La testostérone est une hormone stéroïdienne essentielle qui joue un rôle crucial dans de
nombreux processus physiologiques, en particulier dans le contexte des neurotransmetteurs et
des hormones.
La testostérone en tant qu'hormone
La testostérone est un exemple d'hormone stéroïdienne, au même titre que les œstrogènes, la
progestérone et le cortisol. Ces hormones sont produites à partir du cholestérol. La testostérone
affecte pratiquement toutes les cellules du corps. Les niveaux de testostérone chez les hommes
atteignent généralement un pic dans la vingtaine, puis connaissent un déclin lent et constant,
contrairement au déclin plus abrupt des hormones féminines pendant la ménopause. Le "faible
taux de testostérone" ("low T") est défini par une combinaison de niveaux biochimiques et de
symptômes.
Testostérone et santé musculaire
La testostérone joue un rôle important dans la masse musculaire et la force. Cependant, les
recherches indiquent que son rôle direct et transient sur la synthèse des protéines musculaires, en
particulier dans des conditions physiologiques normales, est moins prononcé que ce que l'on
pourrait penser.
Effet Anabolique : Bien que la testostérone ait un rôle anabolique, les études montrent
que les augmentations transitoires d'hormones (comme la testostérone et l'hormone de
croissance) après l'exercice n'ont pas un impact significatif sur la synthèse des protéines
musculaires ou l'hypertrophie dans la fourchette physiologique. L'effet des stéroïdes
anabolisants (qui maintiennent des niveaux supraphysiologiques élevés en permanence)
est différent.
Entraînement en résistance : L'entraînement en résistance est bien plus puissant pour la
masse et la force musculaire que les changements hormonaux physiologiques. Il a été
démontré qu'il augmente le contenu des récepteurs aux androgènes dans les muscles, ce
qui peut potentiellement améliorer la réponse à la testostérone.
Déprivation Androgénique : Chez les hommes atteints d'un cancer de la prostate sous
traitement de privation androgénique (qui réduit la testostérone à des niveaux de
castration), il y a une perte de masse musculaire. Cependant, l'entraînement en résistance
s'est avéré très efficace pour aider ces hommes à regagner de la force et des muscles,
atténuant ainsi les effets secondaires négatifs du traitement.
Femmes et ménopause : La perte de masse musculaire chez les femmes ménopausées
est liée à la perte de stimulation de la synthèse des protéines médiée par les œstrogènes.
La testostérone est considérée comme une hormone dominante pour le maintien de la
masse musculaire chez les femmes vieillissantes.
Sensibilisation aux acides aminés : Certaines recherches suggèrent que des suppléments
comme les oméga-3 pourraient "sensibiliser" les muscles aux acides aminés, améliorant
ainsi la synthèse des protéines musculaires. Bien que cela ne soit pas directement lié à la
testostérone, cela met en évidence des voies qui influencent la santé musculaire.
La testostérone et d'autres hormones/neurotransmetteurs
La testostérone interagit avec d'autres systèmes hormonaux et même certains
neurotransmetteurs :
Hormone de croissance (GH) : Bien que les augmentations transitoires de GH après
l'exercice n'aient pas un effet anabolique majeur sur les muscles, la GH stimule la
synthèse du collagène, renforçant les tendons et le réseau de protéines collagènes dans les
muscles. Pour une force et une masse musculaire maximales, les bodybuilders utilisent
souvent des hormones stéroïdiennes (testostérone) et de la GH en niveaux
supraphysiologiques. Cependant, des élévations chroniques de ces hormones peuvent
favoriser la croissance de divers tissus et sont pro-cancérigènes.
Œstrogènes : L'insuline régule l'enzyme aromatase, qui est responsable de la conversion
de la testostérone en œstrogènes. Les œstrogènes ont également un rôle dans la synthèse
des protéines musculaires chez les femmes.
Récepteurs aux androgènes (RA) : La testostérone agit en se liant aux RA, et le
complexe hormone-récepteur entre dans le noyau de la cellule pour modifier l'expression
des gènes. La densité des RA et leur fonction peuvent varier entre les individus.
L'entraînement en résistance peut augmenter le contenu des RA.
