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Jean-Pierre MARTIN
Directeur de Recherches O.R.S.T.O.M
1 LE CACAOYER 7
Introduction
· ·• • 1
A - LA PLANTE
I- Le genre Theobroma 2
1 ) La graine
·· 8
2) Les racines
· • · ·· 9
4) La floraison • • 11
5) La fructification • • · • · 12
1 ) Principes
· • • ·• • · 15
2) Pratique de l'Jaybridation •
· 0
• 16
3) Pratique de la sélection • • • • ·• • • 17
a) sélection générative • • 17
b) S~lection végétative • • • · 19
v- MUltiplication végétative . • • • • · 21
1 ) Le bouturage 0
• • 21
2) Le greffage
· 0
• • • 25
B - SON ECOLOGIE
1- Facteurs climatiques • • • • • • • · 26
C - SA CULTURE
1- Mise en place
1 ) Préparation du terrain
· • • 31
3) Plantation • • 35
II- Entretien
1 ) Soins divers • ·• • · 36
2) Fertilisation • • 37
3) Protection phytosanitaire • • • • 0 37
a) générali tés 0
• • 0 0 0 37
b) insectes parasites • · ·• 38
c) maladies cryptogamiques 39
d) maladies à virus 44
e) mesures de quarantaine • • 46
1 ) Récolte • 0
• • • • ·• • • 46
2) Ecabossage • 0 • 47
3) Fermentation • • • ·• 47
a) processus • ·• • • • 48
b) méthodes • • • 0 49
4) Séchage 0
·• • 51
5) Reprise du cacao • 0
• 0
• 53
6) Coftts de production 0
• 53
III
D - LE CACAO
II- Conditionnement
III- Industrie
a) pâte de cacao • • • • • • • • • • • 58
b) beurre et poudre de cacao 58
c) chocolat • • • • • • • • • • .. 59
IV- Economie o 0 a a • • 0 a a a 0 a o e a a a 0 a 59
Bibliographie o 0 a 0 oODOO.O.OO o 0 0 0 64
INTRODUCTION
A. LA PLANTE
l - LE GENRE THEOBROMA
CEES
tribu des Byttnériées, dans laquelle on trouve plusieurs genres très voisins de
Theobroma. en particulier par la structure de la fleur. De ce fait. il y a souvent
eu confusion entre les genres HERRANIA et THEOBROMA, dont les fruits se ressemblent
(Herrania est cependant plus riche en beurre , 64% au lieu de 52% d'Où 'son intérêt
éventmel) et dont les nombres chromosomiques sont identiques. Ce qui les distingue
essentiellement, c'est chez Herrania, la croissance apicale ininterrompue de la
tige.
En effet. le genre Theobroma est constitué par des arbres à feuilles persistantes
caractérisés par une croissance apicale du tronc limitée par la formation d'un
verticille terminal de 3 à 5 branches. Les feuilles sont simples, entières, à
phyllotaxie variable sur les tiges, mais distique sur les branches.
Les inflorescences apparaissent sur le tronc et sur les branches.
Les fleurs sont hermaphrodites, régulières, du type 5 ; les pétales sont divisés
en 2 parties, l'inférieure, érigée, étant renfl~e en forme de capuchon. appelée
"cuculle". sur laquelle s'articule la partie supérieure du pétale. qui est plate
et de forme variée; les pétales sont jaune. rouge ou pourpre. L'androcée comprend
2 verticilles soudés à la base, l'externe étant formé de 5 staminodes stériles. et
l'interne de 5 étamines fertiles dont les filets sont divisés en 2 ou 3 ramifica-
tions portant chacune une anthère biloculaire.
L'ovaire est supère. à 5 carpelles.
Le fruit est indéhiscent, de grande taille et ressemble à une baie ou une drupe.
Les graines, disposées sur 5 rangées. sont entourées d'une pulpe mucilagineuse.
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Les graines de la plupart de ces espèces peuvent avoir l'usage de T. cacao; elles
sont riches en amidon, en protéines, en matières grasses et contiennent de la
théObromine (1,5 à 3 %) et de la caféine. De plus, elles renferment une huile
essentielle qui donne une saveur aromatique.
La pulpe sucrée et acidulée qui entoure les graines est consommable également.
Pratiquement, malgré l'intérêt de certaines d'entre elles, seule l'espèce T. cacao
est cultivée commercialement. Les autres sont exploitées localement, en particulier
T.bicolor : exploité du Mexique au Brésil, la pulpe sert à préparer des rafraichis-
sements et les graines peuvent être ajoutées au cacao quoiqu'elles donnent de
l'amertume.
T. angustifolium : autrefois commercialisé comme cacao, on ne lui accorde plus de
valeur SUffisante.
T. grandiflorum : planté et cultivé pour sa pulpe très appréciée.
T. glaucum : à l'état sauvage en haute amazonie, il est très proche de T. cacao
T. velutinum également proche du cacaoyer, sa caractéristique est son aire limi-
t~e aux Guyanes, alors que toutes les autres se rencontrent du bassin de l'
Amazonie jusqu'au sud du Mexique.
II - THEOBROMA CACAO
- fèves dodues, de section arrondie, les cotylédons frais étant de couleur blan-
che ou à peine pigmentés.
Les caractères de la fève sont les plus distinctifs du groupe, les autres
présentant une certaine variabilité.
fèves plus ou moins applaties, les cotylédons frais étant pourpre foncé.
- les cacaos "Almeida" et"Catongo" qui sont deux mutations à cotylédons blancs
issues du "comun" ci àessus, et du cacao "para"; ils leurs seraient de quali-
té supérieure et leur culture est intensifiée dans l'état de Bahia.
- les cacaos "Amazoniens" ou"Hauts Amazoniens", qui sont des séfuections faites
à Trinidad à partir d'un matériel collecté en 1937 - 38 en haute amazonie,
dans le but de trouver des géni teurs résistants à la maladie du balai de sorci-
ère.
(1) Bien que les formes rencontrées constituent une série continue, on en a décrit
4 types qui restent des termes de référence. Ce sont :
- angoleta
-
-
cundeamor
calabaci 110
1 .
~ V01.r
f"
~g.
1
- amelonado
7
Des cabosses issues de quelques clones sélectionnés fUrent introduites au
Ghana à pûrtir de 1944 ; ce matériel se montra parfaitement adapté, précoce,
vigoureux, productif et relativement tolérant au virus du "swollen shoot".
Ces amazoniens fUrent diffUsés au Nigéria et aussi quelque peu en Cate d'Ivoire.
