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Cours Fac

Le document traite des distinctions entre libertés publiques, droits de l'homme et droits fondamentaux, en soulignant leur origine, leur reconnaissance et leur protection. Il explore l'héritage historique et philosophique des droits et libertés, ainsi que les garanties internes et internationales qui assurent leur respect. Enfin, il conclut sur l'importance de la complémentarité entre garanties nationales et internationales pour l'effectivité des droits fondamentaux.

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Le document traite des distinctions entre libertés publiques, droits de l'homme et droits fondamentaux, en soulignant leur origine, leur reconnaissance et leur protection. Il explore l'héritage historique et philosophique des droits et libertés, ainsi que les garanties internes et internationales qui assurent leur respect. Enfin, il conclut sur l'importance de la complémentarité entre garanties nationales et internationales pour l'effectivité des droits fondamentaux.

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INTRODUCTION GÉNÉRALE

Les expressions comme « libertés publiques », « droits de


l’homme », « libertés fondamentales », etc., sont souvent
utilisées de manière interchangeable, mais ne sont pas
synonymes. D’où la nécessité d’un arrêt terminologique.

I. Liberté et droit

• Liberté : pouvoir d’autodétermination, fondé sur la nature


humaine, indépendant de toute intervention extérieure.
• Droit : pouvoir juridiquement reconnu. Il peut être :

◦ Un pouvoir d’autodétermination (comme une liberté).


◦ Une créance sur autrui nécessitant une intervention
(ex : droit au logement).
• La liberté existe naturellement, le droit suppose souvent
l’intervention de l’État.

II. Libertés publiques et droits de l’homme

1. Droits de l’Homme :
Inhérents à la nature humaine; Universels et préalables à
tout texte juridique.Utilisés dans les instruments
internationaux.

2. Liberté publiques (terme de tradition


française) :Reconnues et protégées par l’État ;Statut
législatif ;Opposables surtout à l’administration.

3. Droits fondamentaux :Origine allemande, consacrés


constitutionnellement.
◦ Deux conceptions :

▪ Formelle : rattachés à une norme supérieure


(constitution, conventions).
▪ Matérielle : liés à leur importance pour la
société.

À retenir :

• Droits de l’homme : universels, naturels.


• Libertés publiques : reconnues par la loi nationale.
• Droits fondamentaux : protégés par la Constitution,
opposables à tous.
PREMIÈRE PARTIE : THÉORIE
GÉNÉRALE DES DROITS ET LIBERTÉS

Titre I : L’affirmation des droits et libertés

Chapitre I : L’héritage historique des droits et libertés

Section I : L’héritage philosophique

A – Apport du christianisme

Dignité humaine, volonté individuelle ; Autonomie de la


conscience (séparation du pouvoir temporel et spirituel);
Résistance légitime à l’oppression.

B – Les nominalistes

L’individu comme base de la société; Société comme création


humaine ;Le droit devient un pouvoir individuel, pas un ordre
objectif.

Paragraphe II : Fondements intellectuels immédiats


◦ A – Droit naturel moderne : fondé sur la raison et la
nature humaine, antérieur à l’État.
◦ B – Contrat social (Locke) : l’homme ne cède que ce
qui est nécessaire à la vie sociale.
◦ C – Philosophie des Lumières :

▪ Montesquieu : séparation des pouvoirs comme


garantie de liberté.
▪ Rousseau : liberté par participation à la volonté
générale.

Section II : L’héritage politique

Paragraphe I : Les précédents anglo-saxons

◦ Magna Carta (1215) : consentement à l’impôt, droit


au jugement équitable.
◦ Pétition des droits (1628) : interdiction des
arrestations arbitraires.
◦ Habeas Corpus (1679) : protection contre la détention
illégale.
◦ Bill of Rights (1689) : primauté de la loi sur la
royauté → naissance de la monarchie parlementaire.
Chapitre I (suite) : L’héritage historique des
droits et libertés

Paragraphe II – Les déclarations américaines

• Contexte : Dès le XVIIe siècle, les colons américains


revendiquent des droits. Le texte fondateur est la
Déclaration des droits de Virginie du 12 juin 1776.
• Caractéristiques :18 articles ;Reconnait des droits naturels
et inhérents à l’homme : égalité, liberté, sécurité ;Le
gouvernement doit servir le bien commun, la protection et
la sécurité du peuple.

