République Algérienne démocratique et populaire
Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique
Ecole Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme
Laboratoire Ville Urbanisme et Développement Durable
Intentions de recherche
Pour l’élaboration d’un mémoire de Master
Thématique : Environnement, Planification urbaine et
Aménagement Intelligent
Axe : Espaces Publics
Réalisé par : HATEM Nadir
Responsable de la Thématique : Mme CHERFAOUI Dounia
Introduction :
La ville, inclut une grande variété d’espaces publics qui la caractérisent et constituent son
image, ce sont des lieux chargés d’histoire, symboles, et véhiculent la mémoire collective du
lieu.
Cependant, ces symboles apparaissent comme une composante basique et déterminante du
bien-être social, les usagers ont besoin de s’identifier dans un espace physique propre qui leur
apporte les clés pour créer et partager leur façon d’être, dont le besoin d’intégrer le rapport au
lieu, et son identité lors de la conception des espaces publics.
Selon Kevin Lynch un espace urbain entre dans le monde perceptif des personnes lorsqu’il a
une identité, et lorsqu’il a une signification, conçu à partir d’une implication émotionnelle et
fonctionnelle pour le sujet.
Selon Norberg Schulz, On assiste à la perte du sens du lieu au seuil du 21ème siècle, a cause du
manque de la dimension sensible dans l’approche lors de l’aménagement d’un espace public,
et dans la discipline de l’architecture et de l’aménagement des villes en général.
Aldo Rossi, Architecte Italien, créateur du mouvement la Tendenza, intègre dans son
approche urbaine, et architecturale, la dimension historique : La mémoire du lieu, la ville
d’Aldo Rossi va en contre-courant avec la ville fonctionnelle dans le sens que cette dernière
est dépourvue de l’effet de la mémoire dans la ville, elle supprime l’histoire, et la considère
comme un obstacle. La ville est constituée d’expériences, car on trouve des lieux qui
évoquent de mauvais souvenirs, par exemple le projet d’Aldo Rossi « le monument au
partisans » pour commémorer la mort et le sacrifice lors de la guerre partisane. Et on trouve
des lieux ou les personnes leurs attribuent un caractère de bon augure.
Motivation Personnelle :
J’ai décidé de choisir cet axe, car lors de ce semestre nous avons, en atelier procédé à des
aménagements des espaces publics, dans des lieux différents, chaque lieu avec ses
caractéristiques, son vécu, son identité, ça nous a permis d’apprendre une approche
authentique que chaque architecte urbaniste devrait prendre en considération, pour ne pas
concevoir des espaces sobres, sans vie, sans sens.
Problématique :
Les espaces publics que nous visitons quotidiennement, peinent à véhiculer une image forte et
caractéristique de la ville, par conséquent on remarque la propagation des espaces banalisés,
on assiste donc à une crise identitaire, de ces espaces dits « publics ».
De nos jours, les espaces publics ont perdu toute urbanité, et toute forme singulière, les cœurs
de ville subissent une perte de vitalité, d’attractivité, ce sont devenus des espaces dédiés
uniquement a la circulation piétonne et quelques fois support de fonctions sociales.
Lorsqu’on s’inscrit dans une logique globale, les villes aspirent toutes au même but : être
attractives, que ce soit pour attirer des touristes, de nouveaux habitants, etc. Face a ce contexte
de développement, certaines collectivités s’engagent dans des projets de réhabilitation
d’espaces publics qui sont en crise d’identité.
La notion d’identité revêt un caractère polysémique, un concept traité par plusieurs
disciplines, et a évolué au cours du temps. L’identité urbaine est un concept qui est apparu
lors des années 60 aux États-Unis dans le domaine de l’urbanisme. La ville regorge de formes
d’expressions identitaires, ce qui permet d’utiliser la ville (le lieu) comme ressource initiale
pour l’action, et support de mobilisation collective.
D’après ce que nous avons constaté et démontré, nous préconisons la problématique suivante :
Comment, à travers un projet qui s’inscrit dans une logique globale, concevoir la
restitution de l’identité d’un lieu-dit en réhabilitant les espaces publics, et démontrer la
pertinence du recours à la notion du rapport au lieu comme approche ?
