Corrigé de l’épreuve de physique I MP du concours des Mines 2007
SATELLITES DE TÉLÉCOMMUNICATION
Quelques remarques.
1) Dans les questions 9-16, ce problème pose une question classique, celle des oscillations de
l’orientation d’un satellite dans le plan de son orbite ; comparons avec d’autres énoncés.
L’épreuve M du concours de l’ENSIETA 1996 recherche l’équilibre et les oscillations grâce au
moment des forces de gravitation ; l’énoncé confond le référentiel barycentrique, où le centre du
satellite est fixe et qui est en translation avec le satellite, et le référentiel tournant, où les centres du
satellite et de l’astre attracteur sont fixes et qui est en rotation avec le satellite.
L’épreuve M du concours de Centrale 1982 recherche aussi l’équilibre et les oscillations grâce au
moment des forces de gravitation , mais sans faire d’erreur de référentiel.
Citons aussi EITPE 1980, pas très bien posé.
L’énoncé présent détaille mieux que ses prédécesseurs le rôle du référentiel dans le raisonnement
En outre, dans les questions 15-16, il propose une autre résolution passant par l’énergie
mécanique dans le référentiel géocentrique. Telle qu’elle est demandé, cette résolution est
pratiquement introuvable. Nous la discuterons de façon approfondie.
2) La question 4 demande de trouver le nombre minimum de satellites sur des orbites polaires tel
qu’à tout instant tout point de la Terre soit en vue d’un satellite. La réponse, que nous proposons,
est hors de portée des candidats dans les conditions du concours.
3) Notons aussi que Lagrange a vécu de 1736 à 1813, et non au dix-septième siècle et que la
longueur M1M2 est notée 2l à partir de la question 9, tandis qu’à partir de la question 17, on se
demande si elle est notée l ou 2l : peut-être trouverez-vous des résultats moitié ou double des
miens.
I. SATELLITES SUR ORBITE CIRCULAIRE
1) Posons r0 = RT + h . Selon la loi fondamentale de la dynamique,
GM T M S v2 GM T
= M ⇒v= .
RT + h
S
r02 r0
T=
2πr0
= 2π
(RT + h )3 (troisième loi de Kepler).
v GM T
GM T M S GM T M S
et E p = − ∫ Fdr = ∫
1 GM T M S
2) Ec = M S v 2 = 2
=− .
2 2r0 r r
D’où 2 Ec + E p = 0 .
RT
3) ϕ = (OP, OA) = arccos , d’où
r0
τ=
2ϕr0
=2
(RT + h )3 arccos RT
=2
(7,2 × 10 6 )
3
arccos
6,4
= 919 s .
−11
v GM T RT + h 6,67 × 10 × 6 × 10 24
7,2
6,4 T π 180
4) ϕ = arccos = 27,27° . D’où = = = 6,6 . Il faut un train de 7 satellites pour
7,2 τ ϕ 27,27
couvrir un méridien. Nous supposerons ces 7 satellites équidistants.
Cherchons à couvrir la surface de la Terre par plusieurs trains de tels satellites.
Préliminaire : distance angulaire entre deux points d’une sphère.
Soit deux points A1 et A2 d’une sphère de centre O . Exprimons l’angle θ = ( OA1 , OA2 ) en fonction
des latitudes λ1 et λ2 et des longitudes L1 et L2 de A1 et A2 .
JJJG
OA1 G G G
= cos λ1 cos L1u x + cos λ1 sin L1u y + sin λ1u z
OA1
JJJJG
OA2 G G G
= cos λ2 cos L2u x + cos λ2 sin L2u y + sin λ2u z
OA2
JJJG JJJJG
OA1 OA2
cos θ = ⋅
OA1 OA2
D’où :
cos θ = cos λ1 cos λ2 cos ( L1 − L2 ) + sin λ1 sin λ2
Solution qualitative du problème de couvrir toute la Terre.
