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J. Clavel-Thoraval
Les indispensables du
droit international privé
83 fiches pour réviser les notions essentielles du cours de droit international
privé grâce à des encadrés récapitulatifs et des exercices d’application.
Julie Clavel-Thoraval
1. Objet du droit international 24. Compétences fondées sur la 55-56. Rome I, protection
privé nationalité des parties des parties faibles
2. Les sources du droit 25. Clauses de juridiction 57-58. Loi applicable en matière
international privé délictuelle
Les indispensables du
5. Exemple de règles 30. Le nom 60 à 67. Règlement Bruxelles
conventionnelles 31-32. Protection des incapables I bis
en matière contractuelle majeurs et mineurs 68-69. Internet
6. Exemples de règles 33-34. Mariage 70. Loi de blocage : application
conventionnelles en matière 35. Effets du mariage extraterritoriale de la loi
d’un pays tiers
droit international
délictuelle 36. Partenariats enregistrés
7. Qualification et concubinage 71. Règlement Petits litiges
8-9. Le rattachement 37. Divorce : loi applicable 72. Notification internationale
10. Mise en œuvre aux effets personnels 73. Injonction de payer
de la règle de conflit 38-39. Divorce et nullité 74. Titre exécutoire européen
privé
11. Preuve et interprétation du mariage 75. Reconnaissance des
du droit étranger 40-41. Obligations alimentaires décisions en matière civile
12. Éviction de la loi 42-43. Régimes matrimoniaux et commerciale
normalement compétente : 44. Filiation naturelle 76. Authentification et apostille
la fraude à la loi 77. Obtention des preuves
45. Gestation pour autrui
13. L’ordre public international 78. Règlement « avoir bancaire »
46. Filiation adoptive
14 à 18. Les méthodes du 15 mai 2014
47. Enlèvement d’enfant
alternatives 79-80. Faillite internationale
48-49. Responsabilité parentale
19. Règles de conflit de 81. Accès à la justice
juridictions : présentation 50-51. Succession
52. Règlement Rome I : champ 82. Déni de justice en matière
20. Les immunités de juridiction d’arbitrage
et d’exécution d’application et loi applicable
53-54. Rome I, loi applicable 83. Nationalité
21-22. Conflits de juridictions
à défaut de choix de loi
23. Principales règles
des parties
de conflit de juridictions
L’auteur Le public
Julie Clavel-Thoraval, docteur en Droit, • Master Droit
est maître de conférences en droit privé • CRFPA et ENM
à l’université du Maine.
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PLEIN
DROIT
Les indispensables du
Droit
international
privé
Julie Clavel-Thoraval
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ISBN 9782340-053106
©Ellipses Édition Marketing S.A., 2019
32, rue Bargue 75740 Paris cedex 15
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Sommaire
Fiche n° 1 : Objet du droit international privé…………………………………… 7
Fiche n° 7 : Qualification………………………………………………………… 43
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Fiche 1
Objet du droit international
privé
Références
– H. Battifol, « Le pluralisme des méthodes en droit international privé », Rec. Cours
de La Haye 1973, t. II p. 79 ;
– T. Azzi, O. Boskovic (dir.), Quel avenir pour la théorie générale des conflits de lois ?
Bruylant, 2015 ;
– P. Mayer, « Le phénomène de la coordination des ordres juridiques étatiques en
droit privé », rec. Cours La Haye 2007 t. 327 p. 9 - 377.
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Les indispensables
Fiche 1
• Le DIP comprend les règles de conflit de lois, celles de conflit de
juridictions et celles de reconnaissance et d’exécution des décisions.
• Les règles de conflit de lois permettent de déterminer le droit
substantiel applicable.
• Les règles de conflit de juridictions permettent de désigner le juge
compétent pour trancher un litige international et de déterminer
les conditions de reconnaissance et d’exécution des décisions
étrangères sur le territoire du for.
