TP Esther
TP Esther
4. CADORET I., Econométrie appliquée, de Boeck, 1 ère éd. Paris, méthode, application,
corrigées, 2004
11. SOLOW R., Une contribution à la théorie de la croissance économique, QJE, Vol 70,
1956
13. YAYA K, Efficacité Macro économique du crédit bancaire en Côte d’Ivoire, Document
de travail, E. n°118, CIRES 2005
3. Rapport
17. N.L. BAMBA, Les sources de la croissance d’ivoire, Document de travail n°97,
CEPEC, Côte d’Ivoire 2004
18. Rapport de l’OCDE sur la réforme du secteur financier en Afrique, Documents
Technique n°190, Juillet 2002.
Revenu
Selon J. Hicks, le revenu d’un individu désigne ce
qu’il peut consommer au cours d’une période de
temps sans entamer la valeur de son patrimoine.
Les revenus prennent naissance dans la création
d’une valeur ajoutée au cours de chaque cycle de
production. Le revenu est donc un flux et il ne
doit pas être confondu avec le patrimoine qui est
un stock.
Le revenu prend le plus souvent une forme moné-
taire mais il peut aussi s’agir d’un revenu en nature.
Revenu arbitrable
Dépenses comprennent les dépenses liées au logement (loyer, eau, gaz, électricité, etc.), aux
services
Accroissement de ce dernier qui serait intégralement absorbé par les dépenses pré-engagées a
peu
Du pouvoir d’achat.
Revenus
Non-salariées.
Productivité, Revenus
Revenu de facteurs
(salaire), les revenus du capital (profit), les revenus mixtes et les revenus du capital naturel
(rente).
Capital et investissement
Profit, Rente, Ressources naturelles, Revenu du patrimoine, Revenu mixte, Revenu primaire,
Salaire
Est un revenu qui garantit un niveau de ressources minimal aux personnes âgées d’au moins
25 ans
«RSA-socle».
Revenu de transfert
Un revenu de transfert est un revenu qui ne provient pas d’une participation directe ou
indirecte
Sociales) ;
Au sein de la famille) ;
Gouvernementales) ;
– Des transferts internationaux publics (par
Productivité, Revenus
Des ménages
Dans la comptabilité nationale, le revenu disponible ajusté des ménages est le revenu
disponible
Ménages.
Revenus
Revenu dont disposent les ménages pour consommer ou investir, après opérations de
redistribution.
Revenus du patrimoine auxquels on ajoute les prestations sociales en espèces reçues par les
ménages et
Dans la comptabilité nationale, le revenu disponible brut (ou net) est le solde du compte de
Revenu du patrimoine
Les revenus du patrimoine sont des revenus
Etc.).
Les remboursements de soins de santé sont considérés par la comptabilité nationale comme
des
Prestations sociales en nature (à la différence des
Revenus
L’emploi.
Solidarité active.
Revenus
Pauvreté
Revenu minimum d’insertion (RMI)
France par la loi du 1er décembre 1988. Il a été remplacé par le revenu de solidarité active
(RSA) en
2009.
Revenus
Revenu mixte
Le revenu mixte désigne le solde du compte d’exploitation pour les entreprises individuelles
(appartenant au secteur institutionnel des ménages).
Revenu primaire
Revenu national brut (RNB)
Le revenu national brut (RNB) aux prix du marché représente l’ensemble des revenus
primaires reçus par les différents secteurs institutionnels
Résidents.
Le RNB est utilisé comme indicateur de développement quand il est rapporté à la population
Revenus
(RNDB)
En comptabilité nationale, le revenu national
Revenus disponibles bruts des secteurs institutionnels. Il est égal au revenu national brut
augmenté
Au reste du monde.
Comptabilité nationale
Le revenu national net ajusté est le revenu national brut duquel on déduit les amortissements
REVENU
Un revenu est un flux qui prend naissance
Economie fermée, la production (valeur ajoutée) donne lieu à une distribution de revenus
Redistribution.
Monde.
La redistribution opérée par l’État, et dont
Permissive de la croissance de tous les revenus, des revenus primaires, mais également
Intérieur brut).
Analyses théoriques
Et profits. Les analyses économiques étudient également les revenus des agents
Est alors celle de la répartition individuelle des revenus. Il est aussi possible d’envisager la
Plupart du temps analysée à partir des revenus des différentes professions et catégories
Socioprofessionnelles de l’INSEE.
Les analyses de la répartition des revenus
Pour Smith, le taux de salaire courant fluctue autour du taux de salaire naturel déterminé
Différentielle qui repose sur la loi des rendements marginaux décroissants en agriculture.
Quence, la rente foncière et le prix des subsistances augmentent. Par ailleurs, le taux de
Salaire est déterminé par le coût des subsistances. Comme les prix agricoles augmentent, les
taux de salaire augmentent aussi. Le
Donc sa part se réduire dans le revenu national, ce qui conduit à un état stationnaire.
de discriminations, etc.
L’approche keynésienne
Et postkeynésienne de la répartition
1946) considère que les salaires nominaux sont rigides à la baisse, les salariés s’opposant,
Des salaires nominaux. L’analyse néoclassique standard d’un marché du travail parfait
Pour l’École postkeynésienne, la répartition des revenus résulte d’un rapport de force
1970) s’était déjà opposé à la vision néoclassique de la répartition. La part des salaires
Travail.
Pour J. Robinson (1905-1983), il est impossible d’expliquer le partage des revenus à partir de
la productivité marginale des facteurs.
Préalable la connaître.
Tous les modèles néo-cambridgiens exposés entre la fin des années 1950 et le début des
Années 1960 mettent en avant l’interdépendance entre le partage des revenus et la croissance
économique. La politique des revenus
Et leur évolution
Sources statistiques importe également : utilise-t-on des sources fiscales ou des enquêtes
De plusieurs catégories, autrement dit la disparité, ou les écarts à l’intérieur d’une caté-
Entre le 9e
En longue période, les inégalités de revenus en France se sont réduites. Selon J. Fourastié
(1907-1990) dans Le grand espoir du
Xxe
Siècle. Cette
Siècle, 1 %
Relativement stable, autour de 70 %, entre 1949 et le premier choc pétrolier. Cette part
Jusqu’à aujourd’hui.
Les très hauts salaires ont augmenté plus rapidement, accentuant ainsi la tendance à la
Beaucoup accrue
Ce renversement de tendance de l’évolution des inégalités est confirmé par l’étude des
Le rapport entre le 9e
Décile de niveau de
Conventions collectives limite la dégradation de la situation des salariés les plus défavorisés.
Mais les inégalités ne sont en fait
L’individualisation et de la désindexation.
INTRODUCTION
I. Présentation du sujet
Alors que la lutte contre la pauvreté est devenue une préoccupation majeure dans tous les pays
en voie de développement, les initiatives individuelles sont devenues l’une des solutions
auxquelles la population recourt pour nouer les deux bouts du mois. Ainsi, à l’instar des pays
développés, l’entrepreneuriat ou l’exercice des petites activités lucratives continue à aider
plusieurs ménages nonobstant les embauches et rémunérations précaires qu’elles génèrent.
C’est ainsi que, dans le cadre de ce travail, nous allons tenter d’évaluer et d’apprécier l’impact
de l’entrepreneuriat dans la lutte contre la pauvreté en République Démocratique du Congo.
II. Contexte de l’étude
Dans un contexte économique et financier mondialement morose et incertain, caractérisé
notamment par la pandémie du Coronavirus, le ralentissement de la croissance économique et
la dégradation des conditions de vie, la montée du chômage, la lutte contre la pauvreté, la
création d’emplois et de relance des activités économiques sont sans doute au menu des
programmes de développement de tous les pays. En République Démocratique du Congo,
outre le manque de la culture entrepreneuriale, la mauvaise répartition du revenu ou les
inégalités sociales et/ou salariales font aussi partie des causes de la pauvreté qui sévit dans le
pays.
1.2. Intérêt
Le présent travail présente un triple intérêt à savoir : Pratique, Scientifiqueet Social
Ü Du point de vue pratique : Ce travail nous permet de palper du doigt le rôle grandiose que
joue l’entrepreneuriat dans la lutte contre la pauvreté à travers les activités menées par les
petites et moyennes entreprises formelles et/ou informelles en RDC.
Ü Du point de vue scientifique : Cette étude nous donne l’opportunité d’élargir nos
connaissances aussi bien dans le domaine de l’entrepreneuriat que dans celui de la lutte contre
la pauvreté. En plus, par les réponses spécifiques qu’elle apporte aux questions soulevées, elle
fournit des données à d’autres chercheurs ou personnes désirants traiter et approfondir ce
sujet. Ce travail constitue donc un recueil d’information utile et fiable.
Ü Du point de vue Social : Nous osons croire que la conclusion et les différentes analyses et
interprétations que nous aurons à faire ici pourront aider la population à comprendre le rôle
capital de l’entrepreneuriat dans la lutte contre la pauvreté et l’indépendance financière.
Dans le temps :Dans le souci de mieux cerner notre réflexion, cette étude couvre la période
allant de 2015 à 2019 soit 5ans.
Dans l’espace : Ce travail va tabler sur le cas de FINCA RDC S.A., une entreprise de
Microfinance installée en République Démocratique du Congo depuis 2006.
INTRODUCTION
La création des entreprises par les jeunes engendre une force vitale pour l’économie d’un pays
(Hamila et Majida, 2016). De ce fait, l’entrepreneuriat[1] permet aux jeunes de lutter contre le
chômage, d’améliorer la valeur ajoutée de leur environnement ainsi que les conditions de vie
de la population (Delwar, 2014 et Kareem, 2015 cité par Baluku, 2016). C’est ainsi que
l’entrepreneuriat, notamment la création des entreprises demeure aujourd’hui un nouveau
moteur de relance de l’économie des pays étant donné qu’il est un des moteurs essentiels
d’innovation, de compétitivité et de la croissance économique (Neira et al., 2013).
L’entrepreneuriat ne se limite pas seulement à la création d’emploi, il est également une façon
de concrétiser les idées et des solutions innovantes (EuropeanYouth Forum, 2011) et est vu
comme la clé d’accroissement du revenu individuel et du bien-être (Hamilton, 2000 ;
Kawaguchi, 2002 ; Benz et Frey, 2004 cité par Uschi et Petra, 2013). En ce sens, le processus
entrepreneurial, par le canal de sa capacité à créer de l’emploi, est considéré comme une clé
de la croissance économique (Shaekih et Hafiez, 2013 cité par Baluku 2016).
Cependant, les jeunes, faute de manque d’emploi et par le souci de créer des emplois stables,
s’orientent actuellement dans l’entrepreneuriat (Kvedaraite, 2014 ; Aksanti, 2016) ; Le
chômage des jeunes aussi bien éduqués que les non formés reste l’un des problèmes majeurs
auxquels les pays africains font face et n’arrivent pas à y apporter une solution favorable,
pourtant, les jeunes contribuent à la création d’emplois (Kikandi et al., 2014). Cela étant, La
création d’entreprise se présente comme une alternative pouvant permettre aux jeunes de faire
face aux problèmes de chômage dans les pays en voie de développement étant donné que la
création d’emplois par l’Etat et les grandes entreprises diminue sensiblement à la suite de la
crise économique et politique qu’ils traversent (Mujinga, 2009 cité par Basubi, 2014).
Ainsi, l’entrepreneuriat est de plus en plus envisagé et proposé aux jeunes comme étant une
alternative pouvant leur permettre d’être actif sur le marché de travail, d’avoir un salaire, de
gagner leur vie, d’être indépendants et de réaliser leur potentiel (EuropeanYouth Forum,
2011). Cela dit, le fait que les jeunes se lancent dans la création d’entreprise permet de
résoudre certains problèmes liés au chômage des jeunes tels que la délinquance et la
paupérisation d’une communauté. Soutenir la création d’entreprises chez les jeunes a donc un
impact social fort puisqu’il permet de créer de l’emploi et en particulier chez les jeunes
marginalisés et économique étant donné que les jeunes entrepreneurs sont très impliqués sur
le marché local, toute nouvelle création d’activité a pour conséquence d’insuffler de nouvelles
dynamiques dans l’économie locale. Il s’agit là de caractéristiques communes aux pays
économiquement forts et faibles (Chinguta, 2002). Toutefois, le nombre des jeunes qui
s’engagent dans les activités entrepreneuriales reste encore faible.
Selon les données de 2004 du Global Entrepreneurship Monitor (GEM)[2] au Québec, quatre
jeunes sur cinq (84 %) valorisent la carrière entrepreneuriale (contre 72 % dans le reste du
Canada), 18 % ont l´intention de créer une entreprise au cours des trois prochaines années
(contre 17 % dans le reste du Canada), mais seulement 5,3% (contre 7,3 % du reste du
Canada) créaient, en 2004, une entreprise (Riverin et Jean, 2005 cité par Borges et al., 2010).
