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Le document traite des sciences occultes, en particulier de l'alchimie, de la magie et de l'astrologie, en soulignant leur quête de richesse, de pouvoir et de connaissance. Il évoque les difficultés rencontrées par les praticiens et les avertissements sur les dangers de ces pratiques. L'auteur insiste sur la nécessité de la patience, de l'humilité et du secret dans la recherche de la vérité alchimique.
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CURIOSITES
DES
SCIENCES OCCULTES
rar
P. L. JACOB
BIBLIOPHILE
ee
ALCHIMIE, |
MEDECINE CHIMIQUE ET ASTROLOGIQUE,
TALISMANS, ANULETTRS, BAGUETTE DIVINATOIRE,
ASTROLOGIE, CIIROMANCIB,
PHTSIOGNONOME, VREDICTIONS, PRESAGES, ONActEs, |
ONEINOCHITIE, ANT DIVINATOIRE,
CARTONANCIE, MAGIB, SORCEULERIE,
SECRETS p'amoun,
ETC.
PARIS
ADOLPITE DELAHAYS, LIBRAIRE-EDITEUR
4-6, RUE VOLTAIRE, 4-6
. 1862CURIOSITES
bes
SCIENCES OCCULTES
PRELIMINAIRES
« Le besoin d’argent, dit l’auteur anonyme du Grand
OkEuvre dévoilé dans un Avis trés-important, est une
maladie qui afflige les trois quarts de |’espéce humaine;
elle lutte partout contre cette affliction. De tout temps
on a fait les plus grands efforts pour se soustraire a la
triste indigence. J'ai imaginé rendreun serviceessentiel
4lasociété enlui présentant un moyen prompt des’en-
richir 4 peu de frais.
« Ceux qui ne pourront pas profiter des legons que
je leur donne pour réparer le désordre de leurs affaires
* Le Grand QEuvre dévoité, en faveur des personnes qui ont
grand besoin dargent, par celué qui I'a fait Paris, 1789,
in-42,
4SCIENCES OCCULTES.
doivent renoncer 4 tous les expédiens qu’on pourroit
" Jeur proposer. »
Se procurer de l’argent, arriver aux honncurs, se
faire aimer de qui l’ou veut, se venger de qui vous
déplait, charmer les uns, punir les autres, s’élever au-
dessus du commun des hommes, avoir de la puissance,
voili Je but des sciences occultes. Pour cela, rien fe
coite & Valchimiste, 4 V'astrologue, au devin, au ma-
gicien, au sorcier, mais Ja Nature laisse difficilement
saisir ses secrets, ct @est en vain que l'un ailume ses
fourneaux, que l'autre cherche a lire dans jes cieux,
que les autres s'exercent a leurs pratiques, ouvrent
leurs grimoires, évoquent les morts ou conjurent les
esprits : tous ne trouvent le plus souvent que déboires,
misére, infamie, mépris et tourment. Et pourtant il
pent y avoir quelque vérilé cachée dans ces antres
obscurs !
« Telle est 1a profession des alchimistes, dit un vieil
auteur!, fausseurs de raisons naturelles, 41a bouche
desquels tontefois est toujours ce nom de philosophe,
et qui déshonnorent la philosophie en s’avouant souselle
faussement. Telle est cette fabuleuse et superstitieuse
magie, transportant hors de toute espéce de bon sens
Jes simples et ignorans sous le magnifique nom de
philosophie occulte : avec ses servantes comme nécro-
mancie et autres telles ordures de sorcelleries vaines,
ridicules et inutiles 8 tout, horsmis a elfaroucher les
1 Mantice ou Discours de la vérié de diving tion par astro-
lopie. S.1.n. d., in-4*, p. 9.ALCHIMIE. 3
vicilles et petits enfans. Telle encores cette sublime et
élevée astrologie judiciaire, qui de sa pernicicuse fécon-
dité nous a produit uu incroyable nombre de follies de
sou espéce, comme géomancie, onomantie et quelques
autres telles manties ou plus vray menteries : tant
eslongnées dle toule dignité philosophique, que nul des
anciens philosophes, qui soit demeuré par tesmoignage
de quelque illustre monument digne du nom de philo-
sophe, les avoit daigné nommer tant seulement. »
ALGHIMIE
Prolégoménes.
