Collecte Et Analyse de Données Pour L'aménagement Durable Des Forêts - Joindre Les Efforts Nationaux Et Internationaux
Collecte Et Analyse de Données Pour L'aménagement Durable Des Forêts - Joindre Les Efforts Nationaux Et Internationaux
DIRECTION-GENERALE VIII
DEVELOPPEMENT
Août 1999
Le document est présenté dans une édition simple, pour un unique souci de style et de clarté.
Table des matières :
2
1.1.2. Compartiment Nord - Soudanien Central : A2 ...................................................... 16
1.2.3. Compartiment Sud - Sahélien occidental : B1 ....................................................... 17
1.2.4. Compartiment Sud - sahélien central : B2 ............................................................. 18
1.2.5. Compartiment Nord - Sahélien occidental : C1..................................................... 18
1.2.6. Compartiment Nord - Sahélien central : C2 .......................................................... 19
1.2.7. Compartiment Nord - Sahélien oriental : C3......................................................... 19
1.2.8. Compartiment Sud - Saharien central : D2 ........................................................... 19
1.2.9. Compartiment Sud - Saharien oriental : D3 .......................................................... 19
1.2.10. Compartiment Sud - Saharien montagnard : E.................................................... 20
1.2.11. Synthèse................................................................................................................ 20
II. Les parcs agroforestiers.................................................................................................... 20
2.1. Types physionomiques de parcs agroforestiers de la vallée du Dallol Bosso............... 21
2.2. Dynamique des parcs dans la vallée du Dallol Bosso ................................................... 21
2.2.1. Formations naturelles ............................................................................................ 23
2.2.2. Le cas de la brousse tigrée..................................................................................... 23
2.2.3. Etat actuel des forêts classées et des Aires Protégées ........................................... 23
III. Plantations forestières ..................................................................................................... 29
3.1. Les actions de reboisement............................................................................................ 29
3.1.1. Réalisations effectuées au niveau national ............................................................ 30
3.1.2. Réalisations effectuées de 1992 à 1996 au ni veau des régions............................. 30
3.2. Les actions d'aménagement des forêts naturelles .......................................................... 31
3.3. Les actions de lutte contre l'ensablement ..................................................................... 31
3.4. Les actions de CES/DRS............................................................................................... 32
3.5. Les actions de lutte contre les feux de brousse ............................................................. 32
3.6. Les actions de mise en défens ....................................................................................... 33
IV. Les ressources forestières, productivité et besoins des populations............................ 34
4.1. Les ressources forestières, productivité et besoins des populations au niveau
national ................................................................................................................................. 34
4.2. Les ressources forestières, productivité et besoins des populations au niveau des
régions .................................................................................................................................. 35
4.2.1. Le schéma directeur d’approvisionnement en bois – énergie de Niamey
(SDAN) ............................................................................................................................. 35
4.3. L’aménagement du projet est fini. Actuellement il y a eu une régénération du
peuplement ligneux. ............................................................................................................. 38
4.3.1. Projection sur les 5 années à venir ........................................................................ 38
4.3.2. Le schéma directeur d’approvisionnement en bois de la ville de Maradi ............. 39
4.3.3. Le schéma directeur d’approvisionnement en bois de la ville de Zinder............... 41
4.3.4. Projection du bilan sur 1995 - 2000 ...................................................................... 43
4.3.5. Estimation des quantités de bois dans le département de Dosso........................... 43
Qualité des résultats ............................................................................................................... 46
Conclusion............................................................................................................................... 46
3
Références ............................................................................................................................... 47
4
Tableau 23 : Les quantités de bois exploitables sont données dans le tableau ci-
dessous. ................................................................................................................................ 42
Tableau 24 : Bilan des ressources forestières - prélèvements par canton dans le
Département de Maradi ........................................................................................................ 42
Tableau 25 : Comparaison de l’évolution de la production et des besoins .......................... 45
5
Sigles et abréviations
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Remerciements
Les auteurs de ce document remercient tous ceux qui ont contribué sa réalisation. Ils
remercient en particulier le Responsable de la division FAO basée à Niamey qui ont mis les
moyens à leur disposition pour sa réalisation. Aussi, ces remerciements vont aux responsables
des centres documentaires suivants : Bibliothèque de la Direction de l’Environnement, et la
Bibliothèque de la Faculté d’Agronomie pour leur grande disponibilité. Ils remercient aussi le
Pr. Saadou Mahamane, de la Faculté des Sciences, pour les données qu’il a bien voulu mettre
à leur disposition.
Résumé
Ce document porte sur l’évaluation des ressources forestières naturelles et les plantations
forestières au Niger. Une revue de la documentation existante a permis d’établir une typologie
et une évaluation de toutes les ressources forestières existantes.
C’est ainsi qu’une synthèse des typologies des formations forestières proposées par divers
auteurs a été faite. Les principales formations forestières du pays sont représentées par des
forêts classées et des gommeraies qui comportent des faciès plus ou moins dégradés suivant la
pression démographique. A ces formations naturelles, il faut ajouter les parcs agroforestiers
qui constituent également une composante non négligeable de ressources forestières.
La productivité des formations a été évaluée suivant différentes méthodes développées dans le
cadre de programme de recherche et d’aménagement de forêts classées. Pour les gommeraies
et les parcs agroforestiers, la productivité des peuplements n’est pas estimée cependant on
peut retenir que leur contribution est importante dans la satisfaction des besoins des
populations locales en produits forestiers ligneux et non ligneux.
A l'égard de tendances démographiques, toutes les régions du Niger sont déficitaires en bois
énergie. D’après les travaux du Projet Energie II et des Projets Planification et Utilisation des
sols et Forêts, le capital forestier est entamé lorsque les combustibles de substitution ne
suffisent pas à compenser le déficit.
Les plantations forestières ont connu un succès depuis les opérations initiées par le Projet
IDA/FAC/CCE. Avec l’engagement de Maradi, ces plantations forestières ont connu un
regain d’intérêt, ce qui a permis de récupérer plusieurs sites dégradés et la création
d’arboretum et de Ceintures Vertes au Niveau de certaine localité du pays. Cependant ces
plantations forestières n’ont pas suffit à couvrir les besoins divers et variés des populations
nigériennes. Il s’exerce ainsi une pression continue sur les formations forestières naturelles
qui a pour conséquence une dégradation progressive de ces ressources aussi bien du point de
vue de la biodiversité que de la productivité. Les travaux du Projet Energie II ont montré qu’il
se pose un problème de la régénération de la fertilité des sols dès lors qu’il y a un prélèvement
accru des tiges de mil et bouses de vaches qui devaient contribuer à restaurer la fertilité des
sols.
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Introduction
Les ressources forestières du Niger subissent des contraintes climatiques et de fortes pressions
démographiques. Dans ce pays, les déficits céréaliers fréquents sont dus à l’insuffisance des
pluviosités annuelles. Ils ont occasionné au cours de ces dernières années un important
déplacement des populations vers le sud du pays où ces pluviosités sont relativement
meilleures. Très souvent, ce sont les formations forestières de cette zone qui font l'objet de
défrichement. On assiste ainsi à une diminution des superficies réservées aux formations
naturelles au profit des "agrocoenoses", or l'essentiel de la biodiversité (animale et végétale)
se concentre dans ces formations forestières naturelles.
Ces ressources forestières ont beaucoup diminué dans leur répartition spatiale ainsi que dans
leur diversité biologique. En effet certaines espèces ont disparu de leur niche écologique
habituelle ou y sont devenues rares à l'égard de la réduction des pluviosités annuelles et à la
surexploitation au cours de ces dernières décennies.