Au niveau mondial, moins de 5% des jeunes étudiants veulent créer leur propre entreprise
immédiatement après les études. Toutefois, cinq ans après la fin des études, plus de 20%
pensent créer leur propre entreprise (OCDE, 2012b). En effet, la banque africaine de
développement indique que la proportion des jeunes qui déclarent être chef de leur propre
entreprise en 2011 est de 13% et 20% respectivement dans les pays à faible revenu et les pays
à revenu intermédiaire (tranche inférieure et supérieure) (Kikandi et al., 2014).
Dans le processus de création de leurs entreprises, les jeunes font face à différents problèmes
dont les ressources financières, l’expérience et l’insuffisance du capital social et humain[3]
demeurent les principales contraintes à la création d’entreprises (Uschi et Petra, 2013 ; Muriel
et al., 2014 ; Cito, 2016) . Le capital social facilite aux entrepreneurs l’accès à l’information et
aux ressources qui sont moins chères que ceux offerts par les institutions financières (Chiraz
et Nouri, 2014), il facilite également la réduction des coûts de production réduction des coûts
de transaction (Baluku, 2016).
Les jeunes de la République Démocratique du Congo (RDC) n’échappent pas à ces réalités.
On y observe un taux élevé de chômage dont le chiffre n’est pas déterminé. Ce qui pousse les
jeunes à s’orienter dans l’entrepreneuriat en créant leurs propres entreprises voire à migrer
vers les provinces qui présentent plus d’opportunités de création d’entreprises (Kikandi et al.,
2014). L’Organisation Internationale des Migrations (2013) montre que les jeunes cherchent à
échapper au chômage en migrant pour chercher des nouvelles perspectives d’avenir vers des
villes en se lançant dans des activités informelles qui sont considérées palliatives (Chokola,
2013). D’où, l’existence des PME créées par les jeunes ; au Sud-Kivu les PME sont
majoritaires (90 à 98% sur la totalité des entreprises) avec une prédominance d’activités
d’import-export et jouent un rôle incontestable notamment dans la création d’emploi, la
contribution du PIB ainsi que dans la croissance et le développement de la province
(Bisimwa, 2014 cité par Cito, 2016).
Cependant, la RDC a décidé de faire de la jeunesse sa priorité en élaborant des programmes
d’actions dont l’entrepreneuriat des jeunes[4] constitue une réponse forte et adaptée pour
offrir de nouvelles opportunités d’insertion professionnelle aux jeunes peu ou pas qualifiés
pour lesquels l’emploi se dérobe. Parmi ces programmes, nous avons le programme
PROYEN/YEN[5] qui est plus détaillé dans le rapport de l’OIM (2012). Ces différents
programmes visant le bien-être des jeunes ont une grande importance en ce sens que les
jeunes en situation de chômage sont exposés aux manipulations politiques et prédisposés à
s’engager dans des mouvements criminels, des gangs, et les mouvements militaires tels que
les rebellions[6] (Kikandi et al., 2014).
Etant donné ces multiples problèmes qui frappent les jeunes et les poussent à s’orienter dans
l’entrepreneuriat et ceux auxquels ils font face dans la création de leurs entreprises, il devient
important de se poser les questions suivantes
, TABLE DE MATIERE
ARTICLES ET OUVRAGES
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COURS ET SYLLABUS
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AISSIOU, Lounes, Financement de grands projets d’investissement : Cas de projet Shariket
Miyeh Ras Djinet « SMD », Mémoire de Master, BOUMERDES, 2016.
ii. FAIDA, C., Étude de faisabilité de création d’une unité de production de sucre
dans la province du nord Kivu à Rutshuru ; analyse financière et économique,
Mémoire de licence ULPGL, GOMA, 2011.
iii. KALONJI, J., Système d’élevage des porcs et la rentabilité socio-économique dans
les ménages porciculteurs à Kisangani, MEMOIRE, inédit, IFA/YANGAMBI,
2014.
iv. NGUMBU, S., Évaluation financière d’un projet d’élevage des poules pondeuses à
Kisangani, MEMOIRE, inédit, FSEG/UNIKIS, 2018.
v. NIZEYIMANA, F., La faisabilité économico-financière du projet d’élevage des
poules pondeuses à Mugina, MEMOIRE, ULK, RWANDA, 2009.
CHAPITRE I : LITTERATURE REVUE
1. Introduction
L’évaluation des projets d’investissement dans l’élevage a fait l’objet de plusieurs recherches
dans le temps et dans l’espace tant dans les domaines économique, agronomique que
financier. Les condensés de quelques travaux en la matière sont ici présentés.
Toujours selon Keynes (1936), l’investissement est profitable tant que son rendement dépasse
son coût. Investir consiste à dépenser aujourd’hui une somme d’argent dans l’espoir de
réaliser des recettes dans le futur. Ces sommes ne sont pas perçues au même moment. Un
bilan actualisé de l’investissement s’impose.
Le même auteur poursuit son raisonnement en évoquant que la VAN dépend négativement du
taux d’intérêt. Le projet d’investissement est donc rentable si et seulement si sa VAN est
positive (ou nulle). Deux interprétations de cette condition sont envisageables : pour
l’entrepreneur disposant des fonds, le projet d’investissement est rentable dans la mesure où
les recettes générées dépassent (ou égalisent) celles que procurerait l’usage alternatif ou le
coût d’opportunité de ces fonds c’est-à-dire un placement au taux d’intérêt en vigueur dans
l’économie ; pour l’entrepreneur ne disposant pas des fonds, le projet est rentable s’il lui
permet d’emprunter au taux d’intérêt en vigueur et de rembourser ses créances en lui laissant
une marge positive (ou nulle).
Le taux de rendement interne (TRI) autrement appelé taux interne de rentabilité (TIR) est
l’efficacité marginale du capital. Il constitue le fondement de la fonction d’investissement.
KEYNES (1936) estime qu’au niveau macroéconomique, seuls les projets ayant un TRI
supérieur au taux d’intérêt en vigueur dans l’économie seront réalisés. De la sorte, si le taux
d’intérêt augmente l’investissement diminue et vice-versa. Par ailleurs, les classiques dont
Irving FISHER (cité par VILLIEU, P., 2000) estiment également que l’investissement est
fonction inverse ou décroissante du taux d’intérêt.
Les méthodes analytique, statistique et synthétique ont été utilisées. Au terme de sa réflexion,
NIZEYIMANA, F. a débouché sur les résultats suivants : l’activité est rentable ; le délai de
récupération de l’investissement est d’un an, 7 mois et 6 jours ; la VAN s’est révélée positive
affichant une valeur à hauteur 59.583.909 frw ; l’indice de profitabilité s’est élevé à 4,47 frw
au taux d’actualisation de 10 % l’an pendant 5 ans ; le TRI (81,34 %) est de loin
Supérieur au taux d’actualisation. D’où, eu égard à ces résultats, le projet a été jugé rentable
(2).
Le plan de financement dégage un solde de trésorerie positif. Le projet est donc solvable.
MANISHIMWE R. (cité par NGUMBU, S., 2018, p. 1) a porté son étude sur l’évaluation
technique et économique de la ferme moderne de Dougar. L’objectif était de contribuer au
développement des fermes à petite échelle à travers la mise à la disposition des acteurs de la
filière laitière d’un référentiel technique et économique à partir des résultats d’évaluation de
ladite ferme. Cette étude a débouché aux conclusions qui suivent. Techniquement, les
performances de la reproduction des vaches de la ferme étudiée n’ont pas été influencées par
la race. Économiquement, sur une durée d’étude de six mois, la ferme a affiché, en moyenne,
un coût de production d’un litre de lait de 315,56 FCFA #177 ; 30,74 FCFA dont 69,85 % sont
consacrés à l’alimentation. Elle a dégagé, en moyenne, un bénéfice brut de 128,59 FCFA
#177 ; 28,76 FCFA par litre de lait vendu. Il ressort de cette étude que les résultats sont
prometteurs. Ils nécessitent une amélioration afin d’atteindre des objectifs satisfaisants,
recommandés et réalisables.
NGUMBU, S., (2018) a centré sa réflexion sur l’évaluation financière d’un projet d’élevage
des poules pondeuses à Kisangani. Sa préoccupation majeure a été d’évaluer la rentabilité du
projet. Il a tenté de répondre à deux questions : ce projet est-il techniquement faisable et
financièrement rentable ? Quel en serait la contribution au développement socio-économique
de la ville de Kisangani ?
Deux méthodes ont été utilisées quant à ce : la méthode statistique et la méthode analytique.
L’étude a fourni les résultats selon lesquels le délai de récupération du capital investi du projet
est de 2 ans, 7 mois et 26 jours ; la VAN présente une valeur de 68.432,40 $ ; le TRI s’élève à
18 % et le retour sur l’investissement est de 29 %. Le projet a donc été jugé rentable. L’auteur
arrive par ailleurs à la conclusion selon laquelle ce projet contribuera à la création d’emplois
et, à la réduction du chômage dans la ville de Kisangani.
FAIDA, C. (2011) (3) a travaillé sur l’étude de faisabilité de création d’une unité de
production de sucre dans la province du nord Kivu à RUTSHURU. Plusieurs objectifs sont
poursuivis : analyse financière et économique du projet ; constitution d’une documentation
sur la création d’une entreprise agricole ; création d’emplois directs et indirects à divers
échelons en RDC et promotion de la créativité dans le chef du peuple congolais.
Les effets économiques du projet portent notamment sur la réduction des importations
d’environ 50 % et du prix du kilogramme du sucre de 0,29 $ US ; la promotion et la
modernisation de la culture de la canne à sucre au niveau du territoire de RUTSHURU et dans
toute la Province du Nord Kivu. De plus, le projet permettra d’élever la valeur ajoutée des
entreprises d’électricité, pétrolières, etc.
L’économie dégagera ainsi globalement une valeur ajoutée estimée de 1.002.022 $, la
première année de l’exécution du projet avec une augmentation annuelle de 2 % en moyenne
pour le reste d’années ; un montant de 3 168 $ pour le compte des agents ; un total de
3 486 330 $ en faveur des pouvoirs publics au titre de paiement d’impôts pour la première
année et un montant de 2 645,6 $ pour les assurances.
KALONJI, J., (2014) a basé son étude sur le système d’élevage des porcs et la rentabilité
socio-économique dans les ménages porciculteurs à Kisangani. Il s’est proposé non seulement
de déterminer la rentabilité économique de la porciculture à Kisangani et dans ses environs,
mais aussi de dégager les conditions d’élevage et d’élucider le niveau de connaissances des
acteurs.
La démarcation évoquée peut aussi être appréhendée du point de vue de la nature du projet, de
sa durée et de son lieu d’exécution. De tous ces travaux évoqués ci-haut, aucun
10
Système d’élevage de claustration stricte par manque d’espace ; 90 % de ces derniers font de
l’élevage dit familial ; 10 % pratiquent l’élevage semi-industriel. Le coût total moyen engagé
s’élevant à hauteur de 138,15 $, le revenu moyen vaut 254,14 $ pour un profit moyen dégagé
de 115,98 $. Le taux de rentabilité commerciale est de l’ordre 94,16 %. Par ailleurs, l’activité
est jugée économiquement rentable.
AISSIOU, Lounes (2016), dans le cadre de sa réflexion sur le financement de grands projets
d’investissement, s’est penché sur le projet Shariket Miyeh Ras Djinet « SMD ». Les résultats
obtenus sont les suivants : la VAN de ce projet s’élève à 25 472 43 $ ; le TRI vaut 6,505 % et
le délai de récupération de l’investissement est de 11 ans et 11 mois.
DELPORTE, O. (2018) a travaillé sur l’évaluation économique et financière d’un projet
d’investissement dans l’élevage des poules pondeuses et à chair dans la ville de Kisangani. Il
a usé des critères qualitatifs se rapportant à la pertinence, l’efficacité, l’efficience et à la
durabilité pour apprécier le projet d’élevage des poules pondeuses et à chair. Par ailleurs, il a
analysé l’apport de ce projet sur le développement économique de la ville de Kisangani, d’une
part, et effectué une analyse financière en s’imprégnant de la rentabilité du projet, d’autre
part. Il a procédé de la méthode statistique. Ses résultats sont les suivants : la VAN, est de
12 392,42 $ US, pour les cinq années considérées ; le TRI se situe à 17,439 % ; le capital
investi pour ce projet a été récupéré après 3 ans 5 mois et 11 jours d’exploitation ; l’indice de
profitabilité vaut 0,25 $ US.
4. Conclusion
Le présent chapitre a porté essentiellement sur la revue de la littérature. L’objet de ce chapitre
était d’établir une démarcation entre le présent travail et tous les travaux antérieurs élaborés
dans le domaine d’évaluation des projets. On peut se rendre compte que la présente étude
comporte un caractère original. Elle propose de répondre à la question de savoir si l’élevage
moderne des cochons dans la ville de Kisangani est rentable et de cerner la contribution d’un
tel investissement dans l’amélioration des conditions socioéconomiques de la population de
ladite ville.
