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Cours Youga

L'horticulture est une branche de l'agriculture dédiée à la production intensive de plantes, incluant le maraîchage, l'arboriculture, la floriculture, et le paysagisme. Elle présente de nombreux avantages économiques et nutritionnels, mais fait face à des contraintes de production et de commercialisation, telles que la rareté de l'eau et l'accès limité aux marchés. La production de légumes au Sénégal a considérablement augmenté ces dernières années, malgré une dépendance croissante aux importations.
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L'horticulture est une branche de l'agriculture dédiée à la production intensive de plantes, incluant le maraîchage, l'arboriculture, la floriculture, et le paysagisme. Elle présente de nombreux avantages économiques et nutritionnels, mais fait face à des contraintes de production et de commercialisation, telles que la rareté de l'eau et l'accès limité aux marchés. La production de légumes au Sénégal a considérablement augmenté ces dernières années, malgré une dépendance croissante aux importations.
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HORTICULTURE (du latin hortus=jardin)


------------------
I. Définition

L’horticulture désigne la branche professionnelle de l’agriculture consacrée à la


production intensive de plantes pour l’alimentation ou la plantation d’agrément dans
les jardins publics ou privés. C’est en quelque sorte produire un maximum sur une
surface minimum.
Elle se divise en activités économiques :
 Maraichage pour la culture de légumes et certains fruits (fraise)
 Arboriculture fruitière
 La floriculture pour la production de plantes ornementales
 La pépinière pour la production d’espèces ligneuses : arbres et arbustes
d’ornement ou non
 Le paysagisme : activité économique liée à la création et à l’entretien de jardin
ou de grands espaces

II. Avantages des cultures maraichères (ou légumières)

 Procure un niveau de vie élevé


 Procure des emplois (freine l’exode rural)
 Rentabilise les investissements
 Stimule le secteur de la production en amont : usines de pesticides, engrais..
 Stimule le secteur de la production en aval : transport, transformation..
 Réduit le déficit alimentaire (sécurité alimentaire)
 Contribue à l’équilibre du développement régional
 Contribue à la diversification des cultures
 Permet l’accès aux marchés extérieurs
 Permet aux populations de diversifier et d’améliorer leur régime alimentaire
grâce à l’apport en vitamines et en sels minéraux des légumes.

La production de légumes qui était jadis limitée aux jardins familiaux et à certaines
cultures spécialisé aux environs des grandes villes a connu ces dernières années
une évolution rapide imposée par les exigences du consommateur.
L’évolution rapide des moyens de transport et de conservation a d’autre part
beaucoup facilité cette progression en ouvrant les possibilités de commercialisation
vers des marchés lointains par rapport au centre de production.
D’autre part, au niveau de la production, la mécanisation et l’évolution des
techniques culturales ont été déterminants dans le passage de l’exploitation familiale
(autoconsommation) vers l’exploitation de gestion ou la production et le profil sont
des principes qui guident tous les travaux de production.
Les premiers jardins auraient fait leur apparition dans la presqu’ile du cap vert entre
1837- 1845 (CDH, 1986).
On répartit les légumes cultivés au Sénégal en deux groupes :

 Les légumes des régions tempérées (type européen), cultivés essentiellement


avec irrigation pendant la saison sèche à des températures relativement
basses (24°), soit de novembre à juin. Ce sont principalement :

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2

Tomate, (table et industrielle),


Pomme de terre,
Navet,
Carotte,
Oignon,
Haricot,
Laitue,
Chou….

La production peut atteindre de très bons niveaux durant cette période

 Les légumes locaux ou des régions chaudes (type africain) , cultivés


principalement en saison chaude et humide (30°c), soit de juin à octobre, mais
également durant la saison sèche avec irrigation :
Piment
Gombo
Potiron
Bissap
Tomate cerise
Jaxatu
Patate douce
Manioc …

Cette saison est propice aux infections multiples (fongique et bactérienne), et


nécessite un matériel végétal rustique.
Par ailleurs les températures élevées à cette période freine ou inhibe la nouaison,
bulbaison, ou la tubérisation des légumes des régions tempérées.
Au Sénégal, la production de légumes enregistre une nette progression en passant
de 256 531 tonnes en 2001 à presque 400 000 tonnes en 2007, et 2 589 075 en
2009-2010.

Dans le même temps les importations en légumes sont passées de 71 982 T à


138 500T en 2007.

III. Contraintes de Production

• Ressources en eau de plus en plus rares


• Réduction des surfaces cultivables
• Problème foncier dans la vallée du fleuve
• Problèmes d’étalement de la production dans le temps
• Marché national saturé par moment
• Problèmes de conservation des produits récoltés
• Problèmes d’accès au crédit et aux intrants
• Problèmes d’accès aux marchés (infrastructure, qualité sanitaire et
phytosanitaire, compétitivité)

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3

IV. Contraintes de Commercialisation

• Absence de pistes de production


• Faible capacité de stockage (non utilisation des installations disponibles)
• Coût élevé du fret aérien pour l’export
• Problème de qualité et de compétitivité
• Insuffisance du marketing

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Statistiques

Tableau : Objectifs globaux du Programme Agricole 2010/2011 (GOANA 3).

PRODUCTION OBJECTIFS 2010 – 2011


2009-2010 Superficies Rendement Production
DESIGNATION (en tonnes) (en ha) (en kg/ha) (en tonnes)
CULTURES HORTICOLES
Oignon 160 000 7 000 25 000 175 000
Pomme de terre 15 000 1 000 20 000 20 000
Tomate industrielle 90 000 3 000 33 333 100 000
Tomate cerise 60 000 3 000 23 333 70 000
Haricot vert 10 000 1 300 9 000 13 000
Gombo 3 200 2 000 15 000 30 000
Bissap 1 546 4 400 300 1 320
Micro-jardin 255 0,8500 300 000 255
Autres légumes 111 800 10 000 15 000 150 000
Total Légumes 451 801 31 701 559 575
Mangue 100 000 6 000 20 000 120 000
Melon 2 000 150 20 000 3 000
Banane 40 000 1 500 28 000 42 000
Agrumes 40 000 3 500 10 000 35 000
Anacarde 50 000 60 000 300 18 000
MANIOC 265 533 188 571 7 955 1 500 000
Pastèque 190 582 20 000 15 000 300 000
Autres produits fruitiers 15 000 1 200 10 000 12 000
Total Fruits 197 000 132 350 229 500
TOTAL CULTURES
HORTICOLES 372 622 2 589 075

Importations (2007-2008) (Produits de grande consommation)

Produits Importations (T)


0ignon 72 000
Pomme de terre 56 000
Ail 6 000
Carotte 4 500

Exportations: 20 000 T

Produits Exportations (T)


Tomate cerise 7 600
Haricot vert 6 600
Melon 1 800
Bissap (calices) 1 000
Gombo 150
Classification des légumes

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On distingue 3 types de classification : botanique, cultural et thermique

1) Classification botanique
Rappel
Règne : Végétal

Embranchement : phanérogames

Sous-embranchement : Angiospermes, gymnosperme

Classe Monocotylédones, dicotylédones

Sous-classe : Dialypétales, gamopétales, apétales

Ordre (ales)

Sous ordre

Famille (acées)

Sous famille (oïdées)

Tribu (eés)

Genre

Sous genre

Espèces

11) Les Monocotylédones

 Les liliacées

Allium cepa = oignon


Allium sativum = ail
Allium porrum = poireau
Allium cepa var aggregatum= échalote
Asparagus officinalis = asperge

12) Les dicotylédones

 Les Chénopodiacées

Beta vulgaris = betterave


Spinacia vulgaris = Epinard

 Les composés

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Lactuca sativa = laitue


Cichorium endivia = chicorée

 Famille des crucifères/Brassicacées

Brassica oleracea f capitata = chou pommé


Bassica oleracea f Cautorapa = chou rave
Brassica oleracea f botrytis = chou fleur
Brassica oleracea f gemmifera = chou de Bruxelles
Brassica oleracea var. italica = chou Brocoli
Brassica napus = navet
Raphanus sativus = Radis

 Famille des cucurbitacées

Citrillus vulgaris = citrouille


Cucumis melo = melon
Cucurbita pepo = courgette
Cucurbita maxima = courge et potiron
Cucumis sativus = concombre et cornichon

 Famille des légumineuses

Viscia fabae= fève


Pisum sativum= pois
Phaseolus vulgaris= haricot
Lens culinarus= lentilles

 Famille des ombellifères

Foeniculum vulgarae = fenouil


Daucus carota = carotte
Apium glaveolens = celeri
Petroselinum criapum = persil

 Famille des solanacées

Lycopersicum esculentum = tomate


Capsicum annum = poivron
Capsicum frutescens= piment
Sola num melongenae = aubergine
Solanum tuberosum = pomme de terre
Solanum aethiopicum = Jaxatu
Nicotiana tabacum = tabac

 Famille des malvacées

Hibiscus esculentus = gombo


Hibiscus sabdariffa = bissap

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7

 Famille des euphorbiacées

Manihot esculenta= manioc

 Famille des rosacées

Fragaria vesca= fraisier

 Famille des convolvulacées

Ipomoea batatas

2) Classification cultural

Elle s’appuie essentiellement sur la matière consommable du légume :

o légumes feuilles : chou, laitue, épinard, poireau, céleri, asperges


o légumes racines = carotte, navet, radis, patate douce, pomme de terre,
oignon, ail
o légumes fruits = aubergine, courge, potiron, pastèque, melon, tomate

3) Thermo classification (ou classification thermique)

Les légumes peuvent être classés selon les conditions dans lesquelles ils peuvent se
développer normalement, ainsi on peut les diviser en 2 catégories : les légumes de
saison froide et ceux de saison chaude.

