Durée : 1h30
- Comment définit-on l’objet du contrat de société ? (4 pts)
- Quels sont les pouvoirs du gérant dans une SARL ? (4pts)
- Qu’est-ce que l’apport en industrie ? (4 pts)
- Quel est l’engagement pris par les associés ? (4 pts)
- Quelles sont les causes accidentelles de dissolution d’une société ? (4 pts)
- Question bonus :
o Comment s’exerce le droit à l’information d’un associé dans une
SARL ? (2 pts
urée : 1h30
- Comment explique-t-on l’intérêt financier dans la création d’une société ?
- Quel est le régime des apports en nature dans une SARL (4 pts)
- Les associés peuvent-il être déclarés responsables en cas de nullité de la
société ? (4pts)
- Peut-on prévoir dans les statuts une répartition inégalitaire des bénéfices ou
des pertes ? (4 pts)
- Quel est le sort des actes accomplis au cours de la période constitutive ?
- Question bonus :
o Comment s’exerce le droit à l’information d’un associé dans une
SARL ? (2 pts)
QUESTIONS DE COURS DE DROIT COMMERCIAL
1/ L’usage de fait (3 points)
2/ La notion d’acte de commerce par accessoire (3 points)
3/ La notion d’activité libérale (3 points)
4/ Les éléments corporels du fonds de commerce (3 points)
5/ Quels sont les apports majeurs de la loi n° 2022-172 du 14 février 2022
en faveur de l'activité professionnelle indépendante ? (8 points)
Question subsidiaire : points bonus 2 POINTS
Attention ! le cas bonus reste un cas bonus….en faire des pages, alors que vous
n’écrivez que quelques lignes sur les questions de cours, ce n’est pas normal, et
ne vous permet pas de récupérer les points perdus sur les questions principales.
Cas de M. CARNAVAL
M. CARNAVAL exploite, à titre individuel, un foodtruck qui lui permet de vendre des sodas,
glaces, gaufres et autres friandises ainsi que des ballons et quelques objets pour les enfants. Il
vend exclusivement aux particuliers. Il dispose d’une installation réfrigérée à son domicile pour
stocker les marchandises alimentaires sensibles.
- Quelle est la nature de l’activité de M. TAGADA ? (1 pt)
- Selon vous quelle est la composition de son patrimoine professionnel ? (1 pt
1/ L’attribution de la qualité de commerçant à une personne physique (5 points) Définition et
exemple
2/ L’acte de commerce par nature (5 points) (Définition et exemples)
3/ La clientèle du fonds de commerce (5 points) (Simplement les citer et les situer par rapport à un
fonds de commerce de restauration)
4/Le nom commercial (3 points) (Définition et exemples)
5/ La jurisprudence (2 points)
Questions subsidiaires
Cas de M. TAGADA
M. TAGADA exploite, à titre individuel, un magasin de vente de confiseries. Il vend exclusivement
aux particuliers. Son épouse l’aide à l’occasion, au moment de forte affluence de la clientèle.
Questions subsidiaires (Points bonus = 3 points en plus du barème).
- Quelle est la nature de l’activité de M. TAGADA ? (1 pt)
- Quelles remarques vous inspirent le fait que l’épouse aide M. TAGADA de façon occasionnelle
dans son exploitation ? (1 pt)
Cela dépend des conditions d’exploitation :
- soit commerciale (C. com, L 110-1, 5°) : entreprise de manufacture, très probablement si
machines et salariés ; Spéculation sur le matériel et/ou la main d’œuvre.
- soit artisanale ; si fabrique seul (ou presque) les chaussures à titre artisanal. Valorisation
de son propre travail manuel et de son savoir-faire.
Mme GALA gère la carrière de plusieurs artistes, plus ou moins connus dans le milieu
du cinéma, et de la danse. Elle assure leur promotion, leur délivre des conseils pour la
gestion de leur carrière.
L’agent d'affaires (C. com., art. L. 110-1, 6°)
Il gère les affaires d'autrui. Peu importe qu'il gère des affaires civiles ou commerciales. La
gestion d'affaire est en elle-même commerciale qu'il s'agisse d'agences de recouvrement de
créances (Cass. com., 27 avr. 1967 : Bull. civ. 1967, IV, n° 167. – CA Paris, 7 févr. 1977 :
Gaz. Pal. 1977, 1, jurispr. p. 293), de généalogistes (CA Paris, 1er mars 1937 : DH 1937, p.
368), d'agences de voyage et de tourisme (Ord. n° 2004-1391, 20 déc. 2004 : JO 24 déc.
2004), d'agents artistiques (C. trav., art. L. 7121-11).
Les agents artistiques (C. trav., art. L. 7121-11 : « L’activité d'agent artistique présente un
caractère commercial au sens des dispositions du code de commerce » – V. s. C. trav., art. L.
7121-9 et s. modifié par la loi du 23 juillet 2010 : JCP E 2010, Act. 495).
M. DANSK représente plusieurs entreprises spécialisées dans l’électronique.
Ne sont pas commerçants les agents commerciaux (C. com., art. L. 134-1 et s.) car, s’ils
font bien des actes de commerce, ils les font au nom et pour le compte de leur mandant,
et ne dispose pas de clientèle propre. Rien n’est dit dans le texte sur la non-commercialité
de l’activité, la question a été tranchée par la Cour de cassation, au terme d’un raisonnement
qui faisait le constat de l’absence de clientèle propre.
L'agent commercial est un mandataire d'intérêt commun, qui bénéficie d'un statut
légal, accordé par une loi protectrice d'ordre public, contenue aux articles L. 134-1 à L.
134-17 du Code de commerce. Le champ d’application de ce statut est fermé à certains
professionnels. L'agent agit, de façon permanente, au nom et pour le compte de son
mandant, qui lui confère le pouvoir de négocier, et éventuellement, de conclure des contrats.
L'agent commercial exerce son activité de manière autonome et indépendante, sans être lié
au mandant, par un lien de subordination, ce qui permet de le distinguer du VRP.
Le mandat de l'agent commercial est qualifié de mandat d'intérêt commun. Le mandat de
l'agent commercial est de nature civile :
- après une controverse doctrinale, la situation des représentants/agents commerciaux a été
tranchée par la Cour de cassation :
La Cour de cassation par deux arrêts rendus les 19 octobre 1979 (Cass. com., 19 oct.
1979 : JCP G 1981, II, 19591, note Vincens ; Gaz. Pal. 1980, 1, jurispr. p. 87, note J.
Dupichot ; Bull. civ. IV, n° 266 ; D. 1980, p. 69 ; RTD com. 1980, p. 814, obs. Hémard) et
28 octobre 1980 (D. 1981, inf. rap. p. 196 ; Gaz. Pal. 1981, 1, somm. p. 65) trancha la
controverse en faveur du caractère civil du mandat de l'agent commercial.
Commerciale par accessoire
(En effet, la condamnation à des dommages-intérêts pour des faits de concurrence déloyale
se fait sur le fondement de l’article 1240 du Code civil, qui pose les principes de la
responsabilité civile ; Cela s’explique par le fait qu’il n’y a pas de relations contractuelles
entre la victime des agissements de concurrence de loyale et l’auteur des faits), mais cette
condamnation a un lien étroit avec l’activité commerciale.
Quelle est la juridiction compétente pour régler le litige l’opposant au particulier
n’ayant jamais réglé sa commande ?
Le tribunal judiciaire car le défendeur est un particulier. Voir pour la compétence en
fonction du montant.
SYNTHÈSE DU COURS DE DROIT COMMERCIAL PARTIE 3 – LE CommeRÇANT
C1 – L’ATTRIBUTION DE LA QUALITÉ DE COMMERÇANT
La notion de commerçant est une notion duale :
Le sujet de droit commerçant
Le commerçant, personne physique Le commerçant, personne morale
(Exploitation individuelle de l’activité commerciale) (Exploitation dans le cadre d’une société de l’activité commerciale)
Formes de la personne morale :
- Les sociétés commerciales par leur forme
Ses caractéristiques :
- Les sociétés commerciales par leur objet
- Il réalise des actes de commerce
- A titre de profession habituelle
- Pour son propre compte
Cas particuliers :
- Les GIE
- Les associations
- Les personnes morales de droit public
Objectif :
Je sais qu’il y a deux « sortes » de commerçants.
Je connais les éléments caractéristiques propres à chacun des aspects de cette définition duale.
FOCUS sur le répertoire national des entreprises
A compter du 1er janvier 2023, est mise en place une plateforme unique le Guichet unique des
entreprises (ou GUE), qui se substitue aux anciens CFE (ou centre de formalités des entreprises). La
demande d’immatriculation de l’entreprise est faite sur le GUE, qui transmet les informations au
Répertoire national des entreprises (ou RNE). Le RNE regroupe les inscriptions, les informations se
rapportant à toutes les entreprises, y compris individuelles, quelle que soit la nature de leur activité :
commerciale, artisanale, agricole ou libérale.
Ce schéma d’inscription sur le GUE est désormais commun à toutes les entreprises. L’idée étant de
simplifier les démarches des entreprises. Le GUE est une plateforme d’échanges d’informations
entre les entreprises et l’administration fiscale et l’URSSAF.
Les différents registres sont supprimés, à l’exception du registre du commerce et des sociétés,
auquel le GUE transmet les informations.
C 2 – Les autres professionnels (non-commerçants)
Il existe d’autres catégories de professionnels, qui ne sont pas commerçants, mais qui peuvent dans certains
cas (deux activités distinctes) cumuler les deux qualifications :
1 – Les artisans
Il existe plusieurs définitions de la notion d’artisan :
La définition administrative (en lien avec les conditions d’immatriculation au répertoire des
métiers et de l’artisanat). Selon cette définition l’activité artisanale est exercée :
o De manière indépendante et à titre professionnel ;
o L’effectif de l’entreprise ne dépasse pas 10 salariés (lors de l’inscription RMA) ;
o La nature de l’activité est artisanale (par référence à la liste des activités artisanale).
NB : L’obligation d’inscription au répertoire des métiers et de l’artisanat incombe tant aux
personnes physiques qu’aux personnes morales exerçant une activité professionnelle
artisanale et employant moins de 10 personnes.
La définition civiliste (4 critères cumulatifs posés par la jurisprudence, en opposition à la notion de
spéculation caractérisant l’activité commerciale) :
o Exigence d’un travail personnel ;
o Exigence d’un travail manuel ;
o La vente des produits de son seul travail ;
o Absence de spéculation sur la main d’œuvre ou le matériel.
Un statut hybride :
o Droit civil : en ce qui concerne la preuve, la prescription, la solidarité....
o Droit commercial : Les baux commerciaux, la location-gérance, et les
procédures collectives, et depuis le 01.01.2022, le tribunal de commerce est
également compétent pour les litiges opposants les artisans entre eux ou entre
un artisan et un commerçant (Art. L 721-3 C. com.).
2 - L’agriculteur
Une définition posée par le Code rural et de la pêche maritime : exploitation de tout ou partie d’un
cycle animal ou végétal
Une activité en principe civile, même en ce qui concerne la vente de sa propre production
Existence d’un risque limité de requalification de l’activité agricole en activité commerciale (mise en
œuvre du critère de spéculation)
3 – Le membre d’une profession libérale
Avant une définition doctrinale
Avec l’entrée en vigueur de la loi Warsmann (Loi n° 2012-387 du 22 mars 2012), la notion de
profession libérale est posée par la loi, mais reprend les éléments de la définition doctrinale : art. 29,
I énonce « Les professions libérales groupent les personnes exerçant à titre habituel, de manière
indépendante et sous leur responsabilité, une activité de nature généralement civile ayant pour
objet d'assurer, dans l'intérêt du client ou du public, des prestations principalement intellectuelles,
techniques ou de soins mises en œuvre au moyen de qualifications professionnelles appropriées et
dans le respect de principes éthiques ou d'une déontologie professionnelle, sans préjudice des
dispositions législatives applicables aux autres formes de travail indépendant ».
Diversité des professions concernées (médicale, juridique ou autres)
Une activité civile
4 – Le cas particulier du conjoint du commerçant
Principe de liberté d’exercer ou non le commerce
Le traitement de la participation du conjoint à l’activité de l’époux commerçant :
o L’existence de trois statuts (collaborateur, salarié et associé)
o L’obligation non sanctionnée d’opter pour l’un de ces statuts (Le statut de collaborateur
est le statut par défaut - avant la loi PACTE - 2019)
o Statut de salarié par défaut en cas de défaut d’option, depuis la loi PACTE du 22 mai
2019.
