TFC DEL KBK Unilu
TFC DEL KBK Unilu
SEPTEMBRE 2023
EPIGRAPHE
Je tiens à dédier ce travail de fin de cycle spécialement et exceptionnellement à mes très chers
parents MILAMBO ZEMBELENGE PIERRE et ODIA MASASAMA MELANIE, pour l'effort, le
soutien et l'amour à notre égard, vous vous êtes donné pour guider notre vie, en aucun cas vous
avez failli à vos obligations, que ce fruit vous donne courage car il provient de l'arbre que vous
avez planté.
REMERCIEMENT
Nous tenons à remercier sincèrement le professeur LAKI MBAYO MUSEWA notre directeur
ainsi que le chef de travaux ILUNGA KALOMBO FIFI notre co-directrice de nous avoir
assistés tout au long de l’élaboration de ce travail de fin de cycle. Pour le temps qu’ils nous
ont consacré, les idées, remarques, les conseils et encouragements pour que ce travail prenne
forme, puisse-t-ils trouver ici l’expression de notre reconnaissance. nous remercions les
professeurs de l’Université de Lubumbashi (UNILU) en particulier au corps professoral de la
faculté des sciences économiques et de gestion sans oublier le doyen de la faculté professeur
associer KALABA BIN SANKWE qui m'ont fourni les outils nécessaires à l'enseignement, la
recherche et à la réussite de mes études universitaires
Tableau 1. La jeune Populations actives de la ville de Lubumbashi de 2018 à 2020 selon le sexe et
les tranches d’âge ............................................................................................................................ 9
Tableau 2. Taux de chômage et taux de l’emploi............................................................................ 9
Tableau 3. Populations actives de la ville de Lubumbashi de 2018 à 2020 selon le sexe et les
tranches d’âge. .............................................................................................................................. 41
Tableau 4. Fréquences des populations actives de la ville de Lubumbashi de 2018 à 2020 selon les
tranches ......................................................................................................................................... 42
Tableau 5. Fréquences de populations actives de la ville de Lubumbashi selon les sexes et les
tranches d’âges de 2018 à 2020 .................................................................................................... 43
Tableau 6. Évolution des fréquences totales par genre de 2018 à 2019 ...................................... 44
Tableau 7. Variations des populations actives totales de 2018 à 2020 ........................................ 45
Tableau 8. Demandeurs d’emploi selon les genres de 2018 à 2020 ............................................. 45
Tableau 9. Fréquences des demandeurs d’emploi selon les genres de 2018 à 2020. ................... 46
Tableau 10. Les demandeurs d’emploi dans la population active de 2018 à 2020 ...................... 47
Tableau 11. Taux de chômage et taux de l’emploi........................................................................ 48
Tableau 12. Répartition des entreprises de la ville de Lubumbashi selon les activités principales
en 2018 .......................................................................................................................................... 50
Tableau 13. Répartition des entreprises selon les secteurs d’activités dans l’espace grand Katanga
2019. .............................................................................................................................................. 51
Tableau 14. Répartition de la main d’œuvre de 2018 à 2020 dans la ville de Lubumbashi selon les
secteurs d’activité. ......................................................................................................................... 52
LISTE DES GRAPHIQUES
Le phénomène est un problème observé, un dysfonctionnement observé sous forme des faits ou
encore un écart entre ce qui devrait être et ce qui est1.
Dans le monde actuel la jeunesse occupe une place capitale, il est une pierre essentielle du
développement d’un pays. Pour les jeunes hommes et femmes d’aujourd’hui Les espoirs
d’entrer de façon satisfaisante sur le marché du travail sont de plus en plus incertains, et ces
incertitudes et les désillusions qui s’ensuivent peuvent avoir des effets dévastateurs sur les
personnes, les communautés, les économies et les sociétés en général.
Les jeunes au chômage ou en sous-emploi ont moins de possibilités d’apporter une contribution
efficace au développement national et ont moins d’opportunités d’exercer leurs droits en tant
que citoyens. Ils ont moins d’argent à dépenser en tant que consommateurs, moins d’argent à
investir en tant qu’épargnants et n’ont souvent pas leur mot à dire pour apporter des
changements dans leurs vies ni dans celles de leur société.
C’est ainsi qu’en se référant à la théorie du capital humain, l’éducation permet l’accumulation
des compétences qui donnent de la valeur sur le marché du travail (Becker, 1964). Alors les
jeunes ont tendances à poursuivre les études tout en espérant à un emploi rentable après ces
études, bien que ce ne soit pas le cas souvent, surtout en république démocratique du Congo.
Le défi à relever est qu’après toutes ces longues années d’études, on se rend compte qu’il n’y a
qu’une partie de la population scientifique qui a accès à l’emploi. Plusieurs passent le temps
qu’ils escomptaient consacré un peu plus au travail, au chômage non-volontaire. Le problème
lieu à l’emploie (surtout des jeunes) s’étend avec une grande masse des jeunes femmes et
hommes condamnés dans le chômage, ou dans des emplois précaires, temporaires ou même de
mauvaises qualités. Les jeunes provenant des clans sociaux pauvres ou défavorisés sont
particulièrement touchés, participant ainsi à la continue du cercle vicieux de la pauvreté et de
l’exclusion sociale.
1
SEM BIMBI PASCAL cours méthodologie de la recherche scientifique, UNILU/FSEG/2017
Les jeunes représentent plus de la moitié des personnes au chômage dans la ville de
Lubumbashi, ils sont victimes du chômage ;
Tableau 1. La jeune Populations actives de la ville de Lubumbashi de 2018 à 2020 selon le
sexe et les tranches d’âge
tranches 2018 2019 2020
d’âge Hommes femmes totaux hommes femmes totaux hommes Femmes totaux
15 à 19 111560 95487 207047 114159 100548 214707 121396 101256 222652
20 à 24 90152 90254 180406 92876 94205 187081 97878 96125 194003
25 à 29 85537 65478 151015 76146 80457 156603 71941 90456 162397
2
Sem M’BIBI pascal, cours de méthode de recherche scientifique, G2 ECONONIE, UNILU/L’SHI, 2019-2020.
1.3 REVUE LITTERAIRE
Tout chercheur qui veut s’engager dans une étude scientifique doit prendre connaissance des
théories élaborées et des études publiées ou non publiées dans le temps et dans l’espace pour
varier autant que possible le sujet qu’il se propose d’étudier.
La revue de littérature est une évolution critique des développements de la recherche dans un
domaine spécialisé. Elle comporte nombreuse références.3
Il s’agit pour nous de faire une référence aux autres personnes qui nous ont précédés et qui ont
parlé du même problème afin d’éviter redites inutiles et les contradictions manifestes.
N’ayant pas été en mesure de passer en revue de tous les travaux qui traitent sur la création
d’entreprises et lutte contre le chômage, nous nous sommes limité à quelques-uns ci-après :
3
SEM BIMBI PASCAL cours méthodologie de la recherche scientifique, UNILU/FSEG/2017
demande et l’offre d’emploi afin de réduire de
manière substantielle le chômage en RDC4.
4
SUMATA Claude (2020) « EMPLOI DES JEUNES ET DYNAMIQUE DE L’ENTREPREUNEURIAT EN REPUBLIQUE
DEMOCRATIQUE DU CONGO : UNE EVALUATION DES MECANISMES DE L’AUTO-EMPLOI »
De favoriser la production et la
transformation sur place des produits
miniers, qui plus de 50 % en découlent5.
5
TSONGO MULWAHALI Patient (2015) « CROISSANCE ECONOMIQUE ET CHOMAGE EN REPUBLIQUE
DEMOCRATIQUE DU CONGO »
6
. Jérôme GAUTIE (2009) : ouvrage intitule « LE CHOMAGE »
4. Jacques RUEFF L’ASSURANCE Selon RUEFF l’idée que le chômage permanent
(1958) CHOMAGE doit finir par disparaitre s’il n’y a pas des limites
institutionnelles ne signifie pas pour autant la
disparition du chômage et ceci même en
l’absence du chômage temporaire. Il a rappelé
dans ses études que l’histoire économique
passée, jusqu’à une certaine période, le chômage
avait été considéré comme un accident
temporaire lié à un mouvement naturel des cycles
économiques. Dans la phase de dépressions de
ces cycles, la baisse concernait d’abord les prix
sans affecter immédiatement le niveau de salaire
(Rueff, 1958). Du fait de ce décalage dans les
temps, le premier mouvement de récession
(baisse de tous les prix mais maintien du niveau
des salaires) avait pour conséquence
d’augmenter le salaire réel. Il faut souligner que
Jacques RUEFF est un auteur français anti-
Keynes7.