E’P E1 E2 E3 E4 EP
Soit P orbites polaires, chacune comportant N satellites équidistants. L’orbite de rang n coupe
l’Equateur en deux points, notés En , où la vitesse des satellites est dirigée vers le nord, et En′ , où
la vitesse des satellites est dirigée vers le sud. Il est raisonnable de postuler que ces points se
succèdent sur l’Equateur dans l’ordre E1 , E2 , E3 , ..., EP , E1′, E2′ , E3′ ,..., EP′ et que E1 , E2 , E3 ,..., EP sont
équidistants. Soit α = ( OEP′ , OE1 ) et β = ( OE1 , OE2 ) .
Détermination de la valeur maximale de α.
Exprimons que tout point d’un fuseau compris entre les orbites P et 1 reste à tout instant en vue
d’un satellite. Comme on cherche à ce que β soit le plus grand possible, le satellite en question est
probablement l’un de ceux des deux orbites de rangs P et 1 . Le point le plus éloigné des orbites
est le milieu I de EP′ E1 ; il est le plus éloigné des satellites quand il est au centre d’un rectangle
sphérique dont les sommets ABCD sont occupés par quatre satellites de latitudes ±π / N , deux sur
l’orbite de rang 1, deux sur l’orbite de rang P (comme les deux orbites sont parcourues en sens
contraire, le quadrilatère ABCD se déforme au cours du temps, cette configuration est celle où la
couverture de la Terre est la plus difficile) ; I est hors de vue des satellites si N < 7 , car alors les
cercles de visibilité des satellites ne recouvrent pas le rectangle ; il est en vue des satellites si N ≥ 7
et si :
8 π α
= cos ϕ < cos ( OI , OA ) = cos cos
9 N 2
cos ϕ
D’où N ≥ 7 et α < α max = 2 arccos
cos (π / N )
2
Détermination de la valeur maximale de β.
B
A Equateur
I
C
Exprimons que tout point d’un fuseau compris entre les orbites 1 et 2 reste à tout instant en vue
d’un satellite. A un instant donné, la couverture la plus efficace suppose que chaque satellite A
d’une orbite ait même latitude que le milieu M de l’arc BC p joignant deux satellites consécutifs de
l’autre orbite (figure). Comme, contrairement au cas précédent, les satellites se meuvent dans le
même sens sur les deux orbites, cette configuration se maintient au cours du temps. C’est sur
l’Equateur que le fuseau à couvrir est le plus large : la valeur maximale de β correspond à
( OI , OA ) = ( OI , OB ) = ϕ dans la figure :
cos ϕ = cos ( OI , OB ) = cos (π / N ) cos ( β − ϕ )
cos ϕ
β < β max = ϕ + arccos
cos (π / N )
Discussion du nombre de satellites.
π = ( OEP′ , OEP ) = α + ( P − 1) β
π −α
P = 1+
β
Comme P (α ) et P ( β ) sont des fonctions décroissantes et comme α et β sont bornés
cos ϕ
π − 2 arccos
cos (π / N )
supérieurement, P > Pmin = 1 +
cos ϕ
ϕ + arccos
cos (π / N )
N 7 8 9 10 ∞
Pmin 5,40 4,44 4,08 3,88 3,30
Conclusion.
Nous avons montré que toute la surface de la Terre est couverte par 6 orbites de chacune 7
satellites, 5 orbites de chacune 8 satellites ou 4 orbites de chacune 10 satellites. Quarante satellites
suffisent à couvrir la Terre.
Nous n’avons pas prouvé que c’est le minimum. Il n’est pas impossible qu’en déformant une
configuration de 40 satellites on trouverait une configuration de 39 satellites couvrant la Terre.
5) La période d’un satellite géostationnaire est égale à la période de rotation de la Terre dans
le référentiel géocentrique, soit le jour sidéral 86164 s. Son altitude est
1/ 3
⎛ GM T T 2 ⎞ ⎛ −11 2⎞
⎟ − RT = ⎜ 6,67 × 10 × 6 × 10 × 86164 ⎟
24
z = r0 − RT = ⎜ − 6,4 × 106 (m ) = 35 820 km .
⎜ 4π 2 ⎟ ⎜ 4π 2 ⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠
Un satellite géostationnaire reste visible indéfiniment.
