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TP Esther

Le document présente une liste d'ouvrages, notes de cours et rapports sur le développement économique, l'économétrie et la macroéconomie, en mettant l'accent sur l'importance de l'investissement privé pour la croissance économique. Il souligne également les défis auxquels font face les pays en développement, notamment la nécessité de réduire les risques pour les investisseurs et d'adopter des réformes institutionnelles. Enfin, il propose des mesures pour atténuer les effets des fluctuations des taux d'intérêt sur la consommation des ménages en RDC.

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OUVRAGES

1. BARTHELEMY J.C et VAROUDAKIS A., Développement financier, réformes


financiers et croissance. Une approche en données de panel », Revue économique, vol
49, n°1, 1998

2. BOURBONNAIS R., Econométrie, manuel d’exercices et corrigés, DUNOD 2005

3. BOURGAIN A. et PIERETTI P., Finance et dynamique de croissance. Quelques


considérations théoriques et une application empirique au Luxembourg, Document de
travail n°02-1, CREA, Luxembourg, 2002

4. CADORET I., Econométrie appliquée, de Boeck, 1 ère éd. Paris, méthode, application,
corrigées, 2004

5. GHARBI M.W, Une réinterprétation d’un modèle d’intégration économique : un rôle


accru des systèmes d’intermédiation dans l’ajustement entre l’épargne et
l’investissement en Tunisie, Colloque international ISG Sousse Mars 2010.

6. LARDIC S. et MIGON V., Econométrie des séries temporelles macroéconomiques et


financières, Economica, Paris 1998.

7. LOKA M., L’expérience zaïroise en matière de planification socio-économique,


ministre du plan, Kinshasa, 1992

8. MANKIW G., Macroéconomie, 3èd, éd de Boeck university, paris, Bruxelles, 2003,


p31
9. MOURGES N., le choix des investissements dans l’entreprise, éd. Economica, Paris
1994

10. SILEM A, Lexique d’économie, 10ème édition, Dalloz, 2008

11. SOLOW R., Une contribution à la théorie de la croissance économique, QJE, Vol 70,
1956

12. VEDIS H.L, Macroéconomie en 24 fiches, éd. Dunod, paris 2006

13. YAYA K, Efficacité Macro économique du crédit bancaire en Côte d’Ivoire, Document
de travail, E. n°118, CIRES 2005

2. Notes de cours et mémoires

14. KISONIA MUSUBAO J.P Chef de Travaux, Cours d’économétrie, inédit, L1


UNIGOM, 2009-2010

15. MAPY PAKY Ange Noir, La consommation global, l’investissement, la masse


salariale du secteur public et le stock de capital de la RDC de 1991 à 2007, mémoire
inédit, UNIGOM 2009-2010

3. Rapport

16. Banque Centrale, Rapports annuels de 1999 à 2007

17. N.L. BAMBA, Les sources de la croissance d’ivoire, Document de travail n°97,
CEPEC, Côte d’Ivoire 2004
18. Rapport de l’OCDE sur la réforme du secteur financier en Afrique, Documents
Technique n°190, Juillet 2002.

19. Rapport de la BCC sur l’évolution économique et financière de la RDC.2009

20. Rapport de la BCC sur la Situation macroéconomique et Etat de la stabilité financière


de la RDC.2008
Dans les économies de marché, le secteur privé est le principal moteur de la croissance. Il
nourrit et stimule la croissance dès lors qu’un certain nombre de facteurs se conjuguent pour
offrir un environnement propice à son expansion. L’investissement privé est une condition
préalable indispensable à la croissance économique : il est en effet le moteur qui entraîne les
rouages de la machine économique en permettant aux entrepreneurs de réunir les ressources
nécessaires pour produire des biens et des services. Une croissance rapide et durable est
favorisée par une conjonction favorable dans laquelle l’entrepreneuriat et l’investissement
induisent une hausse de la productivité qui à son tour autorise un accroissement des
investissements dans le futur. Cet enchaînement est également propice à la création d’emplois
et à l’apparition de technologies nouvelles, en particulier grâce aux échanges et aux
investissements internationaux. L’existence de marchés concurrentiels et développés est
capitale car ceux-ci favorisent et récompensent l’innovation et la diversification, accélèrent
l’entrée et la sortie des entreprises et contribuent à harmoniser les règles du jeu applicables à
l’ensemble des acteurs du secteur privé. Les marchés jouent en outre un rôle essentiel en
conférant au processus de croissance une assise sociale et géographique plus large qui ouvre
aux plus démunis la perspective d’y prendre part et d’en tirer bénéfice. La mobilisation de
l’investissement privé est donc appelée à gagner de l’importance tant pour la création
d’emplois que pour l’accélération de la croissance ou la lutte contre la pauvreté.
L’accroissement des capacités de production du secteur privé n’est pas le seul facteur qui
compte pour la croissance économique, encore faut-il qu’il s’accompagne de gains de
productivité résultant de la rationalisation et de la modernisation des moyens de production.
Les investisseurs, qu’il s’agisse de micro-entrepreneurs ou d’entreprises multinationales,
fondent leurs décisions d’investissement sur les prévisions de rendement corrigées des
risques. Cette constatation est importante dans l’optique du développement car, ainsi que le
montrent plusieurs études concrètes, le rendement en tant que tel de l’investissement dans les
pays en développement (et même dans les pays les moins avancés) est généralement supérieur
à celui des autres pays. Certes, à un moment donné du processus de croissance, les taux de
rendement finiront par baisser, mais pour l’heure, le principal défi que doivent relever les pays
en développement concerne la réduction des risques, réels ou perçus, auxquels font face les
investisseurs privés. Dans un environnement très incertain, les activités économiques sont
théoriquement limitées à un petit nombre de secteurs (plus particulièrement les secteurs à
forte intensité d’utilisation des ressources) et de régions. Par conséquent, la croissance
enregistrée par les pays correspondant à cette description exclut de larges pans de la
population, y compris les plus pauvres.
L’origine des risques et leur perception varient selon la nationalité des entreprises, leur taille,
leur appartenance au secteur privé ou public et leur intégration dans l’économie officielle ou
dans un secteur plus informel. En conséquence, les mesures de réduction des risques n’ont pas
la même influence sur toutes les décisions d’investissement et sont tributaires du contexte
dans lequel évolue chaque entreprise. En revanche, certains facteurs de risques et les lacunes
de l’environnement qu’ils entraînent représentent des obstacles aux activités de l’ensemble
des entreprises. Il s’agit notamment des pratiques discriminatoires, de la corruption, d’un
faible respect de la règle de droit, des coûts de transaction élevés, de la pesanteur de la
réglementation, du manque de transparence et de l’incurie de l’administration.
Les ressources nationales sont et resteront la source principale de fonds pour l’investissement
privé dans les pays en développement. Toutefois, ces pays sont dotés d’une économie
informelle beaucoup plus étendue, ce qui exacerbe nombre des facteurs de risques mentionnés
précédemment.
Par ailleurs, leurs entreprises ne sont pas toujours les mieux équipées pour faire face à la
concurrence d’une économie de plus en plus mondialisée. De nombreux pays en
développement rencontrent en outre des difficultés pour accéder au financement extérieur ou
national en raison d’une faible intermédiation des fonds. Dans un tel contexte, l’IDE et les
envois de fonds sont des sources complémentaires ou supplémentaires de capital non
négligeables. L’apparition de différentes catégories d’investisseurs oblige à veiller à maintenir
des règles du jeu équitables grâce auxquelles aucune d’entre elle ne se retrouvera indûment
désavantagée.
Pour stimuler l’investissement privé, les pays en développement doivent adopter des
stratégies qui libèrent la croissance, selon un calendrier et des modalités appropriés. Les
réformes institutionnelles jouent un rôle clé dans la mobilisation durable d’un surcroît
d’investissement privé pour le développement, ainsi que le souligne l’encadré 1. Par le biais
de leur programme d’APD, les organismes d’aide au développement peuvent contribuer à
optimiser les retombées de ce financement supplémentaire sur le développement en aidant les
pays en développement à mettre en œuvre de telles réformes. Si le Consensus de Monterrey a
insisté sur le fait « qu’une augmentation importante de l’APD et d’autres ressources sera
nécessaire pour que les pays en développement puissent atteindre les objectifs de
développement convenus au niveau international, y compris ceux qui figurent dans la
déclaration du Millénaire », il a également reconnu que « l’APD peut être un facteur majeur
d’amélioration des conditions dans lesquelles se déroulent les opérations du secteur privé et
ouvrir ainsi la voie à une croissance vigoureuse » (Nations Unies, 2002).
Atténuer les effets de la fluctuation des taux d’intérêt sur la consommation des ménages en
RDC, plusieurs mesures peuvent être envisagées, notamment la diversification de l’économie,
la promotion de l’épargne, et la mise en place de politiques monétaires et fiscales appropriées.
Mesures pour atténuer les fluctuations des taux d’intérêt et leurs impacts :
1. Diversification de l’économie :
Réduire la dépendance de l’économie congolaise vis-à-vis des matières premières, notamment
le secteur minier, en développant d’autres secteurs d’activités comme l’agriculture, l’industrie
manufacturière et les services.
Encourager l’investissement dans ces secteurs pour créer des emplois et diversifier les sources
de revenus des ménages.
2. Promotion de l’épargne :
Mettre en place des incitations fiscales pour encourager l’épargne des ménages, notamment
l’épargne à long terme, afin de réduire leur dépendance au crédit et de les rendre moins
vulnérables aux fluctuations des taux d’intérêt.
Développer des produits d’épargne adaptés aux besoins des différents segments de la
population, en particulier les populations à faibles revenus.
3. Politiques monétaires et fiscales :
Adopter une politique monétaire prudente et transparente pour stabiliser le taux de change et
limiter les fluctuations des taux d’intérêt.
Mettre en œuvre des politiques fiscales qui favorisent la croissance économique et la création
d’emplois, afin d’améliorer le pouvoir d’achat des ménages et de réduire leur exposition aux
chocs économiques.
Renforcer la coordination entre la politique monétaire et la politique budgétaire pour une
meilleure gestion des fluctuations des taux d’intérêt.
4. Renforcement de la protection sociale :
Mettre en place des filets de sécurité sociale pour soutenir les ménages en cas de perte de
revenus due à des fluctuations des taux d’intérêt ou à d’autres chocs économiques.
Développer des programmes de transfert monétaire ciblés pour les populations vulnérables
afin de les aider à faire face aux augmentations de prix et aux difficultés financières.
5. Information et éducation financière :
Sensibiliser le public aux risques liés aux fluctuations des taux d’intérêt et aux avantages de
l’épargne et de la planification financière.
Offrir des formations sur la gestion des finances personnelles pour aider les ménages à
prendre des décisions éclairées en matière de crédit et d’investissement.
En appliquant ces mesures, la RDC pourrait atténuer les effets négatifs des fluctuations des
taux d’intérêt sur la consommation des ménages et renforcer la résilience de l’économie face
aux chocs externes.

Revenu
Selon J. Hicks, le revenu d’un individu désigne ce
qu’il peut consommer au cours d’une période de
temps sans entamer la valeur de son patrimoine.
Les revenus prennent naissance dans la création
d’une valeur ajoutée au cours de chaque cycle de
production. Le revenu est donc un flux et il ne
doit pas être confondu avec le patrimoine qui est
un stock.
Le revenu prend le plus souvent une forme moné-
taire mais il peut aussi s’agir d’un revenu en nature.

Revenu arbitrable

Selon l’INSEE, le revenu arbitrable des ménages


Est égal à la différence entre leur revenu disponible brut et les dépenses «pré-engagées»,
c’est-à-

Dire difficilement renégociables à court terme. Ces

Dépenses comprennent les dépenses liées au logement (loyer, eau, gaz, électricité, etc.), aux
services

De télécommunication, aux frais de cantine, aux

Services de télévision (redevance télévisuelle, abonnements à des chaînes payantes), aux


assurances

(hors assurances vie) et aux services financiers.

La perception par les ménages de l’évolution de

Leur pouvoir d’achat est souvent liée à leur revenu

Arbitrable plus qu’à leur revenu disponible. Un

Accroissement de ce dernier qui serait intégralement absorbé par les dépenses pré-engagées a
peu

De chances d’être perçu comme une amélioration

Du pouvoir d’achat.

Revenus

Consommation effective des ménages, Dépense de

Consommation des ménages


Revenu d’activité

Un revenu d’activité est un revenu perçu en

Contrepartie d’un travail, salarié ou non salarié. Les

Revenus d’activité comprennent donc les salaires

Qui rémunèrent le travail salarié et les revenus

Mixtes qui rémunèrent l’activité des professions

Non-salariées.

Les revenus d’activité et les revenus du patrimoine

Forment le revenu primaire des ménages.

Productivité, Revenus

Profit, Revenu de facteurs, Valeur ajoutée

Revenu de facteurs

Les revenus de facteurs sont des revenus perçus en

Contrepartie d’une contribution à la production.

On distingue généralement les revenus du travail

(salaire), les revenus du capital (profit), les revenus mixtes et les revenus du capital naturel
(rente).

Capital et investissement
Profit, Rente, Ressources naturelles, Revenu du patrimoine, Revenu mixte, Revenu primaire,
Salaire

Revenu de solidarité active (RSA)

Le revenu de solidarité active (RSA), entré en

Vigueur le 1er juin 2009 en France métropolitaine,

Est un revenu qui garantit un niveau de ressources minimal aux personnes âgées d’au moins
25 ans

Ou bien âgées de 18 à 24 ans si elles sont isolées

Ou peuvent justifier d’une certaine durée d’activité

Professionnelle. Son montant dépend à la fois de

La composition du ménage et des revenus de ce

Ménage. Lorsqu’il n’y a aucun revenu, le RSA est

Un montant forfaitaire variable selon le nombre

De personnes dans le ménage, on parle alors de

«RSA-socle».

Lorsqu’il existe des revenus d’activité faibles, le

Montant du RSA dépend du montant de ces revenus et de la composition du ménage, on parle


alors
De «RSA-activité» (en décembre 2015, il est égal

A 62% des revenus d’activité auxquels s’ajoute le

Montant du RSA-socle correspondant à la composition du foyer).

En 2009, le RSA s’est substitué au revenu minimum d’insertion (RMI), à l’allocation de


parent

Isolé (API). Dans la même logique que le revenu

Minimum d’activité (RMA), le RSA constitue

Une incitation à l’activité professionnelle. En effet,

Des minima sociaux trop proches des salaires les

Plus bas, constituent une désincitation à la reprise

De l’activité professionnelle puisque la perception

D’un revenu d’activité, même très bas, conduit à

La suppression de certaines prestations sociales. Le

RSA vise donc à supprimer les trappes à chômage,

Les trappes à inactivité et les trappes à pauvreté.

Depuis le 1er janvier 2016, le RSA-activité ainsi

Que la prime pour l’emploi sont remplacés par la

Prime d’activité qui sera accessible aux moins de


25 ans, y compris étudiants et apprentis.

Protection sociale, Revenus

Capabilités, Égalité, Paupérisation, Prestations sociales,

Redistribution, Salaire minimum interprofessionnel

De croissance (SMIC), Théorie des incitations

Revenu de transfert

Un revenu de transfert est un revenu qui ne provient pas d’une participation directe ou
indirecte

A l’activité productive. Il a pour origine :

– Une redistribution organisée par les administrations publiques (versement de


prestations

Sociales) ;

– Des mécanismes de transferts privés (par exemple,

Au sein de la famille) ;

– Des mécanismes de transferts privés entre résidents et non-résidents (transferts de


revenus des

Travailleurs immigrés, dons des organisations non

Gouvernementales) ;
– Des transferts internationaux publics (par

Exemple l’aide publique au développement).


Revenu disponible

Pour un ménage ou pour l’ensemble des ménages, le

Revenu disponible désigne le revenu que ce ménage

Peut affecter à la consommation et à l’épargne.

Pour le calculer, il faut ajouter aux revenus

Primaires (revenus d’activité et revenus du patrimoine), les prestations sociales, puis


soustraire

Les impôts directs sur le revenu et le patrimoine et

Les cotisations sociales.

Productivité, Revenus

Redistribution, Répartition primaire, Répartition secondaire

Revenu disponible ajusté

Des ménages

Dans la comptabilité nationale, le revenu disponible ajusté des ménages est le revenu
disponible

Augmenté de la part individualisable de la consommation finale des administrations publiques


et
Des institutions sans but lucratif au service des

Ménages.

Comptabilité nationale, Consommation et épargne,

Revenus

Consommation effective des ménages

Revenu disponible brut

Selon l’INSEE, le revenu disponible brut est le

Revenu dont disposent les ménages pour consommer ou investir, après opérations de
redistribution.

Il comprend l’ensemble des revenus d’activité et des

Revenus du patrimoine auxquels on ajoute les prestations sociales en espèces reçues par les
ménages et

Auxquels on en retranche les cotisations sociales et

Les impôts directs versés.

Dans la comptabilité nationale, le revenu disponible brut (ou net) est le solde du compte de

Distribution secondaire du revenu.

Comptabilité nationale, Revenus

Revenu du patrimoine
Les revenus du patrimoine sont des revenus

Primaires qui se composent essentiellement des

Revenus de la propriété : dividendes, intérêts,

Revenus fonciers et immobiliers (loyers, fermages,

Etc.).

Dans la comptabilité nationale, on y ajoute

Aussi le montant des loyers fictifs des ménages

Propriétaires du logement qu’ils occupent, puisque

Ces ménages sont supposés produire des services

De logement qu’ils consomment.


Revenu en nature

Les revenus en nature sont des revenus perçus sous

La forme de biens ou de services (voiture de fonction, repas…).

Dans les économies fortement monétarisées, les

Revenus en nature ne constituent qu’une fraction

Relativement faible des revenus des ménages.

Les remboursements de soins de santé sont considérés par la comptabilité nationale comme
des
Prestations sociales en nature (à la différence des

Prestations en espèces comme les pensions de retraite

Ou les allocations familiales).

Revenus

Revenu minimum d’activité (RMA)

En France, le revenu minimum d’activité (RMA),

Créé le 1er janvier 2004, était un dispositif complé-

Mentaire du revenu minimum d’insertion (RMI)

Pour rendre plus incitatifs les revenus du travail.

Le RMA était donc une incitation au retour à

L’emploi.

Le RMA a été remplacé en 2009 par le revenu de

Solidarité active.

Revenus

Couverture maladie universelle (CMU), Incitation,

Pauvreté, Redistribution, Trappe à chômage, Trappe à

Pauvreté
Revenu minimum d’insertion (RMI)

Le revenu minimum d’insertion a été instauré en

France par la loi du 1er décembre 1988. Il a été remplacé par le revenu de solidarité active
(RSA) en

2009.

Revenus

Minima sociaux, Pauvreté, Redistribution, Revenu

Minimum d’activité (RMA), Trappe à pauvreté

Revenu mixte

Dans le système européen de comptabilité nationale,

Le revenu mixte désigne le solde du compte d’exploitation pour les entreprises individuelles
(appartenant au secteur institutionnel des ménages).

Il rémunère deux éléments indissociables : un

Apport de travail du propriétaire de l’entreprise

(et éventuellement les membres de sa famille) et un

Apport de capital (profit en tant qu’entrepreneur).

Comptabilité nationale, Revenus

Revenu primaire
Revenu national brut (RNB)

Le revenu national brut (RNB) aux prix du marché représente l’ensemble des revenus
primaires reçus par les différents secteurs institutionnels

Résidents.

On le calcule en ajoutant à la valeur du produit

Intérieur brut (PIB) les revenus nets reçus du

Reste du monde (revenus à recevoir moins revenus

A verser), les revenus d’activité, les revenus de la

Propriété, les subventions à la production moins les

Impôts sur la production.

Le RNB est utilisé comme indicateur de développement quand il est rapporté à la population

Totale. Pour tenir compte d’une croissance durable,

On calcule un revenu national net ajusté.

Comptabilité nationale, Économie du développement,

Revenus

Indice de développement humain (IDH)

Revenu national disponible brut

(RNDB)
En comptabilité nationale, le revenu national

Disponible brut (RNDB) est égal à la somme des

Revenus disponibles bruts des secteurs institutionnels. Il est égal au revenu national brut
augmenté

Des transferts courants reçus du reste du monde

Desquels on soustrait les transferts courants versés

Au reste du monde.

Comptabilité nationale

Revenu national net

Le revenu national net est le revenu national

Brut moins la consommation de capital fixe. Cet

Indicateur rend mieux compte de la croissance

Réelle des revenus.

Comptabilité nationale, Revenus

Amortissement, Produit intérieur brut par tête,

Revenu national ajusté, Revenu national disponible

Brut (RNDB), Revenu national par tête, Richesse,


Valeur nette

Revenu national net ajusté

Le revenu national net ajusté est le revenu national brut duquel on déduit les amortissements

(consommation de capital fixe) et la consommation de capital naturel.

