0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
29 vues44 pages

DIP Téléchargé

Le document présente 'Les indispensables du droit international privé' par Julie Clavel-Thoraval, qui comprend 83 fiches pour réviser les concepts clés du droit international privé. Chaque fiche aborde des thèmes variés, tels que les règles de conflit de lois, les compétences juridictionnelles, et les procédures de reconnaissance des décisions. Destiné aux étudiants en droit, ce manuel offre une synthèse des notions essentielles pour comprendre et appliquer le droit international privé.

Transféré par

Anta SAKHO
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
29 vues44 pages

DIP Téléchargé

Le document présente 'Les indispensables du droit international privé' par Julie Clavel-Thoraval, qui comprend 83 fiches pour réviser les concepts clés du droit international privé. Chaque fiche aborde des thèmes variés, tels que les règles de conflit de lois, les compétences juridictionnelles, et les procédures de reconnaissance des décisions. Destiné aux étudiants en droit, ce manuel offre une synthèse des notions essentielles pour comprendre et appliquer le droit international privé.

Transféré par

Anta SAKHO
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Retrouver ce titre sur Numilog.

com

J. Clavel-Thoraval
Les indispensables du
droit international privé
83 fiches pour réviser les notions essentielles du cours de droit international
privé grâce à des encadrés récapitulatifs et des exercices d’application.
Julie Clavel-Thoraval
1. Objet du droit international 24. Compétences fondées sur la 55-56. Rome I, protection
privé nationalité des parties des parties faibles
2. Les sources du droit 25. Clauses de juridiction 57-58. Loi applicable en matière
international privé délictuelle

Les indispensables du droit international privé


26. Procédure et régime
3. Règles de conflit de lois : de la compétence 59. Loi applicable en matière
le principe 27-28. Reconnaissance délictuelle, compétences
4. Variation des règles et exécution des décisions spéciales : règlement
de conflit de lois 29. Statut personnel : sources Rome II

Les indispensables du
5. Exemple de règles 30. Le nom 60 à 67. Règlement Bruxelles
conventionnelles 31-32. Protection des incapables I bis
en matière contractuelle majeurs et mineurs 68-69. Internet
6. Exemples de règles 33-34. Mariage 70. Loi de blocage : application
conventionnelles en matière 35. Effets du mariage extraterritoriale de la loi
d’un pays tiers

droit international
délictuelle 36. Partenariats enregistrés
7. Qualification et concubinage 71. Règlement Petits litiges
8-9. Le rattachement 37. Divorce : loi applicable 72. Notification internationale
10. Mise en œuvre aux effets personnels 73. Injonction de payer
de la règle de conflit 38-39. Divorce et nullité 74. Titre exécutoire européen

privé
11. Preuve et interprétation du mariage 75. Reconnaissance des
du droit étranger 40-41. Obligations alimentaires décisions en matière civile
12. Éviction de la loi 42-43. Régimes matrimoniaux et commerciale
normalement compétente : 44. Filiation naturelle 76. Authentification et apostille
la fraude à la loi 77. Obtention des preuves
45. Gestation pour autrui
13. L’ordre public international 78. Règlement « avoir bancaire »
46. Filiation adoptive
14 à 18. Les méthodes du 15 mai 2014
47. Enlèvement d’enfant
alternatives 79-80. Faillite internationale
48-49. Responsabilité parentale
19. Règles de conflit de 81. Accès à la justice
juridictions : présentation 50-51. Succession
52. Règlement Rome I : champ 82. Déni de justice en matière
20. Les immunités de juridiction d’arbitrage
et d’exécution d’application et loi applicable
53-54. Rome I, loi applicable 83. Nationalité
21-22. Conflits de juridictions
à défaut de choix de loi
23. Principales règles
des parties
de conflit de juridictions

L’auteur Le public
Julie Clavel-Thoraval, docteur en Droit, • Master Droit
est maître de conférences en droit privé • CRFPA et ENM
à l’université du Maine.

-:HSMDOA=UW^\\Y:

[Link] Toutes les pages 05/12/2018 15:46


Retrouver ce titre sur [Link]

PLEIN
DROIT

Les indispensables du

Droit
international
privé
Julie Clavel-Thoraval
Retrouver ce titre sur [Link]

Retrouvez les livres de la collection « Plein Droit »


sur le site [Link]

ISBN 9782340-053106
©Ellipses Édition Marketing S.A., 2019
32, rue Bargue 75740 Paris cedex 15
Retrouver ce titre sur [Link]

Sommaire
Fiche n° 1 : Objet du droit international privé…………………………………… 7

Fiche n° 2 : Les sources du droit international privé………………………… 13

Fiche n° 3 : Règles de conflit de lois : le principe……………………………… 19

Fiche n° 4 : Variation des règles de conflit de lois…………………………… 25

Fiche n° 5 : Exemple de règles conventionnelles en matière contractuelle… 31

Fiche n° 6 : Exemples de règles conventionnelles en matière délictuelle… 37

Fiche n° 7 : Qualification………………………………………………………… 43

Fiche n° 8 : Le rattachement : notion………………………………………… 49

Fiche n° 9 : Le rattachement : renvoi et conflit mobile……………………… 53

Fiche n° 10 : Mise en œuvre de la règle de conflit…………………………… 61

Fiche n° 11 : Preuve et interprétation du droit étranger…………………… 67

Fiche n° 12 : Éviction de la loi normalement compétente :


la fraude à la loi………………………………………………………………… 73

Fiche n° 13 : L’ordre public international……………………………………… 79

Fiche n° 14 : Les méthodes alternatives : la règle de conflit unilatérale…… 85

Fiche n° 15 : Les méthodes alternatives : les lois de police (définition)…… 91

Fiche n° 16 : Les méthodes alternatives : les lois de police


(identification et régime)……………………………………………………… 97

Fiche n° 17 : Les méthodes alternatives : les règles matérielles


(définition)………………………………………………………………………… 103

Fiche n° 18 : Les méthodes alternatives : les règles matérielles


(classique et d’application immédiate)………………………………………… 109

Fiche n° 19 : Règles de conflit de juridictions : présentation………………… 115

Fiche n° 20 : Les immunités de juridiction et d’exécution…………………… 121

Fiche n° 21 : Conflits de juridictions : principe de solution du DIP français… 127

3
Retrouver ce titre sur [Link]

Fiche n° 22 : Conflits de juridictions : adaptation, compétences


spécifiques, compétences exclusives………………………………………… 133

Fiche n° 23 : Principales règles de conflit de juridictions…………………… 139

Fiche n° 24 : Compétences fondées sur la nationalité des parties………… 145

Fiche n° 25 : Clauses de juridiction…………………………………………… 151

Fiche n° 26 : Procédure et régime de la compétence………………………… 157

Fiche n° 27 : Reconnaissance et exécution des décisions :


