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Guide PTME

Le document présente le Guide National pour l'Élimination de la Transmission Mère-Enfant du VIH, de la Syphilis et de l'Hépatite B au Sénégal, visant à standardiser les pratiques et améliorer la qualité des services depuis 2005. Il souligne les efforts déployés pour atteindre l'élimination de ces transmissions d'ici 2020, tout en proposant de nouvelles stratégies pour renforcer les interventions existantes. Le guide est le fruit d'une collaboration pluridisciplinaire et appelle à l'engagement de tous les acteurs concernés dans la mise en œuvre des recommandations.

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Guide PTME

Le document présente le Guide National pour l'Élimination de la Transmission Mère-Enfant du VIH, de la Syphilis et de l'Hépatite B au Sénégal, visant à standardiser les pratiques et améliorer la qualité des services depuis 2005. Il souligne les efforts déployés pour atteindre l'élimination de ces transmissions d'ici 2020, tout en proposant de nouvelles stratégies pour renforcer les interventions existantes. Le guide est le fruit d'une collaboration pluridisciplinaire et appelle à l'engagement de tous les acteurs concernés dans la mise en œuvre des recommandations.

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MINISTERE DE LA SANTE

ET DE L’ACTION SOCIALE

GUIDE NATIONAL POUR


L’ÉLIMINATION DE LA TRANSMISSION
MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS
ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
GUIDE NATIONAL POUR L’ÉLIMINATION
DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT
DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE
L’HEPATITE B AU SENEGAL
PREFACE
Le programme de prévention de la transmission mère-enfant jusqu’au diagnostic définitif de leurs enfants. L’implication des
(PTME) du VIH est passé à l’échelle depuis 2005. Afin de bénéficiaires et des hommes peut être d’un apport considérable
standardiser les pratiques et garantir la qualité des services, un pour l’appropriation de la PTME par la communauté.
document de politique nationale, des documents de formation
Ce document est le résultat d’un travail d’une équipe
et des outils de gestion ont été élaborés pour le renforcement
pluridisciplinaire composé de spécialistes, gynécologues,
des capacités au niveau périphérique. Malgré les avancées
pédiatres, nutritionnistes, infectiologues, experts en santé
considérables notées dans la mise en œuvre du programme
publique, acteurs de la société civile, du secteur privé, de
avec le passage à l’échelle en 2005, le Conseil Dépistage à
partenaires au développement. Nous tenons à remercier les
l’Initiative du Prestataire (CDIP), la délégation de tâches en
membres du groupe de travail « PTME » coordonnée par la
2007, l’adoption de l’Option B+ depuis 2013, les indicateurs clés
Division SIDA/IST du Ministère de la Santé et de l’Action sociale
pouvant concourir à certifier l’eTME qui consiste en une triple
appuyée par le Secrétariat Exécutif du Conseil National de Lutte
élimination du VIH, de la Syphilis et de l’Hépatite B sont encore
contre le SIDA, la Division de la Santé de la Mère et du Nouveau-
loin d’être atteints.
né, les partenaires au développement, en particulier l’OMS, pour
Le Sénégal s’est engagé à éliminer la TME du VIH en 2020. leur contribution à l’élaboration du document.
Ainsi, un plan de rattrapage de l’eTME sur la période 2018- 5
J’invite tous les partenaires et acteurs intervenant dans la
2020 a été élaboré pour contribuer à la réalisation des objectifs
Prévention de la Transmission de la Mère à l‘Enfant au Sénégal à
du Plan Stratégique National (PSN) de Lutte contre le SIDA et
faire de ce document une référence pour toute intervention dans
du Programme National de Développement Sanitaire et Social
ce domaine.
(PNDSS).
Il s’agit dans ce document de consolider les stratégies adoptées
depuis 2010 en matière de PTME et de proposer de nouvelles
interventions pour accélérer le processus d’élimination du VIH,
de la Syphilis et de l’Hépatite B. Il faut mettre en œuvre de façon
effective, la délégation de tâches avec l’offre du paquet complet
de soins à tous les niveaux, améliorer l’accès à la charge
virale et le diagnostic précoce avec la décentralisation des
« Point of Care » et utiliser les TIC pour une meilleure gestion du
programme PTME depuis le dépistage des femmes enceintes

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
LISTE DES PARTICIPANTS

Pr Cheikh Tidiane NDOUR Dr Karim DIOP


Pr Coumba Touré KANE Dr Alassane Moussa NIANG
Pr Ndéye Ramatoulaye DIAGNE GUEYE Dr Khadidia FALL TRAORE
Pr Halimatou DIOP NDIAYE Dr Aminata THIAM
Dr Aminata DIACK Dr Fatou FALL DIOP
Dr Françoise BIGIRIMANA Abdoulaye KA
Dr Ndella DIAKHATE Mme Ndéye Marame DIONE
Dr Mohamed COULIBALY Mme Ndèye Ngoné HAVE
6
Dr Ndèye Fatou NGOM Ndéné SYLLA
Dr Kiné NDIAYE Ibrahima GAYE
Dr Khoudia SOW Diakhou MBAYE BA
Dr Selly BA Ibrahima Arafa NDOYE
Dr Ndéye Bineta COULIBALY Awa FALL

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
Dr Karim DIOP
Dr Alassane Moussa NIANG
Dr Khadidia FALL TRAORE
Dr Aminata THIAM
Dr Fatou FALL DIOP
Abdoulaye KA
Mme Ndéye Marame DIONE
Mme Ndèye Ngoné HAVE
7
Ndéné SYLLA
Ibrahima GAYE
Diakhou MBAYE BA
Ibrahima Arafat NDOYE
Awa FALL

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
LISTE DES ABREVIATIONS ET ACRONYMES

ACS : Agents communautaires de santé CPN : Consultation prénatale


AgHbS : Antigène HbS CV : Charge virale
AME : Allaitement maternel exclusif DBS : « Dried blood spot »
AMP : Allaitement maternel protégé DHIS2
ATV/ r : Atazanavir/ ritonavir DLSI : Division de lutte contre le SIDA
AZT : Zidovudine DSME : Direction de la santé de la mère et de l’enfant
CDIP : Conseil dépistage à l’initiative du prestataire EDS : Enquête démographique de santé EFV :
CCC :C
 ommunication pour un changement de Efavirenz
8 comportement eTME : Elimination de la transmission mère-enfant
CDV : Centre de dépistage volontaire FAR : Femmes en âge de reproduction
CHU : Centre hospitalier universitaire FTC : Emtracitabine
CHN : Centre hospitalier national IEC : Information éducation et communication
CHR : Centre hospitalier régional IPM : « Informed Push Model »
CNLS : Comité national de lutte contre le SIDA ISAARV : Initiative sénégalaise d’accès aux
CS : Centre de santé antirétroviraux

CD4 : Lymphocyte T porteurs de récepteur CD4 IST : Infections sexuellement transmissibles

CDVA : Centre de dépistage volontaire gratuit et LPV/ r : Lopinavir/ ritonavir


anonyme MCD : Médecin chef de district

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
MCR : Médecin chef de région PTME : Prévention de la transmission mère-enfant
MEO : Mise en œuvre PSN : Plan stratégique national
MILDA : Moustiquaire imprégnée à longue durée RDV : Rendez-vous
d’action
SIDA : Syndrome d’immunodéficience acquise
NVP : Névirapine
TARV : Traitement antirétroviral
OMS : Organisation Mondiale de la santé
TATARSEN : « Test treat and retend » au Sénégal
ONUSIDA : Programme commun des Nations Unies sur
le VIH/Sida TDF : Ténofovir
PEC : Prise en charge TDR : Test de diagnostic rapide
9
PEV : Programme élargi de vaccination TIC : Technologie de l’information et de la
PCR : « Polymerase chain reaction » communication
PNDS : Plan national de développement sanitaire 3TC : Epivir
POC : « Point of care » PNP : Pratiques normes et protocoles
PNA : Pharmacie nationale d’approvisionnement TMP : Trimétoprime
PNP : Pratiques normes et protocoles SMX : Sulfametaxozale
PRA : Pharmacie régionale d’approvisionnement VHB : Virus de l’hépatite B
PS : Poste de santé VIH : Virus de l’immunodéficience humaine
PNLH :P
 rogramme national de lutte contre les ABC : Abacavir
hépatites

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
LISTE DES FIGURES
Figure 1 : pyramide sanitaire du Sénégal
Figure 2 : répartition de la prévalence du VIH selon les régions
Figure 3 : répartition de la prévalence du VIH chez la femme enceinte en fonction des régions
Figure 4 : évolution de la TME du VIH au Sénégal
Figure 5 : évolution des stratégies du programme PTME
Figure 6 : algorithme dépistage VIH et Syphilis femme enceinte
Figure 7 : schémas thérapeutiques chez la femme enceinte
Figure 8 : schémas thérapeutiques utilisés en prophylaxie chez le nouveau-né de mère infectée par le VIH
Figure 9 : algorithme de diagnostic précoce d’un enfant né de mère séropositive
10
Figure 10 : organisation du continuum des soins dans le cadre de l’eTME
Figure 11 : circuit commande en intrants de la PTME selon le niveau de prestation
Figure 12 : circuit d’acheminement des prélèvements
Figure 13 : circuit de rendu des résultats
Figure 14 : Utilisation de la seringue pour les mamelons ombiliqués
Figure 15 : Echantillons de DBS valides et invalides
Figure 16 : Plan de distribution des produits à partir de la PNA
Figure 17 : Circuit distribution des produits à partir de la PNA
Figure 18 : Circuit commande des produits à partir de la PNA

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
LISTE DES TABLEAUX
Tableau I : forces, faiblesses, opportunités et menaces
Tableau II : posologie Cotrimoxazole en fonction de l’âge
Tableau III : prise en charge de la femme avec tuberculose active et de son enfant
Tableau IV : prise en charge de la femme après l’accouchement et de son enfant
Tableau V : autres situations partciulières
Tableau VI : récapitulatif du suivi de l’enfant né de mère séropositive pour le VIH
Tableau VII : TARV de l’enfant né de mère séropositive pour le VIH et infecté
Tableau VIII : paquet minimum d’activités selon le niveau de prestation
Tableau IX : prise pondérale au cours de la grossesse
11

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
TABLE DES MATIERES

PREFACE ........................................................................................................................................................ 5
RESUME EXECUTIF....................................................................................................................................... 20
1. CONTEXTE ET JUSTIFICATIFS............................................................................................................... 22
1.1. CADRE INSTITUTIONNEL.................................................................................................................. 23
1.1.1. ORGANISATION DES SOINS AU SENEGAL............................................................................... 23
1.1.1.1. LE NIVEAU CENTRAL.............................................................................................................. 23
1.1.1.2. LE NIVEAU INTERMEDIAIRE.................................................................................................... 23
1.1.1.3. LE NIVEAU PERIPHERIQUE..................................................................................................... 23
12
1.1.2. S
 TRUCTURES ORGANIQUES DU PROGRAMME MULTISECTORIEL DE LUTTE
CONTRE LE SIDA............................................................................................................................ 24
1.1.2.1. AU NIVEAU NATIONAL............................................................................................................ 24
1.1.2.2. AU NIVEAU REGIONAL............................................................................................................ 25
1.2. EPIDEMIOLOGIE DE L’INFECTION A VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE............................ 26
1.2.1. EPIDEMIOLOGIE DE L’INFECTION A VIH................................................................................... 26
1.2.2. EPIDEMIOLOGIE DE LA SYPHILIS............................................................................................. 27

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
1.2.3. EPIDEMIOLOGIE DE L’HEPATITE B.......................................................................................... .27
1.3. S
 ITUATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH,
DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B.............................................................................................. 28
1.3.1. TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH................................................................................... 28
1.3.2. TRANSMISSION MERE-ENFANT DE LA SYPHILIS.................................................................... 29
1.3.3. TRANSMISSION MERE-ENFANT DE L’HEPATITE B.................................................................. 30
1.4. H
 ISTORIQUE DES POLITIQUES EN MATIERE DE PREVENTION
DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH AU SENEGAL........................................................ 30
1.5. E
 TAT DES LIEUX DU PROGRAMME DE PREVENTION DE
LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH AU SENEGAL............................................................. .32 13
2. STRATEGIES NATIONALES POUR L’eTME DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B........... 36
2.1. P
 REVENTION PRIMAIRE DE L’INFECTION A VIH, DE LA SYPHILIS ET
DE L’HEPATITE B CHEZ LES FEMMES EN AGE DE PROCREER AINSI
QUE LEURS PARTENAIRES............................................................................................................... 36
2.1.1. INFORMATION LA PLUS LARGE POSSIBLE DE LA COMMUNAUTE
SUR LA PREVENTION DE L’INFECTION A VIH,
DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B...................................................................................... 36
2.1.2. C
 ONSEIL DEPISTAGE À L’INITIATIVE DU PRESTATAIRE (CDIP)
AUX FEMMES EN AGE DE PROCREER ET A LEURS PARTENAIRES....................................... 37

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
2.2.PREVENTION DES GROSSESSES NON DESIREES CHEZ LES FEMMES
SEROPOSITIVES POUR LE VIH, POUR LA SYPHILIS OU L’HEPATITE B.............................................. 37
2.3. P
 REVENTION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH,
DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B DE LA FEMME INFECTEE A SON BEBE.................................. 38
2.3.1. PREVENTION DE LA TRANSMISSION MERE ENFANT DU VIH................................................. 38
2.3.1.1. C
 ONSEIL DEPISTAGE DU VIH A L’INITIATIVE
DU PRESTATAIRE AU PREMIER CONTACT PENDANT LA GROSSESSE ............................. 38
2.3.1.2.PRISE EN CHARGE DE LA DEPISTEE POSITIVE POUR LE VIH PENDANT
LA GROSSESSE, LE TRAVAIL OU DANS LE POST-PARTUM................................................. 41
2.3.1.3.SUIVI DE LA FEMME DEPISTEE POSITIVE POUR LE VIH PENDANT
14 LA GROSSESSE, LE TRAVAIL OU DANS LE POST-PARTUM................................................. 43
2.3.1.4. LA PRISE EN CHARGE DU NOUVEAU-NE ET DU NOURRISSON.......................................... 45
2.3.1.5. LE GENOTYPAGE.................................................................................................................... 55
2.3.2. PREVENTION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DE LA SYPHILIS................................. 55
2.3.2.1. CONDUITE A TENIR DEVANT UN TEST NEGATIF.................................................................. 55
2.3.2.2. CONDUITE A TENIR DEVANT UN TEST POSITIF.................................................................... 55
2.3.3. PREVENTION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DE L’HEPATITE B............................... 57
2.3.3.1. PRISE EN CHARGE DE LA MERE............................................................................................ 57

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
2.3.3.2. PRISE EN CHARGE DU NOUVEAU-NE................................................................................... 57
2.4.OFFRE D’UN TRAITEMENT, DE SOINS ET SOUTIEN APPROPRIES AUX
MERES SEROPOSITIVES POUR LE VIH, POUR LA SYPHILIS OU L’HEPATITE B............................ 58
2.4.1. TAR CHEZ L’ENFANT INFECTE PAR LE VIH............................................................................ ..58
2.4.2. DEPISTAGE ET PRISE EN CHARGE DE LA FRATRIE................................................................ 59
2.4.3. DEPISTAGE ET PRISE EN CHARGE DU CONJOINT................................................................. .59
3. DIRECTIVES EN MATIERE D’ORGANISATION DES SERVICES DE SANTE MATERNELLE,
NEONATALE ET INFANTILE DANS LE CADRE DE LA PTME............................................................... 60
3.1. ORGANISATION DES SOINS............................................................................................................. 60
3.2. CONTINUN DES SOINS DANS LE CADRE DE L’e TME.................................................................... 62 15