Un satellite géostationnaire est dans une position fixe. C’est un avantage, car on peut orienter
les antennes dans une direction fixe. Au contraire, avec un train de satellite, il faut envoyer ou
recevoir les ondes dans toutes les directions ; en outre, il faut fréquemment changer de satellite.
3
Il suffit de trois satellites géostationnaires, situés dans le plan de l’Equateur à 120° les uns des
autres, pour couvrir la plus grande partie de la surface de la Terre. Mais la région des Pôles est
toujours hors de leur vue.
Un satellite géostationnaire est beaucoup plus loin de la Terre que le train de satellites, d’où
un coût de lancement plus élevé par satellite (mais il y en a moins) et une puissance à émettre
plus grande (grands panneaux solaires).
L’aller et retour du signal entre la Terre et un satellite géostationnaire dure environ 0,2 s, ce
qui est un petit handicap dans les télécommunications.
6) [α ] =
[F ] =
MLT −2
= L−1 .
[M S ][v]2 (
M LT )
−1 2
G
Le satellite est soumis à l’attraction de la Terre Fgrav qui dérive de l’énergie potentielle E p et
G
à la force non conservative f a ; le théorème de l’énergie cinétique s’écrit :
G G G
( G
)G
dEc = Fgrav + f a ⋅ dr = −dE p + f a ⋅ dr . Compte tenu de 2 Ec + E p = 0 :
1 G G
− dE p = − dE p + f a ⋅ dr
2
GM T G G ⎛ GM T ⎞
3/ 2
dr = dE p = 2 f a ⋅ dr = −2 αM S v 3
dt = −2α ⎜ ⎟ dt
r2 ⎝ r ⎠
dr
= −2α GM T r
dt
= −2α GM T (RT + h )
dh
dt
7) En faisant dans l’équation différentielle précédente les substitutions dh → − ∆h = −1m et
GM T
dt → T = 2π = 6068 s , on obtient
(RT + h )3
∆h ∆h 1
α= = = = 1,535 × 10 −15 m −1 .
2 GM T (RT + h )T 4π (RT + h )
2
(
4π × 7,2 × 10 6 2
)
Si on admet que la perte d’altitude est proportionnelle au temps, pour dix ans,
3,156 × 108
∆h10 ans = (m ) = 52,01km .
6068
La solution exacte de l’équation différentielle est
t=−
1
∫
RT + h dr
2α GM T RT + h0 r α GM T
=
1
(
RT + h0 − RT + h )
2
⎛ t ⎞⎟
( )
∆h10 ans = h0 − h = RT + h0 − RT + h0 − αt GM T = RT + h0 − ⎜ RT + h0 −
2
⎜
∆h
2 RT + h0 T ⎟⎠
⎝
=
∆h t
−
∆h 2 t 2
= 52, 01 km −
(
3,156 ×108 )
= 52,01km − 94 m = 51,92 km
RT + h0 T 4(RT + h0 )T 4 × 7,2 × 10 6 × 6068 2
2
Il est logique de trouver des résultats voisins, la variation relative de distance au centre de la
Terre étant petite. Notons que le calcul a été effectué avec une précision supérieure à celle des
données, de façon à mettre en évidence la faiblesse de l’erreur due à l’approximation linéaire.
On peut trouver paradoxal que, malgré le freinage par l’air, la vitesse croît ; elle croît à cause
de l’attraction terrestre, dont le travail, positif, l’emporte sur celui, négatif, de la force de
freinage.
4
8) Quand on divise h par 2, ∆h est multiplié par 2, tandis que les autres facteurs varient peu,
donc β = 1 et γ = hα (h ) = 8 ×10 5 ×1,535 × 10 −15 = 1,2 × 10 −9 .
II. STABILISATION DE L'ATTITUDE D'UN SATELLITE SUR SON ORBITE PAR
GRADIENT DE GRAVITÉ
Étude dynamique, dans le référentiel mobile.
