Radc N°2 Tap Ekelle
Radc N°2 Tap Ekelle
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I- Présentation de la Revue
La Revue Africaine de Droit Constitutionnel (RADC) est une revue électronique qui se propose de
promouvoir un discours et une approche africanistes sur le droit constitutionnel et d’analyser la dynamique
et les systèmes constitutionnels africains. Elle ambitionne ainsi constituer un espace de dialogue entre
chercheurs et praticiens sur le droit constitutionnel en Afrique. Elle pourra néanmoins publier les recherches
ayant pour objet, d’autres espaces géographiques (Amérique, Asie, Europe).
La Revue Africaine de Droit Constitutionnel s’inscrit dans une démarche qui combine à la fois,
l’approche institutionnelle et l’analyse jurisprudentielle du droit constitutionnel. Il est ainsi question de
prioriser non seulement les études qui mettent en perspective, l’œuvre jurisprudentielle du juge
constitutionnel en Afrique, mais également, celles qui appréhendent le Droit constitutionnel comme un
droit politique et accordent une importance particulière aux pratiques constitutionnelles.
La Revue n’accepte que des articles inédits et originaux dans les différentes branches du droit
constitutionnel (Droit constitutionnel normatif, Droit constitutionnel institutionnel, Droit constitutionnel
substantiel, Droit constitutionnel démotique et droit constitutionnel international). Elle fonctionne sur la
base d’une logique qui combine les appels à contributions et la proposition spontanée d’articles et a pour
cible, le monde universitaire, les praticiens et les organes politiques et constitutionnels.
A- Comité de rédaction :
Directeur de publication : Alain Franklin ONDOUA, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur
titulaire, Université de Yaoundé II,
Rédacteur en Chef : Jean Mermoz BIKORO, Agrégé des Facultés de Droit, Maître de Conférences à
l’Université de Yaoundé II,
Secrétaire de la Rédaction : Dr Floriane Marie-Ange BITSACK, Université de Yaoundé II,
Membres du Comité de rédaction : Dr Alain Ghislain EWANE BITEG, Dr Stéphane
MOUGNOL A MOUGNOL, Dr Jean Marie Noël NDZINA NOAH, Dr Ulrich BITE’E,
Dr Éric SIMO, Thierry Olivier TAMA AYINDA, Dr Michard Bériot EKELLE NGONDI.
B- Comité Scientifique :
Pr Bernard Raymond GUIMDO DONGMO, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur titulaire à
l’Université de Yaoundé II ;
Pr Magloire ONDOA, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur titulaire à l’Université de Yaoundé II ;
Pr Guillaume TUSSEAU, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur titulaire à Sciences Po Paris (École de
droit) ;
Pr Fabrice HOURQUEBIE, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur Titulaire à l’Université de
Bordeaux ;
Pr Julien JEANNENEY, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur à l’Université Strasbourg ;
Pr Komla Dodzi KOKOROKO, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur Titulaire à l’Université de
Lomé ;
Pr Adama Mawulé KPODAR, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur Titulaire à l’Université de Lomé ;
Pr Seni Mahamadou OUEDRAOGO, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur titulaire à l’Université
Thomas SANKARA de Ouagadougou ;
Pr Oumarou NAREY, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur titulaire à l’Université Abdou
MOUMOUNI de Niamey ;
Pr Jean Louis ATANGANA AMOUGOU, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur titulaire à
l’Université de Yaoundé II ;
Pr Patrick Edgard ABANE ENGOLO, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur titulaire à l’Université
de Yaoundé II ;
Pr Delphine Emmanuel ADOUKI, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur titulaire à l’Université
Marien N’GOUABI de Brazzaville ;
Pr Ibrahim SALAMI, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur Titulaire à l’Université Abomey-Calavi ;
Pr Abdoulaye SOMA, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur titulaire à l’Université Thomas
SANKARA de Ouagadougou ;
Pr Robert MBALLA OWONA, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur titulaire à l’Université de
Douala ;
Pr Alexis ESSONO OVONO, Agrégé des Facultés de Droit, Maître de Conférences à l’Université Omar
BONGO ;
Stéphane BOLLE, Professeur à l’Université Paul-VALERY – Montpellier III.
La publication d’un article à la Revue Africaine de Droit Constitutionnel est conditionnée par son
acceptation suite à un processus d’évaluation rigoureux. Le manuscrit est remis à deux instructeurs et le
Secrétariat communique aux auteurs, les observations formulées par lesdits instructeurs. Dans le cas où la
proposition d’article est validée par le comité scientifique avec des révisions, l’auteur dispose d’un délai
impératif indiqué par le Secrétariat de rédaction sous peine de voir la publication de l’article repoussée au
numéro suivant.
Dans un délai maximal de deux mois à compter de la réception du texte, une réponse est adressée
à l’auteur par le secrétariat de rédaction. Trois hypothèses sont envisageables :
L’acceptation de la proposition d’article en l’état assortie de précisions quant au numéro de
la Revue dans lequel il sera publié ;
L’acceptation de l’article sous réserve de modifications : il s’agit plus précisément des
réserves émises par les instructeurs et, éventuellement, par le comité de rédaction ;
Le refus du texte avec communication des motifs à l’auteur.
Les articles devront contenir : le Titre, le nom, la qualité et l’institution d’attache de l’auteur ainsi
que la problématique soulevée et le plan subséquent ;
La taille des articles doit être de 35 pages au maximum en incluant le résumé en français et en anglais
de dix lignes maximums avec 06 mots-clés ;
Les articles sont présentés sous le format Word, interligne 1,5, Police d’écriture Times News
Roman, taille de police 12 ;
Les notes de bas de page sont en continu : Time News Roman, taille de police 10, interligne simple ;
Les caractères des majuscules doivent être systématiquement accentués. Exemple : État,
RÉVISION.
Les références bibliographiques doivent être citées comme suit :
Pour les ouvrages, mémoires et Thèses : Nom (s) de l’auteur, prénom (s) de l’auteur entre
parenthèses, titre et sous-titre en italiques, lieu et maison d’édition, année de publication,
numéro de page référencée.
Pour les articles : Nom (s) de l’auteur, prénom (s) de l’auteur entre parenthèses, titre de
l’article entre guillemets, titre de la Revue en italique, numéro du volume, page.
Le texte doit être subdivisé suivant le système décimal. Exemple : I. A. 1. 2. B. 1. 2. II. A.
1. 2. B. 1. 2.
Les citations ne doivent pas dépasser trois lignes à l’exception des législations et de la
jurisprudence constitutionnelle.
N.B.