3.2.1. INTEGRATION DES SERVICES DE SANTE MERE-ENFANT...................................................... 62


3.2.2. ACCOMPAGNEMENT DE LA FEMME........................................................................................ 62
3.3. CIRCUIT D’APPROVISIONNEMENT EN INTRANTS.......................................................................... 64
3.3.1. DEFINITION DU CONCEPT « Yeksina »...................................................................................... 64
3.3.2. FONCIONNEMENT DU « Yeksina »............................................................................................ 64
3.3.3. CIRCUIT DE COMMANDE EN INTRANTS DE LA PTME............................................................. 65
3.4. APPORT DU LABORATOIRE DANS LE CADRE DE L’eTME VIH, SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B.. 65

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
3.4.1. DEPISTAGE ET SUIVI VIROLOGIQUE....................................................................................... .65
3.4.2. CIRCUIT D’ACHEMINEMENT DES PRELEVEMENTS................................................................ 66
3.4.3. CIRCUIT DE RENDU DES RESULTATS...................................................................................... 67
4. STRATEGIES A HAUT IMPACT POUR LA PROMOTION DE
L’UTILISATIONS DES SERVICES PTME................................................................................................. 68
4.1. DELEGATION DE TACHES................................................................................................................. 68
4.1.1. DELEGATION DE TACHES AUX PARAMEDICAUX.................................................................... 68
4.1.1.1. SAGE-FEMMES........................................................................................................................ 68
4.1.1.2. INFIRMIERS.............................................................................................................................. 70

16 4.1.1.3. AUTRES PARAMEDICAUX....................................................................................................... 70


4.1.2. D
 ELEGATION DE TACHES AUX TRAVAILLEURS SOCIAUX ET
AGENTS COMMUNAUTAIRES DE SANTE................................................................................. 70
4.1.2.1. TRAVAILLEURS SOCIAUX....................................................................................................... 70
4.1.2.2. MATRONES.............................................................................................................................. 71
4.1.2. 3. « BADJENOU GOX »............................................................................................................... 71
4.1.2.4. MEDIATEURS ET AUTRES ACS.............................................................................................. 71
4.2.« MENTORING » ET « CHAMPIONS PTME »...................................................................................... 71
4.2.1.« MENTORING » PAR LES BENEFICIAIRES DU PROGRAMME................................................. 71

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
4.2.1.1.AU MOMENT DU DIAGNOSTIC................................................................................................ 72
4.2.1.2.PENDANT LA GROSSESSE...................................................................................................... 72
4.2.1.3.A L’ACCOUCHEMENT.............................................................................................................. 72
4.2.1.4.PENDANT LA PERIODE POST-NATALE................................................................................... 72
4.2.2. « C
 HAMPIONS DE MOBILISATION COMMUNAUTAIRE »
DU PROGRAMME PTME POUR LES CONJOINTS................................................................. 72
4.3.UTILISATION DES TECHNOLOGIES DE COMMUNICATION............................................................. 73
4.4.GENRE ET DROITS HUMAINS............................................................................................................ 74
5. STRATEGIES D’INTEGRATION PROGRAMME PTME AVEC LES AUTRES PROGRAMMES............. 75
5.1. DIRECTION DE LA SURVIE DE LA MERE ET DE L’ENFANT............................................................. 75 17
5.1.1. P
 REVENTION DE L’INFECTION A VIH CHEZ LES FEMMES JEUNES
EN AGE DE PROCREER AINSI QUE LEURS PARTENAIRES..................................................... 75
5.1.2. PREVENTION DES GROSSESSES NON DESIREES CHEZ LA FEMME SEROPOSITIVE.......... 75
5.1.3. SUIVI GROSSESSE, ACCOUCHEMENT ET PERIODE POST NATALE...................................... 75
5.1.4. SUPERVISIONS CONJOINTES................................................................................................... 76
5.2. PROGRAMME DE SURVEILLANCE DES HEPATITES....................................................................... 76
5.2.1. DEPISTAGE PENDANT LA GROSSESSE................................................................................... 76
5.2.2. VACCINATION A LA NAISSANCE.............................................................................................. .76

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
5.2.3. SUIVI DU CALENDRIER VACCINAL............................................................................................ 77
6. SUIVI/ EVALUATION DU PROGRAMME PTME..................................................................................... 77
6.1. SUIVI................................................................................................................................................... 77
6.1.1. INDICATEURS DE PROCESSUS DU PROGRAMME................................................................. .77
6.1.1.1. POUR LE VIH........................................................................................................................... .77
6.1.1.2. POUR LA SYPHILIS................................................................................................................. 79
6.1.1.3. POUR L’HEPATITE B............................................................................................................... 79
6.1.2. RECUEIL/ COLLECTE DES DONNÉES....................................................................................... 79
6.1.3. RAPPORT MENSUEL AU NIVEAU DES SITES.......................................................................... .79
18
6.1.4. RAPPORT TRIMESTRIEL AU NIVEAU NATIONAL...................................................................... 80
6.1.5. LOGICIEL DHIS2......................................................................................................................... 80
6.1.6. SUPERVISION............................................................................................................................. 80
6.2. EVALUATION...................................................................................................................................... 80
6.2.1. CIBLES DU PROGRAMME......................................................................................................... 80
6.2.2. INDICATEURS D’EFFET DU PROGRAMME VIH ET AUTRES IST ET L’HEPATITE B................. 81
6.2.3. INDICATEURS POUR LE VIH...................................................................................................... 81

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
6.2.4. INDICATEURS POUR LA SYPHILIS............................................................................................ 81
6.2.5. INDICATEURS POUR L’HEPATITE B.......................................................................................... 81
7. RENFORCEMENT DE CAPACITES ........................................................................................................ 83
8. RECHERCHE OPERATIONNELLE........................................................................................................... 84
REFERENCES................................................................................................................................................ 85
ANNEXES ...................................................................................................................................................... 88

19

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
RESUME EXECUTIF

Au Sénégal, l’épidémiologie de l’infection à VIH est de type Malgré les avancées considérables notées dans la
concentré avec une prévalence basse dans la population mise en œuvre du programme PTME avec le passage
générale de 0,5% en 2016 (Spectrum ONUSIDA, 2017). à l’échelle en 2005, le Conseil Dépistage à l’Initiative
Cependant, on note une disparité avec une prévalence du Prestataire (CDIP) et la délégation de tâches
qui est plus élevée dans certaines régions du Sud. Les initiés en 2007, l’adoption de l’Option B+ suite aux
femmes présentent une plus grande vulnérabilité face recommandations de l’OMS en 2013, les indicateurs clés
au VIH au Sénégal. En effet, la prévalence est de 0,5 pouvant concourir à certifier l’eTME qui consiste en une
chez les hommes et 0,8% chez les femmes. L’analyse triple élimination du VIH, de la Syphilis et de l’Hépatite B
de la dynamique de l’épidémie en 2017, montre que le sont encore loin d’être atteints. L’analyse situationnelle
mode de contamination demeure la voie sexuelle pour réalisée en 2017 a permis de noter des faiblesses au
20 les adultes et la transmission verticale pour les enfants. niveau de l’effectivité de la délégation de tâches, du
dépistage, de la disponibilité des intrants et au niveau
Concernant la Syphilis chez les femmes enceintes, la
de la rétention du couple mère-enfant dans les soins. Le
prévalence est passée de 1,9% en 2009 à 1,5% en 2015.
taux de transmission de 3,19% retrouvé dans ce travail,
Les régions du Nord comme Saint-Louis et Matam,
est largement inférieur au taux réel si l’on tient compte
affichent des chiffres beaucoup plus élevés 20,6%
du nombre de grossesses attendues.
versus 17,7%.
La politique actuelle du Sénégal vise l’eTME d’ici 2020
En ce qui concerne l’Hépatite virale B, des études récentes
et repose sur 4 piliers :
ont permis d’en évaluer le fardeau. La prévalence qui est
passée de 17 à 9% entre 1998 et 2015, fait du Sénégal •
Pilier I : prévention primaire de l’infection à VIH
une zone de forte endémicité pour l’Hépatite virale B. chez les femmes en âge de procréer ainsi que leurs
partenaires ;

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
• Pilier II : prévention des grossesses non désirées En effet, en plus de l’optimisation du « test and treat »
chez les femmes séropositives à l’infection au VIH ; avec la proposition systématique du dépistage (avec
• Pilier III : prévention de la transmission du VIH des l’utilisation du test duo VIH/ Syphilis) et la mise sous
femmes infectées à leurs bébés ; traitement ARV des femmes enceintes séropositives,
ce document propose des stratégies innovantes pour
•
Pilier IV : offre d’un traitement, des soins et un mettre en œuvre de façon effective la délégation de
soutien approprié aux mères séropositives, leurs tâches, impliquant les prestataires en particulier les
enfants et la famille. sage-femmes, la communauté particulièrement les
Pour la triple élimination de la transmission mère-enfant bénéficiaires du programme et les conjoints.
du VIH, de la Syphilis et de l’Hépatite B, il faut une De plus, l’utilisation des nouvelles technologies de
approche globale avec de nombreuses interventions à 21
communication proposée ici, devrait permettre une
tous les niveaux de la pyramide sanitaire et par plusieurs meilleure gestion du couple mère-enfant, depuis le
prestataires. L’organisation des soins dans le cadre de dépistage jusqu’au diagnostic définitif de l’enfant.
l’eTME va au-delà du schéma classique des programmes
de santé. Il s’agit ici d’impliquer en plus du secteur Cette vision du programme couplée à la mise en œuvre
santé, toutes les autres structures et organisations qui du plan d’accélération de l’eTME pour la période 2018-
pourraient aider à la disponibilité et à l’amélioration de 2020 devrait permettre au Sénégal, d’atteindre les
l’offre de soins. La communauté est particulièrement objectifs de la triple élimination du VIH, de la Syphilis et
interpellée dans toutes les stratégies mises en place l’Hépatite B à l’horizon 2030.
pour dérouler ce programme.

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
1. CONTEXTE ET JUSTIFICATIFS

Le programme de prévention de la transmission mère- proposer de nouvelles interventions pour accélérer le


enfant (PTME) du VIH est passé à l’échelle depuis 2005. processus d’élimination du VIH, de la Syphilis et de
Afin de standardiser les pratiques et garantir la qualité l’Hépatite B. Il faut mettre en œuvre de façon effective,
des services, un document de politique nationale, des la délégation de tâches avec l’offre du paquet complet
documents de formation et des outils de gestion ont été de soins à tous les niveaux, améliorer l’accès à la charge
élaborés pour le renforcement des capacités au niveau virale et le diagnostic précoce avec la décentralisation
périphérique. Malgré les avancées considérables notées des « Point of Care » et utiliser les TIC pour une meilleure
dans la mise en œuvre du programme avec le passage gestion du programme PTME depuis le dépistage des
à l’échelle en 2005, le Conseil Dépistage à l’Initiative femmes enceintes jusqu’au diagnostic définitif de leurs
du Prestataire (CDIP), la délégation de tâches en 2007, enfants. L’implication des bénéficiaires et des hommes,
22 l’adoption de l’Option B+ depuis 2013, les indicateurs peut-être d’un apport considérable pour l’appropriation
clés pouvant concourir à certifier l’eTME qui consiste de la PTME par la communauté.
en une triple élimination du VIH, de la Syphilis et de
l’Hépatite B sont encore loin d’être atteints.
Le Sénégal s’est engagé à éliminer la TME du VIH en
2020. Ainsi, un plan de rattrapage de l’eTME sur la
période 2018-2020 a été élaboré pour contribuer à la
réalisation des objectifs du Plan Stratégique National
(PSN) de Lutte contre le SIDA et du Programme National
de Développement Sanitaire (PNDS) [1].
Il s’agit dans ce document, de consolider les stratégies
adoptées depuis 2010 en matière de PTME et de

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
1.1. CADRE INSTITUTIONNEL
1.1.1. ORGANISATION DES SOINS AU SENEGAL
Le système de santé se présente sous la forme d’une pyramide à trois niveaux (fig1) :
1.1.1.1. Le niveau central (niveau national)
Il comprend le cabinet du ministre, les directions et services de santé chargés entre autre d’élaborer les politiques de
santé et de mobiliser et fournir les ressources nécessaires pour atteindre les objectifs sanitaires.
1.1.1.2. Le niveau intermédiaire (niveau régional)
Il correspond à la région médicale, est chargé de mettre en action les politiques et stratégies de santé
1.1.1.3. Le niveau périphérique (niveau district)
C’est le niveau opérationnel. Il constitue la base de la pyramide et correspond au district sanitaire.

Structures d’approvisionnement 23

Niveau national PNA

CHU / CHN

Niveau région CHR PRA

Centre de santé Dépôt de district


Niveau district
Postes de santé
Dépôt CS et PS
Cases de santé / Maternités rurales

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
1.1.2. S
 TRUCTURES ORGANIQUES DU LE SECRETARIAT EXECUTIF
PROGRAMME MULTISECTORIEL DE Le secrétariat exécutif est l’organe exécutif du CNLS.
LUTTE CONTRE LE SIDA Conformément aux orientations du CNLS, il est chargé
1.1.2.1. AU NIVEAU NATIONAL de suivre et de coordonner la stratégie nationale de lutte
LE CNLS contre le SIDA, déclinée successivement à travers les
plans stratégiques.
Il a été créé par décret n°2005- 550 et placé sous la
présidence du premier ministre. C’est l’instance de LA DLSI/ DSME
décision politique de la lutte contre le SIDA. Il est  a DLSI en collaboration avec la DSME a pour mission
L
représenté au niveau régional par le comité régional de de :
lutte contre le SIDA sous la présidence du gouverneur. Elaborer la politique nationale de l’eTME ;
Le CNLS a pour mission de :
 eiller au respect des normes et protocoles définis
V
Mobiliser les ressources financières, humaines, dans le cadre de la politique nationale, leur mise en
24 matérielles pour la mise en œuvre des activités définies ; œuvre sur le territoire national, leur suivi-évaluation ;
 ssurer le plaidoyer des activités sur la PTME et
A  ssurer la coordination et la gestion des activités sous
A
veiller à leur intégration dans les activités régionales et la supervision du point focal PTME de la DLSI ;
départementales de lutte contre le Sida ;
 laborer un programme de formation et appuyer le
E
 eiller à l’implication de tous les secteurs concernés
V renforcement des capacités des intervenants dans le
par la PTME et à la mise en cohérence de leurs cadre de la PTME ;
interventions (société civile, secteur privé, secteurs
ministériels…).  a DSME a pour mission dans le cadre de l’intégration
L
des activités SR et VIH notamment dans la PTME
de renforcer les compétences des prestataires des
services de SR avec la DLSI.

