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Document 560345

Ce document présente un travail de recherche réalisé en partenariat entre le Cirad et l'Irad sur la cacaoculture durable en Afrique, notamment au Cameroun. Il mentionne les financements reçus et les publications scientifiques qui en découlent. L'auteur exprime sa gratitude envers les encadrants et les agriculteurs impliqués dans le projet.

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RABEHAJAINA Georgino
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Ce document présente un travail de recherche réalisé en partenariat entre le Cirad et l'Irad sur la cacaoculture durable en Afrique, notamment au Cameroun. Il mentionne les financements reçus et les publications scientifiques qui en découlent. L'auteur exprime sa gratitude envers les encadrants et les agriculteurs impliqués dans le projet.

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A Isabelle

Magali, Florian et Aurélien

Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas,
c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles.

Sénèque

Avant-propos

Ce travail a été réalisé dans le cadre du partenariat entre le Cirad, Département Persyst, Unité de
recherche « Performance des systèmes de culture des plantes pérennes » et l’Institut de
Recherche Agricole pour le Développement (Irad), Programme « Plantes Stimulantes » au sein
du Pôle de Compétence en Partenariat Grand-Sud Cameroun.

Ce travail a bénéficié de plusieurs financements issus notamment des projets « Mise au point de
systèmes de cacaoculture compétitifs et durables en Afrique » et « Renforcement des
partenariats dans la recherche agronomique au Cameroun » financés par le Ministère des
Affaires étrangères français.

Différents travaux, publications et communications, sont directement issus de ce travail.

Articles scientifiques

Jagoret P., Michel-Dounias I., Malézieux E., 2011. Long-term dynamics of cocoa agroforests: a
case study in central Cameroon. Agroforestry Systems 81 : 267-278.

Jagoret P., Michel-Dounias I., Snoeck D., Todem Ngnogue H., Malézieux E. Afforestation of
savannah with cocoa agroforestry systems: a small-farm innovation in central Cameroon.
Agronomy for Sustainable Development. (soumis)

Jagoret P., Kwesseu J., Messie C., Michel-Dounias I., Malézieux E. Farmers’ assessment of the
use of agrobiodiversity in plurispecific systems. An application to cocoa agroforests in central
Cameroon. Biodiversity and Conservation. (soumis)

Jagoret P., Michel-Dounias I., Blanchard M., Lachenaud P., Todem Ngnogue H, Malézieux E.
Agronomic régional diagnosis of complex agroforestry systems. An application to cocoa
agroforests in central Cameroon. Agronomy for Sustainable Development. (à soumettre)

Posters

Jagoret P., Michel-Dounias I., Malézieux E., 2010. The sustainability of cocoa plantations is not
a myth. An example from central Cameroon. Agro 2010. The Scientific International Week
around Agronomy. Montpellier, August 29 to September 3, 2010.

Jagoret P., Michel-Dounias I., Malézieux E., 2010. Transforming savannah into cocoa
agroforests: analysis of a local innovation by farmers in central Cameroon. Agro 2010. The
Scientific International Week around Agronomy. Montpellier, August 29 to September 3, 2010.

‡‡” ‹‡‡–•

Sans l’intervention de nombreuses personnes, que ce soit à travers leur appui scientifique ou
leur soutien moral, je n’aurai pas pu mener cette thèse à son terme.

Je tiens à remercier avant tout Isabelle Michel-Dounias et Eric Malézieux qui ont accepté
d’encadrer ce travail et qui m’ont fait confiance. Leur appui constant, leur disponibilité, leur
rigueur et leurs encouragements m’ont permis de ne jamais douter. Leurs missions respectives
sur le terrain ont constitué des étapes décisives dans le bon déroulement de cette thèse. Leurs
compétences m’ont permis de progresser et je leur suis particulièrement reconnaissant de
m’avoir accompagné ainsi au cours des quatre années qui viennent de s’écouler.

Ce travail n’aurait pas pu se faire également sans l’appui et les encouragements constants de
Jean-Luc Battini et Eric Gohet, successivement en charge de l’Unité de recherche
« Performance des systèmes de culture des plantes pérennes » et qui, dès le départ et ensuite,
n’ont jamais ménagé leurs efforts pour faire de ce travail une priorité afin qu’il aboutisse. Je les
en remercie vivement.

Je ne me serai probablement pas lancé dans cette aventure sans les relations humaines
exceptionnelles dont je bénéficie depuis mon affectation à la station Irad de Nkolbisson, qu’il
s’agisse des chercheurs, des techniciens ou des chauffeurs. Je pense tout particulièrement à
Salomon Nyassé, Luc Dibog et Lucien Bidzanga Nomo pour la chaleur de leur accueil,
l’enthousiasme dont ils ont toujours fait preuve à l’égard de mes travaux, le partage et la qualité
de leur expertise.

Ce projet n’aurait pas pu aboutir dans l’accueil, la disponibilité et l’implication des agriculteurs
de Bakoa (Bokito), Ezezang et Lékié-Assi (Zima), Abod-Mveng et Tiga (Ngomedzap), qui ont
mis à notre disposition leurs cacaoyères et se sont prêtés avec bonne grâce aux multiples
entretiens et enquêtes auxquels je les ai soumis. Leur générosité et leur patience ont largement
contribué à faire de ce travail un enrichissement tant professionnel que personnel. Qu’ils en
soient tous vivement remerciés, en particulier Cosmas Essomba (Ngomedzap), Athanase Onana
(Zima) et Jean-Paul Bidias (Bokito) qui ne pouvaient se douter au début de l’ampleur de ce
travail et qui ont toujours fait preuve d’enthousiasme, de générosité et d’esprit critique.

Un merci particulier à Emmanuel Bouambi qui est pour beaucoup dans la qualité des données
collectées et qui n’a cessé de faire preuve, toutes ces années, d’un dévouement exceptionnel. Je
remercie également Menimo Tonka et Morgane Blanchard, Hervé Todem Ngnogue, Charly
Messie et Jacques Kwesseu, étudiants dont j’ai encadré les stages. Leur sérieux et leur
enthousiasme communicatif ont fait de ces stages des moments privilégiés.

Ce travail est également le fruit de longs échanges avec les chercheurs impliqués dans le comité
de pilotage. Je pense en particulier à Philippe Lachenaud et Christine Aubry dont les conseils
avisés et l’expertise ont constitué un soutien précieux. Il a aussi bénéficié de l’expérience de
Didier Snoeck et Nathalie Lamanda qui m’ont apporté, chacun dans sa spécialité et avec
beaucoup de générosité, les réponses à de nombreuses questions.

Je ne peux oublier les collègues du Cirad, à Montpellier comme à Nkolbisson qui m’ont apporté
leur soutien et leur contribution. Je citerai notamment Cécile Fovet-Rabot, pour sa relecture
avisée de nos articles, Catherine Patard pour sa contribution à la base bibliographique de ce
travail, Martine Duportal pour la mise en forme de nombreuses figures, mais également Régis
Babin, Sylvie Lewicky-Dhainault, Olivier Sounigo, Martijn Ten Hoopen et Raymond
Bourgoing.

Au cours de la rédaction de cette thèse qui m’a amené à séjourner plusieurs mois à Montpellier,
l’aide, le soutien et les encouragements constants des collègues de l’unité « Performance des
systèmes de culture des plantes pérennes », collectif soudé et solidaire, m’ont largement aidé à
mener à bien ce travail. Sylvain, tu as ouvert la voie … Aude, tu prends le relais ! J’adresse
spécialement mes remerciements à Véronique Lesage et Yvy Galouye, toujours disponibles et
pleines de gentillesse qui au fil du temps, ont su m’aider, chacune à sa manière, à gérer mon
stress et mes angoisses !

Enfin, je tiens à remercier Thierry Doré et Emmanuel Torquebiau pour avoir accepté de
rapporter cette thèse malgré leurs emplois du temps chargés, ainsi que Jacques Wéry, Lucien
Bidzanga Nomo et François Papy pour avoir bien voulu jouer le rôle d’examinateurs et apporter
ainsi leur contribution à ce travail.

Merci à tous.

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La cacaoculture est aujourd’hui considérée comme un des principaux facteurs de déforestation en


milieu tropical. Dans de nombreux pays, elle repose en effet sur un modèle technique peu durable de
monoculture intensive impliquant le déplacement des zones de production. Souvent délaissés par la
recherche en raison de leurs faibles rendements en cacao marchand, les systèmes agroforestiers à base
de cacaoyer apparaissent aujourd’hui comme une alternative crédible pour faire face aux nouveaux
enjeux de la cacaoculture mondiale. Au Centre-Sud du Cameroun, la cacaoculture repose en grande
partie sur des cacaoyères agroforestières anciennes, ce qui pose l’hypothèse qu’un modèle de
cacaoculture durable basé sur des systèmes de culture agroforestiers est possible. Notre objectif est de
mieux comprendre le fonctionnement de ces systèmes agroforestiers à base de cacaoyer, à travers leurs
caractéristiques, leurs évolutions et leurs déterminants, ainsi que les conditions de leur production en
cacao marchand sur le long terme. Notre démarche articule à la fois une évaluation des systèmes
agroforestiers complexes à l’échelle de la parcelle et une analyse compréhensive des pratiques
techniques sur le temps long. La thèse repose sur un dispositif de recherche mis en place dans la
région du Centre, dans trois zones de culture différenciables par leurs conditions pédo-climatiques
(Bokito, Zima et Ngomedzap). Une enquête d’agriculteurs a été réalisée à grande échelle (1 171
exploitations regroupant 1 638 cacaoyères), complétée par des observations spécifiques réalisées dans
un réseau de 61 cacaoyères exploitées par 40 agriculteurs. Résultats. (1) Nos résultats d’enquête,
complétés par des observations spécifiques, ont confirmé la durabilité des systèmes agroforestiers à
base de cacaoyer aux plans agro-écologique et socio-économique. (2) Dans la zone de transition forêt-
savane, considérée comme sub-optimale pour la cacaoculture, nous avons montré que le modèle
technique adopté par les agriculteurs leur permet d’installer sur savane des cacaoyères viables sur le
long terme. (3) Une méthode participative de quantification de la valeur d’usage des espèces par les
agriculteurs, appliquée sur le réseau d’observation, a confirmé la multifonctionnalité des systèmes
agroforestiers et mesuré la place qu’y occupe la composante cacaoyère. (4) L’évaluation des
peuplements cacaoyers, réalisée en adaptant la méthode de diagnostic agronomique régional aux
systèmes complexes, a permis d’identifier les facteurs limitant le rendement en cacao marchand.
Celui-ci s’avère étroitement lié à la structure des peuplements cacaoyers et à celle des peuplements
associés. (5) Enfin, l’analyse compréhensive des pratiques des agriculteurs sur le long terme, en lien
avec l’évolution technique des peuplements cacaoyers a confirmé la flexibilité des systèmes
agroforestiers à base de cacaoyer. Cette flexibilité peut être traduite par des trajectoires d’évolution des
pratiques et des trajectoires de structures spécifiques. Ce travail fournit une nouvelle base
méthodologique pour l’analyse et l’évaluation des systèmes agroforestiers complexes. L’ensemble des
résultats et des connaissances produites dans ce travail permet de formuler des propositions pour la
mise au point d’un nouveau modèle technique en cacaoculture.

Mots clés : Agroforesterie, Theobroma cacao L., durabilité, valeur d’usage, trajectoires de conduite,
structure, diagnostic agronomique, analyse des pratiques.

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Cocoa cultivation is generally considered as one of the main deforestation factors in the Tropics.
Indeed, in many countries it is based on a low-sustainability technical model of intensive monocrops
with shifting production zones. Cocoa agroforests, which are often neglected by research due to their
low fermented dried cocoa yields, now appear to be a credible alternative for taking up the new
challenges facing world cocoa production. In Centre-South Cameroon, cocoa cultivation is largely
based on old cocoa agroforests, which suggests that a sustainable cocoa growing model based on
agroforestry systems is possible. Our aim was to more effectively understand how these cocoa
agroforests function, through their characteristics, their evolution and their determinants, along with
the conditions for their long-term fermented dried cocoa production. Our approach consisted of an
evaluation of cocoa agroforests on a plot scale and a comprehensive analysis of technical practices
over the long term. The thesis is based on an experimental design set up in the Centre region, in three
growing zones that could be differentiated through their pedo-climatic conditions (Bokito, Zima and
Ngomedzap). A large-scale survey was undertaken (1,171 farms grouping 1,638 cocoa plantations)
completed by specific observations collected in a network of 61 cocoa agroforests managed by 40
farmers. Results. (1) Our survey results, completed by specific observations, confirmed the
sustainability of the cocoa agroforestry systems from an agro-ecological and socio-economic
viewpoint. (2) In the forest-savannah transition zone, which is considered sub-optimum for cocoa
cultivation, we confirmed that the technical model adopted by the farmers enabled them to set up
cocoa agroforests on savannah that were viable over the long term. (3) In the network, a participatory
method applied to quantify the use value given to the species by the farmers confirmed the multi-
functionality of cocoa agroforests and measured the place occupied in it by cocoa. (4) The evaluation
of the cocoa tree stands, achieved by adapting the regional agronomic diagnosis method to complex
systems, revealed the factors limiting cocoa yield. It was proved that cocoa yield is closely linked to
the structure of the cocoa tree stand and that of the intercropped stands. (5) Lastly, a comprehensive
analysis of farmer practices over the long term, in association with the evolution of the technical
management of the cocoa tree stands, confirmed the flexibility of cocoa agroforestry systems. This
flexibility was reflected in the evolution pathways for specific practices and structures. This work
provides a new methodological basis to assess the performance of complex agroforestry systems. All
the results and knowledge produced by this work make it possible to draw up proposals for developing
a new technical model for cocoa growing.

Keywords: Agroforestry, Theobroma cacao L., sustainability, use value, evolution pathways for
practices, structure, agronomic regional diagnosis, analysis of practices.

Sommaire

Introduction ..................................................................................................................................... 5

1. Contexte général .......................................................................................................................... 9
1.1. Les nouveaux enjeux de la production agricole ..................................................................... 9
1.2. Les systèmes agroforestiers complexes ............................................................................... 10
2. Le paradoxe du cacaoyer .......................................................................................................... 11
2.1. Des peuplements qui peuvent être gérés sur le long terme .................................................. 11
2.2. Une plante d’ombre aux exigences pédoclimatiques marquées ........................................... 13
2.3. Mais une culture à l’origine de déforestation en Afrique..................................................... 14
3. La cacaoculture camerounaise : un contre-exemple ? ........................................................... 16
3.1. Des bassins de production du cacao aux dynamiques contrastées ....................................... 17
3.2. Le déclin des cacaoyères du Centre-Sud : un mythe ? ......................................................... 18
4. Problématique agronomique, hypothèses et questions de recherche ................................... 20
4.1. Problématique agronomique ................................................................................................ 20
4.2. Questions de recherche, hypothèses et démarche de travail ................................................ 20
4.2.1. La durabilité des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer ....................................... 21
4.2.2. L’extension des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer aux zones sub-optimales de
savane ...................................................................................................................................... 22
4.2.3. La plurifonctionnalité des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer ........................ 23
4.2.4. L’origine des variations de rendement en cacao marchand dans les systèmes
agroforestiers à base de cacaoyer ............................................................................................ 23
4.2.5. La flexibilité des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer....................................... 24

1. Méthodologie ............................................................................................................................. 27
2. Dispositif de recherche.............................................................................................................. 28
2.1. Choix des zones d’étude....................................................................................................... 28
2.2. Dispositif de recherche......................................................................................................... 30
2.2.1. Dispositif 1 .................................................................................................................... 30
2.2.2. Dispositif 2 .................................................................................................................... 31
3. Concepts utilisés ........................................................................................................................ 33
3.1. La notion de parcelle ............................................................................................................ 33
3.2. La notion de pratiques .......................................................................................................... 34
3.3. Le système de culture ........................................................................................................... 35
3.4. La notion de trajectoire ........................................................................................................ 36
4. Méthodes spécifiques d’évaluation des systèmes .................................................................... 37
4.1. L’estimation de l’importance relative des espèces............................................................... 37
4.2. Le diagnostic agronomique régional et la notion de structure ............................................. 39


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Chapitre 1 : Les systèmes agroforestiers à base de cacaoyer mis au point par les agriculteurs
du Centre-Sud du Cameroun constituent-ils des systèmes durables aux plans agro-
écologique et socio-économique ? ………………………………………………………………41

Chapitre 2 : Quel est le modèle technique mis au point par les agriculteurs pour installer des
peuplements cacaoyers dans un milieu écologique peu adapté ? .............................................. 55
Afforestation of savannah with cocoa agroforestry systems: a small-farm innovation in
central Cameroon .......................................................................................................................... 57
1. Introduction ............................................................................................................................... 58
2. Materials and Methods ............................................................................................................. 59
2.1. Study site .............................................................................................................................. 59
2.2. Experimental design, stakeholder survey data and measured data ...................................... 60
2.3. Statistical analysis ................................................................................................................ 61
3. Results ........................................................................................................................................ 61
3.1. Age and yields of cocoa agroforestry systems on grasslands .............................................. 61
3.2. Strategies for setting up grassland cocoa agroforestry systems ........................................... 62
3.3. Agrobiodiversity and stand management ............................................................................. 63
3.4. Clay and soil carbon contents .............................................................................................. 64
4. Discussion................................................................................................................................... 64
5. Conclusion.................................................................................................................................. 66

Chapitre 3 : Quelle est la valeur d’usage accordée par les agriculteurs aux différentes
espèces qui constituent les systèmes agroforestiers à base de cacaoyer ? ................................ 77
Farmers’ assessment of the use and value of agrobiodiversity in plurispecific systems. An
application to cocoa agroforests in central Cameroon .............................................................. 79
1. Introduction ............................................................................................................................... 80
2. Material and methods ............................................................................................................... 81
2.1. Study site and sampling ....................................................................................................... 81
2.2. Trees inventories .................................................................................................................. 82
2.3. Farmers’ assessment of the use and value of tree species .................................................... 82
2.4. Statistical analysis ................................................................................................................ 84
3. Results ........................................................................................................................................ 84
3.1. Inventory et frequency of non-cocoa species ....................................................................... 84
3.2. Species richness, agrobiodiversity and tree density ............................................................. 84
3.3. Tree species uses .................................................................................................................. 85
3.4. Tree species ranking according to their use value................................................................ 87
3.5. Cocoa agroforests use profile by tree species uses ranking ................................................. 90
4. Discussion................................................................................................................................... 91
4.1. A high agrobiodiversity level ............................................................................................... 91
4.2. Cocoa tree status in agroforestry systems ............................................................................ 92
4.3. Species uses and number of species per use: differences between zones ............................ 92
4.4. Cocoa agroforests—what is the ideal use profile ? .............................................................. 93
Ϯ

4.5. Adaptation of the Pebble Distribution Method —a relevant participatory method for the
assessment of complex agroforestry Systems ............................................................................. 93

Chapitre 4 : Le rendement en cacao marchand des systèmes agroforestiers à base de
cacaoyer est-il lié à leur structure ? ........................................................................................... 103
1. Introduction ............................................................................................................................. 105
2. Matériel et méthodes ............................................................................................................... 107
2.1. Zones d’étude ..................................................................................................................... 107
2.2. Dispositif d’observation ..................................................................................................... 107
2.3. Méthodologie ..................................................................................................................... 108
2.3.1. Le diagnostic agronomique régional ........................................................................... 108
2.3.2. Spécificités des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer et adaptation du diagnostic
agronomique régional............................................................................................................ 109
2.3.3. Elaboration du rendement d’une cacaoyère ................................................................ 112
2.4. Analyses statistiques .......................................................................................................... 123
3. Résultats ................................................................................................................................... 125
3.1. Caractérisation des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer du Centre Cameroun ...... 125
3.1.1. Rendement en cacao marchand et composantes du rendement ................................... 125
3.1.2. Structure du peuplement cacaoyer .............................................................................. 127
3.1.3. Structure des peuplements associés aux cacaoyers ..................................................... 130
3.1.4. Etat du peuplement cacaoyer ...................................................................................... 133
3.1.5. Etat des peuplements associés aux cacaoyers ............................................................. 135
3.1.6. Pression parasitaire liée aux mirides ........................................................................... 141
3.1.7. Caractéristiques des sols sous cacaoyers ..................................................................... 141
3.1.8. Niveau d’agrobiodiversité ........................................................................................... 143
3.2. Diagnostic du rendement des cacaoyères ........................................................................... 144
3.2.1. Le rendement potentiel en cacao marchand et ses composantes ................................. 144
3.2.2. Relations entre rendement, composantes du rendement, état et structure du peuplement
cacaoyer ................................................................................................................................ 146
3.2.3. Relations entre composantes du rendement, état et structure du peuplement cacaoyer,
état du milieu, état et structure des peuplements associés..................................................... 150
3.2.4. Synthèse : un schéma d’élaboration du rendement revisité ........................................ 155
3.2.5. Typologie des cacaoyères : des différences régionales marquées ............................... 158
4. Conclusion................................................................................................................................ 159

Chapitre 5 : La structure des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer est-elle flexible ?163
1. Introduction ............................................................................................................................. 165
2. Matériel et méthodes ............................................................................................................... 167
2.1. Zones d’étude et dispositif d’observation .......................................................................... 167
2.2. Méthodologie ..................................................................................................................... 167
2.2.1. L’analyse des pratiques ............................................................................................... 167
2.2.2. Analyse des structures des cacaoyères sur le temps long............................................ 171
2.2.3. Bilan : un croisement de différentes enquêtes ............................................................. 172
3. Résultats ................................................................................................................................... 173
3.1. Histoire de la cacaoculture et des pratiques au Centre Cameroun ..................................... 173
ϯ

3.1.1. Un développement de la cacaoculture en quatre phases ............................................. 173
3.1.2. Les conséquences sur l’évolution des pratiques des agriculteurs................................ 178
3.2. Les cacaoyères : des histoires culturales variées ................................................................ 184
3.2.1. Une diversité d’histoires culturales qui impactent différemment la structure des
cacaoyères adultes ................................................................................................................. 184
3.2.2. Bilan sur les structures de cacaoyères ......................................................................... 190
3.2.3. Les déterminants des trajectoires de conduite ............................................................. 191
3.3. Les trajectoires de cacaoyères et leurs conséquences sur le rendement potentiel du
peuplement cacaoyer ................................................................................................................. 194
3.3.1. Les grands types de trajectoires de structure identifiés ............................................... 195
3.3.2. Conséquences sur les performances actuelles des peuplements cacaoyers : des
trajectoires plus ou moins performantes en termes de rendement en cacao marchand ......... 200
4. Conclusion................................................................................................................................ 201

Discussion..................................................................................................................................... 205
1. A propos de la méthodologie retenue.................................................................................... 205
2. Un autre modèle de cacaoculture est-il possible ? ................................................................ 212
3. Perspectives pour le développement agricole ....................................................................... 214
4. Perspectives scientifiques...................................................................................................... 215

Conclusion.................................................................................................................................... 219

Références bibliographiques ...................................................................................................... 220

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Introduction générale
Introduction

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Le cacaoyer (Theobroma cacao L.) est un arbre dont l’origine botanique est localisée dans les
forêts humides d’Amérique tropicale où il se rencontre à l’état naturel (Braudeau, 1969).
Anciennement classé dans la famille des sterculiaceae, le cacaoyer est, depuis quelques années,
classé dans celle des Malvaceae (classification phylogénique). La culture du cacaoyer, ou
cacaoculture, a pour objectif la production de fèves de cacao (annexes : planche photos 1)
principalement destinées à l’industrie du chocolat et, dans une moindre mesure, à l’industrie
cosmétique et pharmaceutique.

La cacaoculture concerne environ 70 pays, tous situés dans la bande intertropicale. Il s’agit d’une
activité très ancienne puisque le cacaoyer était cultivé par les Mayas en Amérique centrale et au
Mexique bien avant la découverte du Nouveau Monde par les Espagnols en 1502. Mais après avoir
été pendant des siècles exclusivement américaine, la cacaoculture est aujourd’hui devenue
principalement africaine. Quelques chiffres illustrent l’évolution de la production mondiale de
cacao depuis presque deux siècles. En 1830, 10 000 tonnes de cacao sont produites en totalité en
Amérique tropicale. En 1900, la production mondiale de cacao atteint 115 000 tonnes dont 17 %
proviennent d’Afrique. En 1964, elle atteint 1 528 000 tonnes dont 78 % sont produites en
Afrique. Actuellement, la production africaine de cacao est évaluée à 2,6 millions de tonnes pour
une production mondiale de cacao qui oscille entre 3,7 et 3,4 millions de tonnes (Anon, 2010). Les
¾ de la production mondiale de cacao proviennent en fait de quatre pays africains : la Côte
d’Ivoire avec 1,3 million de tonnes1, le Ghana (680 000 tonnes), le Nigéria (207 000 tonnes) et le
Cameroun (183 000 tonnes). Aujourd’hui, le cacao est la troisième matière première agricole
échangée dans le monde en termes de valeur (Anon, 2010).

La cacaoculture joue un rôle majeur dans l’économie des principaux pays africains producteurs de
cacao où cette culture répond à trois objectifs : procurer des devises au pays, contribuer au budget
de l’Etat et fournir un revenu aux populations rurales qui en vivent. La production africaine de
cacao est pratiquée par une majorité de petits agriculteurs pour lesquels la vente de cacao
marchand demeure la principale source de revenu (Clay, 2004 ; Donald, 2004). A la fin des années
1980, la libéralisation de l’économie mondiale, concomitante aux effets de la crise des cours
internationaux des matières premières, a cependant profondément modifié l’environnement macro-
économique des exploitations agricoles qui vivent de la cacaoculture. Dans de nombreux pays, le
processus de libéralisation a entraîné la suppression du principe de stabilisation du prix d’achat du
cacao et le désengagement des pouvoirs publics de la filière cacao dans laquelle ils s’étaient
fortement impliqués depuis les années 1960 (Affou, 1997). Depuis le début des années 1990, les
producteurs africains de cacao doivent donc faire face aux fortes fluctuations des prix mondiaux
du cacao qui, lorsqu’ils chutent, remettent en cause l’existence même des exploitations familiales
qui dépendent de cette spéculation (Laporte, 1992).

Dans plusieurs pays africains, la pérennité des exploitations agricoles qui vivent de la production
de cacao est également menacée par la disparition des terres forestières. Bien que le cacaoyer soit
considéré comme une plante d’ombre, sa productivité augmente en effet lorsqu’il est totalement
exposé à la lumière (Braudeau, 1969).

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Moyenne de 2005 à 2009 (Anon, 2010)
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Introduction

Le modèle technique proposé aux agriculteurs par le monde de la recherche-développement


privilégie de ce fait la conduite de cacaoyères en culture pure ou sous un ombrage léger et
homogène, intensive en travail et en intrants chimiques : fertilisation minérale, traitements
phytosanitaires (Wood et Lass, 1985 ; Willson, 1999). Ce modèle, qui permet d’obtenir des
rendements en cacao marchand élevés au cours des premières années d’exploitation des
cacaoyères, est adopté par bon nombre d’agriculteurs notamment en Côte d’Ivoire. Ces derniers
toutefois ne recourent pas aux engrais minéraux. Ainsi, après 10 à 20 ans, faute de fertilisation
minérale, la productivité des cacaoyers s’effondre, favorisant l’abandon des cacaoyères âgées au
profit de nouvelles plantations sur des défriches forestières (Ruf, 1995). La raréfaction des terres
forestières remet par conséquent en cause ce modèle de développement de la cacaoculture basé sur
le déplacement des zones de production aux dépends de la forêt.

Aujourd’hui, les principaux pays africains producteurs de cacao sont donc confrontés à un double
enjeu : maintenir, voire augmenter, leur niveau de production en cacao marchand en raison de la
place qu’occupe cette matière première agricole dans leur économie, tout en stabilisant les zones
de production existantes pour limiter au maximum la disparition des espaces forestiers liée à la
cacaoculture et réduire ainsi son impact négatif sur l’environnement.

Ce double enjeu implique par conséquent d’identifier un nouveau modèle technique qui permette
de passer du modèle itinérant qui prévaut actuellement, à un modèle durable, davantage
respectueux de l’environnement.

Notre hypothèse est qu’il existe d’autres modèles techniques de cacaoculture, mis au point par des
agriculteurs. Ces systèmes à base de cacaoyer sont de type agroforestier où le cacaoyer est associé
à de nombreuses espèces pérennes, forestières et fruitières, aux usages multiples, qui fournissent
aux agriculteurs différents produits qu’ils consomment ou qu’ils vendent, ce qui leur permet de
limiter les risques face à la volatilité des cours mondiaux du cacao. Ces systèmes se rencontrent au
Mexique (Salgado-Mora et al., 2007) et au Brésil (Ruf et Schroth, 1995) où ils sont d’ailleurs
connus sous le terme de cabrucas, mais également en Indonésie (Juhrbandt et al., 2010), au
Nigéria (Degrande et al., 2006 ; Oke et Odebiyi, 2007), au Ghana (Asare et Tetteh, 2010) et au
Cameroun (Laird et al., 2007, Zapfack et al., 2002 ; Bidzanga, 2005 ; Sonwa et al., 2007). En
matière d’environnement, ces systèmes offrent une gamme de services tels que la conservation de
la biodiversité, le maintien de la fertilité des sols et la séquestration du carbone (Duguma et al.,
2001 ; Rice et Greenberg, 2000 ; Schroth et Harvey, 2007 ; Gockowski et Sonwa, 2010).

Le fonctionnement des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer demeure cependant mal connu
car ils sont généralement restés ignorés des agronomes, voire décriés, en raison de la faiblesse de
leurs rendements en cacao marchand. Avant de formuler des recommandations techniques aux
agriculteurs afin de leur permettre d’accroître leur production de cacao, il convient donc de mieux
connaître ces systèmes dont l’évaluation est toutefois rendue délicate en raison de leur complexité
et de la longueur du cycle biologique des espèces qui les composent.

Pour ce faire, nous avons installé notre dispositif de recherche au Centre-Sud du Cameroun où une
grande partie du verger cacaoyer est constitué de parcelles anciennes et toujours exploitées par les
agriculteurs.

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Introduction

Sur le plan scientifique, notre travail de thèse répond à un double objectif : d’une part, analyser le
fonctionnement de la composante biophysique des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer et
les évaluer, en particulier en termes de rendement en cacao marchand, sur un pas de temps long ;
et d’autre part, identifier les évolutions de ces systèmes au cours du temps et les déterminants
agro-écologiques et socio-économiques de ces évolutions, notamment à travers la structure et la
conduite technique de ces systèmes. Notre évaluation s’inscrit dans une démarche de
compréhension du fonctionnement des systèmes de culture pour améliorer les pratiques des
agriculteurs ou en concevoir de nouvelles (Meynard et al., 2001).

Sur le plan opérationnel, notre étude entre dans le cadre d’un programme plus global de
hiérarchisation des facteurs à l’origine des limitations du rendement en cacao marchand des
systèmes agroforestiers à base de cacaoyer sur lesquels un programme d’amélioration de ces
systèmes doit se focaliser. Il s’agit d’identifier les améliorations techniques correspondant aux
objectifs et aux contraintes des agriculteurs, et susceptibles de leur être proposées pour faire
évoluer leurs systèmes tout en respectant des objectifs économiques, sociaux et environnementaux.
Il s’agit aussi d’évaluer les marges de manœuvre techniques dont ils disposent pour faire évoluer
leurs systèmes. Partir de l’analyse des situations existantes et proposer des évolutions en
adéquation avec les objectifs des agriculteurs est en effet un préalable pour que les propositions
qui leur sont faites soient retenues (Jouve, 1992 ; Capillon, 1993).

Les systèmes agroforestiers à base de cacaoyer du Centre-Sud du Cameroun sont une combinaison
de deux composantes distinctes : un peuplement cacaoyer qui en constitue la composante
principale, et un peuplement d’espèces associées, plurispécifique et multifonctionnel, plus difficile
à caractériser et à évaluer avec les outils de l’agronomie. Nous évaluerons ainsi doublement ces
systèmes à travers leur production de cacao marchand, qui est une variable facilement quantifiable,
et l’importance relative qu’accordent les agriculteurs aux différentes espèces cultivées en
association, en resituant notamment la composante cacaoyère au sein de ces systèmes.

Nous adopterons à la fois une approche synchronique pour analyser le fonctionnement de la


composante biophysique des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer, à un temps t, et une
approche diachronique pour identifier les évolutions de ces systèmes au cours du temps et les
déterminants agro-écologiques et socio-économiques de ces évolutions, en particulier à travers
l’évolution de la structure du peuplement cacaoyer et de celle des peuplements associés.

Nous aborderons le système agroforestier à base de cacaoyer en termes de trajectoire,


correspondant à une succession d’états structuraux de végétation, en relation avec le
développement des cacaoyers et les modifications de conduite au cours du temps. Notre démarche
articulera à la fois une évaluation de ces systèmes à l’échelle de la parcelle et une analyse
compréhensive des pratiques techniques sur le temps long. Après une caractérisation régionale des
systèmes agroforestiers à base de cacaoyer et de leur dynamique sur le long terme (chapitres 1 et
2), à l’échelle de la parcelle, notre évaluation portera d’abord sur les usages et la valeur d’usage de
l’ensemble des espèces qui composent ces systèmes (chapitre 3), avant d’aborder les performances
agronomiques des peuplements cacaoyers en identifiant les facteurs limitant leur rendement
potentiel en cacao marchand (chapitre 4). Enfin, notre analyse des pratiques intégrera le temps
long, en reconstituant et en contextualisant les trajectoires d’évolution des pratiques, puis en les
reliant aux situations culturales actuelles des cacaoyères (chapitre 5).

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Problématique
Problématique

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Après la seconde guerre mondiale, l’objectif assigné à l’agriculture dans les pays occidentaux est
l’augmentation de la productivité par unité de surface afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire
et dégager des surplus commercialisables susceptibles de contribuer à l’équilibre des balances
commerciales (Griffon, 1999). L’atteinte de cet objectif a entraîné l’intensification importante des
modes de conduite des différentes cultures tempérées par le recours à une forte mécanisation, une
utilisation massive d’intrants, notamment d’engrais et de produits phytosanitaires de synthèse, et
une simplication des systèmes de culture où la plupart des espèces sont conduites en culture pure.
Ces nouvelles pratiques agricoles ont permis d’augmenter significativement la production agricole
mais elles ont aussi eu des impacts environnementaux négatifs considérables. Localement,
l’intensification des pratiques agricoles a souvent entraîné l’augmentation des processus d’érosion,
une baisse de la fertilité des sols ou une réduction de la biodiversité végétale et animale. A
l’échelle régionale, dans bien des cas, l’agriculture moderne a entraîné la pollution des eaux
superficielles et souterraines ou l’euthrophisation d’écosystèmes aquatiques. Enfin, globalement,
l’émission importante de gaz à effet de serre ou l’érosion de la biodiversité sont des impacts
négatifs en grande partie attribués à l’intensification des pratiques agricoles depuis 1945 (Griffon,
1999 ; Tilman et al., 2002).

Aujourd’hui, la production agricole mondiale doit donc faire face à de nouveaux enjeux : d’une
part, atteindre des objectifs de production grandissants pour satisfaire les besoins d’une population
en constante augmentation ; et d’autre part, réduire les impacts négatifs sur l’environnement afin
de ne pas compromettre la disponibilité des ressources pour les générations futures. Le défi d’une
agriculture plus durable, en termes économiques et environnementaux, mais aussi plus productive,
nécessite donc de mettre au point des systèmes de culture écologiquement plus performants. Dans
ce contexte, l’agroforesterie est aujourd’hui perçue comme une option d’utilisation des terres
pouvant contribuer à résoudre certaines menaces pesant sur l’environnement, en particulier dans
les pays tropicaux où la destruction des forêts est un enjeu majeur (Torquebiau, 2002).

Bien qu’il s’agisse d’une pratique ancienne (Brookfield, 1994 ; Torquebiau, 2007), une première
définition de l’agroforesterie n’est donnée que dans les années 1970 quand la recherche
agronomique commence à s’y intéresser (Bene et al., 1977)2. Depuis, d’autres définitions ont été
proposées comme celle de Leakey (1996) pour qui « l’agroforesterie devrait être considérée
comme un système de gestion des ressources naturelles, dynamique et basé sur l’écologie, qui
diversifie et maintient la production des petits planteurs à travers l’intégration des arbres dans
l’exploitation agricole dans le but d’améliorer les bénéfices économiques, sociaux et
environnementaux ». Cette définition suggère cependant que tout système agroforestier est
nécessairement écologique et durable, ce qui n’est pas forcément le cas.


Ϯ
Ces auteurs définissent l’agroforesterie comme « un système de gestion durable de la terre qui augmente la production
totale, associe des cultures agricoles, des arbres, des plantes forestières et / ou des animaux simultanément ou en
séquence et met en œuvre des pratiques de gestion qui sont compatibles avec la culture des populations locales ».
ϵ

Problématique

Pour pallier ce pré-supposé, Torquebiau (2000) propose une définition qui rapproche
l’agroforesterie du reste de l’agriculture en la considérant comme une forme de production
comparable à celles que compte l’activité agricole en général : « l’agroforesterie est la mise en
culture d’une parcelle avec une association, simultanée ou séquentielle d’arbres, de cultures
annuelles ou de productions animales pour obtenir des biens et des services utiles à l’homme ».

Parmi les nombreux systèmes agroforestiers identifiés dans le monde (cultures sous couvert
arboré, systèmes en disposition linéaire, techniques agroforestières séquentielles, etc.), les
agroforêts, ou systèmes agroforestiers complexes (Michon et de Foresta, 1999), qui appartiennent
à la catégorie des associations simultanées d’arbres, occupent une place privilégiée en raison
notamment de leurs atouts écologiques en termes de biodiversité, protection du sol et recyclage
des nutriments (Torquebiau, 2007).

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Les systèmes agroforestiers complexes sont à l’origine de la définition de l’agroforesterie


proposée par le laboratoire de botanique tropicale de Montpellier, à savoir un « système de gestion
des ressources, contrôlé par la population locale où des arbres sont associés à l’activité agricole
ou d’élevage sur une même parcelle de façon à ce que l’écosystème résultant ressemble à celui
d’une forêt naturelle en termes de richesse spécifique, de structure végétale et de biomasse
aérienne et racinaire ». Les agroforêts sont ainsi généralement caractérisées par un peuplement
dominant, principale source de revenu ou d’utilisation (hévéa, caféier, cacaoyer, etc.), tout en étant
constituées de nombreux autres composants (arbres, lianes, arbustes), tant en espèces qu’en
fréquence, organisés en plusieurs strates (Michon et de Foresta, 1997).

Ces systèmes sont généralement continus dans le temps et peuvent être confondus avec la forêt
secondaire car certaines plantes spontanées sont préservées par les agriculteurs et poussent en
association avec la composante principale, soit parce qu’elles participent à la production (fruitiers
locaux, espèces médicinales, bois d’œuvre, etc.), soit parce qu’elles ne génèrent aucune baisse de
productivité des autres espèces en association, soit enfin, parce qu’elles jouent un rôle
d’économiseur d’intrants ou d’entretien (Penot, 2001). Les agroforêts sont donc conservatrices
d’un certain niveau de biodiversité, pouvant aller jusqu’à un niveau proche de celui de la forêt
secondaire selon les systèmes (Michon et al., 1995). Cette biodiversité peut être
« économiquement utile » lorsqu’elle produit des sources de revenus. Elle peut être
« écologiquement utile » quand elle a une fonction de protection de l’environnement et est
génératrice de durabilité. La biodiversité « restante » n’a pas de fonction particulière et demeure
en place tant qu’elle ne gêne pas les deux précédentes.

Au contraire des systèmes de culture intensifs privilégiant la culture d’une seule espèce, les
systèmes agroforestiers complexes mettent en pratique des principes écologiques basés sur la
biodiversité, les interactions entre les espèces, qu’elles soient positives, négatives ou neutres, et
d’autres mécanismes naturels de régulation. Les avantages de ces systèmes complexes sont
multiples et de nombreux travaux de recherche récents les mettent en avant (Malézieux et al.,
2009). Ces systèmes permettent en particulier une productivité globale plus élevée par unité de
surface, un meilleur contrôle de la pression parasitaire, des services écologiques accrus
(conservation de la biodiversité, maintien de la fertilité des sols, séquestration du carbone, etc.) et
une meilleure rentabilité économique.
ϭϬ

Problématique

Une partie significative de l’agriculture tropicale repose sur ces systèmes agroforestiers complexes
qui contribuent à l’alimentation et au revenu de millions de familles rurales. Dans le contexte
actuel de crise alimentaire et de changement climatique, la communauté scientifique internationale
porte un intérêt croissant aux systèmes agroforestiers complexes tropicaux qui apparaissent
comme une alternative crédible pour atteindre les objectifs du millénaire en matière d’éradication
de la faim et de lutte contre la pauvreté dans le monde (Garrity, 2004).

Si les systèmes agroforestiers complexes peuvent servir de modèles pour la mise au point de
nouveaux systèmes de culture, ils apparaissent cependant, de par leurs caractéristiques, beaucoup
plus difficiles à appréhender et à conduire que les systèmes monospécifiques (Vandermeer, 1989 ;
Vandermeer et al., 1998). L’évaluation des systèmes agroforestiers complexes pose en particulier
problème. D’une part, ils doivent être étudiés sur le long terme pour appréhender les différents
aspects de leur durabilité (agronomique, écologique, sociale, économique). D’autre part, les
interactions qui s’exercent au sein de ces systèmes pour le partage des ressources entre les espèces
associées et entre les individus d’une même espèce, s’exercent à la fois dans le milieu aérien (bilan
radiatif et encombrement de l’espace) et souterrain (eau, nutriments et encombrement de l’espace)
(Nair, 1993 ; Rao et al., 1998 ; Huxley, 1999). Ces interactions sont donc multiples et par
conséquent difficilement quantifiables.

Parmi les systèmes agroforestiers complexes, ceux à base de cacaoyer présentent un intérêt
particulier. Les caractéristiques morphologiques du cacaoyer permettent en effet de le gérer sur le
long terme. De plus, le cacaoyer est une plante d’ombre typique en raison de ses origines et des
caractéristiques physiologiques de son appareil photosynthétique (Alvim, 1977). Paradoxalement,
dans une bonne partie des pays producteurs de cacao, comme en Côte d’Ivoire, la cacaoculture
repose sur un modèle technique peu durable où le cacaoyer est conduit sans ombrage, au détriment
des zones forestières (Dixon et al., 2001).

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Sur le plan morphologique, le cacaoyer adulte peut atteindre 25 mètres lorsqu’il pousse à l’état
sauvage en forêt mais les interventions culturales des agriculteurs limitent en général sa croissance
à une hauteur moyenne de cinq à sept mètres (Braudeau, 1969). La partie aérienne du cacaoyer se
constitue à partir du tronc qui se développe d’abord en un axe vertical (orthotropie) dont la
croissance en hauteur s’effectue par poussées successives jusqu’à l’âge de 18 mois environ. La
croissance du tronc est alors interrompue en raison de la dégénérescence du bourgeon terminal
sous lequel apparaissent simultanément les premières ramifications, sous forme d’un verticille de
cinq rameaux, à développement sub-horizontal (plagiotropie). Ces rameaux deviendront les
branches charpentières de la frondaison qui constitueront, avec les ramifications secondaires
auxquelles elles donneront naissance, la couronne du cacaoyer. La croissance des branches de la
couronne, indéfinie et discontinue, se fait par des poussées foliaires successives (« flushes »), en
général au nombre de quatre à cinq par an, séparées par des périodes de dormance des bourgeons
terminaux. Au moment de l’apparition de la couronne, le tronc atteint une hauteur moyenne de 1,5
mètre, souvent considérée comme définitive.

ϭϭ

Problématique

Cette hauteur peut cependant varier selon les individus, les conditions de culture et
d’environnement. Dans une ambiance très ombragée, le jeune cacaoyer aura en effet tendance à
filer et sa couronne sera plus haute ; ce sera l’inverse dans un environnement ensoleillé (Burle,
1961).

Par ailleurs, d’autres bourgeons axillaires, situés à l’aisselle d’une feuille ou d’une cicatrice
foliaire, ou sous les branches de la couronne, peuvent, si l’agriculteur les maintient, se développer
et donner naissance à des rejets orthotropes qui se comporteront exactement comme le tronc
initial. Le maintien du rejet le plus vigoureux, après élimination des autres, permet au tronc de
croître d’une hauteur équivalente et de former une deuxième couronne. Lorsque cette dernière est
bien développée, la première couronne disparaît progressivement ou est éliminée par l’agriculteur :
plusieurs étages peuvent ainsi se superposer successivement au tronc initial. Des rejets orthotropes
peuvent aussi se développer à la base du tronc, certains d’entre eux émettant parfois des racines
s’ils sont conservés par l’agriculteur. Cette capacité du cacaoyer à émettre des rejets orthotropes à
la base du tronc offre donc à l’agriculteur une grande souplesse pour le tailler et le conduire de
multiples façons notamment pour le rajeunir. Quand le cacaoyer commence à décliner et que sa
productivité diminue fortement, il est ainsi toujours possible de procéder à sa régénération en le
recépant pour laisser se développer un ou plusieurs rejets de substitution qui permettront de
renouveller le tronc et la couronne d’origine et débuter un nouveau cycle de production (figure 1).

Figure 1 : Exemple d’évolution architecturale d’un cacaoyer au cours du temps.

Couronne dégradée
Verticille de Couronne
2 à 5 rameaux
Bourgeon
terminal Tiges orthotropes
d’âge différent

Axe
vertical

1 : Croissance 2 : Croissance 3 : Croissance 4 : Sénescence 5 : Régénération du cacaoyer


orthotrope plagiotrope générale du du cacaoyer
5.A. : Conduite 5.B. : Recépage
(formation de la cacaoyer
multicaule du du cacaoyer et
couronne) (orthotrope et
cacaoyer en vue développement
plagiotrope)
du remplacement du tronc de
du tronc d’origine substitution

Par ailleurs, la capacité du cacaoyer à se développer dans un environnement ombragé permet de


replanter, au sein des peuplements déjà installés, de jeunes plants dont la croissance sera possible y
compris si les conditions d’ombrage ne permettent qu’un éclairement relatif inférieur à 10 %
(Burle, 1961).

ϭϮ

Problématique

Outre la longueur du cycle biologique du cacaoyer qui peut aller jusqu’à 80 ans, voire davantage
(Montgomery, 1981), les caractéristiques morphologiques et physiologiques de cette espèce
offrent donc à l’agriculteur la possibilité de gérer un peuplement cacaoyer sur le long terme, soit
en recépant un cacaoyer sénescent pour renouveller son tronc d’origine (nous parlerons dans ce
cas de régénération) ; soit en remplacant une ancienne souche par un cacaoyer plus jeune (nous
parlerons alors de redensification)3 (annexes : planche photos 2).

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Le cacaoyer étant originaire de la grande forêt équatoriale sud-américaine où il se rencontre à


l’état naturel, les conditions optimales de son développement sont obtenues dans les régions
humides comprises entre les 10ème parallèles Nord et Sud (Braudeau, 1969).

Le cacaoyer exige une pluviométrie moyenne annuelle comprise entre 1 500 et 2 500 mm de
pluies. Dans les sols riches et profonds, il peut cependant végéter correctement avec seulement
1 100 à 1 200 mm. A l’inverse, le cacaoyer peut pousser dans des régions où la pluviométrie
annuelle atteint cinq mètres. La répartition des pluies et la durée de la saison sèche sont également
deux facteurs à considérer. Une répartition uniforme des pluies est souhaitable et la saison sèche
ne doit pas dépasser deux à trois mois, une durée plus longue conduisant la plante, dans des
terrains moyennement fertiles, à souffrir considérablement. Il est également préférable que durant
ces trois mois de saison sèche maximum, la pluviométrie soit supérieure à 70 mm car des déficits
hydriques trop prononcés peuvent provoquer, en condition de culture pure, une défoliation totale
des cacaoyers pouvant entraîner leur mort, ou affecter fortement l’établissement des jeunes
cacaoyers : mortalités et retard de développement (Burle, 1961 ; Braudeau, 1969).

Le cacaoyer supporte des températures maximales moyennes comprises entre 30° C et 32° C et
des températures minimales moyennes comprises entre 18 et 21° C. Idéalement, la température
moyenne annuelle optimum se situe aux environs de 25 ° C et ne doit pas être inférieure à 21°C, la
moyenne des minimas quotidiens devant être supérieure à 15°C (Burle, 1961 ; Braudeau, 1969).

Le cacaoyer peut se développer sur des sols d’origines très diverses qui doivent cependant remplir
un certain nombre de conditions physiques et chimiques bien définies. Le système racinaire du
cacaoyer est en effet composé d’un pivot, simple ou multiple, qui s’enfonce profondément dans le
sol et peut atteindre plus de deux mètres, et d’un grand nombre de racines traçantes se ramifiant de
tous côtés et se développant dans la couche supérieure humifère du sol où elles puisent à la fois les
éléments minéraux et l’eau nécessaires à la vie de la plante. « Il en résulte que le cacaoyer requiert
des sols profonds (minimum 1,5 m), bien drainants (non hydromorphes), de préférence à texture
sablo-argileuse, proche de la neutralité (pH compris entre 5 et 8, de préférence entre 6 et 7,5), à
l’horizon superficiel riche en matière organique (3 % au minimum) et assez bien pourvu en
éléments minéraux, même si ce dernier facteur peut être corrigé par des apports en éléments
minéraux » (Hanak Freud et al., 2000).


ϯ
 La réhabilitation d’une ancienne cacaoyère peut être ainsi réalisée en régénérant les cacaoyers âgés par recépage et en
redensifiant le peuplement cacaoyer en remplacant les arbres manquants.
ϭϯ

Problématique

Lorsque les exigences pédoclimatiques du cacaoyer sont satisfaites et que celui-ci est cultivé dans
un environnement similaire à son milieu d’origine, il est communément admis que sa productivité
demeure faible (Burle, 1961). En effet, si le cacaoyer possède la capacité de se développer dans un
environnement ombragé, il s’avère que sa production potentielle est limitée, en dehors de tout
autre facteur limitant, lorsque l’éclairement reçu est inférieur à 1 800 heures par an (Asomaning et
al., 1971 ; Gerritsma et Wessel, 1996). Ainsi, pendant les premiers stades de son développement,
le jeune cacaoyer a « besoin pour une croissance optimum d’un ombrage relativement dense ne
laissant passer que 25 à 50 % de la lumière totale ». Ensuite, lorsque « l’auto-ombrage intervient
en diminuant l’intensité lumineuse moyenne reçue par unité de surface foliaire sur l’ensemble de
l’arbre, l’ombrage doit être progressivement diminué pour laisser passer 70 % de la lumière »,
voire davantage (Braudeau, 1969).

De nombreux travaux de recherche ont établi que « l’ombrage constitue un frein à la production et
que le rendement maximum d’un cacaoyer adulte ne peut être obtenu qu’avec une exposition
totale à la lumière » (Braudeau, 1969), à plus forte raison s’il s’agit de matériel végétal
sélectionné à haut rendement (Ahenkorah et Akrofi, 1968 ; Besse, 1972 ; Ahenkorah et al., 1974).
En fait, les interactions entre les nombreux facteurs écologiques qui interviennent dans la culture
du cacaoyer sont complexes et il est difficile de dissocier l’influence de chacun d’eux de celle de
l’ensemble des éléments qui constituent l’environnement (Burle, 1961 ; Braudeau, 1969).

Pour obtenir des rendements en cacao marchand supérieurs à ceux que le cacaoyer est capable de
fournir lorsqu’il est placé sous un ombrage dense, il est généralement recommandé de le cultiver
en culture pure ou sous un ombrage léger (Enriquez, 1985 ; Wood et Lass, 1985 ; Willson, 1999).

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Ainsi, dans une bonne partie des pays producteurs de cacao, les agriculteurs optent souvent pour le
modèle technique recommandé par la recherche agronomique.

Or, lorsque que le cacaoyer est cultivé sans ombrage, sa productivité optimum ne peut être obtenue
« que dans la mesure où tous les autres facteurs d’environnement sont favorables » : disponibilités
en éléments minéraux en quantité suffisante, apport régulier d’engrais, pluviométrie suffisante et
bien répartie, protection phytosanitaire contre les mirides (Braudeau, 1969). Faute de quoi,
l’absence d’ombrage manifeste au contraire un effet dépressif sur les rendements qui sont
satisfaisants à court terme mais baissent fortement ensuite (Ahenkorah et al., 1974 ; Jadin, 1992).

En l’absence de fertilisation minérale, ce qui est fréquemment le cas des cacaoyères familiales, le
rendement des cacaoyères installées après une défriche forestière est ainsi élevé au cours des
premières années d’exploitation des cacaoyères mais après 20 à 30 années d’exploitation, voire
moins, il s’effondre (Petithuguenin, 1995 ; Lachenaud, 2005) (figure 2).

ϭϰ

Problématique

Figure 2 : Evolution du rendement d’une cacaoyère conduite sans ombrage.

Source : Lachenaud, 2005

Les cacaoyères âgées doivent alors être réhabilitées en raison de l’épuisement de la fertilité du sol
et du déclin biologique des cacaoyers qui entraînent une baisse de leur productivité et de fortes
mortalités (Laryea, 1971). Le surcoût en travail et en intrants qu’impliquent les opérations de
redensification des cacaoyères et de régénération des cacaoyers limite cependant leur intérêt par
rapport à l’installation d’une nouvelle cacaoyère sur défriche forestière (Trivedi, 1992). Cette
dernière offre par ailleurs aux agriculteurs un intérêt agronomique supérieur à la réhabilitation des
anciennes cacaoyères : meilleure fertilité du sol, pression parasitaire et enherbement réduits (Ruf,
1995). Face à de tels avantages, les anciennes cacaoyères sont donc le plus souvent abandonnées
par les agriculteurs qui migrent vers de nouveaux fronts pionniers. Les cacaoyers peuvent
également être remplacés par d’autres espèces pérennes, comme l’hévéa et le palmier à huile
(Harwich, 1992 ; Ruf, 1995).

On comprend mieux dès lors pourquoi la cacaoculture a été qualifiée de « culture pérenne
itinérante » dès le début du XXème siècle par Knapp (1920) : les nouvelles zones de production de
cacao installées sur des fronts pionniers forestiers permettent aux producteurs de cacao de
bénéficier d’une « rente forestière » (Ruf, 1987), similaire à une rente minière, offrant des coûts de
production très bas (MacLeod, 1973 ; Harwich, 1992 ; Touzard, 1993 ; Ruf, 1995).

Le vieillissement des cacaoyères et l’ouverture de nouveaux fronts pionniers constituent ainsi les
principaux facteurs des cycles du prix, de l’offre et de la demande de cacao sur le marché
mondial : la meilleure productivité des nouvelles cacaoyères créées après une défriche forestière
provoque une surproduction mondiale de cacao et par conséquent une chute des cours mondiaux.
Quelques années plus tard, la baisse des rendements des mêmes cacaoyères entraîne une baisse de
la production mondiale et une remontée des cours mondiaux qui favorisent l’ouverture de
nouveaux fronts pionnier (Ruf, 1995).

ϭϱ

Problématique

Face à la dégradation des conditions de production dans les cacaoyères âgées, le développement de
la cacaoculture mondiale, et plus particulièrement africaine, est ainsi en bonne partie basé sur le
déplacement des zones de culture au détriment des zones forestières qui ont aujourd’hui
pratiquement disparu dans certains pays. En Côte d’Ivoire, la surface forestière est ainsi passée de
13 à 3 millions d’hectares entre 1960 et 1990 du fait de l’expansion du verger cacaoyer (Hanak
Freud et al., 2000). Il en est de même au Ghana où l’on estime que 80 % des zones forestières ont
disparu depuis l’introduction du cacaoyer dans ce pays (Cleaver, 1992).

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Pays producteur de cacao depuis le début du XXème siècle, le Cameroun occupe aujourd’hui le
cinquième rang mondial avec 210 000 tonnes de cacao exportées en 2008-2009 (Anon, 2010). La
production nationale de cacao est principalement issue de deux bassins de production : le Sud-
Ouest et le Centre-Sud (figure 3). Les dynamiques différentes que connaissent ces deux bassins de
production suggèrent que l’évolution de la cacaoculture camerounaise n’échappe pas à l’allure
cyclique des dynamiques cacaoyères précédemment évoquées. Mais dans le même temps,
contrairement à ce qui est observé dans les principaux pays producteurs de cacao, comme la Côte
d’Ivoire, la cacaoculture camerounaise repose quant à elle en grande partie sur des systèmes
agroforestiers anciens.

Figure 3 : Localisation des deux principaux bassins de production du cacao du Cameroun.

NORD

Mbam et Inoubou
Mbam et Kim

Sud-Ouest

Lékié

Nyong et So’o

Centre-Sud




ϭϲ

Problématique

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L’évolution comparée des productions de cacao des deux bassins de production du pays de 1960 à
19894 illustre le contraste qui existe entre le Sud-Ouest et le Centre-Sud (figure 4). Au cours de
cette période, les tonnages produits au Sud-Ouest augmentent en effet régulièrement de 7 % par an
et passent de 17 000 à 52 000 tonnes alors que les tonnages produits au Centre-Sud demeurent
relativement stables et oscillent entre 60 000 et 80 000 tonnes par an. En conséquence, en 30 ans,
la contribution du Sud-Ouest à la production nationale passe de 22 % à 42 % tandis que celle du
Centre-Sud régresse, passant de 78 % à 58 %.

En termes de structuration, le verger cacaoyer du Sud-Ouest est relativement jeune en raison de


l’ouverture de fronts pionniers et seules 20 % des cacaoyères ont plus de 30 ans (Losch et al.,
1991). Par ailleurs, des observations indiqueraient que les agriculteurs conduisent leurs cacaoyères
avec un ombrage permanent léger limité à la présence d’arbres fruitiers. Les itinéraires techniques
seraient intensifs, les agriculteurs réalisant les travaux de désherbage et de taille avec assiduité et
utilisant presque systématiquement des produits fongicides et insecticides (Losch et al., 1991). Les
rendements en cacao marchand seraient compris entre 900 kg et 1 200 kg ha-1 en conduite
intensive du verger et de l’ordre de 600 kg ha-1 en conduite semi-intensive (Varlet et Berry, 1997).

Au contraire du Sud-Ouest, la structuration par âge du verger cacaoyer du Centre-Sud confirmerait


son vieillissement, déjà signalé au début des années 1960 (Champaud, 1966) : 40 % des
cacaoyères ayant été plantées avant 1950 (Anon, 2001). Dans le département du Mbam et Kim où
un front pionnier est apparu dans les années 1980, les cacaoyères seraient toutefois plus récentes
(Varlet et Berry, 1997).

Figure 4 : Evolution de la production de cacao du Cameroun par bassin de production


de 1960 à 1989.


Source : Varlet, 2000


ϰ
Depuis les années 1990, l’arrêt de la diffusion de statistiques régionalisées, consécutif au processus de libéralisation de
la filière cacao, ne permet plus de disposer de données susceptibles de confirmer cette évolution.

ϭϳ

Problématique

Les cacaoyères du Centre-Sud seraient généralement menées sous un ombrage important constitué
d’arbres forestiers et d’arbres fruitiers. Globalement, les itinéraires techniques seraient extensifs,
caractérisés par des désherbages réduits, une absence de taille et de réglage de l’ombrage (Losch et
al., 1991). L’utilisation des fongicides serait faible et la lutte contre les mirides rarement mise en
œuvre sauf dans les départements de la Lékié et du Mbam et Kim où certains agriculteurs,
regroupés au sein d’organisations de producteurs, réaliseraient une protection phytosanitaire semi-
intensive de leurs cacaoyères. Les rendements en cacao marchand du Centre-Sud seraient donc
moins élevés qu’au Sud-Ouest : entre 100 et 250 kg ha-1 dans le Nyong et So’o, et entre 250 et 500
kg ha-1 dans la Lékié et le Mbam et Kim (Varlet et Berry, 1997). La faiblesse globale de ces
rendements serait attribuée à la sénescence des vergers cacaoyers qui ne serait pas compensée par
la création, localement, de nouvelles cacaoyères et par la régénération des plantations âgées.

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Le dynamisme du bassin de production du Sud-Ouest par rapport à celui du Centre-Sud,


confirmerait donc la théorie selon laquelle, face à la dégradation des conditions de production dans
les vergers cacaoyers âgés, le développement de la cacaoculture camerounaise serait
principalement basé sur leur abandon et l’installation d’autres parcelles après une défriche
forestière par l’ouverture de nouveaux fronts pionniers. La principale conséquence de
l’essoufflement de la dynamique cacaoyère au Centre-Sud du Cameroun serait alors une remise en
cause de la pérennité des exploitations agricoles en raison des performances agro-économiques de
plus en plus faibles des systèmes de culture anciens à base de cacaoyer.

D’autres observations réalisées par d’autres scientifiques révèleraient cependant une évolution
différente.

Tout d’abord, la plupart des cacaoyères anciennes du Centre-Sud seraient toujours exploitées et
demeureraient le socle de nombreuses exploitations où la cacaoculture représente 60 % de
l’assolement (Weber, 1977 ; Santoir, 1992). Il en serait de même en ce qui concerne le revenu des
ménages : une enquête réalisée en 1954 montre que 70 % des recettes monétaires des agriculteurs
proviennent de la vente du cacao (Binet, 1956). Trente ans plus tard, la vente de cacao représente
encore 50 à 75 % du budget de plus de 90 % des ménages (Leplaideur, 1985). Cela tendrait donc à
démontrer que le vieillissement et le déclin des vergers cacaoyers n’est pas un processus
inéluctable, en particulier en l’absence de réserves forestières (cas de la Lékié) ou de front
pionnier forestier (cas du Nyong et So’o). De 1960 à 1989, la production du Centre-Sud est en
effet demeurée stable (figure 4) et dans la Lékié, où la pression foncière est forte, la production
annuelle de cacao marchand se maintient autour de 20 000 tonnes (Losch et al., 1992). Ensuite,
des pratiques de redensification des cacaoyères âgées, que l’on pensait inexistantes, sont
mentionnées par Santoir (1992) et par Janin (1999) mais sans être quantifiées. Enfin, plus
surprenant, la cacaoculture gagnerait des zones a priori moins favorables à son développement
d’un point de vue pédoclimatique, comme la zone de transition forêt-savane, située au nord du
Centre-Sud (Mbam et Inoubou), où une partie du verger cacaoyer est établi sur savane, zone
considérée comme sub-optimale pour la cacaoculture (Champaud, 1966).

ϭϴ

Problématique

Encadré 1 : Synthèse des principales hypothèses relatives à chaque chapitre/question de


recherche.

1 : Les systèmes agroforestiers à base de cacaoyer mis au point par les agriculteurs constituent des
systèmes durables aux plans agro-écologique et socio-économique.

Les cacaoyères agroforestières sont anciennes et leur conduite technique permet aux agriculteurs de
maintenir sur un pas de temps long une production de cacao marchand, peut-être peu élevée, mais stable,
sans apport d’engrais. La conduite de ces systèmes se traduit notamment par un agencement spatio-temporel
de plusieurs espèces forestières et fruitières associées à plusieurs générations de cacaoyers et par des
pratiques de réhabilitation continue des cacaoyères qui permettent aux exploitations de se maintenir et de se
reproduire et ce, quel que soit le contexte pédo-climatique.

2 : Les systèmes agroforestiers mis au point par les agriculteurs permettent la culture durable du
cacaoyer dans des zones sub-optimales pour la cacaoculture.

Dans la zone de transition forêt-savane située au nord du Centre-Sud du Cameroun, la combinaison et la


gestion avec les cacaoyers d’espèces forestières et fruitières permettent aux agriculteurs de contourner les
différentes contraintes, d’ordre pédo-climatiques ou autre, auxquelles ils sont confrontés pour mettre en
place, sur savane, des peuplements cacaoyers performants en termes de production de cacao marchand.

3 : Les systèmes agroforestiers à base de cacaoyer sont des systèmes plurifonctionnels dont le
peuplement cacaoyer est la composante principale en termes de valeur d’usage.

La combinaison avec les cacaoyers d’un grand nombre d’espèces forestières et fruitières répond en grande
partie aux différents besoins des ménages agricoles. La valeur d’usage que les agriculteurs attribuent à ces
différentes espèces varie toutefois selon les zones et les espèces, le cacaoyer étant l’espèce dont la valeur
d’usage est la plus élevée.

4 : La performance du peuplement cacaoyer dans un système agroforestier, en termes de cacao


marchand, est étroitement liée à la structure du peuplement cacaoyer et à celle des peuplements
associés.

L’étude de la structure des cacaoyères agroforestières permet, à partir de l’analyse des composantes du
rendement du cacaoyer, d’identifier les pratiques culturales responsables des variations de rendement
observées à l’échelle du bassin de production. De part le caractère pérenne des espèces en association,
certaines modalités d’implantation des peuplements cacaoyers et des peuplements associés et certaines
pratiques culturales en phase adulte aboutissent à des structures de cacaoyères différentes qui peuvent
déterminer des limites de production. Ces différentes structures sont également liées à des déterminants
agro-écologiques.

5 : La structure des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer, liée au caractère pérenne des
cacaoyers et des espèces en association, est flexible.

