2008 Ben Ameur Bazine These
2008 Ben Ameur Bazine These
Présentée à
L’UNIVERSITE DE POITIERS
Présentée par
Imène BEN AMEUR BAZINE
Co-encadrement : T. POINOT
COMPOSITION DU JURY
i
ma profonde gratitude pour leurs innombrables sacrifices. Merci aussi à nos chers
cousins Rym et Rochdi.
Enfin mes plus tendres remerciements vont à mon mari Sadok pour tout son
soutien, sa patience, sa complicité indispensables durant ces années d’études ainsi
que ma très chère fille Aya pour sa patience durant toutes les périodes d’absence
de maman et papa.
ii
A ma famille
A ma belle-famille
A Sadok
A ma très chère fille Aya
iii
iv
Table des matières
Introduction générale 1
v
Table des matières
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2 Identification en boucle ouverte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.2.2 Algorithme d’identification du type erreur de sortie . . . . 31
2.2.3 Estimation paramétrique avec information a priori . . . . 33
2.2.3.1 Introduction de l’information a priori . . . . . . 34
2.2.3.2 Algorithme d’optimisation non linéaire . . . . . . 35
2.2.3.3 Calcul des fonctions de sensibilité . . . . . . . . . 36
2.2.3.4 Mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.2.3.4.1 Choix de l’information a priori . . . . . 37
2.2.3.4.2 Choix de la variance de la perturbation
de sortie . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.2.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.3 Un panorama des méthodes d’identification en boucle fermée . . . 39
2.3.1 Problématique de l’identification en boucle fermée . . . . . 40
2.3.2 L’approche directe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.3.2.1 Principe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.3.2.2 Biais de l’approche directe en boucle fermée . . . 41
2.3.3 L’approche simultanée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.3.4 L’approche indirecte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.3.4.1 Principe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.3.4.2 Méthodes associées à une paramétrisation appro-
priée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2.3.4.2.1 Méthode C.L.O.E. . . . . . . . . . . . . 46
2.3.4.2.2 Méthode Tailor-Made Parametrisation . 47
2.3.4.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
2.4 Méthode d’identification O.E. basée sur une décomposition de la
boucle fermée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
2.4.1 Principe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
2.4.2 Identification de correcteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.4.2.1 Méthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
vi
2.4.2.2 Etude de la surparamétrisation . . . . . . . . . . 52
2.4.2.2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . 52
2.4.2.2.2 Les moments discrets . . . . . . . . . . . 53
2.4.2.3 Simulations numériques . . . . . . . . . . . . . . 54
2.4.2.3.1 Choix de la structure du correcteur . . . 54
2.4.2.3.2 Les moments discrets . . . . . . . . . . . 57
2.4.3 Méthodologie d’identification indirecte par erreur de sortie 58
2.4.3.1 Calcul des fonctions de sensibilité . . . . . . . . . 58
2.4.3.2 Exemple d’application . . . . . . . . . . . . . . . 59
2.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
vii
Table des matières
viii
5.2.3 Modèle de défaut rotorique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
5.2.4 Modèle général de défauts de la machine asynchrone . . . 136
5.2.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
5.3 Résultats du diagnostic de la machine asynchrone en boucle fermée 138
5.3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
5.3.2 Estimation paramétrique avec information a priori . . . . 139
5.3.3 Diagnostic d’un défaut stator . . . . . . . . . . . . . . . . 140
5.3.3.1 Modèle dédié au diagnostic des courts-circuits au
stator . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
5.3.3.2 Résultats de simulation . . . . . . . . . . . . . . 142
5.3.3.2.1 Détection et localisation . . . . . . . . . 142
5.3.3.2.2 Comparaison de résultats d’identification
par approche directe et approche indirecte144
5.3.4 Diagnostic d’un défaut rotor . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
5.3.4.1 Modèle de détection . . . . . . . . . . . . . . . . 147
5.3.4.2 Résultats de simulation . . . . . . . . . . . . . . 148
5.3.4.2.1 Détection et localisation . . . . . . . . . 148
5.3.4.2.2 Comparaison de résultats d’identification
par approche directe et approche indirecte151
5.3.5 Diagnostic de défauts simultanés stator/rotor . . . . . . . 152
5.3.5.1 Modèle de détection . . . . . . . . . . . . . . . . 152
5.3.5.2 Résultats de simulation . . . . . . . . . . . . . . 152
5.3.5.2.1 Détection et localisation . . . . . . . . . 152
5.3.5.2.2 Comparaison de résultats d’identification
par approche directe et approche indirecte155
5.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
Annexes 163
ix
Table des matières
Bibliographie 179
x
Table des figures
xi
Table des figures
xii
4.7 Comparaison des commandes réelle et estimées pour chaque struc-
ture surparamétrisée de CEq−uqs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
4.8 Principe de l’identification indirecte de la machine asynchrone . . 117
4.9 Evolution des paramètres électriques durant la procédure d’esti-
mation par identification indirecte . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
4.10 Comparaison des courants (et tensions) simulés et estimés d’axes
(d, q) pour l’identification indirecte . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
4.11 Erreur d’estimation de l’identification indirecte . . . . . . . . . . . 123
4.12 Identification en présence d’un bruit blanc sur les courants . . . . 124
4.13 Identification en présence d’un bruit fortement corrélé sur les cou-
rants et d’un bruit blanc sur la vitesse . . . . . . . . . . . . . . . 125
4.14 Identification en présence d’un bruit fortement corrélé sur le cou-
rant et d’un bruit moyennement corrélé sur la vitesse . . . . . . . 127
xiii
Table des figures
xiv
Liste des tableaux
xv
Liste des tableaux
xvi
Introduction générale
Bien que les résultats obtenus sur un pilote de laboratoire aient été très encou-
rageants, de nombreuses questions fondamentales sont apparues. Une estimation
paramétrique nécessite une excitation riche afin d’exciter les modes pertinents
de la machine. Malheureusement, cette richesse d’excitation est le plus souvent
contradictoire avec les contraintes d’exploitation, surtout lorsque l’utilisateur a
1
Introduction générale
besoin d’une régulation de vitesse performante. En outre, bien que les défauts
électriques soient bien détectés, il subsiste une incertitude relativement impor-
tante qui ne peut être réduite par l’amélioration de l’excitation. Ce dernier point
soulève deux interrogations fondamentales :
– une part importante de l’incertitude n’est-elle pas due à une erreur de mo-
délisation ?
– par ailleurs, bien que la machine asynchrone fonctionne en boucle fer-
mée, l’utilisation d’un algorithme d’identification prévu pour fonctionner
en boucle ouverte n’est-elle pas la cause, au moins pour partie, de cette
incertitude qui pourrait aussi être un biais ?
Le travail de recherche relaté dans ce mémoire se propose d’apporter quelques
réponses à l’ensemble de ces interrogations, le problème de l’erreur de modéli-
sation étant trop vaste pour être traité simultanément. Aussi, l’accent a été mis
essentiellement sur les problèmes d’identification, en essayant de les poser de ma-
nière fondamentale, indépendemment du diagnostic par estimation paramétrique.
Le cas le plus simple est celui de la machine à courant continu et c’est pour
cette raison qu’il nous a d’abord servi à l’application de la méthodologie initiale.
Le cas de la machine asynchrone est nettement plus complexe car le correcteur est
non seulement cascade mais multivariable et non linéaire du fait des découplages.
2
D’autre part, plusieurs référentiels de Park sont potentiellement utilisables : il
a donc été nécessaire d’analyser le problème pour définir celui qui est le mieux
approprié au problème de l’identification en boucle fermée.
C’est à ces questions que les travaux relatés dans ce mémoire de thèse tentent
d’apporter une réponse sous la forme d’une méthodologie générale d’identifica-
tion en boucle fermée de la machine asynchrone, applicable à son diagnostic par
estimation paramétrique.
Organisation du mémoire
Le deuxième chapitre est consacré à une étude détaillée des problèmes liés
à l’identification en boucle fermée et des solutions apportées pour y remédier.
Nous nous attachons en particulier à analyser les trois approches dites directe,
indirecte et simultanée développées pour identifier des processus bouclés. Une at-
tention particulière est portée aux techniques basées sur l’approche par erreur de
sortie. Par ailleurs, nous présentons une méthodologie d’identification en boucle
fermée transposable au cas des machines électriques. Cette méthodologie s’ap-
puie sur l’approche indirecte et les algorithmes du type erreur de sortie. Nous
3
Introduction générale
4
Chapitre 1
La machine asynchrone :
modélisation, commande et
simulation
5
Chapitre 1. La machine asynchrone : modélisation, commande et simulation
1.1 Introduction
L’un des objectifs les plus importants, dans le cadre du diagnostic, concerne
la mise au point de modèles mathématiques réellement représentatifs d’un fonc-
tionnement en défaut. L’étape de modélisation s’avère donc indispensable aussi
bien en commande, pour la synthèse des boucles de régulation, qu’en surveillance,
pour la détection et la localisation des pannes. Il paraı̂t évident que la surveillance
d’un dispositif s’appuie sur la connaissance de son comportement sain, quel que
soit son point de fonctionnement. La maı̂trise des différents modes de fonctionne-
ment dits normaux˝est alors indispensable lorsqu’on envisage une surveillance
avancée du processus.
6
1.2. Modélisation de la machine asynchrone
7
Chapitre 1. La machine asynchrone : modélisation, commande et simulation
En posant :
Rs : Résistance statorique
Rr : Résistance rotorique
Lsp : Inductance propre statorique
Lrp : Inductance propre rotorique
Ms : Mutuelle inductance inter-phases statoriques
Mr : Mutuelle inductance inter-phases rotoriques
Msr : Mutuelle inductance stator-rotor
p : Le nombre de paire de pôles
θ : Angle mécanique de la position du rotor
us = [ua ub uc ]T : Tensions statoriques
ur = [u1 u2 u3 ]T : Tensions rotoriques
is = [ia ib ic ]T : Courants statoriques
ir = [i1 i2 i3 ]T : Courants rotoriques
ϕs [Ls ] [Msr ] is
[ϕ] = = · (1.1)
ϕr [Mrs ] [Lr ] ir
et
us [Rs ] 0 is d
= · + ϕ = [L] · [I] (1.2)
ur 0 [Rr ] ir dt
avec :
où
1 0 0
I3 = 0 1 0
0 0 1
8
1.2. Modélisation de la machine asynchrone
cos(pθ) cos(pθ − 2π/3) cos(pθ − 4π/3)
[Mrs ] = [Msr ]t = Mrs cos(pθ − 4π/3) cos(pθ) cos(pθ − 2π/3) (1.4)
cos(pθ − 2π/3) cos(pθ − 4π/3) cos(pθ)
Lsp Ms Ms
Ls = Ms Lsp Ms (1.5)
Ms Ms Lsp
Lrp Mr Mr
Lr = Mr Lrp Mr (1.6)
Mr Mr Lrp
dΩ(t)
J + fv Ω(t) = Ce (t) − Cr (t) (1.7)
dt
1 d[L]
Ce = · [I]T · · [i] (1.8)
2 dθ
9
Chapitre 1. La machine asynchrone : modélisation, commande et simulation
ωa
Sb d
q
θs Ra ω
ira
θr
θ Sa
isa
usa
Sc
10
1.2. Modélisation de la machine asynchrone
Xsd Xsa
Xsq = [Ps ] · Xsb (1.9)
Xso Xsc
Xsa Xsd
Xsb = [Ps ]−1 · Xsq (1.10)
Xsc Xso
r cos(θs ) cos(θs − 2π ) cos(θs + 2π
)
3 3
2 2π 2π
[Ps ] = − sin(θ s ) − sin(θ s − 3
) − sin(θ s + 3
) (1.11)
3 √1 √1 √1
2 2 2
11
Chapitre 1. La machine asynchrone : modélisation, commande et simulation
avec :
et
π cos( π2 ) cos( π2 + π2 )
P( ) =
2 sin( π2 ) sin( π2 + π2 )
Ls = Lf + Lm
(1.16)
Lr = Lm
(x) (x)
φ(x)
dq
= (Lf + Lm )idqs + Lm idqr (1.19)
s
(x) (x) (x)
φdq = Lm idqs + idqr (1.20)
r
12
1.2. Modélisation de la machine asynchrone
Lf ωP ( π2 )φdqs
idqs Rs
idqr
udqs
Lm Rr
idqm
13
Chapitre 1. La machine asynchrone : modélisation, commande et simulation
Lm
Ce = p (iqs φdr − ids φqr ) (1.21)
Lr
1.3.1 Introduction
En parlant d’orientation du flux, c’est plutôt le système d’axe (d, q) que l’on
oriente de manière à ce que l’axe d soit en phase avec le flux, c’est-à-dire :
ϕd = ϕ
ϕq = 0
14
1.3. Commande vectorielle à flux rotorique orienté
La commande vectorielle à flux rotorique orienté que nous avons retenue est
basée sur une orientation du repère tournant (T ) d’axes(d, q) telle que l’axe d soit
confondu avec la direction de φr .
d π
udqs = Rs idqs + φdq + ωs P ( )φdq (1.22)
dt s 2 s
d π
udqr = 0 = Rr idqr + φdq + (ωs − ω)P ( )φdq (1.23)
dt r 2 r
Le flux φr étant orienté sur l’axe d, les équations (1.22) à (1.25) nous per-
mettent d’exprimer uds et uqs , φr et ωs avec φqr ≡ 0 et φdr ≡ φr ≡ cte :
dids
uds = σLs + Rs ids − ωs σLs iqs (1.26)
dt
diqs lm
uqs = σLs + Rs iqs + ωs σLs ids + ωs φr (1.27)
dt Lr
dφr
φr = −Tr + Lm ids (1.28)
dt
Lm iqs
ωr = (1.29)
Tr φr
ωs = ω + ωr (1.30)
15
Chapitre 1. La machine asynchrone : modélisation, commande et simulation
L2m
avec σ = 1 − Ls Lr
appelé coefficient de dispersion.
Nous pouvons représenter la machine selon les équations (1.26) à (1.30) par
le schéma bloc de la figure 1.3.
σLs ωs iqs
uds + + 1 1 ids
Rs 1+στs P
Lm
ω φb
Lr s r
uqs + - 1 1
iqs
Rs 1+στs P
-
σLs ωs ids
16
1.3. Commande vectorielle à flux rotorique orienté
avec
ed = Cd · ωs iqs (1.33)
eq = −C1q ωs ids − C2q ωs φbr (1.34)
Les tensions uds et uqs sont alors reconstituées à partir des tensions uds1 et
uqs1 et des termes de couplage.
Dans le cas du découplage par compensation, si celui-ci est correct, toute action
sur l’une des entrées ne provoque aucune variation de l’autre sortie.
Nous pouvons constater sur la figure 1.4 l’apparition de deux boucles internes
pour asservir les courants ids et iqs et d’une boucle externe pour asservir la vitesse,
d’un ensemble estimant θs et φr ainsi que les termes de couplage. La sortie du
régulateur de vitesse fournit la consigne de courant iqsref qui est l’image du couple
électromagnétique à flux donné.