Insuline : L'insuline a un rôle direct dans l'inhibition de l'aromatase, l'enzyme qui
convertit la testostérone en œstrogènes. Bien que l'insuline soit un stimulateur puissant du
stockage des graisses en inhibant la lipolyse, son effet sur la croissance musculaire est
principalement anti-protéolytique (inhibe la dégradation des protéines) plutôt que
directement stimulant de la synthèse.
Hormones et neurotransmetteurs : Les hormones et les neurotransmetteurs sont tous
deux des molécules de signalisation. Les neurotransmetteurs comme le glutamate et le
GABA sont principalement impliqués dans la communication locale entre les neurones.
Les neuromodulateurs comme la dopamine ajustent l'activité de circuits neuronaux plus
larges. La testostérone, en tant qu'hormone, exerce ses effets en se liant à des récepteurs
et en influençant l'expression génique. Par exemple, la mélatonine, une hormone, peut
contrôler plus de 500 gènes dans le corps et est importante pour le métabolisme et la
prévention du cancer. La vitamine D est également une hormone stéroïdienne qui agit en
régulant l'expression des gènes. Le cortisol, une hormone de stress, peut affecter
l'expression de certains gènes en se liant à ses récepteurs dans le noyau des cellules.
Thérapie de remplacement de la testostérone (TRT)
La TRT est une approche "sur mesure", et il n'y a pas d'approche "prête à l'emploi" standardisée
pour tout le monde.
Indications : La TRT est envisagée lorsque des symptômes (libido réduite, énergie,
humeur) sont associés à des niveaux de testostérone en dessous d'un certain seuil (par
exemple, le 30e ou 40e percentile pour la testostérone totale, ou environ le 5e percentile
pour la testostérone libre). Les signes physiques incluent la résistance à l'insuline, la
difficulté à développer de la masse musculaire et la difficulté à récupérer après l'exercice.
Dosage et Administration : Il existe différentes façons d'administrer la testostérone,
comme les crèmes, les patchs ou les injections. Il existe également un spray nasal
intranasal approuvé par la FDA pour l'usage masculin qui est testé pour la libido chez les
femmes. La dose initiale pour la TRT ne doit pas être "incrémentale" mais viser une
augmentation significative (par exemple, de 8 à 20 nanogrammes par décilitre) pour
évaluer l'efficacité.
Bénéfices Potentiels : La TRT peut améliorer la fonction sexuelle (libido, fonction
orgasmique), aider à maintenir la masse musculaire chez les femmes ménopausées et
potentiellement améliorer l'énergie et l'humeur.
Effets Secondaires et Risques :
o Prostate : Des niveaux physiologiques de testostérone n'augmentent pas le risque
de cancer de la prostate. La croissance de la prostate est un effet secondaire à
prendre en compte avec des niveaux supraphysiologiques de testostérone.
o Peau et cheveux : Des niveaux supraphysiologiques peuvent causer de l'acné. La
dihydrotestostérone (DHT), un métabolite plus puissant de la testostérone, est liée
à la perte de cheveux androgénétique. Les inhibiteurs de la 5-alpha réductase
peuvent bloquer cette conversion.
o Cardiovasculaire : Il existe un risque légèrement accru d'événements
cardiovasculaires majeurs dans la première année de TRT chez les hommes à haut
risque, potentiellement dû à une augmentation de la pression artérielle, mais ce
risque diminue après 2-3 ans. La gestion de la pression artérielle est cruciale avant
d'initier la TRT. L'homocystéine élevée, associée à de mauvais résultats
cardiovasculaires, peut altérer la production d'oxyde nitrique, un mécanisme qui
pourrait être influencé par des stratégies comme la réduction de l'homocystéine
via les vitamines B.
o Fertilité : La supplémentation en créatine (qui peut être influencée par la
testostérone) n'a montré aucune preuve de régulation négative de la motilité des
spermatozoïdes ou de la santé reproductive masculine.
Gestion des suppléments : Les sources recommandent d'être sceptique vis-à-vis des
suppléments qui prétendent stimuler la testostérone de manière significative, car la
plupart ne sont pas étayés par des preuves solides.
Neurotransmetteurs et hormones : un contexte plus large
La distinction entre neurotransmetteurs et neuromodulateurs est importante pour comprendre
comment le cerveau et le corps communiquent.