La flexibilité des cacaoyères agroforestières peut se traduire par des trajectoires d’états structuraux liés à des
variations des modes de conduite et d’exploitation dans le temps. Ces variations peuvent correspondre aux
changements d’objectifs de l’agriculteur au cours de sa vie, au transfert des cacaoyères d’une génération à
l’autre étant donné les pas de temps concernés, ou aux adaptations à des changements de contexte.

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Problématique

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L’existence, au Centre-Sud du Cameroun, de cacaoyères agroforestières anciennes et toujours


actives nous incite à penser qu’un modèle de cacaoculture, différent du modèle technique
recommandé par la recherche agronomique, existe. Mis au point par les agriculteurs selon des
logiques différentes de celles des scientifiques, ce modèle a été cependant peu étudié en raison de
la faiblesse de ses rendements en cacao marchand.

La cacaoculture du Centre-Sud du Cameroun reposerait sur un système agroforestier complexe, tel


que défini par Torquebiau (2000)5, qui va à l’encontre du modèle technique mis au point par la
recherche agronomique. En effet, d’après Duguma et al. (2001), après une défriche forestière
partielle où ils préservent de nombreux arbres forestiers pour leur valeur économique et pour
assurer un ombrage léger aux jeunes cacaoyers, les agriculteurs introduisent dans le système
d’autres espèces pérennes qui se développent ensuite en association avec le cacaoyer et les arbres
forestiers conservés à l’origine. Le cacaoyer constituerait de ce fait, à l’instar d’autres systèmes
agroforestiers, une plante dans un peuplement aux interactions et aux rôles multiples (Kumar et
Nair, 2004 ; Bidzanga, 2005).

Le décalage qui existe entre la cacaoculture telle qu’elle est habituellement décrite et ce qui est
observé par certains au Centre-Sud du Cameroun nous amène à nous interroger sur le
fonctionnement et les conditions du maintien sur le temps long du système agroforestier à base de
cacaoyer mis au point par les agriculteurs de cette région. Par ailleurs, la faiblesse des rendements
en cacao marchand des cacaoyères agroforestières anciennes du Centre-Sud du Cameroun suggère
qu’il existe une marge de progression importante.

Notre objectif est donc de mieux comprendre le fonctionnement des systèmes agroforestiers à base
de cacaoyer anciens observés au Centre-Sud du Cameroun, leurs évolutions et leurs déterminants,
ainsi que les conditions de leur production en cacao marchand.

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Notre thèse a pour objet d’étude les systèmes de culture agroforestiers à base de cacaoyer du
Centre-Sud Cameroun et leur trajectoire de conduite technique dans le temps. Elle est centrée sur
le fonctionnement agronomique, la gestion et la dynamique au cours du temps de ces systèmes
plurispécifiques à base de plantes pérennes, dont le cacaoyer est la composante principale.

Notre travail s’articule autour de cinq questions de recherche qui le structurent.

Les hypothèses testées dans chacune des parties sont synthétisées dans l’encadré 1.

ϱ
 Pour cet auteur, les agroforêts « concernent les associations agroforestières dans lesquelles les arbres constituent un
ensemble dense, multi-étagé, souvent diversifié, associé à des cultures de sous-bois et souvent à de l’élevage. »


Problématique

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Il est communément admis qu’en l’absence de fertilisation minérale un peuplement cacaoyer


conduit sans ombrage doit être réhabilité après 20 à 30 ans d’exploitation en raison du déclin
biologique des cacaoyers et de l’épuisement de la fertilité du sol (Jolly, 1955 ; Lanfranchi, 1971 ;
Montgomery, 1981), témoignant ainsi de l’absence de durabilité du modèle technique proposé aux
agriculteurs. Dans le même temps, peu d’informations sont disponibles sur la durabilité des
peuplements cacaoyers au sein des systèmes agroforestiers qui ont été peu étudiés en raison de la
faiblesse de leurs rendements en cacao marchand. La plupart des analyses récentes sur les
systèmes agroforestiers à base de cacaoyer portent majoritairement sur l’impact environnemental
de ces systèmes complexes, en termes de conservation de la biodiversité, de maintien de la fertilité
des sols et de séquestration du carbone (Rice et Greenberg, 2000 ; Schroth et Harvey, 2007 ;
Dawoe et al., 2010 ; Anglaare et al., 2010 ; Gockowski et Sonwa, 2010). Dans le cas des systèmes
agroforestiers à base de cacaoyer du Centre-Sud du Cameroun, il s’agit le plus souvent de travaux
descriptifs portant sur le degré d’agrobiodiversité de ces systèmes à travers des inventaires des
espèces associées aux cacaoyers et de leurs usages (Zapfack et al., 2002 ; Sonwa et al., 2007), sur
la fertilité des sols (Snoeck et al., 2010) ou sur le lien entre la structure de ces systèmes et leur
niveau d’intensification (Bisseleua et Vidal, 2008). De plus, malgré tout leur intérêt, ces analyses
ne distinguent pas le peuplement cacaoyer des autres composantes de ces systèmes. Ces éléments
nous amènent à poser la question de recherche suivante :

Les systèmes agroforestiers à base de cacaoyer mis au point par les agriculteurs du Centre-
Sud du Cameroun constituent-ils des systèmes durables aux plans agro-écologique et socio-
économique ?

Pour répondre à cette question, nous répondrons aux sous-questions suivantes :

• Les anciennes cacaoyères agroforestières sont-elles vraiment toujours gérées et


exploitées ?
• Comment se caractérisent-elles ? Quel est le niveau d’utilisation en intrants des
agriculteurs ?
• Quel est le niveau de biodiversité de ces anciennes cacaoyères agroforestières ?
• Quelle est la place de ces cacaoyères agroforestières dans l’assolement des exploitations et
dans le revenu des agriculteurs ?
• Quelles sont les pratiques qui permettent aux agriculteurs de maintenir sur un pas de temps
long une production de cacao marchand et à quel niveau ?

Ce travail fait l’objet du premier chapitre et correspond à un article publié dans la revue
Agroforestry Systems intitulé : « Long-term dynamics of cocoa agroforests: a case study in central
Cameroon ».



Problématique

ͶǤʹǤʹǤ ǯ‡š–‡•‹‘ †‡• •›•–°‡• ƒ‰”‘ˆ‘”‡•–‹‡”•  „ƒ•‡ †‡ ƒ ƒ‘›‡” ƒ—š


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Il est communément admis que les zones de savane ne conviennent pas à la cacaoculture en raison
des conditions écologiques et pédo-climatiques qui les caractérisent : rareté des terres forestières,
présence d’Imperata cylindrica, pluviométrie inférieure aux exigences du cacaoyer et inégalement
répartie, médiocre qualité des sols notamment en termes de matière organique (Braudeau, 1969 ;
Wood and Lass, 1985). C’est le cas de la zone de transition forêt-savane, située au nord du bassin
de production du Centre-Sud du Cameroun, qui est considérée par les agronomes comme sub-
optimale pour la cacaoculture (Champaud, 1966).

Pourtant, depuis plusieurs décennies, on assiste dans cette région à un développement de la


cacaoculture basé sur l’installation de cacaoyères sur des savanes à Imperata cylindrica à partir
d’un modèle agroforestier reconstitué. Cette dynamique constitue une innovation significative par
rapport au schéma classique de développement de la cacaoculture où les cacaoyères sont installées
après une défriche forestière. Elle demeure cependant peu documentée car les rares cas
d’afforestation volontaire des zones de savane qui ont été décrits au Togo (Guelly et al., 1993) en
Côte d’Ivoire (Blanc-Pamard et Peltre, 1984) et en Guinée (Fairhead et Leach, 1996) concernent
l’installation de systèmes agroforestiers à base de Coffea canephora variété Robusta, espèce qui,
contrairement au cacaoyer, peut s’adapter aux conditions pédoclimatiques de savane.

L’absence d’éléments sur le fonctionnement du système agroforestier à base de cacaoyer installé


sur savane au Centre-Sud du Cameroun nous amène à formuler la question de recherche suivante :

Quel est le modèle technique mis au point par les agriculteurs pour mettre en place des
peuplements cacaoyers dans un milieu écologique peu adapté ?

Pour y répondre, nous répondrons aux sous-questions suivantes :

• Quelles sont les modalités de contrôle d’Imperata cylindrica lors de la phase d’installation
des cacaoyères ?
• Comment sont gérés, au cours du temps, les peuplements cacaoyers et les différents
peuplements associés ?
• Quel est le rendement en cacao marchand des cacaoyères installées en savane et comment
évolue-t-il au cours du temps ?
• Comment évoluent le niveau d’agrobiodiversité des cacaoyères en savane et la fertilité
organique de leurs sols sur le temps long ?

Ce travail fait l’objet du second chapitre et correspond à un article soumis à la revue Agronomy for
Sustainable Development intitulé : « Afforestation of savannah with cocoa agroforestry systems: a
small-farm innovation in central Cameroon ».



Problématique

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Plusieurs travaux de recherche récents ont permis d’identifier les espèces présentes dans les
cacaoyères agroforestières du Centre-Sud du Cameroun (Zapfack et al., 2002 ; Sonwa et al., 2007).
Les usages des espèces les plus fréquemment rencontrées ont été également renseignés et
nombreuses sont les espèces qui, tout en fournissant un ombrage aux cacaoyers, procurent aux
agriculteurs une multitude de produits (fruits, bois, feuilles, écorces, etc.), commercialisés ou non,
qui interviennent dans l’autosuffisance et l’équilibre alimentaire des ménages, la pharmacopée, la
construction des habitations et la trésorerie des exploitations agricoles (Duguma et al. 2001;
Zapfack et al., 2002 ; Sonwa et al., 2007). Malgré leur intérêt, ces analyses ne permettent pas une
évaluation globale des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer et apportent peu d’informations
sur la place et le rôle de chacune des espèces présentes. Il est vrai que les systèmes agroforestiers
demeurent difficiles à évaluer en raison des problèmes méthodologiques que pose l’évaluation des
espèces qui les composent dont les usages, la nature des produits récoltés ou des services rendus,
et les cycles de développement sont différents (Nair, 1993 ; Huxley, 1999). Dans certains cas,
certaines espèces ont plusieurs usages, dont certains, d’ordre écologique notamment, sont
difficilement quantifiables et posent la question de l’unité commune à retenir (Huxley, 1999). Ces
éléments nous amènent à formuler la question de recherche suivante :

Quelle est la valeur d’usage accordée par les agriculteurs aux différentes espèces qui
constituent les systèmes agroforestiers à base de cacaoyer ?

Pour y répondre, nous poserons les sous-questions suivantes :

• Quels sont les usages des espèces présentes dans les systèmes agroforestiers à base de
cacaoyer ?
• Quelle est leur valeur d’usage ?
• Cette valeur d’usage des espèces varie-t-elle selon les zones ?
• Existe-t-il un lien entre la valeur d’usage des espèces et leur fréquence d’apparition dans
les systèmes agroforestiers à base de cacaoyer ? 

Ce travail fait l’objet du troisième chapitre et correspond à un article soumis à la revue
Biodiversity and Conservation intitulé : « Farmers’ assessment of the use of agrobiodiversity in
plurispecific systems. An application to cocoa agroforests in central Cameroon ».

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Il n’existe pas à notre connaissance de travaux de recherche portant sur le fonctionnement des
peuplements cacaoyers conduits spécifiquement dans des systèmes agroforestiers complexes. La
quasi-totalité des références techniques disponibles sur la culture du cacaoyer a en effet été établie
à partir de travaux conduits principalement dans des stations de recherche, dans les années 1950-
1980.



Problématique

Compte tenu du contexte de cette période, toutes ces références techniques visent à optimiser la
productivité des cacaoyers dans des systèmes peu diversifiés (Braudeau, 1969 ; Enriquez, 1985 ;
Wood et Lass, 1985 ; Willson, 1999). Il est par conséquent difficile d’identifier avec certitude les
facteurs susceptibles d’expliquer la faiblesse globale des rendements en cacao marchand des
systèmes agroforestiers à base de cacaoyer et de proposer aux agriculteurs des améliorations
techniques.

Dans le même temps, le fait que les conditions pédo-climatiques du Centre-Sud du Cameroun
correspondent globalement aux exigences écologiques du cacaoyer (Champaud, 1966) suggère que
la faiblesse globale des rendements en cacao marchand des systèmes agroforestiers à base de
cacaoyer pourrait être liée à la structure même du système (densité du peuplement cacaoyer et des
peuplements associés, types d’espèces associées, etc). Cette hypothèse nous amène à poser la
question de recherche suivante :

Le rendement en cacao marchand des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer est-il lié à
la structure de ces systèmes ?

Pour y répondre, nous répondrons aux sous-questions suivantes :

• Comment se caractérise la structure des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer ?


Comment évolue-t-elle dans le temps et existe-t-il des différences régionales ?
• Comment les variables de structure impactent-elles la productivité du cacaoyer dans un
système agroforestier ?
• Quelles sont les pratiques des agriculteurs à l’origine des variations de structures
observées ?

Ce travail fait l’objet du quatrième chapitre et fera l’objet d’un article intitulé « Agronomic
régional diagnosis of complex agroforestry systems. An application to cocoa agroforests
in central Cameroon » que nous soumettrons, après la thèse, à la revue Agronomy for
Sustainable Development.

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Après avoir identifié les variables de structure qui permettent aux agriculteurs d’obtenir les
meilleurs rendements en cacao marchand, il s’agit pour nous d’analyser les marges de manœuvre
techniques dont ils disposent pour faire évoluer leurs systèmes agroforestiers sans avoir à installer
de nouveaux peuplements cacaoyers. Certains travaux de recherche montrent que la capacité
d’adaptation des cacaoyers face à la diminution de la densité du peuplement, provoquée par la
mortalité naturelle des arbres, se traduit par un maintien du rendement en cacao marchand (Bastide
et al., 2008). D’autres travaux conduits en station de recherche font état d’un accroissement
significatif du rendement de peuplements cacaoyers après éclaircies (Lachenaud et Oliver, 1998).
Malgré leur intérêt, ces différentes études apportent peu d’informations sur l’évolution d’un
peuplement cacaoyer agroforestier en fonction de son histoire culturale et à notre connaissance, il
n’existe pas d’études sur la flexibilité de la structure des systèmes agroforestiers à base de
cacaoyer.



Problématique

Dans le même temps, des travaux de recherche conduits au Vanuatu ont permis de reconstituer la
dynamique temporelle de systèmes agroforestiers à base de cocotier à partir de l’étude de la
diversité des situations existantes, en termes de structure de végétation, et du passé cultural des
parcelles (Lamanda et al., 2004 ; Lamanda, 2005).

Ces différents éléments nous amènent à poser la question de recherche suivante :

La structure des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer est-elle flexible ?

Pour y répondre, nous formulerons les sous-questions suivantes :

• Quelles sont les évolutions des pratiques de conduite des cacaoyères agroforestières au
cours du temps ?
• Quels en sont les déterminants ?
• Quel est l’impact de ces évolutions de conduite sur l’évolution des états structuraux et sur
les structures actuelles des cacaoyères ?
• Les performances actuelles des cacaoyères agroforestières, en termes de rendement en
cacao marchand, sont-elles le résultat de trajectoires de structures et de conduites
différentes ?

Ce travail fait l’objet du cinquième chapitre et fera l’objet d’un article qui sera soumis, après la
thèse, à la revue Ecology and Society.














Méthodologie
Méthodologie

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Pour traiter les cinq hypothèses que nous avons formulées, nous proposons de travailler en deux
étapes successives et complémentaires.

La première étape visera à réaliser une analyse exploratoire des systèmes agroforestiers à base de
cacaoyer dans l’objectif de caractériser et de vérifier leur durabilité agro-écologique et socio-
économique (hypothèse 1) puis à analyser la conduite des cacaoyères agroforestières installées sur
savane (hypothèse 2). Cette première étape reposera sur des enquêtes d’agriculteurs à grande
échelle, conduites aux deux niveaux d’organisation de l’exploitation et de la cacaoyère
agroforestière. Les résultats de ces enquêtes seront complétés par des observations spécifiques
réalisées à l’échelle de la parcelle, dans des sous-échantillons de taille variable.

La seconde étape visera dans un premier temps à évaluer la place du cacaoyer dans les systèmes
agroforestiers en mobilisant une méthode d’évaluation de l’importance relative des espèces (Sheil
et al., 2004) (hypothèse 3). Dans un second temps, il s’agira d’évaluer la production des
peuplements cacaoyers en mobilisant la méthode du diagnostic agronomique régional (Doré et al.,
1997 ; 2008) (hypothèse 4). Enfin, dans un troisième temps, il s’agira d’identifier, à partir de
l’histoire culturale des cacaoyères, les principales trajectoires d’évolution des pratiques et des états
structuraux des cacaoyères. Nous analyserons ensuite l’impact de ces trajectoires sur la situation
culturale actuelle des cacaoyères et sur leur niveau de production (hypothèse 5). Cette seconde
étape sera, contrairement à la précédente, basée sur un échantillon restreint de cacaoyères
d’agriculteurs où seront réalisées des observations, et sur un échantillon réduit d’agriculteurs qui
feront l’objet d’enquêtes approfondies.

Les deux étapes de notre analyse des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer seront conduites
sur un dispositif régional mis en place dans trois zones de cacaoculture différenciables par leurs
conditions pédo-climatiques et leur contexte humain. Notre approche combinera deux échelles
d’analyse : l’exploitation agricole (analyse des pratiques à différents niveaux) et la parcelle
(caractérisation et évaluation du système de culture).

Nous adopterons une approche synchronique pour évaluer la place des systèmes agroforestiers à
base de cacaoyer dans l’assolement des exploitations et le revenu des agriculteurs, puis évaluer
globalement ces systèmes et la part relative du cacaoyer, et enfin analyser le fonctionnement de
leur composante biophysique à un temps t.

Nous adopterons une approche diachronique pour identifier d’une part, les évolutions des systèmes
agroforestiers à base de cacaoyer au cours du temps en présentant certains résultats par classes
d’âge des cacaoyères et d’autre part, les trajectoires d’évolution des pratiques et leurs déterminants
agro-écologiques et socio-économiques, en particulier à travers la construction de trajectoires de
conduite et d’états structuraux de cacaoyères.






Méthodologie

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Le bassin de production de cacao du Centre-Sud du Cameroun correspond au plateau sud-


camerounais, dont l’altitude oscille entre 650 et 900 m. Ce plateau est entaillé à l’ouest par la
Sanaga et le Nyong, les deux principaux fleuves du pays (Santoir et Bopda, 1995).

Le climat est caractérisé par un régime pluviométrique bimodal avec une petite saison des pluies
de mars à juin et une grande saison pluvieuse d’août à novembre. La zone forestière, située au sud
du parallèle 4°30, présente une accentuation des caractéristiques de la zone côtière comprise entre
le rivage et le bord du plateau sud-camerounais. La pluviosité y est moins forte : 1 500 mm pour
2 000 à 3 000 mm par an le long de la côte, et la saison sèche de décembre à février est mieux
marquée et plus longue (Champaud, 1966 ; Santoir et Bopda, 1995).

La pédologie est dominée par des sols ferrallitiques tropicaux, jaunes à l’ouest et rouges à l’est,
qui se dégradent rapidement en l’absence de couvert forestier. Ces types de sols sont caractérisés
par une faible teneur en matière organique et en limon, une teneur en argile variable (40 à 65 %) et
un pH acide (4,5 à 5,5) (Santoir, 1992). Un gradient pédo-climatique est observé du nord au sud.
Dans la zone de transition forêt-savane, les sols sont moins désaturés que ceux de la zone
forestière et la pluviométrie y est également plus faible : 1 300-1 400 mm contre 1 700-1 800 mm
(Santoir et Bopda, 1995). Ce gradient nord-sud transparaît également au niveau de la végétation
(Santoir, 1992). Au nord de la Sanaga (Mbam et Inoubou) la savane est la végétation dominante et
résulte le plus souvent de la transformation locale du couvert forestier par les défrichements. Le
paysage est une mosaïque de galeries forestières situées généralement le long des cours d’eau et
sur les crêtes des collines alors que les savanes herbeuses à Pennisetum purpureum et à Imperata
cylindrica occupent le reste du territoire. Par contre, la zone située entre la Sanaga et le Nyong
(Lékié), appartient au domaine de la forêt semi-caducifoliée de type « guineo-congolais », riche en
celtis et en sterculiacées. Actuellement, cette forêt subit un processus de dégradation accentué
sous l’effet des cultures qui se traduit par la présence de jachères broussailleuses, puis arbustives
et enfin arborescentes qui contribuent à la réapparition de zones de végétation forestière
différentes de la forêt primitive. Enfin, au sud de Yaoundé (Nyond et So’o), l’influence de la forêt
congolaise est fortement ressentie et la forêt semi-caducifoliée est étroitement mélangée à la forêt
humide, hémi-ombrophile.

A partir des exigences écologiques du cacaoyer et des principales caractéristiques climatiques du


Cameroun, Champaud (1966) a montré que la plus grande partie du Centre-Sud du Cameroun était
propice à la cacaoculture. L’isohyète de 70 mm de pluies pendant les trois mois de saison sèche
(décembre-janvier-février) marque la limite septentrionale de la zone favorable à la cacaoculture.
La zone de transition forêt-savane située au nord de la Sanaga est ainsi considérée comme sub-
optimale pour la culture du cacaoyer.

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De part le volume de sa production de cacao marchand (45 900 tonnes contre 20 000 tonnes pour
la région Sud) et l’étendue de son verger cacaoyer (239 100 ha contre 122 100 ha pour la région du
Sud) (recensement agricole de 1984), la région du Centre constitue la principale zone de
cacaoculture du bassin de production du Centre-Sud du Cameroun.



Méthodologie

Nos travaux de recherche ont été conduits sur un dispositif spécifique mis en place dans cette
région, en prenant en compte la diversité de milieux qui la caractérise (Santoir et Bopda, 1995).
Trois zones de cacaoculture, différenciables par leur densité de population6 et leurs conditions de
milieu ont été identifiées (figure 1). Du nord au sud de la région du Centre, notre dispositif global
comprend les zones de :

• Bokito (département du Mbam et Inoubou), zone péri-forestière où la densité de


population est de 29 hab./km2. Cette zone est caractérisée par une mosaïque de galeries
forestières et de savanes herbacée à Pennisetum purpureum et à Imperata cylindrica sur
des sols faiblement désaturés rajeunis ;
• Zima (département de la Lékié), zone forestière fortement anthropisée où la densité de
population est supérieure à 100 hab./km2. La végétation y est influencée par les
défrichements et les cultures arbustives et les sols dominants sont ferrallitiques
moyennement désaturés ;
• Ngomedzap (département du Nyong et So’o), zone forestière où la densité de population
est de 37 hab./km2. Cette zone est caractérisée par une végétation dominée par la forêt
dense sempervirente et des sols ferrallitiques fortement désaturés.

Figure 1 : Localisation de la région du Centre et des zones d’étude.


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 D’après Weber (1977) : « Au dessus de 30 habitants/km2, la terre peut-être considérée comme totalement appropriée.
[…] De façon globale, dans la Lékié, l’indice d’utilisation du sol est voisin de 120 %, ce qui signifie que les sols sont
utilisés au-delà de leur capacité de reconstitution. La raréfaction des terres et l’épuisement des sols vont de pair ».


Méthodologie

Dans ces trois zones, la cacaoculture est exclusivement pratiquée par des populations autochtones
appartenant aux groupes ethniques Yambassa (Bokito), Eton (Zima) et Ewondo (Ngomedzap).

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Notre démarche repose sur deux dispositifs différents qui font intervenir plusieurs échantillons qui
s’emboîtent les uns dans les autres en fonction des objectifs poursuivis.

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Afin de vérifier la durabilité agro-écologique et socio-économique des systèmes agroforestiers à


base de cacaoyer (hypothèse 1), nous avons conduit une enquête auprès de 1 171 agriculteurs
regroupant 1 638 cacaoyères (figure 2). Au niveau des exploitations, les données collectées ont
porté sur l’âge des agriculteurs, l’assolement des exploitations et les sources de revenu des
agriculteurs. Au niveau des cacaoyères, les données collectées ont porté sur l’âge des parcelles, les
modalités de conduite technique et les modalités de réhabilitation des peuplements cacaoyers.
Nous avons estimé l’âge des cacaoyers, leur densité et leur rendement en cacao marchand sur un
sous-échantillon de 402 cacaoyères. Un échantillon de 45 cacaoyères, à raison de 15 par zone
d’étude, a été constitué pour réaliser des inventaires floristiques et estimer le niveau
d’agrobiodiversité des cacaoyères.

Figure 2 : Structure du dispositif de recherche mis en place pour vérifier les hypothèses 1 et 2.

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Méthodologie

Les données issues des enquêtes d’agriculteurs réalisées dans la zone de transition forêt-savane ont
fait l’objet d’une autre analyse afin de tester l’hypothèse 2. Cette nouvelle analyse nous a permis
de vérifier l’ancienneté des précédents de végétation « savane » et de comparer leur rendement en
cacao marchand sur le temps long au précédent de végétation « forêt-galerie ». Un échantillon
réduit de 47 cacaoyères sur savane a été ensuite constitué pour réaliser des inventaires floristiques
et effectuer des analyses de sol. L’évolution du niveau d’agrobiodiversité des cacaoyères et celle
de la teneur en matière organique des sols ont fait l’objet d’une analyse diachronique.

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A partir du dispositif 1, un réseau d’observation a été installé en 2007 dans des parcelles
d’agriculteurs afin de disposer d’une part, d’une gamme de cacaoyères représentatives des
différents stades d’évolution des peuplements cacaoyers au cours du temps, par variation de
l’ancienneté des créations (chronoséquences), et d’autre part, d’une diversité d’agriculteurs d’âge
différent situés à des étapes différentes de leur cycle de vie et représentant ainsi une diversité de
situations agricoles, allant du démarrage de l’activité agricole à la préparation de la sucession
(figure 3).

Figure 3 : Structure du dispositif de recherche mis en place pour vérifier les hypothèses 3, 4 et 5.

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Ce réseau d’observation a regroupé au total 61 cacaoyères réparties en quatre classes d’âge


(tableau 1), appartenant à 40 agriculteurs (tableau 2), plusieurs cacaoyères d’âge différent pouvant
être exploitées par un même agriculteur.



Méthodologie

Tableau 1 : Effectif des cacaoyères agroforestières par classe d’âge et par zone.

Zones Classes d’âge des cacaoyères Total


d’étude < 10 ans 10-20 ans 21-40 ans > 40 ans
Bokito 3 7 4 7 21
Zima 4 4 4 7 19
Ngomedzap 3 5 8 5 21
Total 10 16 16 19 61

Tableau 2 : Effectif des agriculteurs par classe d’âge et par zone.

Zones Classes d’âge des cacaoyères Total


d’étude < 40 ans 40-50 ans 51-60 ans > 60 ans
Bokito 2 8 2 2 14
Zima 3 4 3 2 12
Ngomedzap 2 3 6 3 14
Total 7 15 11 7 40

Les critères de choix des cacaoyères et des agriculteurs ont été les suivants :

• Appartenir à des agriculteurs disposant d’une ou de plusieurs cacaoyères et volontaires


pour s’impliquer dans les travaux de recherche ;
• Etre situées à moins de 30 minutes de marche pour demeurer accessibles et éviter une
dispersion du dispositif de recherche ;
• Etre exploitées par les agriculteurs, c’est-à-dire non définitivement abandonnées et
récoltées ;
• Ne pas être l’objet de litiges entre plusieurs agriculteurs et ne pas être marquées par un
accident de parcours majeur, comme la chute d’un arbre par exemple.

Dans chaque cacaoyère, une placette de 1 000 m2, représentative du peuplement cacaoyer, en
termes de gestion technique, a été positionnée afin de disposer d’un échantillon réduit de
cacaoyers et d’arbres associés susceptibles d’être observés (figure 4) (annexes : planche photos 3).
Dans le même temps, des enquêtes spécifiques ont été conduites auprès des agriculteurs qui les
gérent actuellement.

A partir de ce réseau d’observation, nous avons tout d’abord vérifié la plurifonctionnalité des
systèmes agroforestiers à base de cacaoyer et évalué la place du cacaoyer dans ces systèmes
(hypothèse 3) à partir de l’importance relative attribuée par les agriculteurs aux différentes espèces
en association. Puis, nous avons évalué les performances du peuplement cacaoyer afin d’identifier
quelles sont les variables de structure à l’origine des variations de rendement en cacao marchand
(hypothèse 4) en mobilisant la méthode du diagnostic agronomique régional (Doré et al., 1997 ;
2008). Enfin, nous avons vérifié la flexibilité des cacaoyères agroforestières (hypothèse 5) en
analysant les pratiques des agriculteurs sur le long terme afin de mettre en évidence les trajectoires
d’évolution des pratiques et leurs déterminants, et de relier ces trajectoires aux situations culturales
actuelles des cacaoyères agroforestières.



Méthodologie

Figure 4 : Exemple du dispositif d’observation mis en place dans chaque cacaoyère.



Légende :

Cacaoyer Arbre associé

Placette de 1000 m2
(31,6 m au carré)

Peuplement plurispécifique
à base de cacaoyer

La mise en œuvre de ces différentes étapes de notre travail de recherche fera l’objet d’un
développement au moment où nous les traiterons.

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Dans le cas particulier des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer, il est nécessaire de préciser
la notion de parcelle à laquelle font référence les concepts d’itinéraire technique et de système de
culture.

Si la parcelle cadastrale est définie comme une « pièce d’un seul tenant, dépendant de la même
exploitation et entourée par des limites matérialisées ou simplement coutumières », la parcelle
agronomique peut au contraire être définie comme une « pièce de terre d’un seul tenant portant,
au cours du cycle cultural donné, la même culture ou la même association de cultures gérée par
un seul individu ou par un groupe déterminé d’individus » (Milleville, 1972). Cette définition fait
donc référence au cycle cultural comme échelle temporelle. Or, dans le cas d’une plante pérenne
comme le cacaoyer dont le cycle cultural est de plusieurs décennies, les parcelles cacaoyères font
l’objet, au cours du temps, de multiples extensions qui modifient les limites de la parcelle initiale.
Celle-ci devient alors un ensemble de parcelles différentes sur le plan agronomique. En outre,
compte tenu de la longueur du cycle biologique du cacaoyer, le système agroforestier à base de
cacaoyer peut connaître des variations importantes des modes de conduite qui impactent la
structure du peuplement cacaoyer (âge, densité, architecture) et celle des peuplements associés
(densité, composition floristique, âge).

Nous définirons la parcelle cacaoyère comme une pièce de terre d’un seul tenant, homogène sur le
plan agronomique en termes de précédent de végétation, d’âge de création de la cacaoyère, de
structure du peuplement cacaoyer et des peuplements associés à un temps t, et de son histoire
culturale.



Méthodologie

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Contrairement à d’autres espèces pérennes comme le palmier à huile, l’hévéa ou le cocotier, les
caractéristiques physiologiques et morphologiques du cacaoyer permettent aux agriculteurs de
modifier la structure de leur peuplement cacaoyer en le redensifiant et en recépant les cacaoyers
sénescents. Les agriculteurs peuvent également intervenir sur les peuplements associés en
éliminant les individus en surnombre ou au contraire en introduisant d’autres arbres dans la
parcelle. Outre les modalités de mise en place des peuplements cacaoyers et des peuplements
associés, qui ont un impact à long terme sur la structure de ces deux types de peuplements, nous
nous intéresserons donc aussi aux modalités de gestion de ces deux types de peuplements au cours
du temps qui ont un impact à moyen et long terme sur la structure du système.

En cacaoculture, on peut en effet distinguer :

• les pratiques d’implantation (mise en place des cacaoyers et des espèces associées) qui ont
un impact à long terme sur le système ;
• les pratiques de régénération (redensification des peuplements cacaoyers, taille de
régénération des cacaoyers, réglage de l’ombrage des cacaoyères par l’introduction ou
l’élimination d’arbres dans la parcelle) qui sont récurrentes, réalisées annuellement à
l’échelle des individus (peuplement cacaoyer et peuplements associés) avec un impact à
moyen et long terme sur le système ;
• les pratiques d’entretien (entretien du sol, égourmandage, traitements phytosanitaires
contre la pourriture brune et contre les mirides) qui sont récurrentes, réalisées
annuellement mais sur l’ensemble de la parcelle, et dont certaines (lutte contre la
pourriture brune) ont un impact à court terme sur le système.

A partir de ces différents éléments, nous considérerons la structure d’un système agroforestier à
base de cacaoyer comme la résultante des deux premiers types de pratiques dont les effets se
cumulent au cours du temps et qui jouent sur l’itinéraire technique annuel. Par exemple, le
maintien dans la cacaoyère d’un grand nombre d’arbres associés peut induire un niveau d’ombrage
propice à la pourriture brune des cabosses et amener l’agriculteur à traiter plus fréquemment ses
cacaoyers contre cette maladie. L’élimination d’arbres en surnombre peut au contraire provoquer
dans la cacaoyère l’apparition de zones ensoleillées favorisant l’enherbement du sol et les attaques
de mirides et amener l’agriculteur à désherber plus fréquemment sa parcelle et augmenter le
nombre de traitements anti-mirides.

L’étude des pratiques n’a par ailleurs de sens que si elle est resituée dans le fonctionnement global
de l’exploitation agricole car chaque pratique a une histoire (Landais et Deffontaines, 1990). Les
pratiques résultent en effet d’un processus décisionnel qui prend en compte les contraintes, le
projet de l’agriculteur, mais également son apprentissage technique (Aubry et al., 1998). Ce
dernier intégre la connaissance des effets et des conséquences des pratiques sur la culture ou la
succession de cultures considérées (rendement, état sanitaire, etc.). Les contraintes auxquelles doit
faire face l’agriculteur sont, quant à elles, de plusieurs types : les processus de production sont
soumis aux aléas biologiques et climatologiques et sont donc peu contrôlables ; le rythme de
production est donné par celui des saisons, par les cycles du matériel vivant utilisé ; les dates et les
conditions d’intervention sont donc difficiles à maîtriser ; enfin, l’agriculteur centralise à lui seul
plusieurs tâches (Papy, 1996).


Méthodologie

En fonction des projets familiaux, l’agriculteur définit les stratégies et gère les différentes
productions, la commercialisation, les stocks et est lui-même acteur (Papy, 1996, cité par Dounias,
1998). L’analyse du processus décisionnel en milieu agricole permet ainsi de distinguer deux
grandes catégories de décisions : tactiques et stratégiques (Sebillotte et Soler, 1990 ; Papy, 1996).
Les décisions d’ordre tactique ont un caractère cyclique et répétitif, comme la conduite technique
des cultures qui se répète chaque année. Les décisions d’ordre stratégique concernent, quant à
elles, les interventions non répétitives, à pas de temps plus large et pour lesquelles l’incertitude est
forte (choix d’équipement par exemple). L’agriculteur ne peut donc « arriver à gérer son
exploitation qu’en sériant les problèmes » (Papy, 1996). Le fonctionnement de l’exploitation,
comme par exemple l’organisation du travail (Papy et al., 1990 ; Aubry, 1995), apparaît ainsi
déterminant dans les choix techniques des agriculteurs : dans les exploitations du nord-Cameroun,
l’organisation du travail constitue un « nœud de fonctionnement » dans la culture du cotonnier où
l’étalement des semis s’explique en grande partie par les arbitrages réalisés en début de campagne
pour l’attribution des ressources entre cultures et opérations culturales concurrentes (Dounias,
1998).

En fonction des résultats obtenus par l’agriculteur « la pratique en question est mise en œuvre
durant une période plus ou moins longue ou abandonnée » (Landais et Deffontaines, 1990). Toute
pratique a donc une dimension temporelle qui peut être appréhendée sous plusieurs angles :
d’abord « l’instant de sa mise en œuvre », puis « la durée de l’activité concernée » et « la
rémanence des effets et conséquences de cette activité » et enfin « la durée de la mise œuvre d’une
pratique donnée, depuis son adoption jusqu’à son abandon » (Landais et Deffontaines, 1990).
Ainsi, « l’histoire des pratiques s’inscrit dans le matériel biologique (implantation et taille des
arbres ; sélection des végétaux et des animaux par exemple) ».

Cette approche implique donc non seulement d’analyser les pratiques à l’origine des structures
actuelles des cacaoyères agroforestières mais également de les appréhender sur le long terme à
partir de l’histoire culturale des parcelles. Cette approche implique aussi de recontextualiser les
pratiques dans le projet et l’histoire technique de l’agriculteur, eux-mêmes resitués dans le
contexte socio-économique plus global de l’exploitation.

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Le concept de système de culture est défini comme « l’ensemble des modalités techniques mises
en œuvre sur des parcelles traitées de manière homogène. Chaque système de culture se définit
par : (i) la nature des cultures et leur ordre de succession, (ii) les itinéraires techniques appliqués
à ces différentes cultures, ce qui inclut le choix des variétés pour les cultures retenues »
(Sebillotte, 1975 ; 1990). L’itinéraire technique, quant à lui, est une « combinaison logique et
ordonnée des techniques mises en œuvre sur une parcelle en vue d’en obtenir une production »
(Sebillotte, 1975).

En conditions tempérées, le concept de système de culture a été souvent mobilisé pour étudier des
successions de cultures annuelles en situation de grande culture (Doré et al., 1997 ; Meynard et al.,
2001). Il a également été utilisé pour étudier des cultures pérennes en peuplement monospécifique
comme le pêcher (Nesme et al., 2003).



Méthodologie

Plus récemment, ce concept a aussi été mobilisé pour des travaux conduits en zone tropicale, en
particulier sur le bananier (Tixier, 2004), et sur plusieurs plantes pérennes en peuplement
monospécifique comme l’hévéa (Michels, 2005), le palmier à huile (Rafflegeau, 2008) ou en
peuplements plurispécifiques complexes comme l’hévéa (Penot, 2001) ou le cocotier (Lamanda,
2005).

Nous utiliserons le concept de système de culture pour les systèmes agroforestiers à base de
cacaoyer en partant du principe que ce concept est pertinent pour l’analyse, sur le temps long, de
situations culturales complexes où différentes espèces pérennes sont cultivées en association. Nous
adapterons cependant ce concept. Dans le cas des plantes pérennes où il n’y a pas, contrairement
aux plantes annuelles, de rotation de cultures, le peuplement principal, ici le peuplement cacaoyer,
est en effet mis en place pour plusieurs décennies et évolue au cours du temps dans une association
de différents peuplements qui évoluent également.

Nous définirons le système de culture agroforestier à base de cacaoyer à partir de la structure du


peuplement cacaoyer, de celle des peuplements associés, et de l’itinéraire technique appliqué à ces
deux types de peuplements.

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Etant donné les pas de temps long qu’implique l’étude des systèmes agroforestiers à base de
plantes pérennes, nous mobiliserons la notion de trajectoire pour les analyser dans le temps. La
notion de trajectoire d’évolution est apparue avec Sebillotte (1979) face à la nécessité de prendre
en compte l’évolution des « états d’un système » au cours du temps dans le cas d’exploitations
agricoles. En retraçant l’évolution d’une exploitation, on peut détecter les ruptures et les
changements d’orientation, puis identifier les « facteurs décisifs » de cette évolution et être en
mesure de comprendre les raisons qui permettent à cette exploitation d’émerger de son groupe
d’origine. « L’analyse d’exploitations, histoire et fonctionnement actuel permet alors de dégager
des types, c’est-à-dire des groupes de ressemblance et de dater des divergences de trajectoires ».
Les grands types de fonctionnement des exploitations peuvent être ainsi resitués sur des
trajectoires retraçant les étapes de l’évolution des exploitations dont les mécanismes sont
reconstitués par enquête (Capillon, 1985 ; Aubry et al., 1989).

Pour Capillon (1993), la trajectoire s’entend comme les phases successives de l’évolution d’une
exploitation. La trajectoire d’évolution d’une exploitation se décompose ainsi « en étapes au cours
desquelles le fonctionnement reste identique, et en modalités de passages d’une étape à une autre
liées à des modifications des objectifs ou des moyens de production ou à des changements de
contexte socio-économique ». Ensuite, l’élaboration de typologies vise à créer des groupes
d’exploitations semblables entre elles et présentant des caractéristiques communes de
fonctionnement (Capillon et Sebillotte, 1980). Des types de trajectoires peuvent être alors
« extraits » à partir de l’analyse statistique d’indicateurs préalablement identifiés, ou « construits »
à partir de « processus d’évolution définis par des étapes correspondant aux types de
fonctionnement et de mécanismes ayant permis le passage d’un type à l’autre ». Identifiés après
avoir enquêté sur les histoires individuelles des exploitations, ces mécanismes de passage sont
interprétés comme des « facteurs décisifs en conformité avec la conception que l’on a du
fonctionnement et de l’évolution de l’exploitation » (Capillon, 1993).



Méthodologie

Pour l’ensemble des exploitations enquêtées, des indicateurs rendant compte de la diversité des
systèmes actuels et des évolutions passées peuvent constituer la base d’une classification qui devra
être ensuite validée. L’analyse des trajectoires des exploitations agricoles a donné lieu à de
nombreux travaux (Perrot et Landais, 1993). Elle est notamment mobilisée pour analyser la
flexibilité et la capacité d’adaptation des exploitations dans le domaine de l’élevage (Moulin et al.,
2008).

A l’échelle de la parcelle, la notion de trajectoire a été mobilisée par Lamanda (2005) pour la mise
en évidence et la mise en cohérence de diverses situations culturales7 de cocoteraies. La diversité
d’âges des cocoteraies a été utilisée pour reconstituer l’enchaînement des stades de développement
de cocotiers dans différents systèmes de culture. La mise en relation des différentes situations
culturales a permis de reconstituer des trajectoires de peuplements de cocotiers. La notion de
trajectoire a été également mobilisée Martin (2009) pour la mise en évidence d’états de référence
dans le cadre de l’évaluation de systèmes de culture par rapport au ruissellement et à l’érosion
diffuse. Elle a été aussi mobilisée par Rafflegeau et al. (2010) pour reconstituer l’évolution de
l’état nutritionnel de palmeraies en fonction de différentes conduites.

Nous appliquerons cette notion de trajectoire à la parcelle cacaoyère où notre analyse des pratiques
sur le temps long nous conduira à construire des trajectoires de conduite en lien avec des
trajectoires de structure de végétation.

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L’analyse du fonctionnement des systèmes agroforestiers complexes hétérogènes et son évaluation


soulèvent deux problèmes méthodologiques.

• Comment évaluer leur productivité globale ?

Comment évaluer la productivité globale d’un système complexe quand le rendement de chaque
composante est caractérisé par une forte variabilité inter-individuelle liée aux différences d’âge et
aux différences d’environnement résultant elles-mêmes de l’hétérogénéité de la structure de ces
systèmes ? Si l’étude de l’effet des interactions au sein de systèmes de culture plurispécifiques est
avancée pour les systèmes agroforestiers simples constitués de deux ou trois composantes (Rapidel
et al., 2009), le déficit de connaissances qui caractérise la majorité des espèces qui composent les
systèmes agroforestiers à base de cacaoyer demeure un frein à l’évaluation de leur
fonctionnement. D’une part, pour juger du rendement d’une espèce en culture associée, il est
nécessaire de disposer de connaissances sur son comportement en culture pure (Nair, 1993), ce qui
n’est pas le cas pour la majorité des espèces inventoriées dans les cacaoyères agroforestières du
Centre-Sud du Cameroun. D’autre part, les indicateurs de rendement de ces espèces ne sont pas
connus, mis à part certaines espèces (agrumes, palmier à huile, etc.) qui sont des espèces à but
commercial importantes économiquement.


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 Par situation culturale, Lamanda et al. (2004) entendent l’état d’une parcelle à un moment donné (celui de
l’observation) en définissant à la fois la structure du peuplement de cocotiers (en termes de stades de développement,
variété, densité, etc.) et le type d’association végétale mise en œuvre.


Méthodologie

Comment, dans ce cas, mobiliser certaines méthodes comme le Land equivalent ratio (Ler) (Mead
et Willey, 1980) qui permet de comparer la productivité de plusieurs espèces associées sur une
même parcelle à celle des mêmes espèces en culture pure ? Cette méthode, utilisée dans certains
essais où le cacaoyer est associé à une, voire deux ou trois espèces pérennes (Oladokun et Egbe,
1990 ; Egbe et Adenikinju, 1990), montre vite, comme la plupart des méthodes disponibles
aujourd’hui, ses limites dès qu’il s’agit d’étudier des associations plus complexes en raison des
nombreuses interactions qui interviennent (Malézieux et al., 2009). Le niveau de connaissances
mobilisables pour évaluer la production des différentes espèces associées aux cacaoyers est donc
très variable d’une espèce à l’autre et souvent insuffisant pour estimer rapidement et efficacement
l’ensemble des productions (Lamanda, 2005).

• D’autre part, quelle unité de mesure adopter pour évaluer les systèmes complexes ?

L’hétérogénéité des productions, la variabilité des cycles de production et le rythme des récoltes
sont d’autres facteurs de complexification. Les espèces associées aux cacaoyers procurent en effet
un grand nombre de produits (fruits divers, huile de palme, écorce, feuilles, etc.) dont certains sont
consommés par le ménage, d’autres commercialisés et interviennent ainsi dans la trésorerie des
exploitations (annexes : planche photos 4). Dans le même temps, certains produits interviennent
dans la pharmacopée (feuilles, écorces) et d’autres servent à la construction (bois d’œuvre)
(Zapfack et al., 2002 ; Sonwa et al., 2007). La nature des organes récoltés est par ailleurs
différente selon les espèces considérées : fruits dans le cas du cacaoyer et des espèces fruitières,
sève pour le palmier à huile, écorce ou feuilles dans le cas de certaines espèces médicinales.
L’addition de ces différentes productions n’aurait donc aucune signification et aucune pertinence
agronomique. Chez certaines espèces, plusieurs organes peuvent même participer à la production
de la parcelle8. Les cycles de production varient également selon les espèces : certaines ont un
cycle qui s’échelonne tout au long de l’année pendant toute la période de production, d’autres ont
une production concentrée sur une période de temps plus courte bien déterminée. Par ailleurs, bien
que régulière, l’importance de la production de certaines espèces comme le cacaoyer peut être
sujette à des variations liées aux conditions climatiques ou à l’origine génétique (Lachenaud,
1991a).

Il est donc délicat de trouver une période optimale à laquelle mesurer l’ensemble des productions
et de faire le choix d’une unité de temps commune pour l’exprimer. Le rythme des récoltes varie
aussi en fonction des espèces et selon les organes récoltés, sachant que dans certains cas, la récolte
peut être totale ou partielle en raison de différents facteurs comme l’évolution du prix d’achat aux
agriculteurs (cacaoyer, agrumes) ou des besoins du ménage (fruitiers indigènes, produits
médicinaux, bois d’œuvre). Enfin, quelle unité commune utiliser pour intégrer des fonctions de
différentes natures (production, autoconsommation, rôle social, amélioration de fertilité du sol,
maintien d’un ombrage pour les cacaoyers, etc.) ? Quand la fonction unique des espèces est
commerciale, l’unité de mesure peut être financière (marge brute, revenu net, etc.) mais dans le cas
présent, l’estimation de la valeur financière des autres fonctions de ces systèmes est plus difficile
(Lamanda, 2005). Ces différents éléments rendent par conséquent extrêmement délicate toute
tentative d’estimer la production globale des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer à un
instant t, sur la base d’une seule variable quantitative agrégée.

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 C’est le cas du palmier à huile dont la pulpe des noix sert à la fabrication d’huile, les amandes concassées à la
fabrication d’huile de palmiste, la sève à la fabrication de vin et les palmes à la confection de nattes pour la toiture des
habitations.


Méthodologie

A défaut de pouvoir quantifier les différentes productions issues des peuplements associés aux
cacaoyers, nous avons mobilisé une méthode d’évaluation de l’importance relative. Cette méthode,
dite « Méthode de distribution des cailloux » (Mdc), repose sur la quantification de l’importance
relative en partant du principe que les populations locales sont les plus aptes à estimer ce qui est
important pour elles (Sheil et al., 2004). La notion d’importance est propre à chaque individu mais
cette méthode permet une estimation holistique des préférences. Ainsi, les systèmes agroforestiers
à base de cacaoyer peuvent être évalués à partir de la valeur relative qu’attribuent les agriculteurs
aux différentes espèces en fonction de leurs usages respectifs.

La mise en œuvre de cette méthode est précisée dans le chapitre 3 de la thèse.

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L’évaluation des pratiques des agriculteurs sera réalisée en mobilisant la méthode du Diagnostic
agronomique régional (Dar) qui permet de comprendre, a posteriori, pour une culture donnée, les
variations de rendement à l’échelle d’une région en mettant en évidence les facteurs
environnementaux et les techniques culturales qui ont influencé la production (Meynard et David,
1992).

Cette méthode peut être appliquée à une échelle régionale pour identifier et hiérarchiser les actes
techniques responsables d’un problème agronomique (Doré et al., 1997). Elle implique de mettre
en place, dans des parcelles d’agriculteurs, un réseau d’observation qui doit couvrir la diversité des
combinaisons systèmes de culture et milieux représentatives de l’aire de cette culture dans la
région d’étude. Ce réseau doit permettre de recueillir des données pour caractériser et évaluer
l’état du milieu et l’état du peuplement végétal étudié. Le préalable à cette méthode est de réaliser
une enquête mais également de disposer de données sur le fonctionnement du peuplement végétal
étudié afin d’établir un schéma d’élaboration du rendement à partir duquel des hypothèses seront
émises quant aux liaisons qui existent entre le rendement et les états environnementaux existants.

Compte tenu de l’absence, au Centre-Sud du Cameroun, d’un réseau d’expérimentation


susceptible de fournir des références techniques, notre évaluation a principalement porté sur les
variations de production entre les parcelles d’agriculteurs. L’hétérogénéité des systèmes
agroforestiers, comme ceux à base de cacaoyer, complexifie cependant le choix des indicateurs
nécessaires à leur évaluation (Doré et al., 2008). Les disponibilités en eau, en éléments minéraux
et en lumière vont en effet dépendre des relations de compétition entre les cacaoyers et les
différentes espèces qui y sont associées et qui seront elles-mêmes en grande partie déterminées par
la structure de leur peuplement en tant que « combinaison de plusieurs éléments de structure tels
que : le type de distribution des arbres, la densité des peuplements, leur différenciation verticale,
la diversité d’espèces et les formes de mélange ou d’agrégation entre individus » (Schütz, 1997,
cité par Lamanda, 2005). Le fonctionnement agroécologique d’un système de culture peut alors
être appréhendé au travers de l’analyse de sa structure comme cela a été démontré dans plusieurs
travaux (Michon et al., 1983 ; Fernandes et Nair, 1986 ; Torquebiau, 1992 ; Kumar et al., 1994 ;
Kumar et Nair, 2004 ; Lamanda et al., 2006).



Méthodologie

D’autres travaux ont également mobilisé la notion de structure pour comprendre expliquer la
richesse du peuplement de jardins agroforestiers en fonction de leur localisation géographique
(Millat-E-Mustafa et al., 1996), caractériser les niveaux de biodiversité de cacaoyères
agroforestières (Zapfack et al., 2002 ; Asare et Tetteh, 2010), évaluer la production de biomasse et
le recyclage des nutriments dans des systèmes agroforestiers (Gajaseni et Gajaseni, 1999), ou
classer des jardins agroforestiers et examiner les relations entre leurs caractéristiques socio-
économiques et agroécologiques (Méndez et al., 2001 ; Bisseleua et Vidal, 2008).

La notion de structure a également permis à Lamanda et al. (2004 ; 2006) de caractériser les
systèmes de culture agroforestiers à base de cocotier au Vanuatu et leur dynamique temporelle à
partir de l’étude d’une diversité de situations.

Les adaptations que nous avons apportées à la méthode du diagnostic agronomique régional pour
évaluer un peuplement cacaoyer dans un système agroforestier sont précisées dans le chapitre 4 de
la thèse.














Résultats











Chapitre 1
Durabilité des cacaoyères agroforestières

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Ce chapitre répond à notre première question de recherche. Il vise à vérifier, à l’aide de plusieurs variables,
la longévité des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer. Nous montrons ici que la conduite des
cacaoyères agroforestières se traduit par un agencement spatio-temporel de plusieurs espèces forestières et
fruitières associées à plusieurs générations de cacaoyers, et par des pratiques de réhabilitation continue des
cacaoyères. Celles-ci permettent aux agriculteurs de maintenir sur un pas de temps long une production de
cacao marchand, peu élevée, mais stable, sans apport d’engrais, et ce, quel que soit le contexte pédo-
climatique.

Ce travail est présenté sous la forme d’un article intitulé « Long-term dynamics of cocoa agroforests: a case
study in central Cameroon » qui a été publié dans la revue Agroforestry Systems.



Durabilité des cacaoyères agroforestières



Durabilité des cacaoyères agroforestières






Durabilité des cacaoyères agroforestières






Durabilité des cacaoyères agroforestières






Durabilité des cacaoyères agroforestières






Durabilité des cacaoyères agroforestières






Durabilité des cacaoyères agroforestières






Durabilité des cacaoyères agroforestières






Durabilité des cacaoyères agroforestières






Durabilité des cacaoyères agroforestières






Durabilité des cacaoyères agroforestières






Durabilité des cacaoyères agroforestières

















Chapitre 2
Cacaoyères agroforestières sur savane

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Ce chapitre se réfère à notre seconde question de recherche. Il vise à analyser les modalités de
mise en place et de gestion au cours du temps des cacaoyères agroforestières installées sur
savane dans la zone de transition forêt-savane située au nord du bassin de production du cacao
du Centre-Sud du Cameroun. Nous montrons que la combinaison et la gestion avec les
cacaoyers d’espèces forestières et fruitières spécifiques permettent de contourner de manière
innovante les différentes contraintes écologiques de mise en place des peuplements cacaoyers.

Ce travail est présenté sous la forme d’un article intitulé « Afforestation of savannah with cocoa
agroforestry systems: a small-farm innovation in central Cameroon » que nous avons soumis à
la revue Agronomy for Sustainable Development.






Cacaoyères agroforestières sur savane

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Patrick Jagoret1-3, Isabelle Michel-Dounias2-5, Didier Snoeck1, Hervé Todem Ngnogué3, Eric
Malézieux4

1
CIRAD, UPR Systèmes de pérennes, F- 34398 Montpellier cedex 5, France
2
UMR 951 Innovation Montpellier Supagro INRA CIRAD, Campus de la Gaillarde, 2 place
Viala, 34060 Montpellier cedex 1, France
3
IRAD-Nkolbisson, BP 2572, Yaoundé, Cameroon
4
CIRAD, UPR HortSys, F- 34398 Montpellier cedex 5, France
5
Institut des Régions Chaudes, 1101, avenue Agropolis, BP 5098 34093 Montpellier Cedex 05,
Montpellier, France
Corresponding author: Patrick Jagoret ([email protected], Tel.: +237 22 23 89 49)




Abstract

Cocoa cultivation is generally considered to foster deforestation. Contrary to this view, in the
forest-savannah interface area in Cameroon, farmers have planted cocoa agroforestry systems
on Imperata cylindrica grasslands, while this soil-climate zone is generally considered
unsuitable for cocoa cultivation. We undertook a survey to understand the agricultural and
ecological bases of this innovation. Age, cropping history and marketable cocoa yield were
assessed in a sample of 157 cocoa plantations established on grasslands and 182 cocoa
plantations established in gallery forests. In a sub-sample of 47 grassland cocoa plantations, we
inventoried tree species associated with cocoa trees and measured soil organic matter levels.
Marketable cocoa yields were similar for the two types of cocoa plantations, regardless of their
age: 321 kg ha-1 in cocoa plantations on grasslands and 354 kg ha-1 in cocoa plantations in
gallery forests. Two strategies were used by farmers to eliminate Imperata cylindrica prior to
the establishment of cocoa plantations, i.e. cropping oil palms in dense stands and planting
annual crops. Farmers then planted cocoa trees and fruit tree species, while preserving specific
forest trees. The fruit tree and forest tree densities respectively averaged 223 and 68 trees ha-1 in
plantations under 10 years old, and 44 and 27 trees ha-1 in plantations over 40 years old, whereas
the cocoa tree density remained stable at 1,315 trees ha-1. The Shannon-Weaver index increased
from 1.97 to 2.26 over the same period. The soil organic matter level was 1.7% in grasslands
and 3.13% in old cocoa plantations. In conclusion, our results show that the occupation of
grasslands by cocoa agroforestry systems is both an important example of ecological
intensification and a significant farmer innovation in the history of cocoa growing.

Key words: Imperata cylindrica, Sustainability assessment, Agrobiodiversity, Ecological


intensification, Forest-savannah interface



Cacaoyères agroforestières sur savane

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In Africa, cocoa (Theobroma cacao L.) cultivation is generally considered to be a major cause
of deforestation in humid tropical areas since the trees are often planted on newly cleared forest
land (Dixon et al. 2001). The expansion of cocoa plantations in Côte d’Ivoire, for instance, led
to a reduction in the country’s forest area from 13 million ha in 1960 to 3 million ha in 1990
(Hanak-Freud et al. 2000). The same pattern has been noted in Ghana, where it is estimated that
80% of the forest area has disappeared since cocoa trees were introduced (Cleaver 1992). In
Cameroon, the role of cocoa cultivation in the deforestation process is not as clear since forests
are generally only partially cleared for planting cocoa while many forest tree species are
preserved in the resulting complex cocoa agroforestry systems (Duguma et al. 2001; Zapfack et
al. 2002; Laird et al. 2007; Sonwa et al. 2007).

In the present study, we show that cocoa growing contributes to the process of afforestation of
grasslands dominated by Imperata cylindrica in the forest-savannah transition area of central
Cameroon. Published reports about afforestation in forest-savannah interface areas in Africa are
relatively dated. In most situations, this process was due to the natural dissemination of forest
tree species, as described by Boulvert (1990) in the Central African Republic, Clayton (1958) in
Nigeria, Swaine et al. (1976) in Ghana, and Bonvallot et al. (1970) and Spichiger and Pamard
(1973) in Côte d’Ivoire. Only a few cases of voluntary afforestation have been described in
Togo (Guelly et al. 1993), Côte d’Ivoire (Blanc-Pamard and Peltre 1984) and Guinea (Fairhead
and Leach 1996), where Robusta coffee-based agroforestry systems were planted, since this
coffee cultivar is able to adapt to grassland soil and microclimatic conditions.

To our knowledge, only one case of afforestation involving cocoa trees has been reported in
Indonesia (Ruf and Yoddang 2004), where farmers in central Sulawesi planted cocoa trees on I.
cylindrica grasslands after conducting chemical weed control sprays and planting the
leguminous tree Gliricidia sepium to eliminate the grass and temporarily shade the young cocoa
trees. According to Wood and Lass (1985), grassland areas are theoretically unable to fulfil the
ecological requirements of cocoa trees because of the insufficient and scattered rainfall
conditions and low soil organic matter levels. According to Burle (1961), cocoa trees require
1,500 to 2,500 mm of water a year, with a dry season that has less than 3 consecutive months of
below 70 mm. Sandy-clayey soils with over 3% organic matter in the topsoil are the most
suitable soils for cocoa growing. However, such conditions do not prevail in the forest-savannah
interface area in central Cameroon where the annual average rainfall is around 1,300 mm
(Santoir and Bopda 1995). Champaud (1966) also demonstrated that this area is far north of the
boundary of the ideal cocoa growing region in this country. Planting cocoa agroforestry systems
on I. cylindrica grasslands in central Cameroon thus seems to contradict the opinion of
agricultural experts.

Vieira et al. (2009), in their review article on the concepts of agroforestry systems and agro-
successional restoration, highlighted the shortage of scientific literature on the description and
analysis of agro-successional restoration examples in the world, especially in tropical areas.
These authors also stated that both scientists and farmers involved in agroforestry should think
about how agroforestry and restoration might be integrated in different situations. In central
Cameroon, grassland cocoa agroforestry systems are an as yet undocumented example of this.



Cacaoyères agroforestières sur savane

They represent unique agroecosystems that are the result of farmers’ field experience with
complex plant associations that evolve over time.

The objective of the present study was to document the gradual transformation of grasslands
into cocoa agroforestry systems in the forest-savannah interface area of central Cameroon.
Firstly, we checked the oldness of the cocoa plantations established on grasslands and we
compared theirs cocoa yields to those of cocoa plantations in gallery forests. Secondly, we
focused on the conditions required for establishing cocoa agroforestry systems on grasslands
and farmers’ management of the different associated stands of tree species. Finally, we assessed
the agrobiodiversity and soil fertility in these systems using the Shannon-Weaver index and the
total soil carbon content.

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͸ǤͷǤ–—†›•‹–‡

The study was carried out in the forest-savannah interface area in central Cameroon, around the
villages of Bakoa, Begni, Yorro and Kedia in Bokito district: 4°30 latitude N and 11°10
longitude E; 450 to 500 m elevation (Fig. 1). The farmers were mainly indigenous ethnic
Yambassa people. Bokito district (7,125 km2) is a patchwork of gallery forests occupied by
cocoa agroforestry systems and grasslands dominated by Imperata cylindrica. Invasion of fields
by I. cylindrica is a major farming constraint because this heliophytic weed quickly reappears as
soon as the crop fields are insufficiently maintained or when the crop cover is sparse (Deuse and
Lavabre 1979).

Fig. 1. Map showing the location of the study sites in central Cameroon

T(°C) R(mm)

NORTH
Nigeria

Chad
A

A
J

J
J
F

O
N
D
S
M

Central
Bokito African
Republic
Douala Yaoundé

Atlantic
Ocean
Bakoa Equatorial
Gabon Congo
Kedia Guinea

Begni
Yorro
State capital
Regional borders
Main road
Study site
Yaoundé
Forest
Savanna
Study village

The forest-savannah interface area has a hot and humid climate with an average annual
temperature of 25°C. Mean annual rainfall is 1,300 mm, which would represent a mean deficit
of 200 mm relative to the annual water needs of cocoa trees.



Cacaoyères agroforestières sur savane

The rainfall distribution is characterized by a dry season lasting over 3 months (December to
March) during which the monthly rainfall is less than 70 mm (Santoir and Bopda 1995). In
monocropped cocoa stands, these rainfall conditions would normally induce defoliation, which
could be fatal to the trees (Burle 1961). Ferric Acrisols predominate in this area. The topsoil
contains over 60% sand and less than 2% organic matter (Santoir and Bopda 1995), which are
further constraints for cocoa trees (Burle 1961).

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†ƒ–ƒ

In 2004, 339 cocoa plantations belonging to 282 farmers were randomly selected from lists of
farmers belonging to local cocoa growers’ organizations. We interviewed each of these farmers
to collect the following data: year of establishment of each cocoa plantation (plantation age in
years), vegetation cover before cocoa trees were planted (gallery forest or grassland), area and
declared production for the three harvest seasons prior to the survey (2001, 2002, and 2003).
The mean marketable cocoa yield of each cocoa plantation was calculated on the basis of the
reported area and production data. Data were analysed according to seven cocoa plantation age
(since creation) categories, which were defined in decades so as to be in line with the cocoa tree
biological cycle: immature cocoa plantations under 10 years old; mature cocoa plantations: 11-
20 years, 21-30 years, 31-40 years; senescent cocoa plantations: 41-50 years, 51-60 years, 61
years and over. We also interviewed village heads and elders about the different steps in the
history of cocoa growing in the region.

A sub-sample of 47 grassland cocoa plantations was then randomly set up. In each of these 47
cocoa plantations, the cocoa stand density was measured by counting plants in a randomly
located 100 m2 square. All non-cocoa trees exceeding 1 m in height were inventoried over the
total area of each cocoa plantation. We identified forest tree species, fruit tree species (exotic
and indigenous) and oil palms. The species identifications were based on vernacular names in
the Yambassa language and correspondences with the scientific names were established from
the tree identification manuals of Vivien and Faure (1985) and Wilks and Issembé (2000). The
agrobiodiversity level was estimated according to the Shannon-Weaver index (Krebs 1985). We
asked each farmer to specify the origin of the inventoried trees, i.e. those that had grown
naturally and had been preserved by the farmers and those they had introduced. We also
questioned farmers about the way they managed stands of cocoa and other associated species
over time. A composite soil sample was collected in the topsoil (0-20 cm) in each of the 47
grassland cocoa plantations and in 10 adjacent grassland plots to assess clay and carbon
contents. Total carbon was analysed by the Walkley and Black method (Walkley and Black
1934).

Due to the small sub-sample size, the Shannon-Weaver index and the clay and carbon contents
were analysed according to the three main stages of cocoa tree development: i) cocoa
plantations less than 10 years old (17 plots totalling more than 6.5 ha), ii) mature cocoa
plantations 10-40 years old (17 plots totalling more than 11.7 ha), iii) old cocoa plantations over
40 years old (13 plots totalling more than 17.2 ha).



Cacaoyères agroforestières sur savane

͸Ǥ͹Ǥ–ƒ–‹•–‹ ƒŽƒƒŽ›•‹•

Age, density, yield, Shannon-Weaver index, and soil carbon concentration were subjected to an
analysis of variance (ANOVA) using a general linear model. Tests of significance between age
categories of cocoa agroforests were performed using the Fisher test.
When significant differences were observed, the Newman-Keuls test was used to compare
means between treatments.

