère Plaque Voiture moyenne Obstacle profilé
Cx 0,41 1,2 0,35 . 0, 1
¶ À faible vitesse, les coefficients Cx et Cz varient comme l’inverse de la vitesse de sorte que
les forces de friction varient proportionnellement à la vitesse. Dans le cas particulier d’un
corps en mouvement lent suivant son axe de symétrie, la force de frottement fluide qu’il subit
s’écrit
Ft = –v avec – = Cte
Loi de Stokes
Stokes a montré que dans le cas d’un corps sphérique de rayon r, le coefficient – vaut 6fi ÷ r où ÷
désigne la viscosité du fluide. Cette loi n’est valide qu’à condition que le nombre de Reynolds
Re = 2µf v r/÷ soit petit devant 1. La physique des suspensions (particules solides mélangées à un
liquide) et des émulsions (gouttelettes liquides dispersées dans un autre liquide non miscible) est
régie par cette loi.

2.3.3 Tension

Lorsque l’on tire sur un fil extensible (élastique) ou un ressort celui-ci s’allonge, dans un premier
temps, proportionnellement à la force appliquée. On dit que le comportement est élastique. Ce
comportement est caractéristique de la matière solide et est réversible. En revanche, lorsque la force
dépasse une valeur seuil, le comportement n’est plus réversible ; on obtient alors un comportement
plastique qui prévient en général la rupture.

¸0 + x
¸0
æ

T

Figure 2.3 – Tension élastique

Considérons le cas du ressort : lorsque l’on étire légèrement un ressort d’une longueur ¸, il produit
sur l’agent qui le déforme une force, dite tension élastique, proportionnelle à ¸ dans une direction
opposée à l’étirement. De même si l’on comprime un peu le ressort d’une quantité ¸, ce dernier
produit une force identique mais dans la direction opposée. Formellement cela donne :

æ

T = ≠k(¸ ≠ ¸0 ) ≠

x ¸ (2.7)

avec ¸0 la longueur au repos, ¸ sa longueur et k la constante de raideur. La constante de raideur est


une donnée phénoménologique qui mesure la résistance à l’allongement et qui s’exprime en N.m≠1 .
Notez que pour un élastique, la tension n’existe que si le fil est tendu, c’est-à-dire si ¸ Ø ¸0 . Par
contre, un ressort peut être comprimé ou étiré de telle sorte que la loi 2.7 est valable quel que soit
le signe de l’allongement x = ¸ ≠ ¸0 .
12. En mécanique des fluides, le régime d’écoulement est caractérisé par le nombre de Reynolds. Ce nombre sans
dimension vaut Re = µf v d/÷ où d désigne une dimension caractéristique de l’obstacle et ÷ la viscosité du fluide. On
entend par “grande vitesse”, un régime d’écoulement à fort nombre de Reynolds (typiquement 105 ) et par “faible
vitesse” un régime à faible nombre de Reynolds (Æ 1).
CHAPITRE 2. POSTULATS DE LA DYNAMIQUE 33

æ

df
æ
≠ æ

T (s) T (s + ds)

æ

dP


æ

Ta

Interrogeons-nous maintenant sur la façon dont la tension est transmise le long d’un fil tendu.
æ

Supposons que l’on tende un fil en appliquant à son extrémité une force de tension T a , le fil étant
éventuellement en contact avec un surface (gorge d’une poulie par exemple). Isolons par la pensée
une portion de fil situé entre s et s + ds où s désigne l’abscisse curviligne le long du fil. Cette
portion de masse dm est soumise à quatre forces :
æ

¶ une force de cohésion T (s + ds) due à la partie se trouvant à droite du système ;
æ

¶ une force de cohésion T (s) exercée de l’autre coté ;
æ

¶ une force de contact d f ;
æ

¶ et la pesanteur d P = dm æ ≠
g.
Si l’on note æ

a (s) l’accélération au point de coordonnée s, le principe fondamental de la dynamique
impose
æ
≠ æ
≠ æ

dm æ≠a (s) = T (s) + T (s + ds) + d f + dm æ ≠
g
Ainsi cette relation associée aux lois sur le frottement et aux lois de l’élasticité permet d’étudier
la dynamique du fil. On peut retenir un résultat particulièrement simple concernant les fils sans
masse glissant sans frottement. En effet dans ce cas

T (s) = T (s + ds) =∆ T (s) = Cte

La tension est donc uniforme le long du fil. Par continuité on déduit que T = Ta .

À retenir
Un fil sans masse se déplaçant sans frottement, transmet intégralement la tension

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