0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
1K vues6 pages

ACSO

ACSo : Échelle d'Auto-évaluation des troubles de la Cognition Sociale. Il s'agit d'un auto-questionnaire évaluant le niveau de plainte subjective du patient concernant 4 dimensions : la perception émotion- nelle, la perception et les connaissances sociales, la théorie de l'esprit et le style attributionnel.

Transféré par

Iris
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
1K vues6 pages

ACSO

ACSo : Échelle d'Auto-évaluation des troubles de la Cognition Sociale. Il s'agit d'un auto-questionnaire évaluant le niveau de plainte subjective du patient concernant 4 dimensions : la perception émotion- nelle, la perception et les connaissances sociales, la théorie de l'esprit et le style attributionnel.

Transféré par

Iris
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

 

II. Matériel et méthodes

Comme évoqué dans l’introduction, l’échelle ACSO a été conçue dans le but de
faciliter le recueil des plaintes en cognition sociale des patients souffrant de troubles
psychiatriques.
Au cours de l’année 2014, le Dr Graux, Praticien Hospitalier au CHRU de Tours, m’a
offert l’opportunité de participer à une séance de travail de l’équipe du GDR 3557 sur la
conception de l’échelle ACSo. À cette occasion, il m’a proposé, dans le cadre de mon travail
de thèse, de réaliser une étude de validation de celle-ci.

Dans cette partie, nous expliquerons tout d’abord, la manière dont a été construite
l’échelle ACSo puis nous nous focaliserons sur l’étude de validation.

A. Construction de l’échelle ACSo

Les auteurs ont organisé leur travail de construction d’échelle selon deux séquences
successives. Pour commencer, ils ont défini les caractéristiques attendues de l’outil, c’est à
dire le cadre « général » avant de constituer une liste d’items dont nous donnerons le détail ci-
après.

1. Définition des caractéristiques de l’échelle

Pour définir les caractéristiques attendues du futur instrument, les auteurs ont établi un
« cahier des charges » renseignant : le concept à mesurer, l’objectif de l’instrument, la
population cible, la structure prévue de l’instrument, le mode de passation de l’échelle, ses
conditions d’utilisation, le choix du nombre d’items et le système de cotation. En voici le
détail :

Concept à mesurer :
Le concept à mesurer était la plainte subjective des patients concernant leurs
difficultés en cognition sociale.

  35  
 

Objectif de l’échelle :
L’objectif de l’échelle ACSo était de permettre aux patients une évaluation subjective
et quantitative de l’ensemble de leurs éventuelles difficultés en cognition sociale.

Population cible :
Les troubles de la cognition sociale touchent des sujets atteints de pathologies
psychiatriques très diverses. De ce fait, les auteurs de l’échelle ACSo ont cherché à construire
un outil utilisable quelle que soit la pathologie psychiatrique du patient.
De plus, les données de la littérature mettent en évidence la présence de troubles de la
cognition sociale dans des populations psychiatriques d’âge et de sexe différents. Ainsi, les
auteurs ont construit une échelle à destination des sujets adultes ou adolescents sans limite
maximum d’âge, hommes ou femmes et souffrant d’au moins une pathologie psychiatrique.

Structure prévue de l’instrument :


Selon les données de la littérature, la cognition sociale est un concept composite [20]
au sein duquel tous les domaines ne font pas l’unanimité. Néanmoins, quatre d’entre eux
bénéficient actuellement d’un relatif consensus : la Théorie de l’esprit (ToM), la perception
émotionnelle (PE), la perception et la connaissances sociales (PS) et les biais attributionnels
(BA).
Les créateurs de l’ACSo ont donc construit un auto-questionnaire, a priori,
quadridimensionnel évaluant les plaintes dans ces 4 domaines de la cognition sociale.

Mode de passation de l’échelle :


Pour évaluer les plaintes des patients, les auteurs ont dû choisir entre une échelle
d’auto-évaluation et une échelle d’hétéro-évaluation.
Les auteurs ont fait l’hypothèse que les patients seraient les « mieux placés » pour
évaluer leurs difficultés ressenties en cognition sociale. Ils ont donc choisi de construire un
auto-questionnaire.

Conditions d’utilisation de l’échelle :

La définition des conditions d’utilisation d’une échelle résulte d’un compromis entre la
précision et la fiabilité d’un outils aux conditions d’utilisation standardisées et l’accessibilité
et la facilité d’usage d’un instrument aux conditions d’utilisations plus souples [129].

  36  
 

Dans le cas de l’ACSo, les auteurs ont privilégié l’accessibilité et la facilité


d’utilisation de l’échelle. Ils n’ont donc donné aucune consigne particulière quant aux
conditions d’utilisation de celle-ci.

