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2020 Lyon 060

Cette thèse examine l'adaptabilité du test de ventilation forcée chez les bovins, présentée à l'Université Claude-Bernard - Lyon I pour obtenir le grade de Docteur Vétérinaire. Elle inclut une étude de faisabilité et une expérimentation principale pour définir des paramètres standards pour ce test. Les résultats visent à améliorer le diagnostic des maladies respiratoires chez les bovins.

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2020 Lyon 060

Cette thèse examine l'adaptabilité du test de ventilation forcée chez les bovins, présentée à l'Université Claude-Bernard - Lyon I pour obtenir le grade de Docteur Vétérinaire. Elle inclut une étude de faisabilité et une expérimentation principale pour définir des paramètres standards pour ce test. Les résultats visent à améliorer le diagnostic des maladies respiratoires chez les bovins.

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VETAGRO SUP

CAMPUS VETERINAIRE DE LYON


Année 2020 - Thèse n°060

ETUDE DE L’ADAPTABILITE DU TEST DE VENTILATION


FORCEE CHEZ LES BOVINS

THESE
Présentée à l’UNIVERSITE CLAUDE-BERNARD - LYON I
(Médecine - Pharmacie)
et soutenue publiquement le 23 octobre 2020
pour obtenir le grade de Docteur Vétérinaire

par

AMRANI Ines
VETAGRO SUP
CAMPUS VETERINAIRE DE LYON
Année 2020 - Thèse n°060

ETUDE DE L’ADAPTABILITE DU TEST DE VENTILATION


FORCEE CHEZ LES BOVINS

THESE
Présentée à l’UNIVERSITE CLAUDE-BERNARD - LYON I
(Médecine - Pharmacie)
et soutenue publiquement le 23 octobre 2020
pour obtenir le grade de Docteur Vétérinaire

par

AMRANI Ines
Liste des Enseignants du Campus Vétérinaire de Lyon (01-09-2019)

ABITBOL Marie DEPT-BASIC-SCIENCES Professeur


ALVES-DE-OLIVEIRA Laurent DEPT-BASIC-SCIENCES Maître de c onférenc es
ARCANGIOLI Marie-Anne DEPT-ELEVAGE-SPV Professeur
AYRAL Florenc e DEPT-ELEVAGE-SPV Maître de c onférenc es
BECKER Claire DEPT-ELEVAGE-SPV Maître de c onférenc es
BELLUCO Sara DEPT-AC-LOISIR-SPORT Maître de c onférenc es
BENAMOU-SMITH Agnès DEPT-AC-LOISIR-SPORT Maître de c onférenc es
BENOIT Etienne DEPT-BASIC-SCIENCES Professeur
BERNY Philippe DEPT-BASIC-SCIENCES Professeur
BONNET-GARIN Jeanne-Marie DEPT-BASIC-SCIENCES Professeur
BOULOCHER Caroline DEPT-BASIC-SCIENCES Maître de c onférenc es
BOURDOISEAU Gilles DEPT-ELEVAGE-SPV Professeur
BOURGOIN Gilles DEPT-ELEVAGE-SPV Maître de c onférenc es
BRUYERE Pierre DEPT-BASIC-SCIENCES Maître de c onférenc es
BUFF Samuel DEPT-BASIC-SCIENCES Maître de c onférenc es
BURONFOSSE Thierry DEPT-BASIC-SCIENCES Professeur
CACHON Thibaut DEPT-AC-LOISIR-SPORT Maître de c onférenc es
CADORÉ Jean-Luc DEPT-AC-LOISIR-SPORT Professeur
CALLAIT-CARDINAL Marie-Pierre DEPT-ELEVAGE-SPV Maître de c onférenc es
CAROZZO Claude DEPT-AC-LOISIR-SPORT Maître de c onférenc es
CHABANNE Luc DEPT-AC-LOISIR-SPORT Professeur
CHALVET-MONFRAY Karine DEPT-BASIC-SCIENCES Professeur
DE BOYER DES ROCHES Alic e DEPT-ELEVAGE-SPV Maître de c onférenc es
DELIGNETTE-MULLER Marie-Laure DEPT-BASIC-SCIENCES Professeur
DJELOUADJI Zorée DEPT-ELEVAGE-SPV Maître de c onférenc es
ESCRIOU Catherine DEPT-AC-LOISIR-SPORT Maître de c onférenc es
FRIKHA Mohamed-Ridha DEPT-ELEVAGE-SPV Maître de c onférenc es
GALIA Wessam DEPT-ELEVAGE-SPV Maître de c onférenc es
GILOT-FROMONT Emmanuelle DEPT-ELEVAGE-SPV Professeur
GONTHIER Alain DEPT-ELEVAGE-SPV Maître de c onférenc es
GRANCHER Denis DEPT-BASIC-SCIENCES Maître de c onférenc es
GREZEL Delphine DEPT-BASIC-SCIENCES Maître de c onférenc es
HUGONNARD Marine DEPT-AC-LOISIR-SPORT Maître de c onférenc es
JANKOWIAK Bernard DEPT-ELEVAGE-SPV Maître de c onférenc es
JOSSON-SCHRAMME Anne DEPT-BASIC-SCIENCES Maître de c onférenc es
JUNOT Stéphane DEPT-AC-LOISIR-SPORT Maître de c onférenc es
KODJO Angeli DEPT-ELEVAGE-SPV Professeur
KRAFFT Emilie DEPT-AC-LOISIR-SPORT Maître de c onférenc es
LAABERKI Maria-Halima DEPT-ELEVAGE-SPV Maître de c onférenc es
LAMBERT Véronique DEPT-BASIC-SCIENCES Maître de c onférenc es
LE GRAND Dominique DEPT-ELEVAGE-SPV Professeur
LEBLOND Agnès DEPT-AC-LOISIR-SPORT Professeur
LEDOUX Dorothée DEPT-ELEVAGE-SPV Maître de c onférenc es
LEFEBVRE Sébastien DEPT-BASIC-SCIENCES Maître de c onférenc es
LEFRANC-POHL Anne-Céc ile DEPT-BASIC-SCIENCES Maître de c onférenc es
LEGROS Vinc ent DEPT-ELEVAGE-SPV Maître de c onférenc es
LEPAGE Olivier DEPT-AC-LOISIR-SPORT Professeur
LOUZIER Vanessa DEPT-BASIC-SCIENCES Professeur
MARCHAL Thierry DEPT-AC-LOISIR-SPORT Professeur
MOISSONNIER Pierre DEPT-AC-LOISIR-SPORT Professeur
MOUNIER Luc DEPT-ELEVAGE-SPV Professeur
PEPIN Mic hel DEPT-BASIC-SCIENCES Professeur
PIN Didier DEPT-AC-LOISIR-SPORT Professeur
PONCE Frédérique DEPT-AC-LOISIR-SPORT Professeur
PORTIER Karine DEPT-AC-LOISIR-SPORT Professeur
POUZOT-NEVORET Céline DEPT-AC-LOISIR-SPORT Maître de c onférenc es
PROUILLAC Caroline DEPT-BASIC-SCIENCES Maître de c onférenc es
REMY Denise DEPT-AC-LOISIR-SPORT Professeur
RENE MARTELLET Magalie DEPT-ELEVAGE-SPV Maître de c onférenc es
ROGER Thierry DEPT-BASIC-SCIENCES Professeur
SABATIER Philippe DEPT-ELEVAGE-SPV Professeur
SAWAYA Serge DEPT-BASIC-SCIENCES Maître de c onférenc es
SCHRAMME Mic hael DEPT-AC-LOISIR-SPORT Professeur
SERGENTET Delphine DEPT-ELEVAGE-SPV Professeur
THIEBAULT Jean-Jac ques DEPT-BASIC-SCIENCES Maître de c onférenc es
THOMAS-CANCIAN Aurélie DEPT-AC-LOISIR-SPORT Maître de c onférenc es
TORTEREAU Antonin DEPT-AC-LOISIR-SPORT Maître de c onférenc es
VIGUIER Eric DEPT-AC-LOISIR-SPORT Professeur
VIRIEUX-WATRELOT Dorothée DEPT-AC-LOISIR-SPORT Maître de c onférenc es
ZENNER Lionel DEPT-ELEVAGE-SPV Professeur

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REMERCIEMENTS

A Monsieur le Professeur SEVE,


De la Faculté de Médecine de Lyon,
Pour m’avoir fait l’honneur de présider mon jury,
Hommages respectueux.

A Madame le Professeur LOUZIER,


De VetAgro Sup campus vétérinaire de Lyon,

Pour m’avoir fait l'honneur d'accepter d'encadrer cette thèse,


Pour m’avoir soutenue tout au long de ce projet,
Mes plus sincères remerciements.

A Madame le Professeur ARCANGIOLI


De VetAgro Sup campus vétérinaire de Lyon,
Pour avoir accepté de participer à mon jury de thèse
Mes sincères remerciements.

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Table des matières
Introduction ............................................................................................................................... 19
Partie I : Bibliographie .............................................................................................................. 21
1. Organisation anatomo-physiologique de l’appareil respiratoire des bovins................. 21
1.1 Structure générale de l’appareil respiratoire du bovin .......................................... 21
1.2 Physiologie de l’appareil respiratoire des bovins .................................................. 28
2. Comparaison anatomique et physiologique de l’appareil respiratoire des bovins et des
équidés ................................................................................................................................. 32
2.1 Différences structurales entre bovins et équins .................................................... 33
2.2 Différences de capacité respiratoire entre équins et bovins ................................. 35
2.3 Comparaison de la consommation en dioxygène des 2 espèces en fonction de
leur mode de vie ............................................................................................................... 37
3. L’examen de l’appareil respiratoire des bovins ............................................................ 38
3.1 L’examen à distance .............................................................................................. 38
3.2 Palpation – percussion........................................................................................... 38
3.3 Auscultation pulmonaire ........................................................................................ 39
4. Test de ventilation forcée chez les équidés .................................................................. 43
4.1 Indications du test de ventilation forcée ................................................................ 43
4.2 Réalisation du test ................................................................................................. 43
4.3 Limites .................................................................................................................... 46
5. Indications et intérêt du test de ventilation forcée chez les bovins .............................. 47
5.1. Prévalence des maladies respiratoires en élevage bovin et impact économique .... 47
5.2. Une aide au diagnostic .............................................................................................. 47
5.3 Premiers résultats de tests similaires en recherche animale .................................... 48
Partie II - Pré-expérimentation : étude de faisabilité d’un test de ventilation forcée chez les
bovins ....................................................................................................................................... 51
1. Objectif........................................................................................................................... 51
2. Matériel et méthodes ..................................................................................................... 51
2.1 Echantillon étudié et matériel................................................................................. 51
2.2 Méthodes ............................................................................................................... 51
3. Résultats ........................................................................................................................ 52
3.1 Réaction générale des bovins au test ................................................................... 52
3.2 Résultats liés au volume du sac plastique ............................................................ 52
3.3 Résultats de l’auscultation pulmonaire .................................................................. 52
3.4 Résultats liés à la durée du test ............................................................................ 52
4. Discussion ..................................................................................................................... 53
4.1 Volume du sac idéal............................................................................................... 53

Page 9 sur 99
4.2 Durée du test idéale ............................................................................................... 53
4.3 Autres constatations .............................................................................................. 54
4.4 Points à améliorer .................................................................................................. 54
4.5 Améliorations envisagées ...................................................................................... 54
Partie III - Expérimentation principale : Etude afin de définir des paramètres standards suite
à l’utilisation du test chez la vache laitière ............................................................................... 57
1. Matériel et méthodes ..................................................................................................... 57
1.1 Réalisation du panier pour bovins ......................................................................... 57
1.2 Autre matériel utilisé .............................................................................................. 58
2. Méthodes ....................................................................................................................... 59
2.1 Recrutement des élevages .................................................................................... 59
2.2 Critères de sélection de l’échantillonnage ............................................................. 59
2.3 Planning et conditions de réalisation des tests ..................................................... 60
2.4 Etapes préliminaires à la réalisation du test .......................................................... 63
2.5 Déroulement du test............................................................................................... 64
2.6 Suivi des animaux .................................................................................................. 65
2.7 Analyse statistique ................................................................................................. 65
3. Résultats ........................................................................................................................ 65
3.1 Description de la population testée ....................................................................... 65
3.2 Synthèse des résultats........................................................................................... 67
3.3 Effet du stade physiologique sur les résultats du test au sac ............................... 71
4. Discussion ..................................................................................................................... 74
4.1 Etude préliminaire .................................................................................................. 74
4.2 Biais de sélection et représentativité du groupe ................................................... 74
4.3 Discussion sur le protocole de test ........................................................................ 75
4.4 Discussion sur les résultats ................................................................................... 76
4.5 Perspectives........................................................................................................... 77
5. Application clinique........................................................................................................ 78
5.1 Cas n°1................................................................................................................... 78
5.2 Cas n°2................................................................................................................... 79
5.3 Intérêt du test de ventilation forcée ....................................................................... 80
Conclusion ....................................................................................... Erreur ! Signet non défini.

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Table des annexes

Annexe 1 – Fiche individuelle bovin – étude préliminaire


Annexe 2 – Fiche d’expérimentation – étude préliminaire
Annexe 3 – Tableau de données – étude principale
Annexe 4 – Script RStudio pour l’étude statistique

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Table des figures

Figure 1 - Mufle du bœuf. D’après (DEE FAILS, MAGEE, 2018) ........................................... 21


Figure 2 - Coupe paramédiane du pharynx et du larynx de boeuf. D'après (CHATELAIN,
1985)......................................................................................................................................... 22
Figure 3 - Coupe médiale du larynx de boeuf. D'après (BARONE, 1997) .............................. 23
Figure 4 - Anatomie de la trachée et des bronches principales. D’après (DEE FAILS,
MAGEE, 2018) ......................................................................................................................... 24
Figure 5 - Aspect des poumons des bovins. D'après (JACKSON, COCKCROFT, 2002) ...... 25
Figure 6 - Schéma général de l'arbre bronchique des bovins, de la trachée à l'alvéole.
D'après (DEE FAILS, MAGEE, 2018) ...................................................................................... 26
Figure 7 - Topographie des poumons et des plèvres au sein de la cavité thoracique. D’après
(CHATELAIN, 1985) ................................................................................................................. 26
Figure 8 - Vue ventrale schématique du thorax durant l'inspiration. Les flèches montrent les
directions de l'élargissement du thorax lorsque le diaphragme et les muscles intercostaux se
contractent. D'après (JACKSON, COCKCROFT, 2002b) ....................................................... 27
Figure 9 - Schéma bilan : volumes et capacités respiratoires, déterminés en partie à partir de
la spirométrie chez l’homme. D'après (WEST, 2012a) ........................................................... 29
Figure 10 - Schéma des deux types d'écoulements................................................................ 31
Figure 11 - Poumons du cheval (A) et du bovin (B) en vue dorsale. a : trachée, b : bronches
primaires, c : bronche trachéale, d : bronches secondaires. Mauve : lobe crânial gauche ;
rouge : lobe caudal gauche ; jaune : lobe crânial droit ; vert : lobe moyen droit ; bleu clair :
lobe caudal droit ; bleu foncé : lobe accessoire. D’après (DEE FAILS, MAGEE, 2018) ........ 33
Figure 12 - Disposition du poumon gauche chez le bovin et chez le cheval, vue en coupe du
thorax. a : lobe crânial; a' : partie crâniale du lobe crânial; b : partie caudale du lobe crânial; c
: lobe caudal; d : diaphragme; e : cœur. D'après (DEE FAILS, MAGEE, 2018) ..................... 34
Figure 13 - Comparaison de la consommation en O2 et la capacité de diffusion de l'O2
rapportée au poids entre le bœuf et le cheval. D'après (WEIBEL, 1983) ............................... 37
Figure 14 - Deux méthodes de percussion. D'après (JACKSON, COCKCROFT, 2002b) ..... 39
Figure 15 - Aire d'auscultation pulmonaire à droite chez la vache. D'après (STOBER, 1985),
(ROSENBERGER, 1979) ......................................................................................................... 40
Figure 16 - Aire d'auscultation pulmonaire à gauche chez la vache. D'après (STOBER,
1985), (ROSENBERGER, 1979) ............................................................................................. 40
Figure 17 - Positionnement du panier avant le test. Cliché : E. DURBEC.............................. 43
Figure 18 - Test de ventilation forcée chez un cheval. Cliché : E.DURBEC .......................... 44
Figure 19- Aire d'auscultation pulmonaire. EIC : espace intercostal. D'après (DEQUIER,
CADORE, 2010). Cliché : MORI M. ......................................................................................... 45
Figure 20 - Schématisation du panier pour bovins .................................................................. 58
Figure 21 - Schéma de la disposition des bovins pour faciliter l'expérimentation .................. 62
Figure 22 - Panier mis en place sur le bovin ........................................................................... 63
Figure 23 - Dispositif panier + sac plastique. A gauche : avec un aide qui tient le sac, à
droite : en autonomie avec un lien. .......................................................................................... 64
Figure 24 - Répartition des vaches testées selon leur mois de lactation. (en ordonnées :
nombre de bovins, en abscisse : mois de lactation)................................................................ 66
Figure 25 - Répartition des vaches gestantes testées selon leur mois de gestation ............. 66
Figure 26 - Répartition des vaches testées selon leur rang de lactation ................................ 67
Figure 27 - Répartition des fréquences respiratoires du groupe de vaches non gestantes et
du groupe de vaches au dernier tiers de gestation ................................................................. 68