Neurotransmetteurs : Le glutamate et le GABA sont des neurotransmetteurs clés
impliqués dans la communication locale entre les neurones. Le glutamate est le
neurotransmetteur excitateur le plus répandu (utilisé par au moins 90 % des neurones du
cerveau) et est essentiel à l'apprentissage et à la mémoire, tandis que le GABA est le
principal neurotransmetteur inhibiteur. Le lactate peut être utilisé pour la synthèse de
neurotransmetteurs comme la noradrénaline, la sérotonine et la dopamine.
Neuromodulateurs : La dopamine est un neuromodulateur qui ajuste l'activité de circuits
neuronaux plus larges, impliquée dans la motivation, la poursuite de récompenses et le
mouvement. La mélatonine est une hormone qui régule plus de 500 gènes et est
essentielle pour le métabolisme et le rythme circadien.
Le corps est un système interconnecté où les hormones et les neurotransmetteurs interagissent de
manière complexe. Les dysfonctions dans un système peuvent avoir des répercussions sur
d'autres. Par exemple, l'inflammation chronique, l'insuline et la résistance à l'insuline sont des
facteurs clés sous-jacents à de nombreuses maladies chroniques. La santé métabolique,
influencée par des hormones comme l'insuline et la testostérone, est considérée comme
fondamentale pour la prévention des maladies.
Les sources indiquent qu'il existe un lien direct entre l'exposition à la lumière du jour et les
niveaux de testostérone, ainsi que des liens indirects via la régulation du rythme circadien, de
l'humeur et du sommeil.
Voici ce que les sources révèlent sur la testostérone et la lumière du jour :
Effet direct : La lumière en milieu de journée peut améliorer la
production de certaines hormones comme la testostérone et
les œstrogènes.
o Il est important de noter que la lumière en milieu de journée, même par temps
nuageux, est "distinctement différente" pour le système circadien que la lumière à
angle solaire faible (matin et soir). L'environnement extérieur en milieu de
journée est beaucoup plus lumineux (environ 10 000 à 50 000 Lux) que les
lumières artificielles intérieures (environ 1 500 à 2 000 Lux).
Effets indirects via le rythme circadien et le sommeil :
o Les cellules intrinsèquement photosensibles des ganglions (cellules à
mélanopsine) dans l'œil sont des détecteurs de luminosité qui règlent notre
horloge circadienne. Elles sont optimalement stimulées par la lumière du soleil à
angle solaire faible, c'est-à-dire le matin et le soir, en raison du contraste des
couleurs (bleu, jaune, orange, rouge).
o L'exposition à la lumière du soleil tôt dans la journée (5 à 10 minutes, sans
lunettes de soleil et non à travers une fenêtre) est très bénéfique pour régler votre
rythme circadien, améliorer l'humeur diurne, la concentration et la vigilance,
et établir une minuterie pour votre sommeil nocturne.
o Une exposition à la lumière vive tôt dans la journée augmente la quantité totale
de cortisol d'environ 50 %. Un niveau élevé de cortisol tôt dans la journée est
souhaitable pour l'activation du système immunitaire, la vigilance et la
concentration, et ne doit pas être traité comme un ennemi, mais plutôt comme une
question de timing et de quantité.
o La lumière vive du matin envoie un signal "primordial et évolutivement conservé"
à votre cerveau indiquant que la journée commence, ce qui active de nombreux
systèmes endocriniens, neuronaux et immunitaires dans le corps.
o En revanche, l'exposition à la lumière vive (en particulier la lumière bleue) le
soir et la nuit doit être minimisée car elle peut supprimer la mélatonine et
perturber le sommeil nocturne. Un sommeil adéquat est crucial pour la
performance et les adaptations générales de l'organisme.
o Le maintien de rythmes circadiens appropriés par l'exposition à la lumière a été
associé à une amélioration des résultats cognitifs chez les patients atteints de la
maladie d'Alzheimer. Bien que ces études ne mentionnent pas directement la
testostérone, une fonction cognitive et une santé métabolique améliorées peuvent
soutenir indirectement un équilibre hormonal optimal.
o Il est suggéré de passer du temps à l'extérieur pendant la journée, même si l'on
utilise des écrans, car cela peut réduire la myopie chez les enfants. Les
environnements extérieurs sont plus sains pour l'exercice, potentiellement en
raison des effets circadiens de la lumière.