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Exercice pratique
Question 1 : Le DIP a pour objet de déterminer :
a. Le juge compétent pour les litiges internationaux
b. Les règles de fond des droits nationaux qui sont applicables
c. Uniquement les règles substantielles permettant la résolution des litiges
internationaux.
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Correction
▶ Question 1 : a et b).
Le DIP permet en premier lieu de déterminer si l’ordre juridique envisagé accepte
de juger d’un litige. Les règles de conflit de juridictions déterminent si oui ou
non les juridictions françaises jugeront du litige dont il est question. Le DIP
permet également de déterminer le droit applicable au fond entre le droit du
for (c'est-à-dire celui du juge saisi) ou un autre droit étranger. Ce sont les règles
de conflit de lois qui permettent de répondre à cette question.
▶ Question 2 : a et b).
Le domaine du DIP inclut les conflits de lois et de juridictions nés des situations
privées à caractère international. En revanche, il exclut le droit applicable aux
relations entre États ou personnes publiques. Il en est de même des rapports
entre une entité publique et un particulier par exemple le droit fiscal inter-
national. Il exclut donc tant le droit public que le droit international public.
Néanmoins, on inclut traditionnellement dans le domaine d’étude du DIP le
droit de la nationalité.
▶ Question 3 : c).
Il faut bien comprendre que le juge français peut appliquer n’importe quel
droit au monde. Les règles de conflit de lois lui permettent précisément de
déterminer si c’est le droit français ou un autre droit qu’il devra appliquer à la
question qui lui est soumise.
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Fiche 2
Les sources du droit
international privé
Références
– F. Schockweiler, « La codification du droit international privé », in Liber amicorum
Droz, 1996, Martinus Nijhoff Publishers, p. 391 ;
– S. Clavel, Le droit international privé européen est-il « honorable » ? Retour sur une
controverse doctrinale, in Mélanges Pierre Mayer, 2015, LGDJ, p. 119 ;
– I. Barrière-Brousse, « Le Traité de Lisbonne et le droit international privé », JDI 2010.1.
I. Un droit national
Le DIP est un droit national à objet international, c’est-à-dire un droit qui a pour
objet les relations de droit privé qui présentent un élément d’extranéité. Les sources
sont donc nationales ce qui implique un DIP différent pour chaque État. On parle de
« particularisme » pour désigner le fait que chaque État développe son système de DIP.
En France, le DIP français était essentiellement d’origine jurisprudentielle et nationale.
Le choix de la juridiction compétente est donc primordial puisque les juridictions des
différents États n’appliqueront pas les mêmes règles de DIP et donc pas les mêmes
règles de fond.
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Les indispensables
Fiche 2
• Le DIP est un droit national à objet international.
• Les sources sont nationales ce qui implique un DIP différent pour
chaque État.
• Les traités bilatéraux ou multilatéraux se développent notamment
les Conventions de La Haye.
• Le droit européen, y compris primaire, prend également de plus en
plus d’importance. Il existe de nombreux Règlements européens
ce qui permet une uniformisation en Europe du DIP.
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Exercice pratique
Question 1 : Le DIP est un droit de source :
a. Uniquement national
b. Uniquement international
c. National, international et européen.
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Corrigé
▶ Question 1 : c).
Historiquement les sources du DIP étaient presque exclusivement nationales.
Par la suite, les Conventions et traités se sont développés dans des domaines
spécifiques pour répondre à des besoins commerciaux pour l’essentiel, mais
pas uniquement. Concernant les États membres de l’Union européenne, une
révolution s’est produite en 1999 grâce au Traité d’Amsterdam (JOCE, n °C 340,
10 novembre 1997 en vigueur le 1er mai 1999) qui crée l’espace de liberté, de
sécurité et de justice instaurant une véritable coopération judiciaire, civile et
pénale. Ainsi, le DIP devient de la compétence de l’Union européenne. Depuis
le Traité de Nice (26 février 2001, JOCE, n °C 81, 10 mars 2001), sauf exception en
droit de la famille, le Conseil statue non plus à l’unanimité, mais à la majorité
qualifiée. Le Traité de Lisbonne (13 décembre 2007 JOUE, n °C 306, 17 décembre
2007) transforme les Communautés européennes composées de trois piliers en
une union unique. L’adoption des Règlements européens en matière de DIP se
trouve facilitée. De nos jours, les sources principales du DIP sont les Règlements
européens.