droit commun présentation…………………………………………………… 163

Fiche n° 28 : Reconnaissance et exécution des décisions : conditions……… 169

Fiche n° 29 : Statut personnel : sources……………………………………… 175

Fiche n° 30 : Le nom……………………………………………………………… 181

Fiche n° 31 : Protection des incapables majeurs…………………………… 187

Fiche n° 32 : Protection des incapables mineurs…………………………… 193

Fiche n° 33 : Mariage : conflit de lois – conditions de fond………………… 199

Fiche n° 34 : Mariage : conflit de lois – autres conditions et sanctions…… 205

Fiche n° 35 : Effets du mariage………………………………………………… 211

Fiche n° 36 : Partenariats enregistrés et concubinage……………………… 217

Fiche n° 37 : Divorce : loi applicable aux effets personnels………………… 223

Fiche n° 38 : Divorce et nullité du mariage : Juridictions compétentes…… 229

Fiche n° 39 : Divorce et nullité du mariage : Reconnaissance


des décisions……………………………………………………………………… 233

Fiche n° 40 : Obligations alimentaires : Conflit de lois……………………… 241

Fiche n° 41 : Obligations alimentaires : Conflit de juridictions……………… 247

Fiche n° 42 : Régimes matrimoniaux : (conflit de lois………………………… 253

Fiche n° 43 : Régimes matrimoniaux : conflit de juridictions……………… 259

Fiche n° 44 : Filiation naturelle………………………………………………… 265

Fiche n° 45 : Gestation pour autrui…………………………………………… 271

Fiche n° 46 : Filiation adoptive………………………………………………… 277

4
Retrouver ce titre sur [Link]

Fiche n° 47 : Enlèvement d’enfant……………………………………………… 283

Fiche n° 48 : Responsabilité parentale : conflit de lois……………………… 289

Fiche n° 49 : Responsabilité parentale : conflit de juridictions……………… 295

Fiche n° 50 : Succession : Conflits de juridictions…………………………… 301

Fiche n° 51 : Succession : Conflits de lois……………………………………… 307

Fiche n° 52 : Règlement Rome I : champ d’application et loi applicable…… 313

Fiche n° 53 : Rome I, loi applicable à défaut de choix de loi des parties :


contrats nommés……………………………………………………………………319

Fiche n° 54 : Rome I, loi applicable à défaut de choix de loi des parties :


autres contrats…………………………………………………………………… 325

Fiche n° 55 : Rome I, protection des parties faibles………………………… 331

Fiche n° 56 : Rome I, protection des parties faibles : contrat de travail…… 337

Fiche n° 57 : Loi applicable en matière délictuelle : Règlement Rome II


et droit commun………………………………………………………………… 343

Fiche n° 58 : Loi applicable en matière délictuelle : Règlement Rome II…… 349

Fiche n° 59 : Loi applicable en matière délictuelle, compétences


spéciales : Règlement Rome II…………………………………………………… 355

Fiche n° 60 : Règlement Bruxelles I bis : applicabilité……………………… 361

Fiche n° 61 : Règlement Bruxelles I bis : rapport avec l’arbitrage………… 367

Fiche n° 62 : Règlement Bruxelles I bis : règles de compétences


directes ordinaires……………………………………………………………… 373

Fiche n° 63 : Règlement Bruxelles I bis : règles de compétences


optionnelles……………………………………………………………………… 379

Fiche n° 64 : Règlement Bruxelles I bis : règles de compétences


directes exclusives……………………………………………………………… 385

Fiche n° 65 : Règlement Bruxelles I bis : règles de compétences


autonomes……………………………………………………………………… 391

Fiche n° 66 : Règlement Bruxelles I bis : clause de juridiction……………… 397

Fiche n° 67 : Règlement Bruxelles I bis : clause de juridiction :


régime de la compétence……………………………………………………… 403

5
Retrouver ce titre sur [Link]

Fiche n° 68 : Internet : conflit de lois…………………………………………… 409

Fiche n° 69 : Internet : conflit de juridictions………………………………… 415

Fiche n° 70 : Loi de blocage : application extraterritoriale de la loi


d’un pays tiers…………………………………………………………………… 421

Fiche n° 71 : Règlement Petits litiges………………………………………… 427

Fiche n° 72 : Notification internationale……………………………………… 433

Fiche n° 73 : Injonction de payer……………………………………………… 439

Fiche n° 74 : Titre exécutoire européen (TEE)………………………………… 445

Fiche n° 75 : Reconnaissance des décisions en matière civile


et commerciale…………………………………………………………………… 451

Fiche n° 76 : Authentification et apostille…………………………………… 457

Fiche n° 77 : Obtention des preuves…………………………………………… 463

Fiche n° 78 : Règlement « avoir bancaire » du 15 mai 2014…………………… 469

Fiche n° 79 : Faillite internationale : droit commun………………………… 475

Fiche n° 80 : Faillite internationale : Règlement insolvabilité……………… 481

Fiche n° 81 : Accès à la justice………………………………………………… 487

Fiche n° 82 : Déni de justice en matière d’arbitrage………………………… 493

Fiche n° 83 : Nationalité………………………………………………………… 499

6
Retrouver ce titre sur [Link]

Fiche 1
Objet du droit international
privé

▶ Les objectifs de la fiche


• Comprendre l’objet du droit international privé
• Distinguer les conflits de lois des conflits de juridictions
• Appréhender le domaine du droit international privé

Références
– H. Battifol, « Le pluralisme des méthodes en droit international privé », Rec. Cours
de La Haye 1973, t. II p. 79 ;
– T. Azzi, O. Boskovic (dir.), Quel avenir pour la théorie générale des conflits de lois ?
Bruylant, 2015 ;
– P. Mayer, « Le phénomène de la coordination des ordres juridiques étatiques en
droit privé », rec. Cours La Haye 2007 t. 327 p. 9 - 377.

I. Objet du droit international privé


Le droit international privé (DIP) organise le règlement des relations internationales
entre personnes de droit privé physiques ou morales. Il est destiné à coordonner les
systèmes juridiques étatiques. Il permet de sélectionner deux choses :
• l’ordre juridique compétent pour trancher le litige, c’est-à-dire le juge qui va
le juger ;
• la loi substantielle applicable à la question posée en cas de conflit de lois dans
l’espace.
Il se dédouble donc en deux corps de règles indépendants : les conflits de juridictions
et les conflits de lois. La théorie des conflits de lois est un ensemble de méthodes qui
a pour objet de sélectionner et d’identifier la règle de droit substantiel applicable à
un cas. Ces règles de conflit de lois ne donnent pas la solution au fond, mais désignent
la loi applicable pour donner cette solution. Indépendamment de la loi applicable,
chaque ordre juridique fixe les règles de compétence internationale de son for, c’est-
à-dire de ses juridictions internes. Sous le vocable conflits de juridictions, on traite
Retrouver ce titre sur [Link]

également des règles de reconnaissances et de circulation des décisions, c’est-à-dire


des conditions dans lesquelles une décision étrangère va être reconnue sur le territoire
du for. Les règles de conflits de lois et celles conflits de juridictions sont des règles
indépendantes l’une de l’autre. Par exemple, le juge du for peut être compétent alors
même que sa loi n’est pas applicable. De surcroît, le droit international privé inclut les
règles du droit de la nationalité et de droits des étrangers.

II. Domaine d’application du DIP


Le DIP s’applique aux situations qui comportent un élément d’extranéité. Il a un
vaste champ d’application. Il a pour seules limites les matières de droit public (droit
pénal, droit administratif, droit fiscal, etc.) pour lesquelles chaque État a une compé-
tence exclusive. Par exemple en France, devant les juridictions françaises, seul le droit
pénal français est applicable.
Il vise les conflits de lois ou de juridictions internationaux et non les conflits internes
à un ordre juridique national. Il s’applique donc dès lors qu’il existe un facteur d’extra-
néité objectif ou subjectif. On parle de facteurs d’extranéité objectifs lorsque les
éléments constitutifs de la situation juridique ne se rattachent pas à un seul État, mais
à plusieurs ordres juridiques. On parle d’internationalité subjective, lorsque celle-ci
résulte non des faits eux-mêmes, mais de la volonté des parties (ex. choix d’une loi
étrangère dans un contrat purement interne).

8
Retrouver ce titre sur [Link]

Les indispensables

Fiche 1
• Le DIP comprend les règles de conflit de lois, celles de conflit de
juridictions et celles de reconnaissance et d’exécution des décisions.
• Les règles de conflit de lois permettent de déterminer le droit
substantiel applicable.
• Les règles de conflit de juridictions permettent de désigner le juge
compétent pour trancher un litige international et de déterminer
les conditions de reconnaissance et d’exécution des décisions
étrangères sur le territoire du for.

