Topologie L3
Topologie L3
I Exercices de révision 3
I.1. Énoncés des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
I.2. Correction des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
IV Espaces compacts 45
IV.1. Première définition :
la propriété de Borel-Lebesgue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
IV.2. Propriétés élémentaires des espaces compacts. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
IV.3. Deuxième définition :
la propriété de Bolzano–Weirstrass . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
IV.4. Espaces compacts et applications continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
IV.5. Compacts et continuité uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
IV.6. Compacité dans les espaces vectoriels normés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
IV.7. Correction des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
V Espaces complets 57
V.1. Suites de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
V.2. Espaces métriques complets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
V.3. Espaces de Banach . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
V.4. Espaces de Banach et séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
V.5. Espaces de Banach et applications linéaires continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
1
V.6. Le théorème du point fixe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
V.7. Correction des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
VI Espaces connexes 69
VI.1. Définitions et propriétés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
VI.2. Connexité et applications continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
VI.3. Composantes connexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
VI.4. Connexité par arcs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
VI.5. Correction des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
2
Première partie
Exercices de révision
I.1 Énoncés des exercices
Exercice 1. Soient f et g deux fonctions de R dans R. Traduire en termes de quantificateurs
les expressions suivantes :
Correction →
Correction →
Correction →
Exercice 4. Soit (un )n∈N une suite de nombres réels. Écrire la définition de :
1. “la suite (un )n∈N est convergente”.
2. “la suite (un )n∈N tend vers +∞”.
3. “la suite (un )n∈N tend vers −∞”.
4. “la suite (un )n∈N est divergente”.
Correction →
3
1. “f tend vers l en x0 ”.
2. “f tend vers +∞ en x0 ”.
3. “f tend vers l en −∞”.
4. “f tend vers −∞ en +∞”.
5. Écrire en termes mathématiques la propriété “f ne tend pas vers l en x0 ”.
6. Écrire en termes mathématiques la propriété “f ne tend pas vers +∞ en x0 ”.
Correction →
√
Exercice 7. On considère la fonction
√ x →
7 x définie sur [0; +∞[. Pour ε = 10−2 trouver η tel
√
que ∀x ∈ [0; +∞[, (|x − x0 | < η ⇒ | x − x0 | ≤ ε),
1. pour x0 = 1
2. pour x0 = 0
√
3. Montrer que la fonction x 7→ x est continue sur [0; +∞[.
Correction →
Exercice 9. Soit f : R → R une fonction lipschitzienne, c’est-à-dire qu’il existe une constante
k > 0 telle que pour x, y ∈ R, f vérifie |f (x) − f (y)| ≤ k |x − y|. Démontrer que f est unifor-
mément continue sur R.
Correction →
Retour texte →
4
. Exercice 2
1) f (A) = {y ∈ Y : ∃x ∈ A, f (x) = y}, ou bien de façon équivalente : f (A) = {f (x) : x ∈ A},
2) f −1 (B) = {x ∈ X : f (x) ∈ B}.
3) Soit x ∈ A. Alors f (x) ∈ f (A). En appliquant la définition de f −1 (B) à B = f (A), on
obtient x ∈ f −1 (f (A)). Ceci démontre l’inclusion A ⊂ f −1 (f (A)).
Considérons l’application constante nulle f : R → R et posons A = {0}.
Alors f −1 (f (A)) = f −1 ({0}) = R. Donc l’inclusion réciproque est fausse en générale. (En fait,
on peut démontrer que l’égalité est vraie si et seulement si f est injective.)
4) Soit y ∈ f (f −1 (B)). Alors il existe x ∈ f −1 (B) tel que f (x) = y. Mais x ∈ f −1 (B) signifie
f (x) ∈ B. Donc y = f (x) ∈ B. Ceci démontre l’inclusion f (f −1 (B)) ⊂ B.
Considérons à nouveau l’application constante nulle f : R → R et posons B = R. Alors
f (f −1 (B)) = {0}. Donc l’inclusion réciproque est fausse en générale. (En fait, on peut démontrer
que l’égalité est vraie si et seulement si f est surjective.)
Retour texte →
. Exercice 3
1) Par définition, sup A est l’unique réel vérifiant les deux conditions suivantes :
— Pour tout a ∈ A, a ≤ sup A (i.e., sup A est un majorant de A) ;
— pour tout > 0, il existe a ∈ A tel que sup A − < a (i.e., sup A le plus petit majorant
de A).
(Écrivez vous-même la définition de inf A (le plus petit des minorants de A).
2)
1. Vrai car si A ⊂ B, alors tout majorant de B est un majorant de A.
2. Faux. A = [1, 2] et B = [0, 2] est un contre-exemple.
(En revanche, A ⊂ B ⇒ inf B ≤ inf A est vraie car si A ⊂ B, alors tout minorant de B
est un minorant de A.)
3. Vrai. En effet, puisque A ⊂ A ∪ B alors d’après la question (1), sup A ≤ sup(A ∪ B). De
même, sup B ≤ sup(A ∪ B), donc max(sup A, sup B) ≤ sup(A ∪ B).
Par symétrie des rôles, on peut supposer par exemple sup A ≤ sup B, c’est-à-dire max(sup A, sup B) =
sup B. Alors puisque sup A est un majorant de A, sup B est aussi un majorant de A. Donc
sup B est un majorant de A ∪ B, ce qui montre sup(A ∪ B) ≤ sup B = max(sup A, sup B).
Finalement, on obtient bien sup(A ∪ B) = max(sup A, sup B).
4. Faux. Rappelons que A + B = {x + y : x ∈ A, y ∈ B}. Prenons A = B = {0}. Alors
sup A = sup B = sup(A + B) = 0. (En revanche, l’inégalité large est vraie).
5. Vrai, car si M est un majorant de −A = {−x : x ∈ A}, alors −M est un minorant de A.
Retour texte →
. Exercice 4
1) ∃a ∈ R, ∀ > 0, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, |un − a| < .
2) ∀M ∈ R, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, un > M .
3) ∀M ∈ R, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, un < M .
4) ∀a ∈ R, ∃ > 0, ∀N ∈ N, ∃n ≥ N, |un − a| ≥ .
Retour texte →
5
. Exercice 5
1) ∀ > 0, ∃η > 0, (|x − x0 | < η ⇒ |f (x) − l| < ).
2) ∀M ∈ R, ∃η > 0, (|x − x0 | < η ⇒ f (x) > M ).
3) ∀ > 0, ∃M ∈ R, (x < M ⇒ |f (x) − l| < ).
4) ∀M ∈ R, ∃A > 0, (x > A ⇒ f (x) < M ).
5) ∃ > 0, ∀η > 0, ∃x ∈]x0 − η, x0 + η[, |f (x) − l| ≥ ).
6) ∃M > 0, ∀η > 0, ∃x ∈]x0 − η, x0 + η[, f (x) ≤ M ).
Retour texte →
. Exercice 6
Rappelons que f : R → R est continue en x0 ∈ R si ∀ > 0, ∃η > 0, (|x − x0 | < η ⇒ |f (x) −
f (x0 )| < ). Fixons x0 ∈ R. Alors pour tout x ∈ R, |f (x)−f (x0 )| = |3x+2−3x0 −2| = 3|x−x0 |.
Donc pour > 0, il suffit de prendre η = 3 pour obtenir la continuité en x0 . Donc f est continue
en tout x0 ∈ R, i.e., f est continue sur R.
Retour texte →
. Exercice 7 √
1) |f (x) − f (1)| = | x − 1| = | √x−1
x+1
| ≤ |x − 1|. Donc il suffit de prendre η = = 10−2 .
√
2) |f (x) − f (0)| = | x|. Donc il suffit de prendre η = 2 = 10−4 .
3) Nous avons déjà montré la continuité en 0. Pour montrer la continuité en x0 6= 0, on
procède comme en 1)√:
√ √
|f (x) − f (x0 )| = | x − x0 | = | √x−x √0 | ≤ √1 |x − x0 |. Donc il suffit de prendre η =
x+ x0 x0
x0 .
Retour texte →
. Exercice 8
Pour montrer que f n’est pas continue en 0, il suffit de trouver une suite (xn )n∈R qui tend vers
1
0 et telle que la suite (f (xn ))n∈R ne tende pas vers f (0) = 0. Il suffit de prendre xn = π/2+2nπ .
Retour texte →
. Exercice 9
Rappelons que f est dite uniformément continue sur R si : ∀ > 0, ∃η > 0, ∀x, y ∈ R, (|x −
y| < η ⇒ |f (x) − f (y)| < ).
Ici, nous avons |f (x) − f (y)| ≤ k|x − y|. Donc il suffit de prendre η = /k.
Retour texte →
6
Deuxième partie
Espaces métriques - espaces vectoriels
normés
Dans ce chapitre nous introduisons les notions de bases de topologie des espaces métriques,
avec comme exemple phare les K-espaces vectoriels normés où le corps de base est K = R ou
C. Dans la dernière section de ce chapitre, on introduit, à titre culturel, la notion d’espace
topologique, qui n’est pas au programme, et qui généralise celle d’espace métrique. Dans les
chapitres ultérieurs, tous les espaces considérés seront des espaces métriques, ou lorsque ce
sera précisé, des espaces vectoriels normés. Nous verrons qu’il existe des différences profondes
suivant que l’espace vectoriel considéré est de dimension finie ou non. Les exemples d’espaces
de dimension infinie que nous étudierons sont pour la plupart parmi les espaces de fonctions.
Correction →
Définition II.1.2. Deux distances d et d0 sur un ensemble X sont dites équivalentes s’il
existe deux constantes α > 0 et β > 0 telles que
Exercice 11. Les distances d(x, y) = |x3 − y 3 | et d0 (x, y) = |ex − ey | sur R sont-elles équiva-
lentes ?
Correction →
7
II.2 Espaces vectoriels normés
Une famille très importante d’espaces métriques est constituée des espaces vectoriels normés :
Définition II.2.1. Soit E un K-espace vectoriel. On appelle norme sur E une application
N : E −→ R+ vérifiant pour tous x, y ∈ E et tout λ ∈ K :
(N1) N (λx) = |λ|N (x) (homogénéité) ;
(N2) N (x) = 0 ⇒ x = 0 ;
(N3) N (x + y) ≤ N (x) + N (y) (inégalité triangulaire) ;
Un espace vectoriel normé est un couple (E, N ) où E est un K-espace vectoriel et N une
norme sur E.
La notation habituelle pour une norme est k.k, c’est-à-dire que l’on écrit kxk pour la norme
N (x) de x.
Proposition II.2.2. Soit (E, k.k) un espace vectoriel normé. Alors l’application d : E ×E → R
définie par d(x, y) = kx − yk définit une distance sur E.
Donc un espace vectoriel normé (E, N ) est en particulier un espace métrique lorsqu’on le
munit de la distance sous-jacente d(x, y) = N (x − y). On dit que la distance d dérive de la
norme k.k ou est la distance sous-jacente à la norme k.k.
Par exemple, la distance usuelle d(x, y) = |x − y| sur R dérive de la norme kxk = |x| de la
valeur absolue. En revanche, aucune des distances des questions 2), 3) et 4) de l’exercice 10 ne
dérive d’une norme car l’homogénéité n’est pas réalisée.
Exemple II.2.3. Sur l’espace vectoriel Kn , les fonctions suivantes définissent des normes. On
note x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Kn .
Pour tout p ≥ 1 entier,
ÅX n ã1/p
p
kxkp = |xi | .
i=1
Exemple II.2.4. Soient a, b ∈ R tels que a < b. On note C 0 ([a, b], R) ou C([a, b], R) l’espace
vectoriel des fonctions continues de [a, b] dans R. Rappelons que la somme f + g de deux
fonctions f et g de C([a, b], R) est définie par :
Pour tout entier p ≥ 1, la quantité suivante définit une norme sur C([a, b], R) :
ÅZ b ã1/p
p
kf kp = |f (x)| dx .
a
La quantité suivante définit une norme sur C([a, b], R) appelée norme de la convergence
uniforme :
kf k∞ = sup |f (x)|.
x∈[a,b]
8
Exercice 12. Démontrer que les fonctions kf k1 , kf k2 et kf k∞ de l’exemple précédent sont
bien des normes sur C([0, 1], R).
Correction →
Exemple II.2.5. On note l∞ (K) le K-espace vectoriel des suites de K bornées. Rappelons que
la somme de deux suites (xn )n∈N et (yn )n∈N est définie par :
Pour tout entier p ≥ 1, on note lp (K) l’espace vectoriel des suites (xn ) de K telles que
p p
P
n∈N |xn | < ∞. On définit une norme sur l (K) en posant :
ÅX ã1/p
p
k(xn )n∈N kp = |xn |
n∈N
Définition II.2.6. Deux normes k.k et k.k0 sur un K-espace vectoriel E sont dites équiva-
lentes si les distances sou-jacentes sont équivalentes (Définition II.1.2), ce qui équivaut à dire
qu’il existe deux constantes α > 0 et β > 0 telles que
Définition II.2.7. Deux normes k.k et k.k0 sur un K-espace vectoriel E sont dites équiva-
lentes s’il existe deux constantes α > 0 et β > 0 telles que
Exemple II.2.8. Les normes k.kp , p ≥ 1 et k.k∞ sur C([0, 1], R) ne sont pas deux à deux
équivalentes (cf Exercice 12).
Proposition II.2.9. Dans un espace vectoriel de dimension finie, toutes les normes sont équi-
valentes.
9
Exemple II.3.2. Dans (R, |.|), B(x, r) est l’intervalle ouvert ]x − r, x + r[ et Bf (x, r) est
l’intervalle fermé [x − r, x + r].
Exercice 13.
1. Décrire la boule de centre 0 et de rayon 1 pour la distance d(x, y) = |x3 − y 3 | sur R.
2. Décrire la boule de centre 0 et de rayon 1 pour la distance d(x, y) = |ex − ey | sur R.
3. Décrire la boule de centre 1 et de rayon 1
2
pour la distance d(x, y) = |x−1 − y −1 | sur R∗ .
Correction →
1. Montrer que ces trois fonctions sont bien des normes sur R2 .
2. Dessiner pour chacune d’entre elles la boule unité.
3. Décrire pour chacune d’entre elles la boule de centre 0 et de rayon r.
4. Montrer que ces trois normes sont équivalentes.
Correction →
Exercice 15. Démontrer qu’un sous-espace vectoriel non trivial d’un espace vectoriel normé
n’est jamais borné.
Correction →
Correction →
10
Définition II.4.1. Soit (X, d) un espace métrique. On dit qu’une suite (xn ) de X converge
vers l ∈ X si : ∀ > 0, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, d(xn , l) < . On écrit alors lim xn = l. Ceci équivaut
à dire que pour toute boule B(l, ), il existe un rang N ∈ N tel que tous les termes xn de la
suite d’indices n ≥ N sont dans B(l, ).
Si une suite (xn ) de X ne converge vers aucune limite, on dit qu’elle est divergente.
Remarque II.4.2. lim xn = l dans X équivaut à dire que la suite (d(xn , l))n∈N converge vers
0 dans (R, |.|).
Démonstration. Supposons qu’une suite (xn ) admette deux limites l1 et l2 . Alors pour tout
n ∈ N, on a d(l1 , l2 ) ≤ d(l1 , xn ) + d(xn , l2 ). Or lim d(l1 , xn ) = 0 et lim d(xn , l2 ) = 0. Donc par
passage à la limite dans l’inégalité, on obtient d(l1 , l2 ) = 0. Donc l1 = l2 par la propriété (d2)
des distances (Définition II.1.1).
Proposition II.4.4. Une suite (xn ) converge vers une limite l si et seulement si toute suite
extraite de (xn ) converge vers la même limite.
Démonstration. Supposons que (xn ) converge vers l. Soit φ : N → N une application strictement
croissante. Soit > 0. Il existe N ∈ N tel que pour tout n ≥ N, d(xn , l) < . Puisque φ est
strictement croissante, pour tout n ≥ N , on a φ(n) ≥ n, donc d(xφ(n) , l) < . Finalement, on a
montré que ∀ > 0, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, d(xφ(n) , l) < , c’est-à-dire que (xφ(n) )n converge vers l.
La réciproque est immédiate puisque (xn ) est une suite extraite d’elle-même (φ = idN ).
Exercice 17. Soit (un )n∈N une suite à valeurs dans un espace métrique (X, d).
1. On suppose que les deux suites extraites (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N convergent. La suite (un )n∈N
est-elle nécessairement convergente ?
2. On suppose que les deux suites extraites (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N convergent vers la même
limite l. Démontrer que la suite (un )n∈N converge vers l.
3. On suppose que les suites extraites (u2n )n∈N , (u2n+1 )n∈N et (u3n )n∈N convergent. Démontrer
que (un )n∈N converge.
Correction →
Définition II.4.5. Soit (X, d) un espace métrique et soit (xn ) une suite de X. Un élément α
de X est valeur d’adhérence de (xn ) s’il existe une suite extraite de (xn ) qui converge vers
α.
Exercice 18. Démontrer qu’une suite convergente à pour unique valeur d’adhérence sa limite.
Correction →
Remarque II.4.6. Une suite dans un espace métrique peut avoir une unique valeur d’adhérence
sans converger. Par exemple, considérer la suite (xn ) de (R, |.|) définie par x2n = 0 et x2n+1 = n.
11
Démonstration. Soit (un ) une suite convergente pour d. Soit l sa limite. Soient α, β > 0 tels
que pour tous x, y ∈ X, αd(x, y) ≤ d0 (x, y) ≤ βd(x, y).
Pour tout > 0, il existe N ∈ N tel que pour tout n ≥ N, d(un , l) < .
Soit 0 > 0. Posons = 0 /β et soit N associé à dans la relation précédente. Alors pour
tout n ≥ N ,
d0 (un , l) ≤ βd(un , l) < β = 0 .
Donc ∀0 > 0, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, d0 (un , l) < 0 , ce qui signifie que (un ) converge vers l pour
d0 .
Correction →
Exemple II.5.2. 1. Toute boule ouverte est un ouvert. En effet, soit B(y, R) une boule
ouverte et soit x ∈ B(y, R). Posons r = R − d(x, y). Pour tout z ∈ B(x, r), d(y, z) ≤
d(y, x) + d(x, z). Donc d(y, z) < d(y, x) + r = R, ce qui montre B(x, r) ⊂ B(y, R).
2. Par suite, toute réunion de boules ouvertes est un ouvert.
Remarque II.5.3. Puisque tout ouvert est par définition une réunion de boules ouvertes, on
obtient donc que les ouverts de E sont exactement les réunions de boules ouvertes.
Exercice 20. Soient X un espace métrique. Démontrer que deux distances équivalentes sur X
définissent les mêmes topologies sur X.
Correction →
12
Définition II.5.5. Soit X un espace métrique. Un fermé de X est une partie F de X dont
le complémentaire F c = X r F est un ouvert.
Démonstration. Ces trois propriétés sont duales, par passage au complémentaire, des trois pro-
priétés satisfaites par les ouverts énoncées dans la Proposition II.5.4
Proposition II.5.8. (Caractérisation séquentielle des fermés) Une partie A d’un espace mé-
trique (X, d) est un fermé si et seulement si pour toute suite (xn ) de A qui converge dans X,
la limite est dans A.
Exercice 21. Les parties suivantes de (R, |.|) sont-elles ouvertes ? fermées ?
1. Un intervalle ouvert ]a, b[.
2. Un intervalle fermé [a, b].
3. Un intervalle semi-ouvert ]a, b] ou [a, b[.
4. Un intervalle semi-fermé infini ] − ∞, a] ou [a, +∞[.
5. Un sous-ensemble fini de R.
6. Z.
7. L’ensemble {1/n, n ∈ N∗ }.
8. L’ensemble {un , n ∈ N} ∪ {l}, où (un )n∈N est une suite qui converge vers l ∈ R.
Correction →
Définition II.5.9. Soit (X, d) un espace métrique et soit a un point de X. On appelle voisi-
nage de a toute partie V de X qui contient un ouvert U qui lui-même contient a.
Notons V(a) l’ensemble des voisinages de a. Un système fondamental de voisinages
de a est un sous-ensemble W(a) de V(a) tel que tout élément de V(a) contient un élément de
W(a).
13
Remarque II.5.10. Une partie A de X est voisinage d’un point x ∈ X si et seulement si il
existe > 0 tel que B(x, ) ⊂ A.
Exemple II.5.11. Dans un espace métrique, les boules ouvertes forment un système fonda-
mental de voisinages.
La proposition suivante découle de la définition de voisinage :
Proposition II.5.12. Pour qu’une partie A d’un espace métrique soit un ouvert, il faut et il
suffit qu’elle soit voisinage de chacun de ses points.
14
Comme conséquence directe de la Proposition II.7.2, nous avons :
Corollaire II.7.3. Une partie A de X est un ouvert si et seulement si Å = A.
Définition II.7.4. Soit (X, d) un espace métrique et soit A une partie de X. Un point x de X
est dit adhérent à A si tout voisinage V de x rencontre A (i.e. V ∩A est non vide). L’ensemble
des points adhérents à A s’appelle l’adhérence ou la fermeture de A et se note A.
Proposition II.7.5. A est le plus petit fermé (pour l’inclusion) contenant A.
Démonstration. On doit montrer que 1) A est un fermé et 2) Tout fermé de X contenant A
contient A.
1) Montrons que le complémentaire de A est un ouvert. Soit x ∈ X r A. Alors il existe r > 0
tel que B(x, r) ∩ A = ∅. Mais alors, pour tout y ∈ B(x, r), la boule B(x, r) est un voisinage de
y qui ne rencontre pas A, donc y ∈ X r A. Ceci montre que X r A est un ouvert, et donc que
A est un fermé.
2) Soit F un fermé de X contenant A. Soit x ∈ A. Pour tout r > 0, B(x, r) ∩ A 6= ∅,
donc puisque A ⊂ F , B(x, r) ∩ F 6= ∅. Supposons x ∈ X r F . Puisque F est fermé, X r F
est un ouvert, donc il existe r0 > 0 tel que B(x, r0 ) ⊂ X r F , mais alors B(x, r0 ) ∩ F = ∅.
Contradiction. Donc x ∈ F . Nous avons montré A ⊂ F .
15
Exercice 23.
1. Q est-il un ouvert de R ? Un fermé de R ? Décrire l’adhérence, l’intérieur et la frontière de
Q.
2. Mêmes questions pour R r Q.
Correction →
Définition II.7.11. Soit (X, d) un espace métrique et soit A une partie de X. Un point x de
X est dit point frontière de A s’il est adhérent à la fois à A et à son complémentaire dans
X. L’ensemble des points frontières de A s’appelle la frontière de A et se note Fr(A).
Exercice 25. Soient A et B deux parties non vides d’un espace métrique (X, d). Montrer les
propriétés suivantes :
1. A = A.
2. Si A ⊂ B, alors A ⊂ B.
3. A ∪ B = A ∪ B.
4. On n’a pas en général A ∩ B = A ∩ B.
Correction →
Exercice 26. Soient A et B deux parties non vides d’un espace métrique (X, d). Montrer les
propriétés suivantes :
˚
1. Å = Å.
2. Si A ⊂ B, alors Å ⊂ B̊.
3. Que pensez-vous de l’analogue des questions 3. et 4. de l’exercice précédent en remplaçant
les adhérences par des intérieurs ?
Correction →
Exercice 27. 1. Démontrer qu’une sphère d’un espace vectoriel normé n’a aucun point inté-
rieur.
2. Démontrer qu’un sous-espace F d’un espace vectoriel normé E possède un point intérieur si
et seulement si F = E.
Correction →
16
Exercice 29. Soit O un ouvert d’un espace métrique (X, d). Montrer que pour toute partie
A ⊂ E, on a l’équivalence :
A∩O =∅ ⇐⇒ A∩O =∅ .
Correction →
Exercice 30. (distance à une partie)
Soit A une partie non vide d’un espace métrique (X, d). Pour tout x ∈ X, on pose :
dA (x) = d(x, A) = inf{d(x, y)|y ∈ A}
1. Soit x ∈ X. Montrer que x ∈ A ⇐⇒ d(x, A) = 0 .
2. Montrer que la distance à une partie A coı̈ncide avec la distance à l’adhérence A de A.
3. Pour ε > 0 on pose :
Vε (A) = { x ∈ X|d(x, A) < ε}.
\
Montrer que A = Vε (A).
ε>0
Correction →
17
II.9 Correction des exercices
. Exercice 10
d(x, y) = |x2 − y 2 | ne définit pas une distance sur R, car d(1, −1) = 0 alors que 1 6= −1.
Les trois expressions des questions 2,3 et 4 définissent des distances. Pour les trois, la
symétrie et l’ingalité triangulaire sont immédiates. L’axiome (d2) vient de ce que les trois
fonctions x 7→ x3 , x 7→ ex et x 7→ x1 sont injectives sur leur ensemble de définition.
Retour texte →
. Exercice 11 Non, les distances d(x, y) = |x3 − y 3 | et d0 (x, y) = |ex − ey | sur R ne sont
pas équivalentes. En effet, supposons le contraire. Alors il existe β > 0 tel que pour tout
x, y ∈ R, d0 (x, y) ≤ βd(x, y). En particulier, pour y = 0, on obtient que pour tout x ∈ R∗ ,
x
|ex − 1| ≤ β|x3 |. Or limx→+∞ |e|x−1|
3| = +∞. Contradiction.
Retour texte →
. Exercice 12
Montrons que k.k∞ est une norme.