• Cette déclaration inspire :

◦ La Déclaration d’indépendance des États-Unis (4


juillet 1776), qui proclame que : tous les hommes sont
créés egaux … dotés droits inaliénables , parmi
lesquels, la vie , la liberté et la recherche du bonheur.
• Apports fondamentaux des textes américains :
Portée universaliste ;Importance du texte écrit; Accent sur
la limitation du pouvoir;Modèle pour la déclaration
française.

Paragraphe III – La Déclaration française des droits


de l’homme et du citoyen (DDHC, 1789)
• Origine : Adoptée par l’Assemblée nationale constituante.
• Philosophie : Très influencée par les Lumières, elle a une
portée universaliste et philosophique.
• Contenu :

◦ 17 articles.
◦ Droits proclamés : liberté, égalité, sûreté, propriété,
résistance à l’oppression.
◦ Quelques articles clés :

▪ Art. 1 : Tous les hommes naissent libres et égaux


en droits.
▪ Art. 4 : La liberté s’arrête où commence celle
d’autrui.
▪ Art. 5 : La loi fixe les limites de la liberté.
▪ Art. 16 : Pas de constitution sans garantie des
droits ni séparation des pouvoirs.

• Caractéristiques :

◦ Individualiste : pas de reconnaissance explicite des


libertés collectives.
◦ Légicentrisme : la loi est la source, la limite et la
garantie des droits.
◦ Réaction contre l’Ancien Régime : privilèges,
arbitraire, impôts excessifs, corporations.

Paragraphe IV – La Déclaration universelle des


droits de l’homme (DUDH, 1948)

• Contexte :

◦ Adoptée après la Seconde Guerre mondiale.


◦ Elle inaugure une ère internationale de
reconnaissance des droits.

• Contenu :

◦ 30 articles :

▪ Art. 1 et 2 : fondements humanistes, égalité et


dignité humaine.
▪ Art. 3 à 11 : droits individuels fondamentaux
(vie, liberté, sûreté, interdiction de
l’esclavage…).
▪ Art. 12 à 17 : droits dans les rapports sociaux
(vie privée, nationalité, propriété…).
▪ Art. 18 à 21 : libertés d’opinion, religion,
réunion, expression, vote.
▪ Art. 28 à 30 : lien entre l’individu et la société
(ordre social juste).

• Portée :

◦ Non contraignante juridiquement (simple


recommandation), mais valeur morale universelle.
◦ Elle marque un changement de paradigme :

▪ Le droit international intervient dans les affaires


internes des États.
▪ L’État ne peut plus invoquer sa souveraineté
pour violer les droits.

Paragraphe V – La Charte africaine des droits de


l’homme et des peuples (CADHP, 1981)

• Adoption : Par l’Organisation de l’Unité Africaine


(OUA).
• Originalité :

◦ Elle adhère aux principes universels des droits


humains, mais avec une empreinte africaine.
◦ Elle reconnaît à la fois les droits individuels et les
droits des peuples.
• Contenu :
Chapitre I : 16 articles consacrés aux droits individuels :

▪ Droits civils et politiques (égalité, sûreté, justice,


liberté).
▪ Droits économiques, sociaux et culturels (travail,
santé, éducation…).
▪ Libertés collectives (réunion, association).
◦ Lacunes notables : peine de mort, travail forcé, droits
des détenus, nationalité…
• Système de protection :

◦ D’abord une Commission africaine des droits de


l’homme.
◦ Puis une Cour africaine des droits de l’homme
(comme en Europe et en Amérique).

• Valeur ajoutée : Représente une protection régionale des


droits adaptée au contexte africain.

À retenir (synthèse rapide) :

Dat
Declaration Portée Particularité
e
Virginie / USA 1776Naturelle / universelle Vie, liberté, bonheur
DDHC 1789Universelle / légicentre Loi comme garantie des droits
(France)
DUDH (ONU) 1948Morale / non Fondement du droit international des droits de
contraignante l’homme
CEDH 1950Contraignante Juge à Strasbourg contrôle de l’état
(Europe)
CADHP juridiquement
1981Régionale / mixte Droits individuels et collectifs, spécificité africaine
(Afrique)

CHAPITRE II – LES GARANTIES DES


DROITS ET LIBERTÉS

Garantir les libertés publiques revient à protéger les droits


fondamentaux des individus. Ces garanties sont internes
(juridictionnelles et non juridictionnelles) et internationales
(mondiales et régionales).

