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L'ordonnance Numéro 127-6 Du 15/juin /1913 Tel Que Position Par La Loi Numéro 61-78 Du 17/mars/ 1956

Le droit de la construction en République Démocratique du Congo encadre l'activité de bâtir pour assurer la sécurité, la salubrité et la conformité urbaine, avec des lois et règlements spécifiques. À Lingwala, les défis d'application de ces principes sont observés, notamment à travers des exigences telles que le respect des normes de sécurité et l'obtention de permis de construire. Les acteurs de la construction sont également tenus responsables en cas de non-respect des règles établies, garantissant ainsi la protection des droits des parties prenantes.

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L'ordonnance Numéro 127-6 Du 15/juin /1913 Tel Que Position Par La Loi Numéro 61-78 Du 17/mars/ 1956

Le droit de la construction en République Démocratique du Congo encadre l'activité de bâtir pour assurer la sécurité, la salubrité et la conformité urbaine, avec des lois et règlements spécifiques. À Lingwala, les défis d'application de ces principes sont observés, notamment à travers des exigences telles que le respect des normes de sécurité et l'obtention de permis de construire. Les acteurs de la construction sont également tenus responsables en cas de non-respect des règles établies, garantissant ainsi la protection des droits des parties prenantes.

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1

CHAPITRE 1: LE DROIT DE LA CONSTRUCTION A L’ÉPREUVE DE


ÇA MISE EN APPLICATION DANS LA COMMUNE DE LINGWALA
(RDC)

Le droit de la construction en République Démocratique du Congo,


comme dans de nombreux systèmes juridiques, vise à encadrer l'activité de bâtir
afin d'assurer la sécurité, la salubrité, la conformité urbaine et la protection des
droits des différentes parties prenantes.
La commune de Lingwala, en tant que milieu urbain dense et en pleine
évolution, est un terrain privilégié pour observer les défis liés à l'application de
ces principes.
Le droit de la construction comporte plusieurs lois et règlements
conditionnement le droit de la construction et à titre d’exemple nous citons
l’ordonnance numéro 127-6 du 15/juin /1913 tel que position par la loi numéro
61-78 du 17/mars/ 1956, cette ordonnance organise et réglemente tout ce qui
concerne la construction.1

Section 1 : principe et conditions de base en matière de construction

Le droit de la construction en République Démocratique du Congo


(RDC) est encadré par un ensemble de textes législatifs et réglementaires qui
évoluent pour s'adapter aux défis urbains et environnementaux.

Paragraphe 1: Principes fondamentaux du droit de la construction en RDC

Les principes fondamentaux sont tirés de diverses lois et


réglementations, qui établissent les cadres de sécurité, de planification et de
responsabilité.

1. Principe de légalité et de conformité aux normes :

Toute construction doit être réalisée dans le respect strict des lois,
ordonnances, décrets et règlements en vigueur en RDC.
1
L’ordonnance numéro 127-6 du 15/juin /1913 tel que position par la loi numéro 61-78 du 17/mars/ 1956
2

La loi n° 6-2019 du 5 mars 2019 portant code de l'urbanisme et de la


construction est la pierre angulaire de la législation actuelle en matière
d'urbanisme et de construction en RDC.

Il établit les règles générales d'aménagement, de construction et de


gestion du territoire2.

L’ordonnance n° 127-6 du 15 juin 1913, Cette Ordonnance fixe le


Règlement sur les constructions dans les quartiers européens des
circonscriptions urbaines, bien qu’ancienne et étrangère , cette ordonnance est
souvent citée comme l'un des premiers textes structurants le règlement des
constructions dans les circonscriptions urbaines, fixant des règles de sécurité,
d'esthétique et de commodité. Elle a servi de fondation au droit de la
construction et est mentionnée comme aborigène par des textes plus récents. 3

2. Principe de sécurité et de salubrité publique :

La sécurité des occupants et des tiers, ainsi que la salubrité des


habitations, sont des préoccupations majeures du droit de la construction. Ce
principe implique le respect de normes techniques et de matériaux.
Le Professeur Lufungula a souvent mis en avant l'importance des
"règles de l'art" et des normes techniques dans la construction, insistant sur
le fait que leur non-respect peut entraîner des risques d'effondrement ou de
maladies.4
Bien que la RDC ne dispose pas encore d'un code de la construction
unifié et exhaustif, des arrêtés ministériels et des règlements communaux,
notamment en matière d'hygiène publique, imposent des exigences
minimales. La responsabilité des constructeurs, architectes et ingénieurs est
engagée en cas de non-respect de ces normes, rejoignant ainsi les principes
2
Loi n° 6-2019 du 5 mars 2019 portant code de l'urbanisme et de la construction
3
Ordonnance n° 127-6 du 15 juin 1913