(N1) Soit λ ∈ R et soit f ∈ C([0, 1], R). Alors
(N2) kf k∞ = supx∈[0,1] |f (x)| = 0 implique que pour tout x ∈ [0, 1], f (x) = 0, donc f est la
fonction nulle.
(N3) Soient f, g ∈ C([0, 1], R). Pour tout x ∈ [0, 1],
Donc kf k∞ + kgk∞ est un majorant de |f (x) + g(x)| sur [0, 1]. Puisque sup est le plus petit des
majorants on obtient donc
18
Les démonstrations des propriétés (N1 ) et (N2 ) reprennent les arguments utilisés pour k.k1 .
(N3) Il s’agit de démontrer l’inégalité triangulaire,
Z 1 Z 1 Z 1
(f (x) + g(x))2 dx ≤ f (x)2 dx + g(x)2 dx
0 0 0
En développant et éliminant des termes, on obtient que cette inégalité est équivalente à :
Z 1 Z 1 Z 1
f (x)g(x)dx ≤ f (x)2 dx g(x)2 dx.
0 0 0
. Exercice 13
1) Pour la distance d(x, y) = |x3 − y 3 | sur R, on a : B(0, 1) = {x ∈ R : |x3 | < 1} =] − 1, 1[.
2) Pour la distance d(x, y) = |ex − ey | sur R, on a : B(0, 1) = {x ∈ R : |ex − 1| < 1} =
] − ∞, ln(2)[.
3) Pour la distance d(x, y) = |x−1 − y −1 | sur R∗ , x ∈ B(1, 21 ) équivaut à | x1 − 1| < 21 , i.e.,
− 21 < x1 − 1 < 21 , ce qui donne :
1 1 3
< <
2 x 2
1 2
Donc B(1, 2 ) =] 3 , 2[.
Retour texte →
. Exercice 14
1) La vérification des propriétés (N1), (N2) et (N3) de la définition est très facile, sauf pour
l’inégalité triangulaire (N3) de la norme k.k2 .
Pour cette dernière, on reprend la démonstration de l’exercice 12 : on doit démontrer que
pour tous x, y ∈ R2 , on a (kx + yk2 )2 ≤ (kxk2 + kyk2 )2 . En développant et en éliminant des
termes, on montre que ceci est une conséquence de l’inégalité de Cauchy-Schwarz |hx, yi| ≤
kxk kyk pour le produit scalaire usuel hx, yi dans R2 .
2) Voir Figure 1.
3) Voir Figure 2.
4) D’après la question 3), on a kxk∞ ≤ kxk2 ≤ kxk1 pour tout x ∈ R2 . En effet, fixons x et
posons r = kxk1 . Alors puisque x ∈ B1 (0, r) ⊂ B2 (0, r), on a donc x ∈ B2 (0, r) et donc
kxk2 ≤ r = kxk1 .
On procède de même pour l’inégalité kxk∞ ≤ kxk2 en utilisant B2 (0, r) ⊂ B∞ (0, r).
19
1
B∞ (0, 1)
B2 (0, 1)
1
0
B1 (0, 1)
B1 (0, r)
De plus, pour tout r, B∞ (0, r) ⊂ B1 (0, 2r), donc pour tout x ∈ R2 , on a kxk1 ≤ 2 kxk∞ .
Finalement, on obtient :
kxk∞ ≤ kxk2 ≤ kxk1 ≤ 2 kxk∞ ,
ce qui montre que les trois normes sont équivalentes.
Retour texte →
. Exercice 15
Soit F un sous-espace non trivial (c’est-à-dire F 6= {0}) d’un espace vectoriel normé (E, k.k).
Soit x ∈ E et soit r > 0. Montrons que F 6⊂ B(x, r).
Soit a ∈ F tel que a 6= 0. Pour tout n ∈ N, knak ≤ kna − xk + kxk, donc n kak − kxk ≤
kna − xk. Puisque a 6= 0, lim n kak = +∞, donc puisque kxk est une constante, lim(n kak −
kxk) = +∞. L’inégalité précédente implique alors lim kna − xk = +∞. Donc il existe n0 ∈ N
tel que kn0 a − xk > r, ce qui implique que F n’est pas contenu dans la boule B(x, r). Puisque
ceci est valable pour tout x ∈ E et r > 0, on en déduit que F n’est contenu dans aucune boule,
donc n’est pas borné.
Retour texte →
. Exercice 16
1) diam([a, b]) = b − a. En effet, pour tous x, y ∈ [a, b], on a |x − y| ≤ b − a. De plus, les
suites an = a + b−a n
et bn = b − b−a
n
sont deux suites de [a, b] vérifiant lim |bn − an | = b − a.
Le même raisonnement conduit à diam([a, b[) = b − a. (et aussi à diam(]a, b[) = b − a).
On a diam([a, +∞[) = +∞ car pour tout n ∈ N, an = a+n est dans [a, +∞[ et lim |an −a| =
+∞.
2) Le disque en question est Bf (0, R) = {(x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 ≤ R2 }. Pour tous (x1 , y1 ) ∈
Bf (0, R) et (x2 , y2 ) ∈ Bf (0, R), on a :
k(x1 , y1 ) − (x2 , y2 )k ≤ k(x1 , y1 )k + k(x2 , y2 )k ≤ R + R = 2R.
20
D’autre part, (−R, 0) et (R, 0) sont des points de Bf (0, R) tels que k(−R, 0) − (R, 0)k = 2R.
Donc diam(Bf (0, R)) = 2R.
3) Supposons A borné. Alors il existe x ∈ E et r > 0 tel que A ⊂ Bf (x, r). Donc pour
tous y, y 0 ∈ A, on a ky − y 0 k ≤ ky − xk + kx − y 0 k < 2r. Donc {ky − y 0 k , : y, y 0 ∈ A} est un
ensemble non vide (car A 6= ∅) et borné de R, donc il admet une borne supérieure dans R,
autrement dit, diamA < +∞.
Réciproquement, supposons diamA < +∞ et posons r = diamA. Choisissons un point x0
dans A. Alors pour tout x ∈ A, kx − x0 k ≤ r, donc x ∈ Bf (x0 , r). Donc A est borné.
Retour texte →
. Exercice 17
1) Non : la suite (un ) de R définie par un = (−1)n est un contre-exemple.
2) Soit > 0.
Puisque (u2n ) converge vers l, ∃N1 ∈ N, ∀n ≥ N1 , ku2n − lk < . (1)
Puisque (u2n+1 ) converge vers l, ∃N2 ∈ N, ∀n ≥ N2 , ku2n+1 − lk < (2)
Posons N = 2 max(N1 , N2 ) + 1. Soit k ≥ N . Ou bien k est pair, alors k = 2n où n ≥ N1 .
On a donc kuk − lk < en utilisant (1). Ou bien k est impair, alors k = 2n + 1 où n ≥ N2 . On
a donc kuk − lk < en utilisant (2).
Finalement, ∀ > 0, ∃N ∈ N, ∀k ≥ N, kuk − lk < , donc (un ) converge vers l.
3) On suppose que les trois suites extraites (u2n ), (u2n+1 ) et (u3n ) convergent respectivement
vers l1 , l2 et l3 . La suite (u6n ) est une suite extraite de (u2n ), donc elle converge vers l1 , et c’est
aussi une suite extraite de (u3n ), donc elle converge vers l3 . Par unicité de la limite, on obtient
l1 = l3 .
La suite (u6n+3 ) est une suite extraite de (u2n+1 ), donc elle converge vers l2 , et c’est aussi
une suite extraite de (u3n ), donc elle converge vers l3 . Par unicité de la limite, on obtient l2 = l3 .
On obtient donc l1 = l2 , et on conclut en appliquant le résultat de la question 2).
Retour texte →
. Exercice 18
Dans un espace métrique, soit (un ) une suite qui converge vers l. Soit α une valeur d’adhé-
rence de (un ). Alors il existe une suite extraite (uφ(n) ) qui converge vers α. D’après la Proposition
II.4.4, (uφ(n) ) converge vers l, donc par unicité de la limite, α = l.
Retour texte →
. Exercice 19
1) D’après la Proposition II.4.7, il suffit de montrer qu’il existe une suite (fn ) qui converge
vers une limite l ∈ E pour l’une des normes mais qui ne converge pas vers l pour l’autre norme.
Considérons, par exemple, la suite de fonctions (fn )n∈N∗ où fn : [0, 1] → R est définie par :
fn est affine entre x = 0 et x = n13 avec fn (0) = n2 et fn ( n13 ) = 0, et fn (x) = 0 pour tout
x ∈ [ n1 , 1]. Le graphe de fn est représenté sur la figure suivante :
kfn k1 est égale à l’aire du triangle limité par les deux axes et le graphe de fn . Donc kfn k1 =
1
2n
. La suite (fn )n converge donc pour la norme k.k1 vers la fonction nulle.
Pour tout x ∈ [0, n1 ], fn (x) = −n5 x + n2 . Donc fn (x)2 = n10 x2 + n4 − 2n7 x.
ÅZ 1/n ã1/2 …
10 2 4 7
n
kfn k2 = n x + n − 2n x dx = .
0 3
21
n2
0
1 1
n3
Cette quantité tend vers +∞ quand n tend vers +∞. Donc la suite (fn )n est divergente pour
la norme k.k2 .
D’après la proposition II.4.7, les deux normes k.k1 et k.k2 ne sont pas équivalentes.
2) Considérons la suite de fonctions (gn )n∈N∗ où gn : [0, 1] → R est définie par : gn est affine
entre x = 0 et x = n13 avec gn (0) = n et gn ( n13 ) = 0, et gn (x) = 0 pour tout x ∈ [ n13 , 1]. Le
graphe de gn est représenté sur la figure suivante :
0
1 1
n3
. Exercice 20
Soient d et d0 deux distances équivalentes sur un espace métrique X. Soient α, β ∈ R+ tels
que pour tout x, y ∈ X, α d(x, y) ≤ d0 (x, y) ≤ β d(x, y).
Soit O un ouvert pour la distance d. Montrons que O est aussi un ouvert pour la distance
d0 . Soit x ∈ O. Alors il existe r > 0 tel que B(x, r) ⊂ O, où B(x, r) désigne la boule pour
la distance d. Posons r0 = rα. Alors on a B 0 (x, r0 ) ⊂ O, où B 0 (x, r0 ) désigne la boule pour la
0
norme d0 . En effet, pour tout y ∈ B 0 (x, r0 ), on a d(x, y) ≤ α1 d0 (x, y) < rα = r.
Finalement, pour tout x ∈ O, il existe r0 > 0 tel que B 0 (x, r0 ) ⊂ O, ce qui montre que O est
un ouvert pour la distance d0
Par symétrie des rôles, on a aussi que tout ouvert pour la distance d0 est un ouvert pour la
distance d. Donc les deux distances définissent la même topologie sur X.
Retour texte →
. Exercice 21
22
1. Soit x ∈]a, b[. Posons r = min(x − a, b − x). Alors B(x, r) =]x − r, x + r[⊂]a, b[. Ceci étant
valable pour tout x ∈]a, b[, on en déduit que ]a, b[ est un ouvert de R.
1
Soit n0 ∈ N tel que n0 ≥ b−a . Alors la suite (a + n1 )n≥n0 est une suite de ]a, b[ qui converge
vers a, mais a 6∈]a, b[. Donc d’après la caractérisation séquentielle des fermés, ]a, b[ n’est pas
un fermé de R.
2. Il n’existe pas r > 0 tel que l’intervalle ]b − r, b + r[ soit contenu dans [a, b]. Donc [a, b] n’est
pas un ouvert.
Soit x ∈ R r [a, b]. Posons r = min(|b − x|, |a − x|). Alors l’intervalle ]x − r, x + r[ est contenu
dans R r [a, b]. Ceci étant valable pour tout x ∈ R r [a, b], on en déduit que R r [a, b] est un
ouvert.
3. [a, b[ n’est pas un ouvert car il n’existe pas r > 0 tel que l’intervalle ]b − r, b + r[ soit contenu
dans [a, b].
[a, b[ n’est pas un fermé pour la même raison que ]a, b[.
4. [a, ∞[ et ] − ∞, a] sont des fermés mais ne sont pas des ouverts par les mêmes arguments
que précédemment.
5. Considérons un ensemble fini de réels A = {x1 , . . . , xn } avec x1 < x2 < . . . < xn . Aucun
intervalle ]x1 − r, x1 + r[ n’est contenu dans A. Donc A n’est pas un ouvert.
Toute suite convergente de A est constante égale à l’un des xi à partir d’un certain rang,
donc converge vers l’un des xi . Donc d’après la caractérisation séquentielle des fermés, A est
un fermé de R.
6. Soit n ∈ Z. Aucun intervalle B(n, r) =]n − r, n + r[ n’est contenu dans Z.SDonc Z n’est pas
un ouvert de R. En revanche, Z est un fermé car son complémentaire est n∈Z ]n, n + 1[ qui
est une union de boules ouvertes, donc un ouvert.
7. Posons A = {1/n : n ∈ N∗ }. Ce n’est pas un ouvert car 1 ∈ A et aucun intervalle ouvert
centré en 1 n’est contenu dans A. Ce n’est pas un fermé car la suite (1/n)n∈N∗ est une suite
de A qui converge vers 0, qui n’appartient pas à A.
8. Posons B = {l} ∪ {un : n ∈ N}.
B est dénombrable, alors que tout intervalle ]l − r, l + r[ est infini non dénombrable. Donc il
n’existe pas de rayon r > 0 tel que ]l − r, l + r[⊂ B. Donc B n’est pas un ouvert.
Montrons que B est un fermé. Nous allons montrer que son complémentaire est un ouvert.
Soit x ∈ R r B. Soit < |x − l|. Alors x 6∈]l − , l + [. Puisque (un ) converge vers l, il existe
N ∈ N tel quepour tout n ≥ N, un ∈]l−, l+[. Posons r = min {|x − l| − }∪{|x−ui | : i =
0, . . . , N − 1} . Alors pour tout y ∈ B, y 6∈]x − r, x + r[, c’est-à-dire ]x − r, x + r[⊂ R r B.
Finalement, pour tout x ∈ R r B, il existe r > 0 tel que ]x − r, x + r[⊂ R r B. Ceci montre
que R r B est un ouvert, et donc que B est fermé.
Retour texte →
. Exercice 22
1) Soit O un ouvert de Y . Alors pour tout x ∈ O, il existe rx > 0 tel que BY (x, rx ) ⊂ Y , où
BY (x, rx ) désigne la boule de Y centrée en x et de rayon rx . On a donc
[
O= BY (x, rx )
x∈O
23
où B(a, r) désigne la boule de X. donc
[ [ Å[ ã
O= BY (x, rx ) = B(x, rx ) ∩ Y = Y ∩ B(x, rx ) = Y ∩ U,
x∈Y x∈Y x∈Y
S
où U = x∈Y B(x, rx ), est bien un ouvert de X puisque réunion de boules ouvertes.
Réciproquement, soit U un ouvert de X. Montrons que O = U ∩ Y est un ouvert de Y . Soit
x ∈ O. Alors x ∈ U et puisque U est un ouvert de X, il existe r > 0 tel que B(x, r) ⊂ U . Donc
BY (x, r) = B(x, r) ∩ Y ⊂ U ∩ Y = O. Finalement, pour tout point x de O, il existe r > 0 tel
que BY (x, r) ⊂ O. Donc O est un ouvert de Y .
2) F est un un fermé de Y si et seulement si son complémentaire O dans Y est un ouvert
de Y c’est-à-dire d’après 1) s’il existe un ouvert U de X tel que U ∩ Y = O, ce qui équivaut à
dire que le complémentaire F de U dans X est un fermé de X qui vérifie F ∩ Y = F .
Retour texte →
. Exercice 23
1) Q n’est pas un fermé puisque Q = R 6= Q.
R r Q est dense dans R (voir la RemarqueII.7.10). Donc pour tout x ∈ Q, il existe une suite
de R r Q qui converge vers x. Puisque x 6∈ R r Q, ceci implique que R r Q n’est pas un fermé,
et donc que Q n’est pas un ouvert.
2) R r Q n’est pas un fermé car Q n’est pas un ouvert. Ce n’est pas non plus un ouvert
puisque Q n’est pas un fermé.
Retour texte →
. Exercice 24
On rappelle que la frontière F r(A) de A d’une partie d’un espace vectoriel normé (E, k.k)
est définie par F r(A) = A ∩ E r A.
où F = {0} ∪ { n1 : n ∈ N∗ }.
Retour texte →
. Exercice 25
1. A = A car A est un fermé. (Corollaire II.7.6).
2. Supposons A ⊂ B. Alors A ⊂ B. Or B est un fermé et A est le plus petit fermé contenant
A. Donc A ⊂ B.
3. A ⊂ (A ∪ B), donc A ⊂ A ∪ B. D’où A ⊂ A ∪ B puisque A est le plus petit fermé contenant
A. De même, B ⊂ A ∪ B. Donc (A ∪ B) ⊂ A ∪ B.
D’autre part, A ⊂ A ⊂ (A ∪ B) et B ⊂ B ⊂ (A ∪ B). Donc (A ∪ B) ⊂ (A ∪ B), qui est un
fermé. Donc A ∪ B ⊂ (A ∪ B).
24
4. Prenons A = [0, 1[ et B =]1, 2]. Alors A ∩ B = ∅, donc A ∩ B = ∅. Mais A = [0, 1] et
B = [1, 2], donc A ∩ B = {1} =
6 A ∩ B.
Retour texte →
. Exercice 26
˚ ˚
1. Å = Å car Å est un ouvert et Å est le plus grand ouvert contenu dans Å, donc c’est Å
lui-même.
2. Supposons A ⊂ B. On a Å ⊂ A, donc Å ⊂ B. Or B̊ est le plus grand ouvert contenu dans
B. Donc Å ⊂ B̊.
˚
3. Par des arguments similaires à ceux de l’exercice précédent, on montre A ˙ ∩ B = Å ∩ B̊.
˚
On n’a pas en général A ˙ ∪ B = Å ∪ B̊. En effet, Prenons A = [0, 1] et B = [1, 2]. Alors
˚
Å =]0, 1[ et B̊ =]1, 2[, donc Å ∪ B̊ =]0, 1[∪]1, 2[, alors que A
˙ ∪ B =]1, 2[.
Retour texte →
. Exercice 27
1) Soit (E, k.k) un espace vectoriel et soit S(a, r) une sphère dans E. Soit x ∈ S(a, r). Fixons
r > 0 et montrons que B(x, r0 ) 6⊂ S(a, r).
0
r0
Posons y = a + (1 + 2kx−ak )(x − a) (voir figure ci-dessous).
y
x r0
r
S(a, r) a
r0 r0
On a ky − xk = 2kx−ak
(x − a) = 2
< r0 . Donc y ∈ B(x, r). D’autre part, y 6∈ S(a, r). En
0 0
effet, ky − ak = kx − ak + r2 = r + r2 6= r. D’où B(x, r0 ) 6⊂ S(a, r). Comme ceci est valable
pour tout r0 > 0, on en déduit que x n’est pas un point intérieur à S(a, r). Donc l’intérieur de
S(a, r) est vide.
2) Démontrer qu’un sous-espace F d’un espace vectoriel normé E possède un point intérieur
si et seulement si F = E.
Supposons que F admette un point intérieur a. Alors il existe r > 0 tel que B(a, r) ⊂ F .
Puisque F est un sous-espace vectoriel de E, alors pour tout x ∈ B(a, r), on a x − a ∈ F . Donc
{x − a : x ∈ B(a, r)} ⊂ F . Or x ∈ B(a, r) équivaut à x − a ∈ B(0, r). Donc B(0, r) ⊂ F .
y
Soit y ∈ E r {0}. Alors z = 2r kyk ∈ B(0, r), et donc z ∈ F . Puisque F est un sous-espace
vectoriel de E, on a donc y = 2kykr
z ∈ F . On en déduit F = E.
Réciproquement, si E = F , alors E est un ouvert, donc l’intérieur de F est F lui-même,
donc 0 est un point intérieur à F .
Retour texte →
. Exercice 28
25
Ensemble Intérieur Adhérence Frontière
2 2
Z ∅ Z Z2
Q2 ∅ R2 R2
S(a, r) ∅ S(a, r) S(a, r)
[0, 1] × {0} ∅ [0, 1] × {0} [0, 1] × {0}
Donnons l’explication pour les deux derniers ensembles (les deux premiers découlant d’ar-
guments similaires à ceux de l’exercice sur Q traité précédemment).
Pour S(a, r) on soit déjà que S(a, r) est d’intérieur vide par l’exercice précédent Montrons
que S(a, r) = S(a, r). Pour cela, il suffit de montrer que le complémentaire R2 r S(a, r) est
un ouvert. Soit x ∈ R2 r S(a, r). On a donc kx − ak 6= r et choisissons r0 > 0 tel que r0 <
| kx − ak−r|. Alors un calcul simple montre que B(x, r0 ) ⊂ R2 rS(a, r). Comme ceci est valable
pour tout x ∈ R2 r S(a, r), on en déduit que R2 r S(a, r) est un ouvert, et donc que S(a, r) est
fermé. Donc S(a, r) = S(a, r).
Soit x ∈ S(a, r). Pour n ∈ N∗ , posons xn = a + (1 + n1 )(x − a). Alors (xn ) est une suite de
points de R2 r S(a, r) qui converge vers x. Donc x ∈ R2 r S(a, r), et comme ceci est valable
pour tout x ∈ S(a, r), on en déduit R2 r S(a, r) = R2 .
On obtient donc : F r(S(a, r)) = S(a, r) ∩ R2 r S(a, r) = S(a, r).
Montrons que [0, 1] × {0} est d’intérieur vide. Soit (x, 0) ∈ [0, 1] × {0} (donc x ∈ [0, 1]).
Pour tout r > 0, le point (x, 2r ) est dans la boule B(x, r) mais n’est pas dans [0, 1] × {0}, donc
on n’a pas B(x, r) ⊂ [0, 1] × {0}. Donc x n’est pas un point intérieur à [0, 1] × {0}.
Montrons que [0, 1] × {0} est un fermé de R2 . Soit (x, y) ∈ R2 r ([0, 1] × {0}).
Ou bien x 6∈ [0, 1]. Alors il existe η > 0 tel que ]x − η, x + η[∩[0, 1] = ∅, et on a alors
B((x, y), η) ⊂ R2 r ([0, 1] × {0}).
Sinon, y 6= 0. Posons η = |y|. Alors B((x, y), η) ⊂ R2 r ([0, 1] × {0}).
Finalement pour tout (x, y) ∈ R2 r ([0, 1] × {0}), il existe η > 0 tel que B((x, y), η) ⊂
R2 r ([0, 1] × {0}). Donc R2 r ([0, 1] × {0}) est un ouvert de R2 , i.e., son complémentaire
[0, 1] × {0} est un fermé de R2 . Finalement, on obtient [0, 1] × {0} = [0, 1] × {0}.
Par des arguments déjà utilisés dans cet exercice, on montre que R2 r ([0, 1] × {0}) = R2 .
On obtient donc F r([0, 1] × {0}) = [0, 1] × {0} ∩ R2 r ([0, 1] × {0}) = [0, 1] × {0}
Retour texte →
. Exercice 29
Par contraposée. Supposons A ∩ O 6= ∅. Soit x ∈ A ∩ O. Puisque O est un ouvert, il existe
r > 0 tel que B(x, r) ⊂ 0. Par ailleurs, x est adhérent à A, donc A ∩ B(x, r) 6= ∅, et donc
A ∩ O 6= ∅.
Réciproquement, supposons A ∩ O 6= ∅. Puisque A ⊂ A, cela implique A ∩ O 6= ∅.
Retour texte →
. Exercice 30
Soit A une partie non vide d’un espace métrique (X, d).
1. Si x ∈ A alors il existe une suite (xn ) d’éléments de A qui tend vers x. Pour tout n ∈ N
on a
0 ≤ d(x, A) = inf{d(x, y), y ∈ A} ≤ d(x, xn )
et d(x, xn ) → 0 donc d(x, A) = 0.
26
Si d(x, A) = inf{d(x, y), y ∈ A} = 0 alors par définition
∀ε > 0, ∃y ∈ A, 0 ≤ d(x, y) ≤ ε.
En appliquant cette définition avec ε = 1/n pour tout n ∈ N∗ on obtient l’existence d’une
suite (yn ) d’éléments de A telle que 0 ≤ d(x, yn ) ≤ 1/n. Ainsi (yn ) tend vers x ce qui
établit que x ∈ A.
Par conséquent x ∈ A ⇐⇒ d(x, A) = 0.
2. On a A ⊂ A donc
donc
d(x, A) = inf d(x, y) ≤ d(x, z) + inf d(z, y) = d(x, z) + d(z, A),
y∈A y∈A
donc \ \
A= Vε (A) = { x ∈ X, d(x, A) < ε}.
ε>0 ε>0
Retour texte →
. Exercice 31 C’est immédiat car les trois axiomes sont trivialement vérifiés
Retour texte →
27
Troisième partie
Applications continues
III.1 Continuité
Définition III.1.1. Soient (X, d) et (Y, δ) deux espaces métriques et soit a ∈ X. Une applica-
tion f : X → Y est continue en a si
Ceci signifie que pour x proche de a, l’image f (x) est proche de f (a), ou encore, que l’image
réciproque de toute boule centrée en f (a) contient une boule centrée en a.
Définition III.1.3. Soit A ⊂ X une partie de X. On dit que f : X → Y est continue sur A
si f est continue en tout point de A. Si A = X, on dit simplement que f est continue.