7
Jacques RUEFF (1958) : « L’ASSURANCE CHOMAGE : cause permanente du chômage ».
le chômage. L’ajustement se fait
donc par les quantités (KEYNES,
1936)8.
8
John MAYNARD KEYNES (1936) :« LA THEORIE GENERALE DU CHOMAGE, DE L’INTERET ET DE LA MONNAIE »
9
KARL Marx (1867) : « LE CAPITAL »
de l’incapacité du capitalisme à assurer le plein
emploi.
Apres lecture de plusieurs chercheurs nous ayant précédée, nous nous sommes rendus compte
que la plupart des chercheurs étaient centrées sur la croissance économique par rapport au
chômage, les causes en général du chômage, la création des emplois, etc…
Pour ce qui est de notre recherche, nous avons poussé notre réflexion sur l’une des causes de
chômage des jeunes. Tant ignorée par plusieurs chercheurs et auteurs, qui est sans doute la
rareté des grandes entreprises.
Nous partons des différentes théories de chômage (classique, keynésienne, etc…) pour
démontrer que les grandes entreprises sont nécessaires dans un pays. Pour recruter des grandes
masses des demandeurs d’emploi et réduire par conséquent le taux de chômage
Le sujet que nous avons choisi à une grande importance, son choix a été motivé par la variété
des problèmes auxquels notre société fait face.
Le choix porté à ce sujet a été motivé par le constat que nous avons fait dans la ville de
Lubumbashi où tant des jeunes sont victimes du chômage et une création faible d’entreprises
Nous avons poussé notre réflexion sur l’une des causes majeure de chômage de jeunes, qui est
sans doute la rareté des entreprises.
Intérêt scientifique
Les fruits émanant de nos efforts contribueront au progrès de la science, à nos successeurs une
base de données dans l’étude sur la création d’entreprises et la lutte contre le chômage des
jeunes afin d’avoir une référence pour la rédaction de leurs travaux.
Intérêt social
Sous le plan social, ce travail est un instrument d’éveil de conscience. Nos contributions auront
comme mission de résoudre les problèmes tenant à gorge toute une société en général en vue
de permettre à chaque jeune d’avoir accès à un emploi par des créations d’entreprises élevée.
Et avec ceci, notre pays ne peut prétendre ni à la démocratie, ni à l'esprit inventif, ni à la
mondialisation ; il encourt plutôt le risque d'être compté parmi les Etats esclaves soumis.
Intérêt personnel
Ce sujet nous aide à approfondir nos connaissances pour ce qui est du chômage et des
investissements il nous permet d’affronter les théories apprises aux réalités ainsi qu’à
développer en nous des aptitudes et compétences à mener une recherche ultérieure sur un
quelconque problème sans difficulté
Nous allons proposer des solutions ou faire des suggestions, cela est un honneur pour nous.
1.6 PROBLEMATIQUE
Comme toute recherche qui se veut scientifique implique avant tout une prise de conscience de
la préoccupation majeure, cela suppose que l’on cerne à priori clairement le problème à analyser
en vue d’orienter systématiquement l’étude.
Raymond QUIVY définit la problématique comme une approche de la personne active que l’on
décide d’adopter pour traiter le problème posé par le questionnement face à une réalité11.
Pour louis ALTHUSSER, la problématique est un champ des connaissances dans lequel on pose
le problème de lieu exact et de sa position puis des concepts requis pour le poser12.
Q. Qu’est ce qui explique la persistance du chômage des jeunes dans la ville de Lubumbashi ?
10
Dictionnaire le Larousse maxipoche, éd. Larousse, nord compo, 2OO7.
11
QUIVY R, manuel de recherche en sciences sociale, éd Baralos, paris, 1999, P83.
12
ALTHUSSER L. pour Marx, éd. Maspero, paris, 1975, P8
1.7 HYPOTHESE
D’après le professeur Sem Mbimbi Pascal l’hypothèse est l’ensemble des propositions de
réponse à la question de recherche. Il s’agit d’une réponse anticipée, une affirmation provisoire
qui décrit ou explique un phénomène. » (SEM et CORNET, 2017)
Un travail scientifique n’a de fondement logique si elle est dépourvue des méthodes et
techniques qui proposent des orientations générales quant aux façons d’aborder l’objet d’étude,
et de techniques qui spécifient comment accéder aux informations, constituant ainsi la
méthodologie.
La méthodologie peut se définir comme étant l’étude du bon usage des méthodes et techniques
de recherche13.
Sem M’BIMBI Pascal et Cornet Annie définie une méthode de recherche comme l’ensemble
des opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités qu’elle
poursuit, les démontrer et les vérifier.
Une méthode est donc l’ensemble des procédés suivis dans un domaine donné pour atteindre
un résultat de la meilleure façon qui soit.
Dans cette partie nous présentons la démarche méthodologique avec laquelle nous allons
procéder pour récolter et traiter les données.
Pour une bonne élaboration d’un travail scientifique, une certaine méthode s’avère capitale
notamment pour atteindre le but poursuivi. Selon la nature de notre sujet, nous ferons recours
aux méthodes suivantes :
13
SEM BIMBI PASCAL cours méthodologie de la recherche scientifique, UNILU/FSEG/2017
14
SEM et CORNET, 2017, p.62.
15
Sem M’BIBI pascal, cours de méthode de recherche scientifique, G2 ECONONIE, UNILU/L’SHI, 2019-
2020
Les techniques sont considérées comme les instruments de travail dont un chercheur doit se
servir pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé. Nous ferons recours à :
Pour analyser les données collectées sur terrain, nous nous Servirons des certaines techniques :
16
SEM et CORNET, 2017, p.78.
1.9 DELIMITATION DU SUJET Vu l’immensité de ce sujet, il est très important de le
délimiter dans le temps et dans l’espace.
Notre travail porte sur la création d’entreprises et la lutte contre le chômage des jeunes dans la
ville de Lubumbashi, l’une des villes de la province du haut-Katanga en république
démocratique du Congo.
Notre étude résulte chronologiquement de nos observations allant de l’année 2018-2020. Il n’est
pas toutefois impossible que nous fassions allusion à la période d’avant 2018 pour relever
quelques faits pouvant expliquer une quelconque situation sur le chômage des jeunes dans la
ville de Lubumbashi.
CHAPITRE 2 : CADRE CONCEPTUEL ET THEORIQUE
Dans ce chapitre, nous allons commencer par définir les principaux concepts et théories que
nous utiliserons un peu régulièrement dans la réalisation de notre travail.
C’est une structure économique et sociale qui regroupe des moyens humains, matériels,
immatériels (services) et financiers, qui sont combinés de manière organisée pour apporter des
biens et services à des clients dans un environnement concurrentiel (marché) ou non
concurrentiel (monopole) avec un objectif de rentabilité17.
Il est possible de classer les entreprises selon plusieurs critères parmi lesquels nous énumérons
ce qui suit :
Secteur primaire ;
Secteur secondaire;
Secteur tertiaire ;
Secteur quartenaire.
Secteur primaire : (agriculture, sylviculture, pêche, parfois mines)
C’est un secteur qui regroupe l’ensemble des activités dont la finalité est l’exploitation des
ressources naturelles.
17
Yeatman, 1983
Ces activités sont l'agriculture, la pêche, l'exploitation forestière et l'exploitation minière.
18
Patrick Monassier Cours Entreprise Page 1
le volume de son personnel ;
le volume du chiffre d’affaires.
Au regard du personnel
Nous distinguons :
Les micros entreprises : les entreprises dont les chiffres d’affaires annuels varient de un à
dix milles dollars (1 à 10000 USD).
Les petites entreprises : ici, le chiffre d’affaires doit être compris entre dix milles un et
cinquante mille dollars (10001 à 50000) pour qu’on parle d’une petite entreprise au regard
du critère du chiffre d’affaires.
Les moyennes entreprises : les chiffres d’affaires annuels sont compris entre cinquante
milles un et quatre cents mille dollars (500001 à 400000).
Les grandes entreprises : le chiffre d’affaires annuel d’une grande entreprise doit atteindre
quatre cents milles un dollars ou plus (+400000).