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Figure 28 – Histogramme des effectifs : répartition des bovins testés en fonction de la durée
nécessaire avant l'augmentation des bruits respiratoires (en secondes) ............................... 69
Figure 29 - Histogramme des effectifs : répartition des bovins testés en fonction du délai
avant le retour à la fréquence respiratoire au repos................................................................ 70
Figure 30 - Diagrammes en boîte représentant le délai avant l'augmentation d'intensité des
bruits respiratoires dans deux groupes : vaches gestantes et vaches non gestantes ........... 71
Figure 31 - Diagramme en boîte représentant le délai avant retour à la fréquence respiratoire
au repos dans deux groupes : vaches gestantes et vaches non gestantes ........................... 72
Figure 32 – Diagrammes en boîte représentant le délai avant l'augmentation d'intensité des
bruits respiratoires dans deux groupes : primipares et multipares. ........................................ 73
Figure 33 - Diagramme en boîte représentant le délai avant retour à la fréquence respiratoire
au repos dans deux groupes : primipares et multipares ......................................................... 73

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Table des tableaux

Tableau 1 - Rapport entre le volume d'espace mort et le volume courant chez différentes
espèces. D'après (KIRSCHVINK, REINHOLD, 2008) ............................................................. 30
Tableau 2 - Particularités anatomiques du parenchyme pulmonaire de différentes espèces.
D'après (KIRSCHVINK, REINHOLD, 2008) ............................................................................ 35
Tableau 3 - Anatomie et physiologie comparée du bœuf et du cheval ................................... 36
Tableau 4 - Bruits respiratoires anormaux. D'après (JACKSON, COCKCROFT, 2002b),
(BONAL, 1992), (CURTIS et al., 1986).................................................................................... 42
Tableau 5 - Bruits audibles lors de l'auscultation pulmonaire du cheval et interprétation.
D’après (DEQUIER, CADORE, 2010) ..................................................................................... 46
Tableau 6 - Principaux virus respiratoires bovins et évaluation du pouvoir pathogène. D'après
(MEYER et al., 2011) ............................................................................................................... 47
Tableau 7 - Intervalle de temps avant augmentation des bruits respiratoires pour chaque
bovin testé ................................................................................................................................ 52
Tableau 8 - Observations en fonction de la durée du test pour chaque bovin ....................... 53
Tableau 9 - Planning des tests et nombre de bovins testés par élevage ............................... 61
Tableau 10 - Comparaison de la répartition des rangs de lactation des bovins de l'échantillon
à la moyenne nationale Montbéliardes. D’après (INSTITUT ELEVAGE, 2018) ..................... 75

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Liste des abréviations

ATT : Aspiration Trans-Trachéale


BCoV : Bovine CoronaVirus
BoHV-1 : Bovine alphaHerpesVirus 1
BVDV : Bovine Viral Diarrhea Virus – Virus de la Diarrhée Virale Bovine
CPT : Capacité Pulmonaire Totale
CV : Capacité Vitale
D : Débit ventilatoire
EIC : Espace InterCostal
FC : Fréquence Cardiaque
FR : Fréquence Respiratoire
GAEC : Groupement Agricole d’Exploitation en Commun
IBR : Infectious Bovine Rhinotracheitis - Rhinotrachéite infectieuse bovine
LBA : Lavage Broncho-Alveolaire
LCR : Liquide Céphalo-Rachidien
NEC : Note d’Etat Corporel
PaCO2 : Pression partielle en dioxyde de carbone
PaO2 : Pression partielle en dioxygène
pH : Potentiel Hydrogène
PI3b : virus Para-Influenza 3 bovin
SNC : Système Nerveux Central
T : période du cycle ventilatoire
UCRA : Unité Clinique Rurale de l’Arbresle
V : Volume courant
Va : Ventilation alvéolaire
VD : espace mort
VO2 : consommation en dioxygène
VO2max : consommation en dioxygène maximale
VR : Volume Residuel

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VRE : Volume de Reserve Expiratoire
VRI : Volume de Reserve Inspiratoire
VRSB : Virus Syncytial Bovin

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Introduction

Le test de ventilation forcée est utilisé en pratique courante pour évaluer la


capacité pulmonaire des chevaux. C’est un test simple à mettre en place, peu couteux
et peu invasif pour l’animal. Il permet une auscultation précise et simplifiée des
poumons et participe ainsi à l’élaboration du diagnostic lors d’atteintes pulmonaires.
L’enjeu de cette étude est de déterminer s’il est possible d’adapter ce test pour une
utilisation sur les bovins. En effet, ces animaux sont sujets aux maladies respiratoires
et leur auscultation simple est difficile. Les bruits respiratoires sont très peu audibles
dans les premières phases des atteintes respiratoires. Souvent, le vétérinaire a
recours à une antibiothérapie probabiliste sans avoir de certitude sur son diagnostic.
Le test de ventilation forcée pourrait être un indicateur de la capacité pulmonaire des
bovins et ainsi orienter le vétérinaire dans son traitement.
Peu d’études sur le test de ventilation forcée existent chez le cheval et aucune n’a été
réalisée sur les bovins. Il sera donc difficile de s’appuyer sur des travaux précédents
et cette étude se veut être préliminaire pour de futures expérimentations qui viendront
étayer le sujet.
Dans un premier temps, nous étudierons l’appareil respiratoire des bovins et des
chevaux et nous nous attarderons sur leur comparaison. Ainsi, les différences et les
similitudes anatomiques et physiologiques seront des clefs de compréhension des
résultats des tests. Puis, la réalisation de l’examen de l’appareil respiratoire des bovins
sera détaillée : il est nécessaire de savoir la réaliser correctement pour obtenir des
résultats fiables. Nous nous intéresserons ensuite au test de ventilation chez les
chevaux, déjà décrit par d’autres auteurs, car il constitue le modèle de cette étude.
Enfin, nous aborderons l’intérêt de réaliser ce test chez les bovins, et les études
similaires déjà menées chez les veaux.
Dans un second temps, nous présenterons la partie expérimentale de cette étude
menée pendant deux ans. Une étude préliminaire a permis d’optimiser le protocole du
test de ventilation forcée chez les bovins. Puis, les expérimentations sur un échantillon
de vaches laitières ont contribué à la détermination d’intervalles de confiance
nécessaires pour standardiser le test. Les limites de cette méthode de diagnostic sont
également évoquées ainsi que les perspectives d’améliorations. Une application
clinique sur des bovins suspects donne un aperçu de ce qui pourra être réalisé par la
suite.

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Partie I : Bibliographie

1. Organisation anatomo-physiologique de l’appareil respiratoire des


bovins

L’appareil respiratoire est « constitué par l’ensemble des organes qui assurent les
échanges gazeux entre le sang et le milieu ambiant » (BARONE, 1997). On le définit
par l’ensemble composé des voies respiratoires (cavités nasales, pharynx, larynx,
trachée et bronches), du tissu pulmonaire associé aux plèvres et de la cavité
thoracique.
Nous étudierons ici la structure de l’appareil respiratoire afin de pouvoir réaliser une
auscultation efficace (ainsi nous ne nous intéresserons qu’aux parties de l’appareil
respiratoire relatives à l’auscultation).

1.1 Structure générale de l’appareil respiratoire du bovin

L’appareil respiratoire est divisé en deux parties, supérieure et inférieure,


délimitées arbitrairement par le bord caudal du cartilage cricoïde du larynx. (BREEZE,
1985)
Les voies aériennes supérieures conduisent l'air depuis le milieu ambiant jusqu'aux
poumons où s'effectuent alors les échanges gazeux. Elles assurent le réchauffement
et l'humidification de l'air, protégeant ainsi l’arbre aérifère des agressions exogènes et
favorisant les échanges gazeux au niveau des poumons.

1.1.1 Les cavités nasales

Les cavités nasales sont divisées en deux parties symétriques qui permettent
l’entrée de l’air dans l’organisme, qu’elles réchauffent, humidifient et dépoussièrent .

Figure 1 - Mufle du bœuf. D’après (DEE FAILS, MAGEE, 2018)

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Elles débutent par le mufle (cf Fig.1), abondamment humidifié par les glandes
séreuses situées au niveau des fovéoles (DEE FAILS, MAGEE, 2018). Puis elles se
prolongent par les cornets nasaux : ventral, à double enroulement chez les ruminants ;
moyen, assez volumineux ; et dorsal, plus faible et plus simple. Ils sont séparés par
des méats qui permettent la circulation de l’air. (BARONE, 1997)
La muqueuse pituitaire tapisse les cavités nasales : elle est très irriguée et permet
ainsi de réchauffer et humidifier l’air inspiré. (CHATELAIN, 1985). Elle retient une
grande partie des particules inhalées et joue le rôle de filtre. Pendant le passage de
l’air du milieu extérieur à l’appareil respiratoire supérieur, l’air est réchauffé jusqu’à la
température du corps et son taux d’humidité monte à 95% environ. 0.75L de
sécrétions nasales sont nécessaires pour humidifier 10 000L d’air inspiré, ce qui
correspond à la quantité d’air inspiré par jour par un bovin de 600kg environ. Ces
sécrétions sont composées à 95% d’eau, 1% de protéines, 1% de glucides, 1% de
lipides (dont du surfactant) et 1% de matière inorganique. (BREEZE, 1985)
Les sinus paranasaux ne jouent aucun rôle dans la respiration à proprement parler,
nous ne développerons pas leur anatomie.

1.1.2 Le pharynx

Le pharynx est un large conduit musculo-membraneux, court chez le bœuf


distingué en un nasopharynx et un laryngopharynx (CHATELAIN, 1985). C’est le
carrefour entre les voies digestives et respiratoires (cf Fig.2). Il est appendu aux
choanes et à l’isthme du gosier et se continue par l’œsophage au-delà du larynx.

Figure 2 - Coupe paramédiane du pharynx et du larynx de boeuf. D'après


(CHATELAIN, 1985)

Page 22 sur 99
1.1.3 Le Larynx

Le larynx permet le passage de l’air du pharynx à la trachée et empêche les


aliments de passer dans la trachée (DEE FAILS, MAGEE, 2018). Mobile, il augmente
ou réduit le débit d’air entrant. Il est très innervé et comprend des récepteurs sensitifs
qui, lorsqu’ils sont activés, sont responsables du réflexe de la toux. Il est constitué de
différents cartilages, principaux et accessoires, mobilisés et liés par des ligaments et
des muscles (cf Fig.3). L’action de ces muscles peut augmenter ou diminuer le calibre
des voies aériennes, modifiant ainsi la résistance au passage de l’air. Ils sont activés
et coordonnés avec la phase inspiratoire et peuvent éviter une fausse déglutition.

Figure 3 - Coupe médiale du larynx de boeuf. D'après (BARONE, 1997)

Page 23 sur 99
1.1.4 La trachée

Directement associée au larynx, la trachée est un tube maintenu ouvert par des
anneaux cartilagineux, qui permet la conduction de l’air jusqu’aux poumons. Elle est
longue de 60 cm environ chez le bœuf, composée de 45 à 60 cartilages, et son calibre
est variable sur sa longueur mais aussi pendant le cycle respiratoire (augmenté à
l’expiration). Elle se termine par la bifurcation trachéale (cf Fig.4), distribuant l’air à
chaque poumon par une bronche principale. (BARONE, 1997). Quelques centimètres
avant la bifurcation terminale, elle distribue la bronche trachéale.

Figure 4 - Anatomie de la trachée et des bronches principales. D’après (DEE FAILS,


MAGEE, 2018)

La bronche principale gauche se divise ensuite en une bronche lobaire caudale et un


tronc commun (bronche lobaire crâniale et bronche lobaire moyenne). La bronche
principale droite se divise en une bronche lobaire moyenne et une bronche lobaire
caudale (puis lobaire accessoire).
Les bronches lobaires se divisent ensuite en bronches segmentaires, qui elles-mêmes
se divisent en rameaux subsegmentaires qui aboutissent aux bronchioles. Ainsi, les
multiples subdivisions de l’arbre bronchique ont pour effet de ralentir la vitesse de
circulation de l’air dans les dernières segmentations et de favoriser ainsi les échanges
gazeux. (BREEZE, 1985)

1.1.5 Les poumons

Les poumons sont le siège de l’hématose. Ils occupent une bonne partie de la cavité
du thorax, et sont entourés d’une séreuse : la plèvre.
Les deux poumons des bovins sont de structure et de capacité différentes (cf Fig.5) :
le poumon droit représente à lui seul 55 à 65% du volume pulmonaire total (2.5 à 2.8kg

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sur animal saigné) (CHATELAIN, 1985). Il est divisé en 6 lobes : caudal (le plus épais),
accessoire, médial, moyen caudal, moyen crânial et crânial. Il est très développé et se
recourbe sous la trachée en refoulant une partie du médiastin crânial. Contrairement
aux autres espèces, la bronche du lobe pulmonaire crânial droit des ruminants prend
source directement de la trachée et non pas de la bronche principale. Le poumon
gauche quant à lui ne comporte que 3 lobes : caudal, moyen et crânial.

Figure 5 - Aspect des poumons des bovins. D'après (JACKSON, COCKCROFT,


2002)

Le parenchyme pulmonaire est divisé en lobules pulmonaires qui sont chacun


associés à une bronchiole supralobulaire et deux artérioles provenant de l’artère
pulmonaire et de l’artère bronchique. Les bronchioles supralobulaires se divisent
ensuite en nombreuses bronchioles terminales qui se termineront en bronchioles
respiratoires, dont chacune dessert de nombreuses alvéoles (cf Fig.6). La densité du
tissu pulmonaire (le rapport entre la masse de l’organe et celle d’un même volume
d’eau) est relativement faible à cause de la présence d’air dans les alvéoles, elle est
généralement de 0.5. (BARONE, 1997)

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Figure 6 - Schéma général de l'arbre bronchique des bovins, de la trachée à
l'alvéole. D'après (DEE FAILS, MAGEE, 2018)

1.1.6. Les plèvres et la cavité thoracique

Les plèvres sont formées d’un feuillet pariétal et d’un feuillet viscéral (plus fin).
Elles limitent la cavité pleurale où la pression est légèrement inférieure à la pression
atmosphérique. L’espace pleural sépare les deux feuillets de la plèvre et contient un
liquide pauvre en protéines (0.3mL par Kg de poids vif) qui permet le glissement des
deux feuillets. (MISEROCCHI, NEGRINI, 1991)

Figure 7 - Topographie des poumons et des plèvres au sein de la cavité thoracique.


D’après (CHATELAIN, 1985)

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Les plèvres des bovins sont très épaisses, les travées interlobulaires sont
particulièrement développées et donnent un aspect en mosaïque au poumon.
La cavité thoracique est un espace clos mais dynamique, communiquant avec
l’extérieur par les voies aériennes supérieures. Ses limites sont composées du
sternum en partie ventrale, des vertèbres thoraciques en partie dorsale, de l’entrée de
la poitrine en partie crâniale, du diaphragme en partie caudale et des côtes et muscles
intercostaux latéralement (cf Fig.7).

1.1.7. Les muscles impliqués dans la respiration

Le diaphragme est le muscle principal de l’inspiration. Il sépare les cavités


abdominale et thoracique par une cloison musculo-aponévrotique en forme de coupole
convexe cranialement. Il est attaché ventralement au sternum, latéralement aux côtes
les plus caudales et dorsalement aux vertèbres lombaires. La contraction des fibres
du diaphragme force les organes abdominaux caudalement vers l’abdomen ; le
volume du thorax augmente et la pression intra-thoracique diminue, permettant
l’entrée d’air dans les poumons (cf Fig.8).