SYNTHESE DES DROITS DU CONJOINT EN FONCTION DU CHOIX DE SON
STATUT
SALARIE C’est le statut présumé en l’absence de déclaration
- Existence d’un contrat de travail, donc lien de subordination
envers le conjoint employeur
NB : Statut par défaut
depuis la loi PACTE - Travail effectif
- Rémunération réelle et protection sociale
- Pouvoir : il ne peut accomplir que les actes autorisés par le
conjoint employeur
COLLABORATEUR - Existence d’un contrat de mandat donné par l’époux exploitant
- Protection sociale distincte de celle de l’exploitant
NB : L’option pour ce - Inscription au RCS (ou registre professionnel)
statut est limitée à 5 - Pouvoir : Il ne peut accomplit que de actes d’administration et de
ans. Après le conjoint gestion courante (ex. : gestion des relations habituelles avec les
doit opter pour le clients et fournisseurs – Interdiction des actes de disposition tels que
statut de salarié ou la vente du fonds de commercer, ou la cession d’éléments séparés du
d’associé. A défaut, ce fonds de commerce).
sera celui de salarié
qui s’appliquera.
ASSOCIE - Existence d’un contrat de société entre les deux époux
- Inscription au RCS si commerçant
- Inscription au registre du professionnel
- Pouvoir : il y a coexploitation ; les deux époux peuvent accomplir
tous les actes d’administration et de disposition.
Objectif :
Je distingue le commerçant des autres catégories de professionnels, dont je connais la ou les définitions.
J’identifie la problématique propre au conjoint du commerçant, exploitant individuel, et connais les risques engendrés
par une participation à l’activité de l’époux commerçant.
Je sais l’importance de l’option pour l’un des statuts et connais également ses limites.
C3 – Le statut du commerçant
1 – Les restrictions à la liberté d’entreprendre
Les restrictions liées à l’état des personnes (les mineurs et les personnes aux facultés mentales altérées)
Les restrictions liées à l’indignité de certaines personnes (certaines personnes condamnées pénalement, par
exemple, pour fraude fiscale, peuvent être également interdites d’exercer le commerce pendant une certaine
durée)
Les incompatibilités (ex. : Le fonctionnaire, le notaire…)
La question de la nationalité (Ex. : La nécessité d’une autorisation préfectorale pour les personnes hors UE
si la personne est déjà sur le sol français)
Les activités interdites ou contrôlées (armes, tabac)
Les activités soumises à conditions (Pharmacien, débit de boissons, organisateur de spectacles etc….)
Les limitations conventionnelles à la liberté d’entreprendre (les clauses de non-concurrence, qui doivent
respecter certaines conditions pour être valables)
Objectif :
Je connais les différentes restrictions à la liberté d’entreprendre
Je connais la fonction de ces restrictions, et sais illustrer chacune d’entre elles.
2 – Les obligations incombant aux commerçants
A compter du 1er janvier 2023, l’obligation d’inscription au Répertoire nationale des entreprises (ou
RNE) via la plateforme GUE (= le Guichet unique des entreprises) pour toutes les entreprises, et donc
tous les professionnels indépendants.
Les obligations comptables du commerçant
o Les documents comptables obligatoires
o Les principes régissant la tenue de la comptabilité (Régularité, sincérité, et fidélité)
Le rôle de la comptabilité en matière fiscale (Preuve)
Les obligations fiscales du commerçant
o Dépôt d’une déclaration de résultat portant sur les bénéfices industriels et commerciaux dégagés par
le commerçant
o Report de ce résultat dans sa déclaration d’impôt sur le revenu, et paiement de l’impôt après
réception de l’avis d’imposition à l’impôt sur le revenu
o Dépôt de sa déclaration de TVA et paiement de la TVA due, s’agissant d’activités en principe
soumises à collecte de la TVA
Objectif :
Je connais les deux grandes catégories d’obligations – comptables et fiscales - incombant au commerçant
SYNTHESE DU COURS DE DROIT COMMERCIAL
PARTIE 1 - INTRODUCTION
Partie 1 – Introduction
C1 – Définition et domaine du droit commercial
- Le droit commercial est le droit des personnes qui exercent le commerce
- C’est le droit des commerçants (conception subjective – approche à partir du sujet de droit)
- C’est le droit des activités commerciales (conception objective – approche à partir des actes
réalisés par les commerçants)
- C’est un droit d’exception, par rapport au droit civil : il énonce ses propres règles (Ex. : La
présomption de solidarité en matière commerciale).
- Est marqué par l’émergence d’un droit du professionnel, socle de règles communes bénéficiant à
l’entrepreneur individuel, quelle que soit la nature de son activité (commerciale, artisanale, agricole
ou libérale), comme l’illustre les points suivants :
· Certaines règles de droit commercial bénéficient également aux autres professionnels (ex. : Statut
du conjoint du commerçant ou règles de traitement des difficultés d’entreprise)
· Et la récente loi n° 2022-172 du 14 févr. 2022, en faveur de l’activité professionnelle indépendante
: cette loi dote l’entrepreneur individuel d’un statut impératif apte à préserver son patrimoine
personnel des risques de son activité.
Objectif :
J’ai assimilé les notions de conception objective et subjective.
J’ai compris la notion de droit d’exception par rapport au droit commun.
J’ai noté les métamorphoses récentes du droit commercial et l’émergence d’un droit du
professionnel, qui dépasse le clivage de la nature des activités professionnelles indépendantes
C2 – Bref historique
- L’antiquité : des dispositions éparses (ex. : Code d’Hammourabi)
- L’Ancien droit - apparition d’un droit commercial autonome : Apparition des usages et première
ébauche de codification
- La période révolutionnaire : Consécration de la liberté d’accès et d’exercice du commerce ;
Rédaction du Code de commerce (1807)
- La période moderne : Modernisation du droit commercial ; Interventionnisme de l’Etat (ex. :
nationalisations) ; et Eclatement du droit commercial (ex. : Droit de la consommation, des sociétés,
de la distribution, de la concurrence etc…), l’influence grandissante du droit commercial (l’apport
de la loi Justice XXI étendant la compétence des tribunaux de commerce aux litiges entre artisans,
et aux entreprises – quelle que soit leur forme - artisanale).
Objectif :
Je sais restituer les grandes lignes de l’évolution historique du droit commercial
C3 – Les sources du droit commercial
Bien avoir en mémoire la pyramide des normes et distinguer droit interne (= droit français) et droit
international.
La présentation qui suit se contente de reprendre les éléments sans les classer.
1 – Le droit interne (= le droit de chaque Etat. Ici le droit interne français)
- Le Code de commerce (1807) et la nouvelle codification à droit constant de 2000.
- La loi qui détermine les principes fondamentaux (art. 34 de la Constitution)
- Les règlements
- La jurisprudence
- La coutume et les usages (bien distinguer usages de droit et usages de fait : ce point est le plus
important de ce chapitre). Un exemple celui de la solidarité qui se présume en droit commercial : il
s’agit d’une règle provenant de l’usage de fait, consacré par la jurisprudence et qui, du fait de cette
reconnaissance (ou validation) jurisprudentielle, est devenu un usage de droit.
Éléments constitutifs de l’usage
Un élément matériel La répétition dans le temps d'une pratique commerciale.
Un élément psychologique La conscience éprouvée par les commerçants d'un même lieu, voire
d'une même profession, du caractère obligatoire d'un tel comportement.
Mécanisme de la validation jurisprudentielle de l’usage
Les trois critères jurisprudentiels
permettant de reconnaître l’usage de droit 1 - Son application doit être limitée à des professionnels
exerçant dans le même secteur d'activité (ici, viticulteur, négociant et courtier...) ; 2 - L'usage doit
être constant et ancien ; 3 - Il doit être localisé sur une place commerciale ou un marché précis (ici,
celui des vins de Bordeaux).
Effets L’usage est alors reconnu comme usage de droit par le juge
Comparaison du régime procédural des usages de fait et de droit
Usage de fait Usage de droit Ou Coutume
Nature Un fait Une règle de droit
Règle de preuve Doit être prouvé au moyen d’un parère (=un document servant de preuve à
l'existence et au contenu d'un usage local ou professionnel) La règle de droit est censée être connue
du juge. Elle n’a pas à être prouvée.
2 – Le droit européen
- Les traités (TUE et TFUE)
- Les règlements européens : ils ont une portée générale et s’imposent directement aux Etats
membres
- Les directives européennes : elles lient les Etats membres quant aux objectifs à atteindre. Les Etats
doivent les transposer dans l’ordre juridique interne (mettre le droit interne en conformité avec les
objectifs poursuivis par la directive).
- La jurisprudence européenne rendue par la CJUE, le Tribunal, et le Tribunal de la fonction
publique
- Les rapports entre le droit européen et le droit interne : Applicabilité directe du droit européen en
droit interne et primauté du droit européen sur le droit interne
3 – La Convention européenne des droits de l’homme
(Véritable dénomination : La Convention de sauvegarde des droits de l'homme et libertés
fondamentales)
Elle exerce une influence sur le droit commercial, entendu au sens large (ex. : l’exigence d’un
procès équitable).
Cette convention dont l’objectif est de garantir des droits et libertés individuels au sein des 47 Etats
signataires. Elle n'est pas une émanation de l'Union européenne mais le traité de Lisbonne prévoit
l’adhésion de l’Union européenne à cette convention.
Exemples de droits et libertés individuels protégés par la Convention européenne des droits de
l’homme :
- Droit à un procès équitable (Conv. EDH, art. 6) : « Toute personne a droit à ce que sa cause soit
entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et
impartial ».
- Droit au respect de sa vie privée, familiale, de son domicile, de sa correspondance (Conv. EDH,
art. 8)
- Liberté de pensée, de conscience, de religion (Conv.EDH, art. 9).
La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) est l'organisation internationale qui veille au
respect de la Convention.
4 – Les usages internationaux - La lex mercatoria par exemple.
C’est une source spontanée du droit commercial international (littéralement loi des marchands). Ce
sont des règles issues de la pratique internationale, qui permettent d’éviter les conflits de lois
(contrariété entre des lois émanant d’Etats différents). Ces règles sont également connues avant que
naissent le différend.
A titre d’exemple, on peut citer les incoterms (ou contraction de l'expression anglaise International
commercial terms) qui sont édictés par la Chambre de commerce international et qui servent à
définir les droits et devoirs des acheteurs et vendeurs participant à des échanges internationaux et
nationaux. C’est un ensemble de termes, qui sont préalablement définis, et qui servent alors de
référence, afin d’éviter les contentieux liés à l’interprétation de certains termes du contrat de vente
international.
5 – Les autorités privées
- La doctrine (Opinions d’auteurs, praticiens ou chercheurs. Voir cours d’introduction au droit)
- Les règles professionnelles
Par exemple, l’article L. 441-6 alinéa 9 du Code de commerce dispose que la communication par
tout producteur, prestataire de services, grossiste ou importateur de ses conditions générales de
vente à tout acheteur de produits ou à tout demandeur de prestations de services qui en fait la
demande pour une activité professionnelle « s’effectue par tout moyen conforme aux usages de la
profession. »
Objectif :
Je connais la pyramide des normes
Je distingue le droit interne du droit européen
J’ai compris le principe de primauté du droit européen sur le droit interne
Je connais la structure du droit européen
Je comprends à quoi sert la Convention européenne des droits de l’homme
Je suis incollable sur les notions d’usage de droit et d’usage de fait, et usages internationaux
-+-+-+-+-+-+-+
SYNTHESE DU COURS DE DROIT COMMERCIAL
PARTIE 2 – LES ACTES DE COMMERCE
C1 – DEFINITION ET TYPOLOGIE DES ACTES DE COMMERCE
1 – Existe-t-il une définition de la notion d’acte de commerce ? NON
- Absence de définition légale ou jurisprudentielle
- Insuffisance des critères doctrinaux (ils sont pertinents, mais ils ont leurs limites) :
ü Entremise
ü Entreprise
ü Et spéculation (le dernier critère doctrinal est le plus important)
2 – La typologie des actes de commerce
NB : Typologie signifie dans le contexte de mon cours une énumération, d’après une classification
doctrinale
- Actes de commerce par nature : ces actes sont énumérés aux articles L 110-1 et L 110-2 du Code
de commerce. Il s’agit d’une liste d’actes regroupant les activités de négoce, les activités
industrielles et les activités de services (Ne retenir que quelques exemples : achat de biens meubles
en vue de la revente en l’état ou après transformation ; location de biens meubles, tels que des
outils, machines etc.…)
- Actes de commerce par la forme (Lettre de change et sociétés commerciales par la forme)
1. **La lettre de change :*
*
La lettre de change est un instrument de paiement et de crédit qui permet à une personne (le
tireur) de donner l’ordre à une autre personne (le tiré) de payer une somme d’argent à une
date déterminée à un tiers (le bénéficiaire). Elle est régie par les articles L. 511-1 et suivants
du Code de commerce.
· Appartenant à la catégorie des effets de commerce, la lettre de change est un titre par lequel une
personne, le tireur, donne un ordre écrit à une autre personne, le tiré, de payer à une troisième
personne, le bénéficiaire, ou à celui qu'il désignera, une somme d'argent à une date déterminée.
C’est un moyen de paiement qui est commercial par la forme, donc commercial entre toutes les
mains.
· Commercialité formelle de certaines sociétés : Une société est nécessairement commerciale, même
si son activité est civile, lorsqu'elle a la forme de SNC, de SCS ou de SCA, de SARL, de SA ou de
SAS (art. L 210-1, al. 2).
