Khadri Pfe
Khadri Pfe
Devant le jury :
Mr. LHOUS
Mr. MAGRI
22 Octobre 2020
Remerciements
J’exprime à messieurs Mustapha Lhous et El Mostafa Magri mes plus grands remer-
ciements pour l’honneur qu’ils m’ont fait en acceptant d’être membre du jury ainsi que
pour les remarques qu’ils m’adresseront lors de cette soutenance afin d’améliorer mon
travail.
Enfin, j’adresse mes plus sincères remerciements à ma famille et à tous mes amis, qui
m’ont toujours soutenu et encouragé au cours de la réalisation de ce mémoire.
1
2
Notations générales
X F ermeture de X
X0 Espace dual de X
∅ Ensemble vide
C([0, T ], X) Espace des f onctions f : [0, T ] 7−→ X telles que f est continue sur [0, T ]
Lp ([0, T ]; X) Espace des f onctions f : [0, T ] 7−→ X telles que t 7−→ kf (t)kp est intégrable
sur [0, T ]
Z Espace d0 états
A? Adjoint de l0 opérateur A
χω L0 opérateur de restriction à ω
3
R(λ, A) La résolvante de A en λ ∈ ρ(A)
k . kX N orme dans X
4
Table des matières
1 Introduction générale 6
2 Semi-groupes 9
2.1 Semi-groupres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2 Générateur infinitésimal d’un semi-groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.3 Théorème de Hille-Yosida . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.4 Perturbation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.4.1 Opérateur de perturbation indépendant du temps . . . . . . . . . 17
3 Opérateur d’évolution 22
3.1 Problèmes d’évolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.1.1 Opérateur d’évolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.2 Opérateur de perturbation dépendant du temps . . . . . . . . . . . . . . 25
Conclusion 48
Bibliographie 52
5
Chapitre 1
Introduction générale
L’étude mathématique des différents processus réels passe nécessairement par une
phase de modélisation. Cela conduit souvent à l’élaboration de plusieurs outils mathéma-
tiques décrivant le système étudié. Parmi ces outils on trouve, entre autres, les équations
différentielles et aux dérivées partielles. C’est en effet grâce à la modélisation à travers
des équations aux dérivées partielles que l’on a pu mieux comprendre les phénomènes
du monde réel et surtout obtenir des prédictions parfois extrêmement précises. La mo-
délisation mathématique de certains phénomènes physiques, chimiques ,économiques ou
biologiques requiert de disposer de modèles aptes à prendre en compte toutes leurs ca-
ractéristiques dynamiques souvent de natures complexes.
L’étude de la dynamique des systèmes a en revanche pour objet de décrire et comprendre
un phénomène, prédire son comportement, et contrôler son évolution.
Ce travail est consacré à l’étude des problèmes de contrôle optimal pour les systèmes
à paramètres distribués qui sont des systèmes permettant de décrire des phénomènes
spatio-temporels, c’est à dire que les variables caractéristiques du système dépendent non
seulement du temps mais aussi de l’espace. Ces systèmes sont essentiellement représentés
par des équations aux dérivées partielles linéaires ou non linéaires, données par la modé-
lisation. Au cour des derniers décennies, les systèmes à paramètres distribués ont joué un
rôle très important dans le contrôle et la théorie des systèmes. Ce rôle a pris importance
en raison du nombre des classes de systèmes qui sont à la base d’une nature distribuées.
Tant que la participation active de l’homme existe, le contrôle, en particulier, le
contrôle le meilleure possible, a signifié une sorte de pouvoir sur l’environnement.
Généralement, l’objectif de la théorie du contrôle est de contrôler (ou commander) un
système, de sorte que l’on peut agir sur ce dernier, d’une façon optimale, via une ou
plusieurs fonctions qu’on appelle des contrôles, afin de le maîtriser.
Le but est alors de conduire un système dynamique d’un état initial donné à un état
désiré dans un temps fini, tout en respectant certains critères. On parle de la notion
de contrôlabilité. Les systèmes traités sont diverses : système différentiels, systèmes sto-
chastiques, systèmes avec retard ... Leur applications sont très nombreuses et dans de
multiples domaines : mécanique, électricité, électronique, biologie, chimie, économie ...
Le but de la théorie du contrôle est de stabiliser un système afin de le rendre insensible à
certaines perturbations, ou encore de déterminer des solutions optimales pour un certain
critère d’optimisation et c’est ce qu’on appelle le contrôle optimal.
Dès lors que le problème de contrôlabilité est résolu, on peut de plus, partant d’un état
initial, atteindre un état final en minimisant un certain critère. On parle de problème de
6
El Khadri Introduction générale
contrôle optimal.
Une part importante de la littérature mathématique relative à la théorie du contrôle est
consacrée à des problèmes linéaires : les équations d’états qui gouvernent ces problèmes
sont linéaires. Dans ce cas le lecteur intéressé pourra se référer par exemple au livre de
Lions [23]. En cependant le progression des recherches dans des domaines aussi variés que
la physique, l’économie et la biologie ont motivé l’étude des modèles non linéaires qui
sont plus complexes.
Notre étude de ces problèmes porte sur une classe particulière. Il s’agit des problèmes
« bilinéaires » qui sont caractérisés par la présence, dans l’équation d’état, d’un terme
bilinéaire relativement à l’état et au contrôle.
L’intérêt pour la théorie et les applications des systèmes bilinéaires s’est accru dans les
dernières années. La motivation fondamentale de cette croissance est double : d’une part,
la faisabilité d’être un modèle satisfaisant pour une grande classe de systèmes (physiques,
biologiques, socio-économiques, etc.) ; d’autre part la relative simplicité avec laquelle leur
théorie peut être mise en place. Leur structure est suffisamment simple pour rappeler les
modèles linéaires et leur comportement suffisamment variable pour modéliser un système
non linéaire. Les difficultés liées à la non linéarité restent dans le cas bilinéaire mais nous
pouvons dégager certaines propriétés spécifiques.
Considérons un système bilinéaire distribué évoluant dans Ω ⊂ Rn et décrit par l’équation
ż(t) = Az(t) + u(t)Bz(t), t ∈ [0, T ],
(1.1)
z(0) = z0 6= 0
où A est un générateur infinitésimal d’un semi groupe fortement continu (S(t))t≥0 dans
l’espace d’état Z =: L2 (Ω) muni de son produit scalaire noté < ., . >, de norme asso-
ciée notée k.k, B : Z −→ Z un opérateur linéaire borné, tandis que u ∈ L2 [0, T ] est un
contrôle.
Le résultat principal sur la contrôlabilité du système (1.1) est dû au travail de Ball et al.