SOMMAIRE
Arsène-Joël ADELOUI et Errol TONI les engagements internationaux dans l’office des juridictions
constitutionnelles ouest-africaines francophones ………………………………………….…..………31
Serge François SOBZE et Luc Adolphe NJOM Le juge constitutionnel Africain à l’épreuve des
questions d’autochtonie et de gouvernance locale ……...…………………….….…………...………..60
Thierry Olivier TAMA AYINDA La pénalisation de la vie politique en Afrique noire francophone :
contribution à l’étude du Droit constitutionnel pénal …………..……..………………………….…..145
Franck Landry OWONA NDOUGUESSA La liberté de religion dans le constitutionnalisme des Etats
d’Afrique noire francophone : le cas du Cameroun et du Sénégal ……………………….……….…..211
Arsène Chinois ELLA NTOU’OU Le contentieux référendaire dans les Etats d’Afrique noire
francophone …………….……………….………………….………….………………..……..……..240
Aubran Donadoni NTOLO NZEKO La démocratie à l’épreuve du droit spontané dans les Etats
d’Afrique noire francophone …………….…...…………….………….……………..………..……..303
Colin ANANG NJUATE La consultation présidentielle dans les Etats d'Afrique noire francophone :
étude des cas du Cameroun, du Niger, du Sénégal et du Bénin
………….……………………………………………..…….……….………….…………..………..372
Par
Michard Bériot EKELLE NGONDI
Magistrat
Docteur/Ph.D en Droit Public ;
Membre de l’Association française de droit constitutionnel ;
Chercheur au Centre d’Etudes et de Recherches Constitutionnelles, Administratives et
Financières (CERCAF), Université de Yaoundé II Soa
Résumé
La normativité des constitutions en Afrique noire francophone est fragilisée par les
silences, contresens et angles morts qui rendent difficile d’application une part essentielle du
champ constitutionnel. Le texte de la constitution du 18 janvier 1996 fait écho à ce paradigme
par son extrême laconisme dans l’encadrement de l’empêchement temporaire du président de
la république, qui porte manifestement un coup de boutoir à la continuité de l’Etat. Sous ce
rapport, il s’évince que l’économie générale de la suppléance du chef de l’Etat telle
qu’organisée par le législateur constitutionnel, expose à des incidents de conjoncture
susceptibles d’occasionner la discontinuité de la fonction présidentielle au gré des incertitudes,
lacunes, et imprécisions qui l’ont dévoyée. Un tel dévoiement, appelle nécessairement à un
aggiornamento, à une réécriture de la Constitution, en vue de restaurer l’encadrement de
l’empêchement temporaire sur l’échiquier de la norme fondamentale comme un adjuvant de la
continuité de la fonction présidentielle et de l’Etat.
Abstract:
The normativity of constitutions in French-speaking black Africa is weakened by the
silences, contradictions and blind spots that make it difficult to apply an essential part of the
constitutional field. The text of the constitution of 18 January 1996 echoes this trend through
its extreme laconism in the framework of the temporary impediment of the president of the
republic, which clearly undermines the continuity of the state. In this respect, it is clear that the
constitutional arrangements for deputising for the Head of State expose him to incidents likely
to cause the presidential office to be discontinued as a result of the uncertainties, gaps and
imprecisions that have led to it going astray. Such misuse necessarily calls for an
aggiornamento, a constitutional rewrite, with a view to restoring temporary impediment to the
chessboard of the fundamental norm as an adjunct to the continuity of the State and the
presidential function.
Keywords: Temporary impediment, Substitution, President of the Republic,
constitutionalism, Continuity of the presidential function, Vacancy, Interim.
1
Ba (B.), « L’évolution constitutionnelle des pays africains de succession française », Annales Africaines,
Nouvelle série, Volume 2, Décembre 2020, N°13, pp 1-59
2
Juillard (P.), « La continuité du pouvoir exécutif », Mélanges offerts à Georges BURDEAU, Revue Le Pouvoir,
LGDJ, 1977, pp 158-177
3
Ibid., P.160
4
On fera ici une remarque terminologique. L’incapacité résulte davantage des causes endogènes (dégradation de
la santé physique ou affaiblissement des facultés intellectuelles) qui placent celui qui en est victime dans
l’impossibilité d’assumer sa charge. L’empêchement pour sa part semble résulter de causes exogènes qui
contrarient l’exercice de la fonction.
5
L’intérim renvoie à un vide organique. Il s’agit d’un mécanisme juridique destiné à résorber les problèmes de
discontinuité dans l’action administrative et politique. A la différence de la suppléance qui doit être prévue et
organisée par un texte qui désigne l’autorité chargée de l’assurer, l’intérim s’exerce sans texte (voir Conseil d’Etat,
ass, 22 Octobre 1971, Fontaine, R.626). En droit constitutionnel, l’intérimaire est l’autorité ou l’organe chargé de
remplacer le titulaire qui ne reviendra plus à son poste suite à un empêchement au caractère définitif et irréversible.
6
L’empêchement temporaire du président de la république autorise le recours à un procédé qui techniquement
s’appelle la suppléance. La suppléance permet en cas de doute sur la disponibilité du président, d’assurer la
continuité de l’Etat en procédant au remplacement provisoire de celui-ci jusqu’à son retour à son poste.
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Ces particularismes procèdent en réalité d’erreurs lexicales commises par les constituants. Ces derniers utilisent
indistinctement l’intérim et la suppléance pour renvoyer tantôt à la même réalité tantôt inversement. C’est le cas
des constituants béninois et sénégalais. Le constituant béninois de 1990 commet une erreur terminologique en
désignant comme intérim une réalité constitutionnelle qui correspond plutôt à la suppléance (voir article 50 de la
Loi n°90-32 du 11 Décembre 1990 portant constitution de la république du Benin). Pour sa part, le constituant
sénégalais commet l’erreur inverse en désignant la réalité constitutionnelle qu’est l’intérim par le terme suppléance
et inversement (voir les articles 39 et 40 de la loi n°2001-003 du 22 janvier 2001 portant constitution du Sénégal).
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de ses deux composantes. Tandis que l’empêchement définitif (la vacance présidentielle) est
sublimé au moyen d’un article kilométrique et suffisamment loquace8, l’empêchement
temporaire (la suppléance) est relégué à un article laconique, au vocabulaire peu rigoureux et à
l’efficacité relative quant à la résolution de la question de l’empêchement momentané du
président de la république. Cet article a la teneur suivante : « en cas d’empêchement temporaire,
le président de la république charge le premier ministre ou, en cas d’empêchement de celui-ci
un autre membre du gouvernement, d’assurer certaines de ses fonctions, dans le cadre d’une
délégation expresse »9. A la lecture cursive et autonomiste de cette disposition, il en ressort que
la suppléance résultant de l’empêchement temporaire du président de la république ne peut
jouer sans une délégation expresse, ce qui suppose que le président doit être en mesure (état de
conscience) de la donner10. À priori simple dans son principe, cette règle est cependant malaisée
dans son application.