Toute société qui se transforme et adopte l'une de ces formes devient immédiatement commerciale
(voir, pour la transformation d'une société civile en SARL, TGI Seine 31-5-1966 : Rev. trim. com.
1967 p. 515).
- Actes de commerce par accessoire :
1 – Application classique (La théorie de l’accessoire : actes de commerce par accessoire par
accessoire ; Les 3 critères servant à la mise en œuvre de la théorie de l’accessoire :
ü L’auteur de l’acte : l’acte est accompli par le commerçant
ü La nature de l’acte : l’acte n’est pas par nature commercial
ü Le but de l’acte : l’acte est accompli pour les besoins du commerce
2 – Extension jurisprudentielle de la théorie de l’acte de commerce par accessoire : (ex. : Opérations
sur fonds de commerce : l’achat même par un non commerçant d’un fonds de commerce, est un acte
de commerce, car il se rapporte au bien commercial par excellence = le fonds de commerce).
-++-+-+-+-
SYNTHESE DU COURS DE DROIT COMMERCIAL
PARTIE 3 – LE COMMERÇANT
C1 – L’ATTRIBUTION DE LA QUALITE DE COMMERÇANT
La notion de commerçant est une notion duale :
Objectif :
Je sais qu’il y a deux « sortes » de commerçants.
Je connais les éléments caractéristiques propres à chacun des aspects de cette définition duale.
FOCUS sur le répertoire national des entreprises
A compter du 1er janvier 2023, est mise en place une plateforme unique le Guichet unique des
entreprises (ou GUE), qui se substitue aux anciens CFE (ou centre de formalités des entreprises). La
demande d’immatriculation de l’entreprise est faite sur le GUE, qui transmet les informations au
Répertoire national des entreprises (ou RNE). Le RNE regroupe les inscriptions, les informations se
rapportant à toutes les entreprises, y compris individuelles, quelle que soit la nature de leur activité :
commerciale, artisanale, agricole ou libérale.
Ce schéma d’inscription sur le GUE est désormais commun à toutes les entreprises. L’idée étant de
simplifier les démarches des entreprises. Le GUE est une plateforme d’échanges d’informations
entre les entreprises et l’administration fiscale et l’URSSAF.
Les différents registres sont supprimés, à l’exception du registre du commerce et des sociétés,
auquel le GUE transmet les informations.
C 2 – Les autres professionnels (non-commerçants)
Il existe d’autres catégories de professionnels, qui ne sont pas commerçants, mais qui peuvent dans
certains cas (deux activités distinctes) cumuler les deux qualifications :
1 – Les artisans
Il existe plusieurs définitions de la notion d’artisan :
· La définition administrative (en lien avec les conditions d’immatriculation au répertoire des
métiers et de l’artisanat). Selon cette définition l’activité artisanale est exercée :
o De manière indépendante et à titre professionnel ;
o L’effectif de l’entreprise ne dépasse pas 10 salariés (lors de l’inscription RMA) ;
o La nature de l’activité est artisanale (par référence à la liste des activités artisanale).
NB : L’obligation d’inscription au répertoire des métiers et de l’artisanat incombe tant aux
personnes physiques qu’aux personnes morales exerçant une activité professionnelle artisanale et
employant moins de 10 personnes.
· La définition civiliste (4 critères cumulatifs posés par la jurisprudence, en opposition à la notion
de spéculation caractérisant l’activité commerciale) :
o Exigence d’un travail personnel ;
o Exigence d’un travail manuel ;
o La vente des produits de son seul travail ;
o Absence de spéculation sur la main d’œuvre ou le matériel.
· Un statut hybride :
o Droit civil : en ce qui concerne la preuve, la prescription, la solidarité....
o Droit commercial : Les baux commerciaux, la location-gérance, et les procédures collectives, et
depuis le 01.01.2022, le tribunal de commerce est également compétent pour les litiges opposants
les artisans entre eux ou entre un artisan et un commerçant (Art. L 721-3 C. com.).
2 - L’agriculteur
· Une définition posée par le Code rural et de la pêche maritime : exploitation de tout ou partie d’un
cycle animal ou végétal
· Une activité en principe civile, même en ce qui concerne la vente de sa propre production
· Existence d’un risque limité de requalification de l’activité agricole en activité commerciale (mise
en œuvre du critère de spéculation)
3 – Le membre d’une profession libérale
· Avant une définition doctrinale
· Avec l’entrée en vigueur de la loi Warsmann (Loi n° 2012-387 du 22 mars 2012), la notion de
profession libérale est posée par la loi, mais reprend les éléments de la définition doctrinale : art. 29,
I énonce « Les professions libérales groupent les personnes exerçant à titre habituel, de manière
indépendante et sous leur responsabilité, une activité de nature généralement civile ayant pour objet
d'assurer, dans l'intérêt du client ou du public, des prestations principalement intellectuelles,
techniques ou de soins mises en œuvre au moyen de qualifications professionnelles appropriées et
dans le respect de principes éthiques ou d'une déontologie professionnelle, sans préjudice des
dispositions législatives applicables aux autres formes de travail indépendant ».
· Diversité des professions concernées (médicale, juridique ou autres)
· Une activité civile
4 – Le cas particulier du conjoint du commerçant
· Principe de liberté d’exercer ou non le commerce
· Le traitement de la participation du conjoint à l’activité de l’époux commerçant :
o L’existence de trois statuts (collaborateur, salarié et associé)
o L’obligation non sanctionnée d’opter pour l’un de ces statuts (Le statut de collaborateur est le
statut par défaut - avant la loi PACTE - 2019)
o Statut de salarié par défaut en cas de défaut d’option, depuis la loi PACTE du 22 mai 2019.
SYNTHESE DES DROITS DU CONJOINT EN FONCTION DU CHOIX DE SON STATUT
SALARIE
NB : Statut par défaut depuis la loi
PACTE C’est le statut présumé en l’absence de déclaration - Existence d’un contrat de travail, donc
lien de subordination envers le conjoint employeur - Travail effectif - Rémunération réelle et
protection sociale - Pouvoir : il ne peut accomplir que les actes autorisés par le conjoint employeur
COLLABORATEUR
NB : L’option pour ce statut est limitée à 5 ans. Après le conjoint doit opter pour le statut de salarié
ou d’associé.
A défaut, ce sera celui de salarié qui s’appliquera. - Existence d’un contrat de mandat donné par
l’époux exploitant - Protection sociale distincte de celle de l’exploitant - Inscription au RCS (ou
registre professionnel) - Pouvoir : Il ne peut accomplit que de actes d’administration et de gestion
courante (ex. : gestion des relations habituelles avec les clients et fournisseurs – Interdiction des
actes de disposition tels que la vente du fonds de commercer, ou la cession d’éléments séparés du
fonds de commerce).
ASSOCIE - Existence d’un contrat de société entre les deux époux - Inscription au RCS si
commerçant - Inscription au registre du professionnel - Pouvoir : il y a coexploitation ; les deux
époux peuvent accomplir tous les actes d’administration et de disposition.
Objectif :
Je distingue le commerçant des autres catégories de professionnels, dont je connais la ou les
définitions.
J’identifie la problématique propre au conjoint du commerçant, exploitant individuel, et connais les
risques engendrés par une participation à l’activité de l’époux commerçant.
Je sais l’importance de l’option pour l’un des statuts et connais égalem
Objectif :
Je distingue le commerçant des autres catégories de professionnels, dont je connais la ou les
définitions.
J’identifie la problématique propre au conjoint du commerçant, exploitant individuel, et connais les
risques engendrés par une participation à l’activité de l’époux commerçant.
Je sais l’importance de l’option pour l’un des statuts et connais également ses limites.
C3 – Le statut du commerçant
1 – Les restrictions à la liberté d’entreprendre
· Les restrictions liées à l’état des personnes (les mineurs et les personnes aux facultés mentales
altérées)
· Les restrictions liées à l’indignité de certaines personnes (certaines personnes condamnées
pénalement, par exemple, pour fraude fiscale, peuvent être également interdites d’exercer le
commerce pendant une certaine durée)
· Les incompatibilités (ex. : Le fonctionnaire, le notaire…)
· La question de la nationalité (Ex. : La nécessité d’une autorisation préfectorale pour les personnes
hors UE si la personne est déjà sur le sol français)
· Les activités interdites ou contrôlées (armes, tabac)
· Les activités soumises à conditions (Pharmacien, débit de boissons, organisateur de spectacles
etc….)
· Les limitations conventionnelles à la liberté d’entreprendre (les clauses de non-concurrence, qui
doivent respecter certaines conditions pour être valables)
Objectif :
Je connais les différentes restrictions à la liberté d’entreprendre
Je connais la fonction de ces restrictions, et sais illustrer chacune d’entre elles.
2 – Les obligations incombant aux commerçants
· A compter du 1er janvier 2023, l’obligation d’inscription au Répertoire nationale des entreprises
(ou RNE) via la plateforme GUE (= le Guichet unique des entreprises) pour toutes les entreprises, et
donc tous les professionnels indépendants.
· Les obligations comptables du commerçant
o Les documents comptables obligatoires
o Les principes régissant la tenue de la comptabilité (Régularité, sincérité, et fidélité)
· Le rôle de la comptabilité en matière fiscale (Preuve)
· Les obligations fiscales du commerçant
o Dépôt d’une déclaration de résultat portant sur les bénéfices industriels et commerciaux dégagés
par le commerçant
o Report de ce résultat dans sa déclaration d’impôt sur le revenu, et paiement de l’impôt après
réception de l’avis d’imposition à l’impôt sur le revenu
o Dépôt de sa déclaration de TVA et paiement de la TVA due, s’agissant d’activités en principe
soumises à collecte de la TVA
Objectif :
Je connais les deux grandes catégories d’obligations – comptables et fiscales - incombant au
commerçant
+-++-+-
SYNTHESE DU COURS DE DROIT COMMERCIAL
PARTIE 4 - LE PATRIMOINE DU COMMERÇANT
(LE FONDS DE COMMERCE)
C1 – LE PRINCIPE DE L'UNICITE DU PATRIMOINE, UN PRINCIPE CRITIQUE
NB : La notion de gage des créanciers : C'est le droit des créanciers sur l'ensemble des biens
présents à et à venir de leur débiteur (C.civ., 2284 et 2285). En d'autres termes, dans le contexte
présent, le gage correspond à l'ensemble des biens du débiteur sur lesquels les créanciers peuvent se
faire payer leur créance sur ce dernier.
1 – Retour sur la notion de patrimoine et le principe d’unicité du patrimoine
· La théorie du patrimoine est une théorie ancienne forgée par deux célèbres juristes : Aubry et Rau
· Définition :
o Le patrimoine est généralement défini comme « l'ensemble des biens et obligations d'une
personne appréciables en argent ».
o Ou de façon plus précise « L'ensemble des biens et des obligations d'une personne envisagé
comme formant une universalité de droits, un tout comprenant non seulement ses biens présents
mais également ses biens à venir » (Vocabulaire Capitant)
o Le patrimoine est donc un ensemble, une enveloppe, un contenant regroupant les droits et
obligations d’une personne.
2 – Les caractéristiques du patrimoine, dans le cadre de la théorie du principe de l’unicité du
patrimoine
· La personne et le patrimoine
o Tout patrimoine suppose nécessairement un titulaire à sa tête
o Seules les personnes ont un patrimoine
o Toute personne a nécessairement un patrimoine et un seul
· Le patrimoine : une universalité de droit
o Le patrimoine est un contenant, une enveloppe
o Le patrimoine est composé d'un actif et d'un passif.
o Il existe une corrélation entre l'actif et le passif
3 – Les critiques pratiques adressées au principe d’unicité du patrimoine
· En cas de difficultés financières, les créanciers professionnels peuvent exercer des actions en
paiement également sur les biens privés ou personnels de l’entrepreneur
NB : En dépit de ces critiques, traditionnellement le patrimoine d’affectation n’était pas accueilli
favorablement en droit français
C2 – LA PROTECTION DU PATRIMOINE DU COMMERÇANT ORGANISEE
1 – Du rejet du patrimoine d’affectation à sa consécration
· Une théorie pleinement consacrée par la loi en faveur de l’activité professionnelle indépendante du
14 février 2022.
2 – La protection du patrimoine du commerçant organisée
· La loi Madelin du 11 février 1994 : les créanciers professionnels doivent d’abord de se servir sur
les biens professionnels
· L’insaisissabilité de droit de la résidence principale (2003, 2008 et 2015) et la déclaration
d'insaisissabilité des résidences secondaires ou autres biens immobiliers de l'entrepreneur individuel
· Les sociétés unipersonnelles – 1985 (ex. : EURL)
· L'entreprise individuelle à responsabilité limitée ou EIRL (2011) : un statut pour lequel il n’est
plus possible d’opter depuis l’entrée en vigueur de la loi du 15 février 2022 ; Un statut appelé à
disparaître progressivement.