Ils constituent des populations assez hétérogènes car ils sont actuellement les
3 e, 4 e ou 5 e générations issues parfécondation libre des premières intrmduc-
tions. Les hybrides entre clonesamazonienSet clonesnon amazoniens sont particu-
lièrement vigoureux (hétérosis exceptionnel) et l'avenir des cacaos de quali-
té CQurante, est dans leur utilisation de plus en plus large, les croisements
avec d'autres clones ayant pour objectif principal de remédier à la petite
taille de leurs fèves.
3) Groupe Trinitario
En fait, ce groupe réunit des hybrides naturels entre les deux groupes
précédents. Leur histoire est celle-ci; les plantations de Criollo établies par
les espagnols à Trinidad fUrent entièrement détruites par un cyclone en 1727. La
replantation se fit avec des fèves provenant du Vénézuela et qui appartenaient
au groupe forastero amazonien. De nombreuses hybridations eurent lieu avec les
Criollo rescapés, d'où la constitution d'une population hybride très hétérogène,
toujours caractéristique de Trinidad. Ces hybrides prirent le nom de Trinitario
lorsqu'ils fUrent introduit en 1852 au Venezuela ..
Il n'est pas possible de décrire leurs caractères botaniques, car tous les types
intermédiaires existent entre les parents d'origine. La qualité est évidemment
variable aussi, mais généralement considérée comme intermédiaire.
Ils ont œendance à remplacer les criollo, en particulier en Equateur.
En Urique le Cameroun est le seul pays ou des trinitario sont cultivés, en
mélange, avec les forastero.
Leur hétérogénéité, et le fait que l'on peut multiplier végétativement les
combinaisons intéressantes , font de ces populations un matériel de choix.
mais on considère qu'il est difficile de maintenir en bon état une plantation au
delà de 40 années.
Les caractéristiques importantes concernant la plante sont les suivan-
tes •
1) La graine
On dit habituellement la fève, et on réservera l'appelation fève de
cacao pour la fève préparée, c'est à dire après fermentation et séchage.
La graine de cacao est sans albumen; plus ou moins dodue, elle fait 2 à 3 cm
de long et est recouverte d'une pulpe mucilagineuse, blanchâtre, sucrée et aci-
dulée. Sous cette pulpe, se trouve une enveloppe mince, mais résistante, qui
constitue la coque de la fève de cacao. Ce sont les deux cotylédons de l'e~
bryon qui occupent pratiquement tout le volume de la graine. Les cotylédons sont
très fortement plissés, présentant de nombreux lobes imbriqués; la fine pélli-
cule translucide qui les recouvre représente ce qui reste de l'endosperme.
Longueur, largeur, épaisseur et poids, sont des caractères retenus pour la des-
cription des graines. Le poids le plus intéressant est celui des cotylédons secs.
puisqu'ils sont seuls utilisés en chocolaterie. En moyenne, le poids de la fè-
ve frai che se situe entre 1.3 et 2,3 g, et sèche entre 0,9 et 1,5 g.
La couleur des cotylédons frais est le seul caractère de la graine à ne pas être
sous l'influence de l'environnement.
Dans les tissus des cotylédons on distingue trois types de cellules
La teneur en beu~re de cacao, pour des fèves non fermentées séchées, se situe
entre 50 et 55 % •
Dans le fruit,sous réserve de ne pas germer, les graines gardent leur viabilité
pendant quelques semaines; mais extraites, elles perdent leur faculté germinati-
ve d'autant plus rapidement que l'humidité s'éloignera de 100 % ; en effet, les
cotylédons se déshydratent très rapidement. La viabilité est donc liée à une hu-
midité relative de 100 % et une température comprise entre 18 et 30 0 (le froid
inhibe définitivement la germination). Indépendamment de ces deux facteurs, il est
nécessaire de prendre des précautions contre les champignons.
La meilleure méthode de conservation, parmi toutes celles décrites, est celle due
à ALVIM :
2) Les racines
port vertical
phyllotaxie 3/8
feuilles longuement pétiolées (7 - 9 cm)
bourgeons axillaires orthotropes
croissance définie
disparition du bourgeon terminal après différenciation d'un verticille
de 5 bourgeons plagiotropes.
port sub-horizontal
- phyllotaxie t
- feuilles alternes, brièvement pétiolées (2-3 cm)
- bourgeons. axillaires plagiotropes.
- croissance indéfinie, se faisant par poussées foliaires discontinues
( "flushes" ).
Constrairement à ce qui se passe chez l'hevea, le rythme de poussées foliaires
dépend surtout des conditions d'environnement (ta, éclairement, disponibilité
en eau). On relève 4 à 5 poussées par an ; à chaque débourrement, la chnte des
écailles du bourgeon terminal laisse une cicatrice en anneau. L'aontement du bois
d'une poussée se fait en sept semaines.
Toutes c~s caractéristiques de comportement sont la règle générale, qui souffre
de temps en temps des anomalies.
Les feuilles, alors généralement pigmentées, sont molles et pendantes
lorsqu'elles sont jeunes. En vieillissant elles deviennent vert foncé, rigides et
pp8Dnent un port sub-horizontal. A leurs deux extEémités, les pétioles portent un
renflement jouant le raIe d'une articulation qui permet aux feuilles de s'orienter
vers la lumière. Les feuilles exposées à la lumière sont plus petites et plus épais.
ses que celles de l'ombre. Les stomates n'existent que sur la face inférieure, l'é-
piderme supérieur étant fortement cutinisé.
La vie des feuilles est limitée à environ une année, ce temps se partageant entre
une phase d'activité de 4 à 5 mois, et une phase de sénescence. La chute des feuil-
les est liée au régime hydrique.
4) La floraison :
La première floraison cmmmence à deux ans pour les variétés très pré-
coces, et plus généralement vers 3 ou 4 ans. Les fleurs apparaissent uniquement
sur le bois ~gé, du tronc ou des ramifications (dans leur partie défeuillée).
La floraison peut se produire toute l'année, mais elle est en relation avec les
températurew élevées et une forte pluviométrie. Ainsi, dans l'Ouest Africain, on
observe généralement deux principales floraisons : avril à juillet (qui donne la
récolte principale, en septembre/janvier) et novembre à janvier (récolte intermédi-
aire d'avril/juillet).
12
5) La fructification :
lement entomophile.
Le fait qu'un aacaoyer ne donne qu'une dizaine de fruits pour plusieurs millier~
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Si les cas d'auto-incompatibilité sont rares chez les forastero anciens, par
contre, chez les forastero "haut-amazoniens" ils sont de règle, compliqués
de compatibilité ou de non compatibilité. Tous les haut-amazoniens se répar-
tiraient en trois ou quatre groupes à l'intérieur desquels il y aurait inter-
incompati~ilité (comme les trinitario auto-incompatibles), mais entre les-
quels il existerait de l'inter compatibilité; ce que l'on peut schématiser
ainsi
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IV - SELECTION ET AMELIORATION
1) Principes :
Quand on sait que les rendements moyens varient entre 250 et 450 kgJha
de cacao marchand, alors qu'en station on atteind 3 t/ha, on peut facilement
admettre qu'en plus des conditions de culture, le potentiel de production du
matériel utilisé intervient également.