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
 e Comité national de pilotage de la PTME au niveau
L LES ENTITES DE MISE EN ŒUVRE
de la DLSI supervise les activités de la PTME. Il est Du fait de la mise en œuvre multisectorielle et
composé des délégués de différents secteurs qui pluridisciplinaire de la riposte au VIH, la mise en œuvre du
interviennent dans le programme de lutte contre le programme est assurée par les acteurs communautaires
VIH/ SIDA et les autres IST. et tous les secteurs offrant des services et/ ou ciblant les
PNLH populations vulnérables à l’infection à VIH.
La lutte contre les hépatites virales au Sénégal est pilotée 1.1.2.2. AU NIVEAU REGIONAL
par le Programme National de Lutte contre les Hépatites LE COMITE TECHNIQUE RESTREINT
(PNLH) qui a pour mission d’élaborer en partenariat avec
les acteurs, le plan national de lutte contre les hépatites et Il est responsable de la préparation et la finalisation des
d’en assurer une bonne mise en œuvre. Le PNLH assure activités techniques d’appui à la mise en œuvre des
la coordination et le suivi- évaluation des interventions et activités de prévention et PEC de l’infection à VIH et des
activités de lutte contre les hépatites. IST.
25

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
1.2. EPIDEMIOLOGIE DE L’INFECTION A VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B
1.2.1. E
 PIDEMIOLOGIE DE L’INFECTION A VIH AU SENEGAL
Au Sénégal, l’épidémiologie est de type concentré avec une prévalence basse dans la population générale de 0,5%
en 2016 (2). Cependant, on note une disparité avec une prévalence qui est plus élevée dans certaines régions (fig 2)
[3].

26

Source : EDS 2017


Figure 2 : répartition de la prévalence du VIH selon les régions

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
Les femmes présentent une plus grande vulnérabilité la maladie à leur enfant. Cette infection de la mère
face au VIH, au Sénégal. En effet la prévalence est de peut être responsable d’avortement, de mort fœtale,
0,5 chez les hommes et 0,8% chez les femmes. Chez les d’accouchement prématuré, de retard de croissance
jeunes âgés de 15 à 24 ans, les filles sont trois fois plus ou de syphilis congénitale [4]. Le nombre d’issues
infectées que les hommes, 0,3% versus 0,1%. défavorables de la grossesse du fait d’une syphilis
maternelle non traitée est de 350 000 chaque année (5).
L’analyse de la dynamique de l’épidémie, au Sénégal, a
montré que le mode de contamination demeure la voie Au Sénégal en 2016 [6], 138 074 cas d’IST ont été notifiés
sexuelle, pour les adultes et la transmission verticale au Sénégal dont 129 096 (93,5%) chez les femmes.
pour les enfants. Le test pour la Syphilis était positif pour 4,5% de ces
femmes présentant une IST.
Selon l’ONUSIDA en 2017 [2], 36,8% des nouvelles
infections surviennent dans la tranche d’âge 0- 4 ans. Chez les femmes enceintes, la prévalence de la syphilis
Ceci témoigne de l’importance de la transmission est passée de 1,9% en 2009 à 1,5% en 2015 [7]. Les
verticale du VIH et de la nécessité d’intensifier les régions du Nord comme Saint-Louis et Matam, affichent
stratégies de prévention. des chiffres beaucoup plus élevés 20,6% et 17,7% 27
respectivement [6].
1.2.2. EPIDEMIOLOGIE DE LA SYPHILIS
1.2.3. EPIDEMIOLOGIE DE L’HEPATITE B
En 2012, l’OMS estimait à 5,6 millions le nombre de
personnes nouvellement atteintes par cette maladie En 2015, plus de 60 millions de personnes en Afrique
bactérienne dans la tranche d’âge de 15 à 49 ans. présentent une infection chronique dont 350 000 enfants
Plus de 2 millions de femmes enceintes sont infectées âgés de moins de 5 ans. Les modes de transmission
par la Syphilis, la plupart n’étant pas dépistées. Parmi incluent la transmission verticale, la contamination par
celles qui sont dépistées, la grande majorité n’est pas voie cutanée dans la petite enfance, par les injections
correctement soignée. De ce fait, environ 50% parmi les non sécurisées et la transfusion sanguine.
femmes enceintes infectées non traitées, transmettront

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
Au Sénégal, des études récentes ont permis d’évaluer
0.8%
le fardeau de l’hépatite virale B avec une prévalence qui Saint-Louis
0.8%
Saint-Louis
est passée de 17% à 9% [8], faisant du Sénégal une
zone de forte endémicité. 0,0%
0,0%
Louga 0,5%
Louga 0,5%
Dakar Matam
0.9% Dakar Matam
0,9%Diourbel 0,5% 0.9%
1.3. SITUATION DE LA TRANSMISSION Thies 0,9%Diourbel 0,5%
Thies
MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS Mbour 0,3% 0.5
Mbour 0,3% 0.5
ET DE L’HEPATITE B Fatick 0,4% 0,7% Kaffrine Tambacounda
0,7% Kaffrine Tambac
Kaolack Fatick 0,4% 0,9%
Kaolack 0,9
1.3.1. TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH
La prévalence du VIH chez la femme enceinte est de 1,5%
0,7% 1.8%
1,5%
0,8% selon les résultats de surveillance sentinelle de 1,2% Kolda
1,2% 0,7% Kédougou
Kolda
Ziguinchor Sédhiou
2015. Cependant cette prévalence est supérieure à 1% Ziguinchor Sédhiou
28 dans trois régions du Sénégal : Kédougou (1,8%), Kolda
(1,5%) et Ziguinchor (1,2%) (Fig3) [6]. Prévalence du VH : 0,0% - 0,5%
Prévalence du VH : 0,0% - 0,5%
Prévalence du VH : 0,5% - 1,0%
Prévalence du VH : 0,5% - 1,0%
Prévalence du VH : >1,0%
Prévalence du VH : >1,0%

Figure 3 : Répartition de la prévalence du VIH chez la femme enceinte en fonction


des régions

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
Selon les enquêtes basées sur les données des registres PTME, les résultats des évaluations de la transmission
effectuée en 2010, 2014, 2015 et 2017 sont représentés sur la figure (4) [9].

counda
9%

1.8%
Kédougou

29
Figure 4 : évolution de la TME du VIH au Sénégal

1.3.2. T
 RANSMISSION MERE-ENFANT DE LA primaire, 40% en cas de syphilis latente précoce, 8%
SYPHILIS en cas de Syphilis latente tardive. De plus, la présence
La transmission mère-enfant peut se faire pendant d’une syphilis chez une femme séropositive au VIH,
la grossesse, pendant l’accouchement ou pendant accroît le risque de transmission du VIH à l’enfant [10].
l’allaitement. Le risque de transmission est d’autant plus Le traitement précoce par la Benzathine pénicilline limite
important que la grossesse est avancée, et que la maladie ce risque de transmission.
est stade primaire : il est de 60-100% en cas de syphilis

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Au Sénégal, le dépistage de la Syphilis fait partie du 1998 : démarrage de l’initiative sénégalaise d’accès aux
paquet de soins prénatals, cependant il n’existe pas ARV (ISAARV) ;
un système qui permet de collecter des données sur la 2000 - 2002 : phase pilote, AZT à partir de 34 SA ou
Syphilis congénitale. NVP dose unique au moment du travail et AZT pendant
1.3.3. T
 RANSMISSION MERE-ENFANT DE 7 jours ou NVP dose unique chez le nouveau-né ;
L’HEPATITE B 2005 - 2006 : décentralisation, guide de PTME commu-
Sans intervention 5 à 65% des mères transmettent le nautaire, AZT à partir de la 28ème SA plus la NVP dose
virus à leur enfant ; cette transmission étant dépendante unique en début de travail et AZT pendant 7 jours plus
de la virémie et de la présence de l’antigène HBe témoin NVP dose unique au nouveau-né ;
de la contagiosité. 2007 - 2009 : utilisation DBS, trithérapie par AZT+3TC+NVP
Parmi les enfants infectés, plus 90% développent dans le cadre de la prophylaxie de la transmission mère-
une hépatite chronique, 14 à 40% une cirrhose, ou un enfant. Pour l’alimentation de l’enfant : alimentation
30 hépatocarcinome après 40 ans en général. artificielle avec un appui du programme ou allaitement
Une étude faite au Sénégal, retrouvait une prévalence de maternel exclusif avec un sevrage précoce, à 6 mois ;
l’Antigène HbS (AgHBs) de 3% chez des enfants nés de 2010 - 2011 : démarrage TARV à un seuil de CD4 plus
mère infectées par le virus de l’hépatite B [11]. élevé (350 cellules/ mm3). En Juin 2010, trithérapie à
partir de la 14ème semaine d’aménorrhée, (en gardant la
NVP pour les femmes enceintes éligibles au traitement et
1.4. HISTORIQUE DES POLITIQUES EN l’EFV pour la prophylaxie) et pour l’enfant une prophylaxie
MATIERE DE PREVENTION DE LA par la NVP jusqu’à 6 semaines après la naissance et un
TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH allaitement maternel protégé jusqu’à l’âge de 12 mois,
AU SENEGAL dont 6 mois d’AME.

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
2012 - 2017 : Option B+, les enfants étaient mis sous élaboration du plan d’eTME.
prophylaxie par trithérapie ARV pendant 6 semaines et 2017- 2018 : élaboration plan d’accélération de l’eTME
sous allaitement maternel protégé pendant 12 mois, et Plan Stratégique National de lutte contre le SIDA.
adoption du principe de délégation de tâches jusqu’au
niveau le plus décentralisé, feuille de route pour L’évolution de différentes stratégies du programme
l’élimination de la Transmission mère enfant du VIH, PTME est représentée sur la figure 5

• Début décentralisation tests/PS

• Passage à l’échelle
• Guide de la PTME com
2017
2012 2018...
2010 2017 31
2007 2011
2005 2009
2000 2006
2002 Elaboration et MEO Elaboration
du plan d’eTME Plan
(option B+) d’acceleration
Phase pilote Plan
PTME Stratégique
National

Figure 5 : Evolution des stratégies du programme PTME

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
La politique actuelle du Sénégal vise l’eTME d’ici 2020 sont disponibles dans tous les hôpitaux et centres de
qui repose sur 4 piliers : santé du Sénégal. Les régions de Thiès, Kédougou et
• Pilier I : prévention primaire de l’infection à VIH Fatick ont rendu effective, la délégation de tâches avec
chez les femmes en âge de procréer ainsi que leurs la disponibilité de tout le paquet de soins (counseling,
partenaires dépistage, disponibilité des ARV pour le couple mère-
enfant, diagnostic précoce) dans tous les postes de
• Pilier II : prévention des grossesses non désirées santé.
chez les femmes séropositives à l’infection au VIH ;
Conformément aux recommandations nationales, c’est-
• Pilier III : prévention de la transmission du VIH des à-dire l’option B+, les femmes enceintes séropositives
femmes infectées à leurs bébés ; sont mises sous TARV à vie.
• Pilier IV : offre d’un traitement, des soins et d’un
soutien approprié aux mères séropositives, leurs
enfants et la famille. 1.5. ETAT DES LIEUX DU PROGRAMME DE
32 PREVENTION DE LA TRANSMISSION MERE-
Suite à l’élaboration du plan d’eTME en 2012 , les 14 ENFANT DU VIH AU SENEGAL
régions du Sénégal ont élaboré leurs micro-plans.
L’analyse situationnelle de la PTME en 2017 a permis de
La décentralisation des services PTME s’est améliorée noter que les indicateurs du programme sont encore loin
avec la disponibilité du dépistage en CPN et du TARV des objectifs fixés pour arriver à l’eTME. Les résultats
jusqu’au niveau des postes de santé. En effet, selon les obtenus à ce jour, par ce programme, sont résumés
données de la DLSI en 2017, sur 1351 postes de santé, dans le tableau 1 [12].
577 (43%) offrent des services de PTME. Ces services

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Tableau I : forces, faiblesses, opportunités et menaces

FORCES
• Existence de plans d’eTME mis en œuvre dans toutes les régions ;
• Offre du paquet de service complet de PTME aux femmes enceintes dans 100% des hôpitaux et centres de
santé ;
• Option B+ ;
• Contribution des acteurs communautaires dans l’atteinte des indicateurs.

33

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FAIBLESSES
• Insuffisance de la mise en œuvre de la délégation de tâches : paquet de soins PTME complet dans seulement
43% des postes de santé ;
• Taux dépistage en CPN du VIH faible : 76% ;
• Mise sous ARV des femmes séropositives : 64% ;
• Faible proportion de réalisation du diagnostic précoce : 49% ;
• Nourrissons de mère VIH+ perdus de vue : 14,3% ;
• Hépatite : l’accessibilité au dépistage est limitée par son coût élevé ;
• Ruptures en intrants dues à des problèmes d’approvisionnement ou de mauvaise gestion des stocks ;
• Insuffisance dans la rétention des femmes enceintes et des enfants dans les soins ;
• Absence de prise en charge des femmes en situation nutritionnelle précaire ce qui augmente le risque de non
observance des ARV ;
34
• AME faible 36%, risque d’alimentation mixte qui favorise la transmission du virus ;
• Taux d’accouchement à domicile de 24 % dans la population générale [13] ;
• Faible dépistage conjoints ;
• Réalisation de la charge virale non systématique 23% ;
• Difficultés dans la gestion de l’acheminement des prélèvements des résultats et le rendu des résultats de PCR
et CV.

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OPPORTUNITES MENACES
• Bonnes pratiques : VADI, tableau « Lumière », • Besoins non couverts en planification familiale :
l’utilisation des TIC pour le rappel des RDV ; 24,4% dans la tranche 15- 49 ans [13] ;
• La stratégie TATARSEN « Test all, Treat all and Retain »; • Parmi les adolescentes de 15-19 ans, 16% sont
• Stratégie « Yeksina » de la PNA pour la disponibilité des sexuellement actives, 12% ont déjà un enfant, 3% sont
intrants ; enceintes [1 »] ;
• Décentralisation des POC ; • Insuffisance de partage et de gestion du statut VIH au
• Intégration des activités DLSI/DSME ; sein du couple : peur des conséquences de ce partage
[14] ;
• Programme de soins à domicile de la mère et du
nouveau-né (DSME) ;
• PTME communautaire ;
• PEV ;
35
• Centre de récupération nutritionnelle (CREN) ;
• Introduction du test duo VIH/ Syphilis
• Révision du guide de dépistage intégrant les nouvelles
stratégies tels que : « auto-test », notification des
partenaires…

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2. S
 TRATEGIES NATIONALES POUR L’eTME DU VIH, DE LA
SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B

2.1. PREVENTION PRIMAIRE DE Aussi, des stratégies avancées, mobiles et intégrées


L’INFECTION A VIH, DE LA SYPHILIS ET doivent être organisées au niveau communautaire
DE L’HEPATITE B CHEZ LES FEMMES EN pour l’information des FAR et de leurs partenaires ; ces
AGE DE PROCREER AINSI QUE LEURS approches doivent être ciblées et démédicalisées.
PARTENAIRES Ces séances d’information permettent de promouvoir
2.1.1. Information la plus large possible de la l’utilisation correcte et la disponibilité du préservatif
communauté sur la prévention de l’infection (masculin et féminin), et de promouvoir le dépistage de
à VIH, de la Syphilis et de l’Hépatite B ces trois maladies.
Des activités d’IEC/ CCC doivent être organisées pour L’utilisation de la PreP comme stratégie de prévention
36 inciter les femmes en âge de procréer, notamment les du VIH peut être promue chez les populations à risque
adolescentes et les jeunes à adopter des comportements ou chez les couples sérodiscordants.
responsables et éviter les situations à risque de Ces interventions nécessitent la collaboration entre les
contamination pour ces maladies. Il s’agit d’éviter la programmes VIH/DSME/PNLH/ CSC.
contamination par voie sexuelle et sanguine notamment
par les injections et l’exposition aux liquides biologiques.
Les intervenants doivent cibler les endroits généralement
fréquentés par les jeunes (CDV, Espaces Ados/Jeunes,
infirmeries scolaires, universitaires, Centre Conseils
pour Adolescents, structures sanitaires), les FAR
(services curatifs, PF…) pour véhiculer des messages de
prévention notamment sur la sexualité responsable.

