Management
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MANAGEMENT STRATEGIQUE
Notes de cours
SOMMAIRE
Introduction 3
Bibliographie 29
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Brahim TIGUINT Management Stratégique
INTRODUCTION
La stratégie est un concept lié à l’art de la guerre « Comment disposer les troupes pour vaincre
l’ennemi » et a connu son apparition dans le domaine des affaires au début des années 60 pour
connaitre son essore dès les années 70 avec l’exacerbation de la concurrence entre les entreprises
qui évoluent désormais dans un environnement de plus en plus turbulent difficilement prévisible.
La stratégie consiste à modifier en profondeur les caractéristiques de l’entreprise (diversification,
choix majeurs d’investissement, alliances, internationalisation, abandon de certaines activités…) afin
de lui permettre de se développer et de survivre à long terme.
La stratégie concerne donc toutes les décisions critiques pour l’avenir de l’entreprise. En toute
logique, sont prise au plus haut niveau hiérarchique de l’entreprise (direction générale et conseil
d’administration).
Comme toute démarche qui consiste à rendre compréhensible une réalité complexe, la stratégie est
riche de concepts, d’outils, de méthodes et de techniques.
Fondamentalement tournée vers l’action, elle implique aussi d’importants efforts de réflexion et fait
l’objet de recherches aux confins de l’économie, de la psychologie et de la sociologie.
Tournée vers l’avenir, elle nécessite la connaissance du passé et la compréhension du présent. La
stratégie d’entreprise constitue donc un champ particulièrement riche, une sorte de jeu d’échec à
l’échelle d’industries entières.
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Brahim TIGUINT Management Stratégique
I- DEFINITION :
1- « Détermination des buts et objectifs à long terme de l’entreprise et le choix des actions et
de l’allocation des ressources pour les atteindre. » A.Chandler
2- « Choix des options fondamentales concernant l’insertion optimum de l’organisation dans
son environnement .Ces options devant assurer sa survie, son développement et sa
prospérité » I. Ansoff
3- « Ensemble d’objectifs, de politiques et de plans pour atteindre ces objectifs, de façon à
répondre aux deux questions :
- Dans quel domaine d’activité notre organisation est ou devrait être?
- Quelle sorte d’organisation sommes-nous ou devrions nous être ?»
Harvard Business School
4- « Plan d’allocation et d’utilisation des ressources de l’organisation tel qu’il modifie l’équilibre
concurrentiel et le stabilise à l’avantage de l’organisation considérée. Les deux ingrédients
fondamentaux d’une stratégie réussie sont : un avantage compétitif initial et le moyen de
verrouiller cet avantage ». B C G
5- « Ensemble des décisions et des actions relatives au choix des moyens et à l’articulation des
ressources en vue d’atteindre un objectif » R.A Thietart
6- «Élaborer la stratégie c’est choisir les domaines d’activité dans lesquels l’entreprise entend
être présente et allouer des ressources de façon à ce que qu’elle s’y maintienne et s’y
développe » STRATEGOR
Malgré leur diversité, trois éléments clé sont communs à ces définitions : objectifs,
moyen/ressources et répartition/allocation.
Une synthèse de ces définitions consiste à concevoir la stratégie comme :
« Fixation des objectifs à long terme et choix des moyens pour les atteindre de façon à assurer à
l’entreprise un avantage concurrentiel durable et défendable »
II- HISTORIQUE
La stratégie d’entreprise est apparue dans les années 60 aux Etats Unis. Avant cette date, la stratégie
était uniquement une préoccupation militaire. L’étymologie même du mot stratège rappelle
d’ailleurs ces origines guerrières : en grec ancien, stratos signifie « armée » et agos « je conduis ».