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͹ǤͷǤ‰‡ƒ†›‹‡Ž†•‘ˆ ‘ ‘ƒƒ‰”‘ˆ‘”‡•–”›•›•–‡•‘‰”ƒ••Žƒ†•

Out of the 339 cocoa plantations sampled, 46.3% (157 plantations) had been established on
grasslands, while the rest were in gallery forests (182 plantations). Cocoa cultivation on
grasslands appears to be a long-standing ongoing practice (Fig. 2): in the sample surveyed, the
oldest cocoa plantations on grasslands had been reportedly planted in the first half of the
twentieth century. According to the village heads and elders, cocoa growing had spread to
grassland areas up until 1950 because gallery forests were traditionally off limits for
development, i.e. they were preserved as refuge areas during tribal wars. As of the 1950s, cocoa
growing began in gallery forests since it was no longer prohibited and based on
recommendations by extension services to clear forest plots for cocoa growing. Since 1980, the
reduction in the available gallery forest area led to new extensions on grasslands. Grassland
cocoa plantations under 10 years old are now more common than cocoa plantations in gallery
forests.

Fig. 2. Distribution of cocoa plantations in the forest-savannah interface area in central


Cameroon by age classes and original vegetation: 182 cocoa agroforestry systems in forests, 157
cocoa agroforestry systems in grasslands (2004). Cocoa cultivation on grassland appeared to be
a long-standing ongoing practice in the forest-savannah interface area in central Cameroon.



Cacaoyères agroforestières sur savane

The marketable cocoa yield of grassland cocoa plantations was similar to that of gallery forest
cocoa plantations, regardless of the plantation age (Fig. 3). After 20 years of cropping, it had
levelled off at a mean of 321 kg ha-1 for grassland cocoa plantations.

Fig. 3. Marketable cocoa yields of cocoa plantations in the forest-savannah interface area in
central Cameroon by age classes and original vegetation (mean for 2001, 2002, and 2003). The
marketable cocoa yield of grassland cocoa plantations was similar to that of gallery forest cocoa
plantations, regardless of the plantation age.

͹Ǥ͸Ǥ–”ƒ–‡‰‹‡•ˆ‘”•‡––‹‰—’‰”ƒ••Žƒ† ‘ ‘ƒƒ‰”‘ˆ‘”‡•–”›•›•–‡•

Imperata cylindrica is a major constraint for all crops due to competition for water and
nutrients. It is therefore essential to control this weed before establishing grassland cocoa
plantations. Two different strategies for eliminating I. cylindrica prior to cocoa planting were
identified: the first consists of sowing oil palm (Elaeis guineensis Jacq.) trees in high-density
stands, while the second consists of growing annual crops (Fig. 4) (planche photos 5).

With the first strategy, I. cylindrica is cleared from the plot within 6–8 years. The fast growth of
the oil palm planted at high density (1,200 plants ha-1) generates a dense cover within 4–5 years.
I. cylindrica is then totally eliminated and farmers subsequently reduce the oil palm density to
50 palms ha-1. During this felling operation, they plant cocoa trees at a density of 1,500 plants
ha-1, either by direct seeding in holes or by transplanting nursery plants. Fruit trees such as
orange (Citrus sinensis L.), African plum (Dacryodes edulis (G Don) H.J. Lam), avocado
(Persea americana Mill.) and cola (Cola nitida Vent.) are also planted alongside the cocoa trees
for their production. The farmers also preserve some native forest tree species that have grown
naturally in the plots, such as Ceiba pentandra L., Erythrophleum ivorense A. Chev. and Milicia
excelsa Berg, for shade but also for their economic and fertilising potential. For 2–3 years
following cocoa planting, the plot is still weeded manually until the crowns of cocoa trees and
associated trees form a continuous dense canopy that will hamper natural regrowth of I.
cylindrica.



Cacaoyères agroforestières sur savane

I. cylindrica can be controlled quicker (within 4–6 years) using the second strategy. Farmers
manually deep-till the plot and uproot the I. cylindrica plants to activate the weed control
process. Then farmers successively sow short-cycle annual crops, including groundnut (Arachis
hypogaea L.), pumpkin (Cucumis mani L.) and maize (Zea mays L.). After 2–3 years of
intercrop successions such as groundnut-maize and pumpkin-maize, farmers plant cocoa at a
density of 1,500 plants ha-1, either by transplanting seedlings or by direct seeding when the
previous annual crops are being uprooted. As for the first strategy, fruit trees and oil palms are
planted along with the cocoa trees and some naturally growing forest trees are preserved. The
young trees are associated with annual crops for another 2–3 years. The plots are weeded to
control I. cylindrica regrowth until the tree canopy is closed.

Fig. 4. Temporal change in grassland cocoa agroforestry systems according to the Imperata
cylindrica control strategy in central Cameroon: (S1) previous installation of high density oil
palm stands; (S2) several successions of short-cycle annual crops. The proportion of different
types of trees/oil palms associated with cocoa trees changed with time, and a balance was
gradually reached in the old grassland cocoa plantations.

͹Ǥ͹Ǥ‰”‘„‹‘†‹˜‡”•‹–›ƒ†•–ƒ†ƒƒ‰‡‡–

4,846 trees associated with cocoa trees and belonging to 67 different species were inventoried in
the 47 grassland cocoa plantations (Table 1). Fruit trees represented 47.7% of the total tree
population, oil palms 28.6% and forest trees 23.7%. Ten of the fruit tree species were exotic and
seven were indigenous.



Cacaoyères agroforestières sur savane

The cocoa trees and oil palm densities did not vary regardless of the cocoa plantation age, i.e. a
mean of 1,315 cocoa trees and 48 oil palms per hectare (Table 2), whereas the associated fruit
and forest tree species were significantly lower in the old cocoa plantations. The proportion of
different types of trees/oil palms associated with cocoa trees thus changed with time, and a
balance was gradually reached in the old cocoa plantations (Table 2). The Shannon-Weaver
index of tree species associated with cocoa trees was 2.09 on average (Table 2). No significant
difference between cocoa plantation age classes was noted, but this index tended to increase
with the cocoa plantation age.

In the surveys, farmers explained how they managed the different stands over time. In young
cocoa plantations, fruit trees were planted in high density stands to hamper rapid weed invasion
and to obtain suitable shading conditions for the cocoa trees. Young forest trees could also be
transplanted in the plots if farmers estimated that there were not enough of them growing
naturally. 25% of the forest trees inventoried were thus the result of transplantation of plantlets
picked up in nearby gallery forests. The farmers then maintained shading conditions suitable for
cocoa tree growth while compensating for the growth of associated trees by eliminating excess
trees—they ring-barked these trees so that they would wilt gradually, thus avoiding damage to
the understorey cocoa trees. The oil palm density was stable because farmers replaced felled oil
palm for palm wine production. Similarly, diseased or dead cocoa trees were always replaced.

͹ǤͺǤŽƒ›ƒ†•‘‹Ž ƒ”„‘ ‘–‡–•

No significant difference between cocoa plantation age classes and the adjacent grassland plots
was noted for the clay content. Ten year old cocoa plantations on grassland soils had
significantly higher topsoil carbon concentration (2.25%) than adjacent grassland soils (1.70%)
(Table 3). The top soil carbon concentration was significantly higher in plantations more than
40 years old (3.12%) than in plantations under 10 years old. In our surveys, farmers confirmed
that they did not apply any type of fertilizer (organic or chemical) in their plantations.

ͶǤ‹• —••‹‘

In central Cameroon, afforestation of grasslands by installing cocoa agroforestry systems is a


new example of an agro-successional strategy to restore infertile degraded ecosystems, in line
with initiatives reported in other countries (Vieira et al. 2009). Farmers in this region have
developed innovative strategies for eliminating I. cylindrica, which necessarily has to be
controlled before being able to use grasslands for agriculture (Deuse and Lavabre 1979). To
control I. cylindrica, these authors suggested using cover plants such as Mucuna sp.,
Centrosoma sp. or Pueraria sp. or planting leguminous shade trees, such as the many species
mentioned by Macdicken et al. (1997). In Indonesia, farmers controlled I. cylindrica by
combining a herbicide treatment and planting of Gliricidia sepium 2 years prior to planting
cocoa trees (Ruf and Yoddang 2004). Farmers at our research site in Cameroon, in contrast,
eliminated I. cylindrica by planting dense crop stands, thereby generating additional revenue
while preparing the site for the cocoa trees.



Cacaoyères agroforestières sur savane

The fact that farmers preserved some natural forest tree species in grassland cocoa plantations
for their contribution in the soil fertility status, especially Ceiba pentandra (L.), Milicia excelsa
(Welw.) Berg., Ficus mucoso Ficalho, Beauv., and Ricinodendron heudelotii (Baill.) Pierre ex
Heckel is also evidence of their observation capacity and the experience they had acquired.

Moreover, in this area, Bidzanga et al. (2009) showed no major difference between rankings
based on these species’ mycotrophy and farmers’ classification of these species according to
their fertilising potential. In Ghana, Anim-Kwapong and Osei-Bonsu (2009) highlighted the
advantages of certain native non-leguminous tree species such as Newbouldia laevis Seem. ex
Bureau, Ricinodendron heudelotii (Baill.) Pierre ex Heckel, and Spathodea campanulata P., for
improving the soil quality in infertile ecosystems. These authors also recommended these
species for the rehabilitation of old cocoa plantations in Ghana.

In Cameroon, the establishment of cocoa agroforestry systems on I. cylindrica grasslands by


farmers, and their efficient management of different tree stands so as to maintain shading
conditions that they considered optimal for cocoa tree growth, showed that it is possible to
overcome some local constraints, e.g. the presence of I. cylindrica, water deficit and irregular
rainfall distribution, and poor soil fertility. While climatic change is one of the primary concerns
for agriculture, requiring researchers to look for potential adaptations for crop production,
including in Cameroon (Tingem et al. 2009), farmers’ practices to establish viable cocoa
plantations on grasslands at our research site could be also considered as a possible answer to
adapt cocoa cultivation to a futur drier climate in Africa.

Without chemical or organic fertilization, the topsoil organic matter content, which was 1.7% in
the grassland plots, increased with the cocoa plantation age. Our mean levels, i.e. 2.82% in
mature cocoa plantations and 3.13% in old plantations, were in agreement with the 3% value
obtained by Glatard et al. (2007) under cocoa plantations established on grasslands in the same
area. They were also close to the 4.1–4.7% values mentioned by Duguma et al. (2001) in mature
cocoa plantations set up in forest areas in central and southern Cameroon. However, we did not
observe the decrease in soil organic carbon noted by Snoeck et al. (2010) in young cocoa
plantations set up after forest clearing in the same areas. In grasslands, this lack of depressive
effect of soil organic carbon, as also observed in cocoa plantations installed on fallow lands,
could be explained by the very low soil carbon content before cocoa planting. Our results
confirmed the clear advantages of cocoa agroforestry systems in improving the environment for
soil biological processes which affect litter composition and nutrient cycling. These advantages
have already been revealed in many studies (Schroth et al. 2001; Barrios and Cobo 2004; Isaac
et al. 2005; Tapia Coral et al. 2005; Dawoe et al. 2010).

The marketable cocoa yield of grassland cocoa agroforestry systems (mean 321 kg·ha-1 after 20
years) was equivalent to that of cocoa plantations in nearby gallery forests and close to yields
observed in forest areas in central and southern Cameroon, i.e. 264–500 kg·ha-1 depending on
the intensification level (Duguma et al. 2001). This is evidence of the effectiveness of this local
cocoa growing practice under low-input conditions, although the question as to whether these
systems are capable of higher yields with higher inputs and under more intensive management
would require further research, especially on ecological interactions between species, combining
both agronomic and ecological concepts and tools (Malézieux et al. 2009; Wesel et al. 2009).



Cacaoyères agroforestières sur savane

The agrobiodiversity level of grassland cocoa plantations in central Cameroon was indicated by
the 2.07 Shannon-Weaver index, which was lower than the values mentioned by Sonwa et al.
(2007) for cocoa plantations in forest areas in central and southern Cameroon, i.e. 3.1–3.9 and
those obtained by Zapfack et al (2002) in the same areas, i.e. 4.39. However, it was similar to
that obtained by Oke and Odebiyi (2007) in cocoa agroforestry systems in Nigeria (2.7), by
Asare and Tetteh in cocoa agroforestry systems in Ghana (2.6) and by Salgado-Mora et al.
(2007) in cocoa agroforestry systems in Mexico (2.7–2.9). Since these studies were all carried
out in forest ecosystems, where it is to be expected that species diversity indices would be
higher than ours in a forest-savanna transition zone. However, the same long-term dynamics of
the agrobiodiversity level were observed in Ghana by Isaac and Dawoe (2009).

Our study showed that the expansion of grassland cocoa growing in the forest-savannah
interface area in central Cameroon is a long-standing trend, concomitant to the development of
cocoa growing in forest areas of central and southern Cameroon, where most cocoa plantations
had been set up between the 1930s and the 1960s after forest clearing (Champaud 1966).
Despite a population density of around 27–30 inhabitants km2 (Santoir and Bopda 1995) and an
apparent abundance of land resources, the current increase in cocoa agroforestry systems in
grassland areas raises several questions. These grasslands, which have been collectively
managed by villagers until present, are traditionally used for shifting food crop cultivation based
on a system of fallows of at least 5 years, which is very land consuming (Filipski et al. 2007).
The installation of cocoa plantations leads to individual appropriation of land and a change in
the land rights system. This grassland appropriation pattern could ultimately lead to a shortage
of land for growing annual food or cash crops, with a risk of reducing soil fertility in the land
used for food cropping and increasing social tension. The social impacts of this type of
grassland afforestation should thus be assessed.

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In the forest-savannah interface area in central Cameroon, the afforestation of Imperata


cylindrica grasslands with complex cocoa agroforestry systems is a farmer innovation that
challenges the expert advice of agronomists and constitutes a striking example of ecological
intensification by local farmers. It is also an original trend in the history of cocoa growing,
which has been historically linked with the clearing of humid tropical forests. This process of
setting up cocoa agroforestry systems integrates empirical knowledge and practices derived
from farmers’ experience, while also being a social adaptation in an ecosystem that is not very
suitable for cocoa growing. Moreover, this process confirms the potential resilience of cocoa
cultivation and farmers face to the current fears that cocoa production in West and Central
Africa may suffer from a drier future climate. Finally, this process shows that cocoa
cultivation—which is often considered to be a deforestation driving force—can, conversely, be
a reforestation agent in areas that until now have been considered to have unsuitable soil-climate
conditions for growing this crop.



Cacaoyères agroforestières sur savane

Acknowledgements
The authors would like to thank all institutions that facilitated this study: the Institut de
recherche agricole pour le développement (IRAD) and the Centre de coopération internationale
en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), in the framework of the ‘Grand
Sud Cameroun’ research platform in partnership (PCP), and the two projects, i.e. ‘Development
of competitive and sustainable cocoa growing systems in Africa’ and ‘Strengthening
agricultural research partnerships in Cameroon’, funded by the French Ministry of Foreign
Affairs. The authors thank Cécile Fovet-Rabot from CIRAD for her critical proofreading.

‡ˆ‡”‡ ‡•
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Cacaoyères agroforestières sur savane

Table 1. Tree species associated with cocoa trees (47 grassland cocoa agroforestry systems, 35.4
ha, central Cameroon)

Scientific name Family Group* Number %


Elaeis guineensis Jacq. Arecaceae P 1,374 28.4
Citrus sinensis (L.) Osbeck Rutaceae FrE 951 19.6
Dacryodes edulis (G. Don) H. J. Lam Burseraceae FrI 425 8.8
Citrus sp. Rutaceae FrE 208 4.3
Persea americana Mill. Lauraceae FrE 201 4.1
Ceiba pentandra (L.) Bombacaceae Fo 192 4.0
Cola nitida (Vent.) Schott & Endl. Sterculiaceae FrI 160 3.3
Mangifera indica L. Anacardiaceae FrE 151 3.1
Milicia excelsa (Welw.) C. C. Berg. Moraceae Fo 129 2.7
Erythrophleum ivorense A. Chev. Caesalpiniaceae Fo 125 2.6
Newbouldia laevis Seem. Ex Bureau Bignoniaceae Fo 85 1.8
Triplochiton scleroxylon K. Schum. Sterculiaceae Fo 72 1.5
Ficus mucoso Ficalho Moraceae Fo 55 1.1
Albizia adianthifolia (Schumach.) W. Mimosaceae Fo 54 1.1
Wight
Carapa procera Dc. Meliaceae Fo 54 1.1
Ricinodendron heudelotii (Baill.) Pierre ex Euphorbiaceae FrI 41 <1
Heckel
Citrus limon Rutaceae FrE 38 <1
Canarium schweinfurthii Engl. Burseraceae FrI 35 <1
Albizia ferruginea (Guill. & Perr.) Benth. Mimosaceae Fo 32 <1
Voacanga africana Stapf Apocynaceae FrI 32 <1
Psychotria sp. Rubiaceae Fo 29 <1
Cordia platythyrsa Baker Boraginaceae Fo 28 <1
Spathodea campanulata P. Beauv. Bignoniaceae Fo 25 <1
Vitex grandifolia Gürke Verbenaceae Fo 25 <1
Cola millenii K. Schum. Sterculiaceae Fo 24 <1
Ficus sp. Moraceae Fo 23 <1
Citrus grandis (L.) Osbeck Rutaceae FrE 19 <1



Cacaoyères agroforestières sur savane

Ficus Sur Forsk. Moraceae Fo 17 <1


Psydium guajava L. Myrtaceae FrE 17 <1
Spondias cytherea Sonn. Anacardiaceae FrE 17 <1
Allophyllus africanus P. Beauv. Sapindaceae Fo 15 <1
Sterculia tragacantha Lindl. Sterculiaceae Fo 15 <1
Irvingia gabonensis (Aubry-Lecomte ex Irvingiaceae FrI 13 <1
O'Rorke) Baill.
Angylocalyx pynaertii de Wild. Papillonaceae Fo 13 <1
Musanga cecropioides R. Br. Cecropiaceae Fo 10 <1
Pseudospondias microcarpa (A. Rich.) Anacardiaceae Fo 10 <1
Engl.
Afzelia pachyloba Harms Caesalpiniaceae Fo 9 <1
Fagara heitzii Aubrév. & Pellegr. Rubiaceae Fo 7 <1
Guibourtia tessmannii Caesalpiniaceae Fo 7 <1
Hevea brasiliensis (A. de Juss.) Müll. Arg. Apocynaceae Fo 7 <1
Lannea welwitschii (Hiern) Engl. Anacardiaceae Fo 7 <1
Pycnanthus angolensis (Welw.) Warb Myristicaceae Fo 7 <1
Annona muricata L. Annonaceae FrE 6 <1
Ficus exasperata Vahl. Moraceae Fo 6 <1
Gambeya lacourtiana Sapotaceae Fo 6 <1
Tetrapleura tetraptera (Schumach. & Mimosaceae Fo 6 <1
Thonn.) Taub.
Entandrophragma cylindricum (Sprague) Meliaceae Fo 5 <1
Sprague
Piptadeniastrum africanum (Hook.f.) Mimosaceae Fo 5 <1
Pterocarpus soyauxii Taub. Papillonaceae Fo 5 <1
Trilepisium madagascariensis Moraceae Fo 5 <1
Uapaca guineensis Müll. Arg. Euphorbiaceae Fo 5 <1
Borassus aethiopum Rutaceae Fo 4 <1
Bridelia micrantha (Hochst.) Baill. Euphorbiaceae Fo 4 <1
Cocos nucifera Rutaceae FrE 4 <1
Dracena arborea (Wild.) Link Agavaceae Fo 4 <1
Terminalia superba Engl. & Diels Combretaceae Fo 4 <1
Ficus vogelii Miq. Moraceae Fo 3 <1



Cacaoyères agroforestières sur savane

Macaranga barteri Mull. Agr. Euphorbiaceae Fo 3 <1


Terminalia ivorensis Engl. & Diels Combretaceae Fo 3 <1
Artocarpus altilis J.R.Forst. & G.Forst. Moraceae Fo 2 <1
Baillonella toxisperma Pierre Sapotaceae Fo 2 <1
Anthocleista vogelii Planch. Loganiaceae Fo 1 <1
Dacryodes macrophylla (Oliv.) H. J. Lam. Burseraceae Fo 1 <1
Elaeophorbia drupifera (Thonn.) Stapf. Euphorbiaceae Fo 1 <1
Garcinia afzelii Engl. Clusiaceae Fo 1 <1
Garcinia kola Heckel Clusiaceae FrI 1 <1
Tectona grandis L. Verbenaceae Fo 1 <1
Total 4 846
Group*: P = palm; FrE = exotic fruit tree species; FrI = native fruit tree species; Fo = forest tree
species



Cacaoyères agroforestières sur savane

Table 2. Tree stand composition and Shannon-Weaver index according to the cocoa plantation age: density of cocoa trees and associated tree species (± SD of
the mean) (47 grassland cocoa agroforestry systems, central Cameroon)

Age of cocoa Cocoa Oil Palm Fruit trees Forest trees Shannon-Weaver
agroforestry index
Density Density % of Density % of Density % of
systems
(trees ha-1) (trees ha-1) total (trees ha-1) total (tree ha-1) total
< 10 years 1,428 (± 127) a 50 (± 15) a 15 223 (± 54) a 65 68 (± 11) a 20 1.97 (± 0.50) a
10-40 years 1,274 (± 87) a 50 (± 15) a 29 89 (± 16) b 52 32 (± 4) b 19 2.09 (± 0.30) a
> 40 years 1,242 (± 35) a 44 (± 13) a 38 44 (± 6) b 38 27 (± 3) b 23 2.26 (± 0.36) a
Values within a column followed by the same letter are not significantly different (p < 0.01, Newman-Keuls test)


Cacaoyères agroforestières sur savane

Table 3. Clay and organic matter content (± SD of the mean) in topsoil (0-20 cm horizon) in 10
grassland plots and in 47 grassland cocoa plantations according to their age (central Cameroon)

Age of cocoa agroforestry Clay content Organic matter


systems (%) content (%)
Grassland (control) 18.8 (± 0.81) a 1.70 (± 0.09) c
< 10 years 17.5 (± 0.55) a 2.25 (± 0.18) b
10-40 years 17.8 (± 1.58) a 2.82 (± 0.16) ab
> 40 years 19.3 (± 1.61) a 3.13 (± 0.37) a
Values followed by the same letter are not significantly different (p < 0.01, Newman-Keuls
test).














Chapitre 3
Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

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Ce travail répond à notre troisième question de recherche. Notre objectif est de définir le rôle et
la valeur d’usage des espèces forestières et fruitières associées aux cacaoyers. La valeur d’usage
que les agriculteurs attribuent à ces différentes espèces varie selon les zones, le cacaoyer étant
l’espèce-pivot dont la valeur d’usage est la plus élevée.

Ce travail est présenté sous la forme d’un article intitulé « Farmers’ assessment of the use of
agrobiodiversity in plurispecific systems. An application to cocoa agroforests in central
Cameroon » que nous avons soumis à la revue Biodiversity and Conservation.



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

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P. Jagoret1-2, J. Kwesseu2-3, C. Messie2-3, I. Michel-Dounias4-5, E. Malézieux6

1
CIRAD, UPR Systèmes de pérennes, F- 34398 Montpellier cedex 5, France
2
IRAD-Nkolbisson, BP 2572, Yaoundé, Cameroon
3
Université de Dschang, FASA, BP. 222, Dschang, Cameroun
4
UMR 951 Innovation Montpellier Supagro INRA CIRAD, Campus de la Gaillarde, 2 place
Viala, 34060 Montpellier cedex 1, France
5
Institut des Régions Chaudes, 1101, avenue Agropolis, BP 5098 34093 Montpellier Cedex 05,
Montpellier, France
6
CIRAD, UPR HortSys, F- 34398 Montpellier cedex 5, France

Abstract

Agroforestry systems (AFS) in humid tropical areas are complex multispecies cropping systems
whose overall roles and performances are often hard to assess. We present the findings of a
participatory assessment of these systems based on the relative use value attributed by the
farmer to each species of the system. A tree inventory in 50 cocoa agroforests was carried out in
the forest-savanna transition zone and in two forest zones of central Cameroon. Overall, 122
non-cocoa tree species were inventoried. The mean species richness was 23 species per plot and
the mean Shannon index was 2.42, for a mean density of 180 non-cocoa trees ha-1 and 1,511
cocoa trees ha-1. The pebble distribution method was used to quantify the value given by
farmers to each species according to the attributed uses. Cocoa farmers defined seven different
uses for tree species, including Theobroma cacao. The highest use value was given to
Theobroma cacao, with a mean score of 23.6%. Then, in descending order, the 10 non-cocoa
species with the highest use values were Dacryodes edulis, Persea americana, Elaeis
guineensis, Citrus sinensis, Mangifera indica, Milicia excelsa, Cola nitida, Citrus sp.,
Ricinodendron heudelotii, and Terminalia superba. The frequency of non-cocoa species was
significantly and positively correlated with their use value (R2= 0.914). Our results showed that
technical innovations designed to improve agroforestry systems should account for their farmer-
induced complexity.

Key words: Agroforestry system, indigenous knowledge, participatory tool, pebble distribution
method, natural resource management, Theobroma cacao L.



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

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The major challenge facing global agriculture is to be able to feed an ever increasing human
population, and to provide energy and biomaterials while preserving natural resources (Griffon
1999; Tilman et al. 2002; World Bank 2007). In the current setting, including the food crisis,
climate change and the reduction in area available for agriculture, agroforestry systems (AFS)
seem to be a viable alternative and in line with the Millennium Development Goals with respect
to combating poverty in the world (Garrity 2004). However, due to their high complexity, little
is known about the overall functioning of these cropping systems, which are based on
associations of perennial tree species. They are also much harder to assess than monocrop-based
cropping systems (Vandermeer 1989).

Of all agroforestry systems, those based on cocoa (Theobroma cacao L.) are of special interest
since cocoa growing is generally considered as a key factor leading to deforestation in the
tropics (Dixon et al. 2001). Cocoa agroforests are found in Asia, Latin America and Africa.
Those best described in the literature are located in Indonesia (Jurhbandt et al. 2010), Mexico
(Salgado-Mora et al. 2007) and Brazil, where they are referred to as cabrucas (Ruf and Schroth
2004), as well as Ghana (Asare and Tetteh 2010), Nigeria (Oke and Odebiyi 2007) and
Cameroon (Duguma et al. 2001; Laird et al. 2007). Cocoa trees are the main constituent of these
systems and are associated with other woody tree species that farmers value and use according
to their needs and knowledge of the environment.

Technical innovations offered to farmers to improve cocoa production in these agroforests are
generally designed by researchers striving to optimize biophysical relationships with one or two
species associated with the cocoa trees (Osei-Bonsu et al. 2002; Zuidema et al. 2005; Hartemink
2005). The introduction of species with a high economic potential, such as Dacryodes edulis,
Garcinia kola, and Irvingia gabonensis, has also been proposed (Mollet et al. 1995; Ayuk et al.
1999a; Ayuk et al. 1999b; Schreckenberg et al. 2002; Leakey and Tchoundjeu 2001; Degrande
et al. 2006). However, some technical innovations have conflicting objectives, such as
preserving biodiversity while reducing shade in the vicinity of cocoa trees so as to boost cocoa
yields (Franzen and Borgerhoff Mulder 2007). To ensure the relevance of these technical
innovation initiatives, it is essential to carry out an accurate quantitative assessment of the
sustainable services and production levels of these cocoa agroforests (Leakey 1998; Sonwa et al.
2002; Franzen and Borgerhoff Mulder 2007).

Pollini (2009), in his review article on the reasons underlying the successes and failures of
alternatives to slash-and-burn cultivation, stated that there is a shortage of scientific literature on
indigenous knowledge to improve these complex systems. He concluded that the low rate of
farmers’ adoption of proposed innovations is likely due to the fact that farmers are seldom
involved in the development of these innovations. This author also highlighted the excessive
implementation of modelling approaches to the detriment of holistic studies about farmers’
knowledge. Moreover, Martin et al. (2010) pointed out that traditional ecological knowledge
and know-how should be taken into account in developing new agricultural production models
so as to take current challenges facing societies into account.



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

In central Cameroon, cocoa cropping is based on an agroforestry system in which cocoa trees
are always grown in association with forest or fruit tree species that farmers preserve when the
forest is felled. Cocoa trees are subsequently planted in the cleared areas (Duguma et al. 2001;
Carrière 2002). Cocoa agroforests created in this way are multispecies/multstrata stands of high
environmental, social and economic value (Kotto-Same et al. 1997; Gockowski and Dury 1999;
Leakey and Tchoundjeu 2001; Ruf and Schroth 2004; Bisseleua et al. 2009). The species
present and some of their uses have been determined through tree inventories (Zapfack et al.
2002; Sonwa et al. 2007). Many of these species, while providing shading for cocoa trees,
produce a broad range of products (fruits, wood, leaves, bark, etc.) that farmers may market or
not and which enhance the self-sufficiency and diets of farm households, while also providing
medicinal products, timber and income for farmers.

These studies, however, generate little information on the use value that farmers attribute to the
different species associated with cocoa, so no overall assessment of these cocoa agroforests is
possible on the basis of these studies, nor do the findings reveal the respective roles of each
species present. We focused on the use and value for farmers of each tree species of these
agroforestry systems so as to improve their global assessment. Tree inventories were first
conducted in 50 cocoa agroforests located in the forest-savanna transition zone and in two forest
zones of central Cameroon. Farmers who harvested these cocoa agroforests then quantified the
value of species present in the stands on the basis of their uses. We instructed them to apply a
simple scoring procedure that we adapted from the pebble distribution method used by Sheil et
al. (2004) in Indonesia.

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The study was carried out in 2009 and focused on cocoa growing areas in central Cameroon:
Bokito (4°35’N; 11°8’E), Zima (4°7’N; 11°25’E) and Ngomedzap (3°16’N; 11°14’E),
representative of the north-south gradient in natural conditions in this region. Central Cameroon
is located between 2.1° to 5.8° N and 10.5° to 16.2° E, at 600-800 m elevation. The climate is
hot and humid, with an average annual temperature of 25°C (Santoir and Bopda 1995). It is
divided into two distinct wet and dry seasons that vary in duration from north to south (bimodal
rainfall regime). The average total annual rainfall is around 1,400 mm in Bokito, 1,600 mm in
Zima and 1,800 mm in Ngomedzap. The main dry season lasts 5 months in Bokito (mid-
November to mid-April) and 3 months in Ngomedzap (mid-November to mid-February). Bokito
is located in the forest-savanna transition zone where there is low land pressure (29 inhab. km-
2
), characterized by a patchwork of forest galleries and herbaceous and sedge savannas on
rejuvenated slightly desaturated soils. Zima is located in a forest zone with considerable human
activity (111 inhab. km-2), where the vegetation is influenced by forest clearing and tree
cropping on moderately desaturated ferrallitic soils. Ngomedzap is located in the forest zone
where there is low land pressure (37 inhab. km-2), and the prevailing vegetation is dense
evergreen forest on highly desaturated ferrallitic soils (Santoir and Bopda 1995).

50 cocoa agroforests belonging to 35 farmers (i.e. some individual farmers cropped several
cocoa agroforests) were randomly selected from lists of farmers belonging to local cocoa
growers’ organizations.



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

The cocoa agroforest and farmer distribution was as follows: 19 cocoa agroforests in Bokito,
ranging from 452 m2 to 23,258 m2 (13 farmers), 17 in Zima, ranging from 1,552m2 to 26,835 m2
(11 farmers) and 14 in Ngomedzap, ranging from 1,860 m2 to 22,973 m2 (11 farmers).

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In each cocoa agroforest, the cocoa tree density was measured by counting plants in a randomly
located 1,000 m2 square. All non-cocoa trees exceeding 1 m in height were inventoried
throughout the entire area of each cocoa agroforest. The species identifications were based on
vernacular names in the Yambassa language in Bokito, Eton language in Zima and Ewondo
language in Ngomedzap. Correspondences with the scientific names were established via the
tree identification manuals of Vivien and Faure (1985), Wilks and Issembé (2000) and Eyog
Matig et al. (2006). The tree inventories were used to measure the species richness of the cocoa
agroforests and to assess their level of agrobiodiversity according to the Shannon index (Krebs
1985). The frequency of each species (F, %) was calculated by the following equation:

Fi = Ni
N
where Ni is the number of trees of species i in the entire sample, while N is the total number of
trees in the sample.

In each cocoa agroforest, the cocoa tree density was measured by counting plants in a randomly
located 100 m2 square. All non-cocoa trees exceeding 1 m in height were inventoried over all
the total area of each cocoa agroforest. The species identifications were based on vernacular
names in the Yambassa language in Bokito, Eton language in Zima and Ewondo language in
Ngomedzap. Correspondences with the scientific names were established from the tree
identification manuals of Vivien and Faure (1985), Wilks and Issembé (2000) and Eyog Matig
et al. (2006).

͸Ǥ͹Ǥ ƒ”‡”•ǯƒ••‡••‡–‘ˆ–Ї—•‡ƒ†˜ƒŽ—‡‘ˆ–”‡‡•’‡ ‹‡•

The main uses of the tree species, including cocoa, were identified through interviews with each
of the 35 cocoa agroforest owners/farmers (Bokito: 13; Zima: 11; Ngomedzap: 11).

We then quantified the value farmers attributed to the different inventoried species in their
cocoa agroforests according to their uses of these species. Our approach was adapted from the
pebble distribution method (PDM; Sheil et al. 2004). This holistic method is a simple diagnostic
scoring procedure that clarifies both the understandings and priorities of participants (Lynam et
al. 2007).

This exercise was carried out in each cocoa agroforest with the owner and was repeated per
cocoa agroforest owned (total: 50 exercises). Each time we presented the cocoa farmer with a
cross-classification table in which the rows showed the vernacular name of the cocoa tree and
the tree species inventoried in the cocoa agroforest, while the columns indicated potential uses
(Table 1). We gave the farmer 100 pebbles to be distributed on the cross-classification table
(Photo 1).



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

The number of pebbles placed in a table cell was 0 if, for the given use, the species had no value
for the farmer. Otherwise, this number could range from 1 to 100 according to the value
attributed by the farmer to a given species for a given use. We assumed that this number, as a
numerical value, could express the value of a species or of a use for the farmer. When the
farmer had finished distributing the 100 pebbles on the table, we asked him to explain the final
pebble distribution.

We based our analysis of the 50 use value datasets on the following convention: for each
expressed use value, the unit corresponding to a number of pebbles out of 100 was expressed as
a percentage (V, %).

Table 1 An example of the scoring exercise to estimate the value allocated by a farmer to the
different inventoried species in his cocoa agroforest according to the uses. Total A is the overall
score for each tree species, for all uses combined, and Total B is the overall score for each use,
for all species combined.

Species Uses
U1 U2 U3 U4 U5 U6 U7 Total A
S1 5 10 3 2 20
S2 10 5 15
S3 30 5 5 40
S4 5 5 10
S5 3 2 5 10
S6 0
S7 5 5
Total B 18 45 7 5 8 7 10 100

Photo 1: Scoring exercise by a cocoa farmer to estimate the value he gives to the different
species inventoried in his cocoa agroforest according to their uses (central Cameroon, 2009)








Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

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Tree density, species richness, Shannon index, number of uses per species and number of
species per use were subjected to an analysis of variance (ANOVA) using a general linear
model. The Fisher test was performed to determine significance levels between the three zones.
The Newman-Keuls test was used to compare treatment averages when significant differences
were noted.

The overall scoring of the tree species (total A, Table 1) enabled us to rank species according to
their use value, first globally and then for each study zone. The overall scoring of uses (total B,
Table 1) enabled us to rank, for all species combined, the uses on the basis of their value and to
draw up a cocoa agroforest use profile, first globally and then for each study zone.

Correlations between the frequency of non-cocoa species and their use value were verified.
When variables proved to be significantly correlated at the 5% limit, an analysis of simple
regression was carried out (Pearson test).

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For all 50 cocoa agroforests, 122 non-cocoa tree species were inventoried overall (out of 4,381
trees), including 70 species in Bokito, 64 species in Zima and 84 species in Ngomedzap (Table
2). The five most frequently encountered species were, in descending order: Dacryodes edulis
(local fruit species), Persea americana (exotic fruit species), Citrus sinensis (exotic fruit
species), Elaeis guineensis (local species) and Mangifera indica (exotic fruit species). However,
this ranking varied between the three study zones—these species were the most frequently
encountered in Bokito, whereas in Zima, the most frequent were P. americana, D. edulis, M.
indica, E. guineensis, Milicia excelsa (forest species), and in Ngomedzap the most frequent
were D. edulis, P. americana, Terminalia superba (forest species), Ficus mucoso (forest
species), Albizia adianthifolia (forest species).

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The species richness per cocoa agroforest was 23 species on average while the mean Shannon
index was 2.42 (Table 3). These two values were significantly higher at Zima and Ngomedzap
than at Bokito.

The mean density of cocoa trees was 1,511 plants ha-1 and of non-cocoa trees it was 180 trees
ha-1 (Table 3). The cocoa tree density was significantly higher at Zima and Ngomedzap than at
Bokito and, conversely, the non-cocoa tree density was significantly higher at Bokito than at
Zima and Ngomedzap.



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

Table 3. Species richness, agrobiodiversity and tree density per cocoa agroforest (цSD of the
mean) depending on the study zone (50 cocoa agroforests: Bokito: 19; Zima: 17; Ngomedzap:
14; central Cameroon)

Study zone Species Shannon Cocoa tree Non-cocoa tree


number index density ha-1 density ha-1
Bokito 15 (±1.54) b 2.01 (±0.09) b 1,217 (±65.49) b 277 (±63.96) a
Zima 24 (±2.06) a 2.57 (±0.07) a 1,604 (±190.19) a 108 (±13.51) b
Ngomedzap 31 (±3.47) a 2.81 (±0.14) a 1,723 (±130.03) a 135 (±29.61) b
Mean 23 (±1.57) 2.42 (±0.76) 1,511 (±78.81) 180 (±27.87)
Values within a column followed by the same letter are not significantly different (p < 0.01, Newman-
Keuls test)

͹Ǥ͹Ǥ”‡‡•’‡ ‹‡•—•‡•

The cocoa farmers defined seven uses of the inventoried species in their cocoa agroforests
(Table 4). We lumped these uses into three categories: four production uses, two ecological uses
and one social use.

Table 4. Seven uses of cocoa agroforest tree species defined by cocoa farmers (35 cocoa
farmers, 50 cocoa agroforests, central Cameroon)

Use category Use Code


Production Non-woody products for on-farm consumption U1
Woody and non-woody marketable products U2
Woody products for on-farm consumption U3
Medicinal products for on-farm consumption U4
Ecology Cocoa tree shading U5
Soil fertility preservation or enhancement U6
Social Non-woody products for social exchange U7

Table 2 presents a complete inventory of non-cocoa species and their frequency at each site,
while also listing the different uses of each species. For all cocoa agroforests, 81% of the
species (including cocoa trees) had one to seven uses whereas 19% of the species had no
declared use for farmers. The species distribution according to the number of uses varied
between study zones (Figure 1). The number of species with no declared use was significantly
higher at Ngomedzap than at Zima and Bokito. The number of species with just one use
increased significantly from Bokito to Zima and from Zima to Ngomedzap. There were
significantly more species with two to three uses at Zima and Bokito than at Ngomedzap.
However, no significant difference was noted between study zones for species with four or more
uses.



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

Figure 1. Application of the pebble distribution method (50 datasets): distribution of tree species
(including cocoa trees) according to the number of uses defined by farmers in the three study
zones (123 species; 50 cocoa agroforests: 19 in Bokito; 17 in Zima; 14 in Ngomedzap; central
Cameroon)

For all 50 cocoa agroforests, the species were distributed in descending order according to the
type of use, as follows: 19.6% of the tree species were exploited for non-woody products for on-
farm consumption (U1), 18.8 % for woody and non-woody marketable products (U2), 17.6%
for woody products for on-farm consumption (U3), 15.9% for cocoa tree shading (U5), 11.6%
for medicinal products for on-farm consumption (U4), 9.6% for non-woody products for social
exchange (U7), and 6.6% for soil fertility preservation and enhancement (U6).

This species distribution according to use varied between study zones (Figure 2). The number of
species varied significantly between zones for U2 (marketable products), U3 (woody products
for on-farm consumption), U4 (medicinal products for on-farm consumption): for U2, the
number of species was significantly higher at Zima than at Bokito and Ngomedzap; for U3, the
number was significantly higher at Zima and Ngomedzap than at Bokito; and for U4, it
increased significantly from Bokito to Zima and from Zima to Ngomedzap. However, no
significant difference was noted between study zones in terms of the number of species
providing non-woody products for on-farm consumption (U1), cocoa tree shading (U5), soil
fertility preservation or enhancement (U6) or for social exchange (U7).



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

Figure 2. Application of the pebble distribution method (50 datasets): number of tree species
(including cocoa trees) for each of the seven uses defined by farmers. U1: non-woody products
for on-farm consumption; U2: woody and non-woody marketable products; U3: woody products
for on-farm consumption; U4: medicinal products for on-farm consumption; U5: cocoa tree
shading; U6: soil fertility preservation or enhancement; U7: non-woody products for social
exchange (123 species, 50 cocoa agroforests, central Cameroon)

͹ǤͺǤ”‡‡•’‡ ‹‡•”ƒ‹‰ƒ ‘”†‹‰–‘–Ї‹”—•‡˜ƒŽ—‡

We ranked species by their overall scores, for all uses combined (Total A, Table 1). Irrespective
of the study zone and cocoa farmer, the highest use value was attributed to Theobroma cacao,
with a mean score of 23.6%, thus confirming the pivotal role of cocoa trees in the system (Table
5). The use value of Theobroma cacao was significantly higher at Bokito (34.7 %) than at Zima
(14.2%) and Ngomedzap (19.6%). The highest use value given to Theobroma cacao concerned
marketable cocoa production. However, at Bokito and Zima, farmers also attributed a use value
to this species for all other uses, whereas farmers at Ngomedzap attributed a use value for three
other uses.

The use values of non-cocoa species overall and in each study zone are given in Table 2. For all
50 cocoa agroforests, after cocoa trees, and in descending order, the 10 non-cocoa species that
had the highest use values were as follows: Dacryodes edulis, Persea americana, Elaeis
guineensis, Citrus sinensis, Mangifera indica, Milicia excelsa, Cola nitida, Citrus sp.,
Ricinodendron heudelotii and Terminalia superba. However, the 10 non-cocoa species ranked
highest by farmers varied between study zones. Dacryodes edulis, Persea americana, Elaeis
guineensis and Mangifera indica obtained the highest rankings in all zones, but the number of
forest species ranked in this top-10 increased over a north–south gradient in the region, ranging
from three species at Bokito to four at Zima and six at Ngomedzap.



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

The use value of species also varied according to their uses. Of the five species ranked highest
by farmers for each use and in each study zone (Table 6), cocoa trees ranked highest for use U2
(marketable products) in the three zones. Its use value was also highest at Bokito for uses U3
and U4 (woody products and medicinal products). Moreover, it was part of this top-five at
Bokito for U6 (soil fertility preservation or enhancement) and Zima for U7 (social exchange).

Table 5. The use value (V, %) attributed to cocoa trees by farmers, throughout the study zone,
according to use, and the overall score for all uses combined per zone (total A) (results of the
pebble distribution method, 50 datasets). U1: non-woody products for on-farm consumption;
U2: woody and non-woody marketable products; U3: woody products for on-farm consumption;
U4: medicinal products for on-farm consumption; U5: cocoa tree shading; U6: soil fertility
preservation or enhancement; U7: non-woody products for social exchange.

Study zone Use value of Theobroma cacao (V, %)


U1 U2 U3 U4 U5 U6 U7 Total A
Bokito 3.5 71.7 14.5 17.7 7.1 13.4 5.8 34.7
(±1.38) a (±5.21) a (±3.81) a (±3.21) a (±2.81) a (±7.65) a (±2.05) a (±4.21) a
Zima 3.8 36.1 1.8 2.9 3.1 1.9 5.4 14.2
(±1.25) a (±4.38) b (±1.01) b (±1.26) b (±1.85) b (±0.73) a (±0.73) a (±6.36) b
Ngomedzap - 54.9 1.2 0.6 - 5.4 - 19.6
(±7.45) a (±0.89) b (±3.27) b (±7.17) a (±5.49) b
Mean 2.8 56.7 5 6.3 3.6 8.8 0.5 23.6
Values within a column followed by the same letter are not significantly different (p < 0.01, Newman-
Keuls test)

In the top-five species ranking per use shown in Table 6, 12 species accounted for the seven
uses in the forest-savanna transition zone at Bokito, as compared to 19 species at Zima and 21 at
Ngomedzap. Of the 12 highest ranked species at Bokito, there were seven fruit species and five
forest species, whereas in the Zima and Ngomedzap forest zones, 13 and 16 species,
respectively, were amongst these top ranked species.

The use value of non-cocoa species was significantly and positively correlated with their
frequency (R2= 0.914; P < 0.001) (Figure 3). This correlation was also significant for each study
zone: Bokito R2= 0.368; P < 0.001; Zima R2= 0.682; P < 0.001; and Ngomedzap R2= 0.584; P <
0.001. Of the 122 non-cocoa species inventoried in the cocoa agroforests, Figure 3 highlights 20
species that were most frequently encountered while also having the highest use value for
farmers. There were 13 forest species amongst these 20 species.



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

Table 6. Use value (V, %) of the five species ranked highest by farmers per use and per study
zone. Uses: U1: non-woody products for on-farm consumption; U2: woody and non-woody
marketable products; U3: woody products for on-farm consumption; U4: medicinal products for
on-farm consumption; U5: cocoa tree shading; U6: soil fertility preservation or enhancement;
U7: non-woody products for social exchange (50 datasets obtained via the pebble distribution
method: 50 cocoa agroforests for 35 farmers surveyed; central Cameroon).

Use Bokito Zima Ngomedzap


Species V (%) Species V (%) Species V (%)
Production uses
U1 Citrus sinensis 16.6 Dacryodes edulis 14.1 Dacryodes edulis 17.7
Dacryodes edulis 15.1 Citrus sp. 13.1 Persea americana 15.1
Persea americana 14.8 Persea americana 12.3 Mangifera indica 11.7
Elaeis guineensis 14.3 Citrus sinensis 11.3 Ricinodendron heudelotii 10.4
Mangifera indica 7.0 Elaeis guineensis 11.1 Elaeis guineensis 9.5
U2 Theobroma cacao 71.7 Theobroma cacao 36.1 Theobroma cacao 54.9
Dacryodes edulis 6.7 Dacryodes edulis 6.9 Ricinodendron heudelotii 7.4
Elaeis guineensis 4.1 Citrus sp. 6.1 Dacryodes edulis 5.2
Persea americana 3.4 Persea americana 6.1 Mangifera indica 5
Citrus sinensis 3.4 Elaeis guineensis 4.1 Milicia excelsa 4.6
U3 Theobroma cacao 14.5 Milicia excelsa 14.2 Distemonanthus benthamianus 10.4
Milicia excelsa 12.0 Tieghemella africana 6.3 Milicia excelsa 8.1
Persea americana 11.4 Mansonia altissima 5.6 Pterocarpus soyauxii 8.1
Dacryodes edulis 8.2 Ficus exasperata 5.2 Lovoa trichilioides 6.4
Triplochyton scleroxylon 5.7 Antiaris africana 4.1 Entandrophragma cylindricum 5.2
U4 Theobroma cacao 17.7 Alstonia boonei 9.6 Morinda lucida 9.7
Cola nitida 15.7 Persea americana 7.4 Persea americana 7.1
Persea americana 13.7 Mangifera indica 7.4 Pterocarpus soyauxii 6.6
Mangifera indica 11.7 Entandrophragma cylindricum 6.6 Pycnanthus angolensis 6.2
Rauvolfia vomitoria 7.8 Rauvolfia vomitoria 6.6 Alstonia boonei 6.2
Ecological uses
U5 Ceiba pentandra 12.2 Terminalia superba 10.1 Terminalia superba 11.1
Persea americana 9.4 Milicia excelsa 7.1 Ficus exasperata 7.4
Elaeis guineensis 8.9 Spathodea campanulata 7.1 Pycnanthus angolensis 6.4
Albizia adianthifolia 8.9 Citrus sp. 4.7 Entandrophragma cylindricum 5.8
Dacryodes edulis 7.1 Alstonia boonei 4.7 Ficus mucoso 5.8
U6 Ceiba pentandra 19.3 Ficus mucoso 26.9 Ficus mucoso 21.8
Albizia adianthifolia 15.1 Erythrococca sp. 11.5 Ceiba pentandra 12.7
Theobroma cacao 13.4 Ceiba pentandra 11.4 Entandrophragma cylindricum 9.1
Dacryodes edulis 7.5 Dacryodes edulis 7.7 Pycnanthus angolensis 7.3
Milicia excelsa 7.4 Milicia excelsa 7.6 Alstonia boonei 7.2
Social uses
U7 Citrus sinensis 16.8 Citrus sinensis 12.9 Elaeis guineensis 15.5
Elaeis guineensis 15.5 Elaeis guineensis 11.8 Cola acuminata 13.3
Dacryodes edulis 14.9 Dacryodes edulis 8.6 Dacryodes edulis 11.1
Cola nitida 14.2 Persea americana 6.4 Persea americana 8.9
Mangifera indica 9.1 Theobroma cacao 5.4 Dacryodes macrophylla 8.9



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

Figure 3. Positive correlation between the frequency of non-cocoa species (%) and their use
value (%), for all uses combined (50 datasets obtained via the pebble distribution method: 50
cocoa agroforests for 35 farmers surveyed; central Cameroon).

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hƐĞǀĂůƵĞ;йͿ Dacryodes edulis
ZϮ сϬ͘ϵϭϰϮ
ϳ
Persea americana
ϲ Elaeis guineensis

Mangifera indica Citrus sinensis


ϱ

ϰ Milicia excelsa Citrus sp.


Ricinodendron heudelotii
Ceiba pentandra
ϯ Triplochyton scleroxylon
Cola nitida
Albizia adianthifolia
Terminalia superba Canarium schweinfurthii
Ϯ Ficus mucoso
Ficus exasperata
Alstonia boonei
ϭ Pterocarpus soyauxii
Pycnanthus angolensis
Spathodea campanulata
Ϭ
Ϭ Ϯ ϰ ϲ ϴ ϭϬ ϭϮ ϭϰ ϭϲ
&ƌĞƋƵĞŶĐLJ ;йͿ

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For all combined species, we ranked uses according to the total of the use values (Total B, Table
1) attributed by cocoa farmers. For all 50 cocoa agroforests (Figure 4a), the two main species
uses were the provision of woody and non-woody marketable products (U2) and non-woody
products for on-farm consumption (U1). Together, these two uses accounted for 56.8% of the
total use values, whereas the other uses represented 43.2% overall. These were, in descending
order, providing woody products for on-farm consumption (U3), soil fertility preservation or
enhancement (U6), medicinal products (U4), non-woody products for social exchange (U7) and
cocoa tree shading (U5). This use ranking was identical for all three study zones (Figure 4, b to
d). However, the combined value for uses U2 and U1 declined from the Bokito forest–savanna
transition zone to the Zima and Ngomdezap forest zones, whereas the values of the other uses
(U3, U6, U4, U7 and U5) increased from 37.3% at Bokito to 43.9% at Zima and 50.5% at
Ngomedzap.



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

Fig. 4. Use values (%) attributed to species in cocoa agroforests. Uses: U1: non-woody products
for on-farm consumption; U2: woody and non-woody marketable products; U3: woody products
for on-farm consumption; U4: medicinal products for on-farm consumption; U5: cocoa tree
shading; U6: soil fertility preservation or enhancement; U7: non-woody products for social
exchange (50 datasets obtained via the pebble distribution method: 50 cocoa agroforests for 35
farmers surveyed; central Cameroun).

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We inventoried 23 tree species per cocoa agroforest on average. This high number is in line
with the average of 21 species reported by Sonwa et al. (2007) in a humid forest zone of
southern Cameroon. The most common species in our study were also similar to those
inventoried by these authors. The high Shannon indices we obtained (mean: 2.42) were similar
to those obtained by Jagoret et al. (2011), but they were lower than those of Sonwa et al. (2007)
with an average of 3.7, and of Zapfack et al. (2002) with an average of 4.39 in the forest zone of
Cameroon. These Shannon index differences could be explained by the fact that these authors
did not conduct inventories in the Bokito forest–savanna transition zone where the cocoa
agroforest agrobiodiversity level was found to be lower than in cocoa agroforests located in
forest zones.



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

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Cocoa trees were found to be the main constituent, density-wise, in cocoa agroforests in central
Cameroon. Farmers ranked cocoa as the highest species in terms of use value. These two
findings were in agreement with previous studies describing the high contribution of cocoa to
the household income in Cameroon (Leplaideur 1985; Jagoret et al. 2011).

In 2009, at the time of this study, the purchase price for marketable cocoa from growers was
around FCFA700 kg-1 (n.b. FCFA656 = €1), whereas it sharply increased in 2011 to FCFA1,500
kg-1. It would be interesting to assess the impact of variations in this price on the use value that
farmers attribute to cocoa trees relative to other species. The use value of Theobroma cacao
could increase with the cocoa purchase price, to the detriment of the value attributed to non-
cocoa species, whereas the reverse trend would apply when cocoa prices drop. Moreover, this
impact could differ between zones since the cocoa tree U2 (marketable product) use value was
dependent on the other marketable products. How would Bokito farmers react since they gave
cocoa trees the highest value for use U2 (71.7%)? These farmers from the forest-savanna
transition zone also implemented the most intensive cropping practices and their marketable
cocoa yields were significantly higher than those in the Zima and Ngomedzap forest zones
(Jagoret et al. 2011).

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At Zima, where there was a high human population, the number of species without any use was
significantly lower than in the three study zones, whereas the number of species providing
marketable woody or non-woody products was significantly higher. These findings suggest that
under high land pressure farmers try to profit maximally from species associated with cocoa
trees. Our results are in line with those obtained by Degrande et al. (2006), who showed that
market access and land pressure are the main factors influencing the introduction of fruit species
in cocoa agroforests. Our results also confirmed those of Sonwa et al. (2007), who showed that
market access and land pressure also affect the tree composition and biodiversity of cocoa
agroforests.

Moreover, differences in natural environment impact farmers’ use of species. At Bokito, a


forest-savanna transition zone where fewer forest species were inventoried, there were many
uses of fruit tree species, i.e. much more than just providing fruit for on-farm consumption or to
be marketed. For instance, Dacryodes edulis was used for cocoa tree shading and soil fertility
preservation, Persea americana and Theobroma cacao were used for fuelwood and medicinal
purposes. Conversely, in Zima and Ngomedzap forest zones, fruit trees mainly provided
products for on-farm consumption and for social exchange, while forest species had other uses:
fuelwood, timber, medicinal products, cocoa tree shading and soil fertility preservation or
enhancement.

Cocoa trees were used in all three zones to provide traditional medicines, (use U4), i.e. mainly
as a local antiseptic (young leaves used to disinfect minor wounds). Theobroma cacao had a
high medicinal use value at Bokito, but this value was low in forest zones (Zima and
Ngomedzap).


Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

Indeed, the number of forest species with a medicinal use was significantly higher in forest
zones than at Bokito, which is located in a forest–savanna transition region where the number of
available forest species is substantially lower. Zapfack et al. (2002) had already reported a
medicinal use of cocoa trees in forest zones of central Cameroon, but they did not specify the
extent of this use.

Of the five species ranked highest by farmers for soil fertility preservation or enhancement (U6,
Table 4), we found that Ceiba pentandra and Milicia excelsa at Bokito, as well as Ficus
mucoso, Ceiba pentandra and Entandrophragma cylindrica at Ngomedzap, were also listed in
the classification of Bidzanga et al. (2009) on the basis of a study carried out in the same zones.
These authors asked 20 cocoa farmers to empirically rank 10 ‘fertility-enhancing’ species
inventoried in their cocoa agroforests, and they discovered that the farmers’ ranking was similar
to their ranking of the same species according to the rate of mycorrizal colonization of their
roots.

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In cocoa agroforests, besides cocoa trees, the main non-cocoa trees were identified on the basis
of the documented relationship between the species frequency and their use value (Figure 3).
We noted that these were local fruit tree species such as Dacryodes edulis and Elaeis
guineensis, or exotic fruit species such as Persea americana and Citrus sinensis for fruit
production for on-farm consumption and marketing. However, we also noted that, amongst the
baseline species of cocoa agroforests, there were several forest species, such as Milicia excelsa,
Terminalia superba, Ceiba pentandra and Ficus mucoso, which had uses that differed from
conventional fruit tree uses, i.e. providing timber, enhanced soil fertility and cocoa tree shading.
The introduction of species with a high economic potential is the main way, according to
previous reports, to improve cocoa agroforests (Ayuk et al. 1999a; Ayuk et al. 1999b; Ruiz
Pérez et al. 1999; Leakey and Tchoundjeu 2001; Schreckenberg et al. 2006). However, our
results revealed that farmers’ expectations went beyond the provision of products for on-farm
consumption and marketing, and thus other uses of cocoa agroforests should also be considered.
This was confirmed by the cocoa agroforest use profile (Figure 4), where uses other than the
provision of products for on-farm consumption and marketing represented 37.3% and 50.5% of
the total use values, depending on the study zone.

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Sheil et al. (2004) designed the pebble distribution method to determine the value given by
some Indonesian village communities to their environment and natural resources. By adapting
this participatory method, we achieved a global quantitative assessment of cocoa agroforests. In
this quantitative assessment, farmers attributed a use value to species present in their cocoa
agroforests on the basis of their uses of the agroforest resources. This method had two main
advantages. First, it enabled us to overcome many methodological problems in the assessment
of these species, whose uses, the type of products harvested or services provided and growth
cycles may differ markedly (Nair 1993; Huxley 1999).



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

Finally, we overcame the problem of a common unit to assess species that in many cases have
several uses, some of which (especially ecological uses) are hard to quantify (Huxley 1999).

This quantitative assessment of the use value could be readily implemented and it was easy for
farmers to understand, even some illiterate farmers—the column and row headings of the table
(Table 1) can also have icons or photos rather than species names and uses. Similar to the Bao
board game based method (Franzel et al. 1995; Franzel 2001), our adaptation of the pebble
distribution method makes it possible to combine a participatory assessment, in which farmers
are involved and account for their choices, with the collection of quantitative data represented
by use value scores suitable for statistical analysis.

The third advantage of this method was that readily measurable observed variables, such as the
species frequency, could be correlated with the use value variable, with the aim of identifying
species which, besides cocoa trees, were baseline constituents of the studied agroforestry
systems (Figure 3).

Finally, the ranking of species—weighted by their uses—by farmers gave us access to a higher
information level than possible with methods generally implemented to gain insight into
traditional ecological know-how, e.g. interviews, questionnaires and analytical workshops
(Martin et al. 2010). As a holistic method that assesses the use value of each species relative to
the others present, the quantitative assessment of the species use value accounts for all species
of agroforestry systems and all of their uses.

In conclusion, our results showed that the majority of species present in cocoa agroforests of
central Cameroon had a specific value for farmers. Most species had one or several uses that
fulfilled the vital needs of farm households. The multifunctionality of cocoa agroforests, on plot
and species scales, should be correlated with the high level of agrobiodiversity of these complex
systems. This multifunctionality corresponds to a complexity that is established by the farmers
at three levels, i.e. the plot structure, exploited uses, and management of the different tree
stands. This intentional complexity should be taken into account in future plans to improve
cocoa agroforests so as to be able to more effectively address farmers’ expectations, and thus
ensure more successful adoption of technical innovations proposed by scientists.

Acknowledgements
This study was carried out in partnership with the Institut de recherche agricole pour le
développement (IRAD, Cameroon) and the Centre de coopération internationale en recherche
agronomique pour le développement (CIRAD, France) within the framework of the Research
Platform in Partnership (PCP) Grand-Sud Cameroun. It was undertaken as part of the project
entitled Projet de renforcement des partenariats dans la recherche agronomique au Cameroun
funded by the French Ministry of Foreign and European Affairs. The authors would like to
thank Cécile Fovet-Rabot and Didier Snoeck (CIRAD) for their critical proofreading.



Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

‡ˆ‡”‡ ‡•

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Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

Table 2. Frequency (F, %) of non-cocoa species noted in the tree inventories of 50 cocoa agroforests, their use value (V, %) and uses as determined by the
pebble distribution method (50 datasets). Uses: U1: Non-woody products for on-farm consumption; U2: Woody and non-woody marketable products; U3:
Woody products for on-farm consumption; U4: Medicinal products for on-farm consumption; U5: Cocoa tree shading; U6: Soil fertility preservation or
enhancement; U7: Non-woody products for social exchange (central Cameroon).