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2.1.2. C
 onseil dépistage à l’initiative du 2.2. PREVENTION DES GROSSESSES
prestataire (CDIP) aux femmes en âge de NON DESIREES CHEZ LES FEMMES
procréer et à leurs partenaires SEROPOSITIVES POUR LE VIH, POUR LA
Le conseil dépistage pour le VIH, la Syphilis et l’Hépatite SYPHILIS OU L’HEPATITE B
B devrait être faite à toute femme en âge de procréer y Les femmes infectées par le VIH et/ ou l’Hépatite B
compris les jeunes, qui présentent des indications telle devraient être encadrées pour planifier leurs grossesses
une IST, des signes évocateurs de ces pathologies ou à un moment de moindre risque de transmission de
si elles rapportent des situations à haut risque. Il se fait ces infections à leur enfant ; en effet, ce risque de
selon des principes bien définis (voir encadré CDIP page transmission est étroitement lié à la charge virale.
21).
Pour le VIH, il est souhaitable que la charge virale soit
L’« auto-testing » peut être utilisée comme une stratégie indétectable sous traitement antirétroviral pendant
pour booster le dépistage en milieu communautaire. la grossesse et l’allaitement maternel pour éviter la
La stratégie de notification des partenaires dans le cadre contamination de l’enfant.
37
du dépistage VIH est une opportunité pour booster le Pour l’Hépatite, ce risque est diminué chez les femmes
dépistage du couple. qui répliquent lorsqu’elles sont mises sous traitement.
Les FAR dépistées positives doivent être prises en Concernant la Syphilis, il n’y a pas de précautions
charge de façon appropriée pour permettre de rompre la particulières, en matière de planification familiale, une
chaîne de transmission dans la communauté de même fois que le traitement a été bien administré.
que les IST.
En ce qui concerne le VIH de façon particulière, il faut
Il est important d’informer les femmes en âge de prévenir les grossesses non désirées chez la femme
procréer sur les risques de transmission mère-enfant de séropositive en leur proposant toutes les méthodes
ces maladies. contraceptives disponibles.

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
L’offre de planification familiale permet de : une composante de soins médicaux habituels à la femme
•
Proposer une double protection incluant le port enceinte dès le premier contact avec un prestataire de
du préservatif (masculin ou féminin) aux femmes santé en respectant les 5 C (voir encadré ci-dessous).
vivant avec le VIH notamment celles suivies dans Les structures de santé doivent disposer des tests
les services de PEC ; de dépistage recommandés. Ces tests doivent être
• Offrir une double protection aux femmes bénéficiaires disponibles dans le bureau du prestataire qui propose
du programme PTME dans le post-partum. le dépistage.

La collaboration entre les programmes VIH/DSME/PNLH Si le statut de la femme n’est pas connu à la 2ième
permettra d’améliorer la couverture contraceptive et le CPN ou aux autres contacts pendant la grossesse, à
premier 90 (dépistage). l’accouchement ou même durant l’allaitement, un conseil
dépistage du VIH sera offert.
Pour les femmes testées séronégatives pendant la
2.3. PREVENTION DE LA TRANSMISSION grossesse, un « re-testing » pourrait être proposé si elles
38
MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET présentent une IST, des signes évocateurs d’infection à
DE L’HEPATITE B DE LA FEMME INFECTEE A VIH ou si elles rapportent des situations à haut risque.
SON BEBE

2.3.1. P
 REVENTION DE LA TRANSMISSION
MERE-ENFANT DU VIH
2.3.1.1. C
 onseil dépistage du VIH à l’initiative du
prestataire au premier contact pendant
la grossesse
Ce conseil dépistage doit se faire à l’initiative du
prestataire. Il s’agit ici de proposer le dépistage comme

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CONSEIL DEPISTAGE A L’INITIATIVE DU PRESTATAIRE

• Les cinq conditions requises « 5C » : • Conseil individuel : au cours des consultations prénatales
quel que soit l’âge de la grossesse, le conseil individuel
• Consentement ;
permet de s’assurer que les informations reçues lors
• Confidentialité ; des séances de groupe ont été bien comprises, mais
• Conseils ; aussi de les renforcer au besoin. Des informations sont
données sur l’infection à VIH, les modes de transmission,
• Résultats Corrects du dépistage :
les moyens de prévention. Il faut expliquer à la femme
• Connexion avec la prévention, les soins et le traitement. les risques de transmission mère-enfant, mais aussi les
possibilités qui lui sont offertes pour protéger son enfant
• Procédures à suivre en PTME :
et pour sa propre survie ;
•
Sensibilisation de groupe au début de la séance de 39
• Réalisation du test selon l’algorithme de dépistage (fig 6)
CPN : des séances d’information de groupe doivent
et rendre le résultat dans l’heure qui suit sa réalisation ;
être organisées à l’intention des femmes enceintes
présentes dans les salles d’attente des CPN et de leurs • Conseil post-test quel que soit le résultat ;
accompagnateurs sur le paquet intégré des services SR
• Prise en charge immédiate et adaptée en fonction du
notamment l’infection à VIH, la Syphilis et l’Hépatite B,
résultat :
leurs modes de transmission, les moyens de prévention.
Il faudra leur expliquer ce qu’est la PTME et en particulier • Test positif : ARV chez la femme (fig7), soutien et prise en
l’allaitement maternel protégé ; charge familiale
• Test négatif : renforcer les mesures de prévention.

DIRECTIVES NATIONALES SUR L’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE L’HEPATITE B AU SENEGAL
PTME
PTMEPTME
Un seul test VIH non – discriminant et ou permettant de dépister au moins la syphilis.
Un seul test VIH non – discriminant et ou permettant de dépister au moins la syphilis.
En Kit unitaire si possible
En Kit unitaire si possible
Sensibilité VIH: 100% ; Spécificité VIH : > ou égal à 98%
Sensibilité VIH: 100% ; Spécificité VIH : > ou égal à 98%
Test proposés : Bioline syphilis DUO ou autres tests répondant aux critères définis
Test proposés : Bioline syphilis DUO ou autres tests répondant aux critères définis

TDR1/AUTRE
TDR1/AUTRE TEST
TEST VIH
VIH
TDR1/AUTRE TEST VIH

Réactif
Réactif Non
Non réactif
Réactif
Réactif Non réactif

40 Référer au laboratoire
laboratoire de
Référer Référer
au au laboratoire de Rendre Négatif
routine
de routine Rendre Négatif
Rendre Négatif
routine

TDR1/AUTRE
TDR1/AUTRE TEST
TEST SYPHILIS-VIH
SYPHILIS-VIH
TDR1/AUTRE TEST SYPHILIS-VIH

Traiter enen
Traiter
cas Traiter en
VIHRéactif
VIH Réactif casdede
Test
Test VIH Non réactif
VIH Réactif syphilis cas de Test VIH Non Réactif
VIH Non réactif
syphilis
positif syphilis
positif
positif
Référer
Référerauaulaboratoire
laboratoire Rendre
Rendre Négatif
Négatif
Référer au laboratoire Rendre Négatif
dederoutine
routine
de routine

Figure 6 : Algorithme dépistage VIH dans le cadre de la PTME

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1-Utilisation syphilis Duo : Détection simultanée des intégrant le traitement ARV selon les protocoles
anticorps anti VIH et anti syphilis en vigueur (fig7). Elle recevra des ARV en quantité
2-Tests de confirmation : SD Bioline et Multisure (à suffisante jusqu’à son prochain rendez-vous. Une
utiliser simultanément) évaluation de l’efficacité de ce traitement ARV se fera
par une mesure de la charge virale au 3ième trimestre
de la grossesse, 6 mois après l’accouchement à la fin
2.3.1.2. Prise en charge de la femme dépistée de la période de l’allaitement exclusif et à 12 mois au
positive pour le VIH pendant la grossesse, le moment du sevrage.
travail ou dans le post-partum
Toute femme sous ARV devrait être accompagnée au
Toute femme dépistée séropositive doit bénéficier niveau communautaire pour maximiser l’observance
immédiatement d’une prise en charge complète, et la rétention (voir chap 4.1.2). 41

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FEMME DEPISTÉE PENDANT LA GROSSESSE LE TRAVAIL OU LE POST-PARTUM
BILAN INITIAL PUIS DEMARRER LE TRAITEMENT ARV À VIE
QUELQUE SOIT LE STADE CLINIQUE OU LE TAUX DE CD4

FEMME ENCEINTE FEMME ENCEINTE


VIH1 VIH 1 + 2 OU VIH2

Hb ≥ à 8 g/dl et
Clairance Créatinnémie ≥ 50ml/mn Hb < à 8 g/dl et
1er CHOIX Clairance Créatinnémie ≥ 50ml/mn Hb ≥ à 8 g/dl et
Hb ≥ à 8 g/dl et
**(TDF + FTC/3TC + EFV) 1 cp par jr 1er CHOIX Clairance Créatinnémie ≥ 50ml/mn Clairance Créatinnémie ≥ 50ml/mn
ALTERNATIVES : **(TDF + FTC/3TC + EFV) 1 cp par jr TDF + FTC/3TC TDF + FTC/3TC
42 **(AZT + 3TC) 2 cp/j + EFV/1cp le soir ALTERNATIVES : ALTERNATIVES : ALTERNATIVES :
*(AZT + 3TC) 2cp/j + NVP 1cp/j 1 cp par jr + LPV/r 2cp X 2/j 1 cp par jr + LPV/r 2cp X 2/j
*(AZT + 3TC) 2cp/j + NVP 1cp/j
PENDANT 14 JOURS PUIS 1 CPX2/JOUR PENDANT 14 JOURS PUIS 1 CPX2/JOUR
* (TDF + 3TC) + NVP

** EFV contre indiqué en cas de troubles psychiatiques (actuels ou anciens)


*interdiction formelle d’utuliser la NVP si CD4 > 250mm3 car risque d’hépato toxicité.
Nb : Si le clairance creat. <50ml/mn remplacer TDF par ABC

DLSI janvier 2018


Figure 7 : Schémas thérapeutiques chez la femme enceinte

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NB : le démarrage du traitement antirétroviral ne doit pas • La recherche de l’AgHbs ;
être retardé par la réalisation d’examens biologiques. • La vaccination antitétanique ;
Il pourra être secondairement adapté en fonction des
résultats. • La prévention du paludisme (utilisation des MILDA)
+ Sulfadoxine Pyriméthamine ;
2.3.1.3. Suivi de la femme dépistée positive pour
le VIH pendant la grossesse, le travail ou dans le • Le plan d’accouchement ;
post-partum •
La reconnaissance des signes de dangers de la
Ce suivi comporte un paquet de soins et de conseils grossesse ;
pendant la grossesse, lors de l’accouchement et durant • Vérifier l’observance thérapeutique aux ARV : chaque
le post-partum jusqu’au diagnostic définitif de l’enfant. consultation sera une occasion pour renforcer
Ce suivi aura pour objectifs d’aider la femme à vivre l’éducation thérapeutique, identifier et corriger des
positivement avec le VIH et à éviter la contamination de facteurs d’inobservance ;
son enfant. Il est important d’impliquer les conjoints en
leur offrant le dépistage et la prise en charge globale •
Promouvoir une sexualité sans risque avec 43
nécessaire. l’utilisation de préservatif ;

• Au cours de la grossesse • Expliquer la prise en charge de l’enfant à naître :


la prophylaxie ARV, l’alimentation, le diagnostic
•
Les consultations prénatales (CPN) se feront en précoce ;
conformité avec les recommandations nationales.
Les CPN intègrent : • Faire un suivi virologique : mesure de la charge virale
au dernier trimestre de la grossesse ;
• Le suivi prénatal (cf PNP, p66- 73) [15] ;
• Assurer le soutien et l’accompagnement psychosocial ;
• La supplémentation en fer et acide folique ;
• La recherche de la Syphilis ;

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• Encourager le partage du statut avec un proche qui •
Préparer le plan d’accouchement et remettre la
peut lui apporter un soutien moral. Ce proche peut provision ARV pour le nouveau-né ;
être un parent, un agent communautaire de santé ou • Intégrer le suivi ARV dans le paquet des soins à
une personne expérimentée dans la prise des ARV domicile ;
comme les « mentor mothers » (cf chapitre 4.2.1) ;
• Expliquer l’importance d’un accouchement sur site
• Vérifier l’état nutritionnel de la femme et lui apporter pour permettre une prise en charge immédiate et
des conseils pour une alimentation saine et équilibrée appropriée de l’enfant.
(réf aux PNP Alimentation et Nutrition p31-35) [16] ;
• A l’accouchement
•
Encourager et soutenir la femme à informer son
conjoint si ce n’est pas fait, car le partage du statut • Maintenir l’observance du traitement ARV ;
dans le couple constitue un bon facteur de succès •
Respecter les précautions standard pendant
du traitement ARV. l’accouchement, éviter de traire le cordon et procéder
• Proposer un dépistage du conjoint s’il est informé. à un clampage tardif comme le recommande l’OMS
44
Si le résultat est positif, le prendre en charge en même dans ce contexte ;
fonction des recommandations en vigueur ; • Aider la femme pour la mise au sein précoce du
• Encourager le dépistage de la progéniture et recourir nouveau-né.
à l’« auto-testing » au besoin; • Dans le post-partum
• Utiliser les TIC pour maintenir le contact avec les • Soutenir la femme pour le maintien de l’observance
femmes enceintes vivant avec le VIH, identifier les du traitement ARV : impliquer les « mentor mothers »,
problèmes qu’elles rencontrent et y apporter des les ACS ;
solutions appropriées ;
• Préparer l’accouchement :

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•
Utiliser les TIC pour maintenir le contact avec 2.3.1.4. La prise en charge du nouveau-né et du
les femmes allaitantes sous ARV, identifier les nourrisson
problèmes qu’elles rencontrent et y apporter des • Soins essentiels au nouveau-né : évaluation initiale,
solutions appropriées ; recherche de signes de danger nécessitant une
•
Identifier des difficultés liées à l’alimentation du prise en charge et/ ou une référence, administration
nouveau-né ; de vitamine K1, collyre, soins de l’ombilic, mise au
•
Démarrer le planning familial : promotion d’une sein précoce et vaccination (Hépatite B, BCG, Polio
double méthode contraceptive incluant les 0).
préservatifs au moins pendant deux (2) ans ; • Prophylaxie antirétrovirale du nouveau-né : c’est une
•
Encourager le respect du calendrier vaccinal en trithérapie qui est débutée le plus tôt possible après
vigueur ; la naissance et pendant 6 semaines. Le choix des
médicaments se fera en fonction des protocoles en
•
Soutenir l’AMP, encourager la diversification à 6 vigueur (cf fig 8).
mois et le sevrage à 12 mois. 45

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LA PRISE EN CHARGE DE L’ENFANT DE MÈRE SÉROPOSITIVE
LA PRISE EN CHARGE DE L’ENFANT NÉ DE MÈRE SÉROPOSITIVE

DLSI janvier 2018


PROTOCOLE 1 PROTOCOLE 2

PROFILS POIDS POSOLOGIE POIDS


PROFIL POIDS
MATIN SOIR MATIN SOIR
Inférieur à 6 kg 1Cp (AZT+3TC+NVP) 1Cp (AZT+3TC)
46 inférieur 06 kg VIH1 Supérieur 1Cp et demi 1Cp et demi
VIH1 1 cp (ABC+3TC) 1 cp (ABC+3TC)
à 6 kg (AZT+3TC+NVP) (AZT+3TC+NVP)
60/30 mg +Lpv/r 60/30 mg +Lpv/r
VIH2 sirop 1 à 1,5 ml sirop 1à 1,5 ml Inférieur 1Cp (AZT+3TC) + 1Cp (AZT+3TC) +
VIH1+2 à 6 kg LVP/r 1 à 1,5ml LVP/r 1 à 1,5ml
1,5 cp (ABC+3TC) 1,5 cp (ABC+3TC)
VIH2
1Cp et demi (AZT+3TC) 1Cp et demi (AZT+3TC)
supérieur à
06 kg
60/30 mg +Lpv/r 60/30 mg +Lpv/r OU VIH1+2 Supérieur
+ +
sirop 1,5 ml sirop 1,5 ml à 6 kg
1,5ml LVP/r 1,5ml LVP/r

Faire la prophylaxie au cotrimoxazole à partir de 06 semaines de vie. NB :


• Pour le VIH, commencer par une demi dose de NVP durant les 14 premiers le soir jours puis
donner 1cp (AZT+3TC+NVP) matin et soir.
Il est important que l’entourage veille aux risques de survenue de réaction (éruption cutanée, fièvre),
dans ce cas consulter un médecin le plus rapidement possible.
• L’AZT est pourvoyeuse d’anémie et le dosage d el’hémoglobine se fera J0, J7, J9, puis tous les mois.
bine se fera JO,J7,J9 puis tous les mois.

