Mycobacterium Tuberculosis
Mycobacterium Tuberculosis
Biologie médicale
[90-05-0220]
Mycobacterium tuberculosis
Résumé
L'examen microscopique, effectué par la recherche de bacilles acido-alcoolo-résistants (baar)
après coloration spécifique, est la méthode la plus rapide pour diagnostiquer la maladie
tuberculeuse.
La sensibilité aux antibiotiques est mesurée par la méthode des proportions. Les mutations du
gène rpoB, responsables de la résistance à la rifampicine, peuvent être détectées par tests
génétiques.
L'amplification génique, utilisable pour identifier des baar vus en microscopie, n'est pas encore
fiable pour rechercher M. tuberculosis dans les échantillons peu riches en baar (examen
microscopique négatif).
INTRODUCTION
La tuberculose est habituellement suspectée sur des signes cliniques. Les examens
complémentaires (radiographie de thorax et autres examens d'imagerie, intradermoréaction à la
tuberculine...) peuvent renforcer l'impression clinique, mais le diagnostic de certitude est
bactériologique.
1/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
microscopique et culture in vitro qui permet l'identification des bactéries et la mesure de la
sensibilité aux antibiotiques.
Lorsque l'examen microscopique est négatif, la culture est la seule possibilité d'affirmer le
diagnostic. La croissance des bacilles de la tuberculose étant lente, la confirmation
bactériologique est alors tardive. Pour tenter de raccourcir les délais du diagnostic, des
systèmes de culture à détection rapide et des méthodes dérivées de la génétique moléculaire
ont été mis au point.
AGENT PATHOGÈNE
Ces bactéries appartiennent au genre Mycobacterium : ce sont des bacilles dont la paroi,
épaisse et riche en lipides, leur confère des propriétés tinctoriales particulières et une
résistance relative à de nombreux antiseptiques (soude, acide, détergents). Ils se colorent
difficilement par les méthodes habituelles (Gram, bleu de méthylène) mais une fois colorés par
un colorant fort auquel est associé un mordanceur (phénol) ils ne se décolorent pas sous
l'action combinée d'un acide dilué et de l'alcool. Pour cette raison, ils sont dits « acido-alcoolo-
résistants ». Ils sont aérobies stricts et ont un temps de doublement particulièrement long.
Les bacilles de la tuberculose et les bacilles responsables de la lèpre [13] constituent les
espèces du genre Mycobacterium parasites strictes de l'homme ou des animaux. D'autres
espèces, plus nombreuses, qui sont appelées mycobactéries « atypiques » ou « non
tuberculeuses » (mycobacteria other than tuberculosis ou MOTT, des Anglo-Saxons) sont
présentes dans l'environnement et habituellement non pathogènes pour l'homme.
Dans la majorité des cas (90 %), la multiplication des bacilles est stoppée par le développement
des réactions immunes. L'infection tuberculeuse reste alors latente (ni signes cliniques, ni
signes radiologiques) et se manifeste seulement par la positivation des tests cutanés à la
tuberculine (primo-infection). Dans les autres cas, l'infection évolue en maladie, soit juste après
la primo-infection (80 % des cas dans les 2 ans qui suivent l'infection), soit plus tardivement (20
% le reste de la vie). Chez les jeunes enfants et les sujets immunodéprimés, en particulier ceux
séropositifs pour le VIH, l'infection tuberculeuse évolue beaucoup plus fréquemment vers la
maladie que chez les sujets immunocompétents.
La maladie tuberculeuse est la conséquence de la multiplication des bacilles dans les tissus qui
entraîne leur caséification par conflit immunologique. Si les foyers caséeux se liquéfient et
s'évacuent dans l'arbre bronchique, la tuberculose devient cavitaire.
Selon les estimations de l'Organisation mondiale de la Santé [5], il y a, chaque année, 9 millions
de nouveaux cas de tuberculose, responsables de 3 millions de décès. La tuberculose sévit
essentiellement dans les pays en voie de développement (tableau I). En France, l'incidence est
d'environ 11 cas pour 100 000 habitants [4]. Elle est plus de deux fois plus élevée en Île-de-
France que dans les autres régions de la métropole. Les personnes âgées nées en France (≫
2/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
60 ans) et les adultes jeunes de sexe masculin nés à l'étranger sont les plus touchés par la
maladie.