3. La consécration du patrimoine affecté par la loi en faveur de l’activité professionnelle
indépendante (Fev 2022 – TTI)
· C’est un statut légal, automatique et protecteur (pas d’option à exercer) réservé aux entrepreneurs
individuels, quelle que soit la nature de leur(s) activité(s)
· Dès le début de l’activité, il y a séparation automatique des deux patrimoines : personnel et
professionnel. Il ne peut y avoir que deux patrimoines, même si l’entrepreneur exploite plusieurs
activités professionnelles
· L’entrepreneur individuel doit porter la mention de son statut sur l’ensemble de ses documents
professionnels
· Les biens professionnels sont les biens utiles à ou aux activités professionnelles. Les autres biens
sont des biens personnels
· Les biens professionnels constituent le gage des créanciers professionnels.
· Les biens personnels constituent le gage des créanciers personnels
· Le principe d’étanchéité entre les deux patrimoines connaît des exceptions (ex. La renonciation
partielle à la protection du statut légal est possible, sous réserve du respect de conditions strictes).
· L’entrepreneur individuel ne peut pas se porter caution pour sa propre entreprise individuelle (La
caution garantit le paiement en cas de défaillance du débiteur principal).
C3 – LA NOTION DE FONDS DE COMMERCE
1 – Le fonds de commerce (ou FDC) et les notions voisines
· Le FDC ne se confond pas avec la société ou l’entreprise individuelle, qui sont des formes
d’exploitation de l’activité commerciale
· La société exploitant une activité commerciale a à son actif un fonds de commerce
· Un entrepreneur individuel exploitant une activité commerciale, exploite un fonds de commerce.
2 – Les éléments du fonds de commerce
Les éléments du fonds de commerce
Les éléments
incorporels La clientèle : le principal élément du fonds de commerce · La clientèle stable · La
clientèle précaire ou achalandage · Elle a les caractères suivants : actuel, certain, personnel et licite
Les autres éléments incorporels : - Le nom commercial est celui sous lequel le commerçant exerce
son commerce - L’enseigne constitue la désignation du fonds de commerce lui-même, et non plus
de son titulaire (ex. : Une baguette de forme particulière pour un boulanger) - Le bail commercial :
le commerçant n’est pas propriétaire des murs dans lesquels il exploite son activité. Il loue le local.
Le contrat par lequel il loue ce local, s’appelle le bail commercial. Le droit au renouvellement de ce
bail fait qu’il est un élément valorisé dans le patrimoine de l’exploitation du fonds de commerce -
Les droits de propriété industrielle : Ce sont les biens de nature incorporelle, qui procure à leur
titulaire un monopole d'exploitation. - Les licences et autorisations administratives (ex. : Licence de
débit de boissons, ou pharmacie)
Les éléments
corporels - Matériel - Outillage - Marchandises
3 – La nature juridique du fonds de commerce
· Ce n’est pas une universalité de droit
· C’est une universalité de fait
· C’est un bien meuble incorporel
C4 – LA CESSION DU FONDS DE COMMERCE
1 – Les conditions de fond
· Les mêmes conditions que pour les autres contrats de vente
· Capacité (ex. : minorité) et pouvoir (ex. : Règle de disposition d’un bien commun)
· Un consentement exempt de vices :
ü Erreur (ex. : l’acquéreur constate après la cession que l’autorisation administrative de débit de
boisson n’ait pas été cédée avec le fonds de commerce)
ü Dol – C’est une erreur provoquée (ex. : ne pas indiquer à l’acquéreur que le fonds est nanti au jour
de la cession)
ü Et violence (rare)
· Le prix de cession déterminé et déterminable. Il est généralement basé sur le chiffre d’affaires du
fonds cédé.
2 – Les conditions de forme
La question de l’écrit
· Dans le but de protéger le consentement de l’acquéreur du fonds de commerce, l’article L 141-1 C.
com. Exigeait des mentions obligatoires dans le contrat de cession de fonds de commerce. Ce texte
a été abrogé – à compter du 20 juillet 2019 - par la loi n° 2019-744 du 19 juillet 2019 de
simplification, de clarification et d'actualisation du droit des sociétés, sous prétexte que les
informations visées par celle-ci ne sont pas toujours utiles pour l'acquéreur du fonds.
· Désormais, la cession de fonds de commerce ne nécessite pas d’écrit et la preuve de la cession se
fait par tout moyen (C. com., art. L 110-3)
Un certain formalisme subsiste :
· Le maintien des articles L 141-2 et s. et les obligations découlant des articles 1112 et 1112-1 du
Code civil imposent donc un certain formalisme dans la rédaction des contrats de cession de fonds
de commerce, un formalisme proche de celui en vigueur avant l’entrée en application de la loi ;
ü Les articles L 141-2 et s C. com. ne sont pas supprimés :
Au jour de la cession, le vendeur et l'acquéreur visent un document présentant les chiffres d'affaires
mensuels. Pendant une durée de trois ans, le vendeur remet - à la demande de l’acquéreur – tous les
livres de comptabilité tenus durant les trois exercices comptables précédant celui de la vente.
ü Par ailleurs, la validité du privilège du vendeur et du nantissement du fonds, requiert un acte écrit
(authentique ou sous signature privée, C. com., art. L. 141-5 et L. 142-3
ü Maintien de la sanction du non-respect de ces obligations par l’action en garantie prévue par
l’article L 141-3, dans le délai d’un an (C. com., article L 141-4)
ü Maintien de la possibilité de mettre en cause la responsabilité du rédacteur d’actes (C. com., art. L
Maintien de la possibilité de mettre en cause la responsabilité du rédacteur d’actes (C. com., art. L
141-3)
· Les articles 1112 et 1112-1 du Code civil posent l’obligation de négocier de bonne foi et de
transmettre toute information déterminante ayant un lien direct avec le contenu de la cession, sous
peine d’annulation du contrat sur le fondement des vices du consentement.
3 – Les effets de la vente : obligations du vendeur
· Obligation de délivrance : c’est l’obligation incombant au vendeur de mettre à la disposition de
l'acheteur tous les éléments du fonds de commerce.
· Obligation de garantie, qui se décline en :
o L’obligation pour le vendeur de garantir à l'acheteur l'exactitude des mentions portées dans l'acte
de cession.
o L’obligation de garantie comprend également :
Ø La garantie d’éviction, qui peut être renforcée par l’insertion dans le contrat de cession d’une
clause de non-concurrence, dont l’objet est un peu différent
Ø La garantie des vices cachés
4 – Les effets de la vente : obligations de l’acquéreur
· Le paiement du prix
· Les garanties attachées au paiement du prix payable à terme
o Le privilège du vendeur :
Ø Droit de préférence : le vendeur, grâce à son privilège, est payé avant tous les autres créanciers
(d’où le terme de préférence), et notamment avant les créanciers chirographaires
Ø Droit de suite : ce privilège – le fait d’être payé avant les autres créanciers - suit le fonds de
commerce en quelques mains qu’il passe.
o L’action résolutoire : le vendeur impayé bénéficie de l'action résolutoire, qui lui permet de
demander en justice la résolution de la vente, moyennant restitution des acomptes reçus.
o Les droits des créanciers du vendeur : Opposition au paiement de prix
+-+-++-
Acte ou fait juridique soumis aux règles du droit commercial, en raison de sa nature (ainsi l'achat
pour revendre), de sa forme (ainsi la lettre de change), ou en raison de la qualité de commerçant
de son auteur (pour simplifier à ce stade du cours et des TD)
Absence de définition légale ou jurisprudentiel de l’acte
Le législateur a procédé à une énumération légale des actes de commerce, sans pour autant en
donner une définition générale.
L’analyse des textes et de la jurisprudence permet d’affirmer que l’acte de commerce est
principalement caractérisé par la spéculation (c'est-à-dire dans le but de réaliser un bénéfice), La
recherche de profit constitue, en effet, un critère fondamental.
L’achat pour revendre
Les actes de commerce par nature sont ceux énumérés par le Code de commerce.
L’achat pour revendre est la meilleure illustration de l’acte de commerce par nature.
Exemple : un commerçant vend du mobilier à destination de particuliers et de professionnels. Il
achète des meubles en vue de les revendre. C’est un acte de commerce par nature. Il réitère
l’opération et en tire profit.
L’acte mixte
L'acte mixte est un acte commercial à l'égard de l'une des parties (le commerçant) et civil à l'égard
de l'autre (le non-commerçant). Il ne s'agit donc pas d'une catégorie supplémentaire intermédiaire
entre les actes civils et les actes de commerce. C'est un acte qui change de qualification selon le
point de vue où l'on se place. S'agissant de son régime, on applique les règles commerciales à celui
pour qui l’acte est commercial et les règles civiles à celui pour qui l'acte est civil, c’est-à-dire le non
commerçant.
Tel est le cas en matière de preuve
Ex. : Un commerçant revend des meubles à des particuliers. Pour le commerçant, il s’agit d’un acte
de commerce. Pour le particulier, il s’agit d’un acte privé, un acte civil, relevant des règles du Code
civil.
Règles de preuve en matière d’actes de commerce
A la différence des règles énoncées par le Code civil, notamment à l’article 1341 du Code civil, en
matière commercial la preuve est libre. Les actes de commerce se prouve – en principe et sauf
exceptions – librement.
Précisément, l'article L. 110-3 du code de commerce dispose que, « à l'égard des commerçants, les
actes de commerce peuvent se prouver par tous moyens à moins qu'il n'en soit autrement disposé
par la loi ».
Ce principe de liberté de preuve doit être précisé :
1/ Ce principe ne vaut qu’entre commerçants ou à l’égard d’un commerçant
2/ La liberté de preuve signifie que la preuve peut être faite par tout procédé de preuve :
témoignage, présomption, commencement de preuve par écrit, moyens électroniques…
3/ Il est fait exception au principe de liberté de preuve, en matière d’actes mixtes, lorsqu’il s’agit de
prouver contre un non-commerçant. Dans ce cas, le commerçant doit respecter les règles de preuve
applicable en matière civile, s’il souhaite prouver contre un non commerçant.
4/ Certains contrats conclus par les commerçants échappent au principe de liberté de preuve, tel est
le cas de la lettre de change, pour laquelle il faut un écrit.
B - CAS PRATIQUES
1 – Cas généralistes :
Reconnaître les activités commerciales et celles qui ne le sont pas :
On rappelle l’article de référence à citer :
Article L110-1 Code de commerce
La loi répute actes de commerce :
1° Tout achat de biens meubles pour les revendre, soit en nature, soit après les avoir travaillés
et mis en œuvre ;
2° Tout achat de biens immeubles aux fins de les revendre, à moins que l'acquéreur n'ait agi
en vue d'édifier un ou plusieurs bâtiments et de les vendre en bloc ou par locaux ;
3° Toutes opérations d'intermédiaire pour l'achat, la souscription ou la vente d'immeubles, de
fonds de commerce, d'actions ou parts de sociétés immobilières ;
4° Toute entreprise de location de meubles ;
5° Toute entreprise de manufactures, de commission, de transport par terre ou par eau ;
6° Toute entreprise de fournitures, d'agence, bureaux d'affaires, établissements de ventes à
l'encan, de spectacles publics ;
7° Toute opération de change, banque, courtage, activité d'émission et de gestion de monnaie
électronique et tout service de paiement ;
8° Toutes les opérations de banques publiques ;
9° Toutes obligations entre négociants, marchands et banquiers ;
10° Entre toutes personnes, les lettres de change ;
11° Entre toutes personnes, les cautionnements de dettes commerciales.
2 – M. BIGFARM est pharmacien et exploite une pharmacie en territoire rural.
C’est une activité commerciale : le pharmacien a pour activité principale l’achat de médicaments et
autres produits de santé en vue de la revente. C. com, art. L 110-1, 1°
3 – Me BLACK est avocat, inscrit au barreau de Rouen depuis un vingtaine d’année.
Le métier d’avocat appartient aux professions libérales. Il s’agit de délivrer une prestation de
service nécessitant de grandes compétences et étudiée pour le cas du client.
Conforme à la définition de l’activité donnée par la loi WARSMANN, art. 29
2 - A propos de la preuve
L’entreprise MEUBLETOUT a vendu et livré un ensemble de mobilier de bureau à
l’entreprise INFORSTART spécialiste dans l’équipement informatique. Cette dernière ne lui a pas
réglé le prix de la marchandise livrée il y a deux mois.
Pour être complète, je rappelle les principes de base :
- Liberté de la preuve entre commerçants (C. com, art. L 110-3)
- Distribution des règles sur la preuve en matière d’actes mixtes
Rappel des principes généraux trouvant à s’appliquer :
L’article L. 110-3 du Code de commerce est ainsi rédigé : " À l'égard des commerçants, les
actes de commerce peuvent se prouver par tous moyens à moins qu'il n'en soit autrement
disposé par la loi ". Ce texte déroge à un certain nombre de dispositions du Code civil.
En effet, la liberté de la preuve dispense les parties de pré-constituer une preuve écrite, alors
même que le montant de l'opération dépasserait la somme de 1500 euro(s) (C. civ., art. 1359).
De même, les dispositions relatives aux originaux en cas de convention synallagmatique ( C.
civ., art. 1375 . - ), l'exigence d'une mention manuscrite visée par l' article 1376 du Code civil
et les règles contraignantes de l'article 1377 concernant la preuve de la date ( : Bull. civ. IV, n°
122 ) ne trouvent pas non plus à s'appliquer lorsque les conditions de l' article L. 110-3 du
Code de commerce sont respectées.