Tree species Study site Use

Bokito Zima Ngomedzap Whole area Production Ecology Social


F (%) V (%) F (%) V (%) F (%) V (%) F (%) V (%) U1 U2 U3 U4 U5 U6 U7
Afzelia pachyloba Harms. 0.3 0.4 - - - - 0.1 0.1 X X
Albizia adianthifolia (Schumach.) W. Wight 1.1 2.6 0.6 0.2 3.3 1.5 1.6 1.5 X X X X X X
Albizia ferruginea (Guill. & Perr.) Benth. - - 0.2 - - - 0.1 -
Albizia glaberrima (Schum. & Thonn.) Benth. - - - - 0.1 0.1 <0.1 <0.1 X
Alchornea cordifolia (Schumach. & Thonn.) 0.1 - - - - - <0.1 -
Alstonia boonei De Wild. - - 1.2 2.1 1.9 2 1 1.3 X X X X X X X
Anthocleista schweinfurthii Gilg - - 0.1 0.4 - - <0.1 <0.1 X X X X X
Anthocleista vogelii Planch. 0.1 - 0.8 0.4 - - 0.3 0.3 X X X X
Antiaris africana Engl. - - 0.4 1 - - 0.1 0.3 X X X X X
Antrocaryon klaineanum Pierre - - - - 0.9 0.4 0.3 0.1 X X X
Artocarpus altilis J.R. Forst. & G. Forst. 0.1 0.3 - - 0.1 - <0.1 0.1 X X X X X
Berlinia confusa Hoyle - - - - 0.1 0.2 <0.1 0.1 X X
Bombax buonopozense P. Beauv. 0.2 0.4 0.1 0.2 0.1 - 0.1 0.2 X X X X
Bosqueia angolensis Ficalho - - 0.3 - - - 0.1 -
Bridelia micrantha (Hochst.) Baill. 1.3 0.2 - - 0.5 0.4 0.6 0.2 X X X
Canarium schweinfurthii Engl. 0.9 1.6 0.8 1.6 1.4 1.2 1 1.5 X X X X X
Carapa procera DC. 0.5 - - - 0.1 - 0.2 -
Carpolobia alba G. Don 0.1 - - - 0.1 - 0.1 -
Ceiba pentandra (L.) 3 3.2 0.9 1 0.6 1.1 1.5 1.9 X X X X X X
Citrus articulata (Spreng.) Swingle & Keller. 0.2 - - - - - 0.1 -
Citrus sinensis (L.) Osbeck 27.3 7.4 3.9 5.2 0.5 1.7 10.7 5.1 X X X X X X X
Citrus sp. 0.1 0.4 3.5 6.2 - - 1.2 2.2 X X X X X X
Cleistopholis patens (Benth.) Engl. & Diels 0.1 - - - 0.4 0.1 0.2 <0.1 X
Coelocaryon preussii Warb. 0.1 0.2 - - - - <0.1 0.1 X
Cola acuminata (P. Beauv.) Schott & Endl. 0.2 - 0.1 0.1 0.6 1.5 0.3 0.4 X X X X X X
Cola ballayi Cornu ex Hack. 0.5 0.1 - - - - 0.2 <0.1 X


Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

Cola ficifolia Mast. 0.3 - 0.5 0.1 0.2 0.3 0.3 0.1 X X X X
Cola lateritia K. Schum. 0.8 0.7 - - 0.7 0.4 0.5 0.4 X X X X X
Cola lepidota K. Schum. - - - - 0.1 0.1 <0.1 <0.1 X
Cola nitida (Vent.) Schott & Endl. 2.9 4.8 1.7 2 - - 1.6 2.5 X X X X X X X
Cordia aurantiaca Baker 0.1 0.3 - - - - <0.1 0.1 X X
Cordia platythyrsa Baker 0.2 0.2 - - 1.2 0.7 0.4 0.3 X X X X X
Coula edulis Baill. - - - - 0.9 1.2 0.3 0.3 X X X X X X
Cylicodiscus gabunensis Harms 0.1 0.1 0.1 0.1 - - <0.1 0.1 X X X
Dacryodes edulis (G. Don) H. J. Lam 12.1 9.2 14.2 7.4 17.7 6.6 14.6 7.9 X X X X X X X
Dacryodes macrophylla (Oliv.) H. J. Lam. - - - - 1 1.7 0.3 0.5 X X X X X
Desbordesia glaucescens (Engl.) Van Tiegh. 0.4 0.1 0.1 - 0.6 0.4 0.4 0.2 X X
Diospyros crassiflora Hiern - - 0.1 0.1 - - <0.1 <0.1 X X
Discoglypremna caloneura (Pax) Prain 0.1 0.6 0.3 1.1 1.5 0.7 0.5 0.5 X X X X X X X
Distemonanthus benthamianus Baill. - - - - 0.9 2 0.4 0.9 X X X X X X
Dracena arborea (Willd.) Link 0.1 - - - - - <0.1 -
Duboscia macrocarpa Bocq. - - - - 0.2 - 0.1 -
Elaeis guineensis Jacq. 21.6 7.4 5 5.4 2.2 4.2 9.7 5.8 X X X X X X
Elaeophorbia drupifera (Thonn.) Stapf 0.1 - 0.5 0.6 - - <0.1 <0.1
Entandrophragma angolense (Welw.) C.DC - - - - - - 0.2 0.2 X X X X
Entandrophragma candollei Harms 0.1 0.1 - - - - <0.1 <0.1 X
Entandrophragma cylindricum (Sprague) Sprague - - 0.2 1.2 0.8 2.5 0.3 1.1 X X X X X X X
Eribroma oblonga (Mast.) Pierre - - 0.3 0.3 0.1 0.1 0.1 0.1 X X
Erythrococca sp. - - 1.3 1.1 - - 0.4 0.4 X X X X X
Erythrophleum ivorense A. Chev. 0.6 1.0 0.1 - 0.2 - 0.3 0.4 X X X X X
Erythroxylum mannii Oliv. - - 0.9 1.4 0.5 1.4 0.5 0.8 X X X X X X X
Fagara heitzii Aubrév. & Pellegr. - - - - 0.6 0.1 0.2 <0.1 X X
Ficus exasperata Valh 0.2 0.7 1.2 1.4 2.7 2 1.3 1.3 X X X X X X X
Ficus mucoso Ficalho 0.9 0.5 1.1 1.8 4.5 2 2.1 1.4 X X X X X X
Ficus sp. 0.1 - - - - - <0.1 -
Ficus Sur Forssk. - - - - 0.7 - 0.2 -
Gambeya lacourtiana (Wild.) Aubrév. & Pellegr. 0.1 0.4 - - - - <0.1 0.1 X X X
Garcinia afzelii Engl. 0.1 0.2 - - - - <0.1 0.1 X X X X
Garcinia kola Heckel 0.3 - 0.1 0.1 0.5 0.5 0.3 0.2 X X X X X
Glyphaea brevis (Spreng.) Monach. 0.1 - - - 0.2 - 0.1 -


Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

Guibourtia tessmannii - - - - 0.1 0.1 <0.1 <0.1 X X


Harungana madagascariensis Lam. ex Poir. 0.1 - - - 0.1 - 0.1 -
Hevea brasiliensis (A. Juss.) Müll. Arg. 0.2 - 0.9 0.4 0.1 - 0.4 0.1 X X
Hylodendron gabunense Taub. - - - - 0.1 - <0.1 -
Hypodaphnis zenkeri (Engl.) Stapf - - - - 0.3 0.1 0.1 <0.1 X
Irvingia gabonensis (Aubry-Lecomte ex O'Rorke) Baill. 0.2 0.2 0.2 0.7 0.4 1.7 0.3 0.8 X X X X X
Kigelia africana (Lam.) Benth. 0.3 0.2 - - - - 0.1 0.1 X
Klainedoxa gabonensis Pierre ex Engl. 0.2 0.6 0.4 0.2 0.6 0.3 0.4 0.4 X X X X X X
Lannea welwitschii (Hiern) Engl. - - 0.4 - 0.4 - 0.3 -
Lovoa trichilioides Harms - - 0.4 0.9 0.5 1.5 0.3 0.7 X X X X X
Macaranga barteri Müll. Arg. - - 0.2 0.1 - - 0.1 <0.1 X X
Macaranga hurifolia Beille - - - - 1.2 0.5 0.4 0.1 X
Mangifera indica L. 3.2 5.3 9.4 5.2 2.1 4.2 5 4.9 X X X X X X X
Mansonia altissima (A. Chev.) A. Chev. - - 5.9 1.6 - - 2 0.5 X X X
Markhamia lutea (Benth.) K. Schum. 0.2 - - - 0.5 - 0.2 -
Massularia acuminata (G. Don) Bullock - - - - 0.4 - 0.1 -
Milicia excelsa (Welw.) C.C. Berg. 2.4 2.7 4.1 4.9 3.1 3.4 3.2 3.6 X X X X X X X
Millettia sp. 0.2 - - - 0.1 - 0.1 -
Morinda lucida Benth. - - 0.3 0.7 1.1 1.8 0.4 0.8 X X X
Musanga cecropioides R. Br. - - 0.1 0.2 0.1 0.1 0.1 0.1 X X X X
Myrianthus arboreus P. Beauv. - - - - 0.3 0.2 0.1 0.1 X X
Nauclea diderrichii (De Wild. & T.Durand) Merr. 0.1 0.2 - - 0.1 0.6 <0.1 0.2 X X X
Newbouldia laevis (P. Beauv.) Seem. ex Bureau 2.5 0.4 0.3 0.1 0.9 1 1.2 0.5 X X X X
Ongokea gore (Hua) Pierre - - - - 0.4 - 0.1 -
Pachylesma tessmannii Harms - - 0.2 0.2 - - 0.1 0.1 X X
Pentaclethra macrophylla Benth. - - 0.5 0.6 - - 0.2 0.2
Persea americana Mill. 5.6 7.6 21.9 7 10.6 4.8 12.8 6.6 X X X X X X X
Petersianthus macrocarpus (P. Beauv.) Liben - - 0.7 0.8 0.3 0.7 0.3 0.5 X X X X X X X
Phyllanthus discoideus (Baill.) Müll. Arg. 0.4 - 0.5 0.5 2.4 0.5 1 0.3 X X X
Picralima nitida (Stapf) 0.1 - - - 0.1 - 0.1 -
Piptadeniastrum africanum (Hook. f.) Brenan - - 0.6 0.4 0.2 - 0.3 0.1 X X X X
Polyalthia suaveolens Engl. & Diels - - - - 0.1 0.1 <0.1 <0.1 X
Porterandia cladantha (K. Schum.) Keay. 0.3 - - - 0.9 0.7 0.4 0.2 X X X X
Pseudospondias microcarpa (A. Rich.) Engl. 0.7 0.1 - - 0.1 0.1 0.3 0.1 X X


Plurifonctionnalité des cacaoyères agroforestières

Psidium guajava L. 0.1 - 0.1 0.4 - - 0.1 0.1 X X X


Pteleopsis hylodendron Mildb. 0.5 0.1 - - - - 0.3 0.1 X X X
Pterocarpus soyauxii Taub. 0.1 - 1.4 1.4 1.9 2.8 1.1 1.2 X X X X X X
Pycnanthus angolensis (Welw.) Warb 0.3 - 1.1 1.1 2.4 2.8 1.2 1.2 X X X X X X
Rauvolfia macrophylla Stapf 0.1 - 0.3 1.2 0.1 0.3 X X
Rauvolfia vomitoria Afzel. 0.5 0.7 0.5 0.5 0.6 0.4 0.5 0.6 X X X X
Ricinodendron heudelotii (Baill.) Pierre ex Heckel 0.5 0.3 1.4 2.3 1.7 4.4 1.2 2.1 X X X X X X X
Schrebera arborea A. Chev. - - 0.1 - - - <0.1 -
Schumanniophyton magnificum (K. Schum.) Harms - - - - 0.1 - <0.1 -
Spathodea campanulata P. Beauv. 0.2 - 1.1 1.9 1.9 1.4 1 1 X X X X X
Spondias cytherea Sonn. 0.3 1.8 - - 0.1 - 0.1 0.7 X X X X X
Staudtia kamerunensis Warb. - - - - 0.4 0.4 0.1 0.1 X
Sterculia rhinopetala K. Schum. 0.1 - 0.8 1 0.4 0.7 0.4 0.5 X X X X X X
Symphonia globulifera L. (Manil) - - 0.1 0.4 - - <0.1 0.1 X X
Terminalia superba Engl. & Diels - - 2.4 3.2 10.5 3.3 4.2 2 X X X X X X X
Tetrapleura tetraptera (Schumach. & Thonn.) Taub. - - - - 0.4 0.5 0.2 0.2 X
Tetrorchidium didymostemon (Baill.) Pax & K. Hoffm. - - - - 0.1 0.1 <0.1 <0.1 X
Tieghemella africana Pierre - - 2.1 2.1 - - 0.7 0.7 X X X X X X
Treculia africana Decne - - 0.1 0.1 - - <0.1 <0.1 X
Trichoscypha acuminata Engl. - - 0.1 - 0.2 0.4 0.1 0.1 X X
Trilepisium madagascariensis DC. 0.1 - - - - - <0.1 -
Triplochyton scleroxylon K. Schum. 0.8 0.9 1 2.6 0.1 1.1 0.7 1.5 X X X X X X X
Tristemma mauritianum J. F. Gmel. - - - - 0.3 - 0.1 -
Uapaca guineensis Müll. Arg. 0.3 0.2 - - - - 0.1 0.1 X X
Vernonia conferta Benth. - - - - 0.4 0.5 0.1 0.1 X X
Vitex grandifolia Gürke 0.4 0.4 - - 0.1 0.2 0.2 0.2 X X X X
Voacanga africana Stapf 1.4 0.5 0.7 1.2 - - 0.7 0.6 X X X X X
Xylopia aurantiodora (De Wild & T. Durand) - - 0.1 0.1 1.2 0.5 0.4 0.2 X X X X X














Chapitre 4
Evaluation du peuplement cacaoyer

Šƒ’‹–”‡ Ͷǣ ‡ ”‡†‡‡– ‡ ƒ ƒ‘ ƒ” Šƒ† †‡• •›•–°‡•
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Ce travail se réfère à notre quatrième question de recherche. Nous formulons l’hypothèse que la
structure des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer est à l’origine des principales variations
de rendement observées dans les cacaoyères du bassin de production du Centre-Sud du
Cameroun. L’étude de la structure des cacaoyères agroforestières permet, à partir de l’analyse
des composantes du rendement du cacaoyer, d’identifier les pratiques culturales responsables de
ces variations de rendement. De part le caractère pérenne des espèces en association, nous
montrons que certaines modalités d’implantation des peuplements cacaoyers et des peuplements
associés et certaines pratiques culturales en phase adulte aboutissent à des structures de
cacaoyères différentes qui peuvent déterminer des limites de production. Ces différentes
structures sont également liées à des déterminants agro-écologiques.

Ce travail est présenté sous la forme d’un chapitre et fera l’objet d’un article intitulé
« Agronomic regional diagnosis of complex agroforestry systems. An application to cocoa
agroforests in central Cameroon » que nous soumettrons, après la thèse, à la revue Agronomy
for Sustainable Development.

ϭϬϯ

Evaluation du peuplement cacaoyer

ͳǤ –”‘†— –‹‘

Dans le contexte actuel de crise alimentaire et de changement climatique, les systèmes


agroforestiers tropicaux apparaissent comme une alternative crédible pour atteindre les objectifs
du millénaire en matière d’éradication de la faim et de lutte contre la pauvreté dans le monde
(Garrity, 2004). Parmi les systèmes agroforestiers, ceux à base de cacaoyer présentent un intérêt
particulier. En valeur, le cacao est la troisième matière première agricole échangée dans le
monde (Anon, 2010). La production mondiale de cacao oscille entre 3,7 et 3,4 millions de
tonnes et les ¾ de ces tonnages proviennent en fait de quatre pays africains : Côte d’Ivoire,
Ghana, Nigéria et Cameroun (Anon, 2010). La cacaoculture est pratiquée par une majorité de
petits agriculteurs pour qui la vente de cacao marchand demeure la principale source de revenu
(Clay, 2004 ; Donald, 2004). En raison du déplacement permanent des zones de production
(Ruf, 1995), la cacaoculture est cependant considérée comme l’une des principales causes de la
déforestation en Afrique (Dixon et al., 2001). Les principaux pays producteurs de cacao sont
donc confrontés à un double enjeu : ils doivent maintenir leur niveau de production en cacao
marchand en raison de la place que cette matière première agricole occupe dans leur économie,
notamment pour assurer le devenir des exploitations familiales qui en vivent, tout en stabilisant
les zones de production existantes pour faire face à la disparition des espaces forestiers et
réduire l’impact négatif de la cacaoculture sur l’environnement.

Ce double enjeu implique d’identifier un nouveau modèle technique qui permette de passer du
modèle qui prévaut actuellement, en l’occurence peu durable, à un autre modèle stabilisé et
viable, davantage respectueux de l’environnement.

Dans ce contexte, les systèmes agroforestiers à base de cacaoyer, où le cacaoyer est associé à de
nombreuses espèces pérennes, forestières et fruitières aux usages multiples, présentent plusieurs
intérêts. Outre la production de cacao marchand, les différentes espèces associées aux cacaoyers
fournissent aux agriculteurs d’autres productions qui sont autoconsommées ou vendues, ce qui
leur permet de limiter les risques face à la volatilité des cours mondiaux du cacao. En matière
d’environnement, les systèmes agroforestiers à base de cacaoyer offrent une gamme de services
tels que la conservation de la biodiversité, le maintien de la fertilité des sols et la séquestration
du carbone (Duguma et al., 2001 ; Rice et Greenberg, 2000 ; Schroth et Harvey, 2007 ;
Gockowski et Sonwa, 2010). Des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer ont été décrits au
Mexique (Salgado-Mora et al., 2007) et au Brésil (Ruf et Schroth, 1995). Il en existe aussi en
Indonésie (Juhrbandt et al., 2010), mais également au Nigéria (Degrande et al. 2006 ; Oke et
Odebiyi, 2007), au Ghana (Asare et Tetteh, 2010) et au Cameroun (Laird et al., 2007, Zapfack et
al., 2002 ; Sonwa et al., 2007).

Il est toutefois communément admis que l’ombrage limite la productivité potentielle du


cacaoyer (Asomaning et al., 1971 ; Wood et Lass, 1985 ; Lachenaud et Mossu, 1985). Au
Centre Cameroun, les systèmes agroforestiers à base de cacaoyer sont caractérisés par des
rendements assez faibles en cacao marchand (Duguma et al., 2001 ; chapitre 1). Mais les causes
de ces niveaux de rendement n’ont pas été étudiées et restent inconnues. Or, ces systèmes
agroforestiers à base de cacaoyer présentent en général un rendement en cacao marchand stable
dans le temps (chapitre 1), ce qui confirme qu’un modèle de cacaoculture durable est possible.

ϭϬϱ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Figure 1 : Localisation de la région Centre et des zones d’étude.

1300-1400 mm
T(°C) R(mm) NORD
Nigeria

Tchad

République
J

J
J
A

O
S

N
D
F
M

Centre
Africaine

Yaoundé

Océan
1500-1600 mm Atlantique
Bokito T(°C) R(mm) Guinée Gabon Congo
Equatoriale

29
Capitale d’Etat

Zima Limite régionale

111 Route principale


Zone d’étude
J

J
J
A

A
S

N
D
F

O
M

M 1700-1800 mm Forêt
Yaoundé
T(°C) R(mm)
Savane
Ngomedzap
37 Hab./km2

1800 mm
Pluviométrie
37 moyenne annuelle
Limite nord de la
culture du cacaoyer
J

J
J
A
S

N
D
F

O
M

Figure 2 : Exemple du dispositif d’observation mis en place dans chaque cacaoyère.

Légende :

Cacaoyer Arbre associé

Placette de 1000 m2
(31,6 m au carré)

Peuplement plurispécifique
à base de cacaoyer

ϭϬϲ

Evaluation du peuplement cacaoyer

L’objectif de notre étude est d’identifier les facteurs limitant le rendement en cacao marchand
des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer afin de proposer aux agriculteurs des voies
d’amélioration de ces systèmes sans toutefois remettre en cause les services éco-systémiques
qu’ils offrent, notamment en termes de séquestration du carbone, de conservation de la
biodiversité et de lutte contre l’érosion du sol (Leakey, 1998 ; Franzen et Borgerhoff Mulder,
2007 ; Gockowski et Sonwa, 2010).

Nous avons mobilisé et adapté la méthode du diagnostic agronomique régional (Doré et al.,
1997 ; 2008) dans un dispositif localisé dans la région du Centre Cameroun où des observations
ont été réalisées dans 61 cacaoyères agroforestières.

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͸ǤͷǤ‘‡•†ǯ±–—†‡

Nos travaux de recherche ont été conduits sur un dispositif spécifique mis en place dans la
région du Centre. Trois zones d’étude, représentatives du gradient pédo-climatique qui
caractérise cette région (Santoir et Bodpa, 1995), ont été identifiées (figure 1).

Du nord au sud de la région du Centre, notre dispositif comprend les zones de :

• Bokito (département du Mbam et Inoubou), zone péri-forestière à faible pression


foncière, où la densité de population est de 29 hab./km2. Cette zone est caractérisée par
une mosaïque de galeries forestières et de savanes herbacée à Pennisetum purpureum et
à Imperata cylindrica sur des sols faiblement désaturés rajeunis ;
• Zima (département de la Lékié), zone forestière fortement anthropisée où la densité de
population est supérieure à 100 hab./km2. La végétation y est influencée par les
défrichements et les cultures arbustives et les sols dominants sont ferrallitiques
moyennement désaturés ;
• Ngomedzap (département du Nyong et So’o), zone forestière à faible pression foncière
où la densité de population est de 37 hab./km2. Cette zone est caractérisée par une
végétation dominée par la forêt dense sempervirente et des sols ferrallitiques fortement
désaturés.

Dans ces trois zones, la cacaoculture est exclusivement pratiquée par des populations
autochtones appartenant aux groupes ethniques Yambassa (Bokito), Eton (Zima) et Ewondo
(Ngomedzap).

͸Ǥ͸Ǥ‹•’‘•‹–‹ˆ†ǯ‘„•‡”˜ƒ–‹‘

Un réseau de parcelles d’agriculteurs a été installé en 2007 dans chaque zone. Les parcelles ont
été choisies afin de disposer d’une gamme de cacaoyères représentatives des principaux stades
d’évolution des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer au cours du temps, par variation de
l’ancienneté des créations (chronoséquences). Quatre classes d’âge des cacaoyères ont été
considérées : < 10 ans (cacaoyères juvéniles entrant en production), 10-20 ans (cacaoyères
adultes en production), 21-40 ans (cacaoyères adultes susceptibles de connaître une
décroissance des rendements) et > 40 ans (cacaoyères sénescentes).

ϭϬϳ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Le dispositif comprend au total 61 parcelles dont l’âge varie de 5 ans à 77 ans, réparties en
fonction des quatre classes d’âge des cacaoyères considérées (tableau 1).

Tableau 1 : Effectif des cacaoyères agroforestières par classe d’âge et par zone d’étude.

Zones Classes d’âge des cacaoyères Total


d’étude < 10 ans 10-20 ans 21-40 ans > 40 ans
Bokito 3 7 4 7 21
Zima 4 4 4 7 19
Ngomedzap 3 5 8 5 21
Total 10 16 16 19 61

Dans chaque cacaoyère, une placette de 1000 m2, représentative de la parcelle en termes de
gestion technique du peuplement cacaoyer et des peuplements associés, a été positionnée afin de
disposer d’un échantillon réduit d’individus susceptibles d’être observés (figure 2).

͸Ǥ͹Ǥ±–Š‘†‘Ž‘‰‹‡
ʹǤ͵ǤͳǤ‡†‹ƒ‰‘•–‹ ƒ‰”‘‘‹“—‡”±‰‹‘ƒŽ

La méthode de diagnostic agronomique régional permet de comprendre et interpréter, pour une


culture donnée, les variations de rendement à l’échelle d’une région en mettant en évidence les
facteurs environnementaux et les techniques culturales responsables des faibles rendements
(Doré et al., 1997 ; 2008). Cette méthode est basée d’une part, sur les relations indirectes qui
existent entre la production d’une parcelle et les pratiques culturales de l’agriculteur et d’autre
part, sur l’existence de relations fortes entre les pratiques culturales entre elles (Sebillotte,
1974 ; 1978). La démarche de diagnostic agronomique régional combine des enquêtes et des
expérimentations et comprend plusieurs étapes qui peuvent être adaptées selon les cas de figure
(Boiffin et al., 1981 ; Aubry et al., 1994 ; Leterme et al., 1994 ; Doré et al., 1997).

Le diagnostic agronomique régional a principalement été utilisé pour l’étude de systèmes de


culture homogènes en termes de composition et de structure, comprenant souvent une seule
composante, généralement une espèce annuelle (Meynard et Sebillotte, 1983 ; Scopel et
Louette, 1992 ; Leterme et al., 1994 ; Metral et Wéry, 2001). Au Cameroun, Michels (2005) et
Rafflegeau (2008) ont cependant adapté cette méthode pour identifier les facteurs limitants du
rendement de peuplements homogènes d’hévéa et de palmiers à huile. Ces deux auteurs ont
distingué la phase juvénile de la phase productive afin d’identifier les points-clés de ces deux
phases et leur conséquences agronomiques, puis les pratiques afférentes à la production des
arbres adultes. Dans le cas des palmeraies juvéniles entrant en production, Rafflegeau (2008) a
également considéré le rendement potentiel des palmiers à huile. Dans le cas des palmeraies
adultes, le diagnostic agronomique a été réalisé en fonction de l’âge des peuplements pour tenir
compte de l’évolution de certaines composantes du rendement au cours du temps, comme le
nombre de régimes de noix de palme et leur poids.

ϭϬϴ

Evaluation du peuplement cacaoyer

L’application du diagnostic agronomique régional aux systèmes agroforestiers à base de


cacaoyer soulève néanmoins d’autres difficultés méthodologiques liées à leurs spécificités. La
complexité des systèmes agroforestiers implique notamment de disposer d’indicateurs pertinents
qui permettent de caractériser les peuplements en tenant compte de leur hétérogénéité (Doré et
al., 2008).

ʹǤ͵ǤʹǤ ’± ‹ˆ‹ ‹–±• †‡• •›•–°‡• ƒ‰”‘ˆ‘”‡•–‹‡”•  „ƒ•‡ †‡ ƒ ƒ‘›‡” ‡–
ƒ†ƒ’–ƒ–‹‘†—†‹ƒ‰‘•–‹ ƒ‰”‘‘‹“—‡”±‰‹‘ƒŽ

Ϯ͘ϯ͘Ϯ͘ϭ͘ŶĐŝĞŶŶĞƚĠĚĞƐƉĞƵƉůĞŵĞŶƚƐĐĂĐĂŽLJĞƌƐ

La longueur du cycle biologique du cacaoyer peut aller jusqu’à 80 ans, voire davantage. Les
systèmes agroforestiers à base de cacaoyer sont par ailleurs généralement anciens, comme au
Centre Cameroun (chapitre 1). L’ancienneté des systèmes agroforestiers ne permet donc pas de
mettre en évidence clairement les liens entre les modalités d’implantation, de conduite juvénile
et de conduite en phase adulte des peuplements cacaoyers. De plus, la durée de la phase juvénile
peut varier fortement en fonction du type de matériel végétal installé, des modalités de mise en
place et des conditions de milieu (Braudeau, 1969 ; Wood et Lass, 1985). S’il s’agit de
cacaoyers hybrides plantés dans des conditions optimales de production (densité et conditions
d’éclairement), l’entrée en production des cacaoyers peut survenir dès la deuxième année après
plantation au cours de laquelle des fleurs et les premiers fruits peuvent apparaître. Elle peut au
contraire survenir huit à dix ans après la plantation, voire davantage, en cas de conditions
d’ombrage excessif (Burle, 1961). En conséquence, nous ferons le choix d’analyser la
variabilité des rendements en cacao marchand en évaluant les cacaoyères adultes âgées de plus
de dix ans et en ne considérant pas les états végétatifs de la phase juvénile.

Ϯ͘ϯ͘Ϯ͘Ϯ͘WůƵƌŝƐƉĠĐŝĨŝĐŝƚĠĚƵƐLJƐƚğŵĞĚĞĐƵůƚƵƌĞ

La présence d’espèces pérennes associées aux cacaoyers (chapitres 1, 2 et 3) soulève le


problème de leur positionnement dans l’examen des relations entre pratiques des agriculteurs,
état du milieu et état du peuplement (Sebillotte 1974 ; 1978). Dans le cas des systèmes
monospécifiques à base de plantes annuelles, l’état du milieu peut être caractérisé par le sol et le
climat. Mais dans les systèmes agroforestiers complexes, de nombreuses interactions
(facilitation ou concurrence) s’exercent au sein des systèmes entre les espèces en présence
(Nair, 1993 ; Huxley, 1999). Les disponibilités en eau, en éléments minéraux et en lumière vont
donc dépendre des relations de concurrence entre les cacaoyers et les différentes espèces qui y
sont associées. Cela nous a amené à considérer les peuplements associés comme une variable
supplémentaire au même titre que l’état du milieu.

Ϯ͘ϯ͘Ϯ͘ϯ͘,ĠƚĠƌŽŐĠŶĠŝƚĠĞƚĠǀŽůƵƚŝŽŶĚĞƐƐLJƐƚğŵĞƐĂŐƌŽĨŽƌĞƐƚŝĞƌƐăďĂƐĞĚĞĐĂĐĂŽLJĞƌ

L’hétérogénéité des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer intervient à deux niveaux : celui
du peuplement cacaoyer et celui des peuplements associés. En premier lieu, les pratiques de
redensification des peuplements cacaoyers et les pratiques de régénération des cacaoyers âgés
mises en œuvre par les agriculteurs aboutissent à des peuplements cacaoyers où se cotoient
plusieurs générations de cacaoyers dont l’architecture peut varier fortement en fonction des
interventions culturales dont ils font l’objet (chapitre 1).

ϭϬϵ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Encadré 2 : La pourriture brune des cabosses en bref.

Cette maladie est due à un champignon phytopathogène, Phytophthora megakarya (Nyassé,


1997) qui induit sur la cabosse l’apparition de taches de couleur brune qui s’étendent
rapidement et peuvent progressivement recouvrir toute sa surface (annexes : planche photos 2).
Par temps humide, ces taches se recouvrent d’un feutrage mycélien blanchâtre. L’infection
débute généralement à l’extrémité apicale ou pédonculaire des fruits. La progression de la
maladie vers l’intérieur des tissus de la cabosse est plus lente. Les fèves sont atteintes avant la
pourriture complète du fruit qui a lieu en quatre à douze jours. Si la cabosse attaquée est proche
de la maturité, elle peut être récoltée avant que les fèves soient endommagées. Par contre, si
l’attaque concerne une cabosse plus jeune et si la maladie a progressé à l’intérieur jusqu’à
atteindre les fèves dont le mucilage, tout en se desséchant, a pris une teinte brune, elle devient
inutilisable. Les cabosses peuvent être atteintes quel que soit leur stade de développement
(Blaha et Lotodé, 1976). Au Cameroun, les dégâts occasionnés aux récoltes se traduisent par
une perte de tonnage estimée en moyenne à 50 % de la production nationale (Varlet et Berry,
1997). En l’absence de traitements chimiques efficaces, les pertes peuvent atteindre plus de 80
% de la production dans certaines régions où la pluviométrie est élevée.

Encadré 3 : Quelques mots sur les mirides du cacaoyer.

Les mirides, Distantiella theobromae et surtout Sahlbergella singularis qui est l’espèce la plus
fréquente au Centre-Sud du Cameroun (Babin, 2009), sont considérés comme le principal
ravageur du verger cacaoyer (annexes : planche photos 2). Les dégâts occasionnés aux récoltes
se traduisent en effet par une perte de tonnage estimée en moyenne à 30 % de la production
nationale (Varlet et Berry, 1997). En l’absence de traitements chimiques efficaces, les pertes
peuvent être plus élevées dans les cacaoyères où les attaques de mirides sont favorisées par la
dégradation de la frondaison des cacaoyers et de l’ombrage forestier. Insectes piqueurs-suceurs,
les mirides se rencontrent sur des arbres jeunes ou adultes. Ils piquent les jeunes fruits,
l’extrémité des jeunes rameaux et les gourmands, ce qui provoque des nécroses et un
flétrissement des branchettes. Les piqûres répétées détruisent progressivement l’appareil
végétatif des cacaoyers par des dessèchements de rameaux, ce qui affecte la productivité et la
longévité des arbres, voire leur mort en cas d’attaques fortes et en l’absence d’interventions
phytosanitaires appropriées (Lavabre, 1970).



ϭϭϬ

Evaluation du peuplement cacaoyer

En second lieu, les pratiques agroforestières des agriculteurs aboutissent à des peuplements
associés différents en termes de densité et de composition floristique, où les différences d’âge
entre individus peuvent être importantes (chapitre 2).

L’évaluation des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer à un temps t implique donc


d’identifier des variables qui soient « pertinentes et faciles à mesurer au champ en cours de
cycle, en vue de caractériser l’état du peuplement et/ou du milieu et de relier ces états aux
performances du champ cultivé » (Loyce et Wéry, 2006). Par conséquent, nous évaluerons le
rendement des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer en tenant compte de leur structure.
Celle-ci sera caractérisée par des variables facilement mesurables à un temps t (densité,
architecture, âge, composition floristique, etc.).

Ϯ͘ϯ͘Ϯ͘ϰ͘^ƉĠĐŝĨŝĐŝƚĠĚĞĐĞƌƚĂŝŶĞƐƉƌĂƚŝƋƵĞƐĞŶĐĂĐĂŽĐƵůƚƵƌĞ

Outre les pratiques d’implantation des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer, leur structure,
en tant que combinaison de différents peuplements pérennes installés pour plusieurs décennies
et sur lesquels les agriculteurs interviennent, est le reflet de pratiques spécifiques qui ont un
effet à moyen et à long terme sur les rendements en cacao marchand (redensification des
peuplements cacaoyers, régénération des cacaoyers, introduction ou élimination d’arbres
associés aux cacaoyers) (chapitres 1 et 2). Ces pratiques, que l’on peut qualifier de pratiques de
régénération9, sont différentes des pratiques d’entretien (entretien du sol, lutte contre la
pourriture brune des cabosses) qui sont récurrentes annuellement et ont un impact à court terme
sur le système.

Par ailleurs, contrairement aux pratiques de conduite annuelle, réalisées annuellement et sur la
totalité de la parcelle, les pratiques de régénération sont réalisées ponctuellement par les
agriculteurs qui gèrent, arbre par arbre, leurs cacaoyères. Les effets des pratiques de
régénération se cumulent donc dans le temps mais ces pratiques sont difficilement quantifiables.
Nous ferons le choix de ne pas intégrer les pratiques de conduite annuelle dans notre analyse
mais au contraire d’y intégrer indirectement les pratiques qui ont un sens par rapport à la
structure des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer, c’est-à-dire les pratiques de
construction et les pratiques d’entretien.

Ϯ͘ϯ͘Ϯ͘ϱ. ƵƚƌĞƐĂĚĂƉƚĂƚŝŽŶƐĚƵĚŝĂŐŶŽƐƚŝĐĂŐƌŽŶŽŵŝƋƵĞƌĠŐŝŽŶĂů

• Compte tenu du choix de ne pas considérer les pratiques de conduite annuelle, comme
les traitements phytosanitaires contre la pourriture brune des cabosses (encadré 2), notre
analyse de la variabilité des rendements en cacao marchand portera sur la production
potentielle des cacaoyers. Cette notion de production potentielle ne tiendra pas compte
des éventuelles pertes qui auront lieu au cours du développement des fruits, et qui sont
principalement liées à la pourriture brune des cabosses (Ndoumbe-Nkeng, 2002).


ϵ
Se reporter à la partie méthodologie de la thèse (3.2. Notion de pratiques).

ϭϭϭ

Evaluation du peuplement cacaoyer

• Par ailleurs, l’effet de la pluviométrie sur la productivité du cacaoyer a été observé


depuis longtemps (Zuidema et al., 2005). Il existe ainsi un rapport étroit entre la récolte
d’un mois donné et l’importance de la pluviométrie cinq ou six mois auparavant, et une
corrélation entre l’importance de la récolte et la pluviométrie de l’année précédente
(Wood et Lass, 1985 ; Lachenaud, 1991a). Aussi, nos observations sur l’estimation de
la production des cacaoyers ont été réalisées sur deux années afin d’atténuer la
variabilité inter-années.

• Les peuplements cacaoyers sont soumis à une forte pression parasitaire liée aux mirides
(encadré 3). Estimer la pression parasitaire due à ce ravageur implique cependant de
réaliser, chaque semaine, des comptages à vue de ces insectes afin d’estimer leur
densité, ou de réaliser annuellement des lessivages à l’aide de traitements insecticides
pour estimer les populations (Babin, 2009). Outre le fait que les lessivages sont
destructifs pour les populations d’insectes autres que les mirides, ces deux méthodes
sont également lourdes à mettre en place lorsque les cacaoyères à étudier sont
nombreuses. Pour contourner cette difficulté, nous avons opté pour une estimation des
dégâts des mirides en faisant l’hypothèse qu’ils seront le reflet de la pression parasitaire
liée à ce ravageur dans les cacaoyères. Nous considérerons également cette variable
comme une variable supplémentaire au même titre que l’état du milieu et les
peuplements associés.

ʹǤ͵Ǥ͵ǤŽƒ„‘”ƒ–‹‘†—”‡†‡‡–†ǯ—‡ ƒ ƒ‘›°”‡

Ϯ͘ϯ͘ϯ͘ϭ͘>ĂĨƌƵĐƚŝĨŝĐĂƚŝŽŶĚƵĐĂĐĂŽLJĞƌ

Le cacaoyer est une plante cauliflore dont les inflorescences sont localisées sur le tronc et les
branches principales. Les zones d’apparition des inflorescences évoluent en massifs appelés
« coussinets floraux » qui produisent des fleurs pendant toute la vie de l’arbre (planche photos
1). Le fruit du cacaoyer est une pseudo-baie. Jusqu’à dix semaines environ, ce qui correspond à
une taille de dix à douze centimètres selon le cultivar, le fruit du cacaoyer est appelé
« chérelle ». Il est ensuite appelé « cabosse » et présente un péricarpe charnu qui renferme une
cavité contenant des graines, ou « fèves », entourées d’une pulpe mucilagineuse épaisse
(planche photos 1). La durée de développement de la cabosse, de la fécondation à la maturité,
est de l’ordre de cinq à sept mois, mais elle varie cependant d’une cabosse à l’autre et dépend
surtout de l’origine génétique du cacaoyer (Braudeau, 1969).

Les périodes de récolte des cabosses dépendent également de la climatologie. Au Centre-Sud du


Cameroun, par exemple, où le climat est caractérisé par un régime pluviométrique bimodal avec
une petite saison des pluies de mars à juin et une grande saison des pluies d’août à novembre, la
récolte principale a ainsi lieu d’août à janvier et une récolte secondaire, dite « intermédiaire »,
peut occasionnellement avoir lieu d’avril à juin.

Une des particularités de la fructification du cacaoyer est la grande proportion de fruits qui ne
parviennent pas à maturité et qui se dessèchent sur l’arbre (planche photos 1). Ce phénomène,
appelé « flétrissement des chérelles » ou « wilt physiologique », peut concerner jusqu’à 90 %
des fruits (Braudeau, 1969).

ϭϭϮ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Le fait que les chérelles qui apparaissent les premières dans la saison et celles qui sont portées
par le tronc ou les branches charpentières, d’un plus gros diamètre, aient plus de chances
d’arriver à maturité que les autres, indiquerait que ce phénomène est causé par une concurrence
entre les chérelles et les fruits plus âgés et les poussées foliaires (Alvim, 1977). Le flétrissement
des chérelles est donc considéré comme un mécanisme physiologique de régulation de la
production (Braudeau, 1969 ; Wood et Lass, 1985). Bien qu’il intervienne parfois jusqu’à 100
jours, 60 % des flétrissements ont lieu au cours des trois premières semaines (Bos et al., 2006)
et ce phénomène n’intéresse que les jeunes fruits jusqu’à dix semaines (Lachenaud, 1991a). A
cet âge, les chérelles flétries mesurent en général moins de dix centimètres. Cela nous a amené à
considérer cette taille comme un seuil au-delà duquel on peut faire l’hypothèse que toute
chérelle parviendra à maturité.

Avant fermentation, les fèves encore entourées de leur pulpe sont appelées « fèves fraîches ».
Après fermentation puis séchage, ces fèves constituent le « cacao marchand » (planche photos
1).

Ϯ͘ϯ͘ϯ͘Ϯ͘ƋƵĂƚŝŽŶĚƵƌĞŶĚĞŵĞŶƚĞŶĐĂĐĂŽŵĂƌĐŚĂŶĚ

Au regard de ces différents éléments, l’équation du rendement en cacao marchand d’une


cacaoyère (kg ha-1) peut être formulée de la façon suivante :

Rdtcm = (Nbcab x Ptf x Ct) x Denscac

Où Nbcab : nombre moyen de cabosses par cacaoyer


Pdf : poids moyen de fèves fraiches par cabosse (kg)
Ct : coefficient de transformation poids de fèves fraîches/poids de cacao marchand
Denscac : nombre de cacaoyers ha-1

• Le nombre moyen de cabosses par arbre (Nbcab) est une variable quantifiable par des
comptages de cabosses.

• Le poids moyen de fèves fraîches par cabosse (Pdf) est une variable qui dépend à la fois
du nombre de fèves par cabosse et du poid d’une fève fraîche. Ces deux variables
varient fortement dans le temps (Toxopeus et Wessel, 1970 ; Are et Atanda, 1972 ;
Lachenaud, 1991a), mais aussi en fonction du matériel végétal et des conditions de
culture (Lachenaud et Mossu, 1985). Ainsi, « le nombre moyen de graines par cabosse
varie avec le génotype de l’arbre-mère, l’origine génétique du pollen et certains
facteurs nutritionnels comme l’emplacement sur l’arbre, la saison, la parcelle, le
dispositif agronomique et les techniques culturales » (Lachenaud, 1991a). Cet auteur a
également montré l’importance prépondérante des facteurs nutritionnels dans la
détermination du poids moyen d’une fève. « Ces facteurs sont : la climatologie et tout
particulièrement les longues sécheresses, la densité de plantation, les types
d’écartement, l’ombrage et d’autres regroupés dans « l’effet-arbre » et peut-être lié à
son histoire. La concurrence entre cabosses semble également jouer un rôle ». Il
apparaît ainsi que l’arbre porteur est un facteur très important de variation du poids
moyen d’une fève sans que cela puisse être rapporté à sa vigueur morphologique et à sa
charge en cabosses.

ϭϭϯ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Figure 3 : Schéma d’élaboration du rendement potentiel en cacao marchand d’une cacaoyère


agroforestière.

Nombre de Poids de Coefficient Rendement potentiel


Variables Densité des d’une cacaoyère
à expliquer cabosses X fèves fraîches X Cacao marchand/ X cacaoyers = (kg de cacao
par cacaoyer par cabosse fèves fraîches
marchand ha-1)
(0,115 kg) (0,35)

Etat du Surface terrière Cacaoyers Origine génétique


adultes improductifs

Peuplements
peuplement

cacaoyers
cacaoyer Hauteur Type architectural
Biomasse des troncs
Nombre de troncs
Variables
intermédiaires Age

Surface terrière Hauteur Densité des

Peuplements
Estimation
peuplements

associés
des dégâts
Biomasse des troncs associés
liés aux mirides
Sol Etat des Nombre d’espèces
Pression
parasitaire peuplements
Climat Etat Types d’espèces
associés
du milieu

Structure des Variables


peuplements explicatives
cacaoyers
Modalités de gestion et des
des cacaoyers peuplements
Modalités et des espèces associées associés
Pratiques
culturales à d’implantation des cacaoyers
et des espèces associées Modalités
moyen et long
de réhabilitation
terme
des cacaoyères

ϭϭϰ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Estimer le poids moyen de fèves fraîches par cabosse implique donc un dispositif
d’échantillonnage de cabosses et de pesée de fèves fraîches relativement lourd et
difficile à mettre en œuvre compte tenu de l’hétérogénéité des systèmes agroforestiers à
base de cacaoyer. Pour contourner cette difficulté, nous considérerons un poids moyen
de fèves fraîches par cabosse de 115 g. Cette valeur moyenne a été obtenue par Babin
(2009) suite à des mesures conduites en 2003 et 2004 dans des cacaoyères
agroforestières similaires à celles de notre réseau d’observation et localisées dans les
mêmes zones d’étude.

• Le coefficient de transformation poids de fèves fraîches/poids de cacao marchand (Ct)


est une variable considérée comme constante (Braudeau, 1969 ; Lachenaud, 1984).
Nous retiendrons la valeur de 0,35 (Lachenaud, 1984).

• La densité des cacaoyers (Denscac) est une variable quantifiable par un comptage des
plants dans un espace donné.

Le poids de fèves fraîches par cabosse (Pdf) et le coefficient de transformation poids de fèves
fraîches/poids de cacao marchand (Ct) étant fixés, l’équation du rendement en cacao marchand
d’une cacaoyère (kg ha-1) peut finalement s’écrire de la façon suivante :

Rdtcm = (Nbcab x 0,115 x 0,35) x Denscac

Où Rdtcm = rendement en cacao marchand (kg ha-1)


Nbcab : nombre moyen de cabosses par cacaoyer
0,115 : poids moyen de fèves fraiches par cabosse (kg)
0,35 : coefficient de transformation poids de fèves fraîches/poids de cacao marchand
Denscac : nombre de cacaoyers ha-1

Ϯ͘ϯ͘ϯ͘ϯ͘^ĐŚĠŵĂĚ͛ĠůĂďŽƌĂƚŝŽŶĚƵƌĞŶĚĞŵĞŶƚĞŶĐĂĐĂŽŵĂƌĐŚĂŶĚ

Le schéma d’élaboration du rendement potentiel en cacao marchand que nous proposons dans le
cas d’une cacaoyère agroforestière est présenté figure 3.

Trois types de variables sont considérés :

• Les variables à expliquer : - le rendement potentiel en cacao marchand ;


- le nombre moyen de cabosses par cacaoyer ;
- la densité des cacaoyers.

• Des variables de structure des peuplements cacaoyers (origine génétique, type


architectural, nombre de troncs) et des peuplements associés (densité, types et nombre
d’espèces) que nous avons considéré comme des variables explicatives car elles
résultent directement des pratiques des agriculteurs ;

• Des variables intermédiaires qui sont des indicateurs de la pression parasitaire, de l’état
du milieu, de l’état du peuplement cacaoyer de l’état des peuplements associés.

ϭϭϱ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Encadré 4 : Liste des variables mobilisées pour le diagnostic agronomique régional du


peuplement cacaoyer dans les systèmes agroforestiers du Centre Cameroun.
Type de variable Groupe de Variables Code Unité
variables
Variables à expliquer
Rendement potentiel en cacao marchand Rdtcm kg ha-1
Nombre moyen de cabosses par cacaoyer Nbcab n
Densité des cacaoyers Denscac n ha-1
Variables explicatives
Structure du Origine génétique Amelonado Amel %
peuplement Hybrides Hybr %
cacaoyer Type architectural Type 0 T0 %
Type 1 T1 %
Type 2 T2 %
Type 3 T3 %
Type 4 T4 %
Type 5 T5 %
Nombre moyen de troncs par cacaoyer Nbtroncac N
Age Age de la cacaoyère Age années
Age moyen des cacaoyers Agecac années
Structure des Densité Densité des arbres associés Densarb n ha-1
peuplements Densité des arbres forestiers Densfor n ha-1
associés Densité des arbres fruitiers Densfru n ha-1
Nombre d’espèces associées aux cacaoyers Nbesp n/placette
Type d’espèces associées aux cacaoyers
Variables intermédiaires
Etat du peuplement Surface terrière Surface terrière moyenne par cacaoyer Surfcac cm2
cacaoyer Surface terrière totale du peuplement Surftotcac cm2
cacaoyer
Surface terrière relative du peuplement Surfrelcac %
cacaoyer
Hauteur Hauteur moyenne de la couronne Hautcac m
Biomasse des Biomasse relative des troncs du Biorelcac %
troncs peuplement cacaoyer
Cacaoyers adultes Cacaoyers > 5 ans improductifs %cacimpro %
improductifs
Etat des Surface terrière Surface terrière moyenne par arbre Surfarb cm2
peuplements Surface terrière totale des peuplements Surftotarb cm2
associés associés
Surface terrière relative des Surfrelarb %
peuplements associés
Hauteur Hauteur moyenne des peuplements Hautarb m
associés
Hauteur moyenne des arbres forestiers Hautfor m
Hauteur moyenne des arbres fruitiers Hautfru m
Biomasse des Biomasse relative des troncs des Biorelarb %
troncs peuplements associés
Pression parasitaire Notation des Présence de poussées foliaires Mir1 n
dégâts liés aux Présence de feuilles sèches Mir2 n
mirides sur les Présence de branches dénudées Mir3 n
cacaoyers Présence de chancres Mir4 n
Etat du milieu Caractéristiques du Matière organique MO %
sol pH pH n
Argiles (%) Argi %
Limons (%) Limo %
Sables (%) Sabl %
Variables descriptives
Agrobiodiversité Indice de Shannon-Weaver H’ n
Indice de richesse spécifique IR n


ϭϭϲ

Evaluation du peuplement cacaoyer

L’état du peuplement cacaoyer et l’état des peuplements associés sont évalués par des
groupes de variables : surface terrière (individuelle et totale), hauteur, biomasse des
troncs et proportion de cacaoyers adultes improductifs.

L’encadré 4 présente l’ensemble des variables que nous avons retenues.

Ϯ͘ϯ͘ϯ͘ϰ͘>ĞƐǀĂƌŝĂďůĞƐăĞdžƉůŝƋƵĞƌ

Le rendement

Le rendement potentiel d’une cacaoyère (Rdtcm) est exprimé en kg de cacao marchand ha-1 et
dépend du nombre moyen de cabosses par cacaoyer et de la densité des cacaoyers. Le nombre
moyen de cabosses par arbre et la densité des cacaoyers sont donc les composantes du
rendement à partir desquelles nous tenterons d’une part, d’expliquer a posteriori les différences
de rendement des cacaoyères et d’autre part, d’identifier les caractéristiques du milieu et les
pratiques culturales à l’origine des variations de rendement.

Le nombre moyen de cabosses par cacaoyer

Le nombre moyen de cabosses par cacaoyer (Nbcab) a été estimé à partir du nombre de fruits
d’une longueur supérieure à dix centimètres. Ces fruits ne sont plus susceptibles d’être atteints
par le wilt physiologique (Lachenaud, 1991a ; Bos et al., 2006), et nous ferons l’hypothèse que
leur développement ira à son terme. Le comptage des fruits a été réalisé par un marquage à la
peinture, sur chaque cacaoyer, en 2007 et 2008, à raison de trois passages par an effectués en
juin/juillet, août/septembre et octobre/novembre, soit un total de six passages en deux années
d’observation. Cette périodicité a permis de tenir compte de l’apparition progressive des fruits
après le début de la saison des pluies, celle-ci étant décalée de plusieurs semaines entre le sud
(zones forestières) et le nord (zone de transition forêt-savane) de la région du Centre.

Le nombre de cabosses d’un peuplement cacaoyer est le cumul des six comptages de cabosses
effectués sur tous les individus qui le composent. La productivité par cacaoyer, exprimée en
nombre moyen de cabosses, a été calculée à partir de la production moyenne du peuplement
cacaoyer au cours des deux années d’observation rapportée au nombre de cacaoyers présents
dans la placette.

La densité des cacaoyers

Le nombre de cacaoyers par placette a été compté. La densité des cacaoyers (Denscac) a été
extrapolée à partir du comptage des individus présents dans chaque placette.

Ϯ͘ϯ͘ϯ͘ϱ͘>ĞƐǀĂƌŝĂďůĞƐĞdžƉůŝĐĂƚŝǀĞƐ

Les variables de structure du peuplement cacaoyer

Les variables de structure du peuplement cacaoyer que nous avons considérées sont liées aux
pratiques d’implantation et de gestion des cacaoyers au cours du temps. Ainsi, la densité des
cacaoyers et leur origine génétique sont le reflet des modalités de mise en place des cacaoyers
mais également des pratiques de redensification des peuplements cacaoyers.

ϭϭϳ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Figure 4 : Principales architectures de cacaoyers identifiées au Centre Cameroun.

Cicatrice de la
1ère couronne
2,5 m/3 m

1,5 m

Type 0 Type 1 Type 2


Jeune cacaoyer Cacaoyer conduit Cacaoyer du type 1
n’ayant pas encore formé selon les recommandations réitéré une
sa couronne de la recherche ou plusieurs fois
agronomique

Vestige de
la couronne

Cicatrice d’une ou
Tiges orthotropes de plusieurs
Tiges orthotropes d’âge différent branches
de même âge charpentières

Type 3 Type 4 Type 5


Cacaoyer bi-tronc Cacaoyer bi-tronc Cacaoyer régénéré ou Cacaoyer sénescent
à mi-hauteur au collet en cours de non régénéré
Type 3a Type 3b régénération ou ayant subi un traumatisme

Figure 5 : Caractérisation morphologique des cabosses des deux principaux types


génétiques de cacaoyers identifiés au Centre Cameroun (Babin, 2009).

ϭϭϴ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Les pratiques de redensification des cacaoyères interviennent également sur l’âge moyen des
cacaoyers (chapitre 1). Le nombre moyen de troncs par cacaoyer est une variable liée aux
pratiques de régénération des cacaoyers qui permettent aux agriculteurs de renouveller le tronc
et la couronne des cacaoyers âgés devenus sénescents.

• La densité des cacaoyers est à la fois une composante du rendement et une variable
explicative en tant que caractéristique de la structure des peuplements cacaoyers.

• Le nombre de troncs de chaque cacaoyer a été compté.

• Le nombre total de troncs d’un peuplement cacaoyer est la somme des troncs de tous les
individus qui le composent.

• Le type architectural des cacaoyers a été défini individuellement à partir des six types
architecturaux que nous avons préalablement identifiés (figure 4). Le profil architectural
d’un peuplement cacaoyer est la proportion, exprimée en %, des différents types
architecturaux qui le caractérisent.

Les types 0 et 1 correspondent aux premiers stades de développement de cacaoyers


conduits sur un seul tronc au niveau de la première couronne, tel que recommandé par la
recherche agronomique. Le type 2 est représentatif de cacaoyers sur lesquels
l’agriculteur a laissé croître un rejet orthotrope pour qu’une seconde couronne, plus
haute que la première, puisse se développer. Les types 3a et 3b sont des cacaoyers dont
le développement orthotrope initial a été contrarié suite à la destruction du bourgeon
terminal. Ce traumatisme a souvent pour conséquence la formation de deux troncs de
même âge situés à la base de la souche, ou à mi-hauteur du tronc initial, qui ont formé
chacun une couronne. Le type 4 correspond aux cacaoyers sénescents régénérés par les
agriculteurs, ou en cours de régénération, et sur lesquels l’agriculteur a laissé se
développer plusieurs rejets orthotropes d’âge différent à la base du tronc initial avant
d’éliminer ce dernier. Le type 5 correspond aux cacaoyers sénescents non régénérés ou
ayant subi un traumatisme qui a entraîné la disparition d’une partie de la couronne.

• L’origine génétique des cacaoyers a été déterminée, pour les individus productifs, à
partir d’un examen des caractéristiques morphologiques des cabosses. Le profil
génétique d’un peuplement cacaoyer est la proportion, exprimée en %, des deux
origines génétiques préalablement identifiées au Centre Cameroun par Babin (2009)
(figure 5). Le matériel végétal Amelonado, également appelé « cacao allemand », est un
Forastero dont les cabosses sont caractérisées par leur forme ovale et lisse très
superficiellement sillonnée et une base légèrement étrangée en goulot de bouteille. Le
matériel végétal hybride a généralement pour base génétique des Trinitario, forme
hybride entre Forastero et Criollo, qui ont servi de base génétique dans de nombreux
programmes de sélection conduits au Cameroun. Il s’agit d’un matériel végétal amélioré
distribué par les organismes de développement dont les cabosses présentent des
caractéristiques morphologiques variables mais globalement différentes de celles des
Amelonado.

• L’âge des cacaoyers a été estimé individuellement avec l’agriculteur.

ϭϭϵ

Evaluation du peuplement cacaoyer

• L’âge d’un peuplement cacaoyer est la moyenne des âges de tous les individus qui le
composent. Cette notion est différente de l’âge des cacaoyères qui a été calculé à partir
de l’année de création de ces dernières et de l’année de mise en place du réseau
d’observation, à savoir 2007.

La caractérisation de la structure des peuplements cacaoyers a été réalisée en 2007.

Les variables de structure des peuplements associés

Les variables de structure des peuplements associés que nous avons considérées sont liées aux
pratiques d’implantation et de gestion de ces peuplements au cours du temps. La densité des
peuplements associés et le type d’espèces associées aux cacaoyers sont en effet le reflet des
modalités de mise en place des cacaoyères : conservation de certaines espèces en zone forestière
après défriche ou, au contraire, installation de certaines espèces en zone de transition forêt-
savane pour contrôler Imperata cylindrica et installer un ombrage favorable aux cacaoyers
(chapitre 2). La densité des peuplements associés et le type d’espèces associées sont également
liés aux pratiques de gestion de l’ombrage des agriculteurs qui se traduisent par l’élimination ou
l’introduction d’arbres dans les cacaoyères.

• La densité des peuplements associés. Dans chaque placette, le nombre d’arbres associés
aux cacaoyers a été compté en considérant tous les individus d’une hauteur supérieure à
un mètre. La densité des peuplements associés a été extrapolée à partir de ce comptage.

• Un inventaire des arbres associés aux cacaoyers a été réalisé dans chaque placette. Leur
identification a été basée sur les noms vernaculaires exprimés en Yambassa (Bokito), en
Eton (Zima) et en Ewondo (Ngomedzap). Les correspondances en noms communs et en
noms scientifiques ont été établies à l’aide de lexiques de botanique (Vivien et Faure,
1985 ; Wilks et Issembé, 2000 ; Eyog Matig et al., 2006).

• Les espèces forestières ont été distinguées des espèces fruitières, sachant que nous
avons considéré comme espèces fruitières, les espèces exotiques comme Citrus sinensis,
Citrus limon, Citrus reticulata, Citrus grandis, Persea americana, Mangifera indica,
Psydium guajava, Spondias cytherea, etc., et les espèces locales telles que Elaeis
guineensis, Dacryodes edulis, Cola nitida, Canarium occidentale, Irvinguia gabonensis,
Ricinodendron heudelotii, Vouaganga africana, Garcinia cola.

• Le nombre d’espèces associés aux cacaoyers par placette a été déterminé à partir de
l’inventaire floristique.

La caractérisation de la structure des peuplements associés a été réalisée en 2007.

ϭϮϬ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Ϯ͘ϯ͘ϯ͘ϲ͘>ĞƐǀĂƌŝĂďůĞƐŝŶƚĞƌŵĠĚŝĂŝƌĞƐ

Les variables d’état du peuplement cacaoyer

• La surface terrière moyenne par cacaoyer. La relation entre la productivité des


cacaoyers et leur vigueur est connue et a été mise en évidence par plusieurs auteurs
(Glendinning, 1960 ; 1966 ; Lachenaud et Mossu, 1985). La surface terrière d’un
cacaoyer, c’est-à-dire sa section transversale permet d’estimer la « quantité » de bois de
cacaoyer. La surface terrière d’un cacaoyer a été calculée à partir de la circonférence du
(des) tronc(s) de chaque cacaoyer mesurée à un mètre du sol pour les cacaoyers adultes,
et à partir du diamètre au collet mesuré à 20 cm du sol pour les cacaoyers âgés de moins
de cinq ans.

• La surface terrière totale d’un peuplement cacaoyer est la somme des surfaces terrières
de tous les individus qui le composent. Cet indice permet d’estimer la surface au sol
occupée par le peuplement cacaoyer.

• La surface terrière relative d’un peuplement cacaoyer permet de comparer la surface au


sol qu’il occupe par rapport à celle des peuplements associés.

• La hauteur de la couronne des cacaoyers est un indicateur de leur croissance et peut


varier selon les conditions de culture et d’environnement (Braudeau, 1969). Dans une
ambiance très ombragée, le jeune cacaoyer aura tendance à davantage croître et sa
couronne sera donc plus haute. Ce sera l’inverse dans un environnement ensoleillé. La
hauteur de la couronne de chaque cacaoyer, exprimée en mètre, a été mesurée à l’aide
d’un gabarit gradué. La hauteur des couronnes d’un peuplement cacaoyer est la
moyenne des hauteurs des couronnes de tous les individus qui le composent.

• La biomasse relative des troncs d’un peuplement cacaoyer a été obtenue à partir de la
somme des biomasses des troncs de tous les individus qui composent le peuplement
cacaoyer, lesquelles ont été estimées en multipliant la surface terrière de chaque
individu par la hauteur de sa couronne. La biomasse relative des troncs d’un peuplement
cacaoyer permet de comparer le volume de bois qu’il représente par rapport à celui des
peuplements associés.

• Le taux de cacaoyers adultes improductifs. Les conditions d’environnement influencent


fortement la productivité d’un cacaoyer adulte qui peut être, par exemple, pratiquement
nulle en cas d’ombrage trop important (Burle, 1961). Pour tenir compte de ce facteur, le
taux de cacaoyers adultes improductifs par placette a été calculé à partir des comptages
de cabosses par individu. Ce taux correspond aux cacaoyers âgés de plus de cinq ans
dont la production moyenne au cours des deux années d’observation est inférieure à
deux cabosses par an, rapporté au nombre total de cacaoyers.

Les observations sur l’état du peuplement cacaoyer ont été réalisées en 2007.

ϭϮϭ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Les variables de pression parasitaire

La pression parasitaire liée aux mirides a été estimée par une notation des dégâts provoqués par
ces dernières sur les frondaisons des cacaoyers. Ces dégâts ont été évalués à l’aide d’une échelle
de notation, allant de 0, en cas d’absence de dégâts à 3 en cas de dégâts très importants (Brun et
al., 1997 ; Sounigo et al., 2003). Quatre types de dégâts ont été évalués :

• la présence de poussées foliaires à contre-saison, qui indiquent que le cacaoyer a subi


récemment des attaques de mirides importantes ;

• la présence de feuilles sèches, correspondant à des dégâts récents (quelques semaines)


liés à des attaques de mirides sur les poussées foliaires (annexes : planche photos 2) ;

• la présence de branches dénudées, qui témoignent d’attaques de mirides plus anciennes


(quelques mois) et qui s’accompagnent souvent d’infections cryptogamiques ;

• la présence de chancres, qui matérialisent la réaction de cicatrisation du cacaoyer aux


attaques de mirides et qui s’accumulent sur le tronc et les branches au cours de leur
croissance (annexes : planche photos 2).

Pour chaque type de dégâts, chaque placette a été notée simultanément et de manière non
concertée par quatre observateurs différents. La note finale obtenue par placette est la moyenne
des quatre notes attribuées.

La notation des dégâts liés aux mirides a été réalisée en 2009, en un seul passage, en saison
sèche.

Les variables d’état du milieu

Afin de caractériser les sols sous cacaoyers, des prélèvements de sols ont été réalisés en 2008
dans la couche superficielle du sol de chaque placette (0-20 cm) afin de déterminer leurs
caractéristiques physiques (% d’argiles, % de limons et % de sables), leur pH et leur teneur de
matière organique. Les échantillons de terre ont été constitués à partir d’un mélange de dix
prélèvements pris à différents points de la placette. Les analyses de sols ont été effectuées au
laboratoire des sols de l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) situé à
Nkolbisson.

La teneur en carbone total a été estimée par la méthode de Walkley et Black (Walkley et Black
1934). Après minéralisation à froid et réaction avec le bichromate de potassium, la
concentration en carbone a été déterminée par spectrophotométrie. La teneur en matière
organique correspond à la teneur en carbone total multipliée par 1,72.

Les variables d’état des peuplements associés



• La surface terrière de chaque arbre, c’est-à-dire sa section transversale a été calculée à
partir de la circonférence du (des) tronc(s) mesurée à hauteur d’homme dans le cas des
arbres adultes, soit environ 1,5 m, et à 0,5 m dans le cas des arbres juvéniles.

ϭϮϮ

Evaluation du peuplement cacaoyer

• La surface terrière totale d’un peuplement associé est la somme des surfaces terrières de
tous les arbres qui le composent.

• La hauteur de la frondaison de chaque arbre, a été mesurée à l’aide d’un dendromètre.


La hauteur des frondaisons d’un peuplement associé est la moyenne des hauteurs des
frondaisons tous les arbres qui le composent.

• La biomasse relative des troncs d’un peuplement associé a été obtenue à partir de la
somme des biomasses des troncs de tous les arbres qui composent le peuplement
associé, lesquelles ont été estimée en multipliant la surface terrière de chaque arbre par
la hauteur de sa frondaison. La biomasse relative des troncs d’un peuplement associé
permet de comparer le volume de bois qu’il représente à celui du peuplement cacaoyer.

Les observations sur l’état des peuplements associés ont été réalisées en 2007.

Ϯ͘ϯ͘ϯ͘ϳ͘>ĞƐǀĂƌŝĂďůĞƐĚĞƐĐƌŝƉƚŝǀĞƐ

Pour compléter la caractérisation de la structure des peuplements associés aux cacaoyers, le


niveau d’agrobiodiversité de chaque placette a été estimé à partir de deux indices.

• L’indice de richesse spécifique qui permet d’évaluer l’abondance des espèces.

• L’indice de Shannon-Weaver qui permet d’évaluer le niveau de diversité compte tenu


des proportions de chacune des espèces sur la parcelle (Krebs, 1985).

͸ǤͺǤƒŽ›•‡••–ƒ–‹•–‹“—‡•

Une analyse de variance (Anova) a été appliquée sur les différentes variables étudiées. Les
comparaisons de moyennes entre les classes d’âge des cacaoyères et les zones d’étude ont été
effectuées par le test de Fisher. Quand des différences significatives entre les moyennes ont été
observées, le test de Newmann-Keuls a été utilisé pour comparer les moyennes entre les
traitements. Les valeurs significativement différentes ont été identifiées par des lettres
différentes dans les tableaux.

Nous avons utilisé la régression linéaire simple pour rechercher les relations entre le rendement
potentiel en cacao marchand et ses composantes. Les relations entre le rendement, les
composantes du rendement et les autres facteurs du rendement ont été étudiées en deux étapes :
d’abord au niveau du peuplement cacaoyer (état et structure du peuplement cacaoyer), puis
ensuite au niveau du système agroforestier dans son ensemble (état du milieu, état et structure
des peuplements associés, pression parasitaire liée aux mirides).

A chaque étape, une matrice de corrélation a permis d’éliminer de l’analyse les variables
redondantes (coefficient de corrélation de Pearson r > 0,80) et de ne conserver que les variables
présentant une corrélation dont le coefficient r est > 0,45 (ddl = 49 et p < 0,05) que nous avons
considéré comme des variables « principales ». Ensuite, une Analyse en composantes principale
(Acp) a été réalisée en positionnant les différentes parcelles et les centres de gravité des zones
d’étude.

ϭϮϯ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Figure 6 : Histogramme de distribution des cacaoyères par classe de rendement potentiel.

Tableau 2 : Rendement potentiel, nombre de cabosses par cacaoyer et densité des cacaoyers par
classe d’âge et par zone d’étude.

Classes d’âge Rendement potentiel Nombre moyen de Densité de


des cacaoyères (kg de cacao marchand ha-1) cabosses par cacaoyer cacaoyers ha-1
< 10 ans 229 (± 59,81) b 4,3 (± 1,32) b 1 751 (± 235,92) a
10-20 ans 703 (± 109,20) a 10,5 (± 1,99) a 1 933 (± 240,21) a
21-40 ans 726 (± 103,97) a 15,8 (± 3,46) a 1 452 (± 136,88) a
> 40 ans 764 (± 69,47) a 15,2 (± 1,67) a 1 342 (± 90,34) a
Zones d’étude
Bokito 643 (± 70,08) a 13,6 (± 1,52) a 1 217 (± 65,49) a
Zima 783 (± 132,71) a 15,6 (± 3,70) a 1 751 (± 194,92) a
Ngomedzap 547 (± 57,52) a 9,2 (± 1,49) a 1 723 (± 130,03) a
Moyenne 649 (± 50,92) 12,6 (± 1,34) 1 557 (± 82,67)
CV 0,59 0,80 0,40
Sur une même colonne, les valeurs suivies par une même lettre ne sont pas significativement différentes (p < 0.01,
test de Newman-Keuls).

Figure 7 : Histogramme de distribution des cacaoyères par classe de nombre moyen de cabosses
par cacaoyer.

ϭϮϰ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Enfin, une Classification ascendante hiérarchique (Cah) a été réalisée afin d’obtenir une
typologie des cacaoyères en fonction de leur rendement potentiel en cacao marchand et de leurs
principales caractéristiques (composantes du rendement, état et structure du peuplement
cacaoyer, état et structure des peuplements associés). L’objectif de cette typologie est
d’identifier la classe de cacaoyères la plus performante en termes de rendement potentiel en
cacao marchand et d’examiner ses caractéristiques en termes de structure.

͵Ǥ±•—Ž–ƒ–•
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ϯ͘ϭ͘ϭ͘ϭ͘ZĞŶĚĞŵĞŶƚĞŶĐĂĐĂŽŵĂƌĐŚĂŶĚ

Sur l’ensemble du dispositif, le rendement potentiel en cacao marchand des peuplements


cacaoyers est en moyenne de 649 kg ha-1. La répartition des cacaoyères par classe de rendement
montre de grandes disparités : une grande partie des cacaoyères se concentre autour de la
moyenne mais on observe que plusieurs parcelles ont un rendement potentiel supérieur à 800 kg
de cacao marchand ha-1 (figure 6).

Une différence significative de rendement est mise en évidence entre les cacaoyères de moins de
10 ans où le rendement moyen est de 229 kg ha-1 et les cacaoyères plus âgées où le rendement
moyen est compris entre 703 et 764 kg ha-1 (tableau 2). Par contre, après 10 ans, aucune
différence significative de rendement n’est mise en évidence entre les classes d’âge des
cacaoyères, ce qui confirme la relative stabilité du rendement des cacaoyères adultes déjà mise
en évidence dans les chapitres 1 et 2.