9
Retrouver ce titre sur [Link]

Exercice pratique
Question 1 : Le DIP a pour objet de déterminer :
a. Le juge compétent pour les litiges internationaux
b. Les règles de fond des droits nationaux qui sont applicables
c. Uniquement les règles substantielles permettant la résolution des litiges
internationaux.

Question 2 : Le domaine du DIP inclut :


a. Les conflits de lois et de juridictions nés des situations privées à caractère
international
b. Le droit de la nationalité
c. Le droit applicable aux relations entre États ou personnes publiques.

Question 3 : Le juge français peut être amené à appliquer :


a. Uniquement le droit français
b. Aussi bien le droit français que le droit national d’un État européen
c. N’importe quel droit national français ou non qui est désigné par une règle de
conflit de lois française.

10
Retrouver ce titre sur [Link]

Correction

▶ Question 1 : a et b).
Le DIP permet en premier lieu de déterminer si l’ordre juridique envisagé accepte
de juger d’un litige. Les règles de conflit de juridictions déterminent si oui ou
non les juridictions françaises jugeront du litige dont il est question. Le DIP
permet également de déterminer le droit applicable au fond entre le droit du
for (c'est-à-dire celui du juge saisi) ou un autre droit étranger. Ce sont les règles
de conflit de lois qui permettent de répondre à cette question.

▶ Question 2 : a et b).
Le domaine du DIP inclut les conflits de lois et de juridictions nés des situations
privées à caractère international. En revanche, il exclut le droit applicable aux
relations entre États ou personnes publiques. Il en est de même des rapports
entre une entité publique et un particulier par exemple le droit fiscal inter-
national. Il exclut donc tant le droit public que le droit international public.
Néanmoins, on inclut traditionnellement dans le domaine d’étude du DIP le
droit de la nationalité.

▶ Question 3 : c).
Il faut bien comprendre que le juge français peut appliquer n’importe quel
droit au monde. Les règles de conflit de lois lui permettent précisément de
déterminer si c’est le droit français ou un autre droit qu’il devra appliquer à la
question qui lui est soumise.

11
Retrouver ce titre sur [Link]
Retrouver ce titre sur [Link]

Fiche 2
Les sources du droit
international privé

▶ Les objectifs de la fiche


• Expliquer les sources du DIP
• Comprendre l’européanisation des sources
• Connaître les institutions internationales

Références
– F. Schockweiler, « La codification du droit international privé », in Liber amicorum
Droz, 1996, Martinus Nijhoff Publishers, p. 391 ;
– S. Clavel, Le droit international privé européen est-il « honorable » ? Retour sur une
controverse doctrinale, in Mélanges Pierre Mayer, 2015, LGDJ, p. 119 ;
– I. Barrière-Brousse, « Le Traité de Lisbonne et le droit international privé », JDI 2010.1.

I. Un droit national
Le DIP est un droit national à objet international, c’est-à-dire un droit qui a pour
objet les relations de droit privé qui présentent un élément d’extranéité. Les sources
sont donc nationales ce qui implique un DIP différent pour chaque État. On parle de
« particularisme » pour désigner le fait que chaque État développe son système de DIP.
En France, le DIP français était essentiellement d’origine jurisprudentielle et nationale.
Le choix de la juridiction compétente est donc primordial puisque les juridictions des
différents États n’appliqueront pas les mêmes règles de DIP et donc pas les mêmes
règles de fond.

II. Prépondérance actuelle des sources internationales


Les traités bilatéraux ou multilatéraux se développent notamment les Conventions
de La Haye développées dans le cadre de la conférence de La Haye ([Link])
qui joue un rôle majeur.
Retrouver ce titre sur [Link]

Le droit européen, y compris primaire, prend également de plus en plus d’impor-


tance. Le principe de libre circulation des biens des personnes et des services a une
influence sur la loi applicable. Depuis le Traité d’Amsterdam (1997), il existe surtout
de nombreux Règlements européens tant en conflits de lois que de juridictions ce qui
permet une uniformisation en Europe du DIP (contrats, divorce, successions, etc.). La
Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) joue désormais un rôle important dans
l’application du DIP ([Link]). Ainsi, l’Union européenne comme la
Conférence de La Haye participent à l’inspiration d’« universalisme » du DIP qui vise à
l’harmonisation des solutions entre les États.
Enfin, la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme (CESDH)
et la jurisprudence de sa Cour, la CEDH, ont une incidence indirecte de plus en plus
importante spécialement dans le cadre de l’ordre public ou de la reconnaissance
des décisions étrangères. En outre, depuis le 1er août 2018, le Protocole n° 16 annexé
à cette Convention permet aux Hautes juridictions des États signataires d’adresser
des demandes d’avis consultatif à la Cour sur des questions de principe relatives à
l’interprétation ou à l’application des droits et libertés définis par la Convention ou
ses protocoles (V. Conseil de l’Europe : [Link]).

14
Retrouver ce titre sur [Link]

Les indispensables

Fiche 2
• Le DIP est un droit national à objet international.
• Les sources sont nationales ce qui implique un DIP différent pour
chaque État.
• Les traités bilatéraux ou multilatéraux se développent notamment
les Conventions de La Haye.
• Le droit européen, y compris primaire, prend également de plus en
plus d’importance. Il existe de nombreux Règlements européens
ce qui permet une uniformisation en Europe du DIP.

15
Retrouver ce titre sur [Link]

Exercice pratique
Question 1 : Le DIP est un droit de source :
a. Uniquement national
b. Uniquement international
c. National, international et européen.

Question 2 : Les sources du DIP sont :


a. Les traités internationaux
b. Le droit national
c. Les règlements européens
d. L’ensemble des textes ci-dessus.

Question 3 : Le DIP de source européenne a pour objectif de :


a. Sécuriser les relations transfrontalières au plan juridique
b. Développer le marché intérieur en favorisant la liberté de circulation
c. Les deux réponses sont correctes.

16
Retrouver ce titre sur [Link]

Corrigé

▶ Question 1 : c).
Historiquement les sources du DIP étaient presque exclusivement nationales.
Par la suite, les Conventions et traités se sont développés dans des domaines
spécifiques pour répondre à des besoins commerciaux pour l’essentiel, mais
pas uniquement. Concernant les États membres de l’Union européenne, une
révolution s’est produite en 1999 grâce au Traité d’Amsterdam (JOCE, n °C 340,
10 novembre 1997 en vigueur le 1er mai 1999) qui crée l’espace de liberté, de
sécurité et de justice instaurant une véritable coopération judiciaire, civile et
pénale. Ainsi, le DIP devient de la compétence de l’Union européenne. Depuis
le Traité de Nice (26 février 2001, JOCE, n °C 81, 10 mars 2001), sauf exception en
droit de la famille, le Conseil statue non plus à l’unanimité, mais à la majorité
qualifiée. Le Traité de Lisbonne (13 décembre 2007 JOUE, n °C 306, 17 décembre
2007) transforme les Communautés européennes composées de trois piliers en
une union unique. L’adoption des Règlements européens en matière de DIP se
trouve facilitée. De nos jours, les sources principales du DIP sont les Règlements
européens.

▶ Question 2 : d).
Le DIP est historiquement un droit uniquement de source nationale. Chaque
ordre juridique a son propre DIP. Il y a le DIP français, allemand ou américain. Son
contenu varie. On parle de « particularisme » du DIP. Néanmoins un mouvement
universaliste prône que le DIP doit être commun à tous les ordres juridiques
pour atteindre réellement son but de sécurisation des relations privées inter-
nationales. C’est pourquoi de nombreux traités ont été adoptés notamment
dans le cadre des organismes internationaux tels que la CNUDCI, l’OMC, la CCI
ou encore la Conférence de La Haye de DIP. C’est cette dernière institution qui
a un rôle central ([Link]). Néanmoins, depuis une vingtaine d’années
les Règlements européens occupent une place de première importance tant en
matière de conflits de lois qu’en matière de conflit de juridictions.
Il convient de se souvenir que le droit de l’Union européenne prime les droits
nationaux. Ainsi, l’application des Règlements européens en matière de DIP ne
doit pas être rendue impossible par les droits nationaux (CJCE, 7 juillet 1981,
Rewe c/Hauptzollamt Kiel, aff. 155/80, Rec. 1805).