RAPPEL CLINIQUE
La tuberculose est essentiellement (90 %) une maladie respiratoire (pulmonaire et/ou pleurale).
L'ensemble des localisations extrarespiratoires (ganglionnaire, urogénitale, ostéoarticulaire,
méningée...) totalisent les 10 % restants.
Les formes excavées à expectoration contenant des bacilles visibles à l'examen microscopique
(M+) sont très contagieuses et, en raison du très grand nombre de bacilles (de l'ordre de 108 )
dans les lésions, exposent au risque de sélection de mutants résistants aux antibiotiques sous
traitement.
Chez les malades séropositifs pour le VIH, les images radiologiques sont moins caractéristiques
(images cavitaires moins fréquentes et souvent atypiques) et surtout les localisations
extrarespiratoires sont beaucoup plus fréquentes (ganglionnaire, méningée et même
disséminée avec hémocultures positives) que dans la tuberculose des malades
immunocompétents.
Les prélèvements pour recherche de bacilles de la tuberculose sont recueillis dans des flacons
fermés hermétiquement afin d'éviter tout risque de contamination lors du transport. Si l'analyse
doit être différée, les prélèvements sont conservés à + 4 °C pour préserver la viabilité des
bacilles et limiter la multiplication des micro-organismes contaminants (bactéries oropharyngées
pour les prélèvements respiratoires).
DIAGNOSTIC AU LABORATOIRE
3/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
Examen microscopique
Pour mettre en évidence les mycobactéries à l'examen microscopique, on utilise leur propriété
d'acido-alcoolo-résistance après les avoir colorées à la fuchsine phéniquée ou avec un
fluorochrome. Après coloration à la fuchsine, par la méthode de Ziehl-Neelsen (tableau II)
l'observation est faite au microscope optique avec un objectif à fort grossissement (x 100,
immersion dans l'huile) et les bacille s acido-alcoolo-résistants (baar) apparaissent comme des
bâtonnets rouges sur fond bleu (fig 1). Après coloration fluorescente à l'auramine 0 par la
méthode de Degommier (tableau II), l'observation est faite au microscope à fluorescence et les
baar apparaissent comme des bâtonnets jaune-vert et brillants sur fond sombre (fig 2). Dans
ce cas les bacilles peuvent être repérés avec un objectif de faible grossissement (x 25) et
l'examen microscopique est alors beaucoup plus rapide [7, 10].
L'examen microscopique met en évidence des baar, c'est-à-dire des mycobactéries, mais ne
permet pas de faire la distinction entre complexe M. tuberculosis et mycobactéries atypiques.
L'examen microscopique n'est pas très sensible car il faut que le produit pathologique contienne
au moins 10 000 bacilles par ml pour que l'on puisse voir au moins un baar sur le frottis avec
une probabilité supérieure à 95 %.
Malgré ses limites, l'examen microscopique est une étape essentielle du diagnostic de la
tuberculose car il permet de détecter rapidement (en pratique en moins de 1 heure), les
malades les plus bacillifères, donc les plus contagieux pour leur entourage. C'est sur cet
examen que repose la stratégie de diagnostic et de traitement recommandée par l'OMS. En
France, en moyenne, la moitié des cas de tuberculose pulmonaire bactériologiquement
documentés sont à examen microscopique positif.
Culture
[7, 10]
La culture est beaucoup plus sensible que l'examen microscopique et permet
l'identification de la mycobactérie isolée ainsi que la mesure de sa sensibilité aux antibiotiques.
En moyenne, la moitié des cas de tuberculose pulmonaire bactériologiquement documentés ne
sont diagnostiqués que par culture (formes M-C +).
En raison des exigences nutritives et de la croissance lente des bacilles de la tuberculose, il est
nécessaire d'employer des milieux de cultures enrichis et d'éliminer les micro-organismes
commensaux des prélèvements (décontamination) avant de les ensemencer [7, 10].