Or, ces formations forestières, par les fonctions multiples qu’elles remplissent dans la
satisfaction des besoins des populations (bois – énergie, bois de service et bois d’œuvre,
fruits, pharmacopée, fourrage, etc.), leur rôle social et économique, leur rôle dans le maintien
des équilibres des écosystèmes occupent une place prépondérante dans les politiques de
préservation et de restauration de l’environnement.
Ce document se situe dans le cadre du Programme d’Evaluation des Ressources Forestières
initié par la FAO.
Après la présentation des objectifs visés et des méthodes utilisées, le présent travail expose :
- Les concepts utilisés et les types de formations forestières qui existent dans le pays.
- La productivité de ces formations forestières et le devenir à l'égard des besoins des
populations locales.
- L’état actuel de ces formations forestières basées sur des études régionales.
- L’importance et l’évolution des plantations forestières.
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CHAPITRE 1. Objectifs et méthodes
I. Objectifs de l'étude
L’objectif général de ce travail est d’élaborer une base de données sur les ressources
forestières naturelles et les plantations forestières du Niger à partir de la documentation
existante.
• indiquer les volumes forestiers (volume total, volume commercial en précisant les
espèces,... ), les accroissements et prélèvements qui sont disponibles non seulement à
l'échelon national mais aussi à celui du département. Aussi, il sera demandé d'en préciser
la localisation géographique, dans la mesure du possible.
II. Méthodes
Les termes utilisés pour désigner les formations végétales naturelles tropicales africaines sont
très nombreux et souvent controversés (Aubreville, 1957 ; Trochain, 1957 ; Descoings, 1971).
Cependant, parmi les concepts utilisés, ceux utilisé par “l’Accord interafricain sur la
définition des types de végétation de l’Afrique tropicale ” (Trochain, 1957) sont couramment
utilisés. En effet pour plusieurs auteurs, cette classification est plus adaptée à la
compréhension des paysages sahéliens et soudaniens de l’Afrique de l’Ouest. Ce sont ces
concepts qui ont été repris en partie par Saâdou (1990, 1996) dans ses subdivisions
phytogéographiques de la République du Niger. Aussi, pour Peyre de Fabrègue (1995) et
Roussel (1987), le terme Pseudo steppe à épineux semble plus adaptatif pour qualifier le type
physionomique général des formations végétales qui se développent dans la partie Nord de
l’Ader Doutchi. Or il s’agit de termes consacrés par l’accord de Yangambi.
Les principales formations forestières seront distinguées par rapport aux types
physionomiques suivants :
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a. Forêt dense sèche
Peuplement fermé, pluristrate, de stature moins élevée (10 à 15 m). La plus part des arbres
sont décidus et le sous bois arbustif est soit sempervirent soit décidu et le tapis herbacé
sciaphile est discontinu.
c. Fourrés
Type de végétation arbustive (< 7 m), fermé sempervirent ou décidu, riche en espèces
buissonnantes et en épineux, généralement peu pénétrable, souvent morcelé, à tapis
graminéen absent ou discontinu. Ces formations correspondent aux brousses tigrées qui
représentent l’essentiel des formations forestières dans la partie Ouest de la République du
Niger (Boudouresque, 1995 ; Ambouta, 1984, 1997).
Gaine forestière bordant un cours d’eau. La composition de cette formation est très variable
selon la latitude et la capacité de rétention en eau du sol.
Dans le sud, certaines rivières sont bordées par une végétation arborescente élevée (25 à 30
m) comportant des espèces soudaniennes méridionales (Boudouresque, 1995). Vers le Nord,
la végétation se contracte progressivement jusqu’au stade fourré, qui lui-même s’éclaircit.
a. Les steppes
Le concept de steppe est de plus en plus couramment utilisé. Boudouresque (1995) la définit
comme “une formation herbeuse discontinue à ouverte, à base de graminées annuelles,
éventuellement mêlées à des herbacées vivaces (de moins de 80 cm), alors largement
espacées, et à des ligneux ; difficilement parcouru par le feu. Les strates arbustives et
arborescentes sont peu développées, surtout composées d’épineux (Balanites, Acacia, etc.) ”.
Au cours de la saison sèche, les thérophytes desséchés disparaissent rapidement, laissant le
sol nu de mars à juin, sans protection contre la déflation éolienne (Roussel, 1987).
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b. Les savanes
Formation herbeuse comportant une strate herbacée supérieure continue d’au moins 80 cm de
hauteur, qui influence une strate inférieure ; graminéennes à feuilles planes, basilaires et
caulinaires ; ordinairement brûlées annuellement ; plantes ligneuses ordinairement présentes.
c. Formations aquatiques
Ce type physionomique regroupe les peuplements d’hydrophytes et d’hélophytes formant les
prairies marécageuses (Garba, 1984, Boudouresque, 1995).
Les termes utilisés correspondent en partie à ceux utilisés par Lanly (1986) dans le cadre de
l’évaluation des ressources forestières tropicales. Ainsi le terme “ plantation ” est utilisé pour
désigner :
• -les peuplements forestiers établis artificiellement par boisement sur une terre qui ne
portait pas auparavant de couvert forestier.
• -les peuplements forestiers établis artificiellement par boisement sur des terres qui ont
porté un couvert forestier dans les cinquante dernières années ou de mémoire d’homme,
l’opération comportant le remplacement du peuplement antérieur par un peuplement
nouveau et différent,
Ces plantations peuvent être linéaires, en bandes, en bloc et divers objectifs leur sont assignés.
Il s’agit entre autres la production de bois de feu, la production de fruits et de gomme
arabique, la défense et restauration des sols, la fixation biologique de ces sols.
Cependant il faut noter que les plantations d’arbres en dehors de la compétence des services
de l’environnement ne sont pas prises en compte. Il s’agit des plantations d’ombrage et de
celles des fruitiers effectuées dans les vergers.
Depuis 1936 Aubreville soulignait que la colonie du Niger avait prévu des plantations de
Acacia senegal. Tout récemment en plus des diverses opérations menées par les projets de
développement, dans le cadre de l’engagement de Maradi (CND1, 1984), il était prévu
l’intensification des opérations de reboisement et de stabilisation des dunes de sables par la
plantation des essences ligneuses pérennes, la généralisation des ceintures vertes autour des
villes et villages, la création dans chaque chef lieu de département et d’arrondissement d’un
arboretum.
Dans le cadre de cet engagement les superficies à planter annuellement sont les suivantes :
1
Conseil National de Développement (CND)
11
Subdivisions Département Arrondissement Poste Administrative
administratives
Surfaces à planter (ha) 15 10 5
C'est ainsi que depuis cette date, chaque année d’importantes superficies sont plantées. Aussi,
des opérations de plantation sont opérées au cours de la réhabilitation des milieux dégradés
dans le cadre de plusieurs projets forestiers. On peut citer entre autres : le Projet Planification
et Utilisation des sol et des Forêts (PUSF), le Projet de Développement Rural de Tahoua, le
Projet Intégré Keita, le Projet Forestier IDA – FAC – CCCE, le Projet DFS, le Projet Petites
Irrigations dans la Basse Vallée de Tarka, le Projet Agrosylvo-pastoral Nord Tillabéry, le
Projet Aménagement et Gestion de la Roneraie du Dallol Maouri, etc.
Une différence sera faite entre les plantations linaires et les périmètres de restauration des
terres qualifiées de plantations en bloc. Les travaux feront ressortir la densité des plantations,
les essences plantées, les modes d’affectation de ces plantations (utilisation), l’état actuel de
ces plantations.