G G G G
GM T mr1 GM T mr2
9) F1 = − ; F2 = − .
r13 r23
G G G G G G
10) Fie1 = mΩ 2 r1 ; Fie 2 = mΩ 2 r2 ; FiC1 = 2mΩθ SM 1 ; FiC 2 = 2mΩθ SM 2 .
11) Les moments des forces de Coriolis et de la tension de la tige sont nuls, car ces forces
sont parallèles à la tige. Le moment des forces d’inertie d’entraînement est également nul, car :
( ) ( )
mΩ 2 SM 1 ∧ OM 1 + SM 2 ∧ OM 2 = mΩ 2 SM 1 ∧ OM 1 − OM 2 = mΩ 2 SM 1 ∧ M 2 M 1 = 0
G
G
G G
G G
Dans (R'), le moment cinétique du satellite σ = 2ml 2θu z obéit à
dσ
dt
= SM 1 ∧ F1 − F2 . ( )
G G ⎛ OM 2 OM 1 ⎞
F1 − F2 = GM T m⎜ − ⎟ . Développons jusqu’à l’ordre 1 en l / r0 :
⎜ OM 3 OM 3 ⎟
⎝ 2 1 ⎠
OM 1 = OS + SM 1
OM 12 = r02 + l 2 + 2r0 l cosθ
1⎛ l cosθ ⎞
1
3
(
= r02 + l 2 + 2r0 l cosθ )
−3 / 2
= ⎜1 − 3
3 ⎜
r0 ⎝
+ ... ⎟⎟
OM 1 r0 ⎠
G G ⎛
( 1⎛
)
F1 − F2 = GM T m⎜⎜ OS + SM 2 3 ⎜⎜1 + 3
r0 ⎝
l cosθ ⎞
( )1⎛
⎟⎟ − OS + SM 1 3 ⎜⎜1 − 3
l cosθ ⎞⎞
⎟⎟ ⎟
⎟
⎝ r0 ⎠ r0 ⎝ r0 ⎠⎠
⎛ SM 2 − SM 1 6l cosθ ⎞
= GM T m⎜ + OS ⎟
⎜ r03
r04 ⎟
⎝ ⎠
G G
( ) 6GM T ml cosθ sin θ G
2
SM 1 ∧ F1 − F2 = − uz
r03
6GM T ml 2 cosθ sin θ
ΓS = − .
r03
6GM T ml 2 cosθ sin θ
12) Le théorème du moment cinétique s’écrit 2ml 2θ = − , soit
r03
θ = −3Ω 2 cosθ sin θ .
Les positions d’équilibre sont celles pour lesquelles cosθ sin θ = 0 , soit θ = 0 , θ = π et
θ = ±π / 2 .
13) Ces positions sont stables si ΓS (θ ) est décroissante, ce qui est le cas pour θ = 0 et θ = π .
Elles sont instables si ΓS (θ ) est croissante, ce qui est le cas pour θ = ± π / 2 . Si alors on pose
θ = π / 2 + ε et si ε petit, ε − 3Ω 2ε = 0 .
5
14) Si θ petit, θ + 3Ω 2θ = 0 , d’où un oscillateur harmonique de période
2π T 6068
Tosc = = = = 3503 s .
3Ω 3 3
Étude énergétique, dans le référentiel géocentrique galiléen.
15) Développons l’énergie potentielle de gravitation jusqu’à l’ordre 2 en l / r0
OM 12 = r02 + l 2 + 2r0 l cosθ
(1 + ε )−1/ 2 = 1 − ε + 3 ε 2 + ...
2 8
1 1 ⎛ 2l cosθ l 2 ⎞
= ⎜⎜1 + + 2 ⎟⎟
−1 / 2
= ⎜⎜1 − +
(
1 ⎛ l cosθ l 2 3 cos 2 θ − 1 ⎞
⎟⎟ + ...
)
OM 1 r0 ⎝ r0 r0 ⎠ r0 ⎝ r0 2r02 ⎠
1 1 1⎛ l (3 cos θ − 1) ⎞
2 2
+ = ⎜⎜ 2 + ⎟⎟ + ...