Comptabilité nationale, Économie et écologie, Revenus

Développement durable, Soutenabilité faible, Soutenabilité forte

Revenu national par tête

On calcule le revenu national par tête ou revenu

Per capita ou revenu national brut par habitant en

Divisant le revenu national d’une année par le

Nombre total d’habitants (d’un pays ou d’une région).

REVENU
Un revenu est un flux qui prend naissance

Dans la création d’une valeur ajoutée.

Chaque cycle de production donne lieu à

Une distribution de revenus, d’où la définition de J. R. Hicks (1904-1989) : un revenu

Désigne ce qu’un individu peut consommer

Au cours d’une période de temps sans entamer la valeur de son patrimoine.


Au niveau macroéconomique, dans une

Economie fermée, la production (valeur ajoutée) donne lieu à une distribution de revenus

Primaires qui est par la suite modifiée par la

Redistribution.

Les revenus primaires se répartissent entre :

– Les ménages (y compris les entreprises

Individuelles) qui perçoivent l’essentiel des

Revenus primaires sous forme de revenus

D’activité et de revenus du patrimoine ;

– Les sociétés qui gardent en réserve une

Partie de leurs profits ;

– Les administrations publiques qui per-

Çoivent des impôts sur la production (taxe sur

La valeur ajoutée notamment).

Dans une économie ouverte il faut prendre

En compte les transferts nets avec le reste du

Monde.
La redistribution opérée par l’État, et dont

L’ampleur varie selon les époques et les pays,

Consiste à effectuer certains prélèvements

Obligatoires (impôts sur le revenu et sur le

Patrimoine et cotisations sociales), puis à

Verser des prestations sociales ou à mettre à

La disposition des agents des biens collectifs

Qui ont un effet redistributif.

Les gains de productivité sont la condition

Permissive de la croissance de tous les revenus, des revenus primaires, mais également

Des prestations sociales dont la croissance

Ne peut être trop longtemps déconnectée

De celle de la valeur ajoutée (qui, au niveau

Macroéconomique, correspond au produit

Intérieur brut).

Analyses théoriques

De la répartition des revenus


Les analyses économiques de la répartition

Relèvent d’approches différentes. La plupart

D’entre elles sont centrées sur la répartition

Fonctionnelle des revenus. Cette dernière

Décrit le partage du revenu entre les diffé-

Rents facteurs de production et se propose

De rendre compte du partage entre salaires

Et profits. Les analyses économiques étudient également les revenus des agents

Sous l’angle individuel en faisant abstraction de leur rôle dans la production et de

La nature des revenus perçus. L’approche

Est alors celle de la répartition individuelle des revenus. Il est aussi possible d’envisager la

Répartition des revenus par groupes d’agents

Réunis par des similitudes de rôle, de position sociale, d’intérêt et de comportements

Economiques. Il s’agit alors de la répartition

Sociale des revenus qui, en France, est la

Plupart du temps analysée à partir des revenus des différentes professions et catégories

Socioprofessionnelles de l’INSEE.
Les analyses de la répartition des revenus

Mettent en évidence deux ensembles de facteurs permettant de comprendre le niveau et

L’évolution des revenus : la productivité d’une

Part et les rapports de force et les conflits

De répartition d’autre part. Ces éléments se

Retrouvent, sous des éclairages différents, dans

Les différentes analyses théoriques.

L’approche classique de la répartition

La théorie classique développée par A. Smith

(1723-1790) et D. Ricardo (1772-1823)

Repose sur une distinction entre trois caté-

Gories de revenu : salaire, rente et profit qui

Rémunèrent respectivement le travail, la terre

(ou les facteurs naturels) et le capital.

Pour Smith, le taux de salaire courant fluctue autour du taux de salaire naturel déterminé

Par le coût des subsistances consommées par

Les travailleurs. Le profit est un prélèvement


Sur la valeur créée, il est proportionnel au

Capital avancé. Un taux de profit suffisant est

Nécessaire pour l’accumulation du capital.

D. Ricardo formule une théorie de la rente

Différentielle qui repose sur la loi des rendements marginaux décroissants en agriculture.

L’accroissement de la population nécessite

La mise en culture de terres nouvelles dont

Les rendements sont moins élevés. En consé-

Quence, la rente foncière et le prix des subsistances augmentent. Par ailleurs, le taux de

Salaire est déterminé par le coût des subsistances. Comme les prix agricoles augmentent, les
taux de salaire augmentent aussi. Le

Profit, qui est un résidu selon Ricardo, voit

Donc sa part se réduire dans le revenu national, ce qui conduit à un état stationnaire.

Cette analyse de la répartition explique les

Prises de position de Ricardo en faveur du

Libre-échange et notamment de l’abrogation

De la loi sur les blés, qui, en réduisant le prix


Du blé et donc des salaires, devait retarder la

Baisse des profits et l’état stationnaire.

La répartition chez Marx

Dans l’approche marxiste, la plus-value est

Appropriée par les capitalistes et l’exploitation

Des salariés est une caractéristique centrale

Du fonctionnement du capitalisme. K. Marx

(1818-1883), distingue une plus-value absolue obtenue par un prolongement de la journée de


travail des salariés (forcement limitée)

Et une plus-value relative obtenue par intensification du procès de production. À l’instar

De Ricardo, l’analyse marxiste met en lumière

Une baisse tendancielle du taux de profit.

La théorie néoclassique de la répartition

La théorie néoclassique ignore l’opposition

Entre capital et travail. Dans le modèle de

Concurrence pure et parfaite, la rémunération d’un facteur de production est égale à

Sa productivité marginale, c’est-à-dire à sa

Contribution au processus de production.


Le taux de salaire, égal à la productivité

Marginale du travail, est un prix d’équilibre

Déterminé sur le marché du travail. Le profit, égal à la productivité marginale du capital,


s’aligne en longue période sur le taux

D’intérêt qui est la rémunération normale

Du capital. En courte période, le profit pur,

S’il est supérieur à la rémunération normale

Du capital, va provoquer l’entrée de nouveaux producteurs sur le marché. Il y a donc

Accroissement de l’offre, ce qui fait diminuer

Le prix du marché et donc le profit pur dont

Le niveau tend à égaliser le taux d’intérêt.

Avec des rendements constants, la rémunération des facteurs à leur productivité

Marginale absorbe la totalité des recettes du

Producteur (règle de l’épuisement du produit).

Le paradigme néoclassique a beaucoup

Evolué à partir du modèle de base exposé

ci-dessus en introduisant l’hétérogénéité du


travail (capital humain), les asymétries d’information (salaire d’efficience), l’existence

de discriminations, etc.

L’approche keynésienne

Et postkeynésienne de la répartition

Dans la Théorie générale, J. M. Keynes (1883-

1946) considère que les salaires nominaux sont rigides à la baisse, les salariés s’opposant,

Individuellement et collectivement à la baisse

Des salaires nominaux. L’analyse néoclassique standard d’un marché du travail parfait

Est contestée par Keynes pour qui le chômage

Peut être involontaire.

Pour l’École postkeynésienne, la répartition des revenus résulte d’un rapport de force

Entre les groupes sociaux, notamment entre

Les salariés représentés par leurs syndicats et

Les employeurs. Dès 1933, M. Kalecki (1899-

1970) s’était déjà opposé à la vision néoclassique de la répartition. La part des salaires

Dépend beaucoup plus des structures de

Marché que du volume de la production et


Des productivités marginales du capital et du

Travail.

Pour J. Robinson (1905-1983), il est impossible d’expliquer le partage des revenus à partir de
la productivité marginale des facteurs.

En effet, le capital étant constitué de biens

Hétérogènes, il est impossible de mesurer une

Productivité marginale du capital en termes

Physique. On doit donc raisonner en valeur,

Mais dans ce cas il faut faire intervenir le

Prix du capital qui dépend de sa rentabilité.

Le raisonnement est donc circulaire : pour

Expliquer la rentabilité du capital, on doit au

Préalable la connaître.

Tous les modèles néo-cambridgiens exposés entre la fin des années 1950 et le début des

Années 1960 mettent en avant l’interdépendance entre le partage des revenus et la croissance
économique. La politique des revenus

A dans cette optique, une place essentielle

Dans la politique économique.


Les inégalités de revenus :

Mesure, évolution et analyses

La mesure des inégalités de revenu

Et leur évolution

La mesure des inégalités de revenus pose

De nombreux problèmes méthodologiques.

Il faut d’abord être attentif au champ de

L’étude : analyse-t-on les salaires (bruts/nets),

L’ensemble des revenus (revenus primaires,

Revenus disponibles), etc. ? La qualité des

Sources statistiques importe également : utilise-t-on des sources fiscales ou des enquêtes

Directes auprès des agents économiques ?

Quel type de corrections intégrer pour tenir

Compte de la fraude fiscale, du travail au

Noir, des revenus illicites etc. ?

Par ailleurs, l’image des inégalités dépend

En partie de la nature de l’indicateur retenu.


Analyse-t-on des écarts de revenus moyens

De plusieurs catégories, autrement dit la disparité, ou les écarts à l’intérieur d’une caté-

Gorie, la dispersion, mesurée habituellement

Par la méthode des déciles (D9/D1 : rapport

Entre le 9e

Décile et le premier) ? S’agit-il de

La concentration représentée par la courbe

De Lorenz et qui permet de calculer la valeur

Du coefficient de Gini dont la valeur est

Comprise entre 0 (égalité parfaite) et 1 (tous

Les revenus sont captés par un individu) ?

En longue période, les inégalités de revenus en France se sont réduites. Selon J. Fourastié
(1907-1990) dans Le grand espoir du

Xxe

Siècle (1949), les écarts de salaire entre le

Manœuvre et le conseiller d’État, qui étaient

De 1 à 70 au xixe siècle, se sont réduits de 1 à

3 dans le dernier quart du xxe siècle.


À partir des déclarations fiscales de revenus, Th. Piketty (2004) constate l’effondrement des
hauts revenus (surtout le premier

Centile) et des rentes au xxe

Siècle. Cette

Evolution est à mettre en relation selon lui

Avec les transformations structurelles de la

Politique fiscale et avec l’inflation qui ont

Modifié la distribution et la composition des

Patrimoines. L’impôt sur les successions,

Créé en 1901, et l’impôt progressif sur le

Revenu, mis en place en 1914 en France, ont

Eu un impact important sur l’accumulation

Et la reconstitution des patrimoines, donc sur

Les inégalités. Au début du xxe

Siècle, 1 %

Des foyers les mieux lotis possédaient 20%

Du revenu total en France, et 7-8% à la fin


De siècle. Ce mouvement de réduction des

Inégalités pendant les Trente Glorieuse n’est

Pas propre à la France, P. Krugman parle

De « grande compression» aux États-Unis

Entre 1933 et 1975. À partir de la fin des

Années 1990 et du début des années 2000,

Avec un rythme variable selon les pays, on

Assiste à un mouvement inverse d’accroissement des inégalités.

En France, concernant la répartition

Fonctionnelle des revenus, la rémunération

Des salariés (cotisations sociales et épargne

Salariale incluses) dans la valeur ajoutée est

Relativement stable, autour de 70 %, entre 1949 et le premier choc pétrolier. Cette part

Atteint un maximum en 1982 (75%), du fait du

Maintien de règles antérieures de progression

Des salaires dans un contexte de croissance

Ralentie. À partir de 1983-1984, la part des


Salaires baisse (politique de désindexation,

Ralentissement des gains de productivité), ce

Qui la ramène, à la fin des années 1980, aux

Alentours de 67%, valeur qui est restée stable

Jusqu’à aujourd’hui.

Au sein de la rémunération des salariés,

Une part croissante a servi au financement

De la protection sociale et le salaire net a

Donc progressé lentement, d’autant plus que

Les nouvelles embauches se sont effectuées à

Des rémunérations faibles du fait de la hausse

Des formes particulières d’emplois. Les iné-

Galités de salaires se sont ainsi accrues entre

Ceux qui avaient un emploi et les nouveaux

Entrants sur le marché du travail. Par ailleurs,

Les très hauts salaires ont augmenté plus rapidement, accentuant ainsi la tendance à la

Hausse des inégalités ajoutée destinée à la


Rémunération au capital est mesurée par le

Taux de marge (excédent brut d’exploitation/

Valeur ajoutée). Au sein de l’excédent brut

D’exploitation, la part des dividendes s’est

Beaucoup accrue

S’agissant de la répartition individuelle des

Revenus, on constate sur la période récente

Un creusement des inégalités sous l’effet

Conjugué d’une hausse rapide des très hauts

Salaires et des revenus du patrimoine, revenus très concentrés.

Ce renversement de tendance de l’évolution des inégalités est confirmé par l’étude des

Niveaux de vie (revenu disponible par unité

De consommation). Entre 1970 et 1990,

Le rapport entre le 9e

Décile de niveau de

Vie (le niveau de vie au-dessus duquel se

Trouvent les 10% ayant les niveaux de vie les


Plus élevés) et le 1er décile (le niveau de vie

Au-dessous duquel se trouvent les 10% ayant

Les niveaux de vie les plus faibles) est passé

De 4,6 à 3,5. Néanmoins, la tendance s’est

Inversée au cours des vingt dernières années :

Entre 1996 et 2010, le niveau de vie moyen

Des 10% les plus aisés a augmenté de 2,1%

Par an contre 1,4% pour le niveau de vie

Moyen de l’ensemble de la population.

Ce constat n’est pas spécifique à la France

Et les mêmes tendances s’observent dans les

Autres pays développés de manière encore

Plus prononcée y compris en Suède.

Dans la zone OCDE, le revenu moyen

Des 10% de la population aux revenus les

Plus élevés est aujourd’hui environ neuf fois

Supérieur à celui des 10% de la population


Aux revenus les plus faibles, soit un ratio de

9 à 1. Ce ratio est toutefois très variable d’un

Pays à l’autre : il est inférieur à la moyenne

Dans les pays scandinaves, mais sa valeur est

Elevée aux États-Unis (ratio de 14 environ).

Le creusement récent des inégalités

De revenus : éléments d’analyse

La montée des inégalités depuis plus de vingt

Ans se produit dans un contexte de croissance économique lente, de faibles gains de

Productivité et de montée du chômage. Un

Tel contexte est nécessairement défavorable

Aux salariés à l’occasion des négociations

Salariales collectives. La financiarisation de

La gestion des entreprises et la recherche

D’une « création de valeur » actionnariale

Tendent également à favoriser la croissance

Des dividendes plutôt que celle des salaires.


L’évolution vers un capitalisme actionnarial

S’accompagne d’une explosion des rémuné-

Rations et des «parachutes dorés» de certains

Cadres dirigeants. À l’autre extrême, émerge

Une catégorie de salariés pauvres («working

Poor ») aux emplois précaires et mal payés.

Dans certains pays, la réglementation des

Salaires à travers un salaire minimum et des

Conventions collectives limite la dégradation de la situation des salariés les plus défavorisés.
Mais les inégalités ne sont en fait

Que le symptôme du passage à un nouvel

Ordre salarial : les pratiques de rémunération

Des entreprises ont évolué dans le sens de

L’individualisation et de la désindexation.

La mondialisation des économies, en particulier par la concurrence des pays à bas

Salaires et la menace des délocalisations est

Défavorable aux emplois les moins qualifiés,

Ce qui conduit logiquement à une tendance


A la baisse de leur salaire.

Un autre élément important est celui du

Progrès technique biaisé en faveur des plus

Qualifiés : les innovations de la troisième

Révolution industrielle leur sont favorables.

Les nouvelles technologies de l’information

INTRODUCTION
I. Présentation du sujet
Alors que la lutte contre la pauvreté est devenue une préoccupation majeure dans tous les pays
en voie de développement, les initiatives individuelles sont devenues l’une des solutions
auxquelles la population recourt pour nouer les deux bouts du mois. Ainsi, à l’instar des pays
développés, l’entrepreneuriat ou l’exercice des petites activités lucratives continue à aider
plusieurs ménages nonobstant les embauches et rémunérations précaires qu’elles génèrent.
C’est ainsi que, dans le cadre de ce travail, nous allons tenter d’évaluer et d’apprécier l’impact
de l’entrepreneuriat dans la lutte contre la pauvreté en République Démocratique du Congo.
II. Contexte de l’étude
Dans un contexte économique et financier mondialement morose et incertain, caractérisé
notamment par la pandémie du Coronavirus, le ralentissement de la croissance économique et
la dégradation des conditions de vie, la montée du chômage, la lutte contre la pauvreté, la
création d’emplois et de relance des activités économiques sont sans doute au menu des
programmes de développement de tous les pays. En République Démocratique du Congo,
outre le manque de la culture entrepreneuriale, la mauvaise répartition du revenu ou les
inégalités sociales et/ou salariales font aussi partie des causes de la pauvreté qui sévit dans le
pays.

III. Choix et intérêt du sujet


1.1. Choix
Le choix que nous avons porté à ce sujet se justifie par notre attachement à la culture
entrepreneuriale d’une part, et la création d’emplois et la lutte contre la pauvreté d’autre part.
En effet, nous sommes convaincu que la dynamique de développement qui vise le bien-être
social et économique de l’être humain passe par le développement de l’entrepreneuriat et la
création d’activités économiques individuelles ou de groupe.

1.2. Intérêt
Le présent travail présente un triple intérêt à savoir : Pratique, Scientifiqueet Social

Ü Du point de vue pratique : Ce travail nous permet de palper du doigt le rôle grandiose que
joue l’entrepreneuriat dans la lutte contre la pauvreté à travers les activités menées par les
petites et moyennes entreprises formelles et/ou informelles en RDC.

Ü Du point de vue scientifique : Cette étude nous donne l’opportunité d’élargir nos
connaissances aussi bien dans le domaine de l’entrepreneuriat que dans celui de la lutte contre
la pauvreté. En plus, par les réponses spécifiques qu’elle apporte aux questions soulevées, elle
fournit des données à d’autres chercheurs ou personnes désirants traiter et approfondir ce
sujet. Ce travail constitue donc un recueil d’information utile et fiable.
Ü Du point de vue Social : Nous osons croire que la conclusion et les différentes analyses et
interprétations que nous aurons à faire ici pourront aider la population à comprendre le rôle
capital de l’entrepreneuriat dans la lutte contre la pauvreté et l’indépendance financière.

III. Délimitation du sujet


Pour ne pas éparpiller la semence de notre réflexion sur ce thème, notre étude est délimitée
aussi bien dans le temps que dans l’espace.1(*)

Dans le temps :Dans le souci de mieux cerner notre réflexion, cette étude couvre la période
allant de 2015 à 2019 soit 5ans.

Dans l’espace : Ce travail va tabler sur le cas de FINCA RDC S.A., une entreprise de
Microfinance installée en République Démocratique du Congo depuis 2006.

IV. Structure du travail


A l’exception de l’introduction et la conclusion, ce mémoire élaboré en vue de l’obtention du
diplôme de licence est composé de deux parties à savoir « le cadre conceptuel » et « le cadre
empirique ».

La première partie a deux chapitres, à savoir « la revue de la littérature » et « la problématique


et hypothèses ». Tout comme la première, la deuxième partie a aussi deux chapitres à savoir «
la méthodologie et champ empirique » et « l’étude de cas et résultats de recherche ».

INTRODUCTION
La création des entreprises par les jeunes engendre une force vitale pour l’économie d’un pays
(Hamila et Majida, 2016). De ce fait, l’entrepreneuriat[1] permet aux jeunes de lutter contre le
chômage, d’améliorer la valeur ajoutée de leur environnement ainsi que les conditions de vie
de la population (Delwar, 2014 et Kareem, 2015 cité par Baluku, 2016). C’est ainsi que
l’entrepreneuriat, notamment la création des entreprises demeure aujourd’hui un nouveau
moteur de relance de l’économie des pays étant donné qu’il est un des moteurs essentiels
d’innovation, de compétitivité et de la croissance économique (Neira et al., 2013).

L’entrepreneuriat ne se limite pas seulement à la création d’emploi, il est également une façon
de concrétiser les idées et des solutions innovantes (EuropeanYouth Forum, 2011) et est vu
comme la clé d’accroissement du revenu individuel et du bien-être (Hamilton, 2000 ;
Kawaguchi, 2002 ; Benz et Frey, 2004 cité par Uschi et Petra, 2013). En ce sens, le processus
entrepreneurial, par le canal de sa capacité à créer de l’emploi, est considéré comme une clé
de la croissance économique (Shaekih et Hafiez, 2013 cité par Baluku 2016).

Cependant, les jeunes, faute de manque d’emploi et par le souci de créer des emplois stables,
s’orientent actuellement dans l’entrepreneuriat (Kvedaraite, 2014 ; Aksanti, 2016) ; Le
chômage des jeunes aussi bien éduqués que les non formés reste l’un des problèmes majeurs
auxquels les pays africains font face et n’arrivent pas à y apporter une solution favorable,
pourtant, les jeunes contribuent à la création d’emplois (Kikandi et al., 2014). Cela étant, La
création d’entreprise se présente comme une alternative pouvant permettre aux jeunes de faire
face aux problèmes de chômage dans les pays en voie de développement étant donné que la
création d’emplois par l’Etat et les grandes entreprises diminue sensiblement à la suite de la
crise économique et politique qu’ils traversent (Mujinga, 2009 cité par Basubi, 2014).