Proposition III.1.4. Soient (X, d) et (Y, δ) deux espaces métriques. et f : X → Y une appli-
cation. Les conditions suivantes sont équivalentes :
1. f est continue ;
2. L’image réciproque f −1 (U ) de tout ouvert U de Y est un ouvert de X ;
3. L’image réciproque f −1 (V ) de tout fermé V de Y est un fermé de X ;
28
Remarque III.1.5. L’image directe f (U ) d’un ouvert U de X par une application continue
f : X → Y n’est pas nécessairement un ouvert de Y . Considérer par exemple une application
constante f : R → R. L’image de l’ouvert U = R est un singleton de R, qui n’est pas un ouvert.
De même, l’image directe f (V ) d’un fermé V de X n’est pas nécessairement un fermé de
Y . Considérer par exemple l’application arctangente : R → R pour laquelle l’image du fermé
V = R de R est l’intervalle ] − π/2, π/2[, qui n’est pas un fermé de R.
Voir aussi l’exercice 46.
Exercice 34. Soit f : X → R une application d’un espace métrique (X, d) à valeurs réelles.
Soit α ∈ R.
1. Démontrer que si f est continue, alors les ensembles {x ∈ X : f (x) > α} et {x ∈ X : f (x) <
α} sont des ouverts de X.
2. Démontrer que si f est continue, alors les ensembles {x ∈ X : f (x) ≥ α} et {x ∈ X : f (x) ≤
α} et {x ∈ X : f (x) = α} sont des fermés de X.
3. Démontrer la réciproque de la question 1 : si pour tout α ∈ R, les ensembles {x ∈ X : f (x) >
α} et {x ∈ X : f (x) < α} sont des ouverts de X, alors f est continue.
4. Montrer que si f est continue, alors pour tout ω ouvert de R, f −1 (ω) est une réunion
dénombrable de fermés (NB : une réunion dénombrable de fermés s’appelle un Fσ -ouvert).
Correction →
Correction →
29
III.2 Suites uniformément convergentes et continuité
Définition III.2.1. Soient (X, d) et (Y, δ) des espaces métriques. Soit (fn )n∈N une suite d’ap-
plications de X dans Y et soit f : X → Y une application.
On dit que la suite d’applications (fn )n converge simplement vers f si
∀x ∈ X, ∀ > 0, ∃Nx, ∈ N, ∀n ≥ Nx, , δ(fn (x), f (x)) < .
On dit que la suite d’applications (fn )n converge uniformément vers f si
∀ > 0, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N , ∀x ∈ E, δ(fn (x), f (x)) < .
L’exercice suivant montre que la continuité ne se conserve pas par convergence simple.
Exercice 36. Considérons la suite (fn ) de C([0, 1], R) définie par fn (x) = xn . Démontrer que
(fn ) converge simplement vers une fonction f qui n’est pas continue.
Correction →
En revanche, la continuité se conserve par convergence uniforme :
Théorème III.2.2. Soit (fn : X → Y )n∈N une suite de fonctions continues en a ∈ X qui
converge uniformément vers une fonction f : X → Y . Alors f est continue en a.
Démonstration. Soit > 0. Il existe un rang N ∈ N tel que pour tout n ≥ N et pour tout
x ∈ X, δ(fn (x), f (x)) < . Puisque l’application fN est continue en a, il existe η > 0 tel que
(d(x, a) < η ⇒ δ(fN (x), fN (a)) < ). On obtient donc pour tout x ∈ X tel que d(x, a) < η,
δ(f (x), f (a)) ≤ δ(f (x), fN (x)) + δ(fN (x), fN (a)) + δ(fN (a), f (a)) < 3.
III.3 Homéomorphismes
Définition III.3.1. Soient (X, d) (Y, δ) deux espaces métriques. On dit qu’une application
f : X → Y est un homéomorphisme si les trois conditions suivantes sont réalisées :
1. f : X → Y est une bijection ;
2. f est continue sur X ;
3. la bijection réciproque f −1 : Y → X est continue sur Y .
Exemple III.3.2. Si f : I → R est une fonction continue sur un intervalle I ⊂ R strictement
monotone sur cet intervalle, alors f réalise un homéomorphisme de X sur son image Y = f (X).
Par exemple, la fonction logarithme népérien de base e est un homéomorphisme de ]0, +∞[sur
R.
Exercice 37. Démontrer que dans un espace vectoriel normé, deux boules ouvertes sont tou-
jours homéomorphes.
Correction →
x
Exercice 38. On considère un espace vectoriel normé (E, k · k). Vérifier que x 7→
1 + kxk
réalise un homéomorphisme de E sur la boule unité ouverte de E. Expliciter l’homéomorphisme
réciproque.
Correction →
30
III.4 Applications lipschitziennes et continuité uniforme
Définition III.4.1. Soit k > 0 un réel. Une application f : X → Y entre espaces métriques
est dite k-lipschitzienne si pour tous x, x0 ∈ X,
Définition III.4.2. Une application f : X → Y entre espaces métriques est dite uniformé-
ment continue si
∀ > 0, ∃η > 0, ∀x, x0 ∈ X, (d(x, x0 ) < η ⇒ δ(f (x), f (x0 )) < ).
Exercice 39. 1. Soient (X, d) et (Y, δ) deux espaces vectoriels normés et soit f : X → Y une
application. Démontrer que f est uniformément continue sur X si et seulement si pour toutes
suites (un )n∈N et (vn )n∈N d’éléments de X vérifiant d(un , vn ) → 0 lorsque n → +∞, on a
δ(f (un ), f (vn )) → 0 lorsque n → +∞.
2. Démontrer que la fonction x ∈ R 7→ x2 ∈ R n’est pas uniformément continue sur R.
Correction →
Correction →
E1 × E2 × . . . × En = {(x1 , . . . , xn ) : xi ∈ Ei , i = 1, . . . , n},
où x = (x1 , . . . , xn ).
31
Exercice 41.
1. Montrer que k.kE est bien une norme sur l’espace vectoriel E1 × E2 × . . . × En .
2. Soit a = (a1 , . . . , an ) ∈ E et soit r > 0. Décrire la boule ouverte B(a, r).
3. Démontrer que pour tout i = 1, . . . , n, l’application pi : x = (x1 , . . . xn ) ∈ E 7→ xi ∈ Ei est
continue.
4. Soit (uk )k∈N une suite à valeurs dans E. Pour tout k, on écrit uk = (u1k , . . . , unk ). Soit
l = (l1 , . . . ln ) ∈ E. Démontrer que (uk )k∈N converge vers l dans E si et seulement si pour
tout i = 1, . . . , n, la suite (uik )k∈N converge vers li dans Ei .
5. Soit (F, k.kF ) un espace vectoriel normé. Soit f : y ∈ F 7→ f (y) = (f1 (y), . . . fn (y)) ∈ E
une application. Démontrer que f est continue si et seulement si pour tout i = 1, . . . , n,
l’application fi : F → Ei est continue.
Correction →
Ce majorant tend vers 0 quand η tend vers 0. Donc il suffit de choisir η > 0 tel que (|λ0 | +
η)η + η kx0 k ≤ .
Exercice 42.
1. Soit (E, k.k) un K-espace vectoriel normé et soient f, g : E → K deux applications continues
en a ∈ E. Démontrer que la somme f + g : E → K et le produit f g : E → K sont continues
en a.
2. Soit P ∈ K[X1 , . . . , Xn ] un polynôme et notons encore P : Kn → K l’application polynomiale
associée. Montrer que P est continue.
Correction →
Exercice 43.
1. Montrer que l’application déterminant det : Mn (R) → R est continue.
2. Montrer que GLn (R) est un ouvert de Mn (R).
32
3. Plus généralement montrer que l’ensemble des matrices de rang ≥ r (avec 0 ≤ r ≤ n) est un
ouvert de Mn (R).
4. Montrer que GLn (R) est dense dans Mn (R) (considérer la fonction t ∈ R 7−→ det(M + tIn )
pour M ∈ Mn (R)).
Correction →
Correction →
Exercice 46. Soient X et Y deux espaces vectoriels normés. Rappelons qu’une application de
X dans Y est dite ouverte si l’image de tout ouvert de X est un ouvert de Y ; fermée si l’image
de tout fermé de X est un fermé de Y .
1. Montrer qu’une fonction polynomiale de R dans R est une application fermée.
2. Montrer que l’application (x, y) ∈ R2 → x ∈ R est ouverte mais pas nécessairement fermée
(considérer l’hyperbole équilatère de R2 d’équation xy = 1).
Correction →
33
Démonstration. (i) ⇒ (ii) est évident.
(ii) ⇒ (iii) Supposons f continue sur E. En particulier, f est continue en 0, donc il existe
η > 0 tel que pour tout x ∈ E, kxk ≤ η implique kf (x)k ≤ 1.
η
Soit x ∈ E tel que kxk ≤ 1. Alors kxk x ≤ η. Donc
kxk kxk
Å ã
η 1
kf (x)k = f x ≤ ≤ .
η kxk η η
(iv) ⇒ (v) Supposons qu’il existe M > 0 tel que pour tout x ∈ E, kf (x)k ≤ M kxk. Alors
pour tous x, y ∈ E,
kf (y) − f (x)k = kf (y − x)k ≤ M ky − xk ,
ce qui signifie que f est lipschitzienne, donc uniformément continue (Proposition III.4.3).
Enfin, (v) ⇒ (i) est évident.
kf k = sup kf (x)kF
kxkE ≤1
définit une norme sur l’espace vectoriel des applications linéaires continues de E dans F .
De plus, on a :
kf (x)kF
kf k = sup kf (x)kF = sup .
kxkE =1 x∈Er{0} kxkE
En particulier
∀x ∈ E, kf (x)kF ≤ kf k · kxkE .
On note L(E, F ) cet espace vectoriel normé.
kf k + kgk est donc un majorant de {kf (x) + g(x)kF : x ∈ E, kxkE ≤ 1}. En passant au sup
sur kxk ≤ 1 à gauche, on obtient kf + gk ≤ kf k + kgk.
Ceci montre que kf k définit bien une norme.
De plus, pour tout y tel que kykE ≤ 1, on a
Å ã Å ã
y y
kf (y)kF = kykE f ≤ f .
kykE F kykE F
34
Donc
kf k = sup kf (x)kF
kxkE =1
kf (x)kF
Å ã
x
= f ,
kxkE kxkE
donc
kf (x)kF
sup kf (x)kF = sup .
kxkE =1 x∈Er{0} kxkE
Proposition III.6.3. Soient E, F et G trois e.v.n. et soient f ∈ L(E, F ) et g ∈ L(F, G). Alors
g ◦ f ∈ L(E, G), et kg ◦ f k ≤ kgk kf k.
Remarque III.6.4. Il existe des applications linéaires non continues. Par exemple, considérons
l’espace vectoriel C([0, 1], R) des fonctions continues de [0, 1] dans R. Fixons x0 dans l’intervalle
[0, 1], et considérons l’application
L : C([0, 1], R) −→ R
définie par :
∀f ∈ C([0, 1], R), L(f ) = f (x0 )
Alors l’application L n’est pas continue si l’on munit C([0, 1], R) de la norme k.k1 (Démonstra-
tion : voir DCC1).
En revanche, lorsque l’espace de départ est de dimension finie, linéaire implique continue :
Proposition III.6.5. Toute application linéaire d’un espace vectoriel normé de dimension finie
dans un espace vectoriel normé quelconque est continue.
35
Exercice 47. Soient E et F deux espaces normés réels et f : E → F une application bornée
sur la boule unité de E et vérifiant
Correction →
Exercice 49.
1. On munit R2 de la norme ||(x, y)||1 = |x| + |y|.
Soit φ une forme linéaire sur R2 représentée dans la base canonique par la matrice (a b).
Déterminer ||φ||.
2. Même question pour la norme ||(x, y)||∞ = max{|x|, |y|} .
Correction →
. Exercice 33
Soit b ∈ Y . Puisque f est surjective, il existe a ∈ X tel que b = f (a). Puisque A est dense
dans X, il existe une suite (an ) de A qui converge vers a. Puisque f est continue, la suite (f (an ))
est une suite de f (A) qui converge vers f (a) = b. Ceci montre que f (A) est dense dans Y .
Retour texte →
36
. Exercice 34
1) {x ∈ X : f (x) > α} = f −1 (]α, +∞[). Or ]α, +∞[ est un ouvert de R et f est continue,
donc f −1 (]α, +∞[) est un ouvert de X.
De même, {x ∈ X : f (x) < α} = f −1 (] − ∞, α[) est un ouvert de X car f est continue et
] − ∞, α[ est un ouvert de R.
2) {x ∈ X : f (x) ≥ α} = f −1 ([α, +∞[). Or [α, +∞[ est un fermé de R et f est continue,
donc f −1 ([α, +∞[) est un fermé de X.
De même, {x ∈ X : f (x) ≤ α} = f −1 (] − ∞, α]) est un fermé de X car f est continue et
] − ∞, α] est un fermé de R.
3) Tout d’abord, tout intervalle ouvert ]a, b[, (a < b) peut s’écrire
Donc
f −1 (]a, b[) = f −1 (] − ∞, b[) ∩ f −1 (]a, +∞[)
est une intersection de deux ouverts donc un ouvert de X. Soit O un ouvert de R, alors O peut
s’écrire comme l’union dénombrables d’intervalles ouverts :
[
O= ]ai , bi [.
i∈I
Donc [
f −1 (O) = f −1 (]ai , bi [)
i∈I
Donc Åï òã
−1
[
−1 1 1
f (]a, b[) = f a + ,b − ,
j∈N∗
j j
S
est une union dénombrable de fermés. Maintenant, tout ouvert O de R s’écrit O = ]ai , bi [,
i∈I
avec I dénombrable. Donc on peut écrire
Åï òã
−1
[ [
−1 1 1
f (O) = f ai + , bi − ,
i∈I j∈N∗
j j
qui est une union dénombrable de fermés (mais c’est un ouvert !).
Retour texte →
. Exercice 35
1) ⇒. Supposons que f soit continue. Soit A ⊂ X et soit y ∈ f (Ā). Il existe x ∈ Ā tel
que y = f (x). Soit (xn ) une suite de A qui converge vers x. Alors yn = f (xn ) ∈ f (A). Comme
f est continue alors (yn ) converge vers f (x) = y. Donc y est adhérent à f (A). Conclusion
f (Ā) ⊂ f (A).
⇐. Supposons que pour toute partie A de X, f (Ā) ⊂ f (A). Soit F un fermé de Y . Nous
allons montrer que f −1 (F ) est un fermé de X. Notons A = f −1 (F ). Alors f (A) ⊂ F donc
l’inclusion f (Ā) ⊂ f (A) implique f (Ā) ⊂ F̄ = F (puisque F est fermé). Donc Ā ⊂ f −1 (F ) = A.
37
Donc Ā ⊂ A, d’où Ā = A. Donc A = f −1 (F ) est fermé. Finalement, l’image réciproque par f de
tout fermé de Y est un fermé de X, ce qui est équivalent à la continuité de f par la proposition
III.1.4.
Application : si A est dense, alors Ā = X, et sous les hypothèses précédentes alors f (A)
est dense dans l’image de X par f : en effet f (A) contient f (Ā) = f (X). On retrouve ainsi le
résultat d’un l’exercice précédent.
2) ⇒. Supposons f fermé et soit A ⊂ X. Alors A ⊂ Ā donc f (A) ⊂ f (Ā), donc comme Ā
est un fermé et f est fermée alors f (Ā) est un fermé contenant f (A). Mais comme f (A) est le
plus petit fermé contenant f (A) alors f (A) ⊂ f (Ā).
⇐. Réciproquement, supposons f (A) ⊂ f (A) pour toute partie A de X. Cette inclusion
pour un fermé A = F de X donne f (F ) ⊂ f (F̄ ) = f (F ). Donc f (F ) = f (F ). Donc f (F ) est
fermé. Donc l’application f est fermée.
Le raisonnement pour f ouverte est similaire et laissé aux soins de la lectrice ou du lecteur.
Retour texte →
. Exercice 36
Fixons x ∈ [0, 1[. La suite (xn ) converge vers 0. D’autre part, la suite (1n ) est constante
égale à 1, donc sa limite est 1. Donc la suite (fn ) converge simplement vers fa fonction f définie
par f (x) = 0 pour x ∈ [0, 1[ et par f (1) = 1. Cette limite f n’est pas continue en 1.
Retour texte →
. Exercice 37
Soit (E, k.k) un espace vectorial normé. Considérons deux boules B(a, r) et B(b, r0 ) dans E
Pour tout x0 ∈ E, la translation Tx0 : E → E définie par Tx0 (x) = x + x0 est un homéomor-
phisme d’inverse T−x0 . En effet, on a pour tout x ∈ E, (Tx0 ◦ T−x0 )(x) = x − x0 + x0 = x, donc
Tx0 ◦ T−x0 = IdE , et de même, T−x0 ◦ Tx0 = IdE . Donc Tx0 est bijective. De plus, pour tout
x, y ∈ E,
kTx0 (x) − Tx0 (y)k = kx + x0 − y − x0 k = kx − yk .
Donc Tx0 est continue sur E (et même, uniformément continue).
De plus, Tx0 envoie la boule B(0, r) sur B(x0 , r). Donc T−a est un homéomophisme de B(a, r)
sur B(0, r) et Tb est un homéomoprhisme de B(0, r0 ) sur B(b, r0 ).
Pour tout k ∈ R∗ , l’homothétie Hk : E → E de rapport k définie par Hk (x) = kx est un
homéomorphisme d’inverse H 1 . L’inverse est évident. La continuité vient de ce que pour tout
k
x, y ∈ E,
kHk (x) − Hk (y)k = kkx − kyk = |k| kx − yk .
0
De plus, Hk envoie la boule B(0, r) sur la boule B(0, kr). Posons k = rr . Alors Hk est un
homéomorphisme de la boule B(0, r) sur la boule B(0, r0 ).
Donc finalement f = Tb ◦ H r0 ◦ T−a est un homéomorphisme de E sur lui-même qui envoie
r
B(a, r) sur B(b, r0 ).
Retour texte →
. Exercice 38
x
Notons f l’application x 7→ .
1 + kxk
L’application f est continue comme composée d’applications continues. De plus, pour tout
kxk
x ∈ E, kf (x)k = 1+kxk < 1, et de plus, f (0) = 0. Donc f est à valeurs dans la boule ouverte
unité B(0, 1) de E.
38
x
Soit y ∈ B(0, 1) tel que y = f (x), c’est-à-dire y = 1+kxk
. Puisque x et y = f (x) sont
1 kxk
colinéaires avec facteur 1+kxk
positif, alors il existe k ≥ 0 tel que y = kx. On a kyk = 1+kxk
, qui
kyk 1
équivaut à kxk = 1−kyk . On en déduit k est unique et donné par k = 1−kyk . Donc f est bijective
−1 y
de bijection réciproque f (y) = 1−kyk . Cette application est continue comme composée de
fonctions continues. Donc f est un homéeomorphisme d’inverse f −1 .
Retour texte →
. Exercice 39
1) ⇒. Supposons que f soit uniformément continue sur X. Soit deux suites (un )n∈N et
(vn )n∈N d’éléments de X vérifiant d(un , vn ) → 0 lorsque n → +∞. Soit > 0. Puisque f est
uniformément continue sur X, il existe η > 0 tel que
. Exercice 40 R1
1) Soit F l’application définie par F (f ) = 0 |f | . Alors
Z 1 Z 1
|F (f ) − F (g)| = (|f (x)| − |g(x)|) dx ≤ ||f (x)| − |g(x)|| dx
0 0
Z 1
≤ |f (x) − g(x)| dx = kf − gk1 ≤ kf − gk∞ .
0
39
. Exercice 41
1) Montrons l’inégalité triangulaire. Les autres axiomes sont immédiats. Soient x = (x1 , . . . , xn )
et y = (y1 , . . . , yn ) dans E1 × · · · × En . Pour tout i = 1, . . . , n,
Donc
kxi + yi kEi ≤ max kxi kEi + max kyi kEi .
i i
.
3) Fixons i = 1, . . . , n. Soit (xk ) une suite de E qui converge vers a dans E, où pour tout k,
xk = (x1k , . . . , xnk ) et a = (a1 , . . . , an ). On a kpi (xk ) − pi (a)kEi = kxik − ai kEi ≤ kxk − akE → 0.
Donc la suite (pi (xk ))k converge vers pi (a), ce qui montre que l’application pi : x = (x1 , . . . xn ) ∈
E 7→ xi ∈ Ei est continue en a, et ce pour tout a ∈ E.
4) Soit (uk )k∈N une suite à valeurs dans E. Pour tout k, on écrit uk = (u1k , . . . , unk ). Soit
l = (l1 , . . . ln ) ∈ E.
Supposons que (uk )k∈N converge vers l dans E. Alors pour tout i = 1, . . . , n, kuik − li kEi ≤
kuk − lkE → 0. Donc la suite (uik )k∈N converge vers li dans Ei .
Réciproquement, supposons que pour tout i = 1, . . . , n, la suite (uik )k∈N converge vers li
dans Ei . Fixons > 0. Alors pour tout i = 1, . . . , n il existe Ni ∈ N tel que pour tout
k ≥ Ni , k(uik ) − li kEi ≤ . Posons N = maxi Ni . Alors pour tout k ≥ N ,
. Exercice 42
1) Soit (xn )n une suite qui converge vers a. Puisque f et g sont continues en a, alors (f (xn ))n
tend vers f (a) et (g(xn ))n tend vers g(a).
Donc k(f + g)(xn ) − (f + g)(a)k ≤ kf (xn ) − f (a)k + kg(xn ) − g(a)k → 0. Donc la suite
((f + g)(xn ))n converge vers (f + g)(a). Donc f + g est continue en a.
Par ailleurs,
k(f g)(xn ) − (f g)(a)k = kf (xn )g(xn ) − f (xn )g(a) + f (xn )g(a) − f (a)g(a)k
≤ |f (xn )| kg(xn ) − g(a)k + |g(a)| kf (xn ) − f (a)k ,
40
2) Il suffit de le montrer pour un monôme. On conclut alors pour un polynôme en utilisant
la continuité de f + g et une récurrence finie.
D’après la question précédente, le produit de deux fonctions continues est continu. Donc par
une récurrence finie, on montre aisément qu’un produit fini de fonction continues est lui-même
continu. Posons P (x1 , . . . , xn ) = axk11 xk22 . . . xknn . On a P (x1 , . . . , xn ) = ap1 (x)k1 . . . pn (x)kn où
les pi désignent les projections introduites à l’exercice 41. Or l’application constante x 7→ a et
est continue ainsi que les applications projections pi . Donc P est continu (cf exercice 41).
Retour texte →
. Exercice 43
2
1) Identifions Mn (K) avec Kn . Le déterminant est un polynôme en les coefficients de la
matrice. Donc d’après l’exercice 42, l’application det est continue sur Mn (K).
2) GLn (K) = det−1 (K r {0}). Or K r {0} est un ouvert de K et det est continue, donc
GLn (K) est un ouvert de Mn (K).
3) Une matrice M de Mn (K) est de rang ≥ r si et seulement l’une des sous-matrices de
M de taille r × r a un déterminant non nul. Soient A et B deux sous-ensembles de cardinal r
de {1, . . . , n}. Notons detAB : Mn (K) → K l’application qui à M associe le déterminant de la
sous-matrice de M constituée des lignes d’indice A et des colonnes d’indice B. L’application
detAB est une fonction continue par les mêmes arguments qu’à la question 1). Alors une matrice
M de Mn (K) est de rang ≥ r si et seulement si M appartient à la réunion des det−1 AB (K r {0}),
qui sont tous des ouverts puisque les detAB sont continues et puisque K r {0} est un ouvert de
K. Donc l’ensemble des matrices de rang ≥ r est un ouvert de Mn (K).
4) det(M + tIn ) = 0 si et seulement si −t est une valeur propre de M . Soient λ1 , . . . , λs les
valeurs propres non nulles de M et posons η = min{|λi | : i = 1, . . . , s}. Alors pour tout t ∈ R tel
que 0 < |t| < η, on a det(M + tIn ) 6= 0. Soit N ∈ N∗ tel que N1 < η. Alors la suite (M + k1 In )k≥N
est une suite de GLn (K) qui converge vers M . Ceci montre que GLn (K) est dense dans Mn (K).
Retour texte →
. Exercice 44
1) Soit (xn , f (xn ))n une suite de Γf = {(x, y) ∈ R2 : y = f (x)} qui converge dans R2 et soit
(x, y) sa limite. Puisque f est continue, la suite (f (xn ))n converge vers f (x). Par unicité de la
limite, on obtient y = f (x) et donc (x, y) = (x, f (x)) appartient à Γf . Ceci montre que Γf est
un fermé de R2 .
2) La fonction f définie par f (x) = x1 si x 6= 0 et f (0) = 0 n’est pas continue en {0}. Nous
allons démontrer que Γf est un fermé de R2 .
Soit ((xn , x1n ))n une suite de Γf qui converge dans R2 vers (x, y).
Si x 6= 0, posons η = |x|. Alors I =]x − η, x + η[ est un intervalle ouvert dans R r {0} et
f est continue sur I. Donc (f (xn ))n converge vers f (x). Par unicité de la limite, y = f (x) et
(x, y) = (x, f (x)) ∈ Γf .