[14], qui montre, sous les conditions mentionnées ci-dessus, qu’une solution mild zu de
(1.1) associée au contrôle u existe et l’ensemble des états accessibles de l’état initial z0
est dense dans l’espace d’état Z. Cela rend la contrôlabilité exacte difficile à atteindre.
La plupart des résultats sont établis pour des systèmes bilinéaires particuliers. On pourra
se reporter par exemple à Joshi[17], Lenhart and Liang [16], Khapalov [18],[19].
Plus tard le concept de contrôlabilité régionale pour les systèmes bilinéaires distribués a
été introduit et développé par El Jai et Zerrik et concerne le transfert d’un tel système à
un état désiré uniquement sur une région du domaine spatial du système.
Le système (1.1) est dit exactement (respectivement, faiblement) contrôlable dans ω ∈ Ω
si pour tout zd ∈ L2 (ω) il existe un contrôle u ∈ L2 [0, T ] tel que χω zu (T ) = zd (respec-
tivement, kχω zu (T ) − zd k ≤ ε, ε > 0), où zd est l’état désiré dans l’espace d’état L2 (ω),
χω : Z −→ L2 (ω) est l’opérateur de restriction à ω.
Plusieurs résultats pour les systèmes linéaires et semi-linéaires ont été développé (El Jai
et al., 1995 ;Zerrik et Kamal, 2007 ;Zerrik et al., 2007).
Ce concept trouve ses applications dans de nombreux problèmes du monde réel. Par
exemple, le problème physique qui concerne le four tunnel où il faut maintenir une tem-
pérature précise uniquement dans une région du four.
Il existe des systèmes qui sont contrôlable dans une région ω ∈ Ω mais qui ne sont pas
contrôlable dans tout le domaine (El Jai et al., 1995).
7
El Khadri Introduction générale
Après l’introduction, nous trouverons chapitre 2, qui est consacré à une introduction
sur la théorie des semi-groupes, celle-ci étant un outil de base pour la représentation,
par des équations d’état, des systèmes à paramètres distribués. On donne également le
problème de perturbation, ainsi que certains définitions et propriétés concernant les so-
lutions de ce problème.
Le troisième chapitre est consacré à définir l’opérateur d’évolution qui joue le rôle des
semi-groupes dans les problèmes d’évolution où l’opérateur décrivant la dynamique d’un
système dépend du temps. On y trouve aussi quelques propriétés et quelques résultat
concernant l’existence de cet opérateur.
Dans le quatrième chapitre, nous portons notre attention sur le problème de contrôle
optimal pour les systèmes bilinéaires en suivant la terminologie adopté par K. Ztot, E.
Zerrik et H. Bourray dans [1]. On donne aussi quelques résultats de simulation.
En fin, nous donnons la conclusion du présent travail ainsi qu’un annexe dans le quel
on donne quelques théorèmes fondamentaux.
8
Chapitre 2
Semi-groupes
2.1 Semi-groupres
Définition 2.1.1. Une famille d’opérateurs (S(t))t≥0 de L(Z) est dite un semi-groupe for-
tement continu si :
1. S(t + τ ) = S(t)S(τ ), τ, t ≥ 0.
2. S(0) = I.
avec :
S : R+ −
7 → L(Z)
t −7 → S(t)
où :
S(t) : Z 7−→ Z.
∞
(At)n
Exemple 2.1.1. Soit A ∈ L(Z), considérons l’application t 7−→ exp(At) = . On
X
n=0 n!
a
∞
(A.0)n
exp(A.0) = I + = I.
X
n=1 n!
et
∞
(At)n ∞
kAkn tn
k exp(At)z0 − z0 k = kz0 k = [ exp(kAkt) − 1 ] kz0 k
X X
z0 ≤
n=1 n! n=1 n!
9
El Khadri Semi-groupes
k exp(At)z0 − z0 k −→ 0 lorsque t −→ 0+
car
∞ X
n ∞ ∞
Ak tk An−k τ n−k Ak tk X Al τ l
= =
X X
= exp(At) exp(Aτ )
S(t)z − z
Az = lim+ lorsque cette limite existe
t→0 t
Le domaine de A est :
( )
S(t)z − z
D(A) = z ∈ Z, lim+ existe .
t→0 t
10
El Khadri Semi-groupes
où :
n=0 n!
Déterminons le générateur infinitésimal de (exp(At))t≥0 .
On a :
1 1 1 X∞
(At)n
0≤ (exp(At)z0 − z0 ) − Az0 = k exp(At)z0 − z0 − Atz0 k = z0
t t t n=2 n!
1 X∞
kAn ktn
≤ kz0 k
t n=2 n!
1 X∞
kAkn tn
≤ kz0 k
t n=2 n!
exp(kAkt) − 1
!
= − kAk kz0 k
t
ce qui montre que le générateur infinitésimal de (exp(At))t≥0 est A.
Proposition 2.2.1. Si un semi-groupe fortement continu (S(t))t≥0 sur Z est engendré par
un opérateur A, alors :
Preuve.
(i) Soit τ > 0, on a
11
El Khadri Semi-groupes
S(t)z0 − z0
Si z0 ∈ D(A), alors lim+ = Az0 ,
τ →0 τ
S(t + τ )z0 − S(t)z0
donc lim+ existe, d’où S(t)z0 ∈ D(A).
τ →0 τ
(ii) On a :
S(t + τ )z0 − S(t)z0 S(t)(S(τ ) − I)z0 S(τ ) − I
lim+ = lim+ = lim+ S(t)z0
τ →0 τ τ →0 τ τ →0 τ
donc la dérivée à droite existe et est égale à AS(t)z0 = S(t)Az0 .
D’autre part on a :
S(t − τ )z0 − S(t)z0 −S(t − τ )z0 (I − S(τ ))z0
=
τ τ
et
S(t + τ )z0 − S(t)z0 S(t − τ )z0 − S(t)z0
lim− = lim+ = S(t)Az0
τ →0 τ τ →0 τ
donc la dérivée à gauche existe et est égale à S(t)Az0 , et par conséquent :
d
(S(t)z0 ) = AS(t)z0 = S(t)Az0 .
dt
(iii) Soient Z ? le dual de Z et z ? ∈ Z ? . On a
Z t Z t
d d
< z , S(t)z0 − z0 > = < z ,
?
(S(u)z0 ) du > =
?