Dans un programme d'amélioration, on n'oubliera pas de tenir compte, à coté des
critères de productivité et de résistance, des critères de qualité.
Deux méthodes de base sont possibles avec le cacaoyer :
- la sélection générative
d'auto et intercompatibilité.
A l'issue des premiers essais clonaux, dont la durée est de 6 à 7 ans, on re-
tient les clones d'élite. Ils peuvent déjà faire l'objet de diffusion, mais on
continue à les tester plus attentivement, en plusieurs localisations, pour en
tirer par la suite des clones sélectionnés.
Si on poursuit la voie générative, il faut tenir compte des caractères
et de leur transmission; si l'autogamie est souvent possible, c'est cependant
l'allogamie qui est de règle.
L'autofécondation entratnant une baisse de vigueur, on ne s'en sert que comme
une étape, permettant par exemple de fixer un caractère intéressant, comme la
résistance à une maladie.
L'hybridation permet d'associer les caractères intéressants, avec l'avantage
d'une vigueur hybride. On obtient par cette voie des hybrides d'élite dont les
graines peuvent être utilisées, ou que l'on peut aussi multiplier végétative-
ment.
La production des semences hybrides se fait le plus facilement dans des champs
semenciers où les 2 clones parentaux sont mélangés ; s'il s'agit de 2 clones
"
auto-incompatibles, on récolte autant d'hybrides de chaque sens si l'un
seulement est auto-incompatible, on ne récolte que celui la, et il suffit alors
qu'il y ait un arbre pollinisateur pour plusieurs de l'autre clone. La prati~e
2) Prati~e de l'hybridation
Elle est relativement simple, la disposition des pièces florales et la
nature du pollen faisant que la pollinisation ne peut se faire sans l'interve~
3) Pratique de la sélection
ront mieux comme géniteurs, que le clone initial. En effet, chez le cacaoyer
comme en général chez les plantes allogames, la vigueur, donc la producti-
vité, est liée à un certain niveau d'hétérosis.
L'objectif essentiel de la sélection générative, doit donc être de recher-
cher les géniteurs susceptibles de fournir les hybrides manifestant le ma-
ximum d'hétérosis. Et on aura d'autant plus de vigueur hybride que l'origine
génétique des géniteurs sera différente. Dans cette optique, les géniteurs
haut-amazoniens se sont révélés remarquables.
18
Dans toute l'Amérique tropicale, ces géniteurs ont été utilisés pour
donner avec les clones locaux, des hybrides à la fois vigoureux et résistants
à Marasmius et Ceratocystis.
En Afrique, les ttavaux réalisés ou en cours nécessitent que l'on s'y
arrête.
Au Ghana, les premiers haut amazoniens sélectionnés à Trinidad à par-
tir des collections de POUND, furent introduits sous forme de cabosses en
1944, par le W.A.C.R.I ( Wast African Cocoa Research Institute) Leur comporte-
ment par rapport à l'amelonado africain: vigueur exceptionnelle, tolérance
relative à l'égard du Swollen Shoot, qualité comparable, décida de leur utili-
sation directe. Les 10 familles retenues constituèrent des champs semenciers
( au Ghana, Nigeria et Sierra Léone) dont les cabosses furent distribuées aux
agriculteurs. A noter que ces 10 familles étaient des F 1 issues de clones
sélectionnés et hybridés à Trinidad (parents par conséquent connus). Les grai-
nes distribuées a~ planteurs étaient donc des F 3.
En même temps que se réalisait cette étape, le WACRI utilisait ces géniteurs
dans divers croisements et prodédait à de nouvelles introductions de Trinidad.
Les travaux de sélection sont orientés non seulement vers la productivité, mais
la résistance au Swollen Shoot, au Phytophtora et à la sècheresse. Après la
dissolution du WACRI en 1962 et son remplacement par le Cocoa Research Insti-
tude of Ghana (C.R.I.G) et par le C.R.I.N. au Nigeria, l'orientation des tra-
vaux dans ce dernier pays se fait essentiellement dans la recherche de types
adaptés aux différentes conditions locales, d'où l'introduction du maximum
de matériel possible.
En Cate d'Ivoire, les premiers travaux sur ce matériel ont été ef-
fectués par le Centre de Recherches de Bingerville, matériel intr0duit du
Ghana. A partir de 1956, des hybridations furent entrprises en pollinisant avec
du pollen de ces introductions divers arnelonado et trinitario en collection.
Les six premières descendances hybrides confirmèrent l'intérêt de ces travaux.
A partir de 1959, ceux-ci furent repris par l'r.F.C.C, dont l'orientation fut
de réaliser un important programme d'hybridations utilisant comme géniteurs
femelles les clones haut-mmazoniens, et somme géniteurs males soit des trinita-
rio importés, soit des sélections locales de qualité (grosses graines). Envi-
ron 440 descendances hybrides furent mises en place en 1964 dans les parcelles
d'essai de Bingerville et de la station centrale de l'r.F.C.C à Divo. Les
hybrides d'élite retenues à la suite de ces essais ont été testés en difEéten-
A titre de comparaison : rendement moyen sur 347 100 ha
en 1968/69 : 411 kg (méi11eures région : Dimbokro : 620)
'.! : ".
19
tes localisations. Dans le même temps, des champs semenciers biclonaux furent
implantés, permettant actuellement une distribution de semences hybrides d'éli-
te.
De nouvelles introductions en 1962 ont permis d'étendre ce pro@ramme d'hybrida-
tions.
L'intérêt de ces hybrides est donné par les premiers résultats observés : dans
un essai mis en piace en 1961 à Bingerville, les cinq meilleures familles hybri-
des mnt donné plus de 2,5 tonnes de cacao sec à l'hectare pendant les trois
années consécutives 1964-1967, deux d'entre elles dépassant 3 tJha en 1967.
En raison du danger plus grand que peut présenter le ~hytophtora dans des plan-
tations à rendement éle~é, un critère de tolérance a été ajouté à ceux de pro-
ductivité et de qualité.
L'importance des travaux sur cacao que poursuit l'I.F.C.C. en C6te d'Ivoire
est donnée par les quelques chiffres suivants, relevés en 1968 :
Bingerville 26,3 ha
Abengourou 10,6
140,77 ha
Divo 102,87
Guiglo 1,00
toujours été pour les descendances végétativvs, sans que l'on puisse relever
de différences significatives entre elles.