Aucune différence significative de rendement n’est mise en évidence entre les zones d’étude. La
zone de Ngomedzap est cependant caractérisée par le rendement potentiel en cacao marchand le
plus bas.

ϯ͘ϭ͘ϭ͘Ϯ͘EŽŵďƌĞŵŽLJĞŶĚĞĐĂďŽƐƐĞƐƉĂƌĐĂĐĂŽLJĞƌ

Le nombre moyen de cabosses par cacaoyer est de 12,6. On observe qu’une grande partie des
cacaoyères se concentre autour de la moyenne, mais une forte variabilité entre parcelles est
toutefois constatée, le nombre moyen de cabosses par cacaoyer pouvant être inférieur à 10
cabosses dans certaines parcelles et supérieur à 30 cabosses dans d’autres parcelles (figure 7).

Une différence significative de nombre moyen de cabosses par cacaoyer est mise en évidence
entre les cacaoyères de moins de 10 ans, où il est de 4,3, et les cacaoyères plus âgées où il varie
de 10,5 à 15,8 (tableau 2). Aucune différence significative de nombre moyen de cabosses par
cacaoyer n’est mise en évidence entre les zones d’étude. La zone de Ngomedzap présente
cependant la valeur la plus basse : 9,2 cabosses en moyenne par cacaoyer contre plus de 13
ailleurs.

ϭϮϱ

Evaluation du peuplement cacaoyer

ϯ͘ϭ͘ϭ͘ϯ͘ĞŶƐŝƚĠĚĞƐƉĞƵƉůĞŵĞŶƚƐĐĂĐĂŽLJĞƌƐ

La densité des cacaoyers est en moyenne de 1 557 plants ha-1. La répartition des cacaoyères par
classe de rendement montre une forte variabilité parcellaire (figure 8). Si la densité de plusieurs
cacaoyères est comprise entre 1 300 et 1 600 cacaoyers ha-1, ce qui correspond généralement
aux normes recommandées par la recherche agronomique (Braudeau, 1969 ; Wood et Lass,
1985), on observe que dans certains cas, elle peut être relativement basse (inférieure à 1 000
plants ha-1) ou, au contraire, très élevée (supérieure à 2 000 plants ha-1).

Figure 8 : Histogramme de distribution des cacaoyères par classe de densité des cacaoyers.

Aucune différence significative de densité n’est mise en évidence entre les classes d’âge des
cacaoyères (tableau 2). On observe cependant une diminution du nombre de cacaoyers ha-1 dans
les cacaoyères les plus âgées, dynamique déjà observée dans les cacaoyères installées dans la
zone de transition forêt-savane (chapitre 2). Aucune différence significative de densité n’est
mise en évidence entre les zones d’étude. La densité des cacaoyers est toutefois plus élevée à
Zima et à Ngomedzap, où elle est supérieure à 1 700 plants ha-1, qu’à Bokito où elle est en
moyenne de 1 217 plants ha-1, confirmant ce que nous avons déjà observé (chapitre 1).

ϭϮϲ

Evaluation du peuplement cacaoyer

͵ǤͳǤʹǤ–”— –—”‡†—’‡—’އ‡– ƒ ƒ‘›‡”

ϯ͘ϭ͘Ϯ͘ϭ͘EŽŵďƌĞĚĞƚƌŽŶĐƐ

Globalement, le nombre moyen de troncs par cacaoyer est de 1,4. Une différence significative
de nombre moyen de troncs par cacaoyer est mise en évidence entre les cacaoyères de plus de
40 ans et les cacaoyères moins âgées (tableau 3). L’augmentation du nombre moyen de troncs
par cacaoyer avec l’ancienneté des cacaoyères est à relier aux pratiques de régénération des
cacaoyers âgés mises en œuvre par les agriculteurs (chapitre 1). Cette opération a en effet pour
objectif de laisser se développer un ou plusieurs rejets à la base du cacaoyer avant d’éliminer le
tronc d’origine. Les cacaoyers âgés recépés se caractérisent ainsi par un nombre moyen de
troncs significativement plus élevé que les individus plus jeunes.

Tableau 3 : Nombre moyen de troncs par cacaoyer et densité de troncs de cacaoyers ha-1
par classe d’âge et par zone d’étude.

Classes d’âge des Nombre moyen de Densité de troncs


cacaoyères troncs par cacaoyer de cacaoyers ha-1
< 10 ans 1,1 (± 0,03) b 1 911 (± 209,60) a
10-20 ans 1,2 (± 0,07) b 2 370 (± 322,68) a
21-40 ans 1,3 (± 0,03) b 1 840 (± 164,80) a
> 40 ans 1,7 (± 0,07) a 2 215 (± 160,11) a
Zones d’étude
Bokito 1,3 (± 0,05) a 1 626 (± 91,59) a
Zima 1,4 (± 0,09) a 2 318 (± 222,43) a
Ngomedzap 1,4 (± 0,07) a 2 325 (± 169,79) a
Moyenne 1,4 (± 0,04) a 2 082 (± 103,04) a
CV 0,22 0,37
Sur une même colonne, les valeurs suivies par une même lettre ne sont pas
significativement différentes (p < 0.01, test de Newman-Keuls).

Le nombre de troncs de cacaoyers ha-1 est en moyenne de 2 082. Aucune différence significative
de nombre de troncs ha-1 n’est mise en évidence entre les classes d’âge des cacaoyères et entre
les zones d’étude (tableau 3).

La relative stabilité de cette variable au cours du temps, alors que dans le même temps, on
observe d’une part, une augmentation significative du nombre moyen de troncs par cacaoyer et
d’autre part, une diminution la densité des cacaoyers (tableau 2), suggère que l’accroissement du
nombre moyen de troncs par cacaoyer avec l’ancienneté des cacaoyères pourrait compenser la
diminution du nombre de cacaoyers.








ϭϮϳ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Figure 9 : Profil génétique des peuplements cacaoyers par classe d’âge des cacaoyères.

Figure 10 : Profil génétique des peuplements cacaoyers par zone d’étude.

Figure 11 : Profil architectural des peuplements cacaoyers par classe d’âge des cacaoyères.

ϭϮϴ

Evaluation du peuplement cacaoyer

ϯ͘ϭ͘Ϯ͘Ϯ͘KƌŝŐŝŶĞŐĠŶĠƚŝƋƵĞ

Sur l’ensemble du dispositif, les cacaoyers Amelonado représentent 66 % des effectifs. Une
différence significative d’origine génétique est mise en évidence entre les classes d’âge des
cacaoyères et entre les zones d’étude. La proportion de cacaoyers Amelonado est
significativement supérieure dans les cacaoyères âgées de plus de 40 ans où elle est de 86 %
alors que dans les cacaoyères plus jeunes elle varie de 40 % à 64 % (figure 9). La présence
importante d’Amelonado dans les cacaoyères les plus âgées s’explique par la diffusion tardive
des hybrides dont les distributions massives aux agriculteurs par les organismes de
développement ont en fait principalement eu lieu qu’à partir des années 1970 (Assoumou,
1977)10.

La proportion de cacaoyers Amelonado est également significativement supérieure dans les


zones de Zima et de Ngomedzap, où elle représente respectivement 88 % et 73 % des cacaoyers,
par rapport à la zone de Bokito où, au contraire, les cacaoyers hybrides dominent et représentent
60 % des effectifs (figure 10). La présence importante d’hybrides dans les cacaoyères de Bokito
peut s’expliquer par le décalage entre les zones forestières de Zima et de Ngomedzap, où la
cacaoculture s’est diffusée massivement dès les années 1930, et la zone de transition forêt-
savane de Bokito, où le développement de la cacaoculture a été plus tardif (chapitre 1). Dans
cette zone, un plus grand nombre de cacaoyères a ainsi été mis en place à partir de matériel
végétal sélectionné distribué à partir des années 1970.

ϯ͘ϭ͘Ϯ͘ϯ͘WƌŽĨŝůĂƌĐŚŝƚĞĐƚƵƌĂů

Les types architecturaux 2, 1 et 4 sont globalement les plus fréquemment rencontrés. Ils
représentent en moyenne respectivement 33 %, 21 % et 19 % des effectifs. Le type architectural
3 représente 17 % des cacaoyers alors que les types architecturaux 5 et 0 représentent
respectivement 8 % et 2 % des cacaoyers. Aucune différence significative de type architectural
n’est mise en évidence entre les zones d’étude.

Le profil architectural des cacaoyères évolue fortement avec l’ancienneté des cacaoyères (figure
11). La proportion des types architecturaux 0 et 1 diminue significativement lorsque l’on passe
des cacaoyères de moins de 10 ans (6 et 43 %) aux cacaoyères plus âgées. La tendance est
moins nette en ce qui concerne les types 2 et 3 qui représentent respectivement entre 22 et 44 %
et entre 13 et 22 % des effectifs selon les classes d’âge. Par contre, la proportion de type 4 est
significativement supérieure dans les cacaoyères âgées de plus de 40 ans (36 %) par rapport aux
autres classes d’âge. Ces différents éléments confirment que la structure des cacaoyères évolue
au cours du temps et sont à relier aux pratiques de régénération mises en œuvre par les
agriculteurs. Les types 0 et 1 correspondent en effet aux premiers stades de développement des
cacaoyers et sont principalement présents dans les jeunes cacaoyères. En raison des pratiques de
redensification permanente des peuplements cacaoyers (chapitre 1), on retrouve cependant ces
deux types architecturaux quelle que soit la classe d’âge des cacaoyères considérée. Par contre,
les pratiques de régénération concernent davantage les cacaoyères les plus âgées (chapitre 1) et
expliquent que la proportion du type 4, représentatif des cacaoyers recépés, augmente au cours
du temps.

ϭϬ
 Pour plus de détails sur les grandes phases qui ont marqué le developpement historique de la cacaoculture au
Centre-Sud du Cameroun, se référer au chapitre 5 de la thèse.

ϭϮϵ

Evaluation du peuplement cacaoyer

͵ǤͳǤ͵Ǥ–”— –—”‡†‡•’‡—’އ‡–•ƒ••‘ ‹±•ƒ—š ƒ ƒ‘›‡”•

ϯ͘ϭ͘ϯ͘ϭ͘EŽŵďƌĞĞƚĞƐƉğĐĞƐĂƐƐŽĐŝĠĞƐĂƵdžĐĂĐĂŽLJĞƌƐ

Au total, 91 espèces autres que le cacaoyer ont été inventoriées dans les 61 placettes du réseau
d’observation (annexe 1). Trente huit espèces ont été inventoriées dans la zone de transition
forêt-savane de Bokito, pour 37 espèces dans la zone forestière de Zima et 70 espèces dans celle
de Ngomedzap (tableau 4).

Tableau 4 : Répartition des espèces associées aux cacaoyers


par type d’espèce et par zone d’étude.

Type d’espèce Zones d’étude


Bokito Zima Ngomedzap
Espèces fruitières 15 11 11
Espèces forestières 23 26 59
Total 38 37 70

Le nombre d’espèces fruitières inventoriées dans les cacaoyères diminue lorsque l’on passe de
la zone de Bokito aux zones de Zima et de Ngomedzap. La tendance est contraire en ce qui
concerne le nombre d’espèces forestières. Ces différences régionales dans la composition
floristique des cacaoyères sont à relier aux variations de milieu qui caractérisent les trois zones
d’étude. La zone de transition forêt-savane est en effet caractérisée par une mosaïque de forêts-
galeries et de savane où les agriculteurs installent des cacaoyères en introduisant massivement
de nombreuses espèces fruitières dans la parcelle (chapitre 2). Ailleurs, les agriculteurs
installent les cacaoyères après une défriche forestière en conservant de nombreux arbres
forestiers, pour leur intérêt économique ou pour procurer un ombrage léger aux cacaoyers, et
introduisent ensuite quelques arbres fruitiers dans la parcelle (Duguma et al., 2001).

En moyenne, 10 espèces sont associées aux cacaoyers dans chaque parcelle. Ce chiffre diminue
significativement avec l’ancienneté des cacaoyères, passant de 13 dans les cacaoyères de moins
de 10 ans à 8 dans les cacaoyères de plus de 40 ans (tableau 5).

Tableau 5 : Nombre d’espèces associées aux cacaoyers par classe d’âge et par zone d’étude.

Classes d’âge des Nombre d’espèces


cacaoyères associées par cacaoyère
< 10 ans 13 (± 1,31) a
10-20 ans 10 (± 0,97) ab
21-40 ans 10 (± 1,58) ab
> 40 ans 8 (± 0,59) ab
Zones d’étude
Bokito 7 (± 0,65) b
Zima 10 (± 1,10) ab
Ngomedzap 12 (± 1,17) a
Moyenne 10 (± 0,61)
CV 0,48

ϭϯϬ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Par contre, le nombre d’espèces associées aux cacaoyers est significativement plus bas dans la
zone de transition forêt-savane de Bokito.

ϯ͘ϭ͘ϯ͘Ϯ͘ĞŶƐŝƚĠ

Sur l’ensemble du dispositif, la densité moyenne des arbres associés aux cacaoyers est de 204
arbres ha-1. Celle des arbres fruitiers est de 129 arbres ha-1 alors que la densité moyenne des
arbres forestiers est de 87 arbres ha-1. La densité des arbres associés aux cacaoyers diminue
significativement avec l’ancienneté des cacaoyères. Cela est également vrai pour la densité des
arbres fruitiers et celle des arbres forestiers (tableau 6). Ces résultats confirment ceux que nous
avons obtenus dans les cacaoyères de la transition forêt-savane (chapitre 2). Quelle que soit la
zone considérée, les agriculteurs optent pour une densité des arbres associés élevée lors de
l’installation des cacaoyères. Ensuite, le pilotage par les agriculteurs des différentes espèces
pérennes se traduit notamment par une réduction significative de leur densité pour compenser la
croissance des arbres associés aux cacaoyers en éliminant au cours du temps les individus en
surnombre.

Tableau 6 : Densité des peuplements associés aux cacaoyers par classe d’âge et par zone
d’étude.

Classes d’âge Densités (ha-1)


des cacaoyères Tous types d’arbres Arbres fruitiers Arbres forestiers
< 10 ans 307 (± 49,39) a 204 (± 52,37) a 139 (± 21,00) a
10-20 ans 249 (± 36,51) ab 209 (± 51,47) a 75 (± 21,16) ab
21-40 ans 192 (± 28,35) bc 87 (± 13,79) b 105 (± 27,32) ab
> 40 ans 138 (± 14,37) c 84 (± 12,55) b 53 (± 8,43) b
Zones d’étude
Bokito 200 (± 27,27) a 202 (± 33,83) a 35 (± 7,59) c
Zima 194 (± 33,49) a 113 (± 24,53) b 80 (± 15,54) b
Ngomedzap 215 (± 26,21) a 73 (± 12,91) b 142 (± 20,15) a
Moyenne 204 (± 16,32) 129 (± 16,00) 87 (± 10,66)
CV 0,60 0,93 0,92
Sur une même colonne, les valeurs suivies par une même lettre ne sont pas significativement
différentes (p < 0.01, test de Newman-Keuls).

Aucune différence significative de densité des arbres associés aux cacaoyers n’est mise en
évidence entre les zones d’étude. La densité des arbres fruitiers associés aux cacaoyers est
toutefois significativement plus élevée dans la zone de transition forêt-savane de Bokito. La
densité des arbres forestiers associés aux cacaoyers est par contre significativement plus élevée
dans les zones forestières de Zima et de Ngomedzap.

Les différents éléments de caractérisation des systèmes étudiés montrent que leur structure varie
dans le temps et selon les conditions de milieu. La structure des peuplements cacaoyers peut
ainsi évoluer en termes d’architecture et de densité en fonction des modalités de conduite
adoptées par les agriculteurs. La structure des peuplements associés varie en termes de densité
et de composition floristique en fonction du contexte pédo-climatique et des modalités de
gestion adoptées par les agriculteurs.

ϭϯϭ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Figure 12 : Histogramme de distribution des cacaoyères par classe de surface terrière moyenne
par cacaoyer.

Tableau 7 : Surface terrière moyenne par cacaoyer, surface terrière totale et hauteur des
peuplements cacaoyers par classe d’âge et par zone d’étude.

Classes d’âge Surface terrière moyenne Surface terrière totale


des cacaoyères par cacaoyer (cm2) des cacaoyers (cm2)
< 10 ans 16,3 (± 3,05) d 2 451 (± 325,98) c
10-20 ans 38,8 (± 5,74) c 6 601 (± 708,70) b
21-40 ans 58,9 (± 7,14) b 7 278 (± 473,43) b
> 40 ans 76,4 (± 6,66) a 9825 (± 852,72) a
Zones d’étude
Bokito 64,2 (± 7,49) a 7 464 (± 819,33) a
Zima 57,7 (± 9,47) a 8 062 (± 1171,23) a
Ngomedzap 40,7 (± 5,03) a 6 239 (± 506,81) a
Moyenne 53,8 (± 4,34) 7 195 (± 482,46)
CV 0,60 0,50
Sur une même colonne, les valeurs suivies par une même lettre ne sont pas
significativement différentes (p < 0.01, test de Newman-Keuls).

Figure 13 : Histogramme de distribution des cacaoyères par classe de surface terrière totale du
peuplement cacaoyer.

ϭϯϮ

Evaluation du peuplement cacaoyer

͵ǤͳǤͶǤ–ƒ–†—’‡—’އ‡– ƒ ƒ‘›‡”

ϯ͘ϭ͘ϰ͘ϭ͘^ƵƌĨĂĐĞƚĞƌƌŝğƌĞ

Surface terrière moyenne par cacaoyer

La surface terrière moyenne par cacaoyer est 53,8 cm2 (tableau 4). La répartition des cacaoyères
par classe de surface terrière moyenne par cacaoyer montre cependant de grandes disparités
entre parcelles : la surface terrière moyenne par cacaoyer peut varier de 20 cm2, voire moins, à
plus de 100 cm2 selon les parcelles (figure 12).

La surface terrière moyenne par cacaoyer augmente significativement avec l’ancienneté des
cacaoyères, passant de 16,3 cm2 dans les cacaoyères de moins de 10 ans à 76,4 cm2 dans les
cacaoyères de plus de 40 ans (tableau 7).

Si l’augmentation de la surface terrière moyenne par cacaoyer avec l’ancienneté des cacaoyères
traduit une relation physiologique, elle peut aussi refléter l’impact de l’augmentation du nombre
moyen de troncs par cacaoyer suite à la régénération des cacaoyers âgés par les agriculteurs.
Aucune différence significative de surface terrière n’est mise en évidence entre les zones
d’étude, la zone de Ngomedzap présentant toutefois la valeur la plus basse.

Surface terrière totale des peuplements cacaoyers

Pour une superficie observée de 1 000 m2, la surface terrière totale des peuplements cacaoyers
est en moyenne de 7 195 cm2. La répartition des cacaoyères par classe de surface terrrière totale
des peuplements cacaoyers montre cependant une forte variabilité entre parcelles (figure 13). La
surface terrière totale des peuplements cacaoyers peut ainsi varier de 2 000 cm2, voire moins, à
plus de 10 000 cm2 selon les parcelles.

On observe que la surface terrière totale des peuplements cacaoyers augmente significativement
avec l’ancienneté des cacaoyères (tableau 5). A l’instar de la surface terrière moyenne par
cacaoyer, la surface terrière totale des peuplements cacaoyers peut à la fois traduire une relation
physiologique et refléter l’impact la régénération des cacaoyers âgés sur leur développement
végétatif. Aucune différence significative de surface terrière totale n’est mise en évidence entre
les zones d’étude, la zone de Ngomedzap présentant cependant la valeur la plus basse.

ϯ͘ϭ͘ϰ͘Ϯ͘,ĂƵƚĞƵƌ

La hauteur des cacaoyers est en moyenne de 2,7 m (tableau 8). Elle augmente significativement
avec l’âge des cacaoyères, passant de 1,7 m en moyenne dans les cacaoyères de moins de 10 ans
à 3,1 m dans les cacaoyères de plus de 40 ans.

Aucune différence significative de hauteur n’est mise en évidence entre les zones d’étude. La
zone de Ngomedzap présente cependant la valeur la plus basse.

ϭϯϯ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Tableau 8 : Hauteur moyenne des cacaoyers et cacaoyers adultes improductifs


par classe d’âge et par zone d’étude.

Classes d’âge des Hauteur moyenne Cacaoyers adultes


cacaoyères des cacaoyers (m) improductifs (%)
< 10 ans 1,7 (± 0,09) c 18,6 (± 6,45) a
10-20 ans 2,4 (± 0,16) b 27,7 (± 4,92) a
21-40 ans 2,9 (± 0,12) a 22,4 (± 4,89) a
> 40 ans 3,1 (± 0,12) a 17,6 (± 2,43) a
Zones d’étude
Bokito 2,8 (± 0,13) a 16,3 (± 3,08) b
Zima 2,9 (± 0,22) a 17,6 (± 4,02) b
Ngomedzap 2,4 (± 0,12) a 28,4 (± 3,82) a
Moyenne 2,7 (± 0,09) 21,1 (± 2,19)
CV 0,26 0,78
Sur une même colonne, les valeurs suivies par une même lettre ne sont pas
significativement différentes (p < 0.01, test de Newman-Keuls).

ϯ͘ϭ͘ϰ͘ϯ͘ĂĐĂŽLJĞƌƐĂĚƵůƚĞƐŝŵƉƌŽĚƵĐƚŝĨƐ

Le taux de cacaoyers adultes improductifs, cacaoyers de plus de cinq ans qui ont produit moins
de deux cabosses en moyenne sur les deux années d’observation, est en moyenne de 21,1 %
(tableau 6). Aucune différence significative de taux de cacaoyers adultes improductifs n’est
mise en évidence entre les classes d’âge des cacaoyères. Mais cette variable est
significativement plus élevée à Ngomedzap, où le taux de cacaoyers adultes improductifs atteint
28,4 %, qu’à Bokito et Zima, où il est respectivement de 16,3 % et de 17,6 %. Quelle que soit la
classe d’âge des cacaoyères et la zone d’étude, les cacaoyères agroforestières sont donc
caractérisées par un taux élevé de cacaoyers adultes improductifs. Celui-ci peut être la
conséquence des pratiques de redensification permanente des peuplements cacaoyers adoptées
par les agriculteurs (chapitre 1). Ce taux élevé de cacaoyers adultes improductifs peut être aussi
lié aux conditions d’environnement des cacaoyers : il est en effet communément admis que
l’ombrage limite la productivité potentielle des cacaoyers (Braudeau, 1969).

Les premiers éléments de caractérisation de l’état du peuplement cacaoyer, à travers les


variables de surface terrière et de hauteur, mettent en évidence des relations physiologiques liées
à l’âge des cacaoyers. L’évolution de la surface terrière avec l’ancienneté des cacaoyères est
aussi probablement liée aux pratiques de régénération des cacaoyers âgés mais cela reste à
confirmer. On observe par ailleurs que les peuplements cacaoyers de Ngomedzap sont les moins
vigoureux, en termes de surface terrière et de hauteur. Ils présentent également le taux de
cacaoyers adultes improductifs le plus élevé. Dans le même temps, les systèmes agroforestiers
de Ngomedzap se distinguent principalement de ceux des autres zones par la structure des
peuplements associés aux cacaoyers, où dominent les espèces forestières, ce qui suggèrerait un
éventuel lien de cause à effet entre la structure du système et l’état du peuplement cacaoyer.

ϭϯϰ

Evaluation du peuplement cacaoyer

͵ǤͳǤͷǤ–ƒ–†‡•’‡—’އ‡–•ƒ••‘ ‹±•ƒ—š ƒ ƒ‘›‡”•

ϯ͘ϭ͘ϱ͘ϭ͘^ƵƌĨĂĐĞƚĞƌƌŝğƌĞ

Tous types d’arbres confondus, la surface terrière totale des peuplements associés est en
moyenne de 17 589 cm2 pour une superficie observée de 1 000 m2 (tableau 7). La surface
terrière totale des arbres fruitiers est en moyenne de 6 964 cm2 et celle des arbres forestiers est
en moyenne de 10 625 cm2 (tableau 9).

Tableau 9 : Surface terrière totale des peuplements associés aux cacaoyers par classe d’âge et
par zone d’étude.

Classes d’âge des Surface terrière totale (cm2)


cacaoyères Tous types d’arbres Arbres fruitiers Arbres forestiers
< 10 ans 17 502 (± 2 843,32) a 6 381 (± 1 290,01) a 11 120 (± 2 047,69) a
10-20 ans 17 711 (± 4 610,11) a 7 132 (± 1 883,62) a 10 578 (± 4 859,19) a
21-40 ans 19 934 (± 2 413,78) a 7 954 (± 1 967,21) a 11 979 (± 2 285,38) a
> 40 ans 15 572 (± 2 116,88) a 6 320 (± 956,90) a 9 251 (± 1 971,95) a
Zones d’étude
Bokito 15 884 (± 3 216,66) a 9 037 (± 1 598,81) a 6 846 (± 2 887,23) a
Zima 17 785 (± 2 001,02) a 6 449 (± 1 262,94) a 11 335 (± 1 500,94) a
Ngomedzap 19 054 (± 1 827,90) a 4 509 (± 1 003,15) a 13 648 (± 1 998,75) a
Moyenne 17 589 (± 1 405,22) 6 964 (± 771,79) 10 625 (± 1 340,92)
CV (%) 0,60 0,83 0,95
Sur une même colonne, les valeurs suivies par une même lettre ne sont pas significativement différentes (p < 0.01,
test de Newman-Keuls).

Quel que soit le type d’arbres, aucune différence significative de surface terrière totale n’est
mise en évidence entre les classes d’âge des cacaoyères. Cette observation est à relier à
l’évolution de la densité des peuplements associés avec l’âge des cacaoyères (tableau 4). Elle
confirme que les agriculteurs compensent la croissance des arbres associés aux cacaoyers en
éliminant au cours du temps les individus en surnombre : les modalités de gestion des
peuplements associés par les agriculteurs se traduisent en effet par une stabilité de la surface
terrière totale des arbres associés alors que leur densité diminue avec l’ancienneté des
cacaoyères.

Quel que soit le type d’arbres, aucune différence significative de surface terrière totale n’est
mise en évidence entre les zones d’étude. On observe toutefois que la surface terrière totale des
peuplements associés et celle des arbres forestiers sont plus importantes dans les zones
forestières de Zima et de Ngomedzap, où les espèces associées aux cacaoyers sont
principalement forestières, que dans la zone de transition forêt-savane de Bokito, où il s’agit
surtout d’espèces fruitières. A l’inverse, et pour les mêmes raisons, la surface terrière totale des
arbres fruitiers associés aux cacaoyers est plus élevée dans la zone de Bokito que dans les zones
de Zima et de Ngomedzap.

ϭϯϱ

Evaluation du peuplement cacaoyer

ϯ͘ϭ͘ϱ͘Ϯ͘,ĂƵƚĞƵƌ

La hauteur moyenne des frondaisons des peuplements associés aux cacaoyers est de 12,6 m.
Dans le même temps, la hauteur moyenne des arbres fruitiers est de 11,1 m et celle des arbres
forestiers de 15,5 m (tableau 10).

Tableau 10 : Hauteur des peuplements associés aux cacaoyers par classe d’âge et par zone
d’étude.

Classes d’âge des Hauteur (m)


cacaoyères Tous types d’arbres Arbres fruitiers Arbres forestiers
< 10 ans 9,5 (± 1,28) b 8,5 (± 1,34) a 12,1 (± 1,29) a
10-20 ans 10,9 (± 1,54) ab 10,5 (± 1,99) a 16,3 (± 2,51) a
21-40 ans 14,5 (± 1,10) a 12,3 (± 1,27) a 15,4 (± 2,65) a
> 40 ans 13,7 (± 1,10) a 11,7 (± 1,20) a 16,8 (± 1,63) a
Zones d’étude
Bokito 8,1 (± 0,76) b 7,1 (± 0,78) c 11,9 (± 1,94) b
Zima 13,9 (± 0,74) a 11,4 (± 0,88) b 15,8 (± 1,06) ab
Ngomedzap 16,0 (± 0,92) a 14,7 (± 1,20) a 19,2 (± 2,37) a
Moyenne 12,6 (± 0,65) 11,1 (± 0,70) 15,5 (± 1,09)
CV (%) 0,38 0,48 0,53
Sur une même colonne, les valeurs suivies par une même lettre ne sont pas significativement différentes
(p < 0.01, test de Newman-Keuls).

La hauteur moyenne des peuplements associés aux cacaoyers augmente significativement avec
l’ancienneté des cacaoyères, ce qui met en évidence une relation physiologique liée à l’âge des
peuplements. Aucune différence significative de hauteur n’est mise en évidence entre les
différentes classes d’âge de cacaoyères pour la hauteur moyenne des arbres fruitiers comme
pour celle des arbres forestiers.

La hauteur moyenne des peuplements associés aux cacaoyers est significativement plus élevée
dans les zones de Zima et de Ngomedzap que dans la zone de Bokito. Cela est vrai pour la
hauteur des arbres fruitiers comme pour celle des arbres forestiers. Ces différences régionales de
hauteur peuvent s’expliquer par les variations de milieux qui caractérisent les trois zones
d’étude, que nous avons déjà évoquées. Elles peuvent aussi s’expliquer, pour un même type
d’espèce, par les caractéristiques morphologiques des espèces associées aux cacaoyers. Ainsi,
dans le cas des espèces fruitières, certaines espèces comme le safoutier (Dacryodes edulis) et
l’avocatier (Persea americana) que l’on rencontre dans les cacaoyères de Zima et de
Ngomedzap (chapitre 3), se caractérisent par un développement plus important que d’autres,
telles que l’oranger (Citrus sinensis), espèce plus fréquente dans les cacaoyères de Bokito.

ϭϯϲ

Evaluation du peuplement cacaoyer

ϯ͘ϭ͘ϱ͘ϯ͘ĞŶƐŝƚĠƌĞůĂƚŝǀĞĚĞƐĚŝĨĨĠƌĞŶƚƐƉĞƵƉůĞŵĞŶƚƐ

En termes de densité relative, les cacaoyers représentent entre 85 % et 90 % des individus


inventoriés dans les cacaoyères agroforestières du Centre Cameroun, quelle que soit la classe
d’âge des cacaoyères ou la zone considérée.

ϯ͘ϭ͘ϱ͘ϰ͘^ƵƌĨĂĐĞƚĞƌƌŝğƌĞƌĞůĂƚŝǀĞĚĞƐĚŝĨĨĠƌĞŶƚƐƉĞƵƉůĞŵĞŶƚƐ

Globalement, la surface terrière relative des peuplements cacaoyers est en moyenne de 33,1 %.
La répartition des cacaoyères par classe de surface terrrière relative des peuplements cacaoyers
montre une forte variabilité entre parcelles (figure 14). Une grande partie des peuplements
cacaoyers représentent en effet moins de 30 % de la surface terrière totale occupée par
l’ensemble des peuplements, mais dans certains cas, on observe que les peuplements cacaoyers
occupent plus de 50 % de celle-ci.

Figure 14 : Histogramme de distribution des cacaoyères par classe de surface terrière relative du
peuplement cacaoyer.

La surface terrière relative des peuplements cacaoyers augmente significativement avec


l’ancienneté des cacaoyères et passe de 16 % dans les cacaoyères de moins de 10 ans à 43 %
dans celles de plus de 40 ans (figure 15). Dans le même temps, la surface terrière relative des
arbres forestiers passe de 50 % dans les cacaoyères de moins de 10 ans à 30 % dans celles de
plus de 40 ans, sans différence significative entre les classes d’âge des cacaoyères. Aucune
différence significative n’est mise en évidence entre les classes d’âge des cacaoyères pour la
surface terrière relative des arbres fruitiers. Au cours du temps, les modalités de gestion des
peuplements associés par les agriculteurs, qui se traduisent principalement par une diminution
des arbres associés aux cacaoyers pour compenser leur dévelopement végétatif, et les modalités
de gestion des peuplements cacaoyers, où les cacaoyers sénescents font l’objet d’une
régénération, aboutissent ainsi à des évolutions de surface terrière relative différentes selon les
peuplements, à l’avantage des peuplements cacaoyers.

ϭϯϳ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Figure 15 : Surface terrière relative par type de peuplement et par classe d’âge.

La surface terrière relative des peuplements cacaoyers est en moyenne de 40 % dans la zone de
Bokito et de 26 % dans la zone de Ngomedzap bien qu’aucune différence significative ne soit
mise en évidence pour cette variable entre les zones d’étude. Dans le même temps, la surface
terrière relative des arbres forestiers est significativement plus importante dans les zones de
Ngomedzap et de Zima que dans la zone de Bokito. Inversement, la surface terrière relative des
arbres fruitiers est significativement plus élevée dans la zone de Bokito que dans les zones de
Ngomedzap et de Zima (figure 16).

Figure 16 : Surface terrière relative par type de peuplement et par zone d’étude.

La zone de transition forêt-savane de Bokito se distingue ainsi des autres zones d’étude : les
peuplements cacaoyers y occupent la surface terrière relative la plus élevée et les arbres fruitiers
y occupent une surface terrière relative plus importante que les arbres forestiers. Ces différences
régionales pourraient constituer, à l’instar des différences observées dans la structure des
cacaoyères, un des facteurs à l’origine des variations de rendement potentiel en cacao marchand.

ϭϯϴ

Evaluation du peuplement cacaoyer

ϯ͘ϭ͘ϱ͘ϱ͘ŝŽŵĂƐƐĞƌĞůĂƚŝǀĞĚĞƐƚƌŽŶĐƐĚĞƐĚŝĨĨĠƌĞŶƚƐƉĞƵƉůĞŵĞŶƚƐ

Aucune différence significative n’est mise en évidence entre les classes d’âge des cacaoyères en
ce qui concerne la biomasse relative des troncs des peuplements cacaoyers, qui augmente
cependant avec l’ancienneté des cacaoyères (figure 17).

Figure 17 : Biomasse relative par type de peuplement et par classe d’âge.

Aucune différence significative n’est mise en évidence entre les classes d’âge des cacaoyères
pour la biomasse relative des troncs des arbres forestiers et celle des arbres fruitiers. On observe
cependant une diminution de ces deux variables avec l’ancienneté des cacaoyères, en lien avec
les modalités de gestion des peuplements associés évoquées précédemment.

La biomasse relative des troncs des peuplements cacaoyers est significativement plus élevée
dans la zone de Bokito (21 %) que dans les zones de Zima et de Ngomedzap (10 % et 6 %
respectivement) (figure 18).

Figure 18 : Biomasse relative par type de peuplement et par zone d’étude.

ϭϯϵ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Dans le même temps, la biomasse relative des troncs des arbres forestiers est significativement
plus élevée dans les cacaoyères des zones de Zima et de Ngomedzap (65 % et 60 %
respectivement) que dans les cacaoyères de la zone de Bokito (33 %). La biomasse relative des
troncs des arbres fruitiers est plus importante à Bokito qu’à Zima et Ngomedzap mais pour cette
variable aucune différence significative n’est mise en évidence entre les zones d’étude.

Ces observations confirment, voire accentuent, les caractéristiques des différents peuplements
mises en évidence pour la surface terrière relative. Elles mettent en exergue la place importante
qu’occupent les peuplements associés, et en particulier les arbres forestiers, dans les systèmes
des zones forestières de Zima et de Ngomedzap. Au contraire, les systèmes de la zone de
transition forêt-savane de Bokito sont dominés par les arbres fruitiers et les peuplements
cacaoyers y occupent une plus grande place.

ϯ͘ϭ͘ϴ͘ϲ͘,ĂƵƚĞƵƌĚĞƐĚŝĨĨĠƌĞŶƚƐƉĞƵƉůĞŵĞŶƚƐ

Aucune différence significative de hauteur n’est mise en évidence entre les différentes classes
d’âge des cacaoyères, quel que soit le type d’arbres considérés. Dès leur création, les cacaoyères
agroforestières comportent trois strates bien différenciées (figure 19). Les modalités de mise en
place des cacaoyères adoptées par les agriculteurs, déjà évoquées, expliquent en grande partie la
présence d’arbres dans les jeunes cacaoyères. Dans les zones forestières de Zima et de
Ngomedzap, il s’agit la plupart du temps d’arbres conservés lors de la défriche forestière (arbres
forestiers mais également fruitiers indigènes). Il en est de même pour les cacaoyères installées
dans les galeries forestières dans le cas de la zone de transition forêt-savane.

Figure 19 : Evolution de la hauteur moyenne du peuplement cacaoyer et des peuplements


associés par classe d’âge des cacaoyères.







ϭϰϬ

Evaluation du peuplement cacaoyer

͵ǤͳǤ͸Ǥ”‡••‹‘’ƒ”ƒ•‹–ƒ‹”‡Ž‹±‡ƒ—š‹”‹†‡•

La moyenne des notes attribuée aux cacaoyers pour évaluer la pression parasitaire liée aux
mirides est de 1,06 en ce qui concerne la présence de poussées foliaires, de 1,78 pour la
présence de feuilles sèches, 1,42 pour la présence de branches dénudées et 1,99 pour la présence
de chancres (tableau 11).

Tableau 11 : Notation moyenne par type de dégâts liés aux mirides


par classe d’âge et par zone d’étude.

Classes d’âge Présence de Présence de Présence de Présence de


des cacaoyères poussées folaires feuilles sèches branches dénudées chancres
< 10 ans 0,93 (± 0,22) a 1,31 (± 0,14) b 0,87 (± 0,15) b 1,34 (± 0,18) b
10-20 ans 1,00 (± 0,19) a 1,68 (± 0,23) ab 1,26 (± 0,18) ab 1,76 (± 0,20) ab
21-40 ans 1,08 (± 0,13) a 1,79 (± 0,16) ab 1,42 (± 0,14) ab 2,18 (± 0,13) a
> 40 ans 1,15 (± 0,10) a 2,05 (± 0,14) a 1,74 (± 0,13) a 2,24 (± 0,12) a
Zones d’étude
Bokito 1,19 (± 0,08) a 2,02 (± 0,20) a 1,89 (± 0,15) a 2,18 (± 0,15) a
Zima 1,03 (± 0,16) a 1,69 (± 0,11) a 1,05 (± 0,10) b 1,66 (± 0,09) a
Ngomedzap 0,97 (± 0,12) a 1,64 (± 0,12) a 1,27 (± 0,10) b 2,09 (± 0,16) a
Moyenne 1,06 (± 0,07) 1,78 (± 0,09) 1,42 (± 0,08) 1,99 (± 0,08)
CV 0,53 0,39 0,45 0,33
Sur une même colonne, les valeurs suivies par une même lettre ne sont pas significativement différentes (p < 0.01,
test de Newman-Keuls).

Hormis pour la présence de poussées foliaires, des différences significatives de notation sont
mises en évidence entre les classes d’âge des cacaoyères. On constate que les dégâts liés aux
mirides augmentent significativement avec l’ancienneté des cacaoyères, et s’accumulent au
cours du temps sur les diverses parties de la couronne des cacaoyers. Une différence
significative de notation est mise en évidence entre la zone de Bokito et les zones de Zima et de
Ngomedzap pour la présence de branches dénudées. Globalement, bien qu’aucune différence
significative ne soit mise en évidence entre les zones d’étude, on constate que les dégâts liés aux
mirides sont plus importants dans la zone de transition forêt-savane de Bokito que dans les
zones forestières de Zima et de Ngomedzap. Dans la zone de Bokito, l’ombrage plus léger des
cacaoyères agroforestières, où dominent les espèces fruitières, favoriserait les pullulations de
mirides qui seraient au contraire limitées dans les zones de Zima et de Ngomedzap où
l’ombrage des cacaoyères est plus dense en raison de la présence en plus grand nombre
d’espèces forestières (Babin, 2009).

͵ǤͳǤ͹Ǥƒ”ƒ –±”‹•–‹“—‡•†‡••‘Ž••‘—• ƒ ƒ‘›‡”•

Le taux de matière organique des sols sous cacaoyers est en moyenne de 3,1 % pour un pH
moyen de 5,5 (tableau 12).

Il n’y a pas de différence significative de taux de matière organique entre les différentes classes
d’âge des cacaoyères. Cette variable tend cependant à augmenter avec l’ancienneté des
cacaoyères, confirmant ce qui a été observé dans la zone de transition forêt-savane de Bokito
(chapitre 2).

ϭϰϭ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Il n’y a également pas de différence significative de pH entre les différentes classes d’âge des
cacaoyères. Par contre, le taux de matière organique des cacaoyères de Ngomedzap est
significativement supérieur à celui des cacaoyères de Zima et de Bokito. Une différence
significative de pH du sol est mise en évidence entre les zones d’étude (tableau 12).

Tableau 12 : Teneur en matière organique et pH des sols sous cacaoyers


par classe d’âge et par zone d’étude.

Classes d’âge des Matière pH eau


cacaoyères organique (%)
< 10 ans 3 (± 0,46) a 5,4 (± 0,21) a
10-20 ans 3,4 (± 0,39) a 5,6 (± 0,24) a
21-40 ans 3,4 (± 0,30) a 5,3 (± 0,22) a
> 40 ans 3,8 (± 0,16) a 5,7 (± 0,15) a
Zones d’étude
Bokito 2,5 (± 0,21) b 6,2 (± 0,09) a
Zima 2,7 (± 0,18) b 5,5 (± 0,14) b
Ngomedzap 4,2 (± 0,20) a 4,8 (± 0,10) c
Moyenne 3,1 (± 0,14) 5,5 (± 0,10)
CV 0,36 0,14
Sur une même colonne, les valeurs suivies par une même lettre ne sont pas
significativement différentes (p < 0.01, test de Newman-Keuls).

Les sols sous cacaoyers sont caractérisés par un taux moyen d’argiles de 25 %, de limons de
15 % et de sables de 58 %, sans différence significative entre les classes d’âge de cacaoyères.
Le taux d’argiles est significativement plus élevé dans la zone forestière de Ngomedzap (33 %)
que dans la zone de transition forêt-savane de Bokito (19 %). Dans le même temps, le taux de
sable est significativement plus élevé dans la zone de Bokito (65 %) que dans la zone de
Ngomedzap (51 %) (figure 20). Ces observations sont à relier au gradient pédo-climatique qui
caractérise le Centre-Sud du Cameroun (Santoir et Bodpa, 1995).

Figure 20 : Evolution de la texture des sols sous cacaoyers par zone d’étude.

ϭϰϮ

Evaluation du peuplement cacaoyer

͵ǤͳǤͺǤ‹˜‡ƒ—†ǯƒ‰”‘„‹‘†‹˜‡”•‹–±

L’indice de Shannon-Weaver des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer est en moyenne de


1,91 pour un indice moyen de richesse spécifique de 2,21 (tableau 13). Pour ces deux indices,
aucune différence significative n’est mise en évidence entre les classes d’âge des cacaoyères
bien que leurs valeurs diminuent avec l’ancienneté des cacaoyères. La diminution de l’indice de
Shannon-Weaver avec l’ancienneté va à l’encontre de ce que nous avons observé précédemment
(chapitres 1 et 2) où nous avions mis en évidence au contraire une augmentation de la valeur de
cet indice au cours du temps. Cette différence pourrait trouver son origine dans le dispositif en
placette sur lequel repose notre évaluation du peuplement cacaoyer.

L’indice de Shannon-Weaver est significativement plus élevé dans les zones forestières de Zima
et de Ngomedzap que dans la zone de transition forêt-savane de Bokito (tableau 13). Ce résultat
confirme ce que nous avons observé dans le chapitre 1 : le niveau d’agrobiodiversité des
cacaoyères de la zone de Bokito est moins élevé que celui des cacaoyères des zones forestières.
L’indice de richesse spécifique est significativement plus élevé dans la zone de Bokito que dans
les zones de Zima et Ngomedzap. Ces résultats sont à relier aux différences qui existent entre la
zone de transition forêt-savane de Bokito et les zones forestières de Zima et de Ngomedzap en
termes de structure des peuplements associés, déjà évoquées.

Tableau 13 : Agrobiodiversité des cacaoyères agroforestières par classe d’âge


et par zone d’étude.

Classes d’âge des Indice de Indice de richesse


cacaoyères Shannon-Weaver spécifique
< 10 ans 2,22 (± 0,09) a 2,53 (± 0,52) a
10-20 ans 1,91 (± 0,11) a 2,48 (± 0,33) a
21-40 ans 1,85 (± 0,17) a 2,34 (± 0,32) a
> 40 ans 1,80 (± 0,08) a 1,78 (± 0,15) a
Zones d’étude
Bokito 1,59 (± 0,08) b 2,83 (± 0,32) a
Zima 1,99 (± 0,10) a 1,94 (± 0,24) ab
Ngomedzap 2,15 (± 0,11) a 1,83 (± 0,18) b
Moyenne 1,91 (± 0,06) 2,21 (± 0,15)
CV 0,26 0,53
Sur une même colonne, les valeurs suivies par une même lettre ne sont pas
significativement différentes (p < 0.01, test de Newman-Keuls).

Les premiers éléments de caractérisation des différents peuplements qui constituent les systèmes
agroforestiers à base de cacaoyer mettent en évidence des différences marquées entre les trois
zones d’étude. En termes de densité relative, le cacaoyer apparaît partout comme l’espèce pivot
de ces systèmes, mais ce n’est plus le cas en termes de surface terrière relative et de biomasse
relative des troncs. Les systèmes de la zone de transition forêt-savane de Bokito se distinguent
toutefois de ceux des zones forestières de Zima et de Ngomedzap. Les peuplements cacaoyers y
présentent une surface terrière relative et une biomasse relative plus importante qu’ailleurs. Ces
systèmes sont également dominés par les arbres fruitiers qui y présentent une surface terrière
relative et une biomasse relative plus importantes que dans les systèmes des zones forestières.

ϭϰϯ

Evaluation du peuplement cacaoyer

͹Ǥ͸Ǥ‹ƒ‰‘•–‹ †—”‡†‡‡–†‡• ƒ ƒ‘›°”‡•

Les causes de variation des rendements en cacao marchand observées entre les parcelles âgées
de plus de dix ans11 seront analysées en précisant tout d’abord la contribution de chaque
composante, à savoir : le nombre moyen de cabosses par cacaoyer et la densité de cacaoyers.
Puis, nous chercherons à mettre en évidence les relations entre ces composantes du rendement,
l’état et la structure du peuplement cacaoyer, à l’origine des variations du rendement. Enfin,
nous tenterons d’identifier les états du milieu ainsi que les variables d’état et de structure des
peuplements associés à l’origine des variations de rendements.

͵ǤʹǤͳǤ‡”‡†‡‡–’‘–‡–‹‡Ž‡ ƒ ƒ‘ƒ” Šƒ†‡–•‡• ‘’‘•ƒ–‡•



Toutes parcelles confondues, le rendement potentiel en cacao marchand est lié positivement au
nombre moyen de cabosses par cacaoyer (r = 0,816). Par contre, le rendement potentiel en
cacao marchand n’est pas corrélé à la densité des cacaoyers (r = - 0,186).

La corrélation positive entre le rendement potentiel en cacao marchand des cacaoyères et le


nombre de cabosses par cacaoyer est confirmée quelle que soit la zone d’étude (figure 21). Il en
est de même pour l’absence de corrélation entre le rendement potentiel en cacao marchand des
cacaoyères et la densité des cacaoyers.

Figure 21 : Relation entre rendement potentiel et nombre moyen de cabosses par cacaoyer.



Toutes parcelles confondues, le nombre moyen de cabosses par cacaoyer diminue
significativement avec la densité des cacaoyers (r = 0,572). Cette corrélation négative entre les
deux composantes du rendement est confirmée dans les zones de Zima et de Ngomedzap mais
elle n’est pas significative pour Bokito (figure 22).


ϭϭ
Soit un effectif de 51 parcelles
ϭϰϰ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Figure 22 : Relation entre nombre moyen de cabosses par cacaoyer et densité des cacaoyers.



A Zima et Ngomedzap, la corrélation négative entre les deux composantes du rendement
suggère que la structure des peuplements cacaoyers intervient sur les caractéristiques
morphologiques des cacaoyers et donc indirectement sur leur productivité. Dans le même temps,
on sait qu’il existe une relation entre la productivité des cacaoyers et leur vigueur (Glendinning,
1960 ; 1966 ; Lachenaud et Mossu, 1985), ce qui tendrait à démontrer que la densité des
cacaoyers intervient en particulier sur leur surface terrière.

A Bokito, l’absence de corrélation négative entre le nombre moyen de cabosses par cacaoyer et
la densité des cacaoyers peut s’expliquer par la moindre variabilité qui caractérise ces deux
variables. Le nombre de cabosses minimal par cacaoyer y est en effet 5,9 pour un nombre de
cabosses maximal de 27,3, soit un rapport de 1 à 5 alors qu’il est de 1 à 18 à Ngomedzap et de 1
à 145 à Zima. Il en est de même pour la densité des cacaoyers : elle passe de 840 cacaoyers ha-1
(densité minimale) à 1 888 cacaoyers ha-1 (densité maximale), soit un rapport de 1 à 2,2 alors
que ce rapport est de 1 à 3,9 à Ngomedzap et de 1 à 4,4 à Zima. De plus, la densité des
cacaoyers à Zima et Ngomedzap est d’environ 1 700 cacaoyers ha-1 pour environ 1 200
cacaoyers ha-1 à Bokito (tableau 2).







ϭϰϱ

Evaluation du peuplement cacaoyer

͵ǤʹǤʹǤ ‡Žƒ–‹‘• ‡–”‡ ”‡†‡‡–ǡ ‘’‘•ƒ–‡• †— ”‡†‡‡–ǡ ±–ƒ– ‡–


•–”— –—”‡†—’‡—’އ‡– ƒ ƒ‘›‡”

ϯ͘Ϯ͘Ϯ͘ϭ͘dŽƵƚĞƐnjŽŶĞƐĐŽŶĨŽŶĚƵĞƐ

L’analyse en composantes principales (ACP) a été réalisée avec le rendement potentiel en cacao
marchand, les deux composantes du rendement (nombre moyen de cabosses par cacaoyer et
densité des cacaoyers), les principales variables d’état et de structure du peuplement cacaoyer
(tableau 14). Les axes 1 et 2 de l’ACP regroupent 69,7 % de l’information.

Tableau 14 : Liste des principales variables retenues pour le peuplement cacaoyer.

Type de variables Abréviation


Variables à expliquer
Rendement potentiel de cacao marchand (ha-1) Rdtcm
Nombre moyen de cabosses par cacaoyer Nbcab
Densité des cacaoyers Denscac
Variables d’état du peuplement cacaoyer
Surface terrière moyenne par cacaoyer (cm2) Surfcac
Hauteur moyenne de la couronne (m) Hautcac
Cacaoyers adultes improductifs (%) %cacimpro
Variables de structure du peuplement cacaoyer
Nombre moyen de troncs par cacaoyer Nbtroncac
Age moyen des cacaoyers Agecac

La matrice ci-dessous montre les corrélations entre variables ayant un coefficient de Pearson
supérieur ou égal à 0,45 (tableau 15).

Tableau 15 : Matrice de corrélation entre rendement, composantes du rendement


et variables d’état et de structure du peuplement cacaoyer*.
%cacimpro
Nbtroncac
Denscac

Hautcac
Surfcac

Agecac
Rdtcm

Nbcab

Variables
Rdtcm 1
Nbcab 0,816 1
Denscac -0,186 -0,572 1
Surfcac 0,494 0,682 -0,639 1
Nbtroncac 0,238 0,244 -0,319 0,459 1
Hautcac 0,397 0,349 -0,326 0,644 0,327 1
Agecac 0,156 0,312 -0,441 0,595 0,623 0,462 1
%cacimpro -0,564 -0,617 0,606 -0,649 -0,334 -0,518 -0,306 1
* En gras : coefficient de Pearson supérieur ou égal à 0,45

ϭϰϲ

Evaluation du peuplement cacaoyer

L’axe 1 de l’Acp oppose des variables de vigueur moyenne (hauteur, surface terrière) et de
productivité moyenne (nombre moyen de cabosses) du cacaoyer aux variables du peuplement
cacaoyer (densité et taux de cacaoyers adultes improductifs) (figure 23).

Figure 23 : Analyse en composantes principales des facteurs du rendement


au niveau du peuplement cacaoyer*.

ŝƉůŽƚ;ĂdžĞƐ&ϭĞƚ&Ϯ͗ϲϵ͕ϳϳйͿ
ϰ

Zima
ϯ
Ngomedzap
ŐĞĐĂĐ ϭ
EďƚƌŽŶĐĂĐ Ϯ ϯ
ϯ ϯ ϭ Ϯ ϭ
йĐĂĐŝŵƉƌŽ ϭ Ϯ Ϯ
ϯ
ϭ ϭ ϯ Ϯ Ϯ ϭ
&Ϯ;ϭϲ͕ϮϮйͿ

ϯ
ϯ
ϯ ϯ ,ĂƵƚĐĂĐ ϯ
Ϭ ϯ ϭ ^ƵƌĨĐĂĐ
ϯ ϯ Ϯ ϭ
ϯ ϭ ϭ ϯ ĞŶƐĐĂĐ
Ϯ ϭ ϯ ϭ ϭ
ϯ ϭ EďĐĂď
Ϯ Ϯ
ZĚƚĐŵ Ϯ
Ϯ ϭ ϭ

Bokito
Ϯ
Ͳϰ
ͲϭϬ Ͳϲ ͲϮ Ϯ ϲ ϭϬ
&ϭ;ϱϯ͕ϱϱйͿ

ĂƌLJĐĞŶƚƌĞƐ

* Cacaoyères : ϭ = Bokito ; Ϯ = Zima ; ϯ = Ngomedzap

En hiérarchisant les corrélations entre les différentes variables de façon décroissante, on observe
que :

i) le nombre moyen de cabosses par cacaoyer (Nbcab) augmente significativement avec la


surface terrière moyenne par cacaoyer (Surfcac) ;
ii) le nombre moyen de cabosses par cacaoyer est négativement corrélé au taux de cacaoyers
adultes improductifs (%cacimpro) et à la densité des cacaoyers ;
iii) la surface terrière moyenne par cacaoyer (Surfcac) augmente significativement avec la
hauteur moyenne des cacaoyers (Hautcac), l’âge moyen des cacaoyers (Agecac) et le nombre
moyen de troncs par cacaoyer (Nbtroncac) ;
iv) le nombre moyen de troncs par cacaoyer (Nbtroncac) augmente significativement avec l’âge
moyen des cacaoyers (Agecac) ;
v) la hauteur moyenne des cacaoyers (Hautcac) est positivement corrélée à l’âge moyen des
cacaoyers (Agecac) ;
vi) la surface terrière moyenne par cacaoyer (Surfcac) diminue significativement avec la densité
des cacaoyers (Denscac) ;
vii) le taux de cacaoyers adultes improductifs (%cacimpro) augmente significativement avec la
densité des cacaoyers ;

ϭϰϳ

Evaluation du peuplement cacaoyer

viii) le taux de cacaoyers adultes improductifs (%cacimpro) est négativement corrélé à la


surface terrière moyenne par cacaoyer (Surfcac) et à la hauteur moyenne des cacaoyers
(Hautcac).
ix) le rendement (Rdtcm) est négativement corrélé au taux de cacaoyers adultes improductifs
(%cacimpro).

L’ensemble de ces résultats montre que la surface terrière moyenne par cacaoyer constitue un
facteur central dans notre analyse. La corrélation importante mise en évidence entre la surface
terrière moyenne par cacaoyer et le nombre moyen de cabosses par cacaoyer confirme la
relation forte existant entre la productivité et le niveau de développement des cacaoyers.

Un élément d’explication de la corrélation négative entre la surface terrière moyenne par


cacaoyer et la densité des cacaoyers est la concurrence qui s’exerce entre les cacaoyers quand
leur densité est élevée. Dans un premier temps, les densités de cacaoyers élevées sont un moyen
efficace pour contrôler les adventices et assurer l’auto-ombrage des cacaoyers lors de
l’établissement des cacaoyères (Mooleedhar et Lauckner, 1990). Mais ensuite, le
développement des cacaoyers exacerbe les concurrences au sein des peuplements (Lachenaud et
Montagnon, 2002 ; Lachenaud, 2005). Globalement, aucune relation n’est mise en évidence
entre la surface terrière totale des peuplements cacaoyers et leur densité (R2 = 0,010) confirmant
que les hautes densités ne se traduisent par une augmentation de la surface terrière totale des
peuplements cacaoyers. En situation de densité élevée, les concurrences exacerbées au sein des
peuplements cacaoyers se traduisent donc par une surface terrière moyenne par cacaoyer plus
faible.

En raison de la corrélation négative qui existe entre la surface terrière moyenne par cacaoyer et
le taux de cacaoyers adultes improductifs, les hautes densités de cacaoyers ont par ailleurs pour
conséquence une augmentation significative du taux de cacaoyers adultes improductifs, ce qui
contribue à diminuer le nombre moyen de cabosses par cacaoyer.

La densité des cacaoyers, en tant que composante du rendement, a un effet contradictoire sur le
rendement des cacaoyères en raison de son effet négatif sur le nombre moyen de cabosses par
cacaoyer.

L’âge moyen des cacaoyers apparaît comme un autre facteur important dans notre analyse. Les
relations mises en évidence entre la surface terrière moyenne par cacaoyer, la hauteur moyenne
des cacaoyers et l’âge moyen des cacaoyers traduisent des relations physiologiques : la surface
terrière et la hauteur des cacaoyers sont liées et augmentent significativement avec l’âge des
cacaoyers. Nous constatons que la surface terrière moyenne par cacaoyer augmente également
significativement avec le nombre moyen de troncs par cacaoyer, qui est lui-même lié à l’âge
moyen des cacaoyers. Le nombre moyen de troncs par cacaoyer est une variable de structure qui
traduit l’impact des pratiques de recépage des cacaoyers sénescents mises en œuvre par les
agriculteurs dans les anciennes cacaoyères. Le nombre moyen de troncs par cacaoyer augmente
ainsi significativement dans les cacaoyères de plus de 40 ans (tableau 3). Il en est de même pour
le taux de cacaoyers recépés (cacaoyers de type 4) (figure 4) qui augmente également
significativement avec l’ancienneté des cacaoyères (figure 11). Les pratiques de régénération
des cacaoyers âgés influent donc positivement sur leur productivité.

ϭϰϴ

Evaluation du peuplement cacaoyer

A ce stade de notre analyse, plusieurs relations entre l’état du peuplement cacaoyer et sa


structure ont été mises en évidence. Ainsi, la surface terrière moyenne par cacaoyer et la hauteur
moyenne des cacaoyers sont négativement corrélées à la densité des cacaoyers, et positivement
corrélées au nombre moyen de troncs par cacaoyer et à l’âge moyen des cacaoyers. Par contre,
aucune relation significative n’est mise en évidence entre l’état du peuplement cacaoyer et son
origine génétique.

Les premiers résultats de notre analyse confirment que la structure des peuplements cacaoyers
impacte fortement le nombre moyen de cabosses par cacaoyer. La densité des cacaoyers, reflet
des modalités d’implantation et de gestion des peuplements cacaoyers au cours du temps a
également un impact négatif sur le nombre moyen de cabosses par cacaoyer.

ϯ͘Ϯ͘Ϯ͘Ϯ͘ů͛ĠĐŚĞůůĞĚĞĐŚĂƋƵĞnjŽŶĞ

La représentation des cacaoyères dans l’ACP et le positionnement des centres de gravité des
trois zones permettent de distinguer les cacaoyères de Ngomedzap de celles des zones de Zima
et de Bokito (figure 23).

Les cacaoyères de Ngomedzap apparaissent principalement caractérisées par des densités de


cacaoyers (Denscac) et des taux de cacaoyers adultes improductifs (%cacimpro) élevés et par
des surfaces terrières moyennes par cacaoyer (Surfcac) et un nombre moyen de cabosses par
cacaoyer (Nbcab) faibles. Les cacaoyères de Zima et de Bokito ont des structures proches : une
surface terrière moyenne par cacaoyer (Surfcac) et un nombre moyen de cabosses par cacaoyer
(Nbcab) plus élevés qu’à Ngomedzap et au contraire, une densité des cacaoyers (Denscac) et un
taux de cacaoyers adultes improductifs (%cacimpro) plus faibles. Ces observations sont
confirmées par les caractéristiques de l’état du peuplement cacaoyer par zone : la surface
terrière moyenne par cacaoyer est plus basse à Ngomedzap qu’ailleurs : 40 cm2 pour 57 cm2 à
Zima et 64 cm2 à Bokito (tableau 7) et le taux de cacaoyers adultes improductifs y est plus élevé
que dans les autres zones : 28 % pour 17 à Zima et 16 à Bokito (tableau 8).

Mais dans le même temps, on observe que la densité des cacaoyers à Ngomedzap est
sensiblement la même qu’à Zima (environ 1 700 cacaoyers ha-1) pour 1 200 cacaoyers ha-1 à
Bokito, ce qui tendrait à indiquer que cette variable de structure n’explique pas à elle seule la
faiblesse de la productivité des cacaoyers dans la zone de Ngomedzap. Le taux plus élevé de
cacaoyers adultes improductifs qui caractérise les cacaoyères de la zone de Ngomedzap, alors
que la densité de cacaoyers y est similaire à celle des cacaoyères de Zima suggère que la
structure des peuplements cacaoyers n’est pas le seul facteur à l’origine des disfonctionnements
du peuplement cacaoyer dans la zone de Ngomedzap.

ϭϰϵ

Evaluation du peuplement cacaoyer

L’analyse des relations entre le rendement potentiel en cacao marchand, les composantes du
rendement et les autres variables de caractérisation du peuplement cacaoyer nous ont permis
d’identifier les principales variables de structure du peuplement cacaoyer influant sur le
rendement d’un peuplement cacaoyer. Le nombre moyen de troncs par cacaoyer, l’âge moyen
des cacaoyers apparaissent ainsi comme des variables clés pour expliquer les variations de
production entre les parcelles d’agriculteurs. Bien qu’elle intervienne sur le rendement en tant
que composante, la densité des cacaoyers a un effet contradictoire sur la productivité des
cacaoyers. Certains indicateurs suggèrent cependant que d’autres facteurs, que nous allons
étudier dans la partie suivante, entrent en jeu dans l’élaboration du rendement en cacao
marchand des cacaoyères agroforestières du Centre Cameroun.

͵ǤʹǤ͵Ǥ‡Žƒ–‹‘•‡–”‡ ‘’‘•ƒ–‡•†—”‡†‡‡–ǡ±–ƒ–‡–•–”— –—”‡†—


’‡—’އ‡– ƒ ƒ‘›‡”ǡ±–ƒ–†—‹Ž‹‡—ǡ±–ƒ–‡–•–”— –—”‡†‡•’‡—’އ‡–•
ƒ••‘ ‹±•

ϯ͘Ϯ͘ϯ͘ϭ͘dŽƵƚĞƐnjŽŶĞƐĐŽŶĨŽŶĚƵĞƐ

L’analyse en composantes principales (ACP) a été réalisée avec les deux composantes du
rendement (nombre moyen de cabosses par cacaoyer et densité des cacaoyers), les principales
variables du peuplement cacaoyer (état et structure) et les autres variables principales de l’état
du milieu, de l’état et de la structure des peuplements associés (tableau 16). Les axes 1 et 2 de
l’ACP regroupent 62,8 % de l’information.

Tableau 16 : Liste des variables essentielles au niveau du peuplement cacaoyer et des autres
facteurs du rendement.

Type de variables Abréviation


Variables à expliquer
Nombre moyen de cabosses par cacaoyer Nbcab
Densité des cacaoyers Denscac
Variables d’état du peuplement cacaoyer
Surface terrière moyenne par cacaoyer (cm2) Surfcac
Hauteur moyenne de la couronne (m) Hautcac
Cacaoyers adultes improductifs (%) %cacimpro
Variables d’état du milieu et des peuplements associés
Surface terrière relative des arbres associés (cm2) Surfrelarb
Estimation des dégâts liés aux mirides (présence de chancres) Mir4
Variables de structure du peuplement cacaoyer et des peuplements
associés
Age moyen des cacaoyers Agecac
Densité des peuplements associés Densarb
Densité des arbres forestiers Densfor
Nombre d’espèces associées aux cacaoyers Nbesp

La matrice ci-dessous montre les corrélations entre variables ayant un coefficient de Pearson
supérieur ou égal à 0,45 ont été (tableau 17).

ϭϱϬ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Tableau 17 : Matrice de corrélation entre composantes du rendement, facteurs du


rendement au niveau du peuplement cacaoyer et autres facteurs du rendement*.

%cacimpro

Surfrelarb
Densarb
Denscac

Hautcac

Densfor
Surfcac

Agecac
Nbcab

Nbesp

Miri4
Variables
Densarb -0,587 0,570 -0,672 -0,555 -0,542 0,596 1
Nbesp -0,521 0,551 -0,616 -0,364 -0,419 0,752 0,651 1
Densfor -0,475 0,569 -0,529 -0,274 -0,408 0,585 0,665 0,780 1
Surfrelarb -0,314 0,119 -0,583 -0,235 -0,383 0,382 0,428 0,482 0,421 1
Mir4 0,045 -0,231 0,463 0,457 0,234 -0,112 -0,266 -0,269 -0,175 -0,258 1
En gras : coefficient de Pearson supérieur ou égal à 0,45 En italique surligné : autres facteurs du rendement

L’axe 1 de l’Acp oppose des variables de structure du peuplement cacaoyer (surface terrière,
hauteur) influant positivement sur le rendement (nombre moyen de cabosses) aux variables
d’état et de structure des peuplements associés (surface terrière relative, densité, nombre
d’espèces) (figure 24).