Homogénéisation-décontamination
La décontamination des prélèvements repose sur la propriété qu'ont les mycobactéries de
mieux résister à certains antiseptiques que les autres bactéries. Les agents décontaminants
utilisés sont la soude ou un acide dilués. On y adjoint souvent un agent fluidifiant (par exemple,
le laurylsulfate de sodium ou la N-acétyl-L-cystéine) dont le rôle est d'homogénéiser les
prélèvements, notamment les crachats [7, 10]. Certains de ces agents sont des inhibiteurs de
la culture et de l'amplification génique (tableau IV) et ne peuvent donc être utilisés que dans
certaines conditions.
Bien que plus résistantes aux antiseptiques que les autres bactéries, les mycobactéries n'y sont
pas insensibles. C'est pourquoi :
les prélèvements issus de lésions fermées, qui ne sont pas contaminés par des
bactéries commensales et qui sont habituellement paucibacillaires, doivent être
manipulés dans des conditions de stérilité rigoureuse et ne pas être décontaminés;
le protocole de décontamination doit être soigneusement adapté pour réduire les
risques de contamination de la culture sans tuer trop de mycobactéries (dans ces
conditions 50 à 90 % des mycobactéries le sont pourtant). Un juste équilibre est
atteint lorsque le taux des cultures perdues par contamination est compris entre 2 et
5 % [7, 10].
4/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
Milieux de culture
Les milieux pour la culture des bacilles de la tuberculose sont des milieux enrichis sur lesquels
peuvent se développer de nombreuses espèces de bactéries, mycobactériennes et autres.
Il est recommandé d'ensemencer plusieurs tubes de milieu de culture avec 0,2 à 0,5 ml de
prélèvement, de les incuber à 35-37 °C, de ne les fermer qu'après évaporation complète de la
semence et de les examiner chaque semaine pendant au moins 2 (si possible 3) mois, avant de
déclarer la culture négative [7].
Plusieurs milieux de culture liquide, dérivés du milieu de Middelbrook, peuvent être utilisés. Le
plus ancien, le milieu 7H12, qui est utilisé dans le système de respirométrie radiométrique
BACTEC 460 TB, a été supplanté, à cause des difficultés liées à l'élimination des déchets
radioactifs, par des méthodes utilisant des milieux non radioactifs. Ces milieux sont utilisés
®
manuellement (Mycobacterial Growth Indicator Tube ou MGIT , Becton Dickinson, et tube MB
®
Redox , Biotest) ou sont intégrés dans des systèmes automatiques de détection des cultures
® ® ®
positives (systèmes 9000 MB et Bactec 960 , Becton Dickinson et système BacT/Alert 3D ,
BioMérieux) (tableau V).
L'ensemencement des milieux liquides est habituellement précédé de l'addition d'un complexe
vitaminique (OADC) et de l'addition d'un cocktail d'antibiotiques pour les prélèvements non
stériles (sécrétions respiratoires...) (tableau V).
Dans les milieux liquides, la présence de bacilles de la tuberculose est détectée en moyenne en
8 jours (prélèvements M +) à 14 jours (prélèvements M-) et avec une sensibilité au moins égale
à celle du milieu de Löwenstein-Jensen. Toutefois, l'absence de colonies, la difficulté pour
détecter des cultures mixtes de mycobactéries et la fréquence des contaminations limitent leur
intérêt.
Certains milieux liquides ont été adaptés pour la recherche des mycobactéries dans le sang
et/ou pour l'antibiogramme (tableau V).
Identification
La première étape de l'identification des cultures est la vérification du caractère acido-alcoolo-
résistant des bactéries qui se sont développées (coloration de Ziehl-Neelsen). L'étape suivante
est la distinction entre bacilles de la tuberculose et mycobactéries atypiques et la dernière est
l'identification précise des bacilles de la tuberculose au sein du complexe M. tuberculosis. Trois
épreuves biochimiques simples permettent de faire la distinction entre bacilles du complexe
tuberculosis et mycobactéries atypiques : la recherche de l'activité catalasique après chauffage
pendant 20 minutes à 68 °C, le niacine-test et l'étude de la sensibilité à l'acide para-
aminosalicylique ou PAS (tableau VI).
Actuellement, on tend à remplacer les épreuves biochimiques par l'hybridation avec une sonde
génique complémentaire d'une séquence d'acide nucléique spécifique du complexe M.