31) Les légumes de saison froide :

Ils demandent pour végéter une température fraîche, quelques espèces supportent
même une température basse au dessous de O°C sans subir de dégâts ; leur
croissance optimale se situe entre 15 et 20°c.
On peut citer : les choux, navets, l’ail, l’oignon, betterave, poireau, asperge.
Certaines parmi elles ne supportent point les basses températures : laitue, petit pois,
pomme de terre, carotte, céleri et persil.

32) Les légumes de saison chaude : 2 groupes

o Espèces adaptées à des températures de 18 à 28°C : haricot, tomate,


piment concombre, courgette, melon.
o Espèces ayant des exigences thermiques plus élevées que les
précédentes et caractérisées par une adaptation aux jours longs :
pastèque, aubergine, gombo..

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Biologie des cultures maraîchères

Différents facteurs régissent l’établissement des cultures maraîchères qui ne


sauraient se contenter d’une improvisation. Il s’agit de la climatologie, de la
topographie et des sols.

I – Climat

L’un des facteurs déterminant les possibilités des cultures maraîchères c’est le climat
qui représente la réalité de toute culture. Le microclimat c’est la synthèse constituée
par l’association de la température, lumière, eau, régime des vents, influence de
l’altitude.
La croissance des plantes résulte de l’interaction entre le potentiel génétique des
plantes et les facteurs physiologiques de l’environnement, ces facteurs sont : la
température, la lumière, l’eau, les gaz (O2 et CO2), les éléments nutritifs (richesse du
sol et fertilisation).
Ces différents facteurs affectent la croissance selon divers processus : la plante
absorbent de l’eau et des éléments nutritifs par la racine; les feuilles, la
photosynthèse, la transpiration et la respiration.

NB : la photosynthèse est la formation d’hydrates de carbone à partir de l’eau,


lumière CO2 et de la chlorophylle.
Chlorophylle
6CO2 + 12H2O+ Lumière → C6H12O6 + 6H2O + 6O2

La transpiration c’est la perte d’eau par la plante. La respiration est opposée à la


photosynthèse, elle libère de l’énergie dans les cellules vivantes :

C6H12O6 + 6O2 → 6H2O + 6CO2 + energy

1) la température

C’est le facteur le plus important qui intervient dans toutes les phases de la
croissance de la plante : germination-croissance-floraison-nouaison-maturation des
fruits et végétation.
La vitesse de croissance augmente avec la température mais elle atteint un seuil à
partir duquel elle diminue. Il existe le O végétatif. Ex : pour la tomate le O végétatif
est de 10° en deçà de 10°, la germination de la tomate est au ralenti.
On distingue aussi la température nuisible.
Ainsi suivant les exigences des légumes en température, on classe les légumes en 2
groupes (de saison froide, et de saison chaude).
La plupart des graines germent aux alentours de 10°C.

2) La lumière

Elle fournit l’énergie pour la photosynthèse, elle intervient par la longueur du jour :

 les espèces indifférentes ou neutres


 les espèces de jours longs (12-14 H et plus)

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9

 les espèces de jours courts (-12 H)

3) L’eau

Sa bonne qualité est essentielle pour le développement des plantes; la croissance


des plantes est influencée par l’humidité du sol.
L’eau est le solvant des éléments nutritifs et provoque une croissance rapide, si elle
est en excès, il y a lessivage du sol et/ou asphyxie de la plante.
Il faut également à la plante une certaine humidité relative qui se situe entre 60 –80%
pour la majorité des plantes; quand elle est excessive elle peut favoriser le
développement des maladies cryptogamiques (mildiou).

Évaporation

Percolation

4) L’O2 (l’air)
Il est indispensable pour les parties aériennes et souterraines, c’est pourquoi les sols
argileux sont dits asphyxiants.

5) Le CO2 est compris dans l’air (3%o) ; les plantes chlorophylliennes ont besoin du
CO2 pour la synthèse chlorophyllienne.

6) Les éléments nutritifs du sol : sont en relation étroite avec le sol ; la fertilité
augmente le rendement, on distingue :
- les oligo-éléments : fer, cuivre, Zn, Mn, Molybdène, Bore
- les éléments majeurs : N, P K qui sont des éléments fertilisants.

II - La topographie

Si on veut faire des CM, il faut étudier la topographie du sol, c’est-à-dire son
exposition, ensuite la forme du terrain (éviter les bas fonds), étudier la position par
rapport aux vents, il y a des vents nocifs et pour y remédier  brise- vents (BV). Il y
a 2 sortes de BV.
- les BV verts : ce sont des haies
- les BV secs : faits avec des roseaux, plastiques
L’effet d’un BV se fait sentir jusqu'à 10 fois sa hauteur.
L’exposition des terrains influe nettement sur les cultures. Il convient de rechercher
pour  la précocité des expositions qui permettent une végétation rapide tout en les
préservant contre les coups de chaleur, vents très violents...
Souvent l’agriculteur ne peut choisir le terrain idéal, il lui convient dans ce cas
d’améliorer la situation par certains artifices : l’implantation de BV.

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III - Les sols

Le sol joue le rôle de support et de garde-manger pour la plante. La composition


physique et chimique sont deux facteurs extrêmement importants dans la conduite et
le choix des cultures maraichères.
Le sol est par ailleurs le siège d’une vie microbienne intense responsable de la
dégradation de la matière organique, donc de la libération des éléments minéraux du
sol.
Les propriétés physiques sont déterminées par sa teneur en argile, sable, calcaire,
humus et mêmes cailloux ; le limon c’est l’intermédiaire entre le sable et l’argile.

L’humus désigne des substances organiques variées de couleur brune et noirâtre


qui résulte de la décomposition de la matière organique d’origine végétale (fumier,
paille, engrais vert, déchets de récolte, etc.), sous l’action des microorganismes du
sol. Il se minéralise peu à peu sous l’action de ces microorganismes et libère
l’ensemble des éléments minéraux et oligoéléments qu’il contient.
Le maintien du taux d’humus d’un sol à un niveau convenable est essentiel pour la
conservation de sa fertilité, la teneur normale est de 1.5-2%.
L’humus exerce une action très favorable sur la structure du sol, ce qui permet une
bonne circulation de l’eau, de l’air et des racines dans le sol. On dit que l’humus
donne du corps aux terres légères et ameublie les terres fortes ; l’humus ↑ la
capacité de rétention en eau, de même que la capacité d’échange des ions du sol.
En présence d’humus, la plante peut absorber d’avantage d’éléments fertilisants
qu’en l’absence d’humus dans un même sol
Par ailleurs l’humus favorise l’action des engrais minéraux, en effet la plante peut
absorber d’avantage d’éléments fertilisants en présence d’humus. En un mot l’humus
accroit la capacité de production du sol
Pour le maraîchage nous recherchons un sol qui a une certaine richesse en humus
et un bon ressuyage.

L’acidité et la salinité

L’acidité d’un sol a une action sur la plante et l’assimilation des éléments nutritifs, elle
est exprimée par le pH.
Le pH idéal d’un sol se situe entre 6-7.
Des sols acides ou alcalins posent des problèmes pour certaines cultures
maraîchères.

 Plantes craignant l’acidité (pH 6 - 6.8) : betterave, chou cabus, chou fleur,
épinard, laitue, melon, oignon, poireau.

 Plantes tolérantes (pH 5.5 - 6.8) : ail, aubergine, carotte, concombre,


cornichon, courgette, haricot, navet, persil, pois, poivron, radis, tomate.

 Plantes très tolérantes (pH 5 - 6.8) : chicorée, échalote, Bisap, pastèque,


patate douce, pomme de terre.

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11

Il est possible d’améliorer les sols acides par un amendement calcaire, ceci s’appelle
le chaulage (avec la chaux agricole, la chaux magnésienne, la dolomie, une roche à
base de carbonate naturel de calcium et de magnésium..).

La dose et la fréquence sont déterminées par l’analyse du sol. Eviter dans ce cas les
engrais acidifiants (sulfates).