Ainsi, l’entrepreneuriat est de plus en plus envisagé et proposé aux jeunes comme étant une
alternative pouvant leur permettre d’être actif sur le marché de travail, d’avoir un salaire, de
gagner leur vie, d’être indépendants et de réaliser leur potentiel (EuropeanYouth Forum,
2011). Cela dit, le fait que les jeunes se lancent dans la création d’entreprise permet de
résoudre certains problèmes liés au chômage des jeunes tels que la délinquance et la
paupérisation d’une communauté. Soutenir la création d’entreprises chez les jeunes a donc un
impact social fort puisqu’il permet de créer de l’emploi et en particulier chez les jeunes
marginalisés et économique étant donné que les jeunes entrepreneurs sont très impliqués sur
le marché local, toute nouvelle création d’activité a pour conséquence d’insuffler de nouvelles
dynamiques dans l’économie locale. Il s’agit là de caractéristiques communes aux pays
économiquement forts et faibles (Chinguta, 2002). Toutefois, le nombre des jeunes qui
s’engagent dans les activités entrepreneuriales reste encore faible.
Selon les données de 2004 du Global Entrepreneurship Monitor (GEM)[2] au Québec, quatre
jeunes sur cinq (84 %) valorisent la carrière entrepreneuriale (contre 72 % dans le reste du
Canada), 18 % ont l´intention de créer une entreprise au cours des trois prochaines années
(contre 17 % dans le reste du Canada), mais seulement 5,3% (contre 7,3 % du reste du
Canada) créaient, en 2004, une entreprise (Riverin et Jean, 2005 cité par Borges et al., 2010).
Au niveau mondial, moins de 5% des jeunes étudiants veulent créer leur propre entreprise
immédiatement après les études. Toutefois, cinq ans après la fin des études, plus de 20%
pensent créer leur propre entreprise (OCDE, 2012b). En effet, la banque africaine de
développement indique que la proportion des jeunes qui déclarent être chef de leur propre
entreprise en 2011 est de 13% et 20% respectivement dans les pays à faible revenu et les pays
à revenu intermédiaire (tranche inférieure et supérieure) (Kikandi et al., 2014).

Dans le processus de création de leurs entreprises, les jeunes font face à différents problèmes
dont les ressources financières, l’expérience et l’insuffisance du capital social et humain[3]
demeurent les principales contraintes à la création d’entreprises (Uschi et Petra, 2013 ; Muriel
et al., 2014 ; Cito, 2016) . Le capital social facilite aux entrepreneurs l’accès à l’information et
aux ressources qui sont moins chères que ceux offerts par les institutions financières (Chiraz
et Nouri, 2014), il facilite également la réduction des coûts de production réduction des coûts
de transaction (Baluku, 2016).

Les jeunes de la République Démocratique du Congo (RDC) n’échappent pas à ces réalités.
On y observe un taux élevé de chômage dont le chiffre n’est pas déterminé. Ce qui pousse les
jeunes à s’orienter dans l’entrepreneuriat en créant leurs propres entreprises voire à migrer
vers les provinces qui présentent plus d’opportunités de création d’entreprises (Kikandi et al.,
2014). L’Organisation Internationale des Migrations (2013) montre que les jeunes cherchent à
échapper au chômage en migrant pour chercher des nouvelles perspectives d’avenir vers des
villes en se lançant dans des activités informelles qui sont considérées palliatives (Chokola,
2013). D’où, l’existence des PME créées par les jeunes ; au Sud-Kivu les PME sont
majoritaires (90 à 98% sur la totalité des entreprises) avec une prédominance d’activités
d’import-export et jouent un rôle incontestable notamment dans la création d’emploi, la
contribution du PIB ainsi que dans la croissance et le développement de la province
(Bisimwa, 2014 cité par Cito, 2016).
Cependant, la RDC a décidé de faire de la jeunesse sa priorité en élaborant des programmes
d’actions dont l’entrepreneuriat des jeunes[4] constitue une réponse forte et adaptée pour
offrir de nouvelles opportunités d’insertion professionnelle aux jeunes peu ou pas qualifiés
pour lesquels l’emploi se dérobe. Parmi ces programmes, nous avons le programme
PROYEN/YEN[5] qui est plus détaillé dans le rapport de l’OIM (2012). Ces différents
programmes visant le bien-être des jeunes ont une grande importance en ce sens que les
jeunes en situation de chômage sont exposés aux manipulations politiques et prédisposés à
s’engager dans des mouvements criminels, des gangs, et les mouvements militaires tels que
les rebellions[6] (Kikandi et al., 2014).

Etant donné ces multiples problèmes qui frappent les jeunes et les poussent à s’orienter dans
l’entrepreneuriat et ceux auxquels ils font face dans la création de leurs entreprises, il devient
important de se poser les questions suivantes

, TABLE DE MATIERE
ARTICLES ET OUVRAGES
Barakat, S., Bassi, S., Krakauer, P., Fernandes, P. &Ribeiro, A. (2012), The willingness of
young people to become entrepreneurs : Quantitative studies with Business Administration
studies, VIIEGEPE.
Blanchflower, D., & Oswald, A. (2007), What makes a young entrepreneur ? , IZA,
Discussion papers, Germany.
Borges, C., Filion, L. & Simard, G. (2010), Jeunes créateurs d’entreprise : leur parcours, de
l’initiation à la consolidation, Chaire d’entrepreneuriat Rogers-J.-A.-Bombardier, HEC
Montréal, Canada.
Chinguta, F. (2002), L’entrepreneuriat chez les jeunes : relever les grands défis stratégiques,
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Chiraz, F., &Nouri, C. (2014),Entrepreneuriat et croissance économique : effet du capital
social, Faculté des Sciences Economiques et de Gestion, Université de Sfax, Tunisie,
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EuropeanYouth Forum (2011), Prise de position sur l’entrepreneuriat des jeunes, Assemblée
générale extraordinaire, BRAGA, Portugal.
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Trust and Networks : Social capital in critical perspective, Families & social capital ESRC
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Hickie, J. (2012), A study of Human Capital development in Young Entrepreneurs, Doctoral
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International Youth Fondation (2014), Soutenir les jeunes entrepreneurs : Guide pratique pour
des programmes de qualité, Global Partenrship For YouthEmployment Banque Mondiale.
Kikandi, A., Kamala, C., Mukenyi, J. &Kabamba, A. (2014), Mobilité interne et
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Kvedaraite, N. (2014), Reasons and obstacles to starting Business : Experience of students of
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Bruxelles-Capitale, impulse Brussels, E.R. Bruno Wittenberg, Avenue du Port 86c, 1000
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MEMOIRES ET TFC
Aksanti, P. (2016), L’entrepreneuriat des jeunes étudiants : cas des étudiants finalistes de
l’UCB, UEA et de l’UNIC-ISGEA, TFC, inédit, UCB, Bukavu, RDC.
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la RDC, Mémoire de licence, inédit, UCB, Bukavu, RDC.
Basubi, T. (2014), L’intention entrepreneuriale de finalistes des établissements
d’enseignement supérieur et universitaire de Bukavu, Mémoire de licence, inédit, UCB,
Bukavu, RDC.
Chokola, B. (2013), Déterminants de l’intention entrepreneuriale chez les jeunes : Cas des
finalistes de l’Université Catholique de Bukavu, Mémoire de licence, inédit, UCB, Bukavu,
RDC.
Cito, E. (2016), L’entrepreneuriat féminin et la croissance des PME dans la ville de Bukavu,
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Muhindo, N. (2011), Les déterminants de l’entrepreneuriat féminin dans la ville de Bukavu,
Mémoire de licence, inédit, UCB, Bukavu, RDC.
COURS ET SYLLABUS
Ombeni, O. (2016), Notes du cours d’entrepreneuriat, Troisième année de graduat, UEA,
Bukavu, RDC
AISSIOU, Lounes, Financement de grands projets d’investissement : Cas de projet Shariket
Miyeh Ras Djinet « SMD », Mémoire de Master, BOUMERDES, 2016.

i. DELPORTE, O., Evaluation économique et financière d’un projet


d’investissement dans l’élevage des poules pondeuses et à chair dans la ville de
Kisangani, Mémoire de licence, inédit, FSEG/UNIKIS, 2018.

ii. FAIDA, C., Étude de faisabilité de création d’une unité de production de sucre
dans la province du nord Kivu à Rutshuru ; analyse financière et économique,
Mémoire de licence ULPGL, GOMA, 2011.

iii. KALONJI, J., Système d’élevage des porcs et la rentabilité socio-économique dans
les ménages porciculteurs à Kisangani, MEMOIRE, inédit, IFA/YANGAMBI,
2014.

iv. NGUMBU, S., Évaluation financière d’un projet d’élevage des poules pondeuses à
Kisangani, MEMOIRE, inédit, FSEG/UNIKIS, 2018.
v. NIZEYIMANA, F., La faisabilité économico-financière du projet d’élevage des
poules pondeuses à Mugina, MEMOIRE, ULK, RWANDA, 2009.
CHAPITRE I : LITTERATURE REVUE
1. Introduction
L’évaluation des projets d’investissement dans l’élevage a fait l’objet de plusieurs recherches
dans le temps et dans l’espace tant dans les domaines économique, agronomique que
financier. Les condensés de quelques travaux en la matière sont ici présentés.

2. Revue de la littérature théorique


Le présent travail a pour fondement théorique la théorie Keynésienne. John MAYNARD
KEYNES (1936) pose les bases de la macroéconomie qui ont dicté tous les comportements
des politiques de cette époque jusque vers les années 1980. Ce qui lui a valu le titre du père
fondateur de la macroéconomie. (VILLIEU, P., 2000).

Selon Keynes, l’auteur forge son raisonnement sur la notion de la consommation et du


chômage de masse. Il prône que l’État doit intervenir dans l’économie en augmentant le
niveau de revenu des agents économiques d’autant plus que lorsque le niveau de revenu
augmente, toutes choses restant égales par ailleurs, le niveau de consommation augmente
quoique moins proportionnellement.

Consécutivement à cette loi psychologique de Keynes, cette variation positive du revenu


associée à une variation moins proportionnelle de la consommation poussera les agents
économiques à épargner le supplément de revenu. Cette épargne sera transformée, par
l’intermédiation des institutions financières, en des crédits pour investissement. Le volume de
l’épargne augmentant diminuera de ce fait le taux d’intérêt. Cette baisse du taux d’intérêt
incitera par conséquent les agents en besoin de financement, à l’instar des entreprises, à
demander beaucoup plus de crédit en faveur des investissements. Ce qui entraine une
augmentation du niveau de production, par le truchement du multiplicateur du revenu, et la
création d’emplois.

Toujours selon Keynes (1936), l’investissement est profitable tant que son rendement dépasse
son coût. Investir consiste à dépenser aujourd’hui une somme d’argent dans l’espoir de
réaliser des recettes dans le futur. Ces sommes ne sont pas perçues au même moment. Un
bilan actualisé de l’investissement s’impose.

Le même auteur poursuit son raisonnement en évoquant que la VAN dépend négativement du
taux d’intérêt. Le projet d’investissement est donc rentable si et seulement si sa VAN est
positive (ou nulle). Deux interprétations de cette condition sont envisageables : pour
l’entrepreneur disposant des fonds, le projet d’investissement est rentable dans la mesure où
les recettes générées dépassent (ou égalisent) celles que procurerait l’usage alternatif ou le
coût d’opportunité de ces fonds c’est-à-dire un placement au taux d’intérêt en vigueur dans
l’économie ; pour l’entrepreneur ne disposant pas des fonds, le projet est rentable s’il lui
permet d’emprunter au taux d’intérêt en vigueur et de rembourser ses créances en lui laissant
une marge positive (ou nulle).

Le taux de rendement interne (TRI) autrement appelé taux interne de rentabilité (TIR) est
l’efficacité marginale du capital. Il constitue le fondement de la fonction d’investissement.
KEYNES (1936) estime qu’au niveau macroéconomique, seuls les projets ayant un TRI
supérieur au taux d’intérêt en vigueur dans l’économie seront réalisés. De la sorte, si le taux
d’intérêt augmente l’investissement diminue et vice-versa. Par ailleurs, les classiques dont
Irving FISHER (cité par VILLIEU, P., 2000) estiment également que l’investissement est
fonction inverse ou décroissante du taux d’intérêt.

3. Revue de la littérature empirique


NIZEYIMANA, F. (2009) (1) s’est penché sur la faisabilité économico-financière du projet
d’élevage des poules pondeuses à MUGINA. En menant cette étude, il a poursuivi comme
objectifs : analyser la rentabilité financière de ce projet ; montrer à la population de MUGINA
l’importance de l’élevage des poules pondeuses ; inciter la population de MUGINA à devenir
entrepreneurs et créer leurs propres emplois.

Les méthodes analytique, statistique et synthétique ont été utilisées. Au terme de sa réflexion,
NIZEYIMANA, F. a débouché sur les résultats suivants : l’activité est rentable ; le délai de
récupération de l’investissement est d’un an, 7 mois et 6 jours ; la VAN s’est révélée positive
affichant une valeur à hauteur 59.583.909 frw ; l’indice de profitabilité s’est élevé à 4,47 frw
au taux d’actualisation de 10 % l’an pendant 5 ans ; le TRI (81,34 %) est de loin

1 http.// www.mé[Link] consulté le 31 Juillet 2018 à 13h10.

Supérieur au taux d’actualisation. D’où, eu égard à ces résultats, le projet a été jugé rentable

(2).

Le plan de financement dégage un solde de trésorerie positif. Le projet est donc solvable.

MANISHIMWE R. (cité par NGUMBU, S., 2018, p. 1) a porté son étude sur l’évaluation
technique et économique de la ferme moderne de Dougar. L’objectif était de contribuer au
développement des fermes à petite échelle à travers la mise à la disposition des acteurs de la
filière laitière d’un référentiel technique et économique à partir des résultats d’évaluation de
ladite ferme. Cette étude a débouché aux conclusions qui suivent. Techniquement, les
performances de la reproduction des vaches de la ferme étudiée n’ont pas été influencées par
la race. Économiquement, sur une durée d’étude de six mois, la ferme a affiché, en moyenne,
un coût de production d’un litre de lait de 315,56 FCFA #177 ; 30,74 FCFA dont 69,85 % sont
consacrés à l’alimentation. Elle a dégagé, en moyenne, un bénéfice brut de 128,59 FCFA
#177 ; 28,76 FCFA par litre de lait vendu. Il ressort de cette étude que les résultats sont
prometteurs. Ils nécessitent une amélioration afin d’atteindre des objectifs satisfaisants,
recommandés et réalisables.
NGUMBU, S., (2018) a centré sa réflexion sur l’évaluation financière d’un projet d’élevage
des poules pondeuses à Kisangani. Sa préoccupation majeure a été d’évaluer la rentabilité du
projet. Il a tenté de répondre à deux questions : ce projet est-il techniquement faisable et
financièrement rentable ? Quel en serait la contribution au développement socio-économique
de la ville de Kisangani ?

Deux méthodes ont été utilisées quant à ce : la méthode statistique et la méthode analytique.
L’étude a fourni les résultats selon lesquels le délai de récupération du capital investi du projet
est de 2 ans, 7 mois et 26 jours ; la VAN présente une valeur de 68.432,40 $ ; le TRI s’élève à
18 % et le retour sur l’investissement est de 29 %. Le projet a donc été jugé rentable. L’auteur
arrive par ailleurs à la conclusion selon laquelle ce projet contribuera à la création d’emplois
et, à la réduction du chômage dans la ville de Kisangani.

2 Frw signifie francs rwandais

FAIDA, C. (2011) (3) a travaillé sur l’étude de faisabilité de création d’une unité de
production de sucre dans la province du nord Kivu à RUTSHURU. Plusieurs objectifs sont
poursuivis : analyse financière et économique du projet ; constitution d’une documentation
sur la création d’une entreprise agricole ; création d’emplois directs et indirects à divers
échelons en RDC et promotion de la créativité dans le chef du peuple congolais.

La méthode analytique a été exploitée. Au terme de sa recherche, l’auteur affirme que le


projet sous-étude est acceptable. La VAN se situe à 1 571 235 $ avec un TRI chiffré à hauteur
de 77 % associé à un IP 3,37 $. Le délai de récupération du capital investi est relativement
court, soit 4 ans et 22 jours sur les dix ans prévus.

Les effets économiques du projet portent notamment sur la réduction des importations
d’environ 50 % et du prix du kilogramme du sucre de 0,29 $ US ; la promotion et la
modernisation de la culture de la canne à sucre au niveau du territoire de RUTSHURU et dans
toute la Province du Nord Kivu. De plus, le projet permettra d’élever la valeur ajoutée des
entreprises d’électricité, pétrolières, etc.
L’économie dégagera ainsi globalement une valeur ajoutée estimée de 1.002.022 $, la
première année de l’exécution du projet avec une augmentation annuelle de 2 % en moyenne
pour le reste d’années ; un montant de 3 168 $ pour le compte des agents ; un total de
3 486 330 $ en faveur des pouvoirs publics au titre de paiement d’impôts pour la première
année et un montant de 2 645,6 $ pour les assurances.

KALONJI, J., (2014) a basé son étude sur le système d’élevage des porcs et la rentabilité
socio-économique dans les ménages porciculteurs à Kisangani. Il s’est proposé non seulement
de déterminer la rentabilité économique de la porciculture à Kisangani et dans ses environs,
mais aussi de dégager les conditions d’élevage et d’élucider le niveau de connaissances des
acteurs.

Le chercheur a recouru à la méthode statistique, à la technique d’enquête par questionnaire


(enquête par sondage) et à la technique d’observation et d’interview. Au terme de sa réflexion,
il aboutit aux conclusions selon lesquelles 87,14 % des enquêtés pratiquent le

3 http.// [Link], 2011, p. 55 consulté le 31 Juillet 2018 à 13h24.

La démarcation évoquée peut aussi être appréhendée du point de vue de la nature du projet, de
sa durée et de son lieu d’exécution. De tous ces travaux évoqués ci-haut, aucun

10

Système d’élevage de claustration stricte par manque d’espace ; 90 % de ces derniers font de
l’élevage dit familial ; 10 % pratiquent l’élevage semi-industriel. Le coût total moyen engagé
s’élevant à hauteur de 138,15 $, le revenu moyen vaut 254,14 $ pour un profit moyen dégagé
de 115,98 $. Le taux de rentabilité commerciale est de l’ordre 94,16 %. Par ailleurs, l’activité
est jugée économiquement rentable.

AISSIOU, Lounes (2016), dans le cadre de sa réflexion sur le financement de grands projets
d’investissement, s’est penché sur le projet Shariket Miyeh Ras Djinet « SMD ». Les résultats
obtenus sont les suivants : la VAN de ce projet s’élève à 25 472 43 $ ; le TRI vaut 6,505 % et
le délai de récupération de l’investissement est de 11 ans et 11 mois.
DELPORTE, O. (2018) a travaillé sur l’évaluation économique et financière d’un projet
d’investissement dans l’élevage des poules pondeuses et à chair dans la ville de Kisangani. Il
a usé des critères qualitatifs se rapportant à la pertinence, l’efficacité, l’efficience et à la
durabilité pour apprécier le projet d’élevage des poules pondeuses et à chair. Par ailleurs, il a
analysé l’apport de ce projet sur le développement économique de la ville de Kisangani, d’une
part, et effectué une analyse financière en s’imprégnant de la rentabilité du projet, d’autre
part. Il a procédé de la méthode statistique. Ses résultats sont les suivants : la VAN, est de
12 392,42 $ US, pour les cinq années considérées ; le TRI se situe à 17,439 % ; le capital
investi pour ce projet a été récupéré après 3 ans 5 mois et 11 jours d’exploitation ; l’indice de
profitabilité vaut 0,25 $ US.

4. Conclusion
Le présent chapitre a porté essentiellement sur la revue de la littérature. L’objet de ce chapitre
était d’établir une démarcation entre le présent travail et tous les travaux antérieurs élaborés
dans le domaine d’évaluation des projets. On peut se rendre compte que la présente étude
comporte un caractère original. Elle propose de répondre à la question de savoir si l’élevage
moderne des cochons dans la ville de Kisangani est rentable et de cerner la contribution d’un
tel investissement dans l’amélioration des conditions socioéconomiques de la population de
ladite ville.
D’entre eux ne traite de l’élevage des porcs. Toutefois, la méthodologie utilisée dans chacun
d’eux semble converger.
L’originalité de l’étude étant relevée, il convient de montrer comment les données sont
récoltées et traitées.

2. Approche méthodologique
2.1. Techniques de récolte des données
La technique documentaire nous a permis de consulter le fichier GUCE (2019) sur les
conditionnalités d’immatriculation d’une entreprise. Elle nous a permis aussi d’exploiter les
états financiers de la ferme de la Fondation Bamanisa et d’y récolter les données économico-
financières. Ces données ont servi de cadre de référence aux estimations. Elles ont été
adaptées pour nous rapprocher de la réalité projetée d’une exploitation d’un élevage moderne
des cochons, objet de la présente étude.
Les techniques de questionnaire et d’interview avec observation se sont révélées importantes
lors des enquêtes sur terrain auprès des éleveurs, d’une part ; et des ménages demandeurs de
la viande des porcs, d’autre part.