Si x = 0, alors il existe n0 ∈ N tel que pour tout n ≥ n0 , xn = 0. En effet, supposons le
contraire, alors (xn )n admet une sous-suite (xφ(n) )n dans R r {0}. Puisque (xφ(n) )n converge
1
vers 0 alors yφ(n) = xφ(n) diverge, ce qui contredit le fait que (yn )n converge vers y. Pour tout
n ≥ n0 , on a donc yn = f (xn ) = f (0) = 0. Donc la limite de (yn )n est y = 0. Finalement
(x, y) = (0, 0) ∈ Γf .
Ceci montre que Γf est un fermé de R2 .
Retour texte →
41
. Exercice 45
Soit f : (E, k.kE ) → (F, k.kF ) continue.
1) Le graphe Γf de f est fermé dans E × E par les mêmes arguments que dans l’exercice
précédent.
Montrons que Γf est homéomorphe à E. Considérons la projection p1 : E × E → E définie
par (x, y) = x. Notons φ = p1 ||Γf la restriction de p1 à Γf . Puisque p1 est continue (voir l’exercice
41), la restriction φ est continue. On a φ(Γf ) = E et φ est injective par définition de Γf . Donc φ
est bijective. La bijection réciproque φ−1 : E → Γf est définie par φ−1 (x) = (x, f (x)). Puisque
les deux composantes x 7→ x et x 7→ f (x) sont continues, alors φ−1 est continue d’après la
question 5 de l’exercice 41.
2) Soit g : (E, k.kE ) → (F, k.kF ) continue. Montrons que A = {x ∈ E : f (x) = g(x)} est
fermé dans E. Soit (xn )n une suite de A qui converge vers x. Puisque f et g sont continues,
(f (xn ))n et (g(xn ))n convergent respectivement vers f (x) et g(x). Puisque pour tout n, f (xn ) =
g(xn ), alors par unicité de la limite, f (x) = g(x). Donc x ∈ A. Ceci montre que A est un fermé
de E.
Retour texte →
. Exercice 46
1) Soit P un polynôme, et soit F un fermé de R. Soit (yn ) une suite convergente d’éléments
de P (F ). Notons y ∈ R sa limite. Pour tout n ∈ N, existe xn ∈ F tel que yn = P (xn ). Comme
(yn ) est bornée (car convergente) alors (xn ) aussi est bornée ; en effet un polynôme n’a une
limite infinie qu’en ±∞. Comme (xn ) est une suite bornée de R on peut en extraire une sous-
suite convergente (xφ(n) ) de limite x. Comme F est fermé, x ∈ F . Comme P est continue (c’est
un polynôme) alors yφ(n) = P (xφ(n) ) → P (x), mais (yφ(n) ) converge aussi vers y. Par unicité de
la limite y = P (x) ∈ P (F ). Donc P (F ) est fermé.
2) Notons p1 : R2 → R la projection p1 (x, y) = x. L’hyperbole H = {(x, y) ∈ R2 : xy = 1)
est un fermé de R2 (par les mêmes argument que dans l’exercice 45, mais p1 (H) = R∗ n’est pas
un fermé de X = R.
Retour texte →
. Exercice 47
Si f est linéaire et bornée sur la boule unité alors elle est continue.
Il reste donc à montrer que f est linéaire : on a déjà f (x + y) = f (x) + f (y) pour tout x, y
reste donc à prouver f (λx) = λf (x). Pour tout λ ∈ R et x ∈ E.
Pour λ ∈ Z, c’est une récurrence, f (2x) = f (x + x) = f (x) + f (x) = 2f (x). Puis f (3x) =
f (2x+x) = f (2x)+f (x) = 2f (x)+f (x) = 3f (x) etc. Donc f (nx) = nf (x) pour n ∈ N. De plus
0 = f (0) = f (x + (−x)) = f (x) + f (−x) donc f (−x) = −f (x). Ensuite on a f (−nx) = −nf (x)
pour n ∈ N . Bilan : pour tout λ ∈ Z on a f (λx) = λf (x).
Pour λ ∈ Q, soit λ = pq , p, q ∈ Z.
Å ã Å ã Å ã Å ã
p 1 p x p x p
f x = pf x = qf = f q = f (x).
q q q q q q q
Nous avons utilisé intensivement le premier point.
Soit λ ∈ R alors il existe une suite (λn ) d’élément de Q qui converge vers λ. Fixons x ∈ E.
42
Nous avons utilisé le second point. Soit ∈ Q∗+ . Pour n assez grand on a k(λ − λn )xk < .
Donc 1 (λ − λn )x ∈ B(0, 1) or f est bornée sur la boule unité donc il existe M > 0 tel que
f ( 1 (λ − λn )x) ≤ M (quelque soit n). Donc f (λ − λn )x) ≤ M ( est rationnel donc on peut le
“sortir”). De même pour n assez grand on a (λn − λ)f (x) < . Maintenant
Donc pour x, λ fixés, kf (λx) − λf (x)k est aussi petit que l’on veut, donc est nul ! D’où f (λx) =
λf (x) pour λ ∈ R.
Retour texte →
. Exercice 48
On pose E = E1 × E2 × . . . × En .
(i) ⇒ (ii) est immédiat.
(ii) ⇒ (iii) Supposons que φ soit continue en 0. Alors il existe η > 0 tel que pour tout
y ∈ E, kyk ≤ η ⇒ kφ(y)k ≤ 1. Soit x = (x1 , . . . , xn ) ∈ E tel que kxk = maxi kxi kEi ≤ 1.
Posons y = (ηx1 , . . . , ηxn ) . Alors kyk ≤ η et puisque φ est n-linéaire on a φ(y) = η n φ(x) et on
obtient :
1 1
kφ(x)k = n kφ(y)k ≤ n .
η η
Donc φ est bornée par η1n sur la boule unité.
(iii) ⇒ (iv) Supposons que φ soit bornée par M sur la boule unité, c’est-à-dire que pour
tout x ∈ E tel que kxk ≤ 1, on ait kφ(x)k ≤ M .
Soit x = (x1 , . . . , xn ) ∈ E. Si kx1 k · · · kxn k = 0 on vérifie que φ(x) = 0 et sinon, puisque φ
est n-linéaire,
Å ã
x1 xn
φ(x) = φ kx1 k , . . . , kxn k = kx1 k . . . kxn k φ(y),
kx1 k kxn k
Donc M = C convient.
(iv) ⇒ (i) Supposons qu’il existe C > 0 tel que pour tout x = (x1 , . . . , xn ) ∈ E, kφ(x)k ≤
C kx1 k . . . kxn k. Soit a = (a1 , . . . , an ) ∈ E. Montrons que φ est continue en a.
Pour tout h = (h1 , . . . , hn ) ∈ E on a
Comme a et n sont fixés, le membre de droite tend vers 0 lorsque khk tend vers 0.
Retour texte →
43
. Exercice 49
1) Pour la norme ||(x, y)||1 = |x| + |y|. Posons M = max{|a|, |b|} = |a| .
On a pour tout (x, y) ∈ R2 r {(0, 0)},
2) Pour la norme ||(x, y)||∞ = max{|x|, |y|}. On a pour tout (x, y) ∈ R2 r {(0, 0)},
De plus, cette borne supérieure |a| + |b| est atteinte pour (x, y) = (1, 1). On en déduit :
|φ(x, y)|
kφk = sup = |a| + |b|.
(x,y)∈R2 r{0} ||(x, y)||∞
Retour texte →
44
Quatrième partie
Espaces compacts
Dans ce chapitre, les espaces considérés sont des espaces métriques. Nous allons introduire
une des notions les plus fondamentales en topologie. Tout le calcul différentiel (formules de
Taylor, développements limités, relations entre les variations de la fonction et le signe de sa
dérivée, etc) est basée sur la compacité.
Tout d’abord, pour bien comprendre la notion de compacité, soulignons qu’il est important
de bien maı̂triser la notion de distance induite et de topologie induite. Nous renvoyons le
lecteur au chapitre précédent pour ces notions. Dans la suite, toute partie Y ⊂ X d’un espace
métrique (X, d) sera vue systématiquement comme un sous-espace de X, c’est-à-dire comme
espace métrique muni de la métrique induite.
Définition IV.1.2. Soit X un espace métrique. On dit que X est compact s’il vérifie la
propriété suivante, dite propriété de Borel-Lebesgue :
De tout recouvrement ouvert de X, on peut extraire un recouvrement fini. Autrement dit, de
toute famille (Ui )i∈I d’ouverts de X dont X est la réunion, on peut extraire une famille finie
Ui1 , . . . , Uin , i1 , . . . , in ∈ I dont la réunion est encore X.
Exemple IV.1.3. Un espace métrique ayant un nombre fini déléments est compact. Par
exemple, Z ∩ [−2019, 2019] est un sous-espace compact de (R, |.|).
Corollaire IV.1.5. Soit X un espace métrique compact. Toute suite de fermés (Fi )i∈N non
vides décroissante pour l’inclusion, i.e., telle que pour tout n ∈ N, Fn+1 ⊂ Fn , admet une
intersection non vide ;
Démonstration. Supposons que (Fi )i∈I soit une suite de fermés non vides, décroissante pour
l’inclusion. Si l’intersection des Fi est vide, alors d’après la proposition IV.1.4, on peut extraire
une famille finie Fi1 , . . . , Fin , i1 , . . . , in ∈ I dont l’intersection est vide. Comme la suite est
décroissante, cela signifie que Fin est vide, ce qui contredit l’hypothèse.
À titre de premier exemple, voici un résultat important :
Théorème IV.1.6 (Théorème de Borel-Lebesgue). Soient a et b deux nombres réels tels que
a ≤ b. Dans l’espace vectoriel normé (R, | |), l’intervalle [a, b] est compact.
45
Démonstration. Soit (Oi )i∈I un recouvrement ouvert de [a, b]. Alors pour tout i ∈ I, il existe
un ouvert Ui de R tel que Oi = Ui ∩ [a, b] (topologie induite). Notons C l’ensemble des points x
de [a, b] tels que l’intervalle [a, x] soit recouvrable par un nombre fini de Ui .
La partie C n’est pas vide car elle contient a. En effet, l’intervalle [a, a] est égal au singleton
{a} qui est recouvert par n’importe quel ouvert Ui qui contient a (il en existe au moins 1). De
plus, la partie C est majorée par définition. Donc C admet une borne supérieure. Appelons-la c.
Par définition c est un point de [a, b]. Il existe donc un indice j(c) tel que l’ouvert Uj(c) contienne
c. Comme Uj(c) est ouvert, il existe > 0 tel que B(c, ) soit incluse dans Uj(c) . Par ailleurs, c est
la borne supérieure de C, donc il existe un point d de C dans ]c − , c]. Par définition, l’intervalle
[a, d] est recouvrable par un nombre fini de Ui , et par construction ]d, c + [ est inclus dans Uj(c) .
Donc c = b sinon on obtiendrait une contradiction sur le fait que c est la borne supérieure de
C.
Démonstration. Soit F un fermé inclus dans un compact K. Soit (Fi )i∈I une famille de fermés
de F d’intersection vide. Chaque Fi s’écrit donc Fi = Fi ∩ F où Fi est un fermé de K (c.f.
Exercice 22). (Fi )i∈I est donc une famille de fermés de K d’intersection vide. On peut en extraire
une sous-famille finie d’intersection vide dans K (cf Proposition IV.1.4). En intersectant avec
F , on obtient une sous famille de (Fi )i∈I d’intersection vide.
Proposition IV.2.3. Les compacts de (R, |.|) sont les fermés bornés.
46
Remarque IV.2.4. Nous verrons plus loin que cette proposition s’étend aux espaces vectoriels
normés de dimension finie, mais est fausse en général en dimension infinie.
Démonstration. C’est une intersection de fermés, donc elle est fermée, dans un compact, donc
compacte.
Démonstration. Supposons que X soit compact et prenons une suite (xn ) de X. L’espace X
est la réunion de toutes ses boules ouvertes de rayon 1. Puisque X est compact, on peut en
extraire un sous-recouvrement fini : il existe y1 , . . . , yk dans X tels que
k
[
X= B(yk , 1).
i=1
Au moins l’une des boules B(yi , 1), par exemple B(y1 , 1) contient une infinité de termes de la
suite. Notons K1 l’adhérence de B(y1 , 1), c’est-à-dire la boule fermée Bf (y1 , 1). Par définition
elle contient une infinité de termes de la suite. Notons que K1 est un compact, comme fermé
dans un compact. On réitère le processus avec K1 au lieu de X et des boules de rayon inférieur
à 12 centrées en les points de K1 . On choisit alors une boule fermée K2 de rayon 12 de K1 qui
contient une infinité de termes de la suite.
On recommence sur K2 en prenant des boules de rayons < 14 dans K2 .
On obtient ainsi une suite de compacts non vides (donc de fermés) emboités . . . Ki+1 ⊂
Ki ⊂ . . . ⊂ K2 ⊂ K1 ⊂ K. L’intersection de ces fermés est non vide d’après la Proposition ,
et cette intersection contient au plus un point car les Ki sont inclus dans des boules de rayon
2−i+1 de X. Notons x ce point. Pour > 0, la boule B(x, ) contient tous les Ki dont l’indice
i est tel que 2−i+2 < . Elle contient donc une infinité de termes de la suite, donc x est une
valeur d’adhérence de la suite.
Réciproquement, supposons que de toute suite on puisse extraire une valeur d’adhérence.
Soit (Ui )i∈I un recouvrement ouvert de X.
Montrons tout d’abord qu’il existe r > 0 tel que pour tout x ∈ X, il existe i(x) ∈ I tel que
B(x, r) ⊂ Ui(x) . Supposons le contraire, c’est-à-dire que pour tout r > 0, il existe y ∈ X tel que
pour tout i ∈ I, B(y, r) 6⊂ Ui . Alors pour tout n ∈ N, il existe xn ∈ X tel que pour tout i ∈ I,
B(xn , 2−n ) 6⊂ Ui . Par hypothèse, la suite (xn ) admet une sous-suite (xφ(n) )n qui converge dans
X. Soit x sa limite et soit i0 ∈ I tel que x ∈ Ui0 . On a limn→∞ d(xφ(n) , x) + 2−φ(n) = 0. Donc il
existe N ∈ N tel que d(xφ(N ) , x) + 2−φ(N ) ≤ . Mais alors B(xφ(n) , 2−φ(n) ) ⊂ Ui0 . Contradiction.
On peut donc fixer r > 0 tel que pour tout x ∈ X, il existe i(x) ∈ I tel que B(x, r) ⊂ Ui(x) .
Montrons
Sm maintenant qu’il existe un ensemble fini de points de X, p1 , . . . , pm tel que X =
j=1 B(pj , r).
47
Supposons le contraire. Alors ceci implique l’existence d’une suite (xn )n telle que pour tout
n ∈ N et pour tout j ≥ n, d(xn+1 , xj ) ≥ r. Donc la suite (xn )n n’a aucune valeur d’adhérence,
ce qui contredit l’hypothèse.
Fixons donc p1 , . . . , pm tels que X = m
S
j=1 B(pj , r). Par définition
Smde r, pour chaque pj , il
existe un ouvert Uij tel que B(pj , r) ⊂ Uij , ce qui montre que X = j=1 Uij
Donc X est compact.
De ce théorème, on déduit deux résultats importants :
Corollaire IV.3.2. Une suite à valeurs dans un compact K converge si et seulement si elle
admet une unique valeur d’adhérence.
Démonstration. Soit (xn ) soit une suite convergente. Alors sa limite est une valeur d’adhérence.
De plus, cette valeur d’adhérence est unique. En effet, supposons le contraire, alors (xn ) possède
une valeur d’adhérence y telle que y 6= x. Soit r > 0 tel que r < d(x, y). Puisque (xn ) converge
vers x, il existe N ∈ N tel que pour tout n ≥ N , d(x, xn ) ≤ r. Mais alors, la boule B(y, r0 )
où r0 = d(x, y) − r ne contient aucun terme de la suite, donc y ne peut pas être une valeur
d’adhérence de la suite. (Remarquons que l’on n’a pas utilisé l’hypothèse K compact dans cette
partie).
Réciproquement, supposons que (xn ) admette une unique valeur d’adhérence x. Supposons
que (xn ) ne converge pas vers x. Alors il existe > 0 tel que pour tout N ∈ N, il existe n ≥ N
tel que d(x, xn ) ≥ . Donc il existe une infinité de termes de la suite en dehors de la boule
B(x, ), qui forment un sous-suite de (xn ). La compacité de K permet alors d’extraire de cette
sous-suite une suite xφ(n) qui admet une valeur d’adhérence y. Celle-ci ne peut être égale à x
puisque tous les termes de xφ(n) sont en dehors de la boule B(x, ). Donc la suite (xn ) admet
deux valeurs d’adhérence distintes x et y, ce qui contredit l’hypothèse. Ainsi (xn ) converge vers
x.
Exercice 51. Dans un espace métrique (X, d), montrer que l’ensemble formé des termes d’une
suite convergente et de sa limite est un ensemble compact.
Correction →
Exercice 52.
1. Soit K une partie compacte incluse dans le demi-plan supérieur de R2 : K ⊂ {(x, y) ∈
R2 / y > 0}. Montrer qu’il existe r > 0 tel que pour tout (x, y) ∈ K on ait y ≥ r,
a. en utilisant la propriété de Bolzano-Weierstrass,
b. en considérant les parties {(x, y) ∈ K / y > t}.
2. La propriété reste-t-elle vraie si l’on suppose uniquement K fermé ?
Correction →
48
Correction →
2. Donner un exemple
\ d’une suite (Fn ) décroissante de fermés non vides d’un espace métrique
X telle que Fn = ∅.
n≥0
T
3. Soit (Kn ) une suite décroissante de compacts non vides de X. Montrer que K = n∈N Kn
est non vide et que si Ω est un ouvert contenant K, il contient tous les Kn à partir d’un
certain rang.
Correction →
Exercice 55. Soit E est un espace vectoriel normé. Si A et B sont deux parties de E on note
A + B l’ensemble {a + b /a ∈ A, b ∈ B}.
1. Montrer que si A est fermée et B est compacte alors A + B est fermée.
2. Donner un exemple de deux fermés de R dont la somme n’est pas fermée.
Correction →
Exercice 56. Soit K un compact d’un espace vectoriel normé E tel que 0 ∈
/ K. Notons
F = {λx / λ ∈ R+ , x ∈ K}.
Démonstration. Soit (yn ) une suite à valeurs dans f (K). Pour chaque n il existe xn ∈ K tel
que yn = f (xn ). Puisque K est compact, la suite (xn ) admet une valeur d’adhérence x ∈ K.
Soit (xφ(n) ) une suite extraite qui converge vers x. Par continuité de f , la suite (yφ(n) ) converge
vers y = f (x) ∈ f (K). Ceci montre que f (K) est compact.
Remarque IV.4.2. En revanche, l’image réciproque d’un compact par une application continue
n’a pas de raison d’être un compact. Ainsi, si X = Y = R et si f (x) = sin(x), l’image réciproque
du compact [−1, 1] est R tout entier qui n’est pas compact puisque non borné.
49
Proposition IV.4.3. Si f : K → Y est une bijection continue sur un compact K, alors f est
un homéomorphisme.
Démonstration. Il suffit de vérifier que f −1 est continue. Cela signifie que l’image directe de
tout fermé de K est un fermé de Y . Or un fermé de K est un compact donc son image est
compacte donc fermée.
Proposition IV.4.4. Soit K un compact et soit f : K → R une fonction continue. Alors f (K)
est bornée et f atteint ses bornes.
Démonstration. L’image f (K) est un compact de R donc un fermé borné. Cela signifie que f
est bornée. Si a = sup{f (x), x ∈ K}, alors il existe une suite (yn ) de f (K) qui converge vers a.
Donc a est dans l’adhérence de f (K) qui est un fermé. Donc a ∈ f (K), et il existe x ∈ K tel
que a = f (x). On procède de même pour la borne inférieure.
Corollaire IV.4.5. Si f : K →]0, +∞[ est une fonction continue, alors il existe > 0 telle que
pour tout x ∈ K, f (x) ≥ > 0.
Démonstration. f est bornée et atteint ses bornes. Il existe donc x0 dans K tel que ∀x ∈
K, f (x) ≥ f (x0 ).
Comme f (x0 ) > 0, on peut poser = f (x0 ). Il satisfait la double inégalité voulue.
Exercice 57. Soient K et F des parties (non vides) d’un espace métrique (X, d). On suppose
que K est un compact et que F est un fermé de X. On suppose de plus que F ∩ K est vide.
Démontrer qu’il existe d > 0 tel que pour tout x dans K et pour tout y dans F , d(x, y) ≥ d > 0.
Correction →
Exercice 58. (Le lemme d’Urysohn)
Soit K un compact dans un espace métrique (X, d) et soit U un ouvert qui contient K.
Alors il existe une application continue φ de X dans [0, 1] qui vaut 0 sur X r U et 1 sur K.
Correction →
50
IV.6 Compacité dans les espaces vectoriels normés
IV.6.1 Compacité ou non compacité des boules unités
On considère un espace vectoriel normé (E, k.kE ). Dans R, nous avons vu que les compacts
sont les fermés bornés. On se demande donc si la boule unité fermée de E est compacte.
Théorème IV.6.1. Dans Rk la boule unité fermée pour la norme k.k∞ est compacte.
Démonstration. Soit (xn ) une suite de la boule unité. Alors pour tout n ∈ N xn = (x1n , . . . , xkn )
où le réel xin est dans [−1, +1]. Puisque [−1, +1] est un compact de R, la suite (x1n ) admet une
sous-suite (x1φ1 (n) )n qui converge dans [−1, 1] vers une limite x1 . Considérons la suite (xφ1 (n) ).
On peut alors en extraire une suite (xφ2 (n) )n telle que la suite (x2φ2 (n) )n converge dans [−1, 1]
vers une limite x2 . Par récurrence finie, on construit ainsi une suite (xφ(n) )n extraite de (xn )
telle que pour tout i = 1, . . . , k, la suite (xkφ(n) )n admet une limite xk ∈ [−1, 1]. Ceci signifie
que la suite (xφ(n) )n converge vers x = (x1 , . . . , xk ), qui appartient à la boule unité de Rk pour
la norme k.k∞ .
Remarque IV.6.2. En revanche, on peut démontrer que en dimension infinie la boule unité
fermée n’est pas compacte.
51
bornée sur S(0, 1) et atteint ses bornes. Il existe alors a ≥ 0 tel que pour tout x dans S(0, 1),
N (x) ≥ a. On ne peut pas avoir a = 0. En effet, si tel était le cas, il existerait x dans S(0, 1)
vérifiant N (x) = a = 0. Or, N est une norme, et N (x) = 0 entraine x = 0 6∈ S(0, 1).
On a donc trouvé a > 0 tel que x ∈ S(0, 1) implique N (x) ≥ a, c’est-à-dire par contraposée,
N (x) < a implique kxk1 < 1. Et donc N (x) < 1 implique kxk1 < a1 , donc Id : (Rn , N ) →
(Rn , k.k1 ) est bornée sur la boule unité.
Finalement, nous avons démontré que
est un homéomorphisme.
On obtient donc un meilleur résultat que le Théorème IV.6.1 :
Corollaire IV.6.4. Dans un espace vectoriel normé de dimension finie, toute boule fermée est
compacte.
Démonstration. Puisqu’en dimension finie, toutes les normes sont équivalentes, et puisque de
la première partie de la démonstration précédente, on sait que (E, N∞ ) est homéomorphe à
(Rn , k.k∞ ), il suffit de montrer le résultat pour (Rn , k.k∞ ). Or on sait que la boule fermée unité
est un compact, et que toute les boules sont deux à deux homéomorphes. Donc toute boule
fermée est un compact.
On obtient également le corollaire suivant :
Corollaire IV.6.5. Dans un espace vectoriel normé de dimension finie, les compacts sont les
fermés bornés.
Démonstration. On sait déjà que dans un espace métrique, tout compact est un fermé borné.
Soit (E, k.k) un espace vectoriel normé de dimension finie et soit F un fermé borné. Puisque
F est borné, il est inclus dans une boule fermée Bf (0, R), qui est compacte d’après le résultat
précédent. Puisque F est fermé dans le compact Bf (0, R), alors F est un compact.
Exercice 59. Montrer que On (R) = {M ∈ Mn (R) / M t M = In } est une partie compacte de
Mn (R), où t M désigne la matrice transposée.
Correction →
52
topologie discrète, cf Définition II.8.4). Par passage au complémentaire, on en déduit que toute
partie de E est un fermé.
Donc les fermés bornés de E sont toutes les parties de E.
Retour texte →
. Exercice 51
Soit (xn )n≥1 une suite convergente de (X, d) et soit l sa limite. On pose A = {xn : n ∈
∗
N } ∪ {l}. Montrons que A est compact. Soit (Oi )i∈I une famille d’ouverts de A qui recouvre
A. On doit montrer que l’on peut en extraire un recouvrement fini. Pour chaque i ∈ I, on a
Oi = Ui ∩ A où Ui est un ouvert de X (topologie induite). Soit i0 ∈ I tel que l ∈ Oi0 . Puisque
Ui0 est un ouvert de X, il existe r > 0 tel que B(l, r) ⊂ Ui0 . Puisque (xn ) converge vers l, il
existe N ∈ N tel que pour tout n ≥ N, d(xn , l) < r. Donc pour tout n ≥ N, xn ∈ Oi0 .
Pour chaque k = 1, . . . , N − 1, fixons ik ∈ I tel que xik ∈ Oik . On obtient
N
[ −1
A = Oi0 ∪ Oik ,
k=1
. Exercice 52
1) Soit K une partie compacte incluse dans le demi-plan supérieur de R2 : K ⊂ {(x, y) ∈
2
R / y > 0}. Montrons qu’il existe r > 0 tel que pour tout (x, y) ∈ K on ait y ≥ r
i) En utilisant la propriété de Bolzano-Weierstrass.