Figure 24 : Analyse en composantes principales des facteurs du rendement


au niveau du peuplement cacaoyer et des autres facteurs du rendement*.

ŝƉůŽƚ;ĂdžĞƐ&ϭĞƚ&Ϯ͗ϲϮ͕ϴϲйͿ
ϱ
Bokito

Ngomedzap ϯ ϯ
Dŝƌϰ ϭ
ĞŶƐĐĂĐ ϯ
ϯ йĐĂĐŝŵƉƌŽ ϭ ,ĂƵƚĐĂĐ
ϯ ĞŶƐĂƌď ĞŶƐĨŽƌ ϭ Ϯ ŐĞĐĂĐ Ϯ
&Ϯ;ϭϬ͕ϲϬйͿ

ϯ ϯ ϭϭ
ϯ ϯϯ ^ƵƌĨĐĂĐ Ϯ ϭ
EďĞƐƉ Ϯ
Ϭ ϭ
ϯ ϭ Ϯ ϯ
ϯ Ϯ ϯ ϮϮ ϯ
Ϯ ϭ ϭ Ϯ
ϯ ^ƵƌĨƌĞůĂƌď ϭ ϭ
ϭ Ϯ
ϭ ϭ EďĐĂď
Ϯ ϭ
ϯ Ϯ
ϭ

Zima

Ͳϱ
ͲϭϮ Ͳϳ ͲϮ ϯ ϴ
&ϭ;ϱϮ͕ϮϲйͿ

ĂƌLJĐĞŶƚƌĞƐ
* Cacaoyères : ϭ = Bokito ; Ϯ = Zima ; ϯ = Ngomedzap

ϭϱϭ

Evaluation du peuplement cacaoyer

En hiérarchisant les corrélations entre les différents facteurs du rendement de façon


décroissante, on observe que :

i) le nombre moyen de cabosses par cacaoyer (Nbcab) diminue significativement avec la densité
des arbres associés (Densarb), le nombre d’espèces associées (Nbesp) et la densité des arbres
forestiers (Densfor) ;
ii) la surface terrière moyenne par cacaoyer (Surfcac) diminue significativement avec la densité
des arbres associés (Densarb), le nombre d’espèces associées (Nbesp), la surface terrière relative
des arbres associés (Surfrelarb) et la densité des arbres forestiers (Densfor) ;
iii) le taux de cacaoyers adultes improductifs (%cacimpro) est positivement corrélée à la densité
des arbres associés (Densarb), à la densité des arbres forestiers (Densfor) et au nombre
d’espèces associées (Nbesp) ;
iv) la hauteur moyenne des cacaoyers (Hautcac) est négativement corrélée à la densité des
arbres associés (Densarb) ;
v) la présence de chancres due aux attaques de mirides (Mir4) est positivement corrélée à la
surface terrière moyenne par cacaoyer (Surfcac) et à l’âge moyen des cacaoyers (Agecac) ;
vi) la densité des cacaoyers (Denscac) est positivement corrélée à la densité des arbres associés
(Densarb), à la densité des arbres forestiers (Densfor) et au nombre d’espèces associées
(Nbesp) ;
vii) la densité des arbres associés (Densarb) diminue significativement avec l’âge moyen des
cacaoyers (Agecac) ;
viii) la densité des arbres associés (Densarb), celle des arbres forestiers (Densfor) et le nombre
d’espèces associées (Nbesp) sont trois variables corrélées positivement entre elles.

La concurrence qui s’exerce au sein des systèmes agroforestiers entre le peuplement cacaoyer et
les peuplements associés constitue un premier élément d’explication des corrélations négatives
entre les principales variables d’état du peuplement cacaoyer et la densité des peuplements
associés, en particulier la densité des arbres forestiers. Cette concurrence se traduit par une
diminution de la surface terrière moyenne par cacaoyer. Compte tenu de la relation forte qui
existe entre la surface terrière moyenne par cacaoyer et le nombre moyen de cabosses par
cacaoyer, les densités des peuplements associés élevées se traduisent par des nombres moyens
de cabosses par cacaoyer faibles. Elles se traduisent également par des taux de cacaoyers adultes
improductifs importants.

Ces résultats rejoignent ceux obtenus par Lachenaud et Mossu (1985) sur l’impact positif de la
suppression de la concurrence des arbres d’ombrage et la modification du micro-climat de la
cacaoyère sur l’accroissement de la productivité des cacaoyers. Ils rejoignent également les
résultats obtenus par Besse (1972) qui avait comparé, en Côte d’Ivoire, deux méthodes
d’établissement de cacaoyères. Cet auteur avait montré qu’à densité égale, après une défriche
totale, le développement végétatif des cacaoyers est plus rapide car ils ferment leur couronne
plus rapidement (après 2,5 ans), sont plus précoces et portent leurs premières cabosses à 18-20
mois. Bien que cette étude ait montré que sous forêt aménagée, la hauteur des jeunes cacaoyers
est généralement plus élevée et que le rapport du diamètre de leur tronc par sa hauteur diminue,
nos travaux montrent au contraire que la concurrence entre le peuplement cacaoyer et les
peuplements associés se traduit également par une diminution de la hauteur moyenne des
cacaoyers.

ϭϱϮ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Nous avons montré précédemment que quelle que soit la classe d’âge des cacaoyères, les
peuplements cacaoyers sont la composante principale des systèmes en termes de densité
relative. Mais les peuplements associés occupent cependant la surface terrière relative la plus
importante (figure 15), les arbres forestiers représentant la biomasse relative de troncs la plus
importante (figure 17). Cela suggère que dans les systèmes agroforestiers, l’état du peuplement
cacaoyer est fortement lié à la concurrence des peuplements associés pour le partage des
ressources non seulement dans le milieu aérien (bilan radiatif et encombrement de l’espace)
mais également dans le milieu souterrain (eau, nutriments et encombrement de l’espace).

De plus, les cacaoyers constituent la strate inférieure des systèmes agroforestiers au-dessus de
laquelle se superposent la strate intermédiaire formée par les espèces fruitières et la strate
supérieure constituées par les arbres forestiers (figure 19).

En fait, bien que composante principale des systèmes agroforestiers en termes de densité
relative, les peuplements cacaoyers apparaissent comme un peuplement dominé par les
autres espèces présentes dans le système en termes de surface terrière relative et de
biomasse relative.

Par ailleurs, le fait que la densité des cacaoyers soit positivement corrélée à celles des
peuplements associés et des arbres forestiers suggère que les agriculteurs adoptent des pratiques
similaires en ce qui concerne les modalités de mise en place et de gestion des deux types de
peuplements. La densité des peuplements associés diminue cependant significativement avec
l’ancienneté des cacaoyères, passant de 307 arbres ha-1 dans les jeunes cacaoyères à 138 arbres
ha-1 dans les cacaoyères de plus de 40 ans (tableau 4), ce qui n’est pas le cas des peuplements
cacaoyers en raison des pratiques de redensification mises en œuvre par les agriculteurs (tableau
2).

La corrélation positive entre la présence de chancres et, d’une part, l’âge des cacaoyères et
d’autre part, la surface terrière moyenne par cacaoyer traduit l’effet d’accumulation des dégâts
liés aux mirides au cours du temps davantage qu’une pression plus forte de ces ravageurs dans
les anciennes cacaoyères.

Ces différents résultats confirment que la structure des peuplements associés aux cacaoyers
impacte fortement le nombre moyen de cabosses par cacaoyer. La densité des arbres associés, et
en particulier la densité des arbres forestiers, reflet des modalités d’implantation et de gestion
des peuplements associés au cours du temps a un impact négatif sur l’état du peuplement
cacaoyer. Par contre, le sol et la pression parasitaire liée aux mirides semblent être des facteurs
du rendement secondaires par rapport à la structure des peuplements associés. Ces deux
variables de caractérisation du milieu n’apparaissent pas déterminantes dans l’élaboration du
rendement potentiel des cacaoyères dans un système agroforestier.

ϯ͘Ϯ͘ϯ͘Ϯ͘ů͛ĠĐŚĞůůĞĚĞĐŚĂƋƵĞnjŽŶĞ

La représentation des cacaoyères dans l’ACP et le positionnement des centres de gravité des
trois zones permettent de distinguer les cacaoyères de Ngomedzap de celles des zones de Zima
et de Bokito (figure 24). Les cacaoyères de Ngomedzap apparaissent principalement
caractérisées par des densités d’arbres associés, en particulier d’arbres forestiers, plus élevées
qu’ailleurs.
ϭϱϯ

Evaluation du peuplement cacaoyer

La surface terrière relative qu’occupent les peuplements associés et le nombre d’espèces


associées aux cacaoyers sont également plus importants dans les cacaoyères de Ngomedzap que
dans celles de Zima. Ces observations sont confirmées par les caractéristiques de la structure
des peuplements associés par zone. La densité des arbres forestiers associés aux cacaoyers est
en effet significativement plus élevée à Ngomedzap qu’à Zima et Bokito (tableau 6). Il en est de
même pour le nombre d’espèces associées aux cacaoyers (tableau 5) et pour la surface terrière
relative des peuplements associés (figure 16) qui augmentent significativement lorsque l’on
passe de la zone de transition forêt-savane de Bokito à la zone de Ngomedzap.

Le fait qu’aucune différence significative de densité des peuplements associés ne soit mise en
évidence entre les trois zones d’étude (tableau 4), suggère que la composition floristique des
peuplements associés joue un rôle déterminant dans les variations de rendement des
peuplements cacaoyers. Les densités d’arbres fruitiers et d’arbres forestiers sont
significativement différentes entre les zones de Bokito et de Ngomedzap. La zone de Bokito est
caractérisée par une densité d’arbres fruitiers significativement supérieure à celle de la zone de
Ngomedzap : 202 arbres ha-1 contre 73 arbres ha-1 (tableau 6). Par contre, Bokito est caractérisée
par une densité d’arbres forestiers significativement inférieure à celle de Ngomedzap : 35 arbres
ha-1 contre 142 arbres ha-1. La zone de Zima est, quant à elle, caractérisée par une densité
d’arbres fruitiers similaire à celle des cacaoyères de Ngomedzap et par une densité d’arbres
forestiers similaire à celle des cacaoyères de Bokito.

Les systèmes des zones de Ngomedzap et de Bokito sont ainsi caractérisés par des
compositions floristiques très différentes (figure 25).

Figure 25 : Composition floristique des cacaoyères agroforestières par zone d’étude.

ϭϱϰ

Evaluation du peuplement cacaoyer

A Bokito, où les arbres fruitiers constituent la composante principale des peuplements associés,
les agrumes et les palmiers représentent 58 % des arbres associés aux cacaoyers. D’autres
espèces sont également représentées comme les manguiers, les safoutiers et les colatiers. A
Ngomedzap, où les arbres forestiers représentent 65 % des arbres associés aux cacaoyers, le
safoutier est l’espèce fruitière la plus représentée devant les palmiers et les avocatiers. Certaines
espèces comme les agrumes et les colatiers sont absentes des cacaoyères. La composition
floristique des cacaoyères de Zima présente une situation intermédiaire : les arbres forestiers ne
représentent que 27 % des arbres associés aux cacaoyers et les espèces fruitières les mieux
représentées sont les manguiers, les safoutiers et les avocatiers.

Pour des densités de peuplements associés similaires, les différences de composition floristique
des peuplements associés se traduisent par une diminution de la surface relative des
peuplements cacaoyers lorsque l’on passe de Bokito à Ngomedzap (figure 16) et surtout par une
diminution significative de la biomasse relative de leurs troncs (figure 18).

Ces résultats confirment que les performances des peuplements cacaoyers en termes de
rendement potentiel en cacao marchand sont donc en grande partie liées au type d’espèces que
les agriculteurs associent aux cacaoyers.

L’analyse des relations entre les composantes du rendement potentiel en cacao marchand, la
structure du peuplement cacaoyer et la structure des peuplements associés nous ont permis
d’identifier les principales variables qui interviennent sur le fonctionnement d’un peuplement
cacaoyer au sein d’un système agroforestier complexe. La densité des arbres associés, leur type
et le nombre d’espèces associées aux cacaoyers apparaissent comme des variables clés pour
expliquer les variations de production entre les cacaoyères d’agriculteurs.

͵ǤʹǤͶǤ›–а•‡ǣ—• бƒ†ǯ±Žƒ„‘”ƒ–‹‘†—”‡†‡‡–”‡˜‹•‹–±

L’analyse des relations entre le rendement, les composantes du rendement (nombre moyen de
cabosses par cacaoyer et densité des cacaoyers), les variables de structure du peuplement
cacaoyer et les variables de structure des peuplements associés permet de préciser le schéma
d’élaboration du rendement d’un peuplement cacaoyer au sein d’un système agroforestier
(figure 26).

Le nombre de cabosses par cacaoyer est la première composante du rendement. Elle est
significativement liée aux deux variables d’état du peuplement cacaoyer que sont la surface
terrière moyenne par cacaoyer (variable de vigueur) et le taux de cacaoyers adultes improductifs
(variable de peuplement). La densité des cacaoyers est, quant à elle, significativement liée à la
densité des peuplements associés, mais elle ne joue pas directement sur le rendement en raison
de son effet négatif sur le nombre moyen de cabosses par cacaoyer. Les variables du peuplement
cacaoyer (surface terrière moyenne par cacaoyer, hauteur moyenne des cacaoyers, taux de
cacaoyers adultes improductifs, âge moyen des cacaoyers, nombre moyen de troncs par
cacaoyer et densité des cacaoyers) sont significativement liées entre elles, reliant entre elles les
variables de vigueur du cacaoyer et les opposant aux variables de peuplement.

ϭϱϱ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Elles apparaissent également significativement liées aux variables de structure des peuplements
associés que sont la densité des peuplements associés, le nombre et le type d’espèces associées
aux cacaoyers.

Figure 26 : Principales relations entre les composantes du rendement et les facteurs du


rendement en cacao marchand dans un système agroforestier à base de cacaoyer.

Nombre de Poids de Coefficient Rendement potentiel


Densité des d’une cacaoyère
cabosses X fèves fraîches X Cacao marchand/ X cacaoyers = (kg de cacao
par cacaoyer par cabosse fèves fraîches
marchand ha-1)
(0,115 kg) (0,35)
- 0,61 + 0,68 - 0,64 + 0,57

- 0,67 Densité des


% cacaoyers Surface terrière peuplements
adultes improductifs moyenne par cacaoyer associés
- 0,64 - 0,58

Surface terrière relative


+ 0,46 + 0,64 des peuplements associés
- 0,54
Nombre moyen Hauteur moyenne + 0,66
de troncs par cacaoyer des cacaoyers
Densité des
arbres forestiers
+ 0,46 + 0,62 + 0,46 associés

- 0,55
Présence de chancres Age moyen des + 0,78
liés aux mirides cacaoyers

Nombre d’espèces
+ 0,75

Corrélation positive
Variable d’état du peuplement cacaoyer Variable de pression parasitaire
Légende :
Corrélation négative
Variable de structure Variable d’état des peuplements associés
- 0,55 Coefficient de corrélation

Ce shéma d’élaboration du rendement d’un peuplement cacaoyer au sein d’un système


agroforestier complexe permet d’identifier les pratiques à l’origine des variations de rendement
potentiel en cacao marchand dans les cacaoyères agroforestières du Centre Cameroun. On
distinguera deux types de pratiques : d’une part, les pratiques d’implantation du système et
d’autre part, les pratiques de régénération des différents peuplements.

Les modalités de mise en place des peuplements cacaoyers et des peuplements associés vont se
traduire par des cacaoyères dont la structure initiale sera caractérisée par une forte variabilité en
termes de densité. Cette variabilité s’observe entre les zones forestières de Zima et de
Ngomedzap, où la densité des peuplements cacaoyers est globalement élevée, et la zone de
transition forêt-savane de Bokito où l’on observe une densité des cacaoyers plus basse
qu’ailleurs. La variabilité dans les modalités de mise en place des cacaoyères apparaît également
dans la structure des peuplements associés et en particulier leur composition floristique. Notre
analyse du processus d’installation des cacaoyères installées dans la zone de transition forêt-
savane de Bokito (chapitre 2) montre ainsi le rôle des espèces fruitières dans la création des
cacaoyères sur savane. Ces résultats permettent de mieux comprendre les différences de
composition floristique observées entre cette zone et les zones forestières de Zima et de
Ngomedzap où les cacaoyères sont généralement installées après une défriche forestière
(Duguma et al., 2001).

ϭϱϲ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Au cours du temps, les modalités de gestion des différents peuplements peuvent par ailleurs
expliquer les variations de rendement potentiel en cacao marchand observées entre les parcelles
d’agriculteurs. Dans le chapitre 1, nous avons montré que la redensification des cacaoyères est
une pratique fréquente qui concerne une majorité de cacaoyères, quelle que soit la classe d’âge
considérée. Cela suggère que les agriculteurs maintiennent la densité des cacaoyers y compris
quand celle-ci est initialement élevée ce qui aurait pour principale conséquence d’exacerber,
dans ce cas, les concurrences au sein des peuplements cacaoyers avec le temps. Dans le même
temps, on observe d’une part, que les modalités de gestion des peuplements associés se
traduisent par une diminution de la densité des arbres associés avec l’ancienneté des cacaoyères
(tableau 6) mais d’autre part, que la densité des peuplements associés est positivement liée à
celle des cacaoyers. Ces résultats confirment la grande variabilité des pratiques des agriculteurs,
dont certains optent pour des densités élevés de cacaoyers et d’arbres associés sans que l’on soit
en mesure de l’expliquer, alors que l’élimination des arbres associés en surnombre est
généralement l’une des premières recommandations techniques faites par les services
d’encadrement. Les espèces associées aux cacaoyers induisent une concurrence plus ou moins
forte pour l’eau, la lumière et les éléments nutritifs, en particulier lors des saisons sèches
prononcées (Lachenaud, 1983). Dès 1957, Poncin signale ainsi plusieurs espèces
incompatibles : Pentaclethra macrophylla, Celtis mildbraedii, Lannea welwitchii, Piptadenia
africana, Pseudospondias microcarpa et Myrianthus arboreus qui entrainent de fortes
mortalités lors des sécheresses prolongées et par ailleurs une baisse du rendement du cacaoyer.

Enfin, les pratiques de régénération mises en œuvre par les agriculteurs impactent
significativement la productivité des cacaoyers et présentent de ce fait un intérêt majeur. Notre
analyse des principaux facteurs à l’origine de la durabilité des cacaoyères agroforestières avait
mis en évidence que le recépage des cacaoyers concernait principalement les cacaoyères les plus
anciennes et était le fait d’une majorité d’agriculteurs (chapitre 1). En fait, cette pratique, qui
permet aux agriculteurs de renouveler l’appareil productif du cacaoyer, a pour conséquence une
augmentation significative du nombre moyen de troncs par cacaoyer en raison de la
conservation de plusieurs rejets orthotropes ce qui entraîne une augmentation de la surface
terrière moyenne par cacaoyer et a donc pour conséquence d’augmenter la productivité des
cacaoyers âgés (tableau 2). Ces résultats apportent un éclairage nouveau sur l’intérêt de la taille
de régénération des cacaoyers alors qu’il existe peu de travaux sur l’incidence de la taille du
cacaoyer en tant que facteur du rendement. Au Ghana, Bonaparte (1966) avait montré que la
taille de cacaoyers entraine une meilleure productivité lors de leur entrée en production mais cet
effet s’était estompé après dix ans. Dans un autre essai, toujours au Ghana, Ampofo (1986) n’a
pas montré de différence significative de productivité entre des cacaoyers taillés et non taillés.
Par contre, en Inde, Thomas et Balasimha (1992), en comparant plusieurs types de taille et
d’architecture, ont montré que les productivités des cacaoyers non taillés étaient
significativement plus élevées que celles des cacaoyers ayant fait l’objet d’une taille plus ou
moins sévère. Nos résultats montrent au contraire que la régénération par recépage des
cacaoyers permet d’augmenter la productivité des cacaoyers et de la maintenir sur le long terme.




ϭϱϳ

Evaluation du peuplement cacaoyer

͵ǤʹǤͷǤ›’‘Ž‘‰‹‡†‡• ƒ ƒ‘›°”‡•ǣ†‡•†‹ˆˆ±”‡ ‡•”±‰‹‘ƒŽ‡•ƒ”“—±‡•

A partir des analyses sur l’élaboration du rendement potentiel en cacao marchand des
cacaoyères agroforestières, il est alors possible de mettre en évidence des groupes homogènes
de parcelles qui ont les mêmes caractéristiques en termes de rendement en cacao marchand et en
termes de structure.

La Classification ascendante hiérarchique qui a été réalisée a permis de regrouper


automatiquement les parcelles présentant des caractéristiques similaires à partir du critère
d’homogénéité des éléments d’une classe. Trois classes homogènes sont mises en évidence : la
première classe (C1) regroupe 29 parcelles, la seconde (C2) en regroupe 13 et la troisième
classe (C3) en regroupe 9.

Le tableau 18 présente les caractéristiques des trois classes de parcelles obtenues.



Tableau 18 : Principales caractéristiques des classes de cacaoyères agroforestières.

Variables Classe 1 Classe 2 Classe 3


Rendement potentiel en cacao marchand (kg ha-1) 830 a 490 b 780 a
Composantes du rendement
Densité des cacaoyers ha-1 1 100 c 1 790 b 2 530 a
Nombre moyen de cabosses par cacaoyer 19 a 7b 8b
Variables d’état du peuplement cacaoyer
Surface terrière moyenne par cacaoyer (cm2) 77 a 33 b 26 b
Hauteur moyenne des cacaoyers (m) 3a 2,6 a 2,7 a
Cacaoyers adultes improductifs (%) 13 b 35 a 30 a
Variables de structure du peuplement cacaoyer
Age moyen des cacaoyers (années) 33 a 25 b 13 ab
Nombre de troncs par cacaoyer 1,5 a 1,3 b 1,4 ab
Variables d’état des peuplements associés
Surface terrière relative (%) 60 b 71 a 63 a
Variables de structure des peuplements associés
Densité des arbres associés ha-1 134 b 266 a 226 a
Densité des arbres forestiers ha-1 37 b 144 a 112 a
Nombre d’espèces associées 7b 13 a 11 a
Sur une même ligne, les valeurs suivies par une même lettre ne sont pas significativement différentes (p < 0.01,
test de Newman-Keuls).

La classe 1 est constituée de cacaoyères dont le rendement en cacao marchand est en moyenne
de 830 kg ha-1. Ces cacaoyères présentent un nombre moyen de cabosses par cacaoyer (19)
significativement supérieur à celui des deux autres classes de cacaoyères. La densité moyenne
des cacaoyers (1 100 cacaoyers ha-1) y est significativement inférieure à celle des deux autres
classes de cacaoyères. Ce groupe de cacaoyères est également caractérisé par un taux de
cacaoyers adultes improductifs (13 %) significativement inférieur à celui des deux autres classes
de cacaoyères.

ϭϱϴ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Dans le même temps, la structure des peuplements associés est caractérisée par une densité des
arbres associés et une densité des arbres forestiers significativement inférieures à celles des
autres classes de cacaoyères. Il en est de même pour le nombre d’espèces associées aux
cacaoyers.

Les classes 2 et 3 regroupent des cacaoyères qui présentent globalement des caractéristiques
significativement différentes de celles des cacaoyères de la classe 1. Les cacaoyères de la classe
3 sont cependant plus jeunes que celles de la classe 2. En termes d’état du peuplement cacaoyer
et de structure des peuplements associés, les cacaoyères des classes 2 et 3 présentent
globalement les mêmes caractéristiques. Elles diffèrent entre elles principalement par le
rendement en cacao marchand (488 kg ha-1 pour la classe 2 contre 782 kg ha-1 pour la classe 3)
et par leur densité de cacaoyers (1 790 cacaoyers ha-1 pour la classe 2 contre 2 530 cacaoyers ha-
1
pour la classe 3) qui sont significativement différentes. Ces résultats montreraient que les
hautes densités des peuplements cacaoyers peuvent présenter à court terme un intérêt en termes
de rendement en cacao marchand, y compris en cas de densités élevées des peuplements
associés, notamment lorsqu’il s’agit d’arbres forestiers. Dans les jeunes cacaoyères, malgré un
taux élevé de cacaoyers adultes improductifs, les hautes densités de cacaoyers compenseraient
le faible nombre moyen de cabosses par cacaoyer. Mais avec le temps, les concurrences entre
les cacaoyers et entre les différents peuplements se traduisent par une surface terrière moyenne
par cacaoyer et un taux de cacaoyers adultes qui évoluent peu. En conséquence, la productivité
par cacaoyer n’augmente pas.

La répartition des cacaoyères par classe et par zone d’étude montre que la classe 1 regroupe
principalement des cacaoyères de Bokito et de Zima alors que les classes 2 et 3 sont surtout
constituées de cacaoyères de Ngomedzap (tableau 19).

Tableau 19 : Répartition des cacaoyères par classe et par zone d’étude

Classes Zones d’étude


de cacaoyères Bokito Zima Ngomedzap
Classe 1 15 10 5
Classe 2 3 1 9
Classe 3 0 3 6

ͶǤ‘ Ž—•‹‘

Sur le plan méthodologique, les différentes adaptations que nous avons apportées au diagnostic
agronomique régional ont permis de mobiliser cette méthode pour mieux comprendre
l’élaboration de la production du peuplement cacaoyer dans des systèmes agroforestiers
complexes. En analysant les relations entre les variables de structure (densité des peuplements
associés, nombre moyen de troncs par cacaoyer, âge moyen des cacaoyers par exemple) et
d’autres variables qui reflètent l’état du peuplement cacaoyer (surface terrière, hauteur,
proportion de cacaoyers improductifs), nous avons pu construire un schéma d’élaboration du
rendement du cacaoyer dans un système agroforestier et identifier les principales causes de
variation des rendements en cacao marchand.

ϭϱϵ

Evaluation du peuplement cacaoyer

A notre connaissance, aucun travail de diagnostic agronomique régional sur le cacaoyer dans un
système agroforestier complexe n’avait jusqu’alors été conduit. Nos résultats apportent un
nouvel éclairage sur le fonctionnement d’un peuplement cacaoyer dans un système
plurispécifique complexe.

Le diagnostic agronomique régional a permis de mettre en évidence les différentes interactions


qui existent entre le peuplement cacaoyer et les peuplements associés. La surface terrière
moyenne par cacaoyer apparaît comme un facteur important dans l’élaboration du rendement
potentiel en cacao marchand et la relation entre cette variable et le nombre moyen de cabosses
par cacaoyer est démontrée. Mais nous montrons que dans les systèmes agroforestiers, le
rendement en cacao marchand est fortement lié d’une part, à la structure du peuplement
cacaoyer et d’autre part, à celle des peuplements associés. Si certaines variables de structure,
comme la densité ou le nombre d’espèces associées aux cacaoyers peuvent impacter fortement
sur le rendement potentiel des cacaoyers, nous mettons cependant en évidence une relation
positive entre le nombre moyen de troncs par cacaoyer et la surface terrière moyenne par
cacaoyer. Cette relation apparaît déterminante pour expliquer le maintien sur le long terme du
rendement potentiel des peuplements cacaoyers.

Les analyses descriptives des différentes variables ont permis de caractériser les différents
peuplements et de mettre en évidence leurs évolutions en fonction des classes d’âge des
cacaoyères. Une grande variabilité est observée pour la plupart des variables prises en compte.
Globalement, le rendement potentiel en cacao marchand des cacaoyères adultes demeure stable
au cours du temps. Cela est également vrai pour les deux composantes du rendement : le
nombre moyen de cabosses par cacaoyer et la densité des cacaoyers, confirmant ce que nous
avions observé dans les chapitres 1 et 2. On observe que le nombre moyen de troncs par
cacaoyer augmente avec le temps. Dans le même temps, la densité des peuplements associés et
le nombre d’espèces associées diminuent avec l’ancienneté des cacaoyères. Bien que les
cacaoyers apparaissent comme la composante principale des systèmes agroforestiers en termes
de densité relative, et que la surface terrière relative qu’ils occupent augmente avec le temps, on
constate cependant que les peuplements associés demeurent les peuplements dominants en
termes de surface terrière relative et de biomasse relative des troncs. Des différences régionales
de structure et de performances sont également observées. Dans la zone de transition forêt-
savane de Bokito, les peuplements cacaoyers apparaissent ainsi globalement moins denses que
ceux des zones forestières de Zima et de Ngomedzap et sont associés à davantage d’espèces
fruitières. En conséquence, en termes de surface terrière relative et de biomasse relative, ils
occupent une plus grande place dans les systèmes que les peuplements cacaoyers des zones
forestières.

Dans l’ensemble, nos résultats montrent la grande variabilité des pratiques des agriculteurs. Nos
travaux permettent aujourd’hui de formuler un certain nombre de recommandations techniques,
notamment en termes de densités de plantation, de densité et de choix des arbres à associer aux
cacaoyers, en veillant toutefois à répondre aux attentes des agriculteurs pour qui les différentes
espèces ont une valeur d’usage parfois élevée (chapitre 3). Ils apportent cependant peu
d’informations sur les leviers dont disposent les agriculteurs pour faire évoluer leurs systèmes et
augmenter ainsi leur rendement potentiel en cacao marchand.

Les pratiques des agriculteurs seront analysées sur le temps long dans le chapitre suivant afin
d’identifier leurs différentes marges de manœuvre techniques.
ϭϲϬ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Annexe 1 : Espèces associées aux cacaoyers dans les systèmes de culture agroforestiers du
Centre Cameroun (en grisé, zone où l’espèce a été inventoriée).

Nom scientifique Famille Groupe* Zones d’étude


Bokito Zima Ngomedzap
Afzelia pachyloba Caesalpiniaceae Fo
Albizia adianthifolia Mimosaceae Fo
Albizia ferruginea Mimosaceae Fo
Albizia glaberrima Mimosaceae Fo
Alstonia boonei Apocynaceae Fo
Annona muricata Annonaceae FrE
Anthocleista vogelii Loganiaceae Fo
Berlinia confusa Caesalpiniaceae Fo
Bombax buonopozense Bombacaceae Fo
Bridelia micrantha Euphorbiaceae Fo
Buchholzia coriacea Capparaceae Fo
Canarium schweinfurthii Burseraceae FrI
Carapa procera Meliaceae Fo
Carpolobia alba Polygalaceae Fo
Ceiba pentandra Bombacaceae Fo
Citrus grandis Rutaceae FrE
Citrus limon Rutaceae FrE
Citrus reticulata Rutaceae Fo
Citrus sinensis Rutaceae FrE
Citrus sp. Rutaceae FrE
Cola ballayi Sterculiaceae Fo
Cola ficifolia Sterculiaceae Fo
Cola lateritia Sterculiaceae Fo
Cola lepidota Sterculiaceae Fo
Cola millenii Sterculiaceae Fo
Cola nitida Sterculiaceae FrI
Cordia platythyrsa Boraginaceae Fo
Dacryodes edulis Burseraceae FrI
Dacryodes macrophylla Burseraceae Fo
Discoglypremma caloneura Euphorbiaceae Fo
Distemonanthus Caesalpiniaceae Fo
benthamianus
Elaeis guineensis Arecaceae P
Enantia chlorantha Annonaceae Fo
Entandrophragma Meliaceae Fo
angolensis
Entandrophragma Meliaceae Fo
cylindricum
Erythrococca sp Euphorbiaceae Fo
Erythrophleum ivorense Caesalpiniaceae Fo
Erythroxylum mannii Erythroxylaceae Fo
Fagara heitzii Rubiaceae Fo
Ficus exasperata Moraceae Fo
Ficus mucoso Moraceae Fo
Ficus Sur Forsk. Moraceae Fo
Garcinia kola Clusiaceae FrI
Garcinia lucida Clusiaceae Fo
Guibourtia tessmannii Caesalpiniaceae Fo

ϭϲϭ

Evaluation du peuplement cacaoyer

Harungana Clusiaceae Fo
madagascariensis
Hevea brasiliensis Apocynaceae Fo
Irvingia gabonensis Irvingiaceae FrI
Lannea welwitschii Anacardiaceae Fo
Lovoa trichilioides Meliaceae Fo
Macaranga hurifolia Euphorbiaceae Fo
Mangifera indica Anacardiaceae FrE
Mansonia altissima Sterculiaceae Fo
Massularia acuminata Rubiaceae Fo
Megaphrynium Marantaceae Fo
macrostachyum
Milicia excelsa Moraceae Fo
Morinda lucida Rubiaceae Fo
Newbouldia laevis Bignoniaceae Fo
Ongokea gore Olacaceae Fo
Persea americana Lauraceae FrE
Petersianthus macrocarpus Lecythidaceae Fo
Phyllanthus discoideus Euphorbiaceae Fo
Piptadeniastrum africanum Mimosaceae Fo
Porterandia cladantha Rubiaceae Fo
Pseudospondias microcarpa Anacardiaceae Fo
Psydium guajava Myrtaceae FrE
Pteleopsis hylodendron Combretaceae Fo
Pterocarpus soyauxii Papillonaceae Fo
Pycnanthus angolensis Myristicaceae Fo
Raphia farinifera Arecaceae P
Rauvolfia macrophylla Apocynaceae Fo
Rauvolfia vomitoria Apocynaceae Fo
Ricinodendron heudelotii Euphorbiaceae FrI
Schumanniophyton Rubiaceae Fo
magnificum
Spathodea campanulata Bignoniaceae Fo
Spondias cytherea Anacardiaceae FrE
Sterculia rhinopetala Sterculiaceae Fo
Sterculia tragacantha Sterculiaceae Fo
Tectona grandis Verbenaceae Fo
Terminalia mentali Combretaceae Fo
Terminalia superba Combretaceae Fo
Tetrapleura tetraptera Mimosaceae Fo
Tetrorchidium Euphorbiaceae Fo
didymostemon
Tieghemella africana Sapotaceae Fo
Trichoscypha acuminata Anacardiaceae Fo
Trilepisium Moraceae Fo
madagascariensis
Triplochiton scleroxylon Sterculiaceae Fo
Vitex grandifolia Verbenaceae Fo
Voacanga africana Apocynaceae FrI
Xylopia aurantiodora Annonaceae Fo
Groupe* : Fo = espèce forestière ; FrE = espèce fruitière exotique ; FrI = espèce fruitière indigène ; P = palmiers

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Chapitre 5
Flexibilité des cacaoyères agroforestières

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Ce travail répond à notre cinquième question de recherche. Il vise à vérifier la flexibilité des
cacaoyères agroforestières. Cette flexibilité peut se traduire par des trajectoires d’états
structuraux liés à des modifications de conduite technique au cours du temps qui vont au-delà de
l’adaptation des systèmes à l’évolution écologique des espèces pérennes en association. Nous
montrons que ces variations peuvent correspondre aux changements d’objectifs de l’agriculteur
au cours de sa vie, au transfert des cacaoyères d’une génération à l’autre, ou aux adaptations à
des changements de contexte.

Ce travail est présenté sous la forme d’un chapitre et fera l’objet, après la thèse, d’un article
que nous proposerons à la revue Ecology and Society.

ϭϲϯ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

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La cacaoculture du Centre Cameroun repose sur des systèmes agroforestiers plurifonctionnels


(chapitre 3), qui font remarquablement preuve de longévité (chapitre 1). La réalisation d’un
diagnostic agronomique régional dans un réseau de parcelles d’agriculteurs a permis d’identifier
les facteurs à l’origine des variations de rendement en cacao marchand, et suggère que des
marges d’amélioration techniques sont possibles. Or il s’avère que le rendement potentiel en
cacao marchand est fortement lié à la structure de ces systèmes et donc aux pratiques qui
impactent cette structure (chapitre 4). Dès lors, des recommandations techniques peuvent être
formulées en ce qui concerne les modalités de mise en place de nouvelles cacaoyères
agroforestières et les modalités de gestion au cours du temps des différents peuplements,
cacaoyers et associés. Dans le cadre des cacaoyères existantes qui, comme le soulignait déjà
Grimaldi (1979) « représentent actuellement et encore pour de nombreuses années le capital de
production cacaoyère essentiel du Cameroun, et le revenu principal des exploitants qui les
possèdent », la formulation de recommandations techniques aux agriculteurs implique d’étudier
les possibilités de restructurer ces cacaoyères sans les replanter totalement. Pour ce faire, il est
nécessaire d’évaluer les marges de manœuvre techniques dont peuvent disposer les agriculteurs
pour faire évoluer leurs systèmes agroforestiers à base de cacaoyer une fois en phase adulte.

Notre analyse des marges de manœuvre techniques dont disposent les agriculteurs pour
augmenter le rendement potentiel de leurs cacaoyères adultes repose sur l’hypothèse que
la structure des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer est flexible dans le temps.

Pour analyser la flexibilité des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer, nous allons nous
baser sur l’analyse de leurs évolutions passées. L’objectif de notre étude est d’identifier les
évolutions de structure que ces systèmes ont pu connaître à partir de l’analyse de l’évolution des
pratiques de conduite au cours du temps. Il s’agit aussi d’observer l’impact de ces évolutions de
structure sur les performances actuelles des cacaoyères. Nous aborderons également l’analyse
des déterminants des pratiques des agriculteurs et de leurs évolutions, de manière à proposer des
orientations techniques aux agriculteurs tenant compte de leur propre logique technique.

Le concept de flexibilité est issu des sciences de gestion et de l’économie industrielle (Chia et
Marchenay, 2008) et s’intéresse en particulier aux propriétés qui permettent à une entreprise de
s’adapter à un contexte changeant sans modification profonde de sa nature (Marchesnay, 2004).
Deux échelles temporelles peuvent être prises en compte (Tarondeau, 1999) : le long terme avec
la flexibilité « stratégique » qui est « la capacité à modifier la structure, les ressources et les
compétences de l’entreprise pour s’adapter ou devancer les évolutions de l’environnement » et
le court terme avec la flexibilité « opérationnelle » qui au contraire concerne « l’ajustement au
cours du cycle de production à des aléas divers ». Le concept de flexibilité est largement
mobilisé en zootechnie où les systèmes d’élevage sont de plus en plus évalués en termes de
capacité d’adaptation en vue « de résister à un ensemble hétérogène de perturbations sur le
moyen terme et à s’inscrire dans une dynamique, un mouvement, qui permette de durer sur le
long terme » (Mignon, 2001 ; Ingrand et al., 2009).

ϭϲϱ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Le concept de flexibilité apparaît relativement proche de celui de résilience12 car les deux
« rendent comptent du comportement de systèmes soumis en continu à des perturbations,
certaines pouvant être des chocs nécessitant des reconfigurations » et « ils différencient
différents horizons temporels : le long terme des cycles adaptatifs, de la succession de phases
de maîtrise croissante puis de reconfiguration du systèmes versus le court terme de flexibilité
opérationnelle » (Dedieu et Ingrand, 2010).

Dans le cas des systèmes de culture, la flexibilité est le résultat des pratiques des agriculteurs et
intègre également leurs objectifs et leur perception des risques (Coquil et al., 2010). Les
caractéristiques structurelles et biotechniques du système ainsi que son fonctionnement peuvent
ainsi évoluer pour faire face à l’incertitude.

En ce qui concerne les systèmes à base de plantes annuelles, les décisions tactiques des
agriculteurs qui déterminent les pratiques d’assolement et de rotation des cultures ont un
caractère récurrent qui permet à l’agriculteur d’adapter son système de production végétale en
cas, par exemple, de modification du contexte socio-économique dans lequel il évolue
(Sebillotte et Soler, 1990 ; Papy, 1996 ; Aubry et Michel-Dounias, 2006). Mais pour les cultures
pérennes comme le cacaoyer, dont le cycle biologique s’étend sur plusieurs décennies, les
décisions lors de la mise en place de la parcelle sont données au départ et pour la vie de la
plantation. La réponse aux variations du contexte socio-économique peut donc difficilement
résider dans un réajustement de l’assolement et des rotations comme cela peut être le cas avec
les espèces annuelles. De plus, compte tenu de la dimension temporelle des espèces pérennes,
Nesme et al (2003) montrent, en arboriculture fruitière, que les choix réalisés lors de la mise en
place des parcelles influencent en grande partie la conduite future du peuplement et les pratiques
de l’agriculteur sur le long terme. Mais ces auteurs n’abordent pas l’évolution au cours du temps
du contexte dans lequel l’agriculteur a fait ses choix techniques. Au Cameroun, en hévéaculture,
Michels (2005) fait ce choix et observe l’évolution des pratiques dans le temps en
contextualisant les choix techniques des agriculteurs notamment en ce qui concerne d’une part,
les modalités de mise en place et d’autre part, la conduite annuelle de la saignée des
peuplements d’hévéa.

Dans le cas des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer, nous faisons l’hypothèse qu’une fois
installés, il est possible pour les agriculteurs de les modifier profondément de manière à
s’adapter à un changement et ce, en ne jouant pas seulement sur la modification de leur conduite
annuelle, mais en intervenant sur leur structure par la mise en œuvre de pratiques spécifiques.

Nous avons basé notre étude sur la reconstitution a posteriori de l’histoire culturale de 61
cacaoyères agroforestières en relation avec l’évolution du contexte socio-économique et familial
des agriculteurs. Ensuite, nous avons analysé l’impact de l’évolution des pratiques sur
l’évolution de la structure des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer. Enfin, nous avons mis
en lien cette dernière avec la structure actuelle de ces cacaoyères puis avec l’état et les
performances actuelles des peuplements cacaoyers, en termes de rendement potentiel en cacao
marchand (chapitre 4).


ϭϮ
La résilience est un concept utilisé notamment en écologie (Cyrulnick, 2001). A l’échelle de l’exploitation agricole,
il permet de rendre compte de « la capacité d’un système à perdurer, c’est-à-dire à être capable de faire face à des
perturbations à toutes les étapes du cycle adaptatif » (Darnhofer et al., 2010).

ϭϲϲ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

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Nos travaux de recherche ont été conduits dans le dispositif mis en place dans le cadre de
l’évaluation des peuplements cacaoyers que nous avons réalisée en mobilisant la méthode du
diagnostic agronomique régional (chapitre 4). Cette évaluation nous permet de disposer de
nombreux éléments sur la caractérisation de la structure des cacaoyères agroforestières et sur le
fonctionnement de ces dernières. Ce dispositif a été installé dans trois zones de la région Centre,
précédemment décrites dans le chapitre 4, où l’on observe des différences régionales de
structure des cacaoyères agroforestières, en particulier entre la zone de transition forêt-savane
de Bokito et les zones forestières de Zima et de Ngomedzap (chapitre 4).

Le réseau de parcelles d’agriculteurs installé dans ces trois zones en 2007 permet de disposer
d’une part, d’une gamme de cacaoyères représentatives des différents stades de développement
des peuplements cacaoyers au cours du temps, par variation de l’ancienneté des créations
(chronoséquences) (Pickett, 1991), et d’autre part, d’agriculteurs d’âges variés situés à des
étapes différentes de leur cycle de vie et représentant ainsi une diversité de situations.

Ce dispositif comprend au total 61 parcelles dont l’âge varie de 5 à 77 ans, réparties en fonction
de quatre classes d’âge (chapitre 4). Les cacaoyères appartiennent à 40 agriculteurs, plusieurs
cacaoyères d’âge différent pouvant être exploitées par un même agriculteur. L’âge des
agriculteurs, répartis en fonction de quatre classes d’âge (tableau 1), varie de 23 à 74 ans.

Tableau 1 : Effectif des agriculteurs par classe d’âge et par zone.

Zones Classes d’âge des agriculteurs Total


d’étude < 40 ans 40-50 ans 51-60 ans > 60 ans
Bokito 2 8 2 2 14
Zima 3 4 3 2 12
Ngomedzap 2 3 6 3 14
Total 7 15 11 7 40

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La distinction entre pratiques et techniques réside dans le fait que les pratiques relèvent de
l’action et sont vues comme « l’insertion dans le réel » des techniques qui, elles, relèvent du
savoir. Il existe ainsi des relations réciproques entre techniques et pratiques conduisant tour à
tour à « mettre une technique en pratique » et à « tirer de la pratique des enseignements
techniques » (Landais et Deffontaines, 1990). L’étude de l’efficacité des pratiques amène
toutefois à faire une distinction entre leurs « conséquences » et leurs « effets » (Landais, 1987).
Les conséquences d’une pratique peuvent en effet se manifester à des niveaux divers alors que
l’étude de ses effets renvoie à des approches biotechniques dont l’objectif est de connaître les
résultats d’une pratique sur les objets directement et matériellement concernés.

ϭϲϳ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Pour aborder l’étude des pratiques, Landais (1987) propose de distinguer trois volets
complémentaires qui reviennent, pour l’observateur des pratiques de l’agriculteur, « à se poser
les questions suivantes : que fait-il ? Quels sont les résultats de son action ? Pourquoi fait-il
cela ? » (Landais et Deffontaines, 1990).

Une telle approche revient tout d’abord à étudier les modalités d’une pratique, c’est-à-dire
identifier les pratiques observées en privilégiant l’aspect descriptif, les « manières de faire de
l’agriculteur » ; puis, à examiner les résultats de l’action de l’agriculteur, à savoir les effets et
les conséquences d’une pratique ; et enfin, à identifier les déterminants de la mise en œuvre
d’une pratique donnée, à un instant donné, par rapport d’une part, au projet de l’agriculteur et
d’autre part, à l’ensemble du système géré par l’agriculteur.

D’un point de vue méthodologique, la compréhension des conditions et des déterminants de la


mise en œuvre des pratiques par les agriculteurs impose d’associer des travaux d’enquête, des
mesures ou des expérimentations. L’enquête est en effet la démarche générale qui s’impose
mais une confrontation du « dit » et du « fait » s’avère indispensable pour caractériser les
pratiques et éclairer les raisons des choix techniques (Milleville, 1987). Cela implique par
conséquent de prendre en considération plusieurs niveaux d’espace, de temps et d’organisation :
placette d’observation du peuplement végétal, parcelle, exploitation, terroir, petite région, car ce
qui se passe à un niveau donné dépend du fonctionnement de niveaux plus englobants. Par
ailleurs, le « fonctionnement » d’un système doit être resitué dans sa dimension temporelle et
toute pratique doit être étudiée dans le temps (Landais et Deffontaines, 1990)13.

Ϯ͘Ϯ͘ϭ͘ϭ͘ĚĂƉƚĂƚŝŽŶĂƵƚĞŵƉƐůŽŶŐĚĞƐĐĂĐĂŽLJğƌĞƐ

L’analyse des pratiques des agriculteurs a essentiellement été mobilisée sur des espèces
annuelles à la fois en conditions tempérées et en conditions tropicales (Milleville, 1972). En
cacaoculture, l’analyse des pratiques soulève néanmoins plusieurs difficultés méthodologiques.

Comme nous l’avons déjà souligné, le cacaoyer est une espèce pérenne dont le cycle biologique
peut aller jusqu’à 80 ans. Dans le même temps, le temps de vie d’un peuplement cacaoyer dans
un système agroforestier peut aller au-delà en raison de la redensification permanente mise en
œuvre par les agriculteurs (chapitre 1). L’analyse des pratiques implique par conséquent de
prendre en compte le temps long de ces systèmes. Pour ce faire, nous formaliserons l’histoire
culturale d’une cacaoyère sous la forme d’une trajectoire de conduite, chaque étape de cette
trajectoire correspondant à un changement radical de pratiques lié à un changement du contexte
dans lequel se trouve la cacaoyère14. Chaque changement de pratiques peut correspondre à un
changement de modèle technique, au changement du projet productif d’un même agriculteur,
voire d’un autre agriculteur en cas de transmission de la cacaoyère.

Cette approche est inspirée de la méthodologie adoptée pour aborder les processus de
changement dans les systèmes d’élevage (Madelrieux et al., 2002 ; Moulin et al., 2008).


ϭϯ
Se reporter à la partie méthodologie de la thèse (3.2. Notion de pratiques).
ϭϰ
Se reporter à la partie méthodologie de la thèse (3.4. Notion de trajectoire).

ϭϲϴ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

A partir de l’analyse détaillée des trajectoires de changement, ces auteurs différencient des
changements continus, ou phase de « cohérence » où la dynamique du système est marquée par
des ajustements qui n’entraînent pas forcément de reconfiguration du système, et des phases de
« rupture » associées à des chocs qui, au contraire des phase de cohérence, aboutissent à une
reconfiguration du système et à une nouvelle cohérence (Dedieu et Ingrand, 2010). Cette
approche nous permettra d’une part, de distinguer les différentes périodes au cours desquelles la
cacaoyère a connu une conduite homogène et d’autre part, d’identifier, entre deux phases de
conduite homogène, les modalités de passage d’une phase à l’autre et leurs déterminants :
changement de gestionnaire, modification des objectifs de l’agriculteur, évolution des références
techniques ou du contexte socio-économique.

De plus, la durée de vie de la cacaoyère dépassant celle de l’agriculteur, une grande partie des
cacaoyères agroforestières du Centre-Cameroun a été transmise à une nouvelle génération
d’agriculteurs. L’analyse temporelle des pratiques implique donc d’enquêter des agriculteurs qui
ne sont pas forcément ceux qui ont installé les cacaoyères. Dans ce cas, nous avons croisé les
collectées à dire d’agriculteur avec des enquêtes spécifiques réalisées dans chacune des trois
zones d’étude auprès de personnes ressources (chefs de village, anciens, etc.). Ces enquêtes ont
permis de retracer les différentes phases qui ont marqué l’histoire régionale de la cacaoculture et
de reconstituer l’évolution des modèles techniques au cours du temps. Des éléments sur le
développement historique de la cacaoculture, depuis l’introduction du cacaoyer au Cameroun à
nos jours, ont également été collectés à partir de la bibliographie existante.

De façon générale, l’histoire culturale a été retracée à grands traits dans le cas de certaines
cacaoyères anciennes n’étant plus gérées par les agriculteurs qui les ont mis en place, et de
façon plus précise dans le cas des cacaoyères plus récentes gérées par les agriculteurs qui les ont
installées.

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Contrairement aux systèmes de culture à base de plantes annuelles où les pratiques des
agriculteurs sont aisément identifiables et ont, globalement, un impact à court terme sur l’état du
peuplement étudié, en cacaoculture, on peut distinguer des pratiques d’implantation, de
régénération et d’entretien15. Ces trois types de pratiques présentent des pas de temps différents
(annuel pour les pratiques d’entretien ; pluriannuel pour les pratiques de régénération) et des
unités de gestion différentes (peuplement pour les pratiques d’entretien ; individu pour les
pratiques de régénération). Compte tenu de la longévité du cacaoyer et des espèces qui y sont
associées, ces différents types de pratiques sont à la fois en interaction dans le temps et
n’impactent pas de la même manière la structure des cacaoyères agroforestières.

Le tableau 2 permet de reconstituer, à partir de certaines conclusions de l’évaluation


agronomique du peuplement cacaoyer (chapitre 4) et d’éléments collectées lors des enquêtes
(chapitres 1 et 2), un itinéraire de conduite « normale » sur le temps long tenant compte de
l’évolution écophysiologique des espèces en présence.


ϭϱ
Se reporter à la partie méthodologie de la thèse (3.2. Notion de pratiques).

ϭϲϵ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Tableau 2 : Temps, types de pratiques et impact sur la structure des cacaoyères agroforestières (en grisé, variable sur laquelle intervient la pratique).

Age de la Variables de structure


cacaoyère Pratiques Types de Peuplement cacaoyer Peuplements associés
indicatif pratiques* Densité Age Type Densités Type
(années) Moyen architectural d’espèce
Précédent cultural I
Conduite pré-implantation des cacaoyers I
0 Année de plantation de la cacaoyère I
Choix du matériel végétal cacaoyer I
Modalités d’implantation de la cacaoyère I
Plantes annuelles associés I
Taille de formation des cacaoyers I
Réglage de l’ombrage R
10 Entretien du sol E
Lutte anti-mirides E
Lutte anti-pourriture brune E
Redensification R
Entretien du sol E
Lutte anti-mirides E
Lutte anti-pourriture brune E
Réglage de l’ombrage R
Taille des cacaoyers R
Redensification R
40 Entretien du sol E
Lutte anti-mirides E
Lutte anti-pourriture brune E
Réglage de l’ombrage R
Taille des cacaoyers R
Redensification R
Recépage des cacaoyers R
* I = pratique d’implantation; E = pratique d’entretien; R = pratique de régénération

ϭϳϬ
Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Avant la mise en place de la cacaoyère, les pratiques d’implantation du système varient ainsi
selon le précédent de végétation et les modalités de mise en place des espèces annuelles et
pluriannuelles cultivées par l’agriculteur, comme nous l’avons montré en particulier pour les
cacaoyères installées sur savane (chapitre 2).

Les pratiques de régénération varient en fonction du stade de développement de la cacaoyère. A


l’entrée en production des cacaoyers, elles concernent principalement le réglage de l’ombrage
des cacaoyers. Ensuite, les pratiques de réglage de l’ombrage sont permanentes tout le long de
la vie de la cacaoyère, l’agriculteur éliminant les arbres en surnombre en cas d’ombrage trop
dense ou au contraire, introduisant d’autres arbres pour pallier un ombrage insuffisant. Dans le
même temps, comme nous l’avons montré dans le chapitre 1, la redensification des peuplements
cacaoyers est permanente quel que soit le stade de développement de la cacaoyère. Par contre,
les pratiques de régénération des cacaoyers sénescents sont davantage mises en œuvre dans les
cacaoyères âgées de plus de 40 ans.

Les pratiques d’entretien sont, quant à elles, réalisées annuellement.

A partir de ces différents éléments, nous ferons le choix de ne retenir que les pratiques qui
impactent la structure des cacaoyères pour reconstituer les différents états structuraux de la
cacaoyère, c’est-à-dire les pratiques d’implantation et de régénération. Les pratiques d’entretien
seront cependant prises en compte lors du passage d’une étape de la trajectoire de conduite de la
cacaoyère à une autre.

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La structure actuelle d’une cacaoyère peut être appréhendée comme le produit de l’histoire
culturale de celle-ci. Dans le même temps, elle est elle-même le produit d’une succession d’états
structuraux, produit d’une trajectoire de conduite.

A partir des trajectoires de conduite, nous reconstituerons donc les trajectoires d’états
structuraux des cacaoyères étudiées. Cette reconstitution sera basée à la fois sur :

• l’observation de la structure actuelle de cacaoyères appartenant à différentes classes


d’âge ;
• la reconstitution avec les agriculteurs des états structuraux passés en se basant sur les
différentes phases qui caractérisent la trajectoire de conduite de leurs cacaoyères ;
• la connaissance des processus écophysiologiques à l’œuvre dans les cacaoyères
agroforestières, mis en évidence lors de l’évaluation du peuplement cacaoyer (chapitre
4).

Pour reconstituer avec les agriculteurs les états structuraux passés, trois indicateurs clés ont été
identifiés. Il s’agit de la densité des cacaoyers, de la densité des peuplements associés et de la
proportion de cacaoyers recépés. Outre le fait que le diagnostic agronomique a montré que la
densité des cacaoyers est positivement liée à celle des arbres associés, ces deux indicateurs,
ainsi que la proportion de cacaoyers recépés, ont du sens pour l’agriculteur qui peut ainsi
aisément reconstituer l’évolution de ces trois variables au cours du temps en fonction des
différentes phases qui ont marqué l’histoire de sa cacaoyère.

ϭϳϭ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

2.2.3. Bilan : un croisement de différentes enquêtes

Outre la mobilisation de toutes les observations collectées lors de l’évaluation du peuplement


cacaoyer (chapitre 4), notre analyse repose tout d’abord sur une analyse historique du
développement de la cacaoculture reconstituée à partir de la bibliographie disponible et
d’entretiens avec plusieurs personnes ressources de chaque zone d’étude (chefs de village,
anciens, etc.).

Puis, au niveau du réseau d’agriculteurs, trois passages d’enquêtes ont été réalisés :

• Un premier passage d’enquêtes a porté sur les moments clés qui ont marqué l’histoire de
chaque cacaoyère, de sa création à nos jours, en lien avec le récit de vie de l’agriculteur,
de son installation au village à aujourd’hui. Cela nous a permis d’identifier, notamment
pour les plus anciennes cacaoyères, les différentes phases qui se sont succédé au cours
du temps et d’en déduire les phases de cohérence du système de culture, éventuellement
séparées entre elles par une ou plusieurs phases de rupture.

• Un second passage d’enquêtes a plus spécifiquement porté sur l’histoire culturale de la


cacaoyère en accordant une attention particulière aux pratiques qui interviennent sur la
structure des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer : modalités de mise en place du
système et des modalités de gestion du peuplement cacaoyer et des peuplements
associés au cours du temps (redensification du peuplement cacaoyer, recépage des
cacaoyers, élimination ou introduction d’arbres associés afin de régler l’ombrage des
cacaoyères et lutte phytosanitaire contre les mirides).

• Enfin, un troisième passage d’enquête a permis de reconstituer avec l’agriculteur


l’évolution de la structure de sa cacaoyère au cours du temps à partir des trois
indicateurs clés déjà évoqués (densité des cacaoyers et des peuplements associés,
proportion de cacaoyers recépés).

ϭϳϮ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

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Quatre grandes phases peuvent être distinguées dans le processus historique qui a marqué le
développement de la cacaoculture au Centre-Cameroun.

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Le cacaoyer est introduit au Cameroun en 1886 par les Allemands qui occupent le pays depuis
1884 (Burle, 1962). La multiplication des premières semences, de type Amelonado, permet de
créer de nombreuses plantations coloniales, d’abord autour du mont Cameroun (Limbe,
Kumba), puis le long de la côte (Kribi, Bipindi) (Michel, 1970) (figure 1). Recrutés de force par
l’Administration coloniale allemande, plusieurs milliers d’autochtones originaires de différentes
régions du pays, et en particulier du Centre-Sud, travaillent dans ces plantations et y découvrent
la cacaoculture et son intérêt économique. Nombreux sont ceux qui subtilisent alors des
cabosses pour les revendre ou pour créer leur propre verger (Assoumou, 1977).

Figure 1 : Diffusion de la cacaoculture au Cameroun à partir de Limbé.

ϭϳϯ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

A partir de 1900, des cacaoyères villageoises apparaissent ainsi dans le voisinage immédiat des
plantations coloniales allemandes, d’abord clandestinement en raison des interdictions de
l’Administration, puis ouvertement lorsque la cacaoculture villageoise est encouragée à partir de
1910. A partir de Kribi, où les autochtones utilisés comme porteurs sont souvent rémunérés à
l’aide de cabosses (Assoumou, 1977), la cacaoculture se développe progressivement le long de
l’axe Kribi-Lolodorf-Ebolowa, puis vers Sangmelima, Mbalmayo et Yaoundé (Burle, 1962 ;
Assoumou, 1977). En 1914, l’arrêt de l’activité commerciale allemande lié à la première guerre
mondiale entraîne le retour dans leur village d’origine des travailleurs des plantations coloniales
qui, à cette occasion, ramènent avec eux des cabosses qui leur permettent d’installer une
cacaoyère.

Les débuts de la cacaoculture au Cameroun apparaissent donc diffus et globalement inorganisés.


Aucun modèle technique n’est proposé aux agriculteurs qui reproduisent donc les pratiques
observées dans les plantations coloniales où le cacaoyer est d’abord cultivé sous ombrage : « Le
cacaoyer exigeant un minimum d’ombrage, on utilisa en plus des arbres qu’on laissait subsister
çà et là aussi bien de l’hévéa que de la banane plantain » (Assoumou, 1977). Les premières
cacaoyères d’agriculteurs sont mises en place dans ce que Dounias et Hladick (1996) appellent
les « arrière-cours agroforestières ». Les fèves sont directement semées derrière les habitations
sous les arbres forestiers et fruitiers. La cacaoculture est alors une « une culture de case »
(Santoir, 1992).

ϯ͘ϭ͘ϭ͘Ϯ͘ϭϵϭϴͲϭϵϰϱ͗ůĞƐĂŐƌŝĐƵůƚĞƵƌƐƉŽƐĞŶƚůĞƐďĂƐĞƐĚĞůĞƵƌƐƉƌĂƚŝƋƵĞƐĂĐƚƵĞůůĞƐ

A partir de 1918, l’Administration française gère la partie orientale du Cameroun et développe


la cacaoculture en s’appuyant, contrairement à l’Administration allemande, sur le petit
paysannat (figure 2). Jusqu’en 1924, la politique des autorités coloniales françaises n’entraîne
pas un accroissement significatif de la production. L’Administration française opte alors pour
une politique coercitive basée sur un ensemble de mesures réglementaires et fiscales
(Assoumou, 1977). Le relèvement de l’impôt de capitation, dont le montant est triplé entre 1922
et 1933, et le code de l’indigénat16, introduit en 1924, vont s’avérer être de puissants
accélérateurs du développement de la cacaoculture (Delpech, 1978 ; Santoir, 1992). La
production de cacao marchand est multipliée par 14 entre 1920 et 1945, et passe de 2 583 à
38 440 tonnes. Dans le même temps, la superficie du verger cacaoyer passe de 9 221 à 134 877
ha (Assoumou, 1977). La diffusion de la cacaoculture s’opère notamment à partir d’Eséka,
principal centre de paiement de l’impôt, d’où les autochtones rapportent dans leurs villages des
semences prélevées dans les cacaoyères installées dans cette zone.

Les transformations socio-économiques liées à la colonisation expliquent aussi l’expansion


rapide de la cacaoculture au Centre-Sud du Cameroun. L’introduction de l’argent dans les
échanges commerciaux mais aussi sociaux, notamment pour le paiement de la dot, créé un
terrain favorable à l’expansion de la cacaoculture en milieu rural.


ϭϲ
 Le code de l’indigénat est un ensemble d’interdits administratifs qui confère aux chefs de circonscription
administrative les pouvoirs les plus étendus en matière disciplinaire. L’indigène pouvait en effet être sommairement
puni (chicote, amende, prison, etc.) pour les infractions les plus diverses (34 au total) : défaut d’obtempérer aux
convocations de l’Administration, acte irrespectueux à l’égard d’un représentant de l’autorité, entretien insuffisant
des cacaoyères, mauvaise volonté à payer les impôts, etc.

ϭϳϰ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Figure 2 : Grandes étapes du développement de la cacaoculture au Centre-Sud du Cameroun.

Le rôle de marqueur foncier joué par le cacaoyer bouleverse par ailleurs les rapports que les
autochtones entretiennent à la terre. Ces rapports à la terre se traduisent par une absence
d’appropriation privée du sol et un simple droit d’usufruit consenti le temps d’une culture à la
personne qui l’a défrichée (Weber, 1977 ; Leplaideur, 1985). Les terres ensemencées avec du
cacaoyer portent une nouvelle « culture » ayant une durée de vie supérieure à plusieurs
décennies. Ce « bien nouveau » est alors transmissible aux héritiers. De bien d’usage, limité
auparavant à environ six ans, il devient droit d’usufruit couvrant une à deux générations, voire
davantage. Dès lors, la cacaoculture se développe à la faveur des défrichements forestiers
réalisés pour la mise en place des champs polyculturaux associant des espèces annuelles (maïs,
arachide, macabo) et des espèces pluriannuelles (manioc, bananier plantain) (Santoir, 1992 ;
Dounias et Hladick, 1996). La présence des arbres forestiers conservés lors de l’abattage de la
forêt et celles des arbres fruitiers complantés avec les cacaoyers renforcent ce droit d’usufruit et
pérennisent le droit foncier au-delà de l’espérance de vie du cacaoyer (Dounias, 1996).

Au cours de cette période, l’Administration française cherche à accompagner les dynamiques


paysannes spontanées et tente de répondre aux besoins des autochtones en fournitures agricoles
et en connaissances techniques. Les premières stations agricoles sont créées en 1925. En 1937,
les Sociétés indigènes de prévoyance (Sip) deviennent les instruments privilégiés de la politique
coloniale française de développement rural et sont chargées de vulgariser des techniques
agricoles élémentaires, et de distribuer de petits équipements agricoles (Varlet, 2000).

Dans le même temps, un modèle technique est proposé aux agriculteurs mais les faibles moyens
humains et financiers de l’Administration ne permettent pas de le vulgariser à grande échelle
(Assoumou, 1977). Ce modèle privilégie en particulier la conduite des cacaoyères sous ombrage
aménagé et le respect de certaines normes de plantation comme l’écartement de trois mètres
entre les cacaoyers.

ϭϳϱ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

De 1918 à 1945, l’expansion de la cacaoculture au Centre-Sud du Cameroun est donc le fait


d’une majorité d’agriculteurs qui, en l’absence d’un modèle technique qui puisse leur servir de
référence, mettent en place et gèrent leurs cacaoyères selon leurs propres logiques techniques.

ϯ͘ϭ͘ϭ͘ϯ͘ ϭϵϰϱͲϭϵϵϬ͗ ůĞƐ ĂŐƌŝĐƵůƚĞƵƌƐ ĂũƵƐƚĞŶƚ ůĞƵƌƐ ƉƌĂƚŝƋƵĞƐ ĂǀĞĐ ůĞƐ ĂƉƉŽƌƚƐ ĚĞ
ů͛ĞŶĐĂĚƌĞŵĞŶƚƚĞĐŚŶŝƋƵĞ

Après la seconde guerre mondiale, le régime colonial est assoupli avec l’abrogation du code de
l’indigénat et l’interdiction du travail forcé. Dans le même temps, l’encadrement des
agriculteurs est renforcé.

