Omar Taouab
Le Contrôle fiscal au Maroc
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Chapitre introductif
La fiscalité constitue aujourd’hui une composante essentielle
dans la vie des entreprises, ces dernières sont appelées, plus que
jamais, à optimiser ses mécanismes de gestion. Toutefois, le droit
fiscal constitue une contrainte pour l’entreprise, lui imposant le res-
pect d’un certain nombre important de disposition, souvent com-
plexes et évoluant de manière rapide. Aussi, le législateur a prévu
des mécanismes permettant de contrôler l’application de ces règles,
et de sanctionner les erreurs et les transgressions constatées afin de
garantir l’intérêt de l’État, principal créancier de l’impôt.
Le système déclaratif, adopté par le Maroc dés l’avènement de
la réforme fiscale au milieu des années quatre-vingt, marque la vo-
lonté du pays d’adopter une approche de l’impôt fondée sur le
« consentement volontaire ».
Désormais, c’est le contribuable qui détermine le montant de sa
contribution aux charges publiques, en déclarant son chiffre d’af-
faires, son revenu ou son résultat fiscal et en s’affranchissant volon-
tairement et spontanément de l’impôt correspondant.
Cette déclaration établie sous sa responsabilité est réputée exacte
sauf preuve du contraire. On conçoit dès lors le rôle fondamental
du contrôle fiscal pour réparer les omissions, les erreurs et les in-
suffisances commises par le contribuable.
Le contrôle fiscal devient désormais un corollaire indispensable
du système déclaratif. Plus fondamentalement et au-delà de la répa-
ration de la transgression de la règle fiscale, l’action du contrôle fis-
cal en matière de dissuasion et de répression de la fraude contribue
fortement à la promotion du civisme fiscal et au rétablissement de
l’équité fiscale.
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Ainsi, le contrôle fiscal constitue un moyen essentiel à l’établis-
sement et au maintien d’une concurrence loyale entre les entre-
prises. Cependant, il était nécessaire de doter l’administration fiscale
de prérogatives à même de lui permettre de mener à bien cette mis-
sion.
Toutefois, aux pouvoirs dévolus à l’administration doivent obli-
gatoirement correspondre des garanties reconnues au contribuable
aussi bien vis-à-vis de l’action de l’administration qu’en matière de
recours contre les décisions qu’il jugerait infondées. Ces recours vi-
sent à rétablir l’équité fiscale et à équilibrer les rapports entre l’ad-
ministration et le contribuable.
Le contrôle sur place, communément appelé « travaux de vérifi-
cation », se distingue des autres types de contrôle par trois princi-
paux éléments : le lieu où il est mis en œuvre, le nombre limité de
contribuables auxquels il s’adresse, puis l’étendue des opérations de
contrôle dont il fait l’objet.
Concernant l’objet des investigations réalisées, la vérification de
comptabilité ne se limite pas uniquement aux opérations matérielles
de constatation et de contrôle des documents comptables. Elle
oblige les vérificateurs, dûment commissionnés à cet égard, à établir
de manière approfondie, et parfaitement objective, la conformité et
la cohérence des documents comptables, puis à examiner la régula-
rité et la normalité des actes des entreprises assujetties.
Toutefois, le législateur a cherché à encadrer ce pouvoir de con-
trôle, notamment en accordant aux contribuables vérifiés des ga-
ranties spécifiques qui délimitent les prérogatives administratives de
contrôle. Force est de constater que l’une des préoccupations ma-
jeures de la Direction Générale des Impôts (D.G.I.) est la pratique
de la vérification de comptabilité étant donné son rôle primordial
dans le dispositif fiscal de demain.
Section I. Eléments d’histoire de la fiscalité marocaine
A. La période coloniale
Au Maroc, le colonialisme a constitué un tournant historique
non seulement sur le plan politique mais également au niveau fiscal.
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Du fait que notre système fiscal va se détacher de la sphère reli-
gieuse pour faire face à la détérioration progressive des finances du
Maroc et à l’aggravation de son endettement en se conformant avec
les pratiques des occidentaux. Une autre caractéristique de ce sys-
tème réside dans la prédominance des impôts indirects tels que la
taxe urbaine, assise sur la valeur locative des propriétés situées dans
le périmètre urbain, l’impôt des patentes du par toute personne phy-
sique ou morale exerçant une activité professionnelle et les droits
d’enregistrement.
De surcroit, il y avait la modification de certaines taxes comme
la zakat qui a été remplacés par « le Tertib » et l’annulation des im-
pôts de souveraineté qui ont céder la places à de nouveaux impôts
« EX : l’impôt sur le traitement et les salaires… ».
B. La période postcoloniale
Ce dernier siècle regorge d’événements marquants qu’on peut
ranger en trois phases :
De 1957 à 1983
Cette étape commence avec la mise en place des nomenclatures
et tarifs douaniers moderne sans omettre l’introduction de l’impôt
sur les bénéfices professionnels.
En ce qui touche le Tertib, l’Etat l’a remplacé par l’impôt agri-
cole. Ensuite, le Maroc a instauré la contribution complémentaire
sur le revenu global des personnes physiques dans le but d’intégrer
des revenus non soumis à aucun impôt.
En 1973, l’adoption de la taxe sur les produits des actions ou
parts sociales et revenus assimilés « TPA » en vue de cerner les re-
venus mobiliers. Par la suite, l’Etat a activé la réforme de la fiscalité
immobilière « la mise en place d’un impôt spécifique sur les profits
immobiliers… » en 1978.
De 1984 à 1990
En avril 1984, fut promulguée une loi qui trace le cadre générale
de la réforme fiscale, en énonçant les fondements de ce chantier.
Cette réforme avait comme objectifs :
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- Neutralité fiscale vis-à-vis la forme juridique et secteur d’ac-
tivité de l’entreprise.
- Généralisation de l’impôt à l’ensemble des activités écono-
miques.
- Harmonisation du système fiscal marocain avec celui des
pays européens.
- Elargissement de l’assiette des impôts directs et abaisse-
ment de la pression fiscale.
De 1991 à l’heure actuelle
Le système fiscal marocain va de réforme en réforme. Cette fois
ci la refonte se matérialisait en :
- La simplification des procédures fiscales via l’introduction
du Code Générale des Impôts en 2007.
- La diminution des taux d’imposition de l’IR, l’IS et suivie
d’un élargissement de leurs assiettes.
- L’adaptation du système fiscal aux impératifs de l’ouverture
de l’économie nationale au commerce internationale en
créant des zones franches avec des régimes douaniers inci-
tatifs.
Section II. Fondements et objectifs du contrôle fiscal
Le contrôle fiscal peut être défini comme le pouvoir dévolu, en
vertu de la loi, à l’administration fiscale pour procéder au contrôle
des déclarations auxquelles la loi soumet les contribuables.
Ceci, sous entend, dans le cadre du système fiscal marocain qui
repose sur le principe déclaratif, que les contribuables dont la bonne
foi est présumée, souscrivent des déclarations réputées sincères
jusqu’à preuve du contraire.
Ce principe qui attribue au système fiscal marocain le qualificatif
de libéral, a été institué dans les années quatre vingt (1984) lors de
la restructuration de ce système et son fondement, par là, sur la dé-
claration.
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