ETUDE DE PROTECTION CONTRE LES INONDATIONS
DIAGNOSTIC DE LA SITUATION ACTUELLE
CENTRE D’AHFIR
SOMMAIRE
PREAMBULE ............................................................................................................................................................................. 1
1 INTRODUCTION............................................................................................................................................................... 3
2 PRESENTATION DE LA VILLE D’AHFIR ....................................................................................................................... 4
2.1 SITUATION GEOGRAPHIQUE.......................................................................................................................................... 4
2.2 CONTEXTE GEOMORPHOLOGIQUE................................................................................................................................. 4
2.3 GEOLOGIE .................................................................................................................................................................. 4
2.4 CLIMATOLOGIE ............................................................................................................................................................ 5
2.5 RESSOURCES EN EAU DE LA REGION............................................................................................................................. 5
2.5.1 Les eaux superficielles ................................................................................................................................ 5
2.5.2 Les eaux souterraines ................................................................................................................................. 6
3 PROBLEMATIQUE D’INONDATION DE LA VILLE ........................................................................................................ 6
4 DESCRIPTION DE L’OUED EL MENASRA .................................................................................................................... 7
4.1 DESCRIPTION DU BASSIN VERSANT DE L’OUED ............................................................................................................... 7
4.2 LIT DE L’OUED ............................................................................................................................................................. 7
4.3 OCCUPATION DU SOL ................................................................................................................................................... 8
5 EMPRISES PREVUES PAR LE PLAN DAMENAGEMENT ............................................................................................ 8
6 HISTORIQUE D’INONDATION DE L’OUED .................................................................................................................... 8
7 PROPOSITIONS D’AMENAGEMENTS DE PROTECTION CONTRE LES INONDATIONS .......................................... 9
8 TRAVAUX TOPOGRAPHIQUES ..................................................................................................................................... 9
9 CONCLUSION .................................................................................................................................................................. 9
ANNEXES
ANNEXE 1 : ALBUM PHOTOS
ANNEXE 2 : COMPTE RENDU DES REUNIONS ET DES VISITES DE TERRAIN
a.d.i.
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Préambule 1
Préambule
Si au Maroc les problèmes liés à l’eau sont surtout ressentis à travers le phénomène de
sécheresse, le Royaume, malgré le caractère semi-aride ou aride de son climat, est soumis,
comme tous les pays du pourtour méditerranéen, à des crues importantes qui peuvent être très
dommageables aussi bien pour les infrastructures publiques ou privées que pour l’agriculture,
et causer de nombreuses victimes parmi la population.
Ces phénomènes d’inondations ne sont pas récents au Maroc (plusieurs grands aménagements
de protection ont déjà été réalisés, surtout dans les zones de plaines) mais ils sont ressentis
plus fortement aujourd’hui en raison du fort développement démographique, économique,
urbain, agricole, industriel ou touristique.
Depuis une dizaine d’années des phénomènes "nouveaux" sont apparus, à la suite de forts
orages d’été et de crues torrentielles qui ont frappé localement des vallées entraînant des
dégâts énormes aussi bien en perte de vies humaines qu’en destruction d’habitats et
d’infrastructures. L’exemple type en est l’événement sur la vallée de l’Ourika en Août 1995.
Ces phénomènes ne sont pas spécifiques au Royaume Marocain, mais on les retrouve
également sur l’ensemble des pays du pourtour occidental de la Méditerranée.
A vrai dire ces phénomènes ne sont pas réellement "nouveaux". Au-delà des statistiques
pluviométriques et hydrométriques, chaque fois que des investigations historiques poussées
ont pu être faites, elles ont clairement montré que les siècles passés avaient aussi plus au
moins régulièrement apporté leur lot de catastrophes similaires.
Simplement, le moindre développement urbain, l’absence d’observations scientifiques
quantitatives, le moindre poids et la moindre rapidité de circulation de l’information par les
médias, n’ont pas permis de marquer dans la mémoire collective ces types d’événements
isolés.
Aujourd’hui, ce n’est plus le cas et tous les Etats ont conscience que des moyens de
prévention appropriés doivent être mis en place pour faire face à ces événements. Ainsi
l’Etude du Plan Directeur de Protection contre les Inondations et Impacts des Ouvrages de
Protection sur l’Environnement a-t-elle été récemment lancée par la Direction Générale de
l’Hydraulique et confiée au groupement BRLi/Aquater/ADI.