En réalité, cette suppléance délégative centrée autour de la volonté exprimée du
président de la république, présente le péché originel de l’inefficacité face à un cas de figure
pourtant envisageable : qu’adviendrait-il de la continuité au sommet de l’Etat si le président de
la république, empêché temporairement pour une raison médicale (Accident Vasculaire et
Cérébral, coma) ne serait pas en mesure d’exprimer sa volonté délégante afin de désigner un
suppléant ? La réponse n’est pas évidente.
Ce diagnostic constitue sans doute un bon prétexte pour aborder la question de
l’empêchement temporaire du chef de l’état et la continuité de la fonction présidentielle au
Cameroun. Une telle étude qui juxtapose des aspects constitutionnels et politiques est davantage
digne d’intérêt dans un contexte où la durée du mandat présidentiel renouvelable indéfiniment,
l’âge relativement avancé du président de la république et de la plupart des candidats à l’élection
présidentielle à venir, ne rendent pas plus improbable l’hypothèse d’un empêchement
temporaire du président de la république.
a- L’intérim du Président de la République est exercé de plein droit, jusqu’à l’élection du nouveau Président de la
République, par le Président du Sénat. Et si ce dernier est, à son tour empêché, par son suppléant suivant l’ordre
de préséance du Sénat. b- Le Président de la République par intérim - le Président du Sénat ou son suppléant - ne
peut modifier ni la Constitution, ni la composition du Gouvernement. Il ne peut recourir au référendum. Il ne peut
être candidat à l’élection organisée pour la Présidence de la République. c- Toutefois, en cas de nécessité liée à
l’organisation de l’élection présidentielle, le Président de la République par intérim peut, après consultation du
Conseil Constitutionnel, modifier la composition du Gouvernement ».
9
Voir l’article 10 alinéa 3 de la constitution
10
Ngango Youmbi (E.M), « En attendant le conseil constitutionnel [Godot] : de la distinction entre « empêchement
temporaire » et « empêchement définitif » du président de la république », Droit et politique en Afrique, Revue
africaine de la recherche juridique et politique, n°2, Vol 1, Octobre 2024, pp 1-12 ;
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11
Dictionnaire Larousse, édition 2016, p.142
12
Guinchard (S.) et Debard (Th.), Lexique des termes juridiques, Dalloz, 2017-2018, p.867
13
Auby (J-M), « L’intérim », RDP, 1966, pp 864-883
14
De Villiers (M.) et Le Divellec (A.), Dictionnaire du droit constitutionnel, 7e édition, Paris, Sirey, 2009, p.144
15
En effet, l’article 5 alinéa 1 de la constitution identifie le Président de la République comme le « le chef de
l’Etat ». Il y a donc en droit camerounais, une confusion terminologique et organique entre ces deux réalités
constitutionnelles.
16
Voir l’article 6 alinéa 4 de la constitution.
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17
Lire à ce propos, Sobze Serge François « la suppléance du président de la république en Afrique francophone
», Revue de la recherche juridique-Droit prospectif, n°2, 2019, pp 850-885 ; Ngango Youmbi (E.M), « En attendant
le conseil constitutionnel [Godot] : de la distinction entre « empêchement temporaire » et « empêchement définitif
» du président de la république », Droit et politique en Afrique, Revue africaine de la recherche juridique et
politique, n°2, Vol 1, Octobre 2024, pp 1-12 ; Lire aussi Abane Engolo P-E « l’empêchement définitif du président
de la république en droit camerounais», Revue Africaine de Droit Public, n°1, 2012, pp 183-204 ;
18
Voir notamment l’article 21 de la constitution du 4 mars 1960
19
Voir l’article 7 de la loi n°84-01 du 4 février 1984 modifiant la constitution du 2 juin 1972
20
Voir l’article 10 alinéa 3 de la constitution du 18 janvier 1996
21
Truchet (D.), Droit administratif, 5e Édition, PUF, Paris, 2013, P. 359
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l’Etat ne doit pas s’arrêter, ni lui-même ni dans ses institutions, ni dans ses compétences, afin
d’assurer de façon constante la satisfaction de l’intérêt général. Ce principe général de droit
constitutionnel implique ipso facto la continuité fonctionnelle de l’institution présidentielle.
Système de compétences définies par la constitution, la fonction présidentielle est
conférée au chef de l’Etat, personne physique placée à la tête de cette institution pour une durée
en principe limitée. Sa permanence est un corollaire de la continuité et de l’identité de l’Etat22.
Elle vise à garantir la pérennité de la gestion des affaires du pays. Pour cela, la fonction
présidentielle doit fonctionner sans interruption ni à-coups qui seraient notamment tributaires
des contingences personnelles. Si l’individu qui représente l’organe présidentiel et en accomplit
l’activité peut être défaillant le cas échéant, la permanence de l’activité et de l’organe
présidentiel doit être garantie. En l’occurrence, il faut garantir que les mécanismes
constitutionnels prémunissent le fonctionnement des pouvoirs publics contre tout vide
institutionnel au sommet de l’Etat. Et même s’il est illusoire d’imaginer la constitution comme
une circulaire explicative devant aller aussi loin que possible dans le détail, il faut néanmoins
reconnaitre qu’en tant que source principale du droit constitutionnel, il revient à la constitution
de prévoir, d’anticiper les différentes situations qui peuvent affecter le fonctionnement du
pouvoir et partant, l’évitement d’une crise de la discontinuité organique et fonctionnelle des
pouvoirs constitués.
En la matière, l’actualité constitutionnelle récente est d’ailleurs révélatrice de l’urgence
de l’analyse de la question de l’empêchement temporaire du président de la république sous le
prisme du phénomène constitutionnel en mouvement au Cameroun23. Le séjour relativement
prolongé du président de la république à l’étranger24 a fait couler beaucoup d’encres et d’octets.
Il a notamment donné lieu à un storytelling médiatique sans précédent qui a été marqué par
l’émergence d’une construction imaginaire selon laquelle, l’ouverture de la vacance
présidentielle doit être déclarée après 45 jours d’absence du président de la république y
compris pour des raisons de santé. L’on est d’ailleurs monté d’un cran dans la polémique suite
aux affirmations de certains exégètes bénévoles de la constitution selon lesquelles il existerait
un « vide juridique » à propos de la vacance présidentielle. Minoré, relégué, l’empêchement
temporaire n’a que très rarement été invité au débat des constitutionnalistes alors même que le
22
Juillard P., « La continuité du pouvoir exécutif », opcit, p.158
23
Par « phénomène constitutionnel en mouvement au Cameroun », il faut entendre le « constitutionnalisme
camerounais » Lire à propos de la définition du « constitutionnalisme », Kamto (M.), Pouvoir et droit en Afrique
Noire : Essai sur les fondements du constitutionnalisme dans les États d’Afrique Noire francophone, Paris, LGDJ,
Collection Bibliothèque africaine et malgache, tome 43, 1987, p. 43.