Ce mode de sélection n'est évidemment p~s sans défauts; les plus importants
étant les installations nécessaires de bouturage et l'organisation de la dis-
tribution des boutures.
C'est dans les populations trinitario que la sélection végétative c~ut
v - MULTIPLICATION VEGETATIVE
Nous venons d'en voir tout l'intérêt; elle n'est cepe~dant pas une
pratique culturale courante, la technique étant trop délicate pour supporter la
moindre négligence. C'est pourquoi nous en parlerons maintenant.
Le bouturage est donc un mode de multiplication presque exclusivement utilisé par
les stations de recherches ou les organismes de prévulgarisation chargés de
multiplier le matériel sélectionné.
1) Le bouturage
coupe (les vaisseaux sont bloqués par des mucilages et des produits d'oxy-
dation), il est indispensable de conserver aux feuilles le maximum de tur-
gescence, en
• les plaçant dans des bacs conçus pour maintenir en permanence une hu-
midité relative de 100 %.
milieu d'enracinement : celui-ci doit réaliser un équilibre satisfaisant
entre humidité et aération.
Trop humide on risque la pourriture. Insuffisamment aéré il se forme
des cals qui émergent à travers les lenticelles et retardent l'enraci-
nement. Trop aéré et pas assez humide, il se forme une bourrelet cicatri-
ciel retardant ou empéchant la formation des racines.
Avec un milieu bien équilibré (vermivulite, sciure de bois décomposée,
cotr ••• ) l'enracinement peur commencer en 2 semaines. On compte cepen-
dant en moyenne de 3 à 6 semaines.
--
Foitie... mitaUique
Arrosap in. . !'
Tr~ill~
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·~ ~rF' ./
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fr'-'........=..:..&;.:,. . . ."lJ _ Trop plein
"~'-EQU
.. - - Toilr. de percale
.:- Sciure de bois
Le type Sainte Augustine est le plus ancien , son inconvénient est de nécessi-
ter un repiquage délicat a la sortie du propagateur. Aussi l'a-t-on modifié,
en ramplaçant le milieur d'enracinement par des paniers garnis de terreau, un
~videmênt cylindri(~e, garni de milieu d'enracinement, étant pratiqué dans
le terreau. Il n'y a donc plus de problèmes de repiquage de la bouture enra-
cinée (Fig. 6).
Le type La Réunion, est un propagateur plus commode pour recevoir ces paniers.
le modèle Clémentina a inspiré une variante l1tilisée par l'I.F.C.C. au
Cameroun et en Cete d'lv0ireo A~ lieu d'être placées directement dans la sci-
ure des caisses, les boutures sont mises individuellement sans des petits
pots de plastique translucide , percés de nombreus trous, et remplis de sciu-
re. Les pots sont placés dans les caisses de sciure; les racines étant visi-
bles le long des parois translucides du pot, il est facile de conteler l'en-
racinement et le dépotage est très facile.
Le modèle Turrialba, destiné à des petits planteurs, a ceci de particulier
24
Une fois enracinées, les boutures doivent subir une période d'accli-
matation d'environ une semaine, soit dans le propagateur lui-m~me, progres-
sivement aéré et mis aux conditions extérieures, soit sous ombrière de sto-
ckage. Si les boutures doivent ~tre repiquées, elles le sont après l'acc1ima-
ration. L'usage des sachets en matière plastique s'est maintenant imposé; le
repiquage doit-~tre fait avec beaucoup de soins (Fig. 8). Placées sous une
première ombrière, dite d'endurcissement, elles ne doivent recevoir que 25 -
30 % de lumière (au Cameroun on utilise des hangars à toiture partiellement
translucide).
Apr~s 6 - 8 semaines, le matériel est passé à l'ombrière de stockage dont l'
ombrage est plus réduit (40 % de lumière). Les plants y restent jusqu'à ~lan
tation, c'est à dire au moins 6 mois.
Cette période d'endurcissement et de stockage nécessite des soins : paillage,
contrele de l'herbe, traitements phytosanitaires, pulvérisations d'urée, éven-
tuellement recharge en terreau (cas des boutures faites directement en panier
ou sac plastique).
Aux différentes étapes de la préparation de ce matériel, il se produira
des pertes ; au total elles ne doivent pas dépasser 50 % des boutures préparées
Un taux de réussite de 70 % est considéré comme très satisfaisant.
Le pris de revient d'une bouture pr@te à la plantation est difficile à préciser
On estime qu'il serait de l'ordre de 40 F CFA au Cameroun et à l~dagascar.
2) Le greffage :
Il ne constitue pas une méthode de multiplication industrielle, mais
peut présenter de l'intér~t en station, pour multiplier du matériel disponi-
ble en petite quantité, ou reçu sous cette forme de l'extérieur.
On peut procéder en écusson ( sur semenceau de 3-4 mois) ou par approche.
Nous signalons la technique particulière de la station d'Introduction des
plantes de Mïami (1), dont le souci est de ne distribuer que du matériel géné-
tique sain à partir de sa collection. Les arbres en collection, pouvant ~tre
t B - SON ECOLOGIE 1
tropicale amazonienne, on pouvait penser qu'un ombrage Eorestier lui était indis-
pensable. Or, on sait maintenant, qu-en supprimant l'ombrage dans certaines condi-
tions, on obtient des rendements très supérieurs.
l - FACTEURS CLIMATIQUES
1) La température:
2) La pluviométrie :
La disposition et le faible pouvoir de succion de son système radicu-
laire, rend le cacaoyer sensible au régime hydrique. Son comportement est sen-
siblement celui du bananier : optimum de croissance pour une teneur en eau du
sol supérieure aux 2/3 de l'eau utilisable, et arrêt total à partir de 1/3 seu-
lement.
L'ouverture des stomates et le port des feuilles répercutent l'insuBfisance d'
alimentation en eau.
Plus que le volume des pluies, c'est leur répartition qui sera donc im-
portante: 1250 mm bien répartis sont un minimum; il n'y a pas de maximum si
le sol draîne convenablement ; trois mois consécutifs de saison sèche consti-
tuent le maximum supportable. Dans ce dernier cas, un ombrage peut, là encore,
jouer un raIe régulateur.
Sans doute l'irrigation est-elle susceptible de remédier à une pluviomé-
trie insuPfisante ; cette pratique, exceptionnelle pour le cacaoyer, se ren-
contre cependant dans certaines régions du Venezuela où la pluviométrie ne
totalise que 800 mm sur 6 mois.
Le cas de Sambirano à Madagascar illustre combien il est souvent imprudent
d'isoler un Facteur: la culture cacaoyère y est possible avec 6 - 7 mois de
saison s@che (moins de 375 mm de pluies pendant cette période), en raison des
qualités du sol : alluvions limonosableuses très perméables permettant une re-
montée de l'eau de la nappe, laquelle ne descend jamais au dessous de 4 m.