Hypothèses de recherche :
Afin de répondre au questionnement cité ci-dessus, on propose quelques hypothèses :
D’abord, afin de restituer l’identité d’un lieu, il faut définir cette identité, sans se limiter,
c’est-à-dire ne pas se borner, ne pas accepter des limites, comme a dit Michel
Corajoud « Vous avez tellement de choses à apprendre…Il faut être comme une formidable
éponge et attraper tout ce qui passe » Il faut décortiquer le lieu, définir sa vocation, ses
usages, étudier les pratiques de l’appropriation de l’espace, on pourrait avoir recours a
quelques théories de l’identité, utilisées dans la psychologie sociale. Car une fois l’identité
définie, l’intervention sera basée sur cette dernière, ainsi seront les usages intégrés dans cet
espace.
Afin de répondre à la question de la pertinence du recours à la notion du rapport au lieu
comme approche, lorsque la réflexion, qu’elle soit architecturale, urbaine, ou tout simplement
l’aménagement d’un espace public, émane de la lecture sensible du lieu dans lequel se trouve
cette dernière, on n’aura pas une médiocrité, banalité répandue dans nos villes, mais une
cohérence et une harmonie globale, qui s’intègre dans le lieu.
On pourrait adopter une démarche paysagiste, car leur démarche de projet singulière repose
sur la logique du lieu comme cœur des concepts. Selon Masboungi « La discipline du
paysage cherche à donner sens, confort et agrément aux espaces de demain ».
Objectifs de recherche :
La quête d’identité : l’identité urbaine se définit par trois éléments essentiels : l’individu, la
société, et l’espace. La quête d’identité serait donc une quête pour trouver une cohérence et
continuité. Les espaces publics de nos jours ont perdu leur légitimité, comme a dit D.
Delbaere « le propre de l’espace public tient dans sa capacité à constituer le cadre spatial de
l’échange et de la confrontation sociale ».
Intégration : Les habitants, et les usagers ont un besoin naturel d’ancrage, en développant un
registre identitaire on arrivera à favoriser un sentiment d’appartenance a un espace, un lieu-dit
et par conséquence se lier à ce dernier.
Méthodologie de recherche :
Afin de procéder, nous devons d’abord choisir un lieu, faire une recherche bibliographique,
pour s’imprégner de ce lieu, après sa visite bien sûr, et apprendre son identité, les secrets dont
il regorge, son vécu.
Puis choisir un espace ou l’on constate un potentiel négligé (par les collectivités locales, ou
par les citoyens. etc.) procéder a un aménagement en suivant une problématique, qui est
définie par rapport a notre lecture du lieu, cet aménagement doit rencontrer les objectifs de
recherche cités précédemment, pourquoi pas d’autres objectifs qui seront définis
ultérieurement.
On peut attribuer trois (3) dimensions à l’identité urbaine :
Attribut de position (Site, Situation…)
Attribut de configuration (Organisation Matérielle)
Attribut de substance et de valeur.
Il faut tenir en compte, lors d’un aménagement d’espace public, des références spatiales au
contexte local, mais aussi aux pratiques du lieu, mais aussi des pratiques du lieu, c’est-à-dire
comment ce lieu est exploité par ces usagers, quel type de vocation possède-t-il ? Est-ce-que
l’aménagement existant répond à cette vocation ? Comment les usagers exploiteront ce lieu
après l’intervention, car ce sont les acteurs qui produiront l’identité de l’espace public. Quel
type d’ambiance nous allons générer ? c’est également un support identitaire, et on revient sur
les usagers, l’ambiance dépend fortement des usagers. Donc c’est cet ensemble de question
qu’on se pose avant d’agir sur un espace public, pour conduire un raisonnement cohérent et
pertinent.
Bibliographie :
Pol Enric, Valera Sergi. Symbolisme de l'espace public et identité sociale. In : Villes
en parallèle, n°28-29, décembre 1999. Ville et environnement. Approche
psychosociologique. pp. 12-33.
Berdoulay, V. (1997). Le lieu et l’espace public. Cahiers de géographie du Québec, 41
(114), 301–309.
L’Art du Lieu, Norberg Schulz.
Nicolas Bautès, Claire Guiu. Cheminements autour de l’identité urbaine. M. Gérardot.
La France en ville, Atlande, pp.119-126, 2010
Article : Identité et espaces de vie, Ghozlane Fleury-Bahi Dans psychologie et
environnement (2010) Pages 43 à 58.