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Le Pronom Démonstratif HN en Ugaritique

Le document traite du pronom démonstratif 'hn' en ougaritique, en examinant son existence, son histoire et ses relations avec d'autres formes démonstratives et l'article. L'auteur, JL. Cunchillos, passe en revue l'évolution des recherches sur ce pronom depuis 1941, en mettant en lumière les débats parmi les sémitologues et les différentes interprétations qui ont émergé. La publication de PRU II en 1959 a contribué à établir l'unanimité sur la reconnaissance de 'hn' comme un démonstratif en ougaritique.

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Le Pronom Démonstratif HN en Ugaritique

Le document traite du pronom démonstratif 'hn' en ougaritique, en examinant son existence, son histoire et ses relations avec d'autres formes démonstratives et l'article. L'auteur, JL. Cunchillos, passe en revue l'évolution des recherches sur ce pronom depuis 1941, en mettant en lumière les débats parmi les sémitologues et les différentes interprétations qui ont émergé. La publication de PRU II en 1959 a contribué à établir l'unanimité sur la reconnaissance de 'hn' comme un démonstratif en ougaritique.

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LE PRONOM DEMONSTRATIF hn EN UGARITIQUE. Son existence, son histoire, ses rapports avec les autres démonstratifs et avec l'article. JL. Cunchillos ~ Paris [The pronominal demonstrative value of Ug, hn Vann) is considered as against the deictic one normally assigned to it and so independently ofits connexion with compound forms like find. ts occurence is ascertained in KTU 2.21:10, The author traces the siatus quaestionis of the investigation on this Ug. particle, coordinates all the extant dala and finds a support for his opinion in Acc, anu, The Hebrew-Phoenician article would later derive fom it) 1, Etat de ta question ‘Le probléme que nous abordons est complexe. La complexité ne vient pas toujours du sujet tui-méme, mais parfois de Mbistoire de la recherche sur le sujet. Le manque de vocalisation en ugaritique fait que de ‘nombreux mois peuvent se cacher sous lhomographe fn, Lihistoire de a recherche de fest tellement riche ‘en enseignements qu'il nous a semblé opportun de la parcourir avec le lecteur pour qu'il puisse Sapercevoir de Ja problématique dominante au moment oti chaque auteur écrit, des tendances de la recherche, des acquis des chercheurs et des obscurités qui restent a éctairir. ‘On peut situer le commencement de l'histoire de la recherche sur hn vers 1941. On est encore loin de notre sujet précis. C'est en 1941 que A. Goetze? tire argument du manque d'artcle en ugaritique pour dire que cette langue n'était pas cananéenne. W.F. Albright s‘insurgeait aussit6t contre cette apréciation? el contre les 19 autres points signalés par Goetze, mais sans y apporter d'arguments susceptibles de nous intéresser. La discussion sur existence ou nom de article en ugaritique devenait ainsi un point du probléme de Vappartenance de cette langue tel ou tel groupe linguistique. Probleme qui, on le sait; a divisé les sémitologues. En 1954, J. Aisdeitner' affirmait Vexistence du pronom démonstratif fn’ et allait jusqu’a alfirmer existence de Varticle /in® en ugaritique. L'argument d’Aistleitner, c'est le contexte, le sens qui se dégagerait des phrases oil se trouve i. Argument valable en soi mais sours aux fluctuations de la découverte des mots 1.1 sult de voir Gordon, UT, Gtassary 781-785. 1 distingue hw pronom personnel de 3* p. (pl. “elles” (n® 781 sion appareniée & Mhebreu hina 1? 782), un pronom possesif de 3p, Fp, “leur”, “eles” (o? 784). un adverbe “ici” (n® 783), une mesure des liquides (0° 785) et i voit dans hud un Sémonsirotf "ce", "ceci” mais adjecif(o® 786) et dans nk un substanti (n° 787). Voir aussi J, Aisteitner-O. Eisseld, Warverbuch der Ugariischen Spract. Berlin 1967, n® 849 4 853, 2A. Goate, “ls Upartic a Canaanite Dialer? dans Language 17 (1941)133 4. Dans f14S0R 89194318, note S. Cest une longue note 4. Dans sos Unvrsuchungen 2ur Grammantk des Ugariuschon (Berichte... philologisch-hstorische Klasse, Band 100, Heft 6) erin 1984 5. Thudem p. 31: 6. Boden p. 34 ‘Aula Orem 1 (1983) 135 LL. CUNCHILLOS cachés sous homographe fn ainsi qu'aux sens y attachés. I donnait donc quelques exemples, mais aucun argument dautre type. La proposition d’Aistleiiner restait sans confirmation. Ses exemples, quoique possibles, n'étaient pas des arguments convaincants. A telle enseigne que lui-méme sera obligé de faire le point sur fin en 1960 comme nous le verrons plus foin. Leapparition de hnd va modifier substantiellement les données du probléme. En 1952, Ch, Virolieaud’ révéle existence de find qu’il interpréte comme un nom de personne. Le méme auteur un an plus tard# écrit; il faut Fire / d qui est un double pronom démonstrati... Hn d (hébr. hinnéh-zéh) se rencontre fréquemment dans les tablettes de 1952, toujours écrit find, comme sil s'agissait d'un seul mot". Malheureusement Virolleaud n’explique pas sa conception du “double pronom”. L’argument qui tire de Phébreu non seulement n'est pas valable mais ne permet pas d'expliquer Vallusion de cet auteur au double pronom, A.M. Honeyman? reconnait la valeur démonstrative de find et que Mugaritique (yn find doit are Peguivatent de I'akkadien Stu iim? annin'®, “é partir de ce jour” (“from this very day"). Iajoute que find est un démonstratif en fonction adjectivale et non pronominale, ce que tous les ugaritologues reconnaissent aujourd'hui", Contre avis de Virolleaud, cité plus haut, Honeyman ajoute que /id “is the equivalent and the ‘congener not of Hebrew hinnh-... but of haz-zeh”. Ce que les ugaritologues accepteront sans beaucoup de difficultés. La phrase de Honeyman reste fondamentalement vraie, 'auteur fait quand méme un double saut. I a saison quand il affirme que /nd est plus proche de haz-zel,, mais entre Jind et haz-zeh il manque un chainon que Honeyman ne connait pas encore. En effet, si had était equivalent de haz-zeh cela voudrait dire que le fin de un! est Particle