0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
191 vues90 pages

Rapport Riches - 2024

Le rapport 2024 sur les riches en France, dirigé par Anne Brunner et Louis Maurin, présente des données sur l'évolution de la richesse et les conditions de vie des riches, soulignant une concentration croissante des patrimoines. Il établit un seuil de richesse à 3 860 euros par mois, basé sur le double du niveau de vie médian, et aborde les critiques concernant ce seuil, notamment en lien avec le coût du logement et l'âge. Ce document, soutenu par un financement participatif, vise à enrichir le débat public sur les inégalités économiques en France.

Transféré par

olivier_lepez
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
191 vues90 pages

Rapport Riches - 2024

Le rapport 2024 sur les riches en France, dirigé par Anne Brunner et Louis Maurin, présente des données sur l'évolution de la richesse et les conditions de vie des riches, soulignant une concentration croissante des patrimoines. Il établit un seuil de richesse à 3 860 euros par mois, basé sur le double du niveau de vie médian, et aborde les critiques concernant ce seuil, notamment en lien avec le coût du logement et l'âge. Ce document, soutenu par un financement participatif, vise à enrichir le débat public sur les inégalités économiques en France.

Transféré par

olivier_lepez
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Rapport sur

LES RICHES
EN FRANCE
Édition 2024
Rapport sur les
riches en France
Édition 2024
Merci
Ce rapport a été réalisé et publié grâce au soutien de plus de 900 personnes
qui ont contribué à son financement participatif. Nous les en remercions
chaleureusement.
Merci à Vivien Charbonnet de nous avoir autorisés à exploiter ses travaux
menés dans le cadre de sa recherche au sein de l'Université de Tours.

Direction du rapport : Anne Brunner et Louis Maurin


Secrétariat de rédaction : Valérie Schneider
Rédaction : Rémy Blans, Anne Brunner, Vivien Charbonnet, Louis Maurin,
Xavier Saint-Martin, Bernard Schlemmer
Conception graphique et mise en page : Benjamin Mispoulet
Crédit de la photographie de couverture : oatawa, iStock
Impression : Printteam groupement d'imprimeurs spécialisés.
Imprimé et façonné en France.

Observatoire des inégalités


15 rue Jacques-Marie Rougé — 37000 Tours
[Link]
02 47 44 63 08 — contacts@[Link]
ISBN : 978-2-9579986-9-2 (version imprimée)
978-2-487697-00-3 (version numérique)

© Observatoire des inégalités – 2024


Toute reproduction du contenu, même partielle, est soumise à autorisation. Les copies
destinées à un usage collectif doivent être déclarées au Centre français d’exploitation
du droit de copie (CFC).

2 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


Sommaire
Avant-propos | Rapport sur les riches : l’âge de la maturité, par Louis Maurin................................. 5
Mesurer .............................................................................................................................................................................................. 6
Synthèse | Les riches, moins nombreux mais plus riches qu’il y a dix ans................................ 13
Chiffres-clés | Le tableau de bord de la richesse en 2024.................................................................... 16
Analyse | 2021-2024 :
une hausse des revenus du patrimoine très favorable aux riches.................................................... 21

Dossier ◌ Portrait des 01 ◌ Revenus...................................... 39


riches en France........................ 22 À partir de quel revenu est-on
riche ?............................................. 40
Comment vivent les riches ?............. 23
Seuils de richesse par type de ménage...... 40
Logement : des conditions de vie L’échelle des revenus ................................................ 41
qui distinguent................................. 27 Comment évoluent les seuils de
Vivre dans de grands espaces........................... 27 richesse ?........................................................................... 42
Presque toujours propriétaires.......................... 29 Ce qu’en pense la population.............................. 44

Moins d’efforts financiers...................................... 30 Combien y a-t-il de riches ?............. 45


Le bon gout de la multipropriété . .................... 31 Un nombre en baisse................................................. 45

Qui sont les riches ?......................... 33 Des riches plus riches............................................... 46


En 25 ans, la richesse s’est concentrée.......47
Surtout des cadres supérieurs........................... 33
Les « Quarante Glorieuses »
Catégories sociales : qui est riche en
des très riches................................................................ 48
revenus ou en patrimoine ?................................... 34
Riche un jour, riche toujours ?............................. 49
Les riches en revenus le sont aussi en
La France, pays où les riches sont
patrimoine ........................................................................ 36
plus riches. ..........................................................................51
Les riches sont plus âgés ...................................... 37
Le travail qui rapporte beaucoup..... 53
Couple : la richesse a-t-elle un genre ?...... 38
Les salariés les mieux payés .............................. 53
Les hauts salaires gagnent du pouvoir
d’achat................................................................................. 54
Les riches s’éloignent des pauvres................. 56
Les métiers du privé qui paient le plus......... 56
Qui compose l’élite des salariés ?....................57
Comment femmes et hommes se
partagent-ils les hauts salaires ?.................... 58
Les hauts salaires du public................................. 59
Les professions indépendantes ....................... 60
Les grands patrons.......................................................61

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 3


02 ◌ Patrimoine.......................... 63 03 ◌ Où vivent les
Combien y a-t-il de riches en riches ?......................................................... 73
patrimoine ? .................................... 64 La carte de France des riches . ......................... 74
À partir de quel niveau est-on fortuné ?.... 64 Les villes où vivent les très riches.................... 75
Combien de riches en patrimoine ?............... 66 Beaux quartiers............................................................. 77
Vers un seuil de fortune par âge ? ...................67 Où vivent les grandes fortunes
Les dix plus grandes fortunes de France.....67 immobilières ?. ................................................................ 81

Les plus fortunés


s’enrichissent-ils ?........................... 69
Comment évolue le patrimoine des Principales sources .............................................. 84
plus fortunés ?................................................................ 69
Qui sommes-nous ? .............................................. 85
La concentration des patrimoines
augmente............................................................................ 70
La part des plus fortunés remonte
depuis 40 ans................................................................... 71
La croissance démesurée des 500 plus
grandes fortunes........................................................... 72

4 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


Avant-propos
Par Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités

L'âge de la maturité
Ce troisième Rapport sur les riches en France est celui de la maturité. Il confirme l’intuition
que nous avions dès la première édition en 2020 : connaitre le haut de la pyramide des
revenus est tout aussi important que d’en décrire le bas. La question de savoir qui est riche
en France est désormais installée dans le paysage de l’information sur les revenus. Le
débat est lancé.

La nouvelle édition de notre rapport livre des données inédites sur le nombre et l’évolution
de la part des riches dans la population (voir page 45). Nous dévoilons aussi des éléments
jamais publiés sur les conditions de vie des riches, une classe qui vit dans des logements
confortables là où elle le décide, se déplace comme elle le souhaite, accède à une panoplie
de services et profite bien de ses loisirs (voir page 23 et suivantes). Au fil des éditions, une
image un peu plus précise de la situation du haut de la hiérarchie des revenus se dessine.

Nous continuons ce travail parce qu’un ensemble de citoyens et de citoyennes se


mobilisent et nous en donnent les moyens. Quand certains rechignent à voir exister un seuil
de richesse, d’autres nous soutiennent pour que nous ayons les moyens de porter le débat
sur la place publique, quelles que soient nos divergences politiques. Si ce rapport existe,
en effet, c’est que plusieurs centaines de personnes nous ont soutenus par le biais d’une
opération de financement participatif. Nous les en remercions chaleureusement. Leurs
très nombreux témoignages nous poussent à continuer d’enrichir le débat en dépit des
difficultés d’accès à l’information.

Notre état des lieux déplait à une partie des membres des classes aisées qui trouvent que
gagner 3 900 euros par mois, « ce n’est pas être riche ». Les critiques viennent autant de
la droite que de la gauche, camp dans lequel on assume encore moins le fait d’appartenir
au sommet de la hiérarchie sociale. Beaucoup voudraient s’en tenir à une poignée
d’ultra‑riches, une bonne affaire pour les classes aisées, ainsi réunies avec le prolétariat…
La vision élitiste de la richesse très largement partagée est une forme de protection pour
ceux qui vivent bien.

Il existe plusieurs raisons de réfuter l’existence d’un seuil de richesse (voir page 8). Nos
lecteurs connaissent l’importance que nous attachons à la qualité des indicateurs que
nous présentons et savent que nous en signalons les limites. L’une des critiques les plus
justifiées est liée à l’âge. Notre seuil de richesse en patrimoine ne le prend pas en compte,
alors que la fortune est un processus cumulatif dans le temps (voir page 67) : nous avons
sur ce point d’importants progrès à faire.

5 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


Avant-propos

Notre rapport ne plait pas non plus à l’institution statistique. À l’occasion de la publication
de la précédente édition, sur son blog[1], l’Insee s’en est pris à l’Observatoire des inégalités
car nous critiquions le manque de données publiées sur le sujet (voir page 10). Ne lui
en déplaise, nous persistons : ces dernières demeurent « lacunaires », ce qui signifie
uniquement qu’elles restent, selon nous, incomplètes.

Ces lacunes ne nous empêchent pas de souligner les progrès réalisés ces dernières
décennies et de relayer le travail de qualité mené par le service public de la statistique
et ses chercheurs dont nous citons régulièrement les travaux, notamment tout au long
des pages de ce rapport. Plutôt que de se répandre en invectives, il serait intéressant de
débattre des vides à combler et de s'appuyer sur les travaux qui existent pourtant déjà
au niveau international sur le sujet (voir page 11). Il est incompréhensible que le Conseil
national de l’information statistique, l’organisme qui oriente le travail de l’Insee, ne se soit
même pas saisi de la question du seuil de richesse au vu de son importance et du débat
public qu'elle suscite.

Au fond, personne n’est dupe de l'embarras que notre travail produit chez les riches qui
préfèrent éviter qu’on se penche sur leur sort et font en sorte que l’on tourne le regard
uniquement vers les plus pauvres. Nous pensons au contraire que pour comprendre la
société, il faut observer les inégalités dans leur ensemble, pas au seul prisme de la misère.

En attendant, nous essayons de faire progresser la connaissance avec les moyens dont
nous disposons et grâce aux travaux de quelques chercheurs qui, sans forcément partager
nos analyses, estiment que le sujet vaut d’être mieux documenté. Sans oublier le soutien
de tous les citoyens qui pensent, comme nous, que contre les inégalités, l’information est
une arme ■

[1] « Faut-il fixer un seuil de richesse ? », Christel Colin et Jean-Luc Tavernier, Le blog de l'Insee, 1er juillet 2022.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 6


Mesurer
Par Louis Maurin

Comment déterminer un seuil de richesse ?


En France, il existe un seuil de pauvreté, mais pas de richesse. Or, si l’on veut comprendre
les inégalités de revenus, il faut observer le bas de la hiérarchie, mais aussi le haut. On peut
s’intéresser à la situation des 10 %, des 5 % ou du 1 % le plus riche. Le nombre de personnes
riches ainsi calculé dépend alors uniquement de la population totale : son évolution ne
reflète que la variation du nombre d’habitants, ce qui ne présente guère d’intérêt.

Surtout, on est riche ou pauvre par rapport à une norme de niveau de vie dans la société.
Le seuil de pauvreté est déterminé à partir du niveau de vie médian[1], celui qui partage la
population en deux – autant gagne plus, autant gagne moins –, qui caractérise une sorte
de « Français du milieu ». Il nous semble pertinent d'appliquer cette même méthode pour le
seuil de richesse.

Nous avons ainsi décidé de le fixer au double du niveau de vie médian. Comme celui-ci
est de 1 930 euros par mois après impôts et prestations sociales pour une personne seule
(donnée Insee 2021), notre seuil de richesse vaut 3 860 euros. Cette méthode a été proposée
par l’économiste Tony Atkinson, elle est utilisée par l’OCDE et le gouvernement allemand
(voir page 11).

Comme pour la pauvreté et bien d’autres indicateurs[2], le choix est arbitraire et discutable. On
pourrait tout autant adopter un seuil de richesse équivalent à 1,8 fois le revenu médian (c'est
à ce niveau que l’Insee qualifie les ménages d’aisés) ou au triple de ce dernier. En utilisant
le double du niveau de vie médian, le pays compte 7 % de riches. 93 % de la population se
situe donc en dessous de ce niveau de revenus : nous pensons qu'il n'est pas injustifié d'être
qualifié de riche à ce niveau.

Une fois le seuil de richesse déterminé pour une personne, il faut le fixer selon différentes
configurations familiales. Nous utilisons le même système que l’Insee : le premier adulte
vaut une part, chaque personne du ménage de plus de quatorze ans 0,5 part et de moins de
quatorze ans, 0,3 part (voir page 40). Le seuil de richesse est donc, par exemple, de 3 860 x 1,5
part = 5 790 euros pour un couple, de 3 860 x 2,5 parts = 9 650 euros pour une famille avec
deux adolescents ■

[1] Le seuil de pauvreté représente une fraction du niveau de vie médian, le plus souvent fixée à 60 % de ce dernier,
mais l’Observatoire des inégalités utilise le plus souvent le seuil de 50 % qui nous semble davantage refléter une
situation de pauvreté.
[2] Par exemple, pour ne pas être considéré comme chômeur par l'Insee, il suffit d’avoir travaillé une heure dans la
semaine précédente. Pourquoi pas 2, 5 ou 10 heures ?

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 7


MESURER

Riches, nous ? Jamais ! Que valent les objections


au seuil de richesse ?
Qualifiez de « riche » un Français dont le revenu dépasse 3 860 euros mensuels, le seuil de
richesse défini par l'Observatoire des inégalités, et vous verrez son exaspération. La fixation
d’un seuil est toujours critiquable. Comme l’ensemble des indicateurs, il repose sur des
hypothèses (voir page 7). Passage en revue des principales objections.

« Mon salaire est de 3 900 euros, je ne suis pas riche »


En fait, c’est peut-être que vous n’êtes pas situé au-dessus de notre seuil de richesse. D’abord
parce que ce seuil comprend l’ensemble des revenus et non le seul salaire, et il est établi
après impôt sur le revenu. De plus, il s’agit du niveau de vie pour une personne seule. Pour
un couple sans enfant, le seuil grimpe à 5 800 euros, et pour une famille avec deux enfants de
plus de quatorze ans à près de 10 000 euros. À ce niveau, il nous semble qu'une famille peut
être qualifiée de riche.

« Votre seuil de richesse ne prend pas en compte le cout du logement »


Vivre avec 4 000 euros mensuels et payer un loyer de 2 000 ou 1 000 euros, ce n’est pas
la même chose. La critique qui consiste à avancer que le seuil de richesse ne prend pas
en compte le cout du logement est donc juste. Aucune des mesures des niveaux de vie ne
considère ce critère, mais personne ne s’en inquiète quand il s’agit de déterminer le niveau
de vie des personnes pauvres. Pour les riches, la question ne se pose pourtant pas dans
les mêmes termes : ils ont les moyens de choisir leur lieu de vie. Pourquoi acceptent-ils de
payer si cher leur logement ? Ce surcout leur procure des avantages. Vivre au cœur de Paris
dans un logement très cher, par exemple, permet d’accéder à une large offre de services, à
un certain cadre de vie et à un entre-soi auxquels la majorité n'a pas accès. Si on prenait en
compte le cout du logement, il faudrait mesurer aussi ce qu'apporte de vivre à un endroit
donné (voir encadré page 28).

« Le seuil de richesse ne prend pas en compte l’âge »


Gagner au moins 3 900 euros par mois à 50 ans, ce n’est pas la même chose qu’à 20 ans.
La remarque sur l'âge est pertinente car les salaires tiennent compte de l’ancienneté et
progressent pour la plupart jusqu’à la retraite. Nous savons que les riches sont beaucoup
plus nombreux dans les tranches d’âges avancés que chez les jeunes (voir page 37). Chez les
personnes plus âgées, être riche est moins distinctif – au sein du groupe d’âge dans lequel
on vit – que chez les plus jeunes. Au-delà de ces constats, tous les indicateurs sociaux sont
des moyennes qu’il faudrait décliner ensuite en sous-catégories d’âge, de sexe, ou encore
de territoire. Oui, être riche ou pauvre, ce n’est pas pareil à 50 ans et à 20 ans, à Paris et à
Limoges. Mais cela n’invalide pas la nécessité d’établir des seuils.

8 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


MESURER

La critique sur l'âge est davantage justifiée en ce qui concerne la richesse en patrimoine.
La fortune est un processus d’accumulation dans le temps. Raisonner tous âges confondus
mélange des jeunes qui n’ont pas commencé à épargner et des personnes âgées dont certaines
ont accumulé des biens tout au long de leur vie. Nous disposons du niveau du patrimoine
médian par âge (voir page 67), et on sait que 70 % des personnes qui appartiennent aux 10 %
les plus fortunés ont plus de 50 ans (selon l’Insee en 2018). Nous manquons de données sur
le sujet, mais ce point mériterait clairement d’être amélioré.

« Ce n’est pas le revenu qui compte, c’est le patrimoine »

Vivre avec des revenus de 4 000 euros par mois et un million d’euros de patrimoine ne signifie
pas la même chose que percevoir un tel revenu et avoir un million d’euros de dettes. C’est vrai.
Cette critique est souvent émise par ceux dont les revenus dépassent le seuil de richesse en
revenus mais qui disposent d’un faible patrimoine. Au nom de ce raisonnement, comment
doit-on considérer une partie de la population riche en revenus, mais non en patrimoine ?
Malgré tout, même sans patrimoine, peut-on avancer que l'on n’est pas riche quand on vit
avec davantage que 93 % de la population ? Hauts revenus et patrimoine élevé vont ensemble
dans l’immense majorité des cas : c’est le revenu qui, épargné, permet la constitution d’un
patrimoine au fil du temps. Rares sont les riches en patrimoine aux faibles revenus et vice
versa (voir page 36). Dans sa critique du seuil de richesse, l’économiste Guillaume Allègre
propose de construire un outil qui combine revenu et patrimoine[3], une initiative que l’on ne
peut qu’encourager.

« Le seuil de richesse stigmatise les riches »

Publier des données sur les riches serait une manière de les désigner à la vindicte populaire.
Quand on y réfléchit quelques instants, cet argument est assez étonnant. Contrairement à
ce que l'on indique souvent, les Français sont très généralement indifférents aux riches : ils
ne les aiment pas plus qu'ils ne les détestent (voir page 12). Surtout, si une personne riche
s'estime stigmatisée, ne serait-ce pas, au moins pour partie, qu'elle ne se sent pas légitime
à gagner ses importants revenus ? Sinon, en quoi le simple fait de qualifier une personne de
riche serait-il stigmatisant ?

La question n’est pas d’être riche mais de savoir si l’on mérite ou non de l’être. Notre rapport
ne fait que documenter la hiérarchie des revenus en France, en s’attachant ici au haut de
l’échelle bien moins souvent décrit que le bas. L’argument de la stigmatisation est surtout
une forme de pudeur destinée à rendre invisibles aux yeux des autres les avantages des
plus aisés.

[3] « Que les riches lèvent le doigt ! », Guillaume Allègre, OFCE Le Blog, 1er juillet 2022.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 9


MESURER

« Les vrais riches sont plus riches que vous ne le dites »


Le niveau de la richesse n’a pas de limite haute. Le seuil de richesse se situe à 3 900 euros par
mois alors que certains gagnent des millions d'euros (voir page 61). La population riche est
donc hétérogène, c’est très juste. Il est alors question de terminologie : comment appelle-t-on
une personne plus riche que 93 % de la population ? La qualifier d'« aisée » ne serait-il pas un
euphémisme ? C’est certain : on peut toujours trouver plus riche que soi.

Il existe bien des nuances de riches (voir page 41) et il serait pertinent de fixer également un
seuil de l’ultra-richesse. Concentrer tous les regards sur les ultra-riches permet de mettre
en lumière les processus d’enrichissement délirants d’une poignée de milliardaires, mais a
aussi pour effet de cacher les niveaux de vie d’une large fraction de la population située en
haut de la hiérarchie sociale.

Conclusion : tout indicateur statistique a des limites et ne dit pas tout de la réalité sociale
qu’il prétend décrire. Il faut utiliser le seuil de richesse pour ce qu’il dit, et pour rien d’autre, en
ayant connaissance de ses limites. Ces dernières doivent-elles conduire à ne pas l’utiliser ?
Sauf à entendre d’autres arguments que les objections que nous avons déjà recensées, nous
ne le pensons pas. Ce qui est certain, c’est que les plus riches ont bien du mal avec le fait que
l'on s’intéresse à eux ■

Seuil de richesse : l’Insee s’y refuse toujours


Lors de la présentation de la précédente édition de notre Rapport sur les riches en France en
2022, l’Insee avait vivement pris à partie l’Observatoire des inégalités, l'accusant de « céder
aux poncifs usuels[4] » car nous écrivions que « les données sur les revenus sont lacunaires en
France ». L'institut nous soupçonnait de ne pas être de bonne foi. Le sujet des riches semble
sensible pour l’Insee qui ne s’attaque jamais dans ces termes aux organismes utilisateurs de
ses données.

Nous avons refusé d’alimenter la polémique à chaud, mais nous devons apporter quelques
réponses à nos lecteurs. En 30 ans, de larges progrès ont été réalisés par l’Insee dans la
connaissance des revenus, c’est certain. Mais cela n’empêche que les données qu'il publie
restent lacunaires, comme nous l’écrivions en 2022. Ce qui ne retire rien de la qualité du
travail réalisé : c’est un simple constat.

[4] « Faut-il fixer un seuil de richesse ? », Christel Colin et Jean-Luc Tavernier, Le blog de l’Insee, Insee, 1er juillet
2022.

10 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


MESURER

Les données publiques ne prennent pas en compte une part importante des revenus
du patrimoine (voir page 46), comme l’indique lui-même l’Insee[5]. L’institut ne diffuse
pas d’éléments détaillés, ni réguliers, sur le sommet de la distribution des revenus qui
permettraient d’en mesurer l’évolution. L’Insee publiait autrefois un document annuel de
référence sur les revenus et le patrimoine des ménages. Sa dernière édition est parue en
2021[6]. De plus, les nombreuses ruptures de série rendent impossible le calcul de l'évolution
dans le temps de la plupart des données sur les revenus.

Contrairement à ce qu’écrit l’Insee, un certain nombre de travaux posent de longue date


la question du seuil de richesse, le plus important étant le travail publié par celui qui
était certainement le plus grand spécialiste mondial des inégalités, Anthony Atkinson.
L’économiste britannique suggère lui aussi de fixer le seuil de richesse au double du niveau
de vie médian[7]. Dans un article publié en 1995, le sociologue Louis Chauvel évoque d’ailleurs
lui aussi déjà ce seuil[8]. Le gouvernement allemand publie des rapports sur le sujet depuis
plus de 20 ans[9]. L’Insee semble ignorer les travaux publiés par l’institut de statistique
européen Eurostat qui, comme nous l’indiquions dans notre précédente édition, étudie aussi
un seuil de richesse (richess line en anglais)[10]. L’OCDE, de son côté, définit la limite entre la
classe moyenne et les hauts revenus… au double du niveau de vie médian[11].

Le plus étonnant, c’est que l’Insee lui-même utilise un seuil de richesse fixé à 1,8 fois le niveau
de vie médian dans un nombre croissant de ses publications[12], mais emploie le mot « aisé »,
forme euphémisée du phénomène. La revue scientifique de l’Insee, de grand renom, publie
des articles qui utilisent notre seuil de richesse sans que ses responsables n’y trouvent à
redire[13].

Cet épisode est révélateur de la difficulté de traiter d’un sujet très sensible. L’audience répétée
de notre rapport sur les riches montre qu’il existe un intérêt certain pour la question et que
l’information manque. Il serait temps que le Conseil national de l’information statistique, qui
en théorie doit orienter le travail de l’institution statistique publique, se saisisse d’un concept
que l’Insee utilise déjà dans un petit nombre de ses études. En attendant, les citoyens ne
disposent que d’une vision partielle du phénomène, ce qui est pour le moins regrettable ■

[5] Voir « Le revenu des ménages selon la comptabilité nationale et selon l’Enquête Revenus Fiscaux et Sociaux
(ERFS) », Aliocha Accardo, Documents de travail n° F1905, Insee, septembre 2019.
[6] Revenus et patrimoine des ménages, édition 2021, Insee Références, Insee, 2021.
[7] « On the Identification of the "Middle Class" », Anthony Atkinson et Andrea Brandolini, Ecineq, working papers
series n° 217, 2011.
[8] « Inégalités singulières et plurielles : les évolutions de la courbe de répartition du revenu disponible »,
Louis Chauvel, Revue de l’OFCE n° 55, octobre 1995.
[9] « Lebenslagen in Deutschland. Der erste Armuts- und Reichtumsbericht der Bundesregierung »,
Bundesministerium für Arbeit und Soziales, 2001.
[10] « High Income and Affluence: Evidence form EU-Silc », Veti-Matti Törmälehto, in Monitoring Social Inclusion in
Europe, 2017 Edition, Eurostat, 2017.
[11] Under Pressure: The Squeezed Middle Class, OCDE, 2019.
[12] Comme par exemple dans : « La redistribution élargie, incluant l’ensemble des transferts monétaires et les
services publics, améliore le niveau de vie de 57 % des personnes », André Mathias, Jean-Marc Germain et Michaël
Sicsic, Insee Analyses n° 88, septembre 2023.
[13] « Une nouvelle nomenclature, la PCS ménage », Thomas Amossé et Joanie Cayouette-Remblière, Économie et
Statistique n° 532-33, Insee, 2022.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 11


MESURER

Ni gentils, ni méchants : en fait, les Français sont


assez indifférents aux riches
« Les Français n’aiment pas les riches » est un lieu commun médiatique, alimenté par
certains experts[14]. Au fond, qu’en disent vraiment les Français ? Une grande majorité s’en
moque : 58 % expriment de l’indifférence, selon une enquête Ifop menée pour le magazine
Le Point[15]. 5 % de la population est hostile aux riches, 16 % expriment de la méfiance. Chez
les ouvriers, le niveau d’hostilité est le plus élevé (13 %), sans doute du fait de leurs faibles
niveaux de vie et de leurs conditions de travail plus difficiles. Dans l’ensemble, 16 % des
sondés sont admiratifs des riches et 17 % envieux. Les admirateurs sont les plus nombreux
chez les cadres supérieurs (25 %).

Dans une enquête de juillet 2023[16], 70 % de la popula-


« Quels sentiments éprouvez-
tion estimait que « c’est une bonne chose de vouloir
vous à l’égard des personnes
gagner de l’argent et de devenir riche ». Mais 52 % qui sont riches ? »
déclaraient « ne pas avoir une bonne opinion des Unité : %
riches », ce qui ne veut pas forcément dire ne pas ai-
mer les riches, mais peut-être plutôt douter de leurs De l’admiration 16

mérites. De l’envie 17

De la méfiance 16
Ces sondages n’ont pas beaucoup de valeur socio-
logique. Ils servent surtout aux médias à faire de De l’hostilité 5

l’audience. Le rapport aux riches des Français est De l’indifférence 58


ambivalent, avec à la fois une aspiration à gagner da-
Ne se prononce pas 6
vantage pour la plus grande partie de la population et
des formes d’admiration, mais aussi une hostilité en- Total supérieur à 100 car plusieurs réponses
possibles.
vers les plus aisés et leur réussite, surtout parmi ceux
Lecture : 5 % des Français interrogés indiquent
qui vivent dans les conditions les plus difficiles ■ ressentir de l’hostilité vis-à-vis des riches.
Source : sondage Ifop – Décembre 2022

[14] Voir « Pourquoi les Français détestent les riches », entretien avec Olivier Galland par Kévin Babeau, Le Point,
31 janvier 2023.
[15] « Le rapport des Français à l’argent », enquête Ifop, décembre 2022.
[16] « Baromètre de l’économie », Odoxa, enquête réalisée pour Agipi, le magazine Challenges et BFM-Business,
juillet 2023.

12 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


Synthèse
Par Anne Brunner

Les riches, moins nombreux mais plus riches


qu’il y a dix ans
La richesse en revenus
4,7 millions de Français sont riches selon les estimations de l’Observatoire des inégalités,
d’après les données de l’Insee pour 2021. Ils ont un niveau de vie supérieur à 3 860 euros par
mois pour une personne seule après impôts, 5 790 euros pour un couple ou encore 9 650 euros
pour une famille avec deux enfants de plus de quatorze ans.