▶ Question 3 : c).
Les deux réponses sont correctes. Selon le plan d’action de Vienne du 3 décembre
1998, « la liberté perd une grande partie de son sens si on ne peut pas la vivre dans
un environnement sûr, fondé sur un système judiciaire auquel tous les citoyens
et résidents de l’Union européenne peuvent faire confiance » (Plan d’action du
Conseil et de la Commission concernant les modalités optimales de mise en
œuvre des dispositions du traité d’Amsterdam relatives à l’établissement d’un
espace de liberté, de sécurité et de justice, JOCE, n °C 19, 23 janvier 1999, p. 1).

17
Retrouver ce titre sur [Link]
Retrouver ce titre sur [Link]

Fiche 3
Règles de conflit de lois :
le principe

▶ Les objectifs de la fiche


• Comprendre la méthode de la règle de conflit de lois
• Identifier les caractères classiques de la méthode
• Comprendre le fonctionnement de la méthode conflictuelle

Références
– F.-C. Von Savigny, Traité de droit romain, t. VIII, trad. Guenoux, 1851, Firmin-Didot ;
– B. Ancel, « L’objet de la qualification », JDI 1980. 227 ;
– Y. Loussouarn, « La règle de conflit est-elle une règle neutre ? » travaux comité fr.
DIP 1980-1981 p.43.

Il existe plusieurs méthodes pour déterminer la loi applicable lorsque différentes lois
sont en concours. La première méthode dite « statutiste » a, au cours du XIXe siècle, été
remplacée par la méthode dite savinienne qui s’applique en principe en droit français.

I. Présentation de la méthode savignienne


Savigny privatise le problème du conflit de lois. Il part du postulat de l’indifférence
du législateur à voir appliquer sa loi dans les rapports privés. L’État ne fait donc que
proposer sa loi aux justiciables sans les contraindre. Il existe alors une vocation
concurrente des lois des différents États à régir la situation de droit. La méthode est
la suivante : on part de la situation litigieuse ou « rapport de droit » afin de déterminer
la loi devant la régir. On ne part plus de la loi pour lui attribuer un champ d’application
et donc déterminer le rapport litigieux. En conséquence, il est nécessaire de classifier
le rapport de droit – c’est la qualification – puis de le localiser selon son élément le
plus caractéristique dans le ressort d’un ordre juridique – c’est la mise en œuvre du
rattachement.
Par exemple, X est renversé par Y et se blesse. Il veut des dommages-intérêts : le juge
français est saisi d’une question d’ordre délictuel (qualification), il applique la loi du lieu
Retrouver ce titre sur [Link]

du fait dommage (rattachement). Ainsi, la règle de conflit de lois bilatérale désigne le


droit substantiel devant être appliqué. La méthode savignienne est fondée sur la nature
du rapport de droit litigieux et identifie son « siège » c’est-à-dire son élément central.
L’objectif est de rattacher la question à l’ordre juridique le plus proche de la situation.

II. Structure de la règle de conflit de lois


La règle de conflit se décompose en deux éléments :
• Une catégorie (par exemple celle du délit) qui se définit comme un ensemble
accueillant une pluralité de questions de droit unies par une communauté de
nature.
• Un rattachement (par exemple le lieu du dommage) qui permet de désigner
l’ordre juridique dont la loi va être appliquée.
Dans la méthode savignienne, en principe, le rattachement est fixe ou rigide. Par
exemple, en matière de filiation, la loi applicable est celle de la nationalité de la mère
au jour de la naissance de l’enfant (art. 311-14 du Code civil). La solution est invariable y
compris lorsque la situation a des liens bien plus étroits avec un autre État. L’avantage
est de déterminer par avance de manière certaine la loi applicable afin d’éviter un
précontentieux qui a pour unique objet de déterminer le droit applicable.
Néanmoins, le rattachement peut également être déterminé selon une seconde
méthode dite du principe de proximité. En ce cas, on recherche concrètement les liens
les plus étroits entre la situation litigieuse et l’ordre juridique. L’avantage est que la loi
désignée comme applicable sera nécessairement proche de la situation, l’inconvénient
d’une telle souplesse est son incertitude qui ouvre la porte aux multiples contentieux
afin de déterminer la loi applicable.

III. Caractère de la règle de conflit de lois


Elle est une règle indirecte, c’est-à-dire une règle dite « désignatrice » qui ne résout
pas le conflit au fond et pose un critère de choix. Elle est abstraite et neutre. Ainsi, la loi
désignée par la règle de conflit n’est pas choisie en fonction de son contenu substantiel
ou du résultat de son application, mais selon un élément de rattachement. Toutes les
lois sont à égalité, peu importe les solutions au fond (neutre). La règle de conflit de lois
désigne aussi bien la loi du for qu’une loi étrangère. La règle de conflit de lois n’a pas de
préférence pour la loi du for (abstraite) et elle ne prend pas en compte le fond du droit.
Enfin, elle est bilatérale : la règle désigne aussi bien la loi française que la loi étrangère.

20
Retrouver ce titre sur [Link]

Les indispensables

Fiche 3
• La méthode savinienne part de la situation juridique pour la localiser.
• La méthode bilatérale implique une étape de qualification puis de
mise en œuvre du rattachement.
• Les caractères classiques de la règle de conflit de lois sont : son
caractère indirect, abstrait, neutre et bilatéral.

21
Retrouver ce titre sur [Link]

Exercice pratique
Répondez aux cas suivants.

1. Sophie, de nationalité française et domiciliée en France, et Alessandro, de natio-


nalité italienne et domicilié également en France, souhaitent se marier à Paris,
lieu de leur domicile commun. Ils se demandent quel droit s’appliquera à leur
mariage concernant par exemple l’âge. Il est précisé que : « Les conditions de fond
du mariage sont régies par la loi nationale, à défaut de nationalité connue par le
domicile » (cf. art. 202-1 du Code civil).

2. Marc est né en France d’une mère Russe et d’un père Français. Tous sont domiciliés
en France depuis la naissance de l’enfant. Le père n’ayant pas reconnu l’enfant à
sa naissance la mère intente une action en justice contre lui. Sachant que le DIP
français précise que : « La filiation est régie par la loi personnelle de la mère au jour
de la naissance de l’enfant ; si la mère n’est pas connue, par la loi personnelle de
l’enfant » (art. L 311-14 du Code civil), quel sera le droit applicable ?

3. Laura est une actrice suisse connue en France et en Espagne. Un magazine suisse
lui a consacré une édition spéciale où il dévoile les secrets de sa vie privée. Ce
magazine est distribué en France. Elle est furieuse en apprenant la nouvelle et
compte demander des dommages et intérêts devant les juridictions françaises.
Il vous est précisé qu’en matière délictuelle, la loi applicable est celle du lieu du
dommage ou du fait générateur (Cass. Civ. 25 mai 1948 Lautour n° 34-314).

22
Retrouver ce titre sur [Link]

Correction

▶ Réponse n° 1.
La question porte sur l’âge du mariage entre une Française et un Italien en France.
Il s’agit donc d’une question de validité au fond du mariage. La règle de conflit
applicable est l’article 202-1 du Code civil qui dispose que la loi applicable au
fond du mariage est celle de la nationalité de chaque époux (« Les conditions de
fond du mariage sont régies par la loi nationale, à défaut de nationalité connue
par le domicile »).
On applique donc la loi française pour l’épouse qui est de nationalité française
et la loi italienne pour l’époux. L’application est donc distributive.