Les stations de recherche de Nkoemvone et de Nkolbisson sont créées respectivement en 1949


et 1953 afin d’améliorer les méthodes culturales et le matériel végétal distribué aux agriculteurs.
Des études sont engagées pour mieux connaître les modalités de lutte contre les mirides, dont
les premiers dégâts sont signalés en 1902 (Collingwood, 1977), et contre la pourriture brune des
cabosses signalée pour la première fois en 1927 (Nyassé, 1997). L’aide officielle au
développement de la cacaoculture est confiée à des différents organismes techniques qui se
succèdent dans le temps : Secteurs expérimentaux de modernisation (Sem), Secteur
expérimental de modernisation agricole des cacaoyères (Semac) puis Secteur expérimental de
modernisation du Centre (Semcentre) qui interviendra jusqu’en 1966. L’encadrement des
agriculteurs se traduit par des distributions de matériel végétal sélectionné et par des actions de
démonstration conduites dans de nombreuses cacaoyères où les opérations de désherbage et de
taille des cacaoyers, et les traitements insecticides et fongicides sont réalisées par le chef de
poste et ses manœuvres (Champaud, 1966 ; Burle, 1962). En 1961, face à l’intensité des dégâts
liés aux mirides, une Direction de la lutte phytosanitaire contre ce ravageur (Dlpac) est créée
(Varlet, 2000).

A la fin des années 1960, ces différentes approches ayant montré leurs limites, des Zones
d’action prioritaires intégrées (Zapi) sont créées puis dissoutes en 1975 avant la mise en place
de la Société pour le développement du cacao (Sodecao) (Varlet, 2000). Les actions de la
Sodecao permettent ainsi d’assurer une continuité dans l’appui aux producteurs, sous forme de
distributions de fongicides pour lutter contre la pourriture brune des cabosses (entièrement
subventionnés depuis 1977), de traitements contre les mirides par des brigades phytosanitaires,
de distributions gratuites de matériel végétal amélioré et de ventes de pulvérisateurs et de petits
matériels.

L’encadrement des agriculteurs vise à diffuser auprès du plus grand nombre un nouveau modèle
technique qui prend en compte les avancées de la recherche agronomique dans la conduite des
cacaoyères. Ce modèle, qui évolue par rapport au modèle proposé initialement par
l’encadrement technique dans les années 1940, concerne la mise en place de nouvelles
cacaoyères et la réhabilitation des anciens vergers (Grimaldi, 1979). Il repose sur la diffusion
d’hybrides sélectionnés qui expriment leur potentiel de production lorsqu’ils sont conduits sans
ombrage ou sous un ombrage très léger. Ce matériel végétal est distribué sous forme de
semences que les agriculteurs doivent semer en sachet et installer dans des pépinières. Ce
nouveau modèle repose aussi sur le respect de normes de plantation lors de la mise en place des
cacaoyers : abattage quasi-total des arbres, pas de cultures annuelles avant l’installation des
cacaoyers, densité de 1 600 cacaoyers ha-1 (soit un écartement de 2,5 m entre les cacaoyers).

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Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Il suppose enfin le respect de l’itinéraire technique recommandé par la recherche agronomique


intensif en travail et en intrants (traitements chimiques contre les mirides et la pourriture brune
des cabosses) mais cependant sans fertilisation chimique.

La réhabilitation des anciennes cacaoyères mises en place à partir des années 1930 est
également prise en compte par l’encadrement technique. Elle implique d’une part, la
redensification des peuplements cacaoyers avec du matériel végétal amélioré (hybrides) sous
ombrage temporaire de bananiers plantain ou de Tithonia et d’autre part, le recépage des vieux
cacaoyers à 30 cm au dessus du sol en protégeant les rejets à venir contre les attaques
d’insectes. En cas d’ombrage insuffisant, la plantation tous les huit à dix mètres de distance
d’espèces non antagonistes à croissance rapide, comme Cassia spectabilis, est recommandée
pour rétablir un ombrage homogène dans la cacaoyère. Les arbres d’ombrage en excès qui
peuvent présenter de trop fortes concurrences pour les cacaoyers et favoriser la pourriture brune,
ou susceptibles d’être des plantes-hôtes pour les mirides (Piart, 1977), doivent être éliminés par
annelation.

De 1974 à 1990, le modèle technique diffusé par la Sodecao apparaît donc à l’opposé des
pratiques des agriculteurs qui intègrent cependant un certain nombre d’innovations qui leur sont
proposées pour ajuster leurs pratiques.

Dans le même temps, le développement de la production de cacao est basé sur une régulation
étatique de la filière basée sur la fixation et le contrôle des prix et des rémunérations des
opérateurs et sur la gestion des mécanismes de stabilisation par une caisse de stabilisation,
l’Office national de commercialisation des produits de base (Oncpb) créé en 1975. Ce système
repose principalement sur la fixation d’un prix garanti au producteur (bord champ) et la fixation
d’un barème qui garantit l’ensemble des charges de commercialisation supporté par les
intermédiaires et la rémunération de ceux-ci, la caisse de stabilisation prenant en charge la
différence entre le prix garanti et le prix de vente (prélèvement ou soutien).

ϯ͘ϭ͘ϭ͘ϰ͘ĞƉƵŝƐϭϵϵϬ͗ůŝǀƌĠƐăĞƵdžͲŵġŵĞƐ͕ůĞƐĂŐƌŝĐƵůƚĞƵƌƐĐŽŶĨŽƌƚĞŶƚůĞƵƌƐƉƌĂƚŝƋƵĞƐ

A la fin des années 1980, la baisse des cours mondiaux du cacao17, liée à un excédent structurel
de l’offre par rapport à la demande, entraîne une crise des liquidités et la désorganisation du
système de commercialisation mis en place dans les années 1970. Face à la détérioration des
finances publiques, L’Etat répercute les effets de la crise sur les producteurs de cacao : en 1989,
le prix d’achat du cacao baisse ainsi de 40 % (Losch et al., 1991).

Les pouvoirs publics ne sont plus en mesure également d’assurer le fonctionnement des
organismes d’appui et de vulgarisation comme la Sodecao dont les activités sont mises en veille
à partir de 1990. L’intervention des bailleurs de fonds internationaux entraîne en 1991 la
suppression de l’Oncpb. En 1994/1995, l’administration des prix et leur stabilisation
disparaissent totalement et marquent le début de la libéralisation de la commercialisation du
cacao (Varlet, 2000).


ϭϳ
 L’effondrement des cours mondiaux des matières premières agricoles (café, cacao, coton) est concomitant d’une
part, à la baisse des prix du pétrole, dont le Cameroun est pays producteur depuis quelques années, et d’autre part, à la
baisse du dollar.
ϭϳϳ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Une politique active est menée pour appuyer l’émergence et l’essor d’organisations de
producteurs de cacao car l’objectif est de leur transférer les fonctions anciennement assurées par
les pouvoirs publics. Mais ce processus est lent et il s’avère que les organisations de producteurs
qui se créent s’investissent principalement dans la commercialisation du cacao, quelque peu
dans l’approvisionnement en intrants mais très rarement dans la vulgarisation technique auprès
de leurs membres ou dans les prestations phytosanitaires collectives comme la lutte contre les
mirides (Varlet, 2000).

Fortement appuyés et encadrés jusque dans les années 1990, les producteurs de cacao du
Centre-Sud du Cameroun se retrouvent confrontés aux fortes fluctuations des cours mondiaux
du cacao tout en ne bénéficiant plus de la possibilité de s’approvisionner en produits
phytosanitaires subventionnés pour assurer la protection phytosanitaires de leurs cacaoyères.
Dans ce contexte, l’évolution de la production nationale est caractérisée par de fortes
fluctuations liées aux variations des prix d’achat bord-champ.

Depuis 2001, la remontée des cours mondiaux du cacao, liée à la situation politique en Côte
d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, et leur maintien à un niveau élevé par rapport
aux années précédentes, se traduit par une progression constante de la production qui a permis
au Cameroun d’exporter 210 000 tonnes en 2008-2009 (Anon, 2010).

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Au regard des éléments historiques sur les conditions de la diffusion de la culture du cacaoyer
dans le bassin de production du Centre-Sud du Cameroun, trois phases peuvent être distinguées
dans l’histoire technique de la cacaoculture (figure 3).

Figure 3 : Evolution régionale des pratiques des agriculteurs de 1930 à nos jours.

Matériel végétal Amelonado Amelonado + hybrides

Faible Forte
disponibilité
Encadrement
disponibilité des producteurs
en en semences
semences

Peu d’interventions sur le peuplement cacaoyer Interventions sur le peuplement cacaoyer


et les peuplements associés et les peuplements associés

PEPINIERES
SEMIS DIRECT
EN POQUET

Zone de
transition Galeries forestières ou savane
forêt-savane
Cacaoyères âgées :
ŸRedensification des peuplements
ŸRecépage des cacaoyers
Cacaoyères adultes :
ŸRéduction de la densité
Zones ŸRéglage de l’ombrage
forestières PEPINIERES

SEMIS DIRECT
EN POQUET
SEMIS DIRECT
EN POQUET SEMIS A LA VOLEE

Cours
agroforestières Forêt

1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010


Temps réel

ϭϳϴ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

• D’une part, jusqu’en 1970, la cacaoculture est globalement peu encadrée ;


• D’autre part, de 1970 à 1990, les agriculteurs bénéficient d’un encadrement renforcé qui
leur permet de s’approprier un certain nombre de techniques ;
• A partir de 1990, les agriculteurs ne sont plus à nouveau encadrés.

Au cours de ces trois périodes, l’évolution des pratiques des agriculteurs se traduit par une
évolution des modalités de mise en place des peuplements cacaoyers et des modalités de leur
gestion. Des différences sont toutefois constatées entre la zone de transition forêt-savane de
Bokito et les zones forestières de Zima et de Ngomedzap ;

ϯ͘ϭ͘Ϯ͘ϭ͘ ĞƐ ŵŽĚĂůŝƚĠƐ ĚĞ ŵŝƐĞ ĞŶ ƉůĂĐĞ ĚĞƐ ĐĂĐĂŽLJğƌĞƐ ƋƵŝ ĠǀŽůƵĞŶƚ ĂƵ ĐŽƵƌƐ ĚƵ
ƚĞŵƉƐ

Dans les zones forestières de Ngomedzap et de Zima, les cacaoyères les plus anciennes,
installées dans les années 1930, sont à faible densité. Les agriculteurs sèment les quelques fèves
dont ils disposent en poquets derrière les habitations, sous les arbres forestiers et fruitiers. Du
fait de la rareté des semences18, les parcelles sont de petite taille et les écartements adoptés par
les agriculteurs sont importants, de l’ordre de quatre mètres entre chaque poquet. Les densités
de plantation de l’époque se situent donc entre 700 à 800 cacaoyers ha-1 comme en témoigne
une parcelle de notre réseau et d’autres parcelles hors réseau créées à cette époque.

A partir des années 1940, les modalités de mise en place des cacaoyères changent. La plupart
des cacaoyères sont installées dans les champs polyculturaux créés après une défriche-brûlis, et
les agriculteurs sèment les fèves à la volée, à forte densité, avant de procéder à leur
enfouissement. Après avoir choisi l’emplacement du futur champ, en se basant souvent sur des
indicateurs de fertilité comme la couleur du sol ou la présence de certaines essences forestières19
(Milicia excelsa, Ceiba pentandra, Terminalia superba, Pycanthus angolensis, Spathodea
campanulata, Ricinodendron heudelotii), les agriculteurs réalisent un abattage sélectif en début
de saison sèche. Quelques arbres forestiers d’un diamètre important et trop difficiles à couper
sont conservés, d’autres espèces permettant de procurer un ombrage léger aux jeunes cacaoyers
(Ficus exasperata, Cordia platythyrsa) ou présentant un intérêt économique ou social sont
épargnés (fruitiers indigènes, espèces médicinales, espèces ligneuses). Terminalia superba,
Pycanthus angolensis sont ainsi des espèces conservées pour leur bois alors que Tetrapleura
tetraptera, Ricinodendron heudelotii, Irvingia grandiflora, Klainedoxa gabonensis sont des
espèces conservées pour leur production de graines condimentaires ou protéagineuses.

Dès que les conditions climatiques le permettent, les broussailles et les arbres abattus sont
brûlés. En début de saison des pluies, la parcelle est mise en culture avec du concombre
(Cucumis mani) auquel sont mélangés quelques plants de bananier plantain (Musa acuminata),
macabo (Xanthosoma sagittifolium) et manioc (Manihot esculenta).


ϭϴ
A l’époque, le propriétaire de la première cacaoyère installée à Zima ne vend par exemple que 4 à 5 cabosses par
personne ce qui, à raison de 20 à 30 fèves par cabosse, représente entre 100 et 150 fèves.
19
Dans la zone de Ngomedzap, la forêt (afan) est dénommée afan avou lorsque certaines espèces indicatrices de
fertilité sont présentes. Elle est par contre dénommée afan dongo quand d’autres espèces comme Albizia adianthifolia
indiquent une fertilité réduite.

ϭϳϵ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Après la récolte du concombre et du macabo en année 1 et celle des bananiers plantains et du


manioc en année 2 et 3, la parcelle est à nouveau mise en culture avec un mélange de plantes
annuelles (arachide, maïs, macabo) et pluriannuelles (bananier plantain, manioc). Les fèves de
cacaoyers sont alors semées avant le premier désherbage des arachides et sont enfouies à cette
occasion20. Les jeunes cacaoyers bénéficient ainsi des différents désherbages réalisés sur les
différentes cultures annuelles et pluriannuelles cultivées en association dont les récoltes
successives s’échelonnent pendant deux ans. Les agriculteurs introduisent aussi dans la parcelle
différentes espèces fruitières comme le safoutier (Dacryodes edulis) et l’avocatier (Persea
americana) et préservent les espèces forestières qui s’y développent spontanément.

Le semis à la volée des fèves a pour principale conséquence une augmentation de la densité des
cacaoyers qui peut atteindre 3 000 plants ha-1, voire davantage. Cela permet de compenser une
germination aléatoire mais entraîne une concurrence entre les cacaoyers pour la lumière et les
éléments minéraux. Le semis à la volée entraîne également une forte hétérogénéité spatiale des
peuplements, amenant les agriculteurs à réduire la densité à certains endroits de la parcelle en
transplantant à racines nues des plants pour redensifier d’autres parties de la cacaoyère.

Ces modalités de mise en place caractérisent plusieurs cacaoyères de notre réseau installées
dans les années 1940, mais également plusieurs parcelles mises en place après, de 1950 à nos
jours, confirmant ainsi que ce schéma d’implantation des cacaoyères sert encore aujourd’hui de
référentiel pour la plupart des agriculteurs du Centre Cameroun.

L’augmentation de la quantité de semences disponibles, concomitante au bouleversement socio-


économique consécutif à la colonisation, constitue le premier facteur susceptible d’expliquer le
changement des modalités de mise en place des cacaoyères à partir des années 1940. L’entrée en
production des premières cacaoyères installées dans les années 1920-1930, plantées à faible
densité dans de bonnes conditions de développement végétatif permet aux agriculteurs de
disposer d’une quantité importante de fèves et d’ensemencer ainsi de plus grandes superficies.
L’adoption du semis à la volée et l’ensemencement des champs polyculturaux permettent à de
nombreux agriculteurs d’atteindre cet objectif rapidement sans que cela implique de leur part
d’importants moyens humains supplémentaires. La monétarisation du milieu rural, qui
intervient notamment pour le paiement de la dot21 et le paiement de l’impôt de capitation, oblige
les autochtones à planter du cacaoyer puis à accroître la superficie de leur cacaoyère pour faire
face aux augmentations successives de cet impôt. La cacaoculture permet également aux
autochtones d’accéder aux biens de consommation accessibles auprès des commerçants. En
raison du rôle de marqueur foncier joué par le cacaoyer, les nouvelles modalités de mise en
place des cacaoyères permettent aux habitants d’un même village de s’approprier rapidement de
vastes étendues de forêt pour bloquer toute velléité des villages voisins de s’accaparer une partie
de leur territoire, comme en témoignent de nombreuses cacaoyères installées aux limites de
celui-ci, à une distance éloignée des habitations.


20
Le semis à la volée des fèves et leur enfouissement lors du premier désherbage des cultures annuelles et
pluriannuelles conduites en association sont généralement réalisés par les femmes. Ayant ainsi contribué à la mise en
place de la cacaoyère, ces dernières disposent alors d’un argument de poids pour que leurs époux s’acquittent plus
rapidement du paiement de leur dot.
21
Dans la zone de Ngomedzap, pour contrer la tendance grandissante de leurs fidèles à accroître le nombre de leurs
épouses grâce à l’argent de la vente du cacao, de nombreux missionnaires n’hésitent pas à l’époque à affirmer lors
des prêches que l’apparition de la pourriture brune des cabosses (bibolo) est un châtiment divin destiné à les punir
pour leur polygamie excessive.
ϭϴϬ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

A partir des années 1970, le renforcement de l’encadrement des agriculteurs, entraîne cependant
l’apparition de nouvelles modalités de mise en place des cacaoyères.

Le modèle technique diffusé par la Sodecao implique en effet que l’agriculteur réalise, avant la
mise en place de sa cacaoyère, une défriche forestière presque totale afin d’éliminer les arbres
trop volumineux, antagonistes aux cacaoyers ou en surnombre pour ne conserver qu’une dizaine
d’arbres à l’hectare destinés à procurer un ombrage léger aux jeunes cacaoyers. Le brûlis est
interdit ce qui entraîne l’impossibilité de mettre en place des cultures annuelles ou
pluriannuelles préalablement à l’installation des cacaoyers. Seule la culture du bananier plantain
est tolérée afin de fournir un ombrage temporaire aux jeunes cacaoyers. Avec les distributions à
grande échelle de semences de cacaoyers hybrides, les agriculteurs ont également accès à du
matériel végétal amélioré qui suppose l’établissement de pépinières où les cacaoyers sont élevés
dans des sachets en polyéthylène. Ce modèle suppose la mise en place des cacaoyers après avoir
réalisé au préalable un piquetage (orientation des lignes nord-sud) et une trouaison. La densité
des cacaoyers doit être de 1 600 plants ha-1. La Sodecao s’engage par ailleurs à fournir de plants
de certaines espèces destinées à être plantés en association avec les cacaoyers telles
que Voacanga africana (Obotan) et Terminalia superba (Fraké).

Dans la zone de transition forêt-savane de Bokito, on observe cependant que le semis direct
en poquets demeure la modalité de mise en place dominante des peuplements cacaoyers et ce,
dès le début de la diffusion de la cacaoculture dans cette zone, aux années 1970. Quel que soit le
précédent de végétation, galerie forestière ou savane, aucune cacaoyère n’est mise en place en
procédant au semis des fèves à la volée. Si la faible disponibilité en semences peut expliquer
l’adoption du semis direct par les agriculteurs lors de la mise en place des premières cacaoyères
dans les années 1940, d’autres facteurs d’ordre agronomique expliquent le maintien de cette
modalité de mise en place.

D’une part, lorsque les cacaoyères sont créées dans des galeries forestières, l’agriculteur réalise
tout d’abord une défriche forestière partielle qui vise à éliminer les arbres antagonistes aux
cacaoyers et à conserver les essences présentant un intérêt (bois d’œuvre, ombrage de tête pour
les cacaoyers, fourniture de produits médicinaux). Puis, avant d’installer le peuplement
cacaoyer, l’agriculteur plante généralement des bananiers plantain (Musa acuminata) et du
macabo (Xanthosoma sagittifolium), deux espèces pouvant se développer sous ombrage. Mais le
développement de ces deux cultures n’exige pas de procéder à un entretien du sol aussi
rapidement que dans le cas de l’arachide dont le premier désherbage permet, dans les zones
forestières, l’enfouissement des fèves semées à la volée. Ensuite, des espèces fruitières comme
le safoutier (Dacryodes edulis), l’avocatier (Persea americana), l’oranger (Citrus sinensis) sont
introduites dans la parcelle. Dans le même temps, l’agriculteur conserve certaines espèces
comme le palmier à huile (Elaeis guineensis) qui peuvent s’y développer spontanément.

D’autre part, lorsque les cacaoyères sont créées en savane, quelle que soit la stratégie de
contrôle d’Imperata cylindrica (chapitre 2), le semis à la volée s’avère inadapté. Quand
l’introduction des cacaoyers dans la parcelle intervient après avoir contrôlé Imperata cylindrica
par un semis de palmiers à huile à haute densité, il est plus aisé pour les agriculteurs de précéder
par un semis direct en plaçant deux à trois fèves dans un poquet afin de suppléer aux éventuelles
pertes liées à la non germination des graines.

ϭϴϭ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Quand l’introduction des cacaoyers dans le système de culture intervient après avoir contrôlé
Imperata cylindrica en cultivant des espèces annuelles, les hautes densités de cacaoyers liées au
semis à la volée sont incompatibles avec la succession culturale (arachide/maïs et
concombre/maïs) renouvelée deux à trois ans.

En conséquence, les structures initiales des cacaoyères installées en zone de transition forêt-
savane, en termes de densité des cacaoyers et de composition floristique sont différentes des
structures des cacaoyères installées dans les zones forestières. Les précédents de végétation et
les cycles de cultures annuelles et pluriannuelles expliquent en grande partie les différences
dans les modalités de mise en place des cacaoyères observées entre les zones forestières de
Zima et de Ngomedzap et la zone de transition forêt-savane de Bokito jusqu’à la fin des années
1960. En termes de densité, la plupart des cacaoyères sont installées à des densités inférieures à
celles obtenues par le semis à la volée : elles sont généralement de l’ordre de 1 100-1 200 plants
ha-1 comme en témoignent plusieurs parcelles installées dans les années 1950-1960.

A partir des années 1970, à l’instar de ce qui est observé dans les zones forestières de Zima et
de Ngomedzap, les agriculteurs de la zone de transition forêt-savane de Bokito, où intervient
également la Sodecao, ont accès à du matériel végétal amélioré et au modèle technique qu’elle
recommande.

Quelle que soit la zone considérée, on observe cependant que les modalités de mise en place des
cacaoyers selon le modèle technique de la Sodecao sont en fait diversement respectées. De
nombreux agriculteurs suivent les recommandations de la Sodecao mais ne reçoivent pas les
espèces forestières recommandées, comme en témoignent deux parcelles de notre réseau
d’observation créées en 1986 où les peuplements associés aux cacaoyers sont principalement
constitués d’espèces préservées lors de l’abattage. Ailleurs, où les agriculteurs reçoivent des
plants, le peuplement associé dominant est constitué de Terminalia superba à raison de 270
plants ha-1, auxquels s’ajoutent quelques arbres forestiers conservés lors de l’abattage de la forêt
et quelques arbres fruitiers introduits ensuite par l’agriculteur. Dans de nombreux cas, les
agriculteurs optent seulement pour la transplantation de cacaoyers élevés en pépinière et le
respect de la densité de 1 600 plants ha-1.

Dans le même temps, de nombreux agriculteurs n’adoptent pas le modèle technique


recommandé à l’époque. Ils optent pour une défriche forestière partielle, la mise en place de
cultures annuelles et pluriannuelles et le semis à la volée des fèves de cacaoyers, du type
Amelonado. La densité des cacaoyers est alors supérieure à celle recommandée par la Sodecao :
entre 2 000 et 2 350 plants ha-1 au lieu de 1 600 plants ha-1. Dans d’autres cas, les agriculteurs
installent les peuplements cacaoyers en transplantant de jeunes plants élevés dans des pépinières
en pleine terre après avoir modifié le cycle cultural des espèces annuelles et des espèces
pluriannuelles. Après défriche-brûlis, la parcelle est mise en culture avec du concombre auquel
sont mélangés quelques plants de bananiers plantain, macabo et manioc. Mais après la récolte
de ces trois espèces, l’agriculteur installe directement les cacaoyers en semant les fèves en
poquets. Différentes espèces fruitières sont ensuite introduites dans le système et certaines
espèces forestières qui s’y développent spontanément sont conservées.

ϭϴϮ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Comme on le constate, des années 1940 aux années 1970, les modalités de mise en place des
cacaoyères demeurent donc globalement homogènes et varient peu, exception faite des
variations régionales que nous avons évoquées : semis à la volée dans les zones forestières et
semis en poquets dans la zone de transition forêt-savane. Mais à partir des années 1970,
l’adoption par les agriculteurs, totalement ou en partie, du modèle technique recommandé par
les organismes d’encadrement du milieu rural, et en particulier par la Sodecao, aboutit à une
diversité de situations.

Les précédents de végétation, différents selon les zones d’étude, et les différentes modalités de
mise en place adoptées par les agriculteurs entraînent de fortes variations dans la structure
initiale des cacaoyères agroforestières, notamment en termes de densité des cacaoyers (figure 4).
A partir du seuil de 1 600 cacaoyers ha-1 qui correspond à la norme technique recommandée par
la recherche agronomique, on peut ainsi distinguer différentes pratiques d’installation des
cacaoyères qui aboutissent à des densités supérieures à ce seuil ou au contraire inférieures.

Figure 4 : Les différentes modalités d’installation des cacaoyères depuis les années 1970 en
fonction des zones d’étude et leur impact sur la densité des peuplements cacaoyers.

Précédent Densité
de végétation Schéma de mise en place des cacaoyères agroforestières des cacaoyers
(plants ha-1)

Cacaoyers
Galerie Défriche Bananier plantain/ +
forestière partielle macabo arbres associés ” 1600
Semis direct ou pépinière
Zone de
transition
Palmiers à huile
forêt-savane
à haute densité
(Bokito) Cacaoyers
+ ” 1600
Savane
arbres associés
Cultures vivrières Semis direct ou pépinière

Arachide/maïs/
bananier plantain/ Semis > 1600
Concombre à la volée
manioc/macabo

Pépinière
Zones
Défriche Cacaoyers § 1600
Forestières Forêt partielle +
(Zima et arbres associés
Ngomedzap)

Concombre ” 1600
Semis direct ou pépinière

ϯ͘ϭ͘Ϯ͘Ϯ͘ĞƐŵŽĚĂůŝƚĠƐĚĞŐĞƐƚŝŽŶĚĞƐĐĂĐĂŽLJĞƌƐĂĚƵůƚĞƐĞƚĚĞƐƉĞƵƉůĞŵĞŶƚƐĂƐƐŽĐŝĠƐ
ƋƵŝĠǀŽůƵĞŶƚĂƵĐŽƵƌƐĚƵƚĞŵƉƐ

Jusqu’à la fin des années 1960, la conduite des cacaoyères installées à partir des années 1920-
1930, évolue peu malgré les actions de démonstration mises en place par les dispositifs
d’encadrement qui se succèdent (Sem, Semac, Semcentre). Après la mise en place des
cacaoyères, les interventions des agriculteurs se réduisent généralement à un ou deux
désherbages par an et les premiers traitements contre la pourriture brune des cabosses sont
réalisés à la fin des années 1950.

ϭϴϯ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

A partir des années 1970, le renforcement de l’encadrement des agriculteurs fait cependant
évoluer les modalités de gestion des cacaoyères. Dans les cacaoyères adultes mises en place
selon le modèle technique préconisé par la Sodecao, l’entretien du sol est réalisé deux fois par
an, accompagné d’une taille des cacaoyers (égourmandage, taille de formation). La lutte contre
la pourriture brune des cabosses est à la fois agronomique (récolte sanitaire) et chimique (quatre
à cinq traitements avec un pulvérisateur, de fin août à fin octobre, voire davantage si
nécessaire).

Globalement, les agriculteurs adoptent les recommandations techniques de la Sodecao mais


généralement en les adaptant, comme en témoignent de nombreuses cacaoyères de notre réseau
d’observation. Une grande partie des semences sélectionnées distribuées aux agriculteurs
servent ainsi à redensifier les anciennes cacaoyères. Beaucoup d’agriculteurs adoptent
également les techniques de réhabilitation des cacaoyères âgées mais en les adaptant en fonction
de leurs logiques techniques. Ils procèdent ainsi au recépage des cacaoyers âgés après avoir
laissé se développer un ou plusieurs rejets, et non avant, ce qui limite les risques en cas d’échec.
La réduction de l’ombrage dans les anciennes cacaoyères, par annelation des arbres en
surnombre est un message technique globalement adopté. Mais l’introduction d’arbres fruitiers
(safoutiers, avocatiers, etc.) ou la conservation d’arbres forestiers spontanés pour supprimer les
trous de lumière sont préférées à l’introduction d’espèces à croissance plus rapide comme
Cassia spectabilis.

Les agriculteurs intègrent également la nécessité de lutter contre la pourriture brune des
cabosses par des traitements chimiques réguliers dont ils adaptent cependant les modalités
(chapitre 1). Ce n’est pas le cas de la lutte contre les mirides que les pouvoirs publics prennent
en charge, le risque de telles actions étant souligné dès le début des années 1960, « la
substitution de l’Etat au planteur, si elle peut paraître nécessaire en cas de grave épiphytie,
peut être un danger : le planteur s’habitue à ce qu’on le remplace sur le lieu de son travail, ce
qui n’est pas un facteur d’évolution. Un effort d’encadrement intense pour faire entrer la lutte
phytosanitaire dans la pratique individuelle courante doit être fait parallèlement à l’action
gouvernementale directe … le traitement individuel effectué par tous est bien évidemment le
seul moyen vraiment efficace de lutter contre un parasite » (Muller, 1962).

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La reconstitution a posteriori des pratiques d’installation et de conduite des cacaoyères


agroforestières montre une diversité d’histoires culturales qui se caractérisent par plus ou moins
de continuité au cours du temps.

ϯ͘Ϯ͘ϭ͘ϭ͘ĞƐƚƌĂũĞĐƚŽŝƌĞƐĚĞĐŽŶĚƵŝƚĞĐŽŶƚŝŶƵĞƐĚĂŶƐůĞƚĞŵƉƐ

Ce type de trajectoire de conduite caractérise la plupart des cacaoyères mises en place par les
agriculteurs qui les gèrent actuellement. Il s’agit généralement de parcelles jeunes qui entrent en
production, et de parcelles adultes âgées de moins de 40 ans.

ϭϴϰ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Certaines anciennes cacaoyères, qui ne sont cependant plus gérées par les agriculteurs qui les
ont installées, sont aussi caractérisées par cette trajectoire de conduite.

Qu’il s’agisse des zones forestières de Zima et de Ngomedzap, ou de la zone de transition forêt-
savane de Bokito, on observe que la phase de mise en place de la cacaoyère, quel que soit le
précédent de végétation, est suivie d’une phase de production au cours de laquelle la conduite
de la cacaoyère est caractérisée par une continuité à la fois dans les pratiques de production et
dans les pratiques d’entretien du système (chapitre 1). Le réglage de l’ombrage est permanent et
l’agriculteur intervient en éliminant ponctuellement les arbres en surnombre en cas d’ombrage
trop dense qui tend à favoriser la pourriture brune des cabosses et à réduire la productivité des
cacaoyers, ou au contraire, en introduisant à nouveau des arbres dans le système ou en
transplantant certains individus qui s’y développement spontanément en cas d’ombrage
insuffisant qui tend à favoriser les pullulations de mirides contre lesquelles les agriculteurs
luttent en procédant à des traitements phytosanitaires réguliers.

En règle générale, les agriculteurs veillent à maintenir un ombrage favorable au développement


des cacaoyers. Mais ils compensent la croissance des arbres associés par l’élimination des
individus en surnombre, par ceinturage pour entraîner leur dépérissement progressif et éviter les
dégâts de chute d’arbres. La redensification du peuplement cacaoyer est également quasi-
permanente afin de compenser les éventuelles mortalités. Dans de rares cas, l’agriculteur peut
décider de recéper un cacaoyer mal formé afin de lui redonner une architecture adaptée. Avec
l’ancienneté de la cacaoyère, les cacaoyers âgés devenus improductifs sont progressivement
recépés au cas par cas afin de renouveler leur couronne. Cette opération est généralement
décidée à partir de plusieurs indicateurs qui suggèrent à l’agriculteur le déclin du cacaoyer
(présence de mousses ou de chancres sur le tronc, écorce craquelée, défoliation de la couronne,
présence de bois mort). L’évolution de la production dans le temps, sur plusieurs années, est
également un critère qui entre en jeu : si le nombre de cabosses porté par l’arbre diminue, le
rajeunissement est décidé. Le tronc initial est éliminé quand le rejet de substitution commence à
porter des fleurs ou quelques cabosses. Le remplacement du cacaoyer par un autre plant est
toutefois préféré à son rajeunissement quand l’agriculteur constate que le dépérissement est lié à
une maladie qui risque d’hypothéquer également le développement du rejet qui sera conservé
pour remplacer le tronc initial. Cette option est également préférée au rajeunissement quand
l’agriculteur constate que le cacaoyer émet peu ou pas de rejets dont le développement lui
permettrait de renouveler le tronc initial.

Au cours du temps, la structure initiale de la cacaoyère évolue naturellement en fonction de


l’évolution écophysiologique des espèces en présence et en fonction des pratiques de gestion de
ces évolutions (figure 5). Dans la trajectoire reconstituée des états structuraux, on observe que,
globalement, la densité des cacaoyers est demeurée stable en raison de la redensification
permanente des peuplements cacaoyers qui entraîne l’abaissement de l’âge moyen des
cacaoyers (chapitre 1). Dans le même temps, la densité des espèces associées diminue au cours
du temps avec l’ancienneté des cacaoyères suite à l’élimination des arbres en surnombre
(chapitres 2 et 4). Le recépage des cacaoyers sénescents modifie le profil architectural du
peuplement cacaoyer où le nombre de cacaoyers recépés augmente dans les cacaoyères âgées de
plus de 40 ans (chapitres 1 et 4).

ϭϴϱ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Figure 5 : Schéma d’une trajectoire de conduite continue d’une cacaoyère agroforestière et


impact sur sa structure.

Entrée en
production
de la cacaoyère +

Création de Echelle de temps


la cacaoyère indicative

Années 10 40 70

Mise en place Maintien du système de cacaoculture


de la cacaoyère

Itinéraire Pratiques d’entretien - Entretien du sol


de pratiques - Traitements anti pourriture brune
depuis -Traitements anti-mirides
la création
Pratiques de régénération -Egourmandage/taille des cacaoyers
-Réglage de l’ombrage
- Redensification permanente des cacaoyers

Recépage progressif des cacaoyers

Evolution des
indicateurs clés Densité des
de structure peuplements cacaoyers

Densité des
peuplements associés

Proportion de
cacaoyers recépés

ϯ͘Ϯ͘ϭ͘Ϯ͘ĞƐƌƵƉƚƵƌĞƐĚĂŶƐůĂĐŽŶĚƵŝƚĞĚĞƐĐĂĐĂŽLJğƌĞƐ

Dans de nombreux cas, après la phase de mise en place de la cacaoyère, suivie d’une phase de
production plus ou moins longue, la conduite de la cacaoyère est caractérisée par une ou
plusieurs phases de rupture, d’une durée variable, qui se traduisent par une gestion a minima par
l’agriculteur22 (figure 6).

Au cours de cette phase, on observe que certaines pratiques d’entretien (égourmandage des
cacaoyers, lutte contre les mirides) et les pratiques de régénération de la cacaoyère
(redensification du peuplement cacaoyer, recépage des cacaoyers sénescents, réglage de
l’ombrage) ne sont plus effectuées. Seuls sont réalisés l’entretien du sol et la lutte contre la
pourriture brune des cabosses. Après quelques années, si la cacaoyère est reprise, une phase de
réhabilitation succède alors à la phase de gestion a minima de la cacaoyère. La durée de la
rupture dans la conduite de la cacaoyère ne doit pas cependant excéder une dizaine d’années.
Au-delà, les agriculteurs considèrent en effet que la parcelle est abandonnée en raison d’une
part, des fortes mortalités qui surviennent dans les peuplements cacaoyers et d’autre part, de
l’évolution sub-naturelle du système en raison de l’arrêt de la gestion du peuplement cacaoyer et
des peuplements associés23.


ϮϮ
Les agriculteurs emploient l’expression « gérer les cabosses » pour caractériser la conduite a minima d’une
cacaoyère.
Ϯϯ
A ce stade, les agriculteurs n’emploient d’ailleurs plus le terme « cacaoyère » mais le terme « forêt ».
ϭϴϲ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Figure 6 : Schéma d’une trajectoire de conduite d’une cacaoyère discontinue avec une phase de
rupture.

Entrée en
production
de la cacaoyère

Création de Echelle de temps


la cacaoyère indicative

Années 10 70

Rupture
Mise en place Maintien dans la Reprise de la Maintien
de la cacaoyère du système conduite cacaoyère du système
de cacaoculture de la de cacaoculture
cacaoyère

Itinéraire Entretien du sol + traitements anti pourriture brune


de pratiques
- Egourmandage des cacaoyers - Egourmandage des cacaoyers
depuis
-Traitements anti-mirides - Traitements anti-mirides
la création
-Réglage de l’ombrage
- Redensification permanente - Réglage massif - Redensification
du peuplement cacaoyer de l’ombrage permanente
- Redensification du peuplement
forte cacaoyer
du peuplement - Recépage progressif
cacaoyer des cacaoyers
- Recépage
massif
des cacaoyers


Lors de la reprise de la cacaoyère, le processus de réhabilitation est d’autant plus massif que la
durée de la phase de rupture dans la conduite de la cacaoyère a été longue. Ce processus se
traduit principalement par une reprise des pratiques de régénération (réglage de l’ombrage, taille
des cacaoyers) afin de remettre en état le peuplement cacaoyer et les peuplements associés. La
densité des peuplements associés, qui avait eu tendance à augmenter lors de la phase de rupture,
est à nouveau réduite par l’agriculteur. Le peuplement cacaoyer fait également l’objet d’une
redensification massive afin de compenser les mortalités occasionnées par la rupture dans la
conduite de la cacaoyère. Dans le même temps, les cacaoyers survivants sont régénérés afin de
reconstituer leur appareil productif. La proportion de cacaoyers recépés au sein du système
augmente donc fortement.

Ce type de trajectoire de conduite, où quatre phases bien distinctes se succèdent, caractérise la


plupart des cacaoyères âgées aujourd’hui de plus de 40 ans qui ne sont plus gérées par les
agriculteurs qui les ont créées.

Ces différentes interventions culturales modifient fortement la structure du peuplement cacaoyer


et celle des peuplements associés (figure 7). Le profil architectural d’un peuplement cacaoyer
notamment, en tant qu’indicateur de son évolution (chapitre 4), évolue ainsi fortement en
fonction des quatre phases qui caractérisent la trajectoire de la cacaoyère.

ϭϴϳ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Figure 7 : Exemple d’évolution du profil architectural* d’un peuplement cacaoyer et des


indicateurs clé de la structure du système dans le cas d’une trajectoire de cacaoyère discontinue.

Entrée en production
de la cacaoyère

Création de Echelle de temps


la cacaoyère indicative

10 70
Années
Rupture dans
Mise en place Maintien la conduite Reprise de la Maintien
de la cacaoyère du système de la cacaoyère du système
de cacaoculture cacaoyère de cacaoculture

T3b T1 T1 T4 T1
T0 T3b
TAT T0 T4
T2

T3a T2 T3a T5 T1R


T5 T0

Evolution des
indicateurs clés
de structure Densité des peuplements cacaoyers

Densité des peuplements associés

Proportion de cacaoyers recépés

* Le type TAT, non évoqué jusqu’à présent, est représentatif de cacaoyers évoluant de façon sub-naturelle lorsque les
rejets orthotropes ne sont plus éliminés par l’agriculteur

ϯ͘Ϯ͘ϭ͘ϯ͘ĞƐƌĠŽƌŝĞŶƚĂƚŝŽŶƐƚĞĐŚŶŝƋƵĞƐŵĂũĞƵƌĞƐĚĞĐŽŶĚƵŝƚĞƐĂŶƐƌƵƉƚƵƌĞĚ͛ĞŶƚƌĞƚŝĞŶ

En dehors de toute phase de rupture, les trajectoires de conduite des cacaoyères peuvent aussi
faire l’objet d’ réorientations techniques plus ou moins importantes au cours du temps. La phase
de mise en place de la cacaoyère est suivie d’une phase de production plus ou moins longue qui
demeure caractérisée par une continuité à la fois dans les pratiques d’entretien et dans les
pratiques de régénération du système. Les réorientations observées dans la conduite de la
cacaoyère se traduisent principalement par une phase au cours de laquelle l’agriculteur réduit,
ou au contraire augmente, radicalement la densité du peuplement cacaoyer. Celle-ci peut ainsi
passer de 2 500 plants ha-1 à moins de 1 100 plants ha-1 après élimination par l’agriculteur d’une
partie des cacaoyers. Inversement, la densité des cacaoyers peut passer de 1 300 plants ha-1 à
plus de 2 500 plants ha-1 après une redensification massive du peuplement cacaoyer par
l’agriculteur. Après cette phase de réorientation, une nouvelle phase de production débute sans
qu’il y ait eu de rupture dans les pratiques d’entretien et dans les pratiques de régénération du
système (figure 8).

Si l’élimination des cacaoyers pour réduire leur densité est réalisée par l’abattage des individus
en surnombre, les modalités de redensification massive des peuplements cacaoyers pour
augmenter leur densité initiale varient au contraire selon les cas. L’agriculteur peut en effet
transplanter des plants issus d’une pépinière en pleine terre ou d’une pépinière en sachets, ce qui
permet d’assurer un développement plus vigoureux et plus rapide des jeunes cacaoyers.

ϭϴϴ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

L’agriculteur peut également semer deux à trois graines dans un poquet afin de conserver, après
six à sept ans, le cacaoyer le plus vigoureux, ce qui permet de pallier l’éventuelle disparition du
plant de remplacement mais hypothèque son développement végétatif en exacerbant les
concurrences entre les cacaoyers plantés au même endroit.

Figure 8 : Schéma d’une trajectoire de conduite d’une cacaoyère avec réorientation technique
majeure sans rupture d’entretien.

Entrée en Echelle de temps


production indicative
de la cacaoyère Augmentation
de la densité des cacaoyers
Création de
la cacaoyère 50

10 Réduction
Années
de la densité des cacaoyers

50

Mise en place Maintien du système Orientation Maintien du système


de la cacaoyère de cacaoculture technique de cacaoculture

Itinéraire Pratiques d’entretien


de pratiques - Entretien du sol
depuis - Traitements anti pourriture brune
la création -Traitements anti-mirides
Pratiques de régénération
-Réglage de l’ombrage
-Egourmandage/taille des cacaoyers

Redensification Redensification Redensification permanente


permanente des cacaoyers ou élimination et recépage progressif
massive des cacaoyers
des cacaoyers

Selon les cas, la redensification peut être réalisée avec du matériel végétal Amelonado ou au
contraire avec des cacaoyers hybrides. Il s’avère d’ailleurs que ces derniers sont davantage des
descendances d’hybrides que les agriculteurs prélèvent sur certains cacaoyers préalablement
repérés en raison de leur forte production, de leur tolérance à la pourriture brune, de la grosseur
et du poids de leurs fèves. Dans la plupart des cas, les agriculteurs optent ainsi pour un
panachage en associant du matériel végétal Amelonado (adapté à l’ombrage, vigoureux, « qui
dure », mais moins productif que l’hybride) et du matériel végétal hybride (précoce, productif,
mais « qui ne dure pas »).

Dans certains cas, la forte augmentation de la densité des cacaoyers peut être le résultat d’une
redensification massive réalisée à titre préventif pour anticiper le déclin du peuplement, que les
cacaoyers soient sénescents ou non, comme en témoignent deux parcelles de notre réseau
situées dans la zone de transition forêt-savane de Bokito. En cas de surestimation des mortalités
à venir, les remplaçants sont alors éliminés, mais dans le cas contraire, ils sont déjà en place. La
redensification préventive des peuplements cacaoyers entraîne alors une augmentation
provisoire de la densité des cacaoyers avant que celle-ci ne retrouve son état initial après
quelques années par élimination des cacaoyers en surnombre.

Ce type de trajectoire de conduite avec réorientation technique majeure sans phase de rupture
d’entretien caractérise un certain nombre de cacaoyères âgées de plus de 40 ans mises en place
par les agriculteurs qui les gèrent actuellement.
ϭϴϵ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

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ϯ͘Ϯ͘Ϯ͘ϭ͘>ĞƐƚƌĂũĞĐƚŽŝƌĞƐĚĞĐŽŶĚƵŝƚĞŝŶĚƵŝƐĞŶƚĚĞƐƚƌĂũĞĐƚŽŝƌĞƐĚ͛ĠƚĂƚƐƐƚƌƵĐƚƵƌĂƵdž

Toute trajectoire de conduite, qu’elle soit continue ou non, aboutit ainsi à une succession d’états
structuraux qui correspond en fait à une succession de situations culturales différentes (figure
9).

Figure 9 : Exemple d’une succession d’états structuraux en lien avec une trajectoire de conduite
discontinue avec rupture.

Entrée en
production
de la cacaoyère

Création de Echelle de temps


la cacaoyère indicative

10 70
Années

Mise en place Phase de Rupture Reprise de la Phase de


de la cacaoyère production 1 dans la cacaoyère production 2
conduite de
la cacaoyère
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&ŽƌġƚŽƵƐĂǀĂŶĞ DŽĚĂůŝƚĠƐĚĞŐĞƐƚŝŽŶ DŽĚĂůŝƚĠƐĚĞŐĞƐƚŝŽŶ
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Cette succession montre que les structures de cacaoyères sont donc bien flexibles dans le
temps.

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ĐŽŶĚƵŝƚĞ

Dans les anciennes cacaoyères, des trajectoires de conduite différentes se traduisent aujourd’hui
par des structures des peuplements cacaoyers différentes où peuvent se côtoyer plusieurs
générations de cacaoyers à l’architecture très différente. La figure 10 illustre ainsi les
répartitions par type architectural et par classe d’âge de deux peuplements cacaoyers installés
dans les années 1930 à Zima.

La parcelle 271 (semis à la volée) présente une densité de 1 860 cacaoyers ha-1. Sa trajectoire de
conduite est caractérisée par une phase de rupture suivie en 1998 d’une phase de reprise au
cours de laquelle le peuplement cacaoyer a été massivement redensifié. Les cacaoyers d’origine,
âgés de 72 ans, ne représentent plus que 20 % des effectifs et le profil architectural du
peuplement cacaoyer montre que 24 % des cacaoyers ont été recépés (type architectural 4).
ϭϵϬ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Dans le même temps, la parcelle 272 (semis en poquets) présente une densité est de 1 050
cacaoyers ha-1. Contrairement à la parcelle précédente, sa trajectoire de conduite a été continue.
Le peuplement cacaoyer y a été peu redensifié : 85 % des cacaoyers sont âgés de 72 ans.

Figure 10 : Répartition par classe d’âge et par type architectural de la structure actuelle de
peuplements cacaoyers de deux cacaoyères ayant connu des trajectoires de conduite différentes.


Profil architectural
du peuplement cacaoyer

Profil d’âge
du peuplement cacaoyer

Parcelle 271 : trajectoire avec rupture Parcelle 272 : trajectoire continue


Année de création : 1935 Année de création : 1930
Densité : 1860 cacaoyers ha-1 Densité : 1050 cacaoyers ha-1


͵ǤʹǤ͵Ǥ‡•†±–‡”‹ƒ–•†‡•–”ƒŒ‡ –‘‹”‡•†‡ ‘†—‹–‡

Les déterminants des trajectoires de conduite des cacaoyères relèvent à la fois de l’histoire
familiale de chaque agriculteur, de l’évolution du contexte socio-économique de la filière cacao
dans lequel s’insère chaque cacaoyère et de l’environnement technique des agriculteurs.

ϯ͘Ϯ͘ϯ͘ϭ͘ĞƐŚŝƐƚŽŝƌĞƐĨĂŵŝůŝĂůĞƐĐŽŶƚƌĂƐƚĠĞƐ

Avant ou après le décès de l’agriculteur qui a installé une cacaoyère, la continuité dans la
conduite technique de celle-ci est généralement assurée quand l’héritier désigné est présent dans
le village et en âge de reprendre la cacaoyère. Dans ce cas, la transmission de cette dernière
d’une génération d’agriculteur à une autre ne pose pas de problème : la cacaoyère connaît une
trajectoire de conduite continue, à l’exemple d’une parcelle de notre réseau, créée en 1950 et qui
a été reprise en 1995 par l’exploitant actuel au décès de son père.

ϭϵϭ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Par contre, lorsque le propriétaire de la cacaoyère n’est plus en mesure de la gérer lui-même et
que son héritier n’est pas encore en âge de la reprendre, ou qu’il ne réside pas au village, la
gestion de la cacaoyère est alors généralement confiée à une tierce personne. C’est le cas d’une
parcelle créée en 1936 et confiée pendant deux ans à un métayer par le père de l’agriculteur qui
la gère actuellement, jusqu’à sa transmission aux héritiers. Dans ce cas, le propriétaire de la
cacaoyère partage le montant de la vente de cacao marchand avec le métayer après s’être
remboursé des éventuelles dépenses qu’il a préfinancées, telles que l’achat des fongicides.

Au décès de l’agriculteur, la transmission de la cacaoyère peut aussi ne pas être immédiate si,
par exemple, l’héritier est encore trop jeune pour se voir confier ce patrimoine. L’histoire des
anciennes cacaoyères permet d’ailleurs de préciser les modalités de transmission du patrimoine
cacaoyer. Celui-ci est soit transmis aux fils de l’exploitant après son décès, qui se le partagent,
soit à un fils désigné qui le gère pour l’ensemble de la fratrie. En cas d’absence d’héritiers
directs, le patrimoine cacaoyer est transmis à l’un des frères du défunt (en général le frère aîné)
ou à l’un de ses neveux. Si le ou les héritiers directs sont encore trop jeunes pour reprendre le
patrimoine cacaoyer, celui-ci est alors confié temporairement à un membre de la famille désigné
par un conseil familial (la veuve ou l’un des frères du défunt). La veuve du défunt peut ainsi
gérer le patrimoine cacaoyer elle-même ou le confier à une autre personne (locataire, métayer).
Si le gérant du patrimoine cacaoyer est un des frères du défunt, ce dernier a pour obligation de
partager les revenus issus de la vente de cacao marchand avec la veuve et les futurs héritiers.

Ce type de transmission caractérise plusieurs parcelles de notre réseau, comme en témoignent


deux parcelles installées dans les années 1950 à Bokito qui ont ainsi été gérées par les veuves,
pendant six ans pour l’une, pendant onze ans pour l’autre. Toujours à Bokito, une autre parcelle,
créée en 1955, a été gérée pendant 26 ans par un des oncles de l’exploitant actuel.

La continuité de la conduite technique de la cacaoyère peut également être remise en cause


lorsque l’héritier, bien que désigné et en âge de reprendre le patrimoine cacaoyer, est absent du
village. C’est le cas d’une parcelle créée en 1935 à Ngomedzap par le père de l’exploitant actuel
qui en a hérité en 1976. Faute de pouvoir s’en occuper en raison de ses activités professionnelles
hors du village, cette cacaoyère a été gérée pendant quatre ans par la veuve jusqu’à ce qu’il
rentre définitivement au village en 1980. Toujours à Ngomedzap, bien que la transmission de la
cacaoyère ait eu lieu du vivant de son père, l’exploitant actuel l’a confiée à un métayer pendant
six ans jusqu’à ce qu’il revienne s’installer définitivement au village en 1985.

Dans la plupart des cas, la gestion du patrimoine cacaoyer par un tiers se traduit par une rupture
dans la conduite technique. Dans le cas d’un métayer ou d’un oncle, cette personne n’étant pas
le propriétaire de la cacaoyère, elle n’a donc pas intérêt à investir, en termes de travail, dans
celle-ci notamment en ce qui concerne les pratiques de régénération qui ont un impact à moyen
et long terme sur la structure du système (gestion de l’ombrage, recépage des cacaoyers,
redensification, lutte anti-mirides). Seuls sont alors assurés l’entretien du sol et la lutte contre la
pourriture brune des cabosses. De plus, le gestionnaire provisoire d’une cacaoyère ne peut
implicitement redensifier le peuplement cacaoyer ou introduire des arbres dans la cacaoyère, par
exemple pour pallier un ombrage insuffisant, en raison du rôle de marqueur foncier joué par le
cacaoyer et les arbres associés. A moins d’être l’objet d’un accord préalable entre les parties, de
telles pratiques aboutissent généralement, après quelques années à des revendications qui
remettent alors en cause la transmission de la cacaoyère aux héritiers directs.

ϭϵϮ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Dans le cas des veuves, la rupture dans la conduite de la cacaoyère est davantage le fait de leur
absence de maîtrise technique pour mettre en œuvre les pratiques de régénération qui sont
généralement réalisées par les hommes. La perte de technicité est alors le principal déterminant
des phases de gestion a minima constatées dans la conduite des cacaoyères.

ϯ͘Ϯ͘ϯ͘Ϯ͘hŶĐŽŶƚĞdžƚĞƐŽĐŝŽͲĠĐŽŶŽŵŝƋƵĞƉůƵƐŽƵŵŽŝŶƐĨĂǀŽƌĂďůĞ

L’existence de phases de rupture dans la conduite de la cacaoyère est aussi liée à l’évolution du
contexte socio-économique, en particulier à l’évolution du prix d’achat du cacao marchand. En
effet, lorsque la transmission de la cacaoyère est concomitante à une période de baisse du prix
d’achat du cacao marchand au producteur (lors de la période 1989-1995 par exemple) (figure
11), on observe que de nombreux héritiers ont retardé leur décision de revenir au village pour
reprendre le patrimoine cacaoyer qui leur revenait.

Figure 11 : Evolution du prix d’achat du cacao marchand bord-champ de 1960 à 2010.

ĠďƵƚĚƵƉƌŽĐĞƐƐƵƐĚĞ
ůŝďĠƌĂůŝƐĂƚŝŽŶ
ĚĞůĂĨŝůŝğƌĞĐĂĐĂŽ
ϭϮϬϬ

ϭϬϬϬ

ϴϬϬ
&ƌĂŶĐƐ&

ĂŝƐƐĞĚĞƐĐŽƵƌƐ
ϲϬϬ ŵŽŶĚŝĂƵdžĚƵĐĂĐĂŽ

ϰϬϬ

ϮϬϬ

Sources : Kamdem, 2010 ; Anon, 2010

C’est le cas d’une parcelle située à Ngomedzap, dont l’exploitant actuel qui en avait héritée en
1986, n’a décidé de son retour au village qu’en 1995, une fois la remontée des prix d’achat du
cacao effective. C’est également le cas d’une autre parcelle installée à Bokito qui, en 1992, a
connu une phase de rupture de cinq ans immédiatement après avoir été transmise par
l’exploitant actuel qui ne l’a reprise en fait qu’en 1997.

A l’inverse, dans certains cas, la concomitance entre la remontée du prix d’achat du cacao et la
transmission d’une cacaoyère favorise une reprise plus rapide du patrimoine cacaoyer et permet
de réduire d’autant les phases de rupture dans la conduite des cacaoyères.

ϭϵϯ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

C’est le cas d’une cacaoyère de Zima, dont l’exploitant actuel a hérité en 1994 au décès de son
père et l’a reprise immédiatement après avoir décidé de rentrer définitivement au village en
raison de la remontée du prix d’achat du cacao.

Par contre, le fait que la période de baisse des prix d’achat au producteur survienne au moment
de la transmission de la cacaoyère n’entraîne pas systématiquement une rupture dans la
conduite de celle-ci. C’est le cas de deux parcelles de notre réseau reprises respectivement en
1980 et 1988 par les exploitants actuels qui, malgré la déprime des prix d’achat au producteur
au cours de cette période n’ont pas modifié la conduite des cacaoyères. Cette continuité dans la
conduite malgré un contexte peu favorable caractérise également plusieurs cacaoyères installées
avant la crise de la filière cacao par les exploitants actuels.

ϯ͘Ϯ͘ϯ͘ϯ͘>ĞƉŽŝĚƐĚĞů͛ĞŶĐĂĚƌĞŵĞŶƚƚĞĐŚŶŝƋƵĞĚĞůĂ^ŽĚĞĐĂŽ

Outre les facteurs d’ordre familial et économique, dans certains cas, les changements observés
dans la conduite d’une cacaoyère sont aussi liés à l’encadrement technique. Cela est
particulièrement vrai dans le cas des parcelles créées avant les années 1970 dont la conduite a
fait l’objet d’une réorientation majeure.

De 1970 à 1990, en effet, le renforcement de l’encadrement des producteurs et en particulier la


mise en place de la Sodecao, se traduit par une modification des pratiques dans certaines
cacaoyères adultes caractérisées par une densité des cacaoyers est élevée, c'est-à-dire supérieure
à 1 800-2 000 plants ha-1. Les interventions des agriculteurs se traduisent alors principalement
par une diminution de la densité des cacaoyers afin de réduire les concurrences par l’élimination
des individus en surnombre, improductifs ou chétifs.

C’est le cas de deux parcelles de notre réseau, installées respectivement en 1967 et 1962 à Zima
par les exploitants actuels qui, dans les années 1970, suivent les recommandations des
encadreurs de la Sodecao et réduisent fortement la densité des peuplements cacaoyers. Ces deux
exploitants, comme la plupart des agriculteurs, s’approprient également les pratiques de réglage
de l’ombrage par élimination des arbres en surnombre afin de réduire les concurrences entre les
peuplements associés et les cacaoyers mais également limiter la pression parasitaire liée à la
pourriture brune des cabosses.

͹Ǥ͹Ǥ ‡• –”ƒŒ‡ –‘‹”‡• †‡ ƒ ƒ‘›°”‡• ‡– އ—”• ‘•±“—‡ ‡• •—” އ
”‡†‡‡–’‘–‡–‹‡Ž†—’‡—’އ‡– ƒ ƒ‘›‡”

La conduite technique des cacaoyères agroforestières du Centre Cameroun suit donc des
évolutions différentes dans le temps, ce qui induit des évolutions de structure et des états
structuraux actuels différents. Ces trajectoires de structure varient selon les cas et dépendent à la
fois des modalités d’installation des cacaoyères qui fixent les structures initiales, points de
départ des trajectoires, et des évolutions différentes en fonction des trajectoires de conduite,
continues ou non.

ϭϵϰ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

͵Ǥ͵ǤͳǤ‡•‰”ƒ†•–›’‡•†‡–”ƒŒ‡ –‘‹”‡•†‡•–”— –—”‡‹†‡–‹ˆ‹±•

En mettant en lien les modalités d’installation des cacaoyères puis leurs trajectoires de conduite
plus ou moins continues, nous définissons différentes trajectoires de structure de cacaoyères.
Des différences régionales apparaissent toutefois entre les zones forestières de Zima et de
Ngomedzap, où les trajectoires de structure se différencient par la densité des peuplements
cacaoyers, et la zone de transition forêt-savane où les trajectoires de structure se différencient en
fonction du précédent de végétation.

ϯ͘ϯ͘ϭ͘ϭ͘ŶnjŽŶĞƐĨŽƌĞƐƚŝğƌĞƐ

Dans les zones forestières de Ngomedzap et de Zima, où la plupart des parcelles de notre réseau
d’observation ont été installées après une défriche forestière, trois grandes trajectoires peuvent
être ainsi distinguées (figure 12) :

• la trajectoire T1, qui aboutit à des structures de peuplements cacaoyers où les densités
sont largement supérieures à 1 600 plants ha-1 (T1A et T1B), y compris après une phase
de rupture (T1C) ;
• la trajectoire T2, qui correspond à des peuplements cacaoyers dont la structure a été
profondément modifiée après une phase de rupture (T2A) ou non (T2B) ;
• la trajectoire T3, qui aboutit à des structures de peuplements cacaoyers où les densités
sont demeurées inférieures à 1 600 plants ha-1, que les parcelles aient été mises en place
après la période Sodecao (T3A), au cours de celle-ci (T3B) ou avant (T3C).

Figure 12 : Principales trajectoires des cacaoyères identifiées en zones forestières, en lien avec
la densité des cacaoyers.

ĞŶƐŝƚĠ;ĐĂĐĂŽLJĞƌƐŚĂͲϭͿ
Encadrement
des producteurs

Trajectoire de conduite T1 S1A ^ƚƌƵĐƚƵƌĞ^ϭ


T1A

T1B S1B

T1C Rupture
S1C

^ƚƌƵĐƚƵƌĞ^Ϯ
T2A Rupture

T2B

Densité > 1600 cacaoyers ha-1

Densité < 1600 cacaoyers ha-1 S2B


Trajectoire de conduite T2
S2A

Trajectoire de conduite T3 S3A ^ƚƌƵĐƚƵƌĞ^ϯ


T3A

T3B S3B
T3C
S3C

ϭϵϯϬ ϭϵϰϬ ϭϵϱϬ ϭϵϲϬ ϭϵϳϬ ϭϵϴϬ ϭϵϵϬ ϮϬϬϬ ϮϬϭϬ

ϭϵϱ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Dans le cas de la trajectoire T1, on observe que les pratiques d’implantation des cacaoyères ont
été les mêmes quelle que soit l’époque à laquelle ont été créées les cacaoyères. Qu’il s’agisse
des cacaoyères mises en place après 1990 (T1A) ou entre 1975 et 1990, lors de la période
d’intervention de la Sodecao (T1B), les peuplements cacaoyers ont été installés par semis à la
volée dans des champs polyculturaux. Les cacaoyères installées avant la période d’intervention
de la Sodecao (T1C), en général entre 1945 et 1970, ne sont plus aujourd’hui gérées par les
agriculteurs qui les ont installées, mais leur ont été transmises après 1990, après la cessation
d’activités de la Sodecao. Dans de nombreux cas, la conduite de ces cacaoyères a connu une
phase de rupture liée à leur transmission. Lors de leur reprise, les agriculteurs n’ont pas
bénéficié de l’encadrement technique de la Sodecao et ont redensifié leurs cacaoyères à
l’identique.

La trajectoire T1 se caractérise par une densité des peuplements cacaoyers qui diminue au cours
du temps mais qui demeure toujours supérieure à 1 600 cacaoyers ha-1 y compris dans les
cacaoyères les plus anciennes (S1C) (tableau 3). La redensification massive des peuplements a
entraîné un abaissement important de l’âge moyen des peuplements cacaoyers qui est d’environ
30 ans dans les cacaoyères les plus anciennes où la proportion de cacaoyers recépés est de 27 %.
Dans le même temps, le nombre d’espèces associées aux cacaoyers reste stable, à savoir 14
espèces en moyenne par cacaoyère. La densité des arbres associés aux cacaoyers demeure
toujours supérieure à 200 arbres ha-1 et la densité des arbres forestiers est de l’ordre de 150
arbres ha-1 quel que soit le stade de développement de la cacaoyère.

Tableau 3 : Structure actuelle des cacaoyères par trajectoire en zones forestières.

Variables de structure Types de structure*


S1A S1B S1C S2A S2B S3A S3B S3C
(7) (5) (3) (2) (4) (6) (5) (8)
Densité des cacaoyers 2 836 2 283 2 032 1 258 1 115 1 327 1 402 1 285
(ha-1)
Age moyen des 11 25 30 43 46 6 25 42
cacaoyers (années)
Nombre moyen de 1,2 1,3 1,5 1,6 1,8 1,1 1,3 1,7
troncs par cacaoyer
Cacaoyers recépés (%) 11,3 14,6 27,1 35,1 38,1 3,6 12 36,4
Nombre d’espèces 14 14 14 8 6 13 11 6
associées
Densité des 280 263 207 128 125 262 200 60
peuplements associés
(ha-1)
Densité des arbres 146 147 153 55 25 160 144 40
-1
forestiers (ha )
* (5) = effectif de parcelles par type de structure

ϭϵϲ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Dans le cas de la trajectoire T2, les pratiques d’implantation des cacaoyères ont été les mêmes
que pour la trajectoire T1 mais contrairement à celle-ci, la conduite des cacaoyères a été
profondément modifiée au cours du temps. La trajectoire T2A concerne des cacaoyères
installées à partir des années 1930 et jusque dans les années 1960 qui ne sont plus aujourd’hui
gérées par les agriculteurs qui les ont créées. Ces cacaoyères leur ont été transmises au cours de
la période d’intervention de la Sodecao (1975-1990), plus rarement après, et dans la plupart des
cas la trajectoire de ces cacaoyères est marquée par une phase de rupture d’une durée variable.
La reprise de ces cacaoyères anciennes s’est traduite par une conduite technique et des
modalités de réhabilitation qui ont été fortement influencées par l’appui technique dont ont
bénéficié les agriculteurs à cette époque : panachage avec matériel végétal amélioré,
redensification des peuplements en respectant la densité recommandée par la Sodecao,
élimination des arbres d’ombrage en surnombre, taille de régénération des cacaoyers. La
trajectoire T2B concerne des cacaoyères plus jeunes, installées à partir des années 1950 par les
agriculteurs qui les gèrent actuellement. Contrairement à la trajectoire T2A, ces cacaoyères
n’ont généralement pas connu de phase de rupture liée à leur transmission. A partir de 1975,
l’impact de l’encadrement des agriculteurs s’est notamment traduit par une réduction de la
densité des cacaoyers et des arbres d’ombrage afin de respecter les densités recommandées à
l’époque.