Les riches représentent 7,4 % de la population française. Leur part est en baisse de 1,5 point
par rapport à 2011, toujours selon nos estimations. Le nombre de riches a diminué en dix ans,
mais ils sont plus riches : la moitié d’entre eux ont un niveau de vie supérieur à 1,28 fois le
seuil de richesse en 2021, contre 1,26 fois en 2011.

La progression des revenus des riches est portée par le sommet de l’échelle des revenus. Le
1 % le plus riche captait 7,7 % de l’ensemble des revenus avant impôts au début des années
1980. Cette part atteint 12,7 % en 2022 selon le World Inequality Database.

La richesse en patrimoine
16,9 % des ménages disposent de plus de trois fois le patrimoine médian (hors endettement),
c’est-à-dire plus de 531 000 euros. Les 10 % les plus fortunés possèdent plus de 716 300 euros
selon l’Insee en 2021.

Les patrimoines grimpent très haut. Les millionnaires représentent 5 % des ménages. Le 1 %
du sommet possède au moins 2,2 millions d’euros par ménage. Quant à la famille de Bernard
Arnault, à la tête du groupe de luxe LVMH, ses 203 milliards d’euros correspondent à la valeur
de l’ensemble des logements de Marseille et de Nantes, selon nos estimations.

La concentration du patrimoine aux mains des plus fortunés augmente au détriment du reste
de la population. La part des 10 % les plus fortunés est passée de 41 % à 47 % de l’ensemble du
patrimoine des ménages entre 2010 et 2021, selon l’Insee.

Le poids des 500 plus grandes fortunes professionnelles a pratiquement décuplé en 20 ans.
Elles représentaient 124 milliards d’euros en 2003 et atteignent un montant total de 1 170 mil-
liards d’euros en 2023, selon le magazine Challenges. Les propriétaires des grands groupes
français ont accumulé d’immenses fortunes et un pouvoir économique gigantesque.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 13


Synthèse

Des cadres supérieurs, âgés et masculins


25,5 % des cadres sont riches selon l’Insee en 2020 : une proportion près de deux fois plus
élevée que chez les indépendants. Et sans commune mesure avec la probabilité d’être riche
pour un ouvrier (1 %) ou pour un employé (2 %).

Les cadres les mieux rémunérés composent ainsi l’essentiel des personnes riches. Parmi les
salariés riches, 21 % sont des cadres de la fonction publique, 43 % des cadres supérieurs du
privé et 3 % des directeurs généraux ou adjoints d’entreprise.

La part de riches dans la population augmente avec l’âge. Elle passe de 1 % des ménages
avant 30 ans à 10 % parmi les 55-59 ans et atteint un sommet à 15 % entre 60 et 64 ans.

Les ressources des couples riches proviennent majoritairement des revenus des hommes.
Ces derniers sont deux fois plus nombreux que les femmes à occuper les postes offrant un
salaire situé dans les 10 % du haut de la hiérarchie, et sont même 3,4 fois plus présents que
les femmes dans le 1 % du sommet.

Les riches en revenus et les riches en patrimoine sont en grande partie les mêmes. Plus de
la moitié des ménages les plus aisés en termes de niveau de vie font aussi partie des 10 %
les plus fortunés et vice et versa, selon l’Insee en 2021. Parmi les 10 % des ménages dont la
fortune est la plus élevée, 79 % figurent parmi les 30 % les plus riches en revenus.

Neuilly-Paris-Annecy
Nous ne disposons pas du nombre de riches ou du taux de richesse détaillé par zone
géographique. Mais plusieurs indicateurs permettent de dessiner une carte de France des
riches, centrée sur la capitale et les Hauts-de-Seine en région parisienne, voire concentrée
dans quelques arrondissements de l’ouest parisien et au sein de la ville de Neuilly-sur-Seine
pour les plus riches des plus riches.

Mais la richesse prospère aussi dans quelques zones privilégiées de province. Il faut zoomer
à l’échelle des communes ou des quartiers pour découvrir les lieux de vie prisés des plus
aisés. Plusieurs communes proches de la frontière suisse, par exemple, abritent une frange
de population aussi riche que celle des arrondissements les plus cossus de Paris.

À Paris, il faut 6 000 euros par mois après impôts à une personne seule pour se situer dans
les 10 % les plus riches locaux. Ce seuil atteint 12 400 euros dans le 7e arrondissement et près
de 22 000 euros dans le quartier « Gros caillou », au pied de la tour Eiffel. En Haute-Savoie,
le seuil d’entrée dans les 10 % les plus riches est de 5 000 euros. Veyrier-du-Lac, commune
limitrophe d'Annecy, est en tête de notre classement des petites villes où les riches sont les
plus riches, avec plus de 10 000 euros par mois pour 10 % de ses habitants.

14 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


Synthèse

Le logement distingue
Pour vivre heureux, vivons cachés ? Notre dossier (voir page 22) lève un coin du voile sur
les conditions de vie des riches. Être riche permet de maitriser son temps et de se déplacer
beaucoup plus, par exemple. 40 % des ménages situés dans les 10 % les plus riches font
appel à des services domestiques. 97 % des Français qui gagnent plus de 2 500 euros par
mois partent en vacances. Dans une voiture de seconde classe du TGV, un voyageur sur
deux est cadre, une proportion cinq fois plus importante que leur part dans l'ensemble de la
population française.

Les conditions de logement distinguent nettement les personnes situées au-dessus du seuil
de richesse. Être riche permet tout d’abord d’être propriétaire de son logement. 87 % des
ménages riches sont dans ce cas, contre 58 % des autres ménages, selon les calculs de Vivien
Charbonnet de l’Université de Tours.

Partout où ils vivent, les ménages riches ont un logement plus grand que leurs voisins. Que ce
soit dans l’agglomération parisienne, dans une grande ville de province ou à la campagne, un
ménage riche dispose en moyenne d’environ 50 % de surface en plus que les autres ménages.

Les biens immobiliers des riches ne se limitent pas à leur résidence principale. Près des
deux tiers d’entre eux possèdent un autre bien, contre seulement 22 % des autres ménages.
Résidence secondaire, logement mis en location, pied-à-terre, terrain… : ces biens leur
procurent soit des revenus supplémentaires, soit des lieux où partir en vacances plus
souvent et inviter familles et relations.

Et depuis 2021 ?
Les données les plus récentes publiées sur les niveaux de vie en France portent sur l'année
2021. L’inflation a depuis rebattu les cartes et il est bien difficile de savoir comment ont
évolué le nombre de riches et leur part dans la population. En général, en période de hausse
des prix, les plus aisés sont bien plus à même de faire valoir leurs revendications pour éviter
de perdre du pouvoir d’achat.

Au cours des dernières années, les revenus du patrimoine ont progressé bien plus vite que
les prix : de 7 % en 2022 et de 16 % en 2023. Au grand profit des catégories les plus aisées ■

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 15


Chiffres-clés
Le tableau de bord de la richesse en 2024

Seuil de richesse en revenus Nombre de riches

3 860 € 4,7 millions


par mois pour un de personnes
adulte. C’est le double vivent au-dessus du
du niveau de vie seuil de richesse.
médian.
Riche Médian

Après impôts. Source : calcul de l’Observatoire des Source : estimation de l’Observatoire des inégalités
inégalités d’après l’Insee – Donnée 2021 d’après l’Insee – Donnée 2021

Part de riches Répartition des revenus

7,4 % Les 10 % les plus riches


reçoivent
de la population
est riche. 35 % de l’ensemble
des revenus, avant
impôts.

Source : estimation de l’Observatoire des inégalités


d’après l’Insee – Donnée 2021 Source : Word Inequality Database – Donnée 2022

Seuil de richesse en patrimoine Ménages fortunés

5 millions
531 000 € de ménages,
C'est trois fois le soit 17 % de la
patrimoine brut population, se situent
médian. au-dessus du seuil de
Riche Médian richesse en patrimoine.
Source : estimation de l’Observatoire des inégalités
Source : Insee – Donnée 2021 d’après l’Insee – Donnée 2021

Première fortune de France Répartition du patrimoine

La fortune de Bernard Les 10 % les plus


Arnault (patron de fortunés disposent de

=
LVMH) est équivalente
à la valeur de tous
47 % du patrimoine
de l’ensemble des
Tous les logements de les logements de ménages.
Marseille et de Marseille et de Nantes.
Nantes
Source : estimation de l’Observatoire des inégalités
d’après le magazine Challenges – Donnée 2023 Source : Insee – Donnée 2021

16 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


Chiffres-clés

L'échelle de la richesse

Les seuils de revenus

Niveau de vie mensuel


Part dans la population
minimum Nombre de personnes
en %
en euros

10 % les plus riches 3 489 6,4 millions 10,0

Seuil de richesse 3 860 4,7 millions 7,4

5 % les plus riches 4 417 3,2 millions 5,0

1 % le plus riche 7 180 635 000 1,0

Niveau de vie pour une personne seule après impôts.


Lecture : 4,7 millions de personnes ont un niveau de vie mensuel supérieur au seuil de richesse fixé à 3 860 euros par mois.
Source : calculs de l’Observatoire des inégalités d’après l’Insee – Données 2021 (2018 pour le 1 %)

Le seuil de richesse par type de ménage

Personne seule 3 860

Famille monoparentale avec un enfant de moins de 14 ans 5 018

Couple sans enfant 5 790


Revenus mensuels par ménage, après impôts et
prestations sociales, en euros.
Couple avec un enfant de moins de 14 ans 6 948
Lecture : une personne seule riche a des revenus
Couple avec deux enfants de plus de 14 ans 9 650 situés au-dessus de 3 860 euros par mois.
Source : calculs de l'Observatoire des inégalités
Couple avec trois enfants dont un de moins de 14 ans 10 808
d'après l'Insee – Données 2021

L’échelle des fortunes

Patrimoine minimum Part dans la population


Nombre de ménages
en euros en %

Seuil de richesse en patrimoine 531 000 5,1 millions 16,9

10 % les plus fortunés 716 300 3 millions 10,0

5 % les plus fortunés 1 034 600 1,5 million 5,0

1 % le plus fortuné 2 239 200 300 000 1,0

Milliardaires 1 000 000 000 141 n.s.*

Patrimoine brut par ménage. *n.s. : non significatif.


Lecture : 16,9 % des ménages sont riches en patrimoine. Ils possèdent plus de 531 000 euros.
Source : calculs de l’Observatoire des inégalités d’après l’Insee et le magazine Challenges – Données 2021, 2023 pour les
milliardaires

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 17


Chiffres-clés

Comment la richesse évolue-t-elle ?


Article (3465) Recalculer cette page Relecture temporaire
Évolution du nombre de riches
6 000 Nombre de riches
En 2011, la France comptait
5 500
5,5 millions de personnes situées
5 000 au‑dessus du seuil de richesse,
Unité : milliers

le nombre le plus élevé de la


4 500 dernière décennie.

4 000 En 2021, le nombre de riches


est de 4,7 millions, soit 784 000
3 500 personnes de moins que dix ans
plus tôt.
3 000
Source : estimations de l’Observatoire des
2010 2012 2014 2016 2018 2020 inégalités d’après l’Insee

Donnée provisoire pour 2021.


4 000 Seuil de richesse
Lecture : 4,7 millions de personnes ont un niveau de vie supérieur
au seuil de richesse en 2021.
Le seuil de richesse était de
Source : estimations de l'Observatoire des inégalités, d'après 3 367 euros pour une personne
l'Insee3 –500
© Observatoire des inégalités
seule en 2001. Ce montant est
Unité : euros

exprimé en euros de 2021 pour


tenir compte de l’inflation.
3 000 20 ans plus tard, il est de
3 860 euros. Il faut 15 % de revenus
en plus pour être considéré
2 500 comme riche.
1996 2000 2005 2010 2015 2020 Source : estimations de l’Observatoire des
inégalités d’après l’Insee
Article (3465) Recalculer cette page Relecture temporaire
Évolution de la part des 10 % les plus
fortunés dans l'ensemble du patrimoine
des ménages
50 Part des 10 % les plus
fortunés dans l’ensemble du
patrimoine des ménages
45
En 2010, les 10 % les plus fortunés
Unité : %

possédaient 41,3 % de l’ensemble du


patrimoine des ménages français.
40
En 2021, leur part est passée à
47,1 %, soit une augmentation de
35 5,8 points.
2010 2012 2014 2016 2018 2020 Source : Insee

Part des 10 % les plus fortunés

18
Patrimoine brut. L'endettement
- Rapport n'est
sur les riches en pas pris
France 2024 en compte.
- Observatoire des inégalités
Lecture : les 10 % les plus fortunés des ménages détiennent 47,1 %
du patrimoine brut total en 2021.
Chiffres-clés

Portrait des riches en France

Vous avez plus de chances de vous situer au-dessus du seuil de richesse


en revenus si vous êtes…

Cadre du privé Âgé


ou du public 15 % des ménages dont la personne
25,5 % des cadres sont riches, de référence a entre 60 et 64 ans
contre 1 % des ouvriers. sont riches, contre 1 % des moins
de 30 ans.

Un homme À la tête d'un


Il y a deux fois plus d’hommes
patrimoine élevé
que de femmes parmi les 10 % des 52 % des 10 % les plus fortunés se
salariés les mieux payés. situent aussi parmi les 10 % les
plus riches en revenus.

Sources : Insee et calculs de Vivien Charbonnet de l’Université de Tours – Données 2020 pour les catégories sociales, 2019 pour
l'âge, 2022 pour le sexe, 2021 pour le patrimoine.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 19


Chiffres-clés

Comment vivent les riches ?

Des propriétaires de leur logement, voire plus

87 % 63 %
des ménages riches sont des ménages riches sont propriétaires
propriétaires de leur logement d’un autre bien immobilier, comme
contre 58 % des autres ménages. une résidence secondaire ou un
logement mis en location,
contre 22 % des autres ménages.

Source : calculs de Vivien Charbonnet de l’Université de Tours d’après l’Insee – Données 2019

Des logements plus grands que les autres ménages

50 % 69 % 47 %
de surface de surface de surface
supplémentaire dans supplémentaire dans supplémentaire
les petites villes. les grandes villes dans l’agglomération
hors Paris. parisienne.

Source : calculs de Vivien Charbonnet de l’Université de Tours d’après l’Insee – Données 2019

Des services domestiques

Created by WEBTECHOPS LLP


from the Noun Project
40 %
des ménages situés parmi les 10 % plus riches ont
recours aux services à la personne, contre 6 % parmi
les 10 % les plus pauvres.

Source : ministère de l’Économie – Données 2020

20 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


Analyse
2021-2024 : une hausse des revenus du
patrimoine très favorable aux riches
Disons-le tout net, les données dont nous disposons ne permettent pas d’observer l’évolution
des revenus depuis 2021, dernière année pour laquelle l’Insee a publié des chiffres. Et
pourtant, nous avons de bonnes raisons de penser que les trois dernières années, marquées
par le retour de l’inflation, ont été favorables aux plus aisés.

Côté salaires, la progression annuelle est de l’ordre de 4 % en 2022 et 2023 : globalement, les
fiches de paie suivent plus ou moins l’inflation, avec retard certes, et pas dans toutes les
entreprises. Le retour de la hausse des prix met en jeu des rapports de pouvoir : celui qui
s’en sort le mieux est celui qui est en position de force pour négocier. Les perdants sont en
général les moins qualifiés des petites entreprises en situation concurrentielle qui disposent
de peu de marges, notamment dans le domaine des services.

Les revenus du patrimoine progressent bien davantage. L’Insee table sur une hausse de 7,3 %
en 2022 et de 15,5 % en 2023, soit trois fois plus que la progression des revenus d’activité[1].
Dans une étude parue en décembre[2], l’institut estimait que les dividendes avaient augmenté
de 10 % en 2022 et d'autant en 2023. Mais ces revenus, versés aux propriétaires d’actions, ne
concernent qu’une petite fraction de la population : 96 % des dividendes sont attribués à 1 %
de l’ensemble des foyers fiscaux selon France Stratégie (donnée 2021)[3].

Pour bénéficier de revenus tirés d'un patrimoine, il faut pouvoir mettre de l’argent de côté
pour se constituer ce capital, ce qui est loin d’être le cas du commun des mortels. Les revenus
du patrimoine représentent 18 % des revenus des riches contre 4 % de ceux des autres
ménages, selon l’étude réalisée par Vivien Charbonnet de l’Université de Tours[4] (d’après les
données de l'Insee pour 2019).

Depuis cette date, les revenus du patrimoine sont beaucoup moins imposés[5] : les plus riches
bénéficient à plein de la hausse de ce type de revenus. Côté imposition toujours, cerise sur le
gâteau, depuis le 1er janvier 2024, la taxe d’habitation a été totalement supprimée, même pour
les plus hauts revenus, ce qui améliore leur situation déjà privilégiée.

On ne connaitra vraiment la situation des revenus de 2024 qu’en 2026 avec la publication des
données de l’Insee sur les inégalités de niveaux de vie. Mais il y a fort à parier que les riches,
et notamment leur frange supérieure, auront largement tiré leur épingle du jeu ■

[1] « La reprise se fait attendre », Note de conjoncture, Insee, mars 2024.


[2] « La désinflation en bonne voie », Note de conjoncture, Insee, décembre 2023.
[3] Rapport final du comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital, France Stratégie, octobre 2023.
[4] Richesse et conditions de vie, mémoire de recherche, Vivien Charbonnet, Université de Tours, 2023.
[5] Voir « Taxation des revenus financiers : un cadeau de 100 000 euros pour les plus riches », Noam Leandri et Louis
Maurin, Observatoire des inégalités, 24 septembre 2018.

21 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


Dossier Portrait des riches
en France
Qui sont les riches ? Notre dossier répond de deux manières à
cette question : en décrivant leurs conditions de vie d’un côté,
et leurs caractéristiques sociologiques de l’autre.

Nous ne dévoilons pas ici la folie des grandeurs de la jet


set française avec ses yachts et avions privés. Nul besoin
d’appartenir au clan des hyper-riches pour se distinguer. Avec
des revenus à la hauteur de notre seuil de richesse, on bénéficie
déjà d’un confort de vie qui n’a rien à voir avec celui du commun
des mortels. La première partie de ce dossier dépeint les modes
de vie d’une couche sociale qui vit bien, pourvue notamment
d’une meilleure maitrise du temps et de l’espace. Elle détaille
aussi, grâce à des données inédites, ses avantages en termes
de logement, en province comme dans la capitale.

Quant au portrait-robot du riche français, il dessine un cadre


supérieur du privé ou du public, âgé de plus de 50 ans et bien
plus souvent un homme. Que l’on s’intéresse aux riches en
revenus ou aux riches en patrimoine, ces traits typiques sont
communs, tant les deux populations se recoupent ■

22 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

Comment vivent les riches ?


Avec un revenu minimum de 3 900 euros par mois pour une personne seule, 5 800 euros pour un
couple sans enfant ou 9 650 euros pour une famille avec deux enfants de plus de 14 ans, on vit
très bien en France. Mais comment vit-on concrètement ? Le portrait et les modes de vie de
ces ménages ne sont pas simples à dessiner puisque la statistique publique française ne fixe
pas de seuil de richesse. De son côté, la sociologie décrit surtout l’univers de l’ultra‑richesse.
La presse people regorge de portraits de stars, de grands patrons ou de sportifs de haut
niveau, mais il ne s’agit que d’une minuscule frange d’ultra-riches qui empêche de voir tous
les autres.

Au fil de nos rapports, en rassemblant des données de sources diverses, nous entrevoyons les
modes de vie des riches. Le voile se lève partiellement : nous publions dans ce document les
résultats inédits de la recherche réalisée par Vivien Charbonnet de l’Université de Tours[1], qui
font progresser la connaissance.

Être riche permet de bien se loger, le pilier principal de la qualité de vie. Cela permet de choisir
son lieu de vie, son quartier et son environnement quand la grande majorité doit rechercher
un logement social ou s’éloigner des centres-villes pour disposer d’un minimum d’espace.
Être riche donne la possibilité d’habiter dans des quartiers où les prix de l’immobilier sont
extrêmement élevés, quitte à réduire son train de vie pour demeurer avec ses semblables
(voir page 28). Ajoutons que 87 % des ménages riches sont propriétaires (voir page 29). Une
protection non négligeable par rapport aux aléas de la location, qui permet aussi d’investir
dans la pierre et de se constituer un patrimoine.

Selon le travail de Vivien Charbonnet, les ménages riches disposent dans leur logement de
37 m2 de plus que les autres en moyenne (voir page 27). Presque partout, à Paris comme
en province, leurs surfaces d'habitation sont 50 % plus importantes que les autres ménages.
S’ils sont loin de tous loger dans des palaces ou des lofts immenses, les riches ont de quoi
vivre de manière différente, par exemple la possibilité de s’isoler ou de recevoir chez eux. Ou
de disposer d'un confort complémentaire, un bureau, une place de parking, une terrasse, ou
encore un jardin. La qualité de leur logement est souvent bien meilleure : 7 % de ceux dont le
niveau de vie est supérieur à 2 500 euros par mois se plaignent du froid en hiver dans leur
habitation, contre 28 % de ceux qui ont moins de 1 000 euros, selon l’Ademe[2] (données 2023).

Deux tiers des riches ne se contentent pas d'une résidence principale mais disposent d’au
moins un autre bien immobilier (voir page 31) : une résidence secondaire, un logement à louer
ou un autre bien tel qu'un parking, un terrain, etc. Selon le recensement de l’Insee, on compte
ainsi 3,6 millions de résidences secondaires ou logements occasionnels[3], qui représentent
environ 10 % de l'ensemble des logements en France.

[1] Les conditions de la richesse : sociodémographie des ménages aisés, 2022, ainsi que Richesse et conditions de
vie, 2023, mémoires de recherche de sociologie, Vivien Charbonnet, Université de Tours. Vivien Charbonnet est par
ailleurs directeur du développement de l’Observatoire des inégalités.
[2] « Baromètre sobriétés et modes de vie », Ademe, mars 2024.
[3] Logement utilisé pour des raisons professionnelles, comme un pied‑à‑terre près du lieu de travail occupé une
partie de la semaine par exemple.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 23


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

Être riche donne aussi la possibilité de consommer des produits auxquels les autres n’ont
pas accès. La voiture de luxe est l’un des attributs des riches : 7 % des immatriculations de
véhicules neufs sont classées dans la catégorie « modèle supérieur-luxe[4] » en 2021, selon le
Comité français des constructeurs automobiles. Plus généralement, un niveau de vie élevé
permet d’accéder à tout un univers de biens de qualité, de l’électroménager aux vêtements,
en passant par l’alimentation.

Un revenu élevé favorise aussi l'accès à des services. Par exemple, s’offrir le travail de
personnes à domicile, ce qui constitue un puissant marqueur social. Selon une étude du
ministère de l’Économie, 40 % des ménages situés dans les 10 % les plus aisés ont recours aux
services à la personne, contre 6 % des 10 % aux revenus les plus faibles[5]. Et encore, pour les
plus modestes, le chiffre comprend des personnes âgées aux faibles revenus qui disposent
d’une aide à domicile prise en charge au moins en partie par la collectivité.

Les services domestiques – financés en partie par l'octroi d'une réduction de l'impôt sur
le revenu – permettent de se débarrasser des tâches ingrates, comme le nettoyage, et de
consacrer ce temps libéré à d'autres activités plus valorisées. Au-delà du fait d’acheter le
temps de travail des moins bien lotis, les riches maitrisent ainsi mieux leur temps libre[6].

Un niveau de vie élevé donne aussi la maitrise de l’espace, le pouvoir de se déplacer facilement
et rapidement, dans des conditions plus confortables, notamment pour aller loin[7]. Avoir un
véhicule de qualité et récent est une première condition. Pour ce qui est des déplacements en
train, les cadres supérieurs (hors retraités), qui représentent 10 % de la population, forment
48 % des voyageurs en seconde classe du TGV classique et 51 % en première classe, selon
des données 2019 de l’Autorité de régulation des transports[8]. 11 % de la population prend
l’avion de manière régulière (au moins deux fois par an) d’après un sondage de la Fondation
Jean‑Jaurès, mais c’est le cas de 31 % des personnes de catégorie « aisée » qui vivent avec
plus de 2 500 euros par mois pour une personne seule[9].

Enfin, être riche permet d’accéder à un espace bien plus large de loisirs. Par le biais d’une
résidence secondaire où l'on peut se ressourcer, mais aussi accueillir des proches ou d'autres
relations. On peut aussi se dépayser, par exemple en partant à la montagne l’hiver : moins de
10 % des Français sont concernés, mais les cadres supérieurs sont deux fois plus souvent dans
ce cas[10]. Plus globalement, seulement 3 % des personnes qui vivent avec plus de 2 500 euros
par mois ne sont pas parties en vacances en 2023 selon l’Ademe, contre 46 % de celles qui
ont moins de 1 000 euros. Côté hébergement, les quatre et cinq étoiles, accessibles aux plus
aisés, représentent près d’un quart des nuits d’hôtel (donnée Insee 2023), soit près de 4 % du
total des nuitées touristiques.

[4] Une catégorie qui correspond, par exemple, à une Citroën DS9, à une Renault Talisman ou à une BMW série 3.
[5] « Les services à la personne : un marché confronté à des défis majeurs d’ici 2030 », Les Thémas de la DGE n° 15,
ministère de l’Économie, novembre 2023.
[6] Voir « Les maitres du temps prospèrent grâce aux flexibles », Louis Maurin, Observatoire des inégalités,
24 mai 2018.
[7] Concernant la mobilité du quotidien, être riche peut aussi permettre de moins se déplacer, en optant pour un lieu
de vie à proximité des services : commerces, écoles, santé, équipements culturels ou de loisirs, etc.
[8] « Enquête 2019 auprès des voyageurs en trains à grande vitesse », Autorité de régulation des transports,
juillet 2020.
[9] « Les Français, les voyages et l’avion », Sondage Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès, juin 2022. Au passage :
2 500 euros mensuels est un montant nettement inférieur à notre seuil de richesse.
[10] « Les sports d’hiver, une pratique de privilégiés », Observatoire des inégalités, 7 février 2024.

24 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

Pour prolonger notre voyage au pays des riches, il faudrait disposer des données détaillées
des professionnels du marketing qui réalisent des études de marché, non accessibles au
grand public. La recherche en France se désintéresse de ce sujet. Il faut aussi multiplier les
dimensions : croiser par exemple le niveau de diplôme et le revenu pour mesurer l’effet de
ce double capital économique et culturel. Ainsi, 16 % des cadres supérieurs ont assisté à un
concert de musique classique dans l’année et 29 % à un concert de jazz selon l’enquête 2018
du ministère de la Culture, contre respectivement 6 % et 11 % de la population. Ces pratiques
culturelles, très subventionnées, proposent des tarifs d’entrée équivalents, voire inférieurs,
aux concerts fréquentés par les milieux plus modestes. C’est moins le revenu qui est en jeu
dans ce domaine que la maitrise des codes culturels, le milieu social dans lequel on vit et
notamment les habitudes prises dans l’enfance.

Pour mieux décrire le monde des riches, il faudrait enfin pouvoir aborder les relations
sociales. Disposer d’un réseau d’amis et de relations familiales constitue aussi une forme
de richesse, un « capital social », même si dans ce domaine les instruments de mesure
sont délicats à manier. Les milieux favorisés ont un réseau d’amis plus large, un constat qui
ne s'explique pas seulement par leur niveau de revenus certes, mais les moyens financiers
jouent tout de même en la matière : seul 1 % des 20 % les plus favorisés indiquait ne pas
avoir les moyens de recevoir des amis, contre 29 % des 20 % aux plus bas revenus, selon
l’Insee (données 2019). Entretenir un cercle amical a l’apparence du désintéressement
mais produit des intérêts sous la forme de coups de pouce et de renvois d’ascenseur, qu’il
s’agisse de trouver un stage, un emploi ou un lieu de vacances, par exemple ■

Louis Maurin, avec Rémy Blans

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 25


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

Être riche, c’est avoir du pouvoir. Mais lequel ?