OM 1 OM 2 r0 ⎝ r02 ⎠
2GM T m GM T ml 2 (3 cos 2 θ − 1)
E p , grav = − − + ... .
r0 r03
16) θ
a) Réponse naturelle à la question telle qu’elle est posée. x'
Soit α l’angle dont le satellite a tourné sur son orbite et θ l’angle dont
la tige a tourné par rapport à la direction de la Terre. Dans le référentiel α
géocentrique, la tige a tourné de α + θ . La masse du système est 2m . O x
D’après le théorème de König, son énergie cinétique est
1
2
( )1
( )
Ec = 2m r02 + r02α 2 + 2 × ml 2 α + θ . L’énergie totale est donc
2
2
(
2 2 2
)2
E = m r0 + r0 α + ml α + θ −(2
) −
(
2GM T m GM T ml 2 3 cos 2 θ − 1
.
)
r0 r03
GM T
Faisons l’approximation que r0 et α (voisin de Ω = ) sont constants, on en déduit, en
r03
( )
2
6GM T ml
dérivant par rapport au temps l’expression de E , que 2ml 2 Ω + θ θ + θ cosθ sin θ = 0 ,
r03
( )
ou θ Ω + θ + 3Ω 2θ cosθ sin θ = 0 .
Cette équation diffère de l’équation trouvée à la question 12 par le terme supplémentaire Ωθ , qui
n’est pas négligeable, puisque, comme la période d’oscillation étant de l’ordre de la période
orbitale, Ω est à priori de l’ordre de θ .
L’équation de la question 12 est juste et celle que nous venons de trouver est fausse. L’origine de
l’erreur est la suivante : le moment cinétique total est conservé ; si θ ≠ 0 , le moment cinétique
propre du satellite varie, donc son moment cinétique orbital varie aussi ; le raisonnement précédent
néglige à tort cette variation en considérant mr02α 2 comme constant ; comme r0 >> l , bien que α et
r0 varient peu, on ne peut pas négliger leurs variations.
L’énoncé, qui semble indiquer que la question se résout par l’énergie, est trompeur ; il faut aussi
considérer le moment cinétique.
6
b) Amélioration de cette réponse.
Supposons négligeables les variations de r0 et r0 , sans négliger la variation de α . Comme dans le
référentiel géocentrique les forces sont centrales, le moment cinétique total σ O en O est conservé,
d’où en utilisant le théorème de König du moment cinétique :
dσ
( ) ( )
σ O = mr02α + 2ml 2 α + θ = cste ⇒ 0 = O ≅ mr02α + 2ml 2 α + θ ou mr02α + 2ml 2θ ≅ 0 .
dt
Comme l’énergie est conservée, en utilisant le théorème de König de l’énergie cinétique :
( ) (
E = m r02 + r02α 2 + ml 2 α + θ −
2
−
(
2GM T m GM T ml 2 3 cos 2 θ − 1
) )
r0 r03
0=
dE
dt
(
= 2mr02αα + 2ml 2 α + θ α + θ +)( r03
)
6GM T ml 2
θ cosθ sin θ
GM T
α ≅ Ω = α << θ
r03
( )
0 = 2mr02 Ωα + 2ml 2 Ω + θ θ + 6Ω 2 ml 2θ cosθ sin θ
En utilisant mr 2α + 2ml 2θ ≅ 0 , issu de la conservation du moment cinétique, la conservation de
0
l’énergie se simplifie en 0 = 2ml 2θθ + 6Ω 2 ml 2θ cosθ sin θ , soit θ + 3Ω 2 cosθ sin θ = 0 , ce qu’il
fallait démontrer ; nous l’avons obtenu au prix d’une hypothèse qui paraît arbitraire : les variations
de r0 et r0 sont négligeables, tandis que celles de α ne le sont pas.
c) Étude énergétique dans le référentiel tournant Ox'y', en négligeant les variations de α
et r0 .