4
[Link] n
3

de la responsabilité civile établis par le Code Civil Livre III (Articles 258 et
suivants).
La praticabilité et l'habitabilité des constructions suppose l'existence de
conditions de salubrité minimale pour leurs occupations et pour la
commodité de leurs utilisations.
C'est pour cette double raison une obligation d'entretien pèse sur les
propriétaires et sur les occupants. Les constructions doivent être réalisées de
telle sorte que les conditions minimales d'une vie sociale adéquate sans gêne
excessive pour le voisinage soient réunies.5
L'article 3 du code de la construction rappel que les constructions doivent
être doter d'un équipement propre à assurer l'hygiène des bâtiments et des
systèmes d'évacuation des eaux usées domestiques et de ruissellement
doivent être aménager dans les bâtiments.
La praticabilité appelle aussi le respect des précautions d'environnement, les
pollutions sonores sont ainsi réprimées, la construction doit être isolée des
sons. De même l'aération des constructions est une condition.
Cette note circulaire n° 001/CABMIN/ECN-T/15/JEB/09 du 05/12/2009
relative à la gestion des Etablissements dangereux, insalubres ou
incommodes, catégorie en sont points 1 les etablissements dangereux il est
écris ce qui suit : Les établissements dangereux, insalubres ou incommodes
sont, en vertu des dispositions de l'Ordonnance n° 41/48 du 12 février 1953
classés en deux catégories, à savoir :6
- Les établissements de la catégorie lb ;
- Les établissements de la catégorie II.
La construction doit garantir la sécurité des occupants, des usagers et du
public en général. Cela englobe la solidité des ouvrages, la prévention des
risques d'effondrement, d'incendie, ainsi que l'hygiène et la salubrité des lieux

5
[Link] , p14
6
note circulaire n° 001/CABMIN/ECN-T/15/JEB/09 du 05/12/2009 relative à la gestion des Etablissements
dangereux, insalubres ou incommodes
4

(évacuation des eaux, ventilation, etc.). Ce principe est fondamental pour la


protection de la vie et de la santé.7

Le respect de la sécurité et de la salubrité est transversal et intégré dans


le Code de l'urbanisme et de la construction de 2019 (Article 1, alinéa 2, ), des
normes techniques spécifiques peuvent être définies par arrêtés ministériels.

3. Principe de planification urbaine et d'affectation des sols :

Les constructions doivent s'intégrer dans le plan d'urbanisme général de


la localité concernée.
Cela signifie le respect des zones définies pour l'habitation, le
commerce, l'industrie, les espaces verts, ainsi que les règles relatives à la densité
de construction, à l'alignement des bâtiments et aux servitudes d'urbanisme.
Le Plan Général d'Aménagement de Kinshasa (PGA/Kin), par exemple, est un
instrument clé à cet égard.8
La loi n° 6-2019 du 5 mars 2019 portant code de l'urbanisme et de la
construction m en ces articles 1-3, 70, 104-105, ce code régule la planification
urbaine, y compris les schémas directeurs d'urbanisme et les plans locaux
d'urbanisme qui définissent l'affectation des sols et les règles de zonage. 9

Sans oublier le décret du 20 juin 1957 sur l'urbanisme, bien que certains
éléments soient considérés comme obsolètes, ce décret a historiquement encadré
l'urbanisme et est parfois encore référencé pour certains principes
fondamentaux.10

4. Principe de protection de l'environnement :

Bien que plus récent dans sa pleine reconnaissance, le droit de la


construction congolais intègre de plus en plus la nécessité de minimiser
7
Yves, ALONI MUKOKO : droit civil des biens, 1 Edition, note de cours
8
Idem
9
Loi n° 6-2019 du 5 mars 2019 portant code de l'urbanisme et de la construction
10
Décret du 20 juin 1957 sur l'urbanisme
5

l'impact environnemental des constructions. Cela peut concerner la gestion


des déchets de construction, la protection des écosystèmes fragiles, la
préservation des ressources naturelles et, de manière plus générale, la
promotion de pratiques de construction durable.11

La loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à


la protection de l'environnement, ette loi cadre définit les principes de
protection de l'environnement, la prévention des risques, la lutte contre les
pollutions et nuisances, et la promotion du développement durable, des
aspects cruciaux pour la construction.12

L’ordonnance-loi n° 23-007 du 3 mars 2023 : Cette ordonnance-loi modifie


et complète la loi de 2011 sur la protection de l'environnement, renforçant
les dispositions existantes.13

Nous continuons avec la note circulaire n° 001/CABMIN/ECN-T/15/JEB/09


du 05/12/2009 relative à la gestion des Etablissements dangereux, insalubres
ou incommodes qui énoncés dans son préambule : Nonobstant l'existence
des textes légaux et réglementaires en matière de gestion des établissements
dangereux., insalubres ou incommodes notamment l'Ordonnance n° 41/48
du 12 février 1953 telle que modifiée et complétée à ce jour, l'Arrêté
d'application n° 001/CCE/DECNT/86 du 04 mars 1986, l'Arrêté
interministériel n° 006/CAB/MIN/ENV/05 et n° 108/CAB/MIN/FIN/05 du
25 juillet 2005 et la circulaire n° 0902/DECNT/BCE/79 du 01/12/1979, l'on
ne cesse d'observer dans ce domaine, des fréquents dérapages administratifs
dans la taxation et la procédure suivie pour l'obtention d'un permis
d'exploitation.14
11
KALAMBAY LUPUNGU : droit de la construction, ed espérance 2021, institut universitaire espérance, 16
boulevard saint germain,2021, note de cours
12
Loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principe fondamentaux relative à la protection de l’environnement
13
Ordonnance-loi n° 23-007 du 3 mars 2023
14
note circulaire n° 001/CABMIN/ECN-T/15/JEB/09 du 05/12/2009 relative à la gestion des Etablissements
dangereux, insalubres ou incommodes
6

5. Principe de responsabilité :

Les acteurs de la construction (maître d'ouvrage, architecte,


entrepreneur, ingénieur) engagent leur responsabilité civile et pénale en cas de
non-respect des règles et de dommages causés par leurs ouvrages. Ce principe
assure une forme de garantie pour les tiers et incite à la diligence
professionnelle.
La Loi n°18/034 du 13 décembre 2018 portant création, organisation et
fonctionnement de l’Ordre National des Ingénieurs Civils cette lois définie les
devoirs déontologiques et les responsabilités professionnelles des architectes et
ingénieurs dans l'exercice de leur profession, y compris la conformité aux lois et
règlements et le respect des règles de l'art. 15

Le Code Civil Congolais Livre III (Contrat de louage d'ouvrage), dispose en


sont art 258 : tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage,
oblige celui par la faute duquel il est arrivé à la réparer .16

Toujours dans le code civile congolais livre 3 l’art 262 dispose : le propriétaire
d’un bâtiment est responsable du dommage causé par ça ruine lorsqu’elle est
arrivée par une suite du défaut d’entretien ou par le vice de ça construction. 17

Paragraphe 2 : Conditions préalables et exigences pour la construction en


RDC

Au-delà des principes, la concrétisation d'un projet de construction est


subordonnée à la réunion de plusieurs conditions pratiques et juridiques, dont la
maîtrise est essentielle pour les acteurs du secteur.
Ces conditions et d'exigences administratives et techniques, ces
conditions sont exigibles pour la légalité de l'ouvrage.