17
Chapitre 1. La machine asynchrone : modélisation, commande et simulation
σLs ωs iqs
idsref + uds1 + - uds
Reg
- ids
ids
Machine
Lm
+ charge
ω φ̂
Lr s r
18
1.4. Protocole de simulation
Zt2 Zt2
Lm iqs
θs = ωs dt = (pΩ + )dt (1.35)
Tr φbr
t1 t1
Dans une telle situation, le simulateur devient un outil essentiel : pour cela, il
est indispensable d’en faire un dispositif rigoureux (toutes les hypothèses doivent
être clairement exprimées et discutées) et réaliste (il doit proposer des signaux
voisins de la réalité, que l’on doit pouvoir bruiter à volonté). Aussi, dans une
telle perspective, l’utilisateur doit avoir accès à tous les signaux de tension et de
courant (ainsi qu’aux informations sur la vitesse, le couple,. . .) dans les différents
repères (stator, rotor, champ tournant).
19
Chapitre 1. La machine asynchrone : modélisation, commande et simulation
udst udsr
Transformation (d, q)
uqst Machine asynchrone
uqsr
Chp tournant-Rotor
Modèle de Park
Ω idst idsr
Transformation (d, q) iqsr
iqst Rotor-Chp tournant
Ω
20
1.5. Exemple de simulation
Pour ne pas se restreindre à une application particulière, nous avons défini les
deux types d’excitation suivants :
– une excitation obtenue par l’addition d’une Séquence Binaire Pseudo Aléa-
toire (SBPA) à la consigne de la boucle vitesse,
– une excitation par couple de charge à vitesse constante obtenue par l’utili-
sation d’une SBPA.
Nous analyserons plus en détail ces deux types d’excitation, dans le chapitre
3, en mettant l’accent sur leurs avantages et leurs inconvénients.
Rs = 9.8Ω
Rr = 5.3Ω
Lm = 0.5H
Lf = 0.04H
f = 1.910−03N.m.s/rad
J = 29.310−03N.m.S 2 /rad
21
Chapitre 1. La machine asynchrone : modélisation, commande et simulation
Les signaux sont évalués à partir d’une simulation globale à l’aide du logiciel
Matlab. La représentation graphique de ces signaux présente un moyen de vérifier
la cohérence de notre outil de simulation.
De même, les figures 1.7 et 1.8 représentent les courants et les tensions stato-
riques, de la machine en boucle fermée, dans le repère (d, q) du stator ainsi que
celui du rotor.
1.6.1 Introduction
22
1.6. Simulations dédiées à l’identification
23
Chapitre 1. La machine asynchrone : modélisation, commande et simulation
ids iqs
10 10
5 5
0 0
−5 −5
−10 −10
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
uds uqs
300 300
200 200
100 100
0 0
−100 −100
−200 −200
−300 −300
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
i i
ds qs
6 6
4 4
2 2
0 0
−2 −2
−4 −4
−6 −6
−8 −8
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
u u
ds qs
300 300
200 200
100 100
0 0
−100 −100
−200 −200
−300 −300
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
24
1.6. Simulations dédiées à l’identification
25
Chapitre 1. La machine asynchrone : modélisation, commande et simulation
Notre choix s’est porté sur le repère de Park lié au rotor pour l’identifica-
tion directe de la machine asynchrone car c’est celui qui nécessite le moins de
transformations/estimations : néanmoins, on mesure {ua , ub, uc }, {ia , ib , ic } que
l’on doit convertir en (uds , uqs )rot (ids , iqs )rot grâce à une transformation de Park
connaissant la position du rotor (et sa vitesse).
avec
T
X = ids iqs ϕdr ϕqr : vecteur d’état (1.37)
u i
u = ds , Y = ds : entrées et sorties du modèle électrique (1.38)
uqs iqs
− RsL+R
f
r
ω Rr
Lf .Lm
ω
Lf
−ω Rs +Rr
− Lf − Lωf Rr
Lf .Lm
A=
Rr 0 − LRmr 0
0 Rr 0 − LRmr
(1.39)
" #T
1
Lf
0 0 0 1 0 0 0
B= 1 , C=
0 Lf
0 0 0 1 0 0
26
1.6. Simulations dédiées à l’identification
Ẋ(t) = A(ω).X(t) + B.û(t)
(1.40)
Y = C.X(t)
Les vecteurs donnés par les expressions (1.37) et (1.38) sont exprimés dans
le repère du champ tournant. Nous expliquerons au chapitre suivant le terme û
utilisé dans l’équation d’état.
Rs +Rr Rr ω
− Lf ωs Lf .Lm Lf
−ω − RsL+R r
− Lωf Rr
s Lf .Lm
A= f
Rr 0 − LRmr (ωs − ω)
0 Rr −(ωs − ω) − LRmr
(1.41)
" #T
1
Lf
0 0 0 1 0 0 0
B= 1 , C=
0 Lf
0 0 0 1 0 0
27
Chapitre 1. La machine asynchrone : modélisation, commande et simulation
1.7 Conclusion
Les choix des hypothèses d’étude et des objectifs du modèle sont importants
pour le développement du modèle de simulation (dédié à l’identification), car ils
conditionnent la complexité du travail à réaliser et l’utilisation d’outils appro-
priés. Notre choix s’est porté sur le modèle de Park en vue de l’identification de
la machine asynchrone. Ce modèle est plus simple, ce qui facilite la procédure
d’identification.
Les modèles (dédiés à l’identification) exposés dans cette partie seront repris
ultérieurement afin de valider l’ensemble des modèles de défauts statoriques et
rotoriques. Ces modèles sont à la base de la procédure de diagnostic par estimation
paramétrique.
28
Chapitre 2
29
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
2.1 Introduction
30
2.2. Identification en boucle ouverte
2.2.1 Introduction
31
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
b ru it
bk
S ystèm e y*k
θ
ex cita tio n εk J
C ritère
uk
M o d èle
θˆ ŷk
A lg o rith m e
de P. N . L.
ẋ = g (x, θ, u) dim(x) = n
avec (2.1)
y = f (x, θ, u) dim(θ) = N
32
2.2. Identification en boucle ouverte
Soit θ̂ une estimation de θ. Alors grâce à u(t), connue aux instants d’échan-
tillonnage uk , on obtient une simulation ŷk de la sortie, soit
ḃ
x=g x bu
b, θ,
(2.2)
yb = f x bu
b, θ,
avec
– yk∗ = yk + bk : mesure de la sortie yk , perturbée par un bruit bk ,
– yk : valeur exacte de la sortie,
– bk : perturbation aléatoire,
– εk : résidu.
La valeur optimale de θ est obtenue par minimisation du critère quadratique
J :
K
X K
X 2
J= ε2k = yk∗ − ŷk uk , θ̂ (2.4)
k=1 k=1
Les méthodes à erreur de sortie reposent sur la définition d’un modèle paramé-
trique, fonction d’un certain nombre de paramètres auxquels on peut attribuer
une signification plus ou moins physique, que l’on compare au système. Pour
converger, ces algorithmes nécessitent :
33
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
34
2.2. Identification en boucle ouverte
T 1 X ∗
K 2
JC = θ̂ − θ0 M0−1 θ̂ − θ0 + y k − ŷ k θ̂, u
| {z } σb2 (2.5)
| k=1 {z }
J0 J ∗
où :
θ0 : connaissance a priori de θ,
M0 : matrice de covariance de θ0 ,
σb2 : variance de la perturbation de sortie.
′′
θ̂i+1 = θ̂i − {[Jθθ + λ I]−1 · Jθ′ } θ̂=θ̂i (2.6)
Les algorithmes d’erreur de sortie diffèrent surtout par la façon de gérer l’op-
timisation. Pour notre part, nous avons opté pour le calcul du gradient par les
fonctions de sensibilité paramétrique. On prend donc :
′ −1 1
P
K
– J Cθ = 2 M0 θ̂ − θ0 − σb2
εk σ k : gradient du critère,
k=1
35
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
′′ 1
P
K
– JCθθ ≈ 2 M0−1 + σb2
σ k σ Tk : pseudo-hessien du critère,
k=1
– λ : paramètre de réglage,
– σ k,θi = ∂∂θŷk : fonction de sensibilité paramétrique.
i
Pour un système régi par la relation (2.1), il convient de définir deux sortes
de fonctions de sensibilité [Trigeassou and Poinot, 2001] :
– σ y,θ = ∂y
∂θ
: vecteur des fonctions de sensibilité de dimension (N × 1) cal-
culées par rapport à la sortie et directement utilisé par l’algorithme de
Programmation Non Linéaire,
– σx,θ = ∂x
∂θ
: matrice des fonctions de sensibilité de dimension (n × N) calcu-
lées par rapport à l’état telle que
σ x,θ = σ x,θ1 · · · σ x,θi · · · σ x,θN (2.7)
Pour chaque paramètre θi , on détermine σxn ,θi à partir de l’équation ẋ =
g (x, θ, u) par intégration du système différentiel :
∂ ẋ ∂g (x, θ, u) ∂x ∂g (x, θ, u)
= σ̇ x,θi = + (2.8)
∂θi ∂x ∂θi ∂θi
∂g (x, θ, u) ∂g (x, θ, u)
σ̇ x,θi = σ x,θi + (2.9)
∂x ∂θi
36
2.2. Identification en boucle ouverte
T
∂y ∂f (x, θ, u) ∂f (x, θ, u)
= σ x,θi + (2.10)
∂θi ∂x ∂θi
ẋ = A(θ) x + B(θ) u
(2.11)
y = C T (θ) x + D(θ) u
On obtient alors
h i h i
σ̇ x,θi = A(θ) σx,θi + ∂A(θ)
∂θ
x + ∂B(θ)
∂θ
u
h i iT hi i (2.12)
σy,θ = C T (θ) σ + ∂C(θ) x + ∂D(θ) u
i x,θi ∂θi ∂θi
37
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
Jopt
σbb 2 = (2.13)
K −N
où
38
2.3. Un panorama des méthodes d’identification en boucle fermée
de l’erreur de modélisation, donc de σ bb2 . Pour sa part, σ bb2 peut nécessiter d’être
ajusté grâce à une nouvelle passe de l’algorithme d’identification. Concrètement,
on part d’une valeur a priori représentant approximativement la variance de la
perturbation stochastique ; lorsque θ C est obtenu, on recalcule σ bb2 grâce à J(θC ).
bb2 est très différent de sa valeur initiale, on réitère une nouvelle estimation de
Si σ
θC jusqu’à convergence du processus.
2.2.4 Conclusion
39
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
riables.
H0 (s)
b
r + u y + +
C(z) CNA G0 (s)
- y∗
CAN
40
2.3. Un panorama des méthodes d’identification en boucle fermée
(bruit blanc), H0 (s) est un filtre linéaire invariant stable et normalisé (processus
générateur).
Le terme b(s) regroupe les bruits de mesure, les perturbations agissant sur
le système ainsi que les erreurs de modélisation. De plus, contrairement au cas
boucle ouverte, l’entrée u(s) et les perturbations e(s) sont corrélées, du fait de la
présence de la boucle fermée. Le signal rk peut représenter un signal d’excitation
ou une consigne.
2.3.2.1 Principe
Lorsque le système fonctionne en boucle fermée (ce qui est le cas des ma-
chines à courant alternatif à commande vectorielle), la perturbation bk est né-
cessairement corrélée avec la commande uk par l’intermédiaire du correcteur (ou
41
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
H0 (s)
b
y + +
r + u G0 (s)
C(z) CNA
-
y∗
CAN +
−
ŷ
c0 (s)
G
Algorithme
d optimisation
′
Une analyse [Grospeaud, 2000] [Grospeaud et al., 2000] montre que si bk est
un bruit blanc, à cause du retard inhérent à la boucle fermée numérique, les fonc-
tions de sensibilité ne sont pas corrélées avec le bruit blanc, soit : E {σk,θi , bk } = 0
Par contre, si bk est un bruit corrélé, un biais apparaı̂t dont la valeur dépend du
processus générateur de ce bruit.
42
2.3. Un panorama des méthodes d’identification en boucle fermée
rk = K0 (q −1 )wk (2.16)
uk S0 (q −1 )K0 (q −1 ) −S0 (q −1 )C(q −1 )H0 (q −1 ) wk
= · (2.17)
yk S0 (q )G0 (q )K0 (q )
−1 −1 −1
S0 (q )H0 (q )
−1 −1
ek
avec
−1
S0 (q −1 ) = I + C(q −1 )G0 (q −1 ) la fonction de sensibilité (2.18)
où [wk ek ]T sont des bruits blancs. Cette méthode consiste à estimer un modèle
sans mesure du vecteur d’entrée, c’est à dire à estimer un modèle de bruit multiva-
riable. Cette approche est dite simultanée car elle consiste à utiliser conjointement
les signaux uk et yk comme sortie d’un modèle multivariable.
43
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
tion en boucle fermée ont été développées dans le cadre de l’approche simulta-
née. Pour plus de détails, le lecteur pourra se référer à [Söderström et al., 1987]
[Hof and Schrama, 1995].
2.3.4.1 Principe
H
b
r + u y + +
C(z) G(z)
- y∗
Ĝ (z)
Ĝ(z) = h BF i (2.19)
C(z) 1 − ĜBF (z)
L’entrée rk utilisée lors de la première étape de l’identification est décorrélée
des perturbations bk , ce qui constitue un problème d’identification en boucle ou-
44
2.3. Un panorama des méthodes d’identification en boucle fermée
verte. Le système à identifier lors de cette première étape est décrit par l’équation
(2.20).
C(q −1 )G(q −1 ) 1
yk∗ = rk + bk
1 + C(q )G(q )
−1 −1 1 + C(q )G(q −1 )
−1
(2.20)
| {z } | {z }
GBF (q )
−1
wk
Dans la deuxième étape, le retour aux estimés de G(z) est réalisé par résolution
d’un système d’équations. Cette idée de base correspond au principe fondamental
des approches indirectes. Les techniques correspondantes diffèrent dans la façon
dont l’estimation Ĝ(z) est effectivement obtenue.
Les méthodes C.L.O.E. proposées par Landau, les méthodes Tailor Made
Parametrization proposées par Van Den Hof, Von Denkelaar, De Bruyne et An-
derson et les méthodes à erreur de sortie basées sur une décomposition de la
boucle fermée proposées par Trigeassou, Poinot et Grospeaud sont toutes issues
du même principe, c’est-à-dire de l’identification de type O.E. (Output Error).
Ces techniques sont globalement équivalentes en dépit de leurs particularités de
représentation [Grospeaud, 2000].
45
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
I. Landau et A. Karimi [Landau and Karimi, 1997] ont proposé une méthode
d’identification en ligne des systèmes bouclés. Cette version récursive a été dé-
veloppée sous l’acronyme C.L.O.E. (Closed-Loop Output Error) et utilise des
algorithmes d’adaptation paramétrique.