® ®
tuberculosis (Accuprobe , GenProbe ou Inno-Lipa Mycobacteria, Innogenetics ou encore
® ®
Genotype Assay , Hain Science). L'hybridation avec la sonde Accuprobe permet d'identifier en
moins de 2 heures les bacilles du complexe M. tuberculosis obtenus en culture pure sur milieu
solide ou en milieu liquide. Sa sensibilité et sa spécificité proches de 100 %, en font un outil
fiable d'identification.
5/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
La différenciation des quatre espèces d'intérêt clinique du complexe tuberculosis : M.
tuberculosis, M. bovis, M. bovis BCG et M. africanum est actuellement effectuée par étude des
caractères culturaux (temps de croissance, morphologie des colonies), biochimiques et de
sensibilité à certains antibiotiques (tableau VII) ou par génétique (trousse MTBC, Biocentric,
Hain Lifesciences).
Typage moléculaire
La technique de référence pour le typage moléculaire (empreinte digitale génomique) est la
technique RFLP (pour «restriction fragment length polymorphism»). Par cette technique, on
détermine le nombre et la taille des fragments d'ADN (obtenus après digestion de l'ADN
chromosomique par l'enzyme Pvu V), qui hybrident avec une sonde spécifique de la séquence
d'insertion IS6110 [15]. Le nombre de copies de l'IS6110 (1 à 20 copies par génome) et leur
position sur le chromosome sont stables pour une souche donnée mais différents d'une souche
à une autre, ce qui permet de « prendre les empreintes digitales génomiques » d'une souche et
de les comparer à celles d'autres souches.
La technique RFLP est très efficace mais elle est longue et complexe à mettre en œ uvre. Elle
est, pour l'instant, réservée à des cas particuliers et à des laboratoires spécialisés. D'autres
méthodes (ex. : spoligotyping) sont plus simples et plus rapides que la RFLP mais ont un
pouvoir discriminant plus faible, ce qui limite leur intérêt.
Amplification génique
Malgré l'utilisation de systèmes de culture en milieu liquide et de l'hybridation par sonde, la
culture n'est pas un moyen de détection rapide des bacilles de la tuberculose. C'est pourquoi
l'amplification de séquences nucléotidiques spécifiques de M. tuberculosis (amplification
génique), qui peut se faire en quelques heures, suscite tant d'intérêt.
Avec ces trousses, les résultats sont obtenus en moins de 24 heures mais, pour diverses
raisons (présence d'inhibiteurs dans le prélèvement, contamination par amplicons, difficulté de
lyser la paroi des mycobactéries...), ils sont moins performants que la culture en termes de
sensibilité et de spécificité, spécialement lorsque les échantillons sont peu riches en baar (à
examen microscopique négatif ou M-) : en effet, le taux de faux négatifs est très faible (< 1 %)
pour les prélèvements riches en bacilles (M +) mais élevé (30 -40 %) pour les prélèvements à
culture positive mais pauvres en bacilles (M-). Le taux de faux positifs est de 1 à 5 %. En
conséquence, lorsque la prévalence des cultures positives dans les prélèvements est de 2 à 3
%, ce qui est le cas pour les échantillons « tout-venant » dans la plupart des pays
industrialisés, la valeur prédictive d'un résultat positif est mauvaise (environ 50 %), et expose à
un risque élevé de diagnostics faussement positifs.
Diagnostic indirect
De nombreux essais ont été effectués, depuis des dizaines d'années, pour mettre au point une
sérologie spécifique de la tuberculose. Jusqu'ici aucun n'a donné de résultats satisfaisants.
Même en utilisant des épitopes dits spécifiques de M. tuberculosis, la spécificité du
sérodiagnostic est médiocre et la sensibilité ne dépasse guère 70 % [9].
Antibiotiques actifs
Résistance naturelle
Les bacilles de la tuberculose sont naturellement résistants à la plupart des antibiotiques actifs
sur les bactéries courantes de la pathologie humaine (β-lactamines, macrolides, cyclines,
phénicols, sulfamides...), à l'exception des aminosides, des rifamycines et de certaines
fluoroquinolones. Ils sont naturellement sensibles à des antibiotiques spécifiques : isoniazide,
pyrazinamide, éthambutol, thioamides (tableau IX).