En résumé, l'exposition directe à la lumière du jour en milieu de journée est spécifiquement
mentionnée pour son potentiel à améliorer la production de testostérone. De plus, une exposition
optimale à la lumière tout au long de la journée, en particulier la lumière vive le matin et
l'obscurité le soir, est essentielle pour réguler le rythme circadien, l'humeur et la qualité du
sommeil, des facteurs qui soutiennent une santé hormonale globale, bien que le lien direct avec
la testostérone ne soit pas toujours explicitement détaillé au-delà de l'effet en milieu de journée.
Les sources fournissent des informations détaillées sur l'impact du surentraînement, ou plus
précisément du "surmenage non fonctionnel" (non-functional overreaching), sur les niveaux de
testostérone et d'autres marqueurs physiologiques, ainsi que sur le rôle plus large de la
testostérone dans le corps.
Voici une discussion du contenu des sources à ce sujet :
Réponse physiologique initiale à l'entraînement : Au début d'une nouvelle phase
d'entraînement, il est normal de constater une réduction du taux de testostérone basal.
Cette baisse est une indication que le système est surchargé, mais elle est considérée
comme une réponse physiologique positive qui, avec une récupération adéquate, conduit
à l'adaptation et à l'amélioration de la performance.
Surmenage fonctionnel vs. non fonctionnel :
o Le surmenage fonctionnel (functional overreaching) est une phase aiguë
d'entraînement intense où la performance peut temporairement diminuer et des
marqueurs comme la fréquence cardiaque au repos peuvent augmenter et la
variabilité de la fréquence cardiaque (HRV) diminuer. Cependant, si une
récupération suffisante est accordée, les niveaux de testostérone et la performance
reviennent à la normale, voire s'améliorent.
o Si l'entraînement intense se poursuit sans récupération adéquate, la personne peut
entrer dans un état de surmenage non fonctionnel (non-functional
overreaching). Dans ce cas, les niveaux de testostérone restent bas ou diminuent
davantage, et la performance est constamment altérée sur une période de plusieurs
semaines.
Overtraining (Suprantrâinement véritable) : En cas de suprantrâinement véritable,
les hormones anaboliques, y compris la testostérone, sont presque certainement en
baisse, et la récupération peut prendre beaucoup plus de temps. Les sources notent qu'il
n'existe pas de marqueur unique et définitif pour diagnostiquer le surentraînement.
Cependant, des marqueurs tels que le rapport testostérone/cortisol sont parfois examinés.
Populations à risque : Curieusement, le surmenage non fonctionnel est observé plus
fréquemment chez les non-athlètes que chez les athlètes. Cela est souvent dû à la
combinaison d'un entraînement de haute intensité avec d'autres facteurs de stress de la vie
(comme la gestion d'une entreprise, les voyages fréquents) et l'utilisation de stimulants,
ce qui augmente la charge allostatique et compromet la récupération.
Rôle de la récupération : Pour contrer la baisse de testostérone et les effets négatifs du
surmenage, la récupération est essentielle. Prendre des jours ou des semaines de repos
permet aux niveaux de testostérone de revenir à la normale et à la performance de
s'améliorer.
Testostérone et construction musculaire :
o Bien que la testostérone soit une hormone anabolique importante, l'augmentation
transitoire de la testostérone et de l'hormone de croissance induite par l'exercice
physique normal n'a pas un rôle particulièrement important dans la synthèse des
protéines musculaires, comparée aux niveaux super-physiologiques atteints par
l'administration d'hormones exogènes.
o Néanmoins, l'exercice, en particulier l'entraînement en résistance, est
extrêmement puissant pour la construction et le maintien de la masse
musculaire et de la force, même en présence de changements hormonaux
défavorables. Par exemple, l'entraînement en résistance peut complètement
surmonter les effets négatifs de la thérapie de privation androgénique (ADT),
qui élimine la testostérone chez les hommes atteints de cancer de la prostate,
entraînant même une augmentation de la masse et de la force musculaire.
o La testostérone est également mentionnée comme ayant un rôle dans
l'augmentation de la taille du cœur chez les hommes lors de l'entraînement, par
rapport aux femmes où cet effet plafonne plus tôt, suggérant un "phénomène de
testostérone" dans le développement cardiaque et musculaire.
o Des études suggèrent que la teneur en récepteurs aux androgènes dans les muscles
augmente avec l'entraînement en résistance, ce qui pourrait rendre les muscles
plus sensibles à la testostérone.