24
Ladite absence a été comptabilisée à 49 jours
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séjour sanitaire du président de la république à l’étranger eut été une parfaite occurrence
d’exhibition.
Pour autant, la dynamique constitutionnelle du Cameroun orientée vers la
démocratisation et l’institutionnalisation du pouvoir, laisse poindre jusqu’ici une certaine
maturité de l’écriture constitutionnelle sur fond de prédictibilité de la norme constitutionnelle.
Seulement, quoique méritoire, cette avancée du constitutionnalisme camerounais ne parvient
pas à expurger les lacunes et reflux constitutionnels qui se révèlent à l’aune de l’exerçabilité du
droit. C’est dans cette perspective qu’il convient de poser la question suivante : quel regard
appréciatif peut-on résolument jeter sur l’empêchement temporaire du chef de l’État en
rapport avec la continuité de la fonction présidentielle ? Cette interrogation qui pourrait
revêtir une importance politique est de nature purement juridique. Elle invite à l’évaluation de
la qualité de la norme constitutionnelle25 et son aptitude à réaliser sans préjudice, l’objectif de
la continuité de l’État.
La mobilisation des éléments de méthodologie du positivisme26dans sa dimension
pragmatique27permet de dresser le constat d’une réalité au moins duale : en l’état du
constitutionnalisme camerounais, l’aménagement de l’empêchement temporaire du chef de
l’État constitue un frein potentiel à la continuité de la fonction présidentielle. D’où qu’il faut
l’envisager comme une solution constitutionnelle à la discontinuité de cette fonction.
Autrement dit, le constat de la préhension constitutionnelle de l’empêchement temporaire du
chef de l’État comme facteur de discontinuité de la fonction présidentielle(I), nécessite
inéluctablement son appréhension comme vecteur de continuité de ladite fonction (II).
25
Abane Engolo (P. E.), « La notion de qualité du droit », RADSP, vol. 1, n° 1, jan-juin 2013, pp. 87-110.
26
Champeil-Desplats (V.), Méthodologies du droit et des sciences du droit, Paris, Dalloz, Coll. Méthodes du droit,
2014, P.9
27
Oppetit (B.), Philosophie du droit, Paris, Dalloz, 1999, P.57
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28
Décision n°2019/CC du 14 Novembre 2018 relative à la requête du premier ministre tendant à l’interprétation
des dispositions des articles 13 et 16 de la constitution.
29
En l’absence du président Ali Bongo Ondimba, hospitalisé le 24 octobre 2018 à l’hôpital King Faisal de Riyad
à la suite d’un AVC, le Conseil Constitutionnel a procédé à la réécriture d’un alinéa à l’article 13 de la Constitution
concernant l’empêchement du président de la République à exercer ses fonctions. Jugeant que l’article 13 comporte
« une lacune qu’il convient de combler », l’alinéa ajouté précise que cette disposition s’applique « en cas
d’indisponibilité temporaire du président du la République pour quelque cause que ce soit, certaines fonctions (…)
peuvent être exercées, selon le cas, soit par le vice-président de la République, soit par le Premier ministre, sur
autorisation spéciale de la Cour constitutionnelle ».
30
Meyer-Heine (A.), « La procédure d’empêchement temporaire du chef de l’Etat sous la cinquième république :
les imprécisions de l’article 7 de la Constitution », Petites affiches, n°90, 1995, pp 1-9
31
Voir article 83 alinéa 2 de la constitution du 30 Aout 2023.
32
Voir article 50 alinéa 4 de la constitution du 10 décembre 1990.
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33
Meyer-Heine (A.), « La procédure d’empêchement temporaire du chef de l’Etat sous la cinquième république :
les imprécisions de l’article 7 de la Constitution », opcit, p.2
34
Idem
35
Ils désignent les déplacements effectués dans le cadre de fonctions officielles (Visites d’Etat)
36
Voir article 8 alinéa 1 de la constitution.
37
Kenfack Temfack (E.), « la vacance de la présidence de la république en droit constitutionnel camerounais »,
AFRILEX, Novembre 2018, p.22
38
Ondo Ebang (M.W.), Le Président de la République, autorité administrative en droit camerounais, Thèse de
Doctorat, Université de Yaoundé II Soa, 2018, 409p
39
Abane Engolo (P-E.) « L’empêchement définitif du président de la république en droit camerounais », opcit,
p.202
40
Ardant (P.), Institutions politiques et droit constitutionnel, 19e Ed. LGDJ, Paris 2007, p.459
41
L’empêchement définitif lié à la santé du président de la république est constitué lorsque ce dernier se retrouve
affecté d’une atteinte grave et incurable qui le prive de la jouissance de toutes ses facultés intellectuelles ou qui le
rend indisponible à exercer sa fonction ou incapable à continuer à diriger.
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diagnostiquer une maladie ou de prévoir son évolution, il est nécessaire pour le constituant de
déterminer un seuil de gravité au-delà duquel le chef de l’Etat en exercice mériterait d’être
momentanément remplacé. D’emblée, les cas de maladies bénignes méritent d’être écartées
dans la mesure où le critère devant permettre d’envisager l’incapacité est celui de l’atteinte
substantielle à la faculté d’assumer ses fonctions42. En l’espèce, les critères objectifs et
subjectifs semblent pouvoir y contribuer. Le critère objectif n’entraine pas d’appréciation
personnelle. Il s’agit de l’indisponibilité physique qui consisterait en une immobilisation dans
une maison de santé ou sur un lit d’hospitalisation. Pour leur part, les critères subjectifs sont
plus difficiles à établir car ils mêlent passions partisanes et arrières pensées politiques. Ils
concernent l’état mental du président de la république et le caractère réversible de la maladie.
Il s’agit d’une part des capacités d’appréciation, de décision et de concentration qui sont
indispensables à l’exercice de la fonction présidentielle43. D’autre part, il s’agit du caractère
grave et réversible de l’incapacité physique ou intellectuelle qui frappe le chef de l’Etat. Les
maux concernés sont ceux qui durent et qui sont curables. Le soin de leur appréciation est
généralement réservé à un « collège de médecins » désigné ou agrée par la Cour
constitutionnelle44. Au Cameroun, la mise sur pieds de ce type d’organe n’est pas expressément
prévue par la constitution. Néanmoins, l’on peut conjecturer que le Conseil constitutionnel,
organe régulateur du fonctionnement des institutions45 n’hésiterait pas à recourir à une telle
institution le cas échéant pour fonder sa religion sur une telle question.