Nous distinguons :
19
(Derycke, 1991
d) Classification selon la forme juridique Selon le statut juridique,
Le législateur distingue :
La création d’entreprise est l’activité qui consiste à rassembler divers facteurs de production,
produisant pour la vente de biens ou services et distribuant des revenus en contrepartie de
l’utilisation des facteurs20
La création d’entreprise n’est pas une action instantanée mais un processus enchainant un
certain nombre d’étapes consécutives qui se fondent sur des choix stratégiques21
La réussite de la création d’une entreprise exige une démarche rigoureuse et consciente, elle
suppose de la part du futur entrepreneur des qualités et des capacités entrepreneuriales pour
conduire de manière progressive et efficiente les différentes étapes du processus de création :
Chercher une bonne idée de création d’entreprise, vérifier si cette idée constitue réellement une
opportunité exploitable, transformer cette opportunité en une entreprise viable qui, dès son
démarrage maximise son potentiel de rentabilité et de croissance, tel est le but de tout créateur
d’entreprise.
Le parcours du créateur d’entreprise suit une progression en étapes présentées dans la figure
n°1.
20
Wikipedia
21
Lydia greunz, ouvrage entreprenariat et création d’entreprises, chapitre 7 Pg 239 (2009)
Figure 1 : Etapes de la création d’entreprises22
Ce parcours consiste à :
22
Support pédagogique du module : Création d’Entreprises Version 1.2 – Septembre 2008/CUIES – Université de
Sfax
et enfin démarrer d’une manière effective l’activité et essayer d’atteindre la vitesse de
croisière.
2.1.3 LE CHOMAGE
A Définitions
Dans le langage courant, le chômage est définit comme l’état d’une personne qui souhaite
travailler et qui est à la recherche d’un emploi23.
Les économistes le définissent comme étant une situation de déséquilibre du marché de travail,
caractérisée par une offre de travail excessive par rapport à une demande de travail basse.
La personne en chômage est appelée chômeur. Ce dernier est défini comme étant celui ou celle
qui n’a pas d’emploi et en cherche un. Il a la capacité de travailler mais ne travaille pas
involontairement.
Il s’agit soit :
23
Dupuls, 2007
C Typologie du chômage
24
Salmon, 1997.
25
Gazier, 1991.
26
Cahuc, 2001
2.1.4 LA JEUNESSE
I Définitions
Les jeunes sont définis comme les personnes âgées de 15 à 24 ans ; toutefois, les définitions
opérationnelles peuvent varier d’un pays à l’autre. Notamment, la limite d’âge inférieure est
généralement déterminée par l’âge de fin de la scolarité obligatoire. La définition traditionnelle
de la jeunesse est progressivement remise en cause dans le monde.
a. Tranche de la jeunesse
Elle est fondée sur des critères d'âge et de statut. La jeunesse correspond à la tranche 15-25 ans
et elle se termine par l'installation dans la vie adulte, autrement dit une émancipation par rapport
aux parents et une insertion professionnelle.
Or on accède à ces étapes « adultes » de plus en plus tard. Il y a aussi une question de
représentations de soi : les jeunes se perçoivent comme tels jusqu'à 30-35 ans. À l'heure actuelle,
les parcours de vie sont beaucoup moins scandés qu'ils ne l'étaient. Les frontières entre les âges
s'effacent, les périodes se chevauchent et les situations hybrides se multiplient : les jeunes
peuvent être autonomes sur certains plans et rester malgré tout dépendants de leurs parents sur
d'autres. Devenir adulte est un processus long. En sociologie, on parle de « jeunes adultes »
entre la fin de l'adolescence et la trentaine. Certains utilisent même le terme d'« adulescents »27.
L'allongement de la jeunesse est lié en partie à l'allongement de la durée des études dans tous
les pays africains, et aux difficultés d'insertion professionnelle, dans un contexte de chômage
élevé. L'insertion est devenue plus difficile, et aussi incertaine, non définitive28.
Le professeur Pascal SEM définit dans son syllabus du cours de METHODES DES
RECHERCHES SCIENTIFIQUES une théorie comme étant l’ensemble des connaissances
27
Propos recueillis par Alice Tillier À lire Cécile Van de Velde, Devenir adulte. Sociologie de la jeunesse en
Europe, PUF, Paris, 2008
28
Cécile Van de Velde, Devenir adulte. La jeunesse
scientifiques, des idées issues d’observation, d’expérimentation, d’études empiriques,
d’imagination, d’intuition et de créativité qui expliquent la réalité du monde (SEM, 2017). Ici,
les théories explicatives nous aideront à jeter un coup d’œil sur ce que les auteurs ont énoncé
sur le chômage et ses causes, ainsi que sur la création d’entreprise
Selon les néoclassiques, la demande de travail par les entreprises augmente inversement au
salaire, c’est-à-dire que si le salaire baisse, la demande de travail augmente, l’inverse est aussi
évident. Voulant parfois améliorer la productivité marginale, les entreprises sont censées
augmenter le personnel ouvrier et par conséquent l’enveloppe salariale va changer. Alors pour
ne pas augmenter ses charges, les entreprises réduisent le salaire des travailleurs.
Mais le problème qui se pose est que cette situation ne permet d’atteindre l’équilibre sur le
marché de travail. Il existe pourtant un niveau de salaire qui permet d’égaliser l’offre et la
demande du travail. Lorsque l’offre est supérieur à la demande, il y’a baisse du salaire réel et
certains offreurs arrêtent de chercher l’emploi et les demandeurs arrêtent d’embaucher de plus.
Contrairement à ça, lorsque la demande est supérieure à l’offre, le salaire augmente. Etant
donné le salaire qui a augmenté, d’une part les offreurs sont attirés et la possibilité de travailler
est réduite d’autre part. Malgré les efforts qu’on peut fournir pour égaliser l’offre à la demande,
il y’a toujours un déséquilibre persistant sur le marché de travail qui peut être expliqué par la
présence des rigidités qui empêchent le salaire d’atteindre son niveau d’équilibre.
Ces faits persistants peuvent résulter de plusieurs facteurs comme l’existence d’un salaire
minimum, l’indemnisation des chômeurs, le syndicat, le droit sur la protection de l’emploi, la
politique fiscale, les obligations sociales, etc… le salaire peut avoir déjà atteint son niveau
d’équilibre mais il pourra toujours y avoir un chômage qui est volontaire. Et si le chômage est
volontaire, l’Etat ne peut donc y trouver une solution sinon ça sera des efforts vains. D’ici, le
seul moyen capable de réduire le chômage serait la baisse du salaire réel.
Keynes pense que le niveau de l’emploi dépend de la demande anticipée. La demande anticipée
est comprise comme le niveau de la demande des biens et services auquel les entreprises
s’attendent à faire face au moment où la production sera prête pour la vente. Keynes appelle
cette demande comme « demande effective » et il explique que les entreprises vont déterminer
leur niveau de production à partir de cette demande, et le niveau de l’emploi en dépend. C’est
l’insuffisance de la demande anticipée qui est à la base du chômage. Contrairement aux
néoclassiques, Keynes souligne que la baisse du salaire réel ne réduit pas le chômage. Elle
entraine une baisse de l’activité et le chômage augmente. Quand le salaire baisse, la demande
baisse, la production en suit le mouvement et pour finir, les emplois se retrouvent négativement
touchés (Engbersen, 2006).
Alors les néoclassiques pensent que le chômage peut être une situation volontaire de la part
des demandeurs d’emploi, Keynes rejette cette hypothèse en disant le chômage est
involontaire. Il évite de comparer le travail à la marchandise comme les néoclassiques. La
solution au problème de chômage passe par des politiques de soutien à la demande globale,
entre autre la consommation finale des ménages, l’investissement et les exportations. Il faudra
privilégier l’investissement grâce à l’apport de l’investissement public (politique des grands
travaux : réparation des infrastructures, …) qui va stimuler l’investissement privé.
L’investissement privé étant le moteur de la croissance, les investisseurs pourront bénéficier
d’une politique monétaire expansionniste de faible taux d’intérêt. Il est possible de permettre
aux entreprises de renforcer leurs activités économiques quand on rend moins couteux
l’emprunt (KEYNES, 1936).
Selon les économistes keynésiens, créer de l’emploi public, soutenir l’investissement privé,
donner une grande valeur au salaire, exonérer les charges des petites et moyennes entreprises
qui embauchent, accorder des aides au logement, indemniser le chômage, réduire les
obligations fiscales des entreprises, stabiliser les prix des biens et services sur le marché sont
des exemples des mesures efficaces pour relancer l’emploi et emboiter les pas au chômage.