Le but de l’alchimie est de trouver une substance
merveilleuse, qui permetle de convertir tous les mé-
taux en or ou en argent, de guérir tous les maux, de
prolonger indéfiniment la vie, et de procurer un com-
merce quelconque avec les étres surnaturels,
« Le Grand Guvre des sages tient Je premier rang
parmi les belles choses, dit l’auteur de l'Apologie du
Grand OEwvre'. il donne la santé... procure la ri-
chesse... il éclaire les esprits... Enfin plusieurs phi-
losophes ont reconnu en cel ouvrage un symbole ac-
* Apologie du Grand QEuvre, ou Elixir des Philosophes,
par Vabbé D. B. Paris, Pierre de Bresche, 1659, in-12.4 SCIENUES OCCULTES.
compli des plus adorables mystéres de la religion... Il
subsiste dans un parfait ternaire de trois principes
purs, réellement distincts, et qui ne font qu’une méme
nature, et en cela il est un beau symbole de la sacrée
Tryade. Il est originairement esprit wniversel du
monde, corporifié dans une lerre vierge, estant la pre-
migre production ou le premier meslange des élémens
au premier point de sa naissance, pour nous marquer
un Verbe humanisé dans les flancs d’une Vierge, et
revestu d'une nature corporelle. Il est travaillé dans sa
premiére préparation, il verse son sang, il meurt, il
rend son esprit, if est ensevely dans son vaisseau, il
ressuscite glorieux, il monte au ciel, tout quinte essen-
tié, pour examiner les sains et les malades, détruisant
Vimpureté centrale des uns, et exaltant les principes
des autres : en quoy nous figure les travaux et tourmens
du Sauveur, l’effusion de son sang sur la croix, sa mort,
sa sépulture, sa résurrection, son ascension et second
advenement pour juger les vivants et les morts. »
En général, on fait venir le mot alchimie, du grec
xuptia, chimie, formé de yvpis (suc), ou de yew (je
fonds), joint Ala particule arabe al, qui, placée au com-
mencement d’un mot, exprime une chose relevée,
grande, excellente, ce qui revient 4 dire la chimie
par excellence. Cependant on Jit dans un manuscrit
de Ja bibliothéque de l’Arsenal, intilulé Interruption
du Sommeil cabalistique' :
1 Qu le Dévoilement des tableaux mystiques de Uanti-
quitd, etc. Ms., Sc. ct A., n°475, in-49,ALCHIMIE. 5
« Plusiewrs ont curieusement’ recherché Ja vraye
étymologie de ce mot; mais il y ena fort peu qui ayent
bien rencontré. Néantmoins nous pouvons dire que ce
mot est dérivé de als, qui signiffie en grec sel, et de
chymie, qui veut dire fusion, et ainsy il est bien dict
& cause que le sel qui est si admirable est usurpé, et
sans le sel iln’y auroil aucun sacrifice agréable a Dieu.
« Etselon d’autres, et plus & propos, Palkymie‘est
dérivée de ce mot ala des Cypriotes, qui signifie vin,
et de chymia (fusion), le tout signifiant fusion de
vin ou vin fusible. »
Conditions exigées des alchi mistes.
Les alchimistes invoquent souvent le nom de Dieu
et regardent, en général, leur ceuvre comme sainte et
bénie. Ainsi, un fameux alchimiste du quinziéme
siécle, Nicolas Valois ', recommiande 4 son fils d'imiler
son exemple et de ne jamais mal user du secret de la
Science :
« Or, pour éviter ce malheur qui troubleroit le repos
de mon me, autant de fois que tu abuserois de ce
divin secret, pour I’employer a choses iniques et mau-
vaises, je veux que tu scaches comme le bon Dieu me
1a donna par mes pritres et bonnes intentions que
Javois d’en bien user, ct comme par elle j'ay acquis
* QEuvres doN. Grosparmy ct de Nic. Valois, Ms. de la Bibl.
de l’Arsenal, Sc. ct A., n° 166, inf», p. 134.6 SCIENCES OCCULTES.