Figure 8 - Vue ventrale schématique du thorax durant l'inspiration. Les flèches


montrent les directions de l'élargissement du thorax lorsque le diaphragme et les
muscles intercostaux se contractent. D'après (JACKSON, COCKCROFT, 2002b)

Les muscles intercostaux externes, qui relient les côtes entre elles et dont les fibres
sont orientées en direction ventro-caudale, jouent également un rôle lors de
l’inspiration : lors de leur contraction, les côtes montent et s’écartent, contribuant ainsi
à l’augmentation du volume thoracique.

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Les muscles intercostaux internes, dont les fibres sont orientées en direction
ventro-crâniale, agissent lors de l’expiration forcée, uniquement pathologique chez les
bovins. (DEE FAILS, MAGEE, 2018)

1.2 Physiologie de l’appareil respiratoire des bovins

L’objectif de cette partie est de mettre en évidence les particularités physiologiques


de la fonction respiratoire bovine afin de mieux comprendre l’intérêt et le
fonctionnement du test de ventilation forcée.

1.2.1. Le cycle respiratoire

L’enchaînement de l’inspiration suivie de l’expiration forme le cycle respiratoire.


La première phase de la ventilation, l’inspiration, est un phénomène actif qui
nécessite l’action de différents muscles (le diaphragme, les muscles intercostaux
externes, les muscles sternomastoïdiens, les muscles scalènes et les muscles
laryngés). Elle contribue à l’augmentation du volume pulmonaire ainsi que de la cage
thoracique, diminuant alors la pression inter-pleurale.
La deuxième phase de la ventilation, au contraire, est un phénomène
principalement passif. Les muscles engagés dans l’inspiration se relâchent.
Cependant, lors d’une expiration forcée (phénomène pathologique ou déclenché par
exemple lors du test au sac), cette phase devient active en faisant intervenir les
muscles intercostaux, obliques, transverses et droit de l’abdomen.

1.2.2. Volumes et capacités respiratoires

Le volume courant (V), est le volume d’air déplacé au cours de chaque cycle
ventilatoire. La période (T) du cycle ventilatoire est la durée nécessaire entre le début
de l’inspiration d’un cycle jusqu’au début de l’inspiration du cycle suivant. Ainsi, on
définit la fréquence respiratoire comme étant 1/T. Elle augmente lorsque la taille de
l’animal diminue, lors de l’exercice physique, lors d’une augmentation de température
ou lors d’une diminution de la pression atmosphérique.
Le débit ventilatoire est la quantité d’air mobilisée au cours de la ventilation par
unité de temps (D), il dépend du volume courant (V) et de la fréquence respiratoire
(1/T) tel que :
D = V/T
On définit également les volumes de réserve inspiratoire (VRI) et expiratoire (VRE)
tels que les volumes d’air que peut inspirer ou expirer l’animal après une inspiration
ou une expiration normale. (GUSTIN et al., 1986)
Le volume résiduel (VR) n’est pas mobilisable par l’animal lors de l’expiration : ainsi,
le volume pulmonaire n’est jamais nul.

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La capacité vitale (CV) est la somme des volumes mobilisables par l’animal soit le
volume courant mais aussi les volumes inspiratoire et expiratoire de réserve telle que :
CV = V+VRE+VRI
Enfin, la capacité pulmonaire totale (CPT) est la somme de l’ensemble des volumes
pulmonaires, c’est le volume d’air maximal emmagasiné dans les poumons.
CPT = CV+VR
La Figure 9 schématise les différents types de volumes pulmonaires détaillés :

Figure 9 - Schéma bilan : volumes et capacités respiratoires, déterminés en partie à


partir de la spirométrie chez l’homme. D'après (WEST, 2012a)

1.2.3 Espace mort

Lors de la ventilation, la totalité de l’air inspiré n’atteint pas dans les alvéoles.
En effet, une partie de l'air inspiré reste dans l'arbre aérifère (appareil respiratoire
supérieur ou inférieur) et n'entre donc jamais en contact avec les surfaces d'échange
alvéolo-capillaire. L’animal fournit donc de l'énergie pour le faire circuler à travers
l’appareil respiratoire sans qu’il ne tire parti de l’oxygène de cette fraction d’air. Il s’agit
de l’espace mort (VD) : les zones ventilées qui ne sont pas perfusées.
Le rapport entre le volume d’espace mort et le volume courant nous permet d’évaluer
le risque d’hypoventilation chez une espèce donnée (cf Tableau 1). Ainsi, plus le
rapport est élevé, plus l’espèce est sensible aux maladies pulmonaires obstructives.
(KIRSCHVINK, REINHOLD, 2008).

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Tableau 1 - Rapport entre le volume d'espace mort et le volume courant chez
différentes espèces. D'après (KIRSCHVINK, REINHOLD, 2008)

Espèce VD/V
Cochon d’Inde 38%
Humain 29 – 40%
Chien 33%
Mouton 58%
Porc 53 – 59%
Bœuf 40 – 55% (jusqu’à 75%)
Cheval 49 – 75%

L'espace mort chez le cheval au repos représente 49 à 55% du volume courant, ce qui
correspond à un volume d’environ 3.5L (MARLIN, NANKERVIS, 2002). Chez le bovin,
l’espace mort estimé par l’étude de (STAHL, 1967) pour une masse de 600kg est de
1.3L environ, soit 40 à 55% du volume courant.
On trouve deux types d’espace mort physiologiques :
- l'espace mort anatomique soit la fraction de l'air inspiré circulant dans les voies
respiratoires mais n’entrant pas en contact avec les surfaces d'échange respiratoire
(alvéoles ou surface respiratoire de bronchiole). Il correspond à l’ensemble des
volumes des naseaux, du nasopharynx, de la trachée, des bronches et des premières
bronchioles.
- l'espace mort alvéolaire soit le volume d'air qui entre dans les alvéoles sans participer
aux échanges gazeux car la zone n'est pas perfusée par les capillaires pulmonaires.
La ventilation alvéolaire (Va), plus représentative des échanges gazeux réels, est donc
le débit d’air inspiré qui pénètre dans les alvéoles et participe aux échanges gazeux,
telle que :
Va = (V-VD)*FR, avec FR la fréquence respiratoire

1.2.4 Les résistances pulmonaires

Lorsque le flux d’air circule dans les voies aériennes, il est soumis à des
résistances. Les résistances sont définies comme la difficulté que rencontre le flux
d’air pour circuler dans les voies respiratoires sous l’action d’un gradient de pression.
De par la conformation spécifique des cavités nasales et du larynx des chevaux et
des bovins, les résistances sont principalement causées par les voies respiratoires
supérieures extrathoraciques (plus de 2/3 des résistances totales chez les jeunes
bovins). Le reste des résistances est partagé entre les résistances liées aux voies
périphériques (bronches, bronchioles), et les résistances du tissu pulmonaire lié au
frottement des tissus les uns contre les autres. (LEKEUX, 1997)
A faible débit, le flux est dit laminaire : la circulation de l’air est parallèle au
conduit des voies aériennes (cf Fig.10). Le débit volumique suit alors la loi de
Poiseuille :

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P π r4
V= avec P la pression, r le rayon, n la viscosité, et l la longueur du conduit
8nl
On peut donc calculer la résistance (R) lorsque le flux est laminaire car PV=R d’où :
8nl
R= 4
πr
A haut débit, le flux est qualifié de turbulent : la circulation de l’air dans le conduit
devient désorganisée avec la formation de tourbillons (cf Fig.10). (WEST, 2012a)

Figure 10 - Schéma des deux types d'écoulements


A : laminaire, B : turbulent

1.2.5 Le contrôle de la respiration par chémosensibilité

La ventilation est adaptée en fonction des concentrations sanguines en CO2,


O2 et H+ et des besoins métaboliques de l’animal. Chez les bovins, la réponse
ventilatoire à l’hypercapnie et à l’hypoxie est plus faible que chez les autres animaux
domestiques. (LEKEUX, 1997)
Lors d’un processus pathologique, l’organisme cherche à maintenir les PaCO2, PaO2
et le pH sanguin. Si la PaO2 ou le pH diminue, ou la PaCO2 augmente, on provoque
une hyperventilation. A l’inverse si la PaO2 ou le pH augmente ou la PaCO2 diminue,
on provoque une hypoventilation.
Lors du test de ventilation forcée, on modifie les échanges gazeux : la PaCO2
augmente dans le sac, et la PO2 diminue. La pression partielle en CO2 artérielle
augmente et la pression partielle en O2 artérielle diminue.
La régulation chimique est alors effectuée en partie par les chémorécepteurs
périphériques, qui sont situés dans les corpuscules carotidiens et aortiques. Ils sont
sensibles aux variations de PaO2 et envoient des influx nerveux par le biais du nerf
glossopharyngien jusqu’aux centres respiratoires bulbaires. Cette régulation chimique
a également lieu au niveau des chémorécepteurs centraux, situés à la surface ventrale
du bulbe. Ils sont sensibles aux variations de la concentration d’ions H+ de de CO2
dans le liquide céphalo rachidien. Lorsque le pH du LCR diminue, les neurones
inspiratoires sont stimulés et provoquent alors une hyperventilation.
La réponse des chémorécepteurs périphériques est nettement moins importante que
celle des chémorécepteurs centraux (moins de 20% pour un individu soumis à une
augmentation de la PCO2 de l’air inspiré). Mais elle est beaucoup plus rapide et utile
lors de changements brusques de PCO2 de l’air, comme c’est le cas lors du test de
ventilation forcée. (WEST, 2012b)

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1.2.6. Le contrôle de la respiration par les mécanorécepteurs

La régulation mécanique de la ventilation a lieu dans le parenchyme pulmonaire


et les voies aériennes, au niveau des mécanorécepteurs. Ces derniers sont sensibles
à l’étirement : lorsque le niveau d’inflation devient trop élevé, ils envoient un influx
nerveux via le nerf X jusqu’au centre bulbaire, responsable de l’arrêt de l’inspiration.
Ils engendrent ainsi le réflexe de Hering – Breuer. Certains mécanorécepteurs sont
situés dans la paroi pharyngée et activent les muscles dilatateurs du pharynx lorsque
l’étirement devient important. (SHERWOOD et al., 2016) (Bruce, Cherniack, 1987).
Lors du test au sac, le niveau d’inflation devient artificiellement élevé car le volume
d’air est limité à 50 litres.

1.2.7. Le contrôle de la respiration par les autres afférences respiratoires

D’autres stimuli respiratoires exercent des influences modulatrices sur la fréquence


respiratoire de base, notamment : (SILBERNAGL, DESPOPOULOS, 2017)
- Des terminaisons nerveuses sensibles à l’irritation, situées dans la muqueuse
bronchique : en cas de diminution du volume pulmonaire, de gaz ou particules
irritants, la fréquence respiratoire augmente.
- Des terminaisons des fibres C dans la paroi alvéolaire et bronchique : elles sont
stimulées en cas d’œdème pulmonaire et provoquent une apnée.
- Des centres supérieurs du SNC (cortex, système limbique, hypothalamus, pont)
lors de réactions de peur ou lors de réflexes tels que l’éternuement, la toux ou
la déglutition.
- Des barorécepteurs : lors d’une chute de pression sanguine, ils induisent une
hyperpnée.
- Du centre thermorégulateur : une augmentation ou une baisse de la
température corporelle provoquent une hyperpnée.
- De certaines hormones comme la progestérone qui augmente la fréquence
respiratoire durant la gestation notamment.

2. Comparaison anatomique et physiologique de l’appareil respiratoire des


bovins et des équidés

Le test de ventilation forcée est couramment utilisé chez les chevaux or les bovins et
les chevaux ont une structure et des capacités respiratoires différentes. Connaitre ces
différences est indispensable afin de transposer le protocole du test de ventilation
forcée d’une espèce à l’autre.

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2.1 Différences structurales entre bovins et équins

2.1.1. Les cavités nasales, le pharynx et le larynx

Plus courtes chez le bovin que chez le cheval, les cavités nasales sont
également plus larges en partie rostrale et rétrécies en partie caudale. (BARONE,
1997) La forme de la tête du bovin est ainsi nettement différente de celle des équidés :
plus massive et plus courte, presque triangulaire.
Le pharynx des ruminants est bien plus court que celui des équidés. Le larynx du bœuf
possède un cartilage cricoïde très épais.

2.1.4 La trachée

La longueur de la trachée varie entre les deux espèces : elle fait 75 cm de long
chez le cheval contre 60 cm chez le bovin. Les anneaux trachéaux sont au nombre de
50 chez le bœuf contre 52 chez le cheval et leur disposition est différente : chez les
équidés, les extrémités des cartilages hyalins des anneaux se chevauchent
légèrement ou restent très proches tandis que chez le bovin, ces extrémités se relèvent
et s’adossent, formant une crête dorsale.(BARONE, 1997)

2.1.5 Les poumons

Tandis que chez le cheval, les poumons sont relativement symétriques avec
une répartition des bronches identique dans les deux parties, chez le bœuf, les
bronches ont une répartition inégale avec un développement plus important à droite
qu’à gauche (cf Fig.11).

Figure 11 - Poumons du cheval (A) et du bovin (B) en vue dorsale. a : trachée, b :


bronches primaires, c : bronche trachéale, d : bronches secondaires. Mauve : lobe
crânial gauche ; rouge : lobe caudal gauche ; jaune : lobe crânial droit ; vert : lobe
moyen droit ; bleu clair : lobe caudal droit ; bleu foncé : lobe accessoire. D’après
(DEE FAILS, MAGEE, 2018)

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Le cheval ne possède pas de lobe moyen, mais le lobe accessoire est bien développé.
L’encoche cardiaque correspond à un espace entre les lobes le long de la marge
ventrale des poumons, plus marqué chez le cheval (cf Fig.12).
Les poumons des équidés sont nettement plus lourds que les poumons des bovins.
Le poids relatif est de l’ordre de 1.5% du poids vif chez le cheval contre 1% chez le
bœuf. (BARONE, 1997). Le parenchyme constitue 73% du volume pulmonaire total du
cheval, contre seulement 61% chez le bœuf. (CONSTANTINOPOL et al., 1989)
Le Tableau 2 récapitule les principales différences anatomiques du parenchyme
pulmonaire selon l’espèce étudiée.

Figure 12 - Disposition du poumon gauche chez le bovin et chez le cheval, vue en


coupe du thorax. a : lobe crânial; a' : partie crâniale du lobe crânial; b : partie caudale
du lobe crânial; c : lobe caudal; d : diaphragme; e : cœur. D'après (DEE FAILS,
MAGEE, 2018)

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Tableau 2 - Particularités anatomiques du parenchyme pulmonaire de différentes
espèces. D'après (KIRSCHVINK, REINHOLD, 2008)

Boeuf, Mouton, Chien, Chat, Singe Cheval


Porc
Lobulation des extrêmement bien Absent développement
poumons développé imparfait
Plèvre Epaisse Fine épaisse
Bronchioles Présentes Absentes présentes
terminales
Bronchioles peu nombreuses Présentes présentes
respiratoires
Respiration absente (partielle bien développée présente partiellement
collatérale chez le mouton)
Terminaison de voies respiratoires voies respiratoires voies respiratoires
l’artère distales distales distales et alvéoles
bronchiale
Veines suivent les parcourent le suivent les bronches et
pulmonaires bronches et les parenchyme les artères
artères pulmonaire à pulmonaires en
pulmonaires distance des périphérie mais
jusqu’à la bronches et des s’écartent à proximité
périphérie artères pulmonaires du hile
Shunts entre les Présents non observés Présents
artères
bronchiales et les
artères
pulmonaires

2.2 Différences de capacité respiratoire entre équins et bovins

Les bovins possèdent 4 caractéristiques morphologiques qui sont un frein à une


ventilation efficace : une faible surface d’échanges gazeux par rapport aux besoins en
O2, un faible nombre de capillaires par unité de surface alvéolaire, une forte
compartimentalisation des poumons et des voies respiratoires extrathoraciques
particulièrement étroites. Les résistances sont donc plus élevées dans cette espèce.
(LEKEUX, 1997)
Le bœuf a donc la plus petite capacité physiologique d’échange gazeux parmi les
mammifères domestiques, sa ventilation est donc plus grande pour permettre une
oxygénation suffisante. Il utilise 2.1 fois plus de volume d’air en respiration de base
que les autres mammifères (40 à 120 litres par minute, 3 à 8 litres par cycle
respiratoire), le coût énergétique de la respiration est donc plus important (cf Tableau
3). La vitesse du flux d’air entrant est 3 fois plus grande, ce qui le prédispose à des
lésions intraluminales. (CHATELAIN, 1985). De plus, la réserve ventilatoire,
nécessaire dans une situation pathologique, est réduite. Il n’y a pas de respiration
collatérale entre les différents lobules pulmonaires chez le bovin : toute zone se situant
en aval d’une obstruction bronchique est condamnée à ne plus être ventilée.