1- Les origines militaires de la stratégie :
L’histoire de la stratégie militaire est riche de plus de 2500 ans d’écrits et de pratiques. On a
d’ailleurs coutume de distinguer les stratèges praticiens qui, en tant que chefs militaires, conçoivent
effectivement la stratégie et parmi lesquels on compte Hannibal, Jules César, Napoléon…et les
stratégistes théoriciens qui cherchent à tirer des enseignements de l’analyse des batailles, les plus
célèbres sont Sun Zi « L’art de la guerre » et Karl Von Clausewitz.
La stratégie militaire étudie la répartition des moyens et les mouvements de l’armée avant la guerre.
2- Première époque de la stratégie d’entreprise : années 60
A partir des années 50, le paradigme de production de masse de produits standardisés a laissé
progressivement la place à une économie de consommation où le client prend une place de choix. Il
s’en est suivi une complixifaction des facteurs de compétitivité qui a fortement attisé la concurrence
entre les entreprises.
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Dans ce nouveau contexte, de nombreux officiers de l’armée américaine ont rejoint les grands
groupes comme General Electric, Ford ou Boeing et ont contribué à la transplantation de la stratégie
militaire au contexte des affaires.
Sur le plan théorique, le premier modèle d’analyse stratégique d’entreprise n’est apparu qu’en 1965,
il s’agit du modèle LCAG (du nom des auteurs Learned, Christensen, Andrews et Guth de la HBS). Ce
modèle connu aussi sous le nom SWOT (Strenths, Weaknesses, Opportunities, threats), a jeté les
fondements de l’analyse stratégique et est encore d’actualité aujourd’hui.
Toujours en 1965, dans son ouvrage Corporate Strategy, Igor Ansoff a développé un modèle similaire
à celui de LCAG.
3- Deuxième époque de la stratégie d’entreprise (années 70)
Durant cette étape, la stratégie est devenue plus opérationnelle, Ansoff a d’abord introduit le
concept de planification stratégique à la fin des années 60.
Par ailleurs, les cabinets de consultants (BCG, McKinsy, Arthur D. Little…) ont développé des matrices
d’optimisation de portefeuille d’activités. L’approche des consultants est plus orientée vers des
réponses pratiques aux problèmes stratégiques des entreprises.
4- Troisième époque de la stratégie d’entreprise (années 80)
Déjà au milieu des années 70, Ansoff a proposé le concept de management stratégique, qui met
l’accent sur l’articulation entre la formulation des objectifs stratégiques et leur déploiement.
En 1980, Michael Porter a élargi le champ de l’analyse stratégique avec son ouvrage Competitive
Stratygy qu’il a complété en 1985 avec Competitive Advantage. L’approche de Porter consiste à
mener le diagnostic stratégique par l’analyse des forces qui animent la concurrence de chaque
secteur et de définir des stratégies génériques en conséquence. Il a également développé les
concepts de chaîne de valeur et de l’avantage concurrentiel.
Le BCG a également proposé une deuxième matrice qui propose des stratégies génériques basées sur
les typologies des systèmes concurrentiels.
5- Quatrième époque de la stratégie d’entreprise (années 90)
La démarche stratégique a été mise en cause par les turbulences environnementales et la crise
économique.
L’approche déterministe de Porter a laissé place à une nouvelle démarche qui s’appuie sur l’idée que
les facteurs clés de succès ne préexistent pas dans l’environnement : c’est à l’entreprise de les créer
grâce aux ressources et compétences mobilisées en interne, voire en externe.
Cette approche dite par Ressources et Compétences, a été élaborée par Gary Hamel (London
Business School) et C.K. Prahald (University of Michigan).
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analyse peut se faire à l’aide d’outils tels que SWOT, modèle des 5 forces de Porter ou
l’approche ressources et compétences.
3- Lorsque chaque activité a fait l’objet d’une analyse concurrentielle, il convient de lui affecter
l’une des stratégies génériques : Domination par les coûts, Différenciation ou Focalisation.