15
Loi n°18/0034 du 13 décembre 2018 portant création, organisation et fonctionnement de l’Ordre National des
Ingénieurs Civils
16
Code civil congolais livre 3 art 258
17
Code civil congolais livre 3, art 262
7

1. La Détention d'un Titre de Propriété ou d'un Droit


d'Occupation Légitime

2. L'obtention du permis de construire :

La construction est fondamentalement soumise à un principe de


planification urbaine, Ce principe se traduit par l'exigence du permis de
construire, acte administratif essentiel qui confère au pétitionnaire le droit de
construire conformément aux plans d'urbanisme en vigueur.
Comme le souligne le Professeur Kabange Ntabala dans ses travaux
sur le droit administratif congolais, le permis de construire est "la
matérialisation de l'accord de l'autorité publique avec un projet de
construction, garantissant sa conformité aux règles d'urbanisme".18
En RDC, le permis de construire et explique et défini aux
articles 1, 2 et 198 de l’arrêté ministériel n°
CAB/MIN-ATUHITPR/006/2014 du 04 avril 2014 portant
réglementation de l’octroi du Permis de construire en République
Démocratique du Congo, qui dispose :
Art 1 : Toute personne désireuse d’entreprendre une promotion
immobilière, une innovation urbaine, une construction ou un ouvrage de
toute nature, en matériaux durables et selon les règles de l’art, sur toute
l’étendue du territoire de la République Démocratique du Congo, est
tenue d’obtenir au préalable un Permis de construire auprès de
l’administration de l’Urbanisme et Habitat compétente selon la
procédure établie dans le présent Arrêté, et conformément aux
prescriptions du site d’oeuvre pour lequel la permission des travaux est
sollicitée.
Art 2 : Le permis de construire est également exigé pour les

18
Clément Kabange Ntabala, Droit Administratif Congolais, Presses Universitaires de Kinshasa, années
2001, p. [numéro de page à insérer si disponible].
8

constructions spéciales en hauteur, telles les silos, les tours de guet, des
phares ou autres, les châteaux d'eau, les pylônes en béton, en
construction métallique et à usages divers, une butée sur laquelle est
surélevée un ouvrage.
Art 198 : Le permis de construire, instrument de police administrative destiné à
contrôler préventivement le respect des règles d'urbanisme, de construction, des
règles foncières et des servitudes publiques applicables à une construction, quels
qu'en soient l'objet, l'auteur et l'emplacement, confirme du seul fait de sa
délivrance que son demandeur a obtenu toutes les autorisations préalables à la
réalisation de l'ouvrage projeté.19
Les clôtures, les modifications extérieures à apporter aux
constructions existantes, les reprises de gros œuvres, les surélévations
ainsi que les travaux entraînant une modification importante de
fonctionnement et composition d'un édifice à au moins le tiers (1/3) de
son volume antérieur, doivent faire l'objet d'un permis de construire. »
C'est la condition sine qua non de toute construction.
La demande de permis de construire doit être accompagnée d'un dossier complet
comprenant notamment :

 Les titres de propriété ou de jouissance du terrain.


 Les plans architecturaux (masse, coupe, façade) signés par un architecte
agréé.
 Les plans techniques (stabilité, électricité, plomberie) signés par les
ingénieurs agréés.
 Le rapport d'étude des sols, si nécessaire.
 Un devis estimatif des travaux.
 Une notice descriptive du projet.

19
l’arrêté ministériel n° CAB/MIN-ATUHITPR/006/2014 du 04 avril 2014 portant réglementation de l’octroi du
Permis de construire, art 1,2 et 198
9

Le cas échéant, une étude d'impact environnemental et social pour les


projets de grande envergure.
Le permis de construire est délivré après vérification de la conformité du
projet aux règles d'urbanisme, aux normes de sécurité et de salubrité.20
L’arrêté du 31 mai 2018 relatif au permis de construire : Cet arrêté
réitère et précise les conditions d'obtention du permis, les obligations pour les
projets de plus de 150m2, et les sanctions en cas de construction illégale. 21

3. Le respect des règles d'urbanisme et du zonage :

Avant toute construction, il est essentiel de consulter le plan


d'aménagement local (s'il existe) et les règlements d'urbanisme applicables à la
zone concernée (par exemple, dans la commune de Lingwala). Cela inclut les
règles relatives à :

 L'occupation des sols: Indiquant si le terrain est constructible et pour quel


type d'usage (habitation, commercial, industriel, etc.).
 Les gabarits et hauteurs: Définissant la hauteur maximale des bâtiments,
le nombre d'étages permis.
 Les marges de recul: Distances minimales à respecter par rapport aux
limites de propriété et aux voies publiques.
 Les coefficients d'occupation des sols (COS) et de pleine terre (CSP):
Réglementant la surface constructible et la surface perméable du terrain. 22
L’ordonnance n° 97/108 du 19 avril 1957 sur la zone de recul et le parcage
des véhicules : Cette ordonnance spécifie les règles concernant les zones de
recul par rapport aux voies publiques.23
4. L'intervention de professionnels agréés :