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Le cheval a un volume courant plus important, en partie lié à son volume
pulmonaire plus important que la vache. La compliance du poumon des chevaux est
également supérieure à celle des bovins (cf Tableau 3): il s’agit de la capacité du
poumon à modifier son volume en réponse à des variations de pression. C’est la
présence de nombreuses lobulations qui rend le poumon du bovin moins compliant
que celui du cheval. De plus, le cheval possède une phase d’expiration active,
contrairement au bœuf, ce qui permet une ventilation plus efficace. En effet, les
muscles abdominaux se contractent et provoquent une expiration forcée (tandis qu’elle
n’est que passive chez le bovin), ce qui permet de lutter contre les résistances des
voies respiratoires supérieures.

Cependant les différences structurales entre les poumons de cheval et de bœuf


n’expliquent pas à elles seules les différences de propriétés mécaniques pulmonaires :
elles seraient en partie liées aux différences de forme du diaphragme et de l’abdomen,
qui influent sur la distribution des forces qui agissent sur les poumons durant la
respiration. (GALLIVAN et al., 1989)

Tableau 3 - Anatomie et physiologie comparée du bœuf et du cheval

Bovin laitier Cheval de selle Source


Masse corporelle 600 450 Choisies pour les
(kg) paramètres suivants
Surface corporelle 494.1 (formule (TRIBOUT, 2013)
(m²) de HOGSON)
Poids poumons 4.5 7
(kg)
% poids du corps 1 1.5 (BARONE, 1997)
Volume courant 3400 – 4200 5000 – 6000 (MENARD, 2014)
(mL)
Fréquence 10 – 20 8 – 15 (MENARD, 2014)
respiratoire
Ventilation (L/min) 45 (MENARD, 2014) 66 (MENARD, 2014)
40 – 120
(CHATELAIN, 1985)
Ventilation 64 146 (MENARD, 2014)
rapportée au poids
(mL/min/kg)
Compliance 2.4 4.3 (LEKEUX, 1997)
dynamique
pulmonaire
(l/kPa/kg)
Résistance 7 – 8.5 3.6 (LEKEUX, 1997)
pulmonaire totale
(kPa)

La capacité de diffusion pulmonaire (DL) de l’O2 est définie comme le volume de


dioxygène transféré en mL/min/mmHg de pression partielle alvéolaire.
Lorsque l’on compare la consommation et la diffusion de l’O2 entre les deux espèces
(cf Fig.13), elles sont toutes les deux plus de deux fois supérieures chez le cheval.

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Toutefois, la diffusion est quasiment proportionnelle aux besoins en O2 de l’animal
chez les deux espèces. (WEIBEL, 1983)

4
Bœuf (700 kg)
3 Cheval (510 kg)

0
Consommation en O2 Capacité de diffusion de l'O2
(VO2/Poids*2,4) (Dl/Poids*2,7)
Figure 13 - Comparaison de la consommation en O2 et la capacité de diffusion de
l'O2 rapportée au poids entre le bœuf et le cheval. D'après (WEIBEL, 1983)

2.3 Comparaison de la consommation en dioxygène des 2 espèces en fonction


de leur mode de vie

Le cheval et le bœuf, bien que tous deux des animaux de grande taille, sont utilisés
de façon complètement différente l’un de l’autre. Les bovins sont essentiellement des
animaux de production, se déplaçant peu et à faible allure, et dont l’énergie dépensée
est ciblée sur l’ingestion, la digestion, la gestation et la production laitière. Les chevaux
ont longtemps été considérés comme animaux de rente et leurs besoins énergétiques
étaient calculés sur la base des ruminants (FORTIER, 2014). Ils sont aujourd’hui
davantage utilisés à des fins sportives (loisir ou compétition) et sont considérés
comme de véritables athlètes. Les calculs de dépense énergétique ont donc été
révisés et permettent de distinguer le bœuf et le cheval sur la base de leur utilisation.
La consommation en dioxygène (VO2) au repos est d’environ 4mL/kg/min chez le
bœuf et 3.3mL/kg/min chez le cheval (WEIBEL, 1983). Au cours d’un exercice, la VO2
augmente progressivement jusqu’à atteindre une limite maximale lorsque l’intensité de
l’effort est maximale : on définit alors la VO2 max qui est la consommation en dioxygène
maximale. Cette valeur nous permet d’évaluer les capacités d’un athlète car elle reflète
l’aptitude cardiorespiratoire (FORTIER, 2014). On détermine alors chez des chevaux
d’utilisation différente les valeurs de VO2 max, et on les compare à celle d’un bovin (cf
Tableau 4).

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Tableau 4 - Comparaison des VO2max selon l'utilisation du cheval. D'après
(FORTIER, 2014), (CONSTANTINOPOL et al., 1989)

VO2 max (ml/min/kg)


Chevaux trotteurs tout niveau 140
Chevaux trotteurs performants 165
Chevaux galopeurs 130 à 200
Chevaux non entrainés âgés 80
Bovin (taurillon) 51

Dans les études (CONSTANTINOPOL et al., 1989) (JONES et al., 1989) qui
comparent les Vo2max des deux espèces, les auteurs obtiennent une différence
significative entre les deux valeurs, avec une VO2max 2.6 fois plus élevée chez le
cheval entrainé que chez le taurillon.

3. L’examen de l’appareil respiratoire des bovins

3.1 L’examen à distance

Il est important d’observer l’animal à distance, dans un environnement calme et


sans perturbations. Le bovin sain a une fréquence respiratoire comprise entre 15 et 35
mouvements par minute, que l’on évalue en suivant le mouvement des côtes en se
plaçant derrière et sur un coté de l’animal. On observe également les autres animaux
du troupeau car les pathologies respiratoires se propagent rapidement au sein du
groupe.
Plus particulièrement, on contrôle la fréquence, l’intensité, le type et la chronologie
des mouvements respiratoires : on distingue ainsi l’eupnée (respiration normale) des
respirations pathologiques telles que la dyspnée inspiratoire, expiratoire ou mixte. La
caractérisation d’une anomalie respiratoire peut indiquer où siège l’affection. Par
exemple, si la dyspnée est strictement inspiratoire, l’atteinte concerne les voies
respiratoires supérieures. (STOBER, 1985). On vérifie également l’absence de toux.

3.2 Palpation – percussion

La palpation a pour objectif de repérer une éventuelle sténose des voies


respiratoires supérieures et de détecter une éventuelle asymétrie du larynx, pharynx
ou de la trachée. Le vétérinaire place les pointes des doigts des deux mains de part et
d’autre des parties de l’appareil respiratoire supérieur.

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Figure 14 - Deux méthodes de percussion. D'après (JACKSON, COCKCROFT,
2002b)

La percussion se réalise dans le calme avec les doigts ou à l’aide d’un marteau et
d’une cuvette plessimétrique (cf Fig.14). Elle doit couvrir tout le champ pulmonaire,
de droite à gauche, en tapant deux coups secs à chaque reprise. L’analyse du son
obtenu permet d’orienter le diagnostic :
- Un son clair non retentissant est un son pulmonaire normal
- Un son tympanique retentissant peut orienter vers un emphysème pulmonaire
- Un son mat, étouffé évoque la présence de liquide, notamment lors de
pleurésie ou de pneumonie interstitielle aigue. (ROSENBERGER, 1979)

3.3 Auscultation pulmonaire

A l’aide d’un stéthoscope et dans un environnement calme, on écoute les sons


intrathoraciques en se focalisant sur ceux qui émanent de l’appareil respiratoire. Le
stéthoscope doit rester mobile pour couvrir toute l’aire pulmonaire durant l’auscultation,
afin de rechercher tout bruit anormal, sa localisation et sa position dans le cycle
respiratoire. (JACKSON, COCKCROFT, 2002b)
L’aire d’auscultation respiratoire moyenne s’étend caudo-dorsalement à la cote
thoracique XI, passe à mi-hauteur de la IXème cote, et ventro-craniâlement en bas de
la VIIème cote (cf Fig.15, Fig.16). L’auscultation débute cranio-dorsalement, puis
s’étend de proche en proche vers l’arrière. On ne perçoit les anomalies qu’à moins de
10 centimètres de la paroi thoracique, il faut donc ausculter le champ pulmonaire dans
sa totalité. L’auscultation est réalisée en plaçant la capsule du stéthoscope à chaque
endroit pendant un à deux mouvements respiratoires.

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Figure 15 - Aire d'auscultation pulmonaire à droite chez la vache. D'après (STOBER,
1985), (ROSENBERGER, 1979)

Figure 16 - Aire d'auscultation pulmonaire à gauche chez la vache. D'après


(STOBER, 1985), (ROSENBERGER, 1979)

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3.3.1 Bruits respiratoires physiologiques

Il est normal d’entendre des bruits respiratoires lors de l’auscultation d’un bovin en
bonne santé. Ceux-ci sont produits par le mouvement de l’air le long de l’appareil
respiratoire. Ils varient en intensité selon la vitesse du flux d’air. Ils sont normalement
plus audibles à la base de la trachée et lors de l’inspiration (active). Au contraire, ils
sont moins audibles vers les lobes diaphragmatiques du poumon et lors de l’expiration
(passive). Attention, les animaux avec une Note d’Etat Corporel (NEC) supérieure à la
moyenne auront des bruits respiratoires plus difficilement audibles.(CURTIS et al.,
1986) (JACKSON, COCKCROFT, 2002b)
Les bruits respiratoires physiologiques sont classés en trois catégories selon leurs
localisations anatomiques. On distingue ainsi :
- Les bruits respiratoires bronchiques : on les entend à la fois pendant
l’inspiration et l’expiration et ils sont localisés au niveau de la trachée et de la
région hilaire des poumons.
- Les bruits respiratoires broncho-alvéolaires : faibles durant l’inspiration, on les
entend également pendant l’expiration sous forme d’un son bref, plus audible
que les bruits alvéolaires
- Les bruits respiratoires alvéolaires : audibles à la périphérie des poumons, ils
sont faibles et brefs durant l’expiration.

3.3.2 Bruits d’origine externe à l’appareil respiratoire

Lors de l’auscultation pulmonaire, il faut faire abstraction de ces bruits parasites


produits par les autres organes de l’animal. Ainsi, on doit reconnaitre les bruits liés à
l’appareil cardiovasculaire, la régurgitation, l’éructation, la rumination, la trémulation
musculaire, le grincement des dents ou tout simplement le mouvement des poils lors
du passage de la capsule du stéthoscope.

3.3.3 Augmentation d’intensité des bruits respiratoires normaux

L’intensité des bruits respiratoires augmente de façon physiologique lors de l’effort


physique. Ainsi, il faut tenir compte de l’état de tranquillité de l’animal et réaliser
l’auscultation dans un environnement calme. Toutefois, une augmentation de
l’intensité des bruits respiratoires, normalement peu audibles, peut indiquer une
atélectasie ou une consolidation pulmonaire secondaire à une pneumonie (le son est
mieux transmis dans un matériel dense). (JACKSON, COCKCROFT, 2002b)

3.3.4 Diminution d’intensité des bruits respiratoires normaux

Lorsque l’audibilité lors de l’auscultation pulmonaire est quasiment nulle, on doit


suspecter différents états pathologiques : en effet la diffusion du son est diminuée par
la présence de liquide ou d’air dans l’espace thoracique. Une effusion pleurale, un
pneumothorax, ou des lésions liquidiennes sont à explorer.

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3.3.5 Bruits inspiratoires anormaux

Parmi les bruits inspiratoires, le stridor peut indiquer une réduction de la section
transversale du larynx. Un ronflement peut être causé par un abcès rétropharyngé qui
augmente la pression sur le larynx ou sur le reste de l’appareil respiratoire supérieur.

3.3.6 Bruits expiratoires anormaux

Des plaintes expiratoires indiquent souvent une douleur thoracique, pouvant être
causée par une pneumonie ou une pleurésie sévères. Un grognement lors de
l’expiration peut révéler une consolidation pulmonaire ou de l’emphysème.
Les différents bruits respiratoires anormaux sont regroupés dans le Tableau 6.

Tableau 4 - Bruits respiratoires anormaux. D'après (JACKSON, COCKCROFT,


2002b), (BONAL, 1992), (CURTIS et al., 1986)

Type de Caractérisation Mécanisme Interprétation


bruit
Crépitements Discontinus, de brève Egalisation - En fin
durée, semblables à une des pressions d’inspiration :
explosion de bulles au lors de œdème,
sein des sécrétions des l’ouverture pneumonie
voies aériennes d’une voie interstitielle
aérienne - En début
obstruée d’inspiration ou
d’expiration :
bronchopneumonie
Sifflements Continus, ronflants Vibration des - Inspiratoires :
(basse fréquence) ou parois des atteinte du larynx
sibilants (haute voies ou de la trachée
fréquence) aériennes ou - Expiratoires :
de substances atteinte des voies
intraluminales aériennes
intrathoraciques
Frottements Localisés et plus Mouvements Pleurésie au stade initial
superficiels que les altérés entre la
crépitements plèvre
pariétale et
viscérale

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4. Test de ventilation forcée chez les équidés

4.1 Indications du test de ventilation forcée

Chez le cheval, le test de ventilation forcée est couramment utilisé comme moyen
de diagnostic d’une anomalie respiratoire. Il est utilisé notamment en cas de suspicion
directe d’atteinte respiratoire (signes cliniques d’ordre respiratoire) mais également
pour révéler ou exclure une atteinte respiratoire en cas de signes plus frustres comme
une hyperthermie ou une contre-performance. Ce test est aussi réalisé en routine en
tant qu’examen préopératoire ou bien lors de visites d’achat.

4.2 Réalisation du test

4.2.1 Matériel

En pratique, on utilise un sac plastique neuf de 10 à 20 litres et un stéthoscope.


Dans l’étude de standardisation du test de ventilation chez le cheval (LE CORRE,
CADORE, 2018), on préconise l’utilisation d’un sac plastique de 50 litres soit 10 fois le
volume courant d’un cheval de 500kg (10mL/kg). On positionne un panier sur la tête
du cheval pour éviter des mouvements de panique lors de l’inspiration : le sac ne
s’engouffre ainsi pas dans les naseaux (cf Fig.17).

Figure 17 - Positionnement du panier avant le test. Cliché : E. DURBEC

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4.2.2 Réalisation

Le sac en plastique est placé hermétiquement sur les naseaux du cheval ou autour
du panier si l’opérateur en utilise un (cf Fig.18). L’auscultation est réalisée pendant la
durée du test et au moment du retrait du sac, lors de la phase de récupération. Dans
l’idéal, deux personnes auscultent chacune un poumon.

Figure 18 - Test de ventilation forcée chez un cheval. Cliché : E.DURBEC

Il faut réaliser une auscultation de la trachée puis de l’ensemble de la région


pulmonaire. Chez le cheval, elle est définie par 3 repères (cf Fig.19) :
- L’intersection de l’insertion des muscles dorsaux et du 16ème espace intercostal
- De la pointe de la fesse au 14ème espace intercostal
- De la pointe de l’épaule au 10ème espace intercostal
Chaque zone auscultée doit l’être pour un cycle respiratoire complet. (DEQUIER,
CADORE, 2010)

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Figure 19 - Aire d'auscultation pulmonaire. EIC : espace intercostal. D'après
(DEQUIER, CADORE, 2010). Cliché : MORI M.