2.2. Population et échantillon


La population d’étude est constituée de la population de la ville de Kisangani de laquelle nous
avons tiré un échantillon d’étude. L’évaluation de la demande de la viande de porc a procédé
de la technique d’échantillonnage probabiliste dite échantillon par grappes ou échantillon en
faisceaux.

La taille de l’échantillon a été portée à 150 ménages tirés en raison de trois grappes de 50
ménages chacune des Communes de Mangobo, Tshopo et Makiso. Trois raisons justifient ce
choix (DEPELTEAU, F., 2011, p. 219) : la non existence d’une liste exhaustive des membres
de la population ; des contraintes de déplacement, de coûts ou du temps ; l’observation à
grande échelle.

13

Les éleveurs ont été répertoriés à 34 dans les communes de la Tshopo et celle de Mangobo.
Nos enquêtes ont porté sur 6 vendeurs des cabris

2. HYPOTHESES DE L’ETUDE
Pour répondre provisoirement à cette question, nous émettons l’hypothèse selon laquelle le
projet d’implantation d’une unité de production de semoule de maïs dans la ville de Bukavu
serait rentable et faisable.

Cette faisabilité s’expliquerait par le simple fait que :

Juridiquement : le projet serait faisable, les dispositions légales et administratives


permettraient l’implantation de cette usine.
Du point de vue technique : les équipements de base, les matières premières et la main
d’œuvre locale et qualifiée pourraient être disponible en cas d’installation de cette usine.
La rentabilité financière de tel projet serait suffisante pour motiver l’investisseur à s’y lancer.
Économiquement : ce projet serait rentable car il réduirait le taux de chômage, augmenterait
les recettes de l’Etat, diminuerait l’importation de farines et favoriserait la production locale.
0.3 OBJECTIFS
0.3.1 Objectif général
L’objectif général de notre travail est d’étudier la faisabilité d’un projet d’implantation d’une
unit de production de semoule de maïs dans la ville de Bukavu

I.3. Objectifs spécifiques


Notre travail se fixe comme objectifs spécifiques :

D’étudier le marché
D’analyser les coûts liés à ce projet ainsi que sa rentabilité ;
Inciter les investisseurs ou détenteurs des capitaux à venir investir dans la production de
farine de maïs au d’un business plan à élaborer
Dégager le flux nécessaire de ce projet
Etudier et analyser les dispositions légales et économiques de ce projet.
I.4. CHOIX ET INTERET DU SUJET
I.4.1. Choix du sujet
La question de l’étude de faisabilité de l’implantation d’une unité de production de semoule
de maïs dans la ville de Bukavu n’est pas sans importance. En effet, dans tous les secteurs de
la vie actuellement on peut ressentir l’impact de la farine de maïs et leur commercialisation
s’impose donc. En outre, nous avons été motivée par l’effet de voir que l’économie de la
province dont nous sommes originaire en l’occurrence la province du Sud Kivu, est
extravertie. Presque toute la farine consommée dans la ville de Bukavu est importée ; pendant
que le pays dispose des matières premières pouvant être transformées en semoule de maïs
pour le besoin de la population afin de palier à ce défi. Il y a ce souci de pouvoir réduire, si
pas éradiquer totalement l’importation de la farine de maïs.

I.4.2. Intérêt du sujet


Nous sommes motivé, au niveau personnel, de pouvoir confronter les théories commerciales
et économiques apprises tout au long de notre cursus académique aux réalités sociales,
économiques et financières de la province du Sud Kivu en général et de la ville de Bukavu en
particulier.
Il est aussi une des plus grandes motivations à l’origine de l’intérêt que nous portons à ce sujet
qui n’est nulle autre qu’une motivation scientifique. En effet, dans la plupart des cas, les
entrepreneurs se fient à leur propre instinct pour conduire les opérations d’implantation des
nouvelles activités commerciales. Cet travail se propose d’être le guide scientifique des
entrepreneurs désireux d’implanter des entreprises, plus particulièrement une entreprise de
production de semoule.

Par ailleurs, la réalisation de ce projet pourrait être d’un certain intérêt aux yeux de la
communauté en ce sens qu’il contribuerait à la diminution de la dépendance alimentaire en
luttant contre l’importation de farine de maïs, en contribuant à l’amélioration des conditions
économiques par le fait que le projet pourra offrir des nouvelles opportunités d’emploi aux
communautés locales.
CHAP I : REVUE DE LA LITTERATURE
En vue d’étudier et d’analyser la faisabilité du projet d’investissement, faisant l’objet de notre
travail, il s’avère impérieux de donner un aperçu général sur un certain nombre de concepts
généralement employés dans l’étude des projets

I.1. REVUE DE LA LITTERATURE THEORIQUE


I.1.1. Définitions des concepts clés
Projet
Un projet est une opération partielle qui suppose la réalisation physique d’une idée au moyen
d’un investissement qui va mettre en œuvre différents types des ressources à exploiter pour
produire un certain type de recettes (G. KAMULETE, 2014)

Pour BRIDIER M. et al, un projet est un ensemble des moyens (matériels, financiers et
humains) mis en œuvre de façon coordonnée dans le but d’atteindre des objectifs financiers
et/ou économiques fixés au préalable (BRIDIER M. et al, 1995). Il est constitué par
l’ensemble des études techniques, économiques, financières et humaines qui définissent ce
que chacun doit faire pour atteindre un but déterminé.

Pour DAYAN, le projet est un processus unique de transformation des ressources ayant pour
but de réaliser d’une façon ponctuelle un extrait spécifique répondant à un ou plusieurs
objectifs précis, à l’intérieur des contraintes budgétaires, naturelles, humaines et temporelles
(DAYAN A. et al, 1999).

De ces définitions, nous pouvons de notre part, définir le projet comme étant un ensemble
d’opérations orientées vers la réalisation d’un objectif fixé à l’avance au moyen des
ressources matérielles, financières et humaines, ressources limitées dans un temps fixé à
l’avance.

En plus ceci se dégagent trois piliers pour la définition d’un projet : le coût, le délai et
l’objectif, qui sont tous en effet interdépendants. Chaque changement d’un caractère
déséquilibre le projet. Si l’on souhaite atteindre plus vite l’objectif, il faut engager des moyens
supplémentaires, ce qui agit directement sur les coûts. Si l’on souhaite réduire les coûts du
projet, c’est la qualité d’ensemble de ce dernier (objectif) qui en pâtira

Ceci va rapprocher l’idée du projet à celle d’un investissement comme nous allons le voir par
la suite, caractérisé aussi essentiellement par ces trois éléments. Pour cette raison, les deux
concepts seront, dans le cadre de ce travail, parfois utilisés comme synonymes l’un de l’autre.

INVESTISSEMENT
L’investissement consiste, pour une entreprise, à engager durablement des capitaux sous
formes diverses (matérielles ou immatérielles) dans l’espoir d’en obtenir un retour satisfaisant
étant donné les risques assurés (GUILLET, R. 2003).

UNITE DE PRODUCTION
Une unité de production peut être définîe comme un département ou se déroule la production
la production.

MAÏS
Par définition, le mais est une plante herbacée tropicale annuelle de la famille de céréale pour
ses grains riches en amidon, mais aussi comme plante fourragère (httpsfrmwikipedia .org
wikimaïs )

1.1.2 Cadre théorique


A .Théorie sur le projet
Au-delà de ces trois caractéristiques d’un projet énumérées ci-haut, tout projet fait intervenir
plusieurs autres éléments parmi lesquels :

L’élément volontariste : un projet est une opération décidée clairement par un promoteur ;
L’élément temps : un projet est une opération qui doit se dérouler dans un temps réparti entre
la mise en œuvre du projet et la date où le projet atteindra l’objectif ;
L’élément complexité : un projet est une opération qui nécessite la mise en œuvre des moyens
divers et une programmation dans le temps ;
L’élément finalité : le but ou l’objectif à atteindre par le projet est défini au préalable. Il peut
être de nature économique ou sociale. Il peut s’agir d’une production directe (plantation,
industrie), il peut s’agir de l’amélioration du niveau technique et du rendement (assistance
technique, formation du personnel). Il peut aussi s’agir d’une amélioration sociale (santé,
habitat).
Un projet est caractérisé par son exécution dans un environnement contraignant : ceci signifie
que l’exécution d’un projet se fait sous des contraintes de performance, de délai et des coûts.
Tout projet d’investissement comprend : les dépenses d’investissement, les cash-flows
attendus, la durée de vie de l’investissement, la valeur résiduelle de l’investissement,…
Classification des projets (BURUME, op. cit.)
Partant des caractéristiques énoncées ci-haut, nous pouvons classifier les projets d’après les
critères ci-après :

Classement par finalité : c’est le classement le plus courant. Il peut être présenté de diverses
manières. Cependant, suivant la nature des biens ou services produits, nous pouvons citer :
Les projets de production des biens matériels (projets agricoles, projets miniers, projets
énergétiques, projets industriels, etc.
Les projets de production de services (projets de transport, projets de télécommunication,
projets de construction, etc.)
Classement par rapport au temps : qui sépare la mise en œuvre des moyens pour l’obtention
des résultats. On distingue :
Les projets de production immédiate (projets industriels) et les projets de production différée
(reboisement, barrage) ;
Les projets supposant un important investissement (forte intensité capitalistique, longue durée
de vie et d’amortissement)
Les projets n’impliquant qu’un investissement moderne (amortissement rapide).
Classement par rapport à la complexité : soit au niveau de la mise en œuvre de résultat. Dans
cette catégorie, nous retrouvons :
Les projets ponctuels (exemple : les projets individuels) et
Les projets de mise en valeur régionale.
Nous pouvons, compte tenu des éléments énoncés ci- haut, préciser que ce projet passé sous
études s’inscrit dans le cadre d’un projet industriel visant la production immédiate
concentrées de tomate et dont le processus de mise en œuvre requiert des moyens importants
en vue de la réalisation de ses objectifs qui s’avèrent complexes (la recherche de la rentabilité,
la réduction du chômage, etc.)

Cycle de vie d’un projet


Le cycle de vie d’un projet est tout simplement la collection des diverses phases d’un projet
qui prend naissance dans l’émergence d’un besoin chez les demandeurs et, si tout va bien, il
se termine après livraison à ses demandeurs d’un produit ou service satisfaisant ce besoin.

Il induit de ce fait les phases ci-après (Source : Commission Européenne) :

La phase d’identification ou de conceptualisation,


La phase de développement ou de définition,
La phase d’implantation ou de réalisation,
La phase de finalisation.
Phase d’identification ou de conceptualisation
Durant cette phase, le promoteur du projet et son équipe décrivent brièvement le projet. Ils
développent un plan résumé du projet qui décrit et clarifie les concepts de base de celui-ci, la
demande (le besoin) pour le projet, les objectifs précités, l’évaluation des moyens à mettre en
œuvre, le manière de lancer une première recherche de financement possible, les contraintes à
respecter et les stratégies de réalisations.

A cette phase, une estimation préliminaire est réalisée et une vue générale du travail à
exécuter est faite. L’identification du projet étudier également l’environnement interne et
externe auquel sera soumis le projet.
Disons d’une manière globale que c’est au cours de cette phase qu’est réalisée l’étude de
faisabilité du projet, une étude qui permet de préciser si les conditions de viabilité du projet
existent tant du point de vue technique, économique que financier.

ETAPES ET PHASES D’ELABORATION D’UN PROJET


L’élaboration d’un projet peut être plus ou moins exigeante en fonction de la nature des
activités et de l’envergure du projet. Généralement, il y a trois types d’études qui sont
commanditées pour un projet :

Les études d’opportunités : elles ont pour principale fonction d’identifier le projet qui
représente un certain intérêt ou un potentiel pour l’entreprise ou pour le milieu. Elles sont
souvent réalisées à partir des grandes orientations de ceux qui sont sollicités pour financer le
projet. Elles ne sont pas très détaillées, il s’agit d’études très sommaires ;
Les études de préfaisabilité : elles ont pour but principal d’analyser de façon non détaillée la
faisabilité du projet (l’aspect marché, technique et financier), d’identifier les aspects du projet
qui nécessitent des études en profondeurs et de décider si on doit poursuivre le projet avec ou
sans études de faisabilité ;
Les études de faisabilité : c’est la planification détaillée du projet.
Objectif et portée d’une étude de faisabilité
Une étude de faisabilité est réalisée par le promoteur ou est commanditée par lui.
L’objectif premier d’une étude de faisabilité est de déterminer si l’idée du projet que l’on a
retenue est faisable. Comme tout projet non planifié est voué à l’échec, la décision prise
sciemment ou non de réaliser un projet non réalisable est une erreur grave car cette décision
ne change en rien la non faisabilité effective du projet. C’est pourquoi il faut porter toute
l’attention nécessaire à l’analyse de la faisabilité d’un projet sélectionné et y consacrer
suffisamment des ressources.

Etapes de l’analyse de faisabilité


On peut distinguer 4 étapes essentielles dans l’analyse de la faisabilité d’un projet. La
première étape est la vérification de la faisabilité technique pour répondre à la question de
savoir si le projet est réalisable compte tenu de la technologie disponible.

La deuxième est l’évaluation des coûts pour prendre la décision éclairée sur la réalisation du
projet.
La troisième est la détermination de la faisabilité économique ou financière selon le cas
afin de répondre à la question « les revenus ou bénéfices du projet ont-ils une valeur
supérieure au coût ? Et compte tenu de l’étalement dans le temps et le risque associé ? ».

La quatrième étape est la vérification de la faisabilité organisationnelle. Il s’agit de vérifier si


le contexte social, administratif et l’environnement global seront favorables à l’exécution du
projet (G. KAMULETE, 2014)

Pour les phases de conception d’un projet, une fois qu’un besoin communautaire prioritaire
a été identifié, on peut commencer à réfléchir à la façon dont il pourrait être traité. La
conception d’un projet comprend : l’analyse des parties prenantes ou groupe d’intérêts, la
recherche, l’analyse des problèmes, le cadre logique, la planification des actions, la
budgétisation.

Phase de développement ou de définition


Cette étapes permet de préciser les données fournies à l’étape précédente notamment celles
concernant la conception générale du projet et l’évaluation des moyens à mettre en œuvre.
C’est en effet, au cours de cette phase que l’équipe du projet, dirigée toujours par son
concepteur, développe les idées conçues à la phase précédente avec un plan plus détaillé. Une
analyse solide de faisabilité est définie de façon précise à cette étape.

Le planning détaillé du projet est établi en termes de durée, échéances, ressources et coûts.
Les politiques et procédures de gestion sont également définie à ce stade.

Les deux phases évoquées ci-dessous (et essentiellement la deuxième) constituent la


problématique même de notre travail pour la simple raison que nous nous sommes fixés pour
tâche de procéder à une analyse plus ou moins détaillée de la faisabilité du projet
d’implantation d’une unité de production de semoule de maïs dans la ville de Bukavu , c’est à
ces deux stades qu’une étude permettant de préciser si les conditions de viabilité du projet
existant tant du point de vue financier qu’économique.

Phase d’implantationou de réalisation


Au cours de cette phase, l’équipe du projet est en train de réaliser le travail requis sur base
d’une estimation des coûts définitifs et un établissement des rapports d’activités à tous les
échelons et au promoteur.

Phase de finalisation
Durant cette phase, tout le travail est complet, le promoteur ou le consommateur reçoit
l’[Link] ressort de ce qui précède que les deux premières phases, à savoir : la phase
d’identification et la phase de définition se basent sur la planification technique et sont
qualifiées de faisabilité du projet tandis que les deux dernières phases (la phase de réalisation
et la phase de clôture) s’orientent vers la réalisation du travail et sont appelées : acquisition du
projet. L’analyse de ce paragraphe montre à suffisance que le projet passé sous étude se trouve
encore au niveau de l’étude de faisabilité (c’est-à-dire aux niveaux de phases de
conceptualisation et de définition) car le but même de ce travail est de rechercher les
conditions de viabilité requises avant de pouvoir passer à sa réalisation. De ce fait, l’étude
tiendra compte non seulement du produit et du marché ; mais aussi, des aspects juridiques, du
procédé industriel, des équipements à utiliser, du personnel, de la fiscalité, du financement et
de l’analyse financière et économique de l’investissement.

Théorie sur l’investissement


Du point de vue économique
L’investissement consiste, avec le facteur travail notamment, un de facteurs principaux de la
fonction de production. Il est essentiellement un flux de capital destiné à modifier le stock de
capital existant.

Du point de vue comptable


La notion d’investissement est également appréhendée à travers le double critère de la durée
et la propriété du bien. Si un bien ou un service a une durée supérieure à une année et si
l’entreprise en est propriétaire, il s’agit alors d’un investissement qui est inscrit dans les
immobilisations au bilan.

Du point de vue financier


L’investissement est un coût pour l’entreprise et génère les nouvelles recettes d’exploitation.
La comparaison coût sur recettes permet de déterminer si l’investissement est rentable ou pas.
Il ressort de ces définitions que la division d’investir se traduit concrètement et généralement
par l’échange des biens ou services futures et aléatoires.

Classification des investissements (MARGERIN, J. et AUSSET, G.)

Il existe plusieurs critères conduisant à de nombreuses classifications des investissements.


Nous retenons dans ce travail, les trois classifications suivantes :

Selon leur objet, on distingue :

Les investissements incorporels : qui comprennent d’une part les acquisitions d’actifs
incorporels immobilisés ou non (brevet, licences, marques de fabrication, etc.) et, d’autres
part, les changes au sens comptable du mot telles que les programmes de formation et de
perfectionnement du personnel, les compagnes publicitaires, les études de recherche
appliquée (recherche et développement), etc.
Les investissements corporels, industriels ou commerciaux : ils permettent la forme d’actifs
physiques : soit en actifs immobilisé (maison commerciale, etc.) soit en actif circulant
principalement en stock (matières premières, etc.) ;
Les investissements financières : qui relève la forme soit de titres de participations ou des
prêts à long terme (actions, obligations, …) soit encore des prêts à court terme (lorsqu’ils sont
attachés à des participations appelées à être renouvelées).Selon leur objectif, les
investissements peuvent être classés en trois catégories à savoir :
Les investissements directement productifs qui comprennent :
Les investissements de renouvellement ou de remplacement dont l’objet est le maintien de
potentiel de l’entreprise ;
Les investissements de capacité ou d’expansion dont l’objet est l’accroissement du potentiel
de production ou de commercialisation (création d’une unité de production, construction d’un
immeuble, etc.) ;
Les investissements de productivité ou de modernisation dont l’objet est l’amélioration de la
productivité ;
Les investissements de prestige dont l’objet est l’image de marque de l’entreprise et dont les
effets non mesurables ne peuvent qu’être indirects ;
Les investissements d’innovations ou de diversification.
Les investissements obligatoires : qui sont imposés par une réglementation d’ordre public ou
par des engagements antérieurs à l’échelon de la profession ou de l’entreprise.
Les investissements stratégiques : destinés à améliorer le climat stratégique, à développer la
recherche et, généralement, à créer les conditions, les plus favorables pour construire le
devenir de l’entreprise tel qu’il a été voulu.
Notons cependant que, la rentabilité des investissements stratégiques est indirecte dans la
mesure où leurs effets consistent à améliorer les chances de réussite des investissements
directs productifs et rentables.

Classement selon le critère du risque

La notion du risque étant sous jante au concept même de l’investissement, on peut classer les
investissements productifs dans l’ordre de risque croissant en deux catégories :

Les investissements comportant peu de risque : il s’agit ici des investissements de


renouvellement et des investissements de production. En effet, les caractéristiques de ces
investissements sont connues ainsi que leurs effets ;
Les investissements les plus risqués : ce sont des investissements destinés à modifier l’état
actuel de l’entreprise. Ces investissements font passer l’entreprise du présent sécurisant au
futur insécurisant.
Les caractéristiques d’un projet d’investissement (BARREAU, J. et DERAHAYE, J. 1999)

Tout projet d’investissement est caractérisé par : les dépenses à l’investissement, la durée de
vie de l’investissement, le cash-flow et la valeur résiduelle.

Le capital investi
C’est la dépense que doit supporter l’entreprise pour réaliser le projet. Il comprend :

Le prix d’achat hors taxe (ou le coût de fabrication) ;


Les frais accessoires (frais de transport, d’installation,…) ;
La TVA non récupérable ;
L’augmentation du besoin en fonds de roulement (en général tout le projet d’investissement
accroît l’activité de l’entreprise, ce qui a pour conséquence d’augmenter la différence : Stock
+ Créances d’exploitation – Dettes d’exploitation).
Cette différence n’est autre que le besoin en fond de roulement d’exploitation. Dès lors que
cette différence est positive son augmentation représente un besoin nouveau qui appelle un
financement nouveau.