Figure 8 : schémas thérapeutiques utilisés en prophylaxie chez le nouveau-né de mère infectée par le VIH

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• L’alimentation de l’enfant • Le diagnostic précoce de l’enfant
C’est un allaitement maternel protégé pendant 12 Le diagnostic précoce d’un enfant né de mère
mois, dont 6 mois d’allaitement maternel exclusif, suivi séropositive se fait entre 6 et 8 semaines.
d’une diversification avec des produits locaux. En effet, Dans certaines situations, notamment en cas de
plusieurs essais ont montré l’efficacité d’une trithérapie dépistage tardif de la mère ou de charge virale élevée à
chez la mère pour réduire le risque de transmission l’accouchement, le diagnostic précoce devra se faire à la
durant l’allaitement [17, 18]. Il faudra donc encourager naissance (La PCR 1 doit se faire à la naissance (le plus
le sevrage de l’enfant qui devra se faire à 12 mois tôt possible) chez les enfants de mères dépistées VIH+
pour minimiser le risque de contamination ; ce risque au 3ième trimestre de la grossesse, à l’accouchement ou
est augmenté en cas d’allaitement prolongé [17]. La dans le post-partum immédiat)
pratique de l’allaitement devra être encadrée pour traiter
les affections locales du sein et les affections digestives Le diagnostic précoce peut se faire par « PCR » sur papier
de l’enfant susceptibles de favoriser la contamination de buvard « Dried Blood Spot » (DBS) selon l’algorithme ci-
l’enfant (annexe4). dessous (fig 10) ou par les « Point of Care » (POC). 47
Des conseils seront donnés à la mère pour les soins des
seins pendant l’allaitement maternel (annexe1) et pour
une bonne observance de son traitement ARV.

• « Polymerase Chain Reaction » (PCR)


Il est effectué par PCR selon l’algorithme ci-dessous sur papier buvard ou « DBS ».

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ALGORITHME DU DIAGNOSTIC ENFANT DE MOINS DE 14 MOIS

ENFANT EXPOSÉ AU VIH

FAIRE UNE PCR À 6 SEMAINES

PCR1 POSITIVE PRÉLÈVER PCR2 PCR 1 NÉGATIVE

AM PROTÉGÉ EN COURS
48 PCR 2 NÉGATIVE
PCR2 POSITIVE
METTRE IMMEDIATEMENT SOUS TARV
ENFANT NON INFECTÉ, FACTEUR DE RISQUE PERSISTANT
PCR 3 NÉGATIVE

ENFANT INFECTÉ PCR3 POSITIVE PCR 3 NÉGATIVE SUIVI CLINIQUE

CONTINUER TARV
ALLAITEMENT PENDANT 12 MOIS FAIRE SEROLOGIE À 14 MOIS

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PCR dès la naissance : suivantes :
La PCR doit se faire dés la naissance chez les enfants de - enfant né de mère dépistée tardivement et ayant pris les ARV
mères dépistées VIH+ au 3ième trimestre de la grossesse, à moins d’un mois avant l’accouchement ;
l’accouchement ou dans le post-partum immédiat. - enfant né de mère dépistée à l’accouchement ou dans le
PCR à faire à 09 mois post-partum ;
Chez les enfants à haut risque de contamination, il est - enfant dont la mère a une charge virale >1000 copies/ml dans
recommandé d’effectuer systématiquement une PCR à 9 Mois le mois précédant l’accouchement ;
lorsque la première PCR a été négative. - enfant sous allaitement maternel avec une charge virale
Les situations à haut risque de contamination sont les maternelle >1000copies/ml.

NB : • Il faut s’assurer de la validité des prélèvements les soignants de recevoir des résultats dans des délais
avant leur envoi (cf annexe 3) raisonnables. De ce fait, il est difficile de prendre des
décisions thérapeutiques adaptées et à temps.
• Le traitement ARV est institué dès réception d’une PCR
positive après une bonne éducation thérapeutique et C’est ainsi que la DLSI, travaille à rendre disponible ces 49
un deuxième prélèvement pour PCR effectué. POC pour la charge virale et le diagnostic précoce au
niveau décentralisé.
• Point of Care (POC)
• La prophylaxie au Cotrimoxazole
L’expérience a montré que bien que la collecte
d’échantillons se fasse au moment opportun, le délai Elle est débutée à 6 semaines jusqu’au diagnostic
d’exécution long des dispositifs conventionnels empêche définitif de l’enfant.

Tableau II : posologie Cotrimoxazole en fonction de l’âge

Dose recommandée en fonction de < 6 mois 6 mois – 5 ans


l’âge 100 mg SMX / 20 mg TMP 200 mg SMX / 40 mg TMP
Suspension ( 5 ml sirop 200 mg/40 2.5 ml 5 ml
mg)

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• La vaccination
Elle se fera selon le calendrier du programme élargi de vaccination (PEV) en vigueur (cf tableau III).
NB : profiter de ces séances de vaccination pour :
• Administration de la Vitamine A à 6 mois plus déparasitage, puis tous les 6 mois jusqu’à 5 ans ;
• Réalisation de la PCR1, éventuellement les autres PCR et démarrage du Cotrimoxazole à 6 semaines.
Tableau III : calendrier de vaccination

AGE VACCINS MALADIES CIBLES


Dans les 24 heures suivant la naissance Hep B Zéro Hépatite B
De la naissance à 3 mois BCG Tuberculose
De la naissance au 14e jour VPO Zéro Poliomyélite
06 Semaines DTC-HepB-Hib 1, VPO1, PCV13- 1, Rota 1 Diphtérie, Tétanos, Coqueluche, Hépatite B,
10 Semaines DTC-HepB-Hib 2, VPO2 PCV 13- 2, Rota 2 Infections à Haemophilus
50 Influenzae de Type B, Poliomyélite
14 Semaines DTC-HepB-Hib 3, VPO3 PCV 13- 3, VPI Infections à pneumocoques Diarrhées à
Rotavirus
09 Mois RR 1 Rougeole, Rubéole
09 Mois VAA Fièvre jaune
A partir d’un an MenAfriVac Méningite à méningocoque A
A partir de 15 mois RR 2 Rougeole, Rubéole
A partir de 09 ans VPH Infections dues au virus du Papillome humain

NB : des précautions seront à prendre dans les situations suivantes

•S i la mère est porteuse d’une tuberculose active : le BCG est différé et le nourrisson reçoit de l’INH 10 mg/ Kg/ Jour pendant
6 mois suivi du BCG s’il est asymptomatique ;
• Les vaccins vivants atténués sont contre indiqués chez les nourrissons symptomatiques : Fièvre Jaune, Rougeole et Rubéole.

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• La diversification alimentaire
La diversification débute à 6 mois avec des aliments locaux, mais l’allaitement maternel est poursuivi jusqu’à 12 mois.
L’introduction des aliments se fera progressivement en fonction de l’âge de l’enfant (cf document « Alimentation et
Nutrition, PNP DSME », p 31-35) [16].
• Le sevrage
Il doit être effectif à 12 mois.
• Situations particulières
Tableau IV : prise en charge de la femme avec tuberculose évolutive et de son enfant

Situations cliniques Conduite à tenir


VIH-1 • Mère sous 1ère ligne : (TDF+3TC(FTC)+EFV) ;
• Mère sous 2ème ligne : (TDF+3TC (FTC)+ATV/r (double dose) ;
Enfant au sein ou sous alimentation de substitution : donner au nouveau-né : 51
(AZT+3TC+NVP) pendant 6 semaines+ INH 10mg/kg/jr pendant 6 mois.
VIH-2 ou VIH-1+2 • Mère sous 1ère ligne : AZT+3TC(FTC)+TDF
• Mère sous 2ème ligne : (TDF+3TC (FTC)+ATV/r (double dose) ;
• Enfant au sein ou sous alimentation de substitution : donner au nouveau-né
AZT+3TC+LPV/r pendant 6 semaines+ INH 10mg/kg/jr pendant 6 mois
• Commencer le traitement ARV dans les 15 jours après le début des antituberculeux.
La Rifampicine diminue la concentration de tous les ARV, surtout celle des IP et de
la NVP ;
Si on associe IP et Rifampicine : il faut doubler la dose de Ritonavir

NB : Commencer le traitement ARV dans les 15 jours après le début des antituberculeux

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Tableau V : prise en charge de la femme reçue après l’accouchement et de son enfant

Situations cliniques Conduite à tenir


1- Femme sous ARV reçue après accouchement Avant 72 heures
• Mettre l’enfant sous ARV pendant 6 semaines (cf PEC
d’un enfant de mère séropositive ;
• AMP ;
Après 72 heures
• Aucune prophylaxie chez l’enfant ;
• AMP.
2- Femme diagnostiquée après accouchement Avant 72 heures
• Mettre la femme sous trithérapie à vie ;
• Mettre l’enfant sous ARV pendant 6 semaines (cf PEC
d’un enfant de mère séropositive) ;
52 • Faire une PCR immédiatement ;
• Référer pour discuter de l’AMP ;
Après 72 heures
• Mettre la femme sous trithérapie à vie ;
• Aucune prophylaxie chez l’enfant ;
• Faire une PCR immédiatement ;
• Référer pour discuter de l’AMP.
*AFADS : abordable, faisable, acceptable, durable et sûre.

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Tableau VI : autres situations particulières

Situations cliniques Conduite à tenir


2ème grossesse chez une femme séropositive • Faire un test de génotypage à la femme si elle est en
échec thérapeutique ;
• Mettre l’enfant sous schéma prophylactique en
fonction des résultats de la mère
Arrêt TAR pour toxicité chez la mère • Continuer le protocole en vigueur chez l’enfant ;
• Référer pour discuter de l’arrêt de l’AMP.
Arrêt TAR pour abandon ou mauvaise observance • Référer pour discuter de l’arrêt de l’AMP si les
(CV élevée au troisième trimestre) conditions le permettent ;
En cas d’hypogalactie • Donner des conseils nutritionnels à la mère ;
• Mettre l’enfant sous alimentation artificielle si les
conditions *AFADS sont remplies ;
• Ne jamais faire d’alimentation mixte. 53

*AFADS : abordable, faisable, acceptable, durable et sûre.

• Le diagnostic définitif de l’enfant sont négatives avant 14 mois et / ou la sérologie


Il se fera sur la base des résultats de PCR et/ ou de la rétrovirale est négative après 14 mois.
sérologie. • L’enfant est déclaré infecté
• L’enfant n’est pas infecté Si deux PCR sont positives avant 14 mois et/ ou la
o Si la PCR1 est négative avant 14 mois et/ ou la sérologie sérologie rétrovirale est positive après 14 mois. Dans ce
rétrovirale est négative après 14 mois ; cas de figure, l’enfant est mis sous traitement antirétroviral
à vie selon les protocoles thérapeutiques en vigueur.
o Si la première PCR1 est positive, les PCR2 et PCR3

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Cette mise sous TARV sera précédée d’une bonne éducation thérapeutique des parents ou des substituts parentaux.
Il faudra s’assurer de leur fiabilité avant de le démarrage du TARV (cf PEC pédiatrique).

• Si une PCR est positive, démarrer le traitement antirétroviral et prélever une deuxième PCR pour la
confirmation de l’infection ;
• Si la sérologie rétrovirale est positive après 14 mois, démarrer le traitement antirétroviral.

Le tableau ci-dessous résume les différentes étapes du suivi de l’enfant né de mère séropositive pour le VIH (Tab IV).
Tableau VII : récapitulatif du suivi de l’enfant né de mère séropositive pour le VIH

AGE DE L’ENFANT
J0- J8 S6 S10 S14 M6 M12 M14
54 ACTIONS
Evaluation clinique X X X X X X X
Soins essentiels X
Vaccination/ PEV X X X X X
AMP X X X X X X
Prophylaxie ARV X X
PCR X X
Cotrimoxazole X X X X X X
Vitamine A X X
Diversification alimentaire X
Sevrage X
Sérologie X
NB : la sérologie ne peut être faite que deux (2) mois après le sevrage

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2.3.1.5. Le génotypage 2.3.2. PREVENTION DE LA TRANSMISSION
Un traitement correct avec une bonne observance MERE-ENFANT DE LA SYPHILIS
permettra d’éviter les résistances qui, lorsqu’elles Le dépistage de la syphilis sera systématiquement
surviennent, sont mises en évidence par un test de proposé lors des CPN en même temps que le dépistage
génotypage. Le test de génotypage peut se réaliser chez du VIH. L’existence de TDR combiné VIH/ Syphilis
la femme enceinte ou chez l’enfant. constitue une opportunité pour améliorer le dépistage
• Pour la femme enceinte de ces deux pathologies chez les femmes enceintes. Le
test sera réalisé selon l’algorithme national (fig7).
La réalisation d’un génotypage sera nécessaire chez
2.3.2.1. Conduite à tenir devant un test négatif
toute femme enceinte séropositive en échec virologique.
Fournir des conseils à la femme pour adopter une attitude
Ce test de génotypage aidera au choix de la prophylaxie
préventive face aux IST. Il faut refaire le test au troisième
à administrer à l’enfant et à celui du changement de ligne
trimestre, conformément aux recommandations des
thérapeutique pour la mère.
PNP de la DSME [14]. 55
• Pour l’enfant
2.3.2.2. Conduite à tenir devant un test positif
Le test de génotypage sera pratiqué chez tout enfant
•
Chez la mère et son conjoint : une dose de 2,4
infecté et dont la mère a été prise en charge dans le cadre
millions de Benzathine benzylpénicilline par semaine
de la PTME, surtout si elle est en échec virologique.
pendant 3 semaines.