▶ Question 2 : d).
Le DIP est historiquement un droit uniquement de source nationale. Chaque
ordre juridique a son propre DIP. Il y a le DIP français, allemand ou américain. Son
contenu varie. On parle de « particularisme » du DIP. Néanmoins un mouvement
universaliste prône que le DIP doit être commun à tous les ordres juridiques
pour atteindre réellement son but de sécurisation des relations privées inter-
nationales. C’est pourquoi de nombreux traités ont été adoptés notamment
dans le cadre des organismes internationaux tels que la CNUDCI, l’OMC, la CCI
ou encore la Conférence de La Haye de DIP. C’est cette dernière institution qui
a un rôle central ([Link]). Néanmoins, depuis une vingtaine d’années
les Règlements européens occupent une place de première importance tant en
matière de conflits de lois qu’en matière de conflit de juridictions.
Il convient de se souvenir que le droit de l’Union européenne prime les droits
nationaux. Ainsi, l’application des Règlements européens en matière de DIP ne
doit pas être rendue impossible par les droits nationaux (CJCE, 7 juillet 1981,
Rewe c/Hauptzollamt Kiel, aff. 155/80, Rec. 1805).
▶ Question 3 : c).
Les deux réponses sont correctes. Selon le plan d’action de Vienne du 3 décembre
1998, « la liberté perd une grande partie de son sens si on ne peut pas la vivre dans
un environnement sûr, fondé sur un système judiciaire auquel tous les citoyens
et résidents de l’Union européenne peuvent faire confiance » (Plan d’action du
Conseil et de la Commission concernant les modalités optimales de mise en
œuvre des dispositions du traité d’Amsterdam relatives à l’établissement d’un
espace de liberté, de sécurité et de justice, JOCE, n °C 19, 23 janvier 1999, p. 1).
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Fiche 3
Règles de conflit de lois :
le principe
Références
– F.-C. Von Savigny, Traité de droit romain, t. VIII, trad. Guenoux, 1851, Firmin-Didot ;
– B. Ancel, « L’objet de la qualification », JDI 1980. 227 ;
– Y. Loussouarn, « La règle de conflit est-elle une règle neutre ? » travaux comité fr.
DIP 1980-1981 p.43.
Il existe plusieurs méthodes pour déterminer la loi applicable lorsque différentes lois
sont en concours. La première méthode dite « statutiste » a, au cours du XIXe siècle, été
remplacée par la méthode dite savinienne qui s’applique en principe en droit français.
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Les indispensables
Fiche 3
• La méthode savinienne part de la situation juridique pour la localiser.
• La méthode bilatérale implique une étape de qualification puis de
mise en œuvre du rattachement.
• Les caractères classiques de la règle de conflit de lois sont : son
caractère indirect, abstrait, neutre et bilatéral.
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Exercice pratique
Répondez aux cas suivants.
2. Marc est né en France d’une mère Russe et d’un père Français. Tous sont domiciliés
en France depuis la naissance de l’enfant. Le père n’ayant pas reconnu l’enfant à
sa naissance la mère intente une action en justice contre lui. Sachant que le DIP
français précise que : « La filiation est régie par la loi personnelle de la mère au jour
de la naissance de l’enfant ; si la mère n’est pas connue, par la loi personnelle de
l’enfant » (art. L 311-14 du Code civil), quel sera le droit applicable ?
3. Laura est une actrice suisse connue en France et en Espagne. Un magazine suisse
lui a consacré une édition spéciale où il dévoile les secrets de sa vie privée. Ce
magazine est distribué en France. Elle est furieuse en apprenant la nouvelle et
compte demander des dommages et intérêts devant les juridictions françaises.