Rappelez les règles de preuve qui s’appliquent au cas particulier et pourquoi
On fait donc application de l’article L 110-3 du Code de commerce
Dans ce premier cas, le contrat de vente est conclu entre deux commerçants. C’est le principe de la
liberté de preuve qui s’applique. Le fournisseur pourra prouver facilement la vente en produisant un
bon de commande, un bon de livraison, un mail ou autre….
La solution serait-elle la même si le client était M. POLLUX, retraité, le client
qui ne voulait pas régler son achat ?
Dans ce cas, l’entreprise MEUBLETOUT doit recourir aux procédés de preuve civilistes
pour prouver la réalité de la dette de M. POLLUX :
En-dessous d’un certain montant la preuve est libre (1 500 €) – C. civ., art.
1359
Au-dessus il convient de disposer d’une preuve par écrit ou bien d’un
commencement de preuve par écrit, qui peut être le bon de commande, le
bon de livraison, une facture etc…
ES USAGES (de fait et de droit)
LES ACTES DE COMMERCE : tous les éléments de cours vus sur ce sujet (notion d’acte de
commerce; typologie des actes de commerce; et acte mixte…..)
LA PREUVE EN DROIT COMMERCIAL : Libre sauf exceptions
LA PRESCRIPTION : en principe 5 ans, avec des exceptions notamment la prescription de 2 ans
applicables dans le cadre de relations d’un professionnel avec un consommateur.
LA DÉFINITION DU COMMERÇANT PERSONNE PHYSIQUE : il fait des actes de
commerce, à titre habituel, et il est indépendant
LE MINEUR PEUT-IL ÊTRE COMMERÇANT ? (uniquement le mineur émancipé, sous
conditions)
+-+
Les professionnels autres que le commerçant (artisan, membre de profession libérale et
agriculteur – généralités)
Le conjoint/partenaire/concubin du commerçant (liberté d’exercice professionnel des deux
conjoints; si participation: option obligatoire pour un des trois statuts de la loi de 82 et à défaut le
statut de salarié)
Le patrimoine du commerçant : principe d’unicité du patrimoine (principe, inconvénients liés à ce
principe et sa récente remise en cause); remèdes à ces inconvénients; notion de fonds de
commerce, et éléments de fonds de commerce.
L’apport de la loi n° 2022-172 du 14 févr. 2022, en faveur de l'activité professionnelle
indépendante : cette loi dote l'entrepreneur individuel d'un statut légal automatique apte à préserver
son patrimoine personnel des risques de son activité.
Maîtriser la distinction entre l’entreprise individuelle et la société
LES ACTES DE COMMERCE
Avec cette question, il ne vous est plus demandé de réfléchir sur la notion d’actes de commerce,
mais de présenter les actes de commerce.
En intro, vous rappelez brièvement qu’il n’y a pas de définition légale ou jurisprudentielle de la
notion d’actes de commerce, et que les critères doctrinaux sont insuffisants. Il convient donc
d’énumérer les actes de commerce, que l’on peut ranger dans 3 catégories (ci-après), qui sont les 3
parties de votre réponse :
LES ACTES DE COMMERCE PAR NATURE
LES ACTES DE COMMERCE PAR LA FORME
LES ACTES DE COMMERCE PAR ACCESSOIRE
LA PREUVE DES ACTES DE COMMERCE
LE RÉGIME DES ACTES MIXTES (EN INTRODUCTION, NE PAS OUBLIER DE DÉFINIR
LA NOTION D’ACTES MIXTES)
LE RÈGLEMENT DES LITIGES COMMERCIAUX
LES TRIBUNAUX DE COMMERCE
L’ARBITRAGE
LES MODES ALTERNATIFS AU RÈGLEMENT DES LITIGES
LE RÈGLEMENT DES LITIGES COMMERCIAUX
LES TRIBUNAUX DE COMMERCE
I - PRINCIPES PRIMAIRES - COMPÉTENCE DU TCOM DANS 3 CAS (C. COM. ART. L
721-3)
1 - contestations relatives aux engagements entre commerçants, entre établissements de
crédit, entre sociétés de financement ou entre eux ;
2 - contestations relatives aux sociétés commerciales ;
3 - contestations relatives aux actes de commerce entre toutes personnes
II - A PROPOS DES ACTES MIXTES (DONNER LA DÉFINITION DE L’ACTE MIXTE)
- si le commerçant prend l’initiative de l’action : la juridiction commerciale n’est pas
compétente ;
- si c’est le non commerçant qui prend l’initiative de l’action : il peut aller soit devant la
juridiction civile soit devant la juridiction commerciale.
LE RÈGLEMENT DES LITIGES COMMERCIAUX
LES TRIBUNAUX DE COMMERCE
AUTRES QUESTIONS À COMPLÉTER AVEC LE COURS ET LE FORUM :
III - A PROPOS DES CLAUSES ATTRIBUTIVES DE COMPÉTENCES AU TRIBUNAL
La clause attributive de compétence au tribunal de commerce est inopposable (=
inapplicable) au défendeur non commerçant. C’est-à-dire que l’on ne peut pas lui appliquer cette
clause.
IV – EXTENSION DE COMPÉTENCE DU TRIBUNAL DE COMMERCE DANS
CERTAINS CAS
Billets à ordre et procédure de prévention ou de traitement des difficultés d’entreprise
commerciale ou artisanale (avant comme après la réforme)
V – L’ARTISAN ET LE TCOM
COMMERÇANT ET ARTISAN MÊME TRAITEMENT: TOUS LES LITIGES ET LES ACTES
DE L’ARTISAN RELÈVENT DÉSORMAIS DU TCOM, L’ ARTISAN PEUT ÉLIRE ET ÊTRE
JUGE AU TCOM
LE RÈGLEMENT DES LITIGES COMMERCIAUX
2. L’ARBITRAGE
NOUVEL ARTICLE 2061 C. CIV.:
« La clause compromissoire doit avoir été acceptée par la partie à laquelle on l'oppose, à moins que
celle-ci n'ait succédé aux droits et obligations de la partie qui l'a initialement acceptée.
Lorsque l'une des parties n'a pas contracté dans le cadre de son activité professionnelle, la clause ne
peut lui être opposée. »
Désormais, pour la partie non-professionnelle, la clause est donc facultative et ouvre une option
de compétence : celle-ci pourra choisir, soit de saisir l’arbitre, soit d’agir devant un tribunal
étatique.
LA PREUVE DES ACTES DE COMMERCE
EN PRINCIPE, LA PREUVE EST LIBRE
LES EXCEPTIONS :
LES LIMITES TENANT À LA NATURE DU CONTRAT (ex.: la cession de fonds de
commerce, ou la lettre de change doivent être constatées par écrit).
LES LIMITES TENANT AU COCONTRACTANT : Aménagement du principe pour les actes
mixtes : En ce qui concerne la preuve, le non-commerçant peut faire la preuve par tous moyens
contre le commerçant puisque l'acte est commercial à son égard. En revanche, le commerçant doit
avoir recours aux modes de preuve acceptés par le droit civil pour prouver contre le non-
commerçant puisque l'acte est civil à son égard.
NB : IL N’EST PAS TENU COMPTE DE LA DISTINCTION ENTRE L’ÉCRIT
EXIGÉ À TITRE DE PREUVE ET L’ÉCRIT EXIGÉ COMME CONDITION DE
VALIDITÉ DE L’ACTE.
LE RÉGIME DES ACTES MIXTES
(En introduction, ne pas oublier de définir la notion d’actes mixtes)
1 – LE PRINCIPE L’APPLICATION DISTRIBUTIVE DES RÈGLES
CHAQUE FOIS QUE CELA EST POSSIBLE :
LA JURIDICTION (La juridiction compétente dépend de la qualité de la personne qui prend
l’initiative de l’instance)
LA SOLIDARITÉ (présumée ou non)
LA PREUVE (libre ou non, selon la qualité de la personne contre laquelle la preuve est
administrée)
2 – L’EXCEPTION : L’APPLICATION D’UN RÉGIME UNITAIRE
LA PRESCRIPTION
LA CLAUSE COMPROMISSOIRE
LA CLAUSE ATTRIBUTIVE DE COMPÉTENCE TERRITORIALE
LES SOCIÉTÉS COMMERCIALES PAR LA FORME
LES TRIBUNAUX DE COMMERCE
L’ARBITRAGE
LA PRESCRIPTION
LA CLAUSE COMPROMISSOIRE
LA CLAUSE ATTRIBUTIVE DE COMPÉTENCE
LA PRESCRIPTION :
UNE PRESCRIPTION DE PRINCIPE DE 5 ANS (C. COM., ART. L 110-4);
- La prescription de 5 ans est écartée quand un délai plus court est prévu. En pratique, c'est
essentiellement la prescription de deux ans, prévue par l'article L 218-2 du nouveau Code de la
consommation (ancien article L 137-2), qui s'appliquera aux actes mixtes. En effet, ce texte énonce
que l'action des professionnels, pour les biens ou les services qu'ils fournissent aux consommateurs,
se prescrit par deux ans.
LA CLAUSE COMPROMISSOIRE
L’article 11 de la loi Justice du XXIe siècle refond l’article 2061 du Code civil sur la clause
compromissoire.
Avant l’entrée en vigueur de ce texte, cette clause n’était valable que dans les contrats conclus à
raison d’une activité professionnelle. En dehors de ces hypothèses, la clause était nulle.
Désormais, il est permis d’y recourir quelle que soit la qualité des parties, et notamment dans les
relations entre particuliers, par exemple dans un règlement de copropriété ou dans les contrats
conclus par internet, à condition que les parties non professionnelles l’aient acceptée.
Le nouvel article 2061 ajoute : « Lorsque l’une des parties n’a pas contracté dans le cadre de son
activité professionnelle, la clause ne peut lui être opposée ». Pour la partie non-professionnelle, la
clause est donc facultative et ouvre une option de compétence : celle-ci pourra choisir, soit de
saisir l’arbitre, soit d’agir devant un tribunal étatique.
LA CLAUSE ATTRIBUTIVE DE COMPÉTENCE
LES CLAUSES ATTRIBUTIVES DE COMPÉTENCE au tribunal de commerce (ou clause de
compétente d'attribution, en l'espèce, au tribunal de commerce) sont valables et efficaces à la
double condition d'être stipulées de manière apparente et surtout d'être stipulées dans un contrat
conclu entre commerçants. Plus précisément, cette clause est inopposable à un défendeur non
commerçant. En revanche, lorsque le non commerçant est demandeur, il dispose de la faculté de
renoncer à saisir la juridiction civile du litige l'opposant au commerçant.
EN CE QUI CONCERNE LES CLAUSES ATTRIBUTIVES DE COMPÉTENCE
TERRITORIALE, elles sont valables, si elles sont conclues entre commerçants, et si elles ont
été spécifiées de façon très apparente dans le contrat (CP civ, art. 48). En revanche, cette clause
est sans effet dans les actes mixtes opposant un commerçant à un non commerçant.
L’ATTRIBUTION DE LA QUALITÉ DE COMMERÇANT
UNE DÉFINITION DUALE donc deux parties (I – le commerçant personne physique; II – Les
commerçants, personnes morales).
I - LE COMMERÇANT, PERSONNE PHYSIQUE
(il convient de rappeler les éléments constitutifs de la définition du commerçant
personne physique : 1/ La réalisation d’actes de commerce par nature; 2/ A titre de
profession habituelle; 3/ Pour son propre compte)
II - LES COMMERÇANTS PERSONNES MORALES
(Les sociétés, possiblement ou non les associations, les autres personnes morales de
droit privé et de droit public….)
LE COMMERÇANT PERSONNE PHYSIQUE
LES COMMERÇANTS, PERSONNES MORALES
LE MEMBRE DE PROFESSION LIBÉRALE (avec la définition légale de la profession libérale)
L’ARTISAN
Distinguer les différentes définitions civiliste, administrative
La notion d’artisan : les critères dégagés par la jurisprudence civiliste
La notion d’artisan : La définition administrative
LE CONJOINT/ LE PARTENAIRE/ LE CONCUBIN DU COMMERÇANT OU D’UN AUTRE
PROFESSIONNEL
LES RESTRICTIONS À LA LIBERTÉ D’ENTREPRENDRE
Le rôle du répertoire national des entreprises ou RNE (et la suppression des différents répertoires
professionnels à l’exception du RCS)
- Quel est le rôle du GUE ?