Tout d’abord, l’expression « marché de travail » est issue de la pensée néo-classique qui
suppose que l’ensemble des offres et des demandes d’emplois sont confrontés et s’ajustent par
l’intermédiaire d’un prix, ce dernier étant représenté par un salaire. Ce marché est pareil au
marché des biens et services, avec un salaire d’équilibre qui est censé égaliser l’offre et la
demande (Cahuc, 2001). Le marché de travail est le lieu rencontre des ressources et des besoins
en main d’œuvre. Sur ce marché, les travailleurs sont les offreurs tandis que mes entreprises
sont les demandeurs. L’équilibre sera atteint au salaire qui va égaliser l’offre et la demande
(Dupuls, 2007).
L’offre de travail est estimée selon l’utilité retirée du salaire en regard de la perte de l’utilité
associée à la diminution du temps consacré à d’autres activités. Il est évident que les premières
heures sacrifiées causent quelques désagréments, moins importants bien sûr par rapport aux
dernières heures de travail. Ainsi, pour qu’un travailleur accepte de travailler davantage, il faut
augmenter la rémunération dans le but de compenser le désagrément croissant amené par le
manque des temps de loisirs. C’est pour cela que l’offre a une pente positive (Dupuls, 2007).
La demande est déterminée par la productivité du travail. Les premières heures travaillées sont
généralement celles qui permettent de produire davantage que les dernières, ce qu’on appelle
la productivité marginale décroissante du travail. Les entreprises souhaitent donc verser un
salaire plus faible au fur et à mesure qu’elles utilisent les travailleurs, ce qui explique la pente
négative de la demande de travail.
Les entreprises s’attendent à voir leur productivité s’améliorer une fois le nouvel agent
employé. Elles n’ont pas besoin d’attendre un peu plus de temps pour que le nouveau
travailleur puisse s’adapter au travail. C’est pourquoi que la plupart des demandes de travail
oblige quelques années d’expérience professionnelle de la part de l’offreur.
C’est une théorie énoncée par Gary Becker selon laquelle toute dépense susceptible
d’améliorer le capital humain a comme conséquence l’augmentation de sa productivité et les
perspectives de revenus des travailleurs (Becker, 1964). Dans son ouvrage intitulé « human
capital » (1964) l’économiste américain Gary Becker définit le capital humain comme
l’ensemble des capacités productives qu’un individu acquiert par accumulation de
connaissances générales ou spécifiques, de savoir-faire, etc… Chaque individu a un capital
propre, qu’il s’est procuré par des dons personnels, innés, et de sa formation. Son stock de
capital incorporel peut s’accroitre ou diminuer. Il augmente quand l’individu investit, et c’est
par là que la productivité s’améliore’ ainsi que le revenus. Avec l’investissement en capital
humain (comme pour tout autre investissement) il est possible de calculer un taux de rendement
marginal, collé à une dépense ou une année d’études supplémentaire. Il est question de faire le
rapport entre le revenu du travail que l’investissement a apporté à l’individu et l’ensemble des
couts occasionnés par cet investissement. Rendement marginal = revenu de travail/cout total
d’investissement. Les revenus sont les salaires, les allocations, indemnités, primes etc… reçus
par l’individu, tandis que les couts sont composés de dépenses d’éducation, d scolarité, de
santé, ainsi que les revenus ne vont pas recevoir tout le temps qu’il sera aux bancs de l’école
et de l’université.
L’individu fait donc un choix entre travailler aujourd’hui à un certain salaire et suivre une
formation qui lui permettra de toucher dans les temps à venir un revenu plus élevé
qu’aujourd’hui.
Selon Becker, le capital humain est un actif, un patrimoine, un stock susceptible de procurer
un revenu.
II. THEORIES SUR L’INVESTISSEMENT ET LA CREATION DES ENTREPRISES
Guerrien (2002) définit l’investissement comme une opération consistant pour une entreprise
ou un pays, à augmenter le stock des moyens de productions (machines, équipements de tous
types, infrastructures, biens de tout ordre, mais aussi acquisition de connaissances et formation
des hommes), avec comme finalité une production future.
Selon Villieu (2000), dans le langage courant, la notion d’investissement explique une masse
d’opérations : on investit en bourse, dans l’achat d’un nouveau véhicule, dans l’éducation de
ses enfants, dans l’acquisition d’un logement ou d’une nouvelle machine. Il ajoute en
prétendant que la définition économique est la plus précise mais aussi plus arbitraire : «
l’investissement est l’acquisition des biens de production ».
La création nette des emplois par les entreprises à forte croissance ou lente croissance est
principalement assurée par les petites entreprises. Cependant, les grandes et moyennes
entreprises ne sont pas oubliées, elles sont à l’origine de la majeure partie de nouveaux emplois
nets créés par les entreprises.
A la base du développement de tout secteur privé se trouve la création d’entreprises, qui doit
devenir un choix prioritaire des politiques publiques africaines, un champ de recherche
essentiel et un domaine de formation privilégiée.
La création d’entreprise est avant tout une affaire personnelle, parce que l’individu qui la crée
se pose avant de commencer ses démarches de création : « pourquoi dois-je créer une entreprise
? Quels sont mes avantages ? Ça va me couter combien lors de la création ? Ça me coutera
combien tout au long de son fonctionnement ?...
Mais il y’a la création d’entreprise par le gouvernement qui va directement dans le cadre de la
réduction de chômage, de gonfler le trésor public, d’assurer la production locale de certains
biens qui ne doivent pas être importés.
Certains auteurs comme Keynes pensent que les individus seront motivés et poussés à créer
des entreprises dans un pays si et seulement si les politiques fiscales, monétaires et la sécurité
interne sont bien maitrisées par le gouvernement, d’où il parle de l’interventionnisme de l’Etat
dans les affaires économiques (1936), en rejetant la main invisible d’Adam SMITH.
Les entreprises jouent un rôle essentiel dans le développement économique et la richesse d’un
pays. La réussite des entreprises se matérialise par le bien-être économique d’une société et de
~ 34 ~ ses résidents grâce à la création d’emplois et l’amélioration de la qualité de vie des
citoyens du pays.
Les petites, moyennes et grandes entreprises sont les moteurs de la stabilité et de la croissance
économiques en fournissant des services, des produits et des recettes fiscales de grande valeur
qui contribuent directement à la santé de la communauté. Elles fournissent également des
emplois, ce qui permet de renforcer ainsi la santé économique de chaque communauté où une
entreprise est basée. Même si une entreprise a son siège ailleurs, le fait d’employer les
personnes dans chaque entreprise locale contribue au succès de cette région, car le revenu de
ces travailleurs le permet d’acheter des propriétés, de faire des achats et d’investir d’une autre
manière dans leur lieu de résidence.
La santé économique d’une région et sa capacité à soutenir les entreprises peuvent offrir
d’énormes possibilités de diversité dans la propriété des entreprises, qui n’existeraient pas
autrement. Les communautés et les Etats qui encouragent le développement de nouvelles
entreprises et aident à la création d’entreprises en tirent des avantages pour leurs citoyens et
leurs résidents grâce aux produits et services fournis par les entreprises.
Le nombre d’entreprises est aussi à ne pas négliger : plus il est important, plus c’est bénéfique
pour le pays. La diversification économique aide à une moindre dépendance à l’égard d’une
entreprise ou d’un secteur particulier, et permet à la région de mieux résister aux hauts et aux
bas normaux associés au cycle des affaires.
Les entreprises sont vitales pour l’économie d’un pays. Leur réussite peut être considérée
comme le moteur de la réussite de tout un pays, notamment par le biais des contributions au
produit intérieur brut (PIB) d’une nation, ce qui a une incidence sur leur position dans le
monde.
Si un pays soutient les entreprises en leurs fournissant les biens et services demandés, tout le
monde dans le pays en profite. De la création d’emplois qui se traduit par la réinjection de
fonds dans la collectivité, aux taxes qui aident le gouvernement à fonctionner sans heurts et à
assurer l’entretien et l’amélioration des infrastructures du pays, ou encore à d’autres fins utiles
pour les citoyens, il existe des dizaines de façons dont la réussite des entreprises se traduit par
le développement économique.