Espèce Graines/gramme Besoins en Duré de Semis direct (SD) Durée


kg/ha conservation Semis pépinière pépinière
(SP)
Aubergine 150-300 0.3-0.4 4-7 P 45-60
jours
Betterave 50-60 12-17 4-8 SD -
Bisap 25-35 3 2-3 SD -
Carotte 500-1000 4-6 3-5 SD -
Céleri <3000 0.1 3-6 P 25-30
jours
Chou 150-250 0.6 4-8 P 25-30
cabus jours
Chou fleur 200-400 0.6 4-6 P 25-30
jours
Concombre 30-50 2.5 5-8 SD -
Cornichon 35-45 3.2 5-8 SD -
Courgette 5-10 4.5 4-5 SD -
Gombo 15-20 4-6 2 SD -
Haricot 2-4 50 3 SD -
Jaxatu 250-300 0.2-0.3 7 P 45-60
jours
Laitue 600-1200 3-6 4-6 P 25-30
jours
Melon 20-45 2-3 5-10 SD -
Navet < 90 4-5 3-6 SD -
Oignon 220-400 6 1-2 P 45-60
jours
Pastèque 10-30 3 4 SD -
Piment 160-300 0.5-1.2 2-4 P 45-60
jours
Poireau 350-400 1-3 2 P 25-30
jours
Pois 3-10 120-200 3 SD -
Poivron 115-170 1.2 3-4 P 45-60
jours
Radis 90 50-80 3-6 SD -
Persil 700 3-4 1 SD -
Tomate 280-500 0.25-0.3 4 P 25-30
jours

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CARACTERISTIQUE DE QUELQUES ESPECES MARAICHERE


------------------------------------

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Climat et CM
----------------------------

I. Influence du climat sur la croissance et le développement des plantes

1) Photosynthèse et transpiration

Chez les plantes, la photosynthèse n’est active que lorsque les stomates sont
ouverts, ce qui implique une évaporation d’eau (transpiration). La transpiration est
d’autant plus forte que le rayonnement solaire est élevé. Il peut arriver que les
possibilités d’absorption d’eau et de conduction par les racines n’arrivent plus à
satisfaire l’augmentation de la transpiration ; la plante se fane légèrement et la
photosynthèse s’arrête car les stomates sont fermés.
Le vent peut également participer à l’augmentation de la transpiration en renouvelant
un air sec à l’orifice des stomates. Par conséquent au cours de la journée la
photosynthèse commence dès que la lumière est suffisante ; c’est ce qu’on appelle
le seuil photique. Elle peut s’arrêter au cours de la journée lorsque la radiation
dépasse un certain seuil (= seuil hydrique) pour reprendre l’après midi. Le vent peut
contribuer à abaisser ce seuil. Naturellement ce seuil dépend des espèces.

Graphique :

2) Température et respiration

Chez les plantes, il arrive souvent que l’optimum de croissance soit > à celui de la
photosynthèse. Cet optimum thermique pour la croissance végétative se situe ± haut
selon les espèces. Il peut se placer vers 14-18°C pour des plantes originaires de
climat tempéré comme l’ail ou originaire de climat tropical comme la pomme de terre,
et se situer plus haut pour des plantes tropicales proprement dites : aubergine,
piment.
C. Hilders et al. ont groupé les plantes selon leurs exigences thermiques et donné
approximativement les intervalles de température permettant la croissance de
diverses espèces maraîchers.

6
14

Intervalle de température en °C permettant une croissance satisfaisante pour


diverses espèces maraîchères

----------------------

13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33

Chou de Bruxelles, épinard européen,


petit pois, fève

Poireau, ail, pomme de terre, pois chiche


Chou pommé, chou fleur, chou de chine,
céleri, laitue, navet, potiron
Betterave, oignon, carotte, laitue d’été, échalote,
courgette,

Ciboules, Concombre, Cucurbita moshata,

Haricot, persil, fraisier, tomate, poivron

Niébé, melon, ignames,

Aubergine, gombo, patate douce, pastèque

D’ après CHilders et al.

6
15

3°) Température et nouaison

Pour les légumes fruits, la fécondation des fleurs conditionne le développement des
fruits, cette fécondation se fait en plusieurs phases : production du pollen,
transportation pollen sur les stigmates (pollinisation), germination des grains de
pollen, allongement des tubes pollinique et fécondation.
Elle nécessite des températures variables suivant les espèces au delà desquelles la
nouaison est ralentie ou devient impossible. Les effets néfastes des hautes et
basses températures se traduisent surtout par un ralentissement de la vitesse de
germination et d’allongement du tube pollinique, et par une baisse du taux de viabilité
des graines de pollen.

4°) Le photopériodisme

Indépendamment de leur action sur la croissance des plantes, la lumière et la


température agissent sur leur développement ; c’est-à-dire le passage de la plantule
au stade adulte produisant des fleurs des fruits des tubercules ou des bulbes. La
longueur du jour intervient d’une façon nette sur le développement. On divise les
plantes en 3 catégories selon leur réaction à la longueur du jour.
- Les plantes de jours courts qui commencent leur floraison ou leur tubérisation
lorsqu’elles ont subi un certain nombre de nuits plus longues qu’une durée donnée.
Ce sont en général les plantes d’origine tropicale comme la pomme de terre, patate
douce, bissap.
- Les plantes indifférentes qui peuvent former leurs organes de reproduction en toute
saison indépendamment de la longueur du jour. Ex : tomate, piment, concombre,
haricot, la fève, les légumineuses, le manioc.
- Les plantes de jours longs qui fleurissent après avoir subies des journées plus
longues qu’une durée donnée. Ce sont en plus des espèces des régions tempérées
dont la floraison se trouve placée en été. Ex ail, oignon, laitue, betterave, radis,
épinard et la patate douce.

5°) Interaction température - photopériode

Le comportement photopériodique des plantes peut varier selon la température à


laquelle on les cultive. Le fraisier par exemple se comporte comme une plante
indifférente en dessous de certaines températures et en plante des jours courts au
dessus.
Les Allium, pour être sensible à l’action des jours longs pour la formation des
bulbes, ont besoin de températures > 18-20°C.

6°) Le thermopériodisme

- Thermopériodisme saisonnier : pour passer d’un état végétatif à


l’initiation florale, certaines espèces ont besoin d’être exposées à une
température froide.
Ex : Crucifères  induction florale par le froid.
Ex :  Chez l’ail les variétés originaires des pays tempérés ont besoin pour que les
caïeux entrent en végétation et donnent naissance à des plantes capables de former
des bulbes, d’être exposé pendant un ou plusieurs mois à des températures
comprises entre 5 et 10°.

6
16

 Le stockage des bulbes d’oignons ou l’exposition des plantes ayant dépassé le


stade 7 feuilles à des températures comprises entre 5 et 10°C favorise une montée
en graine précoce.

- Thermopériodisme journalier
Chez la tomate, ce phénomène est le mieux connu. La plante adulte connaît une
croissance rapide, une floraison plus abondante lorsqu’il y a un écart de 10 à 12
degrés entre les températures de jour et de nuit. Une alternance de 16°N et 28°J est
beaucoup plus favorable qu’une température constante de 22°C. Il s’agit en fait d’une
meilleure migration nocturne de la sève élaborée des feuilles vers les autres organes
de la plante.

7°) Conséquences pratiques

1) Il faut bien connaître les conditions du milieu


2) Connaître l’état physiologique de la variété
Il résulte de ce qu’on a vu qu’avant d’introduire une espèce dans un microclimat
donné, il importe de vérifier que sa température optimale de développement et de
croissance et ses exigences photopériodiques sont compatibles avec les conditions
climatiques. Dans le cas où ces conditions sont à la limite des possibilités de
l’espèce certains artifices culturaux peuvent nous aider à les améliorer. Ainsi pour
améliorer les conditions des températures froides ou de transpiration excessives on
peut avoir recours aux BV ou bien à des abris plastics (moyens de protection).
+ Pour rabaisser les températures on peut avoir recours à l’emploi d’ombrières à
l’irrigation par aspersion ou à des moyens beaucoup plus sophistiqués (cooling
system pour les cultures sous abris serre).

II - Principaux modes de production

Les cultures légumières concernent des espèces d’exigence très différente. Elles
sont entreprises sous des climats très variés, il est donc normal qu’elles revêtent des
formes multiples allant des productions de plein champ aux méthodes de culture les
plus perfectionnées comme les cultures sous abris serre ou les cultures
hydroponiques.

1) Les cultures de plein champ ou de saison

Il est possible au Sénégal de cultiver un grand nombre d’espèces légumières sans


protection particulière pour peu que les dates de semis sont bien choisies afin
d’échapper à certains aléas climatiques saisonniers : vents secs, froid,
- Pour les espèces qui exigent la fraîcheur, cette culture est engagée en fin
septembre début octobre : PDT, chou, carotte, tomate
- Pour les espèces qui redoutent la fraîcheur, semis en fin février-début mars.

Les cultures de plein champ sont les plus courantes et celles qui demandent le
moins d’investissement. C’est à partir de ces cultures que les industriels
s’approvisionnent pour faire des conserves de légumes car les prix sont relativement
bas, les quantités beaucoup plus importantes et les qualités technologiques
généralement meilleures.

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2°) Cultures de contre-saison


21) Les cultures de primeurs

On distingue les cultures semi forcées ou hâtées des cultures forcées.