Toujours dans ce cadre, l’Agence du Bassin Hydraulique de Moulouya a confié au bureau
d’études ADI, dans le cadre du marché n° 06/2003, l’étude de protection contre les
inondations des centres et des villes situés dans sa zone d’action et qui dépendent de quatre
provinces :
Préfecture Oujda Angad, la partie est traversée par l’oued Sidi Yahia;
Ahfir, Saidia et la vallée de Zegzel de la province de Berkane;
Midelt de la province de Khénifra ;
Aknoul de la province de Taza.
a.d.i.
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Préambule 2
Cette étude a pour objet de définir les aménagements de protection contre les inondations le
long des cours d’eau traversant les villes et centres cités ci-dessus, depuis l’amont jusqu’à
l’aval afin d’assurer l’acheminement des crues dans les meilleures conditions à savoir :
Définir d’une part les contraintes hydrauliques et les risques d’inondations pour les lieux
habités ou comportant des biens (immobiliers, agricoles, …) résultant de ces contraintes et
d’autres part les apports des crues maximales acceptables dans les différents cours d’eau.
Définir un schéma d’aménagement des différents cours d’eau et de mesures de gestion
visant d’une part à protéger les lieux habités et d’autres part à écrêter les débits de crues,
si les conditions naturelles le permettent, pour réduire les risques d’inondations en aval.
L’étude se déroulera en trois missions :
Mission I : Diagnostic de la situation actuelle.
Mission II : Etude hydraulique et définition des travaux d’aménagement.
Mission III : Etablissement de l’Avant Projet Détaillé de la solution retenue et du mémoire
technique d’exécution.
Le présent rapport constitue le rapport définitif de la mission 1. Selon les termes de référence,
un dossier doit être établi par province pour la mission 1 ; le présent rapport concerne le
centre d’Ahfir.
a.d.i.
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Introduction 3
1 INTRODUCTION
Le présent rapport concerne la mission 1 : Diagnostic de la situation actuelle. Elle a pour
objectifs :
L’identification des cours d’eau traversant les centres étudiés qui posent le problème des
inondations ;
L’analyse des dysfonctionnements liés à la dynamique fluviale des cours d’eaux, aux
ouvrages de franchissements, aux exutoires, à l’occupation du sol et également aux
apports polluants ;
La connaissance de l’historique des crues dans les centres étudiés avec les dégâts
engendrés ;
La collecte et l’examen des données topographiques existantes et l’établissement des
levés topographiques complémentaires nécessaires à la suite de l’étude.
Cette mission a débuté par une visite de l’I.C. du terrain qui a été axée sur deux volets :
Rencontres et réunions avec les administrations et établissements publics locaux (les
Provinces, les collectivités locales, l’Agence Urbaine de Oujda, les services régionaux
de l’ONEP, DPA, …). Et ce dans le but de présenter l’objet de l'étude et de collecter
les données susceptibles de servir à l’étude : plans d’aménagement ou de
développement, éventuelles études de protection contre les inondations déjà établies
sur les zones du projet, études d’assainissement des centres et des villes concernés par
le projet, données sur les crues historiques, données sur les limites du domaine public
hydraulique …etc.
Visites des sites d’inondation en compagnie des représentants locaux et des
représentants de l’ABHM, de la DRE ou des DPE et en présence de représentants des
collectivités locales. Ces visites ont eu comme objectifs de :
Identifier et arrêter en commun accord les points sensibles ;
Repérer les dégâts causés par les inondations : berges dégradées, …etc.
Repérer les points d’étranglement de l’écoulement : sections contraignantes ou ouvrages
de dimensionnement insuffisant, …etc.
Levé des traces de crues précédentes avec la collecte des informations et témoignages des
habitants sur l’impact et les dégâts des inondations antérieures ;
Etablir un reportage photographique pour chaque site ;
Engager le topographe sous-traitant (société SAFTOP) pour réaliser les levés
topographiques (plans cotés, profils en long et profils en travers) complémentaires,
arrêtés en commun accord avec le MO, de cours d’eau qui n’ont pas été levés auparavant
par l’ABHM.
Ces rencontres et visites ont fait l’objet de comptes rendus qui sont présentés en annexes.
a.d.i.
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Présentation de la ville d’Ahfir 4
2 PRESENTATION DE LA VILLE D’AHFIR
2.1 SITUATION GEOGRAPHIQUE
La ville d’Ahfir fait partie de la province de Berkane ; elle relève de la zone économique Est.