Le terme parc agroforestier (ou les peuplements ligneux des champs) est défini de diverses
façons selon les auteurs. Il s'agit de l'association des arbres aux cultures dans des interactions
écologiques et économiques. Pour l'ICRAF (1994) il est question d'un "système d'utilisation
des terres dans lequel les végétaux ligneux pérennes sont délibérément conservés en
association avec les cultures et / ou l'élevage dans un arrangement spatial dispersé et où
existent à la fois des interactions écologiques et économiques entre les ligneux et les autres
composantes du système".
Plusieurs types physionomiques sont distingués au Niger (Ada, 1993 ; Mahamane, 1997). Il
s’agit entre autres des parcs à Acacia albida (ou Faidherbia albida), Butyrospermum
paradoxum, à Parkia biglobosa, à Parinari macrophylla, à Borassus aethiopum, à Hyphaene
thebaica, à Balanites aegyptiaca, etc.
Traditionnellement, le parc arboré joue plusieurs rôles au sein des agrosystèmes de la zone.
Le parc à Acacia albida caractérise ainsi la physionomie du peuplement ligneux des champs
de plusieurs terroirs villageois. C’est le cas de dans la région de Zinder où le Sultana
interdisait la coupe abusive des pieds de Acaccia albida.
En plus de certaines espèces, notamment les légumineuses fixatrices d'azote, les essences
forestières préservées dans les champs jouent un rôle dans la restauration de la fertilité des
sols. Aussi, les produits du parc constituent un refuge alimentaire pour de nombreuses
sociétés, ils contribuent à améliorer la ration alimentaire (condiments), ils sont aussi sources
de vitamines et autres oligo-éléments. A ce titre ils jouent un rôle clé dans la sécurisation
alimentaire des populations par la compensation des périodes de déficit alimentaire.
12
2.5. Importance et répartition actuelle des formations forestières
Les forêts classées constituent des écosystèmes particuliers à l’échelle du terroir national.
Elles correspondent à des enclaves d’écosystèmes dans les agrosystèmes. Elles devraient être
les témoins d’écosystèmes aujourd’hui disparus ou en voie de l’être. Plusieurs fonctions sont
liées à ces formations naturelles. On peut retenir, entre autres les rôles d’habitat pour la faune
sauvage, de protection des sols, le rôle culturel, le rôle de réservoir phytogénétique, etc. A ce
titre un accent particulier est mis sur l’évaluation des superficies occupées par ces formations
forestières. Pour évaluer l’état actuel des forêts classées, nous avons fait beaucoup recours aux
rapports annuels de la Direction de l’Environnement et de la Direction de la Faune, Pêche et
Pisciculture ainsi que les mémoires de fin d’étude d’étudiants issus de plusieurs Universités et
Ecoles et les différents documents de travail de Projets et d’Organismes œuvrant dans le
milieu rural. Par la suite nous procéderons à une estimation de l’état actuel des forêts pour les
quelles des études récentes ont été réalisées dans le cadre d’activités de projets
d’aménagement de massifs forestiers.
Les formations forestières au Niger ont fait l’objet de plusieurs travaux de recherche ayant
pour objectif la détermination de leur productivité. On peut citer, entre autres, les travaux du
Département de la Recherche Forestières de l’IRAN (Aboubacar, 1989). Aussi, en 1986,
Alegria a proposé une méthode de sondage pour déterminer la quantité en bois de chauffe des
13
Combretaceae dans la forêt classée de Guesselbodi (Kolo). Les tarifs de cubage ainsi élaborés
ont connu une large utilisation pour estimer la productivité de plusieurs formations
forestières. C’est le cas du Projet DFS qui a utilisé les formules élaborées par Alegria (1986)
pour estimer la productivité des formations naturelles de Hamadidé. Aussi, le Projet Energie
II a élaboré les schémas directeurs d'approvisionnement en bois pour 3 grandes villes du pays.
Il s'agit de Maradi, Niamey et Zinder (Attari, 1997). Ada (1986) a estimé le potentiel en bois
de feu des formations forestières situées dans un rayon de 100 km autour de la ville de Dosso.
Enfin Ichaou (1995) a évalué la productivité des formations contractées des plateaux de la
partie Ouest de la République du Niger.
Combretum micranthum
Y=1,1059e(-1,529+1,6298DE)
Combretum nigricans
Y=1,0654e(-3,038+2,3393DE)
Guiera senegalensis
Y=1,0806e(-2,241+1,8577DE)
2.6.2. Méthode de calcul adoptée sur les formations de brousses contactées (Ichaou,
1995)
Le cubage est réalisé sur la base d’un sondage de l’ordre de 1/20 des placettes inventoriées et
porte sur le matériel ligneux récolté par parcelle.
Le coefficient d’empilage est le volume de bois ou volume plein exprimé en m3 contenu dans
un stère. Pour un stère le calcul est fait de la façon suivante :
A partir de ces équations, les volumes de bois ont été estimés par faciès.
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2.6.3. Méthode adoptée par le Projet Energie II dans le cadre des différents schémas
directeurs des villes de Maradi, Niamey et Zinder
La méthode repose sur l'interprétation des images satellites, corrigées et complétées par des
observations de terrain et sur des inventaires forestiers.
Outre les formations forestières, les jachères ont été prises en compte du fait de leur
importance dans l’approvisionnement en bois des populations.
2.6.4. Estimation des quantités de bois dans le département de Dosso (Ada, 1986)
L’étude a été conduite par Ada (1986) dans un rayon de 100km autour de la ville de Dosso. Il
est habituellement admis que la productivité des formations forestières sahéliennes varient
entre 0,5 et 1 stère par ha et par an. La productivité des formations forestières a été déterminée
en utilisant ce coefficient.
La situation foncière des forêts et les conditions de leur utilisation sont encore mal définies.
En effet, il n’est pas toujours aisé de déterminer ce que les droits d’usage traditionnels
englobent et qui peut les exercer du fait de la superposition du droit administratif. Les droits
coutumiers concernent généralement l’exercice de la chasse, la cueillette de produits végétaux
et animaux, l’utilisation du bois de chauffage et de construction, la pratique de l’agriculture et
le pâturage.
Au Niger les forêts domaniales sont classées en deux catégories : les “ forêts classées ” qui
constituent le domaine forestier classé et les “ forêts protégées ” qui constituent le domaine
forestier protégé. Selon les prescriptions du Code Forestier (Ministère de l’Economie et du
Climat, 1975) il s’agit de forêts délimitées après qu’une procédure administrative ait reconnu
qu’elles n’étaient pas nécessaires à des utilisations autres que forestières. En effet ces forêts
classées sont rigoureusement interdites à l’agriculture et ne devaient donc faire l’objet
d’aucun défrichement sans qu’une procédure préalable de déclassement ait été effectuée.
Néanmoins il y eut des pratiques de contrat de cultures entres les populations locales et les
services de l’Environnement en vue de permettre l’exécution de certain Projet
d'Aménagement forestier permettant ainsi l’exécution des volets agroforestiers. Actuellement
ces forêts subissent une pression importante et connaissent une réduction importante de leur
surface.
Les autres forêts sont appelées “ forêts protégées ”, le terme “ protégées ” indique que les
défrichements incontrôlés et les exploitations commerciales non autorisées y sont interdits.
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CHAPITRE 2 : Résultats
Selon Guinko (1985) et Saadou (1990) le Niger comporte les territoires phyogéographiques
suivants :
Vitex doniana, Sterculia setigera, Parkia biglobosa, Cymbopogon giganteus sur les
dunes fixées.
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Daniellia oliveri, Diospyros mespiliformis, Ficus platyphylla dans les forêts - galeries.
Parkia biglobosa, Strychnos spinosa, Tapinanthus dodoneifolius, Boswellia odorata sur les
terrasses sableuses.