L’origine du mot « riche » vient de la racine germanique rik. En ancien français, le riche
est un puissant. Au fil du temps, le puissant s’est transformé en possédant, celui qui
détient beaucoup de biens. Le puissant est-il toujours riche et le riche toujours puissant ?
L’un va rarement sans l’autre, mais la nuance est intéressante. Notre seuil de richesse
monétaire a une portée limitée du point de vue de la sociologie : il n’exprime pas le
pouvoir qu’une partie de la population exerce sur les autres.
Analyser la conversion de l’argent en puissance est central. Les choses que l’on possède
constituent en partie des signes symboliques du pouvoir. Plus concrètement, avoir
beaucoup d’argent permet de payer à ses enfants des scolarités inaccessibles à d’autres,
dans le privé ou à l’étranger par exemple, qui leur donneront à leur tour un capital culturel
source de pouvoir. Certains peuvent acheter des médias ou de l’espace médiatique pour
mettre en avant leurs idées, ou encore s’offrir des campagnes électorales pour accéder
au pouvoir. Le meilleur exemple est le milliardaire du transport logistique Vincent
Bolloré qui rachète télévisions, radios et magazines pour diffuser une idéologie ultra-
conservatrice.
Mais le pouvoir ne se limite pas une élite. D’une manière plus générale, les dirigeants
d’entreprise déterminent la vie professionnelle de leurs salariés, qui sont parfois des
dizaines de milliers et peuvent se retrouver du jour au lendemain sans emploi. À un
échelon en dessous, dans l’univers professionnel privé comme public, celui qui décide
du type d’un contrat de travail (à durée déterminée ou en intérim par exemple) ou du
niveau de salaire, modèle la vie de ses subordonnés par ses décisions. Si on observe les
professions, deux tiers des riches salariés sont des cadres supérieurs du public ou du
privé (voir page 33), c’est-à-dire ceux qui pensent les orientations et transmettent leurs
décisions, qui doivent être appliquées par les exécutants. De même, les enseignants qui
notent les élèves ou décident de leur orientation déterminent la vie future de ces jeunes
et ont un énorme pouvoir sur leurs parcours. Dans la presse, les directions éditoriales
décident des prises de position qui sont publiées et ont ainsi le pouvoir de déterminer
une grande partie du débat public.

26 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

Logement : des conditions


de vie qui distinguent
Vivre dans de grands espaces
Le logement est au cœur de ce qui fait que l’on vit dans de bonnes conditions matérielles.
Plus un lieu de vie est spacieux, plus on est à l’aise, libre de ses mouvements. On dispose
de plus d’intimité grâce à la possibilité de s’isoler des autres membres de son foyer, mais
aussi de ses voisins. Un grand logement permet également d'accumuler davantage de
biens matériels pour un confort supplémentaire (un bureau par exemple) ou comme signe
de distinction sociale (une chambre d’amis).

Les revenus des riches leur permettent d’accéder à des logements plus grands : deux
tiers d’entre eux vivent dans des logements de plus de 100 m2, selon les calculs de Vivien
Charbonnet de l’Université de Tours[11]. C’est le cas de seulement à peine plus d’un tiers des
ménages moins aisés. Près d’un tiers des riches vivent dans un logement de plus de 150 m2,
contre seulement 8 % du reste de la population. En moyenne, un ménage aisé dispose
de 37 m2 de plus que les autres. C’est, à titre de comparaison, quasiment autant que la
surface moyenne dont bénéficie une personne pauvre en France.

Surface de logement par personne selon le niveau de richesse et le type de commune

Surface supplémentaire pour les ménages


Ménages riches Autres ménages
riches par rapport aux autres ménages
en m2 par personne en m2 par personne en m2 par personne en %

Commune rurale 85 59 26 45

Ville de 2 000 à moins de


76 53 24 45
10 000 habitants

Agglomération de 10 000 à
83 55 28 50
moins de 50 000 habitants

Agglomération de 50 000 à
75 49 26 52
moins de 200 000 habitants

Agglomération de 200 000


78 46 32 69
à 2 millions d'habitants

Agglomération de Paris 54 37 17 47

Lecture : les ménages situés au-dessus du seuil de richesse vivant dans une commune rurale disposent d'un logement de 85 m2 par
personne en moyenne, soit une surface de 45 % de plus que les autres ménages de communes rurales.
Source : calculs de Vivien Charbonnet de l’Université de Tours d’après l’Insee (enquête SRCV) – Données 2019

[11] Richesse et conditions de vie, [Link].

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 27


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

C’est la maison – et la maison spacieuse[12] – qui monopolise les faveurs des ménages aisés :
hors région parisienne, quasiment la moitié d’entre eux habitent ce type de logement,
quand c’est le cas de seulement 21 % des autres ménages. En région parisienne, densité de
l’habitat oblige, les ménages aisés se rabattent sur des maisons moins grandes ou sur des
appartements. Le fait que 11 % des ménages aisés habitent tout de même un appartement
exigu en région parisienne peut étonner. Il ne faut cependant pas oublier que cette
définition, surtout appliquée à Paris intra-muros, est relativement large. Elle inclut les
logements dont la surface par habitant monte jusqu’à 25 m2, soit, dans le cas d’un couple
avec un enfant en bas âge, un appartement de 75 m2, ce qui, en plein centre de Paris,
représente tout de même une situation enviable pour la grande majorité des Parisiens ■

Répartition des ménages selon le type Répartition des ménages selon le type
de logement et le niveau de richesse de logement et le niveau de richesse
en région parisienne hors région parisienne
Unité : % Unité : %
Ménages Autres Ménages Autres
riches ménages riches ménages
Appartement exigu 11 32 Appartement exigu 1 7
Appartement moyen 29 24 Appartement moyen 5 12
Appartement spacieux 27 20 Appartement spacieux 15 15
Maison exigüe 4 10 Maison exigüe 8 18
Maison moyenne 15 10 Maison moyenne 23 27
Maison spacieuse 15 4 Maison spacieuse 48 21
Ensemble 100 100 Ensemble 100 100

Lecture : en région parisienne, 11 % des ménages situés Lecture : hors région parisienne, 48 % des ménages situés
au-dessus du seuil de richesse vivent dans un appartement au-dessus du seuil de richesse vivent dans une maison spa-
exigu, contre 32 % des autres ménages. cieuse, contre 21 % des autres ménages.
Source : calculs de Vivien Charbonnet de l’Université de Tours d’après l’Insee (enquête SRCV) – Données 2019

Les riches sont-ils moins riches à cause du coût du logement en


région parisienne ?
L’argument du prix du logement est souvent avancé pour disqualifier le seuil de richesse
(voir page 8) : ce cout est si élevé dans la capitale que les riches ne le seraient pas tant que
cela si on prenait en compte cette dépense. La première question à se poser est celle du
choix de la localisation : de nombreux Parisiens pourraient se loger à un prix bien moindre
en se déplaçant de quelques kilomètres, parfois de quelques centaines de mètres. Pourquoi
donc aller se loger au cœur du cossu 7e arrondissement de Paris quand on pourrait avoir
un logement bien moins cher tout près ? La question est rarement posée. Ensuite, on peut
considérer la taille du logement. Bien sûr, les ménages situés au-dessus du seuil de richesse
vivent dans des logements plus étroits à Paris qu’à la campagne : 54 m2 par personne en
moyenne, contre 85 m2 en milieu rural. Mais tout est relatif : dans l’agglomération parisienne,
les ménages riches disposent d’1,5 fois plus de surface que les autres Parisiens. On retrouve
ce rapport de 1,5 presque partout sauf dans les métropoles de plus de 200 000 habitants où
il est de 1,7. Enfin, les prix élevés de l’immobilier au centre des métropoles représentent le
prix à payer pour vivre dans des quartiers où les services (commerces, lieux culturels, écoles,
santé, etc.) sont bien plus développés et souvent de meilleure qualité qu'ailleurs.

[12] Les logements spacieux sont définis comme ceux qui appartiennent au quart supérieur (plus de 75 m2 par personne
pour une maison et plus de 55 m2 pour un appartement). Les logements exigus sont ceux qui figurent dans le quart des
plus petites surfaces (moins de 33 m2 par personne pour les maisons, moins de 25 m2 pour les appartements).

28 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

Presque toujours propriétaires de leur logement

87 % des ménages riches possèdent leur logement, contre 58 % des autres ménages. 13 %
seulement des riches sont locataires, contre 42 % du reste de la population.

Parmi les propriétaires dont les revenus sont situés au-dessus du seuil de richesse, 34 %
sont des accédants à la propriété (ils remboursent un emprunt pour l’achat de leur résidence
principale), une situation moins fréquente que chez les autres propriétaires qui comptent
39 % d’accédants. Les ménages riches sont en moyenne plus âgés : il est donc probable
qu’une plus large partie d’entre eux ait terminé de rembourser leur emprunt.

En réalité, les propriétaires riches de moins de 46 ans ont davantage recours au crédit : 93 %
d’entre eux sont accédants à la propriété, contre 88 % des autres propriétaires de cet âge.
Probablement parce qu’ils peuvent plus facilement emprunter grâce à leurs revenus, à un
apport plus important et à de meilleures conditions d’emploi. Les ménages riches sont plus
nombreux à être propriétaires et ils le sont aussi plus tôt, ce qui leur permet de prendre un
temps d’avance dans la constitution d’un capital ■

Le statut d’occupation du logement selon le niveau de richesse

Ménages riches Autres ménages

Nombre Répartition Nombre Répartition


en milliers en % en milliers en %

Propriétaire 2 055 87 15 536 58

Locataire ou sous-locataire 299 13 11 144 42

Ensemble 2 354 100 26 680 100

Lecture : 87 % des ménages riches sont propriétaires de leur logement.


Source : calculs de Vivien Charbonnet de l’Université de Tours d’après l’Insee (enquête SRCV) – Données 2019

L'accession à la propriété selon le niveau de richesse et l'âge

Ménages riches Autres ménages

Nombre Répartition Nombre Répartition


en milliers en % en milliers en %

Non accédant 1 348 66 9 416 61

Accédant 707 34 6 120 39

Ensemble des propriétaires 2 055 100 15 536 100

Non accédant de moins de 46 ans 24 7 471 12

Accédant de moins de 46 ans 320 93 3 612 88

Ensemble des propriétaires de


344 100 4 083 100
moins de 46 ans

Lecture : 34 % des ménages riches et propriétaires sont accédants à la propriété.


Source : calculs de Vivien Charbonnet de l’Université de Tours d’après l’Insee (enquête SRCV) – Données 2019

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 29


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

Moins d’efforts financiers pour le logement


Les 13 % de ménages riches locataires réservent une partie bien moins importante de leurs
revenus au paiement de leur loyer que les moins aisés. 61 % d’entre eux y consacrent moins
de 15 % de leurs ressources contre seulement 18 % des autres ménages. Aucun ménage
riche ne dédie plus d’un tiers de ses revenus à son loyer, alors que 21 % des autres ménages
sont dans ce cas. Au passage, 9 % des locataires riches, soit 1 % du total des ménages
riches, résident dans un logement social, une situation qui peut être due au fait que les
conditions de revenus pour intégrer ce type d'habitat ne sont requises qu’au moment de
l’attribution du logement, plus rarement après.

Chez les propriétaires, la part du revenu consacrée au remboursement d'un crédit


immobilier[13] montre que le cout du logement reste moindre pour les ménages riches en
comparaison de leurs ressources : il représente moins d’un quart de leurs revenus pour 84 %
d’entre eux, alors que c'est le cas de 68 % des autres ménages. Acquérir un patrimoine
immobilier demande bien moins de sacrifices financiers aux ménages riches.

Ces données vont à rebours des commentaires selon lesquels le cout du logement réduirait
la portée du seuil de richesse, et qui suggèrent qu’il faudrait en tenir compte plutôt que du
seul revenu disponible (voir page 8). Les ménages aisés sont en large majorité proprié-
taires et, quand ils ne le sont pas,
Part du revenu consacrée au logement selon le
ils dépensent en loyer une part
niveau de richesse et le statut d'occupation
de leur revenu beaucoup moins
Unité : %
importante que les autres. Cela
alors qu’ils occupent de meilleurs
Ménages riches Autres ménages logements : plus grands, plus sou-
Part du revenu consacrée au loyer par un ménage locataire vent des maisons individuelles,
dans un environnement plus serein
Moins de 15 % 61 18
(voir page 27). Les ménages ai-
Moins d'un quart 96 59 sés bénéficient de conditions de
vie largement plus favorables tout
Mois d'un tiers 100 79
en ayant à y consacrer beaucoup
Part du revenu consacrée au loyer par un ménage accédant à
la propriété
moins de ressources en pourcen-
tage de leurs revenus que le reste
Moins de 15 % 41 23
de la population. Et ce, quel que
Moins d'un quart 84 68 soit le lieu de résidence – qu’ils
ont toute latitude pour choisir ■
Mois d'un tiers 93 89

Lecture : 61 % des ménages riches et locataires consacrent moins de 15 %


de leur revenu au paiement du loyer de leur logement.
Source : calculs de Vivien Charbonnet de l’Université de Tours d’après
l’Insee (enquête SRCV) – Données 2019

[13] Le remboursement d’un emprunt n’est pas comparable à un loyer : il s’agit d’un investissement. Pour mesurer au
sens strict le cout du logement des accédant à la propriété, il faudrait restreindre leurs dépenses aux seuls intérêts et
à l’assurance de leur crédit.

30 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

Logement à louer, résidence secondaire : le bon


gout de la multipropriété
La propriété immobilière est un critère important qui distingue les riches, au-delà de leur
lieu de vie : seuls 8 % des ménages riches ne sont propriétaires d’aucun bien immobilier,
selon les travaux de Vivien Charbonnet de l’Université de Tours[14]. Si 87 % sont propriétaires
de leur résidence principale (voir page 29), 63 % des ménages riches possèdent un autre type
de bien contre 22 % dans le reste de la population. Au total, le taux de propriétaires d’un ou de
plusieurs biens immobiliers dans cette catégorie de population est de 92 %.

Parmi les riches qui possèdent un autre bien que leur résidence principale, la moitié sont
propriétaires d’au moins un logement dit « de rapport », c'est-à-dire d'un bien qu’ils mettent
en location. La constitution de ce patrimoine immobilier est le premier pas d'une stratégie
d’accumulation : les revenus qui en sont issus permettent de faire grossir la fortune qui, à son
tour, procure des revenus… Les revenus fonciers représentent en moyenne 9 % du revenu brut
des ménages aisés, soit 11 400 euros en 2019 selon l’auteur de ces travaux. Ce pourcentage
peut paraitre accessoire mais la somme l’est beaucoup moins : elle représente quasiment
1 000 euros par mois en moyenne, soit 70 % de ce que touche une personne au smic.

Qui possède d’autres biens immobiliers que sa résidence principale ?

Ménages riches Autres ménages

Nombre Répartition Nombre Répartition


en milliers en % en milliers en %

Aucun bien immobilier ou


879 37 20 870 78
seulement une résidence principale
Au moins un bien immobilier autre
1 475 63 5 810 22
qu'une résidence principale

- Résidence secondaire 477 20 1 327 5

- Logement mis en location 759 32 1 667 6

- Autre logement
310 13 1 393 5
(non mis en location)

- Autre bien (parking, terrain, etc.) 246 10 2 019 8

Ensemble des ménages 2 354 100 26 680 100

Lecture : 20 % des ménages situés au-dessus du seuil de richesse possèdent une résidence secondaire, contre 5 % des autres
ménages.
Source : calculs de Vivien Charbonnet de l’Université de Tours d’après l’Insee (enquête SRCV) – Données 2019

[14] Op. cit.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 31


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

Percevoir des revenus substantiels de différentes sources, ce n’est pas seulement gagner
plus pour accumuler, c’est aussi anticiper les aléas de l’existence, sécuriser son avenir en
cas de coup dur. C’est particulièrement concret dans le cas d’un logement mis en location
qui peut être récupéré facilement au profit d’un enfant qui quitte le foyer par exemple. Il
faudrait ajouter à ces logements de rapport les biens classés dans la catégorie « autre bien »,
également gérés dans un objectif de rentabilité : une place de parking, une parcelle agricole,
des bois et forêts, etc., autant de biens qui augmentent sensiblement le niveau de vie des
ménages aisés tout en amortissant un trou d’air professionnel éventuel.

Enfin, la majeure partie du reste du patrimoine immobilier des ménages aisés est mise au
service direct de l’amélioration de leurs conditions de vie. 20 % d’entre eux possèdent au
moins une résidence secondaire, une proportion quatre fois plus importante par rapport aux
autres ménages. Un avantage qui permet de se mettre au vert tout en accueillant sa famille
ou des amis, d’entretenir des réseaux de sociabilité pendant ses congés sans les aléas d’une
location, ni en payer le prix. On pourrait également ajouter les autres biens non loués qui
diversifient les loisirs ou facilitent le quotidien : place de parking privative en ville, domaine
de chasse, etc. ■

32 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

Qui sont les riches ?


Surtout des cadres supérieurs
Le monde des riches est surtout un monde de
Taux de richesse selon la
cadres supérieurs. La mesure de la part des
catégorie sociale
riches au sein de chaque catégorie sociale le
Unité : %
montre. Un quart des cadres supérieurs ont un ni-
veau de vie supérieur au seuil de richesse, selon Agriculteurs 12,4

les données 2020 de l'Insee[15], soit trois fois plus Artisans, commerçants et
13,8
chefs d'entreprise
en moyenne que l'ensemble des actifs. Arrivent
ensuite les indépendants (agriculteurs, artisans, Cadres supérieurs 25,5

commençants et chefs d’entreprise) qui com- Professions intermédiaires 6,3


prennent entre 12 % et 14 % de riches, mais avec Employés 2,3
des inégalités de revenus énormes à l’intérieur de
Ouvriers 1,1
ces groupes. 6 % des professions intermédiaires,
Ensemble des actifs 8,6
les anciens « cadres moyens », ont des revenus
supérieurs au seuil de richesse. Et seulement Lecture : 12,4 % des agriculteurs se situent
au‑dessus du seuil de richesse.
entre 1 % et 2 % des ouvriers et des employés. Source : Insee – Données 2020

Une autre méthode permet de mieux appréhender la répartition des actifs riches, en
considérant le type d’emploi occupé : 23 % sont des indépendants, comme le montrent les
calculs réalisés par Vivien Charbonnet de l’Université de Tours[16] d'après des données 2019
de l'Insee. Parmi les salariés riches, deux tiers sont des cadres supérieurs ou directeurs :
46 % du privé et 21 % du public. Le tiers restant est composé principalement d’employés
(12 %), d’agents de maitrise et de représentants commerciaux du privé (7 %) et de
fonctionnaires de niveau intermédiaire (5 %).

La France qui vit bien est très loin de se résumer aux PDG des grandes entreprises. Il s’agit
plus généralement, que ce soit dans le public ou le privé, de catégories qui décident, qui
donnent les ordres, qui orientent les stratégies et les politiques publiques. Pas uniquement
bien sûr : une petite partie des couches moyennes, voire populaires, arrive à se hisser
au‑dessus du seuil de richesse. Il s’agit de personnes qui occupent les postes les plus
qualifiés en fin de carrière et dans des secteurs très rémunérateurs, de ceux qui disposent
de revenus complémentaires, issus par exemple d’un patrimoine familial, ou encore de
conjoints de cadres et de chefs d’entreprise très bien rémunérés.

[15] Voir le site « Nomenclature PCS » de l’Insee, [Link].


[16] Op. cit.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 33


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

Ces groupes sociaux aisés sont aussi ceux dont le niveau de vie leur ouvre les portes de la
société de consommation. De plus, ils donnent des ordres dans leur vie professionnelle et
profitent aussi dans leur vie personnelle du travail des catégories populaires, notamment
de ceux qui travaillent dans les services comme le commerce, l’hôtellerie-restauration ou
le ménage ■

Richesse des salariés selon le type d’emploi


Unité : %
Part dans les salariés
Taux de richesse
riches

Manœuvre, ouvrier spécialisé 1 1

Ouvrier qualifié 1 2

Employé de bureau, de commerce ou de services 3 12

Fonctionnaire peu qualifié (catégorie C) 2 2

Technicien 4 4

Fonctionnaire niveau intermédiaire (catégorie B) 7 5

Agent de maitrise, représentant commercial 9 7

Cadre supérieur du public (catégorie A) 18 21

Cadre supérieur du privé 25 43

Directeur général ou adjoint d’une entreprise privée 45 3

Ensemble des salariés 8 100

Lecture : 25 % des cadres supérieurs du privé se situent au-dessus du seuil de richesse. Ils représentent 43 % des salariés riches.
Source : calculs de Vivien Charbonnet de l’Université de Tours d’après l’Insee (enquête SRCV) – Données 2019

Catégories sociales : qui est riche en revenus ou


en patrimoine ?
Être riche en termes de revenus, pour l’Observatoire des inégalités, c’est disposer d’un
niveau de vie au moins équivalent au double du niveau de vie médian (1 930 euros en 2021
selon l’Insee), soit 3 860 euros net pour une personne seule. Mais être riche, c’est aussi
posséder environ 500 000 euros de patrimoine pour un ménage (voir page 63), soit trois
fois le patrimoine médian de 2018 selon l’Insee. En pratique, ces deux notions, revenu et
patrimoine, vont très bien ensemble.

34 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

Une étude de l’Insee sur les différents types de ménage le montre clairement[17] : plus le
niveau de revenus augmente, plus le patrimoine est élevé. Les ménages inactifs, au
sein desquels aucun des membres n’a d’emploi[18], ont un niveau de vie mensuel moyen
de 1 200 euros pour l’équivalent d’une personne seule et un patrimoine net médian de
4 800 euros (endettement déduit). Les ménages de cadres ont un niveau de vie moyen
équivalent à 3 000 euros par mois pour une personne seule et disposent d'un patrimoine
de 390 000 euros. Entre les deux, les ménages de type « employés », par exemple, ont
un niveau de vie mensuel de 1 900 euros en moyenne et un patrimoine de 130 000 euros.
Un type de ménage se distingue tout de même, les « petits indépendants » (agriculteurs,
artisans et commerçants) : ils ont un revenu plutôt modeste, 1 500 euros mensuels, un
peu en dessous des ménages ouvriers, mais un patrimoine bien plus élevé, 260 000 euros
contre 100 000 euros pour les ouvriers. Pour une raison simple : dans leur patrimoine, il y a
souvent leur outil professionnel (locaux, machines, etc.).

Notre tableau le montre : plus on gagne tous les mois, plus on a de patrimoine. Le
patrimoine est un stock alimenté par le flux des revenus. À partir d’un certain niveau de
vie, les ménages gagnent davantage que ce qu’ils dépensent, et épargnent : souvent,
ils commencent par un compte épargne (livret A), puis achètent un bien immobilier, et
ensuite se lancent dans des stratégies financières plus complexes. Ce patrimoine rapporte
des revenus. Il est ensuite transmis, ce qui permet aux enfants de devenir riches à leur tour.

Niveau de vie et de patrimoine selon le milieu social


Unité : euros
Niveau de vie mensuel moyen pour
Patrimoine net* médian par ménage
une personne seule

Cadres 3 033 388 000

Professions intermédiaires 2 325 251 600

Employés 1 867 131 400

Petits indépendants (agriculteurs,


1 517 256 500
artisans et commerçants)

Ouvriers 1 592 103 000

Ménages d’un seul actif employé ou


1 342 13 500
ouvrier

Inactifs 1 208 4 800

Ensemble 1 833 136 600

Le milieu social du ménage prend en compte les professions des deux membres quand il s’agit d’un couple. *Endettement déduit.
Lecture : les ouvriers disposent d’un niveau de vie mensuel moyen de 1 592 euros pour une personne seule et d’un patrimoine net
médian de 103 000 euros par ménage.
Source : Insee – Données 2019 pour les revenus, 2018 pour le patrimoine

[17] « Les inégalités économiques entre ménages selon le groupe socioprofessionnel », Thomas Amossé, in France,
portrait social. Édition 2023, Insee Références, novembre 2023. Dans cette étude, la catégorie socioprofessionnelle
du ménage prend en compte la profession des deux membres quand il s’agit d’un couple.
[18] Les retraités sont considérés dans leur ancienne profession.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 35


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

La question du patrimoine est régulièrement avancée comme une critique du seuil de


richesse en revenus, qui serait trop réducteur : « Je gagne bien ma vie, mais j’ai peu d’argent
de côté, je ne suis pas riche comme les autres », entend-on souvent. C’est en partie juste.
Vivre avec 4 000 euros par mois et être criblé de dettes, ce n’est pas la même chose que
disposer de 10 millions d'euros sur des comptes en banque. Les données de l’Insee montrent
qu’être riche en revenus mais sans patrimoine est rare.

Qu’est-ce qui compte le plus dans la richesse ? Vaut-il mieux avoir un niveau de vie élevé
qui permet de bien se loger, avoir un mode de vie confortable, etc., ou avoir de l’argent
de côté sur des comptes ? Les deux sans doute. Mais il faut garder en tête que les euros
placés sur des comptes ou dans l’immobilier de rapport (un studio à louer par exemple)
ne procurent pas grand-chose de concret[19] en soi à celui qui les détient. Ce n’est que
lorsque les revenus qu’ils rapportent sont dépensés qu’ils deviennent matériellement utiles
pour celui qui les détient. Avec une nuance qui n’est pas mince : le capital placé apporte
une forme d’assurance sur la vie, une sécurité, d’autant plus importante en période
d’incertitudes ■

Les riches en revenus le sont aussi en patrimoine


Plus de la moitié des ménages qui font par-
Part des ménages appartenant aux plus tie des 10 % aux plus hauts revenus[20] appar-
hauts patrimoines selon leur niveau de vie
tiennent aussi aux 10 % les plus fortunés en
Unité : %
patrimoine, selon les données 2021 de l'Insee.
10 % les plus 1 % le plus C’est le cas de 85 % des ménages situés dans
fortunés fortuné
le 1 % des ménages les plus riches en termes de
10 % des ménages aux
plus bas revenus
2 0 revenus. La part de fortunés décline vite avec
le revenu : seuls 18 % des ménages aisés situés
De 10 % à 20 % ns ns
dans la tranche juste en dessous (entre les
De 20 % à 30 % ns ns 20 % et les 10 % les plus riches) appartiennent
De 30 % à 40 % 3 ns aux 10 % les plus fortunés.
De 40 % à 50 % 2 ns
En clair, quand on dispose de revenus élevés, il
De 50 % à 60 % 4 ns est bien rare de ne pas posséder un patrimoine
De 60 % à 70 % 8 ns important. L’inverse est également vrai : on a
rarement un patrimoine important et de faibles
De 70 % à 80 % 9 ns
revenus parce que le patrimoine rapporte.
De 80 % à 90 % 18 1
Parmi les 10 % des ménages dont la fortune
10 % les plus riches 52 8 est la plus élevée, 79 % figurent parmi les 30 %
1 % le plus riche 85 39 les plus riches en revenus. Mais il existe, par
exemple, des personnes âgées dont le patri-
ns : non significatif. Revenus après impôts.
Lecture : 52 % des 10 % ayant les plus hauts revenus font
moine immobilier peut être élevé alors qu'elles
également partie des 10 % les plus fortunés en patrimoine. ont des revenus inférieurs à notre seuil de ri-
Source : Insee – Données 2021 chesse, parce que leur patrimoine est consti-
tué de leur logement qui a pris de la valeur.

[19] Le cas du logement est très différent : posséder son logement peut apporter un confort très concret.
[20] Nous ne disposons pas des données permettant de donner la part des personnes situées au-dessus du seuil de
richesse. Nous ne pouvons donc pas dire exactement quelle part de riches en revenus l’est aussi en patrimoine.

36 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

En bref, prendre en compte ou non le patrimoine ne modifie pas beaucoup nos analyses.
Mais il est vrai que l’accumulation de patrimoine est un processus qui prend du temps (voir
page 67) et rares sont les jeunes qui disposent d’une grande fortune dès leur entrée dans
la vie active.