CHAPITRE 3 : PRESENTATION DU CHAMP EMPRIQUE
L’actuelle ville portait le nom d’Elisabethville avant de devenir Lubumbashi. Elle a été appelée
comme telle depuis sa découverte en 1910 par le prince héritier Albert, lors de sa visite à la
mine de l’Etoile. A partir de 1966, à l’occasion de la politique et philosophie de retour à
l’authenticité prônée par le président Mobutu, la ville prend le nom de Lubumbashi, non de la
rivière auprès de laquelle elle a été fondée.
Au XIXème siècle, la ville n’existe pas comme telle, bien que le site de Lubumbashi ait été
occupé avant la colonisation. A cause de sa situation géologique, la région reçoit des visiteurs
des quatre coins de l’Europe. En 1906, une société est constituée pour à Bruxelles pour assurer
la mise en valeur des richesses du sous-sol. C’est l’union minière du Haut-Katanga (UMHK),
actuelle GECAMINES. L’exploitation de la mine de l’Etoile commence. Le minerai de cuivre
est présent en grande quantité.
Pour des raisons propres à l’entreprise, elle décide d’installer une fonderie près des chutes de
Lubumbashi (qui lui fournit de l’eau en très grande quantité, les chutes étant de surcroît une
source d’énergie possible). L’emblématique cheminée est construite. De cette fonderie sortent
des lingots de cuivre.
La nécessité d’être un connaisseur de la ville se fait sentir. Le major Emile Wangermée connait
bien le pays et se voit directement la mission de créer la nouvelle ville. Il choisit l’endroit : près
de la mine de l’Etoile et près de l’Union minière du Haut Katanga. Il est considéré comme le
fondateur de la ville.
Le personnel de la mine logeait dans les environs immédiats, dans les paillotes. A une quinzaine
de kilomètres de là, se développent, dans des huttes, les services administratifs, la poste, les
finances, la justice.
En 1909, la ville est créée sur papier : un quadrilatère de 20 kilomètres carrés de forêts. Il faudra
défricher, araser des termitières, avec les moyens du bord29.
29
Ilunga, 2005
Désormais, la ville s’organise, prend de l’ampleur. L’UMHK a besoin de beaucoup de main-
d’œuvre. Des travailleurs forcés sont déportés de Rhodésie, d’Angola, et du Kasaï. Le rail
apporte une foule d’aventuriers venus de Rhodésie et d’Afrique du sud. Australiens, Grecs,
Italiens, Portugais, asiatiques, anglais et sud-africains arrivent : la population s’agrandit. Elle
atteint plus de 30000 habitants en 193030. La population grecque est l’une des plus importantes,
avec notamment des communautés juives séfarades italo-grecques ayant fui le régime de
Mussolini entre les deux guerres mondiales.
Apres la première guerre mondiale, Elisabethville se développa rapidement grâce aux
investissements dans l’industrie minière et les chemins de fer. Les missions et l’église, dirigées
par l’imposant Mgr Jean-Felix de Hemptinne (1876-1958), aussi étaient très actives. La
population européenne habitait alors le centre-ville (Elisabethville), tandis que les travailleurs
étaient logés dans des camps de travailleurs près des mines, soit dans la cité indigène (quartier
Albert ou l’actuelle commune Kamalondo), qui était séparée de la ville par une zone neutre
(inhabitée) de 700 mètres. Dès la fin des années 1920, suite à une forte crise de main-d’œuvre,
les grandes sociétés européennes préconisèrent une politique de stabilisation, c’est-à-dire ils
encouragèrent les travailleurs de s’installer avec leurs familles à Elisabethville de façon
permanente.
Mais la crise économique mondiale des années 1930 frappa Elisabethville (la Katanga en
général) durement, et la population diminua remarquablement.
Pendant la seconde guerre mondiale, par contre, Elisabethville profita de l’effort de guerre
entamé par le gouvernement colonial. La population totale dépassa 50000 en 1943. L’effort de
guerre entrainait une exigence de rendement qui pesait lourdement sur la population congolaise
entrainant une tension sociale et même interraciale (entre les noirs et les blancs, mais aussi entre
les différentes ethnies congolaises). En décembre 1941, une manifestation des travailleurs de
l’union minière au stade de football fut réprimée de manière violente par la police qui ouvrit le
feu laissant plusieurs dizaines de morts. Et en février-mars 1944, la situation dans la ville fut
particulièrement tendue à la suite de la mutinerie de la force publique à Luluabourg (Kasaï). Le
développement de la ville continua après la guerre. La prospérité de l’industrie du cuivre attirait
beaucoup d’immigrés de l’Europe et de l’intérieur de la colonie. La population galopa jusqu’à
180000 en 1957. Pour accommoder cet influx, de nouveaux de quartiers furent aménagés : le
Kenya, la Katuba, la Ruashi …, qui encore aujourd’hui constituent les principales communes
de la ville. Un effort considérable, de la part des missions et des autorités coloniales, multipliait
30
Katanga, 2002
les infrastructures sanitaires, médicales et scolaires mises à la disposition de la population
blanche et noire (ex. des écoles professionnelles à Katuba,…). Dès 1950, les écoles secondaires,
jusqu’alors réservées pour les enfants européens furent ouvertes à tous. En 1956, l’université
de Lubumbashi ouvrit ses portes.
Dès 1933, le gouvernement colonial entamait une expérience d’autonomie limitée pour la
population congolaise de la ville. La cité indigène obtenait alors le nouveau statut d’un centre
extra-coutumier, avec son propre conseil et son propre chef congolais. L’expérience ne fut pas
couronné de succès, en partie à cause des interventions continuelles des autorités coloniales
dans la gestion du centre le premier chef (Albert Kabongo) fut remercié pour ses services en
1943 et ne fut pas remplacé. En 1957, le statut de centre extra-coutumier était aboli en faveur
d’un nouveau statut de ville, dans lesquelles les différentes communes étaient intégrées. En
décembre 1957 ont eu lieu les premières élections pour la mairie d’Elisabethville dans
lesquelles les habitants congolais pouvaient participer librement.
Au moment de l’indépendance, Elisabethville avait une importante population européenne, soit
plus de 10000 personnes. L’industrie minière, avec à la tête l’union minière du Haut Katanga,
restait largement dans les mains des entrepreneurs belges grâce aux accords économiques
conclus entre la Belgique et le Congo au début de l’indépendance. En 1967, le président Mobutu
nationalisa l’Union minière et créa la générale des carrières de mines (GECAMINES). Malgré
que la GECAMINES était restée l’employeur le plus important de Lubumbashi jusqu’aux
années 1990, la production diminuait de plus en plus à partir des années 1970 à cause de la
fluctuation du prix de cuivre sur les marchés internationaux, du manque d’investissements dans
les installations et d’une mauvaise gestion, dont souffraient les secteurs de l’économie
congolaise nationalisés par Mobutu. Après la chute du président Mobutu et à la fin de la guerre
congolaise à l’entrée des années 2000, Lubumbashi a connu un certain essor. L’industrie a repris
et la ville continue à attirer un grand nombre d’immigrés. Elle compte aujourd’hui plus de deux
millions cinq cents mille habitants (2500000 hab.).
3.2 SITUATION GEOGRAPHIQUE DE LA VILLE DE LUBUMBASHI
Deuxième ville du pays par ses activités économiques, culturelles et autres, la ville de
Lubumbashi est pourtant une petite ville du point de vue géographique, avec comme superficie
747 km2, et une densité de 3608 habitants par kilomètre carré.
Lubumbashi a un terril qui a comme altitude 1230 m, une latitude entre 11°20’ et 12° Sud, et
une longitude entre 27°10’ et 27°40’ Est.
Les principaux cours d’eau de la ville de Lubumbashi sont :
Kafubu, Kampemba, Karavia, Lubumbashi, Lwano, Navyundu, Rwashi, Luohoshi, Kimilolo
et Kisanga.
La ville a un climat tropical à deux saisons :
La saison sèche : qui va d’avril jusqu’au mois d’octobre ;
Et la saison pluvieuse : qui va novembre à mars avec une pluviométrie moyenne de 1228
millimètres d’eau. Sa température moyenne est évaluée à 20°C. On note que les plus basses
sont de 15,8°C en moyenne, pouvant descendre jusqu’à 10°C au mois de juillet ; les plus hautes
températures sont 22,5°C en moyenne, pouvant monter à 38°C en octobre.