Albizia chevalieri, Neocarya macrophylla, Tamarindus indica, Vitex doniana, Ficus
platyphylla, Ficus ingens, Borassus aethiopum dans les vallées sèches.
Ces fourrés à Combretum sont désignés par le terme brousse tigrée, terme qui a été utilisé la
première fois par Clos-Arceduc (1956). Il s’agit de formations forestières contactées où
l’alternance en parallèle de bandes boisées sombres avec des bandes claires évoquait le pelage
d’un tigre. Au Niger cette formation se répartit entre les 13ème et 15ème parallèles. Ambouta
(1984) a proposé une typologie (des structures observées) qui tient compte de la latitude et du
gradient pluviométrique. Il s’agit de formations qui s’étendent sur les plateaux latéritiques et
couvrent environ 22 000 km2 (2 200 000 ha) et 2 800 000 ha représentant les autres
formations forestières contractées sans structure particulière (Ichaou, 1995). Cet auteur
distingue :
* les brousses tigrées typiques entre 13 ° et 14°30’ de latitude Nord,
* les brousses tigrées intermédiaires ou persillées : ce type physionomique se répartit autour
de la latitude 13° Nord. Elle présente un faciès de transition entre la brousse tigrée typique et
la brousse tigrée diffuse. C’est le cas de la brousse tigrée de Kouré.
17
Tableau 1: Typologie de la brousse tigrée suivant le gradient pluviométrique
synthèse des données de Ambouta, 1984 (Délabre, 1994).
18
Acacia seyal, Schoenefeldia gracilis, Euphorbia aegyptiaca, Cordia sinensis dans les
zones basses.
19
* Humidité relative : 8 % (Avril) < HR < 17 % (Août)
* Température : 17° (Janvier) < T° < 33°02 (Juillet)
* Amplitude thermique : 16°02.
- Végétation : Steppes
- Cultures : Dattier dans les oasis.
1.2.11. Synthèse
• le secteur nord soudanien : la végétation est constituée par des savanes arborées et
arbustives. La formation se localise au sud de Niamey et Dosso. Quelques reliques sont
localisées dans le sud Maradi et le sud Zinder.
• Le secteur sud sahélien : la végétation est constituée par des fourrés, des steppes arborées
et arbustives. La limite nord passe par une ligne qui passe par Ayérou, Ouallama, Tahoua
et le nord Zinder.
• Le secteur nord sahélien : la végétation est constituée par des steppes arbustives à
Acacias. Dans la partie Est du pays existent des oasis (Jahiel). Il s’agit d’une nappe
phréatique peu profonde et continue. Cette nappe affleure dans les points bas (Pirard,
1964). Cet affleurement a permis le développement d’une végétation particulièrement
diversifiée pour ce secteur phytogéographique considéré puisque l’on recense 27 espèces
différentes de végétaux ligneux et que les fruitiers tels que le bananier et papayer
cohabitent avec des dattiers (Phœnix dactylifera) ou des doums (Hyphaene thebaica)
(Jahiel, 1998).
Le peuplement du domaine cultivé est appelé parc agroforestiers (Pelissier, 1984). Au Niger
on distingue les principaux types physionomiques suivants : les parcs à Faidherbia albida, à
Butyrospermum paradoxum, à Parkia biglobosa, à Parinari macrophylla (Ounteini, 1993 ;
20
Mahamane, 1997), à Borassus aethyopum, à Hyphaene thebaica. Jahiel (1996 et 1998) décrit
des doumeraie dans le sud – est du pays.
Pelissier (1984) distingue les différents types physionmiques en fonction des espèces qui les
composent, les parcs construits (Faidherbia albida, Borassus aethiopum), les parcs
sélectionnés (Butyrospermum paraxoum, parinari macrophylla, Parkia biglobosa, etc.) et les
parcs résiduels qui sont appelés à disparaître.
Les principaux types de parcs agroforestiers décrits le long de la vallée du Dallol Bosso sont :
les parcs à Butyrospermum paradoxum, à Parinari macrophylla et à Faidherbia albida. Les
peuplements à Hyphaene thebaica et Borassus aethiopum constituent très souvent des
peuplements épars.
Ces types physionomiques de parc présentent une structure variable selon les facteurs
écologiques du milieu dont les principaux sont la densité de la population et la profondeur de
la nappe phréatique. En effet les divers modes d'exploitation des produits du parc (cueillette
de fruits et de feuilles, coupes de palmes, exploitation du fourrage aérien, etc.) jouent un rôle
dans leur dynamique.
Les résultats présentés ici concernent la zone qui s'étend entre 11° et 15 ° de latitude nord. La
description a concerné les sites suivants : Toukounous où existe un parc à Faidherbia albida,
les terroirs de Boumba et Gongueye (parc à karité) et celui de Kouringuel où s’étend un parc à
Parinari macrophylla. La dynamique actuelle des parcs de la région d'étude est fonction des
facteurs climatiques et humains. Pour une même espèce le parc présente des faciès différents
selon les terroirs villageois.
Dans la partie septentrionale (14°27’86’’), sur sols bruns sub-arides à drainage réduit de la
vallée le peuplement arboré des champs est dominé par Faidherbia albida, Acacia nilotica, A.
raddiana et Balanites aegyptiaca. Sur les formations sableuses de la série de Fandou,
Faidherbia albida domine la physionomie du parc accompagnée par Combretum glutinosum,
Balanites aegyptiaca.
Dans les environs de Détégui (14°10’28’’E et 2°50’25’’N), la densité arborée est de 22 pieds
par ha dont 14 pieds pour Fadherbia albida. Les essences compagnes sont Guiera
senegalensis, Maerua crassifolia, Combretum aculeatum , C. glutinosum, Salvadora persica,
Ziziphus mauritiana et rarement Acacia seyal dans les champs à proximité des dépressions
argileuses. Le recouvrement global du parc est d’environ 4,19% avec un maximum dans la
strate comprise entre 8 et 16 m. Il s’agit d’un parc arboré bas.
Dans les environ de Baleyara, la physionomie du parc reste dominée par celle de Faidherbia
albida avec des densités relativement élevées. A Kogori (13°41’46’’E et 2°54’18’’N), la
densité du parc arboré est de 54 pieds par ha dont 48 pieds par ha pour Faidherbia albida. Le
recouvrement moyen est de 12,6%, avec un maximum dans la strate comprise entre 8 et 16 m.
21
A cette latitude apparaît çà et là au sein du parc des îlots de Hyphaene thebaica. Les espèces
compagnes sont Balanites aegyptiaca, Neocarya macrophylla, Acacia nilotica et Zizizphus
mauritiana. Dans les rejets de souches apparaît Anona senegalensis.
Parinari macrophylla qui présente une distribution éparse dans les environs de Baleyara
forme un parc bien typé dans les environs de Kouringuel (13°22’19’’E et 2°54’36’’N). La
densité des arbres est de 30 pieds par ha dont 28 pour Parinari macrophylla. Le recouvrement
arboré est de 6% avec un maximum dans la strate comprise entre 4 et 8 m de hauteur. Il s’agit
d’un parc arbustif haut. Les essences compagnes de ce type physionomique de parc sont :
Acacia nilotica, Zizizphus mauritiana, Adansonia digitata, Detarium microcarpum, Prosopis
africana, Diospyrons mespiliformis, Tamarindus indica, Ficus Platyphylla, Balanites
aegyptiaca et Hyphaene thebaica.
Dans les environs de Birni N’Gaouré, la densité de Parinaria macrophylla est équilibrée par
celle de Faidherbia albida. Les espèces compagnes sont Acacia nilotica, Balanites aegyptiaca
et Detarium microcarpum. Cependant on peut relever des îlots denses de Faidherbia albida.