fin. Or est-ce exactement cela? Nous y reviendrons plus loin. En 1957 Ch. Virolleaud publie dans PRU II les nouveaux textes auxquels il avait [ait allusion dans ces deux articles cités plus haut, Virolleaud ne tient pas compte ni des Untersuchungen Aistleitner!? ni de article de Honeyman", Virolleaud analyse /ind'4 comme hn +d et pour rexpliquer il renvoie & nouveau a hinnéh- 22/9 d'Isaie XX1,9. Tl voit bien dans fh de fard "hébreu hinnéh “voici”, En fait Virolleaud traduit ha, que l'on retrouve aussi de nombreuses ois dans les nouveaux textes, par “voici"*, Cette surabondance du sens de ‘voiei” pour An va produire un long courant de pensée parmi les ugaritologues qui est loin d'étre tari”? Ce courant explique par ailleurs la réaction de Aistleitner dans un article postérieur'*, Dans le glossaire de PRU", Virolleaud traduit find par “celwi-ci” et link par “cela”. M1 reconnait done deux démonstratifs ‘Malheureuisement dans l'explication qu’il donne de /k29 i ne pense pas & link pronom démonstratif mais & un substantif, du reste intconnt. 7, Dans “Les nouvelles inbletesalphabetiques de Ras-Shamra”, dans CRATBL 1982, 9.231 et note 2 8. Dans “Les nouveau fete alphabetiques de Ras Spamra (XVI campagne 19527", Communication fate a Acaémie dans la stance dy 19 juin 1953 et publige dans Ssria 3011953H187-195, a in page 187, note 2 9, Dans “Ugarit and Semitic Usage”, dans J40S 7519551122, 10, Dai signalé par Virolleaud dans son premier article mais sans comprendre la liaison entre les deux phrases. IL. Voir pe. Gordon, UT 6.22 «1 Glssary n® 786, 12, Cité plus haut 13. Dans sacs 75 (1959122 14. Dans PRU 2p. LB 15, Cal dij son explication dans Serv 30(1953)187, note 2 16. Voie pe. le plossaire de PRU 1. p. 207. Toujours “voi 17. En suise exemple, sane doute fe meilleur, voir K. Aartun, Die Partkeln des Ugariischen (AOAT 21), Newkirchen-Viuyn 1974, voi up. 63-64. I dscorapose Jnd had en hr, interaction "voit", + nenclitque + dui pronom relatif. Voir aussi iden p. 68-10 a propos de hn, Kak et inks que Aaftun considere comme des inerjections "voict 8. Je pense a Aistleiner, “Das Usgartigche hinveisende Furwort hn", dans 80 17(1960)11-12 od i fat aflusion ata surabondance de “vole 19. fbidem p. 207 20. thidem p. 28 156 LE PRONOM DEMONSTRATIF HN EN UGARITIQUE, Toujours est-i que la publication de PRU Il fait Punanimité sur un point: ily a bien un démonstrati hind a Ugarit?. En 1959, M. Dahood reprend les arguments de Honeyman qu'il accepte pleinement et ajoute & propos de Jink: “similarly (il vient de parler de fd) to be explained is the newly attested fit... it should be broken down into fn plus demonstrative particle ka”. On peut s’étonner que Dahood préfére voir le démonstratif dans la particule k plutot que dans i. Cette attitude de Dahood représente une explication de ce phénoméne, sans cesse répété jusqu’'é nos jours, Dahood, comme nous aurons l'occasion de voir plus loin, n’est pas seul & séagir de la sorte: hind (ou fink) est un démonstrati, la valeur démonstrative se trouve donc dans d (ou dans 40%, Llorigine de cette affirmation pourrait se trouver dans le inndl-zéh de Virolleaud ou tout simplement dans Ja culture philologique hébraique de leurs auteurs, ce qui revient en partie au méme. Cette remarque, bien entendu, ns d'autre intention que d'éclairer Vat de la recherche. Dans un article de 1960, Aistetner® fait le point de sa position sur in aprés avoir pris connaissance des nouveaux textes publiés dans PRU II, Il abandonne sa thése sur article fm qu'il avait soutenue dans ses, Umersuchungen™. I divise les textes qu'il cite & Vappui du démonstratif en deux catégories de textes selon fa fonction adjectivale ou pronominale de / et dans les deux cas en exemples sirs et moins sis. Voici un aper- ‘gu des propositions de l'auteur. A) En fonction adjectivale: 1) hi yn win, “an diesem Tag und am 2weiten"™*, “oe jour et le deuxiéme” (KTU 1.4 Vi 24 et passim). 2) haymgsq..[Link], “ab diesem Tag schenkte man Wein aus Tink ein” (KTU 1.22 117%. 3) [Link] bn. lehman fn 3 (KTU.1.40¢ 17 et 25)° et la phrase paralléle dans le méme texte I,33-34 el 42-43", B} En fonction pronominale: 1) Jur bpy sprivm, “dies ist ‘aus meinem Mund ihr Aufzahlen” (KTU 1.24: 45-46)". 2) ard’ qs‘ wha 5{6'] bmn, “ich bringe her die Wate tund zwar (von) diesem Tag (gerechnet) am siebenten Tag” (KTU 1.17 V 3-4). 3) hu fun skin, “dies sind sie, 1 die Burgen” (KTU 3.3: 8-9)", Ft dans la catégoric de “moins sis” Aistleitner ajoute: 4) git [Link], “Dieser nahm den Bogen in seine Hand” (KTU 1.10 11 6). 5) [Link], “und dies riefen beide Frauen" (KTU 1.23: 460, 6) w ha br yuh Imspr, “und dies moge das Haus (Ugarit) wiederholt reztieren"” (KTU 1.19 TV 62 qui lit autrement w find. [Link]. 7) isha hn aul. “bdfa], “dies wird die Frau zum Lachen tiber 21. Voir ps. Gordon, UT 6.22 et Glossary n® 786, 22, Dans “The Linguistic Position of Ugariti..", dans J. Coppens etal, ed, Sera Paging F. Parie-Gembloux 1989. pp. 2m, 23, Ihidem p. 272, 24. Cest le (ype dexplication donnée généralement pur K. Aartun dans Die Partie des Uuritschen pour expiauer ta sructare des partcules [Link]. A propos de hnu/indt voir idem 1, pp. 63-64 dj che. A ta difference *Aartan, Dahood ne voit pas fa eonjonction “woe dans in 25. Voir pe. M. Liverani, "Element innovativi nel vga 26. 1. Aistleitner, “Das ugartisehe binweisende Furwort hi 27. Voir plus haut 28. Yadopte ici, comme dans (oot mon ate, les sgles KTU de Kellalphatensche Teste ans Ugrit (Neukirehen-Viyn 1976) par M, Dietrich.O. Loretzet1. Sanmartn. Pour favoriser la lecture et comprehension je donnerai dans ls notes ls sigles Aislin. CCelutci dsigne ce este sous le sigle IAB, VI 24, D'aures passages de la méme phrase dans pe, KTU IIT 15-6641 32, 1.221 21 116 VI 21-22. Voie MUS, 3 ition, p91 a 848. 28, Selon Aistletner TI Rp, BU. 30, La rélérence dAistlener ost (1929) 19 et 17. 3. La référence Aistletner est 211929) 25-26 ot 34-35, D'autces exemples de Jr en fonetion adjectivale dans WLS n? 849 sont KTU 2.33: 29-30, Jpn tb on et KTU 1.6 VEA8-49, linn. nn. ah, “diese Govier, O Mt, sind deine Gesellechat”. Ces deux exemples Sont donnés dans BO mais comme moins stirs 32, Selon Aistletner NK 45-46, Dans HVUS a” 849 la eadvetion est “und dies ist meinem Munde ihre Aufahluna”. 