20
[Link] , ALONI MUKOKO Yves, note de cours
21
Arrêté du 31 mai 2018 relatif au permis de construire
22
Op. Cit, KALAMBAY LUPUNGU : droit de la construction,

23
Ordonnance n° 97/108 du 19 avril 1957 sur la zone de recul et le parcage des véhicules
10

Le droit congolais exige que certains travaux de conception et


d'exécution soient réalisés par des professionnels dûment qualifiés et agréés par
les ordres professionnels ou les autorités compétentes.
Cela concerne notamment les architectes pour la conception
architecturale, les ingénieurs civils pour les études de structure, et les
entrepreneurs enregistrés pour l'exécution des travaux. Cette exigence vise à
garantir la qualité et la sécurité des constructions.24
La loi n°18/033 du 13 décembre 2018 portant création, organisation et
fonctionnement de l’Ordre National des Architectes et Loi n°18/0034 du 13
décembre 2018 portant création, organisation et fonctionnement de l’Ordre
National des Ingénieurs Civils rendent obligatoire l'intervention d'architectes et
d'ingénieurs agréés pour la conception et la réalisation de certains types de
projets de construction, en particulier ceux de grande envergure.25

5. Les raccordements aux réseaux et infrastructures :

Une condition implicite mais essentielle est la possibilité de raccordement


de la construction aux réseaux publics (eau potable, électricité, assainissement,
voirie).
Les autorisations de raccordement sont souvent des préalables à l'occupation du
bâtiment et peuvent entraîner des coûts et des démarches spécifiques.
Les raccordements sont régis par des textes spécifiques aux secteurs de
l'eau (REGIDESO), de l'électricité (SNEL) et de l'assainissement, mais le Code
de l'urbanisme et de la construction mentionne que les plans locaux d'urbanisme
doivent inclure les plans des réseaux existants et futurs relatifs à ces services,
nous citons l’art 5 qui dispose : Toute construction à usage d'habitation doit être
alimentée en eau potable et en électricité.

24
[Link] Yves ALONI MUKOKO
25
Loi n°18/0033 du 13 décembre 2018 portant création, organisation et fonctionnement de l’Ordre National des
Architectes et Loi n°18/0034 du 13 décembre 2018 portant création, organisation et fonctionnement de l’Ordre
National des Ingénieurs Civils
11

Elle doit en outre être équipée d'un système d'assainissement évitant le rejet
direct des effluents en surface.26

6. Le contrôle et la réception des travaux :

Après l'achèvement des travaux, les autorités compétentes peuvent


effectuer des contrôles pour s'assurer de la conformité de la construction avec le
permis de construire délivré et les normes en vigueur.
La "réception" des travaux, qu'elle soit provisoire ou définitive, marque
l'acceptation de l'ouvrage et le début des périodes de garantie.
Le Code de l'urbanisme et de la construction de 2019 et les arrêtés
relatifs au permis de construire prévoient des mécanismes de contrôle de
conformité des travaux aux plans autorisés et aux normes en vigueur. 27

Le Manuel des procédures d'octroi du permis de construire mentionne l'octroi du


certificat de conformité après achèvement des travaux.28

Ces bases légales offrent un aperçu du cadre juridique complexe et en


constante évolution qui régit la construction en République Démocratique du
Congo.

Section 2 : analyse des cadres legeaux en matière de construction

Le cadre légal de la construction en République Démocratique du


Congo est le reflet d'une superposition de textes historiques et de lois plus
récentes, cherchant à s'adapter aux dynamiques urbaines contemporaines. Son
analyse implique de comprendre son évolution, sa structure actuelle et les défis
inhérents à sa mise en œuvre.

Paragraphe 1 : L'Évolution et la Structure du Cadre Juridique de la


Construction en RDC

26
Loi n° 6-2019 du 5 mars 2019 portant code de l'urbanisme et de la construction, art 5
27
Idem
28
Loi n° 6-2019 du 5 mars 2019 portant code de l'urbanisme et de la construction
12

Le droit de la construction en RDC est un domaine en pleine mutation,


caractérisé par une transition d'un ensemble de textes épars, souvent hérités de la
période coloniale, vers un cadre plus cohérent et modernisé.