Dans la partie méridionale du Dallol (11°59’85’’N), où la nappe phréatique est peut profonde
(10 m), l’espèce ubiquiste des champs est Butyrospermum paradoxum. Les espèces
compagnes sont Parinari macrophylla, Detarium microcarpum, Borassus aethiopum ,
Sclerocarya birrea, Crataeva religiosa, Parkia biglobosa. Sur les versants, le peuplement
progresse vers un faciès dominé par Parinari macrophylla. Localement, en bordures des
dépressions et le long des berges du fleuve Niger se développent des parcs relictuels à rônier
(Barassus aethiopumr).
La densité des sujets est de 10 pieds par ha et le recouvrement de 16% et est dominant dans la
strate 8 à 16 m de hauteur. Il s’agit d’un parc arboré bas.
Avec la pression démographique qui entraîne une pérennisation des cultures sur les
champs, il se pose un problème de la régénération des parcs selectionnés à Parkia biglobosa
et Butyrospermum paradoxum.
22
2.2.1. Formations naturelles
Les études sur la dynamique des formations naturelles sont très fragmentaires. Ce paragraphe
illustre la situation dans le Département de Maradi. Ainsi, sur la base de résultats obtenus
dans 4 terroirs villageois, Stigliano (1983) a montré que dans la région de Maradi
l’occupation du sol a été très importante. Le tableau 2 suivant montre cette variation suivant
quatre villages répartis le long d’un gradient pluviométrique nord - sud.
Au niveau des quatre localités on note une augmentation sensible des superficies cultivées.
Cette tendance générale à la saturation est propre à l’ensemble de la région.
Cependant il faut souligner que les forêts classées existent même si elles ont connu une
diminution en surface (Attaou et al., 1997) et de la richesse floristique. En effet ces auteurs
ont montré qu'en 1997 la forêt classée de Baban Rafi a connu une réduction importante de sa
superficie.
23
[Link].Les forêts classées
Les résultats présentés ici sont tirés des différents rapports annuels de la Direction de
l’Environnement et de la Direction de la Faune Pêche et Pisciculture.
Le Niger compte 98 forêts classées et gommeraies. Le tableau 3 ci-dessous donnent les dates
de classement et leur superficie au classement.
Département Localisation Nom de la forêt ou Date de Superficie (ha) Situation actuelle et observations Essences dominantes
gommeraie classement
Recouvrement
Initiale Déclassée
Agadez Tchorozérine Dabaga 13/041954 1050 - Travaux de jardinage et quelques
bosquets
Diffa Maïné - Soroa Rabodji (G) 13/07/38 - - Disparue
Dosso Gaya Gorou Bassounga 16/11/37 10000 30 Ces formations son menées de Guiera senegalensis,
disparition Combretum micrathum,
C. nigricans, C.
collinum.
Doos Koulou 24/12/48 2060 - car soumises aux différantes
pressions
Gaya Gfoga Béri 24/12/48 4438 - (coupe abusives et anarchique
Gaya Bana 25/04/55 738 - défrichement, pâturage illégal, etc..)
Sous total 17236 30
24
Tableau 3 : Forêts classées et gommeraies au Niger (suite)
Département Localisation Nom de la forêt ou Date de Superficie (ha) Situation actuelle et observations Essences dominantes
gommeraie classement
Recouvrement
Maradi Aguié Dan Gado 01/10/51 4300 Sous aménagement FAO
"
"
Dan Gado 10/10/51 5190 Sous aménagement FAO
Bakobé 25/01/56 2635 Sous aménagement FAO
Gguin G. Roumdji 27/10/51 2100 Occupation champêtre
Roumdji
Dan G. Karazoni 21/01/52 134 Occupation champêtre
Dammadatchi 21/01/52 44 Occupation champêtre
Dan Doutchi 08/04/52 650 Dégradée
Kouroun Koussa 08/08/52 2300 Occupation champêtre
Dan Tourké 08/04/52 650 Dégradée
Dakoro Birni Lallé 27/10/51 48 Dégradée
Gadabédji 25/04/55 76000 Sous aménagement SNV Acacia senegal, A. laeta, A.
raddiana, A. sieberiana, A.
arabica, Balanites
aegyptiaca, Bauhinia
rufescens, Boscia
senegalensis
Intuila (G) 1977 118 Peuplement de gommeraie
Matoya (G) 1977 82 "
Bader (G) 1977 252 "
Madarounfa Madarounfa 04/08/50 830 Transformation en zone de pâturage
Gabi Nord 04/08/50 560 Dégradée
Gabi sud 04/08/50 400 "
Kandama 07/06/52 4928 Sous aménagement FAO
Rignan 07/06/52 25,6 Dégradée
Téssaoua Chabaré 21/01/52 795 Dégradée
Sous total 20 102041,6
Tahoua Bouza Korofane 21/09/55 4020 Seul le sous bois est dégradé
Birni Konni Tsernaou 21/09/55 2367 50 ha en 1975, de 30 % en 1991
Kéita Abourdea 21/09/55 175 31 ha en 1975, 50 % en 1991
Kéita Minao 21/09/55 60 20 ha en 1991
Madaoua Bangui 13/12/54 3275 Disparue pression agricole
Tahoua Tapkin Zaki 12/11/55 1070 123 ha en 1991
Tahoua Danfan 12/11/55 540 156 ha en 1975, 20 % en 1991
Tahoua Aboulboul 14/01/56 72 Entièrement dégradée
Tahoua Massouki 14/01/56 80 Entièrement dégradée
Total 9 11659
Tillabéry Kollo Guesselbodi 12/01/48 5400 Guiera senegalenis,
Combretum micranthum, C.
nigricans.
Say Say 20/01/40 2460 Guiera senegalenis,
Combretum micranthum, C.
nigricans.
Say Faïra 04/12/50 8500 Guiera senegalenis,
Combretum micranthum, C.
nigricans.
Say Boumba 10/03/53 645 645
25
Tableau 3 : Forêts classées et gommeraies au Niger (suite)
Département Localisation Nom de la forêt ou Date de Superficie (ha) Situation actuelle et observations Essences dominantes
gommeraie classeme
nt Recouvrement
Say Parc N W 25/06/53 330000 Guiera senegalenis,
Combretum micranthum, C.
nigricans, C. glutoinosum, C.
collinum..
Say RFT 08/08/62 142640
Téra Téra 15/04/54 4400
Total 7 494045 645
Zinder Gouré Sissi 25/03/39 1325 Moyennement dégradé
Gadébou (G) 20/08/40 212 Dégradée
Kellé 31/07/39 1670 Dégradée
Azjoumba (G) 29/03/41 675 Dégradée
Kaïgam (G) 26/01/42 287 Très dégradée
Koura Baori 12/04/54 460 Arbres égradés + gommeraie
Gouré PK 15 (G) 15/07/76 546 Dégradée
Maja (G) 17/07/76 443 En équilibre
Dalkori (G) 15/07/76 244 Dégradée
Kaoutebouloum 15/07/76 395 Moyennement dégradée
(G)
Nagog (G) 17/07/76 488 Dégradée
Guidio (G) 15/07/76 1190 Moyennement dégradée
Bariki (G) 15/07/76 250 Dégradée
Sananda 04/08/54 9700 Dégradée
Guido 25/03/39 2560 Dégradée
Badan 23/12/55 268,97 Moyennement dégradée
Kalguéri 1956 590 Moyennement dégradée
Kadoura 08/11/55 2320 En voie de disparition
Bourkou 23/12/55 181 Arbres égradés
Koukadi 05/03/55 1011,6 Moyennement dégradée
Magaria Karbalé 18/12/50 950 8,3
"
"
Dawan Bey 28/12/51 130 Dégradée
Tchédia 22/12/51 250 Dégradée
Matamey Dezga 20/02/42 665 Dégradée
Mirriah Barbékia 20/02/42 1275 Cultivée en partie
Takeita 01/02/42 6720 Sous aménagement SOSS/SNV
Kissambana 14/12/59 1880 Cultivée entièrement
Kongomé 21/12/52 1840 Surexploitation
Droum 07/06/52 15 Très dégradée
Korama 26/08/52 900 Surexploitation
Tounfafiram Nord 05/06/53 485 Inexistante
Tounfafiram sud 05/06/53 295 Disparue
Boulbaram 21/09/55 900 Très dégradée
Ilbaram 14/01/56 56 Dégradée
Dan-ogamam 2827 Cultivée
35 44004,5 8,3
7
26
Tableau 3 : Forêts classées et gommeraies au Niger (suite)
Département Localisation Nom de la forêt ou Date de Superficie (ha) Situation actuelle et Essences dominantes
gommeraie classement observations
Recouvrement
Communaut Niamey Niamey Aviation 16/01/40 225 Dégradée
é Urbaine de
Niamey
Ces données semblent encore partielles malgré les grands efforts fournis en vue de rendre plus
effectives les informations relatives aux formations naturelles du pays.