D’entre eux ne traite de l’élevage des porcs. Toutefois, la méthodologie utilisée dans chacun
d’eux semble converger.
L’originalité de l’étude étant relevée, il convient de montrer comment les données sont
récoltées et traitées.
2. Approche méthodologique
2.1. Techniques de récolte des données
La technique documentaire nous a permis de consulter le fichier GUCE (2019) sur les
conditionnalités d’immatriculation d’une entreprise. Elle nous a permis aussi d’exploiter les
états financiers de la ferme de la Fondation Bamanisa et d’y récolter les données économico-
financières. Ces données ont servi de cadre de référence aux estimations. Elles ont été
adaptées pour nous rapprocher de la réalité projetée d’une exploitation d’un élevage moderne
des cochons, objet de la présente étude.
Les techniques de questionnaire et d’interview avec observation se sont révélées importantes
lors des enquêtes sur terrain auprès des éleveurs, d’une part ; et des ménages demandeurs de
la viande des porcs, d’autre part.
La taille de l’échantillon a été portée à 150 ménages tirés en raison de trois grappes de 50
ménages chacune des Communes de Mangobo, Tshopo et Makiso. Trois raisons justifient ce
choix (DEPELTEAU, F., 2011, p. 219) : la non existence d’une liste exhaustive des membres
de la population ; des contraintes de déplacement, de coûts ou du temps ; l’observation à
grande échelle.
13
Les éleveurs ont été répertoriés à 34 dans les communes de la Tshopo et celle de Mangobo.
Nos enquêtes ont porté sur 6 vendeurs des cabris
2. HYPOTHESES DE L’ETUDE
Pour répondre provisoirement à cette question, nous émettons l’hypothèse selon laquelle le
projet d’implantation d’une unité de production de semoule de maïs dans la ville de Bukavu
serait rentable et faisable.
D’étudier le marché
D’analyser les coûts liés à ce projet ainsi que sa rentabilité ;
Inciter les investisseurs ou détenteurs des capitaux à venir investir dans la production de
farine de maïs au d’un business plan à élaborer
Dégager le flux nécessaire de ce projet
Etudier et analyser les dispositions légales et économiques de ce projet.
I.4. CHOIX ET INTERET DU SUJET
I.4.1. Choix du sujet
La question de l’étude de faisabilité de l’implantation d’une unité de production de semoule
de maïs dans la ville de Bukavu n’est pas sans importance. En effet, dans tous les secteurs de
la vie actuellement on peut ressentir l’impact de la farine de maïs et leur commercialisation
s’impose donc. En outre, nous avons été motivée par l’effet de voir que l’économie de la
province dont nous sommes originaire en l’occurrence la province du Sud Kivu, est
extravertie. Presque toute la farine consommée dans la ville de Bukavu est importée ; pendant
que le pays dispose des matières premières pouvant être transformées en semoule de maïs
pour le besoin de la population afin de palier à ce défi. Il y a ce souci de pouvoir réduire, si
pas éradiquer totalement l’importation de la farine de maïs.
Par ailleurs, la réalisation de ce projet pourrait être d’un certain intérêt aux yeux de la
communauté en ce sens qu’il contribuerait à la diminution de la dépendance alimentaire en
luttant contre l’importation de farine de maïs, en contribuant à l’amélioration des conditions
économiques par le fait que le projet pourra offrir des nouvelles opportunités d’emploi aux
communautés locales.
CHAP I : REVUE DE LA LITTERATURE
En vue d’étudier et d’analyser la faisabilité du projet d’investissement, faisant l’objet de notre
travail, il s’avère impérieux de donner un aperçu général sur un certain nombre de concepts
généralement employés dans l’étude des projets
Pour BRIDIER M. et al, un projet est un ensemble des moyens (matériels, financiers et
humains) mis en œuvre de façon coordonnée dans le but d’atteindre des objectifs financiers
et/ou économiques fixés au préalable (BRIDIER M. et al, 1995). Il est constitué par
l’ensemble des études techniques, économiques, financières et humaines qui définissent ce
que chacun doit faire pour atteindre un but déterminé.
Pour DAYAN, le projet est un processus unique de transformation des ressources ayant pour
but de réaliser d’une façon ponctuelle un extrait spécifique répondant à un ou plusieurs
objectifs précis, à l’intérieur des contraintes budgétaires, naturelles, humaines et temporelles
(DAYAN A. et al, 1999).
De ces définitions, nous pouvons de notre part, définir le projet comme étant un ensemble
d’opérations orientées vers la réalisation d’un objectif fixé à l’avance au moyen des
ressources matérielles, financières et humaines, ressources limitées dans un temps fixé à
l’avance.
En plus ceci se dégagent trois piliers pour la définition d’un projet : le coût, le délai et
l’objectif, qui sont tous en effet interdépendants. Chaque changement d’un caractère
déséquilibre le projet. Si l’on souhaite atteindre plus vite l’objectif, il faut engager des moyens
supplémentaires, ce qui agit directement sur les coûts. Si l’on souhaite réduire les coûts du
projet, c’est la qualité d’ensemble de ce dernier (objectif) qui en pâtira
Ceci va rapprocher l’idée du projet à celle d’un investissement comme nous allons le voir par
la suite, caractérisé aussi essentiellement par ces trois éléments. Pour cette raison, les deux
concepts seront, dans le cadre de ce travail, parfois utilisés comme synonymes l’un de l’autre.
INVESTISSEMENT
L’investissement consiste, pour une entreprise, à engager durablement des capitaux sous
formes diverses (matérielles ou immatérielles) dans l’espoir d’en obtenir un retour satisfaisant
étant donné les risques assurés (GUILLET, R. 2003).
UNITE DE PRODUCTION
Une unité de production peut être définîe comme un département ou se déroule la production
la production.
MAÏS
Par définition, le mais est une plante herbacée tropicale annuelle de la famille de céréale pour
ses grains riches en amidon, mais aussi comme plante fourragère (httpsfrmwikipedia .org
wikimaïs )
L’élément volontariste : un projet est une opération décidée clairement par un promoteur ;
L’élément temps : un projet est une opération qui doit se dérouler dans un temps réparti entre
la mise en œuvre du projet et la date où le projet atteindra l’objectif ;
L’élément complexité : un projet est une opération qui nécessite la mise en œuvre des moyens
divers et une programmation dans le temps ;
L’élément finalité : le but ou l’objectif à atteindre par le projet est défini au préalable. Il peut
être de nature économique ou sociale. Il peut s’agir d’une production directe (plantation,
industrie), il peut s’agir de l’amélioration du niveau technique et du rendement (assistance
technique, formation du personnel). Il peut aussi s’agir d’une amélioration sociale (santé,
habitat).
Un projet est caractérisé par son exécution dans un environnement contraignant : ceci signifie
que l’exécution d’un projet se fait sous des contraintes de performance, de délai et des coûts.
Tout projet d’investissement comprend : les dépenses d’investissement, les cash-flows
attendus, la durée de vie de l’investissement, la valeur résiduelle de l’investissement,…
Classification des projets (BURUME, op. cit.)
Partant des caractéristiques énoncées ci-haut, nous pouvons classifier les projets d’après les
critères ci-après :
Classement par finalité : c’est le classement le plus courant. Il peut être présenté de diverses
manières. Cependant, suivant la nature des biens ou services produits, nous pouvons citer :
Les projets de production des biens matériels (projets agricoles, projets miniers, projets
énergétiques, projets industriels, etc.
Les projets de production de services (projets de transport, projets de télécommunication,
projets de construction, etc.)
Classement par rapport au temps : qui sépare la mise en œuvre des moyens pour l’obtention
des résultats. On distingue :
Les projets de production immédiate (projets industriels) et les projets de production différée
(reboisement, barrage) ;
Les projets supposant un important investissement (forte intensité capitalistique, longue durée
de vie et d’amortissement)
Les projets n’impliquant qu’un investissement moderne (amortissement rapide).
Classement par rapport à la complexité : soit au niveau de la mise en œuvre de résultat. Dans
cette catégorie, nous retrouvons :
Les projets ponctuels (exemple : les projets individuels) et
Les projets de mise en valeur régionale.
Nous pouvons, compte tenu des éléments énoncés ci- haut, préciser que ce projet passé sous
études s’inscrit dans le cadre d’un projet industriel visant la production immédiate
concentrées de tomate et dont le processus de mise en œuvre requiert des moyens importants
en vue de la réalisation de ses objectifs qui s’avèrent complexes (la recherche de la rentabilité,
la réduction du chômage, etc.)
A cette phase, une estimation préliminaire est réalisée et une vue générale du travail à
exécuter est faite. L’identification du projet étudier également l’environnement interne et
externe auquel sera soumis le projet.
Disons d’une manière globale que c’est au cours de cette phase qu’est réalisée l’étude de
faisabilité du projet, une étude qui permet de préciser si les conditions de viabilité du projet
existent tant du point de vue technique, économique que financier.
Les études d’opportunités : elles ont pour principale fonction d’identifier le projet qui
représente un certain intérêt ou un potentiel pour l’entreprise ou pour le milieu. Elles sont
souvent réalisées à partir des grandes orientations de ceux qui sont sollicités pour financer le
projet. Elles ne sont pas très détaillées, il s’agit d’études très sommaires ;
Les études de préfaisabilité : elles ont pour but principal d’analyser de façon non détaillée la
faisabilité du projet (l’aspect marché, technique et financier), d’identifier les aspects du projet
qui nécessitent des études en profondeurs et de décider si on doit poursuivre le projet avec ou
sans études de faisabilité ;
Les études de faisabilité : c’est la planification détaillée du projet.
Objectif et portée d’une étude de faisabilité
Une étude de faisabilité est réalisée par le promoteur ou est commanditée par lui.
L’objectif premier d’une étude de faisabilité est de déterminer si l’idée du projet que l’on a
retenue est faisable. Comme tout projet non planifié est voué à l’échec, la décision prise
sciemment ou non de réaliser un projet non réalisable est une erreur grave car cette décision
ne change en rien la non faisabilité effective du projet. C’est pourquoi il faut porter toute
l’attention nécessaire à l’analyse de la faisabilité d’un projet sélectionné et y consacrer
suffisamment des ressources.
La deuxième est l’évaluation des coûts pour prendre la décision éclairée sur la réalisation du
projet.
La troisième est la détermination de la faisabilité économique ou financière selon le cas
afin de répondre à la question « les revenus ou bénéfices du projet ont-ils une valeur
supérieure au coût ? Et compte tenu de l’étalement dans le temps et le risque associé ? ».
Pour les phases de conception d’un projet, une fois qu’un besoin communautaire prioritaire
a été identifié, on peut commencer à réfléchir à la façon dont il pourrait être traité. La
conception d’un projet comprend : l’analyse des parties prenantes ou groupe d’intérêts, la
recherche, l’analyse des problèmes, le cadre logique, la planification des actions, la
budgétisation.
Le planning détaillé du projet est établi en termes de durée, échéances, ressources et coûts.
Les politiques et procédures de gestion sont également définie à ce stade.
Phase de finalisation
Durant cette phase, tout le travail est complet, le promoteur ou le consommateur reçoit
l’[Link] ressort de ce qui précède que les deux premières phases, à savoir : la phase
d’identification et la phase de définition se basent sur la planification technique et sont
qualifiées de faisabilité du projet tandis que les deux dernières phases (la phase de réalisation
et la phase de clôture) s’orientent vers la réalisation du travail et sont appelées : acquisition du
projet. L’analyse de ce paragraphe montre à suffisance que le projet passé sous étude se trouve
encore au niveau de l’étude de faisabilité (c’est-à-dire aux niveaux de phases de
conceptualisation et de définition) car le but même de ce travail est de rechercher les
conditions de viabilité requises avant de pouvoir passer à sa réalisation. De ce fait, l’étude
tiendra compte non seulement du produit et du marché ; mais aussi, des aspects juridiques, du
procédé industriel, des équipements à utiliser, du personnel, de la fiscalité, du financement et
de l’analyse financière et économique de l’investissement.
Les investissements incorporels : qui comprennent d’une part les acquisitions d’actifs
incorporels immobilisés ou non (brevet, licences, marques de fabrication, etc.) et, d’autres
part, les changes au sens comptable du mot telles que les programmes de formation et de
perfectionnement du personnel, les compagnes publicitaires, les études de recherche
appliquée (recherche et développement), etc.