PETITES QUESTIONS (SUITE) :
LES RESTRICTIONS LIÉES À L’ÉTAT DES PERSONNES
LES RESTRICTIONS LIÉES À L’INDIGNITÉ DE CERTAINES PERSONNES
LES INCOMPATIBILITÉS
LES ACTIVITÉS INTERDITES OU CONTRÔLÉES
LES ACTIVITÉS SOUMISES À CONDITIONS
LES LIMITATIONS CONVENTIONNELLES À LA LIBERTÉ D’ENTREPRENDRE
QUESTIONS À DÉVELOPPEMENTS PLUS IMPORTANTS :
LE PRINCIPE D’UNICITÉ DU PATRIMOINE, UN PRINCIPE CRITIQUÉ ET REMIS EN
CAUSE
LA PROTECTION DE L’ENTREPRENEUR INDIVIDUEL ORGANISÉE
(Loi Madelin, déclaration d’insaisissabilité, société unipersonnelle, EIRL etc…)
LE NOUVEAU STATUT LÉGAL DE L’ENTREPRENEUR INDIVIDUEL (loi n° 2022-172 du
14 févr. 2022, en faveur de l'activité professionnelle indépendante) ou la protection de
l’entrepreneur consacrée par la scission des patrimoines professionnel et personnel
NB : LES 3 DIAPOS SUIVANTES VOUS DONNENT LES AXES DES DÉVELOPPEMENTS….
QUESTIONS À DÉVELOPPEMENTS PLUS IMPORTANTS :
LE PRINCIPE D’UNICITÉ DU PATRIMOINE, UN PRINCIPE CRITIQUÉ ET REMIS EN
CAUSE
Donner une définition du principe d’unicité du patrimoine
Donner les éléments caractéristiques de ce principe :
Une personne , un patrimoine (A développer)
Un actif et un passif (A développer)
Enfin, préciser rapidement les critiques théoriques et inconvénients majeurs pratiques attachés à ce
principe (Ex. : Absence de protection du patrimoine du commerçant, son patrimoine constituant le
gage des créanciers professionnels)
L’impact de la loi du n° 2022-172 du 14 févr. 2022, en faveur de l'activité professionnelle
indépendante consacrant la division entre patrimoine professionnel et patrimoine privé
LA PROTECTION DE L’ENTREPRENEUR INDIVIDUEL ORGANISÉE
Loi Madelin : Les créanciers professionnels se servent d’abord sur les biens professionnels, mais
que se passe-t-il si ces biens ne suffisent pas à les désintéresser ?…..
Déclaration d’insaisissabilité : Insaisissabilité de droit de la résidence principale; Pour les autres
biens immeubles peuvent faire l’objet d’une déclaration d’insaisissabilité, mais les créanciers
peuvent exiger que le débiteur y renonce…
La société unipersonnelle : Recours à la technique de la création d’une personne morale, mais les
créanciers peuvent exiger que l’associé unique se porte caution
L’EIRL : Recours à la technique du patrimoine affecté, seul gage des créanciers professionnels à
conjuguer avec l’insaisissabilité. Statut supprimé par la loi du 14/02/2022
QUESTIONS À DÉVELOPPEMENTS PLUS IMPORTANTS :
LE NOUVEAU STATUT LÉGAL DE L’ENTREPRENEUR INDIVIDUEL (LOI N° 2022-172
DU 14 FÉVR. 2022, en faveur de l'activité professionnelle indépendante)
C’est un statut légal, automatique et protecteur. Dès le début de l’activité, il y a séparation
automatique des deux patrimoines : personnel et professionnel
Information sur le statut sur l’ensemble des documents professionnels
Les biens professionnels sont les biens utiles à ou aux activités professionnelles. Les autres biens
sont des biens personnels (= catégorie résiduelle)
Les biens professionnels constituent le gage des créanciers professionnels.
Les biens personnels constituent le gage des créanciers personnels
Le principe d’étanchéité entre les deux patrimoines, qui connaît des exceptions encadrées
Le professionnel ne peut pas se porter caution pour les dettes professionnelles (interdit pas la loi)
LA CLIENTÈLE, ÉLÉMENT FONDAMENTAL DU FONDS DE COMMERCE
LES ÉLÉMENTS DU FONDS DE COMMERCE
Votre réponse doit s’organiser autour de 2 parties :
LA CLIENTÈLE, ÉLÉMENT FONDAMENTAL DU FONDS DE COMMERCE
LES AUTRES ÉLÉMENTS DU FONDS DE COMMERCE
Il n’y a pas d’autres solutions, car si vous opposez éléments incorporels et éléments corporels le
plan sera très déséquilibré.
LA NATURE JURIDIQUE DU FONDS DE COMMERCE
LE FONDS DE COMMERCE REGROUPE DIFFÉRENTS ÉLÉMENTS :
- INCORPORELS, DONT LA CLIENTÈLE QUI EST LE PRINCIPAL BIEN;
- ET CORPORELS : MATÉRIELS, MARCHANDISES ETC...
LE FONDS DE COMMERCE SE DISTINGUE DES ÉLÉMENTS QUI LE COMPOSE.
LA QUESTION SE POSE ALORS DE SAVOIR QUEL EST SON STATUT :
LA NATURE JURIDIQUE DU FONDS DE COMMERCE (La suite)
Premier élément : c'est un bien
Quelle est donc sa nature juridique ?
- Il n'est pas corporel (car il ne peut pas être "saisi" comme une table ou une chaise); Il est donc
incorporel;
- Il n'est pas non plus immeuble (=que l'on ne peut déplacer); il est donc meuble.
Conclusion : C'est un meuble incorporel
Mais le fonds de commerce est plus qu'un simple meuble incorporel.
Deuxième élément - Le fonds de commerce dépasse les biens ou droits qui le compose : c'est
une universalité
Il apparaît comme une universalité , en ce sens qu'il regroupe un ensemble de biens, ou un
ensemble de droits
Sur la notion de droits : les biens peuvent être appréhendés à travers le pouvoir qu'un sujet de droit
a sur tel ou tel bien.
C'est une universalité de fait
On constate que le fonds de commerce regroupe un ensemble d'éléments plus ou moins variables
qui concourent à l'exploitation d'une activité commerciale (d'ailleurs on reconnaît également le
fonds artisanal et le fonds libéral).
Le fonds de commerce peut être envisagée dans sa globalité, et être d'ailleurs cédé dans son
intégralité (comme certains des éléments qui le composent peuvent être cédés séparément à
l'exception de la clientèle dont la cession emporte la cession du fonds).
Ce n'est pas une universalité de droit
Cette analyse - pour faire simple - encourt différentes critiques, dont la principale est que le fonds
de commerce n'est pas un patrimoine d'affectation, car au sein du fonds de commerce l'actif ne
répond pas du passif, cette réponse se fait au niveau du patrimoine du sujet de droit qui est
propriétaire du fonds de commerce.
QUESTIONS À DÉVELOPPEMENTS PLUS IMPORTANTS :
LES CONDITIONS DE LA CESSION DU FONDS DE COMMERCE
LE NOM COMMERCIAL
L’ENSEIGNE
LES DROITS DE LA PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE
LES LICENCES OU AUTORISATIONS ADMINISTRATIVES
LE DROIT AU BAIL
LES ÉLÉMENTS CORPORELS : MARCHANDISES ET MATÉRIEL
PETITES QUESTIONS (SUITE) :
DROIT DE SUITE ET DROIT DE PRÉFÉRENCE
LE DROIT DE SUITE : signifie que le privilège du vendeur de fonds de commerce est
attaché au fonds de commerce et suit le fonds en quelques mains qu'il se trouve.
Ex. : A vend son fonds de commerce à B, qui le revend à C, sans avoir payé le prix de la cession à
A. A peut donc saisir (en respectant les règles procédurales) le fonds dans les mains de C pour faire
vendre le fonds, et se faire payer sur le prix de vente.
DROIT DE PRÉFÉRENCE : si A vend son fonds de commerce à B et qu'il n'est pas payé
par ce dernier. B a également d'autres créanciers qui vont venir en concours (concurrencer A) avec
A. Dans cette hypothèse, en principe, c'est la règle du créancier le plus diligent, le plus rapide (= on
dit c'est le prix de la course !). Le premier qui engage la procédure pour se faire payer est le premier
payé. Le droit de préférence fait échec à cette règle du prix de la course. Le vendeur de fonds de
commerce bénéficie d'un droit de préférence, cela signifie qu'il sera payé - par préférence - en
premier, c'est à dire avant les autres créanciers de l'acquéreur du fonds de commerce indélicat.
========1- COMMENT EXPLIQUE-T-ON L’INTÉRÊT FINANCIER DANS LA
CRÉATION D’UNE SOCIÉTÉ ?
Les capitaux d’une seule personne ne sont souvent pas suffisants pour créer une entreprise dont le
lancement ou le développement vont requérir de très lourds investissements. C’est pourquoi la
société est une technique qui permet de drainer les capitaux de plusieurs personnes. L’intérêt du
point de vue financier est encore plus grand lorsque les sociétés peuvent faire appel à l’épargne
publique (seule la société par action y est autorisée).
Les sociétés par actions facilitent également la constitution et l’organisation des groupes de
sociétés. Ces dernières permettent les rapprochements entre les sociétés (prise de contrôle, fusion,
prise de participation).
2- Quelles sont les conditions générales d’existence d’un contrat de société ?
Le consentement : Le Code Civil exige que le consentement soit exempt de tout vice. Ainsi une
société pourrait être annulée en cas d’erreur, de dol ou de violence. Néanmoins, le véritable
problème est celui de la sincérité du consentement car il ne doit pas être simulé. S’il y a simulation
d’une société pour masquer une autre convention secrète (prêt ou contrat de travail), conformément
aux règles du Code Civil l’acte secret prévaut dans les relations entre les parties tandis que les tiers
disposent d’une option (soit invoquer l’acte apparent soit se prévaloir de la situation réelle).
La capacité : Le Code Civil ne comporte pas de disposition spécifique quant à la capacité des
associés de sorte qu’il convient de se reporter au droit commun des contrats. La capacité requise
varie selon le type de société :
- Société dont les associés n’ont pas la qualité de commerçant : dans ce cas c’est le droit des
incapacités qui s’applique.
- Société dont les associés ont la qualité de commerçant : Des restrictions subsistent en matière
d’étrangers. Des difficultés peuvent aussi apparaître en ce qui concerna la capacité des personnes
morales de droit public car il existe des restrictions. L’État peut souscrire au capital d’une société,
en vertu d’une loi seulement.
L’objet : L’objet du contrat de société est donné par l’article 1832 du Code Civil qui vise la mise
en commun d’apports en vue de partager les bénéfices ou les économies qui pourront en résulter.
L’objet du contrat ne doit pas être confondu avec l’objet social de la société. L’objet social désigne
le type d’activités choisies par la société dans ses statuts (objet statutaire). En pratique l’objet social
est souvent défini de façon large.
Au terme de l’article 1833 du Code Civil toute société doit avoir un objet licite. Dans le cas
contraire l’objet est considéré comme nul. L’objet social limite la sphère d’activité de la société. En
vertu du principe de la spécialité des sociétés, celles-ci n’ont pas vocation à exercer n’importe
quelle activité, mais seulement celles qui entrent dans leur objet social.
L’objet social limite également le pouvoir des dirigeants qui en principe ne peuvent pas engager la
société en dehors de l’objet social. Cependant, dans les sociétés à responsabilité limité, la société est
engagée même pour les actes qui n’entrent pas dans l’objet social. Enfin, la résiliation ou
l’extinction de l’objet social entraîne en principe la dissolution de la société.
La cause : La cause du contrat de société désigne le motif pour lequel deux ou plusieurs
personnes ont décidé de s’associer. La cause est souvent confondue avec l’objet dans la mesure où
la raison d’être de la société consiste en la réalisation de son objet. Cependant, il peut arriver que
l’objet social soit licite, tandis que la cause de la constitution de la société est illicite. Exemple :
lorsque la société a été constituée en vue de réaliser une fraude, dans ce cas la jurisprudence a
précisé que la nullité d’une société ne peut être prononcée pour fraude que si tous les associés ont
concourus à celle-ci.
3 - Comment définit-on l’objet du contrat de société ?
L’objet du contrat de société est donné par l’article 1832 du Code Civil qui vise la mise en commun
d’apports en vue de partager les bénéfices ou les économies qui pourront en résulter.
L’objet du contrat ne doit pas être confondu avec l’objet social de la société. L’objet social désigne
le type d’activités choisies par la société dans ses statuts (objet statutaire).
4 - Comment définit-on la cause dans le contrat de société ?
La cause du contrat de société désigne le motif pour lequel deux ou plusieurs personnes ont décidé
de s’associer. La cause est souvent confondue avec l’objet dans la mesure où la raison d’être de la
société consiste en la réalisation de son objet.
Cependant, il peut arriver que l’objet social soit licite, tandis que la cause de la constitution de la
société est illicite.
Exemple : lorsque la société a été constituée en vue de réaliser une fraude, dans ce cas la
jurisprudence a précisé que la nullité d’une société ne peut être prononcée pour fraude que si tous
les associés ont concouru à celle-ci.
5- Quelle est la contrepartie d’un apport ?
Chaque associé doit effectuer un apport en contrepartie duquel il perçoit des droits sociaux, plus
précisément des parts sociales dans la majorité des sociétés, ou des actions dans les sociétés par
action.
6- Qu’est-ce que l’apport en numéraire ?