tous les biens que je laisse entre tes mains ct de tes
fréres: lesquels périront dés lors que les possesseurs
d'iceux se corrompront en leurs meurs, car c’est un
secret réservé du bon Dieu pour ses élus qui font ses
divins commandements. »
« La patience est échelle des philosophes, dit ail-
leurs le méme Valois‘, et. 'humilité est la porte de leur
Jardin, car quiconque persévérera sans orgueil et sans
envie, Dieu luy fera miséricorde, et d’un par un qui
est qu'un sont faits trois, des trois sont faits deux, et
des deux, non sans un Jong combat, qui doit étre ter-
miné par la prudence de louvrier, sera fait un, clair,
beau, transparent, lequel-supléera a tous les défauts
de ses fréres estropiez. »
D'aprés Valois*, « on perd la science-en perdant Ja
pureté de coeur : et, pour ce, ont les Juifs et les Arabes
icelle perdue comme indignes..., qui fut donnée par
Je Tout-Puissant 4 Moyse sur la montagne, et icelle
ainsi gardée de pére en fils sans escrilure jusqu’A
Esdras, et depuis Esdras jusqu’d David... Mais iceluy
roy David, se corrompant dans ses amours, par le vice
abominable de paillardise, fut non seulement destitué
de cet art... Mais par sur tous a esté Salomon, fils de
David, lequel estoit si moult scavant et subtil person-
nage, qu'il arguoit ct dispuloit depuis le plus hault
cédre du Liban jusqu’é la plus petite plante d’isoppe. »
CEuvres, Ms., p. 176. :
2 GEuvres, Me., p. 229.ALCHINIE. 7
Pour arriver il’ Guvre, selon le méme alchimiste ',
maintes choses sont requises :
1° Le temps : quoiqu’elle puisse se faire en toute
saison, « le printemps avance l'euvre ; »
2° Il faut que le lieu soit « secret et libre et non con-
traiul, aingois apte a tout faire sansnulle contrainte; »
5° H fant que les personnes soient « douces, égalles,
patientes, constantes et propres, et ne contrariant nul-
Jement l'un l'autre. »
Quant aux matiéres, « toute chose engendre son
semblable... Nature contient Nature... Toute teinture
stche est inulile en sa siccité. »
Valois voulait surtout que l’adepte étudiat et imitat
laNature. Aprés avoir donné une recelte pour préparer
la Pierre, il ajoute? :
« Tout ce travail n'est qu'imiter la Nature en ses
dépuralions, distillations et congellations philosophi-
ques, Aussy est-il dit: Regarde comme Nature tra-
vaille, et Vimite au plus prés qu'il le sera possible;
car tu n’as besoin que d’amolir ce corps sur leqnel tu
travailles..., avec de l'eau que je t’enseigneray. Mais
tens ce secret caché, et ne le révelle 4 personne. »
Cet alchimiste n’avait pas Wailleurs une grande
confiance dans les livres de ses devanciers.
« Celuy qui transmua le premier, n’avoit aucun livre,
dil-il5, mais suivoit Nature, regardant comment et
‘ QEuures, Ns., p. 212.
? Ofueres, Ms., p. 140.
3 QEuvres, Ms., p. 174.8 SCIENCES OCCULTES.
avec quoy elle travaille, car qui veut y parvenir il faut
étre homme craignant Dieu, puis regarder comment
toutes choses se prodnisent. »
Valois trouvait sa science «si noble, qu'elle peut se
comprendre dans une heure, c’est a scavoir a science
simplement, et non pas toutes les dépendances d’icelles,
car-nul vivant n’a encore eu toutes ces conoissances,
puisqu’elles sont infinies et s’estendent sur toutes les
choses du monde ‘. »
Le seigneur Nicolas Grosparmy, qui fut le maitre de
Valois, n’entendait pas, du reste, écrire ses livres pour
les ignorants :
«Et, pour ce, regardent les ignorans, dit-il?, s‘ils
pourront bastir aprés nous (car nous ne parlons, sinon
aux philosophes), et cuident que nous n’ayons fait nos
livres que pour eux; et nous les avons faits pour en
jetler hors tous ceux qui ne sont de nostre secte : et
jagoit qu’iceux fussent présens au commencement et
en faisant !uvre, ji pour ce ne scauroient-ils plus du
commencement que de la fin, ni pour la voir acheyer
devant leurs yeux. »
W pensait * que nul ne peut faire I’ uve, « si pre-
miérement ‘n’a passé par J’universelle philosophie, et
que par icelle philosophie en son entendement ne 1’ ayt
comprise. »
Grosparmy appelle aussi sa science don de Dien :
1 QEuvres, Ms., p. 184.
* AEuvres, Ms., p. 22.
3 GBuvres, Ms., p. 22.ALCHIMIE. : 0
« oncques ne fut mémoire, dit-il, qu’avaricieux la pos-
sédat. » .
Valois, qui s’intitule compagnon du seigneur Gros-
parmy, attribuait la puissance la plus étendue 4 !’al-
chimie :
«Car jadis, dit-il', par icelle science, completement
entendue, estoient faits plusicw's miracles, comme de
commander mesmes A la Nature et aux élémens : ce que
les misérables Juifs ont cuidé attribuer aux miracles de
Jésus-Christ estre faits par la vertu et addresse d’icelle
science : parquoy comme indignes ont perdu icelle, et
d'iceux transportée aux chrestiens, qui aujourd’huy
Yont, et sera employée 4 V’honneur et gloire d'iceluy
Seigneur’; ainsi, comme il est requis que tout homme
qui A icelle s’adonne a tout ce qu'il plaist 4 Dieu, en
vain a icelle mettras ta cure. »
Quoique séparés dans leurs recherches, les alchi-
misles ne se regardaient pas moins comme unis par le
but. :
«Devant une ville assiégée, dit Valois*, il n’y a
qi'un seul ost (corps d’armée), comme une eau divisée
en plusieurs gouttes ne sont qu'une cau, lesquelles re-
jointes ne font qu'un mesme corps : uinsy ces hommes
sont bien séparez pour incommoder ladite ville et ta-
cher de trouver entrée en icelle; mais, quand la breche
est failte, tous donnent I’assaut dans wu corps, chacun
tendant au pillage; voila 'uyre des philosophes. »
* QEuvres, Ms., p. 254.
