NOTE CIRCULAIRE N°.....
/CAB/MINET/MJGS/CMT/2024
Aux Gouverneurs des provinces et Maires des Villes
Concerne : La police des cimetières
Mesdames et messieurs,
La présente note circulaire porte sur la question de la police des
cimetières en République démocratique du Congo qui devient extrêmement
préoccupante.
En effet, dans la société traditionnelle Africaine en général et
congolaise en particulier, la mort ne signifie la fin absolue de la vie, mais
seulement un changement détat.
Tout ce qui se rapporte aux morts fait partie du sacré et mérite une
attention particulière. Le respect dû aux morts est ainsi une valeur matricielle
sociétale qui mérite d'être sauvegardée tout azimut.
La législation funéraire Congolaise est constituée d'un certain nombre
des dispositions éparses datant de l'époque coloniale,notamment l'ordonnance du
14 février 1914 sur le service des inhumations et police des cimetières, et la
dernière législation spécifique en la matière date de 1950, donc plus de 60 ans
après l'indépendance, rien n'est fait, malheureusement.
Devant ce désintérêt légal, les funérailles deviennent aujourd'hui des
actes de commerce au lieu de connaître la solidarité nationale, un casse-tête dans
notre société.
Les cimetières sont profanés, ils sont devenus semblables aux
brousses à cause de l'absence d'entretien régulier par l'autorité de police, certains
sont dans un état d'érosion avec tous les risques que court les populations
riveraines, on peut inhumer deux corps dans une même fosse, voire inhumer dans
1
des cimetières déjà saturés, on peut désaffecter un cimetière et l'aliéner sans respect
de la procédure légale.
Considérant l'obsolescence de notre cadre légal funéraire datant de
l'époque coloniale ;
Considérant ce désordre criant caractérisant le secteur funéraire
Congolais par la mégestion des cimetières ainsi que la nécessité d'actionner le
pouvoir de police des cimetières reconnu au ministère de la justice dans
l'ordonnance n°20/017 du 27 mars 2020 fixant les attributions des Ministères
spécialement en son article 1, avec ses conséquences, notamment le maintien de
lordre et la décence dans les cimetières.
En attendant la réforme qui se pointe à l'horizon, le Ministre d'Etat,
Ministre de la justice et garde des sceaux adjoint aux Gouverneurs des provinces et
Maires des villes de s'abstenir d'inhumer dans les cimetières saturés, de respecter
scrupuleusement la procédure de désaffectation d'un cimetière ainsi que son
aliénation.
Un cimetière ne peut dorénavant être directement aliéné après
désaffectation. L'aliénation d'un cimetière devra être soumise à l'observation d'un
délai de dix ans après désaffectation, et ce délai court à compter de la dernière
inhumation.
Aussitôt désaffecté, et après l'observation du délai précité, le cimetière
entre dans le domaine privé de l'Etat et peut faire l'objet de concession après
l'observation de la procédure prévue par les dispositions pertinentes de la loi n°73-
021 du 20 juillet 1973 portant régime général des biens, régime foncier et
immobilier et régime des sûretés telle que modifiée et completée par la loi n°80-
008 du 18 juillet 1980.
Les mesures de la présente notre circulaire sont de stricte application et
ne doivent souffrir d'aucune violation.
Patriotiquement.
2
Constant Mutamba Tungunga