- Les cultures hâtées sont conduites sans recours à une source de chaleur, avec
protection : BV etc. … Actuellement avec l’évolution des techniques, les agriculteurs
ont adopté les grands tunnels plastics ou abris serres qui permettent d’effectuer des
cultures et de travailler beaucoup plus aisément outre les avantages d’un meilleur
bilan thermique et d’une meilleure utilisation du sol.
- Les cultures forcées sont des cultures sous abris avec apport de chaleur artificielle.
Au Sénégal on peut y avoir recours pour des espèces très exigeantes en chaleur et
qui ne connaissent pas de difficultés sur le plan commercial.

22°) Les cultures d’arrière saison

Lorsqu’elles sont possibles, elles permettent de faire le joint et de combler un creux


de production qui existe entre la fin des cultures de saison et le début des cultures de
primeurs.
Ce sont des cultures de plein champ qui nécessitent une protection en cours de
cycle de culture. Sont souvent pratiquées pour des espèces à cycle court : haricot,
pomme de terre.

Primeur Culture de plein Arrière saison Primeur


champ
◄Culture de contre saison►
3°) Les cultures hydroponiques hors sol

C’est un type de culture qui consiste à faire pousser les plantes dans de l’eau ou sur
de substrats inertes : graviers, sable … imbibés de solutions nutritives.
Ce type de culture peut être intéressant dans le cas ou par choix ou par obligation on
est amené à se passer du sol naturel. Nécessite un degré de technicité et est assez
coûteux.

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Eau et irrigation

Une humidité adéquate est essentielle pour les légumes dont la plupart contient plus
de 80% d’eau.
L’eau dissout dans le sol les éléments minéraux, favorise l’activité des
microorganismes, rafraîchit le sol et véhicule les éléments nutritifs à la plante.
Les besoins en eau des légumes varient en fonction de l’espèce, de l’ETP, du stade
végétatif et de la capacité de rétention du sol.
L’ETP : quantité d’eau qu’évapore chaque jour une végétation puissante et bien
adaptée couvrant totalement le sol et ne souffrant jamais de manque d’eau.
Les besoins des CM varient entre 60 et 100 % de l’ETP.
En effet, certaines espèces plus rustique que d’autres peuvent se contenter de peu
d’eau : pastèque, ail, oignon dont la culture peut être conduite en sec qu’en irrigué.

L’ETP varie d’une saison à l’autre, elle devient importante en saison chaude ou
l’hygrométrie de l’air devient faible et les pluies généralement insuffisantes, pour
satisfaire les besoins des plantes pendant les périodes critiques de leur
développement. Ces périodes critiques se situent généralement au moment de la
fructification ou la formation des bulbes ou des tubercules. Au début du cycle, on
peut se contenter de quelques arrosages afin de favoriser le développement du
système racinaire tout en veillant à garder les plants turgescents. On peut également
limiter les arrosages en fin de cycle lorsque les plants ont atteint leur développement
complet pour favoriser la maturation des fruits déjà formés.
Au cours du développement, les arrosages doivent être réguliers et suffisants pour
éviter certains phénomènes d’éclatement des fruits (melon, tomate, pastèque..) ;
chez la PDT → production en chapelet (plusieurs pousses).

Au cours du développement, les arrosages doivent être réguliers et suffisants pour


éviter certains phénomènes d’éclatement des fruits (melon, tomate, pastèque..) ;
chez la PDT → production en chapelet (plusieurs pousses).

Dans les Niayes et d’après les études du centre pour le développement de


l’horticulture (CDH), si dans un potager on ne dispose pas d’au moins 8 litres/m²
(8mm/jour), et ce durant toute la période de production, on risque d’avoir des
problèmes de manque d’eau à certains moments ; ce qui se traduit par des pertes
importantes de rendements et de qualité..

L’eau doit être de bonne qualité, au Sénégal, la salinité de l’eau pose des problèmes
sérieux dans plusieurs régions : Dakar, Kaolack, Fatick, Thiès, Diourbel, Louga…
Il est possible de reconnaitre un problème de salinité de l’eau ou du sol si, malgré
des apports respectueux des doses, des fréquences, et le respect des autres
techniques culturales, les plantes poussent mal, restent chétives, flétrissent,
montrent des brulures de feuilles, produisent peu et donnent éventuellement des
petits fruits.

I - Qualité de l’eau

Tous ces phénomènes déjà cités sont beaucoup accentués avec l’eau salée. La
qualité de l’eau est une chose primordiale pour la plupart des espèces légumières.

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Elle dépend surtout de la nature et de la quantité des sels qui y sont dissous. Pour
déterminer la qualité de l’eau, il faut analyser les éléments suivants :
+ La conductivité en mho/cm (elle reflète la qualité totale de sels dissous sans en
révéler la nature)
o 0 – 250 mho/cm  eau excellente, convenant à toutes les cultures :
fraisier, melon, haricot
o 250 -750 mho/cm  salinité moyenne peut convenir à des plantes
assez résistantes lorsque le sol est bien drainé : tomate, chou, laitue,
pomme de terre, carotte, oignon, pois, piment, poivron, mais
o 750-2250 mho/cm : eau de forte salinité ne convenant qu’aux plantes
résistante lorsqu’elles sont cultivées dans un sol bien drainé :
betterave, asperge, épinard
Utilisable seulement en sol bien drainé sur plantes tolérantes
o 2250 à 5000 mho/cm : eau impropre à l’irrigation.

+ Le Na, plus exactement : Na/ Mg+Ca+Na

Si =0.5→bonne qualité
Si>0.66→ mauvaise
Si compris entre 0.5-0.6→douteuse

Si ce rapport est élevé, il y’a dispersion des éléments fins du sol (colloïdes) qui
deviennent alors collant à l’état humide et très dur et fissuré à l’état sec sol battant.
Ce problème peut être aggravé lorsque l’eau a une teneur en ions bicarbonates
(HCO3- ) élevé : dans ce cas, le Ca se dépose dans le sol sous forme de CaC03, ce
qui appauvrit le sol en ions Ca++ il est donc important dans une analyse d’eau
d’irrigation d’examiner la teneur en carbonates, bicarbonates .

+ Le bore = toutes les plantes ont besoin de bore, mais si la quantité est élevé, il
devient phytotoxique et avoir la même influence physiologique que les sels mais à
plus faible concentration.
- 2 – 4 ppm (1 ppm=1 mg/litre d’eau) : plantes tolérantes au bore :
asperge, betterave, oignon, navet, chou, laitue, carotte.
- 1-2 ppm : plantes semi tolérantes : PDT, tomate, petit pois, piment
- ≤ 1 ppm : les plantes sensibles au bore : haricot

II - Les modes d’irrigation

1) Irrigation à la raie : consiste à faire circuler l’eau entre les billons. Nécessite un
bon nivellement du sol et de gros investissements au départ puisque le terrain doit
être nivelé et présenter une pente régulière de 1 à 2 %.
 à utiliser dans des sols de limon à argilo limoneux et perméables. Les pertes par
percoloration seront d’autant plus importantes que le sol plus léger.

NB :
- Submersion
- Siphonage :
L’irrigation par siphon n'est pas non plus très répandue, bon nombre d'agriculteurs
ayant abandonné cette technique, jugée difficile à mettre en œuvre du fait des

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risques de désamorçage (en cas de réduction du débit dans l'arroseur par exemple)
qui impliquent une surveillance accrue pendant les irrigations de nuit.

2) Irrigation par aspersion : p/r à la raie, l’aspersion permet de faire des économies
d’eau et d’avoir une meilleure absorption et répartition de l’eau dans les sols
compacts. Il y a moins de pertes par lessivage (au moins 30%).
Elle permet également d’avoir une meilleure homogénéité de l’irrigation et
d’économiser la main d’œuvre.
- Valable sur les terrains à topographe accidenté
- Pas de nivellement

Inconvénients :

- Nécessité d’obtenir de la pression


- Brûlures de feuilles si l’eau est chargée
- Peut favoriser des maladies cryptogamiques : mildiou, Pseudomonas,
Xanthomonax
- Défavorise l’Oïdium

3) Le goutte à goutte

Il permet de garder le sol qui se trouve au voisinage du système racinaire


constamment à sa capacité au champ et de faire des économies d’eau (jusqu’à 40
%) et de lutter contre la salinité. Outre l’économie d’eau, on note
- l’enherbement réduit
- l’économie de main d’oeuvre

Contraintes
- cherté du matériel
- technicité élevée requise
- bouchages dues à la qualité de l’eau et des engrais utilisés

NB :

Comme le goutte à goutte, l’aspersion permet de grandement limiter la


consommation d’eau. Cette forme d’irrigation est adaptée à toutes les configurations
et natures de terrains, ainsi qu’à toutes les cultures, mise à part celle du riz pour
lequel il n’y a pas de meilleur mode d’irrigation que la submersion.
Outre qu’elles permettent d’utiliser moins d’eau, ces techniques modernes
permettent également d’utiliser une eau enrichie en produits fertilisants et pesticides.
Elles peuvent aussi être automatisées, et pilotées à l’aide d’appareils de mesure de
l’état d’humidité des sols, voire depuis peu de l’état hydrique des plantes, qui
permettent de connaître avec précision à quel moment il est le plus judicieux
d’arroser. En revanche, elles nécessitent une infrastructure qui coûte cher à mettre
en œuvre ce qui en limite fortement l’usage, notamment dans les pays pauvres.