S’agissant des faits générateurs en situation, à raison de leur découverte par la doctrine
constitutionnelle, l’on a pu identifier l’absence, la captivité et la mise en accusation du président
de la république.
Envisagée au sens civiliste comme la situation d’une personne qui « a cessé de paraitre
au lieu de son domicile ou de sa résidence sans que l’on ait eu de nouvelles 46», l’absence du
président de la république peut déclencher l’empêchement temporaire d’exercer sa fonction.
Certes, il n’y a pas de connaissance exacte sur le lieu où il se trouve, il n’y a non plus
d’inquiétude sur l’existence physique du chef de l’Etat dans la mesure où ce dernier n’a pas été
exposé à un évènement particulier susceptible de faire présumer son décès. Ainsi, dans l’optique
de privilégier la continuité de l’Etat, l’hypothèse de l’empêchement temporaire sera retenue tant
42
Abane Engolo P-E « l’empêchement définitif du président de la république en droit camerounais », opcit, p.187
43
Meyer-Heine (A.), « La procédure d’empêchement temporaire du chef de l’Etat sous la cinquième république :
les imprécisions de l’article 7 de la Constitution », opcit. P.3
44
C’est notamment le cas du Congo où un collège de médecins a été désigné par la Cour constitutionnelle pour
examiner le président Sassou Nguesso soupçonné d’être malade.
45
Voir article 46 de la constitution.
46
Voir article 112 et suivants du code civil
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que les délais de l’absence sont brefs et que les circonstances ne prêtent pas à équivoque47.
Seuls les circonstances et le prolongement de l’absence peuvent conduire au basculement de
l’empêchement temporaire vers un empêchement définitif.
Pour sa part, la captivité est définie comme l’état d’une personne privée de sa liberté à
raison de faits qui peuvent être légaux ou illégaux. Jadis, l’éventualité d’une prise d’otage ou
d’un enlèvement d’un chef d’Etat faisait sourire. Mais la montée du terrorisme international a
rendu cette hypothèse plus plausible. Le président de la république chinoise, le Maréchal
Tchang Kai Chek, fut enlevé par les rebelles communistes en 1936. Plus récemment, le
président nigérien Mohamed Bazoum a été « enlevé et séquestré » par des mutins de garde
présidentielle. Du fait de son enlèvement, le président est un temps indisponible à assurer ses
fonctions. C’est la raison pour laquelle la doctrine constitutionnelle n’a pas hésité à considérer
la captivité comme une cause de l’empêchement temporaire du président de la république48.
L’incapacité politique du président de la république tirée de sa mise en accusation
devant une « haute cour » peut également déclencher son empêchement temporaire49. Bien que
présumé innocent dans le cadre de cette procédure, la tradition républicaine et la préservation
de l’image du chef de l’Etat conduirait celui-ci à se mettre temporairement en retrait de
l’exercice de ses fonctions. En droit constitutionnel camerounais, aucune procédure n’a précisé
si le chef de l’Etat était ou non en mesure d’exercer ses fonctions pendant le temps qui s’écoule
entre sa mise en accusation devant la haute cour de justice et son jugement 50. Mais
vraisemblablement, le chef de l’Etat conserverait ses fonctions. La tendance est toutefois
différente en Allemagne où l’article 61 alinéa 2 de la loi fondamentale énonce que « par mesure
provisoire après la mise en accusation, le tribunal constitutionnel peut déclarer que le président
de la république fédérale est empêché d’exercer ses fonctions ». Les pouvoirs sont alors exercés
temporairement par le président du Bundestag. Aux Etats-Unis, la mise en accusation du
président de la république dans le cadre de la procédure de « l’impeachment » ne justifie pas
automatiquement son empêchement temporaire. Celui-ci est fonction de la majorité au
congrès51.
47
Guglielmi (G.J), « Malaise dans la constitution : l’empêchement du président de la république », in
[Link] Consulté le 15 septembre 2019
48
Richir(I.), Le président de la république et le conseil constitutionnel, PUF, 1998, p.144
49
Meyer-Heine(A.), « La procédure d’empêchement temporaire du chef de l’Etat sous la cinquième république :
les imprécisions de l’article 7 de la Constitution », opcit. P.3
50
Voir l’article 53 de la constitution.
51
Le président Andrew JOHNSON, en 1968, garda l’intégralité de ses pouvoirs et gouverna sans que ses fonctions
ne soient contestées alors qu’il était sous le coup d’une procédure d’impeachment.
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2) L’imprécision procédurale
52
Voir article 6 alinéa 4 de la constitution
53
Voir article 145 alinéa 2 de la loi n°2012/001 du 19 Avril 2012 portant Code électoral, modifiée et complétée
par la loi n°2012/017 du 21 décembre 2012
54
Il faut cependant relever qu’il manque encore une dernière pièce du Puzzle à savoir l’intervention d’un acte
réglementaire fixant les conditions de saisine du conseil constitutionnel par le président de l’Assemblée nationale
en cas d’empêchement définitif pouvant donner lieu à la vacance.
55
Voir l’article 7 de la constitution du 4 Octobre 1958 en vigueur
56
Certes le Président de la république n’est pas un citoyen ordinaire, mais il a droit, comme tout citoyen, à ce que
son intimité médicale ne soit divulguée qu’avec son consentement.
57
Juillard P., « La continuité du pouvoir exécutif », opcit, p.164
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58
La fonction de régulation du Conseil constitutionnel permet dans des circonstances exceptionnelles où la
continuité de l’Etat est en cause, de s’auto-saisir. Lire à propos Aba’a Oyono (J-C), « Un tryptique de posture en
oscillation dans le débat contentieux de droit public », Droit et Services, Mélanges en l’honneur du professeur
Etienne Charles LEKENE DONFACK, Etude africaines, L’Harmattan , 2024, pp 69-89
59
Voir l’article 55 de de la Loi n°2004/004 du 21 Avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil
constitutionnel
60
Voir la jurisprudence de la cour suprême en 2008 sur la requête du SDF affaire nomination membre du conseil
électoral d’ELECAM joseph Owona
61
Blacher (P.), « les pouvoirs discrétionnaires du chef de l’Etat, sources de la présidentialisation du régime », opcit.
P.5
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62
Voir l’article 7 alinéa 4 de la constitution en vigueur
63
L’article 38 de de la Loi n°2004/004 du 21 Avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil
constitutionnel dispose à cet effet que « Le conseil constitutionnel, saisi par le président de l’Assemblée Nationale,
après avis conforme du bureau, dans le cas prévu à l’article 6 alinéa 4 de la constitution, constate la vacance du
président de la république. Il statue alors à la majorité des deux tiers de ses membres ».