Considérons le système bouclé décrit par la figure 2.4. Alors on peut définir
S(q −1 ) = 1+C(q−11)G(q−1 ) la fonction de sensibilité et T (q −1 ) = 1−S(q −1 ) la fonction
de sensibilité complémentaire. En boucle fermée, cette méthode consiste à utiliser
l’équation de sortie du système de commande
ŷk = T (q −1 ) · rk (2.22)
B(q −1 )
On pose alors le modèle Ĝ(q −1 ) = A(q −1 )
, d’où
avec
h i
φk = −ŷk−1 · · · − ŷk−na urk · · · urk−nb (2.24)
46
2.3. Un panorama des méthodes d’identification en boucle fermée
εk = yk − ŷk
C(z)Ĝ(z)
ŷ(z) = r(z)
1 + C(z)Ĝ(z)
(2.26)
R(z)B̂(z)
= r(z)
S(z)Â(z) + R(z)B̂(z)
Le point fort de cette approche est dans le calcul des dérivées notées y ′(θ)
qui sont les fonctions de sensibilité paramétrique. Un autre avantage de cette
méthode de calcul est qu’elle permet une généralisation au cas non linéaire.
47
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
2.3.4.3 Conclusion
Les approches C.L.O.E. et Tailor Made Parametrization sont basées sur un al-
gorithme du type erreur de sortie. Elles ne diffèrent en pratique que dans le mode
de traitement (récursif ou hors-ligne) [Grospeaud, 2000]. Ces algorithmes O.E.
conduisent tous aux mêmes fonctions de sensibilité σ ou φ. Ces deux méthodes
sont aussi équivalentes à la méthode d’identification 0.E. basée sur une décompo-
sition de la boucle fermée [Grospeaud and Trigeassou, 1999], elles ne diffèrent en
pratique que dans la formulation des modèles (transfert ou modèle d’état).
2.4.1 Principe
48
2.4. Méthode d’identification O.E. basée sur une décomposition de la boucle fermée
non linéaires.
C’est cette approche que nous avons particulièrement développée. Ainsi, nous
proposons, dans un premier temps, de rappeler l’intérêt d’une telle approche à
travers une étude appliquée à un système linéaire continu bouclé par l’intermé-
diaire d’un correcteur discret.
H0 (s)
b
u G(s, θ) y + +
+ C(z) CNA
-
y∗
r +
CAN
−
+ x̂˙ = A(θ̂)x̂ + B(θ̂)û ŷ
b
C(z) CNA û
- ŷ = C(θ̂)x̂ + D(θ̂)û
CAN
Algorithme
d′ optimisation
49
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
2.4.2.1 Méthodologie
Soit la boucle fermée définie par la figure 2.6. On se propose d’estimer les
paramètres du correcteur R(z)
S(z)
.
H0 (s)
b
r u y + +
+ R(z)
CNA G0 (s)
S(z)
- y∗
CAN
50
2.4. Méthode d’identification O.E. basée sur une décomposition de la boucle fermée
R(z) r0 + r1 z −1 + · · · + rn z −n
C(z) = = (2.27)
S(z) 1 + s1 z −1 + · · · + sm z −m
" K #−1 K
X X
θ̂M C = ϕk ϕTk ϕk u k (2.28)
1 1
Et θ̂M C = θ exact .
Avec :
r̂0
rk − yk∗
r̂1 ..
.. .
.
rk−n − yk−n
∗
θ̂ M C =
r̂n
et ϕk =
(2.29)
−uk−1
ŝ1 ..
.. .
.
−uk−m
ŝm
Par contre, si la structure exacte est inconnue (ce qui est souvent le cas) on
s’affranchit de cette connaissance structurelle, en utilisant le principe de surpa-
ramétrisation [Poinot, 1996] [Grospeaud, 2000].
Rs (z)
On choisira alors Cs (z) = Ss (z)
de telle sorte que :
degré [Rs (z)] > degré [R(z)]
degré [Ss (z)] > degré [S(z)]
51
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
On obtient donc :
"K #−1 K
X X
θ̂ s = ϕsk ϕTsk ϕsk uk (2.30)
1 1
2.4.2.2.1 Introduction
r0 + r1 z −1 + · · · + rs z −s
Cs (z) = (2.31)
1 + s1 z −1 + · · · + ss z −s
r̂0
rk − yk∗
r̂1 ..
.. .
.
rk−s − yk−s
∗
θ̂s =
r̂s
et ϕsk =
−uk−1
(2.32)
ŝ1
..
.. .
.
−uk−s
ŝs
52
2.4. Méthode d’identification O.E. basée sur une décomposition de la boucle fermée
Définition 2.1.
Soit une séquence {hk } de somme finie sur [0, +∞[. Alors en développant H(z)
en série de Taylor au voisinage de z −1 = 1, on obtient :
X
∞
(z −1 − 1)n
Z {hk } = H(z) = Cn (hk ) (2.33)
n=0
n!
où
X
∞
k!
Cn (hk ) = Ank hk avec Ank = (2.34)
k=n
(k − n)!
Notons aussi, qu’il existe une autre classe d’invariants [Trigeassou et al., 1994]
basée sur les paramètres de Markov qui sont les premières valeurs de la réponse
impulsionnelle, correspondant au développement en série de Taylor de H(z) au
voisinage de z −1 = 0.
Théorème 2.1.
Si deux fonctions f (z) et g(z) sont holomorphes dans un domaine D et égales
dans un domaine D ′ contenu dans D, alors elles sont égales en tout point de D.
53
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
Cette propriété nous amène à énoncer le théorème d’unicité suivant [Poinot, 1996]
[Trigeassou, 2000] :
Théorème 2.2.
Si deux fonctions de transfert possèdent la même série de Taylor, donc les mêmes
moments (ou les mêmes paramètres de Markov), alors elles sont identiques en tout
point de leur domaine de définition.
54
2.4. Méthode d’identification O.E. basée sur une décomposition de la boucle fermée
r0 + r1 z −1 + r2 z −2
C(z) =
1 + s1 z −1 + s2 z −2
avec
r0 = 2.6064 r1 = −5.1980 r2 = 2.5916
s1 = −1.9802 s2 = 9.8020 10−01
Nous vérifions sur cet exemple que le modèle identifié du second ordre est
exactement identique au correcteur réel. Il est nécessaire de tester le choix du
degré de surparamétrisation. Nous allons pour cela calculer les moments discrets
des correcteurs identifiés.
55
r̂0 + r̂1 z −1 r̂0 + r̂1 z −1 + r̂2 z −2 r̂0 + r̂1 z −1 + r̂2 z −2 + r̂3 z −3 r̂0 + r̂1 z −1 + r̂2 z −2 + r̂3 z −3 + r̂4 z −4
Modèles
1 + ŝ1 z −1 1 + ŝ1 z −1 + ŝ2 z −2 1 + ŝ1 z −1 + ŝ2 z −2 + ŝ3 z −3 1 + ŝ1 z −1 + ŝ2 z −2 + ŝ3 z −3 + ŝ4 z −4
+00
r̂0 2.6057 10 2.6064 10+00 2.6064 10+00 2.6064 10+00
r̂1 −2.5872 10+00 −5.1980 10+00 −3.4604 10+00 −2.5916 10+00
r̂2 ∗ 2.5916 10+00 −8.7372 10−01 −1.3032 10+00
r̂3 ∗ ∗ 1.7277 10+00 −7.3950 10−03
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
56
2.4. Méthode d’identification O.E. basée sur une décomposition de la boucle fermée
0.015
−1
0.01
−2
0.005
0 −3
1 2 3 4 1 2 3 4
Moment ordre 2 4
x 10 Moment ordre 3
300 4
3
200
2
100
1
0 0
1 2 3 4 1 2 3 4
On vérifie que les moments du modèle identifié d’ordre 1 sont différents de ceux
de C(z). On constate d’autre part les moments ne varient plus pour les modèles
identifiés d’ordre supérieur à 1 et que ces moments sont égaux aux moments
théoriques du vrai correcteur. En appliquant le test précédent, on peut donc dire
que les structures de complexité supérieure ou égale à deux donnent satisfaction,
et peuvent se substituer au correcteur réel.
57
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
Lorsque le correcteur C(z) est connu (dans notre cas par identification surpa-
ramétrisée), on peut envisager l’identification du système continu. Référons nous
au schéma de la figure 2.5 : dans ce cas, l’excitation û du modèle continu est ob-
tenue par simulation du correcteur C(z), à partir de la réponse rk et de la sortie
prédite ŷk .
On peut alors estimer les paramètres θ du modèle continu par erreur de sortie
et P.N.L : il faut pour cela calculer les fonctions de sensibilité σyk . On présente
dans ce qui suit l’étude des fonctions de sensibilité d’un système continu et linéaire
G(s) piloté par un correcteur à temps discret C(z).
(
x̂˙ = A(θ̂)x̂ + B(θ̂)û
(2.35)
ŷ = C(θ̂)x̂ + D(θ̂)û
û(t) = ûk
ûk + s1 ûk−1 + s2 ûk−2 = r0 (rk − ŷk ) + r1 (rk−1 − ŷk−1 ) + r2 (rk−2 − ŷk−2) (2.36)
58
2.4. Méthode d’identification O.E. basée sur une décomposition de la boucle fermée
∂ ŷ ∂ x̂
Définissons σ y,θi = ∂θ i
et σ x,θi = ∂θi
; alors on obtient les fonctions de sensibi-
lité à partir du système différentiel
∂A(θ̂) ∂B(θ̂) ∂ ûk
σ̇ x,θi = A(θ̂)σ x,θi + x̂ + û(t) + B(θ̂)
∂θi ∂θi ∂θi (2.37)
∂C( θ̂) ∂D( θ̂) ∂ ûk
σ y,θi = C(θ̂)σ x,θi + x̂ + û(t) + D(θ̂)
∂θi ∂θi ∂θi
∂ ûk
avec = σ ûk ,θi lui même obtenu à partir de l’équation aux différences :
∂θi
Soit
σ ûk ,θi + s1 σ ûk−1 ,θi + s2 σ ûk−2 ,θi = −r0 σŷk ,θi − r1 σŷk−1 ,θi − r2 σŷk−2 ,θi (2.39)
59
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
b0
G(s) =
s2 + a1 s + a0
avec
b0 = 0.8 a0 = 0.4 a1 = 1.4
r0 + r1 z −1 + r2 z −2
C(z) =
1 + s1 z −1 + s2 z −2
avec
r0 = 2.6064 r1 = −5.1980 r2 = 2.5916,
s1 = −1.9802 s2 = 9.8020 10−01
Nous nous sommes placés dans des conditions de bruit telles que le rapport
S/B = 20. Le bruit de sortie est généré par le modèle A.R :
Les algorithmes directs et les algorithmes indirects avec correcteur réel et sur-
60
2.4. Méthode d’identification O.E. basée sur une décomposition de la boucle fermée
Remarque
I.D : Identification Directe
I.I.C.E : Identification Indirecte, Correcteur Exact
I.I.C.S : Identification Indirecte, Correcteur Surparamétrisé d’ordre 3
a a
0 1
IICE
IICS
ID
b Valeur exacte
0
Nous présentons dans les tableaux 2.3, 2.4 et 2.5 la moyenne de chaque pa-
ramètre identifié avec une marge d’erreur égale à ± 3 fois l’écart type (de la
distribution de Monte Carlo).
61
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
Les figures 2.8, 2.9 et 2.10 sont des représentations graphiques de la plage des
variations de chaque paramètre selon la méthode d’identification des tableaux
2.3, 2.4 et 2.5.
a a1
0
b0
62
2.5. Conclusion
On vérifie tout d’abord que la technique directe I.D est non biaisée en bruit
blanc de sortie ; il en est bien sûr de même pour I.I.C.E et I.I.C.S. Par contre,
un biais apparaı̂t pour I.D dès que le bruit est corrélé (c1 = −0, 5) ; il augmente
considérablement avec la corrélation de ce bruit (c1 = −0, 95). On vérifie alors
que les deux méthodes indirectes fournissent une estimation non biaisée quelle
que soit la corrélation du bruit de sortie.
a0 a1
b0
On remarque aussi, dans ce cas, que l’identification directe présente une va-
riance plus importante sur les paramètres, notamment lorsque le bruit est corrélé ;
alors que l’identification indirecte donne une estimation des paramètres nettement
plus précise. Remarquons enfin que même si le correcteur ne possède pas la bonne
structure (méthode I.I.C.S), les résultats sont tout à fait comparables avec ce
que l’on obtient avec le correcteur exact (méthode I.I.C.E).
2.5 Conclusion
63
Chapitre 2. Identification en boucle fermée
64
Chapitre 3
Méthodologie d’identification en
boucle fermée : Application à la
machine à courant continu
65
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
3.1 Introduction
Dans le second chapitre, nous avons présenté une méthodologie générale d’iden-
tification en boucle fermée, qui a été appliquée à un exemple académique. Cette
technique s’avère bien adaptée à une situation industrielle, en particulier par la
non connaissance des paramètres et de la structure vraie du correcteur. Pour une
application réaliste de cette procédure sur une machine asynchrone, objectif final
de notre travail, un travail fondamental doit être effectué au préalable sur la ma-
chine à courant continu. En effet, le choix de la machine à courant continu nous a
paru judicieux comme plateforme de test de notre approche avec une complexité
limitée.
66
3.2. La machine à courant continu : modélisation et commande
de Park, on peut définir un repère d’étude pour les machines à courant alternatif
dont le modèle s’apparente aux équations de la machine à courant continu. La
principale raison de ce choix est en fait que le modèle de la machine à courant
continu est universellement connu et simple. Il nous permet ainsi de valider notre
méthodologie d’identification en boucle fermée, dans un contexte plus simple que
celui de la machine asynchrone.
di(t)
u(t) = e(t) + L · + R · i(t) (3.1)
dt
Cem (t) = k · φ · i(t)
(3.2)
e(t) = k · φ · ω(t)
La machine que nous considérons est une machine à courant continu à aimants
permanents, donc k.φ est une constante, appelée dans la suite K.
dω(t)
J· = Cem (t) − Cr (t) − f · ω(t) (3.3)
dt
Les équations d’état de la MCC montrent que les modes électriques et mé-
caniques sont couplés ; il est possible d’effectuer un découplage des modes en
67
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
Commande P rocessus
Cr
ωref +
iref u Cem
+ CP M + CP E CNA hacheur + PE (s) i K + PM (s) ω
− − −
ω i
K
CAN
CAN
Sur la figure 3.1, on suppose que la vitesse ω est mesurée par une dynamo
tachymétrique.
Remarque
On se repportera à l’annexe C pour une discussion sur la modélisation de la MCC
en vue de son identification.
68
3.3. Description du simulateur
avec
T
X= i ω : vecteur d’état (3.5)
u i
V = , Y = : entrées et sorties de la machine (3.6)
Cr ω
R 1
− L −KL
0 L
1 0
A= K , B= et C = (3.7)
J
− Jf 0 − J1 0 1
Cr bω
ω ω ++
∗
ω∗
ωref u
Commande MCC i + i∗
i
∗
+
bi
69
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
– une excitation obtenue par l’addition d’une Séquence Binaire Pseudo Aléa-
toire (SBP A) à la consigne de la boucle vitesse ωref ,
– une excitation par couple de charge Cr à vitesse constante obtenue par
l’utilisation d’une SBP A.