Durée de vie
Afin d’évaluer les gains attendus, il est nécessaire de connaitre la durée d’exploitation du
projet. En principe, il s’agit de la vie économique, mais si celle-ci est difficile à prévoir, on lui
substitue la durée d’amortissement.

Flux de trésorerie généré par le projet


L’entreprise attend d’un projet d’investissement :

Soit qu’il apporte des rentrées nettes d’argent (recettes – dépenses) ;


Soit qu’il permette de réaliser des économies au niveau de certains coûts d’exploitation. Ces
rentrées d’argent ou ces économies sont, traditionnellement, désignées par le terme de cash-
flow.
Cash-flow = recettes imputables au projet – dépenses imputables au projet

Cash-flow = économies réalisées imputables au projet.

En principe, les cash-flows sont générés de manière continue mais, pour simplifier les calculs
de rentabilité, on admet qu’ils soient obtenus globalement à la fin de chaque exercice.

La notion de cash-flow est différente de celle de bénéfice. Le cash-flow, en effet est la


différence entre recettes d’exploitation et les dépenses d’exploitation, il concerne donc la
trésorerie. Alors que le bénéfice est la différence entre les charges et les produits, il est une
notion comptable.

La valeur résiduelle
A la fin de sa durée, le bien, objet de l’investissement peut être cédé. Comme il est alors
totalement amorti, le produit de la cession constitue une plus-value. Cette plus-value étant,
dans le cas général, inférieure au total des amortissements pratiqués, il s’agit, sauf exception,
d’une plus-value à court terme, imposé au taux normal. Le produit de cession net d’impôt,
doit être ajouté au dernier cash-flow.
Théorie sur la rentabilité
L’analyse du projet est effectué par rapport à un agent bien déterminé qui est le promoteur du
projet en vue de réaliser un objectif bien précis qui est généralement la maximisation de
bénéfice de son capital investi sous contrainte de la disponibilité et du coût du capital.

De ce fait, quel que soit le projet, le taux de rentabilité espéré doit être suffisamment élevé
pour rémunérer l’actionnaire du risque qu’il encourt en dirigeant ses fonds propres et/ou pour
couvrir les intérêts des emprunts contractés.

De ce que précède, nous pouvons d’une manière générale, définir la rentabilité connue étant
l’aptitude d’une entreprise à dégager, efficacement, un résultat compte tenu d’un
investissement ou des moyens mis en œuvre pour les obtenir.

Un investissement est considéré comme rentable si la somme des profits futurs actualisés est
considérée comme supérieure à la dépense présente.

Evaluer donc la rentabilité d’un investissement revient à apprécier sa capacité de générer un


surplus par rapport à la somme investie.

On distingue deux types de rentabilité :

La rentabilité financière : c’est un indicateur qui permet la comparaison du résultat de


l’entreprise aux rapports des actionnaires. Elle intègre le mode de financement de
l’entreprise ;
La rentabilité économique : elle mesure l’efficience des moyens économiques de l’entreprise à
travers les résultats qu’ils génèrent et exprime l’avantage ou le gain pour la collection.
Théorie sur le marché (MULLER, J. et SERARI, S., 2011)
Dans une économie ouverte et fortement concurrentielle, l’entreprise se doit de connaître ce
que souhaite les consommateurs et ce qu’ils acceptent de payer ; quels types de produits de
services nouveaux peuvent être appréciées, avant de concevoir, de fabriquer, de modifier ses
biens et services. Il est difficile voire impossible de connaître complètement et parfaitement
un marché mais il est possible, en revanche, de réduire l’incertitude, de canaliser des idées, de
suivre des tendances.
Le marché aujourd’hui n’est plus seulement un milieu de rencontre de l’offre et de la
demande. Tous les acteurs agissent pour orienter le marché en leur faveur.

Il permet de faire des échanges de biens et de services contre de la monnaie, les quantités
offertes et demandées déterminent le niveau de prix auquel se fera l’échange. S’il y a une
offre importante d’un produit face à une demande limitée, le prix se situera à un faible niveau,
les offreurs se feront concurrence en acceptant de baisser le prix, à l’inverse si la demande est
supérieure à l’offre, le prix sera plus élevé.

Les différents marchés de l’entreprise


L’entreprise participe à plusieurs marchés, parfois en tant que demandeur parfois en tant
qu’offreur. Les marchés en amont sont ceux où l’entreprise est demandeurs et constituent les
sources d’approvisionnement de l’entreprise, il s’agit par exemple :

Le marché des biens et services où se confrontent l’offre et la demande de produit ;


Le marché du travail où s’échange la force de travail ;
Le marché des capitaux qui comprend trois compartiments qui, sont les marchés de charge, le
marché monétaire et le marché financier.
Les marchés en aval constituent les lieux réels ou virtuels sur lesquels l’entreprise offre ou
vend ses produits, ses biens et ses [Link] marché potentiel de l’entreprise est constitué de
ses clients actuels, plus ceux qu’elle espère gagner soit au détriment de ses concurrents, soit
en parvenant à convaincre certains non- consommateurs relatifs. Dans le cas d’un produit
innovant, ce marché constitue un indice de mesure de sa diffusion. Le marché réel est
constitué des clients actuels de l’entreprise et de ses concurrents.

Les indicateurs de mesure d’un marché (BALUNGU K, 2008)


Pour avoir une mesure du marché d’un produit, on s’intéresse plus à connaître son chiffre
d’affaires, sa part de marché et son taux de pénétration.

Chiffre d’affaire
Le chiffre d’affaires correspond aux ventes réalisées sur la période (généralement l’année
mais il peut être ventilé par mois, semaine, jours, ...). Cette évaluation monétaire du marché
correspond au chiffre d’affaires en valeur qui peut également être exprimé en volume c’est-à-
dire en nombre d’unités de produits vendus.
Part du marché
Par rapport à cette valeur globale du marché, on calcule les parts de marché, c’est-à-dire le
rapport entre le chiffre d’affaires de la marque et le chiffre d’affaires total des marques du
marché.

Cette évaluation peut se faire à plusieurs niveaux : au niveau de l’entreprise considérée, des
différents segments du marché ou des différents types de distribution.

La part de marché peut être exprimée, elle aussi en valeur ou en volume. L’évaluation en
volume permet d’évaluer les différences de prix et donc de comparer les quantités vendues.
Au niveau de marché, l’analyse permet de classer les positions des entreprises les unes par
rapport aux autres. Ainsi, la notion de part de marché relative, indique le rapport entre la part
de marché de l’entreprise leader sur ce marché.

L’entreprise analysera l’évolution de sa part de marché dans le temps et parallèlement aux


efforts marketing engagés (gagner des points de part de marché est un objectif usuel).

Taux de pénétration
Par rapport à l’évaluation du nombre de consommateurs potentiels, on procède au calcul du
taux de pénétration, il correspond :

Les études pour connaître le marché


Pour bien vendre, l’entreprise doit connaître le marché où elle propose ses produits.
L’information commerciale est donc un facteur de production essentiel pour bien gérer les
produits, leurs prix, leur publicité, leur distribution.

L’entreprise cherche à anticiper la demande à percevoir les évolutions ou à les créer, et pour
ce faire elle doit détecter les besoins existants et latents.

Les études quantitatives sur le marché


L’entreprise peut d’abord obtenir des informations sur les potentialités quantitatives passées
ou futures des marchés grâce à plusieurs types de traitement.
A) L’observation directe
Ce sont des informations obtenues facilement, sans traitement particulièrement long, mais qui
peuvent être périmées vite et qui donnent plutôt une vision partielle et locale des marchés
(exemple : recensement des points de vente, observation directe des clients dans un
supermarché).

b) Les sondages
Ils permettent d’éviter les recensements et les dénombrements longs et coûteux. Les
techniques de sondage sont fondées sur l’analyse d’un échantillon prélevé dans une
population, afin d’en extrapoler les tendances caractéristiques à l’ensemble de la population.

c) Les panels
Les panels sont des échantillons permanents d’une population et permettent de recueillir des
informations actualisées concernant l’évolution des faits et des comportements.

Les études qualitatives sur le marché


Elles constituent en une analyse du comportement du consommateur en s’intéressant à des
variables individuelles (motivations, peurs), des variables collectives (facteurs culturels,
sociaux, psychologiques), à des attitudes.

Les positionnements sur le marché


L’approche marketing
Le marketing est un ensemble des activités dont le but est d’assurer la vente des produits en
fonction des besoins des consommateurs.

De cette définition ressort les trois composantes du marketing : la détection des besoins,
l’adaptation de la politique et l’attitude volontaire.

Pour ce qui est de ses champs, le marketing est né avec la consommation de masse et la
production de biens de grande consommation à écouler, mais peu à peu la démarche et les
méthodes se sont développées dans de nombreux autres secteurs de l’économie, notamment le
marketing industriel où les matériels, les biens d’équipement, les fournitures industrielles
utilisent de plus en plus le marketing avec d’autres paramètres pour stimuler la demande et les
marchés.
La segmentation et le positionnement
Au cœur d’un même marché, il est possible de repérer des groupes d’acheteurs dont le
comportement est différent. L’entreprise cherche à délimiter des segments de marché sur
lesquels les comportements d’achat sont proches.

A) La segmentation
Elle consiste à découper le marché en sous-ensembles de clients ayant de caractéristiques
homogènes. L’entreprise l’utilise pour différencier ses politiques commerciales et les adapter
aux segments de marché afin de mieux toucher ses clients actuels ou potentiels. La
segmentation se fait en utilisant plusieurs critères : l’âge, le sexe, la zone géographique, les
revenus, les habitudes de vie, les métiers.

b) Le positionnement
Il est la détermination de la place occupée par un produit en fonction de ses caractéristiques,
de son image, des attentes de la clientèle, des positions tenues par les concurrents.

L’étude de positionnement permet à l’entreprise de savoir comment la demande perçoit le


bien ou le service pour, ensuite éventuellement modifier, accentuer ou renforcer cette place
sur le marché. Cette analyse peut être utile aussi bien pour les produits existants que pour des
produits nouveaux.

Une entreprise peut avoir intérêt à positionner son offre sur une place vacante du marché, une
niche, c’est-à-dire sur des attentes non satisfaites par des produits concurrents, afin de détenir
une marge de manœuvre importante.

II.2. REVUE DE LA LITTERATURE EMPIRIQUE


Nous ne prétendrons pas être le premier à mener une étude relative aux projets. Plusieurs
auteurs ont mené les recherches dans ce domaine et ont effectué les travaux parmi lesquels
nous pouvons citer :

BULONZA MUDUMBI Sadji(mémoire ISP ; 2013- 2014inédit) : a mène une étude de


faisabilité financière et économique de création d’un centre de formation en football dans la
ville de Bukavu. Ainsi pour aborder ce travail ; il est parti de l’hypothèse selon laquelle le
projet de création d’un centre de formation moderne en football dans la ville de Bukavu serait
rentable et faisable. Pour infirmer ou confirmer cette hypothèse, il a utilisé les méthodes
statistique ; analytique ; le modèle analogique et les techniques d’échantillonnage ;le
questionnaire et l’observation. Après analyse et interprétation des résultats, il a abouti aux
résultats selon lesquels le projet de création d’un centre de formation moderne en football
dans la ville de Bukavu est faisable.
TAMBWE KIVURUGA (mémoire ISP, 2007- 2008, inédit) : a mené une étude de faisabilité
financière d’un projet d’implantation d’une unité de production de la semoule de mais à
Kamituga. Son objectif était de savoir si le projet d’implantation d’une unité de production de
semoule de mais à Kamituga serait financièrement rentable. Pour répondre à cette question et
arriver aux résultats escomptés, il a utilisé les méthodes descriptive ; analytique et les
techniques documentaire, d’interview et la technique d’enquête. Apres analyse et
interprétation des données ; il a abouti aux résultats selon lesquels le projet d’implantation
d’une unité de production de semoule à Kamituga est financièrement rentable grâce à une
VAN positive qui est égale à 141 770 ,12$.
CIRHUZA NDATABAYE (mémoire ISP ; inédit 2009) : a mené une étude de faisabilité et
évaluation d’un projet d’implantation d’une unité moderne de production de la boisson à
partir de la banane dans la ville de Bukavu. Pour aborder ce travail , il est parti de l’hypothèse
selon laquelle le projet d’implantation d’une unité moderne de production de la boisson à
partir de la banane serait faisable et rentable. Ainsi, pour infirmer ou confirmer cette
hypothèse, il a utilisé les méthodes analytique, statistique, inductive et les techniques
documentaire de sondage et d’interview. Après analyse et interprétation des données, il a
abouti aux résultats selon lesquels ce projet est financièrement rentable avec une VAN évaluée
à 67818,561$ ; un TIR de 27 ,22% ; l’indice de profitabilité de 1,28$ et DRCI est de 6 ans ;
5mois et 27jours.
MINANI MUSOBWA (mémoire ISP ; 2010,inédit) : a mené une étude de faisabilité et
évaluation financière et économique de création d’une ferme d’élevage des vaches dans le
territoire de Kalehe. Son objectif était de savoir si le projet de création d’une ferme des vaches
à Kalehe est faisable et rentable financièrement et économiquement. Pour aborder cette étude
il a utilisé les méthodes analytique, statistique et les techniques documentaire, enquête par
questionnaire et l’entretien. Après analyse et interprétation des résultats, il a abouti aux
résultats selon lesquels ce projet est rentable et faisable financièrement et économiquement
avec une VAN évaluée à 4511650 ,776$ ; DRCI de 1an et 7 mois ; le TIR de 94% et l’indice
de profitabilité de 7,03$
NSIMIRE BIYOYA Claudine a abordé le sujet « Projet de création d’une entreprise de
collecte et transformation des déchets ménagers solides en engrais organiques dans la ville de
Bukavu.» mémoire, UOB ,2013.
L’objectif de son travail était la création d’une entreprise de collecte et transformation des
déchets ménagers solides en engrais organiques, l’auteur est pari de l’hypothèse selon laquelle
ce projet serait faisable juridiquement et ses activités seraient économiquement et
financièrement rentables. Pour le vérifier, il a utilisé les méthodes analytiques, statistiques et
méthodes documentaires.
A la fin du traitement des données, il est arrivé à affirmer que la demande des engrais est trop
élevée du fait que, après analyse, 95% sur 48 ONG ont manifesté les vœux d’en acheter. Le
projet a dégagé successivement une VAN de 88 940$ au taux d’actualisation de 10%, le TRI
de 21%, la rentabilité monétaire investie de 30%, le délai de récupération actualisé est de trois
ans 9mois et 22jours.
Dans notre travail il était question d’étudier la faisabilité d’implantation d’une unité de
production de semoule de maïs dans la ville de Bukavu pour aborder ce travail nous somme
partie de l’hypothèse selon laquelle le projet d’implantation d’un unité de production de
semoule de maïs dans la ville de Bukavu serait faisable et rentable. Ainsi pour infirmer ou
affirmer cette hypothèse nous avons utilisé les méthodes analytique ;statistique ;déductive ; et
les techniques : documentaires de sondage et interview. Après l’analyse et interprétation de
données, nous avons aux résultats selon lesquels ces projet et financièrement rentable : Quant
aux études financières, elles ont été scindée en deux scenarios, qui dans les deux cas, ont
prouvé que le projet était rentable. Pour le premier scenario, où nous avons supposé le recours
aux fonds propres, le projet a dégagé une VAN positive de 442234 $, un IP de 2,77, un TIR de
67,04% supérieur au taux d’actualisation (20%), une durée de récupération du capital investi
acceptable de 2ans , 11 mois et 8jours, une rentabilité financière pour la première année de
43,78% et une rentabilité économique de 82,81%.

Le second scenario où nous avons suppos un financement mixte, a dégagé une VAN positive
de 509009, un IP de 3,03 ; un TIR de 90%, une durée de récupération du capital investi de
1an, 11mois et 23jours, une rentabilité financière à la première année de 66,02% et une
rentabilité économique de 82,81%.

II.7. CADRE METHODOLOGIE


Nous allons, dans cette section, détailler les différentes méthodes et techniques qui nous ont
facilité la confection de ce [Link] avons fait recours aux méthodes analytiques et
statistiques qui ont été appuyées par les techniques d’observation directe et documentaire

Apport des méthodes analytique et statistique


Grâce à la méthode analytique, nous avons fait des analyses systématiques sur toutes les
informations et les données qualitatives et/ou quantitatives obtenues. Elle nous a permis
d’insister sur des cas précis. La méthode statistique, quant à elle, nous a été utile dans la
manipulation des données chiffrées, leur traitement, et leur synthèse en tableaux.

Apport des techniques d’observation directe, documentaire et d’enquête


La technique d’observation directe nous a permis d’observer certains phénomènes ayant
suscité le choix, l’orientation et le déroulement de notre travail. Quant à la documentation,
elle nous a été utile dans la consultation des ouvrages, mémoires, articles, cours et autre
documentation susceptible de nous fournir un maximum des renseignements sur n’importe
quel aspect de notre travail.

Hormis ces méthodes et techniques, nous avons faitrecours à d’autres techniques et méthodes
qui s’imposaient pour une ou une autre partie précise de ce travail à savoir :

Pour appréhender ces aspects, nous avons opté pour la technique d’enquête auprès des 96
ménages de la ville de Bukavu. Nous soutiendrons cette méthode par la technique de
questionnaire et évidemment par des entretiens libres individualisés. Comme il nous est
difficile de mener les enquêtes sur toute la population que nous considérons comme notre
population cible, nous avons fait recours à une technique dite d’échantillonnage pour
compléter les techniques qui soutiennent notre méthode.

La technique d’enquête
Dans le domaine de recherche en sciences sociales, le mot « enquête » ne signifie pas
simplement quête d’informations, collecte de témoignages, d’avis, recherche des documents.
C’est la quête d’informations réalisées par interrogation systématique de sujets d’une
population déterminée.
Ici, il s’agit de les interroger sur leurs besoins actuels et futurs en matière des consommations
de farine de maïs ou de semoule de maïs dans la ville de Bukavu et leurs avis au sujet de
l’implantation d’une unité de production de semoule de maïs dans la ville de Bukavu et sur
leurs attentes vis-à-vis d’une telle entreprise.

Comme le précise M. ZIHISIRE, la première étape pour réaliser un sondage d’opinion


consiste pour le chercheur à sélectionner un échantillon représentatif de la population qu’il
tente de décrire.

Présentation de la population d’étude


Dans cette étude nous avons eu à faire recours à une population population exhaustive. C’est
ainsi que, nous nous sommes servi des statistiques des ménages de la ville de Bukavu de
l’année 2016. (du rapport de la mairieBukavu).

L’échantillonnage
Pour user de cette technique, il est impératif d’avoir des indications sur la population, la
formule à utiliser pour tirer un échantillon ayant un caractère représentatif.

Population : La population de cette étude est constituée des ménages de la ville Bukavu.
DEDICACE
A notre mère KOLA MIAKA Agnes, pour tant d’amours, d’affections et tous les sacrifices
consentis pour notre bonheur.

REMERCIEMENTS
Au terme de notre deuxième cycle au sein du département de Gestion des Entreprises et
Organisation du Travail de la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education de
l’Université de Kinshasa, nous sommes redevables aux personnes qui d’une manière ou d’une
autre ont contribué à notre formation.

Nous remercions particulièrement Monsieur le Professeur Alphonse KASONGO, qui en dépit


de ses multitudes occupations a bien voulu assurer la direction de ce travail. Nos
remerciements s’adressent également à Monsieur le Chef de Travaux Pitshou YADISADILA
KIKA, qui a bien voulu en assurer l’encadrement.

Qu’il nous soit permis de remercier tous les Professeurs, Chefs de Tavaux et Assistants qui ont
contribué à notre formation, particulièrement ceux de la Faculté de Psychologie et des
Sciences de l’Education et ceux de l’Université de Kinshasa.

A notre père BANGO BONZOMOLOTE Bonaventure, pour l’exhortation et le sens de


sacrifice que vous nous avez appris ;

Nous serions ingrats si nous n’exprimons pas nos sincères remerciements aux familles
BANGO et MPAKU, particulièrement à papa Antoine MPAKU et maman Charlotte
BUNGUDI, maman Odette MBUDI, papa Christian TSHISUAKA, Monsieur Moujo
MUSUNGAYI, Monsieur Eulalie MBOMA, Jerry AWANA, Clémentine BANGO et Sœur
Passy MAGELA.
A mes très chers amis Josiane SAFI, Jovine NSHIMBA, Gloria BILONDA, Mage ISANGYA,
JP MBWENGO, Marcel KABANGA, Christelle SHIKIYA, JL DIAKANUA, Emilie
ASABIEL, Michel BOTUNGU et Prince LUBO pour leur soutien et amour.