Une humidité athmosphérique élevée, éventuellement favorisée par des
brise-vents et des arbres d'ombrage, peut atténuer les effets d'une saison
sèche.
Nous avons déjà relevé l'effet marqué que les radiations auraient
sur le développement des poussées Foliaires, alors que par ailleurs on pouvait
28
penser, connaissant les conditions de végétation naturelles du cacaoyer, que c'
était une plante d'ombrage type. Or, dans les conditions naturelles, le cacao-
yer est toujours un médiocre producteur.
Les conditions dans lesquelles la lumière intervient dans les processus phy-
siologiques de la plante somt complexes.
Comme nous l'avons déj à noté.:\u passage, la lumière influence la mor-
phologie des feuilles. Celles qui se développent à la lumière sont petites,
épaisseB, de couleur pâle et vieillissent rapidement ; alors que sous ombrage
(l'auto-ombrage suffit) elles sont plus grandes, plus minces, vert sombre. Cet-
te adaptation des feuilles àl'éclairement fni t que tout changement brusque dans
les conditions d'éclairement (suppression des arbres d'ombrage, défoliation de
la partie supérieure de la frondaison par maladie ou attaques d'insectes)
entraine pour l'arbre de graves inconvénients par suite de la défoliation qui
en résulte.
Le comportement des stomates à la lumière, semble confirmer que le ca-
o hydr;i.que
•
caoyer n'est pas typ1quement une plante d'ombre; en effet, S1 le rég1me est
satisfait, il n'y a pas fermeture, même partielle,des stomates en pleine lu-
mière ; ils gardent leur ouverture maximum toute le journée.
Le fait que les fortes intensités lumineuses ont sur la photosynthèse
un effet dépressif, ne doit pas être interprêté comme une nécessité d'ombre;
la partie la plus importante du feuillage est auto-ombragée.
concernant
Les observations faites à Trinidad l'effet de la lumière sur la
croissance, la nutrition et la production du cacaoyer, montrent que
ombrage.
Les conclusions à tirer sont importantes, mais doivent être prudentes.
Une première chose est certaine, c'est ln nécessité d'ombrer les jeunes cacao-
yers, l'ombrage devant intercepter 50 à 75 % de la lumière. Son raIe est double,
ombrer les jeunes a~bres, et couvrir le sol en attendant que les cacaoyers le
fassent eux-mêmes.
La deuxième conclusion sera qu'en grandissant, l'auto-ombrage intervenant, l'
ombrage ne devra plus intercepter que 30% de la lumière. La transition de la
prewière à la deuxième situation doit être d'autant plus rapide que la densité
de plantation est grande.
Faut il aller jusqu'à la suppression totale de l'ombrage? Il est établi que
l'on ne peut obtenir le rendement maximum d'un cncaoyer adulte qu'en pleine
lumière, mais plusieurs conditions doivent alors être remplies: approvision-
nement en eau satisfaisant, éléments minéraux disponibles, traitements insecti-
cides et anticryptogamiques. Ainsi, à Bingerville, certaines familles hybri-
des ont-elles fourni des rendements annuels moyens de plus de 3t/ha pour leurs
cinq premières années de production.
Cependant, les facteurs d'environnement ne pouvant toujours être contr61és
( saison sèche anormale par exemple) les arbres d'ombrage intervenant égale-
ment dans la régularisation mu microclimat de la plantation, il sera prudent
de maintenir un couvert léger (retenant au rnnximum 25% de la ~nnière) qui aura
pour effet d'atténuer les effets qui pourraient avoir des conditions adverses
momentanées.
On se rappelera que la suppression partielle de l'ombrage devra se faire pro-
gressivement, afin de ne pas entratner les trpubles physiologiques dont nous
avons fait état précédemment.
II - FACTEURS EDAPHIQUES
,.
-- ~ -. '
·r '.'
30
Le sol idéal est un compromis entre ces deux exigences parfois contradictoires
une bonne rétention en eau, une bonne aération. La profond, ur et la structure
du sol, sa composition (taux d'argile) seront plus ou moins importants selon le
volume et la répartition des pluies. Le facteur sol doit ~tre envisagé en rela-
tion avec les autres facteurs écologiques.
Pour revenir à la fertilité du sol, la seule connaissance des teneurs
en éléments nutritifs ne permet pas de se prononcer sur l'aptitude du sol à la
culture aacaoyère. Les sables tertaires de e8te d'Ivoire, malgré leur pauvreté
minérale permettent de bons rendements, et ce, malgré leur pH très bas (4,5 à 5);
sur de tels sols on évitera d'apporter des engrais acidifiants, comme le sulfate
d'ammoniaque.
Si la fertilité minérale apparait secondaire, par contre la teneur en matière
organique de l'horizon de surface doit être importante-(3,5% serait un minimum),
à la fois pour participer à l'alimentation de la plante et pour améliorer la
texture du sol et son pouvoir de rétention en eau.
Une façon pratique de corriger les déséquilibres nutritionnels est de
connaître les sympt8mes des différentes déficiences. Ceux-ci ont été établis.-entré
autres en C8te d'Ivoire - à partir de cultures sur sable et solutions nutritives.
la déficience en azote se traduit par des feuilles plus petites, avec jaunis-
sement du limbe et des nervures.
J C - SA CULTURE 1
l - MISE EN PLACE
1) Préparation du terrain
- le sol est occupé par une forêt ancienne : et deux solutions sont alors
possibles.
et on respectera
Terminalia (Frnmiré)
Chlorophora excclsa (Irol<o)
Albizzia
Alst~mia boonei (Emien)
Ficus vogeliana et exasperata (Figuier)
Entandrophragma (Sipo)
Antrocaryon (Akoua)
Pycnanthus angolensis (Oualébé)
Canarium schweinfurthii
Epathodea companulata
- le sol est occupé par une forêt récente : ce cas rappelle celui consistant
à planter sous recru natu~el, puisqu'une forêt récente n'en constitue
qu'un stade plus avancé. Après élimination des arbres antagonistes, on
34
tracera des layons pour planter ; le sous bois sera supprimé progressi-
vement, le couvert étant assuré par les jeunes arbres conservés.
b) plantation sur sol déForesté : il est courant, en Afrique, d'établir une cul-
ture pérenne après les cultures vivrières Faites sur déFrichemebt de Forêt.
Cette pratique est à déconseiller formellement, les sols ayant été épuisés
par les cultures vivrières successives. Il Faut au moins attendre que le
recr~ ait reconstitué une ambiance forestière, c'est à dire une dizaine d'
années.