3.3 SITUATION DEMOGRAPHIQUE DE LA VILLE DE LUBUMBASHI
En 1913, il y’avait à Elisabethville 8000 habitants, dont 7000 africains et 1000 européens31. En
moins d’un siècle seulement la population de Lubumbashi a dépassé le million d’habitants.
Selon les dernières estimations, on a évalué la population lushoise à plus de 2500000 d’hab.
3.4 SITUATION CULTURELLE DE LA VILLE DE LUBUMBASHI
31
Katanga, 2002
32
Kabengele, 2000
33
Ngoy, 2019
les activités économiques est principalement due aux revenus des travailleurs originaires de la
ville qui vont en dehors de la ville. L’agriculture ou l’élevage ne représentent pas une grande
activité qui puisse jouer sur l’économie, par contre toutes les denrées sont importées des pays
d’Afrique Australe, notamment la Zambie, l’Afrique du Sud ou encore la Tanzanie, ce qui rend
même la ville dépendante de toute fermeture de frontière aux denrées alimentaires. Le petit
commerce occupe une grande partie des activités économiques de la ville’ suivi des
exploitations minières et de l’agriculture et l’élevage. Lubumbashi est un grand centre
commercial où près de 50% de la population survivent principalement grâce aux petits
commerces. Par ailleurs, la ville étant essentiellement minière, environs 25% de la population
travaillent dans les industries minières. Les principaux opérateurs économiques œuvrent dans :
L’importation et la vente des produits manufacturés ;
L’importation et la vente du pétrole ;
L’échange des monnaies.
Cependant il y a les petites et moyennes entreprises (PME) qui exercent dans les activités
manufacturières. Quelques fermes privées effectuent l’agriculture et l’élevage à grande échelle.
La plupart des grandes entreprises de la ville œuvrent dans l’industrie minière et contribuent à
l’abolition du chômage et aux actions d’intérêt communautaire dans la ville. Les principaux
produits agricoles sont
Le maïs (48%)
Le manioc (29%)
L’arachide (21%)
Le riz paddy (2%).
L’agriculture n’est pas très développée dans la ville de Lubumbashi, à l’exception de la
commune Annexes qui dispose encore d’espaces pour faire certaines cultures. Ceci est dû à
l’expropriation des champs par les sociétés minières et la spoliation par les chefs de quartiers,
de cellules, le service de cadastre. Certains fermiers aussi n’exploitent pas rationnellement leurs
concessions. La ville exploite 65 km2 en cultures vivrières surtout dans la commune Annexe.
Suite à un faible niveau de production agricole, l’agriculture est essentiellement rudimentaire
et de subsistance. La céréale la plus répandue est le maïs. Elle se consomme sous forme de fufu
comme aliment principal, de bouillie pour enfant, etc… La production de manioc, maïs et
cultures maraichères est faite en abondance dans la commune Annexe, alors que le riz paddy
n’est cultivé que dans la commune de Katuba.
Les principaux produits sont les chenilles comestibles.
Les principales sources d’énergie de la ville sont :
Le charbon de bois;
Electricité ;
Bougie ;
Torche ;
Pétrole.
Le charbon de bois est la plus grande source d’énergie utilisée à Lubumbashi. Il est utilisé dans
les ménages de toutes les communes de la ville principalement pour cuir le repas.
CHAPITRE 4 : PRESENTATION, TRAIEMENT ET INTERPRETATION
DES RESULTATS
Après avoir rassemblé les données quantitatives et en avoir dégagé les idées, nous avons la
charge de les traiter et les interpréter. L’interprétation établit les enseignements à tirer des
explications et les réponses apportées à la problématique de l’enquête. Ces données de la
recherche sont appelés résultats de la recherche.
Tableau 3. Populations actives de la ville de Lubumbashi de 2018 à 2020 selon le sexe et les
tranches d’âge.
La population active de la ville de Lubumbashi varie d’années en années, selon les tranches
d’âges et les sexes. Chaque tranche d’âge prend 5 années successives, de la plus ancienne à la
plus récente. Selon l’institut national des statistiques de la République Démocratique du Congo,
la population active va de 15 ans à 64 ans exacts. En effet, on suppose que, malgré le fait que
un homme devient adulte à l’âge de 18 ans, mais plusieurs jeunes se lancent sur le marché du
travail déjà à l’âge de 15 ans, suite aux situations sociales du pays, ou de la ville en particulier
qui ne sont pas appréciables. La population active se divise en deux grandes catégories des
personnes classées selon le genre : on a d’une part les hommes, et d’autre part les femmes. La
population évolue à un rythme croissant.
Tableau 4. Fréquences des populations actives de la ville de Lubumbashi de 2018 à 2020
selon les tranches
tranches fréquence fréquence fréquence
d’âge 2018 2019 2020
15 à 19 20,28 20,28 20,19
20 à 24 17,67 17,67 17,59
25 à 29 14,79 14,79 14,72
30 à 34 11,71 11,71 11,66
35 à 39 9,17 9,17 9,13
40 à 44 6,96 6,96 6,93
45 à 49 6,12 6,12 6,09
50 à 54 5,05 5,05 5,03
55 à 59 4,25 4, 25 4,69
60 à 64 3,95 3,95 3,95
Totaux 100, 00 100, 00 100, 00
25
fréquences
20
15
10
0
15 à 19 20 à 24 25 à 29 30 à 34 35 à 39 40 à 44 45 à 49 50 à 54 55 à 59 60 à 64
tranches d'ages
On se rend compte que la population active est caractérisée par une grande proportion des jeunes
par rapport aux jeunes. Les nombres de populations sont croissants selon les tranches d’âges,
c’est-à-dire qu’il y’a plus des jeunes par rapport aux vieux dans la population active. Cela peut
s’expliquer du fait qu’avec l’évolution des années, plusieurs personnes meurent, tandis que les
nouveaux entrants dans la population entrent en masse. En comparant les populations actives
pour chaque tranche d’âges sur les trois années, on se rend compte que les fréquences sont
presque les mêmes, surtout sur 2018 et 2019, et avec une petite variation sur 2020.
L’histogramme ci-haut le montre clairement : les bâtons touchent les mêmes horizons pour les
deux premières années, au-dessus ou dessous de celui de la dernière année d’un petit écart
seulement.
Graphiques 2. Comparaison des fréquences des populations actives totales par genre.
53
fréquences
52
51
50
49
48
47
46
45
44
2018 2019 2020
Années
Femmes % Hommes en %
La population active comme on l’a vu ci-haut, est composée de deux grandes catégories des
personnes : les hommes et les femmes. Selon les données que nous avons pu récolter auprès
des intuitions publiques, les hommes sont les plus nombreux
De 2018 à 2020, la fréquence d’hommes est toujours supérieure à celle des femmes, soit 52,56%
d’hommes contre 47,54% de femmes en 2018, 52,55% d’hommes contre 47,45% de femmes
en 2019, et 50,72% d’hommes contre 49,28% de femmes en 2020.
Pour :
PA : population active
C’est bien évidemment cette variation de la population active qui nous permettra de déterminer
le taux de chômage.
Graphique 3. Comparaisons des fréquences des demandeurs d’emploi par genre de 2018
à 2020
80
fréquences
70
60
50
40
30
20
10
0
2018 (en %) 2019 (en %) 2020 (en %)
Années
Hommes femmes
Selon la théorie, un chômeur est cette personne qui est sans emploi, et qui est en train d’en
chercher un. On ne peut pas se faire appeler chômeurs sans qu’on soit en train de chercher un
emploi. C’est la raison pour laquelle nous parlons des demandeurs d’emploi en lieu et place des
chômeurs.
Le tableau 6 indique le nombre des demandeurs d’emploi de 2018 à 2020 par sexe pour la ville
de Lubumbashi. Pour chaque année, il y’a un certain nombre de demandeurs d’emploi. Le
tableau indique les fréquences ou les pourcentages des demandeurs d’emploi par sexe et par
année. Il faut souligner que le nombre des femmes qui demandent l’emploi n’est le même
nombre que celui des hommes. C’est pourquoi le graphique 3 montre la position de la
proportion des demandeuses d’emploi par rapport aux demandeurs pour chaque année. Pour
l’année 2018, 29,19% seulement de femmes se sont présentées à l’office national de l’emploi
comme étant en quête d’un emploi, alors que les hommes étaient évalués à 70,81%. En 2019,
les statistiques montrent que le nombre des demandeuses d’emploi a légèrement baissé à 70,81
72,41 67,98 29,19 27,59 32,02 0 10 20 30 40 50 60 70 80 2018 2019 2020 Fréquences en %
Années hommes femmes ~ 41 ~ 27,59% contre l’effectif des hommes a haussé pour atteindre
72,41%. Il n’y a qu’en 2020 où on enregistra un peu plus des femmes comme demandeuses
d’emploi, sans toutes fois qu’elles aient à dépasser les hommes. On les évalue à 32,02% du total
des demandeurs, soit 2584 demandeuses sur 8069.