Nous allons décrire ces deux types d’excitation, dans la section suivante, en
mettant l’accent sur l’effet de chacune d’elles sur le résultat de l’identification.
Pour nos simulations, nous avons utilisé une machine à courant continu dont
les caractéristiques sont données par la table 3.1 :
L = 1.2857 10−03H
R = 7.1428 10−01Ω
K = 1.8400 10−01N.m/A
f = 0.8000 10−02N.m.s/rad
J = 0.1070 10−01N.m.S 2 /rad
Il est donc nécessaire de présenter dans un premier temps les différents types
de signaux que nous sommes en train de manipuler. Les signaux sont évalués à
partir d’une simulation globale à l’aide du logiciel Matlab.
– pour 0 < t < 1.5s la consigne de vitesse ωref est fixée à 100 rad/s, le couple
de charge Cr reste nul,
– pour 1.5 < t < 3s on applique à la machine une excitation en vitesse de
100 ± 10 rad/s et un couple de charge constant de 0.8 Nm,
– pour t > 3s la consigne de vitesse ωref reste fixée à 100 rad/s, à t = 3s on
applique à la machine un couple de charge variable allant de 0.5 à 1.3 Nm.
70
3.3. Description du simulateur
La figure (3.3) décrit les résultats obtenus, dans les conditions de l’essai, grâce
au simulateur.
Tension Courant
30 15
25
20 10
15
10 5
0 0
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
100
80 1
60
40 wref 0.5
20 w
0 0
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
71
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
3.4.1 Introduction
72
3.4. Méthodologie d’identification en boucle fermée
miner un seul correcteur équivalent, dont les entrées sont la consigne de vitesse
et les mesures du courant et de la vitesse. Comme la structure équivalente est
le plus souvent complexe et mal connue, ce correcteur équivalent est estimé par
une technique de moindres carrés surparamétrisés, et une structure minimale est
obtenue grâce à un test portant sur les moments.
3.4.2.1 Méthodologie
Dans le cas particulier de la MCC, le correcteur n’est pas unique, mais consti-
tué de deux correcteurs, pour les boucles de courant et de vitesse. Alors, la so-
lution que nous proposons est de déterminer un seul correcteur équivalent, dont
les entrées sont la consigne de la vitesse ωref et les mesures du courant i∗ et de
la vitesse ω ∗, et où la sortie est la commande u (figure 3.2).
Commande MCC
ωrefk uk
+ CP M + CP E
− −
ωk∗
i∗k
Correcteur équivalent
ωrefk
ωk∗ ûk
CEq
i∗k
avec
r0ω + r1ω z −1 + · · · + rnω z −n r0i + r1i z −1 + · · · + rni z −n
Cω (z) = et Ci (z) =
1 + s1 z −1 + · · · + sm z −m 1 + s1 z −1 + · · · + sm z −m
73
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
74
3.4. Méthodologie d’identification en boucle fermée
r0 + r1 z −1 + · · · + rs z −s
CS (z) = (3.12)
1 + s1 z −1 + · · · + ss z −s
75
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
sont, dans notre cas, les moments discrets (voir chapitre 2).
P
∞
un
La série C (c )
n! n k
est entièrement définie dans son domaine de convergence.
n=0
Par ailleurs, les moments discrets Cn sont parfaitement définis dans le cas d’un
système stable. Soient les polynômes β(u) et α(u) correspondant respectivement
au numérateur et au dénominateur du correcteur C(z) obtenus en remplaçant la
variable (z −1 − 1) par la variable u et en développant les expressions en série de
Taylor selon l’équation (2.33).
Soit
P
S
β(u) = un βn
n=0
(3.14)
P
S
α(u) = un αn
n=0
où
P
S
βn = Ank rk et Ank = k!
n!(k−n)!
k=n
PS
αn = Ank sk
k=n
1 X un
∞
β(u)
C(u) = = 2 Cn (3.15)
α(u) u n=0 n!
r0 + r1 z −1 + · · · + rs z −s
avec C(z) =
1 + s1 z −1 + · · · + ss z −s
Les moments discrets Cn recherchés peuvent donc être calculés par division
polynomiale ou par convolution discrète. Ils sont obtenus à partir des relations
76
3.4. Méthodologie d’identification en boucle fermée
récurrentes suivantes :
C0 = 0!β0 /α2
C1 = 1! [β1 − α3 C0 ] /α2
C2 = 2!
[β2 − α4 C0 − α3 C1 ] /α2
1
C3 = 3! β3 − α5 C0 − α4 C1 − α3 C2 /α2
2!
..
. (3.16)
P 1
n−1
Cn = n! βn − Ci αn+2−i /α2
i=0 i!
..
.
1 1 1
CS = S! βS − αS C2 − αS−1 C3 − · · · − α3 CS−1 /α2
2! 3! (S − 1)!
avec
r0ω + r1ω z −1 + · · · + rsω z −s r0i + r1i z −1 + · · · + rsi z −s
Cω (z) = et Ci (z) =
1 + s1 z −1 + · · · + ss z −s 1 + s1 z −1 + · · · + ss z −s
r0pm + r1pm z −1
CP M (z) =
1 + s1pm z −1
r0pe + r1pe z −1
CP E (z) =
1 + s1pe z −1
77
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
avec
Nous vérifions sur cet exemple que le modèle identifié du second ordre est
exactement identique au correcteur théorique équivalent. En pratique, bien sûr,
78
3.4. Méthodologie d’identification en boucle fermée
Modèles estimés C0 C1 C2 C3
Valeurs théoriques 2.7950e−06 −2.5062e−03
2.7399e−02
0
Structure ordre 1 5.6264e−04 −1.5635e−02
0 0
Structure ordre 2 2.7950e−06 −2.5062e−03
2.7399e−02
0
Structure ordre 3 2.7950e−06 −2.5062e−03
2.7399e−02
−2.5405e−21
Modèles estimés C0 C1 C2 C3
Valeurs théoriques 3.4694e−18
4.2857e−03
−4.7143e−02
0
Structure ordre 1 3.2585e−06
−5.1854e −01
0 0
Structure ordre 2 3.4694e−18
4.2857e−03
−4.7143e−02
0
Structure ordre 3 5.3520e−18 4.2857e−03 −4.7143e−02 0
Nous présentons, dans les tableaux 3.3 et 3.4, les différents moments discrets
pour chaque modèle estimé de Cω et Ci . Ces moments sont comparés aux moments
théoriques du correcteur équivant (Cω , Ci ).
On vérifie que les moments du modèle estimé d’ordre 1 pour Ci et Cω sont dif-
férents de ceux du vrai correcteur. On constate de plus que les moments ne varient
plus pour les modèles d’ordre supérieur à 1. On peut donc dire que les structures
de complexité supérieure ou égale à deux donnent satisfaction et peuvent se sub-
stituer au correcteur exact.
79
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
32
Commande u
û pour S1
31
û pour S2
û pour S3
30
29
28
27
26
0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2 2.2 2.4
Fig. 3.5 – Comparaison des commandes réelle et estimées pour chaque structure
surparamétrisée
3.4.3.1 Principe
On peut ainsi estimer les paramètres θ du modèle continu par erreur de sortie
et P.N.L : il faut pour cela calculer les fonctions de sensibilité σik .
80
3.4. Méthodologie d’identification en boucle fermée
Cr bω
i∗ ω ++ ω∗
ω∗ u
Commande MCC i +
+
ωref bi
ω∗ i∗
+
−
ω ∗ û î
CEq (z) Modèle MCC
î
Algorithme
d′ optimisation
avec :
θ = [R L K]T : vecteur des paramètres à estimer,
−R 1 −K
A= , B= , C=1 (3.19)
L L L
et
ŷ(t) = x̂(t) = î(t)
V = [û(t) ω ∗ (t)]t
où û(t) est la commande prédite de la MCC (figure 3.6).
81
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
De plus le correcteur équivalent discret CEq (z) génère ûk selon l’algorithme :
ûk + s1 ûk−1 + s2 ûk−2 + · · · + ss ûk−s = r0ω (ωrefk − ωk∗ ) + r1ω (ωrefk−1 − ωk−1
∗
)
∗
+ · · · + rsω (ωrefk−s − ωk−s ) + r0i îk + r1i îk−1 + · · · + rsi îk−s (3.20)
∂ î
Définissons σ î,θi = ∂θi
, alors on obtient les fonctions de sensibilité à partir du
système différentiel :
∂A(θ̂) ∂B(θ̂) ∂V
σ̇ î,θi = A(θ̂)σ î,θi + î + V (t) + B(θ̂) k (3.21)
∂θi ∂θi ∂θi
avec ∗ t
∂V k ∂ωk ∂ ûk t
= = 0 σ ûk ,θi
∂θi ∂θi ∂θi
où σ ûk ,θi est lui-même obtenu à partir de l’équation aux différences :
Soit
σ ûk ,θi + s1 σ ûk−1 ,θi + · · · + ss σ ûk−s ,θi = r0i σîk ,θi + r1i σîk−1 ,θi + · · · + rsi σîk−s ,θi
(3.23)
3.5 Applications
82
3.5. Applications
Le bruit de sortie est généré par le modèle A.R : bk + c1 bk−1 = ek où ek est
un bruit blanc et −1 < c1 < 0
Trois situations ont été étudiées :
83
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
Tab. 3.5 – Identification indirecte en présence d’un bruit blanc sur le courant et
la vitesse
L R
Ex Cr
Ex C + w
r
Ex w
valeur exacte
K
Fig. 3.7 – Identification indirecte en présence d’un bruit blanc sur le courant et
la vitesse
84
3.5. Applications
2. Cas d’un bruit corrélé sur le courant et d’un bruit blanc sur la
vitesse
Tab. 3.6 – Identification indirecte en présence d’un bruit fortement corrélé sur le
courant et d’un bruit blanc sur la vitesse
On vérifie à l’aide de cette simulation (tableau 3.6) qu’il n’y a pas de biais
significatif quand le bruit de mesure de courant est fortement corrélé et le
bruit de vitesse est de type bruit blanc.
La figure 3.8 présente la plage des variations de chaque paramètre de la
MCC selon le type de l’identification du tableau 3.6.
L R
K
0.1835 0.184 0.1845
Fig. 3.8 – Identification indirecte en présence d’un bruit fortement corrélé sur le
courant et d’un bruit blanc sur la vitesse
85
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
Tab. 3.7 – Identification indirecte en présence d’un bruit fortement corrélé sur le
courant et d’un bruit moyennement corrélé sur la vitesse
On vérifie à l’aide de cette simulation (tableau 3.7) qu’un biais faible sur
l’inductance L commence à apparaı̂tre pour un bruit de vitesse moyenne-
ment corrélé.
On a discuté dans l’annexe C du modèle électrique de la MCC : ce modèle
possède une sortie explicite, le courant i, une entrée explicite, la tension u,
et une pseudo-entrée, la vitese ω. On ne peut pas utiliser le modèle complet
(électrique et mécanique) car l’entrée couple de charge˝est inconnue.
Aussi, ce modèle présente un défaut incontournable en identification par
approche indirecte : alors que l’entrée u et le courant i peuvent être recons-
truits par simulation (voir figure 3.6), la vitesse ω doit obligatoirement être
considérée comme une mesure (en effet, elle ne peut pas être reconstruite
par simulation car on ne connaı̂t pas l’entrée couple de charge).
En conséquence, l’approche indirecte arrive à rejeter le biais asymptotique
dû au bruit sur le courant tandis qu’elle ne peut rien faire sur un biais
dû au bruit sur la vitesse. C’est effectivement ce qui est observé sur ces
résultats de simulation numérique : un bruit blanc sur la vitesse est sans
effet sur le biais asymptotique alors qu’il commence à apparaı̂tre pour un
bruit moyennement corrélé.
On remarquera cependant que les résultats restent globalement satisfai-
sants en approche indirecte, alors qu’un biais nettement plus important se
manifeste en approche directe (voir paragraphe suivant).
86
3.5. Applications
L R
1.2 1.4 1.6 1.8 0.705 0.71 0.715 0.72
−3
x 10
K
0.1835 0.184 0.1845
Fig. 3.9 – Identification indirecte en présence d’un bruit fortement corrélé sur le
courant et d’un bruit moyennement corrélé sur la vitesse
Rappel :
Ex Cr : Excitation par couple de charge
Ex ω : Excitation en vitesse
Ex ω + Cr : Excitation par couple de charge et vitesse
Tab. 3.8 – Identification directe en présence d’un bruit fortement corrélé sur le
courant et d’un bruit blanc sur la vitesse
87
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
K
0.18340.18360.18380.1840.18420.1844
Fig. 3.10 – Identification directe en présence d’un bruit fortement corrélé sur le
courant et d’un bruit blanc sur la vitesse
Tab. 3.9 – Identification directe en présence d’un bruit fortement corrélé sur le
courant et d’un bruit moyennement corrélé sur la vitesse
L
R
1.5 2 2.5 3 0.71 0.72 0.73
−3
x 10
K
0.183 0.1835 0.184 0.1845
Fig. 3.11 – Identification directe en présence d’un bruit fortement corrélé sur le
courant et d’un bruit moyennement corrélé sur la vitesse
88
3.5. Applications
On vérifie d’après les tableaux 3.8 et 3.9 qu’un biais apparaı̂t en I.D dès
que le bruit devient corrélé pour le courant et la vitesse. Remarquons qu’il se
manifeste principalement d’après les simulations réalisées sur l’inductance L et
partiellement sur la résistance R (ce biais sur L est manifeste sur le tableau 3.9).
Les figures 3.10 et 3.11 présentent la plage des variations de chaque paramètre
de la MCC selon le type de l’identification des tableaux 3.8 et 3.9.
On remarque que le paramètre L est moins bien sensibilisé par les différents
essais. Ce même constat a été établi pour l’identification indirecte dans le pa-
ragraphe précédent. En fait, ce sont les paramètres R et K qui sont les mieux
sensibilisés par les protocoles d’excitation utilisés.
Nous nous sommes placés dans des conditions de bruit telles que le rapport
S/B = 50 pour le courant et S/B = 80 pour la vitesse. Les résultats d’iden-
tification qui vont être présentés ci-après traitent plusieurs situations de bruit.
Sur une moyenne de vingt simulations, on obtient les valeurs des estimations des
paramètres électriques de la MCC. Les algorithmes indirects avec correcteur réel
et correcteur équivalent surparamétrisé sont comparés grâce à cette simulation
stochastique. Les résultats sont présentés dans les tableaux 3.10, 3.11, 3.12 et
3.13.
Remarque
89
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
L R
1 1.2 1.4 1.6 0.71 0.712 0.714 0.716 0.718
−3
x 10
IICR
IICS2
IICS3
K
valeur exacte
0.1838 0.1839 0.184 0.1841 0.1842
Les figures 3.12, 3.13, 3.14 et 3.15 présentent la plage des variations de chaque
paramètre de la MCC selon le type de l’identification des tableaux 3.10, 3.11,
3.12 et 3.13.
