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Module 6 Sequence 3

Les lignes de base multiples sont des mesures effectuées avant et après un traitement pour évaluer son efficacité en comparant les résultats du patient. Le clinicien doit identifier les objectifs de chaque mesure et construire des outils d'évaluation variés pour garantir la validité et la sensibilité des résultats. L'évaluation vise à objectiver les progrès du patient, vérifier leur transfert dans la vie quotidienne, s'assurer qu'ils répondent aux attentes et qu'ils sont spécifiques à l'intervention.

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Module 6 Sequence 3

Les lignes de base multiples sont des mesures effectuées avant et après un traitement pour évaluer son efficacité en comparant les résultats du patient. Le clinicien doit identifier les objectifs de chaque mesure et construire des outils d'évaluation variés pour garantir la validité et la sensibilité des résultats. L'évaluation vise à objectiver les progrès du patient, vérifier leur transfert dans la vie quotidienne, s'assurer qu'ils répondent aux attentes et qu'ils sont spécifiques à l'intervention.

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Module 6, séquence 3 :

Les lignes de base multiples (partim A)

Nous l’avons vu dans la séquence précédente, si nous souhaitons savoir si notre patient évolue
positivement, et si cette évolution découle bien de notre intervention, il est nécessaire de
mettre en place un véritable protocole d’évaluation avec différents types de mesure. On parle
alors de lignes de base.

Les lignes de base (LDB) multiples constituent un ensemble de mesures proposées au patient
avant et après le traitement, pour évaluer avec justesse l’efficacité ou non du traitement.
Autrement dit, le patient est comparé à lui-même en comparant ses résultats en pré- et post-
test. D’un point de vue pratique, la réalisation et l’exploitation des LDB impliquent les étapes
suivantes : identifier l’objectif des mesures, construire les outils de mesure, mettre en place
les mesures et finalement analyser et interpréter les résultats du patient. Les deux premières
étapes seront développées dans quelques instants, tandis que les deux dernières étapes
feront l’objet de la séquence suivante.

La première étape est donc d’identifier l’objectif de chaque mesure. Pour cela, le clinicien doit
s’interroger sur ce qu’il souhaite évaluer. Pour rappel, dans la séquence précédente, nous
avons évoqué 4 types de données qui peuvent servir à évaluer l’efficacité de l’intervention.
Cela implique que la LDB peut aller jusqu’à 4 mesures différentes, ayant chacune un objectif
distinct.
Si le clinicien souhaite vérifier les progrès du patient sur un aspect travaillé en séance, alors la
1re mesure portera sur cet aspect spécifique, par exemple des productions
morphosyntaxiques, l’anxiété ressentie pendant certaines évocations ou encore la capacité
de planification lors d’une tâche papier-crayon.
S’il souhaite s’assurer du transfert dans un contexte écologique, alors la 2e mesure portera sur
ces mêmes comportements mais à la maison, sur le lieu de travail ou dans la classe.
S’il souhaite vérifier que les attentes du patient sont remplies, alors la 3e mesure portera par
exemple sur l’impact fonctionnel, le bien-être, le degré d’estime de soi ou le pourcentage
d’échecs scolaires.
S’il souhaite finalement contrôler que les progrès sont liés à son intervention en particulier,
alors la 4e mesure ne devra pas être influencée par son intervention mais par la variable qu’il
souhaite contrôler, par exemple l’effet du temps. Cela peut être une autre difficulté éprouvée
par le patient mais non ciblée par la prise en charge. Le contrôle de la spécificité de
l’intervention peut prendre des formes différentes selon que l'postule que l’intervention vise
un apprentissage isolé, non transférable et spécifique au matériel entrainé, appelé "item
spécifique" ou, au contraire, une procédure dont la maitrise permettrait d’augmenter les
performances à la fois d’items travaillés en séance et d’items non entrainés pour lesquels la
procédure s’applique. Dans le cas d’un travail item spécifique, comme par exemple le travail
de l’orthographe d’un mot irrégulier, la mesure de spécificité comprend des items de
complexité similaire mais non travaillés en séance. Dans le cas de l’entrainement à une
procédure, comme pourrait l’être le travail de l’accord du verbe en orthographe
grammaticale, on pourra comparer des items non travaillés en séance pour lesquels la
procédure s’applique (ex. d’autres verbes à accorder) à des items pour lesquels la procédure
ne s’applique pas (ex. mots comprenant des consonnes muettes indérivables en position
finale).