Il faut noter que les demandeurs d’emploi précités sont uniquement ceux qui se sont fait
enregistrer auprès de l’ONEM. Il y’a un tas des chômeurs, qui sont bien sûr à la recherche de
l’emploi, mais qui ne se sont pas fait enregistrer auprès de l’ONEM, volontairement ou
involontairement
Tableau 10. Les demandeurs d’emploi dans la population active de 2018 à 2020
années populations actives demandeurs d'emploi Employés
Hommes femmes totaux hommes Femmes totaux Hommes Femmes totaux
2018 23723 12689 36412 5050 2082 7132 15236 8743 23979
2019 20817 16940 37757 5248 2000 7248 16524 8687 25211
2020 26015 18288 44303 5484 2584 8068 17852 11118 28970
Sources : nos traitements des données de l’ONEM et celles de l’INS
La population active est normalement divisée en deux parties : les travailleurs et les chômeurs.
Les travailleurs sont ceux qui sont déjà dans l’exercice d’une activité professionnelle
indépendamment ou employés dans une entreprise publique ou privée. Les chômages sont ceux
qui n’ont pas d’activités professionnelles (population active inoccupée). Le tableau ci-haut
reprend d’une part les demandeurs d’emploi, d’autre part les employés, puis la population
active, toujours par genre. Le nombre de la population active inoccupée est toujours inferieure
à la population active occupée, et cela sur toutes les trois années. Mais la sommation de la
population active occupée à la population active non occupée n’est pas égale à la population
active totale. Cela est dans doute dû au fait que certaines personnes ne se font pas enregistrer
auprès de l’institut public, ainsi que certains chefs d’entreprises ne déclarent leurs situations de
la main auprès de l’ONEM.
C’est l’effectif de la population active inoccupée qui nous permettra de calculer le taux de
chômage.
Tableau 11. Taux de chômage et taux de l’emploi
années taux de chômage taux de l'emploi
2018 19,59 65,85
2019 19,20 66,77
2020 18,21 65,39
Sources : nos traitements des données de l’ONEM et celles de l’INS
80
70
60
50
40
30
20
10
0
1 2 3
Années
taux de chômage taux de l'emploi
Nous avons calculé le taux de chômage sur base du nombreux de demandeurs d’emploi, et le
taux de l’emploi sur base des effectifs des employés.
Nous avons obtenu le taux de chômage en faisant le rapport entre les demandeurs d’emploi et
la population active totale.
demandeurs d′emploi
Taux de chômage = (100)
population active
Le taux de l’emploi se calcule en faisant le rapport entre les employés et la population active
totale. 𝑒𝑚𝑝𝑙𝑜𝑦é𝑠
𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑙′𝑒𝑚𝑝𝑙𝑜𝑖 =
𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑎𝑐𝑡𝑖𝑣𝑒
La courbe du taux de chômage est très inférieure à celle du taux de l’emploi, du fait que le taux
de chômage est toujours inférieur au taux de l’emploi sur toutes les trois années. Il y’a assez de
gens qui sont employés dans et enregistrés à l’office national de l’emploi. Le taux de chômage
est une allure régressive sur les trois années. On observe que le taux qui était à 19,59% en 2018
va baisser en 2019 jusqu’à 19,20%, pour enfin chuter à 18,21% en 2020. Cela est sans doute dû
au fait que depuis quelques années, le gouvernement central est en train de lutter pour améliorer
la situation du marché de l’emploi sur l’étendue de la République.
Les gouvernements provinciaux, plus particulièrement les mairies de villes sont ainsi alignés
derrière cette politique. Nous sommes servis uniquement des variations de la population active
pour calculer le taux de chômage ainsi que celui de l’emploi. En effet, prendre la population
totale ne donnera que des résultats erronés car les effectifs des demandeurs d’emploi et des
employés ne sont pas la sommation des toutes les années, mais ce sont des nombres obtenus
pour chaque années particulièrement.
Le taux de l’emploi de la ville de Lubumbashi de 2018 à 2020 n’a pas connu des grandes
variations, il a juste essayé de monter à 66,77% en 2019 après avoir été de 65,85% en 2018,
pour ensuite revenir à 65,39%.
Il est possible de calculer le taux de chômage moyen s’étalant sur 2018, 2019 et 2020 en se
servant de ces trois taux trouvés ci-haut.
n : année
N : nombre d’années.
Le taux de chômage moyen est de 19% pour 2018 à 2020. Ce taux nous permettra de mesurer
le chômage à l’investissement de la ville de Lubumbashi.
Tableau 12. Répartition des entreprises de la ville de Lubumbashi selon les activités
principales en 2018
N° Activités effectifs %
1 Agriculture 13 1, 09
2 Mines 106 8,89
3 industries manufacturières 36 3,02
4 Electricité 17 1,42
5 distribution d'eau, réseau d'assainissements 8 0,67
6 Construction 120 10,06
7 Commerce 303 25,40
8 Transport 96 8,05
9 activités d'hébergements 69 5,78
10 information et communication 28 2,35
11 activités financières et d'assurances 39 3,27
12 activités immobilières 9 0,75
13 activités professionnelles, scientifiques et techniques 6 0,50
14 Education 55 4,61
15 santé et activités d'action sociale 51 4,27
16 arts, spectacles, loisirs 5 0,42
17 autres activités et services 232 19,45
Total 1193 100,00
Sources : office national de l’emploi
25
20
15
10
5
0
activités
Se basant sur les statistiques de celles qui sont enregistrées, on se rend compte que la grande
partie de ces dernières œuvrent dans le secteur tertiaire. Les secteurs primaire (agricultures et
mines) et secondaire (industries manufacturières et construction) représentent respectivement
9,97% et 13,08%. Le secteur tertiaire prend à lui seul 76,95% des entreprises. Il prend le reste
des activités (commerce, transport, distribution d’eau,…). On sait bien la plupart des grandes
entreprises sont à retrouver dans le secteur primaire d’abord, puis le secteur secondaire ; le
secteur tertiaire ne compte pas assez de grandes entreprises. Beaucoup de gens entreprennent
des petites activités commerciales de survie, ce qui fait que la plupart d’entreprises dans le
secteur de services sont des micros entreprises.
Les secteurs primaire et secondaire sont ceux des grands investissements, des grands travaux,
et ils sont reconnus comme étant les plus mieux placés pour combattre le chômage.
Tableau 13. Répartition des entreprises selon les secteurs d’activités dans l’espace grand
Katanga 2019.
province Primaire secondaire tertiaire Totaux
Effectif % effectif % effectif % effectif %
haut Katanga 118 0,21 3875 6,84 52683 92,95 56676 100,00
HautLomami 34 0,50 1225 17,88 5592 81,62 6851 100,00
Lualaba 97 0,63 1082 7,04 14186 92,33 15365 100,00
Tanganyika 16 0,13 646 5,33 11454 94,54 12116 100,00
Totaux 265 0,29 6828 7,50 83915 92,21 91008 100,00
Sources : institut national des statistiques, direction provinciale du Haut-Katanga, division
de la démographie
En 2019, la situation des entreprises du Haut-Katanga montre que la situation est encore plus
redoutable que l’on ne l’espérait. En effet, on se rend compte que 92,95% œuvrent dans le
secteur primaire, soit 52683 entreprises sur 56676 de l’ensemble. L’agriculture et l’extraction
minière ne prennent que 0.21% (118 entreprises), ainsi que les travaux de transformation qui
sont à 6.84%
Tableau 14. Répartition de la main d’œuvre de 2018 à 2020 dans la ville de Lubumbashi
selon les secteurs d’activité.