< z ? , S(u)z0 > du
0 du 0 du
12
El Khadri Semi-groupes
e=τ +u 1 Z τ +t 1Zt
= S(e)z de − S(u)z du
τ τ τ 0
1 Z τ +t Z t Z t Z τ
= ( S(e)z de+ S(e)z de− S(u)z du− S(u)z du)
τ t τ τ 0
1 Z τ +t Z τ
= ( S(e)z de − S(u)z du)
τ t 0
e=t+u 1Zτ
= (S(t + u) − S(u))z du
τ 0
1Zτ
= S(u)(S(t) − I)z du
τ 0
Lorsque s tend vers 0+ , la partie droite de l’égalité tend vers (S(t) − I)z car
1Z t
S(τ )z dτ → z lorsque t → 0+ pour tout z ∈ Z
t 0
Z t
donc S(u)z du ∈ D(A).
0
On a
Z t
A S(u)z du = (S(t) − I)z
0
1Z t
Cependant, S(τ )z dτ → z lorsque t → 0+ pour tout z ∈ Z, donc il existe une suite
t 0
dans D(A) qui converge vers z, d’où D(A) est dense dans Z.
Théorème 2.3.1. Si A est un opérateur linéaire fermé à domaine D(A) dense dans Z, et
satisfait les deux propriétés suivantes :
13
El Khadri Semi-groupes
M
kR(λ, A)n k ≤
(λ − α)n
où
Propriété 2.3.1.
2.4 Perturbation
On a déjà vu que si A est le générateur infinitésimal d’un semi groupe fortement continu
(S(t))t≥0 sur Z, alors la solution de (2.1) est donnée par :
où f ∈ C([0, T ], Z). D’abord nous devons définir ce que nous entendons par une solution
de (2.2). Nous commençons par la notion de solution classique.
Définition 2.4.1. La fonction z(t) est une solution classique de (2.2) sur [0, T ] si
z(t) ∈ C 1 ([0, T ], Z), z(t) ∈ D(A) pour tout t ∈ [0, T ] et z(t) satisfait (2.2) pour tout
t ∈ [0, T ].
Lemme 2.4.1. Supposons que f ∈ C([0, T ], Z) et que z est une solution classique de (2.2).
Alors Az(.) est un élément de C([0, T ], Z) et
Z t
z(t) = S(t)z0 + S(t − τ )f (τ ) dτ (2.3)
0
14
El Khadri Semi-groupes
Preuve.
On a Az(t) = ż(t) − f (t) et ż ∈ C([0, T ], Z), ce qui montre que Az(.) ∈ C([0, T ], Z).
Soit t ∈ [0, T ]. On considère la fonction S(t − τ )z(τ ) pour tout τ ∈ [0, t[. Nous montre-
rons que cette fonction est différentiable en τ .
Soit h assez petit, on a
z(τ + h) − z(τ )
lim+ S(t − τ − h) − S(t − τ )ż(τ ) = 0
h→0 h
Ainsi
d
[S(t − τ )z(τ )] = −AS(t − τ )z(τ ) + S(t − τ )ż(τ )
dτ
= S(t − τ )f (τ ).
Théorème 2.4.1. Si A est le générateur infinitésimal d’un semi groupe fortement continu
(S(t))t≥0 sur Z, f ∈ C 1 ([0, T ], Z) et z0 ∈ D(A), alors (2.3) est continûment différentiable
sur [0, T ] et c’est l’unique solution classique de (2.2).
15
El Khadri Semi-groupes
Preuve.
Unicité : Si z1 et z2 sont deux solutions différentes, alors leur différence ∆(t) = z1 (t)−z2 (t)
satisfait l’équation
d∆
(t) = A∆(t) ∆(0) = 0
dt
Nous devons donc montrer que sa seule solution est ∆(t) = 0.
dy
Pour un t fixé et 0 ≤ τ ≤ t, on définit y(τ ) = S(t − τ )∆(τ ). Il est clair que = 0, donc
dτ
y(τ ) = constante = S(t)∆(0) = 0. Ainsi y(t) = ∆(t), montre que ∆(t) = 0.
on a
Z t
v(t) = S(t)f (t − s) ds,
0
et donc
Z t
dv
(t) = S(t)f (0) + S(τ )f˙(t − τ ) dτ
dt 0
Z t
= S(t)f (0) + S(t − τ )f˙(τ ) dτ
0
16
El Khadri Semi-groupes
dv
en utilisant à nouveau la commutativité du produit de convolution. Il s’ensuit que est
dt
continue et
dv
(t) = Av(t) + f (t).
dt
Définition 2.4.2. Si f ∈ Lp ([0, T ]; Z) pour p ≥ 1 et z0 ∈ Z, alors on dit que (2.3) est une
solution mild de (2.2) sur [0, T ].
Lemme 2.4.3. [4]
Supposons que f ∈ Lp ([0, T ]; Z) pour p ≥ 1 et z0 ∈ Z. La solution mild z(t) définie par
(2.3) est continue sur [0, T ].
Nous nous attendons à ce que l’opérateur A+D soit le générateur d’un autre semi-groupe
fortement continu TD (t), pour que la solution de (2.4) est donnée par z(t) = TD (t)z0 .
et Z t
TD (t)z0 = S(t)z0 + TD (t − τ )DS(τ )z0 dτ (2.9)
0
17
El Khadri Semi-groupes
Preuve.
La preuve est divisée en trois parties. Dans la partie a, nous montrerons qu’il existe une
solution unique T (t) de (2.6). Cette solution satisfait (2.7) et (2.8) et elle est fortement
continu en zéro. Dans la partie b, nous prouverons que TD (t) est un semi-groupe forte-
ment continu. Dans la dernière partie, nous montrerons que le générateur infinitésimal
de TD (t) est A + D et que TD (t) satisfait (2.9).
a. Nous montrons d’abord que (2.6) a une solution unique donnée par
∞
TD (t) = T n (t) (2.10)
X
n=0
où Z t
T (t)x =
n
S(t − τ )DT n−1 (τ )x dτ, T 0 (t) = S(t) (2.11)
0
Par récurrence, on a l’estimation
n
n ωt t
kT (t)k ≤ M
n n+1
kDk e (2.12)
n!
et donc la série (2.10) est majorée par
∞
(M kDkt)n
M eωt = M e(ω+M kDk)t .
X
n=0 n!
Donc la série (2.10) converge absolument dans la topologie uniforme de L(Z) sur tout
compact [0, T ], et TD (t) satisfait l’estimation (2.7). De plus,
∞ ∞
TD (t)z0 = T n (t)z0 = T 0 (t)z0 + T n (t)z0
X X
n=0 n=1
∞ Z t
= S(t)z0 + S(t − τ )DT n−1 (τ )z0 dτ
X
n=1 0
Z t
= S(t)z0 + S(t − τ )DTD (τ )z0 dτ
0
par la convergence absolue de (2.10) et l’estimation (2.7). Donc TD (t) satisfait (2.8).