Il serait cependant intéressant de mesurer la part de la population située au-dessus de


nos seuils de richesse à la fois en termes de revenus et de patrimoine, ce que les données
dont nous disposons ne permettent pas de faire. Combiner les deux facteurs de richesse
produirait une vision plus restrictive : elle écarterait des jeunes très bien payés, mais qui
n’ont pas eu le temps d’accumuler des biens, ainsi que des personnes plus âgées qui ont
engrangé un patrimoine qui rapporte peu.

Un indicateur composé des deux dimensions ne remplacerait pas la validité de deux seuils
de richesse séparés, l’un en revenus, l’autre en patrimoine. En fait, si certaines personnes
très bien rémunérées mettent en avant le patrimoine plus élevé de plus fortunés qu’eux,
c’est une manière pour une partie des hauts revenus qui ont peu épargné de tenter
d'échapper à la qualification de « riches » ■

Les riches sont plus âgés


La part de riches dans la population croît avec
Taux de richesse des ménages
l’âge. On ne trouve quasiment pas de riches dans
selon l'âge
les ménages dont la personne de référence a moins
Unité : %
de 30 ans, selon Vivien Charbonnet de l’Université
de Tours[21]. Le taux de richesse atteint 8 % chez les 17 à 29 ans 1

35‑39 ans et jusqu’à 15 % chez les 60-64 ans. 30 à 34 ans 5

35 à 39 ans 8
La première raison à cela tient au fait que les salaires
40 à 44 ans 6
augmentent en général avec l’ancienneté. Il n’existe
quasiment pas d’emplois qui permettent à de jeunes 45 à 49 ans 7
cadres supérieurs de se situer en début de carrière 50 à 54 ans 9
au-dessus du seuil de richesse, c’est-à-dire à un sa-
55 à 59 ans 10
laire de plus de 3 900 euros par mois après impôts.
Le niveau de vie s’élève au fil de la carrière et permet 60 à 64 ans 15

aux plus qualifiés de franchir notre seuil de richesse. 65 à 69 ans 9


La seconde raison est liée aux revenus du patrimoine.
70 à 74 ans 10
Sauf exception, la fortune des jeunes est mince, en
75 à 79 ans 7
tout cas insuffisante pour produire des revenus. Mais
avec l’avancée en âge, ceux qui disposent de reve- 80 à 102 ans 8
nus élevés peuvent mettre de côté et faire fructifier Ensemble 8
leur épargne, ce qui élève leur niveau de vie. Après
L'âge est celui de la personne de référence du
65 ans toutefois, le passage à la retraite réduit les ménage.
niveaux de vie et le taux de richesse diminue. Lecture : 1 % des ménages dont la personne de
référence est âgée de moins de 30 ans est riche.
Source : calculs de Vivien Charbonnet de l’Uni-
versité de Tours d’après l’Insee (enquête SRCV)
– Données 2019
[21] [Link].

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 37


DOSSIER ◌ Portrait des riches en France

Autre élément d’explication de l’augmentation du taux de ménages riches à partir de la


cinquantaine : on mesure ici le revenu après impôts en prenant en compte la composition
du ménage, notamment le nombre d’enfants et leur âge (voir page 40). C’est pourquoi le
taux de richesse baisse autour de la quarantaine. Pour les ménages plus âgés, le départ
des enfants du domicile familial joue en sens inverse.

Le taux de richesse selon l’âge permet néanmoins de mieux appréhender qui sont les
personnes riches. Chez les plus jeunes, disposer d'au moins 3 900 euros mensuels est
inhabituel. Chez les 60-64 ans, c’est assez rare, mais pas exceptionnel : plus d'un ménage
de cette tranche d'âge sur sept est dans ce cas ■

Couple : la richesse a-t-elle un genre ?


Les riches sont-ils plutôt des hommes ou des femmes ? Les deux tiers des ménages riches
sont constitués d'un couple, avec ou sans enfants. Dans les données sur les revenus de
l'Insee, le niveau de vie est calculé à l’échelle du ménage et non de l’individu. Ces deux
facteurs font que le nombre d’hommes et de femmes situés au-dessus du seuil de richesse
est similaire.

Pour aller plus loin dans la connaissance des revenus selon le sexe, il faut donc entrer
dans le détail de la source des revenus de chaque membre du couple. Seuls les revenus
du travail, les retraites, les revenus d’activité des non-salariés et les indemnités chômage
peuvent être individualisés. Les revenus du capital, eux, sont considérés par l’Insee
comme communs au foyer fiscal, quand bien même la propriété dudit capital ne serait pas
également partagée.

La contribution des hommes et des femmes


Source de revenus des couples par sexe aux revenus du ménage est plus inégalitaire
Unité : % au sein des couples situés au-dessus du
Couples riches Autres couples
seuil de richesse que dans les autres : les
revenus des hommes représentent 55 % de
Revenus de la
28 33 l'ensemble des ressources du couple (avant
femme
impôts) contre 28 % pour ceux des femmes,
Revenus de
55 53 soit un écart de 27 points, selon les calculs
l’homme
de Vivien Charbonnet de l’Université de
Revenus du
15 4 Tours d’après les données 2019 de l'Insee.
capital
Dans les couples situés sous le seuil de ri-
Autres revenus 2 10 chesse, cet écart est de 20 points. Les iné-
galités salariales entre femmes et hommes
Ensemble 100 100 s’accroissent en effet avec le niveau de
Revenus avant impôts. Couples hétérosexuels. salaire. Les femmes sont certes de plus en
Lecture : au sein des couples riches, les revenus des femmes plus souvent cadres supérieures, mais elles
contribuent en moyenne à hauteur de 28 % de l'ensemble des continuent à toucher beaucoup moins que
revenus du couple, contre 33 % dans les autres couples.
leurs homologues masculins, en moyenne ■
Source : calculs de Vivien Charbonnet de l’Université de Tours
d’après l’Insee (enquête SRCV) – Données 2019

38 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


Revenus 01
L’état de la
richesse
7 % des Français se situent au-dessus du seuil de richesse, selon
nos calculs réalisés à partir des données 2021 de l’Insee. Ils
touchent plus de 3 860 euros par mois pour une personne seule
et au moins 9 650 pour un couple avec deux adolescents et ce,
après avoir payé leur impôt sur le revenu.

Ce chapitre apporte des réponses à des questions essentielles


pour décrire l’évolution de la société française, qui ne font l’objet
d’aucune étude publique. Comment évolue le nombre de riches
au fil du temps ? Les riches sont-ils de plus en plus riches ? Les
données que nous dévoilons sont essentielles au débat.

Nous réglons aussi la focale sur les salaires et les revenus


d’activité des indépendants : même chez les riches, le travail
procure une part déterminante des revenus. Du cadre supérieur
au PDG du CAC 40, en passant par les médecins et les hauts
fonctionnaires, nous listons les positions professionnelles qui
donnent accès aux plus hauts revenus ■

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 39


01 ◌ Revenus 

À partir de combien est-on


riche ?
Les seuils de richesse par type de ménage
3 860 euros par mois après impôts : c’est à partir de ce revenu que l’Observatoire des inégalités
considère qu’une personne seule est riche en France. Ce seuil de richesse correspond au
double du niveau de vie[1] médian[2] qui s’établit à 1 930 euros par mois en 2021 selon l’Insee.
Pour un couple sans enfant, le seuil de richesse vaut
Les seuils de richesse selon le 5 790 euros et pour un couple avec deux enfants de
type de famille plus de 14 ans, il est de 9 650 euros.
Unité : euros mensuels
Pour établir nos calculs et comparer le revenu de mé-
Personne seule 3 860
nages de composition différente, nous utilisons ce
Famille monoparentale avec un
enfant de moins de 14 ans
5 018 que les statisticiens appellent une « échelle d’équi-
Couple sans enfant 5 790 valence » fondée sur des « unités de consommation
Couple avec un enfant de
(UC) ». Concrètement, on divise le revenu du ménage
6 948
moins de 14 ans en fonction d’un certain nombre de parts. Le premier
Couple avec deux enfants de
9 650
adulte vaut une part, le second compte pour 0,5 part.
plus de 14 ans
Les enfants, quant à eux, correspondent à une de-
Couple avec trois enfants dont
10 808 mi-part (0,5) dès lors qu’ils ont plus de quatorze ans,
un de moins de 14 ans
Revenus mensuels par ménage, après impôts et
sinon à 0,3 part. Pourquoi chaque adulte ne vaut-il
prestations sociales. pas autant, le second ne comptant que pour une de-
Lecture : une personne seule riche a des revenus mi-part ? Parce que quand on vit à plusieurs, on fait
situés au-dessus de 3 860 euros par mois.
des économies : par exemple, on n’a pas besoin d’une
Source : calculs de l'Observatoire des inégalités
d'après l'Insee – Données 2021 cuisine ou d’une voiture par personne.

L’Observatoire des inégalités, premier organisme à proposer un seuil


de richesse
Aucun seuil de richesse n’est défini par la statistique publique en France. L’Observatoire
des inégalités propose depuis la parution en 2020 de son premier Rapport sur les riches en
France de fixer ce seuil au double du revenu médian[1]. Cette définition est également utilisée
notamment par le gouvernement allemand depuis le début des années 2000. De son côté,
l’Insee parle de catégories « aisées » dans certaines de ses publications, définies comme
celles dont les revenus se situent au-dessus de 1,8 fois le niveau de vie médian.

[1] L’idée avait germé il y a plus de vingt ans dans les colonnes du magazine Alternatives Économiques : « Qui
est riche en France ? », Louis Maurin, Alternatives Économiques, n° 153, novembre 1997.

[1] Le niveau de vie tient compte de l’ensemble des revenus, auxquels on ajoute les prestations sociales et on retire
l’impôt sur le revenu.
[2] La moitié de la population gagne moins, l’autre davantage.

40 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


01 ◌ Revenus 

On estime donc que le niveau de vie d’un couple sans enfant est équivalent à 1,5 fois (1 part
+ 0,5 part) celui d’un célibataire. Le revenu d’un couple avec deux enfants de plus de 14 ans
est comparable à 2,5 fois (1 + 0,5 + 0,5 + 0,5) celui d’une personne seule. Si le seuil de richesse
pour une personne seule vaut 3 860 euros, un couple (1,5 part) est donc riche s'il gagne plus
de 5 790 euros (3 860 x 1,5) ■

L’échelle des revenus de l’Observatoire des


inégalités
Tout en bas de l’échelle des reve- L'échelle des revenus
nus, les plus modestes échappent de l'Observatoire des inégalités
à la mesure statistique mais on sait
qu’une partie de la population vit
Niveau de vie minimum
avec seulement 200 ou 300 euros 7 180 euros
du 1 % le plus riche
par mois, voire moins. C’est le cas
des sans-abri, des jeunes isolés et
au chômage ou des migrants sans
papiers par exemple. À 560 euros
par mois, on trouve le RSA[3] et l’al-
location de solidarité spécifique
(ASS) versée aux chômeurs en fin Niveau de vie minimum
4 417 euros
de droits. Ces minima sociaux sont des 5 % les plus riches
très inférieurs au seuil de pauvre-
3 860 euros Seuil de richesse
té qui, fixé à 50 % du niveau de vie
médian, est de 965 euros mensuels 3 489 euros
Niveau de vie minimum
des 10 % les plus riches
en 2021. Le salaire minimum régle-
mentaire (le smic) est de 1 390 eu- Limite entre les classes moyennes
2 787 euros et les classes aisées
ros net par mois (à condition de
travailler à plein temps), montant
Niveau de vie médian
auquel peut s’ajouter une prime 1 930 euros (50 % de la population vit avec moins)
d’activité versée aux salariés mo- Limite entre les classes populaires
1 530 euros et les classes moyennes
destes. Jusqu’à 1 530 euros de re- 1 390 euros Smic net
Niveau de vie maximum
venus par mois, on appartient aux 1 024 euros des 10 % les plus pauvres
965 euros Seuil de pauvreté
catégories populaires, c’est‑à‑dire
aux 30 % les plus modestes. 559 euros RSA*

Montant mensuel pour une personne seule. Seuil de pauvreté fixé à 50 %


du niveau de vie médian. Seuil de richesse fixé au double du niveau de vie
[3] Le revenu minimum versé aux
médian. *Forfait logement déduit.
personnes âgées de 25 à 65 ans qui n’ont
pas d’autres ressources. Son montant est Sources : Insee et gouvernement – Données 2021 pour les niveaux de vie et le
de 559 euros par mois pour une personne seuil de pauvreté. Donnée 2018 pour le seuil du 1 % le plus riche. Données avril
seule, en tenant compte du forfait logement 2024 pour le RSA et le smic.
déduit en cas d’aide au logement.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 41


01 ◌ Revenus 

Les classes moyennes se situent entre 1 530 et 2 787 euros par mois pour une personne seule,
après impôts et prestations sociales. Le niveau de vie médian est de 1 930 euros, proche du
salaire moyen des ouvriers à temps plein.

Les catégories aisées démarrent avec des revenus mensuels de 2 787 euros, toujours pour
une personne seule, soit le seuil d’entrée des niveaux de vie les 20 % les plus élevés. Au-delà
du seuil de richesse de 3 860 euros, on trouve environ 7 % de la population (voir page 45).

Mais l’échelle des niveaux de vie grimpe bien plus haut, et concerne de moins en moins de
personnes. À partir de 4 417 euros par mois, on entre parmi les 5 % les plus riches. Ensuite,
il faut au moins percevoir 7 180 euros pour appartenir au 1 % du sommet (donnée Insee 2018,
dernière année disponible). Environ 630 000 personnes se situent au-dessus de ce seuil, et
parfois très au-delà. Toujours en 2018, 0,1 % de la population (soit une personne sur 1 000)
gagnait plus de 17 500 euros par mois et 0,01 % (soit une personne sur 10 000) avait un niveau
de vie mensuel supérieur à 55 000 euros selon l’Insee. Des niveaux tellement élevés qu’on ne
peut pas les représenter sur notre échelle ■

Ordres de grandeur
Les niveaux de vie, les seuils de pauvreté et de richesse considèrent des revenus après
impôts et prestations sociales, pour une personne seule. Les montants du smic net et du
RSA, en revanche, sont exprimés avant impôts et prestations sociales. En toute rigueur,
pour pouvoir vraiment comparer ces montants aux niveaux de vie, il faudrait y ajouter en
particulier les allocations logement, qui complètent souvent ces revenus. Notre échelle ne
prétend que présenter les principaux points de repère des revenus en France et donner des
ordres de grandeur.

Comment évoluent les seuils de richesse ?


Au milieu des années 1990, il fallait – après impôts – percevoir plus de 2 900 euros par
personne et par mois pour appartenir aux 10 % les plus aisés, plus de 3 100 euros pour être
considéré comme « riche » selon le seuil défini par l’Observatoire des inégalités, et au moins
3 500 euros pour entrer parmi les 5 % aux plus hauts revenus. Ces montants sont exprimés
en euros de 2021 pour tenir compte de l’inflation. Après une baisse au début des années
2010, la tendance est nettement repartie à la hausse. Aujourd’hui, ces seuils se situent
respectivement au-dessus de 3 500, 3 900 et 4 400 euros par mois (données Insee[4] 2021), soit
une hausse de plus de 20 % pour le niveau de vie minimum des 10 % les plus aisés, et même
de plus de 25 % pour les 5 % les plus aisés.

[4] Nous avons recalculé les données d'évolution de l'Insee pour tenir compte de plusieurs changements
méthodologiques destinés à intégrer l'ensemble des sources de revenus.

42 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


01 ◌ Revenus 

Les trois seuils que nous présentons répondent à des logiques différentes. Le seuil des 10 %
les plus riches représente une limite qui sépare deux univers : les 90 % aux revenus infé-
rieurs et les 10 % les plus aisés. Ce seuil a progressé très nettement de 1996 à 2011, avec une
parenthèse entre 2003 et 2004. Il a baissé ensuite jusqu’en 2014, pour reprendre sa marche
vers le haut. L’évolution est la même pour le niveau de vie minimum des 5 % (qui sépare donc
les 95 % aux revenus les plus faibles des 5 % les plus aisés), mais sa progression est plus forte
depuis 2014. Au-dessus de ces
seuils, il est possible que le niveau Évolutionde dedifférents
différents seuils
Article (3465) Recalculer cette page Relecture tempora
Évolution seuils de
de vie du 1 % aux revenus les plus derevenus
revenus élevés
élevés
élevés s’envole sans que les plan-
5 000
chers de revenus des 10 % et des
5 % du haut ne bougent. Malheu- 4 500
reusement, l’Insee ne publie pas de
Unité : euros
séries de données qui permettent 4 000

de le savoir.
3 500

L'évolution du niveau de vie 3 000


moyen de la tranche des 10 % les
plus riches est assez spectacu- 2 500
laire. Alors que le niveau de vie 1996 2000 2005 2010 2015 2020

minimum de ces 10 % a augmen- Seuil des 10 % les plus aisés


té de 2,7 % entre 2017 et 2021, leur Seuil de richesse
niveau de vie moyen a connu une Seuil des 5 % les plus aisés

hausse de plus de 10 %, portée par


Niveau de vie mensuel pour une personne seule après impôts. Le seuil de
les plus hauts revenus à l’intérieur richesse est défini comme le double du niveau de vie médian.
Niveau de vie mensuel pour une personne seule après impôts. Le
de cette tranche. Cela représente Lecture
seuil : en 2021, est
de richesse une dé
personne seule est
ni comme le considérée
double ducomme
niveauriche à partir
de vie
d’un niveau de vie mensuel de 3 860 euros.
médian.
tout de même 6 000 euros annuels
Lecture
Source ::calculs
en 2021, une personne
de l'Observatoire seule
des est considérée
inégalités d'après l'Inseecomme riche
supplémentaires. à partir d’un niveau de vie mensuel de 3 860 euros.

Source : Insee – © Observatoire desArticle


inégalités
Évolutiondudu niveau dede
vievie moyen
(3465) Recalculer cette page Relecture tempora
Enfin, selon notre définition, le Évolution niveau moyen des
seuil de richesse est proportion- des
1010
%% lesles plus
plus aisés
aisés
nel au niveau de vie médian. Son 5 500
évolution suit donc celle de ce ni-
veau de vie. Il s’est ainsi nettement
5 000
accru du milieu des années 1990 à
la fin des années 2000, passant de
Unité : euros

3 100 à 3 700 euros. Après une pé- 4 500


riode de stagnation, il est reparti à
la hausse à la fin des années 2010,
4 000
pour atteindre 3 900 euros en 2021.
Il faut être prudent dans l’inter-
prétation de cet indicateur : cette 3 500
hausse est plutôt une bonne nou- 1996 2000 2005 2010 2015 2020
velle puisqu’elle signifie que le ni- Niveau de vie mensuel pour une personne seule après impôts.
veau de vie médian de l'ensemble Lecture : entre 2017 et 2021, le niveau de vie moyen des 10 % les plus riches
des ménages a progressé ■ est passé de 4 910 à 5 403 euros.
Sourcede
Niveau : calculs de l'Observatoire
vie mensuel pour une des inégalitésseule
personne d’après l'Inseeimpôts.
après
Lecture : entre 2017 et 2021, le niveau de vie moyen des 10 % les
plus riches est passé de 4 910 à 5 403 euros.

Source : calculs de l'Observatoire des inégalités d’après l'Insee – ©


Rapport sur les riches en France
Observatoire 2024 - Observatoire des inégalités -
des inégalités 43
01 ◌ Revenus 

À partir de quel revenu est-on riche ? Ce qu’en


pense la population
Difficile, quand on a de l'argent en France, de reconnaitre qu'on est riche. Nos travaux sur le
sujet suscitent souvent des remous au sein des catégories concernées. Que disent les études
d’opinion sur le montant à partir duquel on est considéré comme riche ? La plus sérieuse
est celle menée d’année en année par le ministère des Solidarités auprès de la population.
Verdict : pour les personnes interrogées, être riche c'est disposer d'un revenu moyen de
12 200 euros mensuels (donnée 2022).

Mais il s’agit d’une moyenne, qui est tirée vers le haut par quelques réponses avec des
montants très élevés. La valeur médiane observée dans cette étude est plus pertinente : la
moitié des Français situent l'entrée dans la richesse à 5 000 euros maximum, l'autre moitié
donne un montant supérieur. Une fois les impôts retirés à ce montant, ce chiffre équivaut
à peu près à 4 000 euros, soit un niveau de revenu similaire au seuil de richesse défini par
l’Observatoire des inégalités.

Autre question : qui se sent riche ? L’Insee a enquêté auprès de plusieurs dizaines de milliers
de ménages âgés de 25 à 65 ans en 2017. À la question « Finalement, comment pourriez-vous
qualifier votre niveau de vie actuel ? », 7 % répondent « élevé » et 1 % « très élevé ». Au total,
8 % des personnes interrogées se disent donc riches, un taux très proche de celui que nous
établissons avec notre seuil de richesse (voir page 45). La part de personnes qui jugent que
leur revenu est élevé ou très élevé est la plus forte chez les couples sans enfant (11 %) et la
plus faible chez les familles monoparentales (3 %) ■

« Finalement, comment pourriez-vous qualifier votre niveau de vie actuel ? »


Unité : %
Famille Couple sans Couple avec Ensemble des
Personne seule
monoparentale enfant enfant(s) ménages

Très élevé 1 0 1 1 1

Élevé 5 3 10 9 7

Moyennement élevé 41 28 55 51 46

Moyennement faible 30 37 26 29 30

Faible 15 22 7 8 12

Très faible 8 10 1 3 5

Ensemble 100 100 100 100 100

Lecture : 5 % des personnes seules estiment avoir un revenu élevé.


Source : Insee – Données 2017

44 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


01 ◌ Revenus 

Combien y a-t-il de riches ?


Un nombre en baisse
La France compte 4,7 millions de Évolution
Évolution du
du nombre deriches
Article (3465)
nombre de riches
Recalculer cette page Relecture tempora

riches en 2021, qui vivent donc


6 000
avec au moins l’équivalent du
double du niveau de vie médian,
5 500
selon nos estimations à partir des
données de l’Insee. Ces personnes
5 000
représentent 7,4 % de la population
Unité : milliers

française. 4 500

En dix ans, entre 2011 et 2021, le 4 000


nombre de riches est passé de 5,5
à 4,7 millions de personnes, soit 3 500

784 000 personnes en moins. Leur


part dans la population se situait 3 000
2010 2012 2014 2016 2018 2020
à 8,9 % en 2011 et atteint 7,4 % en
2021, soit une baisse de 1,5 point. Donnée provisoire pour 2021. Seuil de richesse fixé au double du niveau de
vie médian de la population.
Lecture : 4,7 millions de personnes ont un niveau de vie supérieur au seuil de
Sur la dernière décennie, l’an- richesseprovisoire
en 2021. pour 2021.
Donnée
née 2011 marque le point haut du Source ::estimations
Lecture dede
4,7 millions l'Observatoire
personnesdesontinégalités
un niveaud'après l'Insee
de vie supérieur
nombre de riches et des inéga- au seuil de richesse en 2021.
lités de revenus en France (voir Source : estimations de l'Observatoire des inégalités, d'après
page 47). La baisse du nombre de Évolution de la part de riches dans la
l'Insee – © Observatoire des inégalités
Évolutionpopulation
Article (3465) Recalculer cette page Relecture tempora
riches s’est produite entre 2011 et du taux de richesse
2013 sous l’effet de réformes fis- 10
cales, menées par Nicolas Sarko-
zy et François Hollande, qui ont
9
affecté les plus hauts revenus et
les propriétaires d’actions notam-
8
ment. Entre 2013 et 2018, le nombre
Unité : %

de riches s'est stabilisé.


7

Une deuxième phase de baisse


s’est déroulée à partir de 2019, 6
cette fois en raison de l’élévation
du niveau de vie médian. Grâce 5
notamment à l’augmentation de 2010 2012 2014 2016 2018 2020
la prime d’activité allouée aux tra-
Donnée provisoire pour 2021. Seuil de richesse fixé au double du niveau de
vailleurs modestes obtenue par les vie médian de la population.
Lecture : 7,4 % de la population est riche en 2021.
Source : estimations de l'Observatoire des inégalités d’après l’Insee
Donnée provisoire pour 2021.
Lecture : 7,4 % de la population est riche en 2021.

Source : estimations de l'Observatoire des inégalités, d’après


Rapport sur les riches
l’Insee – ©en France 2024
Observatoire Observatoire des inégalités -
- inégalités
des 45
01 ◌ Revenus 

« gilets jaunes », les classes moyennes ont gagné en niveau de vie, ce qui a mécaniquement
relevé le seuil de richesse calculé à partir du niveau de vie médian. On compte donc moins
de riches sans que cela n’indique une dégradation des revenus des personnes aisées. Les
données de 2020, collectées dans un contexte de crise sanitaire, restent fragiles. Nos esti-
mations pour 2021 retrouvent les valeurs d’avant-crise, soit un niveau semblable à 2019. Il
est difficile d’évaluer les évolutions plus récentes, mais la suppression de la taxe d’habita-
tion avantage les plus aisés en 2022 et les revenus du patrimoine sont en forte hausse (voir
page 21) ■

Les riches qu’on ne comptabilise pas


La connaissance des revenus a progressé en France ces dernières années, mais une partie
des ressources des plus aisés échappe aux statistiques. Dans les données annuelles
publiées par l'Insee, 18 % des revenus du patrimoine ne sont pas pris en compte[1]. Il s’agit
principalement de revenus d’actions et d’obligations qui passent à travers les mailles des
données fiscales du fait d’opérations financières complexes et qui ne sont pas comptabilisés
dans les revenus des ménages. Notons également que les plus-values réalisées à la revente
d’un bien immobilier ou d’actions, par exemple, ne sont pas considérées comme des revenus
mais comme une variation du patrimoine, si bien qu’elles ne sont pas comptées non plus
dans les niveaux de vie calculés par l’Insee.
De plus, une partie des revenus des plus riches n’est pas prise en compte parce qu’elle est
délocalisée dans les fameux « paradis fiscaux ». Cela concerne une poignée d’ultra-riches
qui mettent en place de savants montages financiers. La fraude à l’impôt et l’évasion
des capitaux représentent une perte globale de rentrées fiscales comprise entre 40 et
100 milliards d’euros par an d’après la Cour des comptes, ce qui représente entre 2 % et 4 %
de la masse totale des revenus des ménages. Cette fourchette mélange toutefois la fraude
des entreprises et celle des ménages, tous niveaux de vie confondus : prendre en compte la
fraude et l’évasion fiscale ne changerait pas radicalement notre estimation du nombre de
riches. Mais les données que nous publions minimisent les revenus des riches.

[1] « Le revenu des ménages selon la comptabilité nationale et selon l’Enquête Revenus Fiscaux et Sociaux
(ERFS) », Aliocha Accardo, Document de travail n° F1905, Insee, octobre 2019.

Des riches plus riches


Être riche, c’est vivre au-dessus du seuil de richesse. Mais au-dessus à quel point ?
L’« intensité de la richesse » rapporte le niveau de vie médian des riches[5] à la valeur du seuil
de richesse. Plus cet indicateur est élevé, plus le niveau de vie des riches s'éloigne du seuil
de richesse. En 2021, la moitié des riches gagne plus de 4 940 euros par mois après impôts
pour une personne seule, l’autre touche entre 3 860 euros et 4 940 euros. Le niveau de vie
médian des riches est équivalent à 1,28 fois le seuil de richesse selon nos estimations à partir
des donnée de l’Insee.

[5] La moitié des riches gagne moins, l’autre moitié davantage.