▶ Réponse n° 2.
La question porte sur la filiation plus précisément sur une action en recherche
de paternité contre un père supposé Français, pour un enfant né d’une mère
russe. Tous habitent en France.
Dans le cadre des actions en recherche de paternité, l’article 311-14 du Code civil
prévoit que la loi applicable est donc celle de la nationalité de la mère au jour
de la naissance de l’enfant. Ainsi en l’espèce il s’agit de la loi russe.
On remarque que dans cette hypothèse le rattachement rigide ne permet pas
nécessairement de retenir la loi la plus proche des faits puisque tout semblait
conduire à l’application de la loi française hormis la nationalité de la mère.
Néanmoins, le juge français doit appliquer la loi ainsi désignée.

▶ Réponse n° 3.
Laura est une actrice suisse connue en France et en Espagne. Un magazine suisse
lui a consacré une édition spéciale où il dévoile les secrets de sa vie privée. Ce
magazine est distribué en France. Elle est furieuse en apprenant la nouvelle et
compte demander des dommages et intérêts devant les juridictions françaises.
Il vous est précisé qu’en matière délictuelle, la loi applicable est celle du lieu
du dommage ou du fait générateur. En effet, la Cour de cassation dans l’arrêt
Lautour en date du 25 juin 1948 a précisé qu’« en DIP, la loi territoriale compé-
tente pour régir la responsabilité civile extracontractuelle de la personne qui
a l’usage, le contrôle et la direction d’une chose, en cas de dommage causé
par cette chose à un tiers est la loi du lieu où le délit a été commis ». La loi sera
celle du lieu du délit c’est-à-dire la loi du lieu du fait générateur ou du lieu du
dommage (GAJDIP n° 19). Cette solution s’applique sans distinction du type de
délit. Elle perdure encore en matière d’atteinte aux droits de la personnalité.
En l’espèce il y a une dissociation entre le lieu du fait générateur (Suisse) et le
lieu du dommage (France). Dans ces hypothèses, on parle de délit complexe
(dissociation dans l’espace du fait générateur et du dommage). La question se
pose de la loi à privilégier parmi ces deux lois. La Cour de cassation les met sur
le même plan (Cass. 1er Civ., 11 janvier 1997, Rev. Crit. DIP 1997 p. 504 note J.M.
Bischoff) et recherche celle qui présente les liens les plus étroits avec le litige
(Cass. 1er Civ., 24 mars 2014, Rev. Crit. DIP 2014 p. 823 note O. Boskovic).

23
Retrouver ce titre sur [Link]
Retrouver ce titre sur [Link]

Fiche 4
Variation des règles
de conflit de lois

▶ Les objectifs de la fiche


• Savoir distinguer les différents types de règles de conflit de lois
• Identifier les objectifs des atténuations à la méthode classique
• Savoir mettre en œuvre les règles de conflits de lois

Références
– S. Francq, « Unilatéralisme V. bilatéralisme : une opposition ontologique ou un
débat dépassé ? Quelques considérations de droit européen sur un couple en crise
perpétuelle », in T. Azzi, L. Boskovic (dir.), Quel avenir pour la théorie générale des
conflits de lois ? Buylant, 2015 p. 49 ;
– H. Battifol, « Le pluralisme des méthodes en droit international privé », Rec. Cours
La Haye 1973 t. II p. 79 ;
– S. Billarant, Le caractère substantiel de la réglementation française des successions
internationales. Réflexions sur la méthode conflictuelle, Préf. P. Lagarde, Nouv. Biblio.
De Thèses vol. 31, Dalloz, Paris 2004 XVI, 526 p.

La règle de conflit de lois issue de la méthode savignienne a plusieurs caractères :


elle est indirecte, abstraite, neutre et bilatérale. Il existe cependant certaines règles de
conflit de lois qui ne respecte pas ces principes. Certaines sont unilatérales, certaines
sont à coloration matérielle et enfin certaines visent l’application d’une loi particulière.

I. Les règles unilatérales


Les règles de conflit de lois unilatérales portent atteinte au caractère bilatéral de
la règle de conflit savignienne. En réalité, dans ce cas, plus qu’une variation ou une
atténuation de la méthode savignienne, il s’agit d’un changement de méthode. Le
principe de l’unilatéralisme est d’affecter à une loi un champ d’application spatial.
On part donc de la loi et non de la question litigieuse. On octroie alors à cette loi un
champ d’application spatial. Le principal fondement de l’unilatéralisme est de nos
Retrouver ce titre sur [Link]

jours sociologique. L’idée est que la norme juridique n’est pas neutre et résulte du
produit d’une culture, d’un peuple. Il est donc légitime que cette dernière s’applique
aux personnes pour lesquelles elle a été pensée.

II. Les règles à coloration matérielle


Une règle de conflit à rattachements multiples peut les faire jouer « en cascade ».
Elle a alors plusieurs rattachements qui jouent subsidiairement les uns par rapport aux
autres dans les hypothèses où certains rattachements seraient inopérants. Le second
rattachement est dit subsidiaire, car il ne joue qu’en cas d’inefficacité du premier
rattachement retenu. Par exemple, concernant la règle selon laquelle « les conditions
de fond du mariage sont régies par la loi nationale, à défaut de nationalité connue par
le domicile », si la personne est apatride le critère de la nationalité est inopérant. On
recourt au domicile. Cette règle de conflit de lois bilatérale est donc neutre et abstraite.
Le caractère neutre n’est toutefois pas respecté si la règle de conflit est construite afin
d’obtenir une solution au fond spécifique. Tel est le cas dans l’hypothèse d’un ratta-
chement multiple alternatif ou cumulatif. On parle de règle de « conflit à coloration
matérielle ». Ainsi, la règle à coloration matérielle fait jouer plusieurs rattachements soit
au choix (pour favoriser un résultat) soit cumulativement (pour rendre plus complexe
l’atteinte d’un résultat V. par exemple art. 311-17 du Code civil).

III. L’application d’une loi particulière


Certaines règles de conflits de lois visent à l’application d’une loi spécifique sans
nécessairement rechercher un résultat. Dans ce cas, le caractère classiquement
abstrait de la règle de conflit de lois est mis à mal puisqu’il s’agit de privilégier une loi,
celle du for en général. Également les règles de conflit qui instaurent une protection
conflictuelle d’une partie faible comme le consommateur ou le salarié ne sont pas
neutres. On applique par exemple la loi de leur domicile, loi présumée être celle qu’il
connaissance. La loi ne sera pas nécessairement la plus favorable à la partie considérée.

26
Retrouver ce titre sur [Link]

Les indispensables

Fiche 4
• Les règles de conflit qui déterminent le champ d’application spatial
de la loi française sont unilatérales et non bilatérales.
• Les règles de conflit à coloration matérielle visent une solution
substantielle, elles ne sont pas neutres.
• Certaines règles de conflits favorisent des lois plus que d’autres
pour instaurer une protection d’ordre conflictuel. Elles ne sont
dès lors pas abstraites.

27
Retrouver ce titre sur [Link]

Exercice pratique

Question 1 : L’article 311- 17 du Code civil est-il une règle de conflit de lois neutre
et abstraite ?

Question 2 : En application du Règlement Rome I, (CE) 593/2008, en date du 17 juin


2008, en principe la loi applicable est celle du lieu de résidence de la personne
qui réalise la prestation caractéristique du contrat. Dès lors que pensez-vous de
l’article 6 § 1 consacré au contrat de consommation ?

Question 3 : Qualifiez l’article 309 du Code civil. Est-ce selon vous une règle de
conflit bilatérale ?