Réponse : Il consiste en une somme d’argent apportée à la société. Cet apport en numéraire ne doit
pas être confondu avec le versement par un associé de sommes au compte courant.
Cet apport en compte courant est un simple prêt consenti par un associé à la société.
7- Qu’est-ce que l’apport en nature ?
Réponse : Il consiste à donner à la société des biens mobiliers ou immobiliers corporels ou
incorporels (créances). Le danger de l’apport en nature, pour les associés de l’apporteur ou pour
les créanciers de la société, tient au risque de surévaluation de ces apports.
Pour faire face à ces dangers le législateur a prévu un contrôle de l’évaluation de ces apports.
8- Qu’est-ce que l’apport en industrie ?
Réponse : Il consiste dans l’engagement de l’associé de travailler pour la société, mais sans lien de
subordination (sinon il s’agirait d’un contrat de travail). Par exemple, une personne qui aurait un
carnet d’adresse, cela peut constituer un apport en industrie.
Cet apport ne peut faire l’objet d’une exécution forcée et il présente de ce fait des dangers pour les
créanciers sociaux. Dans les sociétés par actions les apports en industrie restent interdits. Les parts
qui représentent des apports en industrie sont incessibles et intransmissibles et disparaissent si
l’apporteur cesse de satisfaire à son engagement. Ces apports ne participent pas à la formation du
capital social.
9- Qu’est-ce qu’un apport en jouissance ?
Réponse : Il consiste à transmettre seulement à la société la jouissance du bien, de sorte que
l’apporteur en conserve la propriété et les risques. A la dissolution de la société, l’apporteur en
jouissance reprend son bien qui ne fait pas partie du patrimoine de la société, et il est ainsi soustrait
au droit de poursuite des créanciers sociaux. L’apport en jouissance ressemble au bail.
10- Quel est l’engagement pris par les associés ?
Les associés participent au bénéfice. Le bénéfice doit s’entendre d’un gain pécuniaire ou d’un gain
matériel qui ajouterait à la fortune des associés. La finalité de la société peut consister aussi à
partager le bénéfice ou à profiter de l’économie qui pourra résulter de la mise en commun des
apports affectés à l’entreprise commune.
S’agissant de l’économie, celle-ci consiste habituellement en une économie d’argent (achat groupé,
mise en place de services communs). L’économie peut aussi consister en l’atténuation d’une perte
(sociétés de secours mutuels).
Les associés s’engagent à contribuer aux pertes. Il s’agit d’une obligation d’ordre public. La
contribution aux pertes doit se distinguer de l’obligation aux dettes.
11- Peut-on prévoir dans les statuts une répartition inégalitaire des bénéfices ou des pertes ?
Réponse : Les statuts peuvent prévoir une autre répartition de sorte que l’inégalité n’est pas
interdite. Ainsi les statuts peuvent prévoir un partage égal des bénéfices et pertes malgré des apports
inégaux.
Si la répartition inégalitaire est admise, la clause léonine est en revanche prohibée (stipulation qui
attribue à un associé la totalité des profits). La clause est réputée non écrite. De même est prohibée
la clause qui exclut un associé de toutes contributions aux pertes ou inversement.
12- Qu’est-ce que la publicité dans un journal d’annonce légale ?
Réponse : Préalablement à l’immatriculation de la société au RCS un avis doit être publié dans un
journal d’annonce légale du département du siège social.
Ce dernier doit comporter différentes mentions, à savoir la dénomination, la forme de la société, le
montant de son capital, l’adresse, l’objet social, la durée de la société, le nom des premiers
dirigeants, et le greffe ou sera immatriculée la société.
13- Les associés peuvent-ils être déclarés responsables en cas de nullité de la société ?
Réponse : Les associés qui n’ont pas respecté les règles relatives à la constitution d’une société
peuvent engager leur responsabilité civile. En cas de nullité de la société, les associés peuvent en
effet être déclarés responsables du dommage causé par cette nullité.
L’action en responsabilité civile se prescrit par 3 ans à partir du jour ou la décision d’annulation
est passée en force de chose jugée.
Oui, en droit français, les associés peuvent être tenus responsables en cas de nullité de la société.
La nullité d'une société peut résulter de diverses causes, telles que le non-respect des conditions de
formation (absence de consentement, objet illicite, défaut d'affectio societatis, etc.) ou des vices de
forme. Lorsque la nullité est prononcée, elle a des conséquences importantes sur la société et ses
associés.
En conclusion, la nullité de la société n'exonère pas les associés de leurs responsabilités. Ils
peuvent être tenus responsables des dettes sociales et des obligations envers les tiers. Il est
donc essentiel pour les associés de veiller au respect des conditions de formation de la société
et de se conformer aux obligations légales pour éviter la nullité et ses conséquences
potentiellement lourdes.
14- Quel est le sort des actes accomplis au cours de la période constitutive ?
Réponse : Actes accomplis entre la signature des statuts et l’immatriculation : les associés peuvent,
dans les statuts ou par acte séparé, donner mandat à l’un ou plusieurs d’entre eux ou au gérant non
associé (SARL) de prendre des engagements pour le compte de la société en formation. Si ces
derniers sont déterminés et si les modalités en sont précisées par le mandat, l’immatriculation
emportera de plein droit reprise des engagements par la société.
Possibilité de reprise postérieure à l’immatriculation : lorsque les conditions exigées pour la
reprise automatique des actes passés avant l’immatriculation ne sont pas remplies, les actes
peuvent être repris après l’immatriculation. Cette décision peut être prise à la majorité des
associés. La décision de reprise des actes doit être expresse.
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Lors de la constitution d'une société, les fondateurs peuvent être amenés à accomplir divers actes nécessaires au
démarrage de l'activité sociale, tels que la signature de contrats, l'ouverture de comptes bancaires ou l'acquisition
de biens. Ces actes sont effectués pendant la période constitutive, c'est-à-dire avant l'immatriculation de la société
au Registre du commerce et des sociétés (RCS), moment où elle acquiert la personnalité morale.
Sort des actes accomplis pendant la période constitutive :
1. Absence de personnalité morale avant l'immatriculation :
Avant son immatriculation, la société en formation n'a pas de personnalité morale. Par conséquent, elle ne peut
pas être titulaire de droits et obligations. Les actes accomplis en son nom sont donc, en principe, réalisés par les
fondateurs en leur nom propre, et ils en sont personnellement responsables vis-à-vis des tiers.
2. Mécanismes de reprise des actes par la société après l'immatriculation :
Pour éviter que les fondateurs ne restent personnellement engagés, le législateur a prévu des mécanismes
permettant à la société d'assumer les actes accomplis pendant sa formation. Selon l'article 1843 du Code civil
(pour les sociétés civiles) et l'article L. 210-6 du Code de commerce (pour les sociétés commerciales), trois modes
de reprise sont possibles :
- Annexation aux statuts : Les actes accomplis pour le compte de la société en formation peuvent être annexés
aux statuts lors de leur signature. Dans ce cas, la reprise est automatique à compter de l'immatriculation.
- Mandat donné aux fondateurs : Les futurs associés peuvent donner un mandat exprès aux fondateurs pour agir
en leur nom. La société reprend alors les actes accomplis en vertu de ce mandat dès son immatriculation.
- Reprise post-immatriculation : Après l'immatriculation, la société peut décider de reprendre expressément les
actes accomplis pour son compte par une décision de l'organe compétent (assemblée générale, conseil
d'administration, etc.).
3. Conséquences en cas de nullité de la société :
La nullité de la société peut résulter de divers motifs (vice de consentement, absence de cause licite, non-respect
des formalités légales, etc.). Lorsqu'une société est annulée, elle est censée n'avoir jamais existé juridiquement.
Cela a des conséquences sur les actes accomplis pendant la période constitutive :
- Inopposabilité de la reprise aux tiers : Si la société est annulée, la reprise des actes accomplis avant
l'immatriculation devient sans effet. La société n'ayant jamais existé, elle ne peut pas assumer les engagements
pris en son nom.
- Responsabilité personnelle des fondateurs : Les personnes qui ont accompli les actes pendant la période
constitutive restent personnellement engagées envers les tiers. Elles sont tenues d'exécuter les obligations
contractées, en supportant les dettes et en bénéficiant des créances éventuelles.
- Société créée de fait ou société en participation : Dans certaines situations, les tribunaux peuvent reconnaître
l'existence d'une société créée de fait ou d'une société en participation entre les fondateurs. Cela permet de régir
les relations entre les parties et vis-à-vis des tiers, notamment en matière de partage des dettes et des bénéfices.
Illustration pratique :
- Exemple : Si les fondateurs ont signé un contrat de bail pour le compte de la société en formation et que celle-ci
est ultérieurement annulée, ils restent personnellement responsables du paiement des loyers envers le bailleur. La
société annulée ne peut pas être tenue pour débitrice, puisqu'elle n'est pas censée avoir existé.
Conclusion :
En cas de nullité de la société, les actes accomplis pendant la période constitutive ne peuvent pas être assumés
par une entité juridique inexistante. Les fondateurs qui ont agi pour le compte de la société en formation
demeurent personnellement responsables des engagements pris. Il est donc essentiel pour les fondateurs de veiller
scrupuleusement au respect des conditions de validité lors de la constitution de la société, afin de sécuriser les
actes passés et de limiter leur responsabilité personnelle.
15- Quels sont les attributs extra-patrimoniaux de la société ?
Réponse : A l’instar d’une personne physique, une société dotée de la personnalité morale est
titulaire d’un nom, d’un domicile et d’une nationalité.
- Le nom de la société
Toute société doit avoir un nom ou une appellation figurant dans ses statuts. La société choisie
librement sa dénomination sociale, à condition de ne pas reprendre une dénomination choisie par
une entreprise concurrente. La dénomination sociale peut être tirée de l’objet de l’entreprise. La
dénomination sociale doit toujours être précédée ou suivie de l’indication de la forme de la société
ainsi que le montant de son capital social.
- Le siège social
Il s’agit du domicile de la société, c'est-à-dire le lieu où la personne morale a ses organes de
direction et ses services administratifs. Le siège social n’est pas nécessairement le principal lieu
d’exploitation. C’est au siège social qui est mentionné dans les statuts que doivent être accomplies
les diverses publicités requises lors de la constitution de la société et en cours de vie sociale. C’est
devant le tribunal du lieu du siège social que la société pourra être assignée.
Pour faciliter la création des entreprises, la loi a prévu que lors de la constitution de la société, et
pendant un délai de 2 ans le siège social peut être provisoirement fixé dans un local d’habitation du
représentant légal de la société.
Le siège social d’une société peut être transféré au cours de la vie sociale dans les conditions
requises pour une modification des statuts.
- La nationalité de la société
Elle est déterminée par le lieu de son siège social. Ainsi, une société est française lorsque son siège
social est en France. La société est soumise à sa loi nationale (article L. 210-3 du Code de
Commerce et 1837 du Code Civil) en ce qui concerne leur fonctionnement, le statut des associés, et
les pouvoirs de leurs dirigeants. Les sociétés étrangères disposent en France des mêmes droits que
les sociétés nationales.
16- Expliquez l’exercice du pouvoir par les dirigeants
Réponse : La société ne peut pas exercer elle-même ses droits dont elle jouit. L’exercice des droits
d’une personne morale supposent donc qu’elle soit représentée par des organes - des dirigeants - qui
vont agir pour son compte grâce au mécanisme de la représentation. Les dirigeants sont toujours
désignés par l’assemblée des associés suivant des modèles qui varient selon le type de société. Ils
sont également révoqués suivant des modalités variables selon les types de sociétés.
Dans le but de protéger les tiers, la nomination, la révocation, et la démission doivent faire l’objet
d’une publicité selon des modes habituels (journal d’annonce légale, RCS, BODACC).
Les règles relatives à la représentation des personnes morales varient selon le type de société. Dans
certaines les dirigeants doivent être des personnes physiques (gérant d’une SARL). En revanche,
dans les sociétés en nom collectif ou en commandite, le gérant peut être une personne morale mais
dans ce cas la personne morale désigne un représentant permanent. On peut malgré tout discerner
un nombre de règles communes à la représentation des personnes morales par leurs organes.
Enfin, l’exercice du pouvoir peut exposer les dirigeants à de lourdes responsabilités.
17- Comment apprécie-t-on les pouvoirs des dirigeants dans les rapports avec les associés ?
Réponse : Les associés investissent les organes de direction et c’est au dirigeant qu’il appartient
d’effectuer la gestion courante de la société. Si un dirigeant est frappé d’une interdiction de diriger
ou de gérer, il n’aura plus de pouvoir de représenter la société.
En outre, les dirigeants peuvent valablement conclurent au nom de la société des opérations plus
importantes (acquisition d’un immeuble ou fonds de commerce). Les pouvoirs des dirigeants ne
sont toutefois pas sans borne et ces bornes résident dans les dispositions légales, ou dans les
dispositions des statuts ou dans l’intérêt social. Ainsi les dirigeants ne peuvent accomplir un acte
que la loi réserve à la compétence d’un autre organe social. Ils doivent également respecter les
statuts, agir dans les limites de l’objet social. De même ils doivent agir dans l’intérêt social, c'est-à-
dire dans l’intérêt propre de la société. Le plus souvent la transgression de ces limites n’affecte pas
la validité de l’acte accompli par le dirigeant car le législateur veut assurer la sécurité des tiers
traitants avec la société.