4- Après il faut allouer les ressources nécessaires pour chaque activité, ce qui passe par un
processus réfléchi : favoriser les activités les plus prometteuses éventuellement au détriment
des activités à la traîne.
Pour cela, il existe différents modèles ou matrices tels que BCG, McKinsey…
5- Enfin, la stratégie ne se limite pas à la gestion du portefeuille d’activités existantes,
l’entreprise peut aussi mener des manœuvres stratégiques telles que la diversification,
l’internationalisation, l’externalisation, les alliances et partenariats…qui redéfinissent son
périmètre d’action et ses perspectives de développement.
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La formulation de la stratégie nécessite une définition claire de la mission, des buts et objectifs de
l’entreprise et de ses parties prenantes.
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Moyen
Degré
d’atteinte des
Défaillance Blocages sociaux
objectifs
Faible économiques
n
Faible Moyen Elevé
n
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I- Les macro-segmentations
Elles permettent la délimitation de l’environnement concurrentiel et la compréhension des stratégies
des entreprises.
1-1 Le marché générique ou l’arène stratégique
Le marché générique rassemble le système d’offre des entreprises dont la vocation est de répondre
au même besoin économique permanent comme se nourrir, se vêtir…il correspond à la notion du
secteur d’activité. Mais il n’est pas opérant pour définir les orientations concurrentielles.
L’arène stratégique se définie comme une filière dans le sens où elle permet d’appréhender le type
de relations qui vont s’établir entre les entreprises du marché générique.
1-2 Les industries génériques
C’est un concept qui reposent sur la notion de systèmes concurrentiels du BCG, il s’agit d’industries
qui présentent des caractéristiques communes en termes de facteurs clé de succès et qui vont
engendrer des stratégies concurrentielles proches.
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L’identification des différents DAS d’une entreprise n’est qu’un prélude à la phase souvent
considérée comme la plus importante de la démarche stratégique : l’analyse concurrentielle.
A ce niveau plusieurs modèles ont été développés : SWOT, 5 forces de Porter, chaîne de valeur,
groupes stratégiques, ressources et compétences…
Une force est un atout d’excellence que possède l’entreprise ou une caractéristique qui améliore sa
compétitivité
➢ Compétences ou savoir-faire know-how
➢ Actifs physiques
➢ Actifs en ressources humaines
➢ Actifs organisationnels
➢ Capacités compétitives importantes
➢ Un attribut qui place l’entreprise dans une position d’avantage de marché
Une faiblesse est une compétence que l’entreprise n’a pas ou n’a pas suffisamment, ou une
caractéristique qui la place dans une position désavantageuse
➢ Des insuffisances au niveau savoir-faire ou expertise ou compétences
➢ Un manque au niveau des actifs essentiels (physiques, organisationnels, ou intangibles)
➢ Des carences d’aptitudes dans des domaines clés
Une menace correspond à des f acteurs externes qui peuvent compromettre les objectifs de
l’entreprise, voire son activité
Une opportunité est un phénomène qui est susceptible de faciliter l’atteinte des objectifs de
l’entreprise
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L’analyse consiste à évaluer l’impact de chaque force concurrentielle (Forte? Modérée? Faible? )
- Rivalité entre concurrents :
C’est la première source de réduction de l’avantage concurrentiel. Les concurrents tentent eux
même de d’obtenir des profits plus importants au détriment des autres entreprises du secteur. En
général, plus un secteur est en croissance, plus l’intensité concurrentielle y est forte.
Cependant, plus les offres des entreprises sont différenciées, plus elles évitent une guerre des prix.
L’intensité de la concurrence est également fonction des coûts de sortie de l’industrie.
- Pouvoir de négociation des fournisseurs
Les fournisseurs peuvent réduire les marges en tentant d’imposer des prix élevés. Plus ils sont peu
nombreux et importants en taille, plus les fournisseurs peuvent imposer leurs conditions. De même
plus les produits proposés par les fournisseurs sont différenciés les uns des autres, plus les coûts de
changement sont élevés et plus leur pouvoir est important.