46 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


01 ◌ Revenus 

L’intensité de la richesse était égale ou supérieure à 1,26 entre 2010 et 2013, puis elle a dimi-
nué à 1,24 en 2014, avant de se stabiliser. L’année 2018 marque un nouveau pic à 1,26 sous l’ef-
fet de la baisse de la fiscalité des
revenus financiers qui a stimulé le Évolution dedel'intensité
Évolution l'intensité de delala
Article (3465) richesse
Recalculer
richesse
cette page Relecture temporaire

versement de dividendes aux dé-


1,30
tenteurs d’actions. Les très hautes
rémunérations et le versement des
1,28
dividendes sont également repar-
tis à la hausse en 2021 : les très 1,25
riches ont vite récupéré de la crise
sanitaire de 2020. 1,23

Au bout du compte, depuis le dé- 1,20


but des années 2010, le nombre de
riches et leur part dans la popu- 1,18
lation ont diminué. En revanche, 2010 2012 2014 2016 2018 2020
l'« intensité » de leur richesse s’est Rapport entre le niveau de vie médian des riches et le seuil de richesse
Seuil de richesse fixé au double du niveau de vie médian de la population.
accrue, signe que les très riches
Lecture : en 2021, le niveau de vie médian des riches est équivalent à 1,28
ont gagné davantage ■ fois le seuil de richesse.
Seuil de richesse �xé au double du niveau de vie médian de la population.
Source :: estimations
Lecture de l'Observatoire
en 2021, le niveau des inégalités
de vie médian des richesd'après l'Insee
est équivalent à 1,28
fois le seuil de richesse.

En 25 ans, la richesse s’est concentrée


Source : estimations de l'Observatoire des inégalités, d’après l’Insee – ©
Observatoire des inégalités

Il y a 25 ans, les 10 % les plus riches percevaient la même masse de revenus que l’ensemble
Salaires
des 40 % les plus pauvres, alors que ces derniers étaient quatre fois plus nombreux. C’est ce
que mesure le « ratio de Palma »,
un indicateur d’inégalité de reve- Évolution
Évolutiondu du ratio dePalma
Palma
Article (3465)
ratio de
Recalculer cette page Relecture temporair

nus qui rapporte la masse des re-


1,2
venus perçue par les 10 % les plus
riches à celle que reçoit l’ensemble
des 40 % les plus pauvres. En 1999, 1,1
ce ratio était de un. Mais la part
captée par les plus riches dans
l’ensemble des revenus a progres- 1,0

sé significativement ensuite et
l'indicateur a atteint un sommet
0,9
à 1,11 en 2011. Entre 2013 et 2017,
le ratio est redescendu autour de
1,02. Il remonte aujourd'hui à 1,09, 0,8
un niveau qui situe l’année 2021 2000 2005 2010 2015 2020
parmi les plus inégalitaires en ma-
Ratio de
Rapport entre la part des revenus perçue parPalma
les 10 % les plus aisés et celle
tière de revenus depuis le début des 40 % les plus pauvres. Revenus après impôts et prestations sociales.
des années 2000 ■ Lecture : en 2021, les 10 % les plus aisés perçoivent une masse de revenus
Rapport entre
1,09 fois plus la part des
importante que revenus
l'ensembleperçue
des 40par
% lesles 10modestes,
plus % les plusalors
aisés
et
quecelle des 40 %
ces derniers lesquatre
sont plus pauvres. RevenusSource
fois plus nombreux. après impôts
: Insee et
prestations sociales.
Lecture : en 2021, les 10 % les plus aisés perçoivent une masse de
revenus 1,09 fois plus importante que l'ensemble des 40 % les plus
modestes, alors que ces derniers sont quatre fois plus nombreux.

Source : Insee – © Observatoire des inégalités


Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 47
01 ◌ Revenus 

1980-2020 : les « Quarante Glorieuses » des


très riches
En France, les 10 % les plus riches
reçoivent plus d’un tiers du total
Évolution des parts des 10 % et du 1 %
Article (3465) Recalculer cette page Relecture temporaire

des revenus avant impôts selon les plus riches


Évolution dans
des parts desl'ensemble
10 % et du 1des %
les plus riches dans l'ensemble des
les évaluations du World Inequa- revenus
revenus
lity Database (WID)[6] pour l'an-
née 2022. Le niveau est le même 50,0

qu’en 1945. Cette part est remontée


après la Seconde Guerre mondiale 40,0
jusqu’au milieu des années 1960,
de 31 % à 38 % : la très forte crois-
30,0
sance des revenus à cette période
Unité : %

a d’abord profité aux plus aisés.


Ensuite, on a assisté à un retour- 20,0
nement de tendance : jusqu’à la
fin des années 1970, la part des
10,0
revenus perçue par les 10 % les
plus riches a régulièrement dimi-
nué pour passer de 38 % à 30 % du 0,0
1960 1980 2000 2020
revenu national, au bénéfice des
classes moyennes et populaires. 10 % les plus riches 1 % le plus riche
Le faible niveau du chômage et la Des 10 % au 1 %

forte implantation syndicale ont


conduit à cette époque à de fortes Revenus
Revenusavant impôts.
avant impôts.
hausses des salaires : en mai 1968, Lecture : en 2022, le 1 % le plus riche perçoit 12,7 % de l’ensemble
Lecture : en 2022, le 1 % le plus riche perçoit 12,7 % de l’ensemble des
des revenus.
les accords de Grenelle ont eu pour revenus.
Source::World
Source World Inequality
InequalityDatabase
Database – © Observatoire des
conséquence une hausse de 35 %
inégalités
du salaire minimum.

Au début des années 1980 démarre une nouvelle période : la part du revenu global en faveur
des plus riches repart à la hausse, de 30 % en 1979 à 33 % en 1989. Elle s’est maintenue à ce
niveau pendant quinze ans. La crise de 2008 a affecté les revenus financiers des plus riches.
Depuis, leur part dans le revenu global évolue en dents de scie, sous l’effet notamment de
l’instabilité des marchés financiers. Selon les estimations du WID, l’indicateur atteint 35 %
en 2021 et 2022, les deux dernières années disponibles : les plus riches ont retrouvé le même
niveau qu’à la sortie de la Seconde Guerre mondiale.

[6] Les données mentionnées dans cet article se réfèrent aux estimations de revenus du World Inequality Database.
Les revenus des individus sont établis en divisant le revenu du ménage par le nombre d’adultes de plus de vingt ans,
sans tenir compte des enfants à charge.

48 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


01 ◌ Revenus 

La progression du 1 % le plus riche


Tout se joue au sommet de l'échelle des revenus. L’enrichissement du 1 % le plus riche, quasi
continu depuis le milieu des années 1980, explique la majeure partie de l’évolution sur longue
période de la part perçue dans le revenu national par les 10 % du haut. La part du 1 % le plus
riche représentait 7,7 % de l’ensemble du revenu national en 1982 et atteignait 11,7 % en 2008.
Après la crise financière, les revenus du 1 % du sommet retombent aux alentours de 10 % en
2012. Mais, depuis, la progression des dividendes versés aux actionnaires a fait repartir cette
part à la hausse. À 12,7 % de l’ensemble des revenus en 2022, selon les estimations du WID,
la part du 1 % le plus riche atteint un niveau jamais égalé depuis la fin de la Seconde Guerre
mondiale.

Ces données reflètent la répartition de la richesse en France. Elles posent toutefois deux
problèmes : d’une part, elles ne tiennent pas compte de la présence ou non d’enfants à charge
au sein des ménages. Par ailleurs, l’impôt sur le revenu n’est pas déduit : après impôts, la
part des riches est moindre. On ne sait malheureusement pas dire réellement quelle est
l’évolution de la part du niveau de vie (le revenu disponible après impôts par personne)
perçue par les plus riches sur une aussi longue période de 40 ans. L’Insee, en effet, ne publie
de données que depuis 1996 pour les 10 % des revenus supérieurs et ne diffuse pas de série
longue pour la part du 1 % le plus riche ■

Riche un jour, riche toujours ?


Près de 60 % des personnes qui fi-
Répartition en 2019 des personnes qui étaient
guraient parmi le dixième le plus parmi les 10 % les plus riches en 2003
riche en 2003 se situent parmi les Unité : %
10 % les plus riches en 2019, in-
10 % les plus pauvres 2,2
dique une étude de l’Insee[7]. « Les
revenus d’un individu une année Entre les 10 % et les 20 % les plus pauvres 1,6

donnée déterminent fortement Entre les 20 % et les 30 % 1,5


ceux qu’il aura près de deux dé-
Entre les 30 % et les 40 % 1,5
cennies plus tard. Plus les indivi-
Entre les 40 % et les 50 % 1,8
dus sont situés haut dans l’échelle
des revenus en 2003, plus ils ont Entre les 50 % et les 60 % 2,7
de chances d’occuper un rang Entre les 60 % et les 70 % 4,6
élevé de la distribution en 2019 »,
Entre les 70 % et les 80 % 8,3
écrivent les auteurs. La mobilité
est faible dans le sens de la des- Entre les 80 % et les 90 % 17,6

cente : seuls 2,2 % des 10 % les plus 10 % les plus riches en 2019 58,2
riches de 2003 se retrouvent parmi
Ensemble 100
les 10 % les plus pauvres en 2019.
Dans ce tableau, nous observons ce que sont devenus les 10 % les plus
Globalement, c’est toute la mobi- riches de 2003 treize ans plus tard. On mesure, en 2019, leur répartition
lité sur l’échelle des revenus qui selon le niveau de vie. Lecture : 58,2 % des personnes situées dans les 10 %
les plus riches en 2003 appartiennent aux 10 % les plus riches en 2019.
fonctionne à vitesse réduite. Source : Insee

[7] « Peu de mobilité dans l’échelle des revenus entre 2003 et 2019 », Tristan Loisel et Michael Sicsic, Insee Analyses
n° 82, avril 2023.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 49


01 ◌ Revenus 

En matière d’inégalités de revenus, le sentiment que l’avenir sera meilleur joue un rôle
central dans l’appréciation qu’on peut se faire de la société. Appartenir aux catégories les
plus modestes et avoir des espoirs de progression sur l'échelle des revenus n’est pas du
tout la même chose que de n’avoir aucune perspective en la matière. Il faut être prudent en
ce qui concerne les comparaisons internationales, mais l’Insee note tout de même que, en
France, « l’inertie est plus élevée que celle observée aux États-Unis, pays avec lequel une
comparaison de la mobilité sur deux décennies est possible »[8].

Quels sont les facteurs qui font qu’une grande partie des riches – comme des pauvres – le
restent ? L’étude de l'Insee souligne le poids de l’école et du système de formation profession-
nelle : en France, le diplôme initial joue un rôle plus fort qu’ailleurs dans la carrière[9]. L’accès
à la formation continue est particulièrement inégalitaire[10]. Les professions sont réparties en
catégories, avec des statuts différents à l'instar du statut de cadre dans le privé ou des caté-
gories d’emploi (A, B et C) dans la fonction publique, qui sont autant de barrières à franchir
pour progresser dans la société. Enfin, l’Insee note aussi l’importance du cout de la mobilité
géographique : la France a favorisé l’accès à la propriété, ce qui rend plus complexe tout
changement professionnel pour ceux qui ont investi dans leur résidence principale.

Les tensions que vit la société française résultent notamment d’une hypocrisie. D’un côté,
toutes les majorités politiques soulignent l’importance de faire progresser l’égalité des
chances, de réduire le poids des différents déterminants sur le destin des personnes, qu'il
s'agisse de l’origine migratoire, du genre ou du milieu social, pour que chacun puisse faire
valoir ses « talents ». De l’autre, très peu est fait pour réduire les inégalités de parcours, en
particulier à l’école : les milieux favorisés pèsent de tout leur poids pour y maintenir leurs
privilèges ■

[8] En revanche, selon une autre étude, ce n’est pas vrai en termes d’inégalités entre parents et enfants : les
enfants de familles aisées aux États-Unis deviennent plus souvent aisés qu’en France. Voir « Mesurer la mobilité
intergénérationnelle et l’inégalité des chances à partir du revenu. Une opportunité pour (ré)évaluer le lien entre
éducation et destin individuel », Clément Dherbécourt, in Éducation & formations 2023/1 (N° 105), ministère de
l’Éducation nationale, 2023.
[9] Voir Les sociétés et leur école. Emprise du diplôme et cohésion sociale, François Dubet, Marie Duru-Bellat et
Antoine Vérétout, Seuil, 2010.
[10] Voir « Les inégalités d’accès à la formation professionnelle », Observatoire des inégalités, 3 mai 2019.

50 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


01 ◌ Revenus 

La France, un pays où les riches sont plus riches


Avec au moins 6 550 euros mensuels pour une personne seule après impôts, la France arrive
en septième position du classement des principaux pays d’Europe au vu des revenus à partir
desquels on entre parmi le 1 % le plus riche, selon nos calculs et d’après des données fournies
par Eurostat[11]. La Suisse se place en tête avec au minimum 9 200 euros par mois, mais ce
pays n’est pas vraiment comparable aux autres tant il concentre la richesse financière.
L’Allemagne arrive tout de suite derrière, avec des revenus d'au moins 7 400 euros pour
appartenir à ce club des très riches, et ne cesse de gagner du terrain dans ce classement au
fil des années. Vient après la Norvège (7 300 euros), mais la comparaison est fragile là aussi
car le pays n’utilise pas l’euro. Ensuite, l’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas et la France
sont quasiment ex aequo : les différences de niveaux de revenus pour faire partie du 1 % le
plus aisé sont faibles entre ces quatre pays, de l’ordre de la marge d’erreur.

Chez nos voisins italiens, il faut disposer de 600 euros de moins qu’en France pour appartenir
au club du 1 % le plus riche, et respectivement de 1 600 et 1 800 euros de moins en Espagne
et en Suède. Dans les pays les plus pauvres, la Roumanie et la Slovaquie, les seuils d'entrée
parmi le 1 % le plus riche sont de 2 500 et 1 800 euros, soit des niveaux de revenus près de trois
ou quatre fois plus faibles qu’en France.

Pour appartenir aux 5 % les plus riches, il faut gagner au minimum 3 800 euros par mois en
France. Notre pays se situe ainsi en sixième position en Europe, un classement peu différent
de celui des seuils d’entrée dans le 1 % le plus riche. La Suisse arrive toujours en tête, avec
5 200 euros minimum, et l’Allemagne ensuite avec 4 600 euros. Les 5 % des Italiens les plus
riches se situent 200 euros en dessous des Français, et les Suédois à 500 euros de moins.
En fin de peloton, en Hongrie et Roumanie, on appartient aux 5 % les plus aisés à partir de
1 700 euros par mois, et en Slovaquie avec au moins 1 400 euros.

En France, les riches gagnent plus que dans de très nombreux pays. Parmi les quatre grands
d’Europe (Allemagne, Espagne, France, Italie), seuls nos voisins d’outre-Rhin riches sont plus
riches que les riches Français[12]. Il ne s’agit pas seulement d’une poignée d’individus qui
vivent de rentes financières et placent leur argent dans les paradis fiscaux. Par leurs salaires
et leurs primes, les cadres dirigeants du privé et les hauts fonctionnaires hexagonaux, en
activité ou à la retraite, surclassent les riches européens.

[11] Moyenne 2019-2021, après impôts. Ces données sont calculées en « parité de pouvoir d’achat » : on tient
compte des différences de prix entre les pays.
[12] Le Royaume-Uni ne fournit plus de données à Eurostat depuis sa sortie de l'Union européenne. Il ne figure donc
plus dans ce classement, mais les dernières données publiées par Eurostat le situaient assez nettement en dessous
du niveau français.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 51


01 ◌ Revenus 

La thèse d’une fuite des riches hors de France sous l’effet de la pression fiscale ne tient pas. Si
c’était le cas, notre pays se situerait bien plus bas dans ce classement. Et encore, ces chiffres
sont mesurés après impôts : la redistribution a déjà opéré. Comme cette redistribution est
assez développée en France, cela signifie qu’avant impôts, les riches français sont bien plus
riches. Ils bénéficient en outre de services publics gratuits, ce qui relève leur niveau de vie
réel, contrairement à d’autres pays où, par exemple, une part importante de la scolarité des
enfants ou de la santé est payante ■

Niveau de vie minimum Niveau de vie minimum


des 5 % les plus riches en Europe du 1 % le plus riche en Europe
Unité : euros mensuels en parité de Unité : euros mensuels en parité de
pouvoir d'achat* pouvoir d'achat*
Suisse 5 247 Suisse 9 233
Allemagne 4 628 Allemagne 7 432
Norvège 4 382 Norvège 7 256
Autriche 4 266 Autriche 6 630
Pays-Bas 4 042 Danemark 6 590
France 3 819 Pays-Bas 6 554
Danemark 3 777 France 6 553
Italie 3 643 Finlande 5 970
Belgique 3 615 Italie 5 941
Finlande 3 531 Irlande 5 817
Irlande 3 502 Belgique 5 412
Espagne 3 366 Espagne 4 965
Suède 3 359 Suède 4 779
Portugal 2 706 Bulgarie 4 694
République tchèque 2 532 Portugal 4 323
Pologne 2 506 Pologne 3 791
Bulgarie 2 319 République tchèque 3 719
Croatie 2 094 Grèce 3 451
Grèce 1 960 Croatie 2 942
Roumanie 1 751 Hongrie 2 828
Hongrie 1 743 Roumanie 2 550
Slovaquie 1 419 Slovaquie 1 794

Après impôts pour une personne seule. *La conversion en parité de pouvoir d’achat tient compte des écarts du cout de la vie d’un
pays à l’autre pour permettre les comparaisons.
Lecture : en Allemagne, les 5 % les plus riches gagnent plus de 4 628 euros et le 1 % le plus riche gagne plus de 7 432 euros par mois.
Source : Eurostat – Moyenne 2019-2021

52 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


01 ◌ Revenus 

Le travail qui rapporte


beaucoup
Combien touchent les salariés les mieux payés ?
Nous avons défini le seuil de richesse comme le double du niveau de vie médian. Ce niveau
de vie comprend toutes les sources de revenus (salaires, revenus du patrimoine, revenus
des non-salariés, etc.). Si on appliquait la même logique aux seuls salaires, on considérerait
comme « riches » les salariés qui touchent au moins le double du salaire médian, soit plus
de 4 180 euros net par mois. 10 % des salariés du privé sont concernés en 2022 selon l'Insee.

Au-delà, les rémunérations s’envolent. 5 % des salariés gagnent plus de 5 400 euros par mois,
le club du 1 % le mieux payé perçoit plus de 10 000 euros. On entre alors dans une autre di-
mension. Selon les données 2021 de l'Insee, il faut bénéficier d'un salaire mensuel d'au moins
25 000 euros pour appartenir au millième (0,1 %) le mieux rémunéré. Mille salariés disposent
même d'une paie de plus de 102 000 euros… par mois ■

L'échelle des hauts salaires en FranceArticle (3465)


L'échelle des hauts salaires en France
Recalculer cette page Relecture temporaire
Les salaires des mieux
11 000 rémunérés
Unité : euros
10 000
Salaire
minimum
9 000

Les 20 % les mieux payés 3 159


8 000
Unité : euros

Les 10 % 4 162
7 000

Les 5 % 5 400
6 000

Le 1 % 9 973
5 000

Le 0,1 % 25 253
4 000

Les 1 000 salariés les mieux


3 000 101 858
payés
...

Salaire net mensuel en équivalent temps plein


de

91

92

93

94

95

96

97

98

99
ns

dans le secteur privé.


oi
m
nt

Lecture : on appartient aux 10 % des salariés


gne

les mieux payés lorsqu’on gagne plus de 4 162


ga
%

euros par mois.


90

Source : Insee – Données 2022 (2021 pour le


Salaire net mensuel en équivalent temps plein dans le secteur privé. 0,1 % et les 1 000 salariés les mieux payés)
Lecture : un salarié doit gagner plus de 5 400 euros par mois pour faire
partienet
Salaire desmensuel
5 % les en
mieux payés en
équivalent France.
temps plein dans le secteur privé.
Lecture
Source: :un salarié
Insee doit gagner
– Données 2022plus de 5 400 euros par mois pour faire partie des
5 % les mieux payés en France.

Source : Insee – Données 2022 – © Observatoire des inégalités

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 53


01 ◌ Revenus 

Les hauts salaires gagnent du pouvoir d’achat


Le salaire qui permet d’entrer
Évolution
Évolution des hauts
des hauts salaires
Article (3465) Recalculer cette page
salaires
Relecture temporaire

dans les 10 % les mieux rémuné-


10 000 rés du secteur privé est passé de
3 400 euros en 1996 à 3 950 euros
8 000 en 2021[13] selon l’Insee. Soit, en
Unité : euros de 2021

25 ans, une progression de 16 %, ce


qui équivaut à 550 euros mensuels
6 000
de plus en prenant en compte l'in-
flation.
4 000
Les salaires minimum pour faire
2 000
partie des 5 % et du 1 % des salariés
2000 2010 2020 les mieux payés ont un peu moins
augmenté en pourcentage : + 12 %.
Seuil des 10 % les mieux payés
Mais pour le 1 % du sommet, cela
Seuil des 5 %
Seuil du 1 % représente au moins 1 000 euros
mensuels supplémentaires ■
Salaire mensuel net en équivalent temps plein dans le secteur privé.
Salaires
Lecturemensuels nets
: en 2021, les en équivalent
salariés temps
du secteur privé plein dans
se situent le1 secteur
dans le % le mieux
privé.
payé lorsque leur salaire net dépasse 9 448 euros par mois.
Lecture
Source ::Insee
en 2021, les salariés du secteur privé se situent dans le 1
% le mieux payé lorsque leur salaire net dépasse 9 448 euros par
mois en 2021.

Source : Insee – © Observatoire des inégalités


Salaires : les riches s’éloignent des pauvres
Les inégalités de salaires augmentent depuis la fin des années 2000. Le rapport entre le
salaire minimum des 10 % les mieux rémunérés et le salaire maximum des 10 % les moins
bien payés est passé de 2,87 en 2009 à trois en 2021 selon l’Insee. Une évolution qui révèle
l'augmentation des inégalités de salaires : sur cette période, les 10 % les mieux payés ont
engrangé près de 3 000 euros net de plus sur l’année, autrement dit 250 euros mensuels
supplémentaires[14] par rapport aux 10 % les moins bien rémunérés.

Pour les très hauts salaires, le processus s’est enclenché presque une décennie auparavant,
dès le début des années 2000. On le saisit en observant la part du 1 % le mieux payé dans la
masse globale des salaires. Elle avait diminué de 8,4 % en 1967 à 6,8 % en 1980. À partir de la
fin des années 1990, elle a recommencé à augmenter pour revenir à 7,6 % en 2019 selon l’Insee
(dernière année disponible).

[13] Tous les salaires indiqués dans ce chapitre sont exprimés en équivalent temps plein.
[14] Une fois l’inflation prise en compte.

54 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


01 ◌ Revenus 

Ces données ne reflètent pas une


explosion des inégalités sala-
Évolution du rapport
Article (3465) entre
Recalculer cette page Relecture temporaire

riales. Nos graphiques exagèrent


le salaire minimum
Évolution des
du rapport 10 %
entre le les
salairemieux
minimum des 10 % les mieux payés et le
les variations pour rendre visibles
payés et le salaire maximum des 10 % les
salaire maximum des 10 % les moins bien
les évolutions. Mais cette hausse
moins bien
payéspayés
constitue le retournement d’une 3,2

tendance de long terme de dimi-


3,0
nution des écarts, qui trouve son
origine dans les années 1960. Les
2,8
accords de Grenelle sur l’emploi
de 1968 débouchent sur la création
2,6
d’un salaire minimum (le « smig »
à l’époque) et sur une augmenta- 2,4
tion des bas salaires. Ensuite, les 2000 2005 2010 2015 2020

inégalités continuent à se réduire


Secteur privé. Salaire net en équivalent temps plein.
en dépit de la montée du chômage Lecture : en 2021, les 10 % les mieux payés gagnent au moins trois fois le
dans les années 1980, notamment salaire maximum des 10 % les moins bien payés.
Secteur privé. Salaires nets en équivalent temps plein.
Source : Insee
du fait de « coups de pouce » (des Lecture : en 2021, les 10 % les mieux payés gagnent au moins trois fois le
salaire maximum des 10 % les moins bien payés.
hausses supérieures à l’inflation)
accordés au smic. Mais depuis Source : Insee – © Observatoire des inégalités

dix ans, salariés riches et pauvres Évolution de l'écart entre


voient à nouveau leurs niveaux de le salaire minimum des 10 % Recalculer
Article (3465) les mieux
cette page Relecture temporaire
Évolution de l'écart
desentre
10 %leles salaire
mieuxminimum
payés
vie s’éloigner. Lentement certes, payés et le salaire maximum des
et le salaire maximum des 10 % les moins 10 % les
mais la dynamique est inversée. moins
bienbien
payéspayés
La faible augmentation des bas sa-
35 000
laires explique le débat actuel au-
tour du pouvoir d’achat grevé par
30 000
Unité : euros de 2015

la hausse des prix et les tensions


sociales au sein des catégories po-
25 000
pulaires ■

20 000

15 000
2000 2005 2010 2015 2020

Secteur privé. Salaire net annuel en équivalent temps plein.


Lecture : en 2021, les 10 % les mieux payés gagnent au moins 29 674 euros
de plus par an que les 10 % les moins bien payés. Source : Insee
Secteur privé. Salaires nets annuels en équivalent temps plein.
Lecture : en 2021, les 10 % les mieux payés gagnent au moins 26 674 euros
de plus par an que les 10 % les moins bien payés.

Source : Insee – © Observatoire des inégalités


Où vous situez-vous sur l’échelle des salaires ?
Appartenez-vous au club des salariés les mieux rémunérés ? Vous situez-vous tout en bas
de l’échelle des salaires ou dans la moyenne ? L’Observatoire des inégalités propose un outil
pour comparer votre rémunération avec les salaires à plein temps dans le secteur privé
(données Insee 2022). Consultez notre outil à l’adresse : [Link]/comparateur-salaire

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 55


01 ◌ Revenus 

Les métiers du privé qui paient le plus


Les patrons salariés des entreprises qui emploient 500 salariés et plus gagnent en moyenne
15 000 euros net par mois selon les données 2021 de l’Insee. Sur une année, ces dirigeants
gagnent donc en moyenne autant qu’une personne au smic en douze ans. Ils sont suivis
par leurs collègues directs, les cadres d’état-major de ces mêmes grandes entreprises, avec
10 000 euros par mois en moyenne, et par les chefs d'entreprise moyenne (de 50 à 499 salariés)
qui perçoivent 9 700 euros.

Un cran en dessous, on trouve les pilotes d’avion et les cadres des marchés financiers
(9 300 euros par mois en moyenne), les avocats (8 000 euros), les chirurgiens-dentistes
(7 000 euros) et les médecins avec 6 100 euros par mois environ. Attention, ces données ne
portent que sur les salariés. Certaines de ces professions s’exercent de manière libérale avec
des revenus très supérieurs (voir page 60). Il s’agit de moyennes qui comprennent donc aussi
de très jeunes salariés moins bien rémunérés que leurs ainés ■

Les 20 métiers aux salaires les plus élevés


Unité : euros
Chefs de grande entreprise (500 salariés et plus) 15 074

Cadres d'état-major administratifs, financiers, commerciaux des grandes entreprises 10 093

Chefs d'entreprise moyenne (50 à 499 salariés) 9 711

Officiers et cadres navigants techniques et commerciaux de l'aviation civile 9 346

Cadres des marchés financiers 9 315

Directeurs techniques des grandes entreprises 8 042

Avocats 8 009

Chirurgiens-dentistes 7 024

Médecins salariés non hospitaliers 6 133

Cadres commerciaux des grandes entreprises (hors commerces de détail) 5 279

Ingénieurs et cadres de la production et de la distribution d'énergie et d'eau 5 205

Chefs d'entreprise de services (10 à 49 salariés) 5 126

Chefs d'établissement et responsables de l'exploitation bancaire 5 116

Cadres chargés d'études économiques, financières et commerciales 5 084

Cadres des services financiers ou comptables des grandes entreprises 5 013

Cadres commerciaux des petites et moyennes entreprises (hors commerces de détail) 4 950

Ingénieurs et cadres technico-commerciaux en informatique et télécommunications 4 907

Cadres des opérations bancaires 4 879

Officiers et cadres navigants techniques de la marine marchande 4 758

Ingénieurs et cadres de fabrication des industries de transformation (agroalimentaire, chimie,


4 692
métallurgie, matériaux lourds)

Salariés du privé. Salaire net mensuel moyen en équivalent temps plein.


Lecture : en moyenne, les chefs d'entreprise de 500 salariés ou plus ont un salaire net de 15 074 euros par mois.
Source : Insee – Données 2021

56 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


01 ◌ Revenus 

Qui compose l’élite des salariés ?