La force d’inertie de Coriolis ne travaille pas ; la tension de la tige non plus. Le travail de la force
d’inertie d’entraînement mΩ 2 OM est aussi nul ; en effet, c’est
( )
δW = mΩ 2 OM 1 ⋅ d SM 1 + mΩ 2 OM 2 ⋅ d SM 2 = mΩ 2 OM 1 − OM 2 ⋅ d SM 1 = mΩ 2 M 2 M 1 ⋅ d SM 1 = 0
, car dans le référentiel tournant S est fixe et un petit déplacement de M1 est perpendiculaire à la
tige.
Le centre de masse S est immobile, d’où E c = ml 2θ 2 . L’énergie totale est la somme de l’énergie
cinétique et de l’énergie potentielle de gravitation :
E = ml 2θ 2 −
2GM T m GM T ml 2 3 cos 2 θ − 1
−
( )
r0 r03
dE 6GM T ml 2θ
= 2ml 2θθ + sin θ cosθ = 0
dt r03
θ + 3Ω 2 cosθ sin θ = 0 .
Pour les petites oscillations, θ est petit, d’où θ + 3Ω 2θ = 0 et la période d’oscillation est
T
Tosc = .
3
d) Autre point de vue, en partie mieux argumenté.
Ne supposons pas r0 et α constants. Dans le référentiel Sx′y ′ , la force de Coriolis et la tension
de la tige, toutes deux parallèles à la tige, ne travaillent pas. Calculons la puissance Pie de la force
d’inertie d’entraînement. Notons µ1 et µ 2 les points coïncidents de M 1 et M 2 .
G G G G
Pie = −mae (µ1 ) ⋅ vr (M 1 ) − mae (µ 2 ) ⋅ vr (M 2 )
G G
v r (M 2 ) = − v r (M 1 )
7
G G G ⎛ d 2 µ 2 µ1 ⎞
Pie = −(mae (µ1 ) − mae (µ 2 )) ⋅ vr (M 1 ) = −m⎜ ⎟ ⋅ vGr (M 1 )
⎜ dt 2 ⎟
⎝ ⎠ Sxy
d 2 µ 2 µ1
µ 2 µ1 décrit un cercle de rayon 2l avec l’abscisse angulaire α; a pour projection sur la
dt 2
G
perpendiculaire à la tige 2lα , tandis que la vitesse de M 1 dans le référentiel Sx′y ′ , v r (M 1 ) , est
perpendiculaire à la tige et a pour grandeur lθ ; d’où Pie = −2ml 2αθ ; le théorème de l’énergie
cinétique s’écrit en fonction de l’énergie potentielle de gravitation E p , grav :
(
d ml 2θ 2
=−
)dE p , grav
(
+ Pie ⇒ 2ml 2θ θ + α = − )
dE p , grav
. Comme α << θ (voir conservation du
dt dt dt
dE p, grav
moment cinétique total), 2ml 2θθ ≅ − . Si on suppose la variation de r0 assez petite pour
dt
que la variation de E p , grav soit due essentiellement à la variation de θ (comme en b),
dE p , grav ∂E p , grav 1 ∂E p , grav
2ml 2θθ = − = −θ θ = − (cqfd).
dt ∂θ 2ml 2 ∂θ
e) Solution rigoureuse, faisant appel au formalisme de Lagrange dans le référentiel
géocentrique, hors programme.
Les tentatives de résolution précédentes ne fonctionnent que grâce à des approximations dont la
discussion est compliquée. La bonne solution de ce problème fait appel au formalisme lagrangien,
qui justifie simplement ces approximations.
Soit ψ = α + θ l’angle dont la tige a tourné dans le référentiel géocentrique. Dans ce référentiel,
la position du système dépend de trois variables, r0 , α et ψ . Son lagrangien est
( )
L = Ec − E p = m r02 + r02α 2 + ml 2ψ 2 − E p , grav (r0 ,θ ) , où
2GM T m GM T ml 2 3 cos 2 θ − 1
E p , grav (r0 ,θ ) ≅ − −
( )
et θ = ψ − α .