90
3.5. Applications
L R
91
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
L R
1 1.2 1.4 1.6 1.8 0.712 0.714 0.716 0.718
−3
x 10
2
K
0
0.18370.18380.18390.1840.18410.1842
Fig. 3.14 – Identification indirecte en présence d’un bruit fortement corrélé sur
le courant et d’un bruit blanc sur la vitesse
L R
Fig. 3.15 – Identification indirecte en présence d’un bruit fortement corrélé sur
le courant et d’un bruit moyennement corrélé sur la vitesse
92
3.5. Applications
−3
x 10
1.3
1.25 L
1.2
1.15
1.1
1 2 3 4 5 6
0.71432 0.1838
R
0.184 K
0.18395
0.71429
0.1839
0.18385
0.71426 0.1838
1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 5 6
Tension Courant
18.15 5.2
u simulée i simulé
u estimée i estimé
18.1 5
4.8
18.05
4.6
18
4.4
1.5 2 2.5 3 1.5 2 2.5 3
ε ε
u i
0.01 0.2
0.005 0.1
0 0
−0.005 −0.1
−0.01 −0.2
1.5 2 2.5 3 1.5 2 2.5 3
Fig. 3.17 – Comparaison des courants et des tensions simulés et estimés pour
l’I.I.C.S.2
93
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
Tab. 3.14 – Identification en présence d’un bruit fortement corrélé sur le courant
et d’un bruit blanc sur la vitesse
L R
K
0.18370.18380.1839 0.184 0.18410.1842
Fig. 3.18 – Identification en présence d’un bruit fortement corrélé sur le courant
et d’un bruit blanc sur la vitesse
On remarque bien à travers la figure 3.18 que les résultats d’identification sont
globalement satisfaisants en approche indirecte (pour I.I.C.R et I.I.C.S), alors
qu’un biais plus important se manifeste en approche directe.
On remarque aussi, dans ce cas, que l’identification directe présente une va-
94
3.6. Conclusion
riance plus importante sur les paramètres, alors que l’identification indirecte
donne une estimation des paramètres plus précise. Constatons enfin que même si
le correcteur ne possède pas la bonne structure (méthode I.I.C.S.3), les résultats
sont tout à fait comparables avec ce que l’on obtient avec le correcteur exact
(méthode I.I.C.R).
3.6 Conclusion
Nous avons proposé une méthode d’identification non biaisée en boucle fer-
mée par approche indirecte adaptée à la machine à courant continu. Son princi-
pal intérêt réside dans la non connaissance a priori du correcteur. La procédure
d’identification par surparamétrisation nous semble bien adaptée à une situation
industrielle : non connaissance des paramètres et de la structure vraie du correc-
teur. Par ailleurs cette technique d’identification peut fonctionner en n’utilisant
que l’excitation implicite causée par les variations du couple de charge. La com-
mande réalisée est du type cascade avec plusieurs correcteurs imbriqués : dans
ce cas, la technique de surparamétrisation nous semble un moyen permettant de
contourner cette difficulté.
95
Chapitre 3. Identification en boucle fermée de la machine à courant continu
96
Chapitre 4
97
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
4.1 Introduction
98
4.2. Identification par approche directe
mée pour la machine à courant continu. Alors que cette méthode est relativement
simple d’application dans le cas de la machine à courant continu, elle est net-
tement plus complexe dans le cas de la machine asynchrone, pour deux raisons
fondamentales : le correcteur est dans ce cas multi-variable et non linéaire ; par
ailleurs, les signaux doivent être reconstruits dans le repère du champ tournant,
à partir d’une information vitesse elle-même estimée.
4.2.1 Principe
99
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
compte.
udsr i∗dsr
Machine asynchrone
idsref Commande uqsr i∗qsr
Ωref + charge
Ω∗
+ + + +
− −
îdsr
Modèle électrique
(repère du rotor)
îqsr
Algorithme
d’optimisation
Nous avons discuté dans la section 1.6.2 le choix du repère pour l’identification
directe. Ainsi, on utilise le repère de Park lié au rotor de la machine car c’est celui
qui nécessite le moins de transformations/estimations : néanmoins, on mesure
{ua , ub , uc }, {ia , ib , ic } que l’on doit convertir en (uds , uqs )rot (ids , iqs )rot grâce à
une transformation de Park connaissant la position du rotor (et donc sa vitesse).
εdsk = i∗dsk − îdsk
(4.1)
εqsk = i∗qsk − îqsk
100
4.2. Identification par approche directe
n o
Les courants estimés îds ,îqs représentent la simulation du modèle sur la
base d’une estimation du vecteur paramètre θ̂ où :
θ = [Rs Rr Lm Lf ]T (4.3)
101
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
∂ îds ∂ îqs
Définissons σ îds ,θi = ∂θi
et σ îqs ,θi = ∂θi
. Nous noterons aussi que :
h iT
σ ŷ,θi = σ îds ,θi σ îqs ,θi (4.5)
Nous remarquons ainsi que les fonctions de sensibilité calculées dans le cadre
de l’approche directe, ne prennent pas en compte la sensibilité de u = [uds uqs ]T
à θ et donc l’incidence du bruit sur l’excitation, ce qui doit se traduire par un
biais asymptotique (voir annexe A).
Nous estimons dans le repère de Park lié au rotor les différents paramètres
de la machine sans défaut (qui vont nous servir d’initialisation pour l’approche
indirecte).Nous avons utilisé une excitation implicite par variation du couple de
charge sous forme d’une SBP A de ±1.5 N.m autour de la charge Cr = 4N.m.
10
5.45
9.95
Rs 5.4
Rr
9.9
5.35
9.85
5.3
9.8
1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 5 6
0.039
0.5
0.0385
0.495
0.038 Lf
Lm
0.49
0.0375
0.485
0.48 0.037
1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 5 6
102
4.2. Identification par approche directe
i
ds
simulation
10
estimation
−5
i
qs
simulation
10 estimation
−5
Fig. 4.3 – Comparaison des courants simulés et estimés d’axes (d, q) pour l’iden-
tification directe
εi
ds
0.5
−0.5
0.5
−0.5
103
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
4.3.1 Introduction
Sur la MCC, la commande en flux n’a pas besoin d’être mise en œuvre car
on maı̂trise naturellement le flux (par l’intermédiaire des aimants permanents).
D’autre part, les correcteurs de la machine asynchrone sont nécessairement plus
complexes. En outre, comme les asservissements de couple et de flux ne sont
pas naturellement découplés, il est indispensable de prévoir un découplage (gé-
néralement non linéaire) ce qui complique la structure du correcteur (correcteurs
imbriqués multi-variables et non linéaires). Mais on n’est pas au bout de notre
peine !
104
4.3. Méthodologie générale d’identification en boucle fermée
Il n’y a donc qu’un repère possible avec la MCC, celui du champ tournant
(en fait celui induit par les bornes d’alimentation de la machine).
105
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
ed = Cd · ωs · i∗qs (4.8)
eq = −C1q · ωs · i∗ds − C2q · ωs · φbr (4.9)
106
4.3. Méthodologie générale d’identification en boucle fermée
ed
idsref − Correcteurs équivalents
+ uds
+ P Iφ
uds1 idsrefk
− ûdsk
i∗dsk CEq−uds
ids
∗
ωiqk
eq Ωrefk
− Ω∗k
Ωref iqsref uqs i∗qsk ûqsk
+ CEq−uqs
+ P IΩ + P ICe u
− −
qs1 ωidk
ωφk
Ω∗ i∗qs
Commande
et
r0φ + r1φ q −1
Cφ (q −1 ) =
1 − q −1
r 0Ω + r1Ω q
−1
CΩ (q −1 ) = (4.10)
1 − q −1
r0Ce + r1Ce q −1
CCe (q ) =
−1
1 − q −1
107
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
Avec :
r0id +···+rnid q −n r0ωiq +···+rnωiq q −n
Cid (q −1 ) = 1+s1ud q −1 +···+snud q −n
Cωiq (q −1 ) = 1+s1ud q −1 +···+snud q −n
Comme la structure équivalente est le plus souvent complexe est mal connue,
les deux correcteurs équivalents sont estimés par une technique de moindres carrés
surparamétrisés, et une structure minimale est obtenue là encore grâce à un test
portant sur les moments.
Connaissant les commandes (uds , uqs ), les consignes (Ωref , idsref ), la pulsation
ws , le flux φr , les courants bruités (i∗ds et i∗qs ) et la vitesse bruitée Ω∗ (figure 4.5),
on se retrouve devant une identification sans perturbation, donc parfaitement
déterministe, pour laquelle on peut appliquer la méthode des moindres carrés
ordinaires qui dans ce cas particulier n’induit pas de biais asymptotique.
Alors l’estimation par moindres carrés des paramètres des correcteurs équiva-
lents (CEq−uds , CEq−uqs ) est donnée par l’expression :
" K #−1 K
X X
θ̂CE−uds = ϕdsk ϕTdsk ϕdsk udsk (4.12)
k=1 k=1
" K #−1 K
X X
θ̂CE−uqs = ϕqsk ϕTqsk ϕqsk uqsk (4.13)
k=1 k=1
108
4.3. Méthodologie générale d’identification en boucle fermée
Avec :
r̂0id
r̂1id idsrefk − i∗dsk
.. ..
. .
i
dsrefk−S − idsk−S
∗
r̂nid
r̂0wiq wiqk
..
θ̂CE−uds =
r̂1wiq
, ϕdsk
= .
(4.14)
..
. wiqk−S
r̂nwiq −udsk−1
ŝ1ud ..
.
..
. −udsk−n
ŝnud
et
r̂0w Ωrefk − Ω∗k
.. ..
. .
r̂mw Ωref − Ω∗k−m
k−m
r̂ i∗qsk
0iq
. ..
.. .
r̂ iqsk−m
∗
miq
r̂0wid widk
. ..
θ̂ CE−uqs =
.
. , ϕqsk =
.
(4.15)
r̂mwid widk−m
r̂0wφ wφk
.
. ..
. .
r̂mwφ wφk−m
ŝ1uq −uqsk−1
.. ..
. .
ŝmuq −uqsk−m
109
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
On obtient ainsi :
−1
P
K P
K
θ̂S−uds = ϕds−Sk ϕTds−Sk ϕds−Sk udsk
k=1 −1 k=1 (4.16)
PK PK
θ̂S−uqs = ϕqs−Sk ϕTqs−Sk ϕqs−Sk uqsk
k=1 k=1
De la même manière nous écrivons ûqsk = ϕTqs−Sk θ̂S−uqs où ϕqs−Sk est le régres-
seur et θ̂S−uqs est le vecteur paramètres du correcteur équivalent surparamétrisé
CEq−uqs d’ordre S.
110
4.3. Méthodologie générale d’identification en boucle fermée
Pour décider que le degré de surparamétrisation est correct, nous allons utiliser
un test de caractérisation, basé sur des invariants de modélisation. Ces invariants
sont, dans notre cas, les moments discrets.
r0φ + r1φ q −1
Cφ (q −1 ) =
1 + s1φ q −1
r0Ω + r1Ω q −1
CΩ (q −1 ) =
1 + s1Ω q −1
r0Ce + r1Ce q −1
CCe (q −1 ) =
1 + s1Ce q −1
avec
111
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
Cd = 4.0000 10−02
C1 q = −4.0000 10−02 C2 q = −1
r0id +r1id q −1
r0ωiq +r1ωiq q −1
uds (q −1 ) = 1+s1ud q −1
· idsref (q −1 ) − i∗ds (q −1 ) + 1+s1ud q −1
· ωiq(q −1)
(4.18)
112
4.3. Méthodologie générale d’identification en boucle fermée
Modèles estimés C0 C1 C2 C3
+00
Structure ordre 1 1.9453 10−01
−1.9027 10 0 0
+00
Structure ordre 2 1.9453 10−01
−1.9027 10 4.3852 10−11
0
Structure ordre 3 1.9453 10−01 −1.9027 10+00 2.7110 10−10 −1.2516 10−10
Modèles estimés C0 C1 C2 C3
Structure ordre 1 3.5527 10−15
4.0000 10−02
0 0
Structure ordre 2 1.4229 10−14 4.0000 10−02 1.1312 10−13 0
Structure ordre 3 7.9792 10−14
4.0000 10−02
1.9860 10−13
−1.1052e−13
113
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
On vérifie que les moments du modèle estimé pour Cid et Cωiq sont station-
naires quel que soit l’ordre de la surparamétrisation. Aussi on peut dire que les
structures de complexité supérieure ou égale à 1 donnent satisfaction, et peuvent
se substituer au correcteur équivalent exact CEq−uds .
10
−10
−20
−30
u 0
ds
−40 u pour S1 −2
ds
u pour S2 −4
ds
−50
u pour S3
ds 2.2 2.22 2.24
Fig. 4.6 – Comparaison des commandes réelle et estimées pour chaque structure
surparamétrisée de CEq−uds
Nous présentons sur la figure 4.6, une comparaison de la tension réelle uds et
celles estimées pour les structures d’ordre 1, 2 et 3. On voit bien, à travers les
courbes, que les sorties estimées ûds pour les structures de correcteur d’ordre 1
ou plus ont le même comportement.
Le tableau 4.5 définit alors l’erreur quadratique entre la commande réelle uds
et celle estimée ûds .
Cette comparaison est réalisée en appliquant les mêmes entrées (idsref , i∗ds , i∗qs
et ωs ) à la vraie commande de la machine asynchrone et aux structures surpara-
métrisées indentifiées.
114
4.3. Méthodologie générale d’identification en boucle fermée
Modèles estimés C0 C1 C2 C3
+00
Structure ordre 1 8.9055 10−02
−1.1219 10 0 0
+00
Structure ordre 2 1.3954 10−04
−1.1364 10−01
2.1964 10 0
Structure ordre 3 1.3954 10−04 −1.1364 10−01 2.1964 10+00 1.3638 10−10
Modèles estimés C0 C1 C2 C3
+00
Structure ordre 1 −1.2585 10 −01
1.9149 10 0 0
+00
Structure ordre 2 1.6698 10−13
1.9453 10−01
−3.8055 10 0
Structure ordre 3 2.9338 10−13 1.9453 10−01 −3.8055 10+00 1.1842 10−10
Modèles estimés C0 C1 C2 C3
Structure ordre 1 2.0673 10−04
−3.9690 10−02
0 0
Structure ordre 2 1.8429 10−13
−2.9794 10−13
8.0000 10−02
0
Structure ordre 3 1.2024 10−13 −1.7232 10−13 8.0000 10−02 −2.4960 10−13
On vérifie que les moments du modèle estimé pour {Cω , Ciq , Cωid et Cωφ }
ne varient plus pour les modèles d’ordre supérieur à 1. On peut donc dire que
les structures de complexité supérieure ou égale à deux donnent satisfaction, et
peuvent se substituer au correcteur équivalent exact CEq−uqs .
Nous présentons dans la figure 4.7, une comparaison de la tension réelle uqs
et celles estimées pour les structures d’ordre 1, 2 et 3. On voit bien, à travers les
courbes, que la sortie estimée ûqs pour la structure de correcteur d’ordre 1 est
différente de la commande réelle uqs , alors qu’on trouve le même comportement
pour les structures d’ordre supérieur.