Dans l’unique étude sur la méthodologie du test de ventilation forcée, la durée idéale
pour procéder à une auscultation complète a été fixée à 3 minutes. Elle permet
d’obtenir le maximum d’informations en un minimum de temps de test. (LE CORRE,
CADORE, 2018)

4.2.3 Interprétation

Tout bruit anormal (voire toux) provoqué par l’hyperventilation forcée fait suspecter
une atteinte de l’appareil respiratoire. Une augmentation du temps de retour à la
fréquence respiratoire au repos est également anormale. Un jetage séreux ou de
discrètes sécrétions trachéales à l’issue du test sont toutefois normales.
Pour une durée de 3 minutes avec un sac de 50 litres pour des chevaux de taille
moyenne, le seuil de récupération est établi à 10 mouvements chez un cheval de plus
de 5 ans ou sans activité physique, et 6 chez les chevaux jeunes ou sportifs. (LE
CORRE, CADORE, 2018).
Le vétérinaire doit localiser l’origine du bruit anormal, sa position dans le cycle
respiratoire et sa caractérisation pour déterminer le type d’atteinte respiratoire. (MC
GORUM, DIXON, 2000). Le Tableau 5 décrit les principales interprétations imputables
aux bruits pulmonaires anormaux chez le cheval.

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Tableau 5 - Bruits audibles lors de l'auscultation pulmonaire du cheval et
interprétation. D’après (DEQUIER, CADORE, 2010)

A l’auscultation Interprétation
Modification des bruits Augmentation de Infiltration tissulaire,
respiratoires l’intensité consolidation pulmonaire
Diminution de l’intensité Obstruction bronchique,
Masse, œdème
pulmonaire,
pneumothorax
Bruits respiratoires Crépitations Sécrétions luminales
surajoutés Fin d’inspiration :
ouverture des voies
obstruées
Sifflements Rétrécissement ou
obstruction des bronches
Frictions / frottements Pleurésie

Dans une étude réalisée chez des chevaux atteints de la maladie pulmonaire
obstructive chronique (M.P.O.C) de (NAYLOR et al., 1992), l’auscultation après
réalisation du test de ventilation forcée a été démontrée comme étant plus sensible
que l’auscultation au repos avec 88% des chevaux atteints de M.P.O.C. détectés
après le test contre 69% en auscultation simple.

4.3 Limites

Le test n’est pas réalisable sur un animal en détresse respiratoire. Les animaux
stressés ne supportent pas le test et les résultats ne sont pas interprétables.
D’autres méthodes permettent de tester la capacité respiratoire du cheval, comme
l’hyperventilation induite par l’injection de lobéline (alcaloïde ayant une action
stimulante sur le centre respiratoire bulbaire) ou l’exercice physique véritable.
L’injection de lobéline permet une hyperventilation plus importante et plus immédiate.
L’exercice physique véritable permet d’observer d’autres pathologies éventuelles du
cheval et ne nécessite pas de matériel. De plus, le test au sac ne provoque qu’une
courte hyperpnée, l’auscultation doit donc être rapide. (ART et al., 1991)

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5. Indications et intérêt du test de ventilation forcée chez les bovins

5.1. Prévalence des maladies respiratoires en élevage bovin et impact


économique

Les maladies respiratoires sont très fréquentes chez les bovins. En Europe, chaque
année, les maladies respiratoires sont responsables de plus de 500 millions d’euros
de pertes pour le secteur bovin. (BOUBET, 2018). Le Tableau 6 reprend les principales
infections respiratoires, leur pouvoir pathogène et leur prévalence en France.
En France, les infections liées au virus syncytial bovin (VRSB) et au virus para-
influenza 3 bovin (PI3b) sont fréquentes avec des séroprévalences estimées à 60% -
70% avant 3 ans. En ce qui concerne la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR), la
prévalence nationale moyenne d’ateliers infectés dans les élevages laitiers était de
4.2% en 2009, avec de fortes variations selon le département. (MEYER et al., 2011)

Tableau 6 - Principaux virus respiratoires bovins et évaluation du pouvoir pathogène.


D'après (MEYER et al., 2011)

Pouvoir pathogène (à Prévalence estimée lors


partir d’études d’infections respiratoires
épidémiologiques)
VRSB +++ Forte
BoHV-1 +++ Variable selon les régions
PI3b ++ Forte
BVDV ++ Moyenne
BCoV ++ Moyenne
Adénovirus bovins + Moyenne

5.2. Une aide au diagnostic

Au quotidien, les examens complémentaires permettant la confirmation du


diagnostic de maladie respiratoire sont peu employés car peu fiables (écouvillon
nasal), coûteux et invasifs (ATT ou LBA). De plus, ils ne sont utilisés que lorsque
l’animal présente des signes cliniques évidents. Le test de ventilation forcée, même
s’il ne permet pas la mise en évidence du pathogène, serait une aide au diagnostic
facile à mettre en place et peu couteuse. Il pourrait être utilisé lorsque les signes
cliniques sont très frustres (hyperthermie et baisse de production laitière
principalement) et permettrait de resserrer les hypothèses diagnostiques en confirmant
ou infirmant une hypothèse respiratoire.
Ce test nécessite le savoir-faire propre du clinicien : l’auscultation pulmonaire ne peut
être réalisée que par le vétérinaire et implique une pratique régulière pour être en
mesure de reconnaitre les bruits respiratoires pathologiques.

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5.3 Premiers résultats de tests similaires en recherche animale

Des études sur la réinhalation de l’air chez de jeunes bovins afin d’évaluer leur
ventilation maximale ont déjà été réalisées. Elles ont été inspirées du test de
ventilation forcée mais n’impliquaient pas l’utilisation d’un sac plastique : un tube
semi-rigide de volume quatre fois supérieur à celui du volume courant moyen d’un
veau, relié à un pneumotachographe, a été utilisé. Dans l’étude de (BUREAU et al.,
1999), les veaux ont présenté des augmentations nettes des paramètres étudiés
(fréquence respiratoire, volume courant et volume expiratoire) entre la 3ème et la
4ème minute après le début du test. Après l’arrêt du test, la durée nécessaire avant
le retour aux valeurs au repos a été inférieure à 90 secondes. Les auteurs de cette
étude ont également comparé le test de réhinalation avec l’injection de lobéline ou
l’exercice physique, et ont conclu sur une plus forte augmentation de la ventilation
lors du test de réhinalation.

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Partie II - Pré-expérimentation : étude de faisabilité d’un test de
ventilation forcée chez les bovins

Avant de réaliser le test de ventilation forcée chez des bovins, et de standardiser


un protocole, il a été nécessaire de mettre en place une pré-expérimentation pour
appréhender les réactions des bovins, et les éventuelles difficultés de mise en
œuvre.

1. Objectif

L’objectif de la pré-expérimentation était de déterminer les adaptations à réaliser


pour les bovins en prenant comme modèle le protocole utilisé chez les chevaux. Plus
particulièrement, on a cherché à déterminer la contenance idéale du sac plastique et
la durée du test pour un confort optimal de l’animal et des résultats les plus probants
possibles. On a observé également toutes les difficultés rencontrées lors de la mise
en pratique du test : niveau de stress des animaux, praticité du matériel, efficacité de
la contention etc.

2. Matériel et méthodes

2.1 Echantillon étudié et matériel

La pré-expérimentation a été réalisée sur 6 vaches du troupeau pédagogique


de VetAgro Sup, de race Montbéliarde, non gestantes et hors lactation, vivant au pré
toute l’année.
Nous avons utilisé différents volumes de sac plastique : 10, 20 et 50 litres, afin de
déterminer quelle est la contenance optimale. Un chronomètre et un stéthoscope
Littman® classic ont été utilisés pour mesurer la durée des tests et pour l’auscultation
pulmonaire.
2.2 Méthodes

Les étapes réalisées lors de la pré-expérimentation étaient les suivantes :


1. Mise au cornadis des bovins dans le calme au maximum
2. Temps de retour au calme : attendre au moins 10 minutes avant de réaliser
l’étape suivante, afin que l’intégralité du troupeau soit calme.
3. Examen clinique de chaque bovin au repos : fiche n°1 remplie (Annexe 1)
4. Test de ventilation forcée sur chaque bovin avec sacs plastiques de volumes
variés et durées de test variées : fiche n°2 remplie (Annexe 2)

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3. Résultats

3.1 Réaction générale des bovins au test

Globalement, les 6 bovins n’ont pas présenté de réactions liées au stress


excessives. Après un retour au calme une fois bloqués au cornadis, les bovins ont
toléré le passage du sac autour du museau et l’auscultation.

3.2 Résultats liés au volume du sac plastique

Le test sur les 6 bovins a été réalisé avec plusieurs volumes de sacs en
plastique : 10, 20 et 50 litres. Le sac plastique de 10 litres a été testé quelques
secondes sur le bovin n°1 : la dépression d’air a fait aussitôt rentrer le plastique dans
les narines du bovin. Le sac plastique de 20 litres a provoqué le même résultat (testé
sur le bovin n°2). Le sac plastique de 50 litres a été testé sur le bovin n°3 : la
dépression était nettement moins visible et n’est apparue qu’au bout de plusieurs
dizaines de secondes après le début du test.

3.3 Résultats de l’auscultation pulmonaire

L’auscultation des 6 bovins a montré des similitudes. Au bout d’un certain


temps, les bruits respiratoires ont augmenté nettement d’intensité dans tous les
cadrans de la zone d’auscultation pulmonaire (cf Tableau 7). La moyenne du délai
nécessaire avant l’augmentation d’intensité des bruits respiratoires était de 46.7
secondes, avec un écart-type de la moyenne de 3.57 secondes.
Tableau 7 - Intervalle de temps avant augmentation des bruits respiratoires pour
chaque bovin testé

Numéro du bovin Laps de temps avant augmentation


des bruits respiratoires (secondes)
1 40
2 55
3 60
4 45
5 40
6 40
Moyenne 46.7
Ecart-type de la moyenne 3.57
(SEM)

3.4 Résultats liés à la durée du test

Plusieurs durées de test ont été successivement réalisées sur certains bovins (n°4, 5
et 6). Les tests étaient entrecoupés d’une pause d’une demi-heure. Les bovins testés
pendant 180 secondes ont présenté de la toux au-delà des 120 secondes. Le bovin

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n°4 n’a pas présenté de toux pendant son test qui a duré 240 secondes (cf Tableau
8).
Tableau 8 - Observations en fonction de la durée du test pour chaque bovin

Numéro du bovin Durée du test (secondes) Présence de toux


1 120 Non
2 120 Non
3 120 Non
4 120 Non
5 120 Non
6 120 Non
5 180 Oui (140ème seconde)
6 180 Oui (165ème seconde)
4 240 Non

4. Discussion

De premier abord, la pré-expérimentation s’est bien déroulée et le test a semblé


adaptable aux bovins. Elle a permis de déterminer un protocole standardisé qui pourra
ensuite être testé.

4.1 Volume du sac idéal

Chez les chevaux, on utilise classiquement un sac de 10 ou 20 litres, mais il est


décrit que le sac de 50 litres est le plus efficace pour limiter la contrainte du test et
maximiser la tolérance des chevaux. Après essai sur les bovins, les sacs de 10 et 20
litres étaient de taille insuffisante car ils ont provoqué un grand stress chez les
animaux, le plastique entrant dans les narines dès les premières inspirations. Avec un
sac de 50 litres, il était plus facile de maintenir le plastique loin des narines et le test
était tout aussi efficace.

4.2 Durée du test idéale

La durée du test doit être un compromis entre le bien-être de l’animal et


l’efficience de l’expérimentation. En effet, le test doit être suffisamment long pour que
les bruits respiratoires deviennent audibles, sans être trop long pour que l’animal ne
souffre pas pendant le test. Après avoir testé plusieurs durées sur les 6 bovins, le
temps de test idéal a semblé être de 2 minutes. Au-delà, certains des bovins
présentaient des quintes de toux fortes (test à 3 et 4 minutes). De plus, la durée était
suffisante pour que le test soit indicatif car l’augmentation d’intensité se produisait
entre 40 et 60 secondes après le début du test.

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4.3 Autres constatations

A l’issue du test, la présence de sécrétions muqueuses et de gouttelettes a été


observée dans le sac pour chaque bovin.

4.4 Points à améliorer

La pré-expérimentation a été l’occasion de relever certains problèmes qu’il faudra


résoudre pour l’expérimentation finale :
- Il faut laisser un espace de deux cornadis fermés entre chaque vache testée
pour avoir la possibilité de l’ausculter facilement.
- Il n’est pas possible d’être seul pour l’expérimentation dans les conditions
actuelles : une personne doit tenir le sac pendant que l’autre ausculte le bovin.
- La dépression dans le sac a provoqué l’entrée dans les narines du plastique et
fait paniquer le bovin ce qui a induit un biais dans les mesures.

4.5 Améliorations envisagées

Lors de l’expérimentation finale, les points relevés dans le paragraphe précédents


ont été améliorés par différentes mesures :
- L’utilisation d’un panier réalisé pour l’occasion sur le modèle des paniers pour
chevaux a empêché le plastique d’entrer dans les narines du bovin. Il a été
conçu d’après les mesures d’une tête de vache laitière et est adaptable en
longueur. Il est facilement retirable en cas de besoin.
- L’utilisation d’un sac plastique avec des liens a permis de positionner le sac
autour du panier de façon hermétique sans que la présence d’un aide ne soit
nécessaire. Ainsi, le test a pu être réalisé seul.
- Il faut prévoir un passage d’homme entre les cornadis proche du lieu
d’expérimentation pour pouvoir facilement passer de la table d’alimentation
(tête de la vache) à la stabulation (corps de la vache).

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Partie III - Expérimentation principale : Etude afin de définir des
paramètres standards suite à l’utilisation du test chez la vache
laitière

A l’issue de la pré-expérimentation, la conception d’un panier pour empêcher le sac


plastique de s’engouffrer dans les narines du bovin a semblé nécessaire. Chez les
chevaux, on utilise le panier muselière qui permet de mettre l’animal à jeun. Mais il
n’existe pas de panier de ce type chez les bovins.

1. Matériel et méthodes

1.1 Réalisation du panier pour bovins

Pour réaliser le panier, plusieurs impératifs étaient à considérer :


- La possibilité de pouvoir laver et désinfecter le panier entre chaque élevage
pour éviter tout risque infectieux.
- La facilité de conception (peu de moyens)
- La sécurité pour le bovin (pas de risque de blessure)
- L’adaptabilité selon la taille de la tête du bovin
Le panier a donc été conçu en grillage fin en métal avec un renfort en ruban adhésif
imperméable pour sécuriser les extrémités. Le tour de tête a été réalisé à l’aide de
deux ceintures en cuir, qui permettent d’ajuster la longueur du panier à la taille de la
tête de l’animal. Le plan est détaillé en Figure 20.
La désinfection du panier entre chaque élevage a été réalisée en plusieurs étapes,
d’après le guide des bonnes pratiques d’hygiène en élevage bovin
(CONFEDERATION NATIONALE DE L’ELEVAGE, 2011) :
- Nettoyage : par trempage immersion et brossage, à l’aide d’une solution
détergente qui permet de retirer les souillures et la matière organique.
- Rinçage intermédiaire
- Désinfection : par aérosolisation d’un produit désinfectant (biocide, par exemple
à base de chlorophénol, efficace contre les virus et bactéries à tropisme
respiratoire en 30 minutes) sur l’ensemble du panier. (VALLARINO, 2013)
- Rinçage final

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Figure 20 - Schématisation du panier pour bovins

1.2 Autre matériel utilisé

Pour réaliser le test, un sac plastique de 50 litres avec liens a été utilisé. Il est à
usage unique pour éviter tout risque de transmission d’infection entre les bovins.
Un stéthoscope Littmann® classic est utilisé pour l’auscultation, ainsi qu’un
chronomètre pour mesurer la durée du test.

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2. Méthodes

2.1 Recrutement des élevages

Quatre élevages ont été choisis pour réaliser les tests. Deux d’entre eux se
situaient dans le Rhône, les deux autres en Haute-Saône. Les deux premiers élevages
ont été recrutés dans la clientèle de l’Unité Clinique Rurale de l’Arbresle en lien avec
VetAgro Sup. Les deux autres élevages ont été recrutés dans la clientèle du Cabinet
vétérinaire Les Mances à Jussey. Il était nécessaire d’avoir une large plage de temps
libre pour réaliser les tests, j’ai donc choisi ces deux clientèles par praticité et proximité
(avec l’école pour l’U.C.R.A. et avec mon emploi de remplacement pour le Cabinet Les
Mances). Les élevages sélectionnés sont à direction laitière, en race Montbéliarde
exclusivement. Une des exigences était la présence de cornadis avec un accès rapide
de part et d’autre pour pouvoir ausculter l’animal après la pose du dispositif. Les quatre
élevages participants étaient :
- L’élevage de Mr Barberet Christian, à Savigny (69210). Il comptait une
cinquantaine de vaches Montbéliardes qui avaient accès à l’extérieur une partie
de l’année.
- L’élevage de Mr Furin Jean-Paul, à Savigny (69210). Il comptait une vingtaine
de vaches Montbéliardes qui avaient accès à l’extérieur une partie de l’année.
- Le GAEC Duparterre à Venisey (70500). Il comptait plus d’une soixantaine de
vaches Montbéliardes qui avaient accès à l’extérieur une partie de l’année.
- Le GAEC Du Parge à Aisey et Richecourt (70500). Il comptait plus d’une
soixantaine de vaches Montbéliardes qui avaient accès à l’extérieur et qui
faisaient 2 kilomètres tous les jours pour accéder aux pâtures.