Que nos oncles, tantes, frères, sœurs, cousins, cousines et amis trouvent ici notre sens de
reconnaissance à travers ce travail, fruit de nos efforts.
Introduction

Ce papier est une tentative de construction d’un mod`ele d’´equilibre g´en´eral dynamique et
stochastique (DSGE) de type N´eokeyn´esien pour la RDC dans le but de capter les effets sur
la dynamique

Macro´economique des chocs affectant le secteur financier et le processus inverse. Le d


´eveloppement

Et les frictions financi`eres influent sur la croissance ´economique `a long terme par son effet
sur

L’efficience de l’interm´ediation entre ´epargnants et emprunteurs finaux ; par le degr´e


auquel il permet une surveillance des utilisateurs de fonds externes, ce qui se r´epercute sur la
productivit´e du

Capital utilis´e ; enfin, par son incidence sur le volume de l’´epargne, qui conditionne la
capacit´e future de l’´economie de g´en´erer des revenus. Le syst`eme financier agit sur la
stabilit´e de l’´economie

En raison du fort pouvoir de levier de ses activit´es et de son rˆole central dans le r`eglement
de

L’ensemble des transactions au sein de l’´economie, de sorte que toute d´efaillance d’un
segment
Risque de compromettre la stabilit´e du syst`eme dans son ensemble. Un tel mod`ele aurait
comme

Ambition, celle de servir `a des fins d’analyse et de pr´evision des politiques `a la Banque de
la Congo.

En effet, cette d´emarche se justifie par le fait que le profil temporel des donn´ees macro
´economiques et financi`eres de la R´epublique d´emocratique du Congo (RDC) de ces trente
derni`eres ann´ees,

Soit de 1990 `a 2019, fait ´etat de leur ´evolution assez rapproch´ee. En effet, les statistiques
existantes

Montrent que la dynamique d´egradante des indicateurs financiers (cr´edit `a l’´economie,


total bilanciel des banques, portefeuille des impay´es, etc.) s’est fait accompagner par une d´et
´erioration des

Indicateurs macro´economiques en RDC (taux d’inflation, taux de change, taux de croissance,


etc.),

Et vice-versa. Au regard de cet ´etat de choses, il y a lieu de s’interroger sur les implications
mutuelles

Des diff´erents chocs affectant le secteur financier ainsi que la dynamique macro´economique.

La p´eriode allant de 1990 `a 2001 a ´et´e marqu´ee en RDC, par un repli notable et continu
de la

Production int´erieure brute r´eelle, une baisse sensible de l’investissement aussi bien priv´e
que public,

Une forte d´et´erioration du cadre macro´economique (creusement du d´eficit public


entrainant un
Recours excessif `a la planche `a billets, hausse vertigineuse des prix int´erieurs, d´epr
´eciation continue

Et prononc´ee de la monnaie nationale) et une d´esint´egration du syst`eme financier national


marqu´ee

Par une forte d´ecote de la monnaie scripturale, une baisse sensible de l’intermédiation
financière (attest´ee par la baisse du taux d’inclusion financi`ere et du volume de cr´edits
accord´es `a l’´economie),
et un accroissement des impay´es dans le portefeuille des institutions financi`eres.
Par contre, de 2002 `a 2015, la RDC a connu une am´elioration des fondamentaux de son
´economie (brisement de l’hyperinflation, maˆıtrise de l’inflation, unification et stabilit´e du
taux
de change, retour et consolidation de la croissance ´economique, etc.) et une reprise des activit
´es
financi`eres sur fond d’un ensemble de r´eformes op´er´ees dans le secteur. Cette reprise a ´et
´e attest´ee entre autres par l’accroissement du nombre d’institutions financi`eres (banques et
institutions
de microfinance), l’accroissement du volume des transactions, l’´elargissement de la
couverture
g´eographique des activit´es financi`eres, l’expansion du total bilanciel des banques
commerciales,
l’accroissement du taux d’inclusion financi`ere, et la diminution du portefeuille des impay´es.
De 2016 `a 2017, la situation macro´economique du pays s’est consid´erablement d´et´erior
´ee
(reprise et mont´ee rapide des pressions inflationnistes, d´et´erioration de la position ext
´erieure nette,
glissement rapide et continu du taux de change, etc.) en raison d’un ralentissement important
de
la croissance ´economique qui a n´egativement pes´e sur les finances publiques et les r
´eserves internationales. Il en a ´et´e de mˆeme pour les activit´es financi`eres dont le volume
a ´et´e en baisse et pour
lesquelles le portefeuille des impay´es a connu une remont´ee assez inqui´etante. Durant la
mˆeme
sous-p´eriode, certaines institutions financi`eres assez importantes du pays sont tomb´ees en
cessation
d’activit´e attestant ainsi de la pr´esence d’un malaise dans le secteur.
Le recourt `a l’approche DSGE se justifie par le fait que la conception et le succ`es de la
politique
´economique d´epend de la qualit´e du diagnostic de la situation, de bon choix des instruments
`a utiliser, du bon dosage et de la bonne coordination de diff´erents compartiments de la
politique
´economique mais aussi du bon fonctionnement des instances d’ex´ecution de mesures prises.
Notons
que la bonne coordination des diff´erents instruments de la politique ´economique d´epend du
cadre
d’analyse de politiques ´economiques. Ainsi, il faut un mod`ele th´eoriquement coh´erent et
qui refl`ete
les donn´ees empiriques (Matata, 2019).
La construction et l’estimation d’un mod`ele DSGE distinguent plusieurs moments d’analyse :
(i) la sp´ecification ; (ii) les tests, estimations et simulations et (iii) les applications. Pour le
premier
moment, les travaux de Smets and Wouters (2003, 2005), Tsasa (2012), Bernanke et al.
(1999),
Manadir (2017) et Gertler and Karadi (2011) nous servent de r´ef´erence. Le deuxi`eme
moment
d’analyse s’inspire essentiellement des apports s´emantiques de Kabuya and Tsasa (2018),
BrzozaBrzezina and Kolasa (2013), Bernanke et al. (1999), Gertler and Karadi (2011), Umba
(2020) et
Manadir (2017).
Les diff´erents travaux ´evoqu´es ont montr´e que la gestion du cadre macro´economique `a
travers la
formulation de politiques ´economiques efficaces exige de mod`eles qui d’une part, int`egrent
le comportement micro´economique des agents ´economiques, et d’autre part, captent leurs r
´eponses aux
perturbations ´economiques, notamment les frictions mon´etaires et financi`eres. Les
mod`eles DSGE
de type NK sont largement utilis´es dans les banques centrales et autres institutions des
´economies
d´evelopp´ees telles que pr´esent´ees dans notre premier chapitre. Dans les pays en d
´eveloppement,
il est rare de trouver des travaux d´etaill´es d´eveloppant ces mod`eles. Jusqu’`a ce jour, on ne
compte presque pas d’´etudes consacr´ees `a l’´elaboration d’un tel mod`ele pour l’´economie
congolaise. La revue de la litt´erature nous a permis de collecter quelques ´etudes de cas
classiques pour
le Ghana (Dagher et al., 2010) ; le Nigeria (Olekah and Oyaromade, 2007) ; la R´epublique
sudafricaine (Steinbach et al., 2009) ; l’Iran (Feizi, 2008) ; les pays ´emergents (Olekah and
Oyaromade,
2007)(Garcia-Cicco, Pancrazi et Uribe, 2010) ; la RDC (Tsasa, 2012; Ntagoma et al., 2015;
Kabuya and Tsasa, 2018; Umba, 2020).
La pr´esente ´etude constitue, un essai et se propose de pr´esenter pour la premi`ere fois, au
mieux de notre connaissance, un mod`ele DSGE NK analysant les effets des frictions
financi`eres
sur l’´economie congolaise, suppos´ee comme une petite ´economie ferm´ee. Le reste du
document est
structur´e comme suit : La section 2 aborde de la revue de la litt´erature. La section 3 pr
´esente le
mod`ele. La section 4 d´ecrit les donn´ees. La section 5 pr´esente les r´esultats. La section 6
conclut.
L’Annexe 7.1 contient un tableau synth´etique sur la calibration du mod`ele. L’Annexe 7.2
contient
les codes Matlab/Dynare et les fonctions de r´eponses des diff´erentes variables.
3 Mod`ele

Consid´erons l’´evaluation des frictions `a la Bernanke et al. (1999) et `a la Gertler and Karadi
(2011)

´etant bas´e sur les crit`eres suivants : Premi`erement, ces deux frictions repr´esentent les
deux classes
Principales de probl`emes d’agence utilis´es dans la litt´erature. Deuxi`emement, la friction `a
la

Bernanke et al. (1999) a gagn´e une place dans la mod´elisation DSGE avec frictions
financi`eres,

Comme un acc´el´erateur financier traditionnel, tandis que la friction `a la Gertler and Karadi
(2011)

Permet au processus de l’interm´ediation financi`ere de jouer explicitement un rˆole important


dans

La compr´ehension des cycles.

Par ailleurs, un mod`ele d’´equilibre g´en´eral dynamique et stochastique (DSGE) prenant en

Compte l’hypoth`ese de rigidit´es nominales sur les prix (Woodford, 2003), dont la version
standard

(Mccallum and Nelson, 1999a,b) comporte : (i) une courbe IS forward looking ; (ii) une
courbe de

Phillips forward looking et (iii) une r`egle de politique mon´etaire `a la Taylor. Le recours `a
ce mod`ele

Permet d’une part, de capter la non-neutralit´e `a court terme de chocs de politique mon´etaire
sur

Les variables r´eelles et d’autre part, d’appr´ehender la r´eplique de d´ecideurs politiques suite
aux

Dynamiques de la production et de l’inflation et d’appr´ecier, in fine, la pertinence de la r`egle


de
Politique mon´etaire (Tsasa, 2012).

Comme dit dans les lignes pr´ec´edentes, le mod`ele que nous d´eveloppons ici s’inspire
notamment

Des mod`eles micro-fond´es pr´esent´es par Smets and Wouters (2003, 2005), Umba (2020),
Tsasa

(2012), Bernanke et al. (1999), Manadir (2017) et Gertler and Karadi (2011). Le mod`ele en

Cause consid`ere, primo, une ´economie ferm´ee sans et avec frictions financi`eres
comprenant huit

Cat´egories d’agents : (i) un continuum de m´enages index´es par m appartenant `a [0 ; 1] ;


(ii) un

Interm´ediaire repr´esentatif sur le march´e du travail (Assembleur de travail) ; (iii) des


groupes de

Travail (des syndicats) ; (iv) une entreprise repr´esentative de bien d’´equipement ; (v) une
entreprise

Repr´esentative de bien final ; (vi) un continuum d’entreprises de biens interm´ediaires index


´ees par

R appartenant `a [0 ; 1] ; (vii) un gouvernement, autorit´e budg´etaire (autorit´e fiscale) et


(viii) une

Banque centrale (autorit´e mon´etaire).

Le mod`ele suppose deux types de rigidit´es nominales : (i) sur les prix et (ii) sur les salaires.

Aussi, en vue d’am´eliorer la capacit´e du mod`ele `a reproduire des faits empiriques, nous int
´egrons
Dans le mod`ele, des rigidit´es r´eelles via les habitudes de consommation (Fuhrer, 2000). Les
rigidit´es

Nominales sont int´egr´ees dans le mod`ele avec un m´ecanisme `a la Calvo (1983). Les prix
et les

Salaires sont ´egalement index´es sur l’inflation pass´ee.

Enfin, nous supposons que l’´economie est perturb´ee par cinq (5) principaux chocs qui seront

Analys´es `a savoir : (i et ii) les frictions financi`eres `a la Bernanke et al. (Costly State
Verification)

Et `a la Gertler and Karadi (Costly Enforcement) ; (iii) un choc de politique mon´etaire ; (iv)
un choc

De demande et (v) un choc d’offre.

3.1 Mod`ele en absence de friction financi`ere

Ce mod`ele ne contient pas de friction financi`ere et consid`ere donc les march´es financiers
comme

Un voile. La premi`ere cat´egorie d’agents, les m´enages, offrent un service de travail


homog`ene,

Consomment le bien final et ´epargnent sous forme d’achat de biens de capital ou de bons du
Tr´esor

(titre). Ils d´ecident de l’intensit´e de l’utilisation du capital et louent ses services aux
producteurs
De biens interm´ediaires. Dans ce mod`ele, le lien ´etroit entre la gestion du capital, la d
´ecision

D’´epargner et l’absence de frictions financi`eres induit l’´equation-cl´e du mod`ele : le


rendement

Attendu du capital physique est ´egal, `a une lin´earisation pr`es, au taux sans risque des bons
du

Tr´esor. Ce lien sera relˆach´e dans les prochains points o`u deux types de frictions
financi`eres seront

Introduits et le capital sera g´er´e par une nouvelle cat´egorie d’agents (les entrepreneurs).

Le march´e du travail est structur´e en suivant une tradition de type n´eokeyn´esien. Les
syndicats

(groupes de travail) ach`etent les services de travail homog`ene des m´enages. Chacun de ces
groupes

D´etient un pouvoir de monopole et est donc capable de diff´erencier le service de travail, qui
sera

Ensuite vendu aux assembleurs de travail sur un march´e de concurrence monopolistique. Le


rˆole

Des assembleurs est ensuite de regrouper les diff´erents types de travail sous forme d’un input
de

Travail composite, puis de revendre l’input aux producteurs de biens interm´ediaires sur un
march´e

De concurrence parfaite. La raison pour laquelle cette structure de march´e est adopt´ee
(commune
Dans la litt´erature des mod`eles DSGE) est de pouvoir introduire de la rigidit´e dans la
dynamique des

Salaires. Sous cette repr´esentation du march´e, qui suit Schmitt-Groh´e and Uribe (2006), les
heures

Travaill´ees et les d´epenses en consommation sont identiques entre les m´enages et l’h´et
´erog´en´eit´e

Dans les heures de travail demand´ees s’applique uniquement pour les groupes de travail.

La structure du march´e de biens suit ´egalement la tradition n´eokeyn´esienne. Dans ce


contexte,

Apr`es l’achat des biens interm´ediaires homog`enes, les producteurs de biens finaux (sur un
march´e de

Concurrence monopolistique) produisent un bien final composite en rassemblant les diff


´erents inputs

Des biens interm´ediaires comme les assembleurs de travail. De mani`ere similaire `a la


situation sur

Le march´e de l’emploi, cette structure de march´e permet d’incorporer des rigidit´es dans
l’´evolution

Des prix.

Les producteurs de capital combinent le capital non d´epr´eci´e et une quantit´e de bien final
et

Les transforment en de nouvelles unit´es du bien de capital. Le gouvernement finance ses d


´epenses
Publiques par l’imposition d’une taxe forfaitaire aux m´enages. Finalement, l’autorit´e mon
´etaires

Fixe le niveau du taux d’int´erˆet nominal en suivant une r`egle mon´etaire `a la Taylor (1993)
augment´e.

3.2 Mod`ele avec friction financi`ere

• Friction financi`ere `a la Bernanke et al. (1999)

Ce point d´ecrit une version de notre deuxi`eme mod`ele n´eokeyn´esien qui inclut un premier

Type de friction financi`ere. Dans cette version, nous relˆachons l’hypoth`ese que le stock du
capital
De l’´economie est g´er´e par les m´enages. Le programme du m´enage change
automatiquement. On

Suppose plutˆot que la gestion du capital est sous la responsabilit´e d’une nouvelle cat´egorie
d’agents

: les entrepreneurs. Ces nouveaux agents d´ecident de la quantit´e de capital `a accumuler


ainsi que

L’intensit´e avec laquelle ce stock de capital sera utilis´e.

Pour ce faire, ces entrepreneurs contractent des emprunts aupr`es d’interm´ediaires financiers,

Qui eux-mˆemes assemblent les d´epˆots des m´enages `a un coˆut ´egal au taux sans risque.
Les contrats de dette entre ces interm´ediaires et les entrepreneurs sont affect´es par le premier
type de

Friction financi`ere : ce type de friction est motiv´e par un probl`eme de Costly State
Verification `a

La Bernanke et al. (1999).

Les entrepreneurs

Une nouvelle cat´egorie d’agents, les entrepreneurs, interviennent maintenant dans


l’´economie.

A la place des m´enages, ces entrepreneurs sont les agents ayant la responsabilit´e de g´erer le
stock

De capital de l’´economie. Pr´ecis´ement, disposant d’une richesse nette Dt accumul´ee `a la


fin de la
P´eriode t – 1, ces agents acqui`erent, au d´ebut de la p´eriode t, la quantit´e de capital Kt+1
au prix

Du march´e comp´etitif qt

. Le coˆut d’acquisition de ce stock du capital, qtKt+1, est assur´e par les fonds propres
accumul´es Dt et aussi par un emprunt bt+1 = qtKt+1 – Dt aupr`es des interm´ediaires

Financiers. Ici, on fait l’hypoth`ese que les entrepreneurs ont un horizon de vie fini.

De mani`ere explicite, on suppose que chaque entrepreneur peut continuer d’op´erer, `a la fin
de la

P´eriode t, avec une probabilit´e θ, qui est constante et ind´ependante du pass´e. L’id´ee sous-
jacente est

D’´eviter l’´eventualit´e que les fonds propres s’accumulent suffisamment dans le temps pour
financer

Enti`erement l’achat du capital sans que l’entrepreneur n’ait besoin de financement externe.
En

Cons´equence, la dur´ee de vie moyenne pour les entrepreneurs est de 1/(1 – θ). La proportion
1–θ

Des agents qui ne survivent pas consomment la valeur mon´etaire de leurs fonds propres et
sont

Remplac´es par de nouveaux entrepreneurs qui entrent en sc`ene `a partir de la p´eriode


suivante en

Recevant un transfert tr`es faible de fonds, Dt


E

, d’un tier et/ou du gouvernement. Finalement, on

Fait l’hypoth`ese que les entrepreneurs sont neutres au risque.

Une fois Kt+1 acquis, les entrepreneurs louent les services de ce capital aux producteurs de

Biens interm´ediaires, en contrepartie d’une rente Rt

+1ut+1Kt+1 per¸cue `a la p´eriode t + 1, o`u Rt

+1

Repr´esente le rendement brut de location et ut+1 le taux d’utilisation du capital d´ecid´e par
ces

Mˆemes entrepreneurs. En contrepartie, cette utilisation du capital physique entraˆıne les


coˆuts

Φ(ut+1Kt+1).

A la fin de la p´eriode

T+ 1, le stock de capital non d´epr´eci´e (1 −δ)Kt+1 est vendu au

Prix qt+1 du march´e. Le rendement esp´er´e Et(rt


K

+1) associ´e `a la gestion du capital de l’´economie

Pour un entrepreneur est donc calcul´e comme suit :

Il est int´eressant de noter que cette expression est similaire `a celle utilis´ee pour d´efinir le
rendement

De l’´epargne allou´ee `a l’investissement en bien du capital dans l’´economie sans friction


financi`ere,

Analys´ee `a la sous-section pr´ec´edente (´equation 9).

Puisque le rendement brut de location Rt

+1, `a l’´equilibre, est la productivit´e marginale du

Capital fk(.), ´evalu´ee au prix φt+1, l’expression (39) peut donc ˆetre interpr´et´ee comme la
demande

En bien du capital de l’´economie, Kt+1, en fonction du rendement exig´e, Et(rt

+1).
Plus ce rendement exig´e est ´elev´e, plus la demande est faible, `a cause des rendements
d’´echelle

D´ecroissants de la fonction f(.). Finalement, cette expression d´esigne aussi implicitement la


demande de fonds prˆetables bt+1 , ´etant donn´e le niveau de la richesse accumul´ee Dt et le
prix

D’acquisition du capital qt

Les interm´ediaires financiers

Au d´ebut de la p´eriode t, les interm´ediaires financiers acceptent les d´epˆots des m´enages,
bt+1,

Qui rapportent un rendement sans risque Rt

, pay´e `a la p´eriode t + 1. Au cours de la p´eriode t,

Ces interm´ediaires emploient les d´epˆots assembl´es pour concevoir et allouer des contrats
de dette

Destin´es aux entrepreneurs, en situation de concurrence parfaite.

Jusqu’ici, le coˆut de tout financement externe ´était bien le taux sans risque. Cependant, les

Interm´ediaires doivent maintenant consid´erer la friction financi`ere qui affecte les contrats
de dette.