Les investissements corporels, industriels ou commerciaux : ils permettent la forme d’actifs
physiques : soit en actifs immobilisé (maison commerciale, etc.) soit en actif circulant
principalement en stock (matières premières, etc.) ;
Les investissements financières : qui relève la forme soit de titres de participations ou des
prêts à long terme (actions, obligations, …) soit encore des prêts à court terme (lorsqu’ils sont
attachés à des participations appelées à être renouvelées).Selon leur objectif, les
investissements peuvent être classés en trois catégories à savoir :
Les investissements directement productifs qui comprennent :
Les investissements de renouvellement ou de remplacement dont l’objet est le maintien de
potentiel de l’entreprise ;
Les investissements de capacité ou d’expansion dont l’objet est l’accroissement du potentiel
de production ou de commercialisation (création d’une unité de production, construction d’un
immeuble, etc.) ;
Les investissements de productivité ou de modernisation dont l’objet est l’amélioration de la
productivité ;
Les investissements de prestige dont l’objet est l’image de marque de l’entreprise et dont les
effets non mesurables ne peuvent qu’être indirects ;
Les investissements d’innovations ou de diversification.
Les investissements obligatoires : qui sont imposés par une réglementation d’ordre public ou
par des engagements antérieurs à l’échelon de la profession ou de l’entreprise.
Les investissements stratégiques : destinés à améliorer le climat stratégique, à développer la
recherche et, généralement, à créer les conditions, les plus favorables pour construire le
devenir de l’entreprise tel qu’il a été voulu.
Notons cependant que, la rentabilité des investissements stratégiques est indirecte dans la
mesure où leurs effets consistent à améliorer les chances de réussite des investissements
directs productifs et rentables.
La notion du risque étant sous jante au concept même de l’investissement, on peut classer les
investissements productifs dans l’ordre de risque croissant en deux catégories :
Tout projet d’investissement est caractérisé par : les dépenses à l’investissement, la durée de
vie de l’investissement, le cash-flow et la valeur résiduelle.
Le capital investi
C’est la dépense que doit supporter l’entreprise pour réaliser le projet. Il comprend :
Durée de vie
Afin d’évaluer les gains attendus, il est nécessaire de connaitre la durée d’exploitation du
projet. En principe, il s’agit de la vie économique, mais si celle-ci est difficile à prévoir, on lui
substitue la durée d’amortissement.
En principe, les cash-flows sont générés de manière continue mais, pour simplifier les calculs
de rentabilité, on admet qu’ils soient obtenus globalement à la fin de chaque exercice.
La valeur résiduelle
A la fin de sa durée, le bien, objet de l’investissement peut être cédé. Comme il est alors
totalement amorti, le produit de la cession constitue une plus-value. Cette plus-value étant,
dans le cas général, inférieure au total des amortissements pratiqués, il s’agit, sauf exception,
d’une plus-value à court terme, imposé au taux normal. Le produit de cession net d’impôt,
doit être ajouté au dernier cash-flow.
Théorie sur la rentabilité
L’analyse du projet est effectué par rapport à un agent bien déterminé qui est le promoteur du
projet en vue de réaliser un objectif bien précis qui est généralement la maximisation de
bénéfice de son capital investi sous contrainte de la disponibilité et du coût du capital.
De ce fait, quel que soit le projet, le taux de rentabilité espéré doit être suffisamment élevé
pour rémunérer l’actionnaire du risque qu’il encourt en dirigeant ses fonds propres et/ou pour
couvrir les intérêts des emprunts contractés.
De ce que précède, nous pouvons d’une manière générale, définir la rentabilité connue étant
l’aptitude d’une entreprise à dégager, efficacement, un résultat compte tenu d’un
investissement ou des moyens mis en œuvre pour les obtenir.
Un investissement est considéré comme rentable si la somme des profits futurs actualisés est
considérée comme supérieure à la dépense présente.
Il permet de faire des échanges de biens et de services contre de la monnaie, les quantités
offertes et demandées déterminent le niveau de prix auquel se fera l’échange. S’il y a une
offre importante d’un produit face à une demande limitée, le prix se situera à un faible niveau,
les offreurs se feront concurrence en acceptant de baisser le prix, à l’inverse si la demande est
supérieure à l’offre, le prix sera plus élevé.
Chiffre d’affaire
Le chiffre d’affaires correspond aux ventes réalisées sur la période (généralement l’année
mais il peut être ventilé par mois, semaine, jours, ...). Cette évaluation monétaire du marché
correspond au chiffre d’affaires en valeur qui peut également être exprimé en volume c’est-à-
dire en nombre d’unités de produits vendus.
Part du marché
Par rapport à cette valeur globale du marché, on calcule les parts de marché, c’est-à-dire le
rapport entre le chiffre d’affaires de la marque et le chiffre d’affaires total des marques du
marché.
Cette évaluation peut se faire à plusieurs niveaux : au niveau de l’entreprise considérée, des
différents segments du marché ou des différents types de distribution.
La part de marché peut être exprimée, elle aussi en valeur ou en volume. L’évaluation en
volume permet d’évaluer les différences de prix et donc de comparer les quantités vendues.
Au niveau de marché, l’analyse permet de classer les positions des entreprises les unes par
rapport aux autres. Ainsi, la notion de part de marché relative, indique le rapport entre la part
de marché de l’entreprise leader sur ce marché.
Taux de pénétration
Par rapport à l’évaluation du nombre de consommateurs potentiels, on procède au calcul du
taux de pénétration, il correspond :
L’entreprise cherche à anticiper la demande à percevoir les évolutions ou à les créer, et pour
ce faire elle doit détecter les besoins existants et latents.
b) Les sondages
Ils permettent d’éviter les recensements et les dénombrements longs et coûteux. Les
techniques de sondage sont fondées sur l’analyse d’un échantillon prélevé dans une
population, afin d’en extrapoler les tendances caractéristiques à l’ensemble de la population.
c) Les panels
Les panels sont des échantillons permanents d’une population et permettent de recueillir des
informations actualisées concernant l’évolution des faits et des comportements.
De cette définition ressort les trois composantes du marketing : la détection des besoins,
l’adaptation de la politique et l’attitude volontaire.
Pour ce qui est de ses champs, le marketing est né avec la consommation de masse et la
production de biens de grande consommation à écouler, mais peu à peu la démarche et les
méthodes se sont développées dans de nombreux autres secteurs de l’économie, notamment le
marketing industriel où les matériels, les biens d’équipement, les fournitures industrielles
utilisent de plus en plus le marketing avec d’autres paramètres pour stimuler la demande et les
marchés.
La segmentation et le positionnement
Au cœur d’un même marché, il est possible de repérer des groupes d’acheteurs dont le
comportement est différent. L’entreprise cherche à délimiter des segments de marché sur
lesquels les comportements d’achat sont proches.
A) La segmentation
Elle consiste à découper le marché en sous-ensembles de clients ayant de caractéristiques
homogènes. L’entreprise l’utilise pour différencier ses politiques commerciales et les adapter
aux segments de marché afin de mieux toucher ses clients actuels ou potentiels. La
segmentation se fait en utilisant plusieurs critères : l’âge, le sexe, la zone géographique, les
revenus, les habitudes de vie, les métiers.
b) Le positionnement
Il est la détermination de la place occupée par un produit en fonction de ses caractéristiques,
de son image, des attentes de la clientèle, des positions tenues par les concurrents.
Une entreprise peut avoir intérêt à positionner son offre sur une place vacante du marché, une
niche, c’est-à-dire sur des attentes non satisfaites par des produits concurrents, afin de détenir
une marge de manœuvre importante.
Le second scenario où nous avons suppos un financement mixte, a dégagé une VAN positive
de 509009, un IP de 3,03 ; un TIR de 90%, une durée de récupération du capital investi de
1an, 11mois et 23jours, une rentabilité financière à la première année de 66,02% et une
rentabilité économique de 82,81%.
Hormis ces méthodes et techniques, nous avons faitrecours à d’autres techniques et méthodes
qui s’imposaient pour une ou une autre partie précise de ce travail à savoir :
Pour appréhender ces aspects, nous avons opté pour la technique d’enquête auprès des 96
ménages de la ville de Bukavu. Nous soutiendrons cette méthode par la technique de
questionnaire et évidemment par des entretiens libres individualisés. Comme il nous est
difficile de mener les enquêtes sur toute la population que nous considérons comme notre
population cible, nous avons fait recours à une technique dite d’échantillonnage pour
compléter les techniques qui soutiennent notre méthode.
La technique d’enquête
Dans le domaine de recherche en sciences sociales, le mot « enquête » ne signifie pas
simplement quête d’informations, collecte de témoignages, d’avis, recherche des documents.
C’est la quête d’informations réalisées par interrogation systématique de sujets d’une
population déterminée.
Ici, il s’agit de les interroger sur leurs besoins actuels et futurs en matière des consommations
de farine de maïs ou de semoule de maïs dans la ville de Bukavu et leurs avis au sujet de
l’implantation d’une unité de production de semoule de maïs dans la ville de Bukavu et sur
leurs attentes vis-à-vis d’une telle entreprise.
L’échantillonnage
Pour user de cette technique, il est impératif d’avoir des indications sur la population, la
formule à utiliser pour tirer un échantillon ayant un caractère représentatif.
Population : La population de cette étude est constituée des ménages de la ville Bukavu.
DEDICACE
A notre mère KOLA MIAKA Agnes, pour tant d’amours, d’affections et tous les sacrifices
consentis pour notre bonheur.
REMERCIEMENTS
Au terme de notre deuxième cycle au sein du département de Gestion des Entreprises et
Organisation du Travail de la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education de
l’Université de Kinshasa, nous sommes redevables aux personnes qui d’une manière ou d’une
autre ont contribué à notre formation.
Qu’il nous soit permis de remercier tous les Professeurs, Chefs de Tavaux et Assistants qui ont
contribué à notre formation, particulièrement ceux de la Faculté de Psychologie et des
Sciences de l’Education et ceux de l’Université de Kinshasa.
Nous serions ingrats si nous n’exprimons pas nos sincères remerciements aux familles
BANGO et MPAKU, particulièrement à papa Antoine MPAKU et maman Charlotte
BUNGUDI, maman Odette MBUDI, papa Christian TSHISUAKA, Monsieur Moujo
MUSUNGAYI, Monsieur Eulalie MBOMA, Jerry AWANA, Clémentine BANGO et Sœur
Passy MAGELA.
A mes très chers amis Josiane SAFI, Jovine NSHIMBA, Gloria BILONDA, Mage ISANGYA,
JP MBWENGO, Marcel KABANGA, Christelle SHIKIYA, JL DIAKANUA, Emilie
ASABIEL, Michel BOTUNGU et Prince LUBO pour leur soutien et amour.
Que nos oncles, tantes, frères, sœurs, cousins, cousines et amis trouvent ici notre sens de
reconnaissance à travers ce travail, fruit de nos efforts.
Introduction
Ce papier est une tentative de construction d’un mod`ele d’´equilibre g´en´eral dynamique et
stochastique (DSGE) de type N´eokeyn´esien pour la RDC dans le but de capter les effets sur
la dynamique
Et les frictions financi`eres influent sur la croissance ´economique `a long terme par son effet
sur
Capital utilis´e ; enfin, par son incidence sur le volume de l’´epargne, qui conditionne la
capacit´e future de l’´economie de g´en´erer des revenus. Le syst`eme financier agit sur la
stabilit´e de l’´economie
En raison du fort pouvoir de levier de ses activit´es et de son rˆole central dans le r`eglement
de
L’ensemble des transactions au sein de l’´economie, de sorte que toute d´efaillance d’un
segment
Risque de compromettre la stabilit´e du syst`eme dans son ensemble. Un tel mod`ele aurait
comme
Ambition, celle de servir `a des fins d’analyse et de pr´evision des politiques `a la Banque de
la Congo.
En effet, cette d´emarche se justifie par le fait que le profil temporel des donn´ees macro
´economiques et financi`eres de la R´epublique d´emocratique du Congo (RDC) de ces trente
derni`eres ann´ees,
Soit de 1990 `a 2019, fait ´etat de leur ´evolution assez rapproch´ee. En effet, les statistiques
existantes
Et vice-versa. Au regard de cet ´etat de choses, il y a lieu de s’interroger sur les implications
mutuelles
Des diff´erents chocs affectant le secteur financier ainsi que la dynamique macro´economique.
La p´eriode allant de 1990 `a 2001 a ´et´e marqu´ee en RDC, par un repli notable et continu
de la
Production int´erieure brute r´eelle, une baisse sensible de l’investissement aussi bien priv´e
que public,
Par une forte d´ecote de la monnaie scripturale, une baisse sensible de l’intermédiation
financière (attest´ee par la baisse du taux d’inclusion financi`ere et du volume de cr´edits
accord´es `a l’´economie),
et un accroissement des impay´es dans le portefeuille des institutions financi`eres.
Par contre, de 2002 `a 2015, la RDC a connu une am´elioration des fondamentaux de son
´economie (brisement de l’hyperinflation, maˆıtrise de l’inflation, unification et stabilit´e du
taux
de change, retour et consolidation de la croissance ´economique, etc.) et une reprise des activit
´es
financi`eres sur fond d’un ensemble de r´eformes op´er´ees dans le secteur. Cette reprise a ´et
´e attest´ee entre autres par l’accroissement du nombre d’institutions financi`eres (banques et
institutions
de microfinance), l’accroissement du volume des transactions, l’´elargissement de la
couverture
g´eographique des activit´es financi`eres, l’expansion du total bilanciel des banques
commerciales,
l’accroissement du taux d’inclusion financi`ere, et la diminution du portefeuille des impay´es.