Pour prouver l’unicité, on suppose que T (t) est aussi solution. En soustrayant les équa-
tions pour TD (t) et T (t) on obtient
Z t
[TD (t) − T (t)]z0 = S(t − τ )D[TD (τ ) − T (τ )]z0 dτ .
0
Par conséquent
Z t
k[TD (t) − T (t)]z0 k ≤ M eω(t−τ ) kDkk[TD (τ ) − T (τ )]z0 k dτ
0
18
El Khadri Semi-groupes
Z t
0 ≤ g(t) ≤ M kDk g(s) ds
0
Pour prouver que T (t) est fortement continu en zéro, pour h > 0 on déduit l’estimation
suivante
Z h
kTD (h)z0 − z0 k ≤ kS(h)z0 − z0 k + kS(h − τ )DTD (τ )z0 k dτ .
0
b. De a on sait déjà que TD (t) est fortement continu en 0, et TD (0) = I découle de (2.10)
et (2.11).
Par conséquent
Z t
kTD (t+τ )z0 −TD (t)TD (τ )z0 k ≤ M kDk eω(t−τ ) k[TD (τ +α)−TD (τ )TD (α)]z0 k dα.
0
1. Annexe A
19
El Khadri Semi-groupes
1 Zh 1Zh
≤ k S(h − τ )D[TD (τ )z − z] dτ k + k S(h − τ )Dz dτ − Dzk (2.13)
h 0 h 0
Et
1 Zh 1Zh
k S(h − τ )D[TD (τ )z − z] dτ k ≤ kS(h − τ )kkDkkTD (τ )z − zk dτ .
h 0 h 0
Soit ε > 0. Par la continuité forte de TD (t), il existe h tel que kTD (τ )z − zk < ε pour tout
τ ∈ [0, h]. Comme le semi-groupe S(t) est borné, il existe M1 > 0 tel que kS(h−τ )k ≤ M1
pour tout τ ∈ [0, h]. En appliquant cela dans l’inégalité ci-dessus on obtient
1 Zh 1Zh
k S(h − τ )D[TD (τ )z − z] dτ k ≤ M1 kDkε dτ = M1 kDkε
h 0 h 0
Donc
1 Zh
lim k S(h − τ )D[TD (τ )z − z] dτ k = 0
h→0+ h 0
1Zh
lim+ k S(h − τ )Dz dτ − Dzk = 0
h→0 h 0
Ainsi
TD (h)z − z S(h)z − z
lim+ k − − Dzk = 0
h→0 h h
20
El Khadri Semi-groupes
L’équation (2.9) est prouvée par l’observation que A est la perturbation de A + D par
−D. En utilisant (2.8) on a
Z t
S(t)z0 = [TD ]−D (t)z0 = TD (t)z0 + TD (t − τ )[−D]S(τ )z0 dτ
0
Ainsi
Z t
TD (t)z0 = S(t)z0 + TD (t − τ )DS(τ )z0 dτ
0
21
Chapitre 3
Opérateur d’évolution
où z est la solution de (3.2). U (t, s) est une famille d’opérateurs à deux paramètres.
Si A(t) = A est indépendant de t, alors U (t, s) = U (t − s) et la famille d’opérateurs à
deux paramètres se réduit à la famille à un paramètre U (t), t ≥ 0, qui est bien sûr le
semi-groupe généré par A.
22
El Khadri Opérateur d’évolution
Preuve.
D’après (3.3), il en résulte facilement que U (t, t) = I, et
Z t
U (t, r)U (r, s)z0 = U (r, s)z0 + A(τ )U (τ, s)z0 dτ
r
Z r Z t
= z0 + A(τ )U (τ, s)z0 dτ + A(τ )U (τ, s)z0 dτ
s r
Z t
= z0 + A(τ )U (τ, s)z0 dτ
s
= U (t, s)z0
On en déduit que Z t
U (t, s) = I + A(τ )U (τ, s) dτ (3.5)
s
∂U
(t, s) = A(t)U (t, s)
∂t
En dérivant (3.5) cette fois-ci par rapport à s on trouve
Z t
∂U ∂U
(t, s) = −A(s) + A(τ ) (τ, s) dτ
∂s s ∂s
Et on a Z t
U (t, s)A(s) = A(s) + A(τ )U (τ, s)A(s) dτ
s
Donc
Z t Z t
∂U ∂U
(t, s) + U (t, s)A(s) = A(τ ) (τ, s) dτ + A(τ )U (τ, s)A(s) dτ
∂s s ∂s s
Z t
∂U
= A(τ )[ (τ, s) + U (τ, s)A(s)] dτ .
s ∂s
23
El Khadri Opérateur d’évolution
∂U
En posant G(t, s) = (t, s) + U (t, s)A(s) on a
∂s
Z t
G(t, s) = A(τ )G(τ, s) dτ
s
Or Z t
kG(t, s)k ≤ kA(τ )kkG(τ, s)k dτ
s
Donc en appliquant l’inégalité de Gronwall on trouve que kG(t, s)k = 0. D’où G(t, s) = 0.
Ainsi
∂U
(t, s) = −U (t, s)A(s).
∂s
(iii) U (., s) est fortement continue sur [s, T ] et U (t, .) est fortement continue sur [0, t].
On donne par la suite des conditions suffisantes pour qu’un opérateur engendre un opé-
rateur d’évolution [2].
et
k
R(λ, A(tj )) ≤ M (λ − ω)−k pour λ ≥ ω
Y
j=1
où
et 0 ≤ t1 ≤ t2 , ..., ≤ tk ≤ T , k = 1, 2...
Soient Z et Y deux espaces de Banach munis des normes k.k et k.kY .On suppose que Y
est dense et s’injecte d’une manière continue dans Z, c’est à dire que Y est un sous-espace
dense de Z et il existe une constante C telle que kwk ≤ CkwkY pour w ∈ Y .
24
El Khadri Opérateur d’évolution
Pour t ∈ [0, T ], soit A(t) un générateur infinitésimal d’un semi-groupe fortement continu
sur Z. Nous ferons les hypothèses suivantes.
(H2 ) Pour t ∈ [0, T ], D(A(t)) ⊃ Y , A(t) est un opérateur borné de Y dans Z et t 7→ A(t)
est continue dans L(Y, Z).
∂
(iii) U (t, s)v = −U (t, s)A(s)v pour v ∈ Y , 0 ≤ s ≤ t ≤ T .