Les fondations de ce droit remontent à l'Ordonnance n° 127-6 du 15


juin 1913 qui, bien qu'abrogée ou supplantée par des textes plus récents, a établi
les premières règles de sécurité, d'esthétique et de commodité des constructions
dans les circonscriptions urbaines.29

Par la suite, le Décret du 20 juin 1957 sur l'urbanisme a tenté d'apporter


un cadre plus structuré à la planification urbaine, même si son application a
souvent été limitée ou dépassée par l'urbanisation rapide et souvent anarchique. 30

La principale avancée législative est la Loi n° 6-2019 du 5 mars 2019


portant code de l'urbanisme et de la construction.

Ce code constitue désormais le texte central qui consolide et harmonise


les dispositions relatives à l'aménagement du territoire, à l'urbanisme
opérationnel, aux permis de construire, aux règles techniques de construction,
aux sanctions en cas d'infraction, et à l'organisation des professions y afférentes.

Il vise à offrir un cadre légal plus complet et adapté aux enjeux actuels
de développement urbain durable.31

Cette loi est complétée par d'autres textes fondamentaux qui intègrent
des dimensions essentielles de la construction :

La Loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux


relatifs à la protection de l'environnement, qui impose des considérations

29
Ordonnance n° 127-6 du 15 juin 1913, fixant les règles de sécurité, d'esthétique et de commodité que
devaient respecter les constructions dans les quartiers européens des circonscriptions urbaine
30
Décret du 20 juin 1957 sur l'urbanisme, J.O. Congo belge, 1957, p. 1104.}
31
Loi n° 6-2019 du 5 mars 2019 portant code de l'urbanisme et de la construction, J.O. RDC, numéro spécial,
mars 2019, article 1er.
13

environnementales dans les projets de construction, notamment à travers les


études d'impact environnemental.32

Les Lois n°18/033 et n°18/034 du 13 décembre 2018, qui ont institué et


réglementent respectivement l'Ordre National des Architectes et l'Ordre National
des Ingénieurs Civils, structurant ainsi les professions et responsabilisant
davantage les concepteurs et les maîtres d'œuvre dans la conformité des
ouvrages.33

En termes de structure hiérarchique, le droit de la construction en RDC


est organisé de la manière suivante : les lois (telles que le Code de l'urbanisme et
de la construction, les lois environnementales et celles sur les ordres
professionnels), suivies des décrets du Président de la République ou du Premier
Ministre (par exemple, pour la fixation de certaines modalités d'application),
puis des arrêtés ministériels (comme l'Arrêté ministériel n° CAB/MIN-
ATUHITPR/007/2013 du 26 juin 2013 et l'Arrêté du 31 mai 2018 qui détaillent
les procédures du permis de construire)34et enfin des règlements techniques ou
locaux.

Cette structure vise à assurer une cohérence juridique de la conception à


la réalisation des projets de construction.

Paragraphe 2 : Les Enjeux de la Mise en Application du Droit de la


Construction en RDC

32
Loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l'environnement,
J.O. RDC, 52e année, n° 15, 1er août 2011, articles 2 et 19.
33
Loi n°18/0033 du 13 décembre 2018 portant création, organisation et fonctionnement de l’Ordre National
des Architectes, et Loi n°18/0034 du 13 décembre 2018 portant création, organisation et fonctionnement de
l’Ordre National des Ingénieurs Civils, J.O. RDC, 59e année, n° 25, 1er décembre 2018.

34
Arrêté ministériel n° CAB/MIN-ATUHITPR/007/2013 du 26 juin 2013 portant règlementation de l'octroi du
permis de construire en République Démocratique du Congo, J.O. RDC, 54e année, n° 13, 1er juillet 2013.}
14

La mise en application du cadre légal de la construction en République


Démocratique du Congo, bien que robuste sur le papier, se heurte à des enjeux
significatifs qui entravent une urbanisation harmonieuse et sécurisée.

Ces défis sont de nature diverse, allant des lacunes institutionnelles à


des problèmes socio-économiques plus profonds, et ils impactent directement
l'efficacité des réglementations existantes.

L'un des principaux enjeux réside dans la capacité d'exécution de


l'administration publique.