28
Retrouver ce titre sur [Link]

Correction

▶ Réponse n° 1
Une règle de conflit à rattachements multiples peut les faire jouer alternativement
ou cumulativement. Tel est le cas si la règle de conflit retient plusieurs critères de
rattachement pour désigner la loi applicable. Ces règles sont systématiquement
à coloration matérielle, car les rattachements sont mis sur un pied d’égalité et
peuvent donc aboutir à la désignation de plusieurs lois en même temps.
Ainsi, lorsque le rattachement est alternatif, un choix va être opéré entre ces
lois. Tel est le cas de l’article 311-17 du Code civil qui vise soit la loi nationale de
l’auteur de la reconnaissance, soit celle de l’enfant.
Par exemple, dans le cas d’une reconnaissance par un homme allemand d’un
enfant marocain, en cas de contestation, la reconnaissance sera jugée valable
devant le juge français si elle l’est soit selon le droit allemand soit selon le droit
marocain. On remarque donc qu’en cas de contestation les rattachements
deviennent cumulatifs. En effet, pour être déclarée nulle, la reconnaissance
devra l’être selon le droit allemand et selon le droit marocain. La règle de conflit
poursuit donc un objectif de droit matériel : assurer la validité des reconnais-
sances de filiation.

▶ Réponse n° 2
L’article 6 du Règlement Rome I illustre la volonté de protéger le consommateur
par la voie des règles de conflits de lois. La loi applicable est celle de la résidence
du consommateur contrairement au principe qui voudrait que l’on applique la
loi de la résidence du professionnel.
Néanmoins, l’idée est que la loi de la résidence est celle auquel le consom-
mateur s’attend. La protection n’est pas d’ordre substantiel puisque la loi de
la résidence dudit consommateur ne lui est pas nécessairement plus favorable
que l’aurait été celle de la résidence du professionnel. C’est pourquoi on dit que
la protection est d’ordre conflictuel.
Le caractère abstrait de la règle de conflit est donc remis en cause, car par la
sélection de la loi applicable on entend protéger la partie faible en l’occurrence
en s’assurant de la connaissance et de l’information du consommateur qui va
se référer à « sa » loi.

▶ Réponse n° 3
L’article 309 du Code civil est une règle de conflit unilatérale. En effet, l’article
définit le champ d’application spatial de la loi française relative au divorce. La
loi française s’appliquera à cette question lorsque : les deux époux sont de natio-
nalité française, ou, à défaut, lorsqu’ils ont tous deux leur domicile en France.
Si aucune de ces situations factuelles ne se vérifie alors il convient de regarder
si une loi étrangère ne se veut pas applicable. Néanmoins, lorsqu’on ne peut
pas déterminer de loi étrangère applicable, le droit français s’applique à titre
subsidiaire.

29
Retrouver ce titre sur [Link]

Cet article est de nos jours d’application exceptionnelle puisque le Règlement


Rome III est devenu le droit commun français en matière de conflit de lois pour
les questions personnelles du divorce et de séparation de corps (Règlement UE
n° 1259/2010, du Conseil, 20 décembre 2010, dit « Rome III »).
Le protocole de La Haye du 23 novembre 2007 sur la loi applicable aux obligations
alimentaires traite des pensions alimentaires entre époux et donc également de la
prestation compensatoire. La Convention de La Haye du 14 mars 1978 traite quant à
elle de la loi applicable aux régimes matrimoniaux. Dans ces conditions, l’article 309
du Code civil s’applique par exemple pour la question du nom d’usage ou pour
l’action délictuelle qui peut être intentée lorsqu’un époux invoque un préjudice du
fait du divorce par exemple (Cass. Civ. 1re, 1er décembre 2010 n° 09-66.658).
La méthode unilatérale n’est pas la plus usitée, car elle est source de difficultés :
elle n’offre pas de solution lorsque la loi du for ne se veut pas applicable. Dans ces
conditions, la méthode unilatérale crée des situations de lacunes (aucune loi ne
veut s’appliquer) ou au contraire de cumul (plusieurs lois se veulent applicables).
Le problème est alors que cette méthode ne résout pas ces hypothèses.

30
Retrouver ce titre sur [Link]

Fiche 5
Exemple de règles
conventionnelles en matière
contractuelle

▶ Les objectifs de la fiche


• Connaître la Convention de La Haye du 15 juin 1955 sur la loi applicable aux
ventes à caractère international d’objets mobiliers corporels
• Connaître la Convention de La Haye du 14 mars 1978 sur les contrats
d’intermédiaire
• Appréhender l’articulation entre les règles de droit commun, les Règlements­
européens et les Conventions internationales en matière de DIP

Références
– Convention de La Haye du 15 juin 1955 sur la loi applicable aux ventes à caractère
international d’objets mobiliers corporels ;
– Convention de La Haye du 14 mars 1978 sur les contrats d’intermédiaire ;
– [Link].

I. Convention sur la loi applicable aux ventes à caractère inter-


­na­tio­nal d’objets mobiliers corporels du 15 juin 1955
La Convention de 1955 sur la loi applicable aux ventes à caractère international
d’objets mobiliers corporels concerne la vente à caractère international d’objets
mobiliers corporels y compris celles sur documents ou les « contrats de livraison d’objets
mobiliers corporels à fabriquer ou à produire, lorsque la partie qui s’oblige à livrer doit
fournir les matières premières nécessaires à la fabrication ou à la production » (art. 1).
En application de son article 5, sont notamment exclues les questions relatives à « à
la capacité des parties, à la forme du contrat, au transfert de propriété, aux effets
de la vente à l’égard de toutes personnes autres que les parties ». Elle a un caractère
universel, c’est-à-dire qu’elle s’applique devant les juridictions françaises peu importe
que la loi qu’elle désigne comme applicable soit celle d’un État contractant ou celle d’un
Retrouver ce titre sur [Link]

État tiers. Une clause de choix de lois est possible (art. 2). En l’absence de choix, la loi
applicable au contrat est celle de l’État sur lequel est établi le vendeur au moment où
il reçoit la commande (art. 3). Par exception, la loi est celle de l’État de l’établissement
de l’acheteur si c’est dans ce lieu qu’il a passé la commande et que la commande a
été reçue : soit par le vendeur, soit par son représentant, agent ou commis voyageur.
La désignation emporte désignation du droit substantiel. Le renvoi est donc exclu. La
Convention fait une réserve relative à l’ordre public (art. 6).

II. Convention de La Haye du 14 mars 1978


sur les contrats d’intermédiaire
La Convention de La Haye de 1978 vise les situations d’intermédiaire à caractère
international « lorsqu’une personne, l’intermédiaire, a le pouvoir d’agir, agit ou prétend
agir avec un tiers pour le compte d’une autre personne, le représenté » (art. 1 de la
Convention). Elle vise aussi les situations où l’intermédiaire reçoit ou communique
« des propositions ou à mener des négociations pour le compte d’autres personnes ».
Cette Convention s’applique que l’intermédiaire agisse ou non en son nom et que cette
activité d’intermédiation soit ou non habituelle. Il existe une liste de matières exclues
à l’article 2 de la Convention, dont les questions relatives à la capacité des parties ou à
la forme des actes. Elle a un caractère universel (art. 4), c’est-à-dire qu’elle s’applique
devant les juridictions françaises peu importe que la loi qu’elle désigne comme
applicable soit celle d’un État contractant ou celle d’un État tiers. Le choix de loi est
permis et, à défaut, la loi applicable est celle de l’État dans lequel l’intermédiaire a son
établissement professionnel ou, à défaut, sa résidence habituelle (art. 6). Néanmoins,
il existe des exceptions. Au regard des tiers, les pouvoirs de l’intermédiaire sont en
principe soumis à la loi de l’État dans lequel l’intermédiaire avait son établissement
professionnel au moment où il a agi (art. 11 et art. 13). La Convention réserve l’appli-
cation des lois de police (art. 16) et de l’ordre public (art. 17).