∂s
Dans l’article scientifique que nous avons traité [1], la référence au théorème précédant
ne permet pas de résoudre la question de démontrer l’existence d’un opérateur d’évolu-
tion. En effet :
• Nous avons pas d’information sur la continuité de l’opérateur A(.) qui est dans notre
cas un opérateur de la forme A + u(.)B, où A est le générateur infinitésimal d’un semi-
groupe fortement continue, u un contrôle et B est un opérateur linéaire borné.
Pour cela, nous allons traiter dans ce qui suit un résultat d’un autre type.
L’utilisation du résultat suivant a été proposé suite à la Proposition 4.1.1, où nous sommes
amenés à prendre en considération les conditions sous lesquelles un opérateur peut généré
un opérateur d’évolution.
25
El Khadri Opérateur d’évolution
Z t
z(t) = U (t, 0)z0 = S(t)z0 + S(t − α)D(α)U (α, 0)z0 dα.
0
Si nous désignons par U (t, s)z0 la solution de (3.1) avec f (.) = D(.)z(.) et la condition
initiale z(s) = z0 , alors on obtient la version dépendant du temps de (2.6) sur [0, T ] :
Z t
z(t) = U (t, s)z0 = S(t − s)z0 + S(t − α)D(α)U (α, s)z0 dα (3.6)
s
Nous montrerons que (3.6) a une solution unique. De plus, on peut montrer que U (t, s)
donné par (3.6) est fortement continu en t sur [0, T ] pour chaque s fixé, U (t, t) = I et
elle satisfait la propriété des semi-groupes. En fait, c’est un opérateur d’évolution.
Le théorème précédant traite le cas où D ∈ L∞ ([0, T ]; L(Z)). Dans l’article [1] nous avons
affaire à une perturbation de la forme f (.) = u(.)Bz(.) où uB ∈ L2 ([0, T ]; L(Z)).
Donc ce théorème ne s’applique pas et nous sommes obligés à adapter la démonstration.
Théorème 3.2.2. Si S(t) est un semi-groupe fortement continu sur Z et D ∈ L2 ([0, T ]; L(Z)),
alors (3.6) a une solution unique dans la classe des opérateurs d’évolution sur Z. Cette
solution est unique dans la grande classe d’opérateurs Q(t, s) qui satisfait Q(., s) ∈
L2 ([0, T ]; L(Z)) pour tout s ∈ [0, T ].
Preuve.
Dans cette preuve, nous appliquerons le théorème du point fixe 2 .
Soit s ∈ [0, T ], considérons l’opérateur Gs : L∞ ([0, T ]; L(Z)) 7−→ L∞ ([0, T ]; L(Z)) défini
par Z t
Gs (U )(t)z = S(t − s)z + S(t − α)D(α)U (α)z dα (3.7)
s
Soit γ := sup kS(t)k. On a
0≤t≤T
Z t
Gs (U1 )(t) − Gs (U2 )(t) = S(t − α)D(α)[U1 (α) − U2 (α)] dα.
s
Donc Z t
kGs (U1 )(t) − Gs (U2 )(t)k ≤ kS(t − α)kkD(α)kkU1 − U2 k dα
s
Z t
≤ γkU1 − U2 kL∞ (t,s) kD(α)k dα
s
2. Annexe A
3. Annexe A
26
El Khadri Opérateur d’évolution
Pour k = 1 on a
√
kGs (U1 )(t) − Gs (U2 )(t)k ≤ γ t − skDkL2 (t,s) kU1 − U2 kL∞ (t,s)
Supposons qu’il existe un certain rang k pour lequel la propriété (3.8) est vraie et mon-
trons qu’elle reste vraie pour k + 1.
On a
Z t
Gk+1
s (U1 )(t) − Gk+1
s (U2 )(t) = S(t − α)D(α)[Gks (U1 )(α) − Gks (U2 )(α)] dα
s
Donc
Z t
kGk+1
s (U1 )(t) − Gk+1
s (U2 )(t)k = S(t − α)D(α)[Gks (U1 )(α) − Gks (U2 )(α)] dα
s
Z t
≤ kS(t − α)D(α)[Gks (U1 )(α) − Gks (U2 )(α)]k dα
s
Z t
≤ kS(t − α)kkD(α)kkGks (U1 )(α) − Gks (U2 )(α)k dα
s
γ k+1 Z t
k
≤ √ kDk kU1 − U2 k (α − s) 2 kD(α)k dα
k
k! s
1 Z t 1
γ k+1
Z t
2 2
kGk+1
s (U1 )(t)−Gk+1
s (U2 )(t)k ≤ √ kDkk kU1 −U2 k (α − s) dα
k 2
kD(α)k dα
k! s s
γ k+1 k+1
≤q (t − s) 2 kDkk+1 kU1 − U2 k
k!(k + 1)
γ k+1 k+1
≤q (t − s) 2 kDkk+1 kU1 − U2 k
(k + 1)!
27
El Khadri Opérateur d’évolution
Alors on déduit de (3.8) que Gks est une contraction 4 et admet un point fixe unique.
• En utilisant (3.6)
Z s
U (s, s) = S(s − s) + S(s − α)D(α)U (α, s) dα
s
=I
• On a
Donc
Z t
kU (t, r)U (r, s) − U (t, s)k ≤ M eω(t−α) kD(α)kkU (α, r)U (r, s) − U (α, s)k dα
r
• De (3.6) on a
Z t
kU (t, s)k ≤ kS(t − s)k + kS(t − α)kkD(α)kkU (α, s)k dα
s
4. Annexe A
28
El Khadri Opérateur d’évolution
Z t
kU (t, s)k ≤ kS(t − s)k exp kS(t − α)kkD(α)k dα
s
Z T !