., Cette possibilité n'est à envisager que sur certains"sols alluvionnaires.
~iches (Madagascar; Amérique tropicale), en n'oubliant pas les problèmes d'
ombrage.
on peut semer quand les graines sont disponibles, quelque soit la saison
- on met en place au bon moment des semenceaux ayant bien démarré dans la vie,
plus apte à se défendre contre les aléas, et plus faciles à entretenir.
b) semis et entretien : on sème une graine par sachet, rempli de terre humifère,
ou d'un mélange terre-compost. Comme il est préférable de conserver des ca-
bosses que des fèves, on sème la graine fraiche, telle quelle.
Toutes les graines sont valables o On les place verticalement, la partie la
plus grosse en bas, juste recouverte.
La levée se fait en 1 ou 2 semaines o
Le séjour en pépinière dure 4 à 6 mois, pendant lesquels on se contente d'ar-
roser, de désherber et de traiter si nécessaire.
3) Plantation :
La trouaison doit toujours se faire longtemps d'avance. Des trous de
40 x 40 x 40 sont suffisants, mais on les rempl~ qu'avec de la terre de surface.
La plantation se fait dès que les pluies de la grande saison des pluies sont
bien installées (avril-mai). Les plânteurs qui ne font pas de pépinière ne trou-
vent que peu de semences à cette époque, aussi sèment-ils en septembre-octobre,
Le grammoxome pourrait cependant être intéressant dans
les jeunes cacaoyères.
36
II - ENTRETIEN
1) Soins divers:
La taille du cacaoyer est une opération beaucoup plus simple que chez
d'autres plantes arbustives. Il n'y a de taille de formation que pour les
boutures plagiotropes. et il n'y a pas de taille de fructification. Le cas le
plus fréquent est donc la seule taille d'entretien : celle-ci s'effectue fin
de la saison sèche. et consiste à supprimer tous les gourmands (ce qui peut
être fait plus fréquemment). les bois malades ou morts, et à éclaircir éven-
tuellement la frondaison. L'élagage intérieur, dans le but d'aérer, doit
être très prudent ; il vaut mieux réduire le couvert des arbres d'ombrage.
Dans le cas d'un arbre bien abimé pour une raison accidentelle quelconque
A Bingerville lléquilibr~ le plus opportun serait du
type 10.5.20
A Divo, sur sol issu de granita gneiss, les ~~~
r€pondraient à un équilibre du type 5.25.30 .
~.I
" . •
37
2) Fertilisation :
Contrairement à ce que l'on observe chez les autres plantes avec une
utilisation rationnelle des engrais, le cacaoyer ne fournit que des résultats
décevants, et de rentabilité toujours douteuse jusqu'à ce jour.
L'apport d·engrais minéraux est donc pratiquement inexistant. Cependant, nous
avons déjà vu que l'effet des engrais sur la production du cacaoyer apparais-
sait en relation avec les conditions d'~clairement, la suppression totale de
l'ombrage se traduisant par un besoin élevé en azote.
On peut donc affirmer q~'il conviendrait de repenser le problème dans le con-
texte d'une culture intensive, sans ombrage permanent (ou très réduit), et
avec un matériel végétal très sélectionné. Les engrais pourraient alors être
rentables.
De tous les essais ayant été réalisés ou en cours, il se dégage pour l'instant
deux résultats: effet positif d'une fUmure fractionnée en 6 applications;
effet p~incipal d~ à la potasse (I.F.C.C. Bingerville).
3) Protection phytosanitaire:
• Monalonion = Amérique
• Helopeltis = partout (Fig. 12)
Sur rameau la piqQre est une porte d'entrée pour Calonectria, qui entratne
un déssèchement.
fèves un goQt que rien ne permet d'effacer) (300 g m. a./ha soit en pulvé-
risation, soit en atomisation, soit en nébulisation thermique utilisant un
mélange de gazoil et d'une solution huileuse à 15% de lindane), quoique au
Ghan~ on ait noté l'apparition de lignées résistantes chez Distantiella contre
lesquelles on utilise le carbama,e.
Pour être efficace, la lutte est organisée à l'échelon national dans les pays
.-
intéressés. Les travaux de recherches se poursuivent au Ghana et a~ Nigeri~,
où une équipe de chercheurs consa=rés aux Mirides est financée depuis 1965
par l'O.I.C.C. ; elle travaille en liaison avec l'I.F.C.C.
La lutte doit aussi être envisagée sous l'angle de la résistance variétale
des réactions diverses ont été notées au Cameroun.
• Pseudococcus njalensis
• Pseudococcus citri
• Ferrisia virgata
Leurs piqûres donnent des lésions chancreuses sur rameaux, cherelles, cabosses.
- Le Psylle du cacaoyer
Insecticide = parathion.
Les Cicadelles
• Empoasca
• Typh16cibe
Les jeunes feuilles piquées se recro~evillent et il apparait une nécrcge de
40
la partie apicale du limbe.
Elles apparaissent lorsqu'on enlève l'ombrage.
• Xyleborus :
• X morstatti : parasite de faiblesse, sur plants insuffisamment arrosés
en pépinière, et en saison sèche sur jeunes plantations •
• Anornis leona : chenilles vertes, pouvant être génantes en pépinière (Fig. 19).
Le Thrips du cacaoyer :
Selenothrips rubrocinctus
attaquent par forte sécheresse ou élimination de l'ombrage.
Les piqftres des larves et nymphes do~ent un jaunissement des jeunes feuilles,
puis une teinte rouille.
Les fourmis peuvent être nuisibles soit par dégâts directs (fourmis coupe-feuil-
les), so\t par l'élevage de Coccides (fourmis jardinières), soit comme agent
vecteur de cochenilles.
c) maladies cryptogamiques :
Lutte : par élimination des débris de cabosses, des cherelles désséchées, puis
des cherelles et cabosses présentant un point d'infection •
Les dégats par Phytophtora palmivora sont signalés également sur feuil-
les, rameaux, aux collets des üeunes semis, coussinets floraux, pedoncu-
les des fruits.
Les fèves sont pourries avant que les sympt8mes apparaissent extérieurement.
Les cabosses malades sèchent sur l'arbre et se recouvrent de fructifications.
On lutte par élimination des cabosses attaquées et par traitements toutes les
2 - 3 semaines avec produits cupriquesou zinèbe.
La maladie est originaire d'Amazonie, mais elle s'est répandue dans toute l'
Amérique du Sud et les Caraîbes.
Originaire du Nicaragua et Costa-Rica, elle couvre maintenant tous les pays d'
Amérique du Sud et Centrale. Elle serait au Ghana depuis 1960 •
La galle à points verts (green point gall) a pour agent causal un champignon
Fusariurn decemcellulare, frome monidienne imparfaite de Calonec~ria rigidiuscula.