32
Retrouver ce titre sur [Link]

Les indispensables

Fiche 5
• La Convention de 1955 qui vise les ventes à caractère international
d’objets mobiliers corporels prévoit que la loi applicable au contrat
est celle de l’État sur lequel est établi le vendeur au moment où il
reçoit la commande.
• La Convention de 1978 vise les situations d’intermédiaire à caractère
international et prévoit que la loi compétente est celle de l’État
de son établissement professionnel ou, à défaut, de sa résidence
habituelle.

33
Retrouver ce titre sur [Link]

Exercice pratique

Résoudre le cas suivant :

La société de Leonardo est un producteur et transformateur de blé en farine T00 dans


le sud de l’Italie. Julia vient de créer à Paris un restaurant-traiteur de pâtes fraîches
confectionnées sur place. Elle se rend donc à un salon d’alimentation à Milan et passe
une commande pour une livraison régulière de farine au cours de l’année. Mécontente
de l’exécution du contrat par la société de Leonardo, notamment quant au délai de
livraison et à la qualité de la farine, elle décide de saisir les juridictions françaises pour
qu’il soit mis fin au contrat et qu’on lui octroie des dommages et intérêts en réparation
de son préjudice.

Elle se demande quel sera le droit applicable.

34
Retrouver ce titre sur [Link]

Correction

Une commerçante française conclut un contrat de vente de marchandises (farine)


avec une société italienne. Le contrat est conclu en Italie, les marchandises sont
livrées en France.
La situation est internationale puisque plusieurs ordres juridiques sont concernés
par la situation. En l’occurrence, il s’agit de la France – lieu de résidence du
commerçant/acheteur – et de l’Italie – lieu de résidence du producteur/vendeur.
En application de la jurisprudence Jakob Handte de la CJUE (CJCE, 27 septembre
1988, aff. C-189/87, Kalfélis), la notion de contractuel implique un engagement
librement accepté entre les parties sans pour autant requérir nécessairement
l’existence d’un contrat (CJCE, 20 janvier 2005, aff. C-27/02, Engler).
En l’espèce, il existe un lien librement assumé entre le vendeur italien et l’acheteur
français, la matière est donc contractuelle au sens de la jurisprudence Jakob
Handte.
Le Règlement n° 593/2008 du 17 juin 2008 dit Règlement Rome I sur la loi appli-
cable aux obligations contractuelles s’applique dans tous les États membres.
Il s’applique à tout contrat sauf exclusions de l’article 1.
Il a une dimension universelle en ce que les règles de conflit de lois qu’il adopte
peuvent désigner la loi de n’importe quel État et pas seulement la loi d’un État
membre (art. 2 du Règlement Rome I).
Néanmoins, l’article 25 de ce texte fait prévaloir sur le Règlement Rome I, les
Conventions internationales auxquelles un ou plusieurs États membres sont
partis lors de son adoption à condition que ces Conventions ne soient pas
exclusivement conclues entre États membres.
Or, la France est liée par la Convention de La Haye du 15 juin 1955 sur la loi appli-
cable à la vente à caractère international d’objet mobilier corporel ([Link].
net). Sauf exclusion de l’article 5, cette Convention est « applicable aux ventes à
caractère international d’objets mobiliers corporels » (art. 1). Cette Convention
a un caractère universel et s’applique donc peu importe la loi désignée.
À défaut de choix de loi conformément à l’article 2 de la Convention de 1955, la
loi applicable au contrat de vente internationale de marchandises est celle de
l’État dans lequel le vendeur a sa résidence habituelle au moment où il reçoit
la commande (art. 2 de la Convention de La Haye de 1955). Cette localisation
s’effectue au moment de la formation du rapport de représentation.
Néanmoins, l’article 4 dispose qu’« À moins de clause expresse contraire, la
loi interne du pays où doit avoir lieu l’examen des objets mobiliers corporels
délivrés en vertu de la vente est applicable, en ce qui concerne la forme et les
délais dans lesquels doivent avoir lieu l’examen et les notifications relatives à
l’examen, ainsi que les mesures à prendre en cas de refus des objets ».
Si un litige se pose concernant la qualité de la marchandise vendue, la loi du
lieu de livraison sera donc compétente pour ce qui concerne le délai et forme
de l’examen de la marchandise.
En l’espèce, aucun choix de loi n’a été effectué conformément à l’article 2, il
convient donc de se reporter à l’article 3. La loi applicable est donc celle de

35
Retrouver ce titre sur [Link]

l’État où le vendeur a sa résidence principale à savoir l’Italie. La loi sera donc la loi
italienne pour les rapports entre les parties.
Néanmoins, l’un des problèmes concerne la qualité de la farine. La forme est les
délais de l’examen de cette marchandise seront soumis à la loi française lieu de
livraison de la marchandise.
Nota :
Concernant la loi applicable au fond, la France fait partie de la CVIM (Convention
des Nations Unies sur la vente internationale de marchandises du 11 avril 1980,
[Link]). Cette Convention de droit matérielle s’applique lorsque les
deux parties ont leur établissement sur des États contractants ou lorsque le droit
désigné par le DIP mène à l’application de la loi interne d’un État contractant. La
France comme l’Italie sont deux pays signataires de cette Convention. Ainsi, pour
les questions qui entrent dans son champ d’application, il conviendra d’appliquer
la CVIM comme droit applicable au fond.

36
Retrouver ce titre sur [Link]

Fiche 6
Exemples de règles
conventionnelles en matière
délictuelle

▶ Les objectifs de la fiche


• Connaître la Convention de La Haye du 2 octobre 1973 sur la loi applicable à la
responsabilité du fait des produits
• Comprendre sa mise en œuvre
• Appréhender l’articulation entre les règles de droit commun, les Règlements
européens et les Conventions internationales en matière de DIP

Références
– Convention de La Haye du 2 octobre 1973 vise la responsabilité du fait des produits ;
– [Link] ;
– P. Lagarde, « Application de la Convention de La Haye du 2 octobre 1973 : l’action
récursoire d’un revendeur contre le fabricant », RCDIP 2001 p. 101.

I. Champ d’application
La Convention de La Haye du 2 octobre 1973 vise la responsabilité du fait des
produits c’est-à-dire qu’elle détermine en application de son article 1 « la loi applicable
à la responsabilité des fabricants et autres personnes visées à l’article 3 pour les
dommages causés par un produit, y compris les dommages résultant d’une description
inexacte du produit ou de l’absence d’indication adéquate concernant ses qualités, ses
caractères spécifiques ou son mode d’emploi ». Il s’agit donc des dommages causés
par un produit ou de ceux causés par sa description inexacte ou une insuffisance de
conseils d’utilisation. L’article 2 définit le produit comme ceux naturels ou indus-
triels, bruts ou manufacturés, meubles ou immeubles. La responsabilité est celle des
personnes désignées à l’article 3. Le dommage visé par la Convention est celui causé
aux personnes et aux biens ainsi que la perte économique, mais non le dommage causé
au produit lui-même (art. 3).
Retrouver ce titre sur [Link]

II. Mise en œuvre


La loi applicable est en principe celle de l’État où le fait dommageable s’est produit,
si cet État est aussi celui de la résidence habituelle de la personne directement lésée,
ou de l’établissement principal de la personne dont la responsabilité est invoquée
ou sur le territoire duquel le produit a été acquis par la personne directement lésée
(art. 4). Cependant, l’article 5 de la Convention prévoit que la loi du lieu de résidence de
la personne lésée s’applique si c’est en ce lieu que la personne dont la responsabilité
est engagée a son établissement principal ou que c’est en ce lieu que la personne
lésée a acquis le produit. Enfin, lorsque la loi n’a pu être déterminée en application
des articles précédents, l’article 6 prévoit qu’il faut se reporter à la loi du lieu du
principal établissement de la personne prétendument responsable ou, à la demande
du demandeur, la loi du lieu du fait dommageable. L’article 7 permet d’écarter la loi
désignée si la personne dont la responsabilité est engagée établit « elle ne pouvait
pas raisonnablement prévoir que le produit ou ses propres produits de même type
seraient mis dans le commerce dans l’État considéré ».
L’article 9 réserve la prise en considération des règles de sécurité de la loi sur le terri-
toire duquel le produit a été introduit sur le marché. L’article 10 réserve l’ordre public.