Supplémentation et testostérone :
o L'ashwagandha, un adaptogène, a été montré pour augmenter la testostérone,
mais pas suffisamment pour expliquer les changements dans la masse maigre,
suggérant que ses bénéfices sont le résultat d'actions sur plusieurs voies.
o La créatine ne semble pas augmenter directement la synthèse des protéines
musculaires, mais elle a des effets anti-cataboliques (réduction de la dégradation
des protéines) et anti-inflammatoires. L'effet anti-catabolique est observé
principalement chez les hommes, ce qui pourrait être lié aux hormones sexuelles
comme la progestérone ou les œstrogènes.
Thérapie de remplacement de la testostérone (TRT) :
o La TRT est discutée dans le contexte des symptômes (libido, énergie, humeur,
résistance à l'insuline, difficulté à prendre du muscle, récupération) et des niveaux
biochimiques (testostérone totale et libre).
o Les effets secondaires de la TRT peuvent inclure une légère augmentation de la
pression artérielle, qui peut augmenter transitoirement le risque d'événements
cardiovasculaires, bien que ce risque disparaisse après 2 à 3 ans. La perte de
cheveux due à une augmentation de la dihydrotestostérone (DHT) est également
une préoccupation pour certains individus.
En résumé, les niveaux de testostérone sont sensibles au surentraînement, et une baisse peut être
un signe de surcharge. Cependant, l'exercice physique régulier et la récupération adéquate sont
des outils puissants pour gérer ces fluctuations et promouvoir la santé musculaire, souvent de
manière plus impactante que les niveaux hormonaux à eux seuls.
Les sources fournissent des informations détaillées sur l'augmentation de la taille du muscle
cardiaque et le rôle de la testostérone dans ce processus, ainsi que dans la croissance musculaire
en général.
Augmentation de la taille du muscle cardiaque
Le muscle cardiaque, tout comme les muscles squelettiques, est adaptable et réactif aux
changements d'activité physique. L'exercice est la principale méthode pour améliorer la
structure et la fonction cardiaques.
Adaptations à l'exercice :
o L'exercice régulier peut augmenter la taille du cœur de 15 à 20 %.
o Les athlètes d'élite ont une différence de 75 % dans la masse du muscle cardiaque
par rapport aux personnes atteintes d'une lésion de la moelle épinière.
o L'entraînement à haute intensité (HIIT) est un puissant stimulateur de la biogenèse
mitochondriale (augmentation du nombre de mitochondries) et des enzymes
mitochondriales, ce qui est crucial pour l'endurance musculaire et l'efficacité
énergétique du cœur. Le HIIT peut également renforcer le cœur en augmentant le
débit cardiaque et le volume d'éjection systolique, construisant ainsi des
cardiomyocytes (cellules musculaires cardiaques) plus grands et plus puissants.
o L'entraînement d'endurance (comme la course) conduit à un cœur plus grand et
plus "dilaté" (hypertrophie excentrique), accommodant de grands volumes de
sang et les maintenant.
o L'entraînement en force (musculation) peut entraîner un épaississement du cœur
(hypertrophie concentrique) en réponse à l'augmentation massive de la pression
artérielle (jusqu'à 400 mmHg) pendant les contractions musculaires intenses, ce
qui réduit la contrainte sur le muscle cardiaque.
o Le CrossFit, qui combine des manœuvres de force répétitives et des contractions
musculaires répétitives, peut entraîner une combinaison d'hypertrophie
excentrique et concentrique.
Impact de la sédentarité et de l'âge :
o Le cœur perd environ 1 % de sa masse musculaire par semaine en cas de repos au
lit. Trois semaines de repos au lit chez de jeunes adultes peuvent avoir un impact
plus négatif sur la capacité physique que 30 ans de vieillissement.
o Après l'âge de 70 ans, il devient presque impossible d'inverser la structure du
cœur. Cela souligne l'importance de l'activité physique tout au long de la vie.
o Un entraînement de 1 à 2 jours par semaine n'a montré aucune protection contre le
vieillissement cardiaque. En revanche, un entraînement de 4 à 5 jours par semaine
ou plus offre une protection significativement meilleure.
o Des études ont montré que l'entraînement intensif et soutenu (4 à 5 jours par
semaine pendant deux ans) chez des personnes d'âge moyen (50-65 ans) peut
inverser les effets du vieillissement sédentaire sur la compliance
(extensibilité) du cœur, le rendant presque aussi jeune qu'un cœur en bonne
santé.
La testostérone et la taille du muscle cardiaque
La testostérone joue un rôle important dans la croissance des muscles, y compris potentiellement
le muscle cardiaque, et est un facteur différenciant entre les sexes en ce qui concerne l'adaptation
cardiaque à l'exercice.
Effet de la testostérone sur le muscle cardiaque :
o Une étude d'entraînement d'un an a montré que les femmes et les hommes
augmentaient la taille de leur cœur de manière similaire pendant les trois premiers
mois, mais après cela, les femmes plafonnaient tandis que les hommes
continuaient à augmenter. Cela a été attribué à un «phénomène testostérone»,
suggérant que la testostérone améliore la construction du muscle cardiaque
ainsi que du muscle squelettique.
Testostérone et masse musculaire squelettique :
o La testostérone est l'hormone dominante pour le maintien de la masse musculaire
chez les femmes et les hommes.
o La puberté s'accompagne d'une poussée de testostérone chez les garçons, ce qui
explique pourquoi ils ont plus de masse musculaire au départ que les filles.
o Des niveaux chroniquement élevés de testostérone, comme ceux observés avec
l'administration d'hormones exogènes à des doses "super-physiologiques", sont de
puissants moteurs de la croissance musculaire et sont considérés comme "pro-
anaboliques" et "pro-cancer".
o Cependant, les augmentations transitoires de la testostérone après l'exercice
ne sont pas considérées comme les principaux moteurs de la synthèse des
protéines musculaires.
o Les bénéfices de l'entraînement en résistance peuvent "surmonter
complètement" les effets des changements hormonaux, y compris une carence
sévère en testostérone, comme observé chez les patients atteints de cancer de la
prostate sous thérapie de privation androgénique (ADT). Malgré une suppression
chimique de la testostérone, l'entraînement en résistance peut non seulement
prévenir la perte musculaire, mais aussi augmenter la masse musculaire et la
force. Cela suggère que l'exercice est "beaucoup plus fort" que les hormones
pour la croissance musculaire.
Thérapie de remplacement de la testostérone (TRT) :
o La TRT est utilisée pour traiter des niveaux de testostérone cliniquement bas.
Pour les hommes, des symptômes tels que la réduction de la libido, de l'énergie,
de l'humeur, une résistance à l'insuline et des difficultés à prendre de la masse
musculaire ou à récupérer de l'exercice peuvent indiquer un besoin de TRT.
o L'objectif de la TRT n'est pas d'atteindre des niveaux "super-physiologiques"
d'hormones, mais de normaliser les niveaux sous-optimaux.
o Bien qu'une légère augmentation du risque d'événements cardiovasculaires ait été
observée à court terme avec la TRT chez les hommes à haut risque
(potentiellement due à une augmentation de la pression artérielle), ce risque
disparaît après 2-3 ans.
o Il est important de noter que la TRT ne semble pas augmenter le risque de cancer
de la prostate.
En résumé, l'augmentation de la taille du muscle cardiaque est principalement entraînée par
l'exercice, avec des adaptations spécifiques en fonction du type d'entraînement (endurance vs.
force). Bien que la testostérone puisse influencer la magnitude des gains de taille du cœur à long
terme (comme suggéré par le "phénomène testostérone" chez les hommes par rapport aux
femmes), l'exercice lui-même est le facteur le plus puissant pour induire des adaptations
cardiovasculaires et musculaires, capable de surmonter même des carences hormonales
significatives. La thérapie de remplacement de la testostérone vise à optimiser les niveaux
hormonaux pour le maintien de la masse musculaire et la fonction générale, plutôt que de viser
une croissance "super-physiologique" du cœur.