Le choix du nombre d’items :


Le choix du nombre d’items d’une échelle résulte d’un compromis entre l’exhaustivité
potentielle d’une échelle composée de nombreux items et la facilité d’utilisation d’une échelle
constituée de peu d’items.
Dans le cas de l’ACSo, les auteurs ont développé un instrument contenant 5 items par
domaine soit 20 items au total.

Système de cotation :
De la même façon, le choix d’un système de cotation découle d’un compromis entre le
caractère pratique et simple d’une cotation qualitative (« vrai »-« faux » ; « oui »-« non ») et
la précision d’une cotation quantitative.
La cognition sociale étant une dimension pour laquelle il n’est pas possible de définir
une frontière stricte entre « normal » et « pathologique » mais qui se définit davantage selon
un continuum, les auteurs ont choisi un système de cotation de type likert à 5 modalités.

Il a également été nécessaire de définir quelle caractéristique de la plainte devait être


évaluée. Dans la littérature, les deux caractéristiques les plus couramment utilisées pour
l’évaluation des difficultés ressenties par les patients sont l’intensité et la fréquence [130].
Pour l’ACSo, les auteurs ont décidé de proposer aux patients de coter la fréquence des
leurs difficultés ressenties selon les 5 modalités suivantes : « très souvent » (4), « souvent »
(3), « parfois » (2), « rarement » (1) et « jamais » (0).

Une fois le « cadre général » de l’échelle défini, les auteurs de l’échelle ACSo, ont
constitué une liste d’items avec l’objectif de permettre une évaluation facile mais également
la plus exhaustive possible.

  37  
 

2. Constitution des items de l’échelle

Dans un premier temps, les auteurs ont recherché tous les items susceptibles d’être
utilisés dans l’instrument.
Pour ce travail, les auteurs ont sollicité l’avis « d’experts » dans le domaine des
cognitions sociales et ont utilisé des échelles et batteries de tests évaluant les cognitions
sociales ou des domaines voisins.
Les principales échelles et tests utilisés pour la construction de l’échelle sont listés
dans le Tableau 1.

Tableau 1 : Echelles et tests utilisés pour la construction d’ACSo


Nom de l’échelle Type d’évaluation Domaines évalués
Echelle GEOPTE [131] subjective Neurocognitions, cognitions et
fonctionnement social
Campbridge Friendship subjective Habiletés sociales
Questionnaire [132]
Social Cue Recognition Test Objective Perception sociale
(SCRT) [133]
Batterie d’évaluation des fonctions Objective Perception émotionnelle, Théorie
socio-cognitives à destination des de l’esprit, normes sociales
patients atteints d’affections
neurologiques [134]

Dans un deuxième temps, et une fois le pool d’items constitué, les auteurs ont
raccourci, reformulé et simplifié les énoncés des items de sorte qu’ils demandent un effort
cognitif et affectif minimum pour y répondre [129] ; ceci toujours dans le but de rendre
l’ACSo accessible au plus grand nombre.

Dans un troisième temps, les auteurs ont cherché à extraire un « noyau consensuel »
d’items [129]. Pour se faire, ils ont eu recours à la méthode dite du « panel d’expert ». Par
cette méthode, un groupe de 9 neuropsychologues, psychologues, psychiatres et chercheurs
experts de la cognition sociale et appartenant au GDR 3557 a été constitué. Lors d’une
réunion, ces derniers ont dégagé les items les plus pertinents et les plus en adéquation avec les
domaines explorés. Ils ont également retravaillé et simplifié à nouveau la formulation des
items. À l’issue de ce travail, 5 items par domaine ont été retenus pour former l’ACSo.
L’échelle a ensuite été présentée à des experts de la cognition sociale, n’ayant pas participé à
sa conception, qui ont ainsi vérifié que le contenu de l’ACSo semblait bien mesurer ce qu’elle
affirme mesurer, c’est-à-dire les plaintes dans 4 domaines de la cognition sociale.

  38  
 

3. Présentation de l’échelle

Comme écrit plus haut, l’échelle ACSo est composée de 20 items, organisés en 4
groupes de 5 items, évaluant les plaintes des patients dans les 4 principaux domaines de la
cognition sociale : La perception émotionnelle (PE), la perception sociale et la connaissance
sociale (PS), la théorie de l’esprit (ToM) et les biais attributionnels (BA)).

Pour chaque item, le patient cote la fréquence à laquelle il s’accorde avec l’affirmation
présentée. La cotation se fait selon une échelle de type Likert à 5 modalités allant de 0
(jamais) à 4 (très souvent). Un score compris entre 0 et 20 peut ainsi être calculé pour chacun
des 4 domaines.
Par ailleurs, afin de limiter d’éventuels biais de répétition, les items ont été présentés
dans le désordre (et non pas par domaine) et les formulations de 6 items ont été inversées
(items 1, 2, 5, 6, 16 et 18).

  39  
 

Figure 1 : Echelle ACSo (Autoévaluation des Troubles de la Cognition Sociale)

  40  

Vous aimerez peut-être aussi