Le tableau 4.10 définit alors l’erreur quadratique entre la commande réelle uqs
et la commande estimée ûqs .
115
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
Modèles estimés C0 C1 C2 C3
+00
Structure ordre 1 1.0486 10−02
−1.0088 10 0 0
Structure ordre 2 3.5283 10−13 −9.0748 10−11 2.0000 10+00 0
+00
Structure ordre 3 2.1118 10−13
−6.3177 10−11
2.0000 10 1.7343 10−10
300
u 125
qs
u
qs
280 u pour S1 120
qs
u pour S1
qs
u pour S2 115
260 qs
uqs pour S2
u pour S3 110
qs
u pour S3
240 qs 2.274 2.275 2.276 2.277
220
200
180
160
140
120
100
1.8 2 2.2 2.4 2.6 2.8 3
Fig. 4.7 – Comparaison des commandes réelle et estimées pour chaque structure
surparamétrisée de CEq−uqs
116
4.3. Méthodologie générale d’identification en boucle fermée
4.3.3.1 Principe
udst i∗dst
Machine asynchrone
Commande uqst i∗qst
+ charge
Ω∗
idsref Ωref
+ + + +
− −
ûdst îdst
CEq−uds Modèle électrique
ûqst îqst
(repère du chp-tournant)
CEq−uqs
Algorithme
d’optimisation
Nous avons analysé dans la section 1.6.3 le choix du repère pour l’identifica-
tion indirecte. Ainsi, notre choix s’est porté sur le repère de Park lié au champ
117
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
tournant pour pouvoir prendre en compte les correcteurs sous une forme station-
naire, tout autre repère se traduisant par des correcteurs non stationnaires.
∂ îds ∂ îqs
Définissons σ îds ,θi = ∂θi
et σ îqs ,θi = ∂θi
.
118
4.3. Méthodologie générale d’identification en boucle fermée
∂A(θ̂) ∂B(θ̂)
σ̇ x̂,θi = A(θ̂)σ x̂,θi + x̂ + û(t) + B(θ̂)σ û,θi
∂θi ∂θi (4.21)
σ ŷ,θi = Cσ x̂,θi
Rappelons que la reconstruction des commandes ûds et ûqs peut être réalisée
soit en utilisant la vraie commande, dans le cas où on suppose que la commande
est parfaitement connue ; soit en utilisant la structure équivalente, dans le cas où
la structure et les paramètres de la régulation sont inconnus, donc grâce à une
identification préalable de la commande.
∂ ûds (k) ˆ
∂ ûds1 (k) ∂ ed(k)
= − (4.22)
∂θi ∂θi ∂θi
∂ ûqs (k) ∂ ûqs1 (k) ∂ eq(k)
ˆ
= − (4.23)
∂θi ∂θi ∂θi
La sensibilité des parties linéaires ûds1 et ûqs1 par rapport aux paramètres
est égale à :
Nous allons supposer que les termes ωs iqs , ωs ids , et ωs φr qui entrent dans
le découplage sont des mesures. Dans ce cas :
ˆ
∂ ed(k) ∂ eq(k)
ˆ
= 0 et =0 (4.26)
∂θi ∂θi
Si nous supposons que les termes de découplage sont en fonction des sor-
ties estimées îds et îqs , alors la sensibilité de découplage par rapport aux
119
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
paramètres devient :
ˆ
∂ ed(k) ∂ îqs (k)
= Cd · ω s · (4.27)
∂θi ∂θi
∂ eq(k)
ˆ ∂ îds (k)
= −C1q · ωs · (4.28)
∂θi ∂θi
et
120
4.3. Méthodologie générale d’identification en boucle fermée
Les figures 4.9, 4.10 et 4.11 présentent les résultats de l’identification par
approche indirecte pour une réalisation particulière, en utilisant comme excitation
implicite une variation du couple de charge.
Nous avons utilisé une excitation implicite par variation du couple de charge
sous forme d’une SBP A de ±1.5 N.m au tour de la charge Cr = 4N.m.
10 5.5
9.95
Rs 5.4 Rr
9.9
9.85 5.3
9.8
5.2
1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 5 6
0.52
0.51 0.04
0.039
0.5
Lm 0.038 L
0.49 f
0.037
0.48 0.036
1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 5 6
121
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
uds ids
2.5
0 2
−10 1.5
−20 1
−30 0.5
2 2.5 3 2 2.5 3
180 6
160 4
140
2
2 2.5 3 2 2.5 3
Fig. 4.10 – Comparaison des courants (et tensions) simulés et estimés d’axes
(d, q) pour l’identification indirecte
Rs = 9.8Ω
Rr = 5.3Ω
Lm = 0.5H
Lf = 0.04H
f = 1.9 10−03N.m.s/rad
J = 29.3 10−03N.m.S 2 /rad
122
4.4. Comparaison de résultats d’identification : approche directe/approche indirecte
εi εi
ds qs
1 1
0.5 0.5
0 0
−0.5 −0.5
−1 −1
2 2.5 3 2 2.5 3
ε ε
u u
ds qs
4 4
2 2
0 0
−2 −2
−4 −4
2 2.5 3 2 2.5 3
variées. Nous nous sommes placés dans des conditions de bruit telles que le rap-
port S/B = 15 pour les courants {ids , iqs } exprimés dans le champ tournant et
S/B = 20 pour la vitesse.
Le bruit de sortie est généré par le modèle A.R : bk + c1 bk−1 = ek où ek est
un bruit blanc et −1 < c1 < 0
Remarque
I.D : Identification Directe
I.I.C.R : Identification Indirecte, Commande Réelle
I.I.C.S.3 : Identification Indirecte, Correcteur Surparamétrisé d’ordre 3
123
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
Tab. 4.12 – Identification en présence d’un bruit blanc sur les courants
Rs Rr
9.6 9.7 9.8 9.9 10 5.25 5.3 5.35
ID
IICR
IICS3
Valeur exacte
Lm Lf
Fig. 4.12 – Identification en présence d’un bruit blanc sur les courants
124
4.4. Comparaison de résultats d’identification : approche directe/approche indirecte
Tab. 4.13 – Identification en présence d’un bruit fortement corrélé sur les courants
et d’un bruit blanc sur la vitesse
ID
IICR
IICS3
Valeur exacte
R R
s r
8 9 10 11 12 13 4 4.5 5 5.5
L L
m f
Fig. 4.13 – Identification en présence d’un bruit fortement corrélé sur les courants
et d’un bruit blanc sur la vitesse
Nous remarquons dans ce cas de simulation (en présence d’un bruit forte-
ment corrélé sur les courants et d’un bruit blanc sur la vitesse) que l’iden-
tification indirecte en utilisant la structure exacte de correcteur I.I.C.R ou
la structure surparamétrisée I.I.C.S.3 fournit des estimations parfaitement
centrées sur la valeur exacte des paramètres, alors que les estimations de
Rr , Lm et Lf font apparaı̂tre un biais dans le cas de l’identification directe.
3. Cas d’un bruit corrélé sur les courants et la vitesse
On vérifie d’après le tableau 4.14 (ou sur la figure 4.14) qu’un biais appa-
raı̂t pour I.D dès que le bruit devient corrélé pour le courant et la vitesse.
125
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
Tab. 4.14 – Identification en présence d’un bruit fortement corrélé sur les courants
et d’un bruit moyennement corrélé sur la vitesse
126
4.5. Conclusion
ID
IICR
IICS3
Valeur exacte
R R
s r
8 9 10 11 12 13 4 4.5 5 5.5
L Lf
m
Fig. 4.14 – Identification en présence d’un bruit fortement corrélé sur le courant
et d’un bruit moyennement corrélé sur la vitesse
4.5 Conclusion
Cette solution est a priori innovante en électrotechnique : elle a déjà été testée
dans une première étude sur la machine à courant continu [Bazine et al., 2006a,
Bazine et al., 2007] et nous avons pu l’adapter au cas de la machine asynchrone,
malgré de fortes contraintes (correcteur multi-variable et non linéaire, change-
ments de repères).
127
Chapitre 4. Identification en boucle fermée de la machine asynchrone
Nous avons aussi remarqué que le fait d’avoir une vitesse bruitée (notamment
si ce bruit est corrélé) a pour conséquence une estimation asymptotiquement
biaisée car on ne peut pas respecter les conditions théoriques de rejet du biais, à
savoir la simulation de la vitesse. Cette méthodologie d’identification en boucle
fermée de la machine asynchrone va donc pouvoir être appliquée au diagnostic de
la machine dans le prochain chapitre.
128
Chapitre 5
Diagnostic de la machine
asynchrone par approche
indirecte
129
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
5.1 Introduction
Aussi, nous avons étudié un autre protocole d’excitation qui nous semble
mieux adapté aux applications industrielles à vitesse constante. Ce protocole
exclut les variations de vitesse par action sur la référence de régulation. Comme
des variations autour du point de fonctionnement sont cependant nécessaires, on
considère comme seules acceptables par l’utilisateur celles induites par la variation
130
5.2. Modèles de défaut de la machine asynchrone
Dans ce chapitre, nous présentons dans une première partie deux modèles de
défauts de la machine asynchrone : un modèle de défaut statorique traduisant le
dysfonctionnement de la machine en présence de court-circuit de spires au stator
et un modèle de défaut rotorique du type rupture de barres. Une panne de type
court-circuit au stator et rupture de barres au rotor apparaissant simultanément
n’est pas à exclure lors de grandes sollicitations de la machine ; un modèle global
de la machine asynchrone avec défauts stator/rotor est donc lui aussi présenté. La
deuxième partie de ce chapitre est consacrée à l’application de cette méthodologie
d’identification en boucle fermée à la détection de défauts simulés de la machine
asynchrone.
5.2.1 Introduction
D’après [Bachir, 2002] dont les travaux de recherche s’appuient sur ceux de
[Moreau, 1999] [Schaeffer, 1999], la machine asynchrone présente en plus d’un
comportement dynamique conventionnel, un comportement dû au défaut. Ainsi,
ces études ont permis l’élaboration de modèles permettant le découplage de deux
modes : le mode commun qui n’est autre que le modèle dynamique de la machine
asynchrone et le mode différentiel, caractéristique du défaut. Le mode commun,
exprimé dans le repère triphasé ou dans le repère de Park et paramétrisé par les
composants électriques de la machine, est l’image du comportement sain de la
machine. Pour tenir compte du défaut, on doit introduire le mode différentiel qui
traduit le dysfonctionnement. Les paramètres de ce mode doivent permettre la
détection et la localisation du défaut. Rappelons que le principe de cette métho-
dologie est décrit dans [Bachir et al., 2008].
131
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
chrone. Ceci nécessite une modélisation adaptée au défaut envisagé. Il est donc
nécessaire d’écrire des modèles de la machine asynchrone en situation de défaut :
idqs
′
Lf ωP ( π2 )φdqs
idqs Rs
idqm
132
5.2. Modèles de défaut de la machine asynchrone
Pour un référentiel noté (x) tournant à une vitesse ωa par rapport au sta-
tor de la machine asynchrone, l’ensemble des équations électriques de la ma-
chine asynchrone en défaut de court-circuit statorique s’écrit [Schaeffer, 1999]
[Bachir, 2002] :
(x) d (x)
′ (x) π (x)
udqs = Rs idqs + φdq + ωa P ( )φdq (5.1)
dt s 2 s
(x) d π (x)
0 = Rr idqr + φ(x) + (ωa − ω)P ( )φdq (5.2)
dt dq r 2 r
′ (x) (x)
φ(x)
dq
= (Lf + Lm )idqs + Lm idqr (5.3)
s
′ (x) (x)
φ(x)
dq
= Lm (idqs + idqr ) (5.4)
r
(x) ′ (x) (x)
idqs = idqs + ĩdqcc (5.5)
3
X
(x) (x)
ĩdqcc = ĩdqcc (5.6)
k
k=1
(x) 2 ηcc (x)
ĩdqcc = P (−θa )Q(θcck )P (θa )udqs (5.7)
k 3 Rs
avec :
dθa
– = ωa ;
dt n
– le rapport de court-circuit noté ηcck = nccsk est égal au rapport du nombre
de spires en court-circuit de la k ème phase sur le nombre total de spires
dans une phase statorique sans défaut. Ce paramètre permet de quantifier
le déséquilibre et d’obtenir le nombre de spires en court-circuit ;
(x)
– le courant ĩdqcc correspond au courant de court-circuit de la k ème phase ;
k
– l’angle électrique, noté θcck , repère le bobinage en court-circuit par rapport
à l’axe de référence de la phase as . Ce paramètre permet la localisation du
bobinage en défaut et ne peut prendre que les trois valeurs 0, 2π 3
ou − 2π
3
,
correspondant respectivement à un court-circuit sur les phases as , bs ou cs ;
– la matrice Q(θcck ) permet de situer l’angle du bobinage en court-circuit.