- Pouvoir de négociation des clients
Les clients directs de l’entreprise tentent également d’imposer leurs conditions de prix. Plus les
clients sont peu nombreux et puissants, plus ils peuvent négocier des prix bas et réduire la marge de
l’entreprise. Le pouvoir de négociation des clients est d’autant plus important que les produits sont
standardisés et que les coûts de changement de fournisseur sont faibles.
- Produits substituts
Ils comprennent les offres faites par d’autres entreprises, le plus souvent sur la base de technologies
différentes mais remplissant les mêmes besoins. Les produits de substitution sont parfois à l’origine
de la remise en cause de secteurs d’activité en entier.
- Entrants potentiels
L’arrivée de nouveaux entrants est un facteur à ne pas négliger car elle entraine souvent une guerre
des prix qui conduit à une érosion des marges dans le secteur. Plus il y a d’entreprises risquant
d’arriver dans une industrie (surtout en croissance) et plus leur puissance est grande, plus la
réduction du profit risque d’être importante pour les entreprises en place. Le nombre de nouveaux
entrants dépend de la croissance du marché et des barrières à l’entrée. Ces barrières sont des coûts
supportés par une firme qui souhaite faire son entrée dans un secteur. Ces coûts peuvent être liés
aux investissements nécessaires, aux brevets, à la technologie ou à l’accès au réseau de distribution…
Porter a proposé quelques années après d’ajouter l’Etat comme une sixième forces qui influencer
l’intensité concurrentielle par le biais de la réglementation.
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L’analyse des Groupes Stratégiques a pour objectifs de dresser une topographie de la concurrence au
sein d’un même secteur et d’analyser l’évolution temporelle de la structure concurrentielle.
Suivant le modèle, la dynamique concurrentielle intra-sectorielle est plus ou moins forte selon
- le nombre de GS et leur taille relative,
- le degré d’interdépendance des groupes sur le marché
- la distance stratégique entre les groupes
Le modèle permet d’expliquer les différences de profitabilité entre les concurrents, d’identifier les
barrières à la mobilité entre les différents groupes, de comprendre les mouvements potentiels entre
les concurrents et d’analyser les tendances et évaluer les réactions possibles.
Le modèle est aussi un outil d’aide à la formulation de la stratégie en permettant de :
- Choisir le groupe stratégique ou l’on veut concourir
- Évaluer l’attractivité de ce groupe en examinant les barrières à l’entrée et à la sortie ainsi que
les possibilités de mobilité
- Identifier les facteurs d’avantage concurrentiel mis en avant dans le groupe
- Évaluer la capacité de l’Entreprise à survivre dans ce groupe
- Si nécessaire déterminer et mettre en œuvre un plan d’adaptation de l’entreprise ou
envisager de rejoindre un autre groupe
Exemple :
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Caractéristiques des
Ressources et ressources et
compétences compétences Avantage
- acquises - Valeur concurrentiel
- développées dans - rareté durable
l’entreprise - Imitabilité imparfaite
- substituabilité limitée
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réduction des coûts sont liées à l’apprentissage de la main d’œuvre, au progrès technique et
au volume de production.
1-3 Conditions de réussite
- Extrême rigueur financière
- Forte capacité d’organisation technique
- Parfaite maîtrise de la production et de ses points critiques
1-4 Risques associés :
Une telle stratégie n’est pas viable à terme si :
- Les concurrents imitent l’entreprise
- La technologie évolue et annule les effets de la courbe d’expérience
- Les autres bases de la domination par les coûts disparaissent
- Une trop grande focalisation sur l’efficience peut empêcher l’entreprise de percevoir les
changements dans les préférences des consommateurs (obsession des coûts peut tuer
l’innovation)
- Les entreprises qui optent pour une focalisation fondée sur les coûts parviennent à des coûts
encore plus bas dans leurs segments
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L’analyse des différents domaines d’activité stratégique (DAS) permet d’aboutir à une connaissance
des principales caractéristiques de l’environnement et du fonctionnement interne de chaque DAS.