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21

III - Besoins en eau des cultures maraîchères

Les besoins en eau d’une plante correspondent à la quantité d’eau à restituer pour
contrebalancer l’eau évaporée + l’eau transpirée + l’eau emmagasinée dans les
tissus végétaux.
L’eau emmagasinée constitue une part non négligeable p/r à l’eau évaporée et
transpirée.
L’eau évaporée + l’eau transpirée  représentant l’évapotranspiration.
L’importance de l’évapora transpiration peut résulter de plusieurs facteurs dont :
- le climat
- le type de sol et son degré d’humidité
- la plante et le stade végétatif

Cette ETP a été évaluée à 7(régions arides) et 5 en climat littoral pour les mois les
plus chauds.
Le volume total d’eau nécessaire pour couvrir un cycle cultural complet est fonction
de nombreux facteurs parmi lesquels :
- l’espèce et la variété (hâtive, tardive)
- le milieu (sol, saison).

L’ETR représente : 40 % de l’ETP  jeune plante


60-75 %  plante en plein développement
60 - 50 %  une fois le déclin amorcé

La fréquence des irrigations doit tenir compte notamment de l’espèce, du stade de


développement et des propriétés physique du sol : durant la période de levée, la
dose sera réduite et les fréquences rapprochées afin d’éviter le desséchement du lit
de germination. Au fur et à mesure que la plante se développe, accroître les doses
de manière à saturer la couche de sol équivalente à la profondeur d’enracinement.

Conseils pratiques :

 Irriguer tôt le matin ou l’après midi


 Irriguer même en hivernage quand les pluies sont irrégulières ou insuffisantes
 En cas de salinité de l’eau et du sol, éviter :
o Les engrais qui contribuent à la salinité : chlorures de potasse, nitrate
d’ammoniaque.
o Eviter les espèces sensibles au sel
o Assurer un lessivage des sels avec de l’eau douce (pluies)
o Utiliser de la matière organique bien décomposée

Prélèvement de l’eau pour analyse


(Tiré de RODIER, analyse physique et physico-chimique de l’eau. Dunod, 1971)

Le prélèvement d’un échantillon d’eau est une opération délicate qui nécessite le
plus grand soin, il doit être homogène et représentatif. Le mode de prélèvement
dépendra de l’origine de l’eau

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- Dans le cas d’une rivière nappe ouverte, réservoir, citerne, la bouteille


sera plongée à une certaine du fond et de la surface, assez loin des
rives et des bords.
- Dans le cas d’une pompe, les prélèvements se situeront normalement
au terme de pompage ininterrompu d’une durée totale de l’ordre de 30
heures ou tout au moins à la fin de la dernière journée d’une série de
trois journées de pompage de 10 heures.
- Dans le cas de prélèvement de robinet, il sera indispensable de faire
couler l’eau pendant un certain temps qui sera ≥10 minutes.
- Les volumes nécessaires pour une analyse complète varient de 2-
5litres.

Au laboratoire les échantillons devront être traités dans les 72 heures.

Besoins en eau pour couvrir un cycle cultural


(tiré de « considérations sur l’irrigation des cultures maraîchères au Sénégal », par
W.O. Baudoin, expert FAO en horticulture, Dakar, avril 1975)

Espèces m3/Ha
1. Aubergine 10 000-12 000
2. Chou-fleur 6 700-8 700
3. Chou pommé 6 300-9 400
4. Concombre 7 150-9 500
5. Courgette 5 800-7 300
6. Fraisier 16 000-17 000
7. Haricot nain 5 150-6 000
8. Haricot à rames 7 150-8 200
9. Laitue 5 400-7 100
10. Melon 8 250-9 800
11. Oignon 6 440-8 100
12. Poivron 10 700-12 000
13. Pomme de terre 6 900-8 400
14. tomate 8 000-9 800

NB : études effectuées en sol sablonneux, de juin –septembre, et avec une irrigation


par aspersion

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Multiplication des plantes maraîchères

------------------------

L’utilisation d’une bonne semence figure parmi les facteurs essentiels dans la
réussite d’une culture légumière. En effet une bonne récolte est fonction de la qualité
des semences employées. Ces semences doivent présenter les caractéristiques
suivantes :
 être pure d’espèce : l’analyse de pureté spécifique consiste à décomposer
l’échantillon de semences en semences de l’espèce et en semence d’autres
espèces comme les adventices
 avoir une bonne pureté variétale : la qualité de la semence dépend
essentiellement de l’identité et de la pureté variétale. Ex tomate. Néanmoins
on ne pourra préciser l’identité et la pureté variétale qu’en semant les graines
et en observant les plantes elles-mêmes du point de vue morphologique et
physiologique durant le cycle de la plante.
 avoir une bonne faculté germinative (FG). Ces essais de FG nécessitent des
échantillons de 400 graines au minium
 être indemne de germes pathogènes ou bien traiter avec des produits
fongicides ou bactéricides permettant de protéger les plants contre les fontes
de semis (provoquée par Pythium, Alternaria, Rhizhoctonia, Botrytis,
Fusarium)  les produits les plus utilisés sont Thirame, Captane : 5 à 10 g
de matière active/kg de semence.
 Avoir un stade physiologique adéquat permettant à la graine de germer
rapidement. Les semences ne doivent donc pas être dormantes (semences
qui ne germent pas quand les conditions sont considérées comme favorable à
la germination). En effet certaines espèces l’aubergine, le jaxatu, le piment et
la pomme de terre lorsqu’elles sont nouvellement récoltées restent dormantes
pendant une certaine période. Cette dormance peut être levée par des
traitements mécaniques ou physiques (scarifiage, ou trempage dans de l’eau
froide ex : aubergine) ; ou par des traitements chimiques (pomme de terre,
jaxatu avec de l’acide gibbérellique pendant 10 mn à 1 ppm = 1 mg d’AG, litre
d’eau).

I Le semis : c’est un procédé de multiplication sexuée qui utilise des semences ;


procédé qui permet d’obtenir un grand nombre d’individus.
Il ne suffit pas de semer des graines de haute qualité, mais il faut également les
conditions du milieu qui favorise cette germination. Les facteurs les plus importants
sont :
o la température en effet certaines températures sont nécessaires pour
la germination des graines, pour chaque espèce il y’a des températures
minimale, max et optimale pour la germination. Ces températures
optimales sont variables d’une espèce à l’autre ; mais des températures
15-20° conviennent généralement à la plupart des espèces → bien
choisir l’époque de semis.
o L’humidité : elle est indispensable pour la gonflement des graines et le
ramollissement de la cuticule. L’eau permet de dissoudre et de
mobiliser les réserves nutritives qui sont stockées au niveau des
cotylédons ; ce sont ces éléments solubles qui permettent le premier
développement de la plantule. Lorsqu’elle est insuffisante mauvaise

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lever ; et lorsqu’elle est excessive → asphyxie des graines donc


pourriture des semences.
Il faut donc veiller à ce que le sol soit bien drainé et les arrosages fréquents mais peu
abondants. Ces arrosages devraient se faire avec des arrosoirs à jets très fins pour
éviter le déterrement des semences.
Utiliser également une eau peu chargée car les sels ↑ la concentration de la solution
du sol et provoquent une exosmose ou bien empêchent le gonflement des graines.
o L’aération : une plantule en cours de germination a besoin d’O2 pour
sa croissance ; il est donc indispensable d’effectuer les semis dans des
sols meubles et bien aérés. Dans certains cas lorsque le sol présente
certains défauts de structure, on procède généralement au semis dans
une couche de terreau qui sera meuble, bien aéré et possédant une
bonne capacité de rétention.
o la profondeur de semis qui est généralement déterminée par la
nature du sol et la grosseur des semences. On admet en général
qu’une graine doit être enterrée à une profondeur égale à 3 fois son
diamètre (avec des exceptions). En règle générale on sème plus
profond en terre légère qu’en terre lourde et plus profond en sol sec
qu’en sol humide.

11) Le semis direct

- Il est effectué pour certaines espèces qu’on ne peut repiquer ou pour


lesquelles le repiquage coûte cher ou serait hasardeux. Ex : Cucurbitacées,
malvacées
- Assurer une bonne préparation du sol qui soit être bien ameubli en surface
pour fournir à la graine l’eau et l’O2 dont elle a besoin.
- Il doit se faire en ligne ou en poquet de 3 à 4 graines, mais jamais à la volée
afin d’avoir une homogénéité dans la densité de semis et également pour
faciliter les opérations d’entretien et d’éclaircissage.
Pour ↓ au minimum la durée de semis-levée et éviter d’avoir beaucoup de
manquants et économiser également des semences, ou procédera à la pré
germination des graines en les plaçant avant semis pendant 24 à 48 h dans un sac
ou un tissus humide à des températures favorables.