38
Retrouver ce titre sur [Link]

Les indispensables

Fiche 6
• En application de la Convention de La Haye du 2 octobre 1973
relative à la responsabilité du fait des produits, la loi applicable
est en principe celle de l’État où le fait dommageable s’est produit
si ce rattachement est confirmé par un second point de contact.

39
Retrouver ce titre sur [Link]

Exercice pratique
Question n° 1 : Lorsqu’une action est fondée sur le dommage causé par un produit,
la Convention de La Haye de 1973 :
a. S’applique lorsque les juridictions françaises sont saisies du litige
b. S’applique dès qu’une juridiction de l’un des états membres de l’UE est saisie
du litige
c. S’applique lorsque les juridictions australiennes sont saisies du litige.

Question n° 2 : La Convention de La Haye de 1973 s’applique :


a. Aux situations où il n’y a pas eu de transfert de propriété entre la personne
qui se prétend lésée et celle prétendument responsable aux situations ou la
personne lésée ne s’est pas vu confier la jouissance du bien par celle préten-
dument responsable.
b. Aux situations de nature contractuelles entre la personne qui se prétend lésée
et celle prétendument responsable.

Question n° 3 : La Convention de La Haye de 1973 concerne le dommage :


a. Causé par le produit de type matériel
b. Causé par le produit de type corporel
c. Causé au produit.

Question n° 4 : En application de la Convention de La Haye de 1973, dans quel


ordre doivent se lire les articles ?
a. Article 4
b. Article 5
c. Article 6
d. Article 7.

40
Retrouver ce titre sur [Link]

Correction

▶ Réponse n° 1 : a).
La Convention de La Haye de 1973 sur la loi applicable à la responsabilité des
produits ne s’applique que devant les juridictions des États l’ayant ratifiée.
Or, si celle-ci est en vigueur en France, elle ne l’est pas en Australie ni devant
la totalité des États membres de l’Union européenne. Il convient lorsque la
question se pose de se référer à l’état des ratifications disponibles sur le site
de la Conférence de La Haye ([Link]). En Europe, outre la France, la
Croatie, l’Espagne, la Finlande, le Luxembourg, les Pays-Bas l’ont notamment
ratifié. Dans les pays membres de l’Union européen, en matière délictuelle il
conviendra donc d’appliquer le Règlement Rome II dont l’article 5 consacre une
règle spécifique pour la responsabilité du fait des produits.

▶ Réponse n° 2 : a et b).
La Convention de La Haye de 1973 s’applique aux situations où il n’y a pas
eu de transfert de propriété entre la personne qui se prétend lésée et celle
prétendument responsable et aux situations ou la personne lésée ne s’est pas
vu confier la jouissance du bien par celle prétendument responsable (art. 1 ; C.
Cass. Civ. 1re 7 mars 2000 n° 97-222).

▶ Réponse n° 3 : a et b).
La Convention de La Haye de 1973 s’applique peu importe la nature du dommage
causé. Elle s’applique pour les dommages matériels ou corporels subis par la
personne lésée. Le dommage inclut également la perte économique. Concernant
le dommage causé au produit lui-même l’article 2 b de la Convention précise
que ce dernier « ainsi que la perte économique qui en résulte, sont exclus, à
moins qu’ils ne s’ajoutent à d’autres dommages ». Le dommage subi au produit
ne sera couvert que s’il est la cause d’autres dommages qui entrent dans le
champ de la Convention.

▶ Réponse n° 4 : d puis b puis a et enfin c).


En application de la Convention de 1973, la loi applicable en principe est celle
de l’État de l’établissement principal de la victime. Les règles de conflit de
lois sont d’une compréhension difficile due à l’ordre de leur présentation. Il
faut les lire dans ce sens : article 7 puis 5 puis le 4 et enfin 6 (Moreau-Bourlès
M.-A., Structure du rattachement et conflit de lois en matière de responsabilité
civile délictuelle, thèse Paris II, 1985). En effet, la loi de la résidence habituelle
de la personne victime s’applique si (i) la commercialisation du produit dans
cet État ou de produit du même type était prévisible pour la personne dont
la responsabilité est mise en cause et que (ii) cet État est également celui de
l’établissement principal de la personne responsable ou celui ou le pays a été
acquis par la victime. À défaut, on applique la loi du lieu du fait dommageable
si (i) la commercialisation du produit dans cet état ou de produit du même type
était prévisible pour la personne dont la responsabilité est mise en cause et

41
Retrouver ce titre sur [Link]

que (ii) ce lieu est également celui de la résidence habituelle de la victime


ou celui de l’établissement principal de la personne responsable ou celui
où la personne victime a acquis le bien. On peut également appliquer la loi
de l’État sur lequel le responsable prétendu a son établissement principal.
J. Clavel-Thoraval
Les indispensables du
droit international privé
83 fiches pour réviser les notions essentielles du cours de droit international
privé grâce à des encadrés récapitulatifs et des exercices d’application.
Julie Clavel-Thoraval
1. Objet du droit international 24. Compétences fondées sur la 55-56. Rome I, protection
privé nationalité des parties des parties faibles
2. Les sources du droit 25. Clauses de juridiction 57-58. Loi applicable en matière
international privé délictuelle

Les indispensables du droit international privé


26. Procédure et régime
3. Règles de conflit de lois : de la compétence 59. Loi applicable en matière
le principe 27-28. Reconnaissance délictuelle, compétences
4. Variation des règles et exécution des décisions spéciales : règlement
de conflit de lois 29. Statut personnel : sources Rome II

Les indispensables du
5. Exemple de règles 30. Le nom 60 à 67. Règlement Bruxelles
conventionnelles 31-32. Protection des incapables I bis
en matière contractuelle majeurs et mineurs 68-69. Internet
6. Exemples de règles 33-34. Mariage 70. Loi de blocage : application
conventionnelles en matière 35. Effets du mariage extraterritoriale de la loi
d’un pays tiers

droit international
délictuelle 36. Partenariats enregistrés
7. Qualification et concubinage 71. Règlement Petits litiges
8-9. Le rattachement 37. Divorce : loi applicable 72. Notification internationale
10. Mise en œuvre aux effets personnels 73. Injonction de payer
de la règle de conflit 38-39. Divorce et nullité 74. Titre exécutoire européen

privé
11. Preuve et interprétation du mariage 75. Reconnaissance des
du droit étranger 40-41. Obligations alimentaires décisions en matière civile
12. Éviction de la loi 42-43. Régimes matrimoniaux et commerciale
normalement compétente : 44. Filiation naturelle 76. Authentification et apostille
la fraude à la loi 77. Obtention des preuves
45. Gestation pour autrui
13. L’ordre public international 78. Règlement « avoir bancaire »
46. Filiation adoptive
14 à 18. Les méthodes du 15 mai 2014
47. Enlèvement d’enfant
alternatives 79-80. Faillite internationale
48-49. Responsabilité parentale
19. Règles de conflit de 81. Accès à la justice
juridictions : présentation 50-51. Succession
52. Règlement Rome I : champ 82. Déni de justice en matière
20. Les immunités de juridiction d’arbitrage
et d’exécution d’application et loi applicable
53-54. Rome I, loi applicable 83. Nationalité
21-22. Conflits de juridictions
à défaut de choix de loi
23. Principales règles
des parties
de conflit de juridictions

L’auteur Le public
Julie Clavel-Thoraval, docteur en Droit, • Master Droit
est maître de conférences en droit privé • CRFPA et ENM
à l’université du Maine.

-:HSMDOA=UW^\\Y:

[Link] Toutes les pages 05/12/2018 15:46

Vous aimerez peut-être aussi