Cependant, ces analyses, menées au niveau (business) de la stratégie, doivent ensuite faire l’objet
d’une synthèse pour envisager l’articulation entre les différents DAS au niveau global de l’entreprise
« corporate ».
Une fois les DAS analysés, ces derniers peuvent être placés dans une matrice afin d’avoir une vue
d’ensemble du portefeuille d’activités de l’entreprise. L’évaluation de la performance de chaque DAS
et de ses perspectives d’évolution permet ensuite de rationaliser la prise de décision des dirigeants
concernant l’allocation des ressources entre les différentes activités et les choix d’investissement.
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a- Prescriptions stratégiques
Les recommandations issues de la matrice sont essentiellement centrées sur l’investissement. Ainsi,
une entreprise ayant un DAS doté d’une très bonne position concurrentielle doit continuer d’investir
pour maintenir sa position…
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Attractivité
du secteur
Relations avec
les compétences stratégiques
Atouts de l’entreprise
a- Prescriptions stratégiques
Les choix stratégiques dans le cadre de cette matrice privilégient donc le renforcement ou le
maintien des DAS reposant sur des compétences fondamentales reliées. Les investissements doivent
logiquement être focalisés sur les DAS qui permettent de développer et valoriser la compétence
stratégique de l’entreprise.
b- Avantages et limites
Le principal apport de la matrice est qu’elle permet de mener une analyse de portefeuille en prenant
en compte les relations entre DAS et pas uniquement leurs caractéristiques intrinsèques.
Cependant, elle suppose de la part de l’entreprise une capacité à définir ses compétences
stratégiques et à évaluer la relation entre ces dernières et les DAS détenus.
De plus, tout comme dans les cas précédents, l’axe « atouts de l’entreprise » comprend un ensemble
de variables susceptibles de différer selon les secteurs.
La matrice cubique s’avère tout aussi difficile à opérationnaliser que la matrice McKensey.
Domination par
les coûts
Attrait du secteur
Différenciation
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Prescriptions stratégiques
Le profit d’un DAS et ses perspectives de développement dépendent de l’attrait du marché mais
aussi de la différence entre les produits et les charges. Plus une entreprise se trouve dans un secteur
en croissance et réussit à se différencier tout en dominant par les coûts, plus ses profits dans le DAS
sont élevés.
Cependant, une entreprise qui poursuit une stratégie de différenciation devra veiller à préserver son
image de marque et non à devenir uniquement une firme qui domine par les coûts.
Un tel exercice peut parfois être périlleux et le cube de positionnement permet d’avertir le stratège
d’un risque de perte d’image ou au contraire de perte d’une position de domination par les coûts.
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Il faut considérer l’entreprise comme une organisation en croissance et non comme un simple centre
de décision sur des prix et des quantités pour des produits donnés.
Plutôt que comme position occupée à un moment donné, c'est-à-dire l’ensemble des domaines dans
lesquels l’entreprise s’est investie, la stratégie gagne alors à être considérée de façon dynamique.
Elle désigne les mouvements que l’entreprise réalise pour assurer son développement et sa
pérennité et la construction de logiques de création de valeur qui garantiront sa compétitivité.
La stratégie implique deux types de manœuvres :
- Celles qui modifient le champ d’activité de l’entreprise : les voies de développement
- Celles qui modifient son périmètre, sa dimension : les modes de développement
1-3 Diversification
Cette stratégie consiste pour une entreprise à entrer dans de nouvelles activités liées ou non à son
activité d’origine. La diversification est liée s’il existe des synergies (technologiques, compétences,
distribution…) entre les activités existantes et les nouvelles.
S’il n’y a pas de liens on parle de la diversification conglomérale comme c’est le cas du groupe ONA.