On raisonne par l’absurde. Supposons qu’un tel r n’existe pas. Alors pour tout n ∈ N∗ , il
existe (xn , yn ) ∈ K tel que yn < n1 . Puisque (xn , yn ) est un suite de K qui est compact,
(xn , yn ) admet un suite extraite qui converge dans K. Soit (x, y) sa limite. Pour tout n,
on a 0 < yn < n1 . On obtient y = 0 par passage à la limite. Donc (x, 0) ∈ K, ce qui
contredit K ⊂ {(x, y) ∈ R2 / y > 0}.
ii) En considérant les parties {(x, y) ∈ K / y > t}.
Pour t > 0, on pose Ot = {(x, y) ∈ K / y > t}. C’est un ouvert de R2 , donc Ut = Ot ∩K est
un ouvert de K. Puisque K ⊂ {(x, y) ∈ R2 / y > 0}, tout point (x, y) de K appartient à
O|y| , donc la famille (Ot )t>0 forme un recouvrement ouvert de K. Puisque K est compact,
on peut en extraire un recouvrement fini, et puisque pour tout t < t0 , on a Ot0 ⊂ Ot , on en
déduit qu’il existe t0 tel que K ⊂ Ot0 . Posons r = t0 . On a alors K ⊂ {(x, y) ∈ R2 / y ≥ r}.
2) La propriété reste-t-elle vraie si l’on suppose uniquement K fermé ?
La réponse est non : prenez par exemple le fermé F = {(x, y) ∈ R2 : y ≥ x1 }.
Retour texte →
. Exercice 53
1) Il existe une suite ((xn , yn )) de A × B telle que lim d(xn , yn ) = d(A, B). Puisque A est
compacte, (xn ) admet une sous-suite (xφ(n) ) qui converge dans A vers un certain x. On a alors
d(x, xφ(n) ) → 0 et d(xφ(n) , yφ(n) ) → d(A, B). Comme
53
si d(A, B) = 0 alors yφ(n) converge vers x, et comme B est fermée, x ∈ B. Donc x ∈ A ∩ B, ce
qui contredit A ∩ B = ∅.
2) Il suffit de remarquer que dans la démonstration précédente, on n’a pas utilisé le fait que
B est compacte, mais seulement le fait que B est fermée.
3) Posons A = {(x, y) ∈ R2 : y = ex } et B = {(x, y) ∈ R2 : y = −ex }. On a d(A, B) = 0 car
pour tout n ∈ N, on a xn = (−n, e−n ) ∈ A et yn = (−n, −e−n ) ∈ B, et d(xn , yn ) = |2e−n | → 0
quand n → +∞.
Retour texte →
. Exercice 54
1) Soit (xn ) une suite convergente de X telle que xn ∈ Fn pour tout entier n et soit l sa
limite. Fixons n ∈ N. Alors pour tout k ≥ n, on a xk ⊂ Fk ⊂ Fn , donc (xk )k≥n est une suite de
Fn qui converge vers l dans X. Puisque Fn est fermé, on en déduit l ∈ Fn . Ceci étant valable
pour tout n ∈ N, on en déduit que l est dans l’intersection des Fn , qui est donc non vide.
2) Dans X = R, considérer la suite de fermés Fn = [n, +∞[.
3) Fixons un (xn ) dans chaque Kn . Puisque la suite de compacts est décroissante, la suite
(xn ) est une suite de K0 . Puisque KT 0 est compact, il existe une sous-suite (xφ(n) ) qui converge
dans K0 . Soit l sa limite. Alors l ∈ n∈N Kφ(n) . De plus, T pour tout k ∈ N, il existe n0 ∈ N tel
que k ≤ φ(n0 ), et on a alors Kφ(n0 ) ⊂ Kk . Donc T l ∈ n∈N Kφ(n) ⊂ Kφ(n0 ) ⊂ Kk . Ceci étant
valable pour tout k ∈ N, on en déduit l ∈ K = k∈N Kk . Donc K 6= ∅.
Soit Ω un ouvert contenant K. Montrons qu’il existe n0 ∈ N tel que pour tout n ≥ n0 , Kn ⊂
Ω.
Supposons le contraire : pour tout n ∈ N, il existe k ≥ n tel que Kn 6⊂ Ω, i.e., Kn ∩ Ωc = ∅.
On peut alors construire par récurrence une suite (xn )n et une fonction croissante φ : N → N
telle que pour tout n ∈ N, xn ⊂ Kφ(n) ⊂ Ωc .
Puisque (xn )n est une suite de Kφ(0) , (xn ) admet une sous-suite xψ(n) qui converge dans
Kφ(0) . Soit l sa limite. Puisque xψ(n) est une suite du fermé Ωc , on a l ∈ Ωc .
T puisque pour tout n ∈ N, on a xψ(n) ∈ Kφ(ψ(n)) , on peut appliquer 1), et on
Par ailleurs,
obtient l ∈ Kφ(ψ(n)) . Puisque le suite (Kn ) est décroissante, ceci implique l ∈ K, et donc
l ∈ Ω. Contradiction.
Retour texte →
. Exercice 55
1) Soit (zn ) = (an + bn ) une suite de A + B qui converge dans E. Soit l sa limite. La suite
(bn ) = (zn − an ) est un suite du compact B, donc elle admet une sous-suite bφ(n) qui converge
dans B. Soit b ∈ B sa limite. Alors la suite (aφ(n) ) = (zφ(n) ) − bφ(n) )) est une suite qui converge
vers a = l − b, et comme A est fermé, a ∈ A. Donc finalement, l = a + b avec a ∈ A et b ∈ B.
Donc l ∈ A + B.
2) Considérons A = N∗ et B = {−n + n1 : n ∈ N∗ }. A et B sont des fermés car leurs
complémentaires sont des unions d’intervalles ouverts. La suite ( n1 )n∈N∗ est une suite de A + B
qui converge dans R vers 0. Mais 0 6∈ A + B. Donc A + B n’est pas un fermé.
Retour texte →
. Exercice 56
Soit (zn ) = (λn xn ) une suite de F qui converge dans E vers une limite l. Montrons que
l ∈ F . Puisque K est compact, la suite (xn ) de K admet une sous-suite (xφ(n) ) qui converge
54
dans K. Soit x sa limite. Puisque 0 6∈ K, on a x 6= 0 et pour tout n, xn 6= 0. Puisque λn ≥ 0,
alors pour tout n, on a :
|λφ(n) | xφ(n) zφ(n)
λφ(n) = = .
xφ(n) xφ(n)
l
Donc la suite (λφ(n) ) converge vers λ = x
∈ R+ . Finalement, on obtient l = λx où λ ∈ R+ et
x ∈ K, d’où l ∈ F .
Retour texte →
. Exercice 57
Pour x dans K on pose f (x) := inf{d(x, y) : y ∈ F }. Montrons que f est bien définie et est
continue à valeurs dans ]0, +∞[.
L’ensemble {d(x, y) : y ∈ F } est une partie non vide et minorée de R. Elle admet donc une
borne inférieure. Ceci définit f (x). Par définition de la distance, f (x) est ≥ 0. Si f (x) = 0,
alors la définition de la borne inférieure permet de trouver une suite (yn ) à valeurs dans F telle
que la limite de d(x, yn ) soit 0. Ceci entraine que x est dans F = F et dans K. Cela contredit
l’hypothèse F ∩ K = ∅.
Il reste à montrer que f est continue. Soient x et x0 dans K, et soit y dans F . L’inégalité
triangulaire donne
f (x) ≤ d(x, y) ≤ d(x, x0 ) + d(x0 , y).
Ceci est vrai pour tout y donc on obtient f (x) ≤ d(x, x0 )+f (x0 ), ce qui s’écrit aussi f (x)−f (x0 ) ≤
d(x, x0 ). En échangeant les rôles de x et x0 , on obtient |f (x) − f (x0 )| ≤ d(x, x0 ), ce qui montre
que f est continue. On applique alors le Corollaire IV.4.5.
Retour texte →
. Exercice 58
On pose F = X r U ; c’est un fermé. La fonction f : X → R définie par f (x) = d(x, F ) est
continue et vaut 0 sur F . Sur K, f est continue et donc bornée et atteint ses bornes. Soit δ le
minimum de f sur K ; on pose φ(x) = min(1, 1δ f (x)).
Retour texte →
. Exercice 59
Puisque Mn (R) est un espace vectoriel de dimension finie, pour montrer que On (R) = {M ∈
Mn (R) / M t M = In } est une partie compacte de Mn (R), il suffit de montrer que On (R) est
fermé et borné (Corollaire IV.6.5).
On (R) = {f −1 ({In })} où f est l’application f : Mn (R) → Mn (R) définie par f (M ) = M t M .
Or f est continue puisque ses applications composantes (coefficients de la matrice image) sont
continues en les coefficients de la matrice M . Or le singleton {In } est un fermé de Mn (R)
2
(identifié avec Rn muni de l’une des norme usuelles). Donc On (R) = {f −1 ({In })} est un fermé
de Mn (R).
Pour tout M = (a Pijn)1≤i,j≤n , l’égalité M t M = In donne sur les termes de la diagonale : pour
tout i ∈ {1, . . . , n}, k=1 a2ik = 1.
Donc pour tous i, j ∈ {1, . . . , n}, on a |aij |2 ≤ 1, donc
max{|aij | : 1 ≤ i, j ≤ n} ≤ 1,
ce qui montre que On (R) est contenu dans la boule unité pour la norme infinie de Mn (R). Donc
On (R) est borné.
55
Finalement, On (R) est fermé borné et donc compacte puisque Mn (R) est de dimension finie.
Retour texte →
56
Cinquième partie
Espaces complets
V.1 Suites de Cauchy
Définition V.1.1. Une suite (xn )n∈N dans un espace métrique (X, d) est dite de Cauchy si
Alors pour tout n ∈ N, xn ∈ B(xN , r), ce qui signifie que (xn ) est bornée.
3) Soit (xn ) une suite de Cauchy admettant une valeur d’adhérence x. Soit (xφ(n) ) une suite
extraite qui converge vers x. Soit > 0 et soit N1 ∈ N tel que pour tout n ≥ N1 , d(xφ(n) , x) < 2 .
Soit N2 ∈ N tel que pour tout n, m ≥ N2 , d(xn , xm ) < 2 . Posons N = max(N1 , N2 ). Alors pour
tout n ≥ N , on a φ(n) ≥ n, donc
d(x, xn ) ≤ d(x, xφ(n) ) + d(xφ(n) , xn ) ≤ + = .
2 2
Donc la suite (xn ) converge vers x.
57
Exercice 60. Démontrer les trois affirmations des exemples V.2.2
Correction →
Exercice 61. Démontrer que tout sous-espace complet d’un espace métrique est fermé.
Correction →
Démonstration. Soit (xn ) une suite de Cauchy d’éléments de K. Elle admet au moins une valeur
d’adhérence par la propriété de Bolzano-Weierstrass et au plus une car elle est de Cauchy. Donc
elle converge par le Corollaire IV.3.2.
Exercice 62. Soit E un espace vectoriel et soient k.k1 et k.k2 deux normes équivalentes sur E.
Démontrer que (E, k.k1 ) est un espace de Banach si et seulement si (E, k.k2 ) est un espace de
Banach.
Correction →
Démonstration. Soit (fn ) une suite de Cauchy dans (C([0, 1], R), ||.||∞ ). Alors
Fixons > 0 et N ∈ N comme ci-dessus. Pour x fixé dans [0, 1], on a donc ∀m, n ≥ N, |fn (x) −
fm (x)| < . La suite numérique (fn (x))n est donc de Cauchy dans R. Puisque R est complet,
elle converge dans R. Notons f (x) sa limite. On a donc une suite (fn ) d’applications continues
qui converge simplement vers une application f : [0, 1] → R.
En faisant tendre m vers +∞ dans l’inégalité (1), on obtient donc :
ce qui signifie que fn converge vers f pour la norme k.k∞ (ce qui équivaut à la convergence
uniforme).
Il reste à montrer que f est continue sur [0, 1]. Soit x0 ∈ [0, 1] et soient et N comme
ci-dessus. On a :
|f (x) − f (x0 )| ≤ |f (x) − fN (x)| + |fN (x) − fN (x0 )| + |fN (x0 ) − f (x0 )|,
Or |f (x) − fN (x)| < et |f (x0 ) − fN (x0 )| < . De plus, fN est continue en x0 , donc il existe
η > 0 tel que |x − x0 | < η implique |fN (x) − fN (x0 )| < . Finalement, pour tout > 0, il existe
η > 0 tel que |x − x0 | < η implique |f (x) − f (x0 )| < 3. Ce qui signifie que f est continue en
x0 et ce pour tout x0 ∈ [0, 1].
58
Remarque V.3.3. On a constaté au passage que la convergence d’une suite de fonctions pour
la norme infinie équivaut à la convergence uniforme, et on a démontré que la limite uniforme
d’une suite de fonction continue est elle-même continue. La norme infinie est appelée aussi
norme de la convergence uniforme.
Exercice 63. Démontrer que (C([0, 1], R), k.k1 ) n’est pas un espace de Banach
Indication. Utiliser la suite de fonctions (fn ) définie pour n ≥ 3 par :
fn (x) = 0 si 0 ≤ x ≤ 21 ,
fn (x) = n(x − 12 ) si 12 < x < 21 + n1 ,
fn (x) = 1 si 12 + n1 ≤ x ≤ 1,
Correction →
Exercice 64. Soit E = C 1 ([0, 1], R) l’espace vectoriel des applications à valeurs dans R. Pour
f ∈ E, on pose
N (f ) = kf k∞ + kf 0 k∞ .
1) Montrer que N définit une norme sur E.
2) Démontrer que (E, N ) est un espace de Banach.
Correction →
Proposition V.3.4. L’espace vectoriel l∞ (R) des suites réelles bornées muni de la norme
Donc pour n ∈ N fixé, la suite (up (n))p∈N est de Cauchy dans R, qui est complet, donc elle
converge. Notons u(n) ∈ R sa limite. On définit ainsi une suite (u(n))n∈N .
Puisque (up )p est de Cauchy, elle est bornée. Soit M ≥ 0 tel que pour tout p ∈ N, kup k∞ ≤
M . On a donc pour tout n,
|up (n)| ≤ kup k∞ ≤ M.
Par passage à la limite p → ∞, ceci implique que pour tout n ∈ N, |u(n)| ≤ M . Donc la suite
u = (u(n))n est bornée.
Montrons que (up )p converge vers u dans l∞ (R). Fixons n ∈ N. On a :
Donc pour tout > 0, on peut prendre N ∈ N comme dans (1), et alors pour tous p, q ≥ N ,
En faisant tendre q vers +∞, on obtient que pour tout p ≥ N , |up (n) − u(n)| < , et ce pour
tout n ∈ N. Donc kup − uk∞ < .
59
V.4 Espaces de Banach et séries
Proposition
P V.4.1. Soit (E, ||.||) un espace de BanachP et soit (un )n∈N une suite dans E. Si la
série n∈N un est absolument convergente (c’est-à-dire n∈N ||un ||, alors elle est convergente,
et ∞ ∞
X X
|| un || ≤ ||un ||
n=0 n=0
Pn
Démonstration. Considérons
Pn les suites de sommes partielles (Sn )n ⊂ E, où Sn = k=0 uk et
0 0
(Sn ) ⊂ R où Sn = k=0 kuk k . Pour tout n ∈ N et p ≥ 1, on a :
n+p n+p
X X
0
kSn+p − Sn k = uk ≤ kuk k = Sn+p − Sn0 .
k=n+1 k=n+1
Puisque la série est absolument convergente, alors la suite des sommes partielles (Sn0 ) converge,
donc est de Cauchy dans R. Donc l’inégalité ci-dessus implique que (Sn ) est P de Cauchy dans E.
Puisque E est complet, (Sn ) converge dans E, ce qui signifie que la série n∈N un converge. De
plus, en appliquant l’inégalité ci-dessous à n = 0 puis en passant à la limite p → ∞, on obtient
l’inégalité souhaitée entre les sommes des deux séries.
donc
∀A, B ∈ Mn (R), ∀x ∈ Rn , kABxk ≤ kAk kBxk ≤ kAk kBk kxk
d’où
∀A, B ∈ Mn (R), kABk ≤ kAk kBk .
Puisque Mn (R) est un espace vectoriel de dimension finie, c’est un espace de Banach. De
plus, on a pour tout N :
N N
X Ak X kAkk
≤ ≤ ekAk .
k=0
k! k=0
k!
P Ak
Ceci montre que la série est absolument convergente. En appliquant la Proposition V.4.1,
P Akk!
on obtient que la série k!
converge dans E.
Ceci conduit à la définition suivante :
60
V.5 Espaces de Banach et applications linéaires conti-
nues
Théorème V.5.1. Soit E un espace vectoriel normé et soit F un espace de Banach. Alors
L(E, F ) est un espace de Banach.
Cas particulier. Pour tout espace vectoriel normé E, L(E, R) est un espace de Banach.
Démonstration. Soit (fn ) une suite de Cauchy de L(E, F ). Fixons > 0. Il existe N ∈ N tel
que, si p, q ≥ N , on a :
kfp − fq k <
Fixons provisoirement x ∈ E. Alors, on a :
Ceci prouve que la suite (fp (x)) est de Cauchy dans F qui est complet, donc cette suite est
convergente. On note f (x) sa limite.
Par passage à la limite dans
kf (x)k ≤ M kxk ,
donc f est continue en 0, et donc continue (puisque c’est une application linéaire). Par consé-
quent f ∈ L(E, F ).
Il reste à prouver la convergence de (fn ) vers f dans L(E, F ). Pour tout x dans E et pour
tout p, q ≥ N , on a
d’où
kf − fq k ≤ .
La suite (fn ) converge vers f donc l’espace L(E, F ) est complet.
Définition V.6.1. Soient (X, d) et (Y, δ) deux espaces métriques. Une application f : X → Y
est dite contractante si f est lipschitzienne de rapport k < 1, c’est-à-dire s’il existe un réel
k < 1 tel que pour tous x et y ∈ X,
61
Définition V.6.2. Soit E un ensemble et soit f : E −→ E une application de E dans lui-
même. On dit que x ∈ E est un point fixe de f si f (x) = x.
Théorème V.6.3. [Théorème du point fixe]
Une application contractante d’un espace métrique complet dans lui-même possède un point
fixe unique.
Démonstration. Soit (X, d) un espace métrique complet et soit f : X → X une application
contractante de rapport k. Choisissons un point x0 dans X et considérons la suite (xn ) définie
par récurrence par : pour tout n ∈ N, xn+1 = f (xn ). Alors on montre aisément par récurrence
que pour tout n ∈ N, d(xn , xn+1 ) ≤ k n d(x0 , x1 ).
Mais alors pour tous n, m ∈ N tels que m < n, on a :
Application. On cherche à déterminer les fonctions continues de [0, 12 ] dans R qui sont solutions
de l’équation : ï ò Z x
1
(E) ∀x ∈ 0, , f (x) = 1 + f (t) dt.
2 0
Par une adaptation immédiate de la Proposition V.3.2, l’espace E = C([0, 21 ], R) des appli-
cations continues de [0, 12 ] dans R muni de la norme k.k∞ est un espace de Banach.
Considérons l’application Φ : E → E définie par :
ï ò Z x
1
∀x ∈ 0, , Φ(f )(x) = 1 + f (t)dt
2 0
62
Exercice 65. Soit K : [0, 1] × [0, 1] −→ R une application continue, soit φ ∈ C([0, 1], R), et soit
λ un nombre réel. Démontrer que si λ est suffisamment petit (on précisera ce que cela signifie),
alors l’équation fonctionnelle d’inconnue f : [0, 1] −→ R
Z 1
f (x) = λ K(x, t) f (t) dt + φ(x)
0
Exercice 66. Déterminer les fonctions continues bornées de [0, +∞[ dans R qui sont solutions
de l’équation fonctionnelle
Correction →
Exercice 70. Soit f : Rn −→ R une application continue. On suppose qu’il existe l ∈ R tel
que lim||x||→+∞ f (x) = l. Démontrer que f est bornée et uniformément continue sur Rn .
Correction →
63
V.7 Correction des exercices
. Exercice 60
1. Soit (X, d) un espace métrique dont toutes les boules fermées sont compactes. Soit (xn ) une
suite de Cauchy dans X. Alors (xn ) est bornée. Soit Bf (a, r) une boule fermée qui contient
tous les termes de (xn ). Puisque Bf (a, r) est compacte, (xn ) admet une sous-suite extraite
qui une valeur d’adhérence x dans Bf (a, r). Puisque (xn ) est une suite de Cauchy, alors elle
converge vers cette valeur d’adhérence.
2. Soient (X1 , d1 ), . . . , (Xr , dr ) des espaces complets. Soit (xn ) une suite de Cauchy dans X1 ×
. . .×Xn . Pour tout n, on écrit xn = (x1n , . . . , xrn ). Puisque (xn ) est de Cauchy pour la distance
produit, alors pour tout i = 1, . . . , r, (xin ) est de Cauchy dans (Xi , di ) qui est complet. Donc
(xin ) converge pour tout i = 1, . . . , r. Par conséquent (xn ) converge.
3. Tout fermé d’un espace complet X, muni de la distance induite, est complet. En effet, soit F
un fermé d’un espace complet. Soit (xn ) une suite de Cauchy dans F . Alors c’est une suite
de Cauchy dans X qui est complet, donc (xn ) converge dans X, et donc dans F puisque F
est fermé.
Retour texte →
. Exercice 61
Soit A un sous espace complet d’un espace métrique (X, d). Soit (xn ) une suite de A qui
converge dans X vers x. Montrons que x ∈ A.
Puisque (xn ) converge dans X, alors elle est de Cauchy pour la distance de X, donc elle est
de Cauchy dans A pour la distance induite. Mais A est complet, donc (xn ) converge dans A
vers une limite y, qui est aussi limite dans X (par définition de la distance induite). Par unicité
de la limite, on a y = x. Donc x ∈ A.
Retour texte →
. Exercice 62
Soient α > 0 et β > 0 deux réels tels que pour tout x ∈ E,
Supposons que (E, k.k1 ) soit complet. Soit (xn ) une suite de Cauchy dans (E, k.k2 ). Alors
pour tout > 0, il existe N ∈ N tel que pour tous m, n ≥ N, kxn − xm k2 < α1 , et donc
kxn − xm k1 . Donc (xn ) une suite de Cauchy dans (E, k.k1 ), qui est complet. Donc (xn ) converge
dans (E, k.k1 ). Notons x sa limite. Pour tout > 0, il existe N ∈ N tel que pour tout n ≥
N, kxn − xk1 < β, et donc kxn − xk2 < . Donc (xn ) converge vers x dans (E, k.k2 ). Ceci
montre que (E, k.k2 ) est complet.
Retour texte →
. Exercice 63
On va montrer que la suite de fonctions (fn ) est de Cauchy mais ne converge pas pour la
norme k.k1 .
Soit > 0. Il existe N ≥ 3 tel que N1 < . Mais alors pour tous m, n ≥ 3 avec m, n ≥ N , on
a:
1 1 1
kfn − fm k1 = − ≤ ≤ .
2m 2n 2N
64
Donc (fn ) est de Cauchy.
Supposons que (fn ) converge vers une fonction continue f : [0, 1] → R pour la norme k.k1 .
Supposons qu’il existe x0 ∈]0, 12 [ tel que f (x0 ) 6= 0. Par continuité de f , il existe a > 0 et
un intervalle [x0 − η, x0 + η] ⊂]0, 21 [ tel que pour tout x ∈ [x0 − η, x0 + η], |f (x)| > a. Mais alors
pour tout n, Z x0 +η Z x0 +η
kfn − f k1 ≥ |fn (x) − f (x)| = |f (x)| ≥ 2aη,
x0 −η x0 −η
. Exercice 64
1) L’homogénéité et l’inégalité triangulaires sont immédiates.
Soit f ∈ E telle que N (f ) = 0, i.e., kf k∞ + kf 0 k∞ = 0. Alors en particulier, kf k∞ = 0, ce
qui implique f = 0.
2) Soit (fn ) une suite de Cauchy de (E, N ). Alors (fn ) est aussi une suite de Cauchy de
C([0, 1], R) muni de k.k∞ , qui est complet. Donc la suite (fn ) converge vers une fonction f
continue pour la norme k.k∞ .
De même, la suite (fn0 ) est une suite de Cauchy du même espace. Elle converge donc vers
une fonction g continue. Ainsi, la suite (fn ) converge uniformément sur [0, 1] vers f et la suite
(fn0 ) converge uniformément sur [0, 1] vers g. On en déduit que f est de classe C 1 (théorème
classique sur la convergence uniforme) et que f 0 = g. De plus, dire que kfn − f k∞ et kfn0 − gk∞
tendent vers zéro implique que N (fn − f ) tend vers 0 et donc que (fn ) converge vers f dans E.
L’espace (E, N ) est donc complet.
Retour texte →
. Exercice 65
K est une application continue de [0, 1] × [0, 1] dans R. Comme [0, 1] × [0, 1] est com-
pact (fermé borné de R2 ), l’application continue K est borné sur [0, 1] × [0, 1]. Posons M =
sup{|K(x, y)|, (x, y) ∈ [0, 1] × [0, 1]}.