* QEubres Ms., p. 140.40 SCIENCES OCCULTES.
Nécessité du secret.
Les alchimistes opéraient avec mystére et dans le
secret. On n’obfenait qu’avec beaucoup de peine la
faveur d’étre initié au Grand Guvre.
« Mest temps, lit-on dans l'Interruption du Som-
meil cabalistique', de fermer ce temple de vérité :
prenés-en Ia clef et ne J’ouvrés jamais que pour aller
rendre vos veux 4 Dieu sur I’autel de perfection, ren-
dant graces au Tout-Puissant de. vous avoir eslargy
cette riche moisson, tant par un dévot silence, qu’en
hymnes, cantiques et actions de graces: et gardés le
secret de cette (Euvre, si vous youlés oblenir sa béné-
diction en vostre travail, et faictes comme Hyppocrate
qui tenoit tousjours un doigt sur sa bouche, affin de
n’avoir aucune occasion de parler, tenés tousjours vos
Consciences pures, et vous tenés en la présence de Dieu
qui voit et connoist tout et qui vous récompensera se-
Jon que vous l’aurés fidellement servy. »
Suivant un autre ancien auleur, « Plotin fut mangé
des poux pour avoir revélé le sacré mystére et les se-
crels qu'il avoit juré de ne point reveler; et si le secret
des hommes doibt estre caché, 4 plus forte raison ce-
“ Juy de Dieu... Il y a aussi raisons humaines qui nous
invitent & ce silence, car celuy qui se vante d'avoir ce
secret (quoyque la science en soit plus divine qu’hu-
© Ms. de la Bibl. de l’Arsenal, cité civlessus, p. 179.ALCHIMIE. Mu
maine), le voila dans le mépris de tout le monde... et
Yalchymie... n'est plus que le jouet du peuple, et de
saincte qu'elle est, le commun Ja tient pour la magie
noire et diabolicque et pleine d’illusions; Jes alchy-
mistes sont réputés faux monnoyeurs, larrons, per-
fides, trompeurs, enfin sont en horreur presqu’a tout
le monde. »
Grosparmy ‘ veut aussi le secret de la science : « Et
Jagoit ce que les envieux amys du monde, comme
sont légistes, décretistes, officiers et autres clercs jon-
gleurs, veuillent réprouver et dire le contraire, 4 nous
n’en chant. Et, pour ce, te prions estre secret ct te gar-
der de {elles gens comme eux et autres faux traistres,
mangcurs de peuple, renieurs de Dieu, enfans du diable
et i diables donnez, dont Jes plusieurs s’efforcent de
nous rober nostre philosophie, mais ils se trouvent si
robez qu’ils en perdent Ja vie. Et, outre, s’il advient
que Dicu te la donne, par quelque avanture, tiens-la
secrelte et spécialement des grands seigneurs et de
tous autres gens, fors d’aucun compagnon, lequel tu
ayes éprouvé et trouvé t’estre vérilable sans aucune fic-
lion, et qu’il soit bien morigéné ct serve Dieu, sa Mére
et ses saincls, en accomplissant les ceuvres de miséri-
corde, et n’en veuille ja vivre plus délicieusement, ne
suppéditer autruy : afin que Dieu ne prenne vengeance
de toy. »