Cette friction est due `a un probl`eme d’information asym´etrique de type Costly State
Verification `a
La Bernanke et al. (1999). Pr´ecis´ement, le travail pionnier de Bernanke et al. (1999) fait
l’hypoth`ese

Que le rendement du projet financ´e `a l’aide du prˆet peut subir une perturbation ou un choc
idiosyncratique. Les entrepreneurs observent facilement la r´ealisation ex-post de la
perturbation, tandis que les interm´ediaires doivent d´ebourser des coˆuts d’audit pour v
´erifier la vraie valeur du rendement. Dans ce contexte, un entrepreneur ayant contract´e un
emprunt peut ˆetre incit´e `a d´eclarer

Un mauvais rendement pour se soustraire `a ses obligations. Afin de r´eduire cette incitation,
les

Interm´ediaires requi`erent, ex-ante, que l’entrepreneur participe au coˆut du projet, qtKt+1, `a


l’aide

De ses fonds propres Dt

A l’´equilibre, une prime du financement externe,

EPs, s’ajoute donc au

Coˆut total de l’emprunt. La prime d´epend inversement de la part des fonds propres dans la
taille

Du projet, de la mani`ere suivante3

:
Formule
Avec S(1) = 0 et S

0 (1) > 0. Intuitivement, plus les fonds propres Dt

Investis dans un projet

De taille donn´ee sont ´elev´es, plus les pertes potentielles li´ees au d´efaut sont importantes
pour un

Entrepreneur, et moins ce dernier est incit´e `a ne pas respecter ses engagements. Par cons
´equent,

Le prˆeteur exige une faible prime du risque. Ainsi, le coˆut total du financement externe, en
suivant

Le travail des Bernanke et al. (1999), peut s’exprimer de la mani`ere suivante :

Rt

.S qtK

+1

(41)
Dans ces conditions, l’entrepreneur continue de demander du capital physique, et donc des
fonds

Prˆetables, jusqu’`a ce que le rendement attendu du capital soit ´egal au coˆut marginal du
financement externe :

Et(rt

+1) = Rt

.S qtK

+1

(42)

Du point de vue des prˆeteurs, la capacit´e d’emprunt autoris´ee est endog`ene et d´epend du
rendement exc´edentaire du capital. Une fois invers´ee, l’´equation (42) d´etermine le ratio de
levier optimal

Des entrepreneurs :

qtKt+1
Dt

=S

−1

Et(

Rt

+1)

(43)

Du point de vue des prˆeteurs, un rendement exc´edentaire du capital plus ´elev´e Et(

Rt

+1)

T
G´en`ere

Davantage de profits pour les entrepreneurs et la probabilit´e de pouvoir rembourser


l’emprunt est

Plus grande, ce qui am`ene les interm´ediaires financiers `a permettre un ratio de levier plus
´elev´e.

Revenons maintenant `a l’´equation (42) et d´enotons le ratio de levier, qtK

+1

, par la variable levt

Une lin´earisation du premier ordre appliqu´ee `a cette ´equation donne la relation-cl´e du


deuxi`eme

Mod`ele. En effet, cette lin´earisation implique la relation suivante mesur´ee autour de l’´etat
stationnaire4

:
En pr´esence du probl`eme d’information asym´etrique de type Costly State Verification et
sous

L’hypoth`ese que la gestion du capital est s´epar´ee de la d´ecision d’´epargne, cette relation-
cl´e pr´edit

Que l’´ecart entre le rendement attendu du capital physique et le taux sans risque est non nul
et

D´epend d’un agr´egat macro´economique : le ratio de levier agr´eg´e de l’´economie.

• Friction financi`ere `a la Gertler and Karadi (2011)

A la place de l’asym´etrie d’information, le second type de friction affecte plutˆot la relation


entre

Les entrepreneurs et les interm´ediaires. Cette seconde friction est de type Costly
Enforcement et a

´et´e analys´ee par les travaux de Gertler and Karadi (2011). Ces nouveaux aspects modifient
le coˆut

Du financement externe impos´e aux entrepreneurs, d’une part, et la contrainte endog`ene


limitant

L’octroi des prˆets accord´es aux entrepreneurs, de l’autre. Toutefois, la forme fonctionnelle
(39)
Pour la demande de fonds prˆetables adress´ee par les entrepreneurs sur le march´e financier
reste

Inchang´ee par rapport `a la sous-section pr´ec´edente.

Comme pr´ec´edemment, les interm´ediaires financiers assemblent les d´epˆots des m´enages
bt+1 au

D´ebut de la p´eriode t, en contrepartie d’un rendement certain Rt

, devant ˆetre vers´e `a la p´eriode

T+1. Ensuite, ces interm´ediaires canalisent l’´epargne des d´eposants vers les entrepreneurs.
Comme

Les prˆeteurs peuvent v´erifier `a un coˆut nul la vraie valeur du rendement du capital, le coˆut
du

Financement externe est compos´e uniquement du taux sans risque.

Dans ces conditions de march´e, un entrepreneur ayant accumul´e une valeur nette Dt `a la fin

De la p´eriode t-1 assure l’acquisition du capital physique qtKt+1 par ses fonds propres, Dt

, et par

Un emprunt, bt+1 = qtKt+1 – Dt

. Sachant que cette acquisition du capital rapporte un rendement

Rt

K
+1, la richesse (profit) nette de l’entrepreneur `a la p´eriode t+1 est calcul´ee comme suit :

Dt+1 = rt

+1qtKt+1 – Rtbt+1 = (rt

+1 – Rt)qtKt+1 + RtDt

(45)

Si les entrepreneurs r´einvestissent toujours les gains nets dans des nouveaux projets, alors la
valeur

Esp´er´ee de la richesse nette terminale, Vt

, se d´efinit comme suit :

Vt = Et

+∞

S=0

(1 – θ)θ

Sκ(rt
K

+1+s – Rt+1+s)qt+sKt+1+s + Rt+sDt+s

(46)

O`u θ d´esigne le taux de survie des entrepreneurs et κ = (β)

S+1 λt+1+

Λt

Est le facteur utilis´e pour

Escompter les profits nets r´ealis´es `a la p´eriode t + 1 + s.

Pour motiver la friction sur le march´e financier, on fait maintenant l’hypoth`ese que la
relation

Entre les entrepreneurs et les interm´ediaires financiers est affect´ee par un probl`eme de non-
en

Gertler and Karadi (2011). De mani`ere plus pr´ecise, on suppose qu’apr`es avoir contract´e
un

Emprunt, un entrepreneur peut ˆetre incit´e `a d´evier une fraction ωqtKt+1 du coˆut du projet
vers

Des utilisations priv´ees et se lib´erer de ses engagements envers l’interm´ediaire, avec 0 w 1.


Cependant, l’entrepreneur agissant ainsi court le risque d’ˆetre exclu, de mani`ere d´efinitive,
du

March´e financier. Par cons´equent, le coˆut li´e `a la strat´egie de d´evier les fonds est bien la
richesse

Finale Vt

, qui fait r´ef´erence `a un concept de ”Charter value” , c’est-`a-dire la valeur d’avoir un


acc`es

Continu au march´e du cr´edit. Comme c’est coˆuteux pour les interm´ediaires de r´ecup´erer
les fonds

D´etourn´es et de forcer l’entrepreneur `a respecter ses engagements, les interm´ediaires


imposent la

Contrainte incitative suivante :

Vt ωqtKt+1

Intuitivement, cette contrainte stipule que les interm´ediaires sont prˆets `a accorder du
financement,

Bt+1, tant que l’incitatif mon´etaire ωqtKt+1 `a d´etourner les fonds n’exc`ede pas la valeur
nette finale,

Vt

, que g´en`ere l’existence de la relation de long terme pour les entrepreneurs. Ainsi, le
financement
Optimal permis par les prˆeteurs est d´etermin´e par l’arbitrage entre le coˆut et le b´en´efice
de choisir

La strat´egie de d´evier les fonds :

Vt = ωqtKt+1

(48)

Gertler and Karadi (2011) ont d´emontr´e que la valeur Vt peut ˆetre exprim´ee sous la forme
r´ecursive

Suivante :

Vt = vtqtKt+1 + Dt

(49)

O`u

Vt = Et

(1 – θ)β

T+1

Λ
T

(rt

+1 – Rt) + θvt+1

T+1

Qt

+1

T+1

tK

t+1
(50)

Et

Ηt = Et

(1 – θ) + θβvt+1

T+1

T+1

(51)

`
A l’aide de ces formes r´ecursives, les ´equations (

47) et (48) peuvent ˆetre combin´ees pour former la

Contrainte suivante du ratio de levier entrepreneurial :

qtKt+1

Dt

Ηt

Ω – vt

= (52)

En pr´esence du probl`eme de Costly Enforcement `a la Gertler and Karadi (2011), cette


´equation

Se substitue `a celle (43) o`u le contrat financier ´était affect´e par un probl`eme de Costly
State

Verification `a la Bernanke et al. (1999). Du point de vue qualitatif, la capacit´e d’emprunt


continue

D’ˆetre endog`ene et d´epend toujours du rendement exc´edentaire du capital : plus ce


rendement

Exc´edentaire est ´elev´e, plus l’achat d’une unit´e suppl´ementaire du capital g´en`ere un
effet vt accentu´e
Sur la richesse nette finale, ce qui r´eduit l’incitatif des entrepreneurs `a opter pour la strat
´egie de

D´evier les fonds. Par cons´equent, les interm´ediaires financiers sont prˆets `a accorder un
ratio de

Levier entrepreneurial plus grand.

Cependant, du point de vue quantitatif, la structure du lien entre le rendement exc´edentaire

Du capital et le ratio de levier diff`ere selon le type du probl`eme d’agence affectant le contrat

Financier. La lin´earisation du premier ordre des ´equations (45), (50), (51) et (52) permet de
mieux

Comprendre la diff´erence dans cette structure de lien. D’apr`es cette lin´earisation,


l’´equation (53)

Peut ˆetre ´ecrite de la mani`ere suivante5

Et(rt

+1) – Rt = ψ

Csvlevt – ψ

ceEt(levt) (53)

Avec levt

Le ratio de levier entrepreneurial d´efini ci-haut. De mani`ere similaire `a l’´equation (43),


Cette relation-cl´e pr´edit, sous l’hypoth`ese d’un probl`eme de Costly Enforcement `a la
Gertler and

Karadi (2011), que l’´ecart entre le rendement attendu du capital et le taux sans risque est non
nul.

Toutefois, cet ´ecart d´epend maintenant non seulement du ratio de levier entrepreneurial
courant,

Levt

, mais ´egalement de l’appr´eciation de ce ratio dans la p´eriode prochaine, Et(levt). Ici, il


apparait clair que cette deuxi`eme friction diff`ere de mani`ere structurelle de la friction
traditionnelle par

Le poids accord´e `a l’aspect futur qui rend l’´ecart de taux (la prime du risque) encore plus
complexifi´e. Toutes choses ´egales par ailleurs, mˆeme si la part des fonds propres courants
dans la taille du

Projet est grande, les interm´ediaires pourraient exiger une prime de risque ´elev´ee en raison
d’une

D´egradation anticip´ee de cette part dans le futur. Cette interpr´etation des implications
concr`etes

Des frictions `a la Costly Enforcement est absente des travaux de Villa (2013, 2016) et
pourrait

Expliquer la bonne performance relative de cette friction `a la Gertler and Karadi (2011).

Les deux coefficients ψ

Csv
1

Et ψ2

Ce suivent un processus exog`ene autor´egressif du premier ordre

Avec des coefficients autor´egressifs respectivement ρψcsv et ρψce , avec pour valeurs (non
nulles) `a

L’´etat stationnaire ψ

Csv

Et ψ

Ce

Ainsi que des innovations θt

Csv

Et θt

Ce

V
iidN(0 ; σ

Csv,ce )

Finalement, la valeur nette agr´eg´ee ´evolue selon la loi d’accumulation suivante :

Dt+1 = θ[rt

+1qtKt + 1 – Rt(qtKt + 1 – Dt) + %qtKt

] (54)

O`u %qtKt repr´esente un transfert minime de fonds accord´e aux nouveaux entrepreneurs.

2 Th´eories
L’une des le¸cons importantes de la crise financi`ere de 2008-2009 a ´et´e que le d
´eveloppement des
march´es financiers et leurs frictions sont importants pour l’´economie et doivent ˆetre pris en
compte
lors de la construction de macro-mod`eles. Il en est r´esult´e un regain d’int´erˆet pour les
cadres
th´eoriques int´egrant les frictions financi`eres.
La litt´erature existante prouvent que ces chocs ayant affect´e les march´es ont conduit `a la
mise
en place des mod`eles avec des march´es financiers pour analyser (i) l’impact des frictions
financi`eres
sur la transmission mon´etaire (Calza et al., 2007; Gerali et al., 2010; Christiano et al., 2010)
(ii
) politique mon´etaire optimale en pr´esence de frictions financi`eres DeFiore and Tristani
(2009);
Carlstrom et al. (2010); Kolasa and Lombardo (2011), (iii) l’impact des chocs financiers sur la
l’´economie (Iacoviello and Neri, 2010; Christiano et al., 2003; Brzoza-Brzezina and Kolasa,
2013)
ou (iv) la r´eglementation des capitaux et les politiques macroprudentielles (Angeloni and
Faia,
2009; Angelini et al., 2010; Jeanne and Korinek, 2010).
Un autre groupe des travaux ont analys´e l’interaction directe entre le d´eveloppement
financier
et la croissance ´economique (Greenwood and Jovanovic, 1990; Bencivenga and Smith, 1991;
DeGregorio and Guidotti, 1995; Saint-Paul, 1992; King and Levine, 1993a,b; Pagano, 1993).
Il en ressort
que les fonctions remplies par le syst`eme financier (collecte de l’´epargne, allocation des
ressources,
gestion de l’information financi`ere, etc.) sont importantes pour la croissance quoique la
relation
ne soit pas n´ecessairement lin´eaire. Le syst`eme financier concourt directement ou
indirectement
`a l’investissement. Il y contribue avec les financements n´ecessaires `a l’accumulation du
capital
physique et technologique.
En g´en´eral, les m´enages pr´ef`erent d´etenir leurs actifs sous une forme liquide tandis que
les
entreprises sont demandeuses de ressources `a long terme pour leurs investissements. Les
interm´ediaires financiers concilient leurs pr´ef´erences, `a priori divergentes, en transformant
les actifs liquides des uns en actifs de long terme pour les autres. En offrant des d´epˆots
liquides aux
m´enages et en choisissant un m´elange appropri´e d’investissements liquides et illiquides, les
banques
procurent une assurance contre le risque de liquidit´e pour les m´enages et, corolairement
favorisent
les investissements dans des projets rentables (Levine, 1997). De mˆeme, Greenwood and
Jovanovic
(1990) ont soulign´e le rˆole des interm´ediaires financiers dans la collecte centralis´ee des
fonds et
l’acquisition de l’information qui permet une allocation plus efficiente du capital, mieux
encore un
accroissement de son rendement moyen.
Pagano (1993) montre qu’une bonne organisation du syst`eme financier permet de bien
mobiliser
l’´epargne et de la canaliser efficacement vers l’investissement pour soutenir la croissance.
King and Levine (1993a), sur un ´echantillon mondial de 80 pays pour la p´eriode 1960 –
1989, ont ´etudi´e
l’impact du d´eveloppement financier sur la croissance via le rythme d’accumulation du
capital et
la productivit´e des facteurs. Ils ont construit 4 indicateurs de d´eveloppement financier qui
sont
devenus par la suite les plus utilis´es dans la litt´erature : (i) passif exigible du syst`eme
financier par
rapport au PIB, (ii) part relative des actifs des banques par rapport `a ceux de la banque
centrale,
(iii) ratio des cr´edits au secteur priv´e dans le total des cr´edits int´erieurs, et (iv) part des cr
´edits
priv´es dans le PIB. L’hypoth`ese sous-jacente `a ces indicateurs est que la taille du syst`eme
financier
est corr´el´ee positivement `a la fourniture et `a la qualit´e des services financiers. King and
Levine
(1993a) ont aussi mis en ´evidence un impact du ratio actifs liquides du secteur financier/PIB
sur
la croissance.
Kpodar (2004) a ´etudi´e le lien entre d´eveloppement financier et croissance dans les PED
tout
en tenant compte de la sp´ecificit´e des pays d’Afrique Subsaharienne. Sur un ´echantillon de
71
PED (dont 28 d’Afrique Subsaharienne) pour la p´eriode 1968 – 1997, les r´esultats obtenus
`a l’aide
de la m´ethode des moments g´en´eralis´es en panel dynamique montrent que le d
´eveloppement fi-
nancier a eu un impact limit´e sur la croissance en Afrique Subsaharienne que dans les autres
PED. Cette situation tient en partie `a la faible contribution du d´eveloppement financier `a la
croissance. Les crises bancaires permanentes, la concentration bancaire, l’ampleur et la
persistance de
l’interventionnisme public dans le syst`eme financier, la faiblesse du cadre l´egal et de la
supervision
bancaire est `a la base de cette marginalisation.
Aghion et al. (1971) a montr´e que l’interaction entre le d´eveloppement financier et les
variables
macro´economiques comme la productivit´e ou la volatilit´e macro´economique dans des r
´egressions
reliant la finance et la croissance est riche en enseignements empiriques. Il arrive `a ´etablir
que
: (i) la volatilit´e r´eduit plus la croissance dans les pays financi`erement moins d´evelopp´es ;
(ii)
une politique budg´etaire plus contracyclique stabilise davantage la croissance ´economique
dans les
pays `a faible niveau de d´eveloppement financier ; (iii) les pays `a faible niveau de d
´eveloppement
financier sont plus favoris´es par un r´egime de change fixe si le taux de change est la
principale
source de volatilit´e macro´economique.
A la suite de la crise financi`ere intervenue en 2007/2008, une partie de la litt´erature sur la
relation d´eveloppement financier – croissance ´economique a montr´e qu’au tant que la
finance
peut impacter positivement sur la croissance, elle peut aussi l’affecter n´egativement si
certains
acteurs-cl´es de la finance d´eveloppent des comportements obscurs, c’est-`a-dire de nature `a
entretenir une forte sp´eculation et `a spolier certains ´epargnants ou d´etenteurs d’actifs. Ceci
sugg`ere
que la lib´eralisation financi`ere ne devrait pas ˆetre excessive et que la supervision devrait
ˆetre optimale ou suffisante pour limiter la sp´eculation, contenir les comportements obscurs
et corriger les
imperfections. Ce qui requiert une nouvelle batterie de r´eformes.
Arcandand et al. (2012) ont montr´e que la relation entre le d´eveloppement financier et la
croissance ´economique n’est pas monotone. Ils soutiennent que la finance peut nuire `a la
croissance
lorsque le cr´edit au secteur priv´e atteint un seuil situ´e autour de 100 % du PIB. En partant
d’un
´echantillon de pays d´evelopp´es et ´emergents, Cecchetti and Kharroubi (2012) confirment
que le
niveau de d´eveloppement financier n’est favorable `a la croissance de la productivit´e que
jusqu’`a
un certain seuil ; `a partir de ce dernier, il la freine. Plusieurs autres travaux ont confirm´e la
non-lin´earit´e de la relation entre d´eveloppement financier et croissance ´economique,
notamment
ceux de Law and Nirvikar (2014), du FMI (2015) et Panizza (2017).
Par ailleurs, Il convient de mentionner que des frictions financi`eres ont r´ecemment ´et´e
ajout´ees aux mod`eles utilis´es `a des fins politiques dans plusieurs banques centrales. Cela
comprend le
mod`ele RAMSES de la Riksbank Christiano et al. (2011) et le NAWM de la Banque centrale
europ´eenne McAdam (2012). En effet, l’´etude des probl`emes g´en´er´es par ces frictions n
´ecessite un
cadre de mod´elisation capable de prendre en compte les liens macrofinanciers observ´es dans
les
donn´ees
Analyse des frictions financières dans le modèle macroéconomique
0. Introduction
1. Définition
En macroéconomie, les frictions financières réfèrent aux obstacles qui entravent le flux de
capitaux entre les agents économiques, que ce soit entre prêteurs et emprunteurs ou au sein
des institutions financières elles-mêmes. Ces frictions peuvent prendre la forme de coûts de
transaction, d’asymétries d’information, ou de contraintes de liquidité, et elles peuvent avoir
des conséquences significatives sur l’activité économique, notamment en amplifiant les cycles
économiques et en augmentant l’impact des chocs.
2. Différentes formes des frictions financières
2.1. Asymétrie d’information
L’asymétrie d’information permet d’analyser des comportements et des situations courantes
de l’économie de marché. Le plus clair du temps, on constate que sur un marché, un des deux
acteurs dispose d’une meilleure information, il en sait plus que l’autre sur les conditions de
l’échange (qualité du produit, travail fourni…). Cela contredit donc l’hypothèse de
transparence de l’information du modèle standard de concurrence pure et parfaite. Des
individus rationnels qui maximisent leur utilité, sont donc prêts à avoir des comportements
opportunistes qui risquent de compromettre le fonctionnement efficace du marché.
a) Anti sélection et aléa moral
On peut distinguer deux situations d’information asymétrique : d’une part l’antisélection,
appelée aussi sélection adverse, où le marché est perturbée par le fait qu’une partie connaît
mieux les caractéristiques du bien échangé au moment de la signature du contrat et d’autre
part, l’aléa moral qui est une situation dans laquelle une des parties (encore appelée principal)
ne peut contrôler l’action de l’autre partie (appelée agent) ou bien n’a pas les moyens d’en
évaluer l’opportunité.
b) Anti sélection
L’antisélection est due à un problème d’asymétrie d’information qui se déclare au moment de
la signature du contrat (ex-ante). Lorsque les acheteurs observent imparfaitement la qualité de
biens qu’ils désirent acquérir, les vendeurs ont intérêt à surestimer la qualité de leurs produits
afin de les vendre au prix le plus élevé possible. Les acheteurs ne peuvent donc ni avoir
confiance dans les déclarations des vendeurs, ni déduire qu’un prix élevé signifie une bonne
qualité. Dans un tel cadre, les vendeurs de biens de bonne qualité, qui valent effectivement un
prix élevé, peuvent être dans l’impossibilité de vendre leur produit à leur véritable prix dans la
mesure où les acheteurs doutent de sa qualité.