Posons Z 1
Ψ(f ) = λ K(x, t) f (t) dt + φ(x)
0
Si |λ| < M1 (c’est le sens de “suffisamment petit” de l’énoncé), alors Ψ est contractante et donc,
d’après le théorème du point fixe, Ψ admet un unique point fixe. Par choix de Ψ, ce point fixe
est l’unique solution de l’équation fonctionnelle.
Retour texte →
65
. Exercice 66
Soit E = Cb ([0, +∞[, R) l’espace vectoriel des fonctions bornées de [0, ∞[ dans R muni de
la norme kf k∞ = supx∈[0,+∞[ |f (x)|. Alors (E, k.k∞ ) est un espace de Banach (c’est la même
démonstration que pour (C([0, 1], R), k.k∞ ) en un peu plus simple, car on n’a pas à démontrer
que la limite est continue, mais seulement bornée). p
Soit Φ : E → E l’application définie par : Φ(f )(x) = 1 + |f (x + 1)|.
Si f ∈ E, on a bien Φ(f ) ∈ E. En particulier,
…
sup |Φ(f )(x)| = 1 + sup |f (x)| < +∞.
x x
. Exercice 67
Supposons E complet. Soit (Fn )n∈N une suite de fermés non vides de E décroissante telle
que limn→∞ diam(Fn ) = 0. Notons A = ∩n∈N Fn .
Pour chaque n, fixons xn ∈ Fn . Alors limn→∞ diam(Fn ) = 0 implique que (xn ) est une suite
de Cauchy, donc elle converge puisque E est complet. Soit x sa limite. Pour tout k ∈ N, la suite
(xn )n≥k est une suite du fermé Fk qui converge vers x, donc x ∈ Fk . Comme ceci est valable
pour tout k ∈ N, on obtient donc x ∈ A.
Puisque limn→∞ diam(Fn ) = 0, alors diam(A) = 0. Donc A est un singleton.
Réciproquement, supposons que pour toute suite (Fn )n∈N de fermés non vides de E dé-
croissante (i.e. ∀n, Fn+1 ⊂ Fn ) telle que limn→∞ diam(Fn ) = 0, l’intersection ∩n∈N Fn est un
singleton.
Soit (xn ) une suite de Cauchy de E. Supposons que (xn ) ne converge pas. Alors puisque (xn )
est de Cauchy, (xn ) n’admet aucune valeur d’adhérence. Donc pour tout n ∈ N, Fk = {xn : n ≥
k} est un fermé de E. De plus, pour tout n ∈ N, on a Fk+1 ⊂ Fk , et puisque (xn ) est de Cauchy,
alors limk→∞ diam(Fk ) = 0. Donc l’intersection des Fk est un singleton x et on démontre sans
66
peine par un argument d’inégalité triangulaire que x est la limite de la suite (xn ). Ceci contredit
le fait que (xn ) ne converge pas. Donc en fait, (xn ) converge, et E est complet.
Retour texte →
. Exercice 68
Soit x ∈ E r A. Puisque A est dense dans E, il existe une suite (xn ) de points de A qui
converge vers x. On prolonge g par continuité en posant g̃(x) = limn→∞ g(xn ). Cette limite l
est bien définie car la continuité uniforme de g implique que (g(xn )) est de Cauchy dans F qui
est complet, donc limn→∞ g(xn ) = l existe.
Pour montrer l’unicité de ce prolongement, on doit montrer que tildeg(x) ne dépend pas
du choix de la suite (xn ). Soit donc (yn ) une autre suite de A qui converge vers x, et soit l0 la
limite de la suite g(yn ) dans Y . On doit montrer que l = l0 . Pour tout n, on a :
. Exercice 69
1) Soit (u(k) )k∈N une suite de Cauchy dans l1 . Pour tout k ∈ N, u(k) est une suite normalement
(k)
convergente, que l’on écrit u(k) = (un )n∈N .
Pour tout > 0, il existe k ∈ N tel que pour tous k, l ≥ K, u(k) − u(l) 1 < , i.e.,
∞
X
|u(k) (l)
n − un | < (∗)
n=0
67
Fixons K ∈ N. Alors
K
X K
X K
X K
X
|`n | ≤ |u(k)
n |+ |u(k)
n − `n | ≤ |u(k)
n | + .
n=0 n=0 n=0 n=0
PK (k)
|un | + est une constante. Donc +∞ 1
P
Or n=0 n=0 |`n | converge, i.e., (`n ) est dans l .
Enfin, la suite (u(k) )k∈N converge vers (`n ) dans l1 car d’après (∗∗), pour tout > 0, il existe
K ∈ N tel que pour tout k ≥ K, u(k) − ` 1 < .
2) Choisissons une suite u de l1 qui n’est pas dans C0 , par exemple la suite u = (un ) = ( 21n ).
Soit (u(k) )k∈N la suite de C0 définie par :
(k)
si n ≤ k, un = un = 21n ,
(k)
si n > k, un = 0.
Alors (u(k) )k∈N est de Cauchy. De plus, elle converge vers u dans l1 car pour tout k ∈ N,
+∞
X
u(k) − u 1
= →k→+∞ 0.
n=k+1
Mais u n’appartient pas à C0 , donc (u(k) )k∈N ne converge pas dans C0 . Ceci montre que C0 n’est
pas complet.
3) C’est très facile car nous l’avons déjà fait au 2) : si u = (un ) est une suite de l1 , alors la
suite de C0 définie par :
(k)
si n ≤ k, un = un = 21n ,
(k)
si n > k, un = 0.
converge vers u dans l1 .
Retour texte →
68
Sixième partie
Espaces connexes
VI.1 Définitions et propriétés
Définition VI.1.1. Un espace métrique (X, d) est dit connexe s’il n’existe pas deux ouverts
non vides U1 et U2 de X tels que X = U1 ∪ U2 et U1 ∩ U2 = ∅.
Si X n’est pas connexe, alors une paire (U1 , U2 ) de deux tels ouverts s’appelle une discon-
nection de X.
Si A est une partie d’un espace métrique X on munira A de la topologie induite et on dira
que A est une partie connexe de X si A muni de la topologie induite est connexe.
Exemple VI.1.2. 1. Tout singleton {x} est connexe puisque {x} admet un seul ouvert non
vide : lui-même.
2. Dans R, {0, 1} n’est pas une partie connexe. En effet, la paire {0}, {1} est une discon-
nection.
3. Les seules parties connexes de Z sont les singletons. En effet, on vient de voir que tout
singleton est connexe. Par ailleurs, si une partie A de Z n’est pas un singleton, alors elle
contient (au moins) deux éléments distincts x et y. Alors U1 = {x} et U2 = A r {x}
forment une disconnection de A
Proposition VI.1.3. Un espace métrique (X, d) est connexe si et seulement si les seules parties
de X à la fois ouvertes et fermées dans X sont X et ∅.
Démonstration. Suppsons qu’il existe une partie A de X à la fois ouverte et fermée qui soit
non vide et différente de X. Alors U1 = A et U2 = X r A sont deux ouverts disjoints de X non
vides tels que X = U1 ∪ U2 . Donc X n’est pas connexe.
Suppons que X ne soit pas connexe et soient U1 , U2 une disconnection de X. Alors A = U1
est à la fois ouvert et fermé de X et est différent de X et ∅.
69
VI.2 Connexité et applications continues
Proposition VI.2.1. Soient X et Y deux espaces métriques et soit f : X −→ Y une application
continue. Si X est connexe, alors f (X) est connexe.
Démonstration. Supposons f (X) non connexe et soit (U1 , U2 ) une disconnection. Puisque f (X)
est munie de la topologie induite par celle de Y , alors U1 = V1 ∩ f (E) et U2 = V2 ∩ f (X) où
V1 et V2 sont deux ouverts de Y . Puisque f est continue, O1 = f −1 (V1 ) et O2 = f −1 (V2 ) sont
deux ouverts de X qui sont non vides puisque U1 et U2 sont non vides et tels que X = O1 ∪ O2
puisque U1 ∪ U2 = f (X). Donc O1 et O2 forment une disconnection de X.
Corollaire VI.2.2. (Théorème des valeurs intermédiaires) Soit X un espace métrique
connexe et soit f : X −→ R une application continue. Soient a et b ∈ X. Alors pour tout
c ∈ [f (a), f (b)], il existe x ∈ X tel que f (x) = c.
Démonstration. f (X) est une partie connexe de R, donc c’est un intervalle.
Corollaire VI.2.3.
Un espace métrique X est connexe si et seulement si toute application continue de X dans Z
est constante.
Démonstration. Supposons que X soit connexe et soit f : X → Z une application continue.
Alors f (X) est un sous-espace métrique connexe de Z, donc c’est un singleton (voir l’exemple
(3) de VI.1.2), ce qui montre que f est constante.
Réciproquement, supposons que X ne soit pas connexe et soit U1 , U2 une disconnection de
X. Soit f la fonction indicatrice de U1 , c’est-à-dire que f (x) = 1 pour tout x ∈ U1 et f (x) = 0
pour tout x ∈ U2 . Alors f est une application continue non constante de X dans Z.
Corollaire VI.2.4.
T Soit X un espace
S topologique et soit (Ai )i∈I une famille de parties connexes
de X telle que i∈I Ai 6= ∅. Alors i∈I Ai est une partie connexe de X.
S
Démonstration. Soit f : i∈I Ai → Z une application continue. Montrons que f est constante.
Puisque pour tout i, Ai est connexe, la restrictionTf|Ai , qui est continue, est constante d’après le
Corollaire VI.2.3. Soit ai ∈ Z sa valeur. Soit x ∈ i∈I Ai . Alors pour tout i, f (x) = ai . Donc les
ai sont
S tous égaux et fSest constante. Comme ceci est valable pour toute application continue
f : i∈I Ai → Z, alors i∈I Ai est connexe d’après le Corollaire VI.2.3.
70
Exemple VI.3.4. 1. R est connexe, donc admet une unique composante connexe : lui-
même.
2. {0, 1} admet deux composantes connexes : {0} et {1}.
3. Soit A = {(x, y) ∈ R2 / x = 0 ou y = 0} la réunion des deux axes dans R2 . Alors
A est connexe ;
A r {(0, 1)} admet deux composantes connexes ;
A r {(0, 1), (1, 0)} admet trois composantes connexes ;
A r {(0, 0)} admet quatre composantes connexes.
Démonstration. (1) Soit D la réunion de tous les connexes contenant x. D’après le Corollaire
VI.2.4, c’est une partie connexe de X. Donc tout point de D est connecté avec x, ce qui montre
l’inclusion D ⊂ C(x). Réciproquement, si y ∈ C(x), alors il existe un connexe C qui contient x
et y, qui est donc contenu dans D. Donc C(x) ⊂ D.
Puisque cette réunion est elle-même connexe, donc c’est la plus grande (pour l’inclusion)
partie connexe de X contenant x.
(2) Soit f : C(x) → Z une application continue. Puisque C(x) est connexe, alors f est
constante sur C(x). Soit a ∈ Z sa valeur. Soit y ∈ C(x) et soit (yn )n∈N une suite de C(x) qui
converge vers y dans X. Alors par continuité de f , on a f (y) = a. Donc f est constante sur
C(x). Par le Corollaire VI.2.3, ceci implique que C(x) est connexe. Donc C(x) ⊂ C(x) d’après
(1). Donc C(x) = C(x) et C(x) est bien un fermé.
Exercice 71. Soit (X, d) un espace métrique et soit A une partie connexe de X. Démontrer
que tout sous-espace B de X tel que A ⊂ B ⊂ A est connexe.
Correction →
Exercice 72. Un espace métrique est dit totalement discontinu si chacune de ses compo-
santes connexes est un singleton.
1. Démontrer qu’un espace métrique discret est totalement discontinu. (on rappelle qu’un
espace métrique est discret si toutes ses parties sont des ouverts).
2. Démontrer que Q est totalement discontinu mais pas discret.
Correction →
71
Exercice 73. Soit E = {(x, y) ∈ R2 /x > 0, y = sin 1/x}. Démontrer que E est connexe mais
n’est pas connexe par arcs.
Correction →
Exercice 74. Soit f : X −→ Y une application continue d’un un espace métrique X dans un
un espace métrique Y . On suppose f localement constante sur X, c’est-à-dire que tout point
de X possède un voisinage sur lequel f est constante.
1. Démontrer que f est constante sur chaque composante connexe de X.
2. Démontrer que chaque intervalle ]π/2 + kπ, π/2 + (k + 1)π[, avec k ∈ Z contient une
solution de l’équation tan x − ex = 0.
Correction →
et
Correction →
. Exercice 72
(1) Soit X un espace métrique discret et soit a ∈ X. Supposons que C(a) 6= {a}. Alors il
existe un point b ∈ C(a) tel que a 6= b. Puisque U1 = {a} et U2 = C(a) r {a} sont des ouvets de
X, alors ce sont aussi des ouverts de C(a) (topologie induite), et il forment une disconnection de
C(a). Contradiction avec C(a) connexe. Donc C(a) = {a} et ce pour tout a ∈ X. Conclusion :
X est totalement discontinu.
(2) Montrons que Q est totalement discontinu. Soit q ∈ Q. Supposons que C(q) contienne
un rationnel q 0 distinct de q. Quitte à ëchanger les rôles de q et q 0 , on peut supposer q < q 0 . Soit
72
r un irrationnel tel que q < r < q 0 . Alors U1 =] − ∞, r[∩C(q) et U2 =]r, +∞[∩C(q) forment
une disconnection de C(q). Contradiction. Donc Q est totalement discontinu.
Montrons maintenant que Q n’est pas discret. Supposons le contraire. Soit q ∈ Q. Alors {q}
soit un ouvert de Q. Alors il existe un ouvert U de R tel que {q} = U ∩ Q. Or il existe r > 0
tel que ]q − r, q + r[⊂ U . Donc Q∩]q − r, q + r[= {q}. Or tout intervalle ouvert non vide de R
contient une infinité de rationnels. Contradiction.
Retour texte →
. Exercice 73
Soit f : ]0, +∞[→ R2 l’application définie par f (x) = (x, sin x1 . Puisque f est continue et
]0, +∞[ est connexe, alors E = f (]0, +∞[) est connexe. Donc E est connexe d’après le résultat
de l’exercice 71.
Montrons maintenant que E = E ∩{0}×[−1, +1] n’est pas connexe par arcs. Soient λ > 0 et
µ ∈ [−1, 1]. Posons a = (λ, sin λ) ∈ E et b = (0, µ) et supposons qu’il existe un chemin continu
c : [0, 1] → E tel que c(0) = a et c(1) = b. Pour tout t, c(t) = (c1 (t), c2 (t)) où c1 et c2 sontdeux
applications continues de [0, 1] dans R telles que |c2 (t) < 1| si c1 (t) = 0 et c2 (t) = sin( c11(t) ) si
c1 (t) > 0.
L’ensemble A = {t ∈ [0, 1] / c1 (t) = 0} est non vide puisqu’il contient 1, et il est minoré par 0.
Notons tm sa borne inférieure. Puisque c1 est continue, A est fermé, donc tm ∈ A. En particulier,
0 < tm puisque 0 6∈ A. Donc c1 (tm ) = 0. Par continuité de c, limt→tm c(t) = (0, c2 (tm )), donc il
existe η > 0 tel que 0 ≤ tm − η et tel que
1
∀t ∈ [tm − η, tm ], |c2 (t) − c2 (tm )| ≤ (∗)
2
Mais lorsque t parcourt [tm − η, tm ], c1 (t) prend toutes les valeurs comprises entre 0 et
c1 (tm −η) > 0 donc c2 (t) = sin c11(t) prend une infinité de fois les valeurs +1 et −1. Contradiction
avec (∗).
Conclusion : E n’est pas connexe par arcs.
Retour texte →
. Exercice 74
(1) Soit a ∈ X. Montrons que f est constante sur la composante connexe C(a). Puisque
{f (a)} est un fermé de X et f continue, alors f −1 (f (a)) est un fermé de X, et donc par topologie
induite, U1 = f −1 (f (a)) ∩ C(a) est un fermé de C(a).
D’autre part, pour tout y ∈ U1 , il existe par hypothèse un ouvert Uy de X contenant y tel
que Uy ⊂ f −1 (f (a)). Alors Uy ∩ C(a) est un ouvert de C(a) inclu dans f −1 (f (a)) ∩ C(a) et on
peut alors écrire exprimer f −1 (f (a)) ∩ C(a) comme une réunion d’ouverts de C 0 (a) :
[
f −1 (f (a)) ∩ C(a) = Uy ∩ C(a),
y∈f −1 (f (a))∩C(a)
73
On va supposer que k est impair. Le raisonnement pour k pair est similaire.
On a d’une part :
lim gk (x) = −∞,
x→pi/2+kπ
. Exercice 75
(1) Il suffit de montre que pour tout x ∈ X, f (C(x) est une composante connexe de Y , i.e.,
f (C(x) = C(f (x)).
Fixons x ∈ X. Puisque f est continue et C(x) connexe, alors f (C(x)) est un connexe de Y .
Puisque f (x) ∈ f (C(x)), ceci implique f (C(x)) ⊂ C(f (x)).
De plus, C(f (x)) est une partie connexe de Y et f −1 est continue. Donc f −1 (C(f (x))) est
une partie connexe de X. Puisque x ∈ f −1 (C(f (x))), ceci implique f −1 (C(f (x))) ⊂ C(x). En
prenant les images par f , on obtient C(f (x)) ⊂ f (Cx)).
Finalement, on a bien f (Cx)) = C(f (x)).
(2) Supposons qu’il existe un homéomorphisme f : X → Y . Considérons le point O = (0, 0).
Alors f se restreint en un homéomorphisme g : X r {O} → Y r {f (O)}. Or X r {O} admet
quatre composantes connexes alors que Y r {f (O)} en admet au plus trois. Contradiction.
Retour texte →
74
Septième partie
Applications différentiables
VII.1 Applications différentiables
Définition VII.1.1. Soient E et F des espaces vectoriels normés, soit U un ouvert de E et
soit f : U → F une application. Soit a ∈ U . On dit que f est différentiable au point a s’il
existe une application linéaire continue L ∈ L(E, F ) et une application : U → F telles que
1. ∀x ∈ U, f (x) = f (a) + L(x − a) + ||x − a||(x)
2. limx→a (x) = 0
Proposition VII.1.2. Si une telle L existe, alors elle est unique.
On appelle L la différentielle de f au point a, et on la note Dfa .
Démonstration. Supposons que L1 ∈ L(E, F ) et 1 : U → F vérifie aussi :
1. ∀x ∈ U, f (x) = f (a) + L1 (x − a) + ||x − a||1 (x)
2. limx→a 1 (x) = 0
Montrons que L1 = L.
Soit v ∈ E. Pour tout réel t ∈]0, +∞[, on a
Remarque VII.1.3. Les assertions (1) et (2) de la Définition VII.1.1 sont équivalentes à :
c’est-à-dire :
f (a + h) − f (a)
lim = Dfa (1)
h→0 h
Ce qui équivaut à dire que f est dérivable en a et que f 0 (a) = Dfa (1).
On a alors : ∀h ∈ R, Dfa (h) = h.f 0 (a)
Exemple VII.1.4. Différentielle d’une application constante.
Soit f : U → F une application constante : ∀x ∈ U, f (x) = c où c ∈ F est une constante.
Alors pour tout a ∈ U et pour tout x ∈ U , f (x) − f (a) = 0. Donc f est différentiable en tout
point a de U et Dfa = 0 (l’application linéaire nulle).
75
Exemple VII.1.5. Différentielle d’une application linéaire continue.
Soit f : E → F une application linéaire continue et soit a ∈ E. Pour tout x ∈ E, on a :
g(y) − g(f (a)) = Dgf (a) (y − f (a)) + ky − f (a)k 2 (y), avec lim 2 (y) = 0 (2)
y→f (a)
en utilisant (2), puis (1), puis la linéarité de Dgf (a) . On obtient donc :
(g ◦ f )(x) − (g ◦ f )(a) = Dgf (a) ◦ Df (a) (x − a) + kx − ak (x),
avec
kf (x) − f (a)k
(x) = Dgf (a) (1 (x)) + 2 (f (x)).
kx − ak
Il reste à montrer que limx→a (x) = 0. Puisque Dgf (a) est continue et que limx→a 1 (x) = 0,
on a limx→a Dgf (a) (1 (x)) = 0. De plus, f est continue en a, donc limx→a f (x) = f (a), donc
limx→a 2 (f (x)) = limy→f (a) 2 (y) = 0. Enfin,
76
Exercice 77. [Linéarité de la différentiabilité]
Soient E et F des espaces vectoriels normés, U un ouvert de E et f : U → F et g : U → F
des applications différentiables en a ∈ U . Soient λ et µ dans R. Montrer que λf + µg est
différentiable en a et déterminer sa différentielle.
Correction →
Exercice 78. Soit E un espace vectoriel normé. On considère l’application f : L(E) −→ L(E)
définie par f (A) = A2 . Démontrer que f est différentiable sur L(E) et déterminer DfA pour
tout A ∈ L(E).
Indication : On pourra utiliser (et démontrer au passage) le fait que si H ∈ L(E), alors
||H 2 || ≤ ||H||2 , où la norme est celle de L(E).
Correction →
est linéaire.
77
Exercice 79. 1) Soient E1 , E2 et F des espaces vectoriels normés et soit f : E1 × E2 −→ F
une application bilinéaire. Démontrer que f est différentiable sur E1 × E2 et déterminer sa
différentielle.
2) Soient E, F et G trois R-espaces vectoriels normés de dimension finie. On considère
l’application f : L(F, G) × L(E, F ) −→ L(E, G) définie par :
f (A, B) = AB(= A ◦ B)
Démontrer que f est différentiable sur L(F, G) × L(E, F ) et déterminer Df(A,B) pour tout
(A, B) ∈ L(F, G) × L(E, F ).
Correction →
est dérivable au point ai , on dit que f est dérivable en a par rapport à la i-ème variable.
On note
∂f
(f ◦ Ii )0 (ai ) = (a)
∂xi
la dérivée, et on l’appelle i-ème dérivée partielle de f au point a.
Exemple VII.3.1. f : R2 → R définie par f (x, y) = cos(x2 y) admet des dérivées partielles par
rapport à x et y sur R2 et
∂f ∂f
(x, y) = −2xy sin(x2 y), et (x, y) = −x2 sin(x2 y).
∂x ∂y
Remarque VII.3.2. Savoir qu’une fonction admet des dérivées partielles en un point a ne
donne pas beaucoup d’information sur le comportement de f au voisinage de a. Par exemple,
considérons la fonction f : R2 → R définie par f (x, y) = x2xy+y 2
si (x, y) 6= (0, 0) et f (x, y) =
(0, 0). Alors f n’est pas continue en (0, 0) alors que les dérivées partielles ∂f
∂x
(0, 0) et ∂f
∂y
(0, 0)
existent.
78
Proposition VII.3.3. Si f : U → R, U ouvert de Rn est différentiable en a, alors f admet
des dérivées partielles en a par rapport à toutes les variables, et
∂f ∂f
∀h = (h1 , . . . , hn ), Dfa (h) = h1(a) + . . . + hn (a)
∂x1 ∂xn
Démonstration. Soit e1 , . . . , en la base canonique de Rn . Alors h = ni=1 hi ei . Donc par linéarité
P
de Dfa , on a :
Xn
Dfa (h) = hi Dfa (ei ).
i=1
Puisque f est diffférentiable en a, alors f (a+h) = f (a)+Dfa (h)+khk (h) avec limh→0 (h) =
0. En posant h = tei , on a donc :
Remarque VII.3.4. La réciproque de cette proposition est bien sûr fausse : une fonction peut
admettre des dérivées partielles en a par rapport à toutes les variables en un point sans être
différentiable en ce point, ni même continue, comme nous l’avons vu dans la Remarque VII.3.2.
C’est pourquoi on introduit ici la notion d’application de classe C 1 .
Définition VII.3.5. On dit qu’une fonction f : U → R définie sur un ouvert U de Rn est de
classe C1 sur U si f admet des dérivées partielles par rapport à toutes les variables en tout
point de U et si pour tout i ∈ {1, . . . , n}, la fonction gi : U → R définie par
∂f
x 7→ (x)
∂xi
est continue sur U .
Théorème VII.3.6. f : U → R, U ouvert de Rn est de classe C 1 sur U , si et seulement si f
est différentiable en tout point a de U et l’application Df : U → L(Rn , R) définie par x 7→ Dfx
est continue sur U .
Démonstration. Pour simplifier l’écriture, supposons n = 2. La preuve est une adaptation
directe dans le cas général.
Nous allons utiliser le Théorème des Accroissements Finis (TAF), dont nous rappelons
l’énoncé :
Théorème VII.3.7 (Théorème des Accroissements Finis). Soit g : [a, b] → R une fonction
continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[. Alors il existe c ∈]a, b[ tel que f (b)−f (a) = f 0 (c)(b−a).
79
Appliquons le TAF à l’application partielle t 7→ f (a1 + h1 , a2 + t) sur l’intervalle [0, h2 ] : il
existe h02 ∈ [0, h2 ] tel que
∂f
f (a1 + h1 , a2 + h2 ) − f (a1 + h1 , a2 ) = h2 (a1 + h1 , a2 + h02 )
∂x2
Appliquons maintenant le TAF à l’application partielle t 7→ f (a1 + t, a2 ) sur l’intervalle
[0, h1 ] : il existe h01 ∈ [0, h1 ] tel que
∂f
f (a1 + h1 , a2 ) − f (a1 , a2 ) = h1 (a1 + h01 , a2 ).