33. Le sigle @'Aistielter ast I, ¥ 3 434, Sous le sigle PU= PRUD IT 161.8. 35, Sous te sigle LV AB, 11 6. Dans Uniersuchungen.. p. 22, Aislitner consdére eet exemple comme “atibutv’ 136. Sous le sigle SS, 46. Dans Liversuclungen ce teste est un exemple datributiv” &t dart, 237. Sous le sigle | D, 228. Dans Liveryuchungen... p. 34 ce texte est un exemple de “atribu non leterario", LineRC 361 49680173-191, 181 ", BO 11196001112, ot de Partito 157 ‘LL. CUNCHILLOS Uren] Diener bringen'” (KTU 2.25: 56), Bt dans WUS n® 849 il ajoutera: 8) ap [Link], “darauthin der Krafivolle... et." (KTU 1.17 1 28-29) Ce qu’ Aistleitner se garde de dire, c’est qu’il a change d'avis dans plusieurs cas par rapport aux positions qu'il présentait dans ses Umersuichungen” sans donner aucune explication. Tout cela n’était pas fait pour convainere ses lecteurs d'autant qu’Astleitner ne donne aucun argument nouveau! si ce n'est un trait de sens commun: traduire fn toujours pr “voi” signfierait que ugaritique a une préilection non explicable pour cette particule. Cet argument nous semble de poids. Mais était suffisant? et argument tiré du contexte était- il suffisant pour convaincre les ugartologues? Quand Aistleitner parle ensuite de And, il connait le travail de Honeyman mais il ne le cite pas. Il est accord en grande partie avec celuici. Cependant Aistcitner apporte quelque chose qui nous semble aujourd'hui capita. I ait le rapprochement entre le démonstratif fet hnd/nk en disant: “Das demonstrative ‘i kann am Ende mit den deiktischen Elementen d und & erweitert werden”", II est done clairement dit que dans ind et fk ily a ke démonstratit jn, ce qui a de importance comme nows verrons par ta suite, Puis i parle de fn et fink En 1964, M. Liverani dans son article “Elementi innovativi nell’ugaritico non letterario™ commence par affirmer: “che origine dell'articolo [enicio-ebraico (/i con raddopiamento della consonante seguente) vada individuato nell'aggetivo demostrativo fu, & gia stato sostenuto da diversi studiosi"**, Cette phrase est excessive puisque seulement Aistleitner parle du pronom et adjectif démonstraif J et seulement Honeyman fait allusion explicite a article hébraique. De plus, Aistleitner sest dédit dans son travail de Bibliosiecw Orienatis 1960) de tout ce aul avait écrit sur article dans ses Untersuchungen. L’allusion que fait Honeyman a Varticle hébraique® est en fonction d'une référence explicite 4 hn (et non seulement a /- avec redoublement de la consonne suivante) et & Fopinion de Ungnad* Cela dit, Liverani fait un pas important quand il Gort: “ta semplice esistenza del dimostrativo Jur non & sufficieme a provare che proprio da ess0 derivi Varticolo. Occorre mostrare che in esso il valore dimostrativo stava indebolendosi e trasformandosi in semplice valore determinative". Liverani trouve argument qui prouve le changement de valeur de Jin dans une phrase de la lettre KTU 2.33: 31-32. Bt voici fa phrase: fit lpr Svar Ind. M1 explique que le simple in n'est pas suffisent et que Ton a recours & Vexpression surabondante fi + subsiansif + hnd. Ui avait déja écrit auparavant que le fait de trouver 12 fois fm, hid ow hak dans la méme letre montrait un affaibissement de Ia valeur de fn. Remargues qui sont, nous semble-il, parfaitement pertinentes, Par contre, nous ne pouvons pas accepter que “il valore ai dimostrativo @ cioé rimasto legato allelemento d”. Nous avons dja signalé plus haut une raison possible de cette affirmation, qui n'est pas 38. Sous le sile PUT= PRUD IL 17.8 439. Nous avons signalé les changements dans les noles précédentss. 40, Midensp. Mh. AL. Dans LineRC 361(1964)173ss. De notre unéme i pare eux pages 181-182. 42. fhidem p. 181 43. A.M, Honeyman dans J40S 75(1955122. 44. A. Ungnad, “Der hebraische Artikel”, dans OLZ 10(1907210-21 1, et dans ZOMG 621908)80-82, Lopiaion &Ungnad nest pas partagse par la plupart des spécialistes, voir J. Barth dans USL 1886, p. 233 idem, Die Ponominallldung in den serschen Sprachen, Hildesheim 1967 (Reprografischer Nachdruck der Ausgabe Leipzig 1913), n” $8 a et b, pp. 131-133; B. KautzchA.E, Cowley. Gesenins Hebrew Grammar. Oxford 19102. 8/351, pp. V11-112, avee bibliographie classique: H. Baver-P. Leander, Historische Grammatik der hebriiscen Sprache des Alien Testoments. Hildesbeim 1962, § 31, p. 262, suivent simplement Bart. R. Meyer, Hebrische Grammarik Il, Berlin 1969, 8 32, p. 17, adopte la solution Barth, /i- et parle du m enclitque comme de Vépe antérieur a Particle en ancien cananéen dont Fugaritique biden p.18, 48. dn cit-p. 181 46. An. cit p. 181 158 LE PRONOM DEMONSTRATIF HN EN UGARITIQUE raisonné du reste. Mais chez Liverani, cela nous semble d’autant moins compréhensible qu'il a affirmé" que de nombreux auteurs avaient reconnu l'adjectif démonstratif hn, Justement, une des sources dobscurité dans le traitement de notre sujet, serait que les auteurs reconnaissent volontiers la valeur demonstrative de find** mais ils ne la voient pas dans fin. A y bien réfléchir, je suis tenté de [Link] Liverani non plus, mais il a accepté ce fait pour mieux établir sa démonstration. En fait Liverani voit hd décompose en article + a. Ce qui ne nous semble pas possible ou en tout cas n'a pas été démontré. Son argument tiré de la phrase Mur ulp sin hind pourait porter sur ha mais non sur Jud. Si argument se porte également sur Aud, comme le fait Liverani en suivant le raisonnement de Honeyman, il faut dire qu'un chainon de l’évolution manque, comme ous avons signalé plus haut en critiquant Honeyman. Encore une fois, dans une étude de grande valeur comme celle de Liverani, et le stuccés remporté aupres des ugaritologues le prouve, se glissent des inexactitudes qui ballotent la recherche Jui imposant une direction, qui n'est pas necessairement la meilleure. La science progresse de cette fagon. Nous n’ayons voulu critiquer nos devanciers que pour mieux