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• Chez le nouveau-né : aucun signe de syphilis : administrer au nouveau-
• Si la mère a été traitée avec son conjoint par 2,4 né une dose unique de 50000 UI/kg de Benzathine
millions de Benzathine-benzylpénicilline par semaine benzylpénicilline en IM ;
pendant 3 semaines : aucun traitement n’est • Si le nouveau-né présente des signes de syphilis
nécessaire chez le nouveau-né ; congénitale : il faut l’hospitaliser pour un traitement
• Si la mère n’a pas été traitée ou a été insuffisamment de 50000UI/kg/dose de pénicilline G en IM ou IV, 2
traitée, ou si son statut par rapport au traitement fois par jour pendant 10 jours.
n’est pas clair et que le nouveau-né ne présente

SIGNES DE SYPHILIS CHEZ LE NOUVEAU-NE


• Des bulles au niveau des paumes des mains et de la plante des pieds (pemphigus palmo-plantaire) ;
56 • Un érythème cutané ;
• Une rhinite trainante ;
• Une hépatomégalie et / ou une splénomégalie ;
• Une paralysie d’un membre, des lésions osseuses à la radiographie (ostéochondrite).

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2.3.3. PREVENTION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT DE L’HEPATITE B
La vaccination du nouveau-né contre l’hépatite dans les 24h suivant sa naissance est efficace pour prévenir la
transmission mère enfant de l’hépatite B. La présence d’un antigène HBs au cours de la grossesse, nécessitera la
prise en charge de la mère et de l’enfant

La proposition de dépistage de l’hépatite B doit être systématique, de préférence au premier trimestre de la grossesse.
La vaccination du nouveau-né contre l’hépatite B dans les 24h suivant sa naissance doit être systématique

2.3.3.1. Prise en charge de la mère


•
Pour les femmes mono-infectées par l’Hépatite,
demander une CV pour vérifier s’il y a une réplication
virale. En cas de réplication virale, il faut les référer
ou demander l’avis d’un spécialiste. 57
• En cas de co-infection avec le VIH, poursuivre ou
initier le traitement ARV habituel.
2.3.3.2. Prise en charge du nouveau-né
•
Administrer à tout nouveau-né le vaccin contre
l’Hépatite B dans les 24 heures qui suivent la
naissance ;
•
L’allaitement maternel n’est pas contre indiqué
sauf en cas de fissure saignante ou de plaie sur le
mamelon ;
• Continuer la vaccination selon le schéma du PEV en
vigueur.

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2.4. OFFRE D’UN TRAITEMENT, DE SOINS ET SOUTIEN APPROPRIES AUX MERES
SEROPOSITIVES POUR LE VIH, POUR LA SYPHILIS ET L’HEPATITE
La PTME constitue une porte d’entrée pour la prise en charge de toute la cellule familiale. Un dépistage et éventuellement
un traitement doivent être proposés au conjoint et aux enfants.
2.4.1. TARV chez l’enfant infecté par le VIH
Tout enfant infecté doit être mis sous traitement antirétroviral à vie.
Cette mise sous antirétroviral doit respecter les conditions habituelles de traitement d’un enfant infecté par le VIH :
l’engagement des parents ou des répondants à le traiter, un schéma thérapeutique simple en conformité avec les
protocoles en vigueur, la planification d’un suivi à long terme. Le respect de ces préalables contribuera à favoriser
la rétention dans les soins et le succès thérapeutique. Les schémas thérapeutiques utilisés sont les suivants (fig10).

Tableau VIII : TARV de première ligne chez l’enfant né de mère séropositive pour le VIH et infecté
58
Traitement antirétroviraux de premières lignes chez l’enfant
1ière ligne préférentielle 1ière ligne optionnelle Cas particuliers**
Nouveau-nés -3 ans *AZT+3 TC + RAL** AZT+3TC +LPV/r ou AZT+3 TC + LPV/r
AZT+3TC + NVP***

* En cas d’anémie (tx Hb<8g/dl) remplacer l’AZT par l’ABC


* * Alternatives au RAL : LPV/r ou DTG
** Eviter la NVP chez l’enfant infecté qui a été exposé à cette molécule, chez les enfants infectés par le VIH-2 ou le VIH-1+2

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2.4.2. Dépistage et prise en charge de la fratrie
Le dépistage de la fratrie fait partie intégrante de la prise en charge d’une femme séropositive.
Il faut encourager la femme séropositive à l’accepter, en lui expliquant les avantages liés à la connaissance de ce
statut, en particulier le traitement antirétroviral qui lorsqu’il est institué précocement permet la survie de l’enfant [19].
Il faudra également lui proposer un appui psychosocial pour l’aider et l’accompagner dans cette prise de décision.
La prise en charge d’un enfant infecté devra se faire immédiatement, après le dépistage selon les recommandations
en vigueur.

Le dépistage de la fratrie est une stratégie clé pour rechercher les enfants vivant avec le VIH afin de leur
proposer un TARV précoce garant de leur survie.

2.4.3. Dépistage et prise en charge du conjoint 59


Il faut encourager la femme séropositive à partager son statut avec son conjoint. Elle peut le faire elle-même ou
demander au prestataire de santé de le faire.
Si la femme refuse de partager son statut avec son conjoint, il faudra l’encourager à le faire à chaque contact, tout
au long du suivi.

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3. D
 IRECTIVES EN MATIERE D’ORGANISATION DES SERVICES
DE SANTE MATERNELLE, NEONATALE ET INFANTILE DANS
LE CADRE DE LA PTME

L’offre de soins dans le cadre de la PTME doit être 3.1. ORGANISATION DES SOINS
intégrée dans le paquet de soins complets offerts à la
Il y a plusieurs niveaux de dispensation des soins PTME
femme en âge de procréer, à tous les niveaux de soins.
depuis le niveau communautaire, le poste de santé, le
Une attention particulière sera accordée à la femme
centre de santé et l’hôpital. Le tableau donne le paquet
dépistée positive pour le VIH, la Syphilis ou l’Hépatite
minimum d’activités en fonction du niveau de soins
B pendant la grossesse, l’accouchement et la période
(tabV).
d’allaitement.

Tableau IX : paquet minimum d’activités selon le niveau de prestation


60
Centre de Santé/
Activités Communauté Poste de Santé
Hôpital
• Sensibilisation, stratégies avancées et mobiles, ciblées
X X X
pour les FAR
• Causeries de groupe sur la PTME en CPN X X X
• Soutien et accompagnement psychosocial X X X
• Education à l’utilisation des préservatifs, conseils pour
X X X
la planification familiale
• Conseils nutritionnels X X X
• Visites à domicile X X X
• Conseils pré et post test X X X

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• Dépistage avec tests rapides X X
• Auto-testing X
• Prélèvements et référence des échantillons pour la
X X
confirmation du test VIH
• Diagnostic sérologique de confirmation X X
• Trithérapie chez la femme enceinte et enfant infecté X X
o Initiation X X
o Dispensation X X
o Distribution X
o Suivi clinique de la femme X X
o Suivi biologique de la femme X X
o Aide à l’observance thérapeutique X X X
Consultations prénatales X X 61
• Accouchement réalisé par un personnel qualifié X X
• Prophylaxie ARV chez l’enfant X X X
• Prélèvement et acheminement des échantillons pour le
diagnostic précoce de l’infection à VIH chez l’enfant, la X X
charge virale, Syphilis et Hépatite B
• Charge virale, POC X X
• Collecte et gestion des données sur la PTME X X
• Planification familiale X X
• Dépistage et traitement de la Syphilis par Benzathine
X X
benzylpénicilline
• Antigène HBS et charge virale VHB X
• Vaccination X X

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Pour les examens de laboratoires non disponibles au Ce qui définit les femmes susceptibles d’être perdues de
poste de santé, les prélèvements seront réalisés sur vue c’est :
place et acheminés au Centre de Santé ou à l’Hôpital. • Déni du diagnostic de séropositivité ;
Les résultats seront communiqués le plus vite possible en
utilisant les TIC en attendant la réception du document, • Refus du partage avec le conjoint ;
afin de permettre une prise en charge rapide de la patiente. • Auto-stigmatisation ;
• Situation sociale précaire ;
3.2. CONTINIUM DES SOINS DANS LE CADRE • Facteurs d’inobservance
DE L’eTME
• Mauvaise tolérance des ARV ;
3.2.1. Intégrations des services de santé mère-
• Femme en situation nutritionnelle précaire ;
enfant
• Absence de partage du statut avec le conjoint ;
L’organisation des services dans le cadre de l’eTME doit
62 intégrer le concept « Stay free, Start free, AIDS free » (fig • Stratégies efficaces de rétentions dans les soins
10). • Accueil chaleureux au niveau des structures ;
3.2.2. Accompagnement de la femme • Disponibilité du paquet de soins complets sur site ;
L’accompagnement de la femme a pour but d’identifier • Disponibilité permanente des intrants y compris les
celles qui sont susceptibles d’être perdues de vue ARV sur site ;
ou non observantes. Les accompagnateurs ont
pour rôles de renforcer la responsabilisation des • Etablissement d’une relation de confiance avec les
femmes pour qu’elles adhérent au traitement ARV prestataires ;
et les aider à se soutenir mutuellement au niveau • Soutiens par les pairs, « mentor mothers » (cf chap
communautaire. Ils doivent être capable d’identifier : 4.1.1.1) ;

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63

Figure 10 : Organisation du continuum des soins dans le cadre de l’eTME

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• Accompagnement de la femme par une marraine connu comme le modèle de « poussé informé ». L’« IPM »
avec la stratégie « Ndeydicke » (cf chap 4.2.1) ; a commencé comme une initiative en faveur des produits
•
Collaboration avec les communautaires pour le contraceptifs et est étendu pour inclure progressivement
maintien du lien avec les structures. tous les produits de santé.
3.3.2. Fonctionnement du « Yeksi Naa « ?

3.3. CIRCUIT D’APPROVISIONNEMENT EN « Yeksi Naa » augmente la disponibilité des produits de


INTRANTS santé au niveau des PPS en établissant des partenariats
avec des opérateurs privés, en améliorant la collecte et
Le circuit d’approvisionnement en intrants à partir de la l’analyse électronique des données et en définissant les
PNA a été amélioré grâce à l’initiative « Yeksi Naa ». procédures de suivi des stocks.
3.3.1. Définition du concept « Yeksi Naa » ?
C’est le programme national du Sénégal de distribution
64 des produits de santé jusqu’au dernier kilomètre. Il est
issu d’un projet pilote « Informed Push Mode » (IPM),

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3.3.3. Circuit commande en intrants de la PTME
Ce circuit est défini selon le lieu de prestation : poste de santé, centre de santé ou hôpital (fig 11).

Cas CS Cas PS Cas des CH


Dépôt CS Dépôt PS Pharmacie central

Circuit commande
Bon Bon Bon
commande commande commande

Maternité Maternité Maternité/gynécologie

NB: la sage femme doit remplir le bon ou carnet de commande et le transmettre au dépôt de la structure
65

Figure 11 : Circuit commande en intrants de la PTME selon le niveau de prestation

3.4. L’APPORT DU LABORATOIRE DANS être interprétés individuellement comme pour les tests
L’eTME DU VIH, DE LA SYPHILIS ET DE réalisés séparément.
L’HEPATITE B Concernant le suivi virologique ou le diagnostic précoce,
3.4.1. DEPISTAGE ET SUIVI VIROLOGIQUE la décentralisation des POC devrait rendre effective la
délégation de tâches dans son volet biologique.
L’utilisation des TDR duo VIH/ Syphilis devrait permettre
d’améliorer le dépistage des femmes enceintes au La performance des activités de PTME dans les centres
premier trimestre de la grossesse comme le recommande de santé périphériques est fonction de la disponibilité de
l’OMS (19). Ces tests ont une bonne sensibilité et personnels formés pour l’ensemble des activités.
bonne une spécificité. Les résultats des tests doivent

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Concernant le dépistage, tous les agents de structures l’infection. Tous les documents officiels détaillant les
de consultations prénatales/maternité doivent savoir procédures opératoires de façon simplifiée doivent être
comment proposer, réaliser le test et la conduite à tenir accessibles. Cette approche réduirait les perdues de
lorsqu’il se révèle positif. vue, et permettrait le démarrage immédiat du TARV de
Dans les centres où il existe un laboratoire, un la femme enceinte.
prélèvement sur tube ou sur DBS doit être réalisé et
le résultat positif doit être confirmé par le laboratoire 3.4.2. CIRCUIT D’ACHEMINEMENT DES
médical de la structure, de préférence le même jour. PRELEVEMENTS
Dans les centres où le laboratoire médical est éloigné, Le circuit d’acheminement doit être défini en fonction de
ce qui était un élément favorisant les « perdues de vue la pyramide sanitaire (Fig 12).
», il est nécessaire de former ce personnel auxiliaire.
Ce personnel doit réaliser les tests complémentaires NB : les MCD sont invités à définir des circuits qui
de l’algorithme en vigueur pour confirmer ou infirmer tiennent compte de leurs spécificités.
66

Poste de Santé Centre de Santé/ Hôpital

Laboratoire de référence Laboratoire régional

Figure 12 : circuit d’acheminement des prélèvements

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3.4.3. CIRCUIT DE RENDU DES RESULTATS
Le circuit de rendu des résultats se fait dans le sens contraire du circuit d’acheminement des prélèvements (fig 13).
Néanmoins, pour permettre la prise en charge immédiate du patient, le résultat peut être envoyé à l’aide des TIC, en
prenant des précautions pour ne pas rompre la confidentialité (Chap 4.3.).

Laboratoire de référence Laboratoire régional

67
Poste de santé Centre de Santé/ Hôpital

Figure 13 : circuit de rendu des résultats

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4. S
 TRATEGIES A HAUT IMPACT POUR LA PROMOTION DE
L’UTILISATION DES SERVICES PTME

4.1. DELEGATION DE TACHES 4.1.1. DELEGATION DE TACHES AUX


PARAMEDICAUX
La délégation effective des tâches a été identifiée
comme étant un des points faibles du programme PTME 4.1.1.1. SAGE-FEMMES
actuel. Il est important de la rendre effective même si elle L’analyse des résultats du programme a permis de voir
doit être encadrée, pour éviter certains écueils relevés que malgré la politique de délégation de tâches mise en
par certains acteurs qui se plaignent d’un « épuisement place depuis 2014, l’initiation du traitement antirétroviral
professionnel », d’une augmentation des tâches qui leur se fait par les médecins dans plus de 90% des cas, alors
sont dévolues alors que parallèlement leurs subventions que les sage-femmes restent les agents de santé les plus
ont diminué [14]. en contact avec les femmes enceintes et donc celles qui
68 La préoccupation majeure du programme doit être d’offrir proposent le dépistage. Il s’agit donc de leur donner un
le paquet de soins complet permettant l’élimination de rôle majeur dans la prise en charge de la femme enceinte
la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et de séropositive, depuis le dépistage, jusqu’au diagnostic
l’Hépatite B sur un même site, pour réduire le risque précoce de l’enfant. Elles doivent se sentir redevables
de rupture dans le suivi secondaire à la lourdeur des de l’issue de la prise en charge du couple mère-enfant ;
procédures comme cela a été démontré dans les travaux l’objectif de la PTME est d’avoir au bout du processus
de Muktar [21], Ngidi [22] et Naburi [23]. un enfant séronégatif.