De 2016 `a 2017, la situation macro´economique du pays s’est consid´erablement d´et´erior
´ee
(reprise et mont´ee rapide des pressions inflationnistes, d´et´erioration de la position ext
´erieure nette,
glissement rapide et continu du taux de change, etc.) en raison d’un ralentissement important
de
la croissance ´economique qui a n´egativement pes´e sur les finances publiques et les r
´eserves internationales. Il en a ´et´e de mˆeme pour les activit´es financi`eres dont le volume
a ´et´e en baisse et pour
lesquelles le portefeuille des impay´es a connu une remont´ee assez inqui´etante. Durant la
mˆeme
sous-p´eriode, certaines institutions financi`eres assez importantes du pays sont tomb´ees en
cessation
d’activit´e attestant ainsi de la pr´esence d’un malaise dans le secteur.
Le recourt `a l’approche DSGE se justifie par le fait que la conception et le succ`es de la
politique
´economique d´epend de la qualit´e du diagnostic de la situation, de bon choix des instruments
`a utiliser, du bon dosage et de la bonne coordination de diff´erents compartiments de la
politique
´economique mais aussi du bon fonctionnement des instances d’ex´ecution de mesures prises.
Notons
que la bonne coordination des diff´erents instruments de la politique ´economique d´epend du
cadre
d’analyse de politiques ´economiques. Ainsi, il faut un mod`ele th´eoriquement coh´erent et
qui refl`ete
les donn´ees empiriques (Matata, 2019).
La construction et l’estimation d’un mod`ele DSGE distinguent plusieurs moments d’analyse :
(i) la sp´ecification ; (ii) les tests, estimations et simulations et (iii) les applications. Pour le
premier
moment, les travaux de Smets and Wouters (2003, 2005), Tsasa (2012), Bernanke et al.
(1999),
Manadir (2017) et Gertler and Karadi (2011) nous servent de r´ef´erence. Le deuxi`eme
moment
d’analyse s’inspire essentiellement des apports s´emantiques de Kabuya and Tsasa (2018),
BrzozaBrzezina and Kolasa (2013), Bernanke et al. (1999), Gertler and Karadi (2011), Umba
(2020) et
Manadir (2017).
Les diff´erents travaux ´evoqu´es ont montr´e que la gestion du cadre macro´economique `a
travers la
formulation de politiques ´economiques efficaces exige de mod`eles qui d’une part, int`egrent
le comportement micro´economique des agents ´economiques, et d’autre part, captent leurs r
´eponses aux
perturbations ´economiques, notamment les frictions mon´etaires et financi`eres. Les
mod`eles DSGE
de type NK sont largement utilis´es dans les banques centrales et autres institutions des
´economies
d´evelopp´ees telles que pr´esent´ees dans notre premier chapitre. Dans les pays en d
´eveloppement,
il est rare de trouver des travaux d´etaill´es d´eveloppant ces mod`eles. Jusqu’`a ce jour, on ne
compte presque pas d’´etudes consacr´ees `a l’´elaboration d’un tel mod`ele pour l’´economie
congolaise. La revue de la litt´erature nous a permis de collecter quelques ´etudes de cas
classiques pour
le Ghana (Dagher et al., 2010) ; le Nigeria (Olekah and Oyaromade, 2007) ; la R´epublique
sudafricaine (Steinbach et al., 2009) ; l’Iran (Feizi, 2008) ; les pays ´emergents (Olekah and
Oyaromade,
2007)(Garcia-Cicco, Pancrazi et Uribe, 2010) ; la RDC (Tsasa, 2012; Ntagoma et al., 2015;
Kabuya and Tsasa, 2018; Umba, 2020).
La pr´esente ´etude constitue, un essai et se propose de pr´esenter pour la premi`ere fois, au
mieux de notre connaissance, un mod`ele DSGE NK analysant les effets des frictions
financi`eres
sur l’´economie congolaise, suppos´ee comme une petite ´economie ferm´ee. Le reste du
document est
structur´e comme suit : La section 2 aborde de la revue de la litt´erature. La section 3 pr
´esente le
mod`ele. La section 4 d´ecrit les donn´ees. La section 5 pr´esente les r´esultats. La section 6
conclut.
L’Annexe 7.1 contient un tableau synth´etique sur la calibration du mod`ele. L’Annexe 7.2
contient
les codes Matlab/Dynare et les fonctions de r´eponses des diff´erentes variables.
3 Mod`ele
Consid´erons l’´evaluation des frictions `a la Bernanke et al. (1999) et `a la Gertler and Karadi
(2011)
´etant bas´e sur les crit`eres suivants : Premi`erement, ces deux frictions repr´esentent les
deux classes
Principales de probl`emes d’agence utilis´es dans la litt´erature. Deuxi`emement, la friction `a
la
Bernanke et al. (1999) a gagn´e une place dans la mod´elisation DSGE avec frictions
financi`eres,
Comme un acc´el´erateur financier traditionnel, tandis que la friction `a la Gertler and Karadi
(2011)
Compte l’hypoth`ese de rigidit´es nominales sur les prix (Woodford, 2003), dont la version
standard
(Mccallum and Nelson, 1999a,b) comporte : (i) une courbe IS forward looking ; (ii) une
courbe de
Phillips forward looking et (iii) une r`egle de politique mon´etaire `a la Taylor. Le recours `a
ce mod`ele
Permet d’une part, de capter la non-neutralit´e `a court terme de chocs de politique mon´etaire
sur
Les variables r´eelles et d’autre part, d’appr´ehender la r´eplique de d´ecideurs politiques suite
aux
Comme dit dans les lignes pr´ec´edentes, le mod`ele que nous d´eveloppons ici s’inspire
notamment
Des mod`eles micro-fond´es pr´esent´es par Smets and Wouters (2003, 2005), Umba (2020),
Tsasa
(2012), Bernanke et al. (1999), Manadir (2017) et Gertler and Karadi (2011). Le mod`ele en
Cause consid`ere, primo, une ´economie ferm´ee sans et avec frictions financi`eres
comprenant huit
Travail (des syndicats) ; (iv) une entreprise repr´esentative de bien d’´equipement ; (v) une
entreprise
Le mod`ele suppose deux types de rigidit´es nominales : (i) sur les prix et (ii) sur les salaires.
Aussi, en vue d’am´eliorer la capacit´e du mod`ele `a reproduire des faits empiriques, nous int
´egrons
Dans le mod`ele, des rigidit´es r´eelles via les habitudes de consommation (Fuhrer, 2000). Les
rigidit´es
Nominales sont int´egr´ees dans le mod`ele avec un m´ecanisme `a la Calvo (1983). Les prix
et les
Enfin, nous supposons que l’´economie est perturb´ee par cinq (5) principaux chocs qui seront
Analys´es `a savoir : (i et ii) les frictions financi`eres `a la Bernanke et al. (Costly State
Verification)
Et `a la Gertler and Karadi (Costly Enforcement) ; (iii) un choc de politique mon´etaire ; (iv)
un choc
Ce mod`ele ne contient pas de friction financi`ere et consid`ere donc les march´es financiers
comme
Consomment le bien final et ´epargnent sous forme d’achat de biens de capital ou de bons du
Tr´esor
(titre). Ils d´ecident de l’intensit´e de l’utilisation du capital et louent ses services aux
producteurs
De biens interm´ediaires. Dans ce mod`ele, le lien ´etroit entre la gestion du capital, la d
´ecision
Attendu du capital physique est ´egal, `a une lin´earisation pr`es, au taux sans risque des bons
du
Tr´esor. Ce lien sera relˆach´e dans les prochains points o`u deux types de frictions
financi`eres seront
Introduits et le capital sera g´er´e par une nouvelle cat´egorie d’agents (les entrepreneurs).
Le march´e du travail est structur´e en suivant une tradition de type n´eokeyn´esien. Les
syndicats
(groupes de travail) ach`etent les services de travail homog`ene des m´enages. Chacun de ces
groupes
D´etient un pouvoir de monopole et est donc capable de diff´erencier le service de travail, qui
sera
Des assembleurs est ensuite de regrouper les diff´erents types de travail sous forme d’un input
de
Travail composite, puis de revendre l’input aux producteurs de biens interm´ediaires sur un
march´e
De concurrence parfaite. La raison pour laquelle cette structure de march´e est adopt´ee
(commune
Dans la litt´erature des mod`eles DSGE) est de pouvoir introduire de la rigidit´e dans la
dynamique des
Salaires. Sous cette repr´esentation du march´e, qui suit Schmitt-Groh´e and Uribe (2006), les
heures
Travaill´ees et les d´epenses en consommation sont identiques entre les m´enages et l’h´et
´erog´en´eit´e
Dans les heures de travail demand´ees s’applique uniquement pour les groupes de travail.
Apr`es l’achat des biens interm´ediaires homog`enes, les producteurs de biens finaux (sur un
march´e de
Le march´e de l’emploi, cette structure de march´e permet d’incorporer des rigidit´es dans
l’´evolution
Des prix.
Les producteurs de capital combinent le capital non d´epr´eci´e et une quantit´e de bien final
et
Fixe le niveau du taux d’int´erˆet nominal en suivant une r`egle mon´etaire `a la Taylor (1993)
augment´e.
Ce point d´ecrit une version de notre deuxi`eme mod`ele n´eokeyn´esien qui inclut un premier
Type de friction financi`ere. Dans cette version, nous relˆachons l’hypoth`ese que le stock du
capital
De l’´economie est g´er´e par les m´enages. Le programme du m´enage change
automatiquement. On
Suppose plutˆot que la gestion du capital est sous la responsabilit´e d’une nouvelle cat´egorie
d’agents
Pour ce faire, ces entrepreneurs contractent des emprunts aupr`es d’interm´ediaires financiers,
Qui eux-mˆemes assemblent les d´epˆots des m´enages `a un coˆut ´egal au taux sans risque.
Les contrats de dette entre ces interm´ediaires et les entrepreneurs sont affect´es par le premier
type de
Friction financi`ere : ce type de friction est motiv´e par un probl`eme de Costly State
Verification `a
Les entrepreneurs
A la place des m´enages, ces entrepreneurs sont les agents ayant la responsabilit´e de g´erer le
stock
Du march´e comp´etitif qt
. Le coˆut d’acquisition de ce stock du capital, qtKt+1, est assur´e par les fonds propres
accumul´es Dt et aussi par un emprunt bt+1 = qtKt+1 – Dt aupr`es des interm´ediaires
Financiers. Ici, on fait l’hypoth`ese que les entrepreneurs ont un horizon de vie fini.
De mani`ere explicite, on suppose que chaque entrepreneur peut continuer d’op´erer, `a la fin
de la
P´eriode t, avec une probabilit´e θ, qui est constante et ind´ependante du pass´e. L’id´ee sous-
jacente est
D’´eviter l’´eventualit´e que les fonds propres s’accumulent suffisamment dans le temps pour
financer
Enti`erement l’achat du capital sans que l’entrepreneur n’ait besoin de financement externe.
En
Cons´equence, la dur´ee de vie moyenne pour les entrepreneurs est de 1/(1 – θ). La proportion
1–θ
Des agents qui ne survivent pas consomment la valeur mon´etaire de leurs fonds propres et
sont
Une fois Kt+1 acquis, les entrepreneurs louent les services de ce capital aux producteurs de
+1
Repr´esente le rendement brut de location et ut+1 le taux d’utilisation du capital d´ecid´e par
ces
Φ(ut+1Kt+1).
A la fin de la p´eriode
Il est int´eressant de noter que cette expression est similaire `a celle utilis´ee pour d´efinir le
rendement
Capital fk(.), ´evalu´ee au prix φt+1, l’expression (39) peut donc ˆetre interpr´et´ee comme la
demande
+1).
Plus ce rendement exig´e est ´elev´e, plus la demande est faible, `a cause des rendements
d’´echelle
D’acquisition du capital qt
Au d´ebut de la p´eriode t, les interm´ediaires financiers acceptent les d´epˆots des m´enages,
bt+1,
Ces interm´ediaires emploient les d´epˆots assembl´es pour concevoir et allouer des contrats
de dette
Jusqu’ici, le coˆut de tout financement externe ´était bien le taux sans risque. Cependant, les
Interm´ediaires doivent maintenant consid´erer la friction financi`ere qui affecte les contrats
de dette.