Apres avoir menacé de la damnation éternelle ceux
5 QEuvres, Ms., p. 7.42 SCIENCES OCCULTES.
qui révélent le secret de l’Art, Grosparmy conseille de
ne Ie faire conuaitre qu’avec précaution, méme a ceux
qui paraissent dignes d’étre initiés :
~ « Et, pour ce, dit-il ', si tu nous entends, affuble-toy
de vestement de philosophie sans révélalion, car qui-
conque revelle le secret il commet crime contre la di-
vine Majesté et sera damné perpétuellement, comme
cause de la perdition du monde; ct, pour ce, te deffen-
dous sur peine d’anathématisement et malédiction di-
vine, que le secret ne veuilles réveller, sinon 4 celuy
que tu connoistras estre vray et loyal vers Dicu, et
vray disciple de philosophie, en luy révellant par para-
bole ce qu’il faut, sans en prendre profit, en démon-
trant tant seulement que Vhumidité ja terminée, par
réitérations de liquéfaction, soit réduite en souffre et
en vif-argent, et te suffise d’en dire plus, car, s'il est
de la secte des philosophes, il te pourra bien enten-
dre, car par vive voix 4 nul homme mortel ne doit
estre révellé, pour ce qu'il est 4 Diew 4 donner et non
mie aux hommes. »
David de Planis-Campy* donne des raisons encore
plus sensibles pour engager les alchimisles 4 garder
leur secret, surtout par prudence :
« Exemple de |'Hermite, dit-il, qui se descouvrit au
Bragardin, lequel mourut par la main de ce banny,
aprés qu’il T'eust fait possesseur de sa richesse inestt-
1 CEuvres, Ms., p. 59,
* LOuverture de U'Ecole de philosophie transmutatoire,
par David de Planis-Campy. Paris, C, Sévestre, 1635, in-8°.ALCHIMIE. 13
mable; secondement, de Richard ]’Anglois, lequel,
apres avoir déposé son secret entre les mains d’un roy
‘Angleterre, fut fait mourir malbeureusement dans
la Tour'de Londres. Et pour ne nous éloigner de ces-
tuy-cy, R. Lulle regut un mesme traictement, de sa fa-
cilité; car, voyant que Edouard ne Juy avoit point tenu
promesse de tourner ses armes contre les Infidelles,
s‘enalla en Afrique prescher Ia foy de Jésus-Christ, od
il fut escorché tout vif. Je ne puis icy passer la mort
de Jacques Coeur, lequel, en considéralion de ce secret
qu’il possédoit, obtint de Charles VI pouvoir de forger
monnoie d'argent pur, qui estoient des gros vallant
trois sols, snrnommez de J. Coeur, au revers desquels
y avoit trois cozurs qui estoient ses armoiries, et des-
quels on en voit quelques fois, et cependant on le fit
mourir... Or, pour abréger ces exemples, que ne
Vest-il pas arrivé, cher Foenix de nostre aage, pour
Cestre trop humainement communiqué a ce firaneau,
qui en récompense t’a traicté si inhumainement? »
L’auteur du Guide charitable', dans sa préface,
blame néanmoins Jes alchimistes du secret qu’ils ont
gardé; « car, dit-il, le travail laborieux de la premiére
opération, la longueur de la seconde, la diversité des
régimes, 1a variété des couleurs qu’il faut exactement
observer, et une application continuelle, renoncer a
‘ Le Guide charitable qui tend la main aux Curieux pour
des débarrasser de ce fascheuz labyrinthe oi ils sont tou-
Jours errants et vagabonds, manuscrit de 1a Bibliothéque de
VArgenal, Se. et A., n° 152 a, in-d*.4A SCIENCES OCCULTES.
toute sorte d’affaire, 4 la conversation, aux prome-
nades, aux jeux, en un mot, mourir 4 la vie civile,
tout cela, dis-je, rebute bien des gens, et aprés tout
cela, on n’arrive souvent pas 4 Ja fin désirée. »
Théorie primordiale.
Les alchimistes croyaient 4 l'unité primordiale de
la matitre.
Valois! débute ainsi :
« Dieu est éternel et tout-puissant, qui a engendré
son Fils, desquels procede le Saint-Esprit, un seul
Dieu et Trinité, quia fait le ciel et la terre et tout ce
qui y habite. Il a aussy fait le soleil, la lune et les
étoiles, lesquelles jettent leurs influences dans le ven-
tre du vent, comme dans le premier vaisseau de na-
ture qui se convertit en la substance de toutes les
choses qui sont au monde, c’est-a-dire 4 chaque regne
séparément, sans qu’aucun puisse aller de l’un 4 l’au-
tre, mais multipliant en eux, par leur propre vertu,
Jeur semblable, sans rétrogradation d’iceux que par la
réduction en la premiére matiére universelle, qui est
le lymbe et le caho de la Nature.»
« Plusieurs ont tenu, dit 'Interruption du Som-
meil cabalistique*, qu'il n'y avoit point de premigre
matiére, les autres J’ont cru réelle, et d'autres seule-
1 QEuvres, Ms., p. 132.
* Ms. de la Diblioth. de l’Arsenal, déja cité, p. 4.ALCHIMIE. 45
ment en puissance, chacqun apportant des raisons
probables et des authorités pour soutenir leur opinion,
et Ja plus saine partie tient qu'elle est, mais entre l’estre
et le néant, ou bien entre quelque chose et rien. »
Les alchimistes accordaient une sorte de vie 4 toutes
les substances inorganiques qui avaient la propriété
de se développer au sein de la terre, et qui pouvaient
passer progressivement d'un état imparfait 4 un état
plus parfait. Ils aimaient 4 comparer Ja formation des
métaux 4 la génération animale :
« Comme génération ne peult venir de qualitez trop
remontez, fait-on dire 4 Raymond Lulle*, et de la dif-
férence qui est entre le masle et la femelle, et de la
- chaleur philosophique : pourquoy il peult estre élucidé
que de femelle trop froide ne de masle trop chault gé-
nération ne peult estre fete, pour la extremité et inat-
trempence de leurs quallitez ; et, pour ce, on doit pren-
dre une femelle qui veult fere notre magistére... au
regard de Ja proportion de la chaleur de son masle,
selon ce que le cours de Nature demende. »
Le Discowrs d'un auteur incertain, sur la Pierre
des Philosophes, conservé 4 la bibliothéque de I’Ar-
senal*, compare la naissance de Ja Pierre & ]'enfante-
ment d'une femme :
« Par exemple, dit-il, lorsqu’nne ferme est sur le
4 Ms. de la Bibl. de l’Arsenal, Sc. ct A., n° 160, in-4*, con~
tenant le Testament, Ia Pratique ct le Codicille, de Raymond.