montrer ce dont nous leur sommes redevables. Une critique historique de leur errements était indispensable pour mieux saisir la problématique actuelle dans laquelle ils ont laissé la recherche sur lin et mieux construire ainsi une synthése. Souhaitons que ceux qui nous suivront a la recherche de fn puissent montrer nos erreurs pour faire avancer linvestigation. On pourrait, pour conclure, citer le WUS de 1967 oii sous fi a été rassemblée la pensée d’A sili Mais nous en avons éja parlé plus haut'!, Aucun élément nouveau n'y intervient, Done, depuis Varticle de M. Liverani en 1964, plus rien n’a été écrit sur le sujet qui nous occupes® Tl. Pers une svithése Voici en résumé l'état des recherches: 1°) Aistleitner resle pratiquement seul dans sa ligne. Ia fait des apports qui n'ont pas été confirmés. Les textes qu'il cite ne sont pas probants sans d'autres arguments. Son Gtude sur Jin est restée lettre morte pour les ugaritologues. Ses alfirmations sont considérées, dans le meilleur des cas comme de brillantes intuitions non prouvées 04 Ton pioche de temps i autre, pour des besoins immeédiats, mais sans conviction, y cherchant plutot appui pour de nouvelles hypothéses. Malgré les travaux, Aistleiiner, i reste d prouser existence du pronom ln. 2°) On reconnait par contre que find est un adjecull démonsiraif, mais 3°) 01 ne voit pas quel est le rapport emire hu et hnd, hunk. 4°) Dans Venchainement de la pense de Honeyman dont tous les autres dépendent, manque ati moins une étape de |'évolution. Bref, existence de article en ugaritique n'est pas prouvée. ‘Au point de depart il y a donc une carence, le manque de prewve de existence du démonstratif lt. Ne suffit pas en effet, la preuve indirecte du type: hu! est un démonstratif, or celui-ci se décompose en fur i donc fa était un démonstratif. Cela ne suffit pas parce que l'on peut toujours voir la valeur démonstrative dans la particule d ou k. Cétait te cas de Liverani* et de Dahood*, Aistleitner est le seul & éablir le rapprochement entre le pronom fi et ses derives. Mais il considérait prouvée existence du pronom. Si pour Liverani et Dahood, tous le deux partisanis de Fexistence du démonsiratif hu, cotte preuve indirecte n'est pas 47. Voir i citation textuelle un peu plus hawt dans fe texte 48. Voir pe. Gordon dans UT wd finn, ci plus hawt 49. Cela se confirme quand on lt tap. suivante, 182: ~..con fx sla differonza (par rapport a Tugaritique che i fenicio non inete Varicolo davani af dimastratvo”. Cugariique done, rope Tartile avant le démonstratl 80, Aiseitter-Eissfeldt, US 9° 849, p91 51, En taitant le travail de Aleeiiner dais BO 17119601 1-12, 52. S.E. Loswenstamm avait Fit un bref résumé en 1958 dans Levonenn 23(1988-1959077-79 53, Liverani, art ct. p. 181, $4. Dans ar. cit. p. 272 139 JL, CUNCHILLOS valable, @ plus forte raison argumentation indirecte ne sera pas valable pour ceux qui douteraient de existence du démonsteatif hv. Las textes cités par Aistleitner o& fur apparait en fonction adjectivale ou attributive ne peuvent pas etre considérés comme une preuve, encore moins comme la preuve. Puisque par définition, /ia, est accompagné un substantif on peut toujours y voir la particule correspondante a Phébrew hinnéh, “voici”. Les textes, cités par Aistleitner, dans lesquels fi est en fonction pronominale au nominatif ne peuvent pas non plus étre ‘considérés comme une preuve pour ceux qui n'y croient pas déja. IIs pourront toujours objecter que rien mempéche de traduire hin par “voici”. II ne restait done, dans la pratique, qu'une possibilité pour que la preuve irréfutable de existence du démonstralif hn en ugaritique puisse étre établie: trouver un fin en fonction pronominale a accusatif, Or ce pronom démonsiratif ha en acusatif se erouve dans KTU 2.21: 1038, Dans cette lettre nous lisons fa phrase suivante: [Link] [Link] skn gr [Link] ha-kmrgint (7-10) “Loi, Hbrkd, NXrey, a dit au régissenr de la vigne/ ferme de la reine d'Uparit ces chases, comme tt (Mavais ordonné”. Dans cette phrase, la verbe est ‘gor qui “régit” deux compléments, l'un de personne précédé de / et l'autre de chose, comme nous avons également démontré dans notre étude sur ce (exte*. On voit bien que le complément de personne est / ski gr ‘lft ugrt, et seul inv peut ére ici le complement d'objet. Par ailleurs, on ne peut pas traduire /n par “ici” dans ce lexte parce que, dans la méme phrase, se trouve Hiny. Le sens “voici est également exclu. Ajoutons qu'on litune phrase du méme type syntaxique, sans pronom cette fois, dans KTU 2.4: 12-13: p rem [Link] “quelle dise au Roi mon nom". Voilé done une prewve d'un pronon démonstratly lar en ugaritique. le promonn «émonsiratif hn existe, aucune raison ne subsiste plus pour gu’on ne le trouve pas ailleurs. Les textes cités par Aistleitner regoivent ainsi une lumiére exogene qui les rend plus vraisemblables. Ils re~ goivent Tappui d'un argument de critique externe au contexte dont on ne disposait pas jusque 1a et dont its avaienl besoin pour devenit convaincants. Des exemples d’Aistleitner, cités plus haut, je retiendrai: A) en fonction pronominale: 1) KTU 1,24: 45-46; lin op sprint, “ceci (est) dans ma bouche leur compte”. 2) KTU 1.23: 46: wha ayn éslin, “et cect cient les deux femmes”, Dans les deux cas hit est proclitique. 3) KTU 3.3; 5-9: [Link] di thn‘ bn fin Lot than, “et toutes les demandes qui puissent étre formulées (litt. “établies”) contre les garants, ceux-ci ("dont il est question”, voir |. 1, ou “sous-cités”, voir Ml, 10-14), elles (clest-d-dire “les demandes”, traduit Amis ou bien on (raduit hn par “mémess', mais cela ne change pas le sens que nous proposons) seront formulées (ltt. “établies"Y", En bon frangais: "et toutes les demandes qui pousront étre formulées contre ces garants seront formulées”. B) en fonction adjectivale: 1) hn ym wy, “ce jourdci) et le suivant”, dans KTU 14 VI 24; 117 1 5-65 11 32: 1.22121; 1.16 VE 21-22. 2) hat yn ayy yn tank, “ce jour-ci on a versé du vin de Thamka” dans KTU 1.22 117®, 3) Dans KTU 1.40: 24-25 et 16-17: hop ‘.