NB : On peut utiliser des semoirs  en lignes à écoulement continu


 De précision qui dispose les graines à
intervalles réguliers
Bien tasser le sol après semis

12) Production de plants en pépinière

La pépinière possède les avantages suivants :


 réduction de la durée d’occupation du sol
 gain de précocité car dès que les conditions de température le permettent, on
peut mettre en place des plants ayant déjà atteint un certain stade de
développement
 gain de main d’œuvre et facilité des opérations d’entretien comme le
désherbage, les traitements phytosanitaire, l’irrigation….
 l’économie en semences

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L’inconvénient majeur noté pour cette technique c’est que les plants repiqués sont
soit – rustiques que les plants issus de semis direct.

NB :
- Bien choisir l’emplacement de sa pépinière dans une zone abritée,
- un bon sol du point de vue structure, fertilité, drainage et sans germes
pathogènes.
- La pépinière est aménagée avec 1 à 1,20 m de large, le semis fait en lignes
distantes de 10 à 20 cm suivant les espèces.
- Semer à faible densité pour réduire l’éclaircissage et obtenir des plants bien
développés et non étiolés.
- On procédera par la suite au paillage du semis par des nattes en roseaux,
feuilles de palmier, paillage à éliminer dés la levée ; pour éviter le
dessèchement du sol.
- Maintenir les arrosages fréquents (jusqu’à 2 fois/j) avec arrosoirs à jets très
fins.
- La pépinière doit être surélevée de 15-20 cm par rapport au niveau du sol en
hivernage pour éviter la stagnation des eaux de pluies.
- Bien respecter le calendrier des traitements phytosanitaires qui doivent être
entamés dés la levée (fonte de semis principalement).
- L’exposition Est-0uest pour avoir une bonne exposition).

13) Production de plants en motte

Elle permet d’avoir une meilleure reprise puisque les racines sont conservées
intactes, de plus permet d’avoir une meilleure précocité et pas de manquants.
Cette technique très intéressante pour les variétés hybrides qui coûtent très chers
nécessite l’acquisition d’une presse motte (manuelle ou automatique) et la présence
d’un substrat convenable (ayant une bonne cohésion, perméable à l’eau, à l’air et
aux racines et ayant une bonne capacité de rétention en eau).

Ex 1/3 terreau 1/3 terre franche 1/3 terre argilo- limoneux


ou fumier
NB : godet, alvéole

Précautions

- placer des feuilles de plastic en dessous pour éviter la fixation de racines au sol
- Utiliser des arrosoirs à jets fins

II - Le bouturage : patate douce, manioc

Procédé de X° végétative très employée en horticulture qui permet une propagation


rapide et qui permet de conserver les caractères variétaux des pieds mère. Il
consiste à prélever un fragment de végétation et le mettre en contact avec un milieu
pour provoquer son enracinement. L’origine du fréquent est varié : feuille, racine,
rameau, tige. Dans touts les cas on obtient des clones.
Le bouturage nécessite une protection : ombrière, tunnel, serre pour éviter le
dessèchement.

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Les boutures doivent être plantées dans un milieu sain : sable, vermiculite, perlite,
etc., avec l’extrémité supérieure si possible taillée en biseau ; ceci permettra de bien
respecter la polarité lors de la plantation, et d’éviter les stagnations de rosée et d’eau
d’arrosage pouvant provoquer des pourritures.

Il existe quelques pratiques culturales pour augmenter le taux de reprise des


boutures :

- utilisation d’hormone de bouturage : « rootone, exubérone », qui améliore les


résultats.
- La chaleur de fond (couches thermogène) améliore et accélère
l’enracinement.
- La serre à multiplication( ou la température des substrats, de l’air et de
l’humidité sont contrôlées) est un équipement indispensable à une pépinière
sérieuse.

III - Le greffage

C’est une opération qui unit une partie d’un végétal à un autre qui devient son
support. On appelle sujet ou porte greffe (PG) la plante qui reçoit le greffon.
Grâce au PG on peut cultiver des espèces dans des terrains qui ne leur conviennent
pas et pour lutter contre les parasites.
Pour les cultures maraîchères, on utilise le plus souvent le greffage en fente ou le
greffon est taillé en biseau.
Peut être pratiqué pour certaines espèces comme la tomate, le melon, le piment,
l’aubergine.

Ex :
- KVFN pour tomate et aubergine (le KVFN provient du croisement
Lycopersicum esculentum (VFN) x L. hirsutum (K).

- Pour le melon : Cucurbita ficifolia et Bemincase cerifera pour contrôler la


fusariose et le corky-root des melons

IV - La plantation

Elle peut se faire


 à plat ou en planches pour des espèces à planter superficiellement : laitue,
fraises ;…
 sur billon quand l’irrigation se fait à la raie : tomate, pomme de terre, oignon

Préparation préalable des plants

 Durcissage (hardening) : les habituer à l’atmosphère extérieur↓ les irrigations,


enlever éventuellement l’ombrage, habillage  favoriser l’émission de nouvelles
racines.
Le but est de les habituer aux conditions dans lesquelles ils vont être
transplantés et ↓ les mortalités.

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Le durcissage se traduit par une ↑ en matière sèche des plants et à durcir l’épiderme
des tissus.
On le commence généralement une semaine avant la transplantation en  les
irrigations.
 Certaines espèces doivent très habillés (  du feuillage pour  la transpiration et
des racines).
 le triage
 le trempage dans une solution anticryptogamique
 pralinage avec des hormones A.I.A, au gibbérellique

Exécution de la plantation

- Doit être effectué l’après midi au coucher du soleil par journée calme (pour
éviter la déshydratation) et suivie immédiat d’une irrigation.
- Si la plantation est à racines nues (≠en motte) ; il faut impérativement une 
pré irrigation
- La profondeur de plantation varie :
+ Espèce à développement superficielle→ plantées flottante Ex :
fraisier, laitue
+ Plante à tiges  plantées jusqu’à la base des premières feuilles →
émettent des racines adventives
+ Piment  pas trop enterrés car sensible à l’asphyxie

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Fertilisation des cultures maraichères


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La fumure

La plante pour se développer et produire a besoin d’élément majeurs comme le


carbone, oxygène, hydrogène, azote, potassium, phosphore, calcium, magnésium,
soufre, et d’éléments mineurs comme le bore, cuivre, fer, manganèse, etc.

Rôle de quelques éléments majeurs :

 L’azote est un élément essentiel pour une bonne croissance des tiges et des
feuilles de la plante et leur donne une couleur vert foncé. Un manque d’azote
donne des plants peu développés avec un feuillage réduit.
 Le phosphore assure un bon développement des plantes, surtout de leur
racines et joue sur la maturité des fruits et la précocité des récoltes ; une
carence en cet élément provoque entre autre une maturation lente ainsi qu’un
développement des fruits et des graines.
 Le potassium favorise le transport des matières de réserves dans la plante,
ainsi que le développement des racines, bulbes, et tubercules, et accroit la
résistance aux maladies.

La plante utilise le C, O2, et H2 de l’air et de l’eau du sol, mais les autres éléments
doivent se trouver en solution dans le sol pour qu’elle puisse les utiliser.
La présence et la disponibilité de ces éléments dans le sol en détermine la richesse
naturelle.
Malheureusement la plupart des sols sénégalais sont pauvres en plusieurs de ces
éléments et il faut les apporter en quantité suffisantes pour permettre une bonne
croissance et donc une bonne production de cultures.
Cet apport en éléments nutritifs ou la fumure des sols se fait avec des matières
organiques et avec des engrais chimiques.

1 La matière organique (M.O)

En plus de leurs apports en éléments nutritifs, la matière organique joue un rôle très
important dans l’amélioration de la structure du sol et de sa capacité de rétention en
eau du sol.
Les M.O les plus utilisées sont le fumier, la poudre ou la coque d’arachide, et le
compost. Le fumier s’obtient par la fermentation des déjections d’animaux (volailles,
cheval, mouton, chèvre, bovin..) et de la litière.

Au Sénégal, les animaux sont souvent en divagation, ce qui rend difficile son
obtention.
Il faut mettre le fumier et la litière en tas et éviter leur desséchement.
Le fumier doit être décomposé avant son utilisation.

2 Les engrais chimiques ou minéraux


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Bien que l’utilisation de la matière organique soit dominante dans les sols en
maraichage, il faut compléter cette fumure par des apports d’engrais chimiques dont
les éléments sont plus rapidement assimilables par la plante et beaucoup plus riches
en éléments minéraux.
La matière organique, complétée par des apports en engrais chimiques devront être
incorporés au sol par un bêchage, et constitue la fumure de fond.
Une fois que les plantes sont en développement, il faudra couvrir une partie de leurs
besoins en éléments nutritifs par des apports d’engrais chimiques en fumure
d’entretien que l’on incorpore légèrement par un léger griffage.