Combretum nigricans
Poids sec/ha Poids total
Vivant 1257,147 2557038
Mort 80,987 164727
Total 1338,134 2721765
27
Vivant 862,160 1753633
Mort 102,397 208276
Total 964,557 1961909
Toutes essences confondues
Poids sec/ha Poids total
Vivant 3575,152 7271859
Mort 330,534 672306
Total 3905,686 7944165
b. Réserve de Gadabédji
La végétation est constituée par des steppes arbustives. La strate arbustive est très hétérogène
et est plus développée dans les dépressions où elle forme des galeries forestières.
Les essences herbacées sont : Cenchrus biflorus, Indigofera diphylla, Tribulus terrestris,
Alysicarpus ovalifolius, Corchorus trdens, Cucumus prophetarum, Aristida mutabilis,
Tephrosia purpurea, Citrulus lanatus, Digitaria horizontalis, Waltheria indica, Cerahotheca
sesamoides, Cassia senna, Cyperus amabilis, Cassia mimosoides, Indigofera aspera.
Le spectre biologique est représenté par les thérophytes environs 88%. Le recouvrement de la
végétation est actuellement inférieur à 5% (Kimba, 1992). Il s’agit d’une végétation assez
ouverte.
28
III. Plantations forestières
Trois catégories de plantations sont conduites généralement au niveau de ces sites à savoir :
29
- plantations en bloc : elles regroupent l’engagement de Maradi (1984), les bois de village,
la fête de l’arbre, les plantations de ceinture verte, de haie vive, bord de champs,
alignements, protection linéaires, etc.)
- les regarnis : toutes les plantations exécutées à l’effet de remplacer des plants morts sur
les plantations antérieures à la campagne.
30
Dosso - - 0 - 0
Maradi - 44,25 105,51 75,3 0
Tahoua 226,9 149,66 278,4 300,8 215
Tillabéry 11,2 14,4 5 - 0
Zinder 226,35 159,6 137,53 85,17 96,7
Niamey - - 0 - 0
La production des plants forestiers a connu une évolution significative notamment après
"l'Engagement de Maradi" en 1984. Au cours de la période 1984-1990, la production
cumulée de plants forestiers est de l'ordre de 42 000 000 de plants dont le 1/3 est issu des
pépinières villageoises.
Mais il faut noter que le succès enregistré au niveau des plantations forestières reste très
mitigé en raison :
- d'une part, de leur insuffisance à l'égard de l'ampleur du phénomène à combattre
(désertification) et de la part minime que ces plantations représentent en rapport au
prélèvement effectué (5 000 ha de reboisement contre 200 000 ha de formation forestière
perdue chaque année),
- d'autre part, du fait du faible taux de réussite des plantations (50 % en moyenne).
Au niveau individuel, le réflexe de plantation et d'entretien des arbres se généralise tant en
milieu urbain qu'en milieu rural avec une tendance prononcée à la réhabilitation des espèces
locales.
Au niveau des efforts des collectivités, villages et associations, après le sursaut observé au
cours les cinq premières années, les opérations dites "Engagement de Maradi" sont tombées
dans l'oubli à mesure que l'on s'éloigne de la date de cet appel historique du conseil des
Ministres du 31 Mai 1984.
L'élan observé à partir des années 80 pour le développement des plantations industrielles s'est
estompé face aux résultats médiocres obtenus en matière de production de bois. Les forêts
naturelles ont continué donc à fournir l'essentiel, sinon tout le bois dont les populations ont
besoin, dans le contexte d'une dégradation avancée de leurs ressources. C'est ainsi qu'en 1982
un intérêt marqué a commencé à être accordé aux forêts naturelles par le projet PUSF /
USAID. Ce dernier a initié, dans le cadre de son volet "Sites Modèles", un essai
d'aménagement forestier afin de tester les possibilités d'exploitation à rendement soutenu
d'une forêt naturelle à Combretacées à Guesseibodi.
Cette expérience, souvent critiquée sur ses aspects institutionnels et techniques, s'est quand
même imposée comme une approche valable d'utilisation rationnelle de l'espace rural, et un
modèle d'implication des populations dans la gestion des ressources naturelles.
31
Zinder. Il est préoccupant sur certains sites des départements de Tahoua, Maradi, Tillabéry, et
menace dangereusement le fleuve Niger.
Les actions de lutte contre l'ensablement ont débuté relativement tard, vers la fin des années
70. Les premières expériences sont : la fixation de la dune de MOREY dans l'arrondissement
de Keita et celle de Yegalalane dans celui de Bouza par le CWS et CARE Intemational
respectivement. Les résultats concluants de ces deux opérations ont permis de lancer un
vaste programme auquel plusieurs projets ont contribué. Toutefois, en la matière, plusieurs
dunes demeurent sur les plans technique et conceptuel.
Les feux de brousse sévissent chaque année dans tout le pays, particulièrement en zone
pastorale, dans le Sud des départements d'Agadez et de Diffa, le Nord des départements de
Tillabéry, Tahoua, Maradi, Zinder et dans l'arrondissement de Say (Réserve de faune de
Tamou, Parc National du W).
Sur la base des statistiques disponibles, les services techniques ont pu définir la zone à hauts
risques dans le TAMESNA et le TADRES. En 1986 par exemple, soixante et un cas de feux
ont été enregistrés au Niger au 15 décembre, brûlant une superficie de 692 457 ha dont 660
000 ha dans cette zone, soit 95% du total.
Les actions de lutte contre les feux sont caractérisées par leur irrégularité liée aux
financements. L'essentiel des interventions menées a été financé par des projets forestiers,
des projets d’Elevage et par le Programme Intérimaire de Reboisement (PIR).
Depuis 1982, le Projet Forestier IDA/FAC/CCCE a pris en charge plus de 90% des
réalisations de lutte contre les feux dans le cadre de son volet Appui aux Actions Intérieures.
Les conséquences de son achèvement se sont nettement fait sentir sur le volume des pare -
feux ouverts en 1989 et 1990.
32
3.6. Les actions de mise en défens
La pratique des mises en défens est depuis très longtemps reconnue comme étant une méthode
efficace pour la régénération d'écosystèmes dégradés. Elle consiste à mettre les terres à l'abri
de toute intervention humaine et animale jusqu'à la reconstitution du potentiel biologique.