2.2 Critères de sélection de l’échantillonnage

Les bovins testés faisaient partie des quatre élevages sélectionnés. Les critères
d’inclusion utilisés pour déterminer l’échantillon de référence ont été établis a priori.
L’objectif était d’inclure dans l’étude uniquement des animaux sains du point de vue
respiratoire et d’avoir un échantillon homogène afin d’élaborer un protocole de
référence pour le test de ventilation forcée.

2.2.1 Critères d’inclusion

Pour être éligibles au test, les individus devaient être :


- de l’espèce Bos taurus
- de race Montbéliarde
- de sexe femelle
- ayant déjà vêlé une fois
- en lactation

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- ayant un historique médical sans antécédents ayant une possible répercussion
respiratoire, incluant notamment :
o absence de maladie respiratoire
o absence d’épisodes de toux
o absence de maladie chronique
- n’ayant pas subi de vaccination contre PI3, BRSV et Mannheimia haemolytica
- avec un examen clinique général sans anomalies (température rectale,
auscultation pulmonaire et cardiaque)
- n’ayant pas reçu de traitement systémique à visée respiratoire
- supportant la contention au cornadis

2.2.2 Critères de non inclusion

Les individus non inclus dans l’étude étaient donc ceux ne répondant pas aux critères
d’inclusion préalablement définis, et notamment pour apporter plus de précision à
l’éleveur :
- les vaches taries
- les génisses et les mâles
- les animaux malades ou ayant un historique de maladies respiratoires
- les animaux excessivement stressés ou agressifs

2.2.3 Critères d’exclusion

Certains animaux ont été exclus au cours de l’étude et notamment ceux :


- n’ayant pas eu un examen clinique satisfaisant, réalisé juste avant le test
- ne supportant pas la pose du panier et/ou du sac plastique
- présentant des réactions agressives envers le manipulateur, ou de peur
- présentant des difficultés respiratoires ou une forte toux au cours du test
- développant des signes cliniques respiratoires dans le mois qui suivait la
réalisation du test

2.3 Planning et conditions de réalisation des tests

Voici le planning de réalisation des tests et le nombre de bovins testés par élevage :
(cf Tableau 9)

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Tableau 9 - Planning des tests et nombre de bovins testés par élevage

Nom de l’élevage Date des tests Nombre de bovins


testés
Elevage de Mr 06/03/2019 11
Barberet
Elevage de Mr Furin 02/05/2019 et 17
03/05/2019
GAEC Duparterre 04/09/2019 8
GAEC Du Parge 05/09/2019 9

Dans chaque élevage, les conditions de réalisation des tests étaient similaires.
Les tests étaient réalisés juste après la traite pour éviter que le stress lié au test ne
modifie la qualité du lait (notamment le comptage cellulaire). Les vaches étaient
bloquées au cornadis avec accès à la ration. Deux vaches sur trois étaient libérées et
les cornadis étaient bloqués en position fermée pour éviter qu’une autre vache ne
vienne à cette place, cela afin d’avoir la place de réaliser l’auscultation autour de la
vache testée (cf Figure 21). Une fois la vache testée, elle était libérée.

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Figure 21 - Schéma de la disposition des bovins pour faciliter l'expérimentation

L’expérimentateur se plaçait à proximité d’un passage d’homme pour pouvoir


aisément passer d’un côté et de l’autre des cornadis. Les expérimentations ne
nécessitaient pas la présence de l’éleveur, je les ai réalisées en autonomie. A la fin de
la séance, un débriefing était réalisé avec l’éleveur et il fournissait les informations
concernant les vaches testées (date de naissance, stade de gestation etc…)

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2.4 Etapes préliminaires à la réalisation du test

Avant chaque séance de test et une fois les bovins bloqués au cornadis, un examen
clinique rapide était réalisé. Il comprenait :
- un examen de l’animal à distance : aspect extérieur de l’animal, présence ou
non de plaies, de jetage ou d’autres anomalies externes.
- une prise de température rectale. Celle-çi devait être comprise dans les valeurs
usuelles soit entre 38 et 39.4 pour une vache laitière (BURFEIND et al., 2010)
- une auscultation cardiaque avec prise de la fréquence cardiaque. Celle-ci devait
être comprise dans les valeurs usuelles soit entre 60 et 80 battements par
minute (JACKSON, COCKCROFT, 2002a)
- une auscultation respiratoire avec prise de la fréquence respiratoire. Celle-ci
devait être comprise dans les valeurs usuelles soit entre 12 et 40 mouvements
par minute (KOVACS et al., 2014), (JACKSON, COCKCROFT, 2002b).
L’auscultation était particulièrement minutieuse et devait déterminer la présence
ou non de bruits respiratoires au repos.
L’examen clinique permettait de déterminer si l’animal était agressif ou
particulièrement stressé, auquel cas il était exclu de l’étude.
Si l’examen clinique ne révélait pas d’anomalies, on disposait alors le panier autour de
la tête de l’animal et on le laissait s’habituer au dispositif pendant quelques secondes
(cf Figure 22). On vérifiait qu’il était facilement retirable.

Figure 22 - Panier mis en place sur le bovin

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2.5 Déroulement du test

Une fois l’animal habitué à la présence du panier, on disposait le sac plastique


de 50 litres et on serrait les liens autour du panier de façon à ce que le dispositif soit
hermétique (cf Fig. 23). On déclenchait le chronomètre et on passait de l’autre côté de
la rangée de cornadis pour réaliser l’auscultation. Les déplacements se faisaient dans
le calme pour ne pas augmenter le niveau de stress de l’animal.
L’auscultation se déroulait toujours de la même façon et toujours par le même
expérimentateur :
- De 0 à 10 secondes : franchissement des cornadis
- De 10 à 60 secondes : auscultation du côté gauche de la zone d’auscultation
pulmonaire
- De 60 à 90 secondes : auscultation du côté droit de la zone d’auscultation
pulmonaire
- De 90 à 110 secondes : auscultation du côté gauche de la zone d’auscultation
pulmonaire
- De 110 à 120 secondes : franchissement des cornadis
Durant le test, on retenait la durée au bout de laquelle l’intensité des bruits respiratoires
était nettement augmentée. Cet instant est qualitatif et varie en fonction de
l’expérimentateur c’est pourquoi les tests ont tous été réalisés par la même personne,
afin d’être le plus représentatif possible.
On notait également les éventuels épisodes de toux et l’arrêt du test pouvait se faire à
tout moment facilement sans avoir à repasser de l’autre côté des cornadis, en retirant
le dispositif.

Figure 23 - Dispositif panier + sac plastique. A gauche : avec un aide qui tient le sac,
à droite : en autonomie avec un lien.

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Au moment du retrait du dispositif, on déclenchait à nouveau le chronomètre et on
comptait le nombre d’expirations forcées (naseaux dilatés, utilisation des muscles
abdominaux) réalisées par le bovin. On arrêtait le chronomètre lorsque le bovin
retrouvait sa fréquence respiratoire au repos.

2.6 Suivi des animaux

A la suite des tests, l’éleveur obtenait la liste des animaux qui avaient fait partie de
l’étude et devait communiquer tout symptôme respiratoire chez ces bovins qui
apparaitrait dans le mois qui suivait le test. Ainsi, tout animal suspect serait retiré a
postériori de l’étude.

2.7 Analyse statistique

Toutes les données ont été inscrites sur un tableau récapitulatif (annexe), lui-même
reporté sur Microsoft Excel®. Les tests statistiques ont été réalisés avec le logiciel R
Studio®

3. Résultats

3.1 Description de la population testée

45 bovins ont été testés et seul 1 bovin a été exclu de l’étude car il a présenté
un épisode de forte toux dès le début du test. L’échantillon représenté est donc
constitué de 44 bovins.
Les profils physiologiques (les stades de gestation et lactation, le numéro de lactation
et l’âge) des bovins sont variés.

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Figure 24 - Répartition des vaches testées selon leur mois de lactation. (en
ordonnées : nombre de bovins, en abscisse : mois de lactation)

Le stade moyen de lactation des vaches de l’échantillon était d’environ 7 mois avec
une répartition entre 1 et 15 mois assez homogène avec une médiane de 6.5 mois (cf
Fig. 24).
Parmi les vaches testées, 18 d’entre elles étaient non gestantes et 26 étaient
gestantes. La répartition du stade de gestation était comprise entre le 1er et le 7ème
mois de gestation car les vaches taries n’étaient pas incluses dans l’étude (cf Fig. 25).
Le mois de gestation moyen était de 4 avec une médiane également à 4 pour les
vaches gestantes.

Figure 25 - Répartition des vaches gestantes testées selon leur mois de gestation

La majorité des vaches testées étaient en 1ère ou 2ème lactation (plus de 52% de
l’effectif). Le rang de lactation moyen était de 3 avec une médiane à 2 (cf Fig. 26).

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Figure 26 - Répartition des vaches testées selon leur rang de lactation

3.2 Synthèse des résultats

3.2.1 Fréquences cardiaque et respiratoire, température rectale au repos

La première étape de l’expérimentation consistait en un examen clinique


général des bovins. Les températures rectales prises ont toutes été inférieures à
39.4°C avec une moyenne de 38°C. Aucune fréquence cardiaque n’était anormale,
avec une moyenne de 68 battements par minute. Concernant l’auscultation
pulmonaire, aucun bovin ne présentait de bruits respiratoires surajoutés. La fréquence
respiratoire était en moyenne de 27 mouvements par minutes.
Les examens cliniques étant tous corrects, tous les bovins de l’échantillon ont été
soumis au test.
On a également comparé les fréquences respiratoires des vaches gestantes au
dernier tiers de gestation (5ème au 7ème mois) et des vaches non gestantes (cf Fig. 27).

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Figure 27 - Répartition des fréquences respiratoires du groupe de vaches non
gestantes et du groupe de vaches au dernier tiers de gestation

La moyenne des fréquences respiratoires des vaches non gestantes était d’environ 25
mouvements par minutes contre 26 pour les vaches au dernier tiers de gestation. Les
diagrammes en boite étant symétriques, on a pu supposer que les variables étudiées
suivaient une loi Normale (cf Fig. 27). Les variances n’étaient pas égales (boîte plus
allongée pour les vaches au dernier tiers de gestation) donc on a utilisé un test de
Welch avec variances inégales pour comparer les deux moyennes. ). La différence
n’était pas significative (p = 0.83). On ne pouvait pas conclure qu’il y ait une différence
de fréquence respiratoire entre les vaches gestantes et les vaches au dernier tiers de
gestation.

3.2.2 Augmentation d’intensité des bruits respiratoires

La détermination du temps nécessaire avant l’augmentation nette d’intensité


des bruits respiratoires normaux nous permettrait de définir un protocole précis pour
le test de ventilation forcée. Les mesures ont toutes été prises par le même
manipulateur.
La durée moyenne avant l’augmentation d’intensité des bruits respiratoires était
d’environ 57.2 secondes. La médiane était de 60 secondes.

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Figure 28 – Histogramme des effectifs : répartition des bovins testés en fonction de la
durée nécessaire avant l'augmentation des bruits respiratoires (en secondes)

La visualisation de l’histogramme des effectifs (cf Fig. 28) combinée à un test de


Shapiro nous a permis de savoir si la variable étudiée suivait approximativement une
loi Normale, afin de réaliser un test statistique pour déterminer l’intervalle de
confiance autour de la variable étudiée. Ici, le test de Shapiro avait une p-value
inférieure à 0.05 (p = 0.0035), indiquant que la distribution des données était
significativement différente de la distribution d’une loi Normale.

3.2.3 Intervalle de confiance calculé pour le délai avant l’augmentation


d’intensité des bruits respiratoires

La distribution des données ne pouvant pas être assimilée à la distribution d’une


loi Normale, on a dû utiliser le test de Wilcoxon de conformité à une médiane théorique.
A l’aide du logiciel R, on a obtenu un intervalle de confiance de [50.0 ; 60.0].
On peut donc dire avec un seuil de confiance de 95% que la durée avant
l’augmentation des bruits respiratoires lors du test de ventilation forcée se trouvait
entre 50 et 60 secondes.

3.2.4 Toux et bruits respiratoires surajoutés pendant le test

24% des bovins ont présenté de la toux au cours du test parmi lesquels un bovin
a présenté une forte quinte de toux qui a motivé l’arrêt du test à 60 secondes pour cet
animal.
Deux bovins ont présenté des crépitements en fin d’inspiration au cours du test. Ces
crépitements étaient de faible intensité et localisés dans le cadran inférieur crânial à
gauche.

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3.2.5 Délai avant le retour à la fréquence respiratoire de repos

Le délai avant le retour à la fréquence respiratoire de repos a été chronométré


dès le retrait du dispositif. Le même manipulateur a effectué toutes les mesures pour
qu’elles soient le plus représentatif possible.
La durée moyenne du délai avant le retour à la fréquence respiratoire au repos était
de 20,0 secondes avec une médiane à 20 secondes.

Figure 29 - Histogramme des effectifs : répartition des bovins testés en fonction du délai
avant le retour à la fréquence respiratoire au repos.

De même que pour la variable précédente, on a visualisé l’histogramme des effectifs


(cf Fig. 29) et on a réalisé un test de Shapiro pour juger de la normalité de la
distribution. Le test de Shapiro avait une p-value inférieure à 0.05 (p = 0.0002161),
indiquant que la distribution des données était significativement différente de la
distribution d’une loi Normale

3.2.6 Intervalle de confiance calculé pour le délai avant le retour à la


fréquence respiratoire de repos

A l’aide du logiciel R, on a obtenu un intervalle de confiance de [17.5 ; 22.5]


avec le test de Wilcoxon. On peut donc dire avec un seuil de confiance à 95% que la
durée avant le retour à la fréquence respiratoire au repos était comprise entre 17 et 22
secondes.

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3.3 Effet du stade physiologique sur les résultats du test au sac

3.3.1 Effet de la gestation

A partir des données acquises sur l’échantillon, nous avons pu générer deux
sous-groupes comportant les vaches gestantes (26 individus) d’un côté et les vaches
non gestantes de l’autre (18 individus). L’objectif était de déterminer si la gestation
avait un impact sur les résultats du test au sac chez les vaches testées.
Concernant le délai avant l’augmentation des bruits respiratoires, la moyenne était de
55.2 secondes chez les vaches gestantes contre 60 secondes chez les vaches non
gestantes. Les diagrammes en boite étant relativement symétriques (cf Fig. 30), et les
tests de Shapiro étant respectivement d’une p-value supérieure à 0.05 (p = 0.2445
pour les vaches non gestantes et p = 0.2621 pour les vaches gestantes), la distribution
des données n’était pas significativement différente d’une loi Normale. On a donc pu
approximer cette répartition par une loi Normale. Les variances n’étant pas égales
(boîte plus allongée pour les vaches non gestantes), on a utilisé un test de Welch avec
variances inégales pour comparer les deux moyennes.

Figure 30 - Diagrammes en boîte représentant le délai avant l'augmentation


d'intensité des bruits respiratoires dans deux groupes : vaches gestantes et vaches
non gestantes

A l’aide du logiciel R, on a réalisé le test : la différence entre les deux moyennes n’était
pas significative (p = 0.27). On ne peut pas conclure qu’il y ait une différence pour le
délai avant l’augmentation d’intensité des bruits respiratoires entre les vaches
gestantes et les vaches non gestantes.
Concernant le délai avant le retour à l’intensité respiratoire au repos, la moyenne
était de 21.7 secondes chez les vaches gestantes contre 17.5 secondes chez les

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vaches non gestantes. Les diagrammes en boite étaient relativement symétriques (cf
Fig. 31) mais le test de Shapiro pour les vaches non gestantes avait une p-value
inférieure à 0.05 (p = 0.0003), la distribution des données était donc significativement
différente d’une loi Normale pour les vaches non gestantes.