Les antibiotiques de première ligne pour le traitement standard des nouveaux cas de la
tuberculose sont : isoniazide et rifampicine (les deux antibiotiques majeurs), pyrazinamide et
éthambutol (recommandations OMS). Tous les autres antibiotiques sont considérés comme des
antibiotiques de seconde ligne et ne sont prescrits qu'en cas de résistance aux antituberculeux
de première ligne.
Résistance acquise
Chez les bacilles de la tuberculose, la résistance acquise aux antibiotiques résulte de la
sélection de mutants résistants, initialement présents au sein de lésions très riches en bacilles,
lorsque le traitement ne comprend pas plusieurs antibiotiques actifs (polychimiothérapie). À ce
jour il n'a pas été mis en évidence de plasmides de résistance chez les bacilles de la
tuberculose.
Les gènes et les mutations impliqués dans la résistance acquise sont en cours d'identification
depuis une dizaine d'années (tableau X). La résistance à certains antibiotiques n'est pas
encore complètement élucidée (souches résistantes sans mutation connue) [12].
La résistance acquise sous traitement est appelée résistance secondaire; elle signe l'échec
thérapeutique. La résistance primaire, observée chez les malades avant tout traitement
antituberculeux, résulte de la contamination par une souche de M. tuberculosis déjà résistante
aux antibiotiques.
La résistance aux antituberculeux est un problème mondial. Les taux de résistance globale
(c'est-à-dire à au moins un antituberculeux) primaire et secondaire varient selon les pays [11].
Les antibiotiques concernés sont essentiellement l'isoniazide et la streptomycine
(antituberculeux les plus anciens), et à un moindre degré, la rifampicine. La fréquence de la
multirésistance, définie par la résistance aux deux antituberculeux majeurs, isoniazide et
rifampicine, progresse dans certains pays, ce qui constitue une menace redoutable.
Comme dans la plupart des pays industrialisés, la fréquence globale de la résistance primaire
est, en France, inférieure à 10 % et celle de la résistance secondaire de l'ordre de 20 %. La
multirésistance (0,3 % chez les malades sans antécédents de traitement antituberculeux et 3 %
chez ceux qui ont déjà été traités) n'est pas un problème majeur (tableau XI).
Antibiogramme
7/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
Différentes méthodes
La méthode des proportions est la méthode de référence. Elle consiste à vérifier si la proportion
de mutants résistants aux antibiotiques est celle que l'on observe pour les souches sauvages
normalement sensibles ou si elle est anormalement élevée. En France, la méthode des
proportions est habituellement effectuée sur milieu de Löwenstein-Jensen [1].
Pour déterminer la proportion de mutants résistants avec une bonne précision, il est
indispensable :
de préparer une suspension homogène des bacilles à étudier (pour cela on broie à sec
les colonies dans un ballon contenant des billes de verre avant d'ajouter l'eau pour
diluer);
d'ensemencer plusieurs dilutions de la suspension obtenue sur des milieux de culture
avec et sans antibiotique (milieux témoins).
La souche de M. tuberculosis est déclarée résistante lorsque la proportion des bacilles résistants
est égale ou supérieure à la proportion critique (tableau XII).
8/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
Les mutations bien connues pour être responsables de la résistance aux antibiotiques et
localisées sur des séquences nucléotidiques bien identifiées peuvent être détectées après
amplification génique de ces séquences.
L'identification de la mutation peut être faite par séquençage du fragment génique amplifié, ce
®
qui est réservé à de rares laboratoires. Une technique plus simple et plus rapide, la LIPA ou «
Line probe assay », peut être utilisée dans certaines conditions. Elle consiste à hybrider la
séquence, préalablement amplifiée par PCR classique, avec des sondes fixées sur une
bandelette. La révélation des hybrides est enzymatique et se traduit par une réaction colorée.