Cette friction est due `a un probl`eme d’information asym´etrique de type Costly State
Verification `a
La Bernanke et al. (1999). Pr´ecis´ement, le travail pionnier de Bernanke et al. (1999) fait
l’hypoth`ese
Que le rendement du projet financ´e `a l’aide du prˆet peut subir une perturbation ou un choc
idiosyncratique. Les entrepreneurs observent facilement la r´ealisation ex-post de la
perturbation, tandis que les interm´ediaires doivent d´ebourser des coˆuts d’audit pour v
´erifier la vraie valeur du rendement. Dans ce contexte, un entrepreneur ayant contract´e un
emprunt peut ˆetre incit´e `a d´eclarer
Un mauvais rendement pour se soustraire `a ses obligations. Afin de r´eduire cette incitation,
les
Coˆut total de l’emprunt. La prime d´epend inversement de la part des fonds propres dans la
taille
:
Formule
Avec S(1) = 0 et S
De taille donn´ee sont ´elev´es, plus les pertes potentielles li´ees au d´efaut sont importantes
pour un
Entrepreneur, et moins ce dernier est incit´e `a ne pas respecter ses engagements. Par cons
´equent,
Le prˆeteur exige une faible prime du risque. Ainsi, le coˆut total du financement externe, en
suivant
Rt
.S qtK
+1
(41)
Dans ces conditions, l’entrepreneur continue de demander du capital physique, et donc des
fonds
Prˆetables, jusqu’`a ce que le rendement attendu du capital soit ´egal au coˆut marginal du
financement externe :
Et(rt
+1) = Rt
.S qtK
+1
(42)
Du point de vue des prˆeteurs, la capacit´e d’emprunt autoris´ee est endog`ene et d´epend du
rendement exc´edentaire du capital. Une fois invers´ee, l’´equation (42) d´etermine le ratio de
levier optimal
Des entrepreneurs :
qtKt+1
Dt
=S
−1
Et(
Rt
+1)
(43)
Du point de vue des prˆeteurs, un rendement exc´edentaire du capital plus ´elev´e Et(
Rt
+1)
T
G´en`ere
Plus grande, ce qui am`ene les interm´ediaires financiers `a permettre un ratio de levier plus
´elev´e.
+1
Mod`ele. En effet, cette lin´earisation implique la relation suivante mesur´ee autour de l’´etat
stationnaire4
:
En pr´esence du probl`eme d’information asym´etrique de type Costly State Verification et
sous
L’hypoth`ese que la gestion du capital est s´epar´ee de la d´ecision d’´epargne, cette relation-
cl´e pr´edit
Que l’´ecart entre le rendement attendu du capital physique et le taux sans risque est non nul
et
Les entrepreneurs et les interm´ediaires. Cette seconde friction est de type Costly
Enforcement et a
´et´e analys´ee par les travaux de Gertler and Karadi (2011). Ces nouveaux aspects modifient
le coˆut
L’octroi des prˆets accord´es aux entrepreneurs, de l’autre. Toutefois, la forme fonctionnelle
(39)
Pour la demande de fonds prˆetables adress´ee par les entrepreneurs sur le march´e financier
reste
Comme pr´ec´edemment, les interm´ediaires financiers assemblent les d´epˆots des m´enages
bt+1 au
T+1. Ensuite, ces interm´ediaires canalisent l’´epargne des d´eposants vers les entrepreneurs.
Comme
Les prˆeteurs peuvent v´erifier `a un coˆut nul la vraie valeur du rendement du capital, le coˆut
du
Dans ces conditions de march´e, un entrepreneur ayant accumul´e une valeur nette Dt `a la fin
De la p´eriode t-1 assure l’acquisition du capital physique qtKt+1 par ses fonds propres, Dt
, et par
Rt
K
+1, la richesse (profit) nette de l’entrepreneur `a la p´eriode t+1 est calcul´ee comme suit :
Dt+1 = rt
+1 – Rt)qtKt+1 + RtDt
(45)
Si les entrepreneurs r´einvestissent toujours les gains nets dans des nouveaux projets, alors la
valeur
Vt = Et
+∞
S=0
(1 – θ)θ
Sκ(rt
K
(46)
S+1 λt+1+
Λt
Pour motiver la friction sur le march´e financier, on fait maintenant l’hypoth`ese que la
relation
Entre les entrepreneurs et les interm´ediaires financiers est affect´ee par un probl`eme de non-
en
Gertler and Karadi (2011). De mani`ere plus pr´ecise, on suppose qu’apr`es avoir contract´e
un
Emprunt, un entrepreneur peut ˆetre incit´e `a d´evier une fraction ωqtKt+1 du coˆut du projet
vers
March´e financier. Par cons´equent, le coˆut li´e `a la strat´egie de d´evier les fonds est bien la
richesse
Finale Vt
Continu au march´e du cr´edit. Comme c’est coˆuteux pour les interm´ediaires de r´ecup´erer
les fonds
Vt ωqtKt+1
Intuitivement, cette contrainte stipule que les interm´ediaires sont prˆets `a accorder du
financement,
Bt+1, tant que l’incitatif mon´etaire ωqtKt+1 `a d´etourner les fonds n’exc`ede pas la valeur
nette finale,
Vt
, que g´en`ere l’existence de la relation de long terme pour les entrepreneurs. Ainsi, le
financement
Optimal permis par les prˆeteurs est d´etermin´e par l’arbitrage entre le coˆut et le b´en´efice
de choisir
Vt = ωqtKt+1
(48)
Gertler and Karadi (2011) ont d´emontr´e que la valeur Vt peut ˆetre exprim´ee sous la forme
r´ecursive
Suivante :
Vt = vtqtKt+1 + Dt
(49)
O`u
Vt = Et
(1 – θ)β
T+1
Λ
T
(rt
+1 – Rt) + θvt+1
T+1
Qt
+1
T+1
tK
t+1
(50)
Et
Ηt = Et
(1 – θ) + θβvt+1
T+1
T+1
(51)
`
A l’aide de ces formes r´ecursives, les ´equations (
qtKt+1
Dt
Ηt
Ω – vt
= (52)
Se substitue `a celle (43) o`u le contrat financier ´était affect´e par un probl`eme de Costly
State
Exc´edentaire est ´elev´e, plus l’achat d’une unit´e suppl´ementaire du capital g´en`ere un
effet vt accentu´e
Sur la richesse nette finale, ce qui r´eduit l’incitatif des entrepreneurs `a opter pour la strat
´egie de
D´evier les fonds. Par cons´equent, les interm´ediaires financiers sont prˆets `a accorder un
ratio de
Du capital et le ratio de levier diff`ere selon le type du probl`eme d’agence affectant le contrat
Financier. La lin´earisation du premier ordre des ´equations (45), (50), (51) et (52) permet de
mieux
Et(rt
+1) – Rt = ψ
Csvlevt – ψ
ceEt(levt) (53)
Avec levt
Karadi (2011), que l’´ecart entre le rendement attendu du capital et le taux sans risque est non
nul.
Toutefois, cet ´ecart d´epend maintenant non seulement du ratio de levier entrepreneurial
courant,
Levt
Le poids accord´e `a l’aspect futur qui rend l’´ecart de taux (la prime du risque) encore plus
complexifi´e. Toutes choses ´egales par ailleurs, mˆeme si la part des fonds propres courants
dans la taille du
Projet est grande, les interm´ediaires pourraient exiger une prime de risque ´elev´ee en raison
d’une
D´egradation anticip´ee de cette part dans le futur. Cette interpr´etation des implications
concr`etes
Des frictions `a la Costly Enforcement est absente des travaux de Villa (2013, 2016) et
pourrait
Expliquer la bonne performance relative de cette friction `a la Gertler and Karadi (2011).
Csv
1
Et ψ2
Avec des coefficients autor´egressifs respectivement ρψcsv et ρψce , avec pour valeurs (non
nulles) `a
L’´etat stationnaire ψ
Csv
Et ψ
Ce
Csv
Et θt
Ce
V
iidN(0 ; σ
Csv,ce )
Dt+1 = θ[rt
] (54)
O`u %qtKt repr´esente un transfert minime de fonds accord´e aux nouveaux entrepreneurs.
2 Th´eories
L’une des le¸cons importantes de la crise financi`ere de 2008-2009 a ´et´e que le d
´eveloppement des
march´es financiers et leurs frictions sont importants pour l’´economie et doivent ˆetre pris en
compte
lors de la construction de macro-mod`eles. Il en est r´esult´e un regain d’int´erˆet pour les
cadres
th´eoriques int´egrant les frictions financi`eres.
La litt´erature existante prouvent que ces chocs ayant affect´e les march´es ont conduit `a la
mise
en place des mod`eles avec des march´es financiers pour analyser (i) l’impact des frictions
financi`eres
sur la transmission mon´etaire (Calza et al., 2007; Gerali et al., 2010; Christiano et al., 2010)
(ii
) politique mon´etaire optimale en pr´esence de frictions financi`eres DeFiore and Tristani
(2009);
Carlstrom et al. (2010); Kolasa and Lombardo (2011), (iii) l’impact des chocs financiers sur la
l’´economie (Iacoviello and Neri, 2010; Christiano et al., 2003; Brzoza-Brzezina and Kolasa,
2013)
ou (iv) la r´eglementation des capitaux et les politiques macroprudentielles (Angeloni and
Faia,
2009; Angelini et al., 2010; Jeanne and Korinek, 2010).
Un autre groupe des travaux ont analys´e l’interaction directe entre le d´eveloppement
financier
et la croissance ´economique (Greenwood and Jovanovic, 1990; Bencivenga and Smith, 1991;
DeGregorio and Guidotti, 1995; Saint-Paul, 1992; King and Levine, 1993a,b; Pagano, 1993).
Il en ressort
que les fonctions remplies par le syst`eme financier (collecte de l’´epargne, allocation des
ressources,
gestion de l’information financi`ere, etc.) sont importantes pour la croissance quoique la
relation
ne soit pas n´ecessairement lin´eaire. Le syst`eme financier concourt directement ou
indirectement
`a l’investissement. Il y contribue avec les financements n´ecessaires `a l’accumulation du
capital
physique et technologique.
En g´en´eral, les m´enages pr´ef`erent d´etenir leurs actifs sous une forme liquide tandis que
les
entreprises sont demandeuses de ressources `a long terme pour leurs investissements. Les
interm´ediaires financiers concilient leurs pr´ef´erences, `a priori divergentes, en transformant
les actifs liquides des uns en actifs de long terme pour les autres. En offrant des d´epˆots
liquides aux
m´enages et en choisissant un m´elange appropri´e d’investissements liquides et illiquides, les
banques
procurent une assurance contre le risque de liquidit´e pour les m´enages et, corolairement
favorisent
les investissements dans des projets rentables (Levine, 1997). De mˆeme, Greenwood and
Jovanovic
(1990) ont soulign´e le rˆole des interm´ediaires financiers dans la collecte centralis´ee des
fonds et
l’acquisition de l’information qui permet une allocation plus efficiente du capital, mieux
encore un
accroissement de son rendement moyen.
Pagano (1993) montre qu’une bonne organisation du syst`eme financier permet de bien
mobiliser
l’´epargne et de la canaliser efficacement vers l’investissement pour soutenir la croissance.
King and Levine (1993a), sur un ´echantillon mondial de 80 pays pour la p´eriode 1960 –
1989, ont ´etudi´e
l’impact du d´eveloppement financier sur la croissance via le rythme d’accumulation du
capital et
la productivit´e des facteurs. Ils ont construit 4 indicateurs de d´eveloppement financier qui
sont
devenus par la suite les plus utilis´es dans la litt´erature : (i) passif exigible du syst`eme
financier par
rapport au PIB, (ii) part relative des actifs des banques par rapport `a ceux de la banque
centrale,
(iii) ratio des cr´edits au secteur priv´e dans le total des cr´edits int´erieurs, et (iv) part des cr
´edits
priv´es dans le PIB. L’hypoth`ese sous-jacente `a ces indicateurs est que la taille du syst`eme
financier
est corr´el´ee positivement `a la fourniture et `a la qualit´e des services financiers. King and
Levine
(1993a) ont aussi mis en ´evidence un impact du ratio actifs liquides du secteur financier/PIB
sur
la croissance.
Kpodar (2004) a ´etudi´e le lien entre d´eveloppement financier et croissance dans les PED
tout
en tenant compte de la sp´ecificit´e des pays d’Afrique Subsaharienne. Sur un ´echantillon de
71
PED (dont 28 d’Afrique Subsaharienne) pour la p´eriode 1968 – 1997, les r´esultats obtenus
`a l’aide
de la m´ethode des moments g´en´eralis´es en panel dynamique montrent que le d
´eveloppement fi-
nancier a eu un impact limit´e sur la croissance en Afrique Subsaharienne que dans les autres
PED. Cette situation tient en partie `a la faible contribution du d´eveloppement financier `a la
croissance. Les crises bancaires permanentes, la concentration bancaire, l’ampleur et la
persistance de
l’interventionnisme public dans le syst`eme financier, la faiblesse du cadre l´egal et de la
supervision
bancaire est `a la base de cette marginalisation.