[Link]]et8i flab brit) 55. Voir notre dude sur cette letre dans UP 131981D45-48, 56. Pour le deal de Vargumentation on voudra bien voir cete ude dans UF 13(198147, 57. Voir mon comeniaire& cote fete dans UF {2(19801147-151 $8. Comme traduisent deja Districh-Lorets-Sanmartin dans UF 197467. 59. Dans KTU 3.38, [Link] fa qui est probablement pronom. Liverani dans Uariica VJ p. 375-278 nen tent pas compe et Dietich-Lorew Sonmartin dans LF €1974H66-467, qui traduisent et commentent ce texte, non plus. His traduisent rb hina? van par “au Lasien der Burgen selbst festgstelit”. Sau pour ce que jai dit sur dr, je sus daccord avec leur interprétaion. Leur explication de hx yl est convaincante, A ce propos, je signalerai deux autres bulletins de garantie de présence en akkadien. Ce sont RS 17.84 ot RS 17.329 (= PRU V7, 0868 ot 69; shidem pp. 63-65). Hmr est un pronom personnel indépendant pour les cas obliques, (en, et ac.) par conséauent, soit it est accusalif dependant de skit, sot il depend de "I vbum. Dans cote deuxieme solusion, semblerait que hn place ene ‘rbam et lm, sulve le méme sort. I audrait adie w mm Sohn a sk rb hn hm hn past toutes es demandes que on fitera conte les garants,coux-ci mémes, secon eablies/fixees" "[Link]” erait référence a "hn de i ligne lov a leurs noms qui suivent aux lignes 10-13. Le sens de la phrase est acceplable, Elle remplacs indieaton, pore par tous les ‘ulzes bulletins, de fa somme dargent payable par les garants ‘60, G. del Olmo qui n'accepte pas du tout Fexistence de Madjecutn toy eyendas de Canaan seg i tradicin de User 160 LE PRONOM DEMONSTRATIF HN EN UGARITIQUE, 8dr. [Link].w Snbn hn 8, “elle est Vofrande que nous offrons! Elle est la vietime que nous immolons! Que monte au Pére des dieux, que monte a la famille des dieux a Tassemblée des dieux, [Link] cette brebis™*', De méme dans la phrase paralléle du méme texte aux lignes 33-34 et 42-43. Et il y a certainement d'autres exemples ‘Si fe pronom démonstrauif hn existe, quels sont ses rapports avec hud et hk? Signalons tout d'abord que personne ne conteste la valeur démonstrative de fd /hndi® ni de son dérivé Jandn®?. hnk inks, qui est contesté, pourrait bien étre un pronom démonstratif dans KTU 2.33: 33 (ink) et dans KTU 2.46: 12 (ink, les deux seuls cas connus mais dont la valeur démonstrative semble simposer. Ainsi le reconnaissent Ch, VirolleaudS, W.F. Albright**, S.E. Loewenstamm?”, M. Dahood®®, J. Aistlcitner®*, M. Liverani®®, A.F, Rainey”, S.B. Parker”, S. AI”. Ces faits pourraient déja faire penser qu’'a origine le demonstrat ait hn d'ou Uérivent lind et lnk et leurs dérivés. Le fait que le premier démonstratif ugaritique identitié comme I'équivalent de Yakkadien ami ait €é hd, fait que on continue a les identifier sans tenir compte de fin. Maintenant que nous connaissons existence de /in, il faudra se poser la question de savoir si équivalent de Vakkadien arm n'est pas plutat fur que hind. Nous y répondrons plus loin. Mais il y a plus. On Madrid 1981, p. 542 sous J radoit har dans notre texte par “He aqui que en ese." Il est done ebligé de reconnaitre Ia valeur déemonsiratve de Ji. Sa traduction allonge sans ndcessité le sens: “He aqui que" est inutile méme en espagnel. On pourrait tes bien dire “En ese dia". Bro, sa waduction plaide en faveur de hn adjetif demonstrat 61. Nous reprenons presque litralement fa aduation de P. Xella dans resi rma elf Ugur f. Roma 1981, p. 258, pour ‘monirer comment un excelent connaisseur 6s tees d Ugait, comme cal di le cas de Del Olmo cié dans la note précédent ‘voit bien le sens du texte mais ne croyant pasa le fonction adjactivale demonstrative deh et obligé de fuie des concessions alles, Alnsi Nella est oblige de donner te sens démonstratia fa deux fois & la ligne 16 (et autant de fois dans ts lignes pralsles) pour ‘pouvoir traduire hn par “ecco”. Orson sens ds texte qu at excellent, peu-etre préservé en donnant& fn’ so Sens normal “il” Cc ‘our Ia concordance de la traduction “elle") de pronom personel indépendant et donnant le sens dun sdjoctif emonsirai. Par ailleurs, le nouveau sens d texte ext parfaitement acceptable dans le contest du rituel, Ox Sent bien fa vlan du rituel dans Phrase “lle est ln vctime..” (premiere phrase) et “(Que monte au Pére des dieu... ete Brebis”- On y sent le ptr en train officer ‘on sent Yactualisalion du cull. On pouaity sjouer, tee hypothetique, KTU 1-108: 26-27, pr Az, que Nella ident p. 37) adit fl. Orla lecture de Moos (UF 219701319), de KTU lad locum) et de Nella siden p. 36)es hz On pourrait done traduire oe taureau siT'on suit a suggestion de Moor (UF (1970)322) pour hz: “hardly anything eke than a Inte or deietie form for normal wearitc hd, “this”. Compare Hebrew hassel)". Le passage serait paralele, On povrrait méme penser que dans les rituels du type KTU 1.105 on supposait la phrase. “Que monte”, Voir fs Hau dans cette not. I resort cette nouvelle forme de démonstratit hi: ‘Mais une seule fos et dans un tl contexte aes pas une preuve, II vaudrait mieux penser pour le moment i une diférence daletale 62. Voir pe Gordon, U7 6.22 et Goswaryn® 786, Had! apparait une fois dans KTU 2.38: 12 comme pronom indépendant ave Gordon tradi ident Glossary a? 786) par “she” et qu'il faut traduire para “eelle-i", Viroleaud tradusait “eelu-la méme" (PRU V 1. 82) tandis que S.W. Ahi, (Epivoary Tesis from Ugur Dis, 1972, Brandeis Univ. p. 437) semble en faire un adjctl 63. tnd apparait dans un seul texte, KTU 2.72:7. Tous les commentateurs de ce texte le traduisent comme adject demonstra. Ainsl Caquot (4CF 75(1975%30), Pardee (BO 34(197703), tous les deux sans aucune explication. Bt dernitrement J. Brooke (dons UF 11(1979)20, explication a tap. 72) 64, Gordon dans UP, Gowsary n® 787 traduit hk par “levy”: B, Hartmann, Hoijzer dans Le Musson B4(1971)833. “here Aartun, Die Partkeln.. TV 1 2, fink et nkt, “siebe"s et AI “in the sume way" pour hukr (dans Eplsiolary Text... p. 453)et 8s page 454i expique suivre E, Linder, The Martine Tess of Ugants stud in Love Bronce Age Shipping. Ds. 1970, Brandeis Univ. 30 65. Dans PRU Hl p. 207 (pour fink) et dans PRU ¥, p.B7 (pour Hak), “de cee Fagan” et 149 (glssaice), "ela 166. Dans “Specimens of Late Upariie Prose", BASOR 150(19S8)36-38, pour hk 657. Dans “Sur les pronoms ugaritiques la Kumiere du Cananéea (en insoreu, dans LeSonenu 231958178 68. Art ot p. 272, 69. Dans ar. ct, 80 p. 11 et p. 12 et WU n° 853 pour hn 10, Art. et. p. ASL. 11, In Leonor 3019669261, Voir ausslsdenr dans UF 197 1160. 