18- Quels sont les droits d’intervention de l’associé ?
Réponse : Les associés de toute société disposent de prérogatives qui leur permettent d’intervenir
dans la vie sociale. Tout associé a le droit de participer aux délibérations des assemblées générales,
de voter, d’être informé et de sanctionner la gestion des dirigeants.
Le droit de participer aux délibérations de l’assemblée générale : ce droit de l’associé est affirmé
par l’article 1844 du Code Civil. Pour la jurisprudence, ce droit est d’ordre public et aucune
dérogation n’est prévue.
Le droit de vote : c’est un droit fondamental de tout associé. Compte tenu de l’importance de ce
droit la jurisprudence a longtemps considéré qu’un associé ne pouvait refuser par avance à voter ou
à s’engager à voter dans tel sens. Elle s’est cependant assouplie et des décisions ont admis la
validité d’une convention de vote dès qu’elle est limitée à un vote spécial et conforme à l’intérêt
social.
Le droit à l’information : ce droit est un corollaire du droit de vote car il doit être éclairé. Tout
associé a ainsi le droit d’obtenir la communication de divers documents.
Le droit de sanctionner la gestion des dirigeants : ils exercent leur pouvoir de gestion sous le
contrôle des associés qui peuvent demander en justice l’annulation des décisions prises par les
dirigeants sociaux si elles sont entachées d’un vice. Ils peuvent rechercher la responsabilité
personnelle des dirigeants. Ainsi, tout associé peut demander réparation d’un dommage qui lui est
propre et intenter contre les dirigeants l’action sociale en responsabilité au cas où la faute de celui-ci
aurait causé un préjudice à la personne morale.
19- Dans quel cas va-t-on nommer un administrateur provisoire ?
Réponse : En l’absence de texte les tribunaux estiment qu’ils peuvent nommer un administrateur
provisoire à la tête d’une société dans des circonstances exceptionnelles. Il existe deux cas
prétoriens de nominations d’un administrateur judiciaire provisoire :
- La jurisprudence a d’abord retenue cette solution en cas d’absence ou de défaillance des organes
de gestion. La simple opposition d’actionnaires minoritaires à des décisions des administrateurs ne
justifient pas une telle mesure.
- La nomination d’un administrateur provisoire est possible lorsque la société traverse une crise
sociale grave de nature financière, même si son existence n’est pas en jeu.
- Plus exceptionnellement le juge peut procéder à la nomination d’un administrateur provisoire s’il
constate que la politique suivie par le dirigeant est manifestement contraire à l’intérêt social.
L’administrateur provisoire va se substituer au dirigeant en place mais sa mission est limitée
puisqu’il ne peut accomplir que des actes conservatoires ou d’administration courante.
20- Quelles sont les causes accidentelles de dissolution d’une société ?
Réponse : On peut ranger dans cette catégorie les causes de dissolution tenant à des évènements qui
surviennent au cours de la vie sociale.
En premier lieu, la dissolution peut résulter d’une décision des associés statuant dans les conditions
requises pour la modification des statuts de mettre fin à la société avant le terme qui avait été prévu
par les statuts.
En deuxième lieu, la dissolution peut résulter de l’annulation du contrat de société.
En troisième lieu, la dissolution peut résulter d’un jugement ordonnant la liquidation judiciaire.
En quatrième lieu, la dissolution peut être prononcée par le tribunal à la demande d’un associé pour
juste motif, notamment en cas d’inexécution de ses obligations par un associé ou de mésentente
entre associés paralysant le fonctionnement de la société. La dissolution pour mésentente entre
associés ne sera prononcée qu’en présence d’une véritable paralysie de la société et de l’absence
d’une autre solution.
En cinquième lieu, la dissolution peut être prononcée par le tribunal à la suite de la réunion de
toutes les parts sociales en une seule main. Néanmoins la dissolution n’est pas immédiate car
l’associé unique dispose d’un an pour réguler la situation et trouver un autre associé. Au-delà de ce
délai, tout intéressé peut demander le prononcé de la dissolution par le tribunal.
Enfin, la dissolution de la société peut être prononcée à titre de sanction, depuis l’entrée en vigueur
du nouveau code pénal (elle doit faire l’objet d’une publicité et portée à la connaissance des tiers).
Partie 2 : Le droit spécial des sociétés, l’exemple de la SARL
1- Quel est le régime des apports en nature dans une SARL ?
Le législateur craint la fraude consistant en une surévaluation des apports en nature. Le Code de
commerce a prévu des règles destinées à prévenir une telle fraude. Chaque apport en nature doit être
évalué dans les statuts
De plus, si le montant des apports en nature dépasse 7.500 euros, un commissaire aux apports doit
être désigné à l’unanimité des futurs associés ou par le tribunal de commerce. Il doit présenter un
rapport sur l’évaluation des apports, rapport annexé aux statuts. Pour évaluer les apports en nature,
les associés peuvent décider à l’unanimité de se dispenser du recours à un commissaire aux apports.
Attention, lorsqu’un commissaire aux apports n’a pas été désigné ou si la valeur retenue par les
associés est différente de celle proposée par le commissaire, les associés sont solidairement
responsables à l’égard des tiers pendant 5 ans de la valeur attribuée aux apports en nature. Lorsque
la surévaluation est frauduleuse, l’apporteur malhonnête et le commissaire sont passibles de
sanctions pénales.
2- Quel est le statut du gérant dans une SARL ?
Réponse : Le gérant doit être une personne physique, il n’a pas la qualité de commerçant, et c’est un
organe de la société qui la représente vis-à-vis des tiers. La loi exige que le gérant ne soit pas frappé
d’une interdiction d’exercer une activité commerciale.
Il est nommé soit dans les statuts ou par un acte séparé. Au cours de la vie sociale, les gérants sont
nommés en assemblée ou consultation écrite des associés. La majorité requise par la loi pour être
nommé gérant est la moitié des parts sociales. La désignation d’un nouveau gérant doit faire l’objet
de formalité.
Le gérant cesse ses fonctions en cas de dissolution de la société ou à l’arrivé du terme fixé par les
statuts. Le mandat du gérant peut cesser avant la dissolution ou l’arrivé du terme (décès, incapacité,
démission). Dans la pratique la seule cause de cessation qui pose problème est la révocation :
- La révocation par les associés : le gérant en place est révocable par décision ordinaire des associés
(majorité des parts sociales) mais les statuts peuvent augmenter la majorité requise. La
jurisprudence admet que la révocation peut être décidée même si elle n’est pas inscrite à l’ordre du
jour de l’assemblée. Si la révocation a été décidée sans juste motif, le gérant révoquer peut saisir le
tribunal pour obtenir des dommages et intérêts.
- La révocation judiciaire : le gérant qui détient au moins 50% du capital social est de fait à l’abri
d’une décision de révocation. Mais pour éviter qu’il soit irrévocable le code prévoit que tout associé
peut demander au tribunal la révocation du gérant pour une cause légitime. Lorsque le gérant a été
révoqué judiciairement, cette révocation ne peut pas donner lieu à des dommages et intérêts.
4- Comment s’exerce le droit à l’information d’un associé dans une SARL ?
les associés disposent d’un droit à une information permanente en ce qui concerne les comptes
annuels, les rapports de gestion et les procès-verbaux d’assemblées. Ils ont aussi un droit à une
information occasionnelle qu’ils peuvent exercer avant toute assemblée. Les associés peuvent alors
poser des questions écrites au gérant sur tout fait de nature à compromettre la continuité de
l’exploitation auxquelles il devra répondre lors de l’assemblée. Enfin, la loi a conféré à un ou
plusieurs associés représentant au moins 1/10 du capital social le droit de demander en justice la
désignation d’un expert chargé de présenter un rapport sur une ou plusieurs opérations de gestion
déterminées.
Le droit à l'information des associés dans une Société à Responsabilité Limitée (SARL) est un
aspect essentiel de la gouvernance d'entreprise en droit français. Ce droit permet aux associés de
suivre la gestion de la société, de prendre des décisions éclairées lors des assemblées générales et de
protéger leurs intérêts financiers. Voici comment ce droit s’exerce concrètement :
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- Les comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexes).
- Le rapport de gestion établi par le gérant.
- Le texte des résolutions proposées.
- La liste des associés et des mandataires.
- Le rapport du commissaire aux comptes, s'il en existe un.
- Possibilité de copie : Les associés peuvent prendre copie de ces documents à leurs frais.
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2. Le droit d'interroger le gérant _ Question écrite ou orale
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3. Le droit à l'information permanente
Article L. 223-27 du Code de commerce : Les associés détenant au moins 10% du capital social
(ou tout autre pourcentage prévu par les statuts) disposent d'un droit d'information permanent. Ils
peuvent, deux fois par exercice, poser des questions écrites au gérant sur tout fait de nature à
compromettre la continuité de l'exploitation. Le gérant doit répondre par écrit.
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4. Le droit de consultation des documents sociaux
Accès aux documents comptables
- Exercice individuel : Chaque associé a le droit, au siège social, de prendre connaissance des
documents comptables et sociaux des trois derniers exercices, notamment :
- Les inventaires.
- Les livres comptables.
- Les rapports présentés aux assemblées.
- Les procès-verbaux des assemblées.
- Respect de la confidentialité : L'exercice de ce droit doit respecter la confidentialité des
informations et ne pas perturber le fonctionnement de la société.
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5. Les limitations au droit à l'information
- Abus de droit : L'associé ne doit pas exercer son droit à l'information dans une intention
malveillante ou pour nuire à la société.
- Secret des affaires : Certaines informations sensibles peuvent être protégées par le secret des
affaires. Le gérant peut refuser de communiquer des informations dont la divulgation porterait
atteinte à l'intérêt social.
- Procédure judiciaire : En cas de refus injustifié du gérant, l'associé peut saisir le président du
tribunal de commerce en référé pour ordonner la communication des documents.
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6. Les sanctions en cas de violation du droit à l'information
- Nullité des décisions : Si le droit à l'information n'a pas été respecté, les décisions prises en
assemblée peuvent être annulées.
- Responsabilité du gérant : Le gérant engage sa responsabilité civile en cas de manquement à ses
obligations d'information. Il peut être tenu de réparer le préjudice subi par l'associé.
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Conclusion
Le droit à l'information est un droit fondamental reconnu à chaque associé d'une SARL. Il s'exerce à
travers différents moyens avant et après les assemblées générales, ainsi qu'en dehors de celles-ci. Ce
droit permet aux associés de surveiller la gestion de la société, de participer activement aux
décisions collectives et de protéger leurs intérêts patrimoniaux. Il est essentiel que le gérant respecte
scrupuleusement ces obligations d'information pour assurer une gouvernance transparente et éviter
d'éventuels contentieux.
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Recommandations pour les associés :
- Exercer le droit régulièrement : N'hésitez pas à consulter les documents et à poser des questions
pour rester informé de la vie de la société.
- Respecter les procédures : Suivez les modalités prévues par la loi et les statuts pour exercer votre
droit à l'information.
- Préserver l'intérêt social : Exercez votre droit de manière responsable, en respectant la
confidentialité des informations sensibles.
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5- Quel est le régime des conventions entre la SARL et un gérant ou un associé ?
Réponse : Le législateur craint à juste titre qu’un dirigeant associé de SARL qui passe une
convention avec celle-ci ne profite de sa situation pour imposer à la société des conditions
désavantageuses. C’est pourquoi, de telles conventions sont en principe soumises à une
réglementation sévère. Dans la SARL la loi opère une distinction entre trois types de conventions :
- Les conventions interdites : il s’agit des emprunts en compte courant, des cautions, avals et
garanties. Un gérant ou un associé ne peut faire cautionner auprès de la société un emprunt. Cette
interdiction des conventions financières ne s’applique pas à un associé ayant la qualité de personne
morale.
- Les conventions libres : ce sont celles qui portent sur des opérations courantes. Le caractère
courant s’apprécie au regard de l’objet de la société.
- Les conventions réglementées : toutes les conventions passées entre la SARL et un associé ou un
gérant et qui ne sont pas des conventions interdites ou libres sont dites réglementées. Elles sont
soumises à une procédure de contrôle. Lorsque la convention est passée par un gérant non associé,
elle doit faire l’objet d’une autorisation préalable de la part des associés. Dans tous les autres cas
aucune autorisation préalable n’est exigée.
- Droit de suite et droit de préférence
- Les conditions de la cession du fonds de commerce
UN MINEUR PEUT-IL FAIRE DES ACTES DE COMMERCE ?
UN MINEUR PEUT-IL ÊTRE COMMERÇANT ?
LE RÈGLEMENT DES LITIGES COMMERCIAUX
USAGE DE DROIT / USAGE DE FAIT
LE DROIT DE L’UNION EUROPÉENNE OU DROIT COMMUNAUTAIRE
CONVENTION EUROPÉENNE DES DROITS DE L’HOMME