r0 r03
Les équations du mouvement sont :
d ⎛ ∂L ⎞ ∂L ⎫ ⎧ ∂E p , grav
⎜⎜ ⎟⎟ = ⎪ ⎪2mr0 = − + 2mr0α 2
dt ⎝ ∂r0 ⎠ ∂r0 ⎪ ⎪ ∂r0
d ⎛ ∂L ⎞ ∂L ⎪ ⎪⎪ ⎪ ∂E p , grav
⎜ ⎟= ⎬ ⇒ ⎨2mr0 α = −
2
dt ⎝ ∂α ⎠ ∂α ⎪ ⎪ ∂α
d ⎛ ∂L ⎞ ∂L ⎪ ⎪2ml 2ψ = − ∂E p , grav
⎜ ⎟= ⎪ ⎪
dt ⎜⎝ ∂ψ ⎟⎠ ∂ψ ⎪⎭ ⎪⎩ ∂ψ
∂E p , grav ∂E p , grav
Comme E p , grav ne dépend de α et ψ que par l’intermédiaire de θ = ψ − α , = et
∂ψ ∂θ
∂E p , grav ∂E p , grav ⎛ 1 1 ⎞ ∂E p , grav 1 ∂E p , grav
=− , d’où θ = ψ − α = −⎜⎜ + ⎟
2 ⎟
≅− (cqfd).
∂α ∂θ ⎝ 2mr0 2ml ⎠ ∂θ
2
2ml 2 ∂θ
III. EFFET DYNAMO
17) Voir figure. Le champ magnétique dans le
plan équatorial est parallèle au moment dipolaire
de la Terre, donc approximativement
perpendiculaire à ce plan ; il pointe vers le Nord ;
sur le cercle de centre O, il est uniforme.
8
18) Considérons que l = SM 1 = SM 2 , comme dans les questions précédentes et que la longueur
du câble est 2l .
G G G GM T 6,67 × 10 −11 × 6 × 10 24
eM = ∫ v ∧ B ⋅ dr = 2 Bvl où v = = = 7455 m . s −1 .
RT + h 7,2 × 10 6
Si l = 10 m , e M = 2 × 3 × 10 −5 × 7455 × 10 = 4,47 V (2,23 V si on considère que l = 5 m ).
Si l = 10 km , e M = 4470 V .
G G
Les satellites tournent habituellement d’ouest en est, donc v ∧ B est radial et dirigé à l’opposé du
centre de la Terre ; le pôle + de eM est donc M1.
19) F = IB 2l = 0,44 × 3 × 10 −5 × 10 = 1,32 × 10 −4 N .
P = Fv = 1,32 × 10 −4 × 7455 = 0,98 W .
Remarque : cette puissance mécanique est convertie en puissance électrique ; la majeure partie de
cette puissance est dissipée par le retour du courant et n’est pas disponible pour le satellite.
20) Si le câble a une longueur de 20 km, P = 19600 W .
21) Il s’agit d’un freinage si le courant est dû à eM , ce que l’énoncé ne précise pas (si un
générateur impose un courant en sens contraire, la force est motrice).
f a = αM S v 2 = 1,535 × 10 −15 × 2000 × 7455 2 = 1,7 × 10 −4 N est comparable à la force magnétique ;
la descente du satellite serait accélérée ou ralentie modérément.
22) Si on impose un courant en sens contraire de celui produit par eM , donc de M2 vers M1, et si
on néglige la puissance dissipée par le retour du courant, on peut créer une force magnétique
motrice F = P / v = 500 / 7455 = 0,067 N devant laquelle la force de freinage des questions 6 et 7
est négligeable.
d (E c + E p ) d ⎛ GM T M S ⎞ dE p
= Fv ⇒ ⎜⎜ − ⎟= = 2 Fv = 2 P .
dt dt ⎝ RT + h ⎟⎠ dt
GM T M S ∆h 6,67 × 10 −11 × 6 × 10 24 × 2000 × 500
t= = = 7720 s .
2 P(RT + h ) 2 × 500 × (7,2 × 10 6 )
2 2
2
⎛ 7, 2 ⎞
23) Si h = 400 km , il y a peu de changement ; t ′ = t ⎜ ⎟ = 8650 s .