64
Voir article 49 de la constitution
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65
Voir l’article 10 alinéa 3 de la Constitution
66
Juillard (P.), « La continuité du pouvoir exécutif », opcit, p.162
67
Gicquel (J.), Essai sur la pratique de la Ve république. Bilan d’un septennat, LGDJ, 1968, p.535
68
Conseil d’Etat, Assemblée, 4 Avril 1952, Syndicat régional des quotidiens d’Algérie
69
Sobze (S-F) « la suppléance du président de la république en Afrique francophone », opcit, p. 871
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70
Ngango Youmbi (E.M), « En attendant le conseil constitutionnel [Godot] : de la distinction entre « empêchement
temporaire » et « empêchement définitif » du président de la république », opcit, p.4
71
Abiabag (I.), « Réflexion sur la déconcentration de l’exécutif camerounais après les révisions constitutionnelles
des 9 juin 1975 et 29 juin 1979 », Revue Internationale Droit et Jurisprudence Africaines, n°2, Juillet-septembre
1980, pp 21-27
72
C’est notamment le cas de la France, de Madagascar, du Gabon, de la République Centrafricaine, des Etats-Unis
d’Amérique du nord,
73
Abada Nguele (M.), « De l’empêchement du président de la république au Cameroun », African journal of
inernational and comparative law, vol 7, 1995, pp 380-399
74
Voir article 7 alinéa 4 de la constitution
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de la république à l’exception des pouvoirs et prérogatives prévus aux articles 54,55,57, 58…Et
tutti quanti75.
Aussi, par précaution, l’empêchement temporaire du président de la république se
conjugue invariablement avec la notion de délai et mieux encore, de délai impératif. Son
intervention permet d’assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et d’éviter que
par une série de communiqués médicaux, l’on entretienne l’opinion publique dans l’espoir vain
d’une guérison illusoire76. Si la constitution camerounaise n’a pas mentionné de délai maximum
de la suppléance présidentielle, préférant s’en remettre au bon sens des dirigeants politiques
sans les enserrer dans un cadre rigide, plusieurs constituant étrangers optent pour le choix de la
limitation de la suppléance. La constitution malgache abonde dans ce cens lorsqu’elle dispose
que « l’empêchement temporaire ne peut dépasser une période de six mois, à l’issue de laquelle
la Haute Cour Constitutionnelle […] peut se prononcer sur la transformation de
l’empêchement temporaire en empêchement définitif »77. Dans le même sillage, le constituant
gabonais affirme que « l’empêchement temporaire ne peut excéder quarante-cinq (45) jours.
Passé ce délai, l’empêchement devient définitif78 ».
Hormis cette absence de limitation de la suppléance présidentielle dans le temps, la
constitution camerounaise se distingue également par son imprédictibilité touchant à la
procédure de cessation de la suppléance. En effet, ni les hypothèses de cessation ni l’autorité
constatatrice de la cessation ne sont expressément prévues. A ce propos, l’on pourrait avancer
s’agissant du constat de la cessation de la suppléance, que le principe juridique classique du
parallélisme des formes trouve application en l’espèce. Ainsi, le Conseil constitutionnel qui
constate l’empêchement temporaire du président de la république serait logiquement l’autorité
compétente pour en constater la cessation. Par ailleurs, il est possible de déterminer trois (03)
hypothèses d’achèvement de la suppléance. Primo, le président de la république meurt ou
démissionne (il y a ouverture de la vacance présidentielle). Secundo, la cause de l’empêchement
temporaire apparait incurable ou irrémédiable (l’empêchement temporaire se transforme en
empêchement définitif). Tertio, la cause de l’empêchement temporaire disparait (le président
de la république retrouve ses fonctions)79.
75
Voir article 46 de la Constitution
76
Meyer-Heine (A.), « La procédure d’empêchement temporaire du chef de l’Etat sous la cinquième république :
les imprécisions de l’article 7 de la Constitution », opcit, p.7
77
Voir article 51 de la constitution du 17 novembre 2010
78
Voir article 46 de la constitution du 19 décembre 2024
79
Meyer-Heine (A.), « La procédure d’empêchement temporaire du chef de l’Etat sous la cinquième république :
les imprécisions de l’article 7 de la Constitution », opcit, p.7
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80
Danjouma (A.), La délégation permanente de signature par le président de la république, Mémoire de Master,
Université de Yaoundé II soa, 2024, p.28
81
A ce propos, tous les Présidents de la République ayant eu à se succéder au sommet de l’Etat ont recouru à cette
pratique. Lire à cet effet le Décret n°73/328 du 25 juin 1973 accordant délégation permanente de signature à
monsieur Paul Biya, secrétaire général de la Présidence de la République. Lire également le Décret n °75/533 du
17 juillet 1975 accordant délégation permanente de signature à monsieur Eboua Samuel Secrétaire Général de la
Présidence de la République.
82
Elle permet de déconcentrer un pouvoir présidentiel suffisamment large et assurer de ce fait la continuité de la
fonction et de l’Etat
83
Voir notamment l’article 10 alinéa 2 de la constitution et le Décret n°2011/412 du 09 décembre 2011 portant
réorganisation de la Présidence de la République en son article 3 alinéa 2
84
Danjouma (A.), opcit, p. 31
85
Gicquel (J.), « Le présidentialisme Négro-africain, l’exemple du Cameroun », Mélanges en l’honneur de
Georges Burdeau, Revue Le Pouvoir, LGDJ, 1977, pp 701-725
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86
Idem
87
Danjouma (A.), La délégation permanente de signature par le président de la république, opcit, p.42
88
Voir article 10 alinéa 2 de la constitution
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Avec le renouveau constitutionnel caractérisé par l’adhésion des états africains à l’idée
démocratique, le défi est désormais celui de l’institutionnalisation du pourvoir et de la stabilité
des institutions. Sous ce rapport, l’adhésion à l’idée de démocratie est sous-tendue par un
aménagement minutieux de l’organisation et du fonctionnement des pouvoirs publics
constitutionnels afin d’assurer leur pérennité et leur permettre de remplir efficacement leur rôle
dans la conduite de l’activité gouvernementale.
A ce propos, l’un des points d’achoppement dans le constitutionnalisme camerounais,
c’est le dérèglement observable au niveau de l’organisation et du fonctionnement des pouvoirs
publics constitutionnels. En effet, l’analyse du fonctionnement des pouvoirs conduit au constat
du basculement dans l’organisation constitutionnelle des pouvoirs tiré d’une remise en cause
de la hiérarchie au sein des pouvoirs institués (1). Qui plus est, en l’absence d’une régulation
institutionnelle efficace, l’affaiblissement progressif des organes desdits pouvoirs
constitutionnels (2) laisse poindre une crise inéluctable de la continuité des pouvoirs
constitutionnels.
parlement et entre leurs instances faîtières respectives. L’on aboutit ainsi, à un basculement de
l’organisation constitutionnelle des pouvoirs au gré d’une crise de gouvernance au sein de
l’exécutif et d’une crise de préséance au sein du législatif.