Il vous est précisé qu’en matière délictuelle, la loi applicable est celle du lieu du
dommage ou du fait générateur (Cass. Civ. 25 mai 1948 Lautour n° 34-314).
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Correction
▶ Réponse n° 1.
La question porte sur l’âge du mariage entre une Française et un Italien en France.
Il s’agit donc d’une question de validité au fond du mariage. La règle de conflit
applicable est l’article 202-1 du Code civil qui dispose que la loi applicable au
fond du mariage est celle de la nationalité de chaque époux (« Les conditions de
fond du mariage sont régies par la loi nationale, à défaut de nationalité connue
par le domicile »).
On applique donc la loi française pour l’épouse qui est de nationalité française
et la loi italienne pour l’époux. L’application est donc distributive.
▶ Réponse n° 2.
La question porte sur la filiation plus précisément sur une action en recherche
de paternité contre un père supposé Français, pour un enfant né d’une mère
russe. Tous habitent en France.
Dans le cadre des actions en recherche de paternité, l’article 311-14 du Code civil
prévoit que la loi applicable est donc celle de la nationalité de la mère au jour
de la naissance de l’enfant. Ainsi en l’espèce il s’agit de la loi russe.
On remarque que dans cette hypothèse le rattachement rigide ne permet pas
nécessairement de retenir la loi la plus proche des faits puisque tout semblait
conduire à l’application de la loi française hormis la nationalité de la mère.
Néanmoins, le juge français doit appliquer la loi ainsi désignée.
▶ Réponse n° 3.
Laura est une actrice suisse connue en France et en Espagne. Un magazine suisse
lui a consacré une édition spéciale où il dévoile les secrets de sa vie privée. Ce
magazine est distribué en France. Elle est furieuse en apprenant la nouvelle et
compte demander des dommages et intérêts devant les juridictions françaises.
Il vous est précisé qu’en matière délictuelle, la loi applicable est celle du lieu
du dommage ou du fait générateur. En effet, la Cour de cassation dans l’arrêt
Lautour en date du 25 juin 1948 a précisé qu’« en DIP, la loi territoriale compé-
tente pour régir la responsabilité civile extracontractuelle de la personne qui
a l’usage, le contrôle et la direction d’une chose, en cas de dommage causé
par cette chose à un tiers est la loi du lieu où le délit a été commis ». La loi sera
celle du lieu du délit c’est-à-dire la loi du lieu du fait générateur ou du lieu du
dommage (GAJDIP n° 19). Cette solution s’applique sans distinction du type de
délit. Elle perdure encore en matière d’atteinte aux droits de la personnalité.
En l’espèce il y a une dissociation entre le lieu du fait générateur (Suisse) et le
lieu du dommage (France). Dans ces hypothèses, on parle de délit complexe
(dissociation dans l’espace du fait générateur et du dommage). La question se
pose de la loi à privilégier parmi ces deux lois. La Cour de cassation les met sur
le même plan (Cass. 1er Civ., 11 janvier 1997, Rev. Crit. DIP 1997 p. 504 note J.M.
Bischoff) et recherche celle qui présente les liens les plus étroits avec le litige
(Cass. 1er Civ., 24 mars 2014, Rev. Crit. DIP 2014 p. 823 note O. Boskovic).
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Fiche 4
Variation des règles
de conflit de lois
Références
– S. Francq, « Unilatéralisme V. bilatéralisme : une opposition ontologique ou un
débat dépassé ? Quelques considérations de droit européen sur un couple en crise
perpétuelle », in T. Azzi, L. Boskovic (dir.), Quel avenir pour la théorie générale des
conflits de lois ? Buylant, 2015 p. 49 ;
– H. Battifol, « Le pluralisme des méthodes en droit international privé », Rec. Cours
La Haye 1973 t. II p. 79 ;
– S. Billarant, Le caractère substantiel de la réglementation française des successions
internationales. Réflexions sur la méthode conflictuelle, Préf. P. Lagarde, Nouv. Biblio.