Cette pratique est néanmoins en net recul car les entreprises cherchent à se recentrer sur leur métier
de base dont elles ont une plus grande maîtrise.
Avantages :
Elle permet de répartir les risques et si la diversification est liée elle permet de développer des
synergies et des avantages concurrentiels en termes de partage de coûts ou de compétences.
Inconvénients :
Le principal reste lié à la complexité de la gestion et au fait que les synergies permises sont
contrebalancées par des coûts de diversité élevés.
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En outre, avec la mondialisation, il est de plus en plus difficile de mener une diversification
géographique avec une diversification des activités car cela présente le risque de diluer l’identité de
l’entreprise vis-à-vis des clients et des actionnaires.
1-3 Intégration
Elle consiste à entrer dans des activités situées en amont ou en aval de l’activité principale de
l’entreprise. C’est le fait d’intégrer les activités des fournisseurs et/ou des clients. Cette stratégie
vient renforcer un choix de concentration.
Avantages :
Cette stratégie permet de défendre un avantage concurrentiel lié aux coûts en supprimant les
marges intermédiaires ; c’est l’exemple du voyagiste Nouvelles Frontières qui a réduit les coûts de
distribution en commercialisant ses produits dans ses propres agences.
L’intégration permet aussi de renforcer la différenciation, ainsi Apple conçoit ses propres systèmes
d’exploitation pour ses PC et téléphones.
Cette stratégie peut aboutir à une meilleure flexibilité et maîtrise de l’ensemble de la chaîne (stocks,
informations…) c’est l’exemple de Promod et Zara qui peuvent ainsi proposer de nouvelles
collections chaque quinzaine de jours.
L’intégration présente aussi l’avantage de contourner des fournisseurs ou des clients puissants.
Inconvénients :
C’est en premier lieu la difficulté de maîtriser de nombreuses activités et environnements différents,
il faut se poser la question si l’entreprise peut faire aussi bien qu’un fournisseur ou un client.
Les tailles différentes pour les activités amont et aval peuvent conduire à des goulets
d’étranglement, c’est le cas par exemple du quotidien le Monde qui a décidé de se doter de sa
propre imprimerie mais devait chercher d’autres utilisations pour celle-ci car l’impression du journal
ne permet pas d’exploiter au maximum l’imprimerie.
Cette stratégie réduit la compétitivité des clients qui deviennent captifs, ce qui ne serait pas le cas si
l’entreprise pouvait s’adresser à des fournisseurs multiples.
Un dernier inconvénient est lié au fait que si la crise touche un maillon de la chaîne intégrée, le
problème se propage à l’ensemble de l’entreprise.
1-4 Externalisation
Les inconvénients de l’intégration verticale ont poussé certaines entreprises à se « dé intégrer » en
confiant certaines activités à des fournisseurs externes, ce mouvement a accompagné le recentrage
sur les métiers de base.
Ainsi dans les années 80 ce sont d’abord les activités périphériques qui ont fait l’objet
d’externalisation (entretien, gardiennage, restauration…). Par la suite d’autres activités plus proches
du cœur du métier ont fait l’objet d’externalisation (informatique, logistique, comptabilité,
recrutement…). D’une simple sous traitance ponctuelle, l’externalisation devient une démarche de
« gestion déléguée ».
Avantages :
La réduction des coûts (15% en moyenne) et la concentration de l’investissement sur les activités
jugées stratégiques tout en profitant du savoir faire des fournisseurs spécialistes dans les autres
domaines.
Cette stratégie permet également une plus grande flexibilité et un degré d’exigence plus important
vis-à-vis des fournisseurs.
Inconvénients :
Elle entraine la dépendance à l’égard des fournisseurs et la nécessité de sa surveillance. A cela
s’ajoutent les coûts de coordination et le risque de perte de savoir faire qui peut s’avérer stratégique
pour l’entreprise.
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