®
Actuellement, la LIPA est commercialisée, sous la forme de réactifs prêts à l'emploi (InnoLipa-
®
RifTB , InnoGenetics), pour la détection de la résistance à la rifampicine (détection de mutations
du gène rpoB). Les résultats sont obtenus en 24 heures. Les premières évaluations montrent
qu'ils sont fiables [3] et qu'il semble possible d'appliquer la technique directement aux
®
prélèvements très riches en bacilles. Onéreuse et délicate, la technique LIPA doit être réservée
aux malades suspects de tuberculose à bacilles résistants (antécédents de traitement...) et
effectuée par des laboratoires entraînés.
®
La LIPA ne permet pas de faire l'analyse de grandes régions d'ADN et ne peut donc être
appliquée à la détection de résistances résultant de mutations dispersées et/ou concernant
plusieurs gènes comme c'est le cas pour la résistance à l'isoniazide.
SÉCURITÉ AU LABORATOIRE
Le personnel, dans les laboratoires de mycobactériologie, est exposé à des aérosols de bacilles
de la tuberculose essentiellement générés par les manipulations des primocultures, lors des
identifications et des antibiogrammes.
Les manipulations doivent donc être effectuées dans des pièces qui leur sont réservées, dont
l'accès est contrôlé et qui, idéalement, doivent être placées en pression négative.
Pour obtenir la meilleure sécurité, les pièces doivent être équipées de poste de sécurité
microbiologique de classe I (à pression négative) qui doivent être contrôlés régulièrement.
Les centrifugations doivent être effectuées dans des nacelles fermant hermétiquement.
L'agitation des prélèvements, lors de leur décontamination, doit être effectuée dans un endroit
en dépression (sous un PSM de classe 1 ou dans une pièce séparée).
Les techniciens doivent porter des blouses de protection dont ils doivent se débarrasser avant
de quitter le laboratoire.
Enfin, tous les déchets (prélèvements, cultures positives...) doivent être autoclavés dans le
laboratoire avant d'être éliminés.
9/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
Références
[1] C anetti G, Rist N, Grosset J Mesure de la sensibilité du bacille tuberculeux aux drogues
antibacillaires par la méthode des proportions. Rev Tuberc Pneumol 1963 ; 27 : 217-272
[2] C antazaro A, Davidson BL Rapid diagnosis test for tuberculosis. What is the appropriate use?
. Am J Respir Crit Care Med 1997 ; 155 : 1804-1814
[3] C ooksey RC , Morlock GP, Glickman S, C rawford J Evaluation of a line probe assay kit for
characterization of rpoB mutations in rifampicin resistant Mycobacterium tuberculosisfrom New-
York C ity. J Clin Microbiol 1997 ; 35 : 1281-1283
[4] Decludt B, C ampese C Les cas de tuberculose déclarés en France en 2000. Bull Epidémiol
Hebd 2002 (n°16-17) :
[5] Dye C , Scheele S, Dolin P, Raviglione MC for the WHO global surveillance and monitoring
project. Global burden of tuberculosis. Estimated incidence, prevalence, and mortality by
country. JAMA 1999 ; 282 : 677-686 [crossref]
[6] Grosset J Systematic drug susceptibility testing: a necessary component of the "DOTS-Plus"
strategy? Int J Tuberc Lung Dis 1999 ; 3 : 549-550
[7] Grosset J, Boisvert H, Truffot-Pernot C Mycobactéries. In: Paris: Flammarion (Ed.) : 1990; 965-
1017.
[8] Heifets LB, C angelosi GA Drug susceptibility testing of Mycobacterium tuberculosis: a neglected
problem at the turn of the century. Int J Tuberc Lung Dis 1999 ; 3 : 564-581
[9] Mathur ML, Lobue PA, C atanzaro A Evaluation of a serologic test for the diagnosis of
tuberculosis. Int J Tuberc Lung Dis 1999 ; 3 : 732-735
[10] Nolte FS, Metchock B Mycobacterium. In: Washington: American Society for
microbiology (Ed.) : 1995; 400-437.
[11] Pablo-Mendez A, Raviglione MC , Laszlo A, And AL Global surveillance for antituberculous drug
resistance 1994-1997. N Engl J Med 1998 ; 338 : 1641-1648
[12] Ramaswany S, Musser JM Molecular genetic basis of antimicrobial agent resistance in
Mycobacterium tuberculosis: 1998 update. Tuberc Lung Dis 1998 ; 79 : 3-29
[13] Shinnick TM, Good RC Mycobacterial taxonomy. Eur J Clin Microbiol Infect Dis 1994 ; 13 : 884-
901 [crossref]
[14] Strain BA, Gröschel DH Laboratory safety and infections waste management. In: Washington:
American Society for microbiology (Ed.) : 1995; 75-85.