72, Dans SB. Patker, Studies in the Grammar of Ugaribc Prose Tests, Dis 1967, Johns Hopkins Univ, . 25 (Canticipatry ronom” TR. Dans Epstlary Tests... p. 432, pour KTU 2.33: 23 et ak, mals i tradult Anks par “in the samme way" (idem p. 453) 61 JL. CUNCHILLOS ura remargué que lind/hndi et hnknnks napparaissent que dans des lettres et des contrats, jamais dans les textes literaires” réputés plus anciens, Hi est donc plus ancien. semble done que l'on pourrait conclure que futd/hndt ct iki lnkt ont valeur démonsirative, et dans la mesure ont ils ont cette valeur démonstrative, ils viene de fin. II faut done voir find et fink (had et fenks) comme derivés du pronom démonstratif fn". Celuisci rentre dans leur composition”. Si find/t et huk/t sont des dérivés de fn, i! reste expliquer deux chases: 1°) le d et le k ajoutés & fan et 2°) fa raison pour laquelle Cugaritique utiliserat les pronoms adjectis hnd et ink d'un céteé et hu de Pautre cdté En ce qui concerne la premigre question, je tendrais & voir dans d le pronom déterminatif-relatif ugaritique comme 'explique Gordon”. Quant au -k, il faudrait y voir une particule déictique d’éioignement. Ii n'est pas necessaire de revenir sur le fait qu'il ne peut s'agir de hinndh +d comme Va démontré Honeyman (voir plus haut), pas plus que de han + d comme I'a démontré Gordon (UT 6.22), contre Honeyman; puisgue le continue dans hd, il faut bien qu’aprés le 2, il y ait au moins une voyelle. Nous croyons qu'il n'y a pas seulement une voyelle mais un 11 redoublé suivi d'une voyelle commme nous verrons plus loin, Quant & usage que fait lugaritique de hnd/hndi et de fink /hnkr & cOté de hn, on peut signaler que Jur tant plus ancien, ilesten train de perdre de sa valeur démonstrative. L'apparition de hnd/ hdr et de hk /hinbt témoignerait du besoin que sentent les Usaritains de renforcer le démonstratif. D’ot lan + d ou di et hint Kot fu. Ceci semble se produire, d'aprés la documentation dont nous disposons, dans fa derniére période de ta ville 'Ugarit, fin du Xi site avant J.C. D’autre part, Pexistence de fnd/Inudt et hnk fhurks montre la spécialisation du démonstratif fad /ndi pour la situation plus proche ("ce-ci") et ink /fnks pour la situation éloignée (“ce-la"Y®, Puis, c'est bien connu, fund est dans les textes dont nous disposons, toujours adjectif tandis que Jind! est pronom indépendant dans KTU 2.38: 11, Enh Hinkr est, dans la documentation actuelle, toujours pronom. affaiblissement de la valeur démonstrative de fut encore présente dans KTU 2.21 ne roublions pas) et le renforcement qu'il obtient grace & -d et -k peut montrer aussi que Jin est en train de devenir autre chose, Il perd sa valeur démonstrative en faveur d'une valeur déterminative comme Ta vu Liverani dans fur alr ssw Ju de KTU 2.33: 31-32. Mais nous ne Vexpliquerons pas tout & fait comme lui. Nous préférons y voir “ies 2000 chevaux ceux-ci", c'est a dire, “les 2000 chevaux dont on parle”. Bref. le pronom jd remplacerait ici toute Caffaire dont ik est question dans la lettre. C'est un des usages (et des sens) que nous avons cru possibles pour fn dans KTU 3.3 (voir plus haut), Et voir le méme usage de anni dans les exernples akkadiens cités plus loin. Pour le resie nous nous appuyons sur la méme argumentation de Liverani, déia exposée, comprise 74, Dans KTU 1.19 LV 62 les dieu sent Fi mais part la lecture Jn by de Ch, Virlleaud (dans La Legende phénicienne de Danel. Paris 1936, p. 133 et L84) iy a a lecture de Herdner dans CTA p. 92 fur dio tex difficullés que Herder signal tré bien (abide nove 5), Par ileus il apirait dela seule lecture dnd dans es textes itéraees. I vaux mieux done ne pes en fenir en comple, Si faliaic en cenir compe, i faudrait corriger notre expasé en conséquence et KTU 1.19 1V 62 déviendcait le premier Wmoignage de cote nouvelle forme de démonsiaif ce qui ne changerait que peu de choses A notre exposé 75. Voir dij J. Aiteltner, or. et. dans BO 1711960) | 76. Lesauteurs qui ont si vallament difendu Tarile fr dans hd seront sans doute accord, ot selon ses propresthéories, que Fabord ft le démonsteai et seulement apres Varticle. Dailleurs C'est la théorie de J, Barth (eff cite plus baud qu'llssuivent, Mais Barth ne conmalssalt que fe démonsiatif ket écrivait bien avant a découverte de wgaritque. Nous avons I chance, danse groupe es langues sémitiques nord-occidentles, de pouvoir passer de hebrew & du phénicien qui connalssaint Vartile comme tel 4 ne langue du méme groupe qui connate cemonstraif dou sortira Vaticle, Nous ne sommes plus en aval mais en amant de fa naissance de Fate 71. Gordon, UF 6.22 e 6.23. Voir Parker, Stulies ta she Grammar... p. 25. 78. Enaraméon dik, didkén, en arabe dilka (dake). Voir Liverani dans RSO 39(1964)199, avec autre matériel, Ainsi Parker, Stalies in the Grammar... p25 7B. Ainsi dea Loowenstamm, o7. et p78; Reiney dans Leienemy 30(1966)261; idem dans UF 311971)160: Astletner dans WU ni 852 e853, 80, Dans “Elementi innovatvi".. di ct, p. 181 162 LE PRONOM DEMONSTRATIF HN EN UGARITIQUE urement: la détérioration de la valeur démonstrative de ft semble manifeste dans le texte cité de KTU 2.33 puisque & part find, Vauteur utilise fr dans la méme phrase. Hud vient renforcer la valeur démonstrative du premier hv, valeur qui semble avoir disparu On pourrait dire pour théorétiser nos observations que, dans la mesure ot hnd/hadi et hnk okt cecupent la place du démonstratif, hn Vabandonne et se retire vers des positions qui pourraient bien étre déerminatives, ce qui va le convertir en article Liverani, comme Dahood avant lui, suivant tous les deux Honeyman, ont eu tort avec celui de se plonger directement dans Particle qu'ils voyaient