≤ γ exp γkD(α)k dα
0
√
≤ γ exp γkDk T
D’autre part, on a
Z t
U (t, s) = S(t − s) + S(t − α)D(α)U (α, s) dα
s
On pose
Z t
ϕ(t, s) = S(t − α)D(α)U (α, s) dα
s
Z t Z t+δ Z t
= S(t+δ−α)D(α)U (α, s) dα+ S(t+δ−α)D(α)U (α, s) dα− S(t−α)D(α)U (α, s) dα
s t s
Z t Z t+δ
= [S(t + δ − α) − S(t − α)]D(α)U (α, s) dα + S(t + δ − α)D(α)U (α, s) dα
s t
Donc
Z t
kϕ(t + δ, s) − ϕ(t, s)k ≤ kS(t + δ − α) − S(t − α)kkD(α)kkU (α, s)k dα
s
Z t+δ
+ kS(t + δ − α)kkD(α)kkU (α, s)k dα
t
D’autre part
Z t−δ Z t
ϕ(t − δ, s) − ϕ(t, s) = S(t − δ − α)D(α)U (α, s) dα − S(t − α)D(α)U (α, s) dα
s s
Z t Z t−δ Z t
= S(t−δ−α)D(α)U (α, s) dα+ S(t−δ−α)D(α)U (α, s) dα− S(t−α)D(α)U (α, s) dα
s t s
Z t Z t
= [S(t − δ − α) − S(t − α)]D(α)U (α, s) dα − S(t − δ − α)D(α)U (α, s) dα
s t−δ
29
El Khadri Opérateur d’évolution
Donc
Z t
kϕ(t − δ, s) − ϕ(t, s)k ≤ kS(t − δ − α) − S(t − α)kkD(α)kkU (α, s)k dα
s
Z t
+ kS(t−δ−α)kkD(α)kkU (α, s)k dα → 0 quand δ → 0−
t−δ
Pour prouver la continuité par rapport à la deuxième variable, soit δ > 0 et soit s ∈ [0, t].
On a
Z t Z t
ϕ(t, s + δ) − ϕ(t, s) = S(t − α)D(α)U (α, s + δ) dα − S(t − α)D(α)U (α, s) dα
s+δ s
Z t Z s+δ Z t
= S(t−α)D(α)U (α, s+δ) dα− S(t−α)D(α)U (α, s) dα− S(t−α)D(α)U (α, s) dα
s+δ s s+δ
Z t Z s+δ
= S(t − α)D(α)[U (α, s + δ) − U (α, s)] dα − S(t − α)D(α)U (α, s) dα
s+δ s
Donc
Z t
kϕ(t, s + δ) − ϕ(t, s)k ≤ kS(t − α)kkD(α)kkU (α, s + δ) − U (α, s)k dα
s+δ
Z s+δ
− kS(t − α)kkD(α)kkU (α, s)k dα
s
30
Chapitre 4
Dans ce chapitre on discute une extension des travaux précédents sur la contrôlabilité
régionale pour les systèmes linéaires et semi-linéaires à des systèmes bilinéaires. Plus
précisément pour le système
ż(t) = Az(t) + u(t)Bz(t), t ∈ [0, T ],
(4.1)
z(0) = z0 6= 0
défini sur un domaine spatial Ω, un sous-ensemble non vide ω ∈ Ω, avec une mesure de
Lebesgue positive et un état désiré zd dans L2 (ω), le problème de contrôlabilité régionale
pour (4.1) consiste à trouver un contrôle u avec énergie minimale dans un espace de
contrôle approprié qui conduit (4.1) d’un état initial z0 à un état final proche de zd sur
ω dans un temps T .
Ce problème peut être posé de la façon suivante
T rouveru ∈ L2 [0, T ] qui minimise kuk2L2 [0,T ]
u ∈ U (ω)
(4.2)
ad
où
avec Z T
Jε (u) = kχω zu (T ) − zd k2L2 (ω) +ε u2 (t) dt, ε > 0 (4.4)
0
31
El Khadri Problème de contrôle régional
Proposition 4.1.1.
1. Pour u ∈ L2 [0, T ] et h ∈ L2 [0, T ], ∀t ∈ [0, T ], on a
3. Soit
Z t
y(t) = U (t, s)h(s)Bzu (s) ds.
0
Alors
Preuve.
1. On a
Z t Z t
zu+h (t) − zu (t) = S(t − s)u(s)B(zu+h (s) − zu (s)) ds + S(t − s)h(s)Bzu+h (s) ds
0 0
En utilisant le fait que le semi-groupe (S(t))t≥0 est borné sur [0, T ], c’est à dire qu’il
existe M > 0 tel que kS(t)k ≤ M , ∀t ∈ [0, T ], on obtient
Z t h i
kzu+h (t) − zu (t)k ≤ M kBk |u(s)|kzu+h (s) − zu (s)k + |h(s)|kzu+h (s)k ds
0
et
Z t
kzu+h (t)k ≤ M kz0 k + kBk |u(s) + h(s)|kzu+h (s)k ds
0
32
El Khadri Problème de contrôle régional
Z T Z T !
≤ M kz0 k exp kBk( |u(s)| ds + |h(s)| ds)
0 0
√ √
≤ M kz0 k exp kBk( T kuk + T khk)
≤ k1
et
Z t Z t
kzu+h (t) − zu (t)k ≤ M kBk |u(s)|kzu+h (s) − zu (s)k ds + k1 |h(s)| ds
0 0
≤ k3 khk
Ainsi
2. L’ensemble E = {Jε (u) | u ∈ L2 [0, T ]} est non vide et borné, d’où l’existence de la
borne inférieure J ? . Soit (un ) une suite dans L2 [0, T ] telle que
lim Jε (un ) = J ?
n→+∞
On a
Z T
ε u2n (t) dt ≤ Jε (un )
0
Par conséquent, (un )n≥0 est bornée. Donc on peut extraire une sous-suite notée (unk ) qui
converge faiblement vers u? dans L2 [0, T ]. D’après Lemme 4.1.1, zunk converge fortement
vers zu? dans C(0, T ; Z).
On pose
an = εkunk k2 et bn = kχω zunk (T ) − zd k2
On a
lim inf Jε (un ) = lim
n→∞
inf (an + bn )
n→∞
33
El Khadri Problème de contrôle régional
Donc
Z t
y(t) = U (t, s)h(s)Bzu (s) ds
0
On pose
Z t Z t
K(t) = S(t − s)h(s)Bzu (s) ds + S(t − s)u(s)By(s) ds − y(t).
0 0
+ u(t)By(t) − ẏ(t).
ce qui montre que K̇(t) = 0, et comme K(0) = 0, il s’ensuit que K(t) = 0, ∀t ∈ [0, T ].
Alors on a
Z t Z t
Y (t) = S(t − s)u(s)BY (s) ds + S(t − s)h(s)B(zu+h (s) − zu (s)) ds
0 0
et
Z t Z t
kY (t)k ≤ M kBk |u(s)|kY (s)k ds + |h(s)|kzu+h (s) − zu (s))k ds
0 0
En utilisant la propriété 1, on a
Z t
M kBk |h(s)|kzu+h (s) − zu (s)k ds ≤ k3 khk2 , k3 ∈ R.
0
kY (t)k ≤ k4 khk2 , k4 ∈ R
34
El Khadri Problème de contrôle régional
Ainsi,
kY (t)k = o(khk)
Théorème 4.1.1.