De Thèses vol. 31, Dalloz, Paris 2004 XVI, 526 p.
jours sociologique. L’idée est que la norme juridique n’est pas neutre et résulte du
produit d’une culture, d’un peuple. Il est donc légitime que cette dernière s’applique
aux personnes pour lesquelles elle a été pensée.
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Les indispensables
Fiche 4
• Les règles de conflit qui déterminent le champ d’application spatial
de la loi française sont unilatérales et non bilatérales.
• Les règles de conflit à coloration matérielle visent une solution
substantielle, elles ne sont pas neutres.
• Certaines règles de conflits favorisent des lois plus que d’autres
pour instaurer une protection d’ordre conflictuel. Elles ne sont
dès lors pas abstraites.
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Exercice pratique
Question 1 : L’article 311- 17 du Code civil est-il une règle de conflit de lois neutre
et abstraite ?
Question 3 : Qualifiez l’article 309 du Code civil. Est-ce selon vous une règle de
conflit bilatérale ?
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Correction
▶ Réponse n° 1
Une règle de conflit à rattachements multiples peut les faire jouer alternativement
ou cumulativement. Tel est le cas si la règle de conflit retient plusieurs critères de
rattachement pour désigner la loi applicable. Ces règles sont systématiquement
à coloration matérielle, car les rattachements sont mis sur un pied d’égalité et
peuvent donc aboutir à la désignation de plusieurs lois en même temps.
Ainsi, lorsque le rattachement est alternatif, un choix va être opéré entre ces
lois. Tel est le cas de l’article 311-17 du Code civil qui vise soit la loi nationale de
l’auteur de la reconnaissance, soit celle de l’enfant.
Par exemple, dans le cas d’une reconnaissance par un homme allemand d’un
enfant marocain, en cas de contestation, la reconnaissance sera jugée valable
devant le juge français si elle l’est soit selon le droit allemand soit selon le droit
marocain. On remarque donc qu’en cas de contestation les rattachements
deviennent cumulatifs. En effet, pour être déclarée nulle, la reconnaissance
devra l’être selon le droit allemand et selon le droit marocain. La règle de conflit
poursuit donc un objectif de droit matériel : assurer la validité des reconnais-
sances de filiation.
▶ Réponse n° 2
L’article 6 du Règlement Rome I illustre la volonté de protéger le consommateur
par la voie des règles de conflits de lois. La loi applicable est celle de la résidence
du consommateur contrairement au principe qui voudrait que l’on applique la
loi de la résidence du professionnel.
Néanmoins, l’idée est que la loi de la résidence est celle auquel le consom-
mateur s’attend. La protection n’est pas d’ordre substantiel puisque la loi de
la résidence dudit consommateur ne lui est pas nécessairement plus favorable
que l’aurait été celle de la résidence du professionnel. C’est pourquoi on dit que
la protection est d’ordre conflictuel.
Le caractère abstrait de la règle de conflit est donc remis en cause, car par la
sélection de la loi applicable on entend protéger la partie faible en l’occurrence
en s’assurant de la connaissance et de l’information du consommateur qui va
se référer à « sa » loi.
▶ Réponse n° 3
L’article 309 du Code civil est une règle de conflit unilatérale. En effet, l’article
définit le champ d’application spatial de la loi française relative au divorce. La
loi française s’appliquera à cette question lorsque : les deux époux sont de natio-
nalité française, ou, à défaut, lorsqu’ils ont tous deux leur domicile en France.
Si aucune de ces situations factuelles ne se vérifie alors il convient de regarder
si une loi étrangère ne se veut pas applicable. Néanmoins, lorsqu’on ne peut
pas déterminer de loi étrangère applicable, le droit français s’applique à titre
subsidiaire.
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30
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Fiche 5
Exemple de règles
conventionnelles en matière
contractuelle
Références
– Convention de La Haye du 15 juin 1955 sur la loi applicable aux ventes à caractère
international d’objets mobiliers corporels ;
– Convention de La Haye du 14 mars 1978 sur les contrats d’intermédiaire ;
– [Link].