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Cette délégation de tâches a été concrétisée par un L’implication des sage-femmes doit être encouragée
programme « Ndeydike » dont l’objectif principal est par une discrimination positive, pour celles qui auront
de renforcer l’engagement et le leadership de la sage- les meilleurs résultats en leur décernant le titre de «
femme pour assurer une couverture totale par les championne PTME » et d’autres distinctions pour les
services de PTME, en collaboration avec les MCD, les encourager à maintenir ce niveau de prestation.
MCR, l’équipe de PEC et les gynécologues. La sage-femme « championne PTME » sera choisie
Dans le cadre de ce programme, la sage-femme doit sur les critères de performance suivants, concernant la
fournir une assistance technique pour : femme enceinte séropositive :
• amener la femme enceinte à faire son dépistage • Femme ayant effectué quatre CPN ;
ainsi que son partenaire ; • Femme ayant une bonne observance ;
• assurer le suivi de la femme enceinte séropositive, • Cascade PTME complète ;
veiller à sa mise sous ARV, à son accouchement à
moindre risque ; • Accouchement assisté ;
69
• assurer le suivi de l’enfant né de mère séropositive • PCR à 6 semaines, sérologie à 14 mois et enfant
pour que le paquet de services approprié lui soit non infecté ;
administré : soins essentiels, prophylaxie ARV, •
Allaitement maternel exclusif pendant 6 mois et
AMP, Cotrimoxazole, test VIH (PCR, Sérologie) ; sevrage à 12 mois.
La mise en œuvre de ce programme permettra de L’association des sages-femmes sera chargée de
promouvoir un modèle d’engagement de « sage-femme définir les critères de choix des sages-femmes qui
championne » dans le programme de l’élimination de seront enrôlées dans le programme. La présidente de
la Transmission Mère-Enfant du VIH. Chaque enfant à l’association fera partie du comité de suivi national.
naître aura une sage-femme comme marraine chargée
Les sages-femmes qui auront été choisies rendront
de sa prise en charge, de la naissance jusqu’à son
compte au sein de leur association. Un rapport des
diagnostic définitif.
activités menées sera soumis chaque mois.

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4.1.1.2. INFIRMIERS 4.1.1.3. AUTRES PARAMEDICAUX
L’effectivité de la délégation de tâches aux infirmiers Les autres paramédicaux (assistants infirmiers…) peuvent
dans les postes de santé doit être un élément clé du assurer le suivi du patient une fois que le traitement est
programme. En effet dans les postes de santé, le suivi institué mais sous la supervision du district.
des femmes enceintes est assuré par l’infirmier chef de En dehors de l’initiation du TARV, ils peuvent dérouler
poste quand il n’y a pas de sage-femmes. toutes les étapes de la prise en charge dans le cadre du
La standardisation et la simplification des protocoles programme PTME.
devront faciliter cette prise en charge.
Il serait utile de maintenir un lien avec le médecin du 4.1.2. D
 ELEGATION DE TACHES AUX
centre de santé, pour vérifier que le schéma thérapeutique TRAVAILLEURS SOCIAUX ET AUX AGENTS
est adéquat et prendre en charge la femme, en cas COMMUNAUTAIRES DE SANTE
d’indications pour la référence. Cette vérification du
70 schéma thérapeutique peut se faire physiquement ou en
utilisant les technologies de communication pour l’envoi 4.1.2.1. TRAVAILLEURS SOCIAUX
de l’ordonnance.
Dans le cadre de l’accompagnement psychosocial des
Cependant pour le respect de la confidentialité, il faut patientes et de leur famille, les travailleurs interviennent
éviter de mettre le nom du patient sur le document à à tous les niveaux de la prise en charge. Ils procèdent à
envoyer et le remplacer par un numéro d’identification. l’ouverture des dossiers sociaux, renforcent le counseling
Des réunions de coordination technique peuvent se tenir post-test, participent aux séances d’éducation
dans le cadre des activités du district pour une meilleure thérapeutique.
prise en charge des patients.

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4.1.2.2. MATRONES Ils ont pour rôles de :
Elles doivent être formées au dépistage des femmes • Servir de lien entre les prestataires et la communauté ;
enceintes et de leur famille. Elles peuvent également aider • Organiser des causeries dans le domaine du VIH et
à la dispensation des ARV, en milieu communautaire. autres IST
Cette stratégie a déjà été utilisée avec succès dans
certains pays [24]. • Accompagner les patientes sur le plan psychosocial ;

4.1.2.3. « BADJENOU GOX » • Aider à l’observance thérapeutique ;

Elles peuvent aider à la sensibilisation des adolescent(e)s/ • Encourager le dépistage familial ;


jeunes, des parents et de la communauté sur l’importance • Organiser des groupes de paroles ;
d’une bonne santé sexuelle et de la reproduction.
• Rechercher les perdus de vue.
Les « Badjenou gox » peuvent faire le plaidoyer auprès
des leaders, de la communauté afin qu’ils comprennent
les enjeux de l’eTME. 4.2. « MENTORING » ET « CHAMPIONS PTME » 71
Elles peuvent accompagner les femmes séropositives 4.2.1. « MENTORING » PAR LES BENEFICIAIRES
dans la communauté, servir de lien avec les structures DU PROGRAMME
sanitaires et conduire la médiation autour des questions Il faut impliquer les bénéficiaires dans le programme en
relatives à l’eTME dans la communauté. leur proposant de faire un mentorat pour les femmes
4.1.2.4. M
 EDIATEURS ET AUTRES ACTEURS nouvellement recrutées et leur faire bénéficier de leur
COMMUNAUTAIRES DE SANTE (ACS) vécu.
Ce sont des relais, des travailleurs sociaux ou des Il s’agit pour ces « mentor mother », d’inciter au
personnes vivant avec le VIH choisis par la communauté dépistage les femmes en âge de procréer et celles qui
et/ ou le responsable de la structure de santé. Ils doivent sont enceintes.
savoir lire et écrire et être formés en conseils dans le
domaine de l’infection à VIH et les autres IST.

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Elles doivent s’impliquer particulièrement dans 4.2.1.4. Pendant la période post-natale
l’accompagnement des femmes séropositives au • Encourager la femme à aller aux consultations post-
moment du diagnostic, au cours de la grossesse, de natales ;
l’accouchement et dans la période post-natale.
• Aider à l’observance thérapeutique de la femme et
4.2.1.1. Au moment du diagnostic
du nouveau-né ;
•
Accompagner la femme dans le processus
•
Soutenir la femme pour qu’elle puisse allaiter
d’acceptation du diagnostic ;
correctement son enfant ;
• Encourager la femme à partager son statut avec son
• Mettre en œuvre la méthode de planification familiale
conjoint ou un proche ;
choisie par la femme.
4.2.1.2. Pendant la grossesse
• Accompagner la femme au cours des CPN ;
NB : Durant cet accompagnement, le « mentor mother »
72 • Aider à l’observance du TARV ; doit encourager la femme à partager son statut avec son
• Préparer l’accouchement ; conjoint ou un proche et à faire dépister ses enfants.

• Procéder à l’indentification systématique du besoin


de la cliente en planification familiale (ISBCPF). 4.2.2. « CHAMPIONS DE MOBILISATION
4.2.1.3. A l’accouchement COMMUNAUTAIRE » DU PROGRAMME
PTME POUR LES CONJOINTS
• Accompagner la femme au site de prise en charge ;
L’implication des conjoints a toujours été citée comme
•
Aider à l’observance durant cette période où la un élément clé pour la réussite du programme PTME.
femme peut oublier son traitement à cause de la Cependant, dans la mise en œuvre du programme, cet
fatigue ou du changement d’environnement ; aspect est souvent négligé.
•
Aider au démarrage de la prophylaxie chez le
nouveau-né.

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Il s’agit ici de faire des conjoints des « champions de précoce à 6 mois : 64% pour les couples pour lesquels
mobilisation communautaire » en PTME, en les invitant l’homme était impliqué, versus 28% pour les autres.
à accompagner leurs épouses lors des consultations
prénatales.
4.3. UTILISATION DES TECHNOLOGIES DE
Cette stratégie peut se concrétiser en envoyant une COMMUNICATION
invitation formelle et agréable au conjoint d’une femme
enceinte, venue seule à une consultation prénatale. Une Le suivi des femmes enceintes séropositives incluant
place n’étant pas souvent donnée aux hommes, pendant la gestion des rendez-vous, les relances, la prévention
le suivi des femmes enceintes, cette invitation le met à des perdues de vue peut se faire grâce à une application
l’aise pour accompagner son épouse. utilisable sur tous les téléphones mobiles, même les
plus basiques. L’information qui est envoyée du niveau
Les « champions PTME » sont des époux qui désirent périphérique vers un niveau supérieur est reçue en temps
s’investir dans ce domaine quel que soit leur statut réel, et secondairement un fichier contenant toutes ces
par rapport au VIH. Ils doivent participer aux séances informations peut être généré et envoyé par mail. Cette
d’IEC/ CCC au niveau des sites, pour acquérir des 73
application devrait permettre de suivre en temps réel
connaissances dans le domaine de la transmission toutes les femmes enceintes dépistées séropositives
du VIH, de la Syphilis et de l’Hépatite B qu’ils seront pour le VIH, la Syphilis ou l’Hépatite B, depuis le
chargés de partager dans la communauté, en particulier dépistage jusqu’au diagnostic définitif de l’enfant. Ce
avec leurs pairs. Cette stratégie utilisée au Nigéria [21] suivi électronique permettra à la fois une gestion du suivi
a permis de noter des améliorations significatives de et également de lancer une alerte lorsqu’un rendez-vous
l’implication des hommes dans la PTME. n’est pas honoré par la femme. Un système d’attribution
Un travail réalisé en Tanzanie [25] avait montré que de points, convertibles en médicaments (MILDA, fer,
l’implication des hommes avait un impact sur la durée acide folique, …) peut être envisagé pour chaque rendez-
de l’allaitement maternel exclusif, suivi d’un sevrage vous programmé, respecté par la femme.

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4.4. GENRE ET DROITS HUMAINS La levée des obstacles liés au genre et aux droits
humains, constitue un pilier important du programme
Les stratégies proposées dans ce document doivent
de lutte contre l’infection à VIH et les IST d’une façon
se faire dans le strict respect des droits des personnes
générale. Il doit en être de même pour l’Hépatite B. Il
vivant avec le VIH, celles infectées par la syphilis ou
faut veiller, à ce que les personnes suivies dans le
l’Hépatite B. Tout enfant ayant droit à une bonne santé, il
programme PTME ne subissent aucune discrimination
est important de proposer une prise en charge adéquate
ou stigmatisation liée au genre.
à ses parents pour qu’il naisse dans les meilleures
conditions possibles, tout en prenant en compte le
risque de discrimination et/ ou de stigmatisation.

74

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5. S
 TRATEGIES D’INTEGRATION PROGRAMME PTME AVEC
LES AUTRES PROGRAMMES

5.1. DIRECTION DE LA SURVIE DE LA MERE L’infection à VIH, particulièrement la PTME doit être
ET DE L’ENFANT un bon prétexte pour améliorer ce taux. En effet, toute
femme dépistée séropositive pour le VIH doit bénéficier,
5.1.1. P
 REVENTION DE L’INFECTION A VIH
d’une proposition de planification familiale utilisant une
CHEZ LES FEMMES JEUNES EN AGE
double protection qui aura l’avantage de prévenir une
DE PROCREER AINSI QUE LEURS
grossesse non désirée, mais également de protéger son
PARTENAIRES
partenaire.
Dans le paquet d’activités en direction des adolescents
De même, l’offre de services PF et la contraception
et des jeunes, des séances IEC/ CCC sur la prévention
d’urgence jusqu’au niveau communautaire peut être
de comportements, défavorables à la santé, sont
mis à profit par la proposition du dépistage, dans 75
proposées parmi lesquelles la prévention des IST/VIH/
ces situations où l’absence d’utilisation de modes
SIDA, des grossesses et de toute pratique néfaste à la
contraceptifs est clairement établi. Le CDVA n’existant
santé [26]. Il faut profiter de ces activités de sensibilisation
pas au niveau communautaire, cette activité pourra être
pour proposer le dépistage de l’infection à VIH et de la
dévolue aux communautaires.
Syphilis.
5.1.3. SUIVI GROSSESSE, ACCOUCHEMENT ET
5.1.2. P
 REVENTION DES GROSSESSES
PERIODE POST NATALE
NON DESIREES CHEZ LA FEMME
SEROPOSITIVE Les prestataires chargés du suivi des femmes enceintes
depuis la grossesse jusqu’à l’accouchement et le suivi
Dans la population générale de femmes au Sénégal,
post-natal doivent être formés pour prendre en charge
seules 25% des femmes bénéficient de la planification
correctement le statut séropositif de la femme, durant toute
familiale, toutes méthodes confondues, selon l’EDS de
sa grossesse et jusqu’au diagnostic définitif de son enfant.
2016 [13].