Elle est située à la limite Nord – Est du Royaume, à 25 Km de la frontière Algérienne et à
15 Km du littoral méditerranéen. Ses coordonnées Lambert sont :
X = 801 300
Y = 487 500
2.2 CONTEXTE GEOMORPHOLOGIQUE
La zone d’étude fait partie du Maroc Oriental, c’est un domaine limité au Nord et à l’ouest par
le Rif et le Moyen Atlas et ouvert à l’est sur l’Algérie. La plus grande partie de ce domaine est
un plateau d’un millier de mètres d’altitude, prolongeant les hauts plateaux algériens.
Au Maroc nord oriental, les différences d’altitude sont peu marquées ; pourtant, les chaînons
montagneux s’élèvent brusquement au-dessus des plaines et des bas plateaux. Ces reliefs sont
orientés suivant des directions principales NE-SW, qui prolongent celles du Moyen atlas.
Cette zone présente par son relief et son climat une grande diversité. Des zones montagneuses
jeunes et d’altitude importante dont la chaîne du Rif oriental et du Moyen Atlas plissé, les
monts de Béni-Snassène, Béni-Bou-Yahi et les plateaux élevés, enserrent de larges plaines
(Moyenne Moulouya, bassin de Guercif, plaines méditerranéennes).
La plaine côtière des Triffa est constituée de matériaux détritiques du Quaternaire provenant
du démantèlement de la chaîne des Béni-Snassène. Située en rive droite de l’oued Moulouya
et enserrée entre les monts de Béni-Snassène au Sud et une ride au N qui l’isole de la mer,
cette plaine était naturellement marécageuse.
Au sud de Ouled Mansour la plaine de Triffa se limite à l’Est par oued Kiss qui marque la
frontière entre le Maroc et l’Algérie et à l’ouest par oued Moulouya. Cette grande plaine est
limitée au sud par les monts de Béni-Snassène, elle regroupe un très grand nombre de centres
urbains dont Berkane et Ahfir.
2.3 GEOLOGIE
La ville d’Ahfir se trouve à la limite est de la plaine de Triffa. Cette plaine se présente sous
forme d’un cône de déjection très large et très aplati depuis le piémont des Beni Snassène.
Elle forme une vaste dépression synclinale remplie de sédiments néogènes et quaternaire. Au
sud de la plaine (zone du projet), la série stratigraphique comprend essentiellement du
Jurassique recouverte en discordance par la transgression du Miocène anté-nappe. Les
affleurements de ce dernier sont observés au sud de la ville, sous les croûtes et travertins ; ils
présentent des bancs de conglomérats à ciment gréseux le long de l’oued Aghbal qui se trouve
à l’ouest de la ville. Ces conglomérats contiennent de gros éléments de calcaires jurassiques
liés par un ciment gréso-calcaire.
a.d.i.
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Présentation de la ville d’Ahfir 5
2.4 CLIMATOLOGIE
Le climat est de type semi aride, caractérisé par des écarts thermiques saisonniers importants.
Les précipitations sont peu abondantes et irrégulières et ont un rythme saisonnier
méditerranéen avec deux pointes en automne et au printemps. Le minimum est assez général
et correspond au stationnement fréquent de l’anticyclone Nord atlantique sur le Maroc. En
revanche, les fortes pluies liées aux dépressions d’ouest et de sud-ouest peuvent commencer
dès le mois d’octobre et se poursuivre jusqu’en mai. Ces pluies tombent en une quarantaine de
jours avec parfois de fortes averses.
Les hautes barrières montagneuses qui bordent le domaine oriental vers l’ouest privent ces
régions des apports des pluies venant de l’Atlantique. Seuls la frange méditerranéenne et les
versants nord-ouest qui constituent une barrière avec la Méditerranée bénéficient de
précipitations substantielles. Les régions les plus arrosées sont les monts de Béni-Snassène, la
Chaîne des Horst et les sommets occidentaux du Rekkame.
La zone en question a un régime inter–annuel pluviométrique qui connaît une grande
variabilité. La pluie moyenne annuelle est de 430 mm/an. Le nombre moyen de jours de pluie
par an est assez faible : 35 à 70 jours (répartis entre décembre et avril); le plus souvent, il
s’agit d’orages courts et violents, avec un maximum journalier de 132 mm. Ce chiffre a été
rapporté par les Ressources en eau du Maroc (climatologie 1933–1963). Il est important de
signaler que la ville a connu, dernièrement, un événement similaire le 14/03/04.
Le volet climatique sera traité avec plus de détail dans le cadre de la mission 2.