Figure 31 - Diagramme en boîte représentant le délai avant retour à la fréquence


respiratoire au repos dans deux groupes : vaches gestantes et vaches non gestantes

On a donc réalisé un test de Wilcoxon pour petits échantillons ( n <30) ne suivant pas
une loi normale. On a obtenu une p-value légèrement supérieure à 0.05 (p=0.052)
donc on ne peut pas conclure sur une différence entre les deux groupes des vaches
gestantes et non gestantes.

3.3.2 Effet du rang de lactation

A partir de l’échantillon, nous avons réalisé deux sous-groupes comportant


d’une part les vaches primipares (14 individus), d’autre part les vaches multipares (30
individus). L’objectif était de déterminer si le rang de lactation avait un impact sur les
résultats du test au sac.
On a utilisé le même raisonnement et les mêmes tests que dans le paragraphe
précédent. On s’est intéressé au délai avant l’augmentation de l’intensité des bruits
respiratoires. Les diagrammes en boites semblaient symétriques (cf Fig. 32) mais l’un
des tests de Shapiro avait une p-value inférieure à 0.05 (p = 0.01 pour les vaches
multipares), on ne pouvait donc pas approximer la répartition des données par une loi
Normale.
On a réalisé le test de Wilcoxon à l’aide du logiciel R : la différence entre les deux
moyennes (53.9 secondes pour les primipares et 58.6 secondes pour les multipares)
n’était pas significative (p = 0.36). On ne peut donc pas conclure qu’il y ait une
différence pour le délai avant l’augmentation des bruits respiratoire entre les vaches
primipares et les vaches multipares.

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Figure 32 – Diagrammes en boîte représentant le délai avant l'augmentation
d'intensité des bruits respiratoires dans deux groupes : primipares et multipares.

Concernant le délai avant retour à une fréquence respiratoire au repos entre les
vaches primipares et multipares, la représentation en diagramme en boîte (cf Fig.33)
ne nous a pas permis d’approximer une loi Normale : la boîte concernant les
primipares n’etait pas symétrique (et le test de Shapiro avait une p-value inférieure à
0.05 avec p = 0.01 pour les primipares)

Figure 33 - Diagramme en boîte représentant le délai avant retour à la fréquence


respiratoire au repos dans deux groupes : primipares et multipares

On a donc réalisé sur R un test W de Wilcoxon pour petits échantillons ( n <30) ne


suivant pas une loi normale. La différence entre les deux moyennes n’étant pas

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significative (p = 0.42), on ne peut pas conclure sur une différence entre les deux sous-
groupes multipares et primipares.

4. Discussion

Notre étude a permis de déterminer des intervalles de référence pour le protocole


de test de ventilation forcée chez les vaches laitières et plus particulièrement les
vaches Montbéliardes.
Il est important d’être conscient des limites de cette étude, que ce soit au niveau de la
taille de l’échantillon ou de la subjectivité de l’auscultation.

4.1 Etude préliminaire

Cette expérience visait à observer la réaction des bovins face au test, à définir
le matériel adéquat et la méthode de test idéale. Elle a été réalisée sur un faible
nombre d’animaux (6 bovins) ce qui ne permet pas de conclure sur la répétabilité du
test mais permet d’évaluer la pertinence du protocole. La réalisation du panier était
notamment une étape nécessaire qui a pu être objectivée lors de cette première étape.

4.2 Biais de sélection et représentativité du groupe

4.2.1 Sélection des élevages

La sélection des élevages a été réalisée par praticité (proximité) et selon la


volonté de l’éleveur de participer ou non. Il existe donc un biais dans la sélection des
élevages qui ne sont pas totalement représentatifs de l’ensemble des élevages
français de vaches Montbéliardes. Toutefois, deux départements français (Rhône et
Haute Saône) sont représentés et comptent parmi les départements où la race
Montbéliarde est fortement développée (CARREZ, 2016)

4.2.2 Sélection des bovins

Le choix des bovins participants à l’étude a été aléatoire (une vache sur trois au
cornadis). Lorsque l’on étudie les rangs de lactation des bovins présents dans l’étude,
on s’aperçoit qu’ils sont assez représentatifs de la population de Montbéliardes
française au contrôle laitier (selon les résultats du contrôle laitier 2018 (INSTITUT
ELEVAGE, 2017), cf Tableau 10).

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Tableau 10 - Comparaison de la répartition des rangs de lactation des bovins de
l'échantillon à la moyenne nationale Montbéliardes. D’après (INSTITUT ELEVAGE,
2017)

Rang de lactation % de bovins dans % de bovins au contrôle


l’échantillon laitier 2018
1 31 29.1
2 22 23.4
3 13 17.2
4 9 12.4
5 9 8.2
6 4 5
7 et + 11 4.6

La taille de l’échantillon (45 bovins) a été limitée par le temps nécessaire pour réaliser
les tests et le nombre de bovins présents dans les élevages sélectionnés. La difficulté
de recruter des élevages n’a pas permis de réaliser le test sur un plus grand nombre
de bovins. On note que les éleveurs ont été parfois réticents à laisser performer le test
par peur d’un impact sur la santé de leurs animaux.
Tous les tests ont été réalisés sur des bovins en lactation, aucune vache tarie n’a été
testée ce qui pourrait modifier les résultats.

4.2.3 Choix de la race Montbéliarde

L’étude a concerné les vaches laitières, qui sont la population cible du test de
ventilation forcée. Le choix de la race Montbéliarde s’est fait par praticité (proximité
d’élevages de Montbéliardes) vis-à-vis des races Prim’Holstein et Normande.
Toutefois, le panier réalisé est utilisable sur toutes les vaches laitières (réglable en
longueur) et deux cas cliniques ont été réalisés sur des vaches de race Normande. Il
serait intéressant de réaliser une étude similaire sur les autres races laitières, et de
réfléchir à une éventuelle adaptation sur les vaches allaitantes.

4.3 Discussion sur le protocole de test

4.3.1 Biais lié à la subjectivité de l’expérimentateur

Bien que le même expérimentateur ait réalisé tous les tests, l’expérience et la
subjectivité entrent en compte dans les résultats.
Il existe un réel biais lié à l’expérience du manipulateur lors de l’auscultation : un
vétérinaire ayant une plus grande expérience et ayant réalisé un plus grand nombre
d’auscultations pulmonaires aurait pu détecter avec plus de précision le moment de
l’augmentation d’intensité des bruits respiratoires.
Il existe également un biais lié à la subjectivité de l’expérimentateur : il doit détecter le
moment où l’intensité des bruits respiratoires est nettement augmentée. Ce moment
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peut être perçu différemment selon l’expérimentateur. Toutefois, en ayant recours
toujours au même expérimentateur, nous avons limité les erreurs dans les résultats
car on peut supposer que l’expérimentateur a réalisé toujours le test de la même façon.

4.3.2 Limites des méthodes de mesure

L’étude a présenté des limites dans les méthodes de mesure des paramètres
du test.
D’une part, l’augmentation d’intensité des bruits respiratoires a été mesurée de façon
subjective par l’expérimentateur. Avec des moyens supplémentaires, il aurait été
possible d’enregistrer l’auscultation à l’aide d’un stéthoscope électronique et de traiter
la bande audio pour déterminer précisément l’augmentation d’intensité des bruits
respiratoires.
De plus, lors de la phase de récupération, avec un manipulateur supplémentaire, il
aurait été possible de mesurer plus précisément le retour à la fréquence respiratoire
au repos. En effet, il était difficile de retirer le dispositif tout en lançant le chronomètre
pour mesurer le temps nécessaire avant le retour à la fréquence respiratoire au repos.
Toutefois, on a estimé que cette erreur ne devait pas excéder les 2 secondes et
concernait tous les bovins (moins problématique que si elle n’avait concerné qu’une
partie des bovins). De plus, l’intérêt de n’avoir recours qu’à un seul expérimentateur
était de se rapprocher des situations concrètes d’utilisation future de ce test en pratique
vétérinaire courante (il est rarement possible d’avoir un aide).

4.4 Discussion sur les résultats

Jusqu’à présent, aucune étude n’existe concernant l’utilisation du test de


ventilation forcée chez les bovins. Il est donc impossible de comparer les résultats de
cette étude avec ceux d’études précédentes. Ces résultats constituent donc une base
de données qu’il sera nécessaire de renforcer par la suite.

4.4.1 Discussion autour des intervalles de confiance

L’étude a permis de donner des intervalles de temps de référence à l’utilisateur


du test dans lequel il doit s’attendre à voir augmenter l’intensité des bruits respiratoires
(51 à 61 secondes après le début du test) ou dans lequel il doit s’attendre à voir le
bovin récupérer une fréquence respiratoire au repos (17 à 23 secondes après la fin du
test). La détermination de ces délais a permis de standardiser le protocole du test au
sac : on s’attend chez une vache montbéliarde saine à obtenir des valeurs proches de
ces intervalles.

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4.4.2 Comparaisons selon le stade physiologique

L’étude n’a pas démontré de différence significative dans les résultats du test
au sac selon le stade physiologique. Toutefois, il est possible que la taille de
l’échantillon ne fût pas suffisante pour obtenir une différence. La gravidité entraine une
perte d’espace dans l’abdomen et pourrait modifier la capacité respiratoire de la vache
dans les dernières semaines de gestation. De plus, l’âge du bovin (assimilé au rang
de lactation) pourrait également influer sur ses performances respiratoires.

4.5 Perspectives

Cette étude étant la première sur le sujet, voici quelques axes que nous aurions
souhaité mettre en place pour compléter ce travail.

4.5.1 Etude sur un plus grand échantillon

L’étude sur un plus grand échantillon aurait permis d’améliorer la puissance des
tests statistiques réalisés, et d’obtenir des intervalles de référence plus recentrés.

4.5.2 Etude sur plusieurs races

Ici, l’étude concernait les vaches de race Montbéliarde. Il serait intéressant de


comparer les résultats obtenus avec un groupe de Prim’Holstein (race la plus présente
sur le territoire français en vache laitière) et éventuellement un groupe de Normande.

L’inclusion de vaches allaitantes dans une étude sur le test de ventilation forcée
nécessiterait des installations plus sécurisées (cage de contention à la place des
cornadis) impliquant davantage de temps et un aide. De plus, l’utilité de ce test sur
ces animaux est moindre : il est plus difficile de repérer des signes cliniques frustres
(baisse de production, abattement) sur des vaches allaitantes qui ne passent pas à la
traite tous les jours et sont souvent dehors. Toutefois, dans le cadre de la recherche,
il serait intéressant de comparer leur capacité respiratoire avec celle des vaches
laitières.

4.5.3 Etude sur animaux atteints

La finalité de cette étude est d’utiliser le test sur des animaux potentiellement atteints
au niveau respiratoire, mais encore faiblement symptomatiques (baisse de production,
hyperthermie, abattement). La difficulté d’inclure des animaux atteints dans une étude
provient du recrutement, de la variabilité et de la taille de l’échantillon. Toutefois, nous
avons réalisé le test sur deux bovins suspects pour évaluer l’intérêt du protocole.

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5. Application clinique

L’objectif de l’étude étant de proposer un protocole standardisé du test de ventilation


forcée aux vétérinaires praticiens, nous leur avons proposé d’essayer le test lors de
visites. Les vétérinaires de la clinique de Périers ont participé à l’essai.

5.1 Cas n°1

L’éleveur a appelé la clinique le 12 février 2020 pour une vache « coupée en lait »
(chute brutale de production laitière).

5.1.1 Anamnèse et commémoratifs

L’animal était une vache de race Normande, n°1453846163, en 1 ère lactation.


Elle avait vêlé le 29 aout 2019, soit 5 mois avant la visite environ. Elle était gestante
depuis le 25 octobre 2019 soit depuis 3 mois et demi.
Depuis deux traites successives, elle a présenté une chute significative de la
production laitière. Elle semblait également abattue mais elle faisait partie d’un élevage
où les bovins étaient très calmes en temps normal.
Quelques jours avant la visite, les génisses de l’élevage avaient présenté de la toux et
une chute de la rumination détectée par les colliers connectés. L’épisode s’était résolu
spontanément.

5.1.2 Examen clinique

La vache avait une température rectale de 39.7°C. Elle n’avait aucun signe
respiratoire apparent (pas de dyspnée, pas de toux ni de jetage). Sa fréquence
respiratoire était de 60 mouvements par minute. A l’auscultation pulmonaire, l’intensité
des bruits respiratoires était normale et il n’y avait aucun bruit surajouté.

Elle présentait une diarrhée modérée. A la palpation transrectale, il n’y avait aucune
anomalie hormis la présence de selles liquides dans le colon. A l’auscultation
abdominale, on ne suspectait pas de déplacement ni de dilatation de caillette, les bruits
digestifs étaient normaux. La vache était toujours gestante.

La mamelle était souple et indolore. Le test buvard était négatif, ce qui n’était donc pas
évocateur de mammite.
L’acétonémie était normale. La vache ne présentait pas d’autres anomalies.

5.1.3 Réalisation du test

On a réalisé le test avec un sac plastique de 50L pendant une durée de deux
minutes. Au bout de 40 secondes, l’intensité des bruits respiratoires était nettement
augmentée. Des crépitements dans le cadran antérieur à droite étaient audibles.

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A l’issue du test, le bovin a mis plus de 30 secondes à récupérer une fréquence
respiratoire de repos.

5.1.4 Hypothèses diagnostiques

Le vétérinaire a suspecté une maladie infectieuse à tropisme respiratoire et


digestif dans l’élevage, ayant débuté dans le groupe des génisses.

5.1.5 Traitement

Le vétérinaire a mis en place un traitement antibiotique et anti-inflammatoire


associé à de la dexaméthasone.

5.2 Cas n°2

Le même éleveur a rappelé la clinique deux jours plus tard. Plusieurs vaches
étaient abattues et la vache traitée précédemment allait mieux.

5.2.1 Anamnèse et commémoratifs

L’animal était une vache de race Normande, n°1453846146, en 1ère lactation.


Elle avait vêlé le 15 juillet 2019, 6 mois auparavant environ. Elle n’était pas gestante.
Depuis la veille, elle présentait une chute de la rumination détectée par collier
connecté. Elle semblait également abattue et elle avait présenté une chute modérée
de la production laitière. Elle avait été en contact avec la première vache atteinte.
5.2.2 Examen clinique

La vache avait une température rectale de 39.2°C. Elle n’avait aucun signe
respiratoire apparent (pas de dyspnée, pas de toux ni de jetage). Sa fréquence
respiratoire était de 40 mouvements par minute. A l’auscultation pulmonaire, l’intensité
des bruits respiratoires était normale et il n’y avait aucun bruit surajouté.

A la palpation transrectale, il n’y avait aucune anomalie. A l’auscultation abdominale,


on ne suspectait pas de déplacement ni de dilatation de caillette, les bruits digestifs
étaient normaux.

La mamelle était souple et indolore. Le test buvard était négatif, ce qui n’était donc pas
évocateur de mammite.
L’acétonémie était normale. La vache ne présentait pas d’autres anomalies.

5.2.3 Réalisation du test

On a réalisé le test avec un sac plastique de 50L pendant une durée de deux minutes.
Au bout de 55 secondes, l’intensité des bruits respiratoires était nettement augmentée.
Aucun bruit surajouté n’était audible.

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A l’issue du test, le bovin met 10 secondes à récupérer une fréquence respiratoire de
repos.

5.2.4 Hypothèses diagnostiques

On a suspecté un passage infectieux dans l’élevage. Cette vache pouvait être


à un stade plus précoce de la maladie que la première ou bien elle présentait une
forme atténuée de la maladie.
Au cours de la visite, on a observé deux autres vaches atteintes (fréquence respiratoire
anormale et rumination très basse).

5.2.5 Traitement

Le vétérinaire a mis en place un protocole de soins pour les vaches de l’élevage :


- Celles qui présentaient une hyperthermie et une baisse de production sans
signes respiratoires étaient traitées avec un anti-inflammatoire et surveillées.
- Celles qui présentaient des signes respiratoires en addition étaient mises sous
antibiotiques et dexamethasone.
- De l’argile a été ajouté à la ration des vaches en lactation.