En conséquence, la trajectoire T2 aboutit à une structure S2 caractérisée par une densité


inférieure à 1 600 cacaoyers ha-1 (tableau 3). Ces peuplements ayant été peu redensifiés, leur
âge moyen est supérieur à celui des peuplements gérés selon la conduite T1C : 42 ans et 43 ans
contre 30 ans. La proportion de cacaoyers recépés y est également supérieure : 35 % et 38 %
contre 27 %. Dans le même temps, on observe que six à huit espèces sont associées aux
cacaoyers, pour une densité des arbres associés de l’ordre de 125-128 arbres ha-1 et une densité
des arbres forestiers qui est de 55 arbres ha-1 pour la structure S2A et 25 arbres ha-1 pour la
structure S2B.

Dans le cas de la trajectoire T3, les pratiques d’implantation ont été différentes des trajectoires
T1 et T2 précédemment décrites car il s’agit de peuplements cacaoyers installés à partir de
plants semés en poquets pour les parcelles les plus anciennes ou issus de pépinières pour les
parcelles des plus récentes. La trajectoire T3A concerne des cacaoyères installées à partir de
1990. Les agriculteurs ont toutefois respecté certaines recommandations techniques comme la
densité de 1 600 cacaoyers ha-1. La trajectoire T3B concerne des cacaoyères installées entre
1975 et 1990, lors de la période d’intervention de la Sodecao. Les agriculteurs ont donc été
encadrés. La trajectoire T3C concerne des cacaoyères installées dans les années 1930 qui ne
sont plus aujourd’hui gérées par les agriculteurs qui les ont créées. Il s’agit de cacaoyères
installées dans des cours agroforestières dont la conduite a été, dans la majorité des cas,
relativement continue jusqu’à aujourd’hui.

La trajectoire de conduite T3 aboutit par conséquent à une structure S3 caractérisée par une
densité inférieure à 1 600 cacaoyers ha-1 qui demeure relativement stable au cours du temps
(tableau 3). Dans les parcelles les plus anciennes (S3C), les peuplements cacaoyers ayant été
peu redensifiés, leur âge moyen est supérieur à celui des peuplements gérés selon la conduite
T1C : 42 ans contre 30 ans. La proportion de cacaoyers recépés y est également supérieure : 36
% contre 27 %. Dans le même temps, dans le cas de S3A et S3B, le nombre d’espèces associées
aux cacaoyers est de l’ordre 11-13 par parcelle, pour une densité d’arbres associés de 200-262
arbres ha-1 et une densité de 144-160 arbres forestiers ha-1.

ϭϵϳ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

La structure S3C, qui correspond à des cacaoyères mises en place dans des cours
agroforestières, est caractérisée par un nombre d’espèces associées aux cacaoyers et des densités
de peuplements associés moins élevés.

Pour des cacaoyères installées à peu près à la même époque, on constate donc que des structures
actuelles différentes sont le résultat de trajectoires différentes, à l’instar de ce qui est observé
pour les structures S1C et S3C issues respectivement des trajectoires de conduites T1C et T3C.
Il en est de même pour les structures S1B et S3B issues respectivement des trajectoires T1B et
T3B. A l’inverse, pour les cacaoyères les plus anciennes, des structures similaires telles que
S2A, S2B et S3C, peuvent être le résultat de trajectoires très différentes.

ϯ͘ϯ͘ϭ͘Ϯ͘ŶnjŽŶĞĚĞƚƌĂŶƐŝƚŝŽŶĨŽƌġƚͲƐĂǀĂŶĞ

Dans la zone de transition forêt-savane de Bokito, les précédents de végétation qui caractérisent
les parcelles de notre réseau d’observation sont de deux types : galerie forestière ou savane.
Quel que soit le précédent, on observe que globalement la densité des peuplements cacaoyers
demeure toujours inférieure à 1 600 cacaoyers ha-1. Parfois, en cas de redensification massive du
peuplement, la densité peut être provisoirement supérieure à 1 600 cacaoyers ha-1

Pour les deux types de précédents, les trajectoires des parcelles sont similaires et deux grands
types de trajectoires de conduite peuvent être distingués (figure 13) :

• la trajectoire T1 concerne les cacaoyères créées sur savane. Les stades de


développement T1A à T1C sont caractérisés par une densité des cacaoyers qui a
tendance à diminuer avec l’ancienneté des cacaoyères alors que dans le même temps, le
nombre moyen de troncs par cacaoyer et le taux de cacaoyers recépés augmentent
(tableau 4). Une dizaine d’espèces sont associées en moyenne aux cacaoyers et la
densité des peuplements associés tend à diminuer avec l’ancienneté des cacaoyères.
Cette trajectoire T1 connaît une variante (T1C’) quand une ancienne cacaoyère est
massivement redensifiée après une phase de rupture. La densité des cacaoyers est alors
supérieure à 1 600 plants ha-1.

• la trajectoire T2 concerne les cacaoyères installées dans une galerie forestière.


L’évolution de la densité des peuplements cacaoyers dans les stades T2A à T2D est
similaire à celle des cacaoyères sur savane. La trajectoire T2 se différencie toutefois de
la trajectoire T1 par une densité des peuplements associés moins élevée (tableau 4). La
trajectoire T2 connaît la même variante que la trajectoire T1 lorsqu’une ancienne
cacaoyère est massivement redensifiée (T2D’).

ϭϵϴ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Figure 13 : Principales trajectoires des cacaoyères identifiées dans la zone de transition forêt-
savane.

ĞŶƐŝƚĠ;ĐĂĐĂŽLJĞƌƐŚĂͲϭͿ
Encadrement
des producteurs
Densité < 1600 cacaoyers ha-1

Trajectoire de conduite T1 (précédent savane)

S1A ^ƚƌƵĐƚƵƌĞ^ϭ
T1A

T1B S1B

T1C Rupture S1C

S1C’
T1C’ Rupture > 1600 cacaoyers ha-1

Trajectoire de conduite T2 (précédent galerie forestière

T2A S2A ^ƚƌƵĐƚƵƌĞ^Ϯ

T2B S2B

T2C S2C

T2D Rupture S2D

S2D’
T2D’ > 1600 cacaoyers ha-1

ϭϵϯϬ ϭϵϰϬ ϭϵϱϬ ϭϵϲϬ ϭϵϳϬ ϭϵϴϬ ϭϵϵϬ ϮϬϬϬ ϮϬϭϬ

Tableau 4 : Structure actuelle des cacaoyères par trajectoire en zone de transition forêt-savane.

Variables de structure Types de structure*


Précédent savane S1A S1B S1C S1C’
(5) (2) (2) (1)
Densité des cacaoyers (ha-1) 1 480 1 260 1 090 2 700
Age moyen des cacaoyers (années) 11 16 33 20
Nombre moyen de troncs par cacaoyer 1,1 1,2 1,5 1,2
Cacaoyers recépés (%) 2,7 4,9 35,1 9,2
Nombre d’espèces associées 10 8 10 9
Densité des peuplements associés (ha-1) 315 210 210 270
Densité des arbres forestiers (ha-1) 35 30 50 25
Précédent galerie forestière S2A S2B S2C S2D S2D’
(2) (1) (2) (5) (1)
Densité des cacaoyers (ha-1) 1 120 990 960 1 065 1 880
Age moyen des cacaoyers (années) 8 20 31 41 30
Nombre moyen de troncs par cacaoyer 1,3 1,5 1,3 1,7 1,5
Cacaoyers recépés (%) 10,3 15,1 21,3 37,1 38,2
Nombre d’espèces associées 9 7 5 6 7
Densité des peuplements associés (ha-1) 140 180 90 140 210
Densité des arbres forestiers (ha-1) 50 30 20 30 30
* (5) = effectif de parcelles par type de structure
ϭϵϵ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

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Dans le cas de la trajectoie T1, l’état actuel du peuplement cacaoyer se traduit par une surface
terrière moyenne par cacaoyer qui passe de 24,5 cm2 à 49,3 cm2 avec l’ancienneté des
cacaoyères et par un taux de cacaoyers adultes improductifs qui demeure toujours supérieur à
35 % (tableau 5). Dans le même temps, dans le cas des trajectoires T3, la surface terrière
moyenne par cacaoyer passe de 15,3 cm2 à 82 cm2, pour un taux de cacaoyers adultes
improductifs qui demeure stable, autour de 22 %.

En termes de performances des peuplements cacaoyers, le nombre moyen de cabosses par


cacaoyer demeure stable dans le cas des trajectoires T1 et oscille entre 5,7 et 7,1 cabosses par
cacaoyer quel que soit le stade de la cacaoyère. Par contre, le nombre moyen de cabosses par
cacaoyer passe de 3,9 à 26,1 avec l’ancienneté des cacaoyères dans le cas des trajectoires T3. La
tendance est la même pour le rendement potentiel en cacao marchand : il oscille entre 516 et
637 kg ha-1 dans le cas des trajectoires T1 et passe de 205 kg à 1 309 kg ha-1 dans le cas des
trajectoires T3.

Lors de la création de la cacaoyère, opter pour une densité élevée de cacaoyers permet ainsi aux
agriculteurs d’obtenir un rendement plus élevé qu’avec une densité inférieure : 637 kg contre
205 kg ha-1. Mais ensuite, le développement des cacaoyers exacerbe les concurrences au sein
des peuplements, ce qui entraîne une stagnation de la productivité des cacaoyers et du
rendement potentiel en cacao marchand. Les basses densités de cacaoyers permettent alors une
augmentation à la fois de la productivité des cacaoyers et du rendement des cacaoyères. Nos
résultats confirment ceux obtenus par Mooleedhar et Lauckner (1990) et par Lachenaud (2005).

Par contre, lorsque la conduite de la cacaoyère où les cacaoyers ont été installés à haute densité,
se traduit entre-temps par une réorientation technique et une diminution de la densité des
cacaoyers (cas des trajectoires T2), l’état du peuplement cacaoyer s’en trouve amélioré et il se
caractérise, après quelques années, par une meilleure surface terrière moyenne par cacaoyer et
un taux de cacaoyers adultes improductifs plus faible. En conséquence, pour un même stade de
développement, la productivité des cacaoyers est de l’ordre de 16 à 20 cabosses en moyenne par
cacaoyer dans les parcelles où la densité des cacaoyers à été réduite, contre 7 cabosses dans les
parcelles où la densité des cacaoyers est restée identique. Le rendement potentiel en cacao
marchand est quant à lui de l’ordre de 800-836 kg ha-1contre 596 kg ha-1.

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Quel que soit le précédent de végétation, la surface terrière moyenne par cacaoyer augmente
avec l’ancienneté des cacaoyères, tandis que le taux de cacaoyers improductifs demeure
globalement stable au cours du temps (tableau 6). Le rendement potentiel des cacaoyères
augmente progressivement avec l’ancienneté des cacaoyères : au cours du temps, il passe ainsi
de 424 kg de cacao marchand ha-1 à 888 kg ha-1 dans les cacaoyères installées sur savane, et de
421 kg ha-1 à 733 kg ha-1 dans les cacaoyères installées sur galeries forestières.

ϮϬϬ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Concernant les trajectoires de structure T1C’ et T2D’, qui traduisent des trajectoires de conduite
marquées par une redensification massive du peuplement cacaoyer, elles aboutissent à des
performances plus nuancées en fonction des situations (tableau 6).

Sur savane, pour des parcelles ayant été installées à la même époque, la structure S1C’ aboutit à
une surface terrière moyenne par cacaoyer de 29,7 cm2 contre 65,2 cm2 dans le cas de S1C où le
peuplement a fait l’objet d’une redensification à l’identique. En conséquence le nombre moyen
de cabosses par cacaoyer de 5,6 pour S1C’ contre 18,9 pour S1C, et le rendement potentiel
moyen est de 560 kg de cacao marchand ha-1 pour S1C’ contre 888 kg ha-1 pour S1C.

Par contre, sur galerie forestière, pour des parcelles ayant été installées à la même époque, la
structure S2D’ aboutit à une surface terrière moyenne par cacaoyer de 80,6 cm2 contre 109 cm2
dans le cas de S2D où le peuplement a fait l’objet d’une redensification permanente. Le nombre
moyen de cabosses par cacaoyer de 11,2 pour S2D’ contre 16,8 pour S2D, et le rendement
potentiel moyen est de 702 kg de cacao marchand ha-1 pour S2D’ contre 727 kg ha-1 pour S2D.

ͶǤ‘ Ž—•‹‘

En adaptant notre analyse des pratiques aux spécificités des systèmes agroforestiers à base de
cacaoyer, en particulier le temps long, et en nous focalisant sur les pratiques qui interviennent
sur la structure de ces systèmes, nous avons montré que la structure actuelle des cacaoyères
agroforestières du Centre Cameroun est le résultat de leurs trajectoires de conduite.

Dans les zones forestières de Zima et de Ngomedzap, la variabilité des modes de conduite
s’explique en partie par l’évolution des modalités de mise en place et de gestion des différents
peuplements au cours du temps. Dans la zone de transition forêt-savane, la variabilité des modes
de conduite est principalement le fait des deux précédents de végétation sur lesquels sont
installées les cacaoyères. Quelle que soit la zone considérée, on observe aussi que la trajectoire
des anciennes cacaoyères sur le temps long est en fait, dans la plupart des cas, une succession de
plusieurs phases induites par des changements de conduite ayant pour origine différents
déterminants : évolution du contexte socio-économique, transmission de la cacaoyère d’une
génération d’agriculteur à une autre, impact de l’encadrement technique. Nous avons ainsi
relevé trois grands types de trajectoires de conduite : d’une part, une trajectoire continue où la
conduite de la cacaoyère évolue peu au cours du temps ; d’autre part, une trajectoire au contraire
caractérisée par une ou plusieurs phases de rupture où la cacaoyère est alors gérée a minima par
l’agriculteur ; et enfin, une trajectoire où la conduite de la cacaoyère fait l’objet de
réorientations importantes sans phase de rupture.

Dans tous les cas, on observe que la structure initiale des cacaoyères évolue au cours du temps.
Cette évolution peut être progressive dans le cas d’une conduite continue où l’agriculteur va, par
exemple, de façon permanente, remplacer les cacaoyers manquants et recéper les individus
sénescents. Elle peut être au contraire brutale dans le cas d’une conduite où l’agriculteur va, par
exemple, réduire fortement la densité du peuplement cacaoyer, ou dans le cas d’une la reprise de
la cacaoyère après une phase de gestion a minima où l’agriculteur va remplacer les cacaoyers
manquants et recéper les cacaoyers sénescents massivement.

ϮϬϭ

Flexibilité des cacaoyères agroforestières

Tableau 5 : Etats et performances du peuplement cacaoyer par type de structure actuelle en zones forestières.

Variables Types de structures
S1A S1B S1C S2A S2B S3A S3B S3C
Etat du peuplement Surface terrière moyenne par cacaoyer (cm2) 24,5 24,7 49,3 63,7 87,2 15,3 82,7 82,7
cacaoyer Cacaoyers adultes improductifs (%) 38,3 45,4 35,6 11,4 13,3 21,9 21,4 21,9
Hauteur (m) 2,4 2,3 3,3 2,9 3,2 1,6 2,7 3,3
-1
Rendement potentiel en cacao marchand (kg ha ) 637 516 596 800 836 205 751 1 309
Nombre moyen de cabosse par cacaoyer 5,7 5,7 7,1 16,5 20,1 3,9 17,1 26,1

Tableau 6 : Etats et performances du peuplement cacaoyer par type de structure actuelle en zone de transition forêt-savane.

Variables Types de structures


Précédent savane S1A S1B S1C S1C’
Etat du Surface terrière moyenne par cacaoyer (cm2) 37,2 56,2 65,2 29,7
peuplement Cacaoyers adultes improductifs (%) 19,5 15,6 16,6 36,6
cacaoyer Hauteur (m) 2,0 2,7 3,0 1,9
Rendement potentiel en cacao marchand (kg ha-1) 563 750 888 560
Nombre moyen de cabosse par cacaoyer 11,1 15,9 18,9 5,6
Précédent galerie forestière S2A S2B S2C S2D S2D’
Etat du Surface terrière moyenne par cacaoyer (cm2) 40,2 62,3 74,6 109 80,6
peuplement Cacaoyers adultes improductifs (%) 12,6 13,1 14,3 11,7 14,8
cacaoyer Hauteur (m) 2,4 3,1 3,2 3,3 2,9
Rendement potentiel en cacao marchand (kg ha-1) 421 557 721 727 702
Nombre moyen de cabosse par cacaoyer 10,5 12,5 18,9 16,8 11,2

ϮϬϮ
Flexibilité des cacaoyères agroforestières

L’analyse des pratiques révèle donc que les agriculteurs disposent d’une certaine souplesse pour
faire évoluer leurs systèmes agroforestiers à base de cacaoyer selon leurs objectifs de production,
comme le montre la figure 14. Cette figure montre l’évolution du rendement en cacao marchand
de deux cacaoyères installées à Ngomedzap ayant connu des trajectoires de conduite différentes
après reconstitution avec l’agriculteur. La parcelle 393 a fait l’objet d’une conduite continue du
type T3C depuis sa création en 1950. Bien qu’elle soit gérée depuis 1995 par un agriculteur
différent de celui qui l’a mise en place, son rendement en cacao marchand est demeuré
relativement stable, autour de 1 000 kg ha-1. Par contre, la parcelle 321, créée en 1948, a connu
une conduite discontinue du type T1C marquée par une phase de rupture. En conséquence, le
rendement en cacao marchand, qui était de l’ordre de 700 kg ha-1 avant la phase de rupture a
progressivement décliné pour atteindre 150 kg ha-1 après onze ans d’une gestion a minima. Après
la reprise de la cacaoyère par l’agriculteur actuel, le rendement a à nouveau augmenté et a
quasiment retrouvé le niveau qui était le sien à 32 ans.

Figure 14 : Exemples d’évolution du rendement en cacao marchand par type de trajectoire de


conduite.

Parcelle 393, Ngomedzap : trajectoire continue T3C Transmission


de la cacaoyère
Création
de la cacaoyère
en 1950 1995 2009

Age de la 8 45 59
cacaoyère
(années)

Agriculteur 1 Agriculteur 2
Durée de
chaque phase
(années) 8 37 14

1000 1000
Evolution de la production en cacao marchand 1100
(kg de cacao marchand ha-1)

1990 1995 2008

Parcelle 321, Ngomedzap : trajectoire discontinue avec une phase de rupture T1C
Phase de rupture
Transmission de
la cacaoyère
Création
de la cacaoyère
en 1948 1984 1986 1995 2009

Age de la 8 36 47 61
cacaoyère
(années)

Agriculteur 1 Agriculteur 2
Durée de
chaque phase
(années) 8 28 11 14

700
Evolution de la production en cacao marchand 300 600
150
(kg de cacao marchand ha-1)

1980 1986 1995 2008

Chaque trajectoire de conduite aboutit à une trajectoire de structure qui confirme la flexibilité des
systèmes agroforestiers à base de cacaoyer qui peuvent être gérés a minima quelques années avant
d’être repris et réhabilités. En effet, les agriculteurs tirent parti des caractéristiques à la fois
physiologiques et morphologiques du cacaoyer en intervenant à l’échelle du peuplement comme à
l’échelle de l’individu, en fonction de leurs objectifs de production. A l’échelle du peuplement, la
possibilité du cacaoyer de se développer dans un environnement ombragé offre à l’agriculteur la
possibilité de remplacer les individus manquants. A l’échelle de la plante, la morphologie du
cacaoyer permet à l’agriculteur de le recéper afin de renouveler l’appareil productif.



Flexibilité des cacaoyères agroforestières

L’analyse des pratiques montre que les agriculteurs disposent de plusieurs leviers pour faire
évoluer leurs systèmes agroforestiers à base de cacaoyer et passer d’une structure à une autre sans
que cela implique la mise en place d’une nouvelle parcelle.

Dans le monde de la recherche agronomique, la restructuration d’une ancienne cacaoyère est en


effet généralement envisagée lorsque le peuplement, devenu sénescent, est caractérisé par de fortes
mortalités qui entraînent une diminution de la densité des cacaoyers en cas de non redensification
(Dupont de Dinechin, 1963 ; Lanfranchi, 1971 ; Jadin, 1992). Ces mortalités ont été estimées
autour de 50 % à 40 ans et à plus de 75 % à 50 ans (Laryea, 1971). Dans ce cas, la recherche
agronomique recommande une redensification progressive du peuplement, en bandes alternant des
haies de jeunes cacaoyers et des haies de vieux cacaoyers. Une redensification totale est également
préconisée en plantant les jeunes cacaoyers sous les vieux avant d’éliminer ces derniers quelques
années plus tard (Braudeau, 1969 ; Wood and Lass, 1985 ; Aguilar et Jadin, 1997). Les modalités
de redensification des peuplements cacaoyers adoptées par les agriculteurs du Centre Cameroun,
combinées aux pratiques de régénération des cacaoyers sénescents qu’ils mettent en œuvre, leur
permettent de restructurer de façon originale leurs cacaoyères, ce qui constitue une innovation
majeure par rapport au schéma de réhabilitation des anciennes cacaoyères issu de la recherche.

Nos résultats confirment par ailleurs la capacité d’adaptation du cacaoyer face à une diminution de
la densité des peuplements, notamment dans le cadre d’une conduite avec réorientation majeure
qui permet aux agriculteurs d’améliorer après quelques années les performances de leurs systèmes,
en termes de rendement en cacao marchand. La comparaison de la trajectoire T1C avec les
trajectoires T2A et T2B apporte en effet la preuve qu’il est possible de réduire pratiquement de
moitié la densité des cacaoyers et, dans le même temps, de tripler leur productivité. Ces résultats
vont dans le même sens que ce qui a été observé récemment dans des cacaoyères de type industriel
et en station de recherche. En plantation industrielle, Bastide et al. (2008) mettent en effet en
évidence que le rendement en cacao marchand des peuplements cacaoyers est resté stable malgré
une diminution graduelle de leur densité, de l’ordre de 33 % après 21 ans. En station de recherche,
Lachenaud et Oliver (1998) montrent que la réduction de moitié de la densité de cacaoyers, de
1 666 plants ha-1 à 833 plants ha-1 dix ans après la plantation, a entraîné un accroissement de 35 %
à 65 % du rendement selon le matériel végétal hybride considéré, provoqué par une multiplication
de la productivité par arbre allant jusqu’à 4,2.

Nos résultats permettent de formuler des propositions pour la mise au point d’un nouveau modèle
technique en cacaoculture. Si de fortes densités lors de la mise en place de la cacaoyère,
supérieures à 1 600 plants ha-1, présentent l’avantage d’obtenir dans un premier temps un
rendement supérieur à celui obtenu avec des densités plus basses, il est toutefois nécessaire après
quelques années d’amener la densité des cacaoyers aux environs de 1 100 plants ha-1, voire moins,
pour augmenter leur productivité. L’élimination progressive des cacaoyers en surnombre limite les
concurrences au sein des peuplements et permet d’accroître et de maintenir sur le long terme le
rendement potentiel en cacao marchand des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer aux
environs de 800 kg ha-1. Des expérimentations conduites en parcelles d’agriculteurs, où pourraient
être réalisées des éclaircies plus importantes dans les peuplements cacaoyers, seraient toutefois
nécessaires pour mesurer l’impact de densités plus faibles sur la productivité des cacaoyers.














Discussion
Discussion

‹• —••‹‘

L’ensemble de notre travail a mobilisé différentes méthodes et démarches dans la perspective de


mieux comprendre le fonctionnement des systèmes agroforestiers complexes à base de cacaoyer
et leur dynamique sur le temps long. Dans ce chapitre, nous reviendrons tout d’abord sur la
méthodologie que nous avons adoptée et discuterons des limites des différents outils utilisés.
Les différents résultats de notre travail seront ensuite synthétisés afin de montrer qu’en
cacaoculture, un modèle technique agroforestier durable, différent de celui mis en œuvre dans
les principaux pays producteurs autres que le Cameroun, est possible. Enfin, nous formulerons
des propositions opérationnelles avant d’achever ce chapitre par les perspectives scientifiques
susceptibles de poursuivre les travaux de recherche sur les systèmes agroforestiers à base de
cacaoyer.

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Pour analyser et évaluer sur le temps long les systèmes agroforestiers complexes à base de
cacaoyer, nous avons formulé cinq hypothèses principales. Ces hypothèses ont été vérifiées sur
un dispositif établi au Centre Cameroun où le verger cacaoyer est constitué en grande partie de
cacaoyères anciennes. Différents outils de l’agronomie ont été mobilisés a différentes échelles :
enquêtes d’agriculteurs, observations biologiques (inventaires floristiques, analyses de sol),
diagnostic agronomique régional, analyse des pratiques.

Pour contourner les différentes difficultés méthodologiques liées aux spécificités des systèmes
agroforestiers complexes (longueur du cycle biologique du cacaoyer et des espèces associées,
diversité des associations mises en œuvre dans les parcelles d’agriculteurs), nous avons croisé
une approche synchronique, basée sur des observations conduites sur un réseau de parcelles
d’agriculteurs, et une approche diachronique, basée sur des enquêtes d’agriculteurs. Ces
approches constituent les fondements de l’analyse systémique des activités de production
végétale (Sebillotte, 1974). Nous avons par ailleurs choisi d’une part, d’analyser la composante
principale de ces systèmes, à savoir le peuplement cacaoyer ; d’autre part, de nous affranchir du
temps court dans la conduite des cacaoyères agroforestières. Enfin, nous avons considéré les
peuplements associés comme un élément essentiel de notre analyse.

En adoptant une approche synchronique, nous avons pu évaluer à un temps t les performances
du peuplement cacaoyer afin d’identifier les principales causes des variations de rendement
potentiel en cacao marchand à partir d’observations collectées sur des cacaoyères en production,
d’âge différents, représentant les différents stades d’évolution du système. Cette approche nous
a aussi permis d’évaluer globalement le système en estimant avec les agriculteurs la valeur
d’usage qu’ils accordent à chaque espèce. L’approche diachronique, quant à elle, a été mobilisée
d’une part, en replaçant les données collectées au cours des enquêtes dans une perspective
temporelle en présentant la plupart des résultats par classes d’âge des cacaoyères (3 à 7 classes
d’âge selon les cas) ; ce qui nous a permis d’évaluer la durabilité des systèmes étudiés, et
d’autre part, en s’appuyant sur les histoires culturales des parcelles du réseau d’observation afin
de reconstituer a posteriori les trajectoires d’évolution des pratiques, avant de les mettre en lien
avec les situations culturales de ces parcelles, ce qui nous a permis d’analyser la dynamique des
systèmes sur le long terme (plusieurs décennies).



Discussion

Dans un premier temps, les enquêtes à dire d’agriculteurs nous ont permis de collecter
rapidement une masse importante de données afin de caractériser à grands traits les systèmes
agroforestiers à base de cacaoyer, leur dynamique au cours du temps, et de faire apparaître les
différences régionales qui existent entre les zones de cacaoculture (chapitre 1). Ce type
d’enquête est d’ailleurs un des préalable au diagnostic agronomique régional (Boiffin et al.,
1981 ; Aubry et al., 1994 ; Doré et al., 1997). Dans un deuxième temps, la mise en place
raisonnée d’un réseau de parcelles appartenant à différents agriculteurs a permis d’analyser plus
finement à la fois le fonctionnement du système et l’évolution des pratiques sur le long terme.
En premier lieu, ce dispositif nous a permis, à partir d’inventaires floristiques, de préciser les
usages des espèces associées aux cacaoyers et d’estimer de façon participative leur valeur
d’usage. Nous avons pu ainsi vérifier que le peuplement cacaoyer est, pour les agriculteurs, la
composante principale des systèmes agroforestiers étudiés. En second lieu, ce dispositif nous a
permis de réaliser un diagnostic agronomique du peuplement cacaoyer et d’identifier les
variables de structure à l’origine des variations de rendement potentiel en cacao marchand. En
troisième lieu, le réseau d’agriculteurs nous a permis d’analyser leurs pratiques sur le long
terme, en lien avec l’évolution technique des peuplements cacaoyers.

Sur le plan opérationnel, la mise en place de la démarche n’a pas soulevé de difficultés
particulières. Conduire des enquêtes auprès d’un grand nombre d’agriculteurs (1 171
exploitations regroupant 1 638 cacaoyères) a impliqué d’établir un questionnaire qui permette
de collecter les données souhaitées. Avant de procéder à l’enquête elle-même, nous avons
préalablement testé ce questionnaire avec une dizaine d’agriculteurs afin de le valider. Puis,
dans chaque zone d’étude, nous avons identifié quatre enquêteurs (lettrés et connaissant bien la
zone) que nous avons formés et suivis au cours de l’enquête, en procédant notamment par des
sondages afin de vérifier la qualité des données collectées. Réaliser cette enquête a également
impliqué de pouvoir saisir et analyser les données collectées dans un temps relativement court
(moins de trois mois) afin de pouvoir organiser des ateliers de restitution dans les zones d’étude
pour valider les résultats obtenus. Six ateliers de restitution ont ainsi été organisés, regroupant
chaque fois une vingtaine de personnes (agriculteurs, personnes ressource).

La mise en place du réseau d’observation (61 cacaoyères appartenant à 40 agriculteurs) a


impliqué d’identifier et de visiter un nombre significatif de parcelles d’agriculteurs afin de
sélectionner celles répondant aux critères définis préalablement (voir méthodologie, chapitre 4).
Ensuite, dans chaque placette, les cacaoyers ont été marqués à l’aide d’une pancarte et
numérotés afin d’éviter toute confusion lors des observations. La collecte des données
biologiques concernant les peuplements cacaoyers et les peuplements associés a nécessité de
disposer d’observateurs préalablement formés et disponibles pour réaliser les observations que
le diagnostic agronomique régional impliquait. Outre les arbres associés, plus de 9 600
cacaoyers ont ainsi été caractérisés par une équipe de quatre personnes constituée d’un
technicien de l’Irad et de trois observateurs recrutés localement. La production des cacaoyères a
été suivie pendant deux ans et à chaque passage, toutes les cabosses de plus de dix centimètres
étaient marquées à l’aide d’une peinture de couleur différente afin de ne pas comptabiliser deux
fois la même cabosse. L’estimation de la valeur d’usage accordée par les agriculteurs aux
différentes espèces, comme les enquêtes spécifiques, a impliqué qu’ils soient volontaires et
disponibles pour se prêter aux différents exercices et aux nombreux entretiens que ces méthodes
imposent. Ces méthodes ont impliqué aussi une grande disponibilité de la part de l’enquêteur.



Discussion

Figure 1 : Evolution d’un système de culture agroforestier à base de cacaoyer au cours du


temps.

Réorientations techniques

Sdc A Sdc A1 Sdc A2 Sdc A3

Précédent de
végétation A

S A + Itk A S A1 + Itk A1 S A2 + Itk A2 S A3 + Itk A3

Transmission et partage de Sdc B2 Sdc B3


la cacaoyère

Sdc B Sdc B1

S B2 + Itk B2 S B3 + Itk B3

Précédent de
végétation B
Sdc B2’ Sdc B3’

S B + Itk B S B1 + Itk B1

S B2’ + Itk B2’ S B3’ + Itk B3’

Légende : Sdc = système de culture Itk = itinéraire technique S = structure

Figure 2 : Schéma revisité des relations entre pratiques, milieu et peuplement dans le cadre de
l’évaluation des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer.

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ŵŝůŝĞƵ ĐĂĐĂŽLJĞƌ ŵĂƌĐŚĂŶĚ
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Discussion

Le choix d’évaluer un système agroforestier à base de cacaoyer à travers sa structure

Nous avons fait le choix d’analyser le fonctionnement agroécologique du système agroforestier


à base de cacaoyer en analysant principalement sa structure. Ce choix correspond à celui fait par
d’autres auteurs dans d’autres systèmes agroforestiers (Michon et al., 1983 ; Fernandes et Nair,
1986 ; Torquebiau, 1992 ; Kumar et Nair, 2004). L’approche offre l’intérêt de pouvoir disposer
d’indicateurs pertinents pour caractériser les peuplements en tenant compte de leur
hétérogénéité, ce qui constitue le principal obstacle à l’évaluation des systèmes complexes
(Doré et al., 2008). Mais dans le même temps, cette approche appliquée dans le cas précis du
cacaoyer nous a amené à poser l’hypothèse que la structure du système est le résultat de
pratiques spécifiques, différentes de celles considérées dans l’analyse des systèmes de culture à
base de plantes annuelles où les pratiques concernent la mise en place du peuplement et sa
conduite annuelle. La prise en compte de ces deux types de pratiques concerne aussi certains
systèmes monospécifiques à base de plantes pérennes, comme l’hévéa et le palmier à huile par
exemple, dans lesquels l’agriculteur n’intervient pas sur la structure des peuplements après leur
mise en place et leur entrée en production. Ce n’est pas le cas des systèmes plurispécifiques à
base de cacaoyer dont la structure peut être modifiée lorsque l’agriculteur intervient sur l’un ou
les peuplements cultivés en association. Dans le cas d’une cacaoyère agroforestière, par
exemple, ces pratiques concernent principalement le recépage des cacaoyers, la redensification
des peuplements, mais aussi la taille des arbres associés afin de régler l’ombrage. Ces pratiques,
que nous avons appelées pratiques de régénération, sont différentes d’une part, des pratiques
d’implantation et d’autre part, des pratiques de conduite annuelle. Elles sont réalisées
ponctuellement par l’agriculteur au gré de ses observations, sont difficilement quantifiables à
l’échelle de la parcelle, mais elles ont un impact à moyen et long terme sur la structure du
système.

Dans notre cas, l’analyse de la conduite technique du système, à travers sa structure, a consisté à
s’abstraire du temps court en ne considérant pas la conduite annuelle de la parcelle. Ce choix
sous entend que la structure d’une cacaoyère agroforestière est déterminante et est avant tout le
reflet des pratiques de mise en place du système et des pratiques de régénération au cours du
temps du peuplement cacaoyer et des peuplements associés.

L’adaptation du concept de système de culture

Notre démarche d’évaluation repose sur le concept de système de culture et nous a amené à
adapter ce dernier. Dans le cas des systèmes à base de plantes annuelles, les interactions dans le
temps entre les actes techniques se font principalement par l’intermédiaire du sol (effet
précédent, effets cumulatifs). Mais dans le cas des plantes pérennes où il n’y a pas,
contrairement aux plantes annuelles, de rotation de cultures, le peuplement est mis en place pour
plusieurs décennies et évolue au cours du temps. Les interactions entre les actes techniques ne
se font donc plus seulement par l’intermédiaire du sol mais également par celui des états des
peuplements du système sur lesquels les agriculteurs peuvent intervenir. Comme nous l’avons
montré, quel que soit le précédent de végétation, la structure initiale du système agroforestier à
base de cacaoyer se transforme au cours du temps selon les modalités de gestion des
peuplements cacaoyers (redensification du peuplement, recépage des cacaoyers sénescents) et
des peuplements associés (élimination d’arbres en surnombre ou introduction d’arbres ou d’une
nouvelle espèce dans le système).


Discussion

Après sa mise en place, le système peut ainsi suivre une succession d’états structuraux. Un
système de culture peut être alors défini par une même structure, une même succession d’états
structuraux et un même itinéraire technique, une trajectoire d’états structuraux correspondant à
une trajectoire de systèmes de culture et donc à une succession de systèmes de culture (figure
1). Chaque changement de système de culture correspond à un changement de projet de
l’agriculteur, voire d’agriculteurs lors, par exemple, de la transmission et du partage de la
cacaoyère à deux héritiers. Des réorientations techniques peuvent être en effet observées si ces
derniers ont des projets productifs différents.

Un schéma des relations indirectes entre pratiques et rendement revisité

Evaluer un système agroforestier à base de cacaoyer à travers sa structure aboutit par ailleurs à
intégrer cette dernière dans le schéma d’analyse des relations entre pratiques, états du milieu,
état du peuplement végétal cultivé et performances habituellement mobilisé dans l’analyse des
systèmes de culture à base de plantes annuelles (Sebillotte, 1974 ; 1978).

La stratégie de l’agriculteur se traduit en effet par différents types de pratiques qui ont un
impact différent sur la structure du système, ce qui nous amène à distinguer la conduite annuelle
(entretien du sol, traitements phytosanitaires) des pratiques d’implantation et de régénération au
cours du temps du peuplement cacaoyer et des peuplements associés (redensification, recépage
des cacaoyers sénescents, réglage de l’ombrage). Les peuplements associés et la pression
parasitaire sont considérés, au même titre que le sol, comme des composantes du milieu pour le
peuplement cacaoyer, ces trois composantes étant fortement liées entre elles : les peuplements
associés impactent le niveau de fertilité du sol mais peuvent également impacter la pression
parasitaire liée aux mirides en cas d’ombrage insuffisant (figure 2).

Le choix d’estimer le rendement potentiel et non le rendement réel

Dans le cas des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer, s’abstraire du temps court en ne
considérant pas la conduite annuelle de la parcelle a toutefois impliqué que nous adaptions notre
méthode d’évaluation du rendement en cacao marchand.

Parmi les pratiques annuelles, le contrôle de la pourriture brune des cabosses (encadré 2,
chapitre 4) implique en effet des traitements phytosanitaires répétés qui visent à limiter les
pertes en fruits avant la récolte. Comptabiliser les cabosses saines sans tenir compte des pertes
liées à ce parasite n’aurait donc aucun sens. Pour contourner cette difficulté, nous avons fait le
choix d’estimer le rendement potentiel en cacao marchand en comptant les cabosses d’une taille
supérieure à dix centimètres, et en faisant l’hypothèse que ces fruits parviendront à maturité.
Les mesures que nous avons réalisées en 2007 sur 1 206 chérelles wiltées ont confirmé que
celles-ci mesurent en général moins de dix centimètres (figure 3). Globalement, seules 10 % des
chérelles wiltées ont une longueur supérieure à dix centimètres. Ce taux est de l’ordre de 8 % à
Zima et à Ngomedzap et d’environ 12 % à Bokito où, comme cela a été montré, la proportion
d’hybrides est plus importante qu’ailleurs.



Discussion

Par ailleurs, nous avons opté pour un comptage des cabosses à raison de trois passages par an
effectués en juin/juillet, août/septembre et octobre/novembre. Cette périodicité nous a permis
d’une part de tenir compte de l’apparition progressive des fruits après le début de la saison des
pluies, et d’autre part, de prendre en compte le décalage de plusieurs semaines qui existe entre
le sud (zones forestières) et le nord (zone de transition forêt-savane) de la région du Centre.

En 2008, nous avons également procédé au comptage des cabosses récoltées par les agriculteurs
afin d’estimer le différentiel entre production potentielle et production réellement récoltée. Nous
avons obtenu à cette occasion une différence de 16,2 % (± 1,78), chiffre qui permet de valider
notre méthode de comptage dont l’intérêt est d’être moins lourde à mettre en place, moins
exigeante en main d’œuvre et moins consommatrice en temps que les méthodes généralement
mobilisées pour estimer la productivité des cacaoyers dans les stations de recherche (Lotodé et
Lachenaud, 1988). Les méthodes habituelles d’évaluation de la production d’une cacaoyère
reposent en effet sur des comptages et des pesées de cabosses et sont difficilement utilisables en
parcelles d’agriculteurs (Lachenaud, 1984). Une autre méthode, basée sur des évaluations
visuelles du nombre de cabosses par cacaoyer, a montré qu’il était possible d’évaluer la
productivité des cacaoyers de façon simple et fiable (Tahi et al., 2003). Cette méthode a
toutefois été mise en œuvre dans une parcelle expérimentale et non en parcelles d’agriculteurs
où la plupart du temps, la structure du peuplement cacaoyer est beaucoup plus hétérogène.
Notre méthode apparaît donc comme une alternative intéressante pour estimer la productivité
des cacaoyers dans des systèmes agroforestiers.

Figure 3 : Répartition des chérelles wiltées par classe de taille et par zone. Etude réalisée sur
1 206 chérelles wiltées (Bokito : 362 ; Zima : 369 et Ngomedzap : 475).

La limite liée à la non pesée des fèves fraîches

Une limite de notre méthode réside toutefois dans le fait que avons considéré le poids des fèves
fraîches par cabosse comme une valeur constante. Nous avons en effet retenu la valeur
moyenne de 115 g de fèves fraîches par cabosse obtenue par Babin (2009) suite à des mesures
conduites en 2003 et 2004 dans des cacaoyères agroforestières similaires à celles de notre
réseau de parcelles d’agriculteurs et localisées dans les mêmes zones d’étude. Or, Lachenaud
(1991a) a montré l’importance des facteurs nutritionnels dans la détermination du poids moyen
d’une fève.



Discussion

« Ces facteurs sont : la climatologie et tout particulièrement les longues sécheresses, la densité
de plantation, les types d’écartement, l’ombrage et d’autres regroupés dans « l’effet-arbre » et
peut-être lié à son histoire. La concurrence entre cabosses semble également jouer un rôle ». Il
apparaît ainsi que l’arbre porteur est un facteur très important de variation du poids moyen
d’une fève sans que cela puisse être rapporté à sa vigueur morphologique et à sa charge en
cabosses. De plus, les fèves les plus lourdes sont celles des traitements dont les densités sont les
plus faibles (666 pieds ha-1), au contraire de la densité de 1 333 pieds ha-1 qui est le traitement
où les fèves sont les plus légères. Le traitement qui présente la répartition la plus homogène
dans l’espace, et donc théoriquement moins de concurrences entre les cacaoyers, présente un
poids de fèves supérieur au traitement où les cacaoyers sont plantés en lignes jumelées. Enfin,
les cacaoyers sous ombrage ont des fèves plus légères que ceux conduits sans ombrage.

En Côte d’Ivoire, Lachenaud (1991b) met également en évidence les variations saisonnières du
poids moyen des fèves fraîches en montrant que ce dernier est plus corrélé à la date de la récolte
qu’aux cumuls pluviométriques. Le poids moyen d’une fève baisse ainsi de 42 % au cours de la
récolte. Ces résultats confirment ceux obtenus par Toxopeus et Wessel (1970) et Hutcheon
(1981). Au Ghana, Edwards (1972) mentionne d’ailleurs que « l’indice de cabosses » ou « Pod
index », c’est-à-dire le nombre de cabosses nécessaires pour obtenir une livre anglaise de cacao
marchand (453 g), augmente d’août à janvier en fonction du matériel végétal considéré
(hybrides et Amelonado). Au Nigeria, Are et Atanda (1972) citent des indices de cabosses
moyens sur quatre ans qui varient de 11,5 (récoltes de saison sèche) à 18,5 (récoltes de saison
des pluies). Les facteurs biologiques et physiologiques intervenant sur le poids des fèves sont
donc multiples. Il n’est cependant pas aisé, dans des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer
aussi hétérogènes et complexes que ceux du Centre-Sud du Cameroun, de mettre en évidence
les interactions entre ces différents facteurs, d’autant que de telles analyses impliquent d’adopter
un dispositif d’échantillonnage de cabosses et de pesée de fèves fraîches relativement lourd et
difficile à mettre en œuvre.

L’analyse des pratiques

Il n’est pas toujours aisé de reconstituer l’histoire culturale d’anciennes cacaoyères, de connaître
par exemple les modalités de conduite des différents peuplements avant que ces cacaoyères ne
soient gérées par les exploitants actuels. Il peut en être de même dans le cas de cacaoyères
installées par les exploitants actuels et pour lesquels il n’est pas forcément évident de préciser
avec exactitude les modalités de pratiques mises en œuvre plusieurs décennies auparavant.

Notre analyse des pratiques sur des enquêtes à dire d’acteurs présente l’avantage d’être facile à
mettre en œuvre mais elle implique de travailler avec des agriculteurs volontaires et disponibles
pour consacrer du temps aux différents entretiens. Les indicateurs de structure que nous avons
retenus pour retracer l’évolution des pratiques (densité des cacaoyers et des peuplements
associés, proportion de cacaoyers recépés) se sont avérés pertinents car ils ont du sens pour les
agriculteurs. Dans le cas des anciennes cacaoyères qui ne sont plus gérées par les agriculteurs
qui les ont installées, notre démarche a permis aux agriculteurs de reconstituer sans trop de
difficultés et à grands traits l’histoire de la parcelle et son histoire culturale. Bon nombre
d’agriculteurs ont en fait accompagné, quand ils étaient enfants, leurs parents dans les
cacaoyères et ont donc conservé des souvenirs assez précis, que l’on peut d’ailleurs recouper en
consultant des personnes ressources. Mais les enquêtes à dire d’acteurs conservent cependant
une part d’incertitude et d’imprécision.


Discussion

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Notre hypothèse de départ était qu’il existe un modèle de cacaoculture différent de celui adopté
par les agriculteurs des principaux pays producteurs, comme en Côte d’Ivoire, qui est souvent
peu durable et mis en œuvre au détriment des zones forestières.

Nos travaux de recherche montrent qu’il est possible de cultiver le cacaoyer dans des systèmes
agroforestiers complexes tout en obtenant des niveaux de rendements supérieurs à ce qui est
communément admis et ce, bien après 30-40 ans, seuil au-delà duquel on considère
généralement qu’une cacaoyère doit être totalement réhabilitée ou abandonnée.

Les valeurs de l’indice de Shannon obtenues à partir des inventaires floristiques confirment le
niveau d’agrobiodiversité élevé des cacaoyères agroforestières (chapitres 1, 2 et 4). Ces
cacaoyères reposent sur une valorisation judicieuse de la biodiversité par les agriculteurs qui
associent aux peuplements cacaoyers des espèces fruitières et forestières dont les usages sont
multiples. Ces espèces ont pour la plupart une valeur d’usage avérée, qui peut être importante
pour certaines d’entre elles (chapitre 3). Cette complexité apparaît cependant construite et gérée
par les agriculteurs en fonction du peuplement cacaoyer, composante principale de ces systèmes
(chapitre 3), et leur permet d’obtenir une production de cacao marchand relativement stable sur
le long terme (chapitres 1 et 2). Les résultats de notre évaluation des peuplements cacaoyers
montrent également que le niveau de leurs performances, en termes de rendement potentiel en
cacao marchand, vont à l’encontre de ce qui est communément admis (chapitre 4). Alors que les
valeurs moyennes de production obtenues à partir de données d’enquêtes suggèrent
généralement la faiblesse globale des rendements en cacao marchand des cacaoyères
agroforestières (chapitre 1 et 2), notre évaluation montre au contraire que la complexité du
système de culture n’est pas forcément incompatible avec un rendement potentiel en cacao
marchand élevé, y compris dans des cacaoyères anciennes. Bien au contraire, la gestion de cette
complexité apparaît comme un des facteurs clés de la durabilité du modèle technique mis au
point par les agriculteurs du Centre Cameroun. Les modalités de gestion des peuplements
associés se traduisent notamment par une réduction de leur densité avec le temps (chapitres 1, 2
et 4) et permettent aux agriculteurs de gérer à la fois la fertilité des sols sur le long terme sans
fertilisation minérale (chapitres 2 et 4) et la pression parasitaire liée à la pourriture brune des
cabosses et aux mirides avec un minimum d’intrants chimiques (chapitre 1).

La durabilité des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer trouve également son origine dans
la flexibilité qu’offre la gestion des peuplements cacaoyers sur le long terme. Les agriculteurs
du Centre Cameroun apportent en effet la preuve qu’il est tout d’abord possible de conduire sur
plusieurs décennies un peuplement cacaoyer en le redensifiant et en régénérant les cacaoyers
sénescents (chapitres 1 et 4) y compris lorsque la conduite de la cacaoyère a connu une phase de
rupture (chapitre 5). De telles pratiques permettent de renouveler progressivement les
peuplements cacaoyers qui sont ainsi effectivement rajeunis (chapitre 1) et d’augmenter ainsi
leur productivité (chapitre 4). Les agriculteurs du Centre Cameroun montrent ensuite que la
conduite d’une cacaoyère agroforestière peut être adaptée en fonction du projet de l’exploitant
sans pour autant remettre en cause son potentiel de production (chapitre 5). Un peuplement
cacaoyer peut être ainsi géré a minima pendant plusieurs années avant d’être repris, redensifié et
régénéré, pour qu’il retrouve son niveau de production initial.



Discussion

Sa structure peut être également profondément remaniée, en dehors de toute phase de rupture,
en réduisant ou en augmentant la densité des cacaoyers (chapitre 5). Les agriculteurs tirent ainsi
parti de la capacité du cacaoyer de croître dans un environnement ombragé en raison des
caractéristiques de son appareil physiologique mais également de ses caractéristiques
morphologiques qui permettent de renouveler, presqu’à l’infini son appareil productif.

Ces différents résultats confirment donc qu’un autre modèle de cacaoculture, basé sur un
système de culture du type agroforestier, peu consommateur d’intrants et permettant une
production durable de cacao qui réponde aux attentes des agriculteurs, est possible.

Un autre résultat important de nos travaux est de montrer que ce modèle permet de cultiver le
cacaoyer dans des zones considérées comme sub-optimales pour la cacaoculture (chapitre 2). En
zone de transition forêt-savane, les pratiques agroforestières des agriculteurs leur permettent
d’une part, d’installer une cacaoyère sur savane après avoir contrôlé Imperata cylindrica, et
d’autre part, de contourner les différentes contraintes auxquelles ils se heurtent : inégale
répartition des pluies, médiocre qualité des sols. Dans un contexte de disparition des terres
forestières, la possibilité de cultiver le cacaoyer dans des zones jusqu’alors considérées comme
marginales offre de nouvelles perspectives pour le développement de la cacaoculture, laquelle
doit s’adapter, comme les autres productions agricoles, au réchauffement climatique observé ces
dernières années.

Mais la durabilité écologique des cacaoyères agroforestières installées dans cette zone repose
également sur le fait que les agriculteurs optent pour des densités de cacaoyers plus basses
qu’en zone forestière (chapitres 1 et 4) et des peuplements associés essentiellement constitués
d’espèces fruitières (chapitres 2 et 4). Ces pratiques ont pour principale conséquence de limiter
les concurrences entre cacaoyers et entre les différents peuplements, et se traduisent par des
rendements potentiels en cacao marchand plus élevés qu’ailleurs (chapitres 1 et 4). Nos résultats
mettent ainsi en exergue les différences régionales qui existent au sein du système agroforestier
mis en œuvre par les agriculteurs du Centre-Sud du Cameroun. Si les modalités de gestion du
peuplement cacaoyer et des peuplements associés sont globalement les mêmes quelle que soit la
zone d’étude, notamment en termes de redensification, régénération des cacaoyers, réglage de
l’ombrage, on observe cependant des différences importantes dans les pratiques des agriculteurs
qui aboutissent à des structures de cacaoyères très différentes entre nos trois zones d’étude
(chapitres 4 et 5). Contrairement aux cacaoyères de la zone de transition forêt-savane de Bokito,
celles de la zone forestière de Ngomedzap sont ainsi caractérisées par des densités de cacaoyers
élevées et des peuplements associés constitués essentiellement d’espèces forestières. Les
cacaoyères de la zone forestière de Zima sont quant à elles un compromis des deux
précédentes : elles reposent sur une densité de cacaoyers similaire à celle des cacaoyères de
Ngomedzap mais s’avèrent proches de celles de Bokito en termes de composition floristique.

En conséquence, et c’est un paradoxe apparent, les cacaoyères agroforestières installées dans la


zone de transition forêt-savane, jugée sub-optimale pour la cacaoculture, présentent en moyenne
de meilleures performances en termes de rendement potentiel en cacao marchand, que les
cacaoyères installées dans les zones forestières.



Discussion

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Un des principaux résultats de nos travaux de recherche est d’avoir pu identifier les différentes
pratiques à l’origine des variations de rendement potentiel en cacao marchand des cacaoyères
forestières. Sur le plan opérationnel, notre travail de thèse permet ainsi de proposer des voies
d’améliorations techniques.

La figure 4 permet de visualiser les parcelles âgées de plus de dix ans qui présentent un
rendement potentiel supérieur à une tonne de cacao marchand. Ces parcelles sont caractérisées
par une densité de cacaoyers qui est en moyenne de 1 140 cacaoyers ha-1 et une densité des
peuplements associés de 100 arbres ha-1 dont 70 arbres fruitiers ha-1. En moyenne, sept espèces
sont associées aux cacaoyers. La valeur moyenne de l’indice de Shannon (1,7) et celle de
l’indice de richesse spécifique (1,7) confirment qu’un niveau élevé d’agrobiodiversité n’est pas
incompatible avec un rendement élevé de cacao marchand, y compris dans les parcelles âgées
de plus de 40 ans.

Figure 4 : Performances et âge des cacaoyères agroforestières les mieux classées de notre
évaluation en termes de rendement potentiel en cacao marchand.

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L’installation de nouvelles cacaoyères peut être réalisée en adoptant une densité des cacaoyers
supérieure à 1 600 cacaoyers ha-1 car, comme l’ont montré plusieurs auteurs, ce schéma
d’implantation permet à l’agriculteur de contrôler efficacement les adventices et comme nous
l’avons montré, les rendements obtenus sont supérieurs à celui des densités plus basses. Mais
ensuite, il convient d’éliminer les cacaoyers en surnombre pour obtenir une densité inférieure à
1 000 cacaoyers ha-1 et pour maintenir la productivité des cacaoyers. Cette densité peut
apparaître inférieure aux densités habituellement recommandées par la recherche-
développement mais il s’agit généralement de densités préconisées pour des systèmes de
cacaoculture monospécifiques ou pour des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer simples.



Discussion

Dans le cas présent, la densité des cacaoyers tient compte de la présence des peuplements
associés dont la densité initiale, d’une centaine d’arbres ha-1, sera également réduite au cours du
temps rejoignant en cela les pratiques actuelles des agriculteurs.

Une dizaine d’espèces, forestières et fruitières, peuvent être associées aux cacaoyers afin de
répondre à la fois aux besoins des agriculteurs (consommation, vente, bois, etc.) et contribuer à
l’équilibre du système (ombrage, fertilité du sol). Le choix de ces espèces peut être réalisé parmi
les espèces qui ont le plus d’intérêt pour les agriculteurs comme Dacryodes edulis, Persea
americana, Elaeis guineensis, mais également Milicia excelsa, Ficus mucoso, Ceiba pentandra,
etc. (chapitre 3).

Nos travaux montrent cependant que ces recommandations techniques doivent être nuancées
selon les zones d’étude et selon les projets productifs des agriculteurs qui peuvent dans certains
cas justifier, comme nous l’avons mis en évidence, une phase de gestion a minima de la
cacaoyère. Avant de formuler une recommandation technique, il s’avère donc nécessaire de
connaître l’objectif de la cacaoyère : est-ce la production ? Est-ce une valeur refuge ou un
moyen d’occuper le terrain ?

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Notre travail sur les systèmes agroforestiers à base de cacaoyer apporte de nombreux éléments
de compréhension sur leur fonctionnement, leurs performances et leur dynamique. Ces travaux
soulèvent cependant un certain nombre de questions de recherche portant notamment sur :

(i) L’évaluation des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer. Notre évaluation de ces
systèmes a porté sur la caractérisation de leur structure et sur la valeur d’usage qu’attribuent les
agriculteurs aux différentes espèces en présence. Une autre approche de ces systèmes pourrait
être de caractériser leur structure à partir de groupes fonctionnels (Malézieux et al., 2009 ;
Malézieux, 2009). La grande diversité spécifique des systèmes agroforestiers constitue en effet
un obstacle à la compréhension de leur fonctionnement. Le regroupement d’espèces utilisant la
même ressource et occupant la même niche écologique, ou présentant la même réponse, voire le
même mécanisme de réponse, constituerait une démarche possible pour mieux comprendre le
fonctionnement des ces systèmes complexes. Il s’agirait ainsi d’aborder et de tester la
pertinence des concepts de groupes fonctionnels, que les écologues mobilisent pour l’évaluation
des écosystèmes naturels, aux systèmes agroforestiers complexes à base de cacaoyer.

(ii) L’analyse satellitaire. Pour limiter la difficulté que représente l’analyse de la complexité de
ces systèmes pour les évaluer, une voie pourrait être de caractériser leur structure en mobilisant
des outils de télédétection et en recourant à des images satellite à très haute résolution spatiale.
Ces outils offrent en effet de nouvelles perspectives non seulement pour caractériser les
systèmes agroforestiers complexes à partir de certains indicateurs de structure (densité des
peuplements, taux de couverture spatiale, porosité de l’ombrage, etc), mais également pour
relier les caractéristiques de structure aux niveaux de rendement en cacao marchand des
peuplements cacaoyers ou à la sensibilité aux bioagresseurs. Des travaux en ce sens seront
entrepris prochainement dans la zone de transition forêt-savane de Bokito avec le démarrage
d’une thèse.



Discussion

(iii) Le fonctionnement biophysique du cacaoyer dans un système agroforestier. Une analyse


intra-parcellaire des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer est nécessaire car, si nous avons
mis en évidence les principales relations qui régissent le fonctionnement d’un peuplement
agroforestier à base de cacaoyer, nos travaux apportent peu d’informations sur les relations de
compétition/facilitation qui peuvent exister entre le peuplement cacaoyer et les autres espèces
auxquelles il est associé. Par exemple, le rôle négatif des espèces forestières que nous avons mis
en évidence notamment dans la zone forestière de Ngomedzap peut être lié à une compétition
entre les différents peuplements pour la lumière (rôle de l’ombrage sur l’activité
photosynthétique du cacaoyer). Mais il peut aussi s’agir d’une compétition pour les éléments
minéraux, comme de phénomènes de liaisons racinaires (anastomoses). De tels phénomènes ont
été mis en évidence dans des peuplements d’okoumé (Leroy-Deval, 1973). On peut imaginer
que la structure des systèmes agroforestiers complexes favoriserait l’apparition de soudures au
niveau racinaire, au détriment des cacaoyers qui constituent le peuplement « dominé », et au
profit des arbres forestiers, peuplement « dominant », notamment dans les cacaoyères
anciennes.

(iv) L’élaboration du rendement en cacao marchand. D’une part, nos travaux ont porté sur
l’estimation du rendement potentiel en cacao marchand et d’autre part, ils ne prennent pas en
compte la variabilité du poids des fèves fraîches en tant que composante du rendement. La
pression parasitaire liée à la pourriture brune et par conséquent des pertes qui en découlent, et
du poids des fèves fraîches par cabosse doivent être analysées à l’échelle de la plante afin de
contribuer à l’analyse des déterminants de la productivité du cacaoyer : liaisons entre la
productivité et les états environnementaux (sol, pression parasitaire, concurrences, ombrage,
etc.) seront étudiées.

Ces éléments confirment, comme précédemment, la nécessité de réaliser une analyse intra-
parcellaire des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer. Le principal écueil de ce type
d’analyse est d’appréhender les interactions entre les peuplements cacaoyers et les peuplements
associés. Ces interactions sont en effet multiples et varient en fonction notamment du degré
d’hétérogénéité du système qui, en général, est très forte et par conséquent difficilement
quantifiable. Ainsi, l’hétérogénéité intra-parcellaire des cacaoyères agroforestières entraîne,
entre autres conséquences, un couvert des cacaoyères très irrégulier où coexistent des zones très
ombragées, peu ventilées et très humides, et des zones au contraire très ouvertes, ensoleillées, et
par conséquent beaucoup plus sèches. Cette hétérogénéité micro-climatique induit donc d’une
part, une pression parasitaire liée aux mirides et à la pourriture brune des cabosses variable et
d’autre part, des conditions de ressources en eau, éléments nutritifs, et lumière variables, ce qui
multiplie les interactions interspécifiques : le rendement de chaque plante étant fortement
dépendant de l’environnement climatique créé par les plantes voisines (Lamanda et al., 2006).
De telles observations impliquent par conséquent un dispositif lourd et complexe qui doit être
mis en place à l’échelle d’un cacaoyer ou d’une placette de petite taille.

(v) L’analyse des pratiques en lien avec le fonctionnement des exploitations agricoles. Nos
travaux ont permis de préciser les principaux déterminants de l’évolution des pratiques mais
nous n’avons pas abordé la place de la cacaoculture dans le fonctionnement des exploitations,
en lien par exemple avec les cultures annuelles ou pluriannuelles destinées à la consommation
des ménages ou à la vente. De plus, un agriculteur gère en général plusieurs cacaoyères qui se
retrouvent donc en interaction, ce qui mériterait d’être analysé.



Discussion

Etudier davantage le lien entre le fonctionnement de l’exploitation et la conduite technique des


cacaoyères permettrait donc de mieux comprendre les pratiques en cacaoculture. Depuis les
années 1990, on observe que les modalités de mise en place des cacaoyères recommandées par
la Sodecao sont abandonnées par de nombreux agriculteurs qui reviennent au semis à la volée et
mettent en place des cacaoyères dont la densité est parfois supérieure à 3 000 cacaoyers ha-1. Il
s’agirait ainsi d’étudier les règles de décision des agriculteurs pour la gestion de l’implantation
puis de la conduite technique de leur cacaoyère et comprendre sur quoi reposent précisément
leurs pratiques.














Conclusion
Conclusion

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Au delà de la prise en compte de la diversité végétale présente dans les systèmes étudiés, l’une
des originalités de ce travail réside principalement dans la prise en compte du temps long pour
l’analyse des systèmes agroforestiers complexes à base de cacaoyer. La dynamique temporelle
des systèmes agroforestiers est en effet rarement prise en compte lors de leur évaluation alors
que cette approche apparaît indispensable pour comprendre le fonctionnement de ces systèmes,
leurs évolutions et leurs déterminants, ainsi que les conditions de leur production en cacao
marchand.

Notre travail permet aujourd’hui de proposer une méthodologie d’analyse des systèmes
agroforestiers complexes qui repose sur la mobilisation de différents outils de l’agronomie que
nous avons adaptés, et sur la combinaison de plusieurs approches. Nous avons pu ainsi évaluer
ces systèmes en résolvant ou en contournant plusieurs difficultés liées à leurs spécificités. Ce
travail constitue une nouvelle base pour l’élaboration plus approfondie d’outils d’évaluation des
performances des systèmes agroforestiers complexes.

Nos résultats apportent un éclairage nouveau sur les systèmes agroforestiers à base de cacaoyer
dont le fonctionnement était jusqu’à présent peu étudié en raison de la faiblesse de leurs
rendements en cacao marchand. Loin d’être des vestiges du passé, ces systèmes agroforestiers
mis au point par les agriculteurs, apparaissent au contraire comme des systèmes dynamiques, en
constante évolution, permettant la production durable de cacao marchand, à des niveaux de
rendement généralement supérieurs à ce qui est communément admis et ce, sans fertilisation
minérale. Pour installer et gérer leurs cacaoyères agroforestières, les agriculteurs mettent ainsi
en œuvre différents types de pratiques et adaptent leur conduite en fonction des contraintes
auxquelles ils sont confrontés. Les cacaoyères agroforestières anciennes sont en fait le résultat
de trajectoires de conduite spécifiques, plus ou moins performantes en termes de rendement en
cacao marchand.

L’ensemble des résultats et des connaissances produites dans ce travail permet de formuler des
propositions pour la mise au point d’un nouveau modèle technique en cacaoculture, durable et
davantage respectueux de l’environnement que le modèle actuel, afin de répondre aux enjeux
auxquels sont confrontés les principaux pays producteurs de cacao.














Références bibliographiques
Références bibliographiques

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Annexes
Planche photos 1 : Le cacaoyer : de la fleur à la fève

Cabosses
Coussinet floral

Cherelle wiltée

Récolte

Fèves fraîches

Mise en fermentation des fèves fraîches

Ecabossage

Séchage
Cacao marchand

Rejets orthotropes Planche photos 2
d’âge différent

Modalités de réhabilitation des peuplements cacaoyers

Peuplement cacaoyer redensifié

Cacaoyers recépés

Trace du tronc d’origine

Principaux ravageurs du cacaoyer au Cameroun

Mirides : espèce Sahlbergella singularis

Chancres sur branches

Dessèchement du feuillage

Cabosses atteintes
de pourriture brune
(Phytophthora megakarya)

Planche photos 3 : Sur le terrain … la collecte des données

Evaluation de la pression
parasitaire liée aux mirides

Observations agronomiques
Inventaires floristiques
sur cacaoyers

Enquêtes sur l’histoire culturale des cacaoyères

Estimation de la valeur
d’usage des espèces

Entretien sur l’évolution du modèle


technique en cacaoculture Comptage des cabosses

Planche photos 4 :
Quelques espèces des systèmes agroforestiers à base de cacaoyer et leur usage

Triplochyton scleroxylon Morinda lucida


Usage médicinal

Fourniture de bois d’œuvre


Petersianthus
Dacryodes edulis macrocarpus

Plante hôte d’Imbrasia ertli.

Cola nitida
Production de fruits

Elaeis guineensis
Rôle social

Ficus mucoso

Production de noix et Ceiba pentandra


de vin de palme
Ombrage et maintien de la fertilité du sol

Planche photos 5 : La dynamique cacaoyère en zone de transition forêt-savane
Cacaoyère Récolte dans une cacaoyère
d’une vingtaine âgée d’une cinquantaine
d’années installée sur savane d’années installée sur savane

Etape 3 : Reconstitution d’un système


agroforestier à base de cacaoyer

Cacaoyère installée dans


une galerie forestière

Etape 2 : Introduction des cacaoyers


et des espèces associées dans le système

Etape 1 : Contrôle
d’Imperata cylindrica
Cacaoyère installée
en savane
2. Culture de plantes
1. Semis de palmiers
annuelles
à haute densité
et pluriannuelles

De la savane à une
Les deux stratégies de contrôle cacaoyère agroforestière
d’Imperata cylindrica


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