SECTION I – LES GARANTIES INTERNES

Paragraphe I – Les garanties juridictionnelles


Les juges jouent un rôle central dans la protection des droits et
libertés.

A – Le juge constitutionnel
Il assure le contrôle de la constitutionnalité des lois, ce qui
permet d’écarter les normes contraires aux droits
fondamentaux.

• 1. Contrôle par voie d’action (contrôle abstrait) :


La loi peut être attaquée avant sa promulgation par
certaines autorités (Chef de l’État, parlementaires…). Si la
loi est jugée inconstitutionnelle, elle ne peut être
promulguée.
• 2. Exception d’inconstitutionnalité (contrôle concret) :
Tout justiciable peut, pendant un procès, soulever qu’une
loi porte atteinte à la Constitution.
La juridiction saisie suspend l’affaire et transmet au juge
constitutionnel.

B – Le juge ordinaire
Il comprend le juge administratif et le juge judiciaire.

1. Le juge administratif

Il protège activement les libertés publiques, notamment en


engageant la responsabilité de l’administration (arrêt Blanco,
1873).

• Liberté d’opinion : CE, 29 juillet 1950


• Liberté de conscience : CE, 8 déc. 1948, Demoiselle
Pasteau
• Liberté d’association : CE, 11 juill. 1956, Amicales des
Amanites
• Liberté de commerce et d’industrie : CE, 22 juin 1951,
Daudignac
• Liberté syndicale : CE, 7 juill. 1939, Union coopérative
des travailleurs
• Liberté d’enseignement : CE, 6 févr. 1946, Fédération des
artisans bretons

2. Le juge judiciaire

Il intervient en cas de violation des libertés dans les litiges


civils et pénaux. Il garantit les libertés individuelles dans la vie
privée, familiale ou professionnelle.

Paragraphe II – Les garanties non juridictionnelles

A – Le contrôle politique : le Parlement


Le Parlement peut :

• Contrôler l’action gouvernementale


• Proposer des lois pour renforcer les libertés

B – Le contrôle administratif
Ce contrôle comprend des actions organisées et non
organisées.

1. Actions organisées

• Recours administratif préalable :


Avant de saisir le juge, le citoyen peut contester un acte
administratif auprès de l’auteur ou de son supérieur
hiérarchique.
• Autorités administratives indépendantes (AAI) :

◦ Ex. : Médiateur de la République, Commission


nationale des droits de l’Homme
◦ Rôle : enquêter, recommander, faire respecter les
droits fondamentaux
◦ Pouvoirs : audition, accès aux documents (sauf
exceptions : défense nationale, souveraineté…)

2. Actions non organisées

• Refus d’obéissance : opposition à un ordre injuste


contraire à la conscience
• Résistance à l’oppression : droit du peuple de s’opposer à
un pouvoir injuste
• Révolution : forme ultime et radicale de résistance

SECTION II – LES GARANTIES


INTERNATIONALES
Les garanties internationales pallient les limites ou défaillances
des systèmes internes.
Paragraphe I – Au niveau mondial
• Déclaration universelle des droits de l’Homme (1948) :
texte fondateur mais sans valeur contraignante.
• Pactes de 1966 (adoptés par l’ONU) :

◦ Pacte relatif aux droits civils et politiques


◦ Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et
culturels
→ Force juridique obligatoire pour les États
signataires.

Ces textes, avec la Déclaration de 1948, forment la Charte


internationale des droits de l’homme.

Paragraphe II – Dans le cadre régional (Afrique)

• Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples


(1981) :
Consacre les droits et devoirs de l’individu.
• Commission africaine des droits de l’Homme et des
peuples :

◦ Promotion des droits


◦ Interprétation de la Charte
◦ Protection (via communications étatiques ou
individuelles)
◦ Pouvoir de recommandation seulement

• Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples :

◦ Créée pour renforcer la protection


◦ Décisions obligatoires pour les États parties

Conclusion
Les droits et libertés sont protégés :

• À l’intérieur des États par des garanties juridictionnelles


(juges) et administratives/politiques,
• À l’échelle internationale par des instruments juridiques
universels et régionaux.
La complémentarité entre garanties nationales et
internationales renforce l’effectivité des droits fondamentaux
dans un État de droit.

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