Lulle (en frangais).
2 Ms., Sc. et A., n* 180, in-8*, p. 31.46 SCIENCES OCCULTES.
poinct d’accoucher, il faut que I’os de la cuisse se dis-
joigne, afin que l'enfant sorte dehors, et qu’inconti-
nent il se rejoigne, ce qui ne se peut faire que par la
puissance divine, parce que si, dans une autre occa-
sion, cet os estoit disjoint, il faudroit que le chirurgien
‘y mist la main pour le remettre en sa place. Ainsy
par similitude advient-il 4 Ja nativité de notre Pierre,
que quelques-uns, sans offenser Ja divine Majesté, ont
comparée 4 ]’enfantement de la glorieuse et immacu-
lée Vierge Maric, qui estoit vierge devant et aprés. p
La plupart des alchimistes, remarquant que tous les
étres créés doivent leur naissance 4 d'autres étres de
Ja méme espéce qui existaient avant eux, ont soulenu
que les minéraux devaient naitre d'autres minéraur,
et ils ne doutaient pas qu’il y edt une semence des
métaux.
‘ Dien a mis un ordre en la Nature avant touttes
choses, dit ?auteur de 1’Interruption du Sommeil ca-
balistique', affin que les individus de chaque espece
fussent conservés et perpélués; c'est pour cela qu’il a
donné.le sperme aux animaux, les semences aux plan-
tes, les surgeons et le plan pour multiplier les arbres,
et le germe aux substances métallicques et minéralles,
et que, par une génération universelle, chaque chose
peut engendrer son semblable. C'est pourquoy ceux-lA
errent grandement qui prennent des corps étrangers
et hélérogenes pour travailler en cet Quvre, et que
4 Ms. dela Bibl. de l'Arsenal, cité plus haut, p. 51.ALCHINIE. 47
tout ainsy que le soleil et homme engendrent
Yhomme, Ie taureau un taureau, 14 aiusy l'or en-
gendre Yor... Sila semence, Je sperme on le germe
est regeu dans Ja propre matrice et assisté par l'agent
externe, gouverné par un docteur de justice qui le
sache administrer, comme requiere la matiére et selon
le temps de son commencement de l'accroissement
de I'estat et déclinaison du foetus, celuy-la peut voir
le germe de l’or qui se peut régénérer dans Je ventre
ds sa mére, et sa mére n’est autre chose que l'eau qui
arrouse toute Ja terre. »
Selon Valois, « toutes choses sont composées de
trois: de terre qui fait le corps, d’eau qui fait l’es-
prit, et de feu qui fait ame. »
Roch Le Baillif' s’explique ainsi :
« Aristote dit matiere, forme et privation, estre
principe de tout ce qui est... Quant 4 la matiere, est
celuy divin ouvrage composé de trois principes, s¢a-
voir: soulfre, sel et liqueur. Et hors iceux ne se trouve
rien en la matiere. Le soulfre est tout ce qui se bruste;
le mercure ce qui s'en va en J'air et se consume en
fumée; et le reste est le sel. Lesquels séparez, est im-
possible retrouver Ja matiere en son entier. Car, au
soulfre, graisse ou raisine des choses, n’y a plus de
mercure ny de sel ou cendre. Ny le sel n'est plus
* Le Démostérion, de Roch le Baillif, édelphe, médecin: spa-
gitic : auguel sont contenus trois cens aphorismes, sommaire
véritable de la médecine paracelsique. Hennes, Pierre le
Best, 1578, in-4*, p. 44.
2418 SCIENCES OCCULTES.
susceptible du feu, parce qu’il n’y a plus de soullre.