1
u(t) = − < Bz(t), P (t)z(t) − U ? (T, t)χ?ω zd >, (4.5)
ε
où P est l’opérateur auto-adjoint et positif solution de l’équation suivante
d
< P (t)y, z > + < P (t)y, (A + u(t)B)z > + < (A + u(t)B)y, P (t)z >= 0 ∀y, z ∈ D(A)
dt
P (T ) = χ?ω χω
(4.6)
où U ? (t, s) est l’opérateur adjoint de U (t, s) et χ?ω est l’opérateur adjoint de χω .
Preuve.
En utilisant la propriété 3 de la proposition précédente, on a
Alors on obtient
< χω zu+h (t) − zd , χω zu+h (t) − zd > = < χω zu (t) − zd , χω zu (t) − zd > + < χω y(t), χω y(t) >
D’autre part
kχω y(t)kL2 (Ω) = ky(t)kL2 (ω)
Donc Z t
ky(t)kL2 (ω) = U (t, s)h(s)Bzu (s) ds
0
Z t
≤ kU (t, s)k|h(s)|kBkkzu (s)k ds
0
35
El Khadri Problème de contrôle régional
Et on sait que Z t
kzu (t)k ≤ M kz0 k + kBk |u(s)|kzu (s)k ds
0
≤ k1
Donc Z t
ky(t)kL2 (ω) ≤ kU (t, s)k|h(s)|kBkkzu (s)k ds
0
Z t
≤ k1 kU (t, s)kkBk |h(s)| ds
0
√
≤ T k1 kU (t, s)kkBkkhk
D’où
Ainsi
< χω zu+h (t) − zd , χω zu+h (t) − zd > = < χω zu (t) − zd , χω zu (t) − zd >
Par conséquent
Z T
Jε (u + h) − Jε (u) = 2 < χω zu (T ) − zd , χω y(T ) > +2ε u(t)h(t) dt + o(khk)
0
Puisque Z t
y(t) = U (t, s)h(s)Bzu (s) ds
0
36
El Khadri Problème de contrôle régional
on obtient
Z Th i
Jε (u + h) − Jε (u) = 2 < χω zu (T ) − zd , Λh(t) > +εu(t)h(t) dt + o(khk)
0
=< v, < zu (t), B ? U ? (T, t)χ?ω y(t) >L2 (Ω) >L2 (0,T )
D’où
(Λ? y)(t) =< zu (t), B ? U ? (T, t)χ?ω y(t) >L2 (Ω)
ce qui donne
1
u(t) = − < zu (t), B ? U ? (T, t)(χ?ω χω zu (T ) − χ?ω zd ) >L2 (Ω)
ε
et on obtient (4.5).
On a
∂U
(t, s)z = −U (t, s)(A + u(s)B)z, ∀z ∈ D(A)
∂s
37
El Khadri Problème de contrôle régional
d
< U ? (T, t)χ?ω χω U (T, t)y, z >= − < χω U (T, t)(A + u(t)B)y, χω U (T, t)z >
dt
Donc
d
< P (t)y, z > + < P (t)y, (A + u(t)B)z > + < (A + u(t)B)y, P (t)z >= 0,
dt
et
En utilisant
on a
Donc
Z T
Jε (u) = kχω zu (T ) − zd k2L2 (ω) + ε u2 (t) dt
0
Z T
=< χω zu (T ) − zd , χω zu (T ) − zd > +ε u2 (t) dt
0
Z T
=< χω zu (T ), χω zu (T ) > +2 < χω zu (T ), zd > +kzd k2L2 (ω) +ε u2 (t) dt
0
Z T
=< P (0)z0 , z0 > +2 < χω U (T, 0)z0 , zd > +kzd k2L2 (ω) + ε u2 (t) dt
0
38
El Khadri Problème de contrôle régional
Proposition 4.1.2.
1. La suite (Jε (uε ))ε>0 est décroissante quand ε → 0.
2. La suite Z T
u2ε dt
0 ε>0
En particulier, il existe une sous-suite (χω zε (T ) − zd )ε>0 qui converge faiblement dans
L2 (ω).
Preuve.
Soit 0 < ε1 < ε2 .
En utilisant consécutivement l’optimalité de u1 pour J1 et l’optimalité de u2 pour J2
on obtient
Z T
Jε1 (uε1 ) = kχω zε1 (T ) − zd k2L2 (ω) + ε1 u2ε1 (t) dt
0
Z T
≤ kχω zε2 (T ) − zd k2L2 (ω) + ε1 u2ε2 (t) dt
0
Z T
≤ kχω zε2 (T ) − zd k2L2 (ω) + ε2 u2ε2 (t) dt
0
Z T
≤ kχω zε1 (T ) − zd k2L2 (ω) + ε2 u2ε1 (t) dt (4.8)
0
De (4.8), on obtient
J2 (u2 ) − J1 (u2 ) ≤ J2 (u1 ) − J1 (u1 )
Alors Z T Z T
u2ε2 (t) dt ≤ u2ε1 (t) dt
0 0
Ainsi
kχω z1 (T ) − zd k2L2 (ω) ≤ kχω z2 (T ) − zd k2L2 (ω)
39
El Khadri Problème de contrôle régional
Alors
0 ≤ kχω zε (T ) − zd k2L2 (ω) ≤ kχω z2 (T ) − zd k2L2 (ω) ∀ε > 0
Finalement, kχω zε (T ) − zd k2L2 (ω) est bornée.
ε>0
Donc peut extraire une sous-suite (χω zε (T ) − zd )ε>0 qui converge faiblement dans L2 (ω).
R(T ) = {zu (T )}
[
u∈L2 [0,T ]
Théorème 4.2.1.
Soit uε la solution de (4.3) et supposons que Uad (ω) est non vide. Alors on a
et
χω zε → χω zu? dans C([0, T ]; L2 (ω))
Preuve.
En utilisant l’optimalité de uε pour Jε , on a ∀ε > 0, ∀u ∈ L2 [0, T ], Jε (uε ) ≤ Jε (u),
c’est à dire
Z T Z T
kχω zε (T ) − zd k2L2 (ω) +ε u2ε (t) dt ≤ kχω zu (T ) − zd k2L2 (ω) +ε u2 (t) dt
0 0
Uad (ω) est non vide, ce qui veut dire qu’il existe v ∈ L2 [0, T ] tel que
En prenant u = v, on a
Z T Z T
kχω zε (T ) − zd k2L2 (ω) +ε u2ε (t) dt ≤ kχω zv (T ) − zd k2L2 (ω) +ε v 2 (t) dt
0 0
Et comme
0 ≤ kχω zε (T ) − zd k2L2 (ω) − kχω zv (T ) − zd k2L2 (ω)
Alors, on a Z T Z T
u2ε (t) dt ≤ u2 (t) dt, ∀u ∈ Uad (ω), ∀ε > 0 (4.9)
0 0
40
El Khadri Problème de contrôle régional
Par conséquent, on peut extraire une sous-suite, notée (uε )ε>0 , telle que uε converge
faiblement vers u? dans L2 [0, T ]. D’après Lemme 4.1.1, zε converge fortement vers zu?
dans C([0, T ]; Z) quand ε → 0.