État tiers. Une clause de choix de lois est possible (art. 2). En l’absence de choix, la loi
applicable au contrat est celle de l’État sur lequel est établi le vendeur au moment où
il reçoit la commande (art. 3). Par exception, la loi est celle de l’État de l’établissement
de l’acheteur si c’est dans ce lieu qu’il a passé la commande et que la commande a
été reçue : soit par le vendeur, soit par son représentant, agent ou commis voyageur.
La désignation emporte désignation du droit substantiel. Le renvoi est donc exclu. La
Convention fait une réserve relative à l’ordre public (art. 6).
32
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Les indispensables
Fiche 5
• La Convention de 1955 qui vise les ventes à caractère international
d’objets mobiliers corporels prévoit que la loi applicable au contrat
est celle de l’État sur lequel est établi le vendeur au moment où il
reçoit la commande.
• La Convention de 1978 vise les situations d’intermédiaire à caractère
international et prévoit que la loi compétente est celle de l’État
de son établissement professionnel ou, à défaut, de sa résidence
habituelle.
33
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Exercice pratique
34
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Correction
35
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l’État où le vendeur a sa résidence principale à savoir l’Italie. La loi sera donc la loi
italienne pour les rapports entre les parties.
Néanmoins, l’un des problèmes concerne la qualité de la farine. La forme est les
délais de l’examen de cette marchandise seront soumis à la loi française lieu de
livraison de la marchandise.
Nota :
Concernant la loi applicable au fond, la France fait partie de la CVIM (Convention
des Nations Unies sur la vente internationale de marchandises du 11 avril 1980,
[Link]). Cette Convention de droit matérielle s’applique lorsque les
deux parties ont leur établissement sur des États contractants ou lorsque le droit
désigné par le DIP mène à l’application de la loi interne d’un État contractant. La
France comme l’Italie sont deux pays signataires de cette Convention. Ainsi, pour
les questions qui entrent dans son champ d’application, il conviendra d’appliquer
la CVIM comme droit applicable au fond.
36
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Fiche 6
Exemples de règles
conventionnelles en matière
délictuelle
Références
– Convention de La Haye du 2 octobre 1973 vise la responsabilité du fait des produits ;
– [Link] ;
– P. Lagarde, « Application de la Convention de La Haye du 2 octobre 1973 : l’action
récursoire d’un revendeur contre le fabricant », RCDIP 2001 p. 101.
I. Champ d’application
La Convention de La Haye du 2 octobre 1973 vise la responsabilité du fait des
produits c’est-à-dire qu’elle détermine en application de son article 1 « la loi applicable
à la responsabilité des fabricants et autres personnes visées à l’article 3 pour les
dommages causés par un produit, y compris les dommages résultant d’une description
inexacte du produit ou de l’absence d’indication adéquate concernant ses qualités, ses
caractères spécifiques ou son mode d’emploi ». Il s’agit donc des dommages causés
par un produit ou de ceux causés par sa description inexacte ou une insuffisance de
conseils d’utilisation. L’article 2 définit le produit comme ceux naturels ou indus-
triels, bruts ou manufacturés, meubles ou immeubles. La responsabilité est celle des
personnes désignées à l’article 3. Le dommage visé par la Convention est celui causé
aux personnes et aux biens ainsi que la perte économique, mais non le dommage causé
au produit lui-même (art. 3).
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38
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Les indispensables
Fiche 6
• En application de la Convention de La Haye du 2 octobre 1973
relative à la responsabilité du fait des produits, la loi applicable
est en principe celle de l’État où le fait dommageable s’est produit
si ce rattachement est confirmé par un second point de contact.
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Exercice pratique
Question n° 1 : Lorsqu’une action est fondée sur le dommage causé par un produit,
la Convention de La Haye de 1973 :
a. S’applique lorsque les juridictions françaises sont saisies du litige
b. S’applique dès qu’une juridiction de l’un des états membres de l’UE est saisie
du litige
c. S’applique lorsque les juridictions australiennes sont saisies du litige.