Ny en Ja vapeur en pareil qui n’est que eau. Car va-
peur retenue est I’humide, auquel n'y a plus de soulfre
ny de sel: parquoy ne peult brusler. En tous corps
leur effect est tel, que la liqueur, mercure ou humide,
donne nourrissement. Le soulfre, graisse on raisine,
accroissement. Et le sel, chatx ou alkali, tient le tout
serré et congelé ensemble. Tellement qu’aux choses
ou ce principe abonde le plus, plus est !a chose ferme,
et subjecte a dissolution toutesfois. Et of Ja liqueur
surmonte en nombre, poids et mesure les deux autres,
le subject est plus mol. Et si le soulfre les surpasse, il
rend le corps sec et tabide. Et, pour bien concevoir
Yordre, fault uoter (comme j’ay dict) tout ce qui ha
corps consister en iceux trois principes : et iceux pren-
dre force et accroissement de leurs semblables, comme
du soulfre de nostre nourrissement se nourrist le
soulfre de nos corps, et ainsy des deux autres. »
Selon le seigneur de Grosparmy ‘ :
« Le chaos fut divisé en trois parties : de Ja plus
pure, Nostre-Seigneur créa les angeset les archanges,
et de la seconde moins pure, il créa les cieux, les
étoiles ct Jes planettes, et de la tierce partie, moins
pure, il créa la quintessence en une masse appelée ta
‘masse confuse, de laquelle masse ful faile 1a merveil-
leuse division par la volonté de Nostre-Seigneur et fut
divisée par les quatre éléments, et demeura chacun
1 QBuvres, Ms., p. 44.ALCHIMIE. | 19
élément élémenté de la quintessence, et situé et assis
chacun en son propre Jicu. De Ja seconde partie et la
plus pure des quatre éléments, Nostre-Seigneur créa
le feu, et de la froisiéme partie, plus pure aprés ledit
feu, fut eréé lair, et dc la quatritme partie, plus pure
aprés l’air, fut créé J’eau; et de la cinquiéme partie,
moins pure de toutes les autres, fut créée la terre. »
Un manuscrit, contenant le Testament, la Prac-
tique et le Codicille (en frangais), de Raymond Lulle,
donne ce tableau des quaire éléments et de la quin-
fessence :
v Ll est certain, dit Apologie du Grand OEuvre',
* Voy. p. 22 dece curieux ouvrage, cité plus haut.20 SCIENCES OCCULTES.
que tous Jes composez des quatre éléments se réduisent
en trois principes, 4 scavoir, en souffre, sel et mercure,
qui selon leurs divers mélanges composent toutes les
choses sublunaires, quoiqu’infinies en nombre, en pro-
priétez et en verlu. C’est un beau sujet de méditation
et un digne motif d’admirer I’ Autheur de Ja Nature, de
voir la grande variété de fleurs, de feuilles et de fruits,
de pierreries et de métaux : cette diversité d’especes
parmay les animaux ne provient que du divers mélange
des trois choses, Cette vérilé paroit trés évidente, puis-
que dans la résolution de tous les composez nous. y
voyons ces trois choses, et rien de plus : nous y voyons
une partie terrestre, une aqueuse, et une sulphurée;
nous y yoyons un corps, une ame et un esprit. »
Le Guide charitable‘ avoue qu’il est difficile de sé-
parer les éléments des métaux,
« Gest pourtant avoir un entétement ridicule, dit
Schroder, et manquer de bonne foy, de soutenir cette
_séparation impossible, contre une infinité d'expé-
riences, puisqu’un de mes amis et moy avons été assez
heureux pour tirer de ]’or une belle huile trés rouge
qui surnageoit l'eau. »
« La conversion des éléments n’est autre chose, sui-
vant le Guide charitable*, que de faire que la terre
(ou le soufre) qui est fixe devienne volatile, el que l’eau
(ou le mercure) qui est volatile devienne fixe, par une
‘ Ms. de Ia Bibl. de Arsenal, déja cilé, p. 53,
® Idem, p. 26,ALCHIMIE. at
continuelle cuisson dans ]'wuf philosophique, sans ja-
mais l’ouvrir, que la Pierre philosophale ne soit dans
sa derniére perfection. »
« Nostre finale intention, dit Valoist, n’est done
aulre que de prendre cet or, le nétoyer par anti-
moine ou ciment, puis l'ouvrer dans nostre eau, et
faire séparation du corps, de J'esprit et de Y’ame, les-
quels il faut moult laver ct blanchir icel corps, affin
que V'ame soit moult glorifiée en icelui, pour, aprés
celte conjonction, extraire Je mercure des philo-
sophes. »
«Les métaux, en général, s'engendrent dans les
entrailles de Ja terre, dit le Guide charitable*, d’uue
substance saline en forme liquide, ou d’un suc vis~
queux, par le minislére de Ja fermentation qui se ter-
mine & les changer en corps durs. La fermentation pro-
céde d'un principe séminal salin des métaux, qui
donne par ce moyen la consistance aux sucs souterrains
métalliques, et ce principe universel est ordinairement
salino-sulphureux. Comme tous les métaux ont tous la
méme racine, ils ue different entre eux qu’en degré
de perfection. Si on avoit une semence mélallique par-
faite, on pourroit par son ministére meurir parfaitte-
ment les métaux qui ne sont.pas meurs : c'est 1a la
Pierre philosophale. »
Valois, dans un passage qui manque 4 quelques
‘ OBuvres, Ms., p. 184,
* Ms, cité ci-dessus, p. 40.22 SCIENCES OCCULTES.
manuscrits de ses uvres*, compare la formation de
Vor a fa digestion animale :
« Les substances des viandes sont converties par la
digestion naturelle, dit-il, en la substance du corps
de homme : de méme la substance du menstrue est
communiquée et convertie en celle du métail, par di-
gestion proportionnée 4 sa qualité. Si tu n’entends pas
mes propos, tu ne pouras comprendre ceux du bon
R. Lulle, que je te recommande surtout. Garde-toy
bien des gloses et des mutilations des envieux, et ne
tiens rien que de suspect en chose de telle conséquence.