∂x1
On obtient donc
∂f ∂f
f (a + h) − f (a) = h2 (a1 + h1 , a2 + h02 ) + h1 (a1 + h01 , a2 ),
∂x2 ∂x1
∂f
et donc par continuité des ∂xi
,i = 1, 2 :
∂f ∂f
f (a + h) − f (a) = h2 (a1 , a2 ) + h1 (a1 , a2 ) + o(h).
∂x2 ∂x1
Puisque pour tout k, ik est linéaire continue, alors ik ◦fk est différentiable en a comme composée
d’applications différentiables, donc f est différentiable en a par linéarité de la différentiabilité
(c.f. Exercice 77), et on a :
Pn
Dfa (h) = P i=1 D(ik ◦ fk )a (h)
n
= i=1 D(i k ) f k (a) ◦ D(f k )a (h)
= D(f1 )a (h), . . . , D(fn )a (h) .
80
Définition VII.4.2. La matrice de l’application linéaire Dfa : Rn → Rp dans les bases cano-
niques s’appelle la matrice jacobienne de f . C’est la matrice :
∂f ∂f1 ∂f1
1
∂x
(a) ∂x2
(a) . . . ∂xn
(a)
1
∂f2 ∂f2 ∂f2
∂x1 (a) ∂x (a) . . . (a)
2 ∂xn
Jfa =
.
. .. ..
. . .
∂fp ∂fp ∂fp
∂x1
(a) ∂x2
(a) . . . ∂xn
(a)
Correction →
Exercice 84. 1) Soit P : R2 → R2 l’application définie par P (ρ, θ) = (ρ cos θ, ρ sin θ). Montrer
que P est différentiable sur R2 et calculer sa matrice jacobienne en tout point de R2 .
2) Soit c : ]0, +∞[×]0, +∞[→ R2 l’application définie par
p y
c(x, y) = ( x2 + y 2 , arctan ).
x
Montrer que c est différentiable sur ]0, +∞[×]0, +∞[ et calculer sa matrice jacobienne en tout
point.
3) Calculer P ◦ c.
4) Vérifier que pour tout x, y ∈]0, +∞[×]0, +∞[,
Correction →
81
Exercice 85. On pose E = Rn .
1) Démontrer que l’application déterminant det : L(E) −→ R est différentiable sur L(E) et
calculer sa différentielle. Indication : utiliser la question 1) de l’exercice 80.
Donner une formule explicite pour la différentielle en l’identité.
2) Soit A ∈ Gl(E) et soit H ∈ L(E) . Démontrer que
Ddet(A).H = det(A) tr A−1 ◦ H
Correction →
Exercice 86. SoitR E n l’espace des polynômes de degré ≤ n. Etudier la différentiabilité des
1
applications P 7→ 0 (P 3 (t) − P 2 (t)) dt et P 7→ P 0 − P 2 .
Correction →
Exercice 87. Soit f une application différentiable de R2 dans lui-même telle que
lim kf (x)k = +∞.
kxk→+∞
(on dit alors que f est propre). On suppose que pour tout x ∈ R2 , Dfx est injective. Le but de
l’exercice est de montrer que f est surjective.
Fixons a ∈ R2 et posons g(x) = kf (x) − ak2 .
1) Calculer Dg(x).
2) Montrer que g atteint sa borne inférieure en un point X0 de R2 et que DgX0 = 0.
3) Conclure.
Correction →
82
Théorème VII.6.2. (Théorème de Schwartz) (admis) Soit f : U → F une application
deux fois différentiable en tout point a de U . Alors pour tout a ∈ U , l’application bilinéaire
D2 fa est symétrique, i.e.
||M (x)||F
||M || = sup
x∈(Er{0})n ||x1 ||E . . . ||xn ||E
Définition VII.6.3. Soit n ≥ 2. On dit que f est n fois différentiable en a ∈ U s’il existe un
ouvert U 0 ⊂ U contenant a sur lequel f est n−1 fois différentiable et si l’application Dn−1 f U 0 →
Ln−1 (E, F ) est différentiable en a, auquel cas on note Dn fa ∈ Ln (E, F ) la différentielle et on
l’appelle la différentielle n-ième de de f au point a.
Si f est n fois différentiable en tout point de U et si l’application Dn f : U → Ln (E, F ) est
continue sur U , on dit que f est de classe C n sur U .
Lorsque f est deux fois différentiable sur U , alors le théorème de Schwartz implique :
∂ 2f ∂ 2f
∀a ∈ U, ∀i, j, (a) = (a),
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
et
n
X ∂ 2f X ∂ 2f
D2 fa (h, k) = 2
(a)hi ki + (a)(hi kj + hj ki )
i=1
∂xi 1≤i<j≤n
∂x i ∂x j
83
n
n 2
X ∂ 2f X ∂ 2f
∀h = (h1 , . . . , hn ) ∈ R , q(h) = D fa (h, h) = 2
(a)h2i + 2 (a)hi hj
i=1
∂xi 1≤i<j≤n
∂xi ∂xj
Le résultat suivant donne une condition suffisante pour que f admette un extremum local
en un de ses points critiques.
84
Cas particulier : E = R2
Théorème VII.8.5. (Lagrange, 1759) Soit U un ouvert de R2 et soit f : U → R une
application deux fois différentiable en a ∈ U telle que Dfa = 0. On pose :
∂ 2f ∂ 2f ∂ 2f
r= , t = , s =
∂x2 ∂y 2 ∂x∂y
1. Si rt − s2 > 0, alors f admet au point a un extremum local strict. Si r > 0, il s’agit d’un
minimum ; Si r < 0, il s’agit d’un maximum.
2. Si rt − s2 < 0, alors f n’admet pas d’extremum local au point a.
. Exercice 77
Puisque f est différentiable en a, pour tout x ∈ U , f (x)−f (a) = Df (a)(x−a)+kx − ak 1 (x)
avec limx→a 1 (x) = 0.
Puisque g est différentiable en a, pour tout x ∈ U , g(x)−g(a) = Dg(a)(x−a)+kx − ak 2 (x)
avec limx→a 2 (x) = 0.
On a donc pour tout x ∈ U ,
D’une part, λDf (a) + µDg(a) ∈ L(E, F ), et d’autre part, limx→a (λ1 (x) + µ2 (x)) = 0.
Donc λf + µg est différentiable en a et D(λf + µg)a = λDf (a) + µDg(a).
Retour texte →
85
. Exercice 78
Pour tout A ∈ L(E) et H ∈ L(E),
f (A + H) − f (A) = (A + H)2 − A2 = A2 + AH + HA + H 2 − A2 = AH + HA + H 2
kHxk
Par définition (Proposition III.6.2) on a kHk = supx∈Er{0} kxk
et
donc
∀H1 , H2 ∈ L(E), ∀x ∈ E, kH1 H2 xk ≤ kH1 k kH2 xk ≤ kH1 k kH2 k kxk
d’où
∀H1 , H2 ∈ L(E), kH1 H2 k ≤ kH1 k kH2 k .
Montrons que l’application LA : H → AH + HA, de L(E) dans lui-même, est linéaire (c’est
évident) et continue. Par la proposition III.6.1 il suffit de montrer qu’elle est continue en 0 :
kLA (H)k = kAH + HAk ≤ kAHk + kHAk ≤ kAk kHk + kHk kAk = 2 kAk kHk .
1
Si on pose (H) = kHk
H 2, l’inégalité kH 2 k ≤ kHk kHk permet de montrer que
lim (H) = 0
H→0
Ceci montre que f est différentiable sur L(E) de différentielle DfA (H) = AH + HA.
Retour texte →
. Exercice 79
1) Soit a = (a1 , a2 ) ∈ E1 × E2 . Pour tout h = (h1 , h2 ) ∈ E1 × E2 , on a
86
par définition de λA1 + µA2 (c’est-à-dire de la structure d’espace vectoriel de L(F, G). D’autre
part, en utilisant la linéarité de A ∈ L(F, G), on a :
Df(A,B) (H1 , H2 ) = A ◦ H2 + H1 ◦ B.
Retour texte →
. Exercice 80
1) La méthode est similaire à celle de la question 1) de l’exercice 79.
Soit a = (a1 , . . . , an ) ∈ E1 × . . . × En . Pour tout h = (h1 , . . . , hn ) ∈ E1 . . . × En , on a
n
X X
f (a + h) − f (a) = f (a1 , . . . , ai−1 , hi , ai+1 , . . . , an ) + f (u),
i=1 u∈J
où J est l’ensemble des n-uplets (u1 , . . . , un ) tels que pour tout i = 1, . . . , n, ui ∈ {ai , hi } et il
existe au moins deux P indices i1 et i2 distincts tels que ui1 = hi1 et ui2 = hi2 .
1
Posons (h) = khk u∈J f (u). Par un argument similaire à celui de l’exercice précédent, on
1
a : limh→0 khk f (u) = 0 pour tout u ∈ J. Puisque J est fini, on en déduit que limh→0 (h) = 0.
D’autre part, la fonction h 7→ ni=1 f (a1 , . . . , ai−1 , hi , ai+1 , . . . , an ) est un élément de L(E1 ×
P
. . . × En , F ). On en déduit que f est différentiable en a = (a1 , . . . , an ) de différentielle
n
X
Dfa (h1 , . . . , hn ) = f (a1 , . . . , ai−1 , hi , ai+1 , . . . , an ).
i=1
2) Considérons l’application gn : L(E) → L(E)n définie par gn (A) = (A, . . . , A). L’applica-
tion gn est une application linéaire continue de L(E) dans L(E)n donc gn est différentiable en
A de différentielle D(gn )A = gn .
L’application φn : L(E)n → L(E) définie par φn (A1 , . . . , An ) = A1 A2 . . . An est n-linéaire
donc différentiable sur L(E)n d’après la question 1, et pour tous A = (A1 , . . . , An ) ∈ L(E)n et
H = (H1 , . . . , Hn ) ∈ L(E)n ,
Puisque fn = φn ◦gn , fn est donc différentiable sur L(E) et pour tous A ∈ L(E) et H ∈ L(E),
n
X
D(fn )A (H) = Ai−1 HAn−i .
i=1
Retour texte →
. Exercice 81
Pour tout x ∈ R, f (x, 0) = 0, donc
f (x, 0) − f (0, 0)
= 0,
x−0
87
ce qui montre que f admet en 0 une dérivée partielle par rapport à x égale à zéro. Même chose
par rapport à y par symétrie des rôles.
Faisons tendre (x, y) vers (0, 0) le long de la droite y = x : on a
x2 1 1
f (x, x) = = →x→0 .
2x2 2 2
Faisons maintenant tendre (x, y) vers (0, 0) le long de la droite y = 0 : on a
0
f (x, 0) = = 0 →x→0 0.
2x2
Les deux limites sont différentes, donc f n’admet pas de limite en (0, 0).
Retour texte →
. Exercice 82
Ñ é
1 1 1
2a 2b 2c
3a2 3b2 3c2
Retour texte →
. Exercice 83
Ñ é
cos θ −r sin θ 0
sin θ r cos θ 0
0 0 1
Retour texte →
. Exercice 84
1) Les applications composantes de P sont P1 : (ρ, θ) 7→ ρ cos θ et P2 : (ρ, θ) 7→ ρ sin θ. P1 et
P2 admettent des dérivées partielles continues relativement à ρ et θ en tout point de R2 , donc
P est de classe C 1 sur R2 et pour tout (ρ, θ) ∈ R2 ,
Ç ∂P ∂P å Å ã
1 1
∂ρ ∂θ cos θ −ρ sin θ
JP (ρ, θ) = ∂P2 ∂P2 =
∂ρ ∂θ
sin θ ρ cos θ
2) Les mêmes arguments montrent que c est de classe C 1 sur ]0, +∞[×]0, +∞[. Un simple
calcul conduit à :
√x √ y
!
2
x +y 2 2
x +y 2
Jc(x, y) = y x
− x2 +y 2 x2 +y 2
88
D’autre part,
y y x2 y2
sin2 arctan = 1 − cos2 arctan = 1 − 2 = .
x x x + y2 x2 + y 2
Puisque x > 0 et y > 0, ceci donne :
y y
sin arctan =p .
x x2 + y 2
Retour texte →
. Exercice 85
L’application det qui associe à une matrice carrée d’ordre n son déterminant est une appli-
cation n-linéaire des vecteurs colonnes de la matrice. On identifie l’espace des matrices carrées
d’ordre n, Mn (R), avec le produit de n copies de Rn , à savoir Rn × . . . × Rn . On en déduit que
la différentielle de det en une matrice A = (c1 , . . . , cn ) est égale à
où k.k désigne n’importe quelle norme matricielle. Choisissons par commodité une norme sous-
multiplicative (c’est-à-dire vérifiant kABk ≤ kAk kBk). En remplaçant H par A−1 H on obtient
89
où on a posé ε1 (0) = 0 et pour H 6= 0 :
kA−1 Hk
ε A−1 H .
ε1 (H) = (det A)
kHk
Comme H 7→ A−1 H est continue et kA−1 Hk ≤ kA−1 k kHk, on a limH→0 ε1 (H) = 0 donc
Retour texte →
. Exercice 86 R1
Soit F1 (P ) = 0 (P 3 − P 2 ) (t)dt, et soit H un polynôme de degré n alors
Z 1
(P + H)3 − P 3 − (P + H)2 + P 2 (t) dt
F1 (P + H) − F1 (P ) =
Z0 1 Z 1
2
3P H 2 + H 3 − H 2 (t) dt
= (3P − 2P )H (t) dt +
0 0
Or Z 1 Z 1
2 3 2
||H||2∞
3P H + H − H (t)dt ≤ |3P + H − 1| (t)dt = o(||H||∞ )
0 0
donc Z 1
(3P 2 − 2P )H (t) dt
DF1 (H) =
0
0 2
Soit F2 (P ) = P − P et soit H un polynôme de degré n alors
F2 (P + H) − F2 (P ) = (P + H)0 − (P + H)2 − P 0 + P 2 = H 0 − 2P H − H 2
DF2 (H) = H 0 − 2P H.
Retour texte →
. Exercice 87
1) Notons <, > le produit scalaire Euclidien sur R2 , qui est une application bilinéaire. On
a g(x, y) =< f (x, y) − a, f (x, y) − a >. L’application g est différentiable en tant que composée
et produit de fonctions différentiables, et on a
Ä ∂g ∂g
ä
Jg(x,y) = ∂x (x, y) ∂y (x, y)
avec
∂g ∂ ∂
(x, y) =< (f (x, y) − a), f (x, y) − a > + < f (x, y) − a, (f (x, y) − a) >
∂x ∂x ∂x
∂
=2< (f (x, y) − a), f (x, y) − a >
∂x
et de même,
∂g ∂
(x, y) = 2 < (f (x, y) − a), f (x, y) − a > .
∂y ∂y
90
2) L’application f est continue car différentiable et sa norme tend vers l’infini quand k(x, y)k
tend vers l’infini. Ainsi,
Soit m = inf (x,y)∈R2 g(x, y). Posons A = m + 1 et soit B associé à A comme précédemment.
On a alors pour tout (x, y) tel que k(x, y)k ≥ B,
Donc
m= inf g(x, y).
k(x,y)k≤B
La boule fermée B(0, B) étant compacte et g continue, g atteint sa borne inférieure en un point
X0 = (x0 , y0 ) ∈ B(0, B).
Comme X0 est un minimum de g sur R2 , c’est aussi un minimum de la restriction de g sur
toute droite passant par X0 . Comme la dérivée d’une fonction réelle en un minimum est nulle,
toute les dérivées partielles de g sont nulles et donc DgX0 = 0 et par conséquent la matrice
jacobienne de g en X0 est nulle.
3) D’après la question 2), on a en (x0 , y0 ),
∂ ∂
< (f (x, y) − a), f (x, y) − a >= 0 et < (f (x, y) − a), f (x, y) − a >= 0.
∂x ∂y
Comme DfX0 est injective, ses colonnes forment une base de R2 . Par conséquent les projections
∂ ∂
de f (x, y) − a sur la base ( ∂x (x0 , y0 ), ∂y (x0 , y0 )) sont nulles et donc f (x0 , y0 ) − a = 0, ce qui
équivaut à f (x0 , y0 ) = a. Donc a admet un antécédent par f . Ceci étant valable pour tout
a ∈ R2 , on a montré que f est surjective.
Retour texte →
. Exercice 88
Soit f : U → R différentiable en a admettant en a un extremum local. Montrons que que
Dfa = 0. On a
f (a + h) = f (a) + Dfa (h) + ||h|| (h), lim (h) = 0.
h→0
Supposons que f admette un minimum local en a (la démonstration est similaire pour
un maximum), c’est-à-dire qu’il existe un voisinage V de a dans E tel que pour tout x ∈
V, f (x) − f (a) ≥ 0.
Soit h ∈ E. Alors il existe η > 0 tel que pour tout t ∈] − η, η[, a + th ∈ V . Alors pour tout
t ∈] − η, η[, on a : f (a + th) − f (a) ≥ 0, et donc
Pour t > 0, en divisant par t = |t| on a : Dfa (h) + ||h||(th) ≥ 0. Par passage à la limite t → 0,
on obtient Dfa (h) ≥ 0.
Pour t < 0, en divisant par t = − |t| on a : Dfa (h) − ||h||(th) ≤ 0. Par passage à la limite
t → 0, on obtient Dfa (h) ≤ 0.
Donc Dfa (h) = 0, et ce pour tout h ∈ E.
Retour texte →
91
. Exercice 89 On a :
∂f ∂f
= 4(x3 + xy 2 − x) et = 4(y 3 + yx2 − y).
∂x ∂y
Les point critiques de f sont donc les solutions de
ß 3
x + xy 2 − x = 0
y 3 + yx2 − y = 0
⇔
x(x2 + y 2 − 1) =
ß
0
y(x2 + y 2 − 1) = 0
⇔ ß 2
x + y 2 − 1 = 0 ou x=0
x2 + y 2 − 1 = 0 ou y=0
Donc (x, y) est un point critique si et seulement si (x, y) = (0, 0) ou x2 + y 2 = 1.
Déterminons la nature de ces points critiques.
On a :
∂ 2f
r= 2
= 4(3x2 + y 2 − 1)
∂x
∂ 2f
t= = 4(3y 2 + x2 − 1)
∂y 2
∂ 2f
s= = 8xy.
∂x∂y
En (x, y) = (0, 0), on a : rt − s2 = 8 > 0 et r < 0. Donc f admet un maximum en ce point
et f (0, 0) = 0.
En (x, y) tel que x2 + y 2 = 1, on a : r = 8x2 et t = 8y 2 , donc rt − s2 = 64x2 y 2 − 64x2 y 2 = 0.
Donc on ne peut pas conclure en utilisant le théorème. En ces points, on a f (x, y) = −1.
NB : on peut visualiser la surface d’équation z = f (x, y) en remarquant qu’il s’agit d’une
surface de révolution autour de l’axe 0z et en traçant la courbe de la fonction g : x 7→ f (x, 0) =
x4 − 2x2 , qui est paire. Sur l’intervalle, [0, 1], la fonction g est strictement décroissante de 0 à
−1, sa dérivée s’annule en 1, puis g est strictement croissante sur [1, +∞[ et tend vers +∞ en
+∞.
Retour texte →
. Exercice 90 On a :
∂f ∂f
= 3x2 − 3y et = 3y 2 − 3x
∂x ∂y
La fonction f admet donc deux points critiques : (0, 0) et (1, 1).
On a :
∂ 2f
r= = 6x
∂x2
∂ 2f
t= = 6y
∂y 2
∂ 2f
s= = −3
∂x∂y
En (0, 0), rt − s2 = −9 < 0, donc f admet un point selle (pas d’extremum local) au point
(0, 0).
En (1, 1), rt − s2 = 27 > 0 et r > 0, donc f admet un minimum local en (1, 1).
Retour texte →
92
Huitième partie
Le théorème d’inversion locale
Dans ce chapitre, les espaces vectoriels normés considérés sont de dimension finie.
Nous allons généraliser le résultat suivant :
Théorème VIII.0.1. Soit f :]a, b[→ R une application de classe C 1 sur ]a, b[ telle que en
x0 ∈]a, b[, f 0 (x0 ) 6= 0. Alors il existe un intervalle ouvert I ⊂]a, b[ contenant x0 et un un
intervalle ouvert de J tels que la restriction de f à I soit un difféomorphisme de I sur J.
93
— Exprimons γ1 (k). Pour cela, exprimons la différentiabilité de f en a. Pour h ∈ E tel que
a + h ∈ U , on a :
et donc
k = A(γ(k)) + o(γ(k)). (2)
Comme
γ(k) = A−1 (k) + γ1 (k),
en appliquant A−1 à la relation (2) on obtient :
γ1 (k) = γ(k) − A−1 (k) = A−1 (k − o (γ(k))) − A−1 (k) = −A−1 (o (γ(k)))
1
||o(γ(k))|| ≤ ||γ(k)|| (6)
2M
D’autre part, la relation (2) entraı̂ne :
94
Finalement en appliquant l’inégalité (3) à v = o(γ(k)) puis en utilisant (7), on obtient :
Donc
||A−1 (o(γ(k))||
≤ 2M 2 ||(γ(k)||,
||k||
qui tend bien vers 0 quand k tend vers 0.
Théorème VIII.2.2 (Théorème d’inversion locale). Soient E et F des espaces vectoriels nor-
més, U un ouvert de E, et soit f : U → F une application de classe C 1 . Soit a ∈ U tel que
Dfa soit inversible. Alors f est un difféomorphisme local en a.
95
Puisque l’on travaille en dimension finie, on a dim E = dim F et on peut supposer sans
perdre en généralité que E = F = Rn .
Première étape. On se ramène au cas où a = 0, f (a) = 0 et Dfa = IdE en remplaçant f
par : h(x) = (Dfa )−1 (f (x + a) − f (a)).
En effet, on a bien h(0) = 0 et Dh0 = (Dfa )−1 ◦ Dfa = IdE .
Par ailleurs, f est un difféomorphisme local en a si et seulement si h est un difféomorphisme
local en 0.
Deuxième étape. Pour montrer que h est un difféomorphisme local, il faut montrer que
l’équation y = h(x), où y est donné proche de h(0) = 0 admet une unique solution proche de 0.
Considérons g : U → Rn définie par g(x) = x − h(x) et posons g̃(x) = g(x) + y. On a :
y = h(x) ⇔ g̃(x) = x
Nous allons appliquer le théorème du point fixe à g̃ sur un fermé de Rn .
On a
Dg0 = IdRn − Dh0 = 0L(Rn ,Rn ) ,
or Dg est continue en 0 puisque f est C 1 . Donc il existe r > 0 tel que la boule ouverte B(0, r)
soit contenue dans U et tel que
1
∀x ∈ B(0, r), ||Dgx || < .
2
Appliquons le théorème de la moyenne à g dans le convexe B(0, r) :
1
∀x, x0 ∈ B(0, r), ||g(x) − f (x0 )|| ≤ ||x − x0 || (8)
2
et donc, on a aussi :
1
∀x, x0 ∈ B(0, r), ||g̃(x) − g̃(x0 )|| ≤ ||x − x0 ||
2
Pour x0 = 0, on obtient en particulier :
1
∀x ∈ B(0, r), ||g̃(x) − y|| ≤ ||x||,
2
donc g̃(B(0, r)) ⊂ B(y, r/2). En choisissant y dans B(0, r/2) on obtient :
g̃(B(0, r)) ⊂ B(0, r).
Par conséquent pour y fixé dans B(0, r/2), la restriction g̃ : B(0, r) → B(0, r) est une
contraction de rapport 1/2. Par le théorème du point fixe il en résulte qu’il existe un unique
x ∈ B(0, r) tel que x = g̃(x), c’est à-dire tel que h(x) = y.
Conclusion : h est une bijection du voisinage ouvert de 0
Ω = B(0, r) ∩ h−1 (B(0, r/2))
sur le voisinage ouvert B(0, r/2) de h(0) = 0.
Troisième étape. Notons h] : Ω → B(0, r/2) la restriction de h. D’après ce qui précède h] est
une bijection. De plus, h] est de classe C 1 par hypothèse. Donc d’après la proposition VIII.1.2,
pour montrer que h] est un difféomorphisme il reste à démontrer que (h] )−1 est continue sur
B(0, r/2).
Soient y, y 0 ∈ B(0, r/2). Posons x = (h] )−1 (y) et x0 = (h] )−1 (y 0 ). D’après (8), on a :
||(h] )−1 (y) − (h] )−1 (y 0 )|| = ||x − x0 || = ||h(x) − h(x0 ) + g(x) − g(x0 )||
Donc
||(h] )−1 (y) − (h] )−1 (y 0 )|| ≤ ||y − y 0 ||
En particulier (h] )−1 est continue.
96
Exercice 91. Calculer la matrice jacobienne des applications suivantes. En quels points peut-on
appliquer le théorème d’inversion locale ?
a)
f : R2 −→ R3
(x, y) 7−→ (x + y, x2 + y 2 , x2 − y 2 )
b)
f: R2 −→ R2
(x, y) 7−→ (sin x cosh y, cos x sinh y)
c)
f: R3 −→ R3
(x, y, z) 7−→ (x + y 2 , y + z 2 , z + x2 )
Correction →
Exercice 92. Soient E et F deux espaces vectoriels normés et soit U un ouvert non vide de
E. Soit f : U −→ F une application de classe C 1 .
Démontrer que f est un C 1 -difféomorphisme de U sur f (U) si et seulement si
1. f est injective
2. ∀u ∈ U, Df (u) est un isomorphisme de E sur F .