N° Secteur 2018 2019 2020 2018 en % 2019 en % 2020 en %
1 Agriculture 55 99 107 0,23 0,39 0,37
2 Transport 4225 2249 3542 17,62 8,92 12,23
3 Banque 939 1500 1645 3,92 5,95 5,68
4 bâtiment 2126 3215 3652 8,87 12,75 12,61
5 commerce 3514 4416 5255 14,65 17,52 18,14
6 électricité 1558 731 1222 6,50 2,90 4,22
7 manufacturier 985 999 1025 4,11 3,96 3,54
8 Mine 10577 12002 12522 44,11 47,61 43,22
Totaux 23979 25211 28970 100,00 100,00 100,00
Source : institut national des statistiques, direction provinciale du Haut-Katanga
50
45
40
35
fréquences en %
30
25
20
15
10
5
0
secteur d'activité
2018 en % 2019 en % 2020 en %
L’écart entre le taux de chômage et le taux de l’emploi représente la portion des ceux qui sont
employés ou non, mais qui ne sont pas enregistrés ni comme chômeurs, ni comme employés.
DISCUSSION
Comme on l’a souligné ci-haut, et conformément au sujet de notre travail, les grandes
entreprises (en grande partie celle du secteur minier et manufacturier) sont moins nombreuses
dans la ville de Lubumbashi par rapport à aux moyennes, petites et micros entreprises. Les deux
premiers secteurs représentent 23% des entreprises, alors que le secteur tertiaire est évalué à
77% selon les données recueillies auprès de l’INS et l’ONEM. Malgré cela, se rend compte que
les deux premiers secteurs sont ceux qui ont la main d’œuvre la plus abondante de la ville
Lubumbashi.
Alors que la théorie stipule que la population active va de 18 ans à 64 ans, la réalité du terrain
selon les données de l’INS montre que la population active varie entre 15 ans et 64 ans. Le taux
de chômage moyen étant évalué à 19% pour les trois années de nos études, cela va à l’encontre
de certaines analyses de certaines analystes qui ont souligné que le taux de chômage est plus
élevé, certains l’évaluant à plus de 80%. Il est sans doute vrai que le 19% comme taux de
chômage est vaste, mais pas par rapport au taux de l’emploi qui est autour de 66%. Il y’a une
partie de la population active qui n’est comptée ni dans le chômage, ni dans l’emploi. Il pourra
bien évidemment s’agir du sous-emploi, ou du marché informel non enregistré.
Certaines analyses et théories ont montré que les femmes sont les nombreuses dans la
population active inoccupée. Mais selon les données que nous avons recueillies sur le champ
par rapport au marché de l’emploi, les femmes sont dans la plupart de temps les moins
nombreuses au chômage.
La même situation, nous l’avons observée par rapport à la population active inoccupée, qui est
constituée de beaucoup d’hommes que des femmes, contrairement à plusieurs théories qui
stipule que les femmes qui sont celles qui occupent la plus grande partie des travailleurs. La
population active est constituée de beaucoup d’hommes que de femmes selon le tableau 3.8.
C’est pourquoi lors de la répartition, il y’a beaucoup de chômeurs que de chômeuses, tout
comme il y’a beaucoup de travailleurs que de travailleuses. En ce même temps, il y’a moins de
femmes au chômage et beaucoup d’entre elles sont dans l’informel. Beaucoup d’autres femmes
ne sont pas intéressées par le travail (elles gardent encore l’ancienne du moyen âge conception
selon laquelle c’est l’homme qui l’homme qui travaille et la femme est censée rester à la maison
s’occuper des ménages).
Plusieurs théories appuient le fait qu’il faut beaucoup plus soutenir les PME, car elles
constituent le moteur même de l’économie d’une nation. Mais John Maynard Keynes met
l’accent sur la structure économique à longue durée. C’est ainsi qu’il faut que l’une de
meilleures stratégies pour réduire le chômage c’est de lancer des travaux des grands
investissements par lesquels la population se fait de l’emploi.
CONCLUSION
La ville de Lubumbashi augmente d’année en année l’effectif de sa population, et par
conséquent la population active va de façon très croissante. Certaines les dernières analyses, la
population totale de Lubumbashi a été évaluée à plus de deux millions d’habitants, avec une
population active d’environ 1300000 personnes. Pourtant il y’a un défi à relever : une masse
abondante de cette population est sans emploi.
En dépit de cette croissance de la population qui parait croitre selon une progression
géométrique, les moyens économiques sont des plus en plus rares. Ces derniers croissent selon
une croissance arithmétique. Le chômage se remarque de plus en plus dans la province du Haut
Katanga, plus particulièrement dans la ville de Lubumbashi. Ce problème fait partie de
problèmes majeurs de la ville, auquel le gouvernement doit sans doute mettre tous les moyens
nécessaires pour y remédier. La plupart des personnes (surtout les jeunes diplômés) circulent
dans les rues avec des fardes contenant des dossiers de recherche d’emploi, avec des cartes des
demandeurs d’emploi de l’ONEM sans trouver de l’emploi. Ça fait plusieurs décennies que
cette situation persiste.
Etant donné notre objectif de recherche qui était de De décrire l’origine de la croissance du taux
de chômage jeunes dans la ville de Lubumbashi ainsi que l’implication du gouvernement
provincial du Haut Katanga dans la promotion des grands investissements et la lutte contre le
chômage à Lubumbashi, nous avons reformulé notre problématique comme suit :
Qu’est ce qui explique la persistance du chômage des jeunes dans la ville de Lubumbashi ?
Nous supposons dans cette étude que le chômage de jeunes persiste à cause de la rareté des
entreprises dans la ville de Lubumbashi
Nous supposons aussi que La création des entreprises serait l’unique instrument avec lequel le
gouvernement va réduire le taux de chômage des jeunes pouvant recruter les travailleurs en
grande quantité.
Nous avons fait usage des méthodes historique, quantitative et qualitative, ainsi que des
techniques d’observation, documentaire, d’entretien, et de questionnaire d’enquête pour
collecter les données. Nous nous sommes servis également des techniques statistiques pour
analyser les données
J.M. Keynes souligne dans sa théorie générale de l’emploi, de la monnaie et de l’intérêt, que la
baisse du salaire ne réduit pas le salaire. La baisse du salaire entraine par contre une baisse de
l’activité et le chômage augmente. Quand le salaire baisse, la demande baisse, la production en
suit le mouvement et pour finir, les emplois sont négativement touchés. Hors les emplois sont
assurés par les entreprises, donc les entreprises connaissent des problèmes pour employer.
Selon Keynes, il faudra privilégier l’investissement public, qui est entre autre des grands
travaux publics, qui va stimuler l’investissement privé. L’investissement privé étant connu
comme le moteur de la croissance, les bénéficier d’une politique monétaire expansionniste de
faible taux d’intérêt.
La réduction des obligations fiscales des entreprises et le soutien des investissements privés
font partie des moyens efficaces que Keynes énumère pour relancer l’emploi et mettre des
embuches au chômage.
Joseph Schumpeter pense que l’entrepreneur, dans le but d’améliorer sa productivité et ses
profits, l’entrepreneur est obligé d’innover, d’essayer des nouvelles méthodes de production et
des nouvelles formes d’organisation. Ces innovations et essaies permettent d’avoir une forte
croissance, une amélioration du niveau de vie, des créations d’entreprises, une baisse de
chômage,…
Ces théories associées aux résultats de nos recherches montrent que la promotion des grandes
entreprises dans un environnement territorial est un moyen efficace pour réduire le chômage.
En effet, selon les statistiques, les grandes entreprises sont les plus moins nombreuses dans la
province du Haut-Katanga, plus particulièrement dans la ville de Lubumbashi, mais elles sont
sans doute celles qui procurent de l’emploi à une proportion importante de la population active.
Sur ce, nous pouvons dire que nos hypothèses de départ selon lesquelles la croissance du taux
de chômage des jeunes à Lubumbashi est due à la rareté des grandes entreprises pouvant
recruter les travailleurs en masse, le gouvernement du Haut-Katanga n’a pas une bonne
politique d’éradication du chômage. Son implication dans la lutte contre le chômage de jeunes
est faible.
Le chômage de jeunes persiste effectivement à cause de la rareté des grandes entreprises dans
la ville de Lubumbashi qui sont les plus importants employeurs.
La création des entreprises est l’unique instrument avec lequel le gouvernement va réduire le
taux de chômage des jeunes pouvant recruter les travailleurs en grande quantité. Car les
mesures capables de faire les grandes entreprises et de réduire le chômage ne sont pas prises.
BIBLIOGRAPHIE
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DEDICACE............................................................................................................................... 3
REMERCIEMENT .................................................................................................................. 4
CONCLUSION ....................................................................................................................... 55
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 58