Aghion et al. (1971) a montr´e que l’interaction entre le d´eveloppement financier et les
variables
macro´economiques comme la productivit´e ou la volatilit´e macro´economique dans des r
´egressions
reliant la finance et la croissance est riche en enseignements empiriques. Il arrive `a ´etablir
que
: (i) la volatilit´e r´eduit plus la croissance dans les pays financi`erement moins d´evelopp´es ;
(ii)
une politique budg´etaire plus contracyclique stabilise davantage la croissance ´economique
dans les
pays `a faible niveau de d´eveloppement financier ; (iii) les pays `a faible niveau de d
´eveloppement
financier sont plus favoris´es par un r´egime de change fixe si le taux de change est la
principale
source de volatilit´e macro´economique.
A la suite de la crise financi`ere intervenue en 2007/2008, une partie de la litt´erature sur la
relation d´eveloppement financier – croissance ´economique a montr´e qu’au tant que la
finance
peut impacter positivement sur la croissance, elle peut aussi l’affecter n´egativement si
certains
acteurs-cl´es de la finance d´eveloppent des comportements obscurs, c’est-`a-dire de nature `a
entretenir une forte sp´eculation et `a spolier certains ´epargnants ou d´etenteurs d’actifs. Ceci
sugg`ere
que la lib´eralisation financi`ere ne devrait pas ˆetre excessive et que la supervision devrait
ˆetre optimale ou suffisante pour limiter la sp´eculation, contenir les comportements obscurs
et corriger les
imperfections. Ce qui requiert une nouvelle batterie de r´eformes.
Arcandand et al. (2012) ont montr´e que la relation entre le d´eveloppement financier et la
croissance ´economique n’est pas monotone. Ils soutiennent que la finance peut nuire `a la
croissance
lorsque le cr´edit au secteur priv´e atteint un seuil situ´e autour de 100 % du PIB. En partant
d’un
´echantillon de pays d´evelopp´es et ´emergents, Cecchetti and Kharroubi (2012) confirment
que le
niveau de d´eveloppement financier n’est favorable `a la croissance de la productivit´e que
jusqu’`a
un certain seuil ; `a partir de ce dernier, il la freine. Plusieurs autres travaux ont confirm´e la
non-lin´earit´e de la relation entre d´eveloppement financier et croissance ´economique,
notamment
ceux de Law and Nirvikar (2014), du FMI (2015) et Panizza (2017).
Par ailleurs, Il convient de mentionner que des frictions financi`eres ont r´ecemment ´et´e
ajout´ees aux mod`eles utilis´es `a des fins politiques dans plusieurs banques centrales. Cela
comprend le
mod`ele RAMSES de la Riksbank Christiano et al. (2011) et le NAWM de la Banque centrale
europ´eenne McAdam (2012). En effet, l’´etude des probl`emes g´en´er´es par ces frictions n
´ecessite un
cadre de mod´elisation capable de prendre en compte les liens macrofinanciers observ´es dans
les
donn´ees
Analyse des frictions financières dans le modèle macroéconomique
0. Introduction
1. Définition
En macroéconomie, les frictions financières réfèrent aux obstacles qui entravent le flux de
capitaux entre les agents économiques, que ce soit entre prêteurs et emprunteurs ou au sein
des institutions financières elles-mêmes. Ces frictions peuvent prendre la forme de coûts de
transaction, d’asymétries d’information, ou de contraintes de liquidité, et elles peuvent avoir
des conséquences significatives sur l’activité économique, notamment en amplifiant les cycles
économiques et en augmentant l’impact des chocs.
2. Différentes formes des frictions financières
2.1. Asymétrie d’information
L’asymétrie d’information permet d’analyser des comportements et des situations courantes
de l’économie de marché. Le plus clair du temps, on constate que sur un marché, un des deux
acteurs dispose d’une meilleure information, il en sait plus que l’autre sur les conditions de
l’échange (qualité du produit, travail fourni…). Cela contredit donc l’hypothèse de
transparence de l’information du modèle standard de concurrence pure et parfaite. Des
individus rationnels qui maximisent leur utilité, sont donc prêts à avoir des comportements
opportunistes qui risquent de compromettre le fonctionnement efficace du marché.
a) Anti sélection et aléa moral
On peut distinguer deux situations d’information asymétrique : d’une part l’antisélection,
appelée aussi sélection adverse, où le marché est perturbée par le fait qu’une partie connaît
mieux les caractéristiques du bien échangé au moment de la signature du contrat et d’autre
part, l’aléa moral qui est une situation dans laquelle une des parties (encore appelée principal)
ne peut contrôler l’action de l’autre partie (appelée agent) ou bien n’a pas les moyens d’en
évaluer l’opportunité.
b) Anti sélection
L’antisélection est due à un problème d’asymétrie d’information qui se déclare au moment de
la signature du contrat (ex-ante). Lorsque les acheteurs observent imparfaitement la qualité de
biens qu’ils désirent acquérir, les vendeurs ont intérêt à surestimer la qualité de leurs produits
afin de les vendre au prix le plus élevé possible. Les acheteurs ne peuvent donc ni avoir
confiance dans les déclarations des vendeurs, ni déduire qu’un prix élevé signifie une bonne
qualité. Dans un tel cadre, les vendeurs de biens de bonne qualité, qui valent effectivement un
prix élevé, peuvent être dans l’impossibilité de vendre leur produit à leur véritable prix dans la
mesure où les acheteurs doutent de sa qualité.
Le prix n’est plus un parfait signal de la valeur du bien, puisque, pour un même prix, il est
possible d’obtenir des biens de qualités différentes.
Le prix ne peut plus jouer son rôle d’information. Dans ces conditions le marché concurrentiel
ne peut plus fonctionner efficacement. L’agent victime d’un manque d’information risque de
sélectionner un produit qui ne correspond pas au prix affiché, ou demande un prix si bas que
les bons produits sont retirés du marché.
L’exemple des automobiles d’occasion dans un article célèbre (« The market for lemons :
Quality uncertainity and the market Mechanisms »1970), Akerlof va démontrer que le prix
n’est pas nécessairement synonyme de qualité, bonne ou mauvaise selon son évolution. Et
pour cela, il prend l’exemple d’un marché de cent voitures d’occasion où cinquante sont des
modèles de mauvaise qualité (« lemons ») et cinquante sont des modèles de bonne qualité.
Qui connaît la qualité exacte du modèle proposé ? Certainement pas l’acheteur. Seul le
propriétaire dispose de l’information. Pour les acheteurs potentiels, l’asymétrie d’information
est totale. Quel sera le prix du marché ? Tout laisse à penser que le propriétaire d’un mauvais
modèle est prêt à le vendre beaucoup moins cher que le propriétaire d’une voiture de bonne
qualité. Si la qualité des modèles est parfaitement identifiée, pas de problème. Par contre, que
se passe t-il si l’acheteur est incapable d’estimer la qualité du modèle proposé, asymétrie
d’information oblige ?
À cette question, Akerlof répond simplement : en proposant un prix unique, qui pourrait être
un prix moyen, le marché permet uniquement la mise en vente des modèles de médiocre
qualité. A ce prix, les propriétaires des modèles de bonne qualité se retirent du marché, le prix
moyen du marché étant trop faible. L’asymétrie de l’information exclut donc du marché les
produits de bonne qualité au profit des produits de moindre qualité. C’est ce qu’on appelle
donc l’anti sélection ou sélection adverse. « Les mauvais produits chassent les bons »…Ainsi
le laisser faire peut avoir des conséquences désastreuses : élimination des bons produits, voire
absence d’échange.
Dans ce cadre, une réglementation, assurant la révélation de tout ou partie de l’information,
ou encore instituant des procédures de recours efficaces contre les ventes de produits de
mauvaise qualité (garantie légale contre les vices cachés), permet d’améliorer le
fonctionnement des marchés.
Les effets de l’asymétrie d’information sur le système d’assurance. Les sociétés d’assurance
ne connaissent qu’imparfaitement les qualités intrinsèques des individus qu’elles sont censées
couvrir contre un certain nombre de risques.
Si les compagnies fixent une prime d’assurance, supposée couvrir un risque moyen
s’appliquant à l’ensemble de la population, elle s’expose à leur tour à un risque évident
l’assurance n’étant pas obligatoire, on peut raisonnablement penser que les « faibles risques »,
Trouvant la prime moyenne trop élevée, ne vont pas s’assurer, privant la compagnie de
recettes attendues et nécessaires à son équilibre financier. À l’inverse, les dépenses engagées
par celles et ceux qui ont décidé de s’assurer (les « hauts risques ») sont beaucoup plus
importantes en volume et valeur, que celles retenues dans l’hypothèse d’un risque moyen. Un
tel choix conduit donc à la faillite du système.
L’antisélection s’est traduite par l’impossibilité d’assurer un grand nombre de clients
potentiels jugeant la prime d’assurance trop élevée par rapport au risque encouru. L’asymétrie
d’information privant la compagnie d’assurance de pouvoir proposer des primes différentes
selon les types de risques.
Une solution consiste alors à amener les assurés à révéler leurs risques en mettant en place un
système de franchise. L’entreprise d’assurance offre des contrats avec des primes d’assurance
assez faibles, mais une franchise assez élevé et d’autres contrats avec, au contraire des primes
assez fortes et une faible franchise. Les agents à risque faible opteront rationnellement pour
les premiers et les agents à risques élevés opteront pour les seconds. Le problème de sélection
adverse trouve dans cette situation une solution évidente : payer en fonction du risque
encouru. Cette discrimination, effectivement, permet de conserver les bons clients dans le
domaine de l’assurance santé on peut encore opter pour une autre solution, tout aussi efficace,
économiquement, et plus juste, socialement. Il s’agit de rendre l’assurance santé obligatoire et
imposer aux moins risqués (les jeunes par exemple) une prime d’assurance plus elevée. Le
montant de la prime est alors calculé en anticipant les dépenses globales de santé.
Sachant que les plus âgés ont été un jour les plus jeunes, ce n’est pas nécessairement le
système le plus « injuste » sur une longue période. Il permet à la fois de contrecarrer les effets
pervers de l’antisélection (n’assurer que les hauts risques) et de parvenir à l’équilibre financier
(garder les bons clients). Cette solution a par ailleurs d’autres vertus en matière de « justice
sociale », celle d’assurer à un « prix raisonnable » les « hauts risques à faible revenu ».
Les effets de l’asymétrie d’information sur le marché du crédit : le rationnement du
crédit.
Le banquier, prêteur sur le marché du crédit, ne connaît qu’imparfaitement les risques
afférents aux prêts qu’il accorde. En revanche, les emprunteurs connaissent parfaitement la
probabilité de réussite de leur projet. Il y a donc une asymétrie d’information qui va
provoquer une antisélection. Les banques fixent des taux d’intérêt assez élevés pour leur
permettre de se couvrir de la probabilité de tomber sur de «mauvais emprunteurs», mais ces
taux risquent de faire fuir les « bons emprunteurs » qui mériteraient des taux d’intérêt plus
faibles. Comme les emprunteurs risqués ont une demande de crédit moins élastique au taux
d’intérêt, la banque sélectionne involontairement les emprunteurs risqués et se voit dans
l’obligation d’augmenter encore ses taux. Il existe un seuil au-dessus duquel l’augmentation
du risque est plus forte que l’augmentation du taux. Les intermédiaires renoncent à augmenter
leur taux d’intérêt au-delà.
Non seulement les emprunteurs à faible risque n’ont pas pu trouver le moyen de financer leurs
projets, mais tous les emprunteurs à haut risque n’ont pas réussi à se faire financer car le
crédit a été rationné ; le marché s’est clos sans être soldé (égalité entre l’offre et la demande).
L’antisélection induite par l’asymétrie d’information montre que les perdants sont toujours les
« bons » produits et les « bons » clients.
1) L’aléa moral
Dans le cas des phénomènes d’ « antisélection » il a été question des situations où l’asymétrie
d’information intervient ex-ante, au moment de la conclusion du contrat, elle concerne la
nature et la qualité des biens offerts sur le marché mais il est difficile d’anticiper le
comportement de l’acheteur après avoir acheté (ex-post). On parlera alors de «comportement
caché», «d’aléa moral» ou de «hasard moral». Cette absence de connaissance parfaite du
comportement après achat conduit à une situation où le marché ne peut être traité de façon
globale. Chaque cas devient un cas particulier.
Prenons un autre exemple souvent cité en économie de l’assurance, celui de l’assurance
contre l’incendie et le vol. La question qui se pose au nom du «l’aléa moral » est celle de
savoir si l’assuré prendra autant de précautions après s’être assuré qu’il en prenait avant pour
éviter vol et/ou incendie. L’incitation à se protéger ne se trouve-t-elle pas réduite du fait d’être
assuré ? On constate globalement que trop d’assurances favorisent la perte de précautions.