40
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Correction
▶ Réponse n° 1 : a).
La Convention de La Haye de 1973 sur la loi applicable à la responsabilité des
produits ne s’applique que devant les juridictions des États l’ayant ratifiée.
Or, si celle-ci est en vigueur en France, elle ne l’est pas en Australie ni devant
la totalité des États membres de l’Union européenne. Il convient lorsque la
question se pose de se référer à l’état des ratifications disponibles sur le site
de la Conférence de La Haye ([Link]). En Europe, outre la France, la
Croatie, l’Espagne, la Finlande, le Luxembourg, les Pays-Bas l’ont notamment
ratifié. Dans les pays membres de l’Union européen, en matière délictuelle il
conviendra donc d’appliquer le Règlement Rome II dont l’article 5 consacre une
règle spécifique pour la responsabilité du fait des produits.
▶ Réponse n° 2 : a et b).
La Convention de La Haye de 1973 s’applique aux situations où il n’y a pas
eu de transfert de propriété entre la personne qui se prétend lésée et celle
prétendument responsable et aux situations ou la personne lésée ne s’est pas
vu confier la jouissance du bien par celle prétendument responsable (art. 1 ; C.
Cass. Civ. 1re 7 mars 2000 n° 97-222).
▶ Réponse n° 3 : a et b).
La Convention de La Haye de 1973 s’applique peu importe la nature du dommage
causé. Elle s’applique pour les dommages matériels ou corporels subis par la
personne lésée. Le dommage inclut également la perte économique. Concernant
le dommage causé au produit lui-même l’article 2 b de la Convention précise
que ce dernier « ainsi que la perte économique qui en résulte, sont exclus, à
moins qu’ils ne s’ajoutent à d’autres dommages ». Le dommage subi au produit
ne sera couvert que s’il est la cause d’autres dommages qui entrent dans le
champ de la Convention.
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5. Exemple de règles 30. Le nom 60 à 67. Règlement Bruxelles
conventionnelles 31-32. Protection des incapables I bis
en matière contractuelle majeurs et mineurs 68-69. Internet
6. Exemples de règles 33-34. Mariage 70. Loi de blocage : application
conventionnelles en matière 35. Effets du mariage extraterritoriale de la loi
d’un pays tiers
droit international
délictuelle 36. Partenariats enregistrés
7. Qualification et concubinage 71. Règlement Petits litiges
8-9. Le rattachement 37. Divorce : loi applicable 72. Notification internationale
10. Mise en œuvre aux effets personnels 73. Injonction de payer
de la règle de conflit 38-39. Divorce et nullité 74. Titre exécutoire européen
privé
11. Preuve et interprétation du mariage 75. Reconnaissance des
du droit étranger 40-41. Obligations alimentaires décisions en matière civile
12. Éviction de la loi 42-43. Régimes matrimoniaux et commerciale
normalement compétente : 44. Filiation naturelle 76. Authentification et apostille
la fraude à la loi 77. Obtention des preuves
45. Gestation pour autrui
13. L’ordre public international 78. Règlement « avoir bancaire »
46. Filiation adoptive
14 à 18. Les méthodes du 15 mai 2014
47. Enlèvement d’enfant
alternatives 79-80. Faillite internationale
48-49. Responsabilité parentale
19. Règles de conflit de 81. Accès à la justice
juridictions : présentation 50-51. Succession
52. Règlement Rome I : champ 82. Déni de justice en matière
20. Les immunités de juridiction d’arbitrage
et d’exécution d’application et loi applicable
53-54. Rome I, loi applicable 83. Nationalité
21-22. Conflits de juridictions
à défaut de choix de loi
23. Principales règles
des parties
de conflit de juridictions
L’auteur Le public
Julie Clavel-Thoraval, docteur en Droit, • Master Droit
est maître de conférences en droit privé • CRFPA et ENM
à l’université du Maine.
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