2.5 RESSOURCES EN EAU DE LA REGION
L’action hydrique joue un rôle important dans le domaine méditerranéen. A l’exception des
principaux oueds, la majorité des cours d’eau sont à sec. En période de crues, ces vallées
jouent le rôle de véritables émissaires continentaux, ce qui se traduit par la quantité de
sédiments déposés sur les bordures et les méandres. Dans les lits majeurs des oueds, la
dynamique fluviatile se traduit par les dimensions des blocs et galets transportés. Les oueds
ont aussi parfois creusés d’étroites vallées dans les surfaces monotones.
2.5.1 Les eaux superficielles
Le réseau hydrographique de la zone est formé de :
Oued Kiss qui passe à la limite nord est de la ville. Son débit est variable selon les années
et s’écoule en permanence mais n’a jamais fait l’objet de mesures continues en raison de
sa situation sur la frontière. Des mesures datant de 1935 mentionnent des débits de 70 à
120 l/s. Les crues de oued Kiss sont rares ; néanmoins elles ont causées en 1964 et en
1986 des inondations catastrophiques en aval, au niveau de la plaine.
Un affluent de oued Atchane, qui passe à l’ouest de la ville. A ce niveau, il contrôle un
bassin bersant de quelques km2 et ses apports ne sont pas importants.
Oued El Menasra qui traverse la ville et se rejette dans oued Kiss au niveau de la limite
nord de la ville ; cet oued n’est pas pérenne.
a.d.i.
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Problématique d’inondation de la ville 6
2.5.2 Les eaux souterraines
2.5.2.1 Nappes superficielles
La principale nappe de la région est logée par les plaines de Triffa. Au Nord Est de oued
Cherraâ, le plancher imperméable de la nappe phréatique est vraisemblablement constitué par
les marnes pliocènes alors que les terrains aquifères sont constitués par des dépôts
quaternaires à sédimentation continentale.. La structure lenticulaire des formations a pour
conséquence l’existence d’une nappe à plusieurs horizons aquifères communiquant
verticalement et horizontalement.
La direction générale d’écoulement est sud-nord puis devient sud est – nord ouest. Durant les
périodes de sécheresse le niveau d’eau a chuté de 18 m dans certains endroits.
Cette nappe est caractérisée par des concentrations des eaux entre 0.5 et 11 g/l ; les
concentrations les plus élevées se trouvent au nord.
2.5.2.2 Nappes profondes
La plus importante est celle de Béni-Snassène orientaux, les calcaires karstiques du Jurassique
constituent un réservoir important dans les monts de Béni-Snassène. Les grottes et les gorges
de Zegzel témoignent en effet, d’une circulation karstique importante dans cette zone. La
pluviosité relativement élevée (de l’ordre de 550 mm) ainsi, qu’un coefficient probablement
élevé dans les calcaires et dolomies du Lias ont pour conséquence une nappe en charge, avec
écoulement vers le Nord, sur le flanc nord du massif. Cette nappe n’a que peu d’exutoires en
surface et aucune émergence importante au-dessous de la cote où elle est mise en charge par
les terrains imperméables de couverture. Ces eaux sont très douces, les forages pour
l’alimentation en eau donnent plus de 300 l/s en pointe, ils alimentent les centres de Saïdia,
Laâtamna, Madagh, Ouled Mansour et Cherarba.
3 PROBLEMATIQUE D’INONDATION DE LA VILLE
La ville est traversée par deux cours d’eau : oued Kiss et l’un de ses affluents : oued
El Menasra.
Au niveau de la traversée de la ville, oued Kiss présente un lit de l’oued bien encaissé et
jusqu’à présent, il n’a pas constitué de risque pour la ville. Les problèmes d’inondations du
centre sont causés surtout par l’oued El Menasra qui connaît fréquemment des crues.
La problématique d’inondation de ce cours d’eau est liée au fait qu’à la traversée de la ville, le
lit de l’oued a subi des aménagements avec le développement urbain et la mise en place de
lotissements. Ces aménagements ont consisté en la mise en place d’un bassin de rétention et la
canalisation de l’oued (collecteur Ø1000), qui d’après les événements passés ne sont pas
suffisants par rapports aux apports de l’oued.