Dans le constitutionnalisme camerounais, la distribution formelle du pouvoir exécutif
met en scène un président de la république, figure centrale des institutions89et un gouvernement
constitué d’un premier ministre et de ministres regroupés sous l’autorité présidentielle qui leur
dispense orientations, instructions et dispose de leur carrière90. Il suit de cette configuration,
que le président de la république réunit en sa personne l’essentiel du pouvoir exécutif. Il dispose
à ce titre de la concentration tout à la fois opérationnelle et décisionnelle91. A côté de lui, le
premier ministre fait office d’homme-lige92, de nain politique et administratif93, édulcorant par-
là la dyarchie proclamée au sein de l’exécutif.
Dans sa sphère d’action qui déborde largement celle de l’exécutif, le président de la
république bénéficie de la présence à ses côtés d’un certain nombre de collaborateurs, afin que
l’exercice de ses fonctions demeure compatible avec les possibilités humaines. C’est donc au
gré de la nécessité et de l’efficacité de la fonction présidentielle, que le Secrétaire Général à la
Présidence de la République (SGPR) se retrouve propulsé en front office de l’action de
l’exécutif au bénéfice de décrets portant réorganisation de la présidence de la république94et
accordant délégation permanente de signature95 qui loin d’en faire un simple délégataire
agissant en lieu et place du chef de l’Etat, l’érige en principal récipiendaire de certaines
compétences dévolues constitutionnellement au président de la république. Sous ce rapport, le
SGPR reçoit les directives relatives à la définition de la politique de la nation ainsi que,
l’habilitation présidentielle d’assurer la liaison entre le pouvoir exécutif et les différentes
institutions républicaines, de suivre l’exécution des instructions et décisions prises par le
président de la république, de signer des actes de nomination aux emplois civils, de contrôler
l’exécution des programmes d’action gouvernementale approuvés par le chef de l’Etat et
impartis aux départements ministériels et organismes publics96. Sous ce postulat, tout porte à
croire que prenant à contrepieds la volonté du législateur constitutionnel, le dessein inavoué du
89
Gicquel (J.), « Le présidentialisme Négro-africain, l’exemple du Cameroun », opcit, p.704
90
Voir le titre II de la constitution
91
Owona (J), « La réforme politique et constitutionnelle de la république du Cameroun », Revue juridique et
politique, indépendance et coopération, 1975, p.486 et suivant
92
Gicquel (J.), opcit, p.707
93
Gohin (O.), Institutions administratives, LGDJ, 4eme édition, 2002, 618p
94
Décret N°2011/412 du 09 décembre 2011 portant réorganisation de la Présidence de la République
95
Décret No2019/043 du 5 février 2019 accordant délégation permanente de signature à Ngoh Ngoh Ferdinand,
Secrétaire Général de la Présidence de la République
96
Voir la circulaire du 5 juin 1998 relative à l’organisation du travail gouvernemental
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97
Danjouma (A.), La délégation permanente de signature par le président de la république, opcit, p.81
98
Voir le titre III de la constitution
99
Efoua Mbozo’o (S.), Le contrôle parlementaire de l’action gouvernementale, éditions Clé, 2014, p.73
100
Le Sénat est une assemblée à la légitimité disparate et pour cela, n’est pas habilité par le constituant à mettre
en jeu la responsabilité du Gouvernement nommé par l’élu de la nation tout entière. Pareillement, en cas de réunion
d’une commission mixte paritaire par le président de la république et si celui-ci ne parvient pas à obtenir l’adoption
du texte par l’une et l’autre chambre, le président de la république peut demander à la seule Assemblée nationale
de statuer définitivement.
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101
Voir l’article 6 de la constitution
102
Olinga (A-D), La constitution de la république du Cameroun, 2e édition revue et corrigée, 2013, Presses de
l’UCAC, p.83
103
Il convient de souligner à cet effet, que depuis la mise en place du Sénat au Cameroun, son président figure au
rang des sénateurs nommés par le président de la république.
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104
Ondoua (A-F) et Bikoro (J-M), « Chronique de droit public des pays de l’espace africain francophone », Revue
de droit public, Mars 2024, pp 201-205.
105
Bikoro (J-M), « Réflexions sur un tabou du constitutionnalisme en Afrique : la santé du président de la
république », Afrilex, 2020, pp1-32
106
Voir article 2 alinéa 3 de la constitution
107
Voir les articles 6 alinéa 5 et 20 alinéa 3 de la constitution
108
Awouma (J-M), « le mythe de l’âge, symbole de sagesse dans la société et la littérature africaine », Revue
internationale des sciences humaines, 1972, pp 63-82
109
Juillard (P.), « La continuité du pouvoir exécutif », opcit, p.159
110
Selon le Journal « Jeune Afrique » dans un article publié le 15 novembre 2024, l’âge des principaux gouvernants
du Cameroun est présenté ainsi qu’il suit : président de la république (92 ans), Président du Sénat (90 ans),
Président de l’Assemblée nationale (85 ans), Président du Conseil constitutionnel (85 ans).
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111
Lire l’article 44 de la constitution du 11 décembre 1990 révisé.
112
Bikoro (J-M), « Réflexions sur un tabou du constitutionnalisme en Afrique : la santé du président de la
république », opcit, p.1
113
Voir article 43 de ladite constitution
114
Voir article 66 de la constitution congolaise et 68 de la constitution tchadienne.
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Seulement, elle ne concerne que l’accès auxdites fonctions et ne vise pas expressément la
condition physique des organes constitués déjà en fonction. Le silence des textes
constitutionnels est absolu quant à la dégradation de l’état de santé des organes des pouvoirs
constitués en cours d’exercice. Qu’il s’agisse du président de la république, des présidents des
chambres parlementaires ou encore des juges constitutionnels, aucune mesure n’est envisagée
en cas de détérioration de leur état de santé115. En conséquence, il arrive régulièrement que le
président de la république et les autres organes constitués soient indisponibles du fait de leur
santé et que les solutions constitutionnelles ne soient pas envisagées malgré le prolongement
de leur mauvais état de santé116.
En rapport avec la question de la continuité de la fonction présidentielle, il est de bon
aloi de relever que la dégradation de la santé du président de la république et l’absence de
solution constitutionnelle clairement envisagée et applicable, est source de discontinuité de la
fonction et partant, de paralysie de l’état. Pis encore, le dérèglement dans l’organisation
constitutionnelle des pouvoir conjugué à l’absence de régulation institutionnelle, constituent
des ressorts identifiés d’une crise de la continuité des pouvoirs publics qui appelle
irrésistiblement des aménagements constitutionnels.