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5.1.4. SUPERVISIONS CONJOINTES 5.2.3. SUIVI DU CALENDRIER VACCINAL
Les supervisions de la DSME doivent être organisées La femme enceinte séropositive doit être suivie jusqu’au
de façon conjointe avec celles de la DLSI. Les équipes diagnostic définitif de son enfant. Il faudra s’assurer du
cadres chargées de cette supervision doivent être suivi correct du programme élargi de vaccination, durant
composées de prestataires qui travaillent pour ces cette période.
programmes. Ces séances de vaccination seront également l’occasion,
pour proposer le dépistage VIH aux femmes qui ne
connaissent pas leur statut car n’ayant jamais reçu de
5.2. PROGRAMME DE SURVEILLANCE DES
proposition de dépistage, à celles qui l’avaient refusé,
HEPATITES
pendant la grossesse ou celles qui étaient dépistées
5.2.1. DEPISTAGE PENDANT LA GROSSESSE séronégatives mais exposées à des risques d’infection.
Il faut promouvoir le dépistage de l’Hépatite par
la recherche de l’antigène HBs. Il est également
76
nécessaire de tenir des rencontres périodiques avec
les responsables du suivi de l’infection chez la femme
enceinte afin d’identifier des mécanismes pour renforcer
le dépistage et assurer une prise en charge correcte à la
femme infectée par le virus de l’Hépatite B [27].
5.2.2. VACCINATION A LA NAISSANCE
La vaccination contre l’hépatite B devant se faire à la
naissance, les prestataires qui assistent ces femmes
doivent travailler en étroite collaboration avec les
responsables du PEV pour s’assurer de la disponibilité
des vaccins en salle de naissance

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6. SUIVI ET EVALUATION DU PROGRAMME PTME

6.1. SUIVI • Nombre et pourcentage de femmes enceintes dont


le dépistage VIH est positif ;
Au niveau du district sanitaire, le suivi-évaluation de la
PTME doit être intégré dans le paquet des activités de • Nombre et pourcentage de femmes enceintes qui
la DSME. Il en est de même des activités de revue et de ont retiré leur résultat ;
coordination. Des rapports périodiques seront rédigés • Nombre et pourcentage de femmes ayant bénéficié
avec des indicateurs qui seront calculés en fonction des d’une méthode de planification familiale ;
objectifs de l’eTME.
• Nombre et pourcentage de femmes séropositives
6.1.1. INDICATEURS DE PROCESSUS DU ayant des besoins non satisfaits en planification
PROGRAMME familiale ;
6.1.1.1. POUR LE VIH • Nombre et pourcentage de femmes enceintes qui 77
•
Nombre et pourcentage de femmes en âge de sont nouvellement mises sous TARV
reproduction dépistées ; •
Nombre et pourcentage de femmes enceintes
•
Nombre et pourcentage de femmes vues pour séropositives qui étaient sous TARV avant la
la première fois en CPN quel que soit l’âge de la grossesse ;
grossesse ; •
Nombre et pourcentage de femmes enceintes
• Nombre et pourcentage de femmes enceintes chez séropositives qui ont bénéficié d’une charge virale
qui le dépistage VIH a été proposé ; avant l’accouchement ;
• Nombre et pourcentage de femmes enceintes qui •
Nombre et pourcentage de femmes enceintes
ont accepté de faire dépistage VIH ; qui ont une charge virale indétectable avant
l’accouchement ;
• Nombre et pourcentage de femmes enceintes chez
qui le dépistage VIH a été fait ;

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• Nombre et pourcentage de femmes séropositives • Nombre et pourcentage d’enfants avec PCR positive ;
qui ont accouché ; • Nombre et pourcentage d’enfants avec PCR
• Nombre et pourcentage de nouveau-né de mères négative :
séropositives dans la période ; •
Nombre et pourcentage d’enfants de mères
•
Nombre et pourcentage de femmes enceintes séropositives qui ont bénéficié d’une sérologie à 14
séropositives qui ont bénéficié d’une charge virale 6 mois ou plus dans la période ;
mois après l’accouchement ; • Nombre et pourcentage d’enfants diagnostiqués
•
Nombre et pourcentage de nouveau-nés sous séropositifs dans la période ;
prophylaxie ARV ; • Nombre et pourcentage d’enfants diagnostiqués
• Nombre et pourcentage de nourrissons (de 6 mois séronégatifs dans la période ;
à 30 mois) mis sous prophylaxie au Cotrimoxazole • Nombre et pourcentage d’enfants issus de la fratrie
dans la période ; dépistés ;
78
• Nombre et pourcentage de nourrissons de mères • Nombre et pourcentage d’enfants issus de la fratrie
séropositives qui ont bénéficié dans la période d’un dépistés positifs pour le VIH ;
diagnostic précoce (6 semaines- 2 mois) ;
• Nombre et pourcentage d’enfants dépistés positifs
• Nombre et pourcentage de nourrissons de mères et mis sous traitement antirétroviral ;
séropositives qui ont bénéficié dans la période d’un
diagnostic VIH au-delà de 2 mois ; •
Nombre et pourcentage de conjoints de femmes
séropositives qui ont fait le dépistage VIH.
•
Nombre et pourcentage d’enfants pour lesquels
les résultats définitifs de la PCR sont reçus dans la
période ;

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6.1.1.2. POUR LA SYPHILIS 6.1.2. RECUEIL ET COLLECTE DES DONNÉES
•
Nombre et pourcentage de femmes enceintes Ce suivi sera basé sur un système de gestion de données
reçues en CPN dépistées pour la Syphilis ; comprenant le recueil et la collecte régulière des
•
Nombre et pourcentage de femmes enceintes données à partir de supports simples et standardisés. Le
reçues en CPN dépistées positives à la Syphilis ; traitement et la diffusion des informations sous formes
d’indicateurs, doivent être faits par les différents acteurs.
• Nombre de cas de Syphilis pris en charge chez les
femmes enceintes. Les supports de collecte suivants seront utilisés :

6.1.1.3. POUR L’HEPATITE B • Le registre PTME pour l’enregistrement des données
de la mère et de l’enfant ;
•
Nombre et pourcentage de femmes enceintes
reçues en CPN chez qui la recherche de l’AgHbs a • Le registre PCR ;
été effectuée ; • Le registre de la charge virale ;
•
Nombre et pourcentage de femmes enceintes • Une fiche de rapport mensuel et trimestriel ; 79
positives pour l’Hépatite B et qui ont bénéficié d’une
• Le dossier adulte ;
charge virale ;
• Fiche de suivi de l’enfant né de mère séropositive.
•
Nombre et pourcentage de femmes enceintes
positives pour l’Hépatite B mises sous traitement ; 6.1.3. RAPPORT MENSUEL AU NIVEAU DES SITES

• Nombre et pourcentage de nouveau-nés vaccinés Le rapport mensuel de chaque site sera transmis au
à la naissance contre l’hépatite B (couverture district sanitaire puis à la région médicale et au niveau
vaccinale HepB à la naissance). national. Les données recueillies au niveau des sites et
les rapports de supervision serviront à assurer le suivi
des activités.

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6.1.4. RAPPORT TRIMESTRIEL AU NIVEAU 6.2. EVALUATION
NATIONAL
Une évaluation périodique du programme PTME sera
Le rapport trimestriel national devra être partagé avec faite à partir de l’analyse des données recueillies à
les différentes parties (Hôpitaux, Districts, DSME, DLSI, partir du logiciel DHIS2 et des rapports de supervision,
CNLS, ANCS, partenaires au développement…), dans au niveau régional tous les trois (3) mois pour identifier
un cadre formel de réunions de coordination au niveau les écueils rencontrés par les différentes parties et leur
régional, pour faire un état des lieux de l’avancement trouver des solutions. Cette évaluation sera annuelle
dans l’atteinte des objectifs et pour éventuellement, sur l’ensemble du territoire afin de mesurer les résultats
procéder à des améliorations ou rectificatifs. obtenus dans la mise en œuvre du programme et ceux
6.1.5. Logiciel DHIS2 vers l’élimination de la TME.

Le logiciel DHIS2 devra être renseigné régulièrement 6.2.1. CIBLES DU PROGRAMME


pour une disponibilité des résultats au niveau national. • Les femmes en âge de procréer et leurs partenaires ;
80 6.1.6. SUPERVISIONS • Les adolescents et les jeunes ;
Elles seront organisées tous les mois, au niveau des • Les femmes reçues pour la planification familiale ;
districts et tous les trois mois, au niveau régional. Ces
•
Les femmes enceintes, leurs conjoints et leurs
supervisions doivent être planifiées pour s’assurer de
enfants ;
la disponibilité des parties prenantes, formatives pour
identifier toutes les difficultés rencontrées dans le •
Les femmes allaitantes, leurs conjoints et leurs
déroulement du programme. enfants ;
• Les nouveau-nés reçus en consultation post-natale ;
• Les nourrissons venus pour la vaccination.
• Les nourrissons venus en consultation tri enfant.

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6.2.2. INDICATEURS D’EFFET DU PROGRAMME 6.2.4. INDICATEURS POUR LA SYPHILIS
VIH ET AUTRES IST ET L’HEPATITE B • Assurer une prise en charge de qualité à 90% des
6.2.3. INDICATEURS POUR LE VIH personnes présentant des symptômes d’IST, la
• Réduction de la TME du VIH à moins de 2% d’ici Syphilis y compris qui ont eu recours aux structures
2020 de soins ;

• Dépister 95% des femmes enceintes vues en CPN • Traiter toutes les femmes enceintes ayant un test
d’ici à 2020 ; positif à la Syphilis.

•
Traiter 95% des femmes enceintes séropositives 6.2.5. INDICATEURS POUR L’HEPATITE
d’ici à 2020 ; •
Dépister en routine les femmes enceintes pour
•
Dépister précocement 95% des enfants nés de l’HBs Ag et traiter celles à AgHbs + et à fort taux de
mères séropositives ; réplication d’ici 2023 ;
• Consolider la vaccination HBV à la naissance (dans
81
les 24H) dans le cadre du PEV en vaccinant tous les
nouveau-nés à la naissance

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CRITERES D’ELIMINATION DE LA TRANSMISSION MERE-ENFANT
DU VIH ET DE LA SYPHILIS (OMS)
Indicateurs d’impact (obtenus sur au moins un (1) an
• Un taux de transmission inférieur à 5% dans les populations allaitantes et 2% dans les populations non
allaitantes.
• Un chiffre inférieur ou égal à 50 nouvelles infections VIH pédiatriques pour 100000 naissances vivantes ;
• Un chiffre inférieur ou égal à 50 cas de Syphilis congénitale pour 100000 naissances vivantes ;

82
Indicateurs de processus (obtenus sur au moins deux (2) ans
• Couverture supérieure ou égale à 95% pour la couverture en CPN (au moins une visite) ;
• Couverture supérieure ou égale à 95% pour le dépistage du VIH et de la Syphilis ;
• Couverture supérieure à 95% pour le TARV des femmes enceintes séropositives pour le VIH ;
• Traitement au moins de 95% des femmes enceintes séropositives pour la Syphilis ;
Les pays peuvent demander une validation de l’élimination du VIH et ou de la Syphilis lorsqu’ils ont atteint les
cibles d’impact pendant un (1) an et les cibles de processus pendant deux (2) ans et lorsque ces résultats ont
été obtenus dans une entité infranationale qui présente les résultats les moins bons.

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7. RENFORCEMENT DE CAPACITES

La mise en œuvre du programme devra être accompagnée Des supervisions périodiques formatives et intégrées
d’un renforcement de capacités dicté par les difficultés seront effectuées de façon mensuelle au niveau du
identifiées au cours des évaluations périodiques. district et trimestrielle au niveau national. La supervision
Il faudra s’assurer de la qualité des services offerts dans sera faite par le district avec l’appui technique du niveau
le cadre des activités PTME. En effet, cet aspect est pris régional et central, sur la base d’une grille de supervision
en compte dans l’accréditation des critères d’eTME. prenant en compte tous les aspects du programme.

Les infrastructures et les équipements seront renforcés La supervision formative et intégrée des activités
avec la décentralisation des POC afin de rendre communautaires se fera également, en collaboration
disponible, le paquet de soins complets sur site. avec les organismes de la société civile qui interviennent
dans les programmes PTME et celles de la DSME.
La disponibilité des médicaments, des réactifs et des 83
autres intrants de qualité étant un garant de succès pour Ce renforcement de capacités peut également se faire,
le programme, il faut une évaluation correcte des besoins sous forme de tutorat, sur site pour la réduction de la
et une utilisation optimale des outils de suivi des stocks mortalité maternelle et néonatale. Cette stratégie consiste
afin d’éviter les ruptures en intrants, souvent soulignées à former les prestataires sur de courtes périodes mais
dans l’évaluation du programme et dans les rapports de à une fréquence élevée. Cette stratégie de formation
supervision. permet de voir les réalités du terrain afin de proposer
des solutions adaptées à chaque site.
Dans le cadre de la pharmacovigilance, les prestataires
devront notifier les cas d’effets indésirables, liés à Il faudra également envisager des voyages d’études
l’utilisation des produits fournis par le programme. dans des pays qui ont mis en place des stratégies qui
ont fait leur preuve dans la PTME, afin de favoriser les
échanges de bonnes pratiques.

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8. RECHERCHE OPERATIONNELLE

La recherche opérationnelle permettra d’étudier tous les aspects du programme qui ne sont pas mis à nu par le
suivi des indicateurs. Cette recherche qui peut évaluer les connaissances, attitudes et pratiques des prestataires
et des bénéficiaires, peut améliorer l’organisation et l’offre de soins dans la mise en œuvre de l’eTME.
Trois thématiques sont identifiées :
• Le « re-testing » des femmes séronégatives au 3ième trimestre de la grossesse dans trois régions du sud à
prévalence élevée : cette stratégie est-elle coût/efficace ?
• L’implication des maris de femmes séropositives dans le cadre des activités communautaires ;
• Etudes des déterminants liés au faible dépistage des nouveau-nés issus de mères séropositives et de la
84
fratrie.

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87

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ANNEXE 1 : Evaluation nutritionnelle/ gain pondéral de la femme enceinte

Evaluation de l’état nutritionnel de la femme enceinte ou allaitante


• La surveillance du périmètre brachial permet de diagnostiquer une malnutrition chez la femme enceinte :
Bon état nutritionnel : PB>230mm
Malnutrition modérée : 210> PB<230mm
Malnutrition sévère : PB<210mm
• L’évaluation de la prise pondérale pendant la grossesse est fonction de l’état nutritionnel antérieur .

Tableau IX: prise pondérale au cours de la grossesse


88
Corpulence (Indice de Masse Corporelle) avant la Total gain de poids attendu durant toute la grossesse
grossesse
<19,8 12,5 - 18
19,8 - 25,9 11,5 - 16
26 - 29 7 - 11,5
>29 <7

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ANNEXE 2 : Soins des seins pendant l’allaitement

• Mamelon ombiliqué
• Utiliser les bouts de sein
• Utiliser la technique de la seringue
• Crevasses
• Nettoyer et sécher le mamelon après chaque tétée ;
• Appliquer des crèmes grasses et ou cicatrisantes ;
• Engorgement mammaire
• Soutenir fermement les seins (sans les comprimer) ;
• Appliquer des compresses : les compresses
chaudes soulagent la douleur, les compresses
froides réduisent l’œdème ; Figure 14 : Utilisation de la seringue pour les mamelons ombiliqués 89
• Exprimer suffisamment de lait pour réduire la gêne ;
•Soulager la douleur en prenant un analgésique tel • Utiliser l’ibuprofène ou le paracétamol/
que l’Ibuprofène ou le paracétamol ; acétaminophène et appliquer des compresses
• Utiliser des méthodes traditionnelles : cataplasme chaudes pour soulager la douleur ;
d’argile, bouteille chaude… • Reprendre l’allaitement avec le sein malade qu’après
• Mastites guérison de celui-ci ;
• Eviter d’allaiter avec le sein malade ; • Abcès du sein
• Exprimer le lait du sein infecté pour une guérison • Hospitalisation ;
rapide et pour maintenir la production de lait ; • Antibiothérapie ;
• Traiter l’infection à l’aide d’une cure d’antibiotiques • Interruption de l’allaitement ;
de 10 à 14 jours ;
• Incision et drainage chirurgicaux.

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ANNEXE 3 : Evaluation de la qualité des échantillons de DBS

Échantillon de DBS valide Échantillon de DBS invalide

DBS : dry blood spot ou spots de sang séchés Quantité insuffissante de l’échantillon pour le test

90
Échantillon de DBS invalide Échantillon de DBS invalide

L’échantillon n’est pas suffisamment séché L’échantillon apparait hémolysé

Figures 15 : Echantillons de DBS valides et invalides

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ANNEXE 4 : Plan de distribution des intrants de la PNA selon « Yeksina » et « Jeguesi na »

PNA PNA OP
PNA PRA Districts
3 Plans de
distributions
Mensuels

PNA 11 PRA 76 Districts 1534PPS

Plan d’approvisionnement Plan de distribution Plan de distribution PRA/


PNA/PRA PRA/Districts ou Districts/PPS ou «Yeksina»
«jeguesi naa»
Figure 16 : Plan de distribution des produits à partir de la PNA

PNA
91
PNA
PRA

Circuit des commandes


PRA
HOPITAUX DISTRICTS
HOPITAUX
SANITAIRES
DISTRICT

CENTRES DE
SANTE PS
POSTES SANTE

Figure 17 : Circuit distribution des produits à partir de la PNA Figure 18 : Circuit commande des produits à partir de la PNA

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