Après avoir choisi l’objectif des mesures, la deuxième étape sera de construire les mesures.
Idéalement, ces mesures devront être valides et sensibles au changement, c’est-à-dire évaluer
effectivement ce qu’on souhaite évaluer et mettre en évidence des changements réels.
Comme l’efficacité de son intervention revêt de nombreux aspects, le clinicien sera
généralement amené à utiliser des modalités d’évaluation variées telles que l’observation, des
épreuves comportementales et des questionnaires, existants ou construits spécifiquement
pour le patient.

Si nous reprenons notre illustration des programmes d’intervention basée sur le parent pour
les troubles du comportement, le clinicien pourrait être amené à inclure dans sa LDB multiple
une grille qui évalue la qualité des interactions parent-enfant dans différentes situations, par
exemple la grille de Crowell. Cette 1re mesure lui permettra principalement de répondre à ses
attentes à lui, à savoir est-ce que le parent a modifié ses comportements lorsqu’il interagit
avec son enfant en séance ?

Mais le clinicien pourrait également compléter cette évaluation en demandant au parent de


filmer un souper à domicile avant et après le programme d’intervention et analyser ces deux
vidéos avec la même grille. Cette 2e mesure lui permettra alors de vérifier le transfert des
changements dans un contexte plus écologique.

Ensuite, le clinicien pourrait inclure une 3e mesure qui serait un questionnaire "maison"
complété par le parent après le souper tous les jours pendant une semaine avant
l’intervention et une semaine après l’intervention. Basée sur les plaintes initiales et
construites avec le parent, cette grille pourrait par exemple inclure des items comme « ce soir,
j’ai appréhendé le moment du souper avec mon enfant » ou « j’ai ressenti du plaisir durant le
repas ». Pour chaque item, le parent pourrait se positionner sur une ligne de 10 cm allant de
"pas du tout" à "tout à fait".

Finalement, lorsque le clinicien évalue l’efficacité de son intervention, il pourrait également


souhaiter vérifier que les résultats observés sont bien spécifiques à son intervention. Pour
cela, il devra construire une 4e mesure qui n’est pas liée au processus travaillé pendant
l’intervention, mais qui est potentiellement influencée par d’autres variables externes telles
que l’évolution naturelle du patient, le développement, l’effet placebo, le bien-être associé à
la relation thérapeutique, ou une aide externe informelle. Dans l’exemple du programme
d’intervention basée sur le parent, le clinicien pourrait souhaiter vérifier que le changement
d’attitude du parent est spécifique à son intervention. Pour cela, il pourrait observer d’autres
comportements parentaux qui ne sont pas supposés être modifiés par l’intervention. Ainsi, si
le travail sur la qualité des interactions parent-enfant a principalement porté sur la gestion
des comportements en situation de conflit mais pas sur la réceptivité du parent aux initiatives
de l’enfant, ce dernier indicateur pourrait être utilisé comme mesure de spécificité.

Pour synthétiser cette séquence, le clinicien est invité à évaluer l’efficacité de son intervention
pour objectiver les progrès du patient, vérifier leur transfert dans la vie du patient, vérifier
qu’ils sont suffisants pour répondre à ses attentes et qu’ils sont spécifiques à son intervention.
Concrètement, le clinicien choisira en concertation avec le patient ce qu’ils souhaitent tous
deux évaluer et ainsi définir l’objectif de chaque mesure. Ensuite, le clinicien construira des
mesures en variant les outils et approches pour obtenir des mesures valides et sensibles. Dans
la suite de cette séquence, nous vous proposons quelques ressources et des exercices
pratiques.

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