115
Donfack Sockeng (L.), « Droit constitutionnel et crises en Afrique », SOLON, n°5, Vol 3, 2011, p.79
116
Sobze(S-F), « La suppléance du président de la République en Afrique francophone », opcit, p.857
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de droit. Toutes considérations qui invitent, sans forcer le trait, à opter pour une reconfiguration
du pouvoir exécutif (1) et la rationalisation des règles de la suppléance (2).
117
Juillard (P.), « La continuité du pouvoir exécutif », opcit, p.166
118
BA (B.), « L’évolution constitutionnelle des pays africains de succession française », opcit, p.11
119
Ekelle Ngondi (M-B), La responsabilité des pouvoirs constitués en droit constitutionnel camerounais, Thèse
de Doctorat, Université de Douala, 2021, p.231
120
Si à l’origine la fonction de Premier ministre ne se concevait que dans le cadre du régime parlementaire,
l’évolution des régimes politiques africains a démontré qu’il peut se concevoir également en dehors du régime
parlementaire. Lire à ce propos Gonidec (P-F.), « Esquisse d’une typologie des régimes politiques africains »,
Pouvoirs, n°25, 1983, pp. 65-77
121
Ngwe (L.), « Le premier ministre dans les mutations politiques des Etats d'Afrique francophone. Retour sur
des expériences de formalisation d'un rôle et d'un ordre politiques », Africa Spectrum, n°6, 2006, pp. 7-34
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122
Il s’agit de l’alinéa 2 de l’article 10 de la constitution.
123
Voir l’alinéa 3 de l’article de l’article 10 de la constitution
124
Voir l’article 83 alinéa 2 de la constitution du 30 Aout 2023
125
Voir l’article 46 de la constitution du 19 décembre 2024
126
Voir l’article 81 de la constitution de 29 décembre 2024
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127
Moubitang (E.), « la succession constitutionnelle du président de la république : entre l’intérim et le
dauphinat », Revue libre de droit, 2019, pp 14-50
128
Juillard (P.), « La continuité du pouvoir exécutif », opcit, p.162
129
El Hadj Mbodj, La succession du chef de l’Etat en droit constitutionnel africain : analyse juridique et impact
politique, Thèse de Doctorat en droit public, Université Cheikh ANTA DIOP, 1991, p.82
130
Voir l’article 8 de ladite loi constitutionnelle
131
Voir l’article 7(nouveau) de la constitution révisée du 29 juin 1979
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132
Abane Engolo (P.E.), « La notion de qualité du droit », opcit, p.98
133
Il s’agit de l’absence au sens du droit civil qui s’entend comme la situation d’une personne dont on ne sait si
elle est vivante ou morte du fait qu’elle a cessé de paraître au lieu de son domicile ou de sa résidence et qu’elle ne
donne plus de ses nouvelles.
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à l’intérêt supérieur de l’Etat. Dans ce contexte, le délai de huit (08) jours fixé par la constitution
au Conseil constitutionnel pour statuer en cas d’urgence pourrait être raccourci à trois (03) jours
134
à l’instar de celui dans lequel il est tenu de statuer sur l’inéligibilité des candidats à l’élection
présidentielle135.
Ensuite, le « temporaire » n’ayant pas vocation à se prolonger indéfiniment, il doit
exister un laps de temps maximal au-delà duquel il devient « définitif »136. Le constituant se
doit ainsi de fixer une durée au bout de laquelle l’empêchement temporaire se meut en
empêchement définitif et ouvre la voie à la vacance présidentielle. Le législateur constitutionnel
gabonais s’inscrit dans cette démarche, lorsqu’il énonce que « l’empêchement temporaire ne
peut excéder quarante-cinq (45) jours. Passé ce délai, l’empêchement devient définitif »137.
Dans le même sillage, la constitution malgache de 2010 dispose que « L'empêchement
temporaire ne peut dépasser une période de trois mois, à l'issue de laquelle la Haute Cour
Constitutionnelle……peut se prononcer sur la transformation de l'empêchement temporaire en
empêchement définitif »138. A l’instar de ses pairs, le législateur constitutionnel national se
devrait alors de limiter dans le temps, la durée de l’empêchement temporaire du chef de l’Etat.
Mieux encore, il pourrait prévoir les circonstances de sa cessation à savoir : la disparition de la
cause de l’empêchement139, l’apparition du caractère incurable ou irrémédiable de la maladie
ou incapacité qui frappe le chef de l’Etat140 ou encore la mort ou démission de ce dernier. Enfin,
dans un cas comme dans un autre, ces circonstances doivent être constatées par des organes
constitutionnellement désignés.
In fine, le texte de la constitution n’est pas rigoureux s’agissant de la détermination des
organes habilités tant à déclencher qu’à constater l’empêchement temporaire du Président de la
république. Cette lacune rédhibitoire dans la garantie de la continuité de l’Etat se comble
logiquement par l’investiture constitutionnelle desdits organes. A propos du déclenchement de
la procédure, la compétence y relative pourrait être attribuée au président de l’Assemblée
nationale comme dans le cadre de la vacance à la présidence de la république. Par le biais d’une
requête datée, motivée et exposant les circonstances qui conduisent à constater l’empêchement
134
Voir l’article 49 de la constitution
135
Voir l’article 118 alinéa 2 de la Loi n°2012/001 du 19 Avril 2012 portant Code électoral, modifiée et complétée
par la Loi n°2012/017 du 21 décembre 2012
136
Meyer-Heine (A.), « La procédure d’empêchement temporaire du chef de l’Etat sous la cinquième république
: les imprécisions de l’article 7 de la Constitution », opcit. P.6
137
Voir l’article 46 de la constitution du 19 décembre 2024
138
Voir l’article 51 de la constitution malgache du 11 décembre 2010
139
La cause de l’empêchement peut disparaître à la suite de la guérison, de la libération du président retenu en
captivité ou encore après sa mise hors cause par la haute cour de justice.
140
L’empêchement temporaire se transforme ipso facto en empêchement définitif après le constat par de
l’irréversibilité de l’incapacité ou de la maladie du chef de l’Etat.
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Conclusion
141
Lire à ce propos, Aba’a Oyono Jean Calvin, « Un tryptique de posture en oscillation dans le débat contentieux
de droit public », Mélanges en l’honneur du professeur Etienne Charles Lekene Donfack, Volume 1, L’Harmattan
, 2024, pp 69-89
142
Voir l’article 6 alinéa 4 de la Constitution.
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NOTE SUR LES CONTRIBUTEURS