[15] Van Embden JD, C ave MD, C rawford JT, Dale JW, Eisenach KD, Gicquel B , et al. Strain
identification of Mycobacterium tuberculosis by DNA fingerprinting: recommandations for a
standardized methodology. J Clin Microbiol 1993 ; 31 : 406-409
Fig. 1 :
10/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
Fig. 1 :
Fig. 2 :
11/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
Fig. 2 :
Fig. 3 :
Fig. 3 :
Fig. 4 :
12/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
Fig. 4 :
Fig. 5 :
13/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
Fig. 5 :
Fig. 6 :
Fig. 6 :
Fig. 7 :
14/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
Fig. 7 :
Tableaux
Tableau I
Tableau I - Estimation des cas totaux de tuberculose dans le monde et des cas dans les 10 pays les plus touchés
par la maladie (OMS, 2000).
C as totaux C as M+*
15/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
Total mondial 8735 144 3836 /
Tableau II
Tableau II - Les différentes étapes des méthodes de coloration de Ziehl-Neelsen et de Degommier
colorant fuchsine phéniquée à chaud (10 min) auramine phéniquée à froid (15 min)
Tableau III
Tableau III - Expression des résultats de l'examen microscopique.
absence 0 0
3+ 1-9/champ 10-99/champ
Tableau IV
Tableau IV - Les principales méthodes de décontamination et leurs principales caractéristiques.
16/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
de cétyl
pyridium (C PC )
Tableau V
Tableau V - Les différents tubes ou flacons pour la culture des bacilles de la tuberculose en milieu liquide et leurs
principales caractéristiques.
Tableau VI
Tableau VI - Principaux caractères différentiels des bacilles de la tuberculose et des mycobactéries atypiques.
bacilles de la + 0 S +* +
tuberculose
mycobactéries ++ + R 0 0
atypiques
Tableau VII
Tableau VII - C aractères d'identification des principales mycobactéries du complexe M. tuberculosis.
TC H = hydrazide de l'acide tiophène carboxylique (résultat valable uniquement pour les souches sensibles à
l'isoniazide).
C S = cyclosérine ; V = variable ; R = résistant ; S = sensible
*sur milieu de Löwenstein-Jensen.
a = fig 3 ; b = fig 5 ; c = fig 4 ; d = fig 6
Tableau VIII
Tableau VIII - Les différentes trousses d'amplification génique pour M. tuberculosis et leurs principales
caractéristiques.
Tableau IX
Tableau IX - Activité des différents antibiotiques antituberculeux
1re ligne
2e ligne
C apréomycine 1 15 bactéricide
C MI = concentration minimale inhibitrice moyenne pour les souches sauvages de M. tuberculosis mesurée en
milieu de Middlebrook.
C . max. = concentration sérique maximale.
Tableau X
18/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
Tableau X - Les gènes impliqués dans la résistance de M. tuberculosis aux antibiotiques.
rrS ARN16S SM 15 %
Tableau XI
Tableau XI - Prévalence de la résistance primaire (nouveaux cas) et secondaire (cas déjà traités) de M.
tuberculosis aux antituberculeux majeurs en France en 1999 (enquête Groupe Azay-Mycobactéries).
Résultat des tests de sensibilité Nouveaux cas C as déjà traités Antécédents inconnus
dont :
Tableau XII
Tableau XII - Proportions maximales de mutants résistants aux antibiotiques pour les souches sauvages de M.
tuberculosis et proportions critiques utilisées pour l'interprétation des tests de sensibilité par la méthode des
proportions.
Pyrazinamide (200) / 10 %
19/20
02/04/13 Rejoignez nous sur Facebook: “ La Radiologie Pour Tous “
C apréomycine (/) / 10 %
Ofloxacine (/) / 10 %
(conc. LJ) : concentration antibiotique (mg/l) incorporée dans le milieu de L. Jensen pour le calcul des proportions.
20/20