Bien évidemment, l’existence d’un comportement caché modifie la nature de l’équilibre par
rapport à celui observé là où les comportements sont rationnels et prévisibles.
Le risque moral apparaît dans les situations où certaines actions des agents, qui ont une
conséquence sur le risque de dommage, sont inobservables par les assureurs.
Mais le développement de l’économie de l’information a conduit à donner une définition plus
générale du risque moral. On distingue deux types de situations.
Dans le premier cas, l’individu non informé (le principal) ne peut apprécier l’action de son «
partenaire » (l’agent). Celui-ci est donc tenté de se comporter dans son propre intérêt et
d’annoncer au principal non informé que les mauvais résultats sont le fait d’événements
indépendants de sa volonté. Par exemple, l’effort des travailleurs est généralement
imparfaitement observable et ceux-ci peuvent avoir intérêt à profiter de cet état de fait pour
«tirer au flanc» et déclarer que les mauvaises performances ne sont pas la conséquence d’un
relâchement de leur effort.
Dans le second cas, le principal non informé peut observer l’action, mais ne peut vérifier si
elle est appropriée, car il ne peut apprécier les circonstances dans lesquelles le diagnostic doit
être tre établi et la décision d’agir effectivement prise. Cette situation émerge pour tous les
services d’experts : les experts disposent d’une information privée dans la mesure où ils sont
seuls à pouvoir établir un diagnostic. Ils peuvent donc avoir intérêt à annoncer un diagnostic
erroné bien qu’ils choisissent ensuite une action parfaitement adaptée au diagnostic.
Par exemple un garagiste peut choisir de remplacer une roue et la poser parfaitement alors
qu’une simple réparation du pneu aurait suffit !
Lorsqu’il y a aléa moral, le problème est d’inciter l’agent qui dispose d’une information
privée à prendre une décision optimale pour l’individu non informé. Le problème est donc
différent de celui rencontré dans le cas d’antisélection, où l’individu non informé doit
sélectionner un bon partenaire ou un bon produit. Le moyen de résoudre le problème du
risque moral est donc de trouver une procédure incitative, tandis que le moyen de résoudre le
problème de l’antisélection est de trouver une procédure permettant d’obtenir une information
sur une qualité intrinsèque d’un produit ou d’un individu.
Comme on vient de le suggérer, les problèmes liés à l’aléa moral sont en général étudiés dans
le cadre de modèles « principal-agent ». Dans de tels modèles, le principal (en français : le
mandant) est l’individu qui mandate, contre un paiement, l’agent (le mandaté) pour effectuer
une tâche stipulée dans un contrat. Le principal est confronté à un problème de risque moral
lorsqu’il observe imparfaitement l’action entreprise par l’agent (action cachée) ou lorsqu’il ne
connaît pas l’action qu’aurait dû entreprendre l’agent afin d’agir dans l’intérêt du principal
(information cachée). Le problème du principal est de trouver une procédure qui incite l’agent
à agir dans l’intérêt du principal.
Le principal peut proposer un contrat qui stipule un paiement en fonction d’un résultat, et
éventuellement d’une information transmise par l’agent. En fait le principal a un éventail de
choix beaucoup plus large. Il peut notamment choisir d’investir dans des techniques de
contrôle direct de l’action des agents (elles ne sont pas infaillibles), il peut aussi imposer des
contrats qui instaurent une compétition sur les résultats, ou encore de proposer aux agents de
collaborer pour une longue période (la durée de la relation permet de mieux connaître l’effort
moyen fourni par l’agent).
Le résultat central de l’économie de l’information est l’inefficacité économique de l’échange
et de la concurrence lorsqu’il existe des coûts d’acquisition de l’information. Les agents qui
disposent d’un avantage informationnel bénéficient généralement d’un avantage dont ils vont
chercher à profiter de manière indue.
II) Asymétrie d’information et marché du travail
L’asymétrie de l’information permet d’expliquer pourquoi l’économie de marché conduit,
contrairement à ce qu’enseigne la théorie traditionnelle, à une situation de chômage
involontaire.
1) Asymétrie d’information et chômage involontaire
Appliquée au marché du travail l’asymétrie d’information aboutit à différents types d’analyse
des comportements rationnels des agents. On regroupe sous les termes de salaire d’efficience
l’ensemble des travaux (Shapiro, Stiglitz, Akerlof…) qui étudie le lien entre le niveau du
salaire d’un individu et celui de sa productivité (salaireÆ productivité). Il existe plusieurs
explications possibles d’une relation croissante entre salaire et productivité, en ce qui nous
concerne nous n’en retiendrons que deux.
Dans la relation qui le lie à ses salariés, l’employeur a le souci d’obtenir de ceux-ci le plus
haut niveau de productivité possible. Or les actions des employés sont imparfaitement
observées par l’employeur (aléa moral). Dans cette situation, l’employeur doit imaginer un
système salarial incitatif, empêchant les attitudes de tire-au-flanc, afin d’atteindre les objectifs
qu’il s’est fixé.
Une autre explication suppose qu’un chef d’entreprise n’observant qu’imparfaitement les
caractéristiques des individus qu’il embauche (risque d’antisélection), pourrait pratiquer une
politique de « hauts salaires » afin d’attirer dans son entreprise les meilleurs éléments de la
population active.
Compte tenu de toutes ces asymétries d’information (information cachée et action cachée), le
chef d’entreprise, soucieux d’inciter l’employé à plus d’effort, fixe un niveau de salaire qui
obéit à des impératifs d’efficacité productive et non à une logique de marché résultant de la
confrontation d’une offre et de demande de travail. Dans le cas où l’offre de travail est
supérieure à la demande de travail des entreprises, l’économie se trouve dans une situation de
chômage involontaire dans la mesure où il y a des offreurs de travail qui ne trouvent aucune
entreprise prête à les embaucher. Dans cette situation, les firmes pourraient songer à baisser
les salaires, mais alors le niveau d’effort de chaque employé ne serait plus optimal. Plus
exactement, pour chaque entreprise, le gain occasionné par une baisse de salaire serait annulé,
et même au-delà, par la diminution de la productivité individuelle. Au total, le marché du
travail se trouve dans une situation stable d’équilibre de sous-emploi où le salaire est rigide à
la baisse.
Cela dit, les employeurs peuvent également améliorer l’efficacité de leurs employés sans leur
verser de hauts salaires. Par exemple, des rémunérations augmentant avec l’ancienneté
permettent de stabiliser la main d’œuvre, ou d’inciter les travailleurs à fournir un effort élevé
en présence d’aléa moral. Les politiques salariales des entreprises n’ont alors plus de raison
d’entraîner du chômage involontaire. Les problèmes d’incitation et de stabilisation de la main
d’œuvre auxquels sont confrontées les entreprises peuvent néanmoins contribuer à exclure des
travailleurs faiblement productifs de l’emploi.
2) La théorie des signaux d’Arrow (1973) et Spence (1974)
Compte tenu de l’asymétrie d’information sur le marché du travail, qui entraîne l’ignorance
des caractères personnels des candidats et candidates, les entreprises peuvent s’appuyer sur
des signaux, comme le diplôme, pour sélectionner le bon candidat. A tort ou à raison, le bon
candidat sera celui «signalé» par un diplôme. On peut supposer que les individus qui ont de
fortes capacités, et qui donc sont plus productifs, obtiennent des diplômes plus facilement,
c’est-à-dire à des coûts plus faibles. Les « bons » individus sont donc prêts à consacrer un
investissement en éducation plus important que les autres individus pour obtenir un diplôme
qui leur permettent de signaler leur qualité aux employeurs.
La formation n’a donc pas comme objectif unique d’accroître la productivité individuelle par
l’amélioration du capital humain, mais elle a aussi celui de fournir au marché un signal sur la
qualité de l’individu qui postule pour un emploi. Cependant ce signal a pour conséquence,
d’exclure de ce même marché les non diplômés ou les mal diplômés (diplôme non reconnu ou
mal reconnu), ce qui conduit là encore à accroître le taux de chômage, et ce quelles que soient
les prétentions salariales de ces derniers.
Pour Spence, on peut généraliser le raisonnement à d’autres produits. Ainsi la publicité serait
un autre signal, de ceux qui croient en leur produit, et qui sont prêts à engager pour eux des
dépenses publicitaires. Les vendeurs de voiture d’occasion peuvent offrir une garantie qui sera
un signal de qualité. Dans tous les cas, la théorie de signaux vient faciliter le choix garant
d’une meilleure productivité ou d’une meilleure satisfaction, rendu difficile par l’absence de
transparence et par l’asymétrie d’information.
[Link].2. La théorie des coûts de transaction
La théorie des coûts de transaction enrichit l’analyse de l’efficacité et aborde des notions
telles que les économies d’échelle, les effets de synergie entre deux ou plusieurs institutions.
Le concept de coût de transaction apparait pour la première fois en 1937 dans l’article de
Ronald Coase, « The Nature of the Firm » 1. C’est cependant Oliver Williamson (Prix Nobel
2009) qui est considéré comme le fondateur de ce courant théorique18. La théorie des coûts
de transaction postule que les agents ne sont dotés que d’une rationalité limitée (concept que
l’on doit à Herbert Simon) tout en se comportant de manière opportuniste. Le point de départ
de Williamson et de la théorie des coûts de transaction est de postuler que toute transaction
économique engendre des coûts préalables à leur réalisation : coûts liés à la recherche
d’informations, aux défaillances du marché , à la prévention de l’opportunisme des autres
agents etc. Ainsi, certaines transactions se déroulant sur le marché peuvent engendrer des
1
D’après l’encyclopédie libre Wikipédia lu le 08 Août 2013
coûts de transaction très importants. Dès lors, les agents économiques peuvent être amenés à
rechercher des arrangements institutionnels alternatifs permettant de minimiser ces coûts.
Les coûts de transaction, c’est-à-dire le temps et l’argent dépensés pour réaliser les
transactions financières, sont un problème majeur pour les gens qui ont de l’argent à prêter.
Même si quelqu’un qui connait un entrepreneur qui veut lancer une entreprise, et souhaite lui
prêter de l’argent, doit pour se protéger contre toute éventualité payer un juriste pour rédiger
le contrat de prêt et préciser les conditions de paiements des intérêts et du remboursement. Si
le montant de prêt est peu élevé, le paiement de ce spécialiste risque de lui coûter plus cher
que tous les intérêts qu’il ne pourra jamais obtenir, de sorte que le prêt peut ne pas être réalisé.
[Link].3. La théorie d’agence ou théorie principal-agent
La relation d’agence peut être définie comme une relation au cours de laquelle une ou
plusieurs personnes (le principal) engagent une ou plusieurs autres personnes (les agents) pour
exécuter en leur nom une tâche qui implique la délégation d’un certain pouvoir de décision de
ces derniers (Jensen et Meckling, 1976) 2. Partant de cette définition, on retient que toute
relation d’agence donne parfois lieu à une asymétrie de l’information entre les individus à
travers soit le risque moral ; soit la sélection adverse.
L’asymétrie de l’information peut être à l’origine de comportements conduisant à des rigidités
des quantités et des prix, au déséquilibre, voire à la disparition du marché (G. Akerloff,
1970)3. On suppose qu’un des agents, le prêteur ou l’emprunteur, dispose d’une information
privée qui n’est pas totalement transmise aux prix des actifs sur le marché et qu’il peut
exploiter aux dépens de l’autre.
Le risque moral ou aléa moral qui peut être défini de deux manières à savoir : le risque
moral ex ante qui regroupe toutes les actions de l’emprunteur qui ne peuvent pas être
observables par le prêteur une fois le prêt obtenu, mais avant que le rendement soit
réalisé, et le risque moral ex post qui regroupe toutes les actions de l’emprunteur une
fois le rendement du prêt obtenu.
La sélection adverse ou anti-sélection qui se présente dans la situation où des
emprunteurs détiennent des renseignements qui leur permettent d’obtenir des prêts qui
leur sont favorables et qui défavorisent la banque ou l’IMF.
2
Cité par Smahi Ahmed, 2010
3
[Link], 1970, cité par L. Nembot Deffo (2012) ; Cours d’ Intermédiation bancaire,
niveau 5, banque-monnaie-finance, Université de Dschang
Effets macroéconomiques des frictions financières
Réduction de l’investissement privé et productif
Transmission faible de la politique monétaire
Amplification des crises : en période de choc, les frictions aggravent la chute du crédit (effet
pro-cyclique)
Frein à la croissance : le capital n’est pas alloué aux bons projets
Dans les modèles macroéconomiques modernes, les frictions financières jouent un rôle central
pour expliquer pourquoi les chocs économiques (comme une crise) peuvent avoir des effets
durables et profonds.
1. Modèle de Bernanke-Gertler-Gilchrist (BGG)
Ce modèle introduit une prime de financement externe :
- Plus une entreprise est risquée, plus elle paie cher pour se financer.
- En période de crise, les profits chutent la prime augmente → l’investissement diminue
fortement.