Malgré la clarté des textes législatifs comme la Loi n° 6-2019 du 5


mars 2019 portant code de l'urbanisme et de la construction, les services
étatiques chargés de leur application font face à des contraintes structurelles. 35

Celles-ci incluent un manque de ressources humaines qualifiées, une


insuffisance de moyens logistiques pour les contrôles et les inspections, ainsi
qu'une coordination parfois défaillante entre les différentes entités impliquées
dans le processus de construction (urbanisme, cadastre, environnement, services
techniques des entités territoriales décentralisées).

Cette faiblesse opérationnelle peut conduire à des retards dans le


traitement des dossiers de permis, notamment ceux régis par l'Arrêté ministériel
n° CAB/MIN-ATUHITPR/007/2013 du 26 juin 2013 sur l'octroi du permis de
construire , à une surveillance insuffisante des chantiers et, in fine, à une
prolifération des constructions non conformes ou illégales.36

Un autre enjeu majeur est lié à la gouvernance et à l'intégrité du


processus. La complexité des procédures et le manque de transparence peuvent
créer des opportunités pour des pratiques non éthiques, où le respect des normes
est compromis au profit d'intérêts particuliers.

35
Loi n° 6-2019 du 5 mars 2019 portant code de l'urbanisme et de la construction, J.O. RDC, numéro spécial,
mars 2019
36
[Link]
15

Cela affaiblit la force de la loi et la confiance du public dans le système


réglementaire, encourageant ainsi les contournements des dispositions relatives
à la sécurité et à l'environnement, telles qu'énoncées dans la Loi n° 11/009 du 09
juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de
l’environnement.37

Par ailleurs, la faible sensibilisation et connaissance des lois par une


partie de la population et des acteurs du secteur de la construction constituent
également un frein.

Sans une compréhension claire des obligations légales et des avantages


d'une construction conforme, il devient difficile de promouvoir une culture du
respect de la règle, malgré les exigences professionnelles établies par des lois
comme celles régissant les Ordres Nationaux des Architectes et des Ingénieurs
Civils.38

On parle de :

 Importance de l'éducation publique : Cela souligne la nécessité critique de


campagnes de sensibilisation et de programmes d'éducation ciblant à la
fois le grand public et les professionnels du secteur de la construction.
 Renforcement des capacités : Au-delà de la simple sensibilisation, il est
nécessaire de renforcer les capacités des entrepreneurs et promoteurs
locaux pour comprendre et mettre en œuvre les exigences réglementaires
complexes.

Enfin, la pression démographique et l'urbanisation rapide exercent une


contrainte immense sur les capacités de planification et de contrôle.

37
Loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l'environnement,
J.O. RDC, 52e année, n° 15, 1er août 2011.}
38
Loi n°18/0033 du 13 décembre 2018 portant création, organisation et fonctionnement de l’Ordre National des
Architectes, et Loi n°18/0034 du 13 décembre 2018 portant création, organisation et fonctionnement de l’Ordre
National des Ingénieurs Civils, J.O. RDC, 59e année, n° 25, 1er décembre 2018
16

Face à une demande croissante de logements et d'infrastructures, les


autorités peinent à imposer un développement urbain structuré conformément
aux plans d'aménagement prévus par la loi, ce qui conduit souvent à des
constructions précipitées et non réglementées, posant des risques en termes de
sécurité, de salubrité publique et d'intégration dans le tissu urbain.

Développement complémentaire :

 Implantations informelles : Ce défi se manifeste souvent par la


prolifération d'implantations informelles ou de constructions non
planifiées qui manquent d'infrastructures et de services de base, ce qui
pose des risques importants pour la santé et la sécurité.
 Développement urbain durable : Cela met en évidence la tension continue
entre le besoin urgent de logements dans les villes à croissance rapide et
le désir d'un développement urbain planifié et durable.

Bien que la République Démocratique du Congo ait réalisé des progrès


significatifs dans l'établissement d'un cadre juridique complet pour la
construction, en particulier avec le Code de l'urbanisme et de la construction de
2019, sa mise en œuvre effective reste un défi majeur.

Aborder les problèmes de capacité administrative, de gouvernance, de


sensibilisation du public et les pressions de l'urbanisation rapide sera crucial
pour garantir des environnements urbains sûrs, sains et développés durablement
en RDC.

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