Le Fusariurn transmettrait un virus ou bactérie, ou bien produirait une substance
intervenant dans le métabolisme des hormones de croissance.
- Les pourridiés :
* Armillariella mellea
l'attaque commence par les racines latérales et progresse par le collet jusqu'
. 44
S'il est difficile de sauver un arbre atteint (dégagement des racines + bouillie
cuprique en badigeon), il est possible de protéger les autres arbres par une
tranchée.
Au niveau des piqQres de miride sur les jeunes pousses, des microorganismes,
parasites secondaires, s'installent; c'est ainsi que Fusariurn decemcellularE,
forme conidienne de Calonectria rigidiucula, pénètre dans les tissus conducteurs
des rameaux et accélère leur déssèchement. Par les faisceaux libero ligneux il
atteint le tronc de l'arbre qui meurt rapidement.
A la place des mirides, on peut aussi avoir des dég~ts de psylles et thrips.
D'autres champignons sont aussi responsables du "die-back": Colletotrichurn
gloeosperio!des, Botrydiplodia theobromae, Verticilliurn dahliae.
Si les maladies à virus ont été signalées en Amérique tropicale, les syrnpt8mes
sont localisés sur les feuilles et ces viroses ne sont jamais graves comme le
Swollen-Shoot (gonflement des rameaux).
45
importance de la maladie :
130.000.000 d'arbres arrachés au Ghana de 1946 à 1967.
- transmission du virus :
c'est en montrant que la maladie étnit transmissible par greffe qu'on a étâ-
bli l'origine virale du Swollen-Shoot.
Elles m@mes sont véhiculées par le vent ou par les fourmis : Pheidole,
Crematogaster.
- moyens de lutte :
e) mesures de quarantaine :
1) Récolte :
Le moment de la cueillette n'est pas toujours Eacile à déterminer.
Pour les Eruits verts ce sera le virage au jaune ; pour les Eruits rouges le
47
virage
à l'orangé mais pour les fruits très pigmentés le changement de couleur n'est
pas évident et certains récolteurs les frappent du doigt pour se fier au son.
S'il ne faut pas attendre trop longtemps pour récolter, en raison des risques d
de pourriture, il est encore plus gra~e de récolter avant maturité, les cabos-
ses non mares influençant très défavorablement la fermentation.
2) L'écabossage :
C'est l'opération consistant à casser les cabosses pour en extraire
les fèves qui seront ensuite soumises à la fermentation.
La méthode ghanéenne qui consiste à ouvrir les ~abosses en long à l'aide d'un
coutelas est à déconseiller, son inconvénient le plus sérieux étant la diffi-
culté de bien éliminer le placenta par la suite; Gr tout déchet de placenta
nuit à la qualité finale du produit.
3) La fermentation :
Il s'agit d'une opération très importante, se plaçant avant le séchage,
et dont les objectifs sont triples
a) processus de la fermentation
la mort des fèves est la perte de leur faculté §erminative. C'est peut être
plus l'acide acétique produit qui intervient que la température.
- la mort des fèves rend les parois cellulaires des cotylédones perméables,
ce qui va mettre en contact les enzymes des cellules de réserve avec les
polyphénols des cellules à pigments.
Parmi les polyphénols, les pigments anthocyaniques sont hydrolysées en pro-
duits incolores qui, par oxydation ultérieure, prendront la couleur brun
cacao caractéristique. Les autres polyphénols disparaissent partiellement
par osmose à travaers les téguments de la graine.
L'oxydation se poursuivra pen~~t le séchage et elle affecte tous les compo-
sés phénoliques alors présents; ces produits d'oxydation sont insolubles,
ayant pour effet de diminuer l'astringence, ce qui est une des caractéris-
tiques d'un cacao bien fermenté.
Bien fermenté, un cacao perd aussi 40% de sa théobromine, qui passe d~s
b) méthodes de fermentation :
3) Séchage :
Cette opération est lù suite obligatoire de la précédente, non seule-
ment parcequ'il est nécessaire de ramener l'humidité des fèves fermentées de
60 % à moins de 8 %, mais parce que les réactions internes qui ont débuté au
cours de la fermentation doivent se poursuivre.
Pour terminer ces données sur le séchage naturel, mentionnons ce que l'
on appelle Il danse Il du cacao; on appelle ainsi un brassage fait en trai-
nant les pieds sur l'aire de séchage, pratique fréquemment accompagnée de
chants rythmés. Cette technique est considérée comme essentielle pour les
acheteurs de Bahia, qui refuse le cacao qui n'a pas été Il dansé".
Sur le même principe on peut pulser de l'air chaud à travers une aire de sé-
chage réalisée en toile métallique. Un modèle plue perfectionné est utilisé
par l'I.F.C.C., qui comprend deux couloirs de séchage parallèles; une extré-
mité comporte un générateur d'air chaud et l'autre Ull ventilateur. Un inver-
seur fait alterner les passages d'air chaud et froid à travers chacune des
aires de séchage.
Pour de forts tonnages, il existe des sécüoirs rotatifs, dont les résul-
tats sont aussi bons que séché au soleil et "dansé ".
· 53
4) Reprise du cacao :
Ce terme désigne le rendement en cacao marchand, c'est à dire le rap-
port cacao sec/fèves fraiches.
Il peut varier dans des limites assez larges, 32 à 46 %, en fonction du maté-
riel végétal, de la maturité des fruits et des conditions accompagnant la récol-
te, la fermentation et le séchage. Il est généralement supérieur à 40%.
Pour établir un planning de récolte, ou projeter une installation, on peut s'
appuyer sur les estimations suivantes :
5) Co~ts de production
Les conditions de culture peuvent être trcp différentes pour qu'il soit
possible d'établir un prix de revient, même approché, du kg de cacao.
Mais ce qui est à noter, c'est que la culture cacaoyère est réalisable sans
investissement matériel onéreux,et se trouve, de ce fait, par§aitement adaptée
~ la culture familiale.
Bien ~e le cacaoyer.ne rapporte rien les premières années de sa culture, l'
investissement consenti pour la plantatio~ peut être largement couvert par le
rapport des cultures vivrières que l'on p~t faire provisoirement (bananes,
taros, ignames).
Le travail nécessaire est diversement chiffré selon les évaluations ; au Ghana
et en Nigeria on compte de 450 à 750 journées de travail pour les dix premières
années, en Cate d'Ivoire on a seulement chiffré à 235 les journées nécessaires
pour 6 ans, dont près de la moitié la première année ( les cacaoyers ét~t semés
en place, ce qui est moins exigeant en mùin-d'oeuvre).