Plusieurs expériences ont été menées par les services forestiers dont les plus anciennes
remontent aux années 1950 où 40942 ha ont été mis en défens entre 1949 et 1953. D'autres
expériences plus récentes ont été conduites à travers certains Projets Forestiers
(Aménagement autour des forages de Tahoua, Projet Forestier, Projet Reboisement Rive
Droite Téra, etc. ). Ces actions ont été de faibles dimensions et n'ont pas abouti aux résultats
escomptés.
Si durant la période coloniale, la coercition a permis d'interdire l'accès aux zones mises en
défens, les projets récents ont utilisé des moyens très coûteux (grillage). En effet, ces projets
n'ont su ni imposer, ni convaincre les populations pour réussir les opérations. Même clôturées,
toutes les mises en défens n'ont pas permis d'une manière générale une protection efficace sur
plus de deux ans et par conséquent, n'ont pas donné de résultats concluants.
Néanmoins, une expérience de mise en défens sans clôture, tentée tout récemment sur environ
3000 ha à Timia (Agadez) sur l'initiative des populations, a donné des résultats
prometteurs.
33
IV. Les ressources forestières, productivité et besoins des populations
4.1. Les ressources forestières, productivité et besoins des populations au niveau national
On peut relever qu'il y a déséquilibre entre ville et campagne. Le tableau 11 illustre l'évolution
des besoins pour la ville de Niamey.
34
4.2. Les ressources forestières, productivité et besoins des populations au niveau des
régions
Les données sur la productivité des formations forestières ne sont pas homogènes. Deux types
de données sont présentés : celles produites par les différents projets de développement de la
Direction de l’Environnement et les données produites dans le cadre de programme de
recherche.
a. Ressources forestières
L’évaluation a été faite dans un rayon de 150 km autour de la ville de Niamey, soit la majeure
partie du Département de Tillabéri. La méthode a consisté d’évaluer les ressources forestières
dans une zone prospectable par les exploitants transporteurs, de quantifier le stock de bois
disponible, en tenant compte des densités de peuplement arbustif et la productivité de ces
formations (Attari, 1997).
L’évaluation a consisté :
- à faire le point sur toutes les actions de planifications antérieures afin de les comparer à la
situation actuelle ;
- l’évaluation de la productivité forestière à partir de données bibliographiques issues des
résultats de la recherche.
Suivi à l’interprétation des images satellitaires, les classes définies sont au nombre de 3 :
Classe 1 : plus de 60% de recouvrement
Classe 2 : de 20 à 60% de recouvrement
Classe 3 : de 0 à 20 % de recouvrement.
Dans cette région le volume de bois exploitable par an est de l’ordre de 1000 000 de stères,
dont près de la moitié est consommée par la ville de Niamey (Attari, 1997). Il ne reste qu’un
peu plus de 500 000 stères par an (dans l’hypothèse où leurs prélèvements se feraient
exclusivement à partir de plateaux à brousses tigrées).
35
b. Le bilan disponibilités des ressources – besoins des populations
Pour la zone de Niamey, l’autoconsommation a été estimée à 370 000 tonnes. Dans
l’hypothèse que 100% des besoins2 des ruraux seront couverts par des prélèvements dans les
formations forestières, le déficit serait de 200 000 tonnes, mais dans l’hypothèse où 50%
seraient prélevés dans les formations forestières et 50% dans les jachères et le milieu agricole,
ce déficit serait de 20 000 tonnes seulement (tableau 13). Ce bilan fait pour le bassin
d’approvisionnement de Niamey est relativement équilibré en supposant que les ruraux
trouvent une grande partie de leurs besoins dans les terroirs agricoles.
Paramètre Brousse tigrée non Brousse diffuse non Brousse diffuse Taillis de
contrôlée contrôlée 3 – 4 ans
Densité
Individus (n/ha) 1437 1257 1712
Dont morts (%) 11,7 3,4 1,4
2
Calculés sur la base de 0,6kg/jour/personne
3
Hypothèse 1 : 100 % de la population rurale consomme du bois provenant des zones exploitées pour les besoins
des populations urbaines.
4
Hypothèse 2 : 50% des besoins des populations rurales sont couverts des zones non exploitées par les
exploitants commerçants des villes.
36
Tableau 15: Estimation des prélèvements divers en bois intervenus au sein des
deux formations forestières contractées (kg ; m3 ; stères)
Résultats comparés Brousse structurée de Brousse non structurée de
Banizoumbou Tientergou
Bois prélevé / ha / an par les 75 kg 58 kg
populations locales
Flux de bois en direction de négligeable 110 kg
Niamey / ha / an
Total prélevé 75 kg 168 kg
0,25 stères 0,559 stères
0,114 m3 0,221 m3
37
4.3. L’aménagement du projet est fini. Actuellement il y a eu une régénération du
peuplement ligneux.
Les hypothèses choisies pour établir ce bilan 1995 sont les suivantes :
Hypothèse 1 :
Poursuite des tendances démographiques de la dernière décennie, maintien du “ disponible ”
annuel à 300 000 tonnes (par élargissement progressif de la zone exploitée par les
commerçants), maintien des modes de consommation actuels des ménages urbains.
Le Pois de la consommation rurale dans le bilan augmente, et le déficit annuel est voisin de
300 000 tonnes. Dans l’hypothèse où la consommation rurale s’effectue à 50% hors des
ressources forestières, l’accroissement du déficit est encore net (-85 000 tonnes).
Hypothèse 2 :
Mêmes hypothèse que précédemment avec la stabilisation de la consommation de Niamey
(impact des mesures de substitution et d’économie d’énergie).
Même au cas où la consommation urbaine se stabiliserait, le déficit global continue à
s’accroître.
38
Tableau 19 : Bilan régional productivité – prélèvements 1990
Productivité forestière 300 000 T
Exportation vers Niamey 130 000 T
Autoconsommation 370 000 T
Projection : Hypothèse 1
Maintien du disponible annuel à 300000 T
Poursuite des tendances démographiques actuelles
Poursuite des modes d’exploitation et de
consommations actuelles
Projection : hypothèse 2
Productivité forestière 300 000 T
Exportation vers Niamey 130 000 T
Autoconsommation 450 000 T
Déficit annuel 280 000 T
Hypothèse 2
Maintien du disponible annuel à 300000 T
Poursuite des tendances démographiques actuelles
Stabilisation de la consommation de Niamey
(Substitution/économie d’énergie)
39
Tableau 20: Estimation des ressources forestières
Strates Superficie (ha) Production (t/ha)
1 Formations à Combrétacées 81000 3,3
dominantes :Combretum nigricans,
Combretum micranthum, et Guiera
senegalensis
2 Mêmes espèces que précédemment mais la 289838 1,6
densité est plus faible, fortes déforestations
des reliques arborées par les activités
agricoles dans la zone proche de Maradi.
3 Formations des bas fonds (Goulbis) à 289575 *
Anogeissus leiocarpus, Acacia sp., Hyphaene
thebaica, Prosospis africana, Borassus
aethiopum
4 Formations de jachères composées 996300 0,15
essentiellement de Guiera senegalensis
5 Formations correspondant aux forêts classées 34400 0,9
à dominance Sclerocarya birrea et certaines
formations plus ou moins monospécifiques
comme Diospyros mespiliformis
Les strates 1 et 2 représentent les formations que l’on peut considérer comme zones
potentielles de bois énergie pouvant approvisionner la ville de Maradi. Leur superficie est
estimée à 31838 ha soit 7,7% de la surface totale de la zone SDAM (4025 000 ha).
Les strates 2 et 5 sont des faciès où les vocations pastorales sont prépondérantes par rapport
aux utilisations forestières. Elles représentent 323975 ha soit près de 8% des surfaces totales.