cos(θcck )2 cos(θcck ) sin(θcck )
Q(θcck ) = (5.8)
cos(θcck ) sin(θcck ) sin(θcck )2
Si on veut procéder à un diagnostic par identification indirecte, on est obligé
de se placer dans le repère du champ tournant. Ainsi les équations de tensions
et de flux de la machine asynchrone en présence d’un défaut statorique de type
133
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
d′ π
udqs = Rs idqs + φdq + ωs P ( )φdq (5.9)
dt s 2 s
d π
0 = Rr idqr + φdq + (ωs − ω)P ( )φdq (5.10)
dt r 2 r
′
φdq = (Lf + Lm )idqs + Lm idqr (5.11)
s
′
φdq = Lm (idqs + idqr ) (5.12)
r
′
idqs = idqs + ĩdqcc (5.13)
3
X
ĩdqcc = ĩdqcc (5.14)
k
k=1
2 ηcc
ĩdqcc = P (−θs )Q(θcck )P (θs )udqs (5.15)
k 3 Rs
Comme pour un défaut statorique, une rupture de barre rotorique est à l’ori-
gine d’un champ stationnaire H0 par rapport au rotor et dirigé selon l’angle θ0
de la barre en défaut. Un paramètre supplémentaire η0 est naturellement intro-
duit pour quantifier le défaut rotorique [Bachir et al., 2001b]. Le rotor dans le
repère biphasé comporte donc un troisième bobinage court-circuité du fait de la
cage d’écureuil et parcouru par un courant fictif i0 de défaut et dont le nombre
de spires fictives est proportionnel au taux de défaut. Pour tenir compte de cette
anomalie de champ, ce bobinage doit obligatoirement avoir la même direction que
la barre en défaut. Par conséquent, le mode différentiel introduit comporte deux
paramètres de défaut permettant la détection et la localisation des barres cassées :
134
5.2. Modèles de défaut de la machine asynchrone
de n3b barres. Pour nbc barres cassées sur une phase, l’expression du rapport
de défaut η0 est donnée par :
3nbc
η0 = (5.16)
nb
Lf ωP ( π2 )φdqs
idqs Rs
idqr
udqs
Rr
Lm
Rdef aut
idqm
d π
udqs = Rs idqs + φdq + ωs P ( )φdq (5.17)
dt s 2 s
d π
0 = Req idqr + φdq + (ωs − ω)P ( )φdq (5.18)
dt r 2 r
Avec
– la résistance équivalente Req au rotor est la mise en série de la résistance
saine Rr et de la matrice résistance de défaut Rdéfaut ,
135
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
Remarque
En situation de défaut sur deux barres au rotor, l’estimation de deux angles de
défaut θ01 et θ02 permet d’avoir le décalage angulaire ∆θ entre les barres cassées :
idqs
′
Lf ωP ( π2 )φdqs
idqs Rs
Rdef aut
idqm
136
5.2. Modèles de défaut de la machine asynchrone
′ d π
udqs = Rs idqs + φdq + ωs P ( )φdq (5.24)
dt s 2 s
d π
0 = Req idqr + φdq + (ωs − ω)P ( )φdq (5.25)
dt r 2 r
′
φdq = (Lf + Lm )idqs + Lm idqr (5.26)
s
′
φdq = Lm (idqs + idqr ) (5.27)
r
3
X
′
idqs = idqs + ĩdqcck (5.28)
k=1
2 ηcc
ĩdqcc = P (−θs )Q(θcck )P (θs )udqs (5.29)
k 3 Rs
Req = Rr .I2 + Rdéfaut (5.30)
α
Rdéfaut = Q(θ0 )Rr (5.31)
1−α
5.2.5 Conclusion
137
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
5.3.1 Introduction
138
5.3. Résultats du diagnostic de la machine asynchrone en boucle fermée
K
1 X 2
JC = (θ̂ − θ0 ) T
M0−1 (θ̂ − θ0 ) + 2 (ε + ε2qs ) (5.32)
σb k=1 dsk k
avec
Rs0 9.7921
Rr0 5.3079
θ0 = =
Lm0 5.0456 10−01
Lf0 4.0625 10−02
139
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
σR2 s 0 0 0 4.587 10−03 0 0 0
0 σ2 0 0
Rr 0 5.241 10−04 0 0
M0 = =
0 0 σL2 m 0 0 0 1.451 10−04 0
2
0 0 0 σLf 0 0 0 4.588 10 −07
Jopt
σbb 2 = (5.33)
K −N
σbb 2 = 0.0413
140
5.3. Résultats du diagnostic de la machine asynchrone en boucle fermée
(
˙
X̂(t) = A(ω).X̂(t) + B.û(t)
(5.34)
Ŷ = C.X̂(t) + D.û(t)
avec
′ ′ T
X = ids iqs ϕdr ϕqr : vecteur d’état (5.35)
ûds î
û = , Ŷ = ds : entrées et sorties du modèle électrique (5.36)
ûqs îqs
Rs +Rr Rr ω
− Lf ωs Lf .Lm Lf " #T
−ω Rs +Rr
− Lf − Lfω Rr 1
0 0 0
s Lf .Lm Lf
A= , B = 1
Rr 0 − LRmr (ωs − ω) 0 Lf
0 0
Rr
0 Rr −(ωs − ω) − Lm
(5.37)
1 0 0 0 P3 2η
cck
C= , D= P (−θs )Q(θcck )P (θs ) (5.38)
0 1 0 0 k=1 3Rs
141
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
T
θ0 = 9.7921 5.3079 5.0456 10−01 4.0625 10−02 0 0 0
M0−1 = diag(1/4.587 10−03 , 1/5.241 10−04 , 1/1.451 10−04 , 1/4.588 10−07 , 0 , 0 , 0)
σbb 2 = 0.0413
Les simulations ont été réalisées dans le cadre d’un fonctionnement en ré-
gulation avec une consigne Ωref qui est donc constante et un couple de charge
variable, seule excitation implicite. Nous nous sommes placés dans des conditions
de bruit telles que les bruits des courants {ids , iqs } sont fortement corrélés et avec
le rapport S/B = 20 dans le champ tournant. Le bruit de vitesse est un bruit
blanc de rapport S/B = 30.
Remarque
Pour plus de clarté, nous remplacerons directement les rapports de court-circuit
ηcck par le nombre de spires en court-circuit ncck correspondant. Chaque phase
ayant 464 spires, le nombre de spires en court-circuit sur la k ème phase est obtenu
142
5.3. Résultats du diagnostic de la machine asynchrone en boucle fermée
conformément à la relation :
9.8 5.31
60 30
9.798
R 40 20
9.796 s
Rr
5.305 ncc n
1 cc
9.794 2
20 10
9.792
9.79 5.3 0 0
10 20 10 20 10 20 10 20
0.0408 4
0.5
0.0406 3
0.498
L n
m
0.0404 L 2 cc
0.496 f 3
0.494 0.0402 1
0.492 0.04 0
10 20 10 20 10 20
u iqs
qs
200
10
150
5
simulation
100 0
2 2.5 3 3.5 2
estimation 2.5 3 3.5
ε ε
uqs iqs
5 1
0 0
−5 −1
Fig. 5.5 – Comparaison des courants et des tensions simulés et estimés pour un
court-circuit de 58 spires sur la phase a et 29 spires sur la phase b d’axe q de Park
143
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
La figure 5.5 représente la comparaison entre les courants et les tensions simu-
lés et estimés dans le repère du champ tournant (correspondant à l’identification
par approche indirecte).
Sur une moyenne de dix simulations, on obtient les valeurs des estimations des
paramètres avec information a priori de la machine asynchrone . Les algorithmes
directs et indirects avec correcteur réel et correcteur équivalent surparamétrisé
sont comparés grâce à cette simulation stochastique.
Les tableaux 5.1et 5.2 montrent les résultats d’estimation paramétrique, por-
tant sur une moyenne de dix simulations pour les deux cas de défauts statoriques.
Ainsi, nous présentons la moyenne de chaque paramètre identifié avec une marge
d’erreur égale à ± 3 fois l’écart type (de la distribution de Monte Carlo).
On remarque aussi, que l’estimation de ncck sur les phases sans défaut est très
proche de zéro pour l’identification indirecte, alors que ce paramètre présente un
défaut de quelques spires par l’identification directe.
144
5.3. Résultats du diagnostic de la machine asynchrone en boucle fermée
145
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
n
cc
1
ID
IICR
n IICS3 n
cc cc
2 3
valeur exacte
−1 0 1 2 16 17 18 19 20 21
n
cc
1
54 56 58 60 62 64
ID
IICR
n IICS3 ncc
cc
2 3
valeur exacte
26 28 30 32 −2 −1 0 1 2 3
146
5.3. Résultats du diagnostic de la machine asynchrone en boucle fermée
avec
T
X = ids iqs ϕdr ϕqr : vecteur d’état (5.41)
ûds îds
û = , Ŷ = : entrées et sorties du modèle électrique (5.42)
ûqs îqs
" #
π π
− L−1
f (Rs .I2 + R eq ) + ω s P ( ) L−1
f Req L−1
m − ωP ( )
A= 2 2
Req − Req L−1
m + (ω s − ω)P ( π2 )
" #T
1
Lf
0 0 0 1 0 0 0 (5.43)
B= 1 , C=
0 Lf
0 0 0 1 0 0
α
[Req ] = Rr · I2 + Q(θ0 ))
1−α
θ0 est l’angle de repérage de défaut rotor par rapport au champ tournant. Ainsi,
on écrit l’expression du vecteur des paramètres à estimer :
θ = [Rs Rr Lm Lf η0 θ0 ]T (5.44)
– si le nombre de barres cassées nbc est négligeable, alors le rotor est sain ;
147
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
– si le nombre de barres cassées nbc est proche de l’unité, alors le rotor com-
porte au moins un défaut dans une barre ;
– si nbc > 1, alors le rotor comporte plus d’une barre cassée. On introduit
dans le modèle deux paramètres η01 et η02 correspondant respectivement au
taux de défauts sur deux axes de recherche repérés par les angles θ01 et θ02 .
On définit alors le nouveau vecteur des paramètres à estimer :
On calcule les paramètres nbck correspondant aux taux de défaut sur les
deux barres.
Ce processus est réitéré si nbck > 1.
Remarque
En application industrielle, il est évident que la simple détection d’une barre
cassée est suffisante pour envisager soit le changement du rotor dans le cas des
petites et moyennes puissances, soit sa réparation pour les grandes puissances.
Dans ce cas, le diagnostic sur un seul axe est suffisant pour une maintenance
prédictive de la machine.
– un rotor possédant une seule barre cassée, l’angle de défaut par rapport au
rotor est 4π
28
;
– un rotor avec deux barres cassées successives ∆θ = 2π 28
.
Les simulations ont été réalisées dans le cadre d’une excitation par couple de
charge, seule excitation implicite. Nous nous sommes placés dans des conditions
de bruit telles que les bruits des courants {ids , iqs } sont fortement corrélés et avec
le rapport S/B = 20 dans le champ tournant. Le bruit de vitesse est un bruit
blanc de rapport S/B = 30.
148
5.3. Résultats du diagnostic de la machine asynchrone en boucle fermée
de barres au rotor est égal à 28 , le nombre de barres cassées est obtenu confor-
mément à la relation :
nb 28
nbc = η0 · = η0 ·
3 3
1 0.6
0.5
0.8
0.4
n0
0.6
θ0
0.3
0.4
0.2
0.2 0.1
0 0
2 4 6 8 10 12 14 2 4 6 8 10 12 14
Fig. 5.8 – Évolution des paramètres de défaut pour une barre cassée
Les résidus sur les courants (εids , εiqs ) traduisent les types de bruits introduits
lors de la simulation de la machine asynchrone.
Dans ce cas particulier où les défauts sont successifs, le nombre de barres
cassées estimé sur un seul axe est approximativement proche de la réalité.
149
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
u i
qs qs
200
8
180
160 6
140 4
120 2
2 2.5 3 3.5 2 2.5 3 3.5
ε ε
iqs uqs
1 5
0 0
−1 −5
Fig. 5.9 – Comparaison des courants et des tensions simulés et estimés pour une
rupture d’une barre
9.802 5.315
9.8 R
9.798 s 5.31 R
r
9.796 5.305
9.794
9.792 5.3
2
9.79
5 10 15 5 10 15
1.5
n
0
0.5015
1
0.04
0.501
Lm L 0.5
f
0.0395
0.5005
0
0.039 5 10 15
0.5
0.0385
5 10 15 5 10 15
Fig. 5.10 – Évolution des paramètres pour un défaut de deux barres cassées
150
5.3. Résultats du diagnostic de la machine asynchrone en boucle fermée
Sur une moyenne de dix simulations, on obtient les valeurs des estimations des
paramètres avec information a priori de la machine asynchrone. Les algorithmes
directs et indirects avec correcteur réel et correcteur équivalent surparamétrisé
sont comparés grâce à cette simulation stochastique.
Le tableau 5.3 présente les résultats d’identification, dans le cas d’une barre
cassée, pour une moyenne de dix simulations différentes. Ainsi, nous présentons,
la moyenne de chaque paramètre identifié avec une marge d’erreur égale à ± 3
fois l’écart type.
151
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
avec
′ ′ T
X = ids iqs ϕdr ϕqr : vecteur d’état (5.48)
ûds îds
û = , Ŷ = : entrées et sorties du modèle électrique (5.49)
ûqs îqs
" #
π π
− L−1
f (R .I
s 2 + R eq ) + ω s P ( ) L−1
f R L−1
eq m − ωP ( )
A= 2 2
π
Req m + (ωs − ω)P ( 2 )
− Req L−1
" #T
1
Lf
0 0 0 1 0 0 0
B= 1 , C=
0 Lf
0 0 0 1 0 0 (5.50)
P3 2η
cck
D= P (−θs )Q(θcck )P (θs )
k=1 3Rs
α
[Req ] = Rr · I2 + Q(θ0 ))
1−α
152
5.3. Résultats du diagnostic de la machine asynchrone en boucle fermée
Comme précédemment, les simulations ont été réalisées dans le cadre d’une
excitation par couple de charge, seule excitation implicite. Nous nous sommes
placés dans des conditions de bruit telles que les bruits des courants {ids , iqs }
sont fortement corrélés avec le rapport S/B = 20 dans le champ tournant. Le
bruit de vitesse est un bruit blanc de rapport S/B = 30.
0.1 0.4
0.3
n n
cc cc
0.05 1 0.2 2
0.1
0 0
5 10 15 5 10 15
0.06 0.01
0.04
ncc
3 0.005
0.02 n
bc
0 0
5 10 15 5 10 15
Fig. 5.11 – Évolution des paramètres de défaut dans le cas d’une machine saine
par identification indirecte
On vérifie bien d’après la figure 5.11, qu’en absence de défaut dans la machine
asynchrone et en utilisant le modèle global de défauts comme modèle d’identi-
fication, les paramètres de défaut présentent des taux de défauts négligeables,
signalant donc une absence de défauts.
153
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
30 6
20 4
ncc
n
1 cc2
10 2
0 0
5 10 15 20 25 5 10 15 20 25
20 2.5
15 2
1.5
10 ncc n
3 1 bc
5 0.5
0 0
5 10 15 20 25 5 10 15 20 25
4
30
3 n
cc
2
20
n 2
cc
1
10 1
0 0
2 4 6 8 2 4 6 8
25
2
20
1.5
15
1 n
10 ncc bc
3
5 0.5
0 0
2 4 6 8 2 4 6 8
154
5.3. Résultats du diagnostic de la machine asynchrone en boucle fermée
La figure 5.14 représente la comparaison entre les courants (et les tensions)
simulés et estimés dans le repère du champ tournant dans le cas d’un court-
circuit de 29 spires sur la phase a, 18 spires sur la phase c et deux barres cassées
(correspondant à l’identification par approche indirecte).
uds ids
10 2.5
0 2
−10
1.5
−20
−30 1
1.5 2 2.5 3 3.5 1.5 2 2.5 3 3.5
u simulation i
qs qs
200 10
estimation
180 8
160 6
140
4
120
2
1.5 2 2.5 3 1.5 2 2.5 3 3.5
Fig. 5.14 – Comparaison des courants (et tensions) simulés et estimés pour un
court-circuit de 29 spires sur la phase a, 18 spires sur la phase c et deux barres
cassées
155
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
156
5.4. Conclusion
sultats en simulation qui donnent une image très réaliste du déséquilibre présent
dans la machine.
Comme les estimations par approche indirecte fournissent une dispersion né-
gligeable au tour de la valeur zéro, on peut en déduire que cette approche permet
de réduire le taux de fausses-alarmes.
n n
cc cc
1 2
ncc nbc
3
5.4 Conclusion
157
Chapitre 5. Diagnostic de la machine asynchrone par approche indirecte
158
Conclusion générale
Dans le premier chapitre, nous avons présenté quelques rappels sur la consti-
tution de la machine asynchrone ainsi que sur sa commande par contrôle vectoriel
à flux rotorique orienté. Nous nous sommes volontairement attardés sur le mo-
dèle triphasé et le modèle de Park de la machine pour déterminer les modèles
(dédiés à l’identification directe et l’identification indirecte) qui sont à la base
de la procédure de diagnostic par estimation paramétrique. Nous avons aussi dé-
crit un simulateur numérique de la machine asynchrone, incluant son algorithme
de commande, chargé de générer des données de validation pour les algorithmes
d’identification.