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Description de l’oued El Menasra 7
4 DESCRIPTION DE L’OUED EL MENASRA
4.1 DESCRIPTION DU BASSIN VERSANT DE L’OUED
Le bassin versant de l’oued El Menasra est essentiellement rural. Il couvre une superficie
d’environ 5.50 Km². Il comprend une partie amont, caractérisée par un relief très marqué et
des pentes fortes : 11%. La partie avale (qui fait la moitié de la superficie) est plus plate :
pente de 2%. Le bassin versant est caractérisé par des terrains nus non boisés. Ces
caractéristiques font que même si la superficie du bassin est faible, il a un temps de
concentration faible et il réagit fortement aux averses et les débits de pointe de ses crues
peuvent être importants.
Le cours de l’oued a fait l’objet d’aménagement et en particulier de la mise en place d’un
bassin de rétention de faible capacité de stockage.
4.2 LIT DE L’OUED
A l’entrée du périmètre urbain, le tracé de l’oued est bien identifié sur le terrain, même si son
lit n’est pas bien encaissé; le lit mineur présente une faible section : 1 à 1.5 m de profondeur
et 4 à 6 m de largeur au plafond (débitance estimée à 10 m3/s). A une centaine de mètre plus
en aval et en amont du lotissement Al Massira, un bassin a été aménagé pour canaliser les
écoulements vers un collecteur qui traverse le lotissement. Ce bassin a une très faible capacité
de rétention, ne dépassant pas un millier de m3. Il a été mis en place pour canaliser les
écoulements vers un collecteur qui a été mis en place avec l’aménagement du lotissement. Ce
collecteur est un Ø1000 sur un linéaire de 150 m et il continue après avec une double conduite
2 * Ø500, sur un linéaire de 160 m. Il y a 8 regards de visite sur son parcours. Une estimation
sommaire de la débitance de cet ouvrage donne 3 à 4 m3/s.
En aval de la traversée de la route Berkane-Oujda, un autre lotissement : Boukhriss est en
cours d’aménagement ; il est prévu l’allongement du collecteur toujours avec un Ø1000, sur
un linéaire de 150m. Il est déjà mis en place.
Sur la base de la restitution au 1/2 000ème, faite avant l’aménagement, l’examen du lit de
l’oued montre que le lit mineur présente une faible section : 1m de profondeur et 2 à 4 m de
largeur (débitance estimée à 4m3/s). L’oued présente une faible pente : 1.5 % et le tracé se
caractérise par de larges méandres : morphologie typique d’un écoulement en nappe. En aval,
au niveau du lotissement Boukhriss, en plus du lit de l’oued, un autre talweg est creusé sur la
rive gauche du lit, témoignant des débordements qui se font en amont.
En aval de ce lotissement, on retrouve le lit de l’oued qui continue sur un linéaire de 380 m
avant de se jeter dans l’oued Kiss. A ce niveau, l’oued est bien encaissé : 1.5 à 2 m de
profondeur avec 6 à 8 m de largeur. La pente est plus importante, elle est de 2 %.
a.d.i.
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EMPRISES PREVUES PAR LE PLAN DAMENAGEMENT 8
4.3 OCCUPATION DU SOL
En amont et à l’entrée de la ville, l’oued passe dans des terrains non habités. Il traverse
ensuite, en aval de la route qui relie Berkane et Ahfir, dans le lotissement Boukhris. A ce
niveau, le tracé de l’oued devient diffus et aucune emprise n’est prévue pour l’oued, le
cheminement des écoulements est pévu par un collecteur Ø1000.
En aval de ce lotissement, l’oued retrouve son lit mineur passant à gauche des habitations
jusqu’à son rejet dans oued Kiss.
5 EMPRISES PREVUES PAR LE PLAN DAMENAGEMENT
Le plan d’aménagement de la ville a été examiné pour analyser l’occupation future le long de
l’oued. Ce plan a été homologué en 1998. A l’entrée du centre et en amont du bassin de
rétention, une zone non aedificandi, de 30 m de largeur, est réservée à l’emprise de l’oued.
Cette emprise n’est pas suffisante, si on maintient les dimensions actuelles du collecteur aval.
En amont du lotissement Al Massira, il est prévu l’aménagement d’une mosquée. Au niveau
de l’implantation actuelle du lotissement Boukhriss, aucune emprise n’est réservée à l’oued.
En aval et jusqu’au rejet dans oued Kiss, où le lit de l’oued est bien encaissé, une emprise de
30 m de largeur est réservée.
6 HISTORIQUE D’INONDATION DE L’OUED
La ville a connu plusieurs inondations de cet oued et particulièrement après les aménagements
de l’oued. Une crue historique de l’oued (1963 d’après les gens de la municipalité) a inondé
l’ancien terrain des oliviers occupé actuellement par le lotissement Al Massira et a même
atteint le centre d’Ahfir au niveau du rond point.