La strate 4 (près de 1000 000 ha) correspond aux zones de jachères essentiellement utilisées
pour les besoins des populations rurales. Le tableau 21 ci-dessous donne le bilan des
ressources forestières et des prélèvements.
Tableau 21 : Bilan possibilité forestière – prélèvements par Canton dans le
département de Maradi (1991) (tonnes)
Canton Consommation Exportation Possibilité Bilan
rurale*
Madarounfa 8067 4550 12849 232
Djirataoua 3273 3262 4678 -1857
Gabi 4218 9348 13821 256
Safo 4159 1422 16463 10882
Sarkin Yamma 1604 1068 3038 366
Aguié 11020 25 4676 -6369
Gangara 7930 0 273 -7657
Birni N’Lallé 7147 703 516 -7334
Bader Goula 2745 0 516 -2229
Kornaka 15947 0 2855 -13092
Soli (Taguiriss) 2329 0 2946 617
Guidan Roumdji 4171 4294 8839 373
Chadakori 4542 743 1458 -3826
Sae-Sabaoua 4263 60 152 -4171
Guidan sori 4527 104 4860 229
Tibiri 5631 2023 8718 1064
Mayahi 14465 0 1124 -13341
Kanambakaché 10457 0 1519 -8938
Tessaoua 10775 1711 1671 -10814
Korgom 6716 0 228 -6488
Ourafane 3309 0 1838 -1471
Total département 137296 29312 93038 -73570
* Hypothèses : La consommation rurale a été estimée à 0,6 kg par personne et par jour, prélevée à moitié sur la
ressource forestière.
40
De ce bilan départemental, il ressort que :
- la quantité de bois produite annuellement, c’est à dire la quantité de bois exploitable sans
entamer le capital forestier, est voisine de 93 000 tonnes.
- Suivant ces hypothèses, le déficit total en 1990 pour l’ensemble du département est voisin
de 70 000 tonnes soit 7% du stock de bois renouvelable.
Le déficit en bois doit être comblé en partie par un prélèvement sur le capital forestier, en
partie par un prélèvement accru sur le terroir non forestier (dans les jachères et les formations
ligneuses non inventoriées). En dernier recours, les populations utilisent des combustibles de
substitution : pailles de mil, bouses de vaches et entament ainsi le stock de matière organique
du sol.
A partir des images satellitaires, 6 faciès végétaux ont été décrits (Tableau 22). Le tableau 23
présente les quantités de bois disponibles par faciès.
41
aehtiopum
Total 910726
Tableau 23 : Les quantités de bois exploitables sont données dans le tableau ci-
dessous.
Strates Disponibilité annuelle (Kg/ha)
1 34
2 90
3 90
4 578
5 3200*
5 bis 1000*
6 0
Sources : Evaluation du Projet Energie II – VO 1992.
* Bois mort non renouvelable.
La quantité de bois produite annuellement, c’est à dire la quantité exportable sans entamer le
capital forestier, est de l’ordre de 60 000 tonnes.
42
Le stock de bois renouvelable a été estimé à 1,3 millions de tonnes. Le stock de bois mort a
été estimé pour les forêts à Terminalia des cantons du sud-est à 200 000 tonnes.
Le prélèvement pour l’exportation vers Zinder est voisin de 25 000 tonnes en 1990.
L’autosuffisance rurale a été estimée à 140 000 tonnes, sur la base d’une consommation
journalière de 0,6 kg par personne, prélevée pour moitié sur la ressource forestière, l’autre
moitié prélevée sur le terroir non forestier n’apparaissant pas sur les tableaux de bilan.
Suivant ces hypothèses, le déficit total en 1990 pour l’ensemble du département est voisin de
80 000 tonnes soit 6% du stock de bois renouvelable.
Dans la réalité, le déficit doit être comblé en partie par un prélèvement sur le capital forestier,
en partie par un prélèvement accru sur le terroir non forestier (dans les jachères et les
formations ligneuses non inventoriées). Il est vraisemblable, bien que le calcul n’ait pu être
fait, faute de données précises sur la productivité ligneuse du terroir, que les prélèvements de
bois entament dans de nombreuses zones le capital ligneux au sens large. En dernier recours,
les populations utilisent des combustibles de substitution : paille de mil, bouses de vaches, et
entament ainsi le stock de matière organique, c’est à dire le capital de la fertilité des sols.
Hypothèse 2 :
Cette hypothèse intègre les effets attendus du projet :
- stabilisation de la consommation de Zinder (impact des mesures de substitution et
d’économie d’énergie),
- stabilisation de la production forestière (impact de la création des marchés ruraux et des
aménagements sylvo-pastoraux),
- poursuite des tendances démographiques de la première décennie,
- maintien du rythme actuel de prélèvement sur le stock de bois mort (près de 20000 tonnes
par an).
43
La superficie forestière productive dans un rayon de 100 km autour de Dosso s’élève à 29 434
km2 (Ada, 1986).
Un suivi sur la productivité a été effectué dans la forêt classée de Guesselbodi dans le cadre
du Projet PUSF. Il est habituellement admis que la productivité des formations forestières
sahéliennes varie entre 0,5 et 1 stère par ha et par an.
Catinot estime à 0,625 ha / an et par habitant rural “ nouveau venu ” les besoins en terre
cultivable.
La population rurale a été estimée à 112027 habitants pour l’année 1985. La population
rurale s’élève à 693 582 habitants pour la même année. La perte de superficie sera par
conséquent égale à :
44
Ainsi la production dans le Département de Dosso s’élève à 2 400 935 * 0,5 = 1 200 468
stères.
Pour la localité de Dosso, Ada (1986) prévoit une diminution des superficies qui passeront de
1 206 537 stères en 1985 à 1 095 302 stères en l’an 2000.
45
De l’analyse du tableau 23 on peut retenir les éléments suivants :
• jusqu’à l’an 2000 les besoins en bois de chauffe de la région de Dosso peuvent être
couverts exclusivement à partir des forêts naturelles.
• En effet c’est à partir de 1993 que le besoin annuel de la population en bois de chauffe
sera supérieur à la production des formations forestières naturelles. Autrement dit, c’est en
ce moment seulement que le capital sera entamé.
• En réalité il existe de grandes disparités entre les zones sur le plan potentiel de production.
Donc certaines régions peuvent être déficitaires bien avant cette date. Par ailleurs, s’il y a
un complément à prévoir, avec des plantations, artificielles, on doit les mettre en place
quelques années avant l’apparition du déficit.
Conclusion
Les forêts au Niger sont réparties suivant un gradient pluviométrique nord – sud. Elles
correspondent à des formations à Acacia et à Combrétacées. Elles connaissent une diminution
de plus en plus importante de leur superficie à l'égard des conditions pluviométriques
défavorables et à la surexploitation dont elles font l’objet (défrichements, coupe abusive de
bois). Le peuplement ligneux des champs est constitué par des parcs agroforestiers qui prend
de plus en plus de l’importance pour les populations locales.
Plusieurs méthodes d’évaluation de la productivité de ces ressources forestières ont été
développées dans le cadre de Projets de développement (Projet PUSF, Projet Energie II) et de
la recherche (INRAN). Avec un taux d’accroissement annuel de 3,2% par an, les besoins de la
population nigérienne dépassent largement les potentialités pour plusieurs régions du pays.
En effet de l’analyse des ressources forestières et des besoins des populations par localité, il
ressort que toutes les localités sont déficitaires et pour compenser ce déficit, les populations
font recours à plusieurs sources d’énergie dont les tiges de mil, les bouses de vache. Les
actions de plantation ne suffisent pas à compenser le déficit par région. C’est ainsi que le
capital forestier est entamé dans toutes les régions.
46
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