Au sein du 1 % du sommet de l’échelle des salaires du privé, l’immense majorité (89 %)
est composée de dirigeants de grandes entreprises et de hauts cadres (administratifs,
commerciaux, comptables, techniques, etc.) qui les entourent, selon l’Insee (donnée 2021).
Les chefs d’entreprise représentent 2 % des salariés du secteur privé, mais 15 % du 1 % le
mieux rémunéré.

Les avocats, les professions médicales et les artistes salariés du privé représentent 5 % du 1 %
le mieux payé. Les sportifs de haut niveau ne forment que 1 % de ce club le mieux rémunéré :
la voie du football professionnel, par exemple, qui fait rêver tant de jeunes pour accéder aux
plus hauts salaires, ne concerne en fait que très peu de personnes. Parmi les 1 000 salariés
français les mieux rémunérés, on trouve environ 120 sportifs et autant de traders ou de
cadres du secteur bancaire. Les patrons salariés d’entreprise sont deux fois plus nombreux
dans cette catégorie ■

Métiers des salariés les mieux payés selon leur niveau de rémunération
Unité : %
Part parmi les Part parmi le 1 % Part parmi les Part dans
10 % des salariés des salariés le 1 000 salariés les l'ensemble des
les mieux payés mieux payé mieux payés salariés

Chefs d'entreprise 6 15 23 2

Cadres administratifs et commerciaux 23 24 15 6

Cadres économiques et comptables 10 12 15 2

Cadres des marchés financiers, de la


6 8 12 1
banque et de l'immobilier

Sportifs professionnels n.s. 1 12 n.s.

Cadres d'état-major des grandes


2 7 11 n.s.
entreprises

Ingénieurs et cadres techniques 33 23 10 9

Avocats, professions médicales et


5 5 2 2
artistiques

Autres 15 5 1 77

Ensemble 100 100 100 100

Salariés du secteur privé.


Lecture : les chefs d’entreprise salariés représentent 23 % des 1 000 salariés les mieux payés alors qu'ils forment 2 % de l'ensemble
des salariés du privé.
Source : Insee – Données 2021

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 57


01 ◌ Revenus 

Comment femmes et hommes se partagent-ils


les hauts salaires ?
Les femmes représentent 42 % des salariés du privé mais seulement 34 % des 10 % les mieux
payés. Les hautes rémunérations sont deux fois plus souvent masculines que féminines.

En grimpant sur l’échelle des salaires, les femmes ne représentent que 23 % des salariés
situés parmi le 1 % le mieux payé de l’ensemble des salariés. À ce niveau de salaire, on compte
3,4 fois plus d’hommes que de femmes. Au sommet de la pyramide, l’hégémonie masculine
est spectaculaire : les hommes occupent 82 % du millième des postes les mieux payés. Les
salaires composent l’essentiel des revenus, c’est pourquoi le monde des riches est bien plus
souvent masculin que féminin (voir page 38).

En dépit des discours répétés sur l’égalité de genre,


Part des femmes et des les femmes continuent de subir le fameux « plafond
hommes parmi les hauts
salaires de verre », cette limite sociale invisible qui freine leur
Unité : % accès aux postes aux plus hautes responsabilités les
mieux rémunérés. Elles restent très minoritaires parmi
Femmes Hommes
les dirigeants et dans les états-majors des grandes
Les 10 % les mieux
34,0 66,0 entreprises. Quant aux sportives professionnelles,
payés
même au plus haut échelon de la compétition, ou aux
Le 1 % le mieux payé 22,8 77,2 actrices et chanteuses les mieux payées, elles gagnent
Le 0,5 % le mieux
21,1 78,9
beaucoup moins que leurs homologues masculins.
payé
Le 0,1 % le mieux Cette situation résulte de très nombreux facteurs qui
18,0 82,0
payé
vont des parcours scolaires (par exemple les écoles
Ensemble des
41,8 58,2
salariés* d’ingénieurs, métier très rémunérateur, demeurent
Salariés du privé. *Quel que soit leur niveau de
ultra-masculines), des choix de vie, des processus
rémunération. de cooptation (les hommes recrutent plus souvent
Lecture : au sein du 1 % le mieux rémunéré des des collègues masculins) à la moindre valorisation,
salariés, 22,8 % sont des femmes et 77,2 % des
hommes. notamment en termes de salaire, des tâches dites
Source : Insee – Données 2022 « féminines » ■

Qui exerce un métier d'« élite » selon l’Insee ?


Dans la nomenclature des professions, l’Insee[1] repère 900 000 « professionnels de haut
niveau » que l'institut qualifie également de « métiers d’élite » : notamment les chefs
d’entreprise indépendants et salariés, les cadres des grandes entreprises, des professions
libérales, les hauts fonctionnaires et dirigeants de l’armée. 61 % d’entre eux sont des hommes.
Ils ont rarement moins de 30 ans, plus souvent plus de 50 ans (41 %), et une carrière de
plus de dix ans derrière eux. On entre bien rarement dans cette élite sans un long parcours
scolaire : 88 % ont au moins un bac + 5.

[1] « Caractéristiques des personnes en emploi exerçant une profession de dirigeant ou professionnel de
haut niveau selon le sexe, données annuelles 2022 », Insee, août 2023.

58 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


01 ◌ Revenus 

Les hauts salaires du public


On entre parmi les 10 % les mieux payés des fonctionnaires (environ 560 000 personnes) à
partir de 3 500 euros net par mois (pour un temps plein), et dans le 1 % le mieux rémunéré
(56 000 salariés) à partir de 7 000 euros, selon les données 2021 de l'Insee. Environ 5 % des
agents de la fonction publique touchent plus de 4 300 euros par mois, le double du salaire
médian du secteur public.

Ces moyennes cachent d’impor- L'échelle


L'échelledes
deshauts
hauts salaires
Article (3465)
salaires de delala
Recalculer cette page Relecture tempora

tants écarts. Dans la fonction pu-


blique d’État, le 1 % le mieux rému-
fonction publique
fonction publique
8 000
néré touche au moins 6 700 euros
net par mois et 8 500 euros en 7 000
moyenne. Les postes d’enca-
6 000
Unité : %

drement dits « à la décision du


gouvernement » (préfets, ambas- 5 000
sadeurs, PDG des entreprises pu-
4 000
bliques, etc.) touchent beaucoup
plus, 10 500 euros en moyenne, 3 000
selon le ministère de la transfor-

%

%
mation et de la fonction publiques.
de

96

97

98

99
91

92

93

94

95
ns

Dans la fonction publique territo-


oi
tm
en

riale, les rémunérations grimpent


gn
ga

moins haut. Le 1 % le mieux payé


%
90

se situe au-dessus de 4 800 euros,


Salaire net mensuel en équivalent temps plein.
et gagne 5 900 euros par mois en
Lecture : un salarié de la fonction publique doit gagner plus de 3 519 euros
moyenne. net par mois pour faire partie des 10 % les mieux payés.
Source
Salaire: net
Insee – Données
mensuel en2021
équivalent temps plein.
Enfin, l’hôpital procure les rému- Lecture : un salarié de la fonction publique doit gagner plus de 3
519 euros par mois pour faire partie des 10 % les mieux payés.
nérations les plus élevées : il faut
Source : Insee – Données
Salaires 2021
du 1 % le – © Observatoire
mieux payé de lades inégalités
fonction
au moins 8 600 euros net par mois
pour entrer dans le 1 % le mieux publique
payé, qui touche en moyenne Unité : euros

Patrimoine
10 700 euros. Une grande partie de Salaire minimum
du 1 % le mieux
Salaire moyen
du 1 % le mieux
ces hauts salaires sont constitués
payé payé
de médecins et de directeurs d’hô-
pitaux. Ces derniers représentent Fonction publique d’État 6 709 8 477

plus de la moitié du 1 % le mieux Fonction publique territoriale 4 839 5 873


rémunéré de l’ensemble de la fonc-
Fonction publique hospitalière 8 601 10 672
tion publique ■
Ensemble 6 978 8 747

Salaire net mensuel en équivalent temps plein.


Lecture : le 1 % le mieux payé de la fonction publique d’État touche au moins
6 709 euros net par mois.
Source : ministère de la transformation et de la fonction publiques –
Données 2021

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 59


01 ◌ Revenus 

Les professions indépendantes les plus


rémunératrices
Les médecins, notamment les spécialistes, se situent au sommet de la hiérarchie des reve-
nus des indépendants : les 10 % les mieux rémunérés disposent de revenus d’activité nets
(charges professionnelles et cotisations sociales déduites) d’au moins 19 700 euros par mois.
Ils sont suivis de très près par les avocats, notaires et experts-comptables, avec plus de
19 000 euros par mois. Dans les activités d’assurance et de la finance, le seuil d’entrée dans
les 10 % les mieux rémunérés se situe à 15 000 euros, et à 14 000 euros mensuels pour les phar-
maciens. On trouve ensuite les
non-salariés les mieux payés par-
Les dix professions les plus rémunératrices chez
les non-salariés mi ceux qui ont une activité scien-
Unité : euros mensuels tifique et technique (13 400 euros),
les vétérinaires (12 200 euros), ou
Revenu d'activité
minimum des 10 % encore les consultants en gestion
les mieux rémunérés d’entreprise (10 400 euros).
Médecins et dentistes 19 660
Certains de ces secteurs d'activité
Activités juridiques et comptables 19 040
indépendante n’offrent ces rému-
Activités financières et d'assurance 14 900 nérations très élevées qu’aux mieux
Pharmaciens 13 850 lotis, et des revenus plus ordinaires
Activités scientifiques et techniques 13 390
à la majorité. Être consultant en
gestion d'entreprise, par exemple,
Vétérinaires 12 230
ne garantit pas des revenus élevés.
Conseillers en gestion d'entreprise 10 400 Ce secteur se classe en septième
Commerçants de gros 9 760 position des 10 % les plus aisés des
indépendants mais, en son sein,
Activités immobilières 9 010
25 % de ces non-salariés gagnent
Activités d'information et de communication 8 880
moins de 1 440 euros par mois. La
Ensemble des non-salariés 9 430 situation est semblable pour toute
Revenus d'activité nets (charges professionnelles et cotisations sociales
une partie des agents immobiliers
déduites). ou des commerçants en gros ■
Lecture : les 10 % les mieux rémunérés des médecins et dentistes libéraux
disposent d'un revenu d'activité net d'au minimum 19 660 euros par mois.
Source : Insee – Données 2021

60 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


01 ◌ Revenus 

Les rémunérations démesurées des grands


patrons français
Les cinq patrons les mieux payés des 120 plus grandes entreprises cotées à la Bourse de
Paris[15] touchent entre 14 millions d’euros par an pour François-Henri Pinault, le PDG du
groupe de luxe Kering, et 33 millions d’euros pour Bernard Charlès, le directeur général de
Dassault Systèmes, selon le classement établi par Proxinvest[16]. Cela représente entre 900
et 2 000 années de salaire d’une personne payée au smic. Ou, dit autrement, si ces riches
dirigeants décidaient de s’installer en Touraine par exemple, chacun d'eux pourrait y acquérir
plus d’une dizaine de très belles maisons (d’une valeur supérieure à un million d’euros), avec
leurs revenus perçus en une seule année une fois payés leurs impôts.

La rémunération d’un grand patron comprend généralement, en plus d’un salaire fixe, des
primes, des avantages en nature, des jetons de présence[17] et des actions gratuites que
son entreprise lui verse au titre de ses fonctions. En revanche, les données présentées ici
ne prennent pas en compte les revenus qu’un PDG tire de son patrimoine (par exemple
les dividendes[18] des actions qu’il détient dans l’entreprise qu’il dirige ou de ses autres
placements personnels). Ses revenus réels sont donc supérieurs mais, par contre, ces
données ne prennent pas en compte les impôts qu’il paie.

Les cinq patrons de grandes entreprises françaises les mieux rémunérés


Rémunération annuelle* En nombre d'années de
Société
en millions d'euros smic**

Bernard Charlès Dassault Systèmes 33,0 2 111

Daniel Julien Teleperformance 19,7 1 260

Carlos Tavarès Stellantis 19,6 1 254

Philippe Guillemot Vallourec 15,0 960

François-Henri Pinault Kering 13,7 877

Classement établi parmi les 120 plus grandes entreprises cotées à la Bourse de Paris.
*Rémunération annuelle : salaire fixe, variable et/ou exceptionnel, stock-options, actions gratuites.
**Smic net annuel 2022 (15 629 euros).
Lecture : Bernard Charlès a reçu 33 millions d’euros de rémunération au titre de l'année 2022 de la part de son entreprise, Dassault
Systèmes, soit 2 111 années de salaire d'un smicard.
Source : Proxinvest – Données 2022

[15] À la différence des sociétés détenues entièrement par leurs dirigeants-propriétaires, les grandes entreprises
sont généralement cotées en Bourse, ce qui signifie qu’une partie de leurs actions peuvent être achetées ou vendues
sur le marché boursier.
[16] Proxinvest est un cabinet privé spécialisé dans le conseil aux actionnaires. Voir le « Rapport sur la rémunération
des dirigeants au titre de l’année 2022 », Proxinvest, novembre 2023.
[17] Les jetons de présence désignent les rémunérations versées aux présidents et aux membres des conseils
d’administration à chaque fois qu’ils assistent aux réunions de ces instances.
[18] Part des bénéfices attribuée aux actionnaires d'une entreprise.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 61


01 ◌ Revenus 

La rémunération moyenne des PDG des 120 plus grandes entreprises françaises cotées à la
Bourse de Paris est de 4,2 millions d’euros pour l'année 2022. Un montant en légère baisse
par rapport à l’année 2021 − année de tous les records −, mais nettement supérieur à leur
rémunération perçue avant la crise sanitaire.

À l’échelle des 40 plus grandes entreprises du pays, la rémunération des grands patrons
hexagonaux est comparable à celle de leurs voisins européens : 6,7 millions d’euros
en moyenne pour les patrons du CAC 40[19] français, environ sept millions d’euros au
Royaume‑Uni[20] et cinq millions pour les 40 plus grandes entreprises allemandes, toujours
en 2022. Mais les premiers grands patrons du classement français surpassent largement
leurs voisins européens dont les rémunérations culminent à 18 millions d'euros pour le
patron du laboratoire pharmaceutique britannique AstraZeneca et à neuf millions d’euros
outre-Rhin, pour le PDG de la Deutsche Bank.

Les rémunérations des dirigeants de très grandes entreprises atteignent des sommets aux
États-Unis : neuf patrons ont touché plus de 50 millions de dollars chacun en 2022, c’est‑à‑dire
un peu plus de 47 millions d’euros. Sundar Pichai, PDG d’Alphabet Inc., la société-mère de
Google, a ainsi perçu 226 millions de dollars, soit environ 210 millions d’euros.

Ces rémunérations résultent en partie d’un effet de cooptation : elles sont décidées par les
membres des conseils d’administration[21] qui disposent eux-mêmes de revenus très élevés.
Contrairement aux salariés de base, les dirigeants de ces grandes entreprises disposent
de contrats qui les protègent : s’ils sont remerciés, par exemple pour mauvaise gestion, ils
bénéficient d’indemnités de départ énormes ■

[19] L’indice qui synthétise les cours des actions de 40 très grandes entreprises cotées à la Bourse de Paris.
[20] Il ne s’agit pas des 40 plus grandes entreprises du Royaume-Uni mais de la moyenne des 40 rémunérations les
plus élevées dans les entreprises.
[21] Le conseil d’administration (CA) d'une grande entreprise est désigné par les actionnaires. C’est lui qui nomme le
directeur général ou le PDG, si celui-ci préside également le CA.

62 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


Patrimoine 02
Fortunes
de France
Être riche en termes de patrimoine, selon nous, c’est détenir
une fortune trois fois supérieure à la valeur médiane, celle qui
partage la population en deux (autant de ménages possèdent
moins, autant possèdent davantage). Concrètement, pour un
ménage, être fortuné, c’est posséder un patrimoine d'au moins
531 000 euros. En France, 17 % des ménages sont propriétaires
d’autant ou plus. Et 5 % détiennent plus d’un million d’euros.

Le patrimoine est un stock de biens ou de capitaux accumulés


dans le temps, via l’épargne ou l’héritage. Il est réparti de
manière extrêmement inégalitaire : le 1 % du sommet détient
à lui seul un quart du patrimoine de l'ensemble des ménages.
La fortune peut avoir une utilité matérielle : être propriétaire
de son habitation, de sa ou ses résidences secondaires. Elle
sert aussi à se protéger des aléas de la vie en cas de difficulté
et à mettre ses descendants à l’abri. À un niveau très élevé, la
fortune sert d’autres intérêts, comme par exemple se forger
une image de bienfaiteur via des fondations ou acquérir un
pouvoir d’influenceur médiatique et politique dans la société ■

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 63


02 ◌ Patrimoine 

Combien y a-t-il de riches


en patrimoine ?
À partir de quel niveau est-on fortuné ?
Si la réflexion sur le seuil à partir duquel on est considéré comme riche en termes de revenus
est peu documentée, celle sur le niveau de richesse en patrimoine l’est encore moins. À
partir de quel niveau de patrimoine peut-on dire qu’un ménage est fortuné ? En France, le
patrimoine médian, dettes non déduites (voir définition en encadré), est de 177 000 euros par
ménage en 2021 : la moitié de la population possède moins que cette somme, l’autre moitié
davantage. Attention : on parle de ménages (qui peuvent comprendre plusieurs personnes) et
non d’individus, à la différence des revenus. On mélange donc à la fois des personnes seules,
des couples et des familles.

Notre définition de la richesse en revenus se situe


Propositions de différents au double du niveau de vie médian. On pourrait
seuils de richesse en
raisonner de la même manière pour la fortune et
patrimoine
dire que chaque ménage qui possède le double du
Unité : euros
patrimoine médian, soit au moins 354 000 euros (deux
Double du patrimoine médian 354 000 fois 177 000 euros), est riche en termes de patrimoine.
Plus d’un quart des ménages seraient ainsi fortunés
Triple du patrimoine médian 531 000
selon nos estimations. Une telle définition est sans
Les « hauts patrimoines » (les doute un peu trop large : nous avons donc choisi le
10 % au patrimoine le plus 716 300
élevé)
seuil de trois fois le patrimoine médian, soit 531 000
euros par ménage. L’immense majorité des ménages
5 % les plus fortunés 1 034 600
(84 %) possède une fortune inférieure à ce niveau.
Imposition sur la fortune
1 300 000
immobilière (IFI) D’autres seuils de richesse en patrimoine sont
1 % le plus fortuné 2 239 200 envisageables. L’Insee parle, par exemple, de « hauts
patrimoines » pour les 10 % les plus fortunés (à partir
Patrimoine brut par ménage (dettes non
déduites). Avertissement : pour l’impôt sur la de 716 000 euros). L’inconvénient de cette méthode est
fortune immobilière, seuls les biens immobiliers
que le nombre de fortunés n’évolue qu’en fonction de
sont considérés, ce qui exclut donc les objets
d’art et la fortune professionnelle, par exemple. la variation de la population des ménages – toujours
Le montant du patrimoine immobilier pris en
10 % – et non de leur enrichissement.
compte est sa valeur nette fiscale, endettement
et abattement fiscal déduits.
Lecture : en 2021, si on fixe le seuil de fortune L’échelle des patrimoines grimpe très haut. On entre
au triple du patrimoine médian, un ménage est
fortuné s’il détient un patrimoine valant au moins dans les 5 % les plus fortunés avec un million d’euros
531 000 euros. par ménage et il faut 2,2 millions d’euros de biens pour
Sources : Insee, ministère de l'Action et des
Comptes publics, calculs de l'Observatoire des
appartenir au 1 % du sommet.
inégalités – Données 2021 (2024 pour l’IFI)

64 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


02 ◌ Patrimoine 

Le seuil des rentiers ?


On peut aussi estimer qu’être riche en patrimoine, c’est pouvoir vivre de ses rentes, sans
travailler. Pour percevoir de ses seuls placements un revenu correspondant au niveau de vie
médian (1 900 euros mensuels pour une personne seule en 2021 selon l'Insee), il faudrait en
gros posséder 1,2 million d’euros de patrimoine dit « de rapport », c’est-à-dire qui produit des
revenus (comme louer des appartements par exemple)[1].

Par ailleurs, le Parlement et l’administration fiscale fixent un seuil en décidant du barème de


l’impôt sur la fortune. Depuis 2017, les ménages soumis à l’impôt sur la fortune immobilière
(IFI) sont ceux qui possèdent plus d’1,3 million d’euros de patrimoine immobilier.

Enfin, le ministère des Affaires sociales ausculte régulièrement la population française sur le
sujet. À la question « À partir de quel montant de patrimoine (financier et immobilier) diriez-
vous d’une personne vivant seule qu’elle est riche ? », un quart des Français fixent un seuil
inférieur à 250 000 euros en 2022, et la moitié donne une réponse inférieure à 500 000 euros,
ce qui est très proche de notre seuil de fortune (le triple du patrimoine médian). Le dernier
quart place la barre au-dessus d’un million d’euros ■

Qu’est-ce que le patrimoine ?


Dans la langue française, le mot « richesse » désigne aussi bien le revenu que le patrimoine.
Deux choses bien différentes. Le revenu est un flux d’argent (salaire, pension de retraite, loyer
si on loue un appartement dont on est propriétaire, etc.). Le patrimoine est un stock, c’est-à-
dire l’état des lieux à un moment donné de ce que l’on possède : un logement, des actions,
des œuvres d’art, etc. La partie des revenus qui n’est pas consommée s’appelle l’épargne
et alimente le stock, c’est-à-dire le patrimoine. Le patrimoine reflète l’histoire du revenu non
consommé au cours de la vie d’une personne, auquel s’ajoutent les héritages éventuels.
Le patrimoine peut être constitué d’actifs financiers (comptes en banque, épargne, actions et
placements, etc.), de propriétés immobilières (logements, terrains), de biens professionnels
(entreprises personnelles, fonds de commerce, etc.) et d’équipements durables (mobilier,
voitures, œuvres d’art, yachts, etc.). Contrairement au revenu, le patrimoine est généralement
mesuré à l’échelle d’un foyer, que le ménage soit composé d’une ou de plusieurs personnes.

Patrimoine brut ou net ?


Nos données portent le plus souvent sur le patrimoine brut. Cela veut dire que les dettes,
par exemple un crédit immobilier en cours, ne sont pas déduites. Ce choix est critiquable.
Posséder un bien immobilier d’une valeur de 400 000 euros et être endetté de 300 000 euros
ne représente pas la même chose que le fait d'avoir fini de rembourser son emprunt. Notre
choix est d’abord lié à la disponibilité et à la cohérence des données, mais aussi au fait
qu'être propriétaire d’une maison, par exemple, est plus confortable que de ne pas l'être,
même lorsqu’on doit encore une somme à la banque.

[1] Nous utilisons un rendement net après impôt de 2 %, ce qui est relativement faible. Nous surestimons donc le
montant de ce patrimoine de rapport.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 65


02 ◌ Patrimoine 

Combien y a-t-il de riches en patrimoine ?


5,1 millions de ménages sont riches du point de vue du patrimoine en France si l’on retient
un seuil fixé à 531 000 euros, soit le triple du patrimoine médian de la population (voir
page 64), selon les données 2021
de l'Insee. Ils représentent 16,9 %
Le nombre de riches en patrimoine selon
différents seuils de fortune de l’ensemble des ménages selon
nos estimations.
Part des
Nombre de ménages
ménages fortunés dans 10 % des ménages – soit environ
fortunés la population
en %
trois millions – disposent d’au
moins 716 000 euros, et 1,5 mil-
Triple du patrimoine médian (au
moins 531 000 euros)
5,1 millions 16,9 lion d’au moins un million d’euros.
Hauts patrimoines (les 10 % au
Quant aux grandes fortunes au
patrimoine le plus élevé, au moins 3 millions 10,0 sens de l’impôt sur la fortune im-
716 300 euros)
mobilière (IFI), 164 000 ménages
Ménages millionnaires 1,5 million 5,0
dépassent 1,3 million d’euros de
1 % le plus fortuné (au moins 2,2 patrimoine immobilier[2]. Tout au
300 000 1,0
millions d'euros)
sommet, quelque 300 000 ménages
Grandes fortunes immobilières
164 000 0,5 composent le 1 % le plus fortuné
(imposées à l'IFI)
Ménages milliardaires 141 n.s* et possèdent plus de 2,2 millions
d’euros. Enfin, selon le classement
*n.s. : non significatif.
Lecture : au seuil de fortune situé au triple du patrimoine médian, du magazine Challenges, notre
5,1 millions de ménages sont fortunés en France, soit 16,9 % de l’ensemble pays abriterait 141 milliardaires en
des ménages.
2023 en ne considérant que leur
Sources : estimations de l’Observatoire des inégalités d’après l’Insee,
ministère de l’Action et des Comptes publics, magazine Challenges – fortune professionnelle ■
Données 2021 pour les seuils de patrimoine, 2022 pour l'impôt sur la fortune
immobilière (IFI), 2023 pour les milliardaires

Où vous situez-vous sur l’échelle des patrimoines ?


L’Observatoire des inégalités propose un comparateur pour vous situer sur l’échelle des
patrimoines. Faites la somme de tout ce que vous possédez : logement, terrain, entreprise,
assurance-vie, etc., ou peut-être juste votre compte en banque ou une voiture. Retirez vos
emprunts et vos dettes éventuelles. Et si vous possédez ces biens en couple, divisez la
somme par deux. Vous pouvez maintenant comparer le montant obtenu aux données de
notre comparateur de patrimoine et afficher quel pourcentage de la population possède
moins que vous. Rendez-vous sur notre site à la page : [Link]
etes-vous-fortune.

[2] Contrairement aux autres seuils de fortune calculés en termes de patrimoine brut, le seuil d’imposition de
l’IFI s’applique au patrimoine net, c’est-à-dire après déduction des emprunts et d’un abattement de 30 % sur la
résidence principale.

66 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


02 ◌ Patrimoine 

Vers un seuil de fortune par âge ?


Un ménage de moins de 30 ans sur deux dispose d'un patrimoine net[3] inférieur à 15 800 euros
mais pour la moitié des sexagénaires, la barre se situe à 214 000 euros, selon les données
2021 de l'Insee. Si les revenus constituent un flux qui alimente un compte en banque, le
patrimoine est un stock qui grossit au fil du temps grâce à ce que l’on met de côté ou que l'on
hérite. C'est ce que les économistes appellent un « processus d’accumulation ». Logiquement,
les écarts en la matière sont grands entre jeunes et vieux : les 60-69 ans sont à la tête d'un
patrimoine médian quatorze fois plus élevé que les ménages de moins de 30 ans.

Raisonner toutes générations confondues constitue une limite importante dans le calcul
d’un seuil de richesse en patrimoine : on mélange des générations qui débutent dans la
vie et d’autres qui ont eu des décennies pour accumuler des biens et hériter (ou pas). Ce
constat devrait nous conduire
à utiliser un seuil de fortune
Patrimoine médian et seuil de fortune selon l'âge
pour un âge donné. Ainsi, notre
Unité : euros
seuil de richesse en patrimoine
net passerait de 374 000 euros Seuil de
Patrimoine net
richesse en
pour l’ensemble des ménages à médian
patrimoine
643 000 euros pour les 60-69 ans
Moins de 30 ans 15 800 47 400
et à 47 000 euros pour les moins
De 30 à 39 ans 49 400 148 200
de 30 ans. Ces informations sont
De 40 à 49 ans 110 800 332 400
intéressantes. Malheureusement,
De 50 à 59 ans 178 500 535 500
l’Insee ne diffuse que très peu
De 60 à 69 ans 214 300 642 900
de données sur les inégalités de
70 ans ou plus 209 900 629 700
patrimoine à l’intérieur de chaque
tranche d’âge. On ne sait pas dire, Ensemble 124 800 374 400

par exemple, combien de ménages Patrimoine net (endettement déduit). Âge de la personne de référence du
se situent au-dessus de ces seuils, ménage.
Lecture : le patrimoine net médian des ménages dont la personne de
ni quelle masse du patrimoine de référence a moins de 30 ans est de 15 800 euros. Le seuil de richesse en
l’ensemble des ménages détient patrimoine se situe à 47 400 euros pour cette tranche d’âge.
Source : Insee – Données 2021
chaque classe d’âge ■

Les dix plus grandes fortunes de France


Le patrimoine professionnel de Bernard Arnault, l’homme le plus fortuné de France, et de sa
famille est estimé à 203 milliards d’euros selon le classement 2023 du magazine Challenges.
Pour accumuler autant, une personne rémunérée au smic devrait travailler douze millions
d’années et épargner tout ce qu’elle gagne. Ou, mesuré autrement, avec sa fortune, Bernard
Arnault pourrait acquérir l’ensemble des logements de la ville de Marseille et de ses 870 000
habitants (voir encadré). En prime, il pourrait s’offrir les logements de la ville de Nantes.