Correction →
P : R2 −→ R2
(ρ, θ) 7−→ (ρ cos θ, ρ sin θ)
est un difféomorphisme local au voisinage de tout point de R? × R.
2) Déterminer un ouvert maximal U ⊂ R2 tel que la restriction P|U de P à U soit un
difféomorphisme de U sur P (U ). Décrire P (U ).
3) Pour (x, y) ∈ P (U ), calculer D(P −1 )(x, y).
Correction →
Correction →
Correction →
97
VIII.4 Correction des exercices
. Exercice 91
a) La matrice jacobienne est :
Ñ é
1 1
Jf (x, y) = 2x 2y
2x −2y
On ne peut appliquer le théorème d’inversion locale en aucun point puisque les dimensions
des espaces d’arrivée et de départ sont différentes.
b) La matrice jacobienne est :
Å ã
cos x cosh y sin x sinh y
Jf (x, y) =
− sin x sinh y cos x cosh y
Le déterminant de Jf (x, y) est nul si et seulement si cos2 x cosh2 x + sin2 x sinh2 y = 0, qui
équivaut à cos x = 0 et sinh y = 0, c’est-à dire à x = π2 + kπ, k ∈ Z et y = 0.
On peut donc appliquer le théorème d’inversion locale en tout point de
π
R2 r {(x, y) ∈ R2 : x = + kπ, k ∈ Z; y = 0}.
2
c) La matrice jacobienne est :
Ñ é
1 2y 0
Jf (x, y, z) = 0 1 2z
2x 0 1
|Jf (x, y, z)| = 1 + 8xyz. Donc on peut donc appliquer le théorème d’inversion locale en tout
point de R3 r {(x, y, z) ∈ R3 : 1 + 8xyz = 0}.
Retour texte →
. Exercice 92
L’implication ⇒ est claire d’après la définition d’un difféomorphisme de classe C 1 .
⇐ Supposons que f est injective et que ∀u ∈ U, Df (u) est un isomorphisme de E sur F .
Puisque f est injective, la restriction à l’arrivée f : U → f (U) est bijective. Il faut montrer
que f (U) est un ouvert de F et que f −1 : f (U) → U est de classe C 1 sur f (U).
Soit v ∈ f (U) et soit u = f −1 (v). Comme Df (u) est un isomorphisme de E sur F , d’après le
théorème d’inversion locale, il existe un voisinage ouvert Ω de u dans U et un voisinage ouvert
W de v dans F tels que la restriction f|Ω : Ω → W soit un C 1 -difféomorphisme. Donc W est un
ouvert de F tel que v ∈ W et W ⊂ f (U). Donc f (U) est un ouvert de F .
De plus, (f|Ω )−1 est de classe C 1 , et comme ceci est valable pour tout v dans f (U), on en
déduit que f −1 : f (U) → U est de classe C 1 sur f (U).
Retour texte →
. Exercice 93
1) La matrice jacobienne de P est :
Å ã
cos θ −ρ sin θ
JP (ρ, θ) =
sin θ ρ cos θ
98
Son déterminant est égal à ρ, qui est non nul sur R∗ ×R. Donc d’après le théorème d’inversion
locale, P réalise un difféomorphisme local au voisinage de tout point de R∗ × R.
2) On se restreint à un ouvert maximal sur lequel P est bijective. Par exemple, U = R+∗ ×]−
π, π[ convient.
3) Posons (x, y) = (ρ cos θ, ρ sin θ). Alors D(P −1 )(x, y) = (DP (ρ, θ))−1 . Donc
Å ã
−1 1 ρ cos θ ρ sin θ
JP (x, y) = ,
ρ − sin θ cos θ
ce qui donne :
√ x √ y
!
JP −1 (x, y) = x2 +y 2
−y x
x2 +y 2
x2 +y 2 x2 +y 2
Remarque : en fait, on a
Åp ã
−1 y
P (x, y) = x2 + y 2 , 2 arctan p .
x2 + y 2 + x
z
En effet, posons z = x + iy, θ = arg(z) ∈] − π, π[ et α = arg(arg 1 + |z| ) ∈] − π, π[. Les
z
points du plan complexe d’affixes 0, 1, z et 1 + |z| sont les sommets d’un parallélogramme, donc
θ = 2α, et − π2 < α < − π2 . Nous obtenons donc
θ = 2 arctan tan(α).
√
x2 +y 2 +x
z
De plus, puisque 1 + |z| = √ 2 2 + i √ 2y 2 , ce qui donne tan α = √ y
, d’où la formule
x +y x +y x2 +y 2 +x
magique !
Retour texte →
. Exercice 94
On a :
∂ fe ∂f ∂f
(ρ, θ) = cos θ (x, y) + sin θ (x, y)
∂ρ ∂x ∂y
et
∂ fe ∂f ∂f
(ρ, θ) = −ρ sin θ (x, y) + ρ cos θ (x, y).
∂θ ∂x ∂y
On utilise l’exercice 93. On sait que P : R∗+ ×] − π, π[→ R2 r R∗− × {0} est un C 1 -
difféomorphisme. Donc l’application f , définie et différentiable sur V = R2 r R∗− × {0}, est
solution de l’équation
∂f ∂f p
x (x, y) + y (x, y) = x2 + y 2 ,
∂x ∂y
si et seulement si l’application fe = f ◦ P est solution de l’équation
∂ fe
(ρ, θ) = 1
∂ρ
Les solutions de cette dernière équation sont de la forme fe(ρ, θ) = ρ + g(θ). Donc les solutions
de l’équation initiale sont les fonctions
p
f (x, y) = fe ◦ P −1 (x, y) = x2 + y 2 + g(Ψ(x, y)),
où Ψ(x, y) = θ avec (x, y) = (ρ cos θ, ρ sin θ).
Retour texte →
99
. Exercice 95
On cherche un C 1 -difféomorphisme φ : R2 → R2 , φ(u, v) = (φ1 (u, v), φ2 (u, v)) tel que le
premier membre de l’équation
∂f ∂f
α (x, y) + β (x, y) = 0 (1)
∂x ∂y
∂g
devienne ∂u où g(u, v) = f (φ1 (u, v), φ2 (u, v)).
Posons
φ(u, v) = (αu − βv, βu + αv).
Alors
∂g ∂f ∂x ∂f ∂y ∂f ∂f
(u, v) = + =α +β .
∂u ∂x ∂u ∂y ∂u ∂x ∂y
φ est un C 1 -difféomorphisme de R2 sur R2 d’inverse
αx + βy −βx + αy
Å ã
−1
φ (x, y) = , ,
α2 + β 2 α2 + β 2
∂g
(u, v) = 0 (2)
∂u
Les solutions de (2) sont les fonctions g(u, v) = ψ(v) où ψ est C 1 de R dans R, et les solutions
de (1) sont donc les fonctions
−βx + αy
Å ã
f (x, y) = ψ
α2 + β 2
Retour texte →
100
Neuvième partie
Théorème des fonctions implicites
Considérons l’équation du cercle x2 + y 2 = 1. On sait√expliciter la variable y en fonction de
x sur un voisinage ouvert U d’un point y0 > 0 : y(x) = 1 − x2 .
Cet exemple est particulier : en général, étant donné f , on ne peut pas décrire explicitement
une variable en fonction de l’autre.
Comme son nom l’indique, le théorème des fonctions implicites donne des conditions pour
que, dans une équation du type f (x, y) = 0, l’on puisse exprimer localement une variable en
fonction de l’autre.
Définition IX.1.1. L’application x 7→ f (x, b) est définie sur un voisinage de a dans Rn et est
différentiable en a. On note D1 f(a,b) sa différentielle et on l’appelle la différentielle partielle
de f par rapport à la variable x.
De même, on note D2 f(a,b) la différentielle au point b de l’application y 7→ f (a, y) et on
l’appelle la différentielle partielle de f par rapport à la variable y.
Théorème IX.1.3 (Théorème des fonctions implicites). Soient n et p deux entiers, soit U un
ouvert de Rn × Rp et soit f : U → Rp une application de classe C 1 sur U . Soit (a, b) ∈ U tel
que f (a, b) = 0. On suppose que la différentielle partielle D2 f(a,b) est inversible.
Alors il existe un voisinage ouvert V de a dans Rn , un voisinage ouvert W de b dans Rp et
une application φ : V → W tels que
(x, y) ∈ V × W etf (x, y) = 0 ⇐⇒ x ∈ V et y = φ(x)
De plus, pour tout x ∈ V et y = φ(x), on a :
101
Remarque Dire que D2 f(a,b) est inversible équivaut à dire que la matrice
Ä ∂f ä
∂yj
i
(a, b)
1≤i,j≤p
est inversible.
On constate que DF(a,b) est inversible. En effet, pour (z, t) fixé dans Rn × Rp , l’équation
DF(a,b) (h, k) = (z, t) admet pour unique solution : h = z et k = [D2 f(a,b) ]−1 (t − D1 f(a,b) .z).
On peut donc appliquer le théorème d’inversion locale à F en (a, b) : il existe un voisinage
ouvert U1 de (a, b) dans Rn × Rp et un ouvert W1 de Rn × Rp contenant F (a, b) = (a, 0) tels que
F se restreigne en un difféomorphisme de U1 sur W1 . Quitte à restreindre U1 , on peut supposer
que U1 = V1 × V2 où V1 est un ouvert de Rn contenant a et V2 un ouvert de Rp contenant b. Le
difféomorphisme inverse de F|U1 est l’application G : W1 → V1 × V2 de classe C 1 de la forme
x3 + y 3 − 3xy = 0
102
Exercice 97. Soit E = Rn où n est un entier ≥ 1 et f : L(E) × L(E) −→ L(E) l’application
définie par :
1
∀A, B ∈ L(E), f (A, B) = B − (Id − A + B)2
2
1) Déterminer la différentielle de f .
2) Le théorème des fonctions implicites s’applique-t-il à f au voisinage de (Id, 0) ∈ L(E) ×
L(E) ?
Correction →
x3 + y 3 − 3xy = 0
3t 3t2
x(t) = et y(t) =
1 + t3 1 + t3
2) Déterminons la tangente à la courbe au point (x(1), y(1)).
On a x(1) = y(1) = 32 .
La matrice jacobienne de f (x, y) = x3 + y 3 − 3xy est :
Jf (x, y) = 3x2 − 3y 3y 2 − 3x ,
donc Å ã
3 3 27 9 27 9
9 9
Jf , = 4
− 2 4
− 2
= 4 4
2 2
Puisque 49 6= 0, D2 f(1,1) est inversible. Donc il existe des voisinages U et V de 23 dans R et une
application φ : U → V de classe C 1 telle que pour tous (x, y) ∈ U × V , f (x, y) = 0 ⇔ y = φ(x)
et on a :
0 − ∂f (x, φ(x))
φ (x) = ∂f∂x .
∂y
(x, φ(x))
donc la pente de la tangente à la courbe au point (x(1), y(1)) est : φ0 ( 32 ) = −1.
Retour texte →
103
. Exercice 97
Soit f : L(E) × L(E) −→ L(E) l’application définie par :
1
∀A, B ∈ L(E), f (A, B) = B − (Id − A + B)2
2
1) Déterminons la différentielle de f .
En développant l’expression de f , on obtient :
1
f (A, B) = − (Id − 2A + A2 − BA + B 2 − AB).
2
L’application (A, B) 7→ 2A est linéaire, l’application (A, B) 7→ −BA − AB est bilinéaire, et
(A + H)2 = A2 + AH + HA + H 2 = A2 + AH + HA + kHk 1 (H),
(B + K)2 = B 2 + BK + KB + K 2 = B 2 + BK + KB + K 2 + kKk 2 (K),
. Exercice 98
Considérons la fonction f : Rn+1 × R → R définie par
f (a, x) = Pa (x) = a0 + a1 x + a2 x2 + . . . + an xn .
Fixons a∗ = (a∗0 , . . . , a∗n ) dans Rn+1 . On suppose que Pa∗ possède une racine réelle x∗0 , c’est-
à-dire telle que f (a∗ , x∗0 ) = 0. Pour que pour tout a proche de a∗ , le polynôme Pa possède une
racine réelle x0 proche de x∗0 dépendant différentiablement de a, il suffit de montrer que l’on peut
appliquer le théorème des fonctions implicites à f avec l’hypothèse D2 f (a∗ , x∗0 ) 6= 0. Autrement
dit, la condition D2 f (a∗ , x∗0 ) 6= 0 est la condition suffisante cherchée. Cette condition équivaut
à : Pa0 ∗ (x∗0 ) 6= 0, et puisque l’on a déjà Pa∗ (x∗0 ) = 0, la condition D2 f (a∗ , x∗0 ) 6= 0 équivaut à : x∗0
est une racine simple de Pa∗ .
Retour texte →
104
Dixième partie
Sous-variétés de Rn - Extrema liés
X.1 Sous-variétés
Définition X.1.1. Une partie M de Rn est une sous-variété différentiable de dimension
p ≤ n de Rn si pour tout a ∈ M , il existe un voisinage ouvert Ua de a dans Rn et un difféo-
morphisme φ : Ua → Va ⊂ Rn tel que
X.2 Submersions
Définition X.2.1. Soit Ω un ouvert de Rn . Une application de classe C 1 f : Ω → Rk est une
submersion sur Ω si pour tout a ∈ Ω, la différentielle Dfa est surjective.
Théorème X.2.2. Soit Ω un ouvert de Rn et soit f : Ω → Rk une submersion avec k < n.
Alors le sous-ensemble M = f −1 (0) de Rn est une sous-variété de dimension n − k de Rn . On
dit que f (x) = 0 est une équation de M .
Preuve Fixons a ∈ Ω. Puisque Dfa est de rang k, alors la matrice jacobienne de f possède
k colonnes linéairement indépendantes. Quitte à composer f par un difféomorphisme de Rn qui
permute les variables, on peut supposer qu’il s’agit des k dernières colonnes.
On définit F : Ω → Rn = Rn−k × Rk par :
JFa est inversible, donc d’après le théorème d’inversion locale, F est un difféomorphisme
local au voisinage de a : il existe un voisinage ouvert Ua de a dans Rn et un ouvert Va de
Rn tel que F : Ua → Va soit un difféomorphisme. On vérifie aisément que F (Ua ∩ M ) =
Va ∩ (Rn−k × {0Rk }).
105
1. M est partout localement le graphe d’une application φ : Rn−k → Rk
2. Pour tout x ∈ M , ker Dfx est formé des vecteurs vitesses de courbes de classe C 1 tracées
sur M et passant par x.
Preuve 1) Posons f = (f1 , . . . , fk ). Soit a ∈ M .
Puisque f est une submersion, la matrice jacobienne Jfa admet k colonnes linéairement
indépendantes. Quitte à permuter les variables, on peut supposer que ce sont les k dernières.
Pour (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn , posons x = (x1 , . . . , xn−k ) et y = (xn−k+1 , . . . , xn ). et regardons f
comme (x, y) → f (x, y). Alors D2 fa est un isomorphisme de Rk , donc d’après le théorème des
fonctions implicites, il existe un voisinage U de (a1 , . . . , an−k ) dans Rn−k , un voisinage V de
(an−k+1 , . . . , an ) dans Rk et une application φ : U → V tels que
x ∈ U, y ∈ V et f (x, y) = 0 ⇔ x ∈ U et y = φ(x)
i.e. M est localement le graphe de φ au voisinage du point a.
2) Soit c : I → Rn une courbe de classe C 1 tracée sur M et passant par a, c’est-à-dire : I est
un intervalle de R contenant 0, c(0) = a et ∀t ∈ I, f (c(t)) = 0. Alors
(f ◦ c)0 (0) = Dfa (c0 (0)) = 0
Donc c0 (0) ∈ ker Dfa .
Réciproquement, soit (hx , hy ) ∈ ker Dfa .
Posons A = (a1 , . . . , an−k ) et considérons la courbe définie par
Exemples
1. Courbes dans R2
k = 1 et n = 2. f : Ω ⊂ R2 → R submersion. On considère la courbe M ⊂ R2 donnée par
l’équation f (x, y) = 0. Alors en a = (x0 , y0 ) ∈ M , la droite affine tangente a + Ta M est
donnée par l’équation :
∂f ∂f
(x − x0 ) (x0 , y0 ) + (y − y0 ) (x0 , y0 ) = 0,
∂x ∂y
car c’est l’ensemble des (x, y) tels que (x, y) − a = (x − x0 , y − y0 ) ∈ ker fa .
2. Surfaces dans R3
k = 1 et n = 3. f : Ω ⊂ R2 → R submersion. On considère la surface M ⊂ R3 donnée par
l’équation f (x, y, z) = 0. Alors en a = (x0 , y0 , z0 ) ∈ M , le plan affine tangent a + Ta M est
donnée par l’équation :
∂f ∂f ∂f
(x − x0 ) (x0 , y0 , z0 ) + (y − y0 ) (x0 , y0 , z0 ) + (z − z0 ) (x0 , y0 , z0 ) = 0,
∂x ∂y ∂z
car c’est l’ensemble des (x, y, z) tels que (x, y, z) − a = (x − x0 , y − y0 , z − z0 ) ∈ ker fa .
106
X.4 Extrema liés
On recherche les extrema de la restriction à une sous-variété de Rn d’une fonction de n
variables.
Théorème X.4.1. (Théorème des multiplicateurs de Lagrange). Soit Ω un ouvert de Rn et
soit g : Ω → Rk une submersion. On considère la sous-variété M de Rn d’équation g(x) = 0.
Soit f : Ω → R de classe C 1 . Si la restriction f|M admet un extremum local au point a ∈ M ,
alors il existe k réels λ1 , . . . , λk tels que :
donc
Dfa (h) = (λ1 D(g1 )a + . . . λk D(gk )a ).h.
x21 + . . . + x2n+1 = 1
Exercice 101. Décrire l’espace tangent en (1, 1, 1) à la courbe γ de R3 définie par les équations
x2 − yz = 0 et 3x2 − y − 2z = 0.
Correction →
107
Exercice 103. Mettre le nombre 1728 sous la forme d’un produit xyz = 1728 de nombres réels
positifs de telle sorte leur somme soit minimale.
Correction →
x21 + . . . + x2n+1 = 1
Posons f (x1 , . . . , xn+1 ) = x21 +. . .+x2n+1 −1. Alors Sn est définie par l’équation f (x1 , . . . , xn+1 ) =
0. La matrice jacobienne de f est :
Jf(a1 ,...,an+1 ) = 2a1 2a2 · · · 2an
Donc f est une submersion sur l’ouvert U = Rn+1 r {0} de Rn+1 , et comme U contient Sn , on
en déduit que Sn est une sous-variété de Rn+1 de dimension n + 1 − 1 = n.
(Sn n’est autre que la sphère de centre 0 et de rayon 1).
Retour texte →
. Exercice 100
L’équation x2 + y 2 − z 2 = 0 définit-elle une sous-variété de R3 ? Donner un ouvert maximal
de R3 sur lequel l’équation définit une sous-variété.
La matrice jacobienne de f (x, y, z) = x2 + y 2 − z 2 est :
Jf(x,y,z) = 2x0 2y0 −2z0
C’est une submersion en tout point où Jf(x0 ,y0 ,z0 ) 6= (0, 0, 0), c’est-à-dire en tout point de
R r {(0, 0, 0)}. Donc l’équation définit une sous-variété sur R3 r {(0, 0, 0)}.
3
Retour texte →
. Exercice 101
Décrire l’espace tangent en (1, 1, 1) à la courbe γ de R3 définie par les équations x2 − yz = 0
et 3x2 − y − 2z = 0.
Tout d’abord, le point (1, 1, 1) vérifie les deux équations x2 − yz = 0 et 3x2 − y − 2z = 0,
donc il est bien sur γ.
Considérons l’application f : R3 → R2 définie par f (x, y, z) = (x2 − yz, 3x2 − y − 2z). Sa
matrice jacobienne est :
Å ã
2x −z −y
Jf(x,y,z) =
6x −1 −2
108
Donc Å ã
2 −1 −1
Jf(1,1,1) =
6 −1 −2
Le déterminant 2 × 2 correspondant aux deux premières colonnes est non nul en (1, 1, 1),
donc par continuité, il est non nul sur un voisinage de (1, 1, 1), donc γ est une sous-variété de
R3 de dimension 3 − 2 = 1 au voisinage de (1, 1, 1). L’espace tangent à γ en (1, 1, 1) est le noyau
de la matrice Jf(1,1,1) , c’est-à-dire la droite vectorielle engendrée par le vecteur (1, −2, 4).
Retour texte →
. Exercice 102
On considère la fonction f (x, y) = x2 + y 2 − 4xy et le sous-ensemble A de R2 d’équation
x2 + y 2 = 8. Quels sont les extrema de la restriction de f à A ?
Nous allons appliquer le théorème des multiplicateurs de Lagrange (Théorème X.4.1). Posons
g(x, y) = x2 + y 2 − 8. Tout d’abord, A est une sous-variété de R2 car les dérivées partielles de
g ne s’annulent simultanément qu’en l’origine, et A est contenu dans l’ouvert R3 r {(0, 0)}.
D’après le théorème, si la restriction de f à A admet un extremum en a = (x, y) alors il
existe un réel λ tel que Jfa = λJg(a). Ceci donne le système :
2x − 4y − 2λx = 0
2y − 4x − 2λy = 0
x2 + y 2 =8
D’après les deux premières équations, si x ou y est nul, alors ils le sont tous les deux. Or,
d’après la troisième équation, x et y ne peuvent pas être nuls en même temps, donc x et y sont
nécessairement non nuls. On peut donc diviser par x et y à volonté. En isolant λ dans les deux
premières équations puis en soustrayant les deux, on élimine λ et on arrive à l’équation x2 = y 2 .
Le système précédent est donc équivalent à :
= x−2y
λ x
x2 − y 2 =0
2
x + y2 =8
c’est-à-dire à
x = ±2
y = ±2
λ = x−2y
x
On trouve donc les quatre points suivants :
- le point (x1 , y1 ) = (2, 2) auquel correspond λ = −1, et on a f (2, 2) = −8 ;
- le point (x2 , y2 ) = (−2, 2) auquel correspond λ = 3, et on a f (−2, 2) = 24 ;
- le point (x3 , y3 ) = (2, −2) auquel correspond λ = 3, et on a f (2, 2) = 24 ;
- le point (x4 , y4 ) = (−2, −2) auquel correspond λ =√−1, et on a f (2, 2) = −8 ;
Puisque A est le cercle de centre (0, 0) et de rayon 8, c’est un compact, donc la fonction
continue f y est bornée et atteint ses bornes. Les points (x1 , y1 ) = (2, 2) et (x4 , y4 ) = (−2, −2)
sont donc des minima pour f , et les points (x2 , y2 ) = (−2, 2) et (x3 , y3 ) = (2, −2) des maxima.
Retour texte →
. Exercice 103
Pour mettre le nombre 1728 sous la forme d’un produit xyz = 1728 de nombres réels positifs
de telle sorte leur somme soit minimale, posons f (x, y, z) = x + y + z et g(x, y, z) = xyz − 1728.
109
On cherche donc le minimum de la restriction de f au sous-ensemble A de R3 d’équation
g(x, y, z) = 0.
On a :
Jg(x,y,z) = yz xz yz
Cette matrice ne s’annule pas sur A, donc par continuité de ses coefficients, elle ne s’annule
pas sur un voisinage ouvert de A dans R3 . Par conséquent, A est une sous-variété de R3 de
dimension 2 (donc une surface).
Appliquons le théorème des multiplicateurs de Lagrange. Si f admet un extremum en (a, b, c)
alors il existe λ ∈ R tel que
1 = λbc
1 = λac
1 = λab
abc = 1728
. Exercice 104
Trouver les extrema de la restriction de la fonction f (x, y, z) = 13 x3 + y + z 2 au le sous-
ensemble de R3 décrit par les deux équations x + y + z = 0 et x + y − z = 0.
Posons g1 (x, y, z) = x + y + z et g2 (x, y, z) = x + y − z. Le sous-ensemble
A = {(x, y, z) ∈ R3 : g1 (x, y, z) = 0, g2 (x, y, z) = 0}
de R3 est une droite. La matrice jacobienne de g = (g1 , g2 ) est :
Å ã
1 1 1
Jg(x,y,z) =
1 1 −1
Elle est de rang maximal 2 sur R3 puisque le déterminant des deux dernières colonnes est non
nul. Donc g est une submersion sur R3 , donc A est une sous-variété de R3 .
On peut donc appliquer le théorème des multiplicateurs de Lagrange : si la restriction f|A
admet un extremum en (x, y, z) ∈ A, alors il existe des complexes λ et µ tels que Dfa =
λD(g1 )a + µD(g2 )a . Donc (x, y, z) et λ, µ sont solutions du système :
x + y + z = 0 x2 =1
x = ±1
x+y−z =0 z =0
z =0
x2 =λ+µ ⇔ y = −x ⇔
y = −x
1 =λ+µ λ+µ =1
λ = µ = 21
2z =λ−µ λ−µ =0
110
On trouve donc deux extrema candidats : (x1 , y1 , z1 ) = (1, −1, 0) et (x2 , y2 , z2 ) = (−1, 1, 0),
et pour ces deux points, on a λ = µ = 21 .
On a f (x1 , y1 , z1 ) = − 23 et f (x2 , y2 , z2 ) = 23 .
Mais A est la droite paramétrée par t 7→ (t, −t, 0). f (t, −t, 0) = 13 t3 − t. Puisque limt→±∞ =
±∞, f|A n’admet pas d’extremum sur A.
Retour texte →
111