159
Conclusion générale
erreur de sortie qui fait l’objet de ce mémoire. Cette méthode a été évaluée en
simulation, ce qui a permis d’effectuer une première quantification de ses perfor-
mances. Le principal intérêt de cette méthode réside dans la non connaissance a
priori du correcteur. La procédure d’identification du correcteur par surparamé-
trisation semble bien adaptée à une situation industrielle, car elle ne nécessite ni
la connaissance des paramètres, ni la structure exacte du correcteur.
160
la position du champ tournant n’est pas connue et elle doit nécessairement être
estimée : l’identification en boucle fermée de la machine asynchrone est donc net-
tement plus complexe et plus délicate que celle de la MCC. L’étude comparative
en simulation numérique a montré que le biais asymptotique sur l’estimation des
paramètres électriques est quasi inexistant pour l’approche indirecte alors qu’il
dépend nettement de la nature et de la variance des bruits sur les courants pour
l’approche directe. Par ailleurs, nous avons vérifié que l’excitation par couple
de charge s’avère satisfaisante et suffisante, tout en garantissant une meilleure
précision pour l’approche indirecte.
Bien que des réponses aient été apportées à nos interrogations initiales, notre
travail est cependant loin d’être achevé, et cela pour plusieurs raisons. La première
concerne la validation expérimentale de notre méthodologie : il devient essentiel
de vérifier les résultats d’identification par approche indirecte sur une application
réelle. En effet, bien que la simulation numérique ait été conçue dans un souci
de réalisme, il devient indispensable de vérifier certaines hypothèses relatives aux
bruits, sur les courants et sur la vitesse. D’autre part, un point névralgique pour
l’utilisation du repère du champ tournant concerne l’estimation de sa position :
il sera donc très instructif d’analyser son influence sur l’identification indirecte
en situation réelle. Enfin, bien que les correcteurs aient été envisagés avec des
compensations non linéaires, il va être fondamental de tester la méthodologie
avec des correcteurs réellement implantés sur calculateur.
161
Conclusion générale
Nous avons signalé qu’un bruit sur la vitesse induisait un biais asymptotique
qu’il n’est pas possible de rejeter par approche indirecte, cela car la vitesse est
considérée comme une pseudo-entrée. Ce point là va mériter une attention particu-
lière en situation expérimentale, afin de quantifier l’influence de cette contrainte.
Une piste de recherche peut aussi concerner la prise en compte d’un modèle élec-
tromécanique complet (annexe C), pour éviter la contrainte de la pseudo-entrée
vitesse. Mais bien sûr, cela repousse le problème sur la connaissance du couple
de charge ou de son estimation.
Enfin, on peut donner comme objectif plus général l’analyse des erreurs de
modélisation de la machine asynchrone comme voie d’amélioration du diagnos-
tic. A cet effet, la modélisation des barres rotoriques par de simples résistances
n’est pas de nature à prendre en compte les effets de fréquence dus aux cou-
rants de Foucault : leur modélisation par approche fractionnaire semble donc une
piste pertinente d’amélioration du diagnostic, au prix cependant d’un surcroı̂t de
complexité.
162
Annexe A
Biais de l’estimateur
′′ −1
θi+1 = θi − {[Jθθ ] · Jθ′ } θ̂=θi (A.1)
avec :
′ P
K
– J θ = −2 εk σ k : Le gradient,
k=1
′′ P
K
– Jθθ = 2 σ k σ Tk : Le pseudo-hessien,
k=1
– εk = yk + bk − ŷk (θ̂) : le résidu,
– ŷk (θ̂) : le modèle simulé grâce à la connaissance de l’excitation {uk } et de
l’estimation θ̂ des paramètres du système.
On suppose dans un premier temps que la sortie n’est pas bruitée, c’est-à-dire
que le bruit de sortie bk = 0 quel que soit k.
On fait par ailleurs l’hypothèse que θex est la valeur exacte des paramètres et
que l’on connaı̂t parfaitement l’ordre du système.
163
Annexe A. Biais de l’estimateur
Alors ŷk (θex ) = yk pour {bk = 0 ∀k} et pour des conditions initiales nulles.
εk = yk − ŷk (θ̂ ex ) = 0 ∀k
donc
K
X K
X
′
J θ = −2 εk σ k = −2 0 · σk = 0
k=1 k=1
alors
164
A.3. Hypothèse stochastique
Alors
1 P
K
lim σ k σ tk = E {σ k σ tk }
K→∞ K k=1
et (A.3)
1 P
K
lim εk σ k = E {εk σ k }
K→∞ K k=1
Soit
n o
E {εk σ k } = E (yk + bk − ŷk (θ̂))σ k
n o
= E (yk − ŷk (θ̂))σ k + E {bk σ k }
n o
Lorsque θ̂ = θex , E yk − ŷk θ̂ σ k = 0.
Alors
−1
θi+1 = θi + E σ k σ tk · E {εk σ k }
Soit θi = θex
alors ǫk = bk et
−1
θi+1 = θ ex + [E {σ k σ tk }] · E {bk σ k }
(A.4)
= θ ex + ∆θ ∞ (lorsque K → ∞)
165
Annexe A. Biais de l’estimateur
bk yk∗
yk +
Système
+
uk
ŷk (θ̂)
Modèle
σk
E {σ k bk } = σ k E {bk } = 0
alors △θ∞ = 0
donc θi+1 = θex lorsque K → ∞, en identification boucle ouverte, l’algorithme
converge vers θex , quelle que soit la nature du bruit (de moyenne nulle).
yk∗
bk
rk +- Système
+
Correcteur
+
uk
ŷk (θ̂)
Modèle
σk
166
A.3. Hypothèse stochastique
Dans ce cas σ k est calculé à partir de uk , qui lui même est calculé (via le
correcteur) à partir de bk . Donc σ k est corrélé avec bk et E {σ k bk } 6= 0 donc
△θ∞ 6= 0 ce qui induit un biais asymptotique. C’est-à-dire que l’algorithme de
Gauss-Newton ne peut plus converger vers θex (lorsque K → ∞).
Remarque
En situation boucle fermée et en identification indirecte, lorsque bk est un bruit
blanc, uk n’est pas corrélé avec bk , mais avec bk−1 ,bk−2 , . . .à cause du retard
inhérent au correcteur numérique. Alors E {σ k bk } = 0 malgré le bouclage.
bk
rk +- uk yk∗
Correcteur Système
++
σ ∗k
ûk est une entrée reconstruite, obtenue par simulation. Dans ce cas σ ∗k est
calculé à partir de ûk , lui même est calculé à partir de rk et ŷk (θ̂), sans que le
bruit bk intervienne dans la boucle.
Alors σ ∗k est indépendant de bk donc E {σ ∗k bk } = 0 et △θ∞ = 0
167
Annexe A. Biais de l’estimateur
168
Annexe B
Les relations établies dans cette annexe sont tirées de [Trigeassou, 1987] et
[Grospeaud, 2000].
Soit
r0 + r1 z −1 + · · · + rm z −m
C(z) = (B.1)
1 + s1 z −1 + · · · + sn z −n
Nous avons défini dans le chapitre 2 le principe des moments discrets comme
étant le développement de C(z) en série de Taylor au voisinage de z −1 = 1. On
obtient :
X
∞
(z −1 − 1)n
Z {ck } = C(z) = Cn (B.2)
n=0
n!
169
Annexe B. Relations linéaires entre moments discrets et paramètres du correcteur
où
X
∞
k!
Cn = Ank ck avec Ank = (B.3)
k=n
(k − n)!
P
∞
un
La série C (c )
n! n k
est entièrement définie dans son domaine de convergence.
n=0
Par ailleurs, les moments discrets Cn sont parfaitement définis dans le cas d’un
système stable.
Soit
P
M
β(u) = un βn
n=0
(B.4)
P
N
α(u) = un αn
n=0
où
P
M
βn = Ank rk et Ank = k!
n!(k−n)!
k=n
(B.5)
P
N
αn = Ank sk
k=n
β(u)
D’après les relations (B.4) et (B.5), et comme C(u) = α(u)
, on obtient alors
l’égalité suivante :
P
M
un βn N
X
n=0 un
C(u) = = Cn (ck ) (B.6)
PN n!
un αn n=0
n=0
Les moments discrets Cn (ck ) recherchés peuvent donc être calculés par division
170
B.2. Cas d’un correcteur avec un intégrateur
β0 = α0 C0
β1 = α1 C0 + α0 C1
1
β2 = α2 C0 + α1 C1 + α0 C2
2!
..
.
(B.7)
P 1
n=i
βi = αi−n Cn
n=0 n!
..
.
1 1
βN = αN C0 + αN −1 C1 + αN −2 C2 + · · · + α0 CN
2! n!
C0 = 0!β0 /α0
C1 = 1! [β1 − α1 C0 ] /α0
C2 = 2! [β2 − α2 C0 − α1 C1 ] /α0
..
.
P 1
n−1
Cn = n! βn − Ci αn−i /α0
i=0 i!
..
.
1 1
CN = N! βN − αN C0 − αN −1 C1 − αN −2 C2 − · · · − α1 CN −1 /α0
2! (n − 1)!
(B.8)
1 X un
∞
C(u) = − Cn (B.9)
u n=0 n!
171
Annexe B. Relations linéaires entre moments discrets et paramètres du correcteur
P
M
un βn N
n=0 1 X un
C(u) = =− Cn (ck ) (B.10)
PN u n=0 n!
un αn
n=0
Les moments discrets Cn recherchés peuvent donc être calculés par division
polynomiale ou par convolution discrète. Ils sont obtenus à partir des relations
récurrentes suivantes :
C0 = 0!−β0 /α1
C1 = 1! [−β1 − α2 C0 ] /α1
C2 = 2! [−β2 − α3 C0 − α2 C1 ] /α1
1
C3 = 3! −β3 − α4 C0 − α3 C1 − α2 C2 /α1
2!
..
. (B.11)
P 1
n−1
Cn = n! −βn − Ci αn+1−i /α1
i=0 i!
..
.
1 1
CN = N! −βN − αN C1 − αN −1 C2 − · · · − α2 CN −1 /α1
2! (n − 1)!
172
Annexe C
Identification de la machine à
courant continu
R
u ω
L
Cr
Un modèle électrique
di
u=R·i+L· +k·φ·ω (C.1)
dt
173
Annexe C. Identification de la machine à courant continu
Un modèle mécanique
dω
J· = k · φ · i − Cr − f · ω (C.2)
dt
Pour une MCC à aimants parmanents, le flux φ est constant et on introduit
le paramètre K telque K = k · φ. Dans ces équations, u et i sont les grandeurs
électriques relatives au rotor, tandis que ω et Cr sont les grandeurs mécaniques
relatives à la dynamique de rotation.
Cr ω
T
θ = [R L K J f ]
u i
174
On notera néanmoins que Cr n’est jamais identiquement nul et qu’il subiste
un couple de frottement sec inconnu : l’identification n’est donc pas possible en
pratique, sauf si on fait l’hypothèse que ce couple est constant et qu’on l’assimile
à une composante continue que l’on va aussi identifier.
Soit
di
u−k·φ·ω =R·i+L· (C.3)
dt
u est une véritable entrée, vérifiant le principe de causalité ; par contre ω est
une sortie d’un point de vue causal. En considérant que ω est une variable d’ex-
citation, on viole donc le principe de causalité, mais on rend le modèle électrique
identifiable.
175
Annexe C. Identification de la machine à courant continu
Courant i Vitesse ω
6.5 90
6 88
5.5 86
5 84
2 2.5 3 3.5 4 2 2.5 3 3.5 4
Couple de charge C
r
0.8
0.6
0.4
0.2
0
−0.2
2 2.5 3 3.5 4
176
Commande u Courant i
22 8
21 6
20 4
19 2
1.5 2 2.5 3 3.5 4 1.5 2 2.5 3 3.5 4
95 0.6
90
0.4
85 ωref 0.2
80
ω 0
1.5 2 2.5 3 3.5 4 1.5 2 2.5 3 3.5 4
Remarque
On retrouve la même problématique dans le cas de la machine asynchrone, avec
des équations plus complexes. Comme là encore le couple de charge ne peut pas
être mesuré, on se limite à l’identification du modèle électrique, dans lequel la
vitesse du rotor est considérée comme une pseudo-entrée.
177
Annexe C. Identification de la machine à courant continu
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Bibliographie
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Résumé
Ce mémoire de thèse relate la mise au point d’une méthodologie d’identification en boucle
fermée de la machine asynchrone, grâce à une prise en compte explicite de l’algorithme de
commande vectorielle. Fondamentalement, l’identification directe pose des problèmes en raison
des perturbations stochastiques que l’on retrouve sur la variable de commande via la boucle de
régulation, ce qui rend l’estimation asymptotiquement biaisée. Nous proposons de remédier à
ce problème grâce à une identification indirecte sur la base de la connaissance du correcteur. De
plus, nous étendons le champ d’application de cette approche en identifiant préalablement un
correcteur équivalent à l’aide d’une technique de moindres carrés surparamétrisés, afin d’éviter
la connaissance a priori de la structure et des paramètres du correcteur. Une structure minimale
du correcteur équivalent surparamétrisé est obtenue grâce à un test original portant sur les mo-
ments. L’identification de la machine asynchrone est effectuée grâce au correcteur équivalent, à
l’aide d’un algorithme du type erreur de sortie. Outre l’élimination du biais asymptotique, les
études comparatives réalisées en simulation stochastique ont montré que l’approche indirecte
fournit des estimées plus précises, et cela pour une excitation de la machine uniquement consti-
tuée par les variations du couple de charge. Enfin, cette nouvelle méthodologie d’identification
en boucle fermée a permis d’améliorer la détection des défauts statoriques et rotoriques de la
machine asynchrone, grâce à une meilleure réjection des fausses alarmes.
Abstract
This thesis presents the application of a closed loop identification technique to induction ma-
chines, including explicitly the control algorithm. Basically, direct identification is asymptot-
ically biased by output disturbances and noises which are feedback to the control input via
the control algorithm. In order to get rid of this bias problem, an indirect identification tech-
nique with explicit use of the controller is proposed. Moreover, a prior knowledge of the control
algorithm is replaced by its identification with the help of an overparametrized least squares
techniques, which avoids knowledge of the structure and the parameters of the controller. An
equivalent minimal structure controller is estimated thanks to an original criterion based on
discrete moments. The identification of induction machines is performed with this equivalent
controller using an output error technique. Comparative studies performed by Monte Carlo
simulations have exhibited bias rejection and better precision of indirect identification, while
necessary excitation is only provided by torque variations of the machine load. Finally, this new
closed loop identification technique has been applied to the diagnosis of induction machines,
with the benefit of better detection of stator and rotor faults, thanks to better rejection of false
alarms.