SOINS CULTURAUX DES CULTURES MARAICHERES

6
30

---------------------

Il s’agit de :
-Rotations
- Binage
- Buttage
- Désherbage
- Paillage
- Traitements phytosanitaires

1 – Rotations

Les légumes n'ont pas tous les mêmes besoins nutritifs et ils ne vont pas non plus
les rechercher à la même profondeur, d'ou l'intérêt de pratiquer une rotation des
cultures aussi appelé assolement. La culture d'une même catégorie de légumes
dans la même parcelle épuise celle-ci d'année en année et contribue aussi au
développement des maladies.

La rotation des cultures consiste donc à alterner sur plusieurs années la culture de
différentes catégories de légumes en fonction de leurs besoins spécifiques. Pour
mettre en œuvre cette méthode de culture, vous devrez séparer votre potager en
quatre parcelles sur lesquelles s'appliquera la rotation.

Les rotations culturales permettent d’atténuer la prolifération d’agents pathogènes et


de ravageurs (en particulier les nématodes), d’une culture à l’autre, elles doivent être
strictement respectées. Ces rotations permettent également de réduire l’incidence
des mauvaises herbes et des repousses indésirables des cultures précédentes.
Dans la pratique, l’intervalle de temps à respecter entre deux cultures appartenant à
la même famille, devrait être au moins de :
3 ans pour les Solanacée (tomate, piment, jaxatu)
3 ans pour les légumineuses
2 ans pour les liliacées (oignon, ail) en cas d’infestation par les thrips
5 ans pour les Malvacée (gombo, bissap) et les liliacées (oignon, ail) en cas
d’infection par le Fusarium oxysporum (flétrissement vasculaire) et de Pyrenochaeta
terrestris (maladie des racines roses).

2- L’habillage
Consiste à couper une partie du feuillage et des racines en excès d’une plante qui
sort de la pépinière ; il se fait tout juste avant le repiquage dans le but de limiter les
pertes d’eau par transpiration et favoriser le développement des racines.
L’habillage peut entrainer des risques phytosanitaires, d’où la nécessité de toujours
repiquer les plants au bon moment.
Se pratique beaucoup avec l’oignon, le poireau, la laitue…

3 – Binage

Après le semis ou la plantation, différents facteurs peuvent contribuer au tassement


du sol (pluies, irrigation, passage des ouvriers …) ; ce tassement est néfaste car il
favorise d’une part le dessèchement du sol et s’oppose à la libre circulation de l’air et

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compromet de ce fait le développement du système racinaire superficiel. D’autre part


en l’absence de traitement herbicide, le sol se couvre généralement de mauvaises
herbes qui ne tardent pas à concurrencer les plantes cultivées, il faut donc intervenir
par le binage superficiel pour éliminer ces mauvaises herbes et former un mulch qui
s’oppose au dessèchement du sol.
Le binage doit se faire quand le sol est bien ressuyé et de préférence un peu sec en
surface, on empêche ainsi un certain nombre de mauvaises herbes très jeunes de se
repiquer d’elle même et de reprendre après l’opération de binage. Il est cependant
très difficile de se débarrasser par ce binage de certaines espèces de mauvaises
herbes rhizomateuses : ex Chiendent, Cyperus, liseron, …, qui ont des réserves
souterraines leur permettant de repousser rapidement.

3 – Buttage

Consiste à accumuler une certaine quantité de terre aux pieds des plantes. Les
buttages ont pour but essentiel de favoriser la végétation, d’empêcher le
verdissement (pomme de terre), de soutenir le port des plantes, et pour favoriser le
développement de racines adventives (aubergine, tomate) il faut appliquer le buttage
assez tôt en une ou deux fois selon les cultures ; on profite également de cette
opération pour enlever les mauvaises herbes et apporter une fumure de couverture
ex : fenouil, pomme de terre.
Pour la pomme de terre il ne faut pas le faire après la formation des tubercules car
provoque une baisse de rendement, il doit être effectué au moment de la formation
des crochets (environ 40 jours après la levée) ; ainsi pour la pomme de terre il est
nécessaire d’effectuer 2 buttage, un après la levée et un autre 40 plus tard, tous
deux accompagnés d’apport de fertilisation de couverture.

4 - Lutte contre les mauvaises herbes

Le désherbage consiste à détruire les mauvaises herbes des cultures, se fait de


deux manières :
Manuel : avec des outils aratoires
Chimique : au moyen de produits chimiques appliqués sur le sol ou sur les espèces
nuisibles. Ce désherbage chimique reste une opération délicate et tout erreur peut
avoir des conséquences très graves, il est donc nécessaire de bien la maîtriser avant
de l’utiliser à grande échelle.

Sélection des herbicides


Il y a :
 Les herbicides totaux qui possèdent une phytotoxicité aigue et détruisent toute
la flore présente ; ils sont utiles pour l’entretien des allées ou des chemins,
mais l’application est à proscrire sur les terrains agricoles car leur rémanence
est généralement très élevée.
 Il y a les herbicides sélectifs qui ont la propriété de se montrer peu
phytotoxique à l’égard de certaines espèces cultivées ou de certaines familles,
de ce fait leur action est peu efficace vis-à-vis de certaines gammes d’espèces
apparentées à l’espèce cultivée.
En ce qui concerne les techniques d’application, il faut préciser qu’il faut réaliser le
traitement de la façon la plus homogène possible, ce qui implique l’utilisation d’une
bonne rampe de traitement et il faut procéder par temps calme et généralement de

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bonne heure ou bien le soir, il est également important de bien respecter les stades
de traitement :
 Stade prélevé
 Pré semis
 Pré plantation
 Post plantation (après plantation mais après la reprise)
Il est nécessaire de bien préparer le sol avant traitement, ceci facilite la bonne
répartition des produits.

5 – Paillage

Le paillage consiste à déposer sur le sol un matériau faisant écran afin de :


o limiter le dessèchement, donc l’évaporation,
o d’assurer la propreté de certaines productions
o réduit le tassement du sol par les arrosages et les pluies
o évite le contact de certains fruits avec le sol : melon, pastèque, fraise,
courgette, concombre…
o et d’éviter parfois le développement des mauvaises herbes.

Traditionnellement on utilisait la paille qui demande un temps de mise en place


assez long ; ces matériaux ont été remplacés par des films plastics souples qui ont
d’autres propriétés intéressantes et dont la mise en place est beaucoup plus facile.
 Film transparent, permet d’avoir un bon réchauffement du sol, donc une
meilleure précocité, mais favorise le développement des mauvaises herbes
dans les sols pas propres, doit être associé à l’emploi d’herbicide
 Le film noir opaque contrairement au précédent permet de lutter contre les
mauvaises herbes mais ne favorise pas le réchauffement du sol en
profondeur.
 Le film opaque thermique de couleur verte qui présente l’avantage des deux
précédents (bon réchauffement et lutte contre les mauvaises herbes)
On peut trouver ces différents films avec des perforations, ce qui permet de
récupérer les eaux de pluies, faciliter les apports d’engrais de couverture …

Avantage du paillage

- meilleure précocité et bonne économie d’eau


- limite le développement des mauvaises herbes
Néanmoins des difficultés résident dans l’association du paillage et des irrigations.

7 - Traitements phytosanitaires

Les cultures maraîchères sont attaquées par de nombreux ennemis qui occasionnent
chaque année des pertes de récoltes très importantes.
L’identification de ces ennemis, la méconnaissance des techniques de protection, le
manque ainsi que le cout du matériel d’application (pulvérisateur, poudreuse, ..) et
des pesticides posent des problèmes sérieux en milieu rural.
De ce fait en cas de doute, il est toujours préférable de consulter l’encadrement
technique compétent.

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On distingue les traitements préventifs et les traitements curatifs. Pour éviter d’avoir
des dégâts provoqués par des champignons, on pratique généralement des
traitements préventifs contre les maladies les plus courantes, certaines d’ailleurs ont
un spectre d’action assez large et peuvent être efficace contre 3 ou 4 maladies à la
fois.
Pour être efficace, un traitement doit être généralisé, c’est-à-dire intéresser toutes les
plantes et leurs différentes parties : ainsi les appareils à jets fins permettent d’y
arriver en plus d’une économie de produits de traitement.

Différentes étapes d’un traitement :

Le traitement respecte plusieurs normes d’efficacité sinon la réussite du traitement


va se résumer en une perte de temps, d’argent et une atteinte à la sécurité publique
 Dans le magasin, porter des vêtements de protection

 Au champ, voir si les conditions de traitement sont favorables


o Le vent influence par sa direction et sa force
o La nébulosité : si le ciel est couvert, arrêter le traitement
o L’humidité, quand il ya de la rosée, traiter avec des poudre, les produits
liquides seront lessivés et tombent à même le sol
o La température, traiter tôt le matin ou tard le soir, car les produits
phytosanitaires sont volatiles quand la température augmente (perte),
de plus les risques de brulures augmentent ; par ailleurs les risques de
toucher le ravageur s’amenuise dans la mesure ou ce dernier fuie la
chaleur, se cache et ne s’alimente plus.
o Au cours du traitement, ne pas manger, fumer, utiliser des mouchoirs
etc.
o Porter des gants en premier et les enlever en dernier lieu.
o Ne doivent avoir accès à la manipulation des produits les femmes
enceintes (avortements, malformation), femmes allaitantes, personnes
avec plaie ouverte, personnes malades, les enfants (êtres immatures),
les malades mentaux…
o Apres le traitement, s’il ya surplus de produit, savoir s’en débarrasser,
éviter les étangs, rivière, etc.
o Au cours du traitement, le manœuvre qui reçoit du produit sur une
partie quelconque du corps, ne doit pas attendre la fin du traitement
pour aller se laver, ceci pour éviter sa pénétration ; il en est de même si
la combinaison est imprégnée.
o Apres le traitement, enlever les vêtements souillés, nettoyer l’appareil
avec de l’eau propre …
Les moyens de lutte

1. Agronomique : par l’usage de procédés culturaux :


labour estival,
jachère travaillée,

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bassinage,
pré irrigation…
2. Biologique : c’est l’utilisation d’un parasite ou d’un prédateur
pour contrôler les déprédateurs.
3. Chimique : utilisation des pesticides
respectueux de l’environnement
respecter les délais de recolte
4. Intégrée : utilisation de plusieurs formes de lutte pour maintenir
l’ennemi à un seuil de tolérance économique.