Le prix n’est plus un parfait signal de la valeur du bien, puisque, pour un même prix, il est
possible d’obtenir des biens de qualités différentes.
Le prix ne peut plus jouer son rôle d’information. Dans ces conditions le marché concurrentiel
ne peut plus fonctionner efficacement. L’agent victime d’un manque d’information risque de
sélectionner un produit qui ne correspond pas au prix affiché, ou demande un prix si bas que
les bons produits sont retirés du marché.
L’exemple des automobiles d’occasion dans un article célèbre (« The market for lemons :
Quality uncertainity and the market Mechanisms »1970), Akerlof va démontrer que le prix
n’est pas nécessairement synonyme de qualité, bonne ou mauvaise selon son évolution. Et
pour cela, il prend l’exemple d’un marché de cent voitures d’occasion où cinquante sont des
modèles de mauvaise qualité (« lemons ») et cinquante sont des modèles de bonne qualité.
Qui connaît la qualité exacte du modèle proposé ? Certainement pas l’acheteur. Seul le
propriétaire dispose de l’information. Pour les acheteurs potentiels, l’asymétrie d’information
est totale. Quel sera le prix du marché ? Tout laisse à penser que le propriétaire d’un mauvais
modèle est prêt à le vendre beaucoup moins cher que le propriétaire d’une voiture de bonne
qualité. Si la qualité des modèles est parfaitement identifiée, pas de problème. Par contre, que
se passe t-il si l’acheteur est incapable d’estimer la qualité du modèle proposé, asymétrie
d’information oblige ?
À cette question, Akerlof répond simplement : en proposant un prix unique, qui pourrait être
un prix moyen, le marché permet uniquement la mise en vente des modèles de médiocre
qualité. A ce prix, les propriétaires des modèles de bonne qualité se retirent du marché, le prix
moyen du marché étant trop faible. L’asymétrie de l’information exclut donc du marché les
produits de bonne qualité au profit des produits de moindre qualité. C’est ce qu’on appelle
donc l’anti sélection ou sélection adverse. « Les mauvais produits chassent les bons »…Ainsi
le laisser faire peut avoir des conséquences désastreuses : élimination des bons produits, voire
absence d’échange.
Dans ce cadre, une réglementation, assurant la révélation de tout ou partie de l’information,
ou encore instituant des procédures de recours efficaces contre les ventes de produits de
mauvaise qualité (garantie légale contre les vices cachés), permet d’améliorer le
fonctionnement des marchés.
Les effets de l’asymétrie d’information sur le système d’assurance. Les sociétés d’assurance
ne connaissent qu’imparfaitement les qualités intrinsèques des individus qu’elles sont censées
couvrir contre un certain nombre de risques.
Si les compagnies fixent une prime d’assurance, supposée couvrir un risque moyen
s’appliquant à l’ensemble de la population, elle s’expose à leur tour à un risque évident
l’assurance n’étant pas obligatoire, on peut raisonnablement penser que les « faibles risques »,
Trouvant la prime moyenne trop élevée, ne vont pas s’assurer, privant la compagnie de
recettes attendues et nécessaires à son équilibre financier. À l’inverse, les dépenses engagées
par celles et ceux qui ont décidé de s’assurer (les « hauts risques ») sont beaucoup plus
importantes en volume et valeur, que celles retenues dans l’hypothèse d’un risque moyen. Un
tel choix conduit donc à la faillite du système.
L’antisélection s’est traduite par l’impossibilité d’assurer un grand nombre de clients
potentiels jugeant la prime d’assurance trop élevée par rapport au risque encouru. L’asymétrie
d’information privant la compagnie d’assurance de pouvoir proposer des primes différentes
selon les types de risques.
Une solution consiste alors à amener les assurés à révéler leurs risques en mettant en place un
système de franchise. L’entreprise d’assurance offre des contrats avec des primes d’assurance
assez faibles, mais une franchise assez élevé et d’autres contrats avec, au contraire des primes
assez fortes et une faible franchise. Les agents à risque faible opteront rationnellement pour
les premiers et les agents à risques élevés opteront pour les seconds. Le problème de sélection
adverse trouve dans cette situation une solution évidente : payer en fonction du risque
encouru. Cette discrimination, effectivement, permet de conserver les bons clients dans le
domaine de l’assurance santé on peut encore opter pour une autre solution, tout aussi efficace,
économiquement, et plus juste, socialement. Il s’agit de rendre l’assurance santé obligatoire et
imposer aux moins risqués (les jeunes par exemple) une prime d’assurance plus elevée. Le
montant de la prime est alors calculé en anticipant les dépenses globales de santé.
Sachant que les plus âgés ont été un jour les plus jeunes, ce n’est pas nécessairement le
système le plus « injuste » sur une longue période. Il permet à la fois de contrecarrer les effets
pervers de l’antisélection (n’assurer que les hauts risques) et de parvenir à l’équilibre financier
(garder les bons clients). Cette solution a par ailleurs d’autres vertus en matière de « justice
sociale », celle d’assurer à un « prix raisonnable » les « hauts risques à faible revenu ».
Les effets de l’asymétrie d’information sur le marché du crédit : le rationnement du
crédit.
Le banquier, prêteur sur le marché du crédit, ne connaît qu’imparfaitement les risques
afférents aux prêts qu’il accorde. En revanche, les emprunteurs connaissent parfaitement la
probabilité de réussite de leur projet. Il y a donc une asymétrie d’information qui va
provoquer une antisélection. Les banques fixent des taux d’intérêt assez élevés pour leur
permettre de se couvrir de la probabilité de tomber sur de «mauvais emprunteurs», mais ces
taux risquent de faire fuir les « bons emprunteurs » qui mériteraient des taux d’intérêt plus
faibles. Comme les emprunteurs risqués ont une demande de crédit moins élastique au taux
d’intérêt, la banque sélectionne involontairement les emprunteurs risqués et se voit dans
l’obligation d’augmenter encore ses taux. Il existe un seuil au-dessus duquel l’augmentation
du risque est plus forte que l’augmentation du taux. Les intermédiaires renoncent à augmenter
leur taux d’intérêt au-delà.
Non seulement les emprunteurs à faible risque n’ont pas pu trouver le moyen de financer leurs
projets, mais tous les emprunteurs à haut risque n’ont pas réussi à se faire financer car le
crédit a été rationné ; le marché s’est clos sans être soldé (égalité entre l’offre et la demande).
L’antisélection induite par l’asymétrie d’information montre que les perdants sont toujours les
« bons » produits et les « bons » clients.
1) L’aléa moral
Dans le cas des phénomènes d’ « antisélection » il a été question des situations où l’asymétrie
d’information intervient ex-ante, au moment de la conclusion du contrat, elle concerne la
nature et la qualité des biens offerts sur le marché mais il est difficile d’anticiper le
comportement de l’acheteur après avoir acheté (ex-post). On parlera alors de «comportement
caché», «d’aléa moral» ou de «hasard moral». Cette absence de connaissance parfaite du
comportement après achat conduit à une situation où le marché ne peut être traité de façon
globale. Chaque cas devient un cas particulier.
Prenons un autre exemple souvent cité en économie de l’assurance, celui de l’assurance
contre l’incendie et le vol. La question qui se pose au nom du «l’aléa moral » est celle de
savoir si l’assuré prendra autant de précautions après s’être assuré qu’il en prenait avant pour
éviter vol et/ou incendie. L’incitation à se protéger ne se trouve-t-elle pas réduite du fait d’être
assuré ? On constate globalement que trop d’assurances favorisent la perte de précautions.
Bien évidemment, l’existence d’un comportement caché modifie la nature de l’équilibre par
rapport à celui observé là où les comportements sont rationnels et prévisibles.
Le risque moral apparaît dans les situations où certaines actions des agents, qui ont une
conséquence sur le risque de dommage, sont inobservables par les assureurs.
Mais le développement de l’économie de l’information a conduit à donner une définition plus
générale du risque moral. On distingue deux types de situations.
Dans le premier cas, l’individu non informé (le principal) ne peut apprécier l’action de son «
partenaire » (l’agent). Celui-ci est donc tenté de se comporter dans son propre intérêt et
d’annoncer au principal non informé que les mauvais résultats sont le fait d’événements
indépendants de sa volonté. Par exemple, l’effort des travailleurs est généralement
imparfaitement observable et ceux-ci peuvent avoir intérêt à profiter de cet état de fait pour
«tirer au flanc» et déclarer que les mauvaises performances ne sont pas la conséquence d’un
relâchement de leur effort.
Dans le second cas, le principal non informé peut observer l’action, mais ne peut vérifier si
elle est appropriée, car il ne peut apprécier les circonstances dans lesquelles le diagnostic doit
être tre établi et la décision d’agir effectivement prise. Cette situation émerge pour tous les
services d’experts : les experts disposent d’une information privée dans la mesure où ils sont
seuls à pouvoir établir un diagnostic. Ils peuvent donc avoir intérêt à annoncer un diagnostic
erroné bien qu’ils choisissent ensuite une action parfaitement adaptée au diagnostic.
Par exemple un garagiste peut choisir de remplacer une roue et la poser parfaitement alors
qu’une simple réparation du pneu aurait suffit !
Lorsqu’il y a aléa moral, le problème est d’inciter l’agent qui dispose d’une information
privée à prendre une décision optimale pour l’individu non informé. Le problème est donc
différent de celui rencontré dans le cas d’antisélection, où l’individu non informé doit
sélectionner un bon partenaire ou un bon produit. Le moyen de résoudre le problème du
risque moral est donc de trouver une procédure incitative, tandis que le moyen de résoudre le
problème de l’antisélection est de trouver une procédure permettant d’obtenir une information
sur une qualité intrinsèque d’un produit ou d’un individu.
Comme on vient de le suggérer, les problèmes liés à l’aléa moral sont en général étudiés dans
le cadre de modèles « principal-agent ». Dans de tels modèles, le principal (en français : le
mandant) est l’individu qui mandate, contre un paiement, l’agent (le mandaté) pour effectuer
une tâche stipulée dans un contrat. Le principal est confronté à un problème de risque moral
lorsqu’il observe imparfaitement l’action entreprise par l’agent (action cachée) ou lorsqu’il ne
connaît pas l’action qu’aurait dû entreprendre l’agent afin d’agir dans l’intérêt du principal
(information cachée). Le problème du principal est de trouver une procédure qui incite l’agent
à agir dans l’intérêt du principal.
Le principal peut proposer un contrat qui stipule un paiement en fonction d’un résultat, et
éventuellement d’une information transmise par l’agent. En fait le principal a un éventail de
choix beaucoup plus large. Il peut notamment choisir d’investir dans des techniques de
contrôle direct de l’action des agents (elles ne sont pas infaillibles), il peut aussi imposer des
contrats qui instaurent une compétition sur les résultats, ou encore de proposer aux agents de
collaborer pour une longue période (la durée de la relation permet de mieux connaître l’effort
moyen fourni par l’agent).
Le résultat central de l’économie de l’information est l’inefficacité économique de l’échange
et de la concurrence lorsqu’il existe des coûts d’acquisition de l’information. Les agents qui
disposent d’un avantage informationnel bénéficient généralement d’un avantage dont ils vont
chercher à profiter de manière indue.
II) Asymétrie d’information et marché du travail
L’asymétrie de l’information permet d’expliquer pourquoi l’économie de marché conduit,
contrairement à ce qu’enseigne la théorie traditionnelle, à une situation de chômage
involontaire.
1) Asymétrie d’information et chômage involontaire
Appliquée au marché du travail l’asymétrie d’information aboutit à différents types d’analyse
des comportements rationnels des agents. On regroupe sous les termes de salaire d’efficience
l’ensemble des travaux (Shapiro, Stiglitz, Akerlof…) qui étudie le lien entre le niveau du
salaire d’un individu et celui de sa productivité (salaireÆ productivité). Il existe plusieurs
explications possibles d’une relation croissante entre salaire et productivité, en ce qui nous
concerne nous n’en retiendrons que deux.
Dans la relation qui le lie à ses salariés, l’employeur a le souci d’obtenir de ceux-ci le plus
haut niveau de productivité possible. Or les actions des employés sont imparfaitement
observées par l’employeur (aléa moral). Dans cette situation, l’employeur doit imaginer un
système salarial incitatif, empêchant les attitudes de tire-au-flanc, afin d’atteindre les objectifs
qu’il s’est fixé.
Une autre explication suppose qu’un chef d’entreprise n’observant qu’imparfaitement les
caractéristiques des individus qu’il embauche (risque d’antisélection), pourrait pratiquer une
politique de « hauts salaires » afin d’attirer dans son entreprise les meilleurs éléments de la
population active.
Compte tenu de toutes ces asymétries d’information (information cachée et action cachée), le
chef d’entreprise, soucieux d’inciter l’employé à plus d’effort, fixe un niveau de salaire qui
obéit à des impératifs d’efficacité productive et non à une logique de marché résultant de la
confrontation d’une offre et de demande de travail. Dans le cas où l’offre de travail est
supérieure à la demande de travail des entreprises, l’économie se trouve dans une situation de
chômage involontaire dans la mesure où il y a des offreurs de travail qui ne trouvent aucune
entreprise prête à les embaucher. Dans cette situation, les firmes pourraient songer à baisser
les salaires, mais alors le niveau d’effort de chaque employé ne serait plus optimal. Plus
exactement, pour chaque entreprise, le gain occasionné par une baisse de salaire serait annulé,
et même au-delà, par la diminution de la productivité individuelle. Au total, le marché du
travail se trouve dans une situation stable d’équilibre de sous-emploi où le salaire est rigide à
la baisse.
Cela dit, les employeurs peuvent également améliorer l’efficacité de leurs employés sans leur
verser de hauts salaires. Par exemple, des rémunérations augmentant avec l’ancienneté
permettent de stabiliser la main d’œuvre, ou d’inciter les travailleurs à fournir un effort élevé
en présence d’aléa moral. Les politiques salariales des entreprises n’ont alors plus de raison
d’entraîner du chômage involontaire. Les problèmes d’incitation et de stabilisation de la main
d’œuvre auxquels sont confrontées les entreprises peuvent néanmoins contribuer à exclure des
travailleurs faiblement productifs de l’emploi.
2) La théorie des signaux d’Arrow (1973) et Spence (1974)
Compte tenu de l’asymétrie d’information sur le marché du travail, qui entraîne l’ignorance
des caractères personnels des candidats et candidates, les entreprises peuvent s’appuyer sur
des signaux, comme le diplôme, pour sélectionner le bon candidat. A tort ou à raison, le bon
candidat sera celui «signalé» par un diplôme. On peut supposer que les individus qui ont de
fortes capacités, et qui donc sont plus productifs, obtiennent des diplômes plus facilement,
c’est-à-dire à des coûts plus faibles. Les « bons » individus sont donc prêts à consacrer un
investissement en éducation plus important que les autres individus pour obtenir un diplôme
qui leur permettent de signaler leur qualité aux employeurs.
La formation n’a donc pas comme objectif unique d’accroître la productivité individuelle par
l’amélioration du capital humain, mais elle a aussi celui de fournir au marché un signal sur la
qualité de l’individu qui postule pour un emploi. Cependant ce signal a pour conséquence,
d’exclure de ce même marché les non diplômés ou les mal diplômés (diplôme non reconnu ou
mal reconnu), ce qui conduit là encore à accroître le taux de chômage, et ce quelles que soient
les prétentions salariales de ces derniers.
Pour Spence, on peut généraliser le raisonnement à d’autres produits. Ainsi la publicité serait
un autre signal, de ceux qui croient en leur produit, et qui sont prêts à engager pour eux des
dépenses publicitaires. Les vendeurs de voiture d’occasion peuvent offrir une garantie qui sera
un signal de qualité. Dans tous les cas, la théorie de signaux vient faciliter le choix garant
d’une meilleure productivité ou d’une meilleure satisfaction, rendu difficile par l’absence de
transparence et par l’asymétrie d’information.
[Link].2. La théorie des coûts de transaction
La théorie des coûts de transaction enrichit l’analyse de l’efficacité et aborde des notions
telles que les économies d’échelle, les effets de synergie entre deux ou plusieurs institutions.
Le concept de coût de transaction apparait pour la première fois en 1937 dans l’article de
Ronald Coase, « The Nature of the Firm » 1. C’est cependant Oliver Williamson (Prix Nobel
2009) qui est considéré comme le fondateur de ce courant théorique18. La théorie des coûts
de transaction postule que les agents ne sont dotés que d’une rationalité limitée (concept que
l’on doit à Herbert Simon) tout en se comportant de manière opportuniste. Le point de départ
de Williamson et de la théorie des coûts de transaction est de postuler que toute transaction
économique engendre des coûts préalables à leur réalisation : coûts liés à la recherche
d’informations, aux défaillances du marché , à la prévention de l’opportunisme des autres
agents etc. Ainsi, certaines transactions se déroulant sur le marché peuvent engendrer des
1
D’après l’encyclopédie libre Wikipédia lu le 08 Août 2013
coûts de transaction très importants. Dès lors, les agents économiques peuvent être amenés à
rechercher des arrangements institutionnels alternatifs permettant de minimiser ces coûts.
Les coûts de transaction, c’est-à-dire le temps et l’argent dépensés pour réaliser les
transactions financières, sont un problème majeur pour les gens qui ont de l’argent à prêter.
Même si quelqu’un qui connait un entrepreneur qui veut lancer une entreprise, et souhaite lui
prêter de l’argent, doit pour se protéger contre toute éventualité payer un juriste pour rédiger
le contrat de prêt et préciser les conditions de paiements des intérêts et du remboursement. Si
le montant de prêt est peu élevé, le paiement de ce spécialiste risque de lui coûter plus cher
que tous les intérêts qu’il ne pourra jamais obtenir, de sorte que le prêt peut ne pas être réalisé.
[Link].3. La théorie d’agence ou théorie principal-agent
La relation d’agence peut être définie comme une relation au cours de laquelle une ou
plusieurs personnes (le principal) engagent une ou plusieurs autres personnes (les agents) pour
exécuter en leur nom une tâche qui implique la délégation d’un certain pouvoir de décision de
ces derniers (Jensen et Meckling, 1976) 2. Partant de cette définition, on retient que toute
relation d’agence donne parfois lieu à une asymétrie de l’information entre les individus à
travers soit le risque moral ; soit la sélection adverse.
L’asymétrie de l’information peut être à l’origine de comportements conduisant à des rigidités
des quantités et des prix, au déséquilibre, voire à la disparition du marché (G. Akerloff,
1970)3. On suppose qu’un des agents, le prêteur ou l’emprunteur, dispose d’une information
privée qui n’est pas totalement transmise aux prix des actifs sur le marché et qu’il peut
exploiter aux dépens de l’autre.
 Le risque moral ou aléa moral qui peut être défini de deux manières à savoir : le risque
moral ex ante qui regroupe toutes les actions de l’emprunteur qui ne peuvent pas être
observables par le prêteur une fois le prêt obtenu, mais avant que le rendement soit
réalisé, et le risque moral ex post qui regroupe toutes les actions de l’emprunteur une
fois le rendement du prêt obtenu.
 La sélection adverse ou anti-sélection qui se présente dans la situation où des
emprunteurs détiennent des renseignements qui leur permettent d’obtenir des prêts qui
leur sont favorables et qui défavorisent la banque ou l’IMF.

2
Cité par Smahi Ahmed, 2010
3
[Link], 1970, cité par L. Nembot Deffo (2012) ; Cours d’ Intermédiation bancaire,
niveau 5, banque-monnaie-finance, Université de Dschang
Effets macroéconomiques des frictions financières
Réduction de l’investissement privé et productif
Transmission faible de la politique monétaire
Amplification des crises : en période de choc, les frictions aggravent la chute du crédit (effet
pro-cyclique)
Frein à la croissance : le capital n’est pas alloué aux bons projets
Dans les modèles macroéconomiques modernes, les frictions financières jouent un rôle central
pour expliquer pourquoi les chocs économiques (comme une crise) peuvent avoir des effets
durables et profonds.
1. Modèle de Bernanke-Gertler-Gilchrist (BGG)
Ce modèle introduit une prime de financement externe :
- Plus une entreprise est risquée, plus elle paie cher pour se financer.
- En période de crise, les profits chutent la prime augmente → l’investissement diminue
fortement.

2. Modèle de Kiyotaki-Moore (1997)


Ce modèle montre comment les actifs peuvent servir de garantie (collateral).
- Si la valeur des actifs baisse (ex : immobilier), les entreprises ou ménages peuvent
emprunter moins ralentissement de l’économie.
3. Effets macro des frictions
- Amplification des cycles : en période de crise, les frictions aggravent le choc (moins de
crédit moins d’investissement plus de chômage).
- Transmission affaiblie des politiques monétaires : baisser le taux directeur ne suffit plus si
les banques ne prêtent pas.

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