Les plus récentes ont survenu en mars 2002 et le 14-15 mars 2004.
En effet, lors des crues les débits et les volumes d’eau sont importants et le collecteur mis en
place n’est pas en mesure de transiter la crue. Une première estimation de la DRH des débits
et volumes décénaux donne respectivement : 15 m3/s et 68 000 m3. Ils sont largement
supérieurs à la capacité des aménagements mis en place : un milliers de m3 comme volume de
stockage du bassin et une capacité de transit du collecteur de 3 à 4 m3/s.
La description des débordements observés lors des crues précédents confirment ses constats :
Le niveau d’eau monte au niveau du bassin et il y a des débordements sur les quartiers en
aval : Al Massira,…etc. La largeur de la zone touchée est de 200 à 250 m. Lors de la crue de
2004, au niveau de la route Berkane-Oujda, l’écoulement s’est fait avec des hauteurs allant
jusqu’à plus de 70 cm sur une largeur de 250 m : du stade jusqu’au rond point Berkane –
Saidia. La circulation a été interrompue pendant plusieurs heures. En aval, les habitations du
quartiers qui se trouvent sur la rive gauche de l’oued, ont été touchées par les eaux : plus de
70 cm de hauteur d’eau. A ce niveau, lors d’une visite, avant cette dernière crue, les traces du
niveau d’eau (1 à 1,5 m de hauteur) étaient déjà visibles sur les murs des maisons (crue de
2000).
a.d.i.
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Propositions d’aménagements de protection contre les inondations 9
7 PROPOSITIONS D’AMENAGEMENTS DE PROTECTION CONTRE LES
INONDATIONS
D’après l’examen de la situation actuelle, il aparait clairement que les aménagements mis en
place ont une faible capacité : volume de stockage du bassin et capacité de transit du
collecteur. Ils sont insuffisants, même pour écouler les crues de faible fréquence (inférieures à
10 ans).
Pour les tronçons du cours d’eau dont le tracé est bien identifié : Amont lotissement Al
Massira et en aval de celui de Boukhriss, il s’agit de vérifier la section d’écoulement de
l’oued, sa capacité d’évacuation, sur la base d’une topographie détaillée. Une étude
hydraulique et une modélisation des écoulements sera faite ; selon le risque d’inondation et
les dégâts qui peuvent s’ensuivre, il peut s’avérer nécessaire d’augmenter leurs sections
d’écoulement (recalibrage ou rehaussement des berges selon les cas).
Selon l’importance des apports en volume des crues, l’aménagement d’un bassin de rétention
en amont peut aussi s’avérer une bonne solution. Les possibilités et l’opportunité de ces
aménagements seront examinées sur la base des résultas de l’étude hydrologiques.
8 TRAVAUX TOPOGRAPHIQUES
Des travaux topographiques ont été déjà réalisés par l’Agenec dans le cadre de l’étude de
délimitaion du Domaine Public Hydraulique ; ils ont consisté en une bande côté du cours
d’eau à la traversée du centre avec des profils en long et des profils en travers. Ces documents
seront utilisés pour l’étude hydraulqiue de la mission 2. Des travaux topographiques seront
lancés après la validation avec l’administration de la variante d’aménagement retenue ; ils
serviront à l’établissement des études de détail.
9 CONCLUSION
Dans la ville d’Ahfir, objet de l’étude, les problèmes d’inondations sont dus à la concordance
de plusieurs facteurs : morphologie du lit du cours d’oued, urbanisation mal maîtrisée, sous-
dimensionnement de certains ouvrages.
Nous avons pu constater que le développement non contrôlé de l'occupation des sols, et plus
particulièrement de l'urbanisation, en zone inondable, constitue parfois le facteur le plus
important d'explication des dommages enregistrés au cours de ces dernières années.
En effet, les problèmes d’inondation rencontrés à Ahfir sont liés essentiellement au cours
d’eau El Menasra qui a été canalisé suite à la mise en place du lotissement Al Massira ; les
aménagements ne sont pas suffisants même pour la crue de 10 ans. Des débordements sont
constatés au niveau du lotissement et plus en aval.
Les propositions d’aménagements proposées pour la vile d’Ahfir s’articulent autour de deux
axes :
- Pour les tronçons du cours d’eau dont le tracé est bien identifié : recalibrage ou
rehaussement des berges selon les cas ;
- Selon l’importance des apports en volume des crues : éventualité
d’aménagement d’un bassin de rétention en amont.
a.d.i.
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