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Récolte, conservation et transformation

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I - La maturité des fruits

Lorsqu’un fruit atteint sa taille maximum, il commence à mûrir ; différents


phénomènes permettent de reconnaître cette maturation :
o ramollissement de la chair,
o changement de couleur (tomate),
o changement d’odeur (melon) etc.
Au cours de la maturité du fruit, les parois circulaires sont détruites rendant le fruit
plus mou. Plusieurs produits de réserves sont transformés en sucre (par ex les fruits
du poivron rouges sont + doux que ceux des fruits verts).
La maturité s’accompagne également d’une diminution de l’acidité du fruit, ces
phénomènes de maturation sont souvent plus rapides à des températures élevées.
On peut donc si on le désire freiner ou ralentir la maturation des fruits en les récoltant
dès le début de la maturation et en les plaçant dans des conditions de températures
plus froides.
Pour les plantes à bulbe, où la maturité des bulbes ou des tubercules n’est pas le
même que celle des fruits, ce phénomène se traduit soit par l’épuisement de la partie
végétative au profil des tubercules ou des bulbes. Les tubercules doivent être
conservés après la récolte pendant 10-15 j à des conditions et température moyenne
et d’hygrométrie pour favoriser la formation d’une peau épaisse. Cette peau protège
les tubercules de la déshydratation et des gents de pourriture.

II - La récolte

Pour leur permettre de supporter convenablement les manipulations de


conditionnement et de transport, les légumes doivent être récoltés au moment
«favorable». Il est très difficile de définir ce moment favorable parce que celui-ci
dépend de plusieurs facteurs.
- L’espèce, la variété, le temps pendant la récolte, de la distance du lieu de
consommation, des conditions d’emballage, des exigences du consommateur.
L’exécution des récoltes doit être faite soigneusement surtout pour certains légumes
fruits très délicats. Ex : tomate … Il faut utiliser un matériel de ramassage approprié :
papier, caisse garnis d’un revêtement protecteur. Ex : Pendant la récolte, il faut faire
attention à :
- Ne jamais jeter les produits, mais les poser.
- Ne jamais trop tasser les légumes dans les caisses afin d’assurer une aération
convenable et éviter l’écrasement.
- Ne jamais trop remplir les caisses ; les fruits du sommet risquent d’être blessés
- Utiliser des caisses propres afin d’ la durée de vie des produits
- Récolter l’après midi ou le matin très tôt après la rosée (car les récoltes humides se
détériorent plus rapidement) et exposer les produits dans un local frais en attendant
le conditionnement.
- Respecter les délais de sécurité entre la dernière application des produits et la
récolte.

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III - Le conditionnement

Les facteurs régissant la commercialisation sont : la quantité, la qualité, le


conditionnement (avec tout ce qu’il contient : triage, emballage …) et le circuit de
distribution.
Pour vendre convenablement une marchandise, il convient de bien la présenter sauf
si elle est destinée à la transformation. Dans ce cas le conditionnement se fait sur
place à l’usine.
En général l’acheteur préfère les légumes propres, donc le conditionnement débute
par le lavage qui sert à enlever la terre et donner aux légumes la fraîcheur. Ce
lavage est surtout important pour les légumes racines : carotte, navet … Certains
légumes sont habillés (on enlève les feuilles sales ou celles attaquées par des
maladies). Cet habillage se fait parfois au champ ex : oignon, d’autre comme la
carotte et le radis sont reliés en botte.
- Le triage conduit également à une meilleure commercialisation. Il s’agit
d’éliminer les produits parasités, tâchés, déformés, ou trop petits. Ce triage
peut se faire manuellement (le plus souvent) ou mécaniquement.
- - Le triage est complété par le calibrage qui est mécanique. Il permet de
classer les légumes par grosseur de façon à ne mettre dans l’emballage que
des produits de même calibre.
- L’emballage doit être rigide et le plus léger possible pour ne pas coûter cher
au transport.
- Ce transport se fait en sac ou en vrac (pastèques, melon …) mais pour la
plupart des légumes délicats, on a recours à des caisses ou des cageots.
- Peser la récolte pour assure une bonne gestion du verger
- Apres la récolte arracher les restes des plantes : aliment de bétail,
compostage…, et nettoyer le terrain pour préparer la culture suivante.

IV – Conservation

Elle a pour but d’éviter les pertes des produits et prolonger les périodes de
commercialisation de certaines espèces.
La durée de commercialisation : est conditionnée par plusieurs facteurs :
- L’espèce : ex la laitue et le chou fleur se conservent beaucoup moins en temps que
le chou et les tomates. La pastèque se conserve plus longtemps que les précédents
et beaucoup plus que le melon Cantaloup.
- La variété ex : tomate industrielle
- Le degré de maturité plus le fruit est mûr et –il se conserve longtemps
- La teneur en azote : plus le légume est riche en N et moins il se conserve bien. Ex :
il ne faut point récoler l’oignon et la pomme de terre quand la végétation est verte
car ce moment les tubercules sont riches en azote.
- La technique de récolte : les légumes blessés se conservent moins
- L’état sanitaire : les légumes sains se conservent plus longtemps que ceux
parasités. Il faut donc éviter de conserver des légumes infectés et ou même blessés
car trop vulnérables.
Le respect strict des itinéraires techniques avant la récolte (choix variétal, irrigation,
fertilisation, protection phytosanitaire et techniques de récolte) ----------►produits de
qualité, apte pour la conservation.

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- Le mode de conservation : une conservation sera plus longue pour des légumes
soumis à une conservation frigorifique que ceux conservés dans des locaux à une
température ambiante.
- L’époque de récolte : les légumes récoltés en été (hivernage) se conservent bien
que ceux récoltés en saison fraîches (question de température au moment de la
récolte).

V - La transformation

A l’opposé de la conservation qui permet de maintenir l’apparence et la qualité du


produit vivant après sa récolte, la transformation ne permet que de maintenir certains
aspects de la qualité du produit (gout, contenus en vitamines, minéraux, glucides)
avec, en général la perte de l’apparence originale du produit, mais avec comme
avantage une conservation plus longue du produit transformé.
Intéresse le plus souvent les légumes produits en culture de plein champ (du fait de
leurs importantes quantités) se fait de plusieurs manières :
 Par séchage naturel au soleil : gombo, piment, calices de bisap… ; dans ce
cas éviter la poussière, les dégâts causés par certains ravageurs (oiseaux,
rongeurs, insectes).
 Ce séchage peut également se faire de manière industrielle, Ex fours
solaires.
 la fabrication de concentré tomate, piment.
 Le concentre de jus de tomate
 Confitures pour la patate douce, tomate, fraises, bisap
 Saumures : concombre, cornichon, tomate,
 cornichon, carottes…, qui sont confis au vinaigre ou au sel et conservés en
boites.
 Conservation sous vide : manioc, macédoine…

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Cycle et rendement de quelques cultures maraîchères


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Espèces Cycle (jours) Rendement


T/ha
Aubergine 180 25-40
Carotte 120 15-40
Bisap feuilles 180 10-20
Bisap calices frais 180 3-4
Calices sèches 180 0.5-0.6
Chou pommé 90-100 25-40
Chou-fleur 100-120 8-20
Chou de Chine 75 20-40
Concombre 110-120 30-80
Courgette 90 20-40
Fraise 220 15-40
Gombo 150 14-29
Haricot nain filet 75 3-9
Haricot nain Bobby 75 6-14
Haricot nain à écosser en 80 5-12
frais
Haricot nain à écosser en 80-90 1.5-2.5
sec
Haricot à rames 120-130 6-12
Jaxatu 190 8-20
Laitue 60-90 15-25
Manioc 360 10-50
Melon 130-140 10-20
Navet chinois 45-50 15-25
Oignon 150 20-30
Pastèque 150 20-45
Patate douce feuilles 120 12.5-17.5
Patate douce racines 120 25-50
Piment 210 8-15
Poivron 180 10-30
Pomme de terre 105 15-40
tomate 150 15-50

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