Une seule erreur ten produira mil, et nul homme
hors du bon chemin ne trouvera jamais de vérité. »
~ Les Sept Chapitres? altribués 4 Hermés, disent :
« Mon fils, je vous apprens que l’onguent de notre
terre est un soufre, orpiment, gomme, colchotar, qui
est soufre, orpiment, et méme divers soufre, et sem-
blables choses ; chacune desquelles est plus vile que
west l'autre, et il y a diversité entre elles. De ces
choses vient encore }'onguent de la colle, qui est poils,
ongles et soufre. De 1d vient aussi I'huile des pierres
et le cerveau qui est orpiment; de li méme vient
Yongle des chats qui est gomme; et l'onguent des
4 Voy. les Cing Livres de N. Valois, Ms. de la Bibl, de l’Ar-
senal, Sc. et A., n° 166 bis, p. 125.
2 Guill. Salmon les a réimprimés dans la Bibliotheque des
Philosophes chimiques. Paris, Ch. Angot, 1672, 2 vol. in-12;
nouy, dit, augm, (par J. Mangin de Richebourg). Paris, Cail-
leau, 1744, 3 vol. in-42, fig.ALCHIMIE. 23,
blancs, et Y’onguent des deux argens vifs orientaux,
qui pourchassent les soufres, contiennent les corps. »
Les transformations merveilleuses que l’hamme voit
s'accomplir sous ses yeux dans les corps organisés, et
méme dans quelques substances inorganiques, parais-
sent légitimer aux yeux des adeptes l’idée de la trans-
mutation des métaux. i
« Les laboureurs ne scavent que trop, dit Ja préface
de la Bibliothéque des Philosophes chimiques, que
le blé qu’ils sément dans leurs champs se change en
yvroie. Les jardiniers remarquent qu'il ya plusieurs
graines qui dégénérent en d'autres espéces. Tout le
monde sgait que Jes grenouilles n’ont rien moins, au
commencement qu’ elles se forment, que l’apparence et
Ja figure de grenouilles, n’étant composées que d’une
grosse téle et d'une petite queue, et qu’elles demeu-
rent long-temps en cet état, auparavant que d’étre
entiérement formées. La méme chose arrive aux cra-
pauts qui se font de semence et par la voie ordinaire
de.la Nature. Et quand Aristote n’auroit pas dit que
les chenilles se changent en papillons, et que de ces
chenilles, il y en a qui se forment sur les feuilles vertes
des herbes, ct surtout du choux, personne n’en pour-
roit douter. Mais que dira-t-on des macreuses qui se
font d'un bois pourri dans la mer? Comment faudra-
Lil appeler la production des rats, des araignées, des
mouches, des vers, et d'une infinité d'autres insectes
dont parle Aristote au cinquitme livre de PHistoire des.
Animaux, qui naissent de la putréfaction de plusieurs -2 : SCIENCES OCCULTES.
choses qui n’ont aucune ressemblance, ni en la ma-
tigre, du moins en ce que I'Ecolle appelle matiére se-
conde, ni dans ce qu'elle nomme la qualilé, avec ces
insectes et ces autres animaux qui s’en forment. »
Cerlains alchimistes croyaient que les modifications
subies par Jes métaux avant d’arriver a )’état d'or et
d'argent étaient soumises 4 I’influence des astres, et
que c’élait sous T’action secréte d’un corps céleste que
s'opérait leur perfectionnement dans }a nature des mé-
taux. Cette action planétaire était nécessairement lente
et exigeait des siécles.
« Il est vrai, dit la. Table d’ Emeraude d'Hermes',
sans mensonge, certain et (rés véritable : ce qui est
en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en
haut est comme ce qui est en bas, pour faire les mi-
racles d’une seule chose. Et, comme toutes les choses
ont été, ef sont venues d’un, par la médiation d’un,
ainsi toutes les choses ont été nées de cette chose
unique par adaptation. Le soleil en est le pére; la
lune est sa mére; Ie vent ]’a porté dans son ventre; la
terre est sa nourrice, Le Pére de tout, le Teleme, de
tout le monde, est ici. Sa force ou puissance est entire,
si elle est convertie en terre. Tu sépareras le terre du
feu, le subtil de I’épais, doucement, avec grande in-
dustrie. Il monte de la terre, et il regoit la force des
choses supérieures et inférieures. Tu auras par ce
moyen la gloire de tout le monde; et, pour cela, toute
opscurité s’enfuira de toi.
* Réimpr. dans la Biblioth. des Philosophes chimiques, t. I".
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