⎝ 6,8 ⎠
24) D’après ce qui précède, un câble lié au satellite peut produire de l’énergie électrique (avec la
restriction signalée à la réponse à la question 19) ou servir de moyen de propulsion ; mais il ne peut
pas à la fois produire de l’énergie électrique et élever l’orbite. Les ordres de grandeur calculés
montrent qu’on peut obtenir une petite quantité d’énergie électrique, ou contrôler l’altitude si on
dispose d’une quantité plus importante d’énergie électrique. La production d’énergie électrique par
conversion du rayonnement solaire par effet photovoltaïque est plus avantageuse, puisqu’elle peut à
la fois produire de l’énergie électrique et permettre de propulser le satellite.
Pour obtenir une pesanteur artificielle, on peut faire tourner sur lui même à une vitesse angulaire
ω suffisante un satellite constitué de deux parties reliées par un long câble ( g = ω l ).
2
IV. COMMUNICATIONS SPATIALES
9
G G G G
(
25) Une particule de charge q subit la force F = q E + v ∧ B . ) G
dv e G
Comme B0 = E0 / c , la force magnétique est négligeable si v << c : me = −eE .
dt
Si l’amplitude du déplacement est petite devant la longueur d’onde, la valeur de exp(− ikz ) reste
G eE 0 G
constante au cours du temps et v e = − exp(i (ωt − kz ))u x
iωme
G eE 0 G
De même, vi = exp(i (ωt − kz ))u x
iω M i
G G G
j = ne(vi − ve ) .
G ne 2 E 0 G
Comme M i >> me , j = exp(i (ωt − kz ))u x .
iω m e
G G G
G ∂B G G G G G k ∧E
26) rot E + = 0 − ik ∧ E + iω B = 0 B = .
∂t ω
G
G G ∂E ⎛ ne 2 G G⎞ G G k2 G
rot B = µ 0 j + ε 0 ⇒ µ 0 ⎜⎜ E + ε 0 iω E ⎟⎟ = −ik ∧ B = − E
∂t ⎝ iωme ⎠ ω
µ 0 ne 2
− + ε 0 µ 0ω 2 = k 2
me
ω 2 − ω P2
k = 2
.
c2
ωP
27) Si la fréquence satisfait à f < f c = , k est imaginaire pur et l’onde est évanescente. Si
2π
f > f c , k est réel et l’onde se propage sans atténuation. L’ionosphère se comporte donc comme un
filtre passe-haut.
28) La relation de dispersion est
ω 2 − ω P2
k2 = .
c2
La vitesse de phase est vϕ
ω c
vϕ = = .
k 1 − ω P2 / ω 2
2ωdω c
Comme 2kdk = , la vitesse de groupe
c2 vg
dω ω
est v g = = c 1 − ω P2 / ω 2 .
dk 0 ωP
L’ionosphère est dispersive, puisque ces
vitesses dépendent de la fréquence ; elles sont
liées par vϕ v g = c 2 .
29) La densité électronique de l’ionosphère est bien inférieure à celle du cuivre, dont l’ordre de
µN A 8900 × 6 × 10 23
grandeur est la densité d’atomes de cuivre n = = ≈ 10 29 atome . m −3 .
M 0,063
10
2 × 1010 × (1,6 × 10 −19 ) × 9 × 10 9
2
1 ne 2
fc = = = 1,27 MHz . On peut communiquer avec le
2π me ε 0 0,91 × 10 −30
satellite aux fréquences supérieures à cette valeur.
30) De nuit, un signal assimilé à un paquet d’onde parvient avec le retard
∆h ∆h ∆h ⎛⎜ ⎞ ∆h f 2 1 2 × 10 5 ⎛ 1,27 ⎞
2
τ= − =
1 ⎟
−1 ≈ = = 5,4 × 10 −10 s .
⎟ c 2 f 2 2 3 × 10 8 ⎜⎝ 1000 ⎟⎠
c
vg c c ⎜ 1 − f c2 / f 2
⎝ ⎠
n′
De jour, τ ′ = τ = 5,4 × 10 −10 × 25 = 1,3 × 10 −8 s .
n
11