déja dans la composante de find (voir plus hau). Si est vrai quis ne pouvaient pas faire autre chose, étant donné que l'on ne connaissait pas avec certitude existence du démonstratf fn, il n'est pas moins vrai qu'ils font un passage a vide, Entre “ce n’est pas hnnch la composante de lini" et “done c'est han article” il y a hn démonstrati Déa Honeyman, auteur de Videntification entre anni et hnd dans ta phrase ugaritique (si find équivalente de la phrase akkadienne fu imi (n)anntov, voit bien que, dans ta formule fx hind, ein de find est une particule déictique®?. Or cette particule ne peut pas étze selon lui finn et nous sommes d'accord avec {ui, ce doit done étre Jn démonstratif®. Mais il préfere conciure directement a Yarticle4. Sa précipitation Sexplique, car il ne connaissait pas te démonstratif di Ua auire auteur ne connait pas le démonsirai{ hn, ou plutOt ne tui accorde pas le droit & Pexistence, tout ‘en réagissant, sans le citer, contre le “passage a vide” de Honeyman. C'est Gordon. Dans UT 6.22, comme ‘nous 'avons deja signalé plus haut, i! écrit: “the preservation of the 1 in hie shows that a vowel follows the n°, Ceci est le meilleur argument contre la solution Honeyman. La critique de Gordon est exacte dans ce aurelle alfirme, mais il oublie une autre possibilié, celle of le 1 serait redoublé et suivi d'une voyelle. I envisage pas cette possibilité puisqu’il a immédiatement recours pour expliquer la voyelle qui suit le 1. au démonstratisyriaque Mind, ce qui nous semble moins exact. Gordon a pensé au démonstratif syriaque mais il n'a pas pensé au démonstratif ugariique fi. Pas davantage a la solution akkadienne qui nous semble plus proche d'Ugarit et done a tenter en premier. Dailleurs la solution syriaque confirmera en partie notre solution, IL. La parenté akkadienne du pronom démnstrauif ugarisique hv Le point de départ de cette démonstration est une certitude. Dans la formule juridique fy find, hd est Véquivalent de anmi dans la méme formule juridique akkadienne, Dun point de vue phonésique, equivalence entre anti et har ne semble pas poser de problemes. Le h a la premigre place s‘explique aisément* et d'un point de vue morphologigue on ne voit pas quelle serait 'objection. 11 est bien connu en effet, que lécriture tugaritique ne connote pas, ou pas toujours, les consonnes doubles, Si fu est un pronom, il devait étre vocalist aprés le deuxiéme 1, Puis, comme nous avons écrit plus haut, fa monte bien que le 1 ne s'assimilait pas a la consonne suivante ce qui prouve que 1 était suivi une voyelle. Il resterait a prouver que le 1 état (reldouble. SI, Honeyman art tp. 122 82. Honeyman, art. cit p. 122. 83. 11 peut y avoir dans n'importe quelle langue trois types de particules déctiques: des adverbes de lsu “ii, “Ia, des pronoms personnels "je, “La ou de démonstratifs (Voir pe, F, Lizaro Carrer, Diccionario de keminns flocs, Madrid 1974, sous ‘dectico” et "denis" p. 130), Dans notre ca 8 J 12st pas un adverte ou interjection (hime), nant pas un pronom personnel, i faut bien qu'il Sagisse d'un démonsiraif. Or ce démonstratif fie nous le connalssons maintenant 84. Are cit p12 85. Gordan, UT. 6.22 6, Voir Von Soden GAG p. 24 ni® 236 oi i expique les rapporis entre le ale etfs laryngales “alisemitschen' en akkadien, Lai méme dans AAw 1, p. $3, ideniie ani i avec Tugartique hn “voici” Puls, on remarquera qu’en néovassyrien le pronom ‘anid est. aussi hari et que es assyriologues soupgonnent que le es ici a place dh voir GAG p. 46, n” 45a etb et élérences n° 24a) 163 LL, CUNCHTLLOS En outre, Pusage et la grammaire montrent que en akkadien, les démonstratifs sont utilisés comme pronoms et adjectfs. Il semble en étre de méme en ugaritique d'aprés tout ce que nous avons vu et qu'on sait des démonstratifs. En akkadien aun est le plus souvent utilisé aprés le nom qu'il accompagne quand il a fonction adjectivale*, De méme certainement Avd. et probablement fv en ugaritique. Annti peut précéder le nom®, De méme hu dans les cas cités plus haut. Puis il y a la position de unmi comme démonstratit indépendant” c’est-a-dire en fonction pronominale. De méme fi, hindi et hnk en ugaritique. En voici quelques exemples qui éclairent les diverses fonctions de anmii en akkadien et qui pourraient tre des paralléles des usages ugaritiques de fr ou ses derivés™ Aden fonction adjectivale: 1) RS 17.422: 34-35 (dans PRU IV, p.225): d b&uya ana gid améti anni Fidinamma, “Que mon maitre ent les mains de cet homme remette..", 2) RS 17.394 + 427: 5-6 (dans PRU LV, p.220): ana ametinl ammini £ J egtit annitu, “A (ces) hommes pourquoi [seraient-iis(?)] ces champs..."; 3) RS 17.358: 9 (dans PRU VI, p.40k: ana dni?) cui, “poue cette affaires 4) VAS 16.63: 5 minum Saparum annim 3a taSpurim, “Qu'est-ce que ce message que tu (fem.) m'as envoyé?". Ben fonction pronominale: 1) VAS 8.52: 26 aaniam ami ul iqabbi, “Il ne doit pas dire: j'ai oublié cela”; 2) CH XLI 39 annitam liqbima, “Cela ce qui précéde) il doit (le) dire”; 3) CT 2,12; 17 (of. OECT 3,38 15h unaiany abi ata taghan, “Cela (apres une citation), mon pére, tw me Vas dit"; 4) En, El. VI 55: Marduk anriitu ina SemeSu, “Quand Marduk entendit cela”; 5) CT 15.45: 26: annitumé (var. annii) ahataki Btar ~colle-i est tn soeur Istar™, Voild un exemple oii ann (fem. ain) a un usage pronominal au sens propre et forme avee aljiraki une phrase nominale. Ce serait le cas parallle aux usages de fir pronom au nominatif et ‘que les ugaritologues ont tendance a traduire par "voiei". Deux autres exemples similaires, peut étre encore plus elairs, dans EA 253: 18.19, En ouitre, le pronom ugartique fut n'est pas seul dans ce genre de rapports entre les pronoms ugaritiques eles pronoms akkadiens. On a reconnu déjé en 1948 dans 'ugaritique mam le pronom indéfini apparenté aux pronoms indéfinis akkadiens manmumume et minemme™, Nous avons le sentiment davoir démontré les rapports entre le démonstratif akkadien ami et le pronom démonstratif ugaritique f7, Probabtement, des apories nous échappent en ce moment. Du mains preut-on parler d'une dpaticse sulle et méme probable. Avec le risque que comporte toute vocalisation de Y'ugaritique, mais fondés sur tout ce qui précéde, nous eroyons pouvoir proposer comme vocalisation de /n, Jr La chance que nous offre fe pronom /ur el ses dérivés, selon tout ce que nos avons vu plus haut, est celle de voir une langue en pleine evolution. C'est la chance mais c'est aussi la pierre d'achoppement pour le chercheur. Poursuivons plus loin notre hypothése dans ta foulée de nos devanciers. $i 'on tient compte du fait que, comme le signalait M. Liverani®S, a la méme époque historique on constate tes premiers indices de crise de la BD. Voir G6 n° 45a, BB. Voie pe, 4HH'1, p. $[Link] CAD. A, part dh, pp. 136-142. 