Comme
kχω zε (t) − χω zu? (t)kL2 (ω) ≤ kzε (t) − zu? (t)kL2 (Ω) ∀t ∈ [0, T ]
Alors
sup kχω zε (t) − χω zu? (t)kL2 (ω) ≤ sup kzε (t) − zu? (t)kL2 (Ω) ≤ ε
t∈[0,T ] t∈[0,T ]
Et on a Z T !
lim inf Jε (uε ) = lim inf kχω zε (T ) − zd k2L2 (ω) +ε u2ε (t) dt
ε→0 ε→0 0
et en particulier
41
El Khadri Problème de contrôle régional
et u? ∈ Uad (ω).
De plus,
Z T Z T
2
kχω zε (T ) − zd k2L2 (ω) + ε u2ε (t) dt ≤ kχω zu? (T ) − zd k2L2 (ω) + ε u? (t) dt.
0 0
Comme (uε )ε>0 converge faiblement vers u? , on a < uε , u? > → < u? , u? >.
Par conséquent
kuε − u? k2 = < uε − u? , uε − u? >
et uε → u? dans L2 [0, T ].
Remarque 4.2.1.
1. De la preuve du théorème précédant, il s’ensuit que si la suite (uε )ε>0 est bornée dans
L2 [0, T ], alors Uad (ω) 6= ∅.
2. Les résultats ci-dessus restent valables dans le cas des multi-actionneurs, c’est à dire
quand le système est décrit par
42
El Khadri Problème de contrôle régional
p
ż(t) = Az(t) + ui (t)Bi z(t)
X
i=1
min kuk2L2 [0,T ] avec
Z T
< χω zu (T ) − zd (T ), G(χω zu (T ) − zd (T )) >L2 (ω) + < χω zu (t) − zd (t), Q(χω zu (t) − zd (t)) > dt
0
est minimum
(4.15)
où zd est l’état désiré.
1 Z T
u(t) = − < Bz(t), P (t)z(t) − U (T, t)χω Gzd (T ) −
? ?
U ? (s, t)χ?ω Qzd (s) ds >
ε t
d
< P (t)y, z > + < P (t)y, (A + u(t)B)z > + < (A + u(t)B)y, P (t)z > + < χ?ω Qχω y, z >= 0
dt
P (T ) = χ?ω Gχω , où y, z ∈ D(A).
43
El Khadri Problème de contrôle régional
Preuve.
Soit n o
F = kχω z − zd kL2 (ω) | z ∈ R(T )
Alors, F est un ensemble non vide de R+ . Donc F admet une borne inférieure notée a.
Selon Proposition 4.1.2, (Jε (uε ))ε>0 est une suite décroissante quand ε → 0, et Jε (uε ) ≥ 0,
∀ε > 0. Par conséquent, elle converge dans R vers une limite notée J.
De même (kχω zε (T )−zd k2L2 (ω) )ε>0 est une suite décroissante et positive. Donc elle converge
dans R vers une limite notée b, quand ε → 0. Montrons que a = b.
Supposons que b > a. Alors il existe v ∈ L2 [0, T ] tel que
On a
Z T Z T
kχω zε (T ) − zd k2L2 (ω) + ε u2ε (t) dt ≤ kχω zv (T ) − zd k2L2 (ω) + ε v 2 (t) dt (4.18)
0 0
Donc d’après Remarque 4.2.1, Uad (ω) est non vide, ce qui est contradictoire.
Remarque 4.2.2.
1. La famille des contrôles (uε )ε>0 n’est pas bornée dans L2 [0, T ] et pour tout ε et pour
tout χω zv (T ) tel que
selon (4.18) on a
Z T Z T
u2ε (t) dt ≤ v 2 (t) dt
0 0
44
El Khadri Problème de contrôle régional
d
< Pn (t)y, z > + < Pn (t)y, (A + un (t)B)z > + < (A + un (t)B)y, Pn (t)z >= 0 ∀y, z ∈ D(A)
dt
n (T ) = χ?ω χω
P
(4.20)
dont la solution peut être obtenue par l’algorithme donné par El Alami [15].
45
El Khadri Problème de contrôle régional
∂2
à = α +β
∂ 2x
avec le domaine n o
D(Ã) = z ∈ H 2 (0, 1) | z(0) = z(1) = 0
L’opérateur à admet un ensemble de fonctions propres φi (.) associées aux valeurs propres
λi données par
√
φi (x) = 2 sin(iπx), λi = β − αi2 π 2 , i≥1
M
ai (t)φi (x)
X
z(x, t) '
i=1
Figure 4.1 – État désiré zd (ligne poin- Figure 4.2 – Fonction de contrôle opti-
tillée) et état atteint zu7 (ligne continue) male u? (.) ' u7 (.)
dans ω.
46
El Khadri Problème de contrôle régional
Figure 4.3 – État désiré zd (ligne poin- Figure 4.4 – Fonction de contrôle opti-
tillée) et état atteint zu7 (ligne continue) male u? (.) ' u7 (.)
dans ω.
47
Conclusion
48
Annexe A
1. Inégalité de Gronwall
Lemme A.0.1. (de Gronwall) Soient v et u : [a, b] 7−→ R+ deux fonctions continues
vérifiant
Z t
∃c ≥ 0 / ∀t ∈ [a, b], u(t) ≤ c + v(s)u(s) ds
a
Alors
Z t
∀t ∈ [a, b], u(t) ≤ c exp v(s) ds
a
2. Inégalité de Hölder
et l’on pose
Z 1
p
kf kp = |f (x)| dµ(x)
p
X
49
El Khadri Quelques inégalités et théorèmes fondamentaux
Définition A.0.1. Soit T une application d’un espace métrique (X, d) dans un autre (Y, δ).
L’application T est dite lipschitzienne s’il existe k > 0 tel que pour tout x, y ∈ X, on a
4. Topologie faible
Proposition A.0.1. Soit X un espace de Banach et soit (xn )n≥0 une suite d’éléments de
X. Si xn converge faiblement vers x (xn * x), alors (kxn k) est bornée et
Proposition A.0.2. Soit X un espace de Hilbert et soit (xn )n≥0 une suite d’éléments de
X. Alors
50
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