L'entretien n~est pas très onéreux en plantation familiale. L'expérience prouve
cependant qu'en consacrant deux fois plus de journées de travail, on peut plus
que doubler la production
avec 35 journées de travail (" d'antre~1en + 20 de récolte et prépa-
ration) on a récolté 250 kg de cacao hectare, soit 140 journées
de travail pour 1 tonne de cacao.
avec 70 journées, la récolte est passée à 600 kg, soit 117 journées
de travail pour 1 tonne de cacao.
54
D- LE CACAO
l - PROBLEMES DE STOCKAGE :
Ils sont importants parce que le cacao marchand est une denrée fra-
gile, dont la qualité peut être perdue très rapidement.
En athmosphère humide, comme c'est normnlement le cas des pays producteurs, 1
la fève sèche se réhydrate rapidement pour dépasser le seuil de 8 % à partir
duquel les moisissures internes (Aspergillus glaUcus, A. niger, A. flavus,
A. fumigatus, A. tamarii, A. ochracus ct divers Penicilli~~) risquent de se
développet, ce qui est le défaut le plus gra~e d'un cacao. On peut alors aussi
redouter davantage les insectes.
D'autre part la graine étant riche en beurre, celui-ci fixe facilement les
odeurs étrangères, qu'aucun traitement ne leur fera perdre.
Chez le producteur le stockagd sera le plus court possible. Le cacao
doit être placé d~s des sacs propres, à l'abri dans une pièce et pas sur le
sol.
Chez l'exportateur, la première opération sera le re~éc~age si l'humi-
dité du produit est supérieure à 8% ( 7% seraient une limite plus souhaitable).
On doit savoir que l'équilibre entre l'humidité des graines et l'humidité re-
lative de l'air ambiant s'établit rapidement; or, 7 à 8 % de teneur en eau
correspondent seulement à 70 % d'humidité relative maximum, à 28° et un
abaissement de température de 6° suffit pour atteindre le point de rosée.
Les magasins doivent donc pouvoir être aérés aux heures où l'air est le plus
sec et bien clos le reste du temps. Le stockage en silos n'est pas encore au
point, en raison de la fragilité des fèves, et de la nécessité d'utiliser une
athmosphère d'azote ou de gaz carbonique.
Les insectes qui peuvent parasiter le cacao en stock sont surtout
Cadra (Ephestia) cautella (Fig. 27) ou mite des entrepôfs.Chenille jaune ou
rose qui déprécie le cacao surtout par ses déjections.
II - CONDITONNEMENT
pacte et prend après séchage une teinte gris ardoise, d'où le nom de fève
ardoisée. Entre une fève ardoisée et une fève normale se sitaent des fèves
plus ou moins violettes.
2) Méthodes d'appréciation:
1
En pratique, à l'exception de la teneur en eau, on ne Fait appel qu'à
des méthodes subjectives. 1
l'échantillonnage est un problème important, en raison de l'hétérogénéité
des lots commercialisés ( due à la multiplicité des petits producteurs). 1•
Les normes internationales élaborées par la F.A.O. prévoient 3 prises d-
échantillon à la sonde dans un sac sur trois (partie supérieure du sac,
milieu, et partie inférieure) soit nu moins 300 Fèves par tonne.
- les 300 premières Fèves de l'échantillon sont placées une par une dans
chaque évidement d'une planchette spéciale (généralement de 100 I trous").
Chaque Fève est coupée longitudinalement et remise en place. On examine à
la lumière du jour (ou équivalente) et on note les graines déFectueuses
pour leur déFaut le plus grave; il y'a 3 catégories de déFauts: Fèves
moisies (le plus grave), Fèves ardoisées, autres déFauts. Les Fèves violet-i
tes ne sont pas comptées, cette appréci~tion étant tropsubjective, mais i
une méthode de dosage colorimétrique des pigments est en cours de mise au
point. Les résultats sont exprimés en pourcentage.
f fèves moisies 3% 4%
tolérances . fèves ardoisées 3% 8%
l autres fèves défectueuses 3% 6%
le reste étant"hors classement".
III - INDUSTRIE
• chocolat en tablette
• chocolat en poudre
• confiserie de chocolat.
c) fabrication du chocolat
IV - ECONOMIE MONDIALE
Amérique:
Brésil 127,8 133,9 118,5 165,5 3e
Equateur 21 ,8 42,2 48,2 51 ,0 6
Rép. Dominicaine 30,3 37,4 25,0 30,1 8
Mexique 7,4 20,8 20,6 24,3 9
Venezuela 16,7 19,2 21 ,9 22,9 11
Colombie 9,9 15,4 17,5 18,0 12
Costa-Rica 4,3 11 ,1 10,9 8,3 15
Trinidad et Tobago 7,0 6,1 5,3 5,4 16
autres 20,7 17,3 17,3 15,0
Afrique:
Ghana 241 ,4 406,6 580,9 399,7 1e
Nigeria 99,6 186,6 298,3 217,4 2
Cate dtlvoire 45,2 87,9 147,5 135,8 4
Cameroun 46,0 77,5 91 ,2 91 ,1 5
Guinée équat. 15,6 28,6 34,8 36,1 7
Togo 3,5 11 ,6 17,4 16,5 13
Sao Tomé-Principe 8,0 8,7 10,7 9,8 14
autres 5,8 14,7 15,5 17,1
% 0,5 % 1 ,4 % 1 ,6 % 2,1 %
m. t.
C6te d'Ivoire 147,5 150,0 135,0
Cameroun 91,2 86,5 105,0
Togo 17,4 16,3 17,0
Gabon 4,0 5,1 4,5
• Madagascar & Comores! 0,4 0,4 0,6
Nouvelles H rides 0,6 0,6 0,8
Congo 1 ,1 1 ,2 1 ,5
% de la production
mondiale 17,3 % 19,2 % 20,5 %
Les cinq grands marchés du cacao sont New-york, Londres, Amsterdam, Hambourg et
Paris.
Evolution du marché
production exportation
1939 55.180 t.
1959 52.900
1963/64 97.204 97.159
1964/65 147.529 147.190
1965/66 113.298 112.821
1966/67 149.662 148.124
1967/68 146.640 144.193
1969/70
63
Annexes
Les prévisions de production, trois mois avant récolte, sont fondées sur le
comptage des cabosses pendantes selon 2 classes de longueur (2 classes d'8ge)
avec application d'un coefficient de conservation calculé par récurrence. Il
y a 3 passage d'observations pour la campagne principale.
Le calcul de prévision utilise les résultats de deux campagnes suooessiTes S~r
Bibliographie :
l F C C Bull. nO 1
(Vol II)
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ANGOLETA CUNDEAMOR
AMELONAOO
1em
F:• • •
0---3 cm
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