89. Voir siden 9. Voir CAD ibidem sous OB 9, 136-137 et sous “Lit”, pp. 140141 91 Nous choisissons quclaues exemples seulement mais y en a des quanti, qu’ sagsse de textes étsirant ies fonctions du pronom signals ict ou bien dautres fonctions. On voudra bien se riféer & '4HH (Le) ow encore mieux au CAD {16.1 Qui est pus ‘complet et Inclut des usages ignorés para TAHW, 92, Cité par CAD rhidem sous “Old Babylonian”. Ik y a beavcoup autres exemples. 93. Cie para C40 ibidem p. 141, Draures exemples de anni dans toutes ses fonction en provenance @Alalah dans G. Giakumakis, The Akkadian of Alatah, The Hague ~ Paris 1970, sous n° 4.37, p. 35. EL pour d'autres exemples dans ies tablets EL ‘Amara voir 5.A. Knudtzon, Die El-dmarna-Tafeln 1. Leiptig 1915 p. 1376 et éventuellement pour compléter AF. Rainey, & ‘Amarna Tablets 259-279 (AOAT 8). Neukirchen-Viuyn 1978 p. 64 94. Voir Gordon, U7. Glossary n® 1508 98. Dans “Elementi Innovativi", pp. 179-180 154 LE PRONOM DEMONSTRATIF HN EN UGARITIQUE déclinaison nominale, on peut comprendre que hannu soit devenut havn, puis han. Celui-ci pourrait étre Vanceire de Vartcle hébrew et phénicien, En effet, si tout s'est passé comme nous venons de Je décrire, il deviendrait plausible que /n puisse étre lancétre des articles hébreu et phénicien, ainsi que le suggerait Honeyman". Dans Ia suite logique, il faudrait également penser que ta forme originale tant de Tarticle hébreu'” que de article phénicien” était han- selon hipothése ¢'Ungnad”. L'elision du mum expliquerait le redoublement de la consonne suivante, Ceci ayant déja été dit, nous ajoutons aux propositions de Ungnad et Honeyman la preuve de Y'existence du chainon manquant dans l'évolution, chainon situé au point de départ et qui logiquement influengait toute 'évolution. L’existence de l'article ou d'un commencement d’évolution du démonsiratif vers Particle en ugaritique, donnerait tort 4 A. Goetze'™' et raison a tous ceux qui voient dans Tugaritique une langue sémitique nord-occidentale en rapport étroit avec 'hébreu et le phénicien. En méme temps, notre explication montre les rapports entre deux langues sémitiques (une nord-occidentale, ugaritique; autre orientale, Pakkadien} dont les relations mutuelles ont da étre nombreuses & Ugarit En bref, on pourrait dire que 'ancetre de Varticle hébreu et phénicien est le pronom démonstratif ‘ugaritique Jin Ciannw), trés apparenté a Vakkadien anti. Le démonstratif ugaritique hanna se spécialise et laisse petit petit fa place aux nouveaux démonstratifs, ses dérivés, fd/findt et lnk /nks dont Vexistence semble prowver laffaiblissement de la valeur démonstrative de hannu. est possible que dans les textes de la derniére Epoque, on assiste déja au passage de hianmu a han, cest-i-dire a article. Cela semble probable mais difficile & démontser. I reste que les phénoménes linguistiques observés & Ugarit montrent bien la direction dans laquelle se poursuit lévolution de ham > hun> hav qui rendrait parfaitement comple des faits Jinguistiques et historiques phéniciens et hébreux qui concerent article. Mais cela doit faire objet d'une autre recherche. Qu'il nous suffise pour le moment, davoir prouvé existence du pronom démonstratif I, d'avoir Imontré ses rapports plus que probables avec le démonstratiT akkadien anmi, davoir expliqué les faits concernant fnd/Iundi, hnk/hnks en ugaritique, tant fa raison de leur existence que leur fonction et leurs rapporis avec fv, et finalement d'avoir apporté une pierre au moulin des défenseurs de han comme Vancétre de Varticle phénicien et hébreu. 96. Art elt p. 122 97. Sur ce sue difficile voir W. Gesenius-E. Kautasch; Hebriische Grammatt. Leigaig 896%, § 35,1 et m(p. 107) qui soutient Vriginal halen s'appuyant sur Varabe ‘ef. J. Barth, “Der hebraische und aramaische Artikel”, dans Sprachwiss. Uarersuch zum Semi Leipvig 1907, pp. 47ss, Et idem dans Anericau Journal of Senitic Languages 1896, p. 75, qui propose, suivant Hupfei et Stade, de tier article hébreu au démonsratif original sémitique hi et de tappuyer sur Tarabe luda et Taraméen had, ee..On voit bien que. ‘encore une fos le ehainon manquant dans la pensée de Barth est existence du pronom démonsiatif ugariique hn quil ne pouvait pas connaitre, Dans Kautzseh-Cowley Genesis" Hebrew Grammar, p.1)2, note 1, Fauteur dit que Ia forme originale haw proposée par [Ungrad est soumise de graves objections. Voir aussi plus haut note. On peut y ajouter W. Chomsky, D. Kin’ Hebrew Grammar (stihlot sysiemarcals presented ans erally annoared. New York 1952, note 75, p. 52 98. Deja traté par J. Barth, art sit. dans AJSL; J. Friedrich et W. Rollg, Phdnzisch-Panische Grammatik Roma 1951, n HTUI9 Up, $2-53) et 9? 296.299 [p, 150-150. 98. Ungnad dans OLZ. 1907, p. 210-211 et dans ZOMG 62(198)80-82, 1 faut remarquer que J. Aiseitner proposant Particle ugaitique fin dans ses Unersichungen,..p. M, pense & Tarde h suivant sans doute J. Barts (voir plus haut), aver wn élément Géictique -n. Cest Cautant pies étonnant que iti méme proposal existence du démonstralif ln, Sur ce point, i es lair que notre position uifere de cele Ge Aisiner. TOD, Nous fisons allusion A article dj cité de Goetze, dans Language I7(1940)127-138 e conte lequel réagit ANbright dans BASOR 891194398, note 5, mais sans y apporter arguments pour le sujet qui nous occupe. 165

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