5.3 Intérêt du test de ventilation forcée

Le test a permis d’appuyer une suspicion d’infection à visée respiratoire chez le


premier bovin testé. Sans le test, le diagnostic aurait pu être orienté vers un traitement
digestif. Il a permis également de faire le tri entre les animaux à mettre sous
antibiotiques et ceux chez lesquels ce n’est pas nécessaire.
Les vétérinaires ayant utilisé le test ont été intéressés par la méthode qu’ils ont jugé
rapide et informative.

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Annexe 1 : FICHE INDIVIDUELLE
BOVIN - ETUDE PRELIMINAIRE Examen clinique général

N° national Attitude
Race
Auscultation
Date de naissance cardiaque

Stade de lactation FC
Stade de gestation Température

Rang de lactation

Antécédents pathologiques
respiratoires et vaccinations

Examen spécifique de la fonction pulmonaire

FR
Jetage
Toux

Auscultation Inspiration
pulmonaire Expiration

Ronflants
/crépitants
Bruits Sifflants
surajoutés
Frottements
pleurétiques

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Annexe 2 : FICHE D’EXPERIMENTATION – ETUDE PRELIMINAIRE

FICHE BOVIN N° national

Durée
Heure de début du test Heure de fin du test totale

Contenance du sac

Pendant le test Pendant la phase de récupération


Auscultation Bruits Etat Auscultation Bruits Etat
FR FR
pulmonaire surajoutés général pulmonaire surajoutés général
0 - 60"

Auscultation Bruits Etat


FR
pulmonaire surajoutés général
60 - 120"

Auscultation Bruits Etat


FR
pulmonaire surajoutés général
120 - 180"

Auscultation Bruits Etat


FR
pulmonaire surajoutés général
180 - 240"

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Annexe 3 : TABLEAU DE DONNEES – ETUDE PRINCIPALE
DONNEES INDIVIDUELLES
Stade de lactation
N°national Elevage Date de naissance Date du test (mois) Stade de gestation (mois) Rang de lactation
FRXXXXXXX 1 01/01/2015 01/01/2019 4 1 1

AVANT TEST
FR au repos Température FC Bruits surajoutés
16 38,2 42 NON

PENDANT LE TEST
Durée du test (secondes) Délai avant augmentation intensité bruits respiratoires (secondes) Delai avant toux (secondes) Bruits surajoutés
120 45 0 NON

APRES LE TEST
Delai avant retour à FR au repos (secondes) Commentaires
45

Page 88 sur 99
Annexe 4 : Script RStudio pour l’étude statistique

1. Chargement des données


Le fichier « donnees.txt » contient l’ensemble des informations collectées et des
mesures réalisées sur l’échantillon de 44 vaches :
- Le numéro d’identification du bovin
- Le numéro de l’élevage
- La date de naissance du bovin
- La date du test
- Le stade de lactation du bovin
- Le stade de gestation du bovin
- Le rang de lactation du bovin
- Le statut vacciné ou non du bovin
- La fréquence respiratoire au repos
- La température rectale
- La fréquence cardiaque au repos
- La présence ou non de bruits surajoutés à l’auscultation
-
donnees <- read.table("donnees.txt",header=TRUE,dec=".")

On génère différents jeux de données codées sous la forme d'objet de type


data.frame. Dans chaque fichier, on retrouve le délai avant l’augmentation des bruits
respiratoires (« augmentation »), le délai avant le retour à l’intensité respiratoire de
départ (« retour »), et la fréquence cardiaque (« fr ») pour certains fichiers.
- Pour les vaches gestantes :

Page 89 sur 102


- Pour les vaches non gestantes (« vides ») :

- Pour les vaches primipares :

Page 90 sur 99
- Pour les vaches multipares :

2. Description graphique

2.1 Mois de lactation

Page 91 sur 99
On réalise l’histogramme de la répartition des vaches testées selon leur mois de
lactation :
hist(donnees$Stadedelactation,breaks=15, xlab="Mois de lactation", ylab="No
mbre de bovins", main="", col=4, xlim=c(0,15), ylim=c(0,10))

On calcule ensuite le mois moyen de lactation de l’échantillon ainsi que la médiane :


> mean(donnees$Stadedelactation)
[1] 6.954545
> median(donnees$Stadedelactation)
[1] 6.5

2.2 Mois de gestation


Après avoir créé un fichier txt reprenant le mois de gestation des vaches gestantes (
appelé « gestantesmois »), on calcule le mois moyen de gestation ainsi que la
médiane :
> mean(gestantesmois$moisgestation)
[1] 3.961538
> median(gestantesmois$moisgestation)
[1] 4

On réalise l’histogramme de la répartition des vaches gestantes selon leur mois de


gestation :
hist(gestantesmois$moisgestation,breaks=8, xlab="Mois de gestation", ylab="
Nombre de bovins", main="", col=4, xlim=c(0,8), ylim=c(0,6))

2.3 Rang de lactation


On calcule le rang moyen de lactation des vaches de l’échantillon, ainsi que la
médiane :
> mean(donnees$Rangdelactation)
[1] 3.068182
> median(donnees$Rangdelactation)
[1] 2

On réalise ensuite l’histogramme de la répartition des rangs de lactation des vaches :


hist(donnees$Rangdelactation,main="",col=4, xlim=c(0,10),ylim=c(0,25),xlab=
"Rang de lactation", ylab="Nombre de bovins" )

3. Synthèse des résultats

3.1 Fréquence cardiaque, fréquence respiratoire et température rectale au repos


On calcule la température rectale et les fréquences cardiaque et respiratoire
moyennes des bovins de l’échantillon :

Page 92 sur 99
> mean(donnees$Temperature)
[1] 38.025
> mean(donnees$FC)
[1] 67.68182
> mean(donnees$FRaurepos)
[1] 26.68182

On réalise ensuite deux diagrammes en boîte, le premier représentant la répartition


des fréquences respiratoires des vaches non gestantes, et le deuxième la répartition
des fréquences respiratoires des vaches au dernier tiers de gestation.
> par(mfrow = c(1,2)) # fonction qui permet de séparer la fenêtre en deux
> boxplot(vides$fr, ylim=c(0,50), main="Non gestantes", ylab="Fréquence res
piratoire (mpm)")
> boxplot(derniertiers$fr, ylim=c(0,50), main="Dernier tiers de gestation",
ylab="Fréquence respiratoire (mpm)")

On réalise un test de Welch pour comparer les deux moyennes :


> mean(vides$fr)
[1] 25.33333
> mean(derniertiers$fr)
[1] 26.2
> t.test(vides$fr, derniertiers$fr)

Welch Two Sample t-test

data: vides$fr and derniertiers$fr


t = -0.22027, df = 15.322, p-value = 0.8286
alternative hypothesis: true difference in means is not equal to 0
95 percent confidence interval:
-9.237581 7.504248
sample estimates:
mean of x mean of y
25.33333 26.20000

3.2 Augmentation d’intensité des bruits respiratoires


On calcule la moyenne et la médiane du délai avant l’augmentation d’intensité des
bruits respiratoires sur l’échantillon des 44 bovins :
> mean(donnees$Délaiavantaugmentation)
[1] 57.15909
> median(donnees$Délaiavantaugmentation)
[1] 60

On trace ensuite l’histogramme de la répartition des délais avant l’augmentation des


bruits respiratoires, et on réalise un test de Shapiro pour juger de la normalité de la
distribution :
> hist(donnees$Délaiavantaugmentation,breaks=7, xlab="Délai avant l'augment
ation d'intensité des bruits respiratoires", ylab="Nombre de bovins", main=
"", col=4, xlim=c(0,100), ylim=c(0,15))
> shapiro.test(donnees$Délaiavantaugmentation)

Shapiro-Wilk normality test

Page 93 sur 99
data: donnees$Délaiavantaugmentation
W = 0.94483, p-value = 0.03544

On réalise alors un test de Wilcoxon pour obtenir l’intervalle de confiance à 95% :

> wilcox.test(donnees$Délaiavantaugmentation,conf.int=TRUE)$conf.int
[1] 50.00002 60.00001
attr(,"conf.level")
[1] 0.95

3.3 Retour à l’intensité respiratoire de repos


On calcule la moyenne et la médiane du délai avant retour à l’intensité respiratoire au
repos sur l’échantillon des 44 bovins :
> mean(donnees$Delaiavantretour)
[1] 20
> median(donnees$Delaiavantretour)
[1] 20

On trace ensuite l’histogramme de la répartition des délais avant le retour à l’intensité


respiratoire au repos, et on réalise un test de Shapiro pour juger de la normalité de la
distribution :
> hist(donnees$Delaiavantretour,breaks=7, xlab="Délai avant le retour à l'i
ntensité respiratoire au repos", ylab="Nombre de bovins", main="", col=4, x
lim=c(0,50), ylim=c(0,25))
> shapiro.test(donnees$Delaiavantretour)

Shapiro-Wilk normality test

data: donnees$Delaiavantretour
W = 0.87604, p-value = 0.0002161

On réalise alors un test de Wilcoxon pour obtenir l’intervalle de confiance à 95% :

> wilcox.test(donnees$Delaiavantretour,conf.int=TRUE)$conf.int
[1] 17.49997 22.49999
attr(,"conf.level")
[1] 0.95

3.4 Effet de la gestation

3.4.1 Augmentation des bruits respiratoires

On calcule la moyenne du délai avant l’augmentation des bruits respiratoires dans le


groupe des vaches gestantes et dans le groupe des vaches non gestantes :
> mean(gestantes$augmentation)
[1] 55.19231
> mean(vides$augmentation)
[1] 60

Page 94 sur 99
On trace ensuite les diagrammes en boîte des deux groupes de l’échantillon, et on
réalise les deux tests de Shapiro pour évaluer la normalité de la distribution :
> boxplot(vides$augmentation, ylim=c(0,100), main="Non gestantes", ylab="Dé
lai avant l'augmentation des bruits respiratoires (secondes)")
> boxplot(gestantes$augmentation, ylim=c(0,100), main="Gestantes", ylab="Dé
lai avant l'augmentation des bruits respiratoires (secondes)")

> shapiro.test(vides$augmentation)

Shapiro-Wilk normality test

data: vides$augmentation
W = 0.93572, p-value = 0.2445

> shapiro.test(gestantes$augmentation)

Shapiro-Wilk normality test

data: gestantes$augmentation
W = 0.95228, p-value = 0.2621

L’approximation de la répartition par une loi Normale étant possible, on réalise un


test de Welch avec variances inégales pour comparer les deux moyennes :
> t.test(vides$augmentation, gestantes$augmentation)

Welch Two Sample t-test

data: vides$augmentation and gestantes$augmentation


t = 1.1179, df = 37.935, p-value = 0.2706
alternative hypothesis: true difference in means is not equal to 0
95 percent confidence interval:
-3.898751 13.514136
sample estimates:
mean of x mean of y
60.00000 55.19231

3.4.2 Retour à l’intensité respiratoire au repos


On calcule la moyenne du délai avant le retour à l’intensité respiratoire au repos dans
le groupe des vaches gestantes et dans le groupe des vaches non gestantes :
> mean(vides$retour)
[1] 17.5
> mean(gestantes$retour)
[1] 21.73077

On trace ensuite les diagrammes en boîte des deux groupes de l’échantillon, et on


réalise les deux tests de Shapiro pour évaluer la normalité de la distribution :
> boxplot(vides$retour, ylim=c(0,45), main="Non gestantes", ylab="Délai ava
nt le retour à l'intensité au repos (secondes)")

Page 95 sur 99
> boxplot(gestantes$retour, ylim=c(0,45), main="Gestantes", ylab="Délai ava
nt le retour à l'intensité au repos (secondes)")

> shapiro.test(gestantes$retour)

Shapiro-Wilk normality test

data: gestantes$retour
W = 0.92727, p-value = 0.06673

> shapiro.test(vides$retour)

Shapiro-Wilk normality test

data: vides$retour
W = 0.74739, p-value = 0.0003003
wilcox.test(gestantes$retour, vides$retour)

On réalise alors un test de Wilcoxon pour savoir si la différence entre les deux sous-g
roupes est
significative :

Wilcoxon rank sum test with continuity correction

data: gestantes$retour and vides$retour


W = 314, p-value = 0.05287
alternative hypothesis: true location shift is not equal to 0

3.5 Effet du rang de lactation

3.5.1 Augmentation des bruits respiratoires


On calcule la moyenne du délai avant l’augmentation des bruits respiratoires dans le
groupe des vaches primipares et dans le groupe des vaches multipares :
> mean(primi$augmentation)
[1] 53.92857
> mean(multi$augmentation)
[1] 58.66667

On trace ensuite les diagrammes en boîte des deux groupes de l’échantillon, et on


réalise les deux tests de Shapiro pour évaluer la normalité de la distribution :

> boxplot(multi$augmentation, ylim=c(0,100), main="Multipares", ylab="Délai


avant l'augmentation des bruits respiratoires (secondes)")
> boxplot(primi$augmentation, ylim=c(0,100), main="Primipares", ylab="Délai
avant l'augmentation des bruits respiratoires (secondes)")

> shapiro.test(multi$augmentation)

Shapiro-Wilk normality test

data: multi$augmentation

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W = 0.90602, p-value = 0.01182

> shapiro.test(primi$augmentation)

Shapiro-Wilk normality test

data: primi$augmentation
W = 0.95179, p-value = 0.5889

On réalise alors un test de Wilcoxon pour savoir si la différence entre les deux sous-g
roupes est
significative :

> wilcox.test(primi$augmentation, multi$augmentation)

Wilcoxon rank sum test with continuity correction

data: primi$augmentation and multi$augmentation


W = 174, p-value = 0.3597
alternative hypothesis: true location shift is not equal to 0

3.5.2 Retour à l’intensité respiratoire au repos


On calcule la moyenne du délai avant le retour à l’intensité respiratoire au repos dans
le groupe des vaches primipares et dans le groupe des vaches multipares :
> mean(primi$retour)
[1] 18.21429
> mean(multi$retour)
[1] 20.83333

On trace ensuite les diagrammes en boîte des deux groupes de l’échantillon, et on


réalise les deux tests de Shapiro pour évaluer la normalité de la distribution :

> boxplot(multi$retour, ylim=c(0,45), main="Multipares", ylab="Délai avant


retour à l'intensité au repos (secondes)")
> boxplot(primi$retour, ylim=c(0,45), main="Primipares", ylab="Délai avant
retour à l'intensité au repos (secondes)")

> shapiro.test(primi$retour)

Shapiro-Wilk normality test

data: primi$retour
W = 0.83304, p-value = 0.01318

> shapiro.test(multi$retour)

Shapiro-Wilk normality test

data: multi$retour
W = 0.89206, p-value = 0.0054

On réalise alors un test de Wilcoxon pour savoir si la différence entre les deux sous-g
roupes est

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significative :

> wilcox.test(primi$retour, multi$retour)

Wilcoxon rank sum test with continuity correction

data: primi$retour and multi$retour


W = 178, p-value = 0.4181
alternative hypothesis: true location shift is not equal to 0

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AMRANI Ines

Etude de l’adaptabilité du test de ventilation forcée chez les bovins

Thèse d’Etat de Doctorat Vétérinaire : Lyon, 23 octobre 2020

RESUME :
Le test de ventilation forcée est utilisé en pratique courante pour évaluer la capacité pulmonaire des
chevaux. Il permet une auscultation plus précise des poumons et la détection précoce d’une défaillance
respiratoire. L’enjeu de cette étude était de déterminer s’il était possible d’adapter ce test pour une
utilisation sur les bovins.
Le protocole idéal avec le matériel adéquat a été défini. Nous avons déterminé des intervalles de valeurs,
chez les vaches de race Montbéliarde (le délai avant l’augmentation des bruits respiratoires, compris
entre 50 et 60 secondes, le délai avant le retour à la fréquence respiratoire au repos, compris entre 17 et
22 secondes) qui sont des indications pour le praticien. Nous avons également comparé les réponses au
test selon le stade physiologique de l’animal (stade de gestation, stade de lactation et numéro de
lactation) : nous n’avons pas obtenu de différence significative. Toutefois, l’utilisation de ce test pour
plusieurs cas concrets en pratique rurale courante s’est avérée utile, et pourra être adopté facilement par
les vétérinaires ruraux dans le cadre du dépistage des atteintes respiratoires.

MOTS CLES :
- auscultation pulmonaire - récupération
- bovins - fréquence respiratoire
- hyperventilation -

JURY :
Président : Monsieur le Professeur SEVE

1er Assesseur : Madame le Professeur LOUZIER


2ème Assesseur : Madame le Professeur ARCANGIOLI

DATE DE SOUTENANCE : 23 octobre 2020

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