[3] Dans cet article, nous utilisons le patrimoine net (emprunts déduits), parce qu’il tient compte du fait que
l’endettement est plus important pour les jeunes que pour les plus âgés.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 67


02 ◌ Patrimoine 

Ces données ne portent que sur le patrimoine professionnel : il s’agit des actions que ces per-
sonnes possèdent dans des entreprises qu’elles ont créées, achetées ou dont elles ont hérité.
Pour Bernard Arnault et sa famille par exemple, il s’agit uniquement de la valeur de leurs
actions du groupe de luxe LVMH.
Leur fortune personnelle, placée
Les 10 plus grandes fortunes professionnelles en
dans l’immobilier ou des œuvres France
d’art par exemple, n’est pas prise
Patrimoine
en compte. Patrimoine équivalent
professionnel à la valeur
Société
en milliards de tous les
Pour les personnes à la tête de d´euros logements de
la ville de...
ces immenses fortunes, l’utilité
matérielle du bien détenu (profi- Bernard Arnault LVMH 203,0
Marseille +
Nantes
ter d’une belle maison, d’un avion
Hermès
privé, etc.) ne compte plus vrai- Famille Hermès
international
137,8 Lyon
ment : elles peuvent acheter tout
Alain et Gérard
Chanel 100,0 Nice
ce qu’elles veulent, mais elles ont Wertheimer
déjà tout. Ces patrimoines servent Françoise
L´Oréal 77,2 Bordeaux
Bettencourt-Meyers
autre chose : des stratégies de
pouvoir, de distinction sociale, Rodolphe Saadé CMA CGM 39,0 Annecy

de prestige. Ces grandes fortunes Enfants de Serge Groupe


32,0 Grenoble
Dassault Dassault
cherchent ainsi à étendre leur pou-
François Pinault Kering 31,2 Reims
voir économique sur l’ensemble de
Groupe
la planète, à être mécènes de l’art, Gérard Mulliez
Mulliez
20,0 Le Havre
de potentiels explorateurs de l’es-
Pierre Castel Castel Frères 14,0 Le Mans
pace, à prolonger la vie à l’infini,
Emmanuel Besnier Lactalis 13,5 Perpignan
etc. Beaucoup de ces milliardaires
Le patrimoine professionnel comprend celui des personnes nommées et de
mettent en avant les dons impor- leur famille.
tants qu’ils opèrent pour se forger Lecture : Bernard Arnault et sa famille détiennent un patrimoine
professionnel de 203 milliards d'euros. Une somme équivalente à la
une image de bienfaiteur dans valeur de l’ensemble des logements de Marseille et de Nantes, selon les
la société. Médiatiquement, c’est estimations de l’Observatoire des inégalités.
Sources : classement du magazine Challenges au 30 juin 2023. Estimations
payant ■ de la valeur des logements par l'Observatoire des inégalités
Avertissement : le classement du magazine Challenges ne prend pas en
compte les dettes contractées.

Bernard Arnault peut-il acheter tout Marseille ? Notre méthode de calcul


Pour établir notre comparaison, nous avons estimé la valeur des logements de plusieurs
grandes villes. Nous avons considéré le nombre de logements du parc privé et social de la
ville de Marseille par exemple, et estimé leur valeur en multipliant leur nombre par la sur-
face moyenne des logements en France (82 m2 pour les villes de plus de 100 000 habitants
hors Paris, selon l’Insee) et par le prix moyen du mètre carré à Marseille (selon le baromètre
LPI‑SeLoger en janvier 2024[1]). Ce calcul donne un ordre de grandeur à des fins de compa-
raison : acheter l’ensemble des logements de Marseille reviendrait à une dépense d’environ
145 milliards d’euros, un montant inférieur au patrimoine professionnel du PDG de LVMH. Il
faut encore y ajouter la valeur estimée de tous les logements de Nantes pour faire le compte.

[1] Voir le site [Link].

68 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


02 ◌ Patrimoine 

Les plus fortunés


s’enrichissent-ils ?
Comment évolue le patrimoine des plus
fortunés ?
Les 10 % les plus fortunés pos-
Patrimoine moyen
Patrimoine moyen des10
des 10%%
Article (3465)
des
Recalculer cette page
des
Relecture temporaire
sédaient 1,7 million d’euros par
ménages les plus
ménages les plusfortunés
fortunés ménage en moyenne à la fin de
3 000 000 l’année 2009 en France, selon la
Banque centrale européenne[4].
Quatorze ans plus tard, leur patri-
Unité : euros courants

2 000 000 moine moyen s’établit à 2,5 mil-


lions d’euros, soit une progression
de 53 %. Une fois retiré l’effet de
1 000 000 l’inflation, cela représente encore
environ 25 % d’enrichissement sur
la période.
0
Les 50 % les moins dotés se sont
20 0T94
20 1T04
20 01T14
20 1T24
20 1T34

20 1T54
20 1T64
20 1T74
20 1T84

20 2T14
20 1T94
20 2T04

2T24
20 1T4
2009

211
2102
2103
2104
2105
2106
2107
2108

2201
2109

2202

également enrichis entre 2009 et


210

220
20

2023, mais moins vite que les 10 %


Lecture : au deuxième trimestre de 2023, les 10 % les plus fortunés
possèdent en moyenne un patrimoine de 2,5 millions d'euros. les plus fortunés. Leur patrimoine
Source : Banque centrale européenne moyen est passé de 55 000 à 80 000
Lecture : au deuxième trimestre de 2023, les 10 % les plus fortunés euros, soit une hausse de 45 % (in-
possèdentPatrimoine moyenArticle
en moyenne un patrimoine des
de 2,5 50
(3465)
%
millions descette page
Recalculer
d'euros.
Patrimoine moyen des 50 % des
Relecture temporaire
flation non prise en compte). Les
ménages
ménages
Source : Banque les moins
les moins
centrale européenne fortunés des
– ©fortunés
Observatoire écarts entre les plus fortunés et la
inégalités
100 000 moitié la moins dotée de la popu-
lation ont augmenté. En 2009, les
10 % du haut détenaient 30 fois ce
Unité : euros courants

75 000
que possédait la moitié de la popu-
lation. En 2023, c’est 32 fois.
50 000

25 000

0
2020 T4
2020 T4
2020T4
20201T4
20201T4
20 01T4
20 01T4
20 01T4
20 1 4
20 01T84
20 01T94
20 2T04
20 2T14
2T24
1009
1110
1211
13 2

214 3
215 4
216 5
2107T6
218 7

[4] « De nouvelles statistiques sur la


09

219

2201
2202
220

distribution du patrimoine des ménages


20

dans la comptabilité nationale », Aurélien


Lecture : au deuxième trimestre de 2023, les 50 % les moins fortunés Mesnard, Le Bulletin de la Banque de
possèdent en moyenne 79 760 euros. France n° 250, article 6, Banque de France,
Source : Banque centrale européenne 29 février 2024.

Lecture : au deuxième trimestre de 2023, les 50 % les moins

69
fortunés possèdent en moyenne 79 760 euros.
Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités -
Source : Banque centrale européenne – © Observatoire des
inégalités
02 ◌ Patrimoine 

Si le patrimoine des plus fortunés augmente plus vite que la moyenne, c’est que celui-ci
n’est pas composé de la même façon. Il comprend notamment davantage de placements
financiers et une proportion moins grande de biens immobiliers. Au cours des quinze
dernières années, les prix de l’immobilier ont augmenté moins rapidement qu’auparavant,
tandis que le patrimoine financier ne connaissait pas la crise. Ainsi, par exemple, le krach
boursier de 2020 lié à la crise sanitaire a été bien vite effacé par une remontée du cours des
actions majoritairement détenues par les plus fortunés ■

La concentration des patrimoines augmente


Le patrimoine de l’ensemble des Répartition du patrimoine de l'ensemble
ménages est réparti de manière des ménages selon de le niveau desde fortune
Article (3465) Recalculer cette page Relecture temporaire
Répartition du patrimoine l'ensemble ménages selon le
extrêmement inégale. Les 10 % les niveau de fortune

plus fortunés en détiennent près De 10 % à 20 % : 0 %


De 20 % à 30 % : 1 %
de la moitié. Les 10 % les moins De 30 % à 40 % : 2 %

fortunés ne possèdent rien, ou De 40 % à 50 % : 5 %

presque (0,1 % du total). La moitié De 50 % à 60 % : 7 %


De 60 % à 70 % : 9 %
des ménages la moins bien dotée 10 % les plus fortunés : 47 %

ne dispose que de 7,5 % de l’en-


De 70 % à 80 % : 12 %
semble, tandis que l’autre moitié
en possède 92,5 %.

De 80 % à 90 % : 18 %
La concentration du patrimoine
augmente. En 2010, les 10 % les Patrimoine
Lecture : les
brut. 10 % les plus
L'endettement fortunés
n'est pas prisdes ménages disposent de 47 % du
en compte.
plus fortunés détenaient 41 % de Lecture : les 10 % les
patrimoine plusdes
total fortunés des ménages
ménages. Source disposent
: calculs dede
47l'Observatoire
% du patrimoinedes
total des ménages.
inégalités d'après l'Insee –des
Données 2021
l’ensemble du patrimoine brut des inégalités
Source : calculs de l'Observatoire inégalités d'après l'Insee – Données 2021 – © Observatoire des

ménages. À chaque enquête réali-


sée depuis cette date par l’Insee, Évolution
Évolution de de la partdes
la part des1010%%les
Article (3465)
lesplusplus
Recalculer cette page Relecture tempora

leur part du gâteau a augmenté. fortunés


fortunésdans dans l'ensemble
l'ensemble du dupatrimoine
patrimoine
Elle a progressé de près de six des
des ménages
ménages
points en onze ans pour atteindre
50
47 % en 2021. Pendant la même pé-
riode, la part du patrimoine déte-
nue par les 50 % les moins fortunés
45
a diminué de 9,4 % à 7,5 % ■
Unité : %

40

35
2010 2012 2014 2016 2018 2020

Part des
Lecture : les 10 % les plus fortunés 10ménages
des % les plus fortunés 47,1 % du
détiennent
patrimoine brut total des ménages en 2021.
Source : calculs de l'Observatoire des inégalités d'après l'Insee
Patrimoine brut. L'endettement n'est pas pris en compte.
Lecture : les 10 % les plus fortunés des ménages détiennent 47,1 %
du patrimoine brut total en 2021.

70 - Rapport sur les riches en France 2024


Source : calculs de l'Observatoire des inégalités d'après l'Insee
- Observatoire des inégalités
02 ◌ Patrimoine 

La part des plus fortunés remonte depuis 40 ans


Depuis la fin des années 1980, la part du patrimoine net détenue par les 10 % les plus fortunés
s’accroit : de 51 % en 1989 à 58 % en 2022[5], selon le World Inequality Database. Cette hausse
de sept points est tirée par le 1 % le plus fortuné dont la part passe de 18 % à 24 % sur la même
période. La valeur des actifs financiers qui composent le plus gros des grandes fortunes
progresse de façon continue, à l’image des cours de la Bourse des années 1985 à 2000. La
part du patrimoine possédée par les 10 % les plus fortunés retrouve depuis 2000 un niveau
équivalent à celui de la fin des années 1960.

Depuis 20 ans, les courbes se stabilisent. Les crises boursières de 2002 et 2008 ont mis un
coup d’arrêt à l’envolée des plus gros patrimoines. Par la suite, la part détenue par les 10 % les
plus fortunés a gagné un point en dix ans (entre 2012 et 2022), toujours sous l’influence du 1 %
le plus fortuné. Une progression très ralentie par rapport à l’envolée de la fin des années 1990.

Certes, la part du gâteau détenue par les plus fortunés est d'un niveau inférieur à ce qu’elle
était au sortir de la Seconde Guerre mondiale. À l’époque, le dixième le plus fortuné pos-
sédait les trois quarts du patrimoine des ménages et le 1 % plus d’un tiers. Mais depuis
quatre décennies, les inégalités de
Évolution de la part des Article plus
(3465) fortunés
Recalculer cette page fortune
Relecture s’accroissent en France.
temporaire
Évolution de la part des plus fortunés
dans l’ensemble du patrimoine des Et les plus fortunés pèsent pour
dans l’ensemble du patrimoine des
ménages
ménages
que cette tendance se poursuive.
Ils ont ainsi obtenu en 2017 des
80
baisses considérables de l’impo-
sition sur le patrimoine : la sup-
60 pression de l’ISF, remplacé par
l'IFI qui ne prend en compte que
le patrimoine immobilier, et une
Unité : %

40

réduction de l’imposition des re-


20 venus du capital. Les patrimoines
se transmettent de génération en
0
génération : ce phénomène réduit
1960 1980 2000 2020 l’égalité des chances et assure une
reproduction dans le temps long
10 % les plus fortunés 1 % le plus fortuné
des inégalités sociales ■

Patrimoine net (endettement déduit) par personne.


Lecture : en 2022, les 10 % les plus fortunés détiennent 57,7 % de
Lecture : en 2022,
l'ensemble les 10 % les plus
du patrimoine privéfortunés détiennent 57,7 % de l'ensemble
en France.
du patrimoine privé en France.
Source
Source : World
: World Inequality
Inequality Database – © Observatoire des
Database
inégalités

[5] Ces données sont établies par adulte, en divisant par deux le patrimoine du couple et en déduisant ses dettes.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 71


02 ◌ Patrimoine 

La croissance démesurée des 500 plus grandes


fortunes
Les 500 premières fortunes professionnelles de France pèsent au total 1 170 milliards d’euros
en 2023 selon le magazine Challenges. Vingt ans plus tôt, elles représentaient 124 milliards
d'euros. Le patrimoine cumulé par les 500 plus gros propriétaires d’entreprises et leur famille
entre 2003 et 2023 a été multiplié par 9,4 (+ 844 %). Une hausse qui dépasse de très loin
l’inflation (les prix à la consommation ont augmenté de 39 % sur la période). Cette somme a
connu une première progression entre 2003 et 2008, de 124 à 267 milliards d’euros. Les pertes
des valeurs boursières de 2008 ont ensuite été vite effacées. L’emballement s’est produit à
partir de 2013. Le montant total des 500 plus grandes fortunes flirtait avec les 600 milliards
d'euros en 2017. Il se situe à 1 200 milliards en 2023.

Les grandes fortunes ne connaissent pas la crise. Ni le krach financier de 2008, ni le


ralentissement économique dû à la pandémie de la Covid-19 n’ont entamé ces immenses
fortunes. Les valeurs boursières de certaines entreprises du luxe ou de l’industrie
pharmaceutique ont même bénéficié des circonstances sanitaires. Le niveau de la fiscalité
française non plus ne fait guère d’ombre aux grandes fortunes.

Cette évolution peut être le résul-


Évolution
Évolution du montant
du montant global
Article (3465)
global des 500
Recalculer cette page Relecture temporair

tat de performances économiques


des 500
plusplus grandes
grandes fortunes
fortunes
exceptionnelles des entreprises,
1 250
de la hausse des cours des actions
en Bourse pour celles qui sont co-
1 000
tées, mais aussi d’un processus de
Unité : milliards d'euros

concentration par rachat d’autres


750
sociétés. Elle traduit, comme pour
le pétrole à la fin du XIXe siècle ou
500
pour les mines quelques décen-
nies auparavant, la reconstitution
250
d’immenses empires économiques
dirigés par un nombre réduit de
0
personnes ■
2000 2010 2020

Lecture : en 2023, l'ensemble des 500 Montant total fortunes professionnelles


plus grandes
en France représente 1 170 milliards d'euros.
Source : magazine Challenges
Lecture : en 2023, l'ensemble des 500 plus grandes fortunes
professionnelles représente 1 170 milliards d'euros.

Source : magazine Challenges – © Observatoire des inégalités

72 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


Où vivent les riches ? 03
La France
qui vit bien
Ce chapitre dessine la géographie des plus riches en France. Il
cartographie tout d’abord les revenus des 10 % les plus riches :
combien faut-il localement pour appartenir à cette tranche
favorisée ? La réponse n’est pas la même selon le territoire, dans
le 7e arrondissement de Paris et dans les Vosges par exemple.
Côté patrimoine, nous montrons où habitent les ménages
redevables de l’impôt sur la fortune immobilière.

Plusieurs territoires se détachent du lot, les beaux quartiers de


Paris en tête, parce qu’y vivent les plus riches des plus riches.
Des communes de sa proche banlieue se distinguent également,
Neuilly-sur-Seine notamment. Ce chapitre parcourt aussi des
localités de province très favorisées, à deux pas de la Suisse,
dans des banlieues cossues et des quartiers de grandes villes
qui abritent aussi, à l'inverse, la plus grande pauvreté, ou encore
des lieux de villégiatures prisés par les retraités aisés. Suivez le
guide ■

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 73


03 ◌ Où vivent les riches ? 

La carte de France des riches


La région parisienne concentre les départements où les 10 % les plus riches affichent le niveau
de vie le plus élevé. Paris arrive en tête avec au minimum 6 000 euros par mois pour ces
ménages aisés, après impôts pour une personne seule. Le département des Hauts‑de‑Seine
suit avec au moins 5 200 euros mensuels, puis les Yvelines (4 400 euros) et le Val-de-Marne
où pour appartenir aux 10 % les plus riches, il faut avoir un niveau de vie minimum de
3 900 euros. L'Essonne se situe en dixième position, avec 3 600 euros.

Niveau de vie minimum des 10 % les plus riches par département


Unité : euros

Zoom sur l'Île-de-France

Après impôts pour une personne seule.


Lecture : le niveau de vie minimum des Réunionnais les 10 % les plus riches se situe entre 2 783 et 3 314 euros par mois.
Source : Insee – Données 2021

Mais les départements où les riches ont le niveau de vie le plus élevé se situent aussi en
province. La proximité de la Suisse notamment fait bénéficier à une partie de la population
frontalière de salaires très élevés. La Haute-Savoie se classe ainsi en troisième position de
ce classement avec un niveau de vie minimum de 5 000 euros par mois pour entrer parmi les
10 % les plus riches. Dans l’Ain et le Haut-Rhin, il faut au moins 3 900 euros.

Au total, la France compte six départements, dont quatre en région parisienne, où le seuil
d’entrée dans les 10 % les plus aisés dépasse notre seuil de richesse fixé au double du niveau
de vie médian (3 860 euros). Cela signifie que plus de 10 % de leur population est riche selon
notre définition. D'autres départements du bassin parisien et des territoires qui englobent
les grandes métropoles (Lyon, Marseille, Nice, Bordeaux, Toulouse) se situent à un niveau

74 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


03 ◌ Où vivent les riches ? 

intermédiaire : on y entre dans les 10 % les plus riches Les dix départements où le
avec un niveau de vie situé entre 3 300 euros et niveau de vie minimum des
3 850 euros par mois après impôts pour une personne 10 % les plus riches est le plus
élevé
seule. En bas de tableau, on trouve des départements
Unité : euros
plus ruraux. Il suffit par exemple de disposer de
2 800 euros dans la Creuse ou dans l’Indre pour se Paris 5 968

situer au-dessus des revenus de 90 % de la population Hauts-de-Seine 5 218

de ces départements. Haute-Savoie 5 005


Yvelines 4 428

Ces écarts expliquent que pour un même niveau de Val-de-Marne 3 908

vie, on se sente plus ou moins riche selon l’endroit où Ain 3 897

l’on vit. Parce que les prix de l’immobilier varient d’un Haut-Rhin 3 853

endroit à un autre en fonction du pouvoir d’achat de la Rhône 3 755


population locale, et aussi parce que l'on compare ses Alpes-Maritimes 3 643
revenus à ceux des personnes que l’on côtoie (voisins, Essonne 3 611
amis, etc.). Avec 6 000 euros de niveau de vie mensuel Niveau de vie mensuel après impôts pour une
personne seule.
dans les Vosges par exemple, on se place tout en haut
Lecture : à Paris, on appartient aux 10 % les
de la hiérarchie des revenus, tandis qu’à Paris cette plus aisés lorsqu’on dispose d’un niveau de vie
somme suffit juste à franchir la barre des 10 % les plus supérieur à 5 968 euros par mois.

riches ■ Source : Insee – Données 2021

Les villes où vivent les très riches


Au classement des 20 grandes villes et arrondissements (plus de 20 000 habitants) où les
riches sont les plus riches, 19 se situent en région parisienne. Le 7e arrondissement de Paris
arrive en tête. Il faut disposer de pas moins de 12 400 euros par mois après impôts pour une
personne seule, ou de 18 600 euros pour un couple sans enfant, pour entrer dans le top des
10 % les plus aisés de ce quartier (données Insee 2021). Au total, la moitié de ces 20 territoires
où les riches sont les plus riches sont des arrondissements de Paris. Neuilly-sur-Seine dans
les Hauts-de-Seine (au minimum 10 730 euros mensuels) apparait en troisième position de ce
classement. Saint-Cloud, également dans les Hauts-de-Seine, se glisse en onzième position
avec un niveau de vie d'au minimum 7 020 euros par mois pour les 10 % les plus riches. Elle
est suivie par d’autres communes de banlieue parisienne. Le 6e arrondissement de Lyon et
Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) ferment la marche : le seuil d’entrée dans le club des 10 %
les plus riches y est respectivement de 5 700 et 5 600 euros mensuels, des revenus encore
très élevés, mais deux fois moindres que dans le 7e arrondissement de Paris.

Ces 20 territoires concentrent la richesse. C’est la France des classes les plus aisées, des
dirigeants des grandes entreprises, des médias, de la politique. En comparaison, tout en bas
du classement de l'ensemble de ces grandes villes (c'est-à-dire là où les riches sont les moins
riches), le seuil d’entrée dans les 10 % les plus aisés se situe autour de seulement 2 200 euros
par mois dans des communes comme Grigny (Essonne), La Courneuve (Seine-Saint-Denis)
ou le 3e arrondissement de Marseille. Les riches les plus riches des trois premières villes de
notre top 20 gagnent au moins 8 000 euros supplémentaires chaque mois par rapport aux
riches des trois dernières villes de ce classement de plus de 470 grandes villes.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 75


03 ◌ Où vivent les riches ? 

Les riches des villes plus petites


Certaines villes plus petites (moins de 20 000 habitants) abritent des personnes extrêmement
riches. Les départements de Haute-Savoie et de l’Ain sont surreprésentés : treize des
20 petites villes de notre classement où les riches sont les plus riches se situent dans ces
territoires. À moins de 45 minutes de route de Genève, ces communes fournissent un cadre
de vie recherché par les cadres français qui bénéficient des rémunérations suisses, plus
élevées qu'en France. La fiscalité française ne semble pas être un déterminant majeur dans
la « fuite » vers l’étranger : les super-riches de Divonne-les-Bains dans l'Ain, par exemple,
n’auraient que quelques centaines de mètres à faire pour aller habiter en Suisse. La commune
de Veyrier-du-Lac (banlieue d’Annecy et première de notre classement) compte des riches
dont le niveau de vie est au moins de 10 000 euros par mois, soit des revenus équivalents à
ceux des 10 % les plus aisés du 16e arrondissement de Paris.

Les 20 grandes villes et arrondissements Les 20 petites villes et arrondissements


où les riches sont les plus riches où les riches sont les plus riches
Unité : euros Unité : euros
Niveau de vie Niveau de vie
mensuel minimum mensuel minimum
des 10 % les plus des 10 % les plus
riches riches
en euros en euros

Paris 7 arrondissement
e
12 423 Veyrier-du-Lac (Haute-Savoie) 10 039
Paris 8e arrondissement 10 866 Divonne-les-Bains (Ain) 9 105
Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) 10 734 Collonges-sous-Salève (Haute-Savoie) 9 081
Paris 6e arrondissement 10 529 Archamps (Haute-Savoie) 8 950
Paris 16e arrondissement 9 933 Prévessin-Moëns (Ain) 8 528
Paris 9e arrondissement 7 349 Le Vésinet (Yvelines) 8 435
Paris 17 arrondissement
e
7 243 Saint-Didier-au-Mont-d’Or (Rhône) 8 320
Paris 3e arrondissement 7 220 Échenevex (Ain) 8 213
Paris 4e arrondissement 7 104 Saint-Cyr-au-Mont-d’Or (Rhône) 8 207
Paris 5e arrondissement 7 066 Messery (Haute-Savoie) 8 171
Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) 7 019 Beaumont (Haute-Savoie) 8 167
Saint-Mandé (Val-de-Marne) 6 682 Paris 1er arrondissement 7 869
Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) 6 365 Vaucresson (Hauts-de-Seine) 7 855
Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) 6 183 Veigy-Foncenex (Haute-Savoie) 7 847
Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) 6 097 Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines) 7 648
Maisons-Laffitte (Yvelines) 6 014 Feucherolles (Yvelines) 7 462
Sèvres (Hauts-de-Seine) 5 961 Crozet (Ain) 7 461
Paris 15e arrondissement 5 858 Chens-sur-Léman (Haute-Savoie) 7 396
Lyon 6e arrondissement (Rhône) 5 700 Thoiry (Ain) 7 323
Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) 5 621 Ségny (Ain) 7 252

Villes et arrondissements de plus de 20 000 habitants. Après Villes et arrondissements de moins de 20 000 habitants.
impôts pour une personne seule. Après impôts pour une personne seule.
Lecture : les 10 % les plus riches des habitants du 7e arrondis- Lecture : les 10 % les plus riches des habitants de Veyrier-
sement de Paris ont un niveau de vie d’au moins 12 423 euros du‑Lac en Haute-Savoie ont un niveau de vie mensuel d’au
par mois. moins 10 039 euros.
Source : Insee – Données 2021 Source : Insee – Données 2021

76 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


03 ◌ Où vivent les riches ? 

Les communes plus petites où vivent les plus riches sont des banlieues cossues de grandes
villes. On y trouve par exemple Le Vésinet, près de Paris, ou encore Saint-Cyr‑au‑Mont-d’Or
dans la métropole de Lyon. Ces territoires de moins de 20 000 habitants sont composés de
communes plus éloignées du centre des métropoles que dans notre premier classement,
hormis le 1er arrondissement parisien classé parmi les petits territoires avec ses
15 600 habitants ■

Notre méthode
Nos classements prennent en compte les communes pour lesquelles le niveau de vie minimum
des 10 % des habitants les plus riches a été publié par l’Insee pour l’année 2021. Nous avons
séparé ces territoires de plus de 20 000 habitants de ceux de moins de 20 000 habitants.
Pour Paris, Marseille et Lyon, nous avons retenu un découpage par arrondissement parce que
chacun abrite souvent la population d’une ville de grande taille.
Il est probable qu’en découpant par exemple Bordeaux ou Nice en arrondissements, une partie
de leurs quartiers apparaitraient dans notre liste. Notre découpage entre plus et moins de
20 000 habitants est arbitraire : de ce fait, le 1er arrondissement de Paris se retrouve parmi les
petits territoires. Enfin, les données ne sont pas disponibles pour les très petites communes
(de moins de 2 000 habitants).

Beaux quartiers
Quels sont les quartiers où la richesse est la plus concentrée ? Pour le savoir, il faut explorer
ce que l’Insee appelle les « ilots regroupés pour l'information statistique (Iris) » qui désignent
des ensembles d'environ 2 000 habitants. Nous ne disposons pas des pourcentages
d'habitants dont le niveau de vie est supérieur à notre seuil de richesse. Cependant, l’Insee
diffuse le niveau de vie qu’il faut atteindre pour figurer parmi les 10 % les plus riches en 2020.
Ce sont ces données que nous utilisons ici.

Le quartier dit « Gros caillou 6 » – le nom ne s’invente pas – dans le 7e arrondissement de


Paris (entre les Invalides et la tour Eiffel) se situe au sommet du sommet du niveau de vie
des riches. Le seuil d’entrée parmi les 10 % les plus aisés, après impôts et pour une personne
seule, y est de 21 900 euros par mois. À l’autre extrémité de l’échelle de ces quartiers, dans le
secteur dit « Jean Perrin » de Nîmes, où 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté[1],
on entre parmi les 10 % les plus riches de ce quartier à partir seulement d'un niveau de vie
équivalent à 1 330 euros mensuels.

Paris et sa région arrivant très loin devant en matière de revenus élevés, nous avons choisi
de créer trois classements différents selon que les quartiers où vivent les riches se trouvent
à Paris, en Île-de-France ou en province. Nous avons ainsi établi le « top 20 » des quartiers où
vivent les plus riches des riches pour chacun de ces territoires.

[1] Seuil de pauvreté fixé à 60 % du niveau de vie médian.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 77


03 ◌ Où vivent les riches ? 

Paris en tête
Parmi les 20 premiers quartiers parisiens où résident les Français les plus riches, dix sont
situés dans le 7e arrondissement. Le seuil d’entrée parmi les 10 % les plus riches se situe pour
les quartiers de la capitale de notre classement dans une fourchette qui varie de 13 300 euros
par mois dans celui de « Porte Dauphine 7 » dans le 16e arrondissement à 22 000 euros dans
celui de « Gros Caillou 6 » dans le 7e arrondissement. Ce dernier est suivi par celui de « Gros
Caillou 11 », toujours dans le 7e arrondissement, avec des revenus minimums de 16 800 euros
par mois pour les 10 % les plus riches.

Ces quartiers parisiens constituent le cœur de la richesse en revenus de notre pays. En


matière de logements, les prix astronomiques au mètre carré empêchent toute population
ne figurant pas au sommet des revenus de s’y établir. Il y règne un entre-soi très net. Le
contraste est énorme avec les arrondissements parisiens populaires : il suffit de faire
quelques kilomètres vers le nord-est de Paris pour entrer dans des quartiers où 40 % des
habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Les 20 quartiers de Paris où vivent les plus riches


Unité : euros
Niveau de vie mensuel minimum des
Arrondissement
10 % les plus riches

Gros Caillou 6 Paris 7e 21 884


Gros Caillou 11 Paris 7 e
16 801
Odéon 1 Paris 6e 16 543
Muette 8 Paris 16e 16 173
Europe 10 Paris 8e 15 183
Invalides 4 Paris 7e 15 083
Saint-Thomas d’Aquin 4 Paris 7e 14 939
Gros Caillou 7 Paris 7 e
14 920
Muette 7 Paris 16e 14 384
Saint-Thomas d’Aquin 5 Paris 7e 14 336
École Militaire 5 Paris 7e 14 115
Saint-Thomas d’Aquin 2 Paris 7e 13 893
Muette 21 Paris 16e 13 683
Saint-Thomas d’Aquin 1 Paris 7 e
13 679
Plaine Monceau 8 Paris 17e 13 584
Invalides 1 Paris 7e 13 478

Muette 18 Paris 16e 13 404

Europe 3 Paris 8e 13 399


Muette 10 Paris 16 e
13 278
Porte Dauphine 7 Paris 16e 13 275

Après impôts pour une personne seule.


Lecture : les 10 % des habitants les plus riches du quartier « Gros caillou 6 » situé dans le 7e arrondissement de Paris disposent d'un
niveau de vie d'au moins 21 884 euros par mois.
Source : Insee – Données 2020

78 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


03 ◌ Où vivent les riches ? 

Neuilly-sur-Seine, l’hyper-riche
En Île-de-France (hors Paris), les habitants aux revenus les plus élevés se concentrent dans
le département des Hauts-de-Seine, et même dans une seule de ses villes. Seize quartiers
de Neuilly-sur-Seine figurent ainsi parmi notre classement des 20 quartiers de la région
parisienne où vivent les plus aisés.

Les 20 quartiers d’Île-de-France (hors Paris) où vivent les plus riches


Unité : euros
Niveau de vie mensuel minimum des
Commune
10 % les plus riches

Parc de Neuilly 3 Neuilly-sur-Seine (92) 14 498


Saint-James Madrid 3 Neuilly-sur-Seine (92) 12 800
Saint-James Neuilly-sur-Seine (92) 12 253
Charles Laffitte 1 Neuilly-sur-Seine (92) 11 838
Les Princes Marmottan 2 Boulogne-Billancourt (92) 11 273
Parc de Neuilly 9 Neuilly-sur-Seine (92) 11 074
Plaine des Sablons 7 Neuilly-sur-Seine (92) 11 072
Parc de Neuilly 10 Neuilly-sur-Seine (92) 10 703
Parc de Neuilly 8 Neuilly-sur-Seine (92) 10 464
Charles Laffitte 2 Neuilly-sur-Seine (92) 10 353
Parc de Neuilly 4 Neuilly-sur-Seine (92) 10 317
Pince Vins Rueil-Malmaison (92) 10 291
Parc de Neuilly 7 Neuilly-sur-Seine (92) 10 088
Parc de Neuilly 6 Neuilly-sur-Seine (92) 10 037
Plaine des Sablons 5 Neuilly-sur-Seine (92) 9 899
Les Princes Marmottan 3 Boulogne-Billancourt (92) 9 825
Plateau Théry-Centre Ancien Vaucresson (92) 9 710
Plaine des Sablons 3 Neuilly-sur-Seine (92) 9 510
Parc de Neuilly 11 Neuilly-sur-Seine (92) 9 440
Saint-James Madrid 1 Neuilly-sur-Seine (92) 9 413

Après impôts pour une personne seule.


Lecture : les 10 % des habitants les plus riches du quartier « Parc de Neuilly 3 » à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine
disposent d'un niveau de vie d'au moins 14 498 euros par mois.
Source : Insee – Données 2020

Les beaux quartiers de province


Dès que l’on observe les quartiers situés en province, les résultats sont plus diversifiés. Avec
10 % de ses habitants dont le niveau de vie mensuel est au minimum de 9 600 euros par mois
après impôts, le plus riche est celui de « Nord-Ouest » à Divonne-les-Bains (Ain), commune
de la très proche périphérie de Genève. Dans le département du Nord (59), le quartier
« Beaumont 1 » de la ville de Croix (banlieue cossue de Roubaix) se place aussi en bonne
position avec des revenus minimums de 8 700 euros par mois pour ses habitants les 10 %
les plus riches. En plein centre-ville de Marseille, « Estrangin », un quartier situé à quelques
centaines de mètres d’immeubles qui tombent en ruine, est bien placé également (au moins
8 500 euros par mois pour les 10 % les plus riches).

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 79


03 ◌ Où vivent les riches ? 

Ce zoom sur les quartiers fait apparaitre deux choses. D’une part, il révèle des niveaux de vie
extraordinaires dans certains territoires, sinon cachés derrière les moyennes communales.
Il existe de véritables ilots de richesse. D’autre part, si certains de ces territoires sont
regroupés entre eux, à l’écart des autres quartiers (comme dans la banlieue ouest de Paris),
c’est loin d’être une règle : cette extrême richesse côtoie parfois la plus grande pauvreté ■

Les 20 quartiers de province où vivent les plus riches


Unité : euros
Niveau de vie mensuel minimum
Commune
des 10 % les plus riches

Nord-Ouest Divonne-les-Bains (01) 9 578

Sud-Ouest Divonne-les-Bains (01) 8 823

Beaumont 1 Croix (59) 8 678

Brigode Villeneuve-d’Ascq (59) 8 494

Estrangin Marseille 7 arrondissement (13)


e
8 446

Mont-Veyrier Annecy (74) 8 361

Rebberg Sud-Est Mulhouse (68) 8 286

Centre Divonne-les-Bains (01) 8 263

Les Belges Lyon 6 arrondissement (69)


e
8 073

Cadenelle Marseille 8e arrondissement (13) 8 026

Ouest Saint-Didier-au-Mont-d’Or (69) 7 871

Roches-Prophète Marseille 7 arrondissement (13)


e
7 833

Centre et Nord-Ouest Saint-Didier-au-Mont-d’Or (69) 7 832

Saint-André-Les Bulins Mont-Saint-Aignan (76) 7 832

Orangerie Est Strasbourg (67) 7 681

Maréchal Lyautey Lyon 6 arrondissement (69)


e
7 660

Est Saint-Cyr-au-Mont-d’Or (69) 7 452

Centre et Sud-Est Saint-Didier-au-Mont-d’Or (69) 7 429

Nice Havrais Sainte-Adresse (76) 7 345

Croisé Laroche Marcq-en-Barœul (59) 7 339

Après impôts pour une personne seule.


Lecture : les 10 % des habitants les plus riches du quartier « Nord-Ouest » de Divonne-les-Bains dans l’Ain disposent d'un niveau
de vie d'au moins 9 578 euros par mois.
Source : Insee – Données 2020

80 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


03 ◌ Où vivent les riches ? 

Où vivent les grandes fortunes immobilières ?


Pour connaitre les communes où vivent les personnes les plus fortunées, on dispose d’une
seule source : les données de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) de la Direction générale
des Finances publiques[2], impôt auquel sont soumis les foyers qui disposent d’un patrimoine
supérieur à 1,3 million d’euros, en prenant en compte seulement leurs biens immobiliers. On
compterait des fortunes bien plus élevées si l’on pouvait intégrer dans ces données le capital
professionnel et financier. Par ailleurs, on n’observe ici qu’une partie des communes : pour
des raisons de secret statistique, les communes qui abritent moins de 20 000 habitants ou
moins de 50 redevables de l'IFI ne sont pas divulguées.

Où vivent les plus grandes fortunes immobilières ?


Patrimoine immobilier moyen
Nombre de redevables de l'IFI
en millions d'euros

Paris 7e
4 417 3,4

Le Gosier (Guadeloupe) 57 3,3

Beauvais (Oise) 63 3,1

Paris 6e 2 899 3,1

Cannes (Alpes-Maritimes) 707 3,0

Paris 16e 9 670 3,0

Paris 8e 2 344 2,9

Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) 3 857 2,9

Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) 338 2,9

Paris 1er
589 2,8

Paris 4e 954 2,8

Palaiseau (Essonne) 76 2,8

Brive (Corrèze) 66 2,8

Compiègne (Oise) 114 2,7

Paris 3e 887 2,7

Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes) 135 2,6

Paris 18e 948 2,5

Paris 5e
1 782 2,5

Troyes (Aube) 54 2,5

Paris 17e 4 084 2,5

Villes ou arrondissements de plus de 20 000 habitants comprenant au moins 50 redevables de l’impôt sur la fortune immobilière.
Lecture : le patrimoine immobilier moyen des grandes fortunes soumises à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) est de 3,4 millions
d’euros dans le 7e arrondissement de Paris.
Source : Direction générale des Finances publiques – Données 2022

[2] Ces chiffres ne portent que sur les villes qui comprennent plus de 50 foyers soumis à l'impôt sur la fortune
immobilière (IFI). Sont redevables de cet impôt les personnes détenant un patrimoine immobilier d'au moins
1,3 million d’euros, déduction faite de leurs emprunts immobiliers et d’un abattement de 30 % sur leur résidence
principale.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 81


03 ◌ Où vivent les riches ? 

Dans notre classement des 20 communes et arrondissements où vivent les plus grandes
fortunes soumises à l'IFI, le patrimoine immobilier moyen détenu par ces dernières se
situe entre 2,5 millions d’euros dans le 17e arrondissement de Paris et 3,4 millions d’euros
dans le 7e arrondissement de la capitale, classé en première position de notre classement.
Logique : le prix au mètre carré moyen des logements y est de près de 14 000 euros[3] : un
studio de 20 m2 dans ce quartier coute environ 280 000 euros, soit plus d’une fois et demie
le patrimoine brut médian des Français (177 000 euros en 2021 selon l'Insee). En deuxième
position se place de manière plus surprenante une ville de Guadeloupe : Le Gosier. Avec des
grandes fortunes dont le patrimoine immobilier moyen est de 3,3 millions d’euros, elle se
positionne devant Beauvais (Oise). Attention, dans ces deux dernières communes, le nombre
de redevables de l'IFI est faible : on y compte seulement une soixantaine de ménages dans
ce cas, contre 4 400 dans le 7e arrondissement de Paris. Quelques richissimes propriétaires
font monter la moyenne des grosses fortunes qui résident dans ces villes. Il est possible que
d’autres communes abritent des fortunes tout aussi grandes, mais ces villes n’apparaissent
pas dans notre classement parce qu’elles comptent moins de 20 000 habitants ou moins de
50 ménages imposés à l’IFI.

Le 6e arrondissement parisien se classe quatrième de notre classement avec ses 2 900


ménages imposés sur leur fortune qui possèdent plus de trois millions d’euros de biens
immobiliers en moyenne. Au total, treize territoires de notre top 20 sont des arrondissements
de Paris ou des communes environnantes de la capitale, comme Palaiseau (Essonne),
Neuilly‑sur‑Seine (Hauts-de-Seine), ou encore Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne). Mais
des communes des Hauts-de-France, Beauvais et Compiègne, apparaissent aussi dans ce
classement, tout comme des villes telles que Cannes et Mandelieu-la-Napoule dans les
Alpes-Maritimes. Brive (Corrèze) et Troyes (Aube) font également partie de ce top 20.

Dans quelles villes se concentrent les grandes fortunes immobilières ?


Le patrimoine immobilier moyen par ménage ne nous dit rien du nombre de ces redevables de
l'IFI par territoire. Pour approcher ce qui pourrait s’apparenter à une « densité de patrimoines
élevés », nous avons rapporté le nombre de contribuables soumis à l’IFI à la population (plus
précisément au nombre de ménages fiscaux) de chaque ville ou arrondissement, et nous
avons établi un nouveau classement.

Sans surprise, les 20 territoires qui comptent dans leur population le plus de ces
contribuables fortunés sont tous situés en Île-de-France. C’est dans le 7e arrondissement
de Paris qu’ils sont les plus nombreux : 18,6 % des ménages fiscaux sont concernés, soit près
d’un ménage sur cinq. Suivent ensuite les 6e, 8e et 16e arrondissements parisiens, ainsi que
Neuilly‑sur‑Seine, où l’on dénombre de 13 % à 17 % de redevables de l'IFI. Au passage, c’est
dans le 16e arrondissement de Paris que l’on observe le nombre le plus élevé de ces redevables
(9 670 ménages). Le 15e arrondissement parisien, avec 3,2 % de contribuables assujettis à l’IFI,
ferme la marche. Il abrite 3 600 fortunes immobilières à lui seul.

[3] Prix au mètre carré moyen en février 2024 selon le site [Link].

82 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


03 ◌ Où vivent les riches ? 

Beauvais, qui est en troisième position de notre classement des villes où vivent les plus
grandes fortunes soumises à l'IFI, n’apparait pas ici car les très riches propriétaires y
sont peu nombreux : seulement trois redevables pour 1 000 ménages (0,3 %)[4]. Idem pour
toutes les villes de province. La carte de la densité des fortunes en France recoupe celle
des arrondissements cossus de Paris et des banlieues franciliennes les plus aisées
(Neuilly‑sur‑Seine, Nogent-sur‑Marne ou Saint-Mandé). Ces territoires dessinent une
géographie de la propriété immobilière très haut de gamme, de villas et d'appartements
luxueux. Ils coïncident logiquement avec les territoires où les revenus sont les plus élevés
(voir page 75) pour deux raisons : d’une part, le prix de l’immobilier y est considérable et,
d’autre part, ces hauts niveaux de revenus permettent d’accumuler dans le temps un
patrimoine immobilier très important ■

Où la part de grandes fortunes immobilières est-elle la plus élevée ?


Part de ménages redevables de l’IFI
Nombre de redevables de l'IFI
en %

Paris 7e 18,6 4 417

Paris 6e
17,2 2 899

Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) 14,5 3 857

Paris 8e
13,3 2 344

Paris 16e 13,0 9 670

Paris 5e
7,2 1 782

Paris 1er
7,0 589

Paris 4e 6,9 954

Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) 5,8 710

Paris 17e 5,3 4 084

Paris 3e 5,2 887

Sceaux (Hauts-de-Seine) 5,0 403

Paris 9e
4,9 1 403

Saint-Mandé (Val-de-Marne) 4,6 455

Versailles (Yvelines) 4,3 1 488

Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) 3,9 2 118

Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) 3,8 688

Sèvres (Hauts-de-Seine) 3,5 333

Paris 2e
3,4 385

Paris 15e 3,2 3 602

Villes ou arrondissements de plus de 20 000 habitants comprenant au moins 50 redevables de l’impôt sur la fortune immobilière.
Lecture : dans le 7e arrondissement de Paris, 18,6 % des ménages sont assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).
Source : calculs de l'Observatoire des inégalités d'après la Direction générale des Finances publiques – Données 2022

[4] Pour Le Gosier (Guadeloupe), le calcul n’a pas pu être effectué faute de données sur le nombre de ménages
fiscaux.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 83


Principales sources
Études et rapports
Magazine Challenges, « Les 500 plus grandes fortunes de France 2023 », 30 juin 2023.

Charbonnet Vivien, Les conditions de la richesse : sociodémographie des ménages aisés,


mémoire de recherche de sociologie, Université de Tours, 2022.

Charbonnet Vivien, Richesse et conditions de vie, mémoire de recherche de sociologie,


Université de Tours, 2023.

Insee, « Les inégalités économiques entre ménages selon le groupe socioprofessionnel », Thomas
Amossé, in France, portrait social. Édition 2023, Insee Références, novembre 2023.

Insee, « En 2021, les inégalités et la pauvreté augmentent », Valérie Albouy et al., Insee Première
n° 1973, novembre 2023.

Insee, « Les salaires dans le secteur privé en 2022 », Fanny Godet et Joan Sanchez Gonzalez, Insee
Première n° 1971, novembre 2023.

Insee, « Peu de mobilité dans l’échelle des revenus entre 2003 et 2019 », Tristan Loisel et Michael
Sicsic, Insee Analyses n° 82, avril 2023.

Cabinet Proxinvest, « Rapport sur la rémunération des dirigeants au titre de l’année 2022 »,
novembre 2023.

Sources de données
Banque centrale européenne, portail de données « Distributional wealth accounts – DWA ».

Insee, outil interactif sur les salaires : [Link]/fr/outil-interactif/5369554.

Insee, site « Nomenclature PCS », page « Revenus, patrimoine » : [Link]/decrire/


revenus-patrimoine.

Insee, « Structure et distribution des revenus, inégalité des niveaux de vie en 2021 », dispositif
Fichier localisé social et fiscal (Filosofi), janvier 2024.

Insee, « Revenus, pauvreté et niveau de vie en 2020 (Iris) », dispositif Fichier localisé social et
fiscal (Filosofi), mars 2023.

Ministère de l’Économie, « L’impôt sur la fortune immobilière en 2022 », DGFIP Statistiques n° 15,
avril 2023.

Word Inequality Database : [Link].

Rapport sur les riches en France 2024 Observatoire des inégalités - 84


Qui sommes-nous ?
L’Observatoire des inégalités est un
organisme privé indépendant qui a pour Pesez dans le débat :
mission, depuis 20 ans, de dresser un
état des lieux le plus complet possible soutenez l’Observatoire
des inégalités. Depuis 2020, il publie tous des inégalités
les deux ans un Rapport sur les riches en
France. Cette édition est la troisième. Nous L’Observatoire des inégalités vit
publions aussi tous les deux ans un Rapport principalement grâce aux dons
sur les inégalités en France et un Rapport de citoyens engagés pour plus de
sur la pauvreté en France. justice. Vous aussi, vous pouvez
contribuer à ses activités en le
Notre objectif est de permettre au public soutenant. Vous participez ainsi à
le plus large de s’approprier les éléments éclairer le débat public et à aider
que nous diffusons tout en proposant les acteurs qui combattent la
des clés pour les comprendre. Dans dégradation de notre modèle social.
de nombreux domaines, le niveau des Votre don est déductible à 66 %
inégalités heurte nos valeurs et alimente du montant de votre impôt sur le
les tensions sociales. La collecte et la mise revenu : un soutien de 50 euros vous
à disposition des données par les services revient à 16 euros après impôt.
publics ne sont pas à la hauteur de l’enjeu
que représentent les fractures de notre
société.

L’Observatoire des inégalités cherche à


faire la part des choses entre les secteurs
où les inégalités augmentent et ceux
où elles baissent. Il refuse toute forme
[Link]/nous-soutenir
d’exagération et de dramatisation qui
nuisent à une bonne compréhension de
notre société. Il s’interroge sur la pertinence
des modèles sociaux et sur leur capacité à Un site Internet
améliorer le sort du plus grand nombre.
[Link] est devenu la
L’Observatoire des inégalités s’est référence francophone en matière
construit de manière autonome, hors de d’information et d’analyse sur les
toute institution publique ou privée. Il inégalités. Notre lettre d’information
est indépendant de tout syndicat, parti offre un suivi régulier des informations
politique, religion ou cercle de pensée. Ses publiées sur notre site.
ressources sont principalement issues de
son propre travail d’édition, de formation Suivez-nous sur les réseaux sociaux
et de collecte de dons auprès du grand
@Obs_ineg
public ■
[Link]/[Link]

et aussi sur

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 85


Déjà disponibles

Rapport sur les inégalités en France, édition 2023


Rapport sur les Un état des lieux complet des inégalités. Revenus, éducation, travail,
inégalités en France modes de vie, territoires : chaque thème est documenté avec les
données les plus récentes, des chiffres-clés, des évolutions de long
Édition 2023

terme et des explications accessibles à tous et toutes. Un regard sans


complaisance ni exagération sur la société française, essentiel au
débat public.

Rapport sur les discriminations en France, édition 2023


Pour la première fois, un ouvrage réunit des preuves chiffrées des
discriminations en France, que leur motif soit la couleur de peau,
l’origine, le sexe, le handicap, l’orientation sexuelle, l’identité de
genre ou encore l’appartenance syndicale. Il apporte également
les explications nécessaires à la définition et à la mesure des
discriminations.

Rapport sur la pauvreté en France, édition 2022-2023


L’ouvrage présente un état des lieux complet de la pauvreté en France
Rapport sur la pauvreté en France
Édition 2022-2023
3 édition 2022-2023
e

Face aux crises, le modèle social français est l’un des plus pro-

RAPPORT SUR
tecteurs. Pour autant, la pauvreté ne recule plus. Le chômage

et de ses principales évolutions. Il propose aussi un portrait statistique


diminue, mais la précarité du travail reste massive. L’inflation
RAPPORT SUR LA PAUVRETÉ EN FRANCE 2022-2023 / Observatoire des inégalités

lamine le niveau de vie d’une partie des plus modestes.

LA PAUVRETÉ
Cet ouvrage rassemble les principales données sur la pauvre-
té. Il dresse un état des lieux complet et repère les principales
évolutions. Il propose aussi un portrait statistique des per-

des personnes pauvres et dessine la géographie des difficultés


sonnes pauvres et dessine la géographie des difficultés so-

EN FRANCE
ciales. Dans cette troisième édition, nous complétons le dia-
gnostic par un dossier complet consacré à la grande pauvreté.
La misère persiste et place des centaines de milliers de per-
sonnes dans des conditions de vie indignes.

sociales. Dans cette troisième édition, nous complétons le diagnostic


Ces indicateurs sont présentés et expliqués dans un langage
accessible. Ce rapport s’adresse à toutes celles et ceux qui
veulent s’informer sur la situation sociale et agir pour réduire
les inégalités, que ce soit sur le terrain ou par des politiques
publiques adaptées.

Fondé en 2003, l’Observatoire des inégalités est un orga-


nisme indépendant qui a pour mission de dresser un état des
lieux des inégalités, en France et dans le monde. La publica-
tion de ce rapport a été rendue possible grâce au soutien de
par un dossier sur la grande pauvreté qui place des centaines de
milliers de personnes dans des conditions de vie indignes.
plus de 750 personnes qui ont contribué à son financement.
Il a également reçu l’appui du cabinet d’études Compas, d’Apivia
Macif Mutuelle et de la Fondation Abbé Pierre.

Sous la direction d’Anne Brunner et Louis Maurin. En partenariat avec


Avec la participation de Ludovic Perron, Sarah Psimaras,
Xavier Saint-Martin, Bernard Schlemmer et Valérie Schneider.

En vente sur [Link] : 10 €


ISBN : 978-2-9579986-3-0
(version imprimée)
978-2-9579986-4-7
(version numérique)

Réduire les inégalités, c’est possible ! 30 experts présentent


leurs solutions
30 experts présentent des solutions concrètes pour réduire les
inégalités. Des revenus à l’éducation, en passant par le travail ou
la santé, par exemple, sur la base de leurs travaux en sociologie,
en économie, ou encore en science politique, ces chercheurs et
chercheuses dessinent les futurs possibles des politiques publiques.

86 - Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités


Le « Monopoly des inégalités », bienvenue aux adultes !

Le principe est simple : on joue au célèbre jeu de société, mais avec les
règles injustes de la société. Les joueurs incarnent des personnages qui
sont plus ou moins favorisés dans le déroulement du jeu en fonction de
leur catégorie sociale, de leur sexe, de leur âge, de leur handicap et de
leur origine.
Au départ, le « Monopoly des inégalités » a été conçu par l'Observatoire
des inégalités pour les 11-25 ans. La boite à outils pédagogique qui
l'accompagne permet aux professionnels de l’éducation d’animer les
parties. Notre équipe sillonne la France pour mener des ateliers dans
les établissements scolaires et les associations. Le « Monopoly des
inégalités » a ainsi déjà été utilisé par des milliers de jeunes.
Désormais, nous proposons aussi ces ateliers aux adultes, dans une
version conçue pour le monde du travail. En entreprise, au sein de
votre association, d’une collectivité, dans l’enseignement supérieur :
sensibilisez aux inégalités et aux discriminations en faisant venir nos
experts pour un atelier « Monopoly des inégalités ».

Comment obtenir nos publications ou organiser un atelier ?

> Vous pouvez vous procurer nos publications en passant commande sur notre site :
[Link]/Commander.

> Vous y trouverez également la boite à outils pédagogique, qui contient le matériel du
« Monopoly des inégalités ».

> Pour faire venir un intervenant ou une intervenante pour animer un atelier « Monopoly
des inégalités » dans votre établissement scolaire, votre association ou votre
entreprise, rendez-vous sur la page : [Link]/monopoly-inegalites.

Rapport sur les riches en France 2024 - Observatoire des inégalités - 87


© Observatoire des inégalités — 2024
Achevé d’imprimer et dépôt légal : juin 2024
Rapport sur les riches en France
Édition 2024

À partir de quel niveau de vie est-on riche ? Quel pourcentage


de la population les riches représentent-ils ? Comment
vivent-ils concrètement ? En s’appuyant sur les dernières données
disponibles et sur des travaux de recherche inédits, ce troisième
Rapport sur les riches en France vise à nouveau à décrire le haut
de l’échelle des revenus et des patrimoines de manière factuelle,
à travers un ensemble de tableaux commentés et d’analyses. Ce
document comprend un dossier exclusif sur les conditions de vie et
de logement des ménages situés au-dessus du seuil de richesse. On y
trouve aussi de quoi mieux comprendre où vivent les riches.

Autant de connaissances indispensables à la description de la


société française dans son ensemble, à un débat documenté sur la
répartition des ressources et la solidarité.

Depuis 20 ans, l’Observatoire des inégalités dresse un état des


lieux des inégalités. L’organisme indépendant reçoit le soutien de
nombreux donateurs. La publication de ce rapport a été rendue
possible grâce à plusieurs centaines de personnes qui ont contribué
à son financement.

Sous la direction d’Anne Brunner et Louis Maurin.


Avec la participation de Rémy Blans, Vivien Charbonnet, Xavier Saint-Martin,
Bernard Schlemmer et Valérie Schneider.

En vente sur [Link] : 12 €


ISBN : 978-2-9579986-9-2 (version imprimée